L'australie, bien plus que Mad Max. Le réalisateur Brian Trenchard-Smith a maintenant sa page.

mise à jour le 15 novembre 2016

ALEXANDRA'S PROJECT - Rolf De Heer, Australie, 2003

Ce film australien est un peu un OVNI cinématographique dans le paysage contemporain. En écrire un compte-rendu est d'ailleurs une entreprise délicate dans la mesure où il s'avère complexe de parler de ce film sans trop dévoiler ses éléments importants. Je m'efforcerai toutefois de le faire ici.

Il s'agit d'une sorte de drame psychologique à mi-chemin entre le thriller feutré, l'érotisme glacial et le noir minimaliste. On suivra une sorte de descente aux enfers d'un père de famille banlieusard dont toute la vie semble se dérouler sans heurts jusqu'au jour de son anniversaire. Disons juste (ce qui ne révèle pas de surprise) que sa femme lui a préparé une surprise pour le moins inattendue en guise de cadeau empoisonné.

Le scénario est construit de manière à ce qu'on ne puisse absolument pas deviner ce qui s'en vient, sinon comprendre que le pauvre bonhomme est victime d'une machination orchestrée de main de maître. Il y a bien quelques faiblesses scénaristiques ici et là, mais ce sont surtout des éléments qui auraient pu être supprimés sans pour autant que l'intrigue ne tienne plus (pour demeurer discret et ne pas trop en dire : la manière dont Alexandra occupait ses journées pendant le travail de son mari est peu crédible, en regard de ses conséquences).

La majeure partie du film est minimaliste, à la limite du théâtre filmé (unité de lieu, de temps, d'action, très peu de personnages). La méchanceté, la manipulation et le machiavélisme se disputent chacun leur part, et on sort d'ALEXANDRA'S PROJECT un peu épuisé. Ce n'est certes pas le film qui vous mettra le cœur en joie, dévoilant plutôt le côté noir de certaines relations humaines.

Le réalisateur Rolf de Heer a opté pour une approche feutrée, sans gros effets. La musique demeure discrète et essentiellement atmosphérique, les plans se font contemplatifs, le montage n'est pas précipité et l'interprétation se distingue par sa retenue. Cela ne veut pas nécessairement dire que le cinéaste opte pour le politiquement correct, car si ce film est coté " 16 ans et plus " au Québec, c'est en raison de la généreuse dose de nudité dispensée par l'actrice Helen Buday (aussi vue dans MAD MAX 3). Intéressant de noter que cette actrice née en 1962 avait donc au moins 40 ans au moment du tournage.

Le fait de mettre en scène une femme de cet âge intégralement nue pendant une grande partie du film révèle d'ailleurs que Rolf de Heer adresse son film à un public adulte, capable de regarder longuement le corps d'une femme qui ne soit pas une nymphette de 25 ans ou moins ; une femme au visage déjà marqué par les années, au corps qui, s'il n'est plus juvénile, peut encore être jugé comme un objet de désir (par les autres protagonistes du film, et, on le suppose, par un public plus mature, capable de juger par lui-même et de sortir des sentiers battus des magazines de mode). Il convient de saluer cette démarche, très rare au sein du cinéma actuel où la nudité elle-même est le plus souvent furtive et, dans la majorité des cas, seulement l'apanage de jeunes starlettes conformes à la mode du moment (pensons à FREDDY VS JASON et son éloge du silicone).

Malgré les quelques faiblesses mentionnées au plan scénaristique, ALEXANDRA'S PROJECT demeure une surprise intéressante, un film sérieux destiné à un public adulte, capable de réfléchir et d'être confronté. Howard Vernon

  The BABADOOK aka Mister Babadook - Jennifer Kent avec Essie Davis, Noah Wiseman, Daniel Henshall, Hayley McElhinney, 2014, Australie, 94m

Amélie élève seule son fils de six ans, Samuel. Pour cause, son mari est décédé alors qu'il la conduisait à l'hôpital pour accoucher de son fils. Un jour, elle découvre et lit au petit un livre appelé Mister Babadook. Un livre dérangeant qu'elle ne terminera pas ce soir là, déjà que son fils et elle dorment très mal. Évidemment, le jeune garçon fera des cauchemars ou le Babadook le visite et il prie sa mère de ne pas le laisser entrer. Amelia, de plus en plus troublée, commence à douter de ses propres sens pendant que ses relations avec sa sœur s'enveniment.

Si vous ne voulez pas en savoir plus, ne lisez pas la suite, comme Amélie le fera et le regrettera. Si au début on regarde cette histoire au premier degré, il deviendra de plus en plus évident que l'on a plus affaire à une fable psychologique, une métaphore étalée avec soin par une réalisation finement maîtrisée. Les deux acteurs principaux sont absolument magnifiques. On a vraiment envie de foutre une bonne fessée à ce marmot insupportable. Il n'a cependant pas de nombreuses raisons d'être parfaitement équilibré, sa mère semblant ne voir en lui que la raison de la mort de son bien aimé époux. Elle, ne percevant plus très bien l'univers qui l'entoure, n'arrive plus à voir les attentions d'un collègue, refuse systématiquement que ses proches évoquent le défunt ou tentent de séparer mère et enfant. L'arrivée non surprenante des services sociaux relève d'une incompétence crasse, mais rappelle que ce monde en est un vu au travers du prisme de l'esprit dérangé de la mère. J'ai beaucoup pensé à Répulsion de Roman Polansky, dont la réalisatrice avoue l'influence, qu'elle cite en compagnie de David Lynch, ce qui n'est pas non plus trop surprenant. Le travail de mise en scène évacue pratiquement, mais non strictement, toute couleurs des décors et accessoires, évoquant le cinéma expressionniste allemand d'autrefois. Les effets, tous pratiques, sont d'une efficacité remarquable. En retournant au menu du dvd et en relisant des extrait du livre, les scènes finales prennent leur sens. On est pas en face d'un croque-mitaine tout à fait réel, plus une manifestation de la psyché dérangée et traumatisée de cette femme qui refuse de faire son deuil et qui transpose sa rage intérieure sur sa progéniture et l'univers qui l'entoure. Un voyage onirique troublant ou les deux acteurs en symbiose offrent des prestations remarquables, Essie Davis est plus crédible en femme possédée et dérangée que bien des exemples des dernières décennies. Un bijou de film fantastique. Mario Giguère

BACK FROM THE DEAD - Craig Godfrey, 1997, Australie 

Une étudiante prépare une thèse sur, euh - à la limite on s'en fout -, avec l'aide d'un professeur aux penchants nazis évidents. Le professeur en question hypnotise le petit ami de la fille pour le faire revenir dans le temps. Or, il se trouve qu'il est la réincarnation de l'ignoble Kavendish, serial killer anthropophage du XIXèm siècle. Grâce à quelques flash back, on découvre les pérégrinations burlesques et sanglantes du méchant Kavendish. Seulement voila, l'esprit diabolique de celui-ci vient peu à peu prendre possession du pauvre cobaye au fil de ses différentes séances. Au final, il est complètement possédé et s'attaque à tout le monde...

Très gore, ce film semble marcher sur les pas de Peter Jackson. Mais n'est pas Peter Jackson qui veut, et cette boutade sanglante tournée en vidéo, remplie de blagues nulles appuyées de bruitages de cartoon, ne fait jamais mouche. Au contraire, on assiste là à un travail d'amateur, certes louable, mais complètement foireux - contrairement à d'autres. Le personnage de la mère de l'héroïne est tout de même assez marrant, se baladant sur sa chaise roulante, paraplégique, et hôte d'un ver solitaire farceur. Sinon, on a droit aux plans gores habituellement de mise: décapitation, démembrement, suçage de cervelle à la paille (merci BLOOD SUCKING FREAKS), etc... Mais bon sang ce que c'est nul. Kerozene

BAD BOY BUBBY - Rolf de Heer, 1993, Australie

Quelle merveille que ce film indépendant Australien! Bubby, séquestré par sa mère psychopathe, atteint l'âge adulte, il la tue et sort au grand jour... ce qui s'en suit donne lieu à un des films des plus délicieux dans le monde des "indies". Les acteurs portent très bien leur rôle (même les trisomiques!), nous n'avons pas à faire à la bande d'amis du réalisateur. La réalisation suit le scénario et ses allures de foires. Tantôt très sombre et dérangeant, par la suite coloré et humoristique, passant par la dramatisation touchante, les problèmes familiaux portant à forte réflexion, le style pseudo-documentaire avec touche de plans dignes d'Antonioni et j'en passe! C'est une oeuvre à voir et à revoir. Une expérience inoubliable, une leçon à prendre. Gore Monger

BEAUTY AND THE BEAST - David Lister avec Estella Warren, Rhett Giles, Victor Parascos, Vanessa Grey, 2010, Australie, 90m

Dans un début avec en voix off le shériff d'une petite bourgade médiévale, on rencontre le roi du royaume, mourant, qui réclame de voir son fils, qui est réputé mort né. Évidemment il est bien vivant, mais suite à un mauvais sort, il est la bête des bois, que rencontre la jolie Bella (Estella Warren). Le roi mort, une lutte pour sa succession s'engage et pour appuyer le méchant comte Rudolph, Lady Helen, une puissante sorcière responsable du mauvais sort de la bête, s'allie avec lui, avec comme complice un troll sanguinaire. Troll dont les meurtres seront mis sur le dos du pauvre défiguré de l'histoire, que l'on veut condamner ainsi à la mort, rendant sa prétention au trône impossible.

