1931 - 1996

mise à jour le 19 mars 2010

ALADDIN aka Superfantagenio - Bruno Corbucci, 1985, 1h35.

Un petiot un peu con travaille pour "Tony Buys It", un vendeur de scrap escroc sur les bords. Alors que notre héros - qui s'appelle subtilement "Al Haddin" - frotte une vieille lampe que Tony a acheté au port pour une bouchée de pain, un génie ventru en sort et lui apprend qu'il est à ses ordres. Ce barbu bedonnant n'est nul autre que Bud Spencer, roi de la claque à ses heures. D'abord surpris, Al finit par accepter Buddy et les deux s'apprivoisent lentement. Ils s'aiment bien, finalement, et entreprendront de contrer les plans d'un réseau de kidnappeurs d'enfants - qu'Al fera transformer en porcs - et de mettre fin à un racket de protection quelque peu violent. Al gagne des matches de basketball, séduit la petite fille dont il a toujours rêvé, gagne des compétitions de ski nautique, et se paie des ballades en tapis volant avec le gros Génie. Comme dans tout bon film familial, tout est bien qui finit bien, en musique à part ça.

On sait tous que les années '80 ont tapé sur la cervelle des italiens, et du monde en général. Ce film "familial" semble en être un exemple assez flagrant. Le récit est tellement dense qu'on a l'impression que ça n'arrête jamais. Des éléments surnaturels se mélangent à une dizaine d'intrigues parallèles et aucune d'entre elles n'est vraiment examinée avec soin. On insiste sur un élément, puis, on l'oublie par magie. Mario Amendola et Corbucci semblent avoir voulu incorporer beaucoup trop de matériel en une heure trente, ce qui fait que l'ensemble pourrait sembler incohérent à certains. La technique est au point, mais on est en droit de se demander pourquoi le film a été tourné à Miami, alors que c'est une production entièrement italienne. Janet Agren apparaît ici et là, personnifiant la mère d'Al Haddin. Bud Spencer est monolithique et joue son registre habituel, l'impassible aux brèves répliques. On ne s'attend pas à de la castagne, avec un thème pareil, mais il y en a tout de même ! Il faut l'avouer : le casting de monsieur Spencer n'aurait eu aucun sens sans quelques gifles bien senties... Les gangsters sont parodiques, tout comme les fonctionnaires. La musique est de Fabio Frizzi, et il n'y a pas de quoi s'en vanter. Le thème du film, une horrible et grotesque chansonnette, est interprété par un certain Eumir Deodato... Orloff

COP IN BLUE JEANS aka Flic en Jeans aka Squadra Antiscippo - Bruno Corbucci 1976, Italie, 1h32.

Nico Giraldi est un flic de la "Brigade Antivol", dans une grande ville d'Italie, et emploie des méthodes un peu spéciales qui inquiètent ses employeurs. Il croit qu'en réduisant à zéro les activités des receleurs, une baisse accrue des vols se fera ressentir. Il décide donc de frapper fort. En même temps, dans la ville, la mallette d'un dignitaire est volée par deux voyous en motocyclette. Le dignitaire décide de ne pas porter plainte, mais peu après les voyous seront éliminés l'un après l'autre, lentement mais sûrement...

Premier volet de la longue série des Nico Giraldi mettant en vedette l'attachant Tomas Milian (qui a entre autres joué dans 6 polars violents de Lenzi, atteignant le sommet avec son double rôle dans LA BANDA DEL GOBBO) et ayant remporté un succès considérable en Italie, SQUADRA ANTISCIPPO est réalisé par Bruno Corbucci avec un entrain communicatif. Le rythme est rapide, les répliques de Milian valent de l'or, et la trame sonore groove et maîtrisée est exécutée par des habitués du genre, les frères Guido & Maurizio de Angelis. Corbucci fera appel à leurs services pour beaucoup d'autres volets de la série. Les cascades en motocyclette sont démentes, et lors des combats au poing, Milian envoie constamment les voyous valser dans des murs qui défoncent, ce qui donne un effet "comic book" très réussi. Jack Palance est la vedette invitée et il est comme d'habitude visqueux et détestable comme pas un. Orloff