Que voilà un budget bien mince et une équipe peu mémorable pour un résultat assez mièvre. Outre l'amateur d'Estella Warren qui peut y trouver son compte, bien peu de moments peuvent mériter le visionnement de cette péloche sans âme. Du scénario convenu, des acteurs peu convaincants, des costumes trop neufs et modernes et des effets spéciaux sans imagination et parfois grotesques, voir toutes les plaies et les décapitations risibles, il ne reste que le souvenir d'autres versions ou le cabotinage des vilains qui peuvent sauver ce petit film produit pour la Syfy. On aimerait bien s'apitoyer sur le sort du pauvre bonhomme, mais on a peine à croire que Bella soit attiré par autre chose que le prince qui se cache en lui. On prédit un divorce rapide ou une série d'amants en rafale. Mario Giguère

BLACK WATER - David Nerlich & Andrew Traucki, 2007, Australie

Un homme, sa femme et la sœur de celle-ci, se font une virée tout ce qu'il y a de plus touristique en direction de l'outback australien. Après une incontournable visite d'une ferme aux crocodiles, le petit groupe loue une frêle embarcation pour une partie de pêche en eau trouble. Après s'être bien enfoncés en territoire hostile, nos touristes subissent l'assaut brutal d'un crocodile pas franchement amical. Dix minutes de film viennent de s'écouler, et voila nos trois personnages perchés dans un arbre, sournoisement surveillés par un reptile glouton. Et c'est dans ce cadre réduit que vont se dérouler les 80 minutes restantes...

BLACK WATER fut monté en parallèle de la grosse production ROGUE (20 millions de dollars) pour un budget de moins d'un million de dollars. Tournage en vidéo avec un casting réduit, dans un décor réduit et où les apparitions du bestiaux sont réduites à de furtives entrevues. Furtives, mais saisissantes! Les images du monstre laissant poindre lentement sa silhouette à la surface d'une eau opaque sont d'une redoutable efficacité, tellement efficaces d'ailleurs - et pourtant tellement simples - que jamais croco n'aura paru aussi menaçant! Soit disant basé sur un fait réel, le concept de cette histoire très similaire à celle de ROGUE est son principal atout est en même temps que son principal défaut. Atout parce que la simplicité du récit permet une approche pour moindre frais, défaut parce qu'il n'est pas forcément évident de captiver le spectateur 80 minutes durant avec une idée proche du film SUR UN ARBRE PERCHE de Serge Korber - version croco bouffeur d'hommes - sans se mordre la queue. Au final, le pari est à moitié réussi. L'ambiance oppressante grâce à la présence menaçante de la bestiole est bien présente, mais il faut tout de même admettre que le scénario peine parfois à combler les passages "reposants" lors desquels nos protagonistes discutent parfois pour ne rien dire ou passent un certain temps à scruter l'eau boueuse en silence.... Alors ce n'est effectivement pas aussi généreux que ROGUE, nous sommes ici en présence d'une série B quelque peu minimaliste, mais pour un aussi petit budget on peut tout de même considérer BLACK WATER comme une jolie petite réussite. Kerozene

BLOODLUST - Richard Wolstencroft & John Hewitt, 1992, Australie 

Trois vampires modernes, deux filles et un mec, décident de tout faire péter en faisant un casse et ensuite claquer tout leur pognon comme des cochons tout en baisant et bouffant tout ce qui bouge. Mais une horde de cathos menée par un prêcheur hargneux les traque, sans compter le propriétaire du pognon volé, pas content du tout du tout. Tout ce petit monde se flingue la gueule dans la joie et la bonne humeur.

Film totalement nihiliste, prônant le j'm'en foutisme à outrance, mettant en scène des vampires peu convaincants : le bellâtre au cheveux longs qui porte sa ceinture de cow-boy et des santiags (mouahahaha), la salope nymphomane, et la moche homosexuelle. Les méchants ne sont pas mieux, seul le prêcheur est assez marrant, et éventuellement le gars qui s'est fait voler qui, pour son anniversaire, s'autorise à sodomiser le cadavre d'un type qui s'est fait couper la bite.

Ca se veut très méchant et rentre dedans, ça se veut choquant et très vilain, ça se veut ultra gore et outrancier, mais au final, c'est fade, mauvais et maladroit. Kerozene

CUT - Kimble Rendall, 2000, États Unis/Allemagne/Australie

Quand j'offre un tape qui ne marche pas par Feeble, je m'excuse toujours en le remplaçant par un autre, mais ce dernier s'amuse à me torturer en mettant un film-surprise sur le tape défectueux.

Alors, j'ai visionné cette merde reçue prénommé CUT, un slasher australien qui allait supposément ramené les slashers à la 80s à la mode. Putain de merde, j'espère que les films comme CUT seront pas à la mode, parce que iiish, ça fait pitié pas mal !

Pour l'histoire: y'a douze ans, un machant acteur a tué une réalisatrice lors d'un tournage d'un film d'horreur. Alors, le film devient maudit ! Chaque fois que quelqu'un le visionne, il se fait tuer...

Alors vl'à tu pas une gang de jeunes hip et branchés qui décident de continuer le film, devinez le reste par la suite....

Un tantinet plus violent que SCREAM, mais encore là, le film aurait pu être bien s'il durait 15 minutes, c'est tellement long que le spectateur se demande à la fin du visionnement comment il a fait pour le terminer.

À éviter... Oncle Freak

DEAD CALM aka Calme Blanc - Philip Noyce avec Sam Neil, Nicole Kidman et Billy Zane, 1989, Australie, 96m

John et sa femme Rae sont en voyages pour se rétablir mentalement d'un grave accident de voiture. Seuls sur un bateau, ils traversent au jour le jour l'océan Pacifique, vivant calmement une belle petite vie. Mais arrive Hughie, le rescapé d'un bateau sur le point de couler. Son explication de la situation n'étant pas très claire, John décide d'investiguer et découvre la terrible vérité. Hughie a pété les plombs et a tué tout l'équipage! En revenant à la hâte sur son navire, Hughue décide de partir à plein moteur et de laisser John seul en mer. Avec John derrière elle et un psychopathe à bord, Rae doit trouver le moyen de reprendre le contrôle du bateau et retrouver son mari,

Avec un scénario sans grand artifice, seulement trois acteurs et un décor limité à deux petit bateaux, Philip Noyce offre un film très surprenant, un thriller simple certes, mais efficace du début jusqu'à la fin toute fin. Il faut dire que malgré la qualité très belle de la réalisation, beaucoup de mérite revient au travail splendide des trois acteurs présents, tout spécialement Billy Zane, beau gosse à mort mais aussi terriblement crédible en cinglé. Madame Kidman est aussi très surprenante, dans son registre habituel classique de visage de victimes, qui fait effet dans sa performance avec assez peu de dialogues. Pour Sam Neil, c'est Sam Neil bordel, il est toujours bon. La femme ici débute comme une victime mais devient de plus en plus forte et présente à mesure où le film avance à partir d'une magnifique scène de sexe d'une belle ambigüité entre Zane et Kidman. Le pauvre mari lui est ici complètement impuissant et tente tout le film de rejoindre sa douce quand c'est elle qui fera tout le travail pour s'en débarrasser. Les rebondissements sont classiques mais bien menés, le travail au montage est fort efficace pour ce qui touche à la tension et comme on ignore assez où tout ça va mener, c'est assez excitant. On en arrive à la fin, ça a passé extrêmement vite et pour nous rendre encore plus heureux, on offre un fin surprise assez cartoonish mais vraiment violente et délicieuse, un bon thriller comme il s'en fait assez peu. Abba

The DEMONS IN MY HEAD - Neil Johnson avec Matthew Mariconte, Amber Allum, 1998, Australie, 85m

Travis vit sa version du triolisme platonique. Il partage la maison avec son vieil ami Regis, qui est homosexuel et qui cherche à lui avouer son désir pour lui, et avec la belle Larissa, la blonde de ses rêves qui ne veut rien savoir de lui. Tombe alors du ciel un objet qui renferme un casque bien particulier qui lui permettra d'entrer en contact avec les Nephilims, extraterrestres malveillants qui dans un premier temps lui laissent matérialiser des objets un peu croches. La belle Marcia qu'il rencontre devant l'objet tombé du ciel a bien des sentiments pour lui, mais elle s'est dévouée à Dieu. L'emprise des Nephilims augmente et ils vont maintenant apparaître sur terre, malgré les avertissements d'un vieux sage qui se prend pour l'homme le plus intelligent de l'univers...

Neil Johnson, roule sa bosse dans le documentaire et le videoclip lorsqu'il se met en tête de tourner son premier film en digital, avant George Lucas selon lui. J'ai regardé l'édition spéciale, au montage remanié et avec des effets spéciaux améliorés, on notera la fin très Star Wars ! Ce trio tourmenté a la belle part de l'histoire et les tourments sexuels tardent à laisser la place au festival gore que promettent les Nephilim. C'est assez bien filmé et monté, les acteurs sont convaincants, mais la base du film n'a rien de vraiment original, on ne s'éloigne pas du proverbe bien connu " faites attention à ce que vous souhaitez, ça pourrait vous arriver". Johnson offre quelques extras sur cette édition, dont un reportage sur une secte inspirée des Nephilims, qui a l'air bidon mais qui est d'un humour noir apprécié.