Il aurait été préférable que je les regarde dans l'ordre, mais voici toujours que j'ai vu le premier film de la série des Nico Giraldi. Tomas Milian est plus reconnaissable, mais toujours affublé de couvre chefs incroyables, pour facilement faire passer sa doublure dans les cascades ? Car cascades il y a, dans un scénario mené à fond de train avec tous ces personnages pittoresques. Corbucci ne peut s'empêcher de filmer un couple qui danse de manière éclatée, mais mal cadré et mal éclairé. Une scène bâclée dans un ensemble somme tout réussi avec un Tomas Milian qui s'en donne à coeur joie. Jack Palance a une présence très réduite et de plus il est doublé par une voix absolument pas rapport. Une série à découvrir pour tout amateur d'euro-culte. Mario Giguère

DELITTO IN FORMULA UNO - Bruno Corbucci avec Tomas Milian, Bombolo, Dagmar Lassander, 1984, Italie

L'inspecteur Nico Giraldi doit enquêter sur deux crimes : la mort suspecte d'un coureur auto dans une course de formule 1, et un macchabée retrouvé dans le coffre d'une voiture fauchée par le beau-frère de notre héros.

Je m'étais bien habitué à voir Milian/Giraldi en bleu de travail et bouclettes dans la série des Squadra, mais là ça dépasse tout. Le premier ajout significatif à la tenue est un bonnet multicolore un peu genre péruvien, couvre-chef également arboré par son rejeton histoire de pas le confondre avec d'autres gamins je suppose. Rajoutez des gants dépareillés, c'est à dire de couleurs différentes, plus quelques accessoires tons flashy sur certaines scènes et vous obtiendrez l'inspecteur le plus improbable et le plus ridicule qui m'ait jamais été donné à voir.

Comme à l'accoutumée dans la série des Giraldi, on peut pas vraiment dire que le coté enquête policière est d'une rigueur exemplaire. On pourrait prendre les 5 minutes d'explication finale, les coller au bout des 20 minutes d'exposition du début, et on obtiendrait un court métrage tout aussi cohérent.

En revanche certaines scènes vous laissent bouche bée, tel ce passage ou Nico fait une démonstration de danse aérobic de plusieurs minutes avec sauts de l'ange, ralentis et tout le toutim : Tomas Milian dans Fame ! Ou plutôt, la doublure de Tomas, car dès qu'il faut bouger les gambettes, Milian lui laisse gentiment la place (procédé habituel dans la série).

Et en plus de l'action, vous aurez aussi de l'émotion : à un moment, Nico craque, il est tout seul dans sa voiture, alors sa femme vient le réconforter, et il est même possible que Nico verse une larme. Si c'est pas beau, ça.

Coté Dagmar Lassander, c'est un peu l'arnaque, elle ne joue que trois minutes maximum au tout début et à la toute fin. 

A réserver aux fans des cabotineries outrancières de Milian et sa petite bande. Pour moi, c'est pas désagréable. Riton

ESCROC, MACHO & GIGOLO aka Cat and Dog aka Thieves and Robbers aka Cane e Gatto - Bruno Corbucci, 1982, Italie, 1h40

Bud Spencer est un flic détective employé par la ville de Miami. Sa nombreuse famille ne se doute de rien; tous le croient représentant pour une compagnie d'aspirateurs ! Sur le point de prendre des vacances, son chef exige de lui un dernier effort : retrouver Tomas Milian, un petit escroc vaguement macro qui couche avec la femme d'un sénateur (et bien d'autres). Ce dernier n'apprécie évidemment pas trop les "attentions" de Milian à l'égard de sa femme et veut à tout prix éviter le scandale.

Les années '80 n'ont pas été très tendres pour Bruno Corbucci. Sa série des Nico Giraldi, mettant aussi en vedette Milian, est devenue plutôt lourde. On appelle ça un déclin. Il s'est mis à réaliser des comédies faciles un peu trop ancrées dans leur époque pour être prises au sérieux de nos jours. Celle-ci ne fait pas exception et nous y retrouvons une musique enthousiaste, peut-être trop, que l'on croirait tout droit sortie d'une publicité pour le Club Med. La garde-robe des acteurs est déplorablement affreuse, et Bud Spencer y est légèrement croulant. "Égal à lui-même", diraient certain, ce qui veut dire en vérité qu'il déploie son répertoire limité comme un éventail du désespoir depuis de longues années. Sa famille est complètement ridicule, avec une mention spéciale pour sa belle-soeur vieille fille, qu'il essaiera de refiler à Milian en désespoir de cause. Celui-là, par contre, est drôlement amusant, et ce du début à la fin. Affublé d'une perruque improbable en forme de "banane", et moustachu juste comme il faut, ses costumes extravagants et son cabotinage éhonté et ignoble sauvent le film de l'ennui. Son accent, dans la version française, est tout simplement hilarant. À part quelques scènes de bagarre qui valent le coup et monsieur Milian qui se déchaîne, ce film gagnerait à retomber dans l'oubli où il se trouvait avant que je n'en parle. Orloff