Les Nephilims, pour référence, proviennent de la bible et sont le fruit des relations entre anges déchus et les "filles des hommes". Ici Johnson interprète les anges déchus comme des extraterrestres vivant sur une planète inconnue de notre système solaire. Ses références aux théories d'Éric Von Daniken dans un autre extra ne sont donc pas fortuites. Mario Giguère

FEED - Brett Leonard, 2005, Australie

Cyberinterpole, vous connaissez ? Des flics internautes traquant les pervers exposant leurs méfaits sur la toile. Philipp, un cyberflic Australien, est l'un des meilleurs. Vous vous rappelez de ce fait divers qui eut lieu en Allemagne et qui impliquait deux homosexuels qui avaient décidé de bouffer le sexe de l'un d'eux avant qu'il ne se donne la mort ? Et bien c'est notre Philipp qui a mis le doigt sur cette affaire de tordus. Et c'est sur cette intervention que le film s'ouvre. De retour du pays du schublig et passablement perturbé par la vision des homos cannibales, notre flic a bien du mal à trouver du réconfort dans les bras de sa compagne frivole et quelque peu nymphomane. Il faut dire que sonder les sites les plus dégueulasses du web commence par perturber un peu le mental de notre héros... Et il n'est pas au bout de ses surprises ! C'est par hasard qu'il tombe sur un site de " feeder ", un endroit où l'on peut observer une femme si grosse qu'elle ne peut se déplacer sans se faire gaver de hamburger par une main anonyme. Intrigué, Phlipp décide de mener une enquête sur la chose et découvre alors le travail monstrueusement calorifère d'un pervers sacrément sonné de la cafetière : un fils de bonne famille catholique qui prend son pied en se masturbant lors des séances de gavages de sa victime. " Say it ! " lui ordonne-t-il. " Feed Me ! " lui répond-elle. Et lui de lui enfoncer des kilos de matières grasses dans le gosier en s'astiquant le poireau, en lui caressant ses énormes bourlets débordant, en lui léchant son corps gras enduit de sauce ketchup...

Ainsi débute FEED, le film surprise de Brett Leonard, un réalisateur dont on n'attendait absolument plus rien et dont les succès précédents sont oubliés de tous (qui, de nos jours se fout du COBAYE ?). Mais Brett signe ici un film monstrueusement trash à la limite du vomitif, le genre de truc déconseillé aux fines bouches et aux amateurs exclusifs de cuisine gastronomique. Petit budget tourné en numérique, monté de manière nerveuse et interprété par des acteurs diablement convaincants, le film nous offre une plongée malsaine vers l'univers d'un psychopathe pas comme les autres. Un type forcément perturbé par une éducation trop stricte qui dissimule ses méfaits derrière un alibi social anti-consumériste. En face de lui, Philipp, le gentil flic un peu trop travaillé par un boulot perturbant. Philipp n'est en effet pas très bien dans sa tête depuis peu de temps comme le prouvent ses ébats sexuels dérivant de plus en plus vers des séances de défouloirs guère appréciées de sa compagne. Sacrément pervers et malsain, FEED fonce droit dans le lard et sert une soupe révulsante qui ravira les amateurs de cinoche burné, qui fera jubiler le spectateur qui aime ne pas être caresser dans le sens du poil. Kerozene

The GODDESS OF 1967 - CLARA LAW, 2000, Australie, 118 Min.

Un japonais, collectionneur de serpents et de reptiles de toutes sortes, débarque en Australie pour prendre possession d'une voiture de collection qu'il avait acheté via Internet. À son arrivé, il rencontre une jeune aveugle au comportement légèrement trouble et ils partent sur les routes désertes de l'Australie.

Voici une description assez sommaire de l'intrigue qui est destinée à vous en dire le moins possible sur le film afin que vous puissiez en apprécier tous les effets de surprise. Certes, il ne s'agit pas d'un film d'horreur, mais plutôt d'un Road Movie incroyablement stylisé et très audacieux dans son processus narratif (il y a pas moins de 10 flashbacks, signalé et non signalé qui recule de 3 à 30 ans!). Sans offrir une forme clipé gratuite comme dans RUN LOLA RUN (que j'aime bien aussi), le film offre des plans compliqués sublimes, une photographie extraordinaire et une excellente interprétation. Certains journaux comme le VOIR et le ICI, ont descendu ce film en flamme parce qu'ils disent que le film n'a pas de scénario consistant. Mais ils se trompent! Cela montre seulement l'incompétence de certains critiques à pouvoir évaluer un film à la forme inconventionel qui se démarque du cinéma commercial moribond. À voir absolument ! Et regarder le générique de fin au complet, parce que vous n'en trouverez pas 2 comme celui-là ! Black Knight

HEAVEN'S BURNING - Craig Lahiff avec Russell Crowe, Youki Kudoh, Kenji Isomura, Ray Barrett, Robert Mammone, Petru Gheorghiu, Australie, 1997, 1h35, Australie

Midori (Youki Kudoh, vue dans MYSTERY TRAIN de Jarmusch), jeune japonaise en voyage de noces à Sydney, refuse l'avenir qui lui semble promis, et abandonne son mari, en faisant croire à un enlèvement. Prise en otage au cours d'un hold-up sanglant dans une banque, elle devient un témoin gênant, et ne doit sa survie qu'à l'intervention de Colin (Russell Crowe), le chauffeur recruté pour le casse. Ensemble, ils prennent la fuite, poursuivis par les anciens complices de Colin, et le mari bafoué de Midori...

Ressorti des oubliettes au moment de la starisation hollywoodienne de Russell Crowe, ce thriller australien doit en effet beaucoup au charisme de son interprète principal. Si l'on osait un mauvais jeu de mot, on pourrait dire qu'il s'agit d'un "véhicule" pour l'acteur... Et à part Crowe ? On a droit à un road-movie inégal, qui a pour qualités une mise en scène dynamique et de jolis décors naturels (il faut dire que l'Australie offre beaucoup de choix en la matière) et pour défauts un scénario sans surprise (du feu croisé des poursuivants à l'histoire d'amour et à l'éloge convenu des différences qui va avec, jusqu'au final, sanglant). Le personnage le plus amusant du film est finalement celui du mari bafoué, "salaryman" modèle qui se transforme en biker vengeur sanguinaire. Mais on le voit peu. Stelvio   

HURLEMENTS III aka Howling 3 - Philippe Mora, 1987, Australie 

Nous sommes en Australie, le pays des kangourous. Comme tout le monde le sait, les kangourous sont des marsupiaux. C'est à dire qu'ils font grandir les bébés kangourous dans une poche ventrale. Miracle, nos loups-garous sont ici des marsupiaux, et les femelles ont une poche ventrale ! Un jeune crétin tombe amoureux de l'une d'elle, et le con ne semble pas se poser de question quand à la pilosité anormalement abondante du ventre et des cuisses de sa belle. Non, il la baise et lui dit qu'il l'aime. Même la poche ne semble pas le déranger... Mais ces créatures seront bientôt découvertes et révélées aux yeux du monde. Les méchants veulent les exterminer et les gentils les protéger.

Très con, ce film l'est assurément. Chiant, il l'est aussi. Mal fait, et bien ça aussi c'est un fait. Sans parler des effets spéciaux, risibles, les loups-garous ont des tronches de muppets sanguinaires. On se souviendra avec rires de la scène de l'accouchement et du petit marsupiale larvaire qui grimpe vers la poche ventrale. La chose, une sorte de merde en latex rose, est pathétique en diable. Et pourtant, j'ai souri. Reste une belle affiche (d'ailleurs, on peut voir une affiche de THE BEAST WITHIN du même réalisateur dans le film). Kerozene

KISS OR KILL - Bill Bennett avec Frances O'Connor, Matt Day, Chris Haywood, Barry Otto, Max Cullen.1997, Australie, 1h30

Nikki et Al sont deux amants qui vivent de petites arnaques. A la suite d'une opération qui tourne mal, les deux jeunes gens sont contraints de fuir dans le désert de Nullarbor Plain. Ils laissent un cadavre derrière eux et entrent en possession d'une cassette-vidéo montrant un star du sport en pleins ébats pédophiles (!). Poursuivis par deux policiers sardoniques, ils passent la nuit dans un motel. Le lendemain, on retrouve le propriétaire assassiné. S'enfonçant un peu plus dans leur cavale, ils se réfugient dans la bicoque isolée d'un couple excentrique&ldots;

Comment ça, on n'y comprend rien, à ce pitch ? Avec un DVD arborant comme tagline "le polar du troisième type", cette apparente confusion n'a rien de surprenant. Et encore, je vous passe la scène introductive, relatant le traumatisme enfantin de l'héroïne, que l'on dirait sortie d'un slasher des années 80. Bill Bennett nous livre là un road-movie arty et foutraque, rempli de tics de mise en scène (de jump-cuts en angles bizarres) et baigné d'un éclatant soleil. Un paradoxe de plus pour ce film qui se veut "noir" ! Assez typiquement pour un long métrage estampillé indé, KISS OR KILL regorge de références et de citations (outre les jump-cuts à la Godard ou à la Scorsese). L'influence des frères Coen (pour la galerie de personnages secondaires à la masse) ou de Tarantino (pour le "flow" de certains dialogues) est patente.

Le film finit par emporter la sympathie parce qu'il respecte le genre et n'élude pas les scènes d'action attendues. Et les deux interprètes principaux sont excellents - avec leur touche très rock'n roll, on pense parfois à un duo PJ Harvey-Chris Isaak. Les plus psychopathes ne sont pas forcément ceux que l'on croit, semble au final nous dire le cinéaste, doué pour cultiver les secrets de ses personnages et orchestrer des twists absurdes. Pas mal. Stelvio

LADY STAY DEAD aka LE TUEUR DE MALIBU - Terry Bourke avec Deborah Coulls, Louise Howitt, Chad Hayward, Roger Ward, Australie, 1981, 1h32

La belle Marie Colleby, ancienne enfant-star de la chanson, vit dans une somptueuse villa qui surplombe une plage déserte. Un après-midi solitaire, elle se baigne nue : Mason, son jardinier, qui l'épie depuis un certain temps, décide de la violer... puis il l'assassine... L'arrivée inattendue de la jeune Jenny, sœur de la victime, enraye les projets du meurtrier qui, ne pouvant se débarrasser du cadavre, veut tuer l'intruse ! Mais Jenny a la ferme intention de rester en vie...

Que dire de ce "flick" australien méconnu ? Pas grand-chose de positif j'en ai peur. Le rythme est languissant, la mise en scène incapable de distiller la moindre angoisse et le scénario assez prévisible. Comble de la tristesse pour un slasher : le jardinier, pourtant équipé de nombreux outils susceptibles de nous fournir quelques décanillages imaginatifs, ne fait rien (ou presque) de son attirail, la plupart des morts intervenant par balle. L'image la plus trash du film étant finalement celle d'une femme noyée dans un aquarium. Restent un chouette décor de plage isolée, une jolie actrice, dont on n'ignorera rien de l'admirable derrière et l'apparition de Roger Ward, le Fifi Macaffee de MAD MAX, dans le rôle de l'officier Clyde Collings, qui vient à la rescousse des victimes du sadique. Retitré LE TUEUR DE MALIBU par les distributeurs français désireux de joueur sur un côté californien inexistant, ce film ne fait pas partie des nombreuses réussites produites par le cinéma de genre australien en ce début des années 80. Stelvio

MAD MAX - George Miller avec Mel Gibson, 1979, Australie

Pour venger la mort de sa femme et de son fils, tués par des motards, un jeune policier décide d'arpenter les routes et de se faire justice lui-même.

Réalisé en 1979, Mad Max n'a rien perdu de son panache, grâce entre autre à de remarquables cascades bien bourrines, véritablement immersives de part la mise en scène très efficace de George Miller. Ce dernier a réussi, malgré un budget plutôt étroit, à concevoir un univers très cohérent, instaurant un côté barbare, où l'anarchie et le désordre règnent en maître, à des lieux désolés et arides, donnant à l'ensemble l'aspect d'un western mécanique. Un monde brutal, dans lequel chevaux et diligences sont remplacés par des motos et autres véhicules customisés, pilotés par des hommes sans foi ni loi, essayant juste de survivre à la folie d'autres hommes.

Malgré quelques longueurs et lacunes scénaristiques, le film de George Miller demeure une très bonne référence, un film d'action efficace, qui finira par contre écarté par sa séquelle produite 2 ans plus tard : Mad Max 2 : le défi. Un second opus qui allait véritablement poser les bases des films dit post-apocalyptiques, inspirant dans la foulée de très nombreux réalisateurs désirant profiter de ce nouveau filon lucratif. Nachthymnen

MAD MAX FURY ROAD aka Mad Maz La Route du Chaos - George Miller avec Tom Hardy, Charlize Theron, Nicholas Hoult, Hugh Keays-Byrne, 2015, Australie/États Unis, 120m

Dans un monde post-apocalyptique, Max est piégé et devient la poche de sang d'un guerrier d'Immortan Joe. Le seigneur de guerre règne en tyran suprême, donnant de l'eau selon ses caprices, prenant soin de ses femmes, procréatrices, seul espoir en ce monde ravagé par des maladies congénitales. Un convoi est organisé avec en tête Furiosa, qui trahi Immortan Joe. Max, attaché au devant d'un véhicule de poursuite, se retrouve en plein coeur d'une course mortelle dont il ignore les implications.

Suite tardive de la saga Mad Max, Fury Road est une expérience sensorielle qui donne le vertige. J'étais vendu à Miller, un rare réalisateur qui, grâce à un montage d'une précision chirurgicale, permet au spectateur de toujours savoir ce qui se passe, malgré le nombre et l'ampleur des courses démentielles. La création du monde en arrière plan est également remarquable. Certains spectateurs ne voient qu'une poursuite sans histoire à cause de dialogues réduits à l'essentiel, semblant oublier toute la mythologie présentée visuellement. On ne donne pas toute l'information comme dans trop de films américains qui ne laissent aucun spectateur terminer un film sans tout savoir, ici la construction d'une société dystopique est présentée dans les détails visuels. Ce n'est donc plus seulement le pétrole qui est l'objet de convoitise, mais aussi l'eau, sujet bien d'actualité, et les femmes fertiles. Ce n'est d'ailleurs pas sans rappeler un petit film italien, sous-Mad Max, 2019 AFTER THE FALL OF NEW YORK de Sergio Martino, ce qui m'a fait bien sourire. Si certains personnage sont des clichés poussés au paroxysme, si certaine situations ne sont pas étonnantes, tout est dans la manière, l'abondance de signifiant, oserais-je dire. Les personnages féminins, Furiosa mais pas seulement elle, n'ont rien des personnages décoratifs qui meublent trop souvent les films d'action. Furiosa est pratiquement le pendant de Max et, comme dans les films précédents, leur complicité, si on peut appeler la chose par ce nom, n'est pas une simple affaire convenue. Le personnage est tellement fort que certains, à ma grande surprise, ont accolé l'étiquette féministe à ce film. Alors que d'autres crient à la misogynie. Comme quoi Miller a bien fait son travail, certains projetant leurs idéologies et interprètent sans vergogne, oubliant de regarder, écouter, apprécier une expérience ou ces questions ne se posent pas, parce que ces survivants sont plus complexes que leurs apparences. Le film déclenche les passions parce qu'il est passionné et passionnant, visuellement époustouflant et qu'il nous parle, plus que Max. Un coup de coeur pour le joueur de guitare/lance-flamme attaché au véhicule qui permet à la musique de faire partie intrinsèque au film. A voir. Mario Giguère

NEXT OF KIN aka MONTCLARE (RENDEZ-VOUS DE L'HORREUR) - Tony Williams, avec Jackie Kerin, John Jarrat, Gerda Nicolson, Alex Scott, 1982, Australie

Variante de la bicoque hantée, l'inquiétante maison de pensionnaires est rabâchée par les artisans de l'épouvante, qui la peuplent en espèces diverses, du moine à l'orphelin en passant par l'écolière et bien d'autres : les disparus de saint-agil, la residencia, suspiria, la nuit de la mort, le nom de la rose, l'altro inferno, etc. Et le carnet de commande des architectes ne paraît pas s'épuiser comme l'atteste un succès récent comme el espinazo del diablo. Parfois, l'un des charmes du tour du proprio tient aussi dans la découverte d'une dose de surnaturel logée dans les murs.

Le sort en est donc jeté quand une voix off prononce, depuis l'outre-tombe semble-t-il, les premières paroles du film : " A ma fille Linda Marie Stevens, je lègue tout mon héritage : tous les biens, les meubles, toute possession acquise dans la succession du domaine de Montclare ".La pancarte aperçue en chemin révélant vite que le domaine en question fait fonction de maison de retraite, dur de ne pas songer au bénéfice en temps que rapporterait la précaution d'un solide état des lieux entrant, incluant la visite approfondie des greniers et des caves. Et tant qu'à se donner de la peine, une vérification des extincteurs : il est bien connu, ce penchant de certains scénaristes à tout calciner, autant pour faire joli dans la nuit que pour effacer les traces de leur génie.

Enfin bref, Linda Marie Stevens revient dans la propriété familiale de son enfance, reconvertie en maison de retraite pour en assurer l'entretien, et retrouve à l'occasion quelques anciennes connaissances. Elle envisage la vente de l'établissement et, par devoir, plonge son nez dans les livres de comptes. En mettant de l'ordre dans les affaires, elle met également la main sur le journal intime de sa mère décédée, dont les propos la confortent dans des impressions étranges qui l'envahissent peu à peu au contact des lieux.

De fait, ce n'est pas tant à force d'originalité que le film a raflé ses trophées dans divers festivals. Car pour motiver notre circulation veineuse, les ficelles débobinées sont discrètes comme le cordage de john mac enroe : dès le soir tombé sur le toit pointu, l'équipe australienne s'amuse à faire sauter les plombs et couiner les portes, déloger les chats de dessous les lits, rincer les carreaux à seaux d'orage, et glisser des ombres à la manière de gamins piégés dans une soirée diapositives des vacances en famille.

Académique par certains aspects, donc, Monctlare n'en héberge pas moins d'étonnantes qualités. D'abord l'agilité de la caméra rentabilise efficacement le cadre central du domaine, à tel point qu'elle paraît singer rien moins que Shining (probablement faut-il d'ailleurs voir un clin d'oeil dans l'aperçu au mur de la photographie d'une salle de bal). Ensuite, il est difficile de résister au charme de Jackie Kerin, que sa carrière a apparemment plutôt cantonnée à la télévision, dommage. Sa silhouette brune et fragile rappelle du reste vaguement l'insistance avec laquelle Dario Argento a pu cavaler après le même type d'héroïnes, isolées dans des décors imposants et se débattant au coeur d'une atmosphère criminelle. Enfin, sur ce dernier sujet, le scénario réussit à mijoter tranquillement, avant une sympathique explosion de cocotte-minute.

Et puis, Klaus Schulze, grand nom du rock progressif et de l'électro teuton (Tangerine Dream, Ashra Temple) apporte une contribution exemplaire à ce rythme qui distille un malaise récurrent. Ses compositions reposent sur la combinaison de nappes sophistiquées, intégrant de profondes percussions, difficile d'y déterminer la part exacte des instruments acoustiques et synthétiques. Après avoir bruité de la fesse floue, mais aussi Dune de Lynch, son savoir-faire dans l'horrifique est en tous cas confirmé avec Angst (schizophrenia) et Manhunter (le sixième sens).

Ah oui, détail navrant : la blondasse crépie de fond de teint à la truelle qui grimace sur la jaquette du distributeur vidéo " Fil a Film " m'a hélas longtemps tenu à respectable distance de l'étagère, vade retro poufias. Bien entendu, cette image promotionnelle pour crème dentifrice est sans rapport, ni de près ni même de loin, avec ce film.