Il FICCANASO - Bruno Corbucci, 1981, Italie

Luciano ( Pippo Franco ), employé timide, livreur pour une compagnie de vêtements, est soupçonné d'homicide. Avec l'aide du commissaire et de Susanna ( Edwige Fenech ), férue de parapsychologie, il tentera de retrouver le criminel avant que celui-ci n'aie tué tout son entourage.

Mélange de comédie et de Giallo, co-scénarisé par Pippo Franco, grand escogriffe qui rappelle Pierre Richard, le film, en version originale italienne, désennuie et exploite les clichés du giallo par ses effets comique appuyés. La première partie, catalogue de blagues toutes dirigées vers le patron de l'entreprise, se regarde bien et la mise en scène de Corbucci est, ma foi, fort correcte. On note une séquence de rêve bien réussie. Edwige tiens le rôle habituel de fantasme ambulant, mais ses pitreries sur le paranormal sont agréables. La fin est prévisible, alors que dans un giallo habituel on nous sort un coupable arrivant de nulle part ! Mario Giguère

  Les RANGERS DEFIENT KARATEKA aka THREE MUSKETEERS OF THE WEST; TUTTI PER UNO... BOTTE PER TUTTI - Bruno Corbucci, 1973, Italie

Ne vous laissez pas berner comme moi par ce titre français trompeur, et jetez un rapide coup d'oeil au titre italien (ou même anglais) qui fait référence de manière plutôt potache à la fameuse devise des trois mousquetaires. L'intrigue est celle d'un jeune bouseux, fils de ranger, qui décide de partir sur les traces de son père afin de "se couvrir de gloire". C'est à dos d'âne, armé d'un tromblon, d'un fromage qui pue et d'une bible renfermant une brique qu'il part à la recherche des trois fameux amis de son père, cousins lointains d'Atos, Portos et Aramis, et anciens rangers reconvertis en arnaqueurs de secondes zones. Parmi eux se trouve George Eastman dans le rôle d'un as de la manipulation des cartes, et donc tricheur de premier plan. Après des "retrouvailles" à base de baffes dans la gueule (on est en plein délire slapstick), nos quatre compères décident d'escorter une innocente infirmière qui tente de faire passer des médicaments à la frontière mexicaine... leur chemin sera évidemment semé d'embuches....

Bruno Corbucci donne le ton dès le début en ouvrant son film sur une classique bataille de tartes à la crème. Tout de suite, le petit Bruno marque la distance avec son frangin Sergio et dès lors on sent qu'on n'a plus qu'à bien se tenir, parce que ce qui va suivre risque de peser lourd.... très lourd. Le surpoids ne se fait d'ailleurs pas attendre, en particulier lors des scènes de bagarres contre une tripotée de personnages tous plus croquignolets les uns que les autres, bagarres systématiquement accompagnées de grimaces, de one-liners humoristiques et de bruitages de dessins-animés. Parmi les adversaires on trouve un duo de tueurs qui n'est pas sans rappeler les Dupont et Dupont de Tintin, les trois rangers mousquetaires bien évidemment, des brigands de grand chemin sales comme des cochons, une horde de chinois (seule scène qui "justifie" le titrage français) et une troupe de cirque d'origine allemande dans un train! Souvent stupide et rarement drôle, le film de Bruno Corbucci a du faire se retourner Alexandre Dumas dans sa tombe en plus de sonner le glas du western à l'italienne. Kerozene

SQUADRA ANTITRUFFA aka Nico l'Arnaqueur aka Swindle - Bruno Corbucci 1977, 1h20

À la suite d'une immense escroquerie d'assurance portant ombrage à la Lloyd's de Londres, un détective anglais (David Hemmings) est dépêché en Angleterre afin de mener son enquête. Il fait équipe avec "le policier le plus con de toute l'Italie" (Tomas Milian) et les deux forment un duo de choc plutôt efficace. Ils découvriront ensemble que l'histoire est plus compliquée qu'ils ne le croyaient et croiseront à maintes reprises de menaçants individus qui en veulent à leur vie.