Recommandable en toute sécurité. Bigeyes

PATRICK - Richard Franklin, 1978, Australie

Kathy, jeune infirmière dont le couple est en train de partir en sucette, entame un nouveau job dans une clinique tenue par des dirigeants au caractère franchement désagréable. Elle se voit confier la tâche de veiller sur le patient de la chambre 15, à savoir Patrick, un jeune réduit à l'état de légume depuis trois ans. Mais Patrick n'est pas aussi inerte qu'il en a l'air, et Kathy le découvre rapidement.

Classique du film d'épouvante australien, ce PATRICK possède une atmosphère typique des années 1970 qui ne manqua pas de marquer son petit monde puisqu'il remporte le Grand prix du Festival d'Avoriaz en 1979. Cette histoire gentiment effrayante et traitée au premier degré est parfaitement menée, notamment grâce à Robert Thompson (Patrick) qui parvient à dégager quelque chose d'inquiétant en ne faisant absolument rien du tout puisqu'il reste allongé sur son lit, inerte, les yeux grands ouverts. En gros, Patrick s'avère être une sorte de version léthargique de CARRIE, les deux personnages étant persécutés et doués de télékinésie. Le film soulève la question délicate de l'euthanasie et semble pencher vers une approbation de la mise à mort des légumes humains - encore que les propos soient quelque peu ambigus. Le film connu un joli succès lors de sa sortie et connu logiquement une suite deux années plus tard, PATRICK STILL LIVES, qui fut étrangement produite et réalisée en Italie. Signalons enfin que la version originale bénéficie d'une musique de Brian May et qu'en Europe elle fut remplacée par une musique des Goblin. Kerozene

PICNIC AT HANGING ROCK - Peter Weir, 1975, Australie, 115m

Trois élèves et une enseignante disparaissent mystérieusement pendant un pique-nique à Hanging Rock, une étrange et inquiétante falaise en pleine forêt australienne.

Il n'y a aucun monstre dans PICNIC AT HANGING ROCK, ni un tueur et en fait, il n'y aura aucune explication sur ces disparitions. Quelle belle entreprise que de faire un film sans réponse et qui au final, est bien plus efficace ainsi. Jamais on ne saura si le fantastique est intervenu dans le réel ou les raisons extérieurs qui auraient causées l'incident. On nage donc dans une atmosphère étrange, où on semble se jouer de nous, où les indices sont gros comme le monde AVANT les fameuses disparitions, comme si tout était planifié. Le plus gros du plaisir et des frissons sera dans la scènes terrifiante et en même temps fascinante où les jeunes femmes, qui semblent possédées, montent Hanging Rock pour ne plus jamais en revenir. On ne voit pas le visage des jeunes femmes, tout ce que l'ont voit, c'est la montée lente et lugubre accompagnée d'une musique électro flippante et d'un montage hyper intense. Les actrices sont tous convaincantes et Anne-Louise Lambert, qui interprète une des disparues et qui se retrouve sans trop qu'on le sache, le point d'attraction du film est d'une beauté rayonnante. La photographie est à couper le souffle et Peter Weir, qui semblait totalement inspiré par son sujet, offre ici une réalisation spectaculaire et méticuleuse, utilisant tous les racoins de ses environnements. Ce film me hante depuis maintenant une semaine et je le conseille vivement à n'importe qui qui veut essayer quelque chose de différent. Abba

RAZORBACK - Russel Mulcahy, 1984, Australie 

Mais qu'est ce qu'un Razoback ? Il s'agit d'un monstrueux sanglier de la taille d'une voiture à l'appétit féroce et à l'instinct aussi meurtrier que celui d'Ed Gein. Ainsi, dès l'ouverture du film le voit-on ôter la vie à un petit bambin gardé par son grand-père vivant au milieu de la brousse. Malheureusement pour le grand-père, personne ne croit à son histoire de sanglier géant et il sera jugé pour la disparition de celui-ci. Acquitté par manque de preuves (malgré sa maison réduite en miettes), il se met en tête de pourfendre chaque sanglier qui vient à croiser sa route, du plus petit porcinet au fameux Razorback.

Beth Winters, journaliste TV new-yorkaise mondialement connue pour sa lutte pour la protection des animaux, se rend en Australie pour enquêter sur des chasseurs de kangourous. Mal lui en prend, car les autochtones n'apprécient guère les fouineuses, et c'est suite à une tentative de viol avortée sur sa personne qu'elle se fait ensuite tuer par le monstre au groin fumant. N'ayant plus de nouvelles de sa femme, c'est au tour de Monsieur Winters de fouler le sol australien afin de retrouver sa femme... puis de la venger.

RAZORBACK marque les premiers pas de Mulcahy dans le monde du long métrage. Fort de son expérience de clippeur, il réalise un film extrêmement stylisé, bourré d'éclairages chatoyant et de décors cinégéniques capturés par un cinémascope de toute beauté. Cela donne un certain côté rétro, mais reste parfaitement adapté au récit contrairement aux PREDATEURS de Tony Scott qui lui souffre de ce côté trop stylisé. Et si RAZORBACK tient la route comme une bonne vieille 205 GTI, c'est qu'il a caviardé son film d'une galerie de tronches patibulaires vivant dans un trou poussiéreux aussi dégueulasse que fascinant. On retient surtout les deux frangins bouchers fagotés comme des Drag-Queens de fortunes et le grand-père hargneux chassant le sanglier la bave aux lèvres ; des personnages qui n'auraient pas fait taches dans MASSACRE A LA TRONCONNEUSE 2. Quant au bestiaux, il est proprement efficace et brutal, un vrai monstre de cinéma comme on les aime : dur à cuire et destructeur. Mulcahy s'autorise également quelques scènes de rêves fantasmatiques exploitant au mieux des décors surréalistes, et ce pour notre plus grand plaisir - ce qui lui donne l'occasion d'étaler plus encore son talent de faiseur d'images formé à l'école du clip. Si la vision de films comme le RESURRECTION que Mulcahy réalisa en 1999 est amère, elle le devient encore plus quand on a conscience du potentiel que le bonhomme avait à cette époque. Kerozene

REIGN OF DARKNESS aka Le Règne des ténèbres - Kel Dollenen/David Allen, 2002,  Australie

Bon, je vais tenter de faire le résumer du film, pas facile car on perd vite le cours de l'histoire... 

Une organisation à laquelle appartient le biologiste Michael Dorn (le héros du film), tente de trouver une molécule capable de guérir l'humanité du SIDA. Ils expérimentent leur "remède" sur des sans-après... Mais allez savoir pourquoi, leur fameux remède n'en est pas uns, il transmet un mal plus terrifiant car il transforme les gens en vampires. Mais des vampires qui peuvent vivre à la lumière du jour hein, enfin la dernière évolution de ce virus créer un être hybride d'humain et de vampire... Mais voilà que Michael est victime de ce produit dont il ignore les vrais effets au début et il commence à se transformer, poursuivis par ses anciens collègues et par des tueurs. Il va décider de mener sa petite guerre contre les méchants et se venger de ceux qui le poursuivent et se sont servis de lui. Pour çà le voila qui s'habille style matrix mais avec une armure au kevlar à la batman. Prends ses armes et son précieux sabre et part en croisade contre le mal. Au rendez-vous, des truands, des bureaucrates, d'anciens marines reconvertis au mal et des vampires psychopathes et des maîtres vampires (En réalité ce sont eux qui ont inventé le virus pour essayer de reproduire leur race car ils sont en voie d'extinction, ils ne supportent plus le CO2 qu'il y a dans l'air ou quelque chose comme çà...).

Bon on ne va pas y aller par 4 chemins, c'est une sorte de mauvaise copie de Blade. Le gars est un vampire plus évolué que les habituels, il combat de méchants vampires, y'a même un duel au sabre comme à la fin de Blade... Il s'habille pareil avec son armure anti-balles et tout. Sauf qu'il n'a pas du tout la même voiture... Enfin c'est un détail.

Je ne vais pas qualifier ce film de mauvais, il est assez divertissant au niveau visuel, le personnage principal se débrouille bien dans son rôle de vampire renégat. Les scènes d'action sont bien filmées encore. Le problème se situe particulièrement au niveau du scénario, on a un peu de mal à suivre. Par exemple quand il va sur la tombe de sa femme... est-ce lui qui l'a tuée ou pas? Je n'ai jamais compris ces scènes... On a l'impression de regarder un film en sautant une scène de temps à autre. De plus on a un désagréable arrière-goût de Blade qui gâche un peu le plaisir au film. Cela dit, il est regardable, on ne tombe quand même pas dans la mauvaise copie. Dragonvolfied

RESISTANCE - Hugh Keays-Byrne & Paul Elliot, 1992, Australie

Dans une région reculée d'Australie se trouve un petit bled poussiéreux dans lequel vivent une poignée d'habitants du genre vieux hippies occupés à frelater de l'alcool de contrebande, quelques paysans aux origines aborigènes et quelques saisonniers venus se faire deux ou trois thunes pendant la moisson. Mais le pays est au bord du chaos, l'économie ainsi que la situation politique sont désastreuses, et les journaux télévisés nous apprennent que dans la capitale le parlement est assiégé par des manifestants turbulents. La situation est telle qu'un couvre-feu se voit instauré, que les rassemblements de plus de quatre personnes sont désormais interdits et que l'armée se charge maintenant de faire régner l'ordre. Et là, aux abords de notre village de quelques soixante pelés, une unité blindée vient poser son artillerie et installe un barrage à travers lequel même un kangourou se ferait exploser. Les habitants du village se font rapidement botter le cul par des militaires en mal de baston sous prétexte de rassemblements ou de menace terroriste, la palme du bidasse le plus dégueulasse revenant à un soldat homosexuel psychotique se promenant en short le M16 à la main et déglinguant de manière jubilatoire le premier qui ose le regarder de travers. Mais à force de malmener la petite communauté - très majoritairement féminine - celle-ci finit par se soulever, peu importe la quantité de sang à verser.

RESISTANCE, c'est l'histoire d'un petit groupe d'idéalistes, des honnêtes gens qui n'emmerdent personne et qui ne demandent qu'à ce qu'on leur foute la paix. C'est aussi l'histoire d'un pays au bord de la guerre civile et dans lequel les dérives d'un gouvernement inapte à régler ses problèmes sont sur le point de le faire pencher vers un régime totalitaire aux résonances fascistes. Une situation qui fait penser à une préquelle de MAD MAX (dans lequel le réalisateur Hugh Keays-Byrne tenait d'ailleurs le rôle de Toecutter - le chef des motards!), sentiment appuyé par la photo cinémascopée qui saisit de manière classieuse l'outback sauvage traversé de routes interminables, ses protagonistes marginaux et ses militaires excentriques. Et tout cela est très joli, on a envie de soutenir un tel film puisqu'il aborde un sujet intéressant et qu'il semble tirer les sonnettes d'alarme en mettant en évidence une situation locale peu reluisante. On pense même aux TRAQUES DE L'AN 2000 et LE DRIVE-IN DE L'ENFER, tous deux de Brian Trenchard-Smith et qui décrivaient là aussi un gouvernement australien à la dérive, mais de manière nettement plus bis. Seulement voila : comment rendre crédible, en particulier au sein d'un film qui se veut aussi sérieux, un sujet aussi fort en le situant au milieu de nulle part, là où ni l'État ni la population ne peuvent être atteints, ni même concernés par le sort de ces gens ? Pourquoi poser une division armée, un tank et un barrage là où personne ou presque ne passe jamais ? Et finalement, pourquoi opposer un point de vue féministe à une position clairement homophobe ? RESISTANCE, avec ses propos parfois contradictoires (un discours antifasciste homophobe... cherchez l'erreur) s'avère donc sévèrement bancal et finalement presque aussi douteux que ceux qu'il tente de condamner. Kerozene

ROAD GAMES aka DÉVIATION MORTELLE - Richard Franklin, 1981, Australie, 1h27, version vidéo française

"Porté sur les devinettes et amusements en tous genres, Pat Quid, chauffeur routier de son métier, a tendance à tout prendre à la rigolade. Mais ce soir là, la rigolade a du mal à passer.. Il y a eu d'abord cette jeune auto-stoppeuse qu'il a aperçue grimper à bord d'un van vert... ensuite, cet appel radio qui parlait d'une main de femme tranchée nette et qu'on aurait retrouvée dans l'hôtel où il avait passé la nuit... Enfin cette fille à la beauté troublante qu'il venait de faire grimper dans sa cabine tout en pensant qu'il faisait une bêtise..."

Oh la jolie série B que voilà ! Tension, nervosité, humour : ce thriller australien ne manque pas de qualités. Je n'en dirai pas plus sur l'intrigue afin de ne pas gâcher votre éventuel plaisir, me contentant de souligner la qualité de l'interprétation de Stacy Keach (toujours excellent, sorte de version anglo-saxonne de Franco Nero) et de Jamie Lee Curtis, le suspense lui allant décidément aussi bien que les débardeurs ou les chemisiers vaporeux : comme un gant ! La photographie souligne parfaitement la beauté des paysages australiens, de jour comme de nuit, ce qui ajoute au plaisir de cet excellent "road-movie" (au même titre qu'HITCH HIKE de Pasquale Festa Campanile ou LES PASSAGERS de Serge Leroy) à la double fin fort savoureuse (mais est-ce bien le mot ?  ).

Phrase culte, prononcée par le personnage principal : "Le fait de conduire un camion ne fait pas de moi un camionneur !" Stelvio

ROGUE - Greg McLean, 2007, Australie/États Unis   

Un groupe de touristes en excursion sur une rivière sauvage de l'outback australien pénètre par mégarde sur le territoire d'un crocodile monstrueux. Pas franchement hospitalier, le reptile charge violemment l'embarcation qui s'échoue sur un îlot où nos passagers trouvent refuge. Et comme si cela ne leur suffisait pas, la marée montante les oblige à trouver un stratagème pour quitter ce bout de terre tout en évitant de finir en steak tartare.

Près de dix ans avant de mettre en image la claque WOLF CREEK, Greg McLean avait rédigé ce scénario d'une apparente simplicité parce que d'un, ça permet d'exploiter des paysages sauvages d'une époustouflante cinégénie, et de deux, la minceur d'un tel sujet force à soigner l'atmosphère. Et pour cela, McLean a un petit truc bien à lui, celui de rapidement donner à ses personnages des traits de caractère bien précis pour commencer en soignant l'écriture de son script - et pas forcément dans le but de créer de l'empathie, en témoigne le " héros " du film ici antipathique au possible - puis de patiemment les faire mariner avant de leur rentrer dans le lard de manière brutale. Il l'avait fait avec brio pour son premier essai, et c'est avec une efficacité légèrement moindre que l'on se ramasse ROGUE dans les dents et que l'on se délecte de la décimation sanglante d'un casting solide. Quant aux attaques du croco, elles sont aussi efficaces que le bestiaux est balèze (et en l'occurrence, il s'agit d'un sacré morceau), de quoi s'écarquiller les yeux avant le final qui nous plonge au cœur de l'antre du monstre ! Un lieu inédit dans l'histoire des films d'agressions animales.... Et c'est avec ce pitch légèrement casse-gueule que McLean nous livre ce qui est ni plus ni moins que le nouveau maître-étalon du film de croco bouffeur d'hommes. Kerozene

SKY PIRATES - Colin Eggleston, 1986, Australie/États Unis 

Peu après la 2ème guerre mondiale, Harris, officier de l'armée de l'air, pilote émérite et renommé qui a peur du vide, est engagé dans une étrange aventure. Il doit escorter un colonel et un savant pour une mission, mais, alors qu'ils survolent l'océan escortés de deux avions, le leur s'infiltre dans une sorte de faille temporelle provocant des perturbations les obligeant à se crasher dans la flotte. Ils découvrent alors un cimetière de navires au large des côtes de l'Ile de Pâques...  En réalité, cette mission consiste à récupérer les trois morceaux d'une pierre d'origine extra terrestre. Evidemment, le colonel est un vilain qui veut tout le pouvoir, s'ensuit alors une palpitante aventure...

Dakota Harris, notre lieutenant de service, n'est pas Indiana Jones. Moins de charisme, son côté baroudeur bourru macho ne prend pas une seconde. Les péripéties sont males foutues, apparemment c'est un peu fauché, pas mal d'éléments proviennent directement de la série de l'aventurier au chapeau: poursuite avec le héros suspendu à la porte d'un camion, plans horrifiques ponctuant le récit, le méchant est un militaire au look arien, la musique qui tente de faire passer un thème musical qui trotte dans la tête... Rien de tout ça ne fonctionne pour autant, c'est plat. Mieux veut éviter donc. Kerozene

The SQUARE - Nash Edgerton avec David Roberts, Claire van der Boom, Joel Edgerton, Anthony Hayes., Australie, 2008, 1h45

Ray, directeur de chantier, la quarantaine bien tassée, trompe l'ennui de sa vie conjugale avec une voisine plus jeune que lui, la troublante Carla. Un jour, celle-ci découvre dans le plafond de son appartement un sac rempli de billets, résultat du dernier délit de son mari, petit voyou sans envergure. Leur plan, pourtant simple au départ, pour garder l'argent ne se passe malheureusement pas comme prévu. Le couple illégitime s'enfonce alors dans la spirale infernale du mensonge...

Premier film de l'Australien Nash Edgerton, THE SQUARE développe une situation archétypale de film noir. Nous sommes en présence d'un couple illégitime, comprenant une femme fatale, d'un gros magot et du désir partagé des deux amants de faire main basse sur cette somme d'argent providentielle avant de prendre le large. Rien que de très banal, pense-t-on. Sauf que le film ne déroule pas le programme escompté par le pitch. De cavale et de road-movie, il n'y aura point. Ancien cascadeur, le cinéaste ne verse pas dans la pyrotechnie et les grands effets. Sa mise en scène sobre et précise scrute au contraire les personnages à hauteur d'homme, en plans moyens le plus souvent. La narration ne cesse de se circonscrire. En cercles concentriques, l'étau des compromissions se resserre autour des deux protagonistes principaux, tel un boa constrictor. Le mensonge nourrit la paranoïa, et celle-ci s'avère bien mauvaise conseillère...

"Parfois, je pense que le film ne devrait pas s'appeler THE SQUARE, mais La loi de Murphy", dit David Roberts, qui interprète magnifiquement Ray. Si le titre pressenti par l'acteur est déjà pris par une bourrinade 80's de Charles Bronson, THE SQUARE offre en effet une illustration convaincante de ce principe empirique selon lequel toute catastrophe susceptible d'arriver se produira. Jusqu'à la fin, que je vous laisse le soin de deviner... D'une main ferme, avec une grande empathie pour ses personnages, Edgerton inscrit les codes du genre dans le cadre d'une Australie suburbaine rarement montrée, et donne une vigueur nouvelle au film noir "de proximité", tel que défriché à la fin du siècle dernier par les frères Coen (FARGO) et Sam Raimi (UN PLAN SIMPLE). Une réussite ! Stelvio

STONE aka URBAN WARRIORS - Sandy Harbutt, 1974, Australie

STONE, c'est l'histoire de Stone, un flic qui porte mal son nom puisqu'il est flic et qu'il ne se drogue pas, et qui, vêtu de ses habits blancs immaculés, se déplace sur sa grosse moto. Et Stone intègre un gang de Hell's Angels - les Grave Diggers - dans le but de les protéger contre un tueur à l'identité mystérieuse - du moins pour les motards car le spectateur sait de qui il s'agit depuis la scène d'ouverture. Un peu dépités de devoir accepter un keuf en leur sein, les Grave Diggers décident malgré tout d'être raisonnables d'autant plus qu'il a prouvé sa bonne foi en sauvant deux des leurs. Notre policier intègre alors le gang, n'évite pas le bizutage de rigueur, troque sa tenue de preux chevalier contre un blouson pourri, sympathise avec le chef, apprend les règles du milieu et finit par se fondre au sein de cette communauté d'hurluberlus satanistes consommant drogues et alcool comme on se beurre des tartines.