Bruno Corbucci a un don inné pour concocter des thrillers policiers haletants qui mélangent avec un bonheur insurpassable des éléments d'action et de comédie, le tout si bien dosé qu'il est impossible d'y résister. Ici l'intrigue est juste assez captivante pour ne barber personne et alimenter le scénario avec de nombreux retournements de situations. Tomas Milian y joue le personnage récurrent de Nico Giraldi, que Corbucci allait utiliser encore très souvent. Il y est à sa place, avec son éternel chewing-gum et ses répliques à tout casser. On pourrait cependant questionner la pertinence de la ligne de crayon noir qu'il a sous les yeux... L'élasticité de ses mouvements et la vitesse avec laquelle il poursuit les méchants garnements semés au gré de son parcours étonnent. David Hemmings joue l'anglais de service, un personnage fort digne quoiqu'un peu stéréotypé, avec moustache et pipe. On a droit en milieu de parcours à une chasse à l'homme, à pied, sur les toits de la ville, qui se révèle d'une inventivité hors pair. Un peu plus tard dans le film, l'action fait un détour par San Francisco, le temps de quelques méfaits hautement amusants et d'une poursuite en voiture dans les rues en pente. Tout le film, enveloppé dans la musique festive et ringarde des frères De Angelis, se déroule sans temps mort et le spectateur reste surpris que ça se termine. Ce qui est habituellement bon signe... Orloff

C'est le troisième film avec Tomas Milian que je vois et il est toujours très différent ! Du con à lunette de SEXE AVEC UN SOURIRE au beau brummel de THE COUNSELOR, il devient ici un ex arnaqeur devenu flic avec des allures de pouilleux sympathique au couvre-chef permanent ! L'intrigue amuse et contient assez de scènes d'action pour distraire constamment et les scènes avec Milian et Hemmings sont de superbes pièces de cabotinage. Voir spécialement la scène du match de tennis !

Il manque bien d'attrait féminin, mais l'ensemble se regarde avec un plaisir bien senti ! Mario Giguère

Les SUPER FLICS DE MIAMI aka Miami Supercops aka Trinity : Good Guys and Bad Guys - Bruno Corbucci, 1985, Panama, 1h35.

Doug Bennet (Terrence Hill) et Steve Forest (Bud Spencer) se voient forcés de reprendre du service lorsqu'une vieille histoire resurgit de leur passé de superflics. Un type qu'ils avaient arrêté pour un hold-up huit ans plus tôt - à l'époque de TWO SUPERCOPS donc, d'Enzo Barboni en '76 - sort de prison et se voit prestement refroidi par un tueur mystère. Ça n'en prendra pas plus pour convaincre le gros Bud d'abandonner momentanément son école de pilotage d'hélicoptère (?!?) et d'épauler Terrence dans une quête de la vérité absolue qui les mènera tout droit dans les rues chaudes de Miami, bien sûr.

Après une série acclamée - et qui a donné naissance à onze merveilleux films - avec Tomas Milian, Corbucci allait faire équipe avec les deux iconoclastes les plus populaires d'Italie pour quelques films explosifs. Explosifs pour l'époque, cela dit. On a ici droit à la recette habituelle; des cascades et des poursuites, des méchants garçons parodiques qui essuient de magnifiques raclées prodiguées par un Bud Spencer impassible, des effets sonores exagérés, un peu de romance qui ne tombe évidemment pas dans l'érotisme - faudrait tout de même pas s’aliéner l'auditoire familial ! - et une musique synth pop un peu kitsch gracieuseté des frères La Bionda, les De Angelis du pauvre. La séquence d'ouverture est hyperactive, avec un montage rapide nous montrant les divers attraits de la Floride, et l'action se situe une fois de plus à Miami, qui semblait bien plaire à Corbucci. Ce dernier insère quelques blagues sur l'Italie dans ses dialogues, nous bourre de péripéties exotiques, et peut calmement fêter la réussite de son film qui, sans passer à l'histoire, aura fait rigoler au moins deux générations de cinéphiles repentants. Orloff

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