Ce film semble avoir un petit statut de film culte, principalement en Australie. Il est vrai qu'il se distingue du commun de la bikesploitation en bien des points puisqu'il prend soin de plonger au sein du quotidien des Hell's Angels plutôt que de se complaire dans un étalage de violence gratuite les dépeignant sous leur plus mauvais jour. Sandy Harbutt n'évite pas les clichés pour autant, principalement en ce qui concerne l'attitude impulsive et sur-machiste des motards ou lors des funérailles d'un Hell's Angel qui vire à la caricature lorsque le Grave Digger improvisé prêtre pour l'occasion est coiffé d'un haut de forme, porte un bandeau sur l'œil et hurle gloire à Satan toutes les deux phrases. Avant cela, le film possède quelques beaux moments, dont l'impressionnante procession funèbre, à laquelle participent des centaines de motards formant une colonne de pétoires sur quelques kilomètres, ou la scène d'ouverture montrant la vision subjective d'un Grave Digger défoncé sur de la musique psychédélique. Un beau moment d'exploitation pure auquel vient rapidement s'ajouter une impressionnante cascade (un motard se jette d'une énorme falaise pour s'écraser en mer) qui, d'après les commentaires glanés sur Internet (déjà rien que sur le forum d'imdb consacré au film), semble avoir marqué les anales du genre. Et nul doute que cette prouesse en est pour quelque chose dans la réputation du film. Mais la deuxième partie du film s'essouffle, manque de dynamisme et se montre avare en rebondissements. On découvre que ces barbus ne sont pas si méchants, qu'ils aiment se baigner nus dans l'eau, et qu'après tout, si personne ne les emmerdait, ils seraient prêt à vivre d'amour et de bière fraîche. Une manière de faire baisser la tension avant le final brutal qui donna au film une réputation quelque peu exagérée de pelloche ultra-violente. Autrement dit, STONE sait caresser les bikers dans le sens du poil, mais laissera les autres spectateurs un peu sur leur faim. Kerozene

THIRST - Rod Hardy, 1979, Australie

Quand Kiss of the Vampire rencontre The Prisoner... avec le même type de budget ! Une jeune femme est capturée puis séquestrée dans l'enceinte d'un village par des membres d'une société secrète qui voient en elle la descendante de la comtesse Bathory. Dès lors, Kate est trappée dans un véritable cauchemar. Ces fanatiques croient dur comme fer aux vertues thérapeutiques du sang, et ils n'hésiteront pas à utiliser tous les moyens (drogues hallucinogènes, lavage de cerveau, trahisons, etc...) dans le but d'en faire une des leurs.

Thirst regorge d'avaleurs de sang, mais ce ne sont pas les vampires traditionnels que l'on connait. Le scénario jouant sur un régistre plus "réaliste", ils n'ont ni crocs (l'affiche ment), ni pouvoirs surnaturels et ne craignent point non plus la lumière du jour. Nuls effets spéciaux et si peu de gore ne viennent déranger la quiétude de cette production sobre certes, mais néanmoins stylisée.

Un film sans grande prétention, mais intéressant, l'intérêt étant dans son suspense: Kate réussira-t-elle à s'échapper, ou succombera-t-elle finalement à l'appel du sang ? Blobula

TO BECOME ONE - Neil Johnson avec David Vallon, Emma Grasso, 2002, Australie

La jeune Melinda a vécu l'enfer un an plus tôt lorsqu'un tueur masqué a tranché sa mère en deux. Revoici son anniversaire et le tueur est de retour pour trucider ses amis. Au lendemain du massacre, elle part avec les quelques amis qu'il lui reste à la campagne, quoi de mieux que de s'isoler dans les bois lorsqu'un maniaque nous court après... Vous pensez bien que le malotru les suit et tue un à un tous ces rigolos. Donc, au bout de trente minutes, Melinda est seule avec le maniaque masqué qui se révèle être son frère siamois, tel qu'annoncé sur la pochette du dvd, y a pas de gêne. Là on se retrouve dans une clinique bien spéciale ou un drôle de scientifique veut réunir leur corps à la suite d'une série d'opérations, ce que Melinda ne prise pas tellement, il va de soit.

Drôle de mélange, du slasher à la Jason au drame de la chair très proche des délires d'un David Cronenberg. Il faut surtout applaudir la performance de David Vallon dans le rôle du docteur Hatcher, le fou de service, un numéro mémorable. Malheureusement les acteurs assez jeunes, qui donnent leur 100% ne sont pas toujours à la hauteur et le mélange de genres ne saura plaire à tous. Le réalisateur nous répète souvent que le film n'a pour budget qu'un maigre $2000.00, ce qui est difficile à croire au vu du résultat, qui bénéficie grandement de l'expérience et des ressources de Johnson, documentariste et vidéoclippeur. La partie slasher est gore à souhaits. Mario Giguère

 

UNDEAD - Michael & Peter Spierig, 2003, Australie, 1h44

On savait les Australiens dérangés - pensez à CROCODILE DUNDEE - mais on n'avait pas encore vu ce que pouvait donner l'alliance maléfique entre deux frères jumeaux (un peu à l'exemple des TWINS OF EVIL de la Hammer) voués au mal cinématographique.

Prétexte : Une petite ville australienne réputée pour sa tranquillité. Un météorite explose à quelques pas de la Terre et des morceaux de rocaille brûlante traversent l'atmosphère pour venir s'écraser un peu partout, contaminant la populace locale et transformant nos amis pêcheurs en de hideux zombies. Une équipe de survivants, composée de divers représentants de diverses couches sociales, se battra jusqu'au bout contre les ghoules déchaînées mais découvrira qu'il y a plus qu'une histoire de zombies dans ce complexe scénario.

On ne peut pas dire que UNDEAD est une réussite sur tous les points, mais pour un premier film sans trop de budget, il regorge de bonnes idées et de trouvailles amusantes. L'idée de départ est fort commune, mais les développements qui suivent le sont un peu moins... Il y a vers le milieu du film une rupture de ton évidente, qui ne rend pas nécessairement service à l'ambiance mais qui donne droit à de curieuses scènes.

Les personnages sont amusants pendant un certain temps. On a droit à un couple de policiers, un couple de nobodys composé d'un bouseux et d'une ancienne reine de beauté enceinte jusqu'aux yeux, une jolie demoiselle (pétillante Felicity Mason) ayant usurpé la couronne de celle qui est enceinte, et un pêcheur miraculé obsédé par les armes à feu et débitant les one-liners les plus fromageux que j'ai entendu depuis longtemps. Cependant, le preneur de son n'est pas toujours très vif et on a parfois du mal à saisir ce qui se dit, l'accent n'aidant pas, et l'hystérie mal jouée du policier moustachu empirant le tout.

Les effets spéciaux, pour la plupart bidouillés digitalement, ne gagneront pas un prix Nobel de CGI mais sont plutôt bien faits et passent très bien. UNDEAD n'est pas une réflexion sociale très intense mais c'est un film très amusant où on retrouve du gore, des fusillades et du plaisir en quantités généreuses, et une telle recette n'est jamais nuisible à votre santé mentale. Orloff

 

VISITORS - Richard Franklin avec Rahda Mitchell, Susannah York, Ray Barrett, Domenic Purcell, 2003, Australie, 1h26

La navigatrice australienne Georgia Perry s'élance dans son grand voilier pour un tour du monde en solitaire. La traversée doit durer 140 jours, la jeune femme ne doit pas faire usage de ses moteurs, sous peine d'être disqualifiée. Rapidement, des phénomènes étranges se produisent à bord...

Présenté comme un film d'horreur dans la lignée de CALME BLANC, ce suspense maritime déçoit pas mal. On était pourtant ravi de retrouver Richard Franklin, connu pour LINK, ce petit maître doué, auteur remarqué de PATRICK et ROAD GAMES, que je chroniquais voici quelques mois. La mise en place du film révèle d'ailleurs un certain métier, le cinéaste australien, toujours secondé par le scénariste Everett De Roche (qui signa aussi les scripts des excellents LONG WEEK-END et RAZORBACK), semblant ne pas avoir perdu la main. Et puis... plus grand chose ! Le film souffre d'un manque évident de progression scénaristique. Les spectres reviennent de manière trop routinière, et les sous-entendus freudiens (du genre "pour rompre le cordon ombilical, il faut partir") sont un peu lourdingues. On finit par se lasser et "lâcher" le visionnement. Franchement dispensable... Stelvio

Les VOITURES QUI ONT MANGÉ PARIS aka THE CARS THAT ATE PARIS; KILLING CARS - Peter Weir, 1974, Australie

Le titre de ce film est sans doute le plus excitant de la création ! Il a cette incroyable faculté de générer des images fantasmagoriques de délires apocalyptico-mécanique. On pense à la tour Eiffel renversée par des monstres biomécaniques, le Louvre dévasté par des 4X4 surgis de l'Enfer... Et ben ce n'est pas ça du tout, c'est même tout le contraire que propose cette pelloche signée Peter Weir. Perd-on au change ? Pas forcément, car même si on attend toujours de pied ferme un film assez dingue pour assouvir le fantasme ainsi généré, il faut bien admettre que ce petit budget complètement barré a de quoi nourrir les amateurs d'étrangetés filmiques.

Ici, Paris est un petit village perdu au milieu de la brousse australienne, un hameau n'abritant que quelques dizaines de péquenods qui ont une façon bien à eux de gérer leur petite bourgade. Fait étrange, de nombreux véhicules de passage finissent dans le fossé à l'entrée du village. Les accidents sont le plus souvent fatals... Et dans ce village, il y a une drôle de clinique pleine de patients au cerveau réduit en bouillie et qui bénéficient des bons soins d'un toubib aux motivations pas très nettes. Enfin, il y a ces drôles de jeunes qui rôdent nuit et jour au volant de bagnoles complètement déglinguées et rafistolées à partir de pièces détachées ou customisées de manière totalement destroy. Bizarre, surréaliste, inattendu, les qualificatifs de manquent pas pour décrire le film de Weir, mais là où il s'agit d'une indéniable réussite, c'est qu'il parvient à surprendre de manière quasi constante. A chaque scène, de nouveaux éléments viennent s'ajouter à un étrange puzzle dont la forme définitive reste quelque chose de relativement indéfini, comme pour nous forcer à le recommencer depuis le début afin de s'assurer qu'on n'est pas passé à côté de la clé principale. Un étonnant goût de reviens-y pas désagréable du tout et qui laisse plutôt songeur quant à l'orientation de la carrière du réalisateur de GREEN CARD... Kerozene

WOLF CREEK - Greg McLean avec Peter Alchin, John Jarrat, Cassandra Magrath, 2005, Australie, 99m

Le cinéma de genre australien fut à une époque l'un des plus inventifs et l'un des plus intéressant du monde, au travers de titres comme Mad Max, Razorback ou encore Long Week end, l'Australie à une époque a fait croire à tout le monde qu'elle deviendrait le nouveau temple du cinéma de genre, Hélas après un début tonitruant le cinéma de genre australien mourut en enfantant encore quelque films de médiocre qualité...

Jusqu'a ce Wolf Creek, véritable renaissance de ce cinéma si particulier et pourtant si balisé, L'histoire est simple, Trois jeunes gens un peu fêtard s'en vont passer un week end a Wolf Creek, un site sur lequel s'est écrasé une météorite, sur les lieux ils vont rencontrer un homme étrange...

Voila un pitch basique pour un film qui ne l'est pas du tout, Mc Lean (le real) prend son temps pour installer petit a petit un climat de tension et d'oppression, trop long diront certains, ce a quoi je répondrai une catégorique MONUMENTALE ERREUR (Jack Slater style) car cette montée en tension est si subtile qu'a la quarante cinquième minute quand rien de terrible ne s'est encore produit le spectateur tremble a la seule vue de cette camionnette débarquant au loin.

Il craint également que le film ne soit qu'un énième survival de base, il se trompe lourdement car a bien des égards le film se rapproche bien plus de massacre a la tronçonneuse.

En effet Mclean filme caméra a l'épaule des scènes d'une intensité et d'une violence proprement sidérante, ce qui propulse le film dans le quasi documentaire!!! et fait croire au spectateur a un sordide fait divers tout à fait plausible, réaliste en tout point le film ne bascule jamais dans le gore, mais devient extrêmement choquant lorsqu'il décrit l'agonie et le calvaire des personnages, je n'en dirai pas plus pour ne pas gâcher la surprise, mais sachez seulement que certaines scènes de Wolf creek sont de purs électrochocs!!!

Le bad guy est un monument, mix improbable entre Mic Dundee et Leatherface il déclame deux tonnes de punchline a la seconde pour le plus grand plaisir du spectateur

Pourtant le film n'est pas exempt de défauts, notamment dans une certaine persistance a sombrer dans le jeunisme, et un certain manque de rythme, qu'importe le film remplit son rôle de Rollercoaster en proposant un voyage au coeur de l'Australie (En HD proposant des images sublimissimes) et au coeur de l'horreur, Mc Lean est un réalisateur à suivre de très très prés!!! Kitano Jackson

ZOMBIE BRIGADE aka: ZOMBIE COMMANDO; NIGHT CRAWL - Carmelo Musca / Barrie Pattison, 1986, Australie

Le film débute sur une scène se déroulant au Viêt-nam. Un soldat effrayé hurle un truc style "ils sont même pas morts, ces gars là !!!". Générique. Australie, les années 80, dans un bled de rednecks australiens... Les gens se préparent à organiser une réception pour accueillir un investisseur nippon qui va faire construire un parc d'attraction sur le thème de Robot Man, célèbre héros de bande dessinée. Seulement, au milieu du terrain choisi se trouve un monument aux morts du Viet Nam. Que fait-il là ? Ben y a bien une raison. Et cette raison apparaît lorsque ces cons font péter ledit monument: dès la nuit tombée, des zombies en uniforme se hissent hors du trou et partent croquer du vivant. Heureusement, un aborigène connaît une parade: il appelle les morts (gentils) pour s'en débarrasser. Autre moyen de les tuer: un pieu dans le coeur (?!) - il faut préciser aussi que quelques zombies ont les dents longues. Le lendemain, on apprend que les zombies ont peur de la lumière, et qu'ils vont revenir la nuit suivante. Les habitants découvrent que le village est cerné de mines, comme quoi, l'armée avait tout prévu en cas de pépin. La nuit tombe, l'aborigène appel une armée de gentils morts qui se battent avec les méchants, après un moment ils sympathisent, le jour se lève, les morts n'ont plus peur de la lumière (pourquoi ?) et ils entament un déminage.

N'importe quoi !!! Si au moins le film avait été filmé avec un poil d'énergie, et même de savoir faire, ça aurait pu donner un film de zombies correct, avec du gore et un certain dynamisme. Mais nous sommes ici en présence d'un film d'une exubérante platitude. Les zombies sont extrêmement peu crédibles. Il y a peu de gore. Mais on ressent bien le message anti-raciste et anti-militariste du film qui montre qu'il y a une certaine bonne volonté derrière toute cette merde. Il n'empêche que c'est pathétique. Kerozene

ZONE 39 - John Tatoulis, 1996, Australie, 1h30 

Au bout du monde, dans un désert qui semble infini, il y la zone 39, frontière entre les Républiques Fédérées et l'Union des Nouveaux territoires. Quarante ans après la troisième guerre mondiale, la paix règne, précaire. Le lieutenant Megaw est chargé de la surveillance de la Zone et de l'élimination des intrus qui s'y aventurent. Bientôt, il découvre que le danger ne vient pas de l'autre côté de la frontière mais de son propre gouvernement...

Le DVD de ce film d'anticipation (post-nuke or not, that is the question...) australien me tendait les bras depuis quelques temps déjà. A plusieurs reprises, j'avais hésité à laisser la petite poignée d'euros que demandaient les trocantes de la région parisienne pour son acquisition. En cette période de soldes et de liquidation des fonds de tiroir, j'ai fini par craquer... Verdict ? Plutôt une bonne surprise. Pas tout à fait "Un film culte", comme le proclame la critique de Variety reproduite sur la jaquette, mais une honnête série B. On retrouve dans ZONE 39 ce sens de l'espace propre au cinéma australien. Les décors post-apocalyptiques situés dans le désert sont assez convaincants. Quant à l'apparente faiblesse du budget (enfin à côté des NOUVEAUX BARBARES, c'est Hollywood hein !), elle est compensée par un filmage en plans moyens et des éléments de décoration sobres et sans outrance. Le film est entièrement centré autour de Peter Phelps, comédien ressemblant à un mix de Tom Berenger et de John Travolta. Idéologiquement, le propos reste assez vague : ce monde futuriste est sous-tendu par la paranoïa et dirigé par des oligarques sans scrupules, ce qui a le mérite d'éviter le "film thèse" mais qui ne fâchera personne (et surtout pas la critique américaine). Bien que long de 90 minutes seulement, ZONE 39 manque un rien d'action, les choses ne se réveillant que dans le dernier tiers du métrage. A voir si l'on ne s'attend pas à monts et merveilles ! Stelvio

ZTS: STATE OF ENTROPY - Stefanos Stefanidis, Australie, 2003

La ZTS, autrement dit la Zero Tolerance Squad, est une nouvelle forme de police aux méthodes pour le moins radicales. Aucune question posée: les suspects sont exécutés sur place, sans sommation, sèchement. Un groupe de jeunes malfrats reclus dans une usine désaffectée tente de garder profil bas, la montée de la ZTS n'étant certainement pas de bon augure pour le groupuscule. Le mal vient toujours de l'intérieur, et ZTS ne faillit pas à la règle: un des membres du groupe, frère du leader de celui-ci, n'en fait qu'à sa tête et agit selon ses propres envies sans se soucier des conséquences.

ZTS: STATE OF ENTROPY est le premier long métrage de Stefanos Stefanidis. Oeuvre ultra-rythmée par des rythmes électro et un montage extrêmement stylisé, elle apporte un regard inquiétant sur ce que pourrait éventuellement devenir notre police de demain. Autour de son récit, Stefanidis fait graviter une impressionnante galerie de personnages évoluant de manière inattendue. Le récit, lui-même totalement déconstruit à l'image d'un PULP FICTION mais en plus poussé, maintient en haleine et surprend sans cesse. Il serait facile de se sentir perdu: le nombre de personnages et le montage en font un film pas simple d'accès, mais pour les pauvres âmes perdues, il y a toujours la possibilité de se rattraper sur la qualité du montage, de la musique ou de se délecter de l'humour sans cesse présent. ZTS est un bon film, qui pourrait s'avérer être les débuts d'un réalisateur prometteur. Kerozene

Site Officiel :.zerotolerancesquad.com

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Web www.clubdesmonstres.com

BRIAN TRENCHARD-SMITH

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