mise à jour le 7 octobre 2012

AT MIDNIGHT I'LL TAKE YOUR SOUL AWAY - José Mojica Marins, 1963

What is Life? Blood is the continuation of Life. What is Blood? What is Death? Nous questionne un Coffin Joe menaçant avant de laisser place à une vieille gitane qui nous invitent à quitter la projection puisque le film est si terrifiant qu'il en devient insupportable. Ainsi commence AT MIDNIGHT I'LL TAKE YOUR SOUL AWAY.

Voyant le manque flagrant d'icône horrifique au Brésil tel Dracula et Frankenstein, José Mojica Marins décida de créer le personnage de Coffin Joe pour remplir ce manque. Personnage méchant, impie, travaillant dans un salon funéraire, Coffin Joe veut trouver la femme idéale qui portera son enfant, qui sera un être suprême, l'Homme Parfait, la continuation de son sang. C'est ainsi que Coffin Joe est craint par les villageois et surtout les belles jeunes femmes. Et quiconque lui met des bâtons dans les roues, meurt par la suite. Car Coffin Joe croît qu'il est plus fort que tout et n'hésite pas à imposer son mauvais caractère. Mais est-il plus fort que les forces surnaturelles?

Premier véritable film d'horreur brésilien, AT MIDNIGHT... est vraiment le genre de film que l'on peut considérer dans la catégorie "bizarro"! Mi-film existentielle qui remet en question les valeurs importantes du temps (la religion, la sexualité, le pouvoir, etc.), mi-film d'«horreur» (bien sûr nous sommes en 1960), ce film est un petit bijou qui saura ravir tous les fans de vieux films d'horreur avec son imagerie morbide : cimetière, crâne, diseuse de bonne aventure (qui me faisait penser à celle dans The WOLFMAN) et Coffin Joe lui-même qui est un mélange étrange de Christopher Lee et....... Criswell !! La séquence d'ouverture à elle seul vaut le détour et promet un film fort amusant. Et c'est bien le cas.

Le seul défaut que j'ai trouvé est que José Mojica Marins, dans le rôle titre, donne tellement une performance incroyable qu'il éclipse les autres acteurs qui semblent avoir été sélectionné au hasard tellement leur performance est faible.

Un must-see pour tout amateur de genre. Mathieu Prudent

Étant donné le mythe derrière Coffin Joe et la saga brésilienne du creuseur de tombeau, cela méritait bien un petit visionnage.

Coffin Joe est le croque-mort d'un petit village, et sa philosophie peu orthodoxe (surtout au Brésil), l'incite à faire ce qu'il veut au moment où il veut. C'est à dire que si une nana ne veut pas l'embrasser, il la tue, si un type lui parle mal, même tarif... Il crache constamment sur la religion et la connerie humaine en général! Faut le faire, on est au Brésil les gars!

Ainsi, le film évolue au gré des délires de l'homme au chapeau haut-de-forme, avec beaucoup de parlote (il est bien siphonné le Marins interprète du rôle-titre quand même), quelques violences de bon-aloi, et une fin assez dingue où les morts reviennent se venger (avec des super trucages fait à la main sur la pellicule).

Du bon bis-horror en Noir et Blanc des mid-60's, fait avec trois bouts de ficelle, un petit studio et le charisme du brésilien fou aux grands ongles.

Et puis... quel titre! Franfran

AWAKENING OF THE BEAST - José Mojica Marins, 1970

Le troisième volet de la grande saga du célébrissime (au Brésil) Jose Mojica Marins, alias Zé do Caixão, ou Coffin Joe pour nos oreilles abruties de langage anglo saxon.

C'est mon préféré des trois, en tout cas c'est le plus allumé, le plus zarbi et il fut d'ailleurs interdit au Brésil en 1969, date de sa réalisation.

Le film, en Noir et Blanc, décrit le lien entre orgies sexuelles et toxicomanie, avec force petites histoires pendant 1 heure ou de belles jeunes filles vont se faire abuser par des junkies, ou bien se doper elle-même pour finir à poil en règle générale.

Au bout d'une heure, un professeur décide de tester les réactions des junkies après une dose d'héro, en focalisant leur esprit sur le personnage intrigant de Coffin Joe.

Le film passe alors en couleur pour une avalanche d'images délirantes censées représenter le "trip" des jeunes gens. On verra des femmes fouettées, des aliens-paires de fesses (avec la bite pour faire le nez sur certains), une femme recouverte de sang, une femme-araignée, etc...

Personnellement, je trouve ce film vraiment bon et bien rock'n'roll (la chanson du film est excellente), même s'il n'a aucun lien avec les deux premiers, au scénario plus classique... Franfran

Une série de séquences d'orgies et de sadisme à la limite du surréalisme sont entrecoupées par un panel qui discutent existentialisme et responsabilité des protagonistes, du sens de la vie, des drogues et vices contemporains. Dans un flashback important, on remonte à l'origine de la discussion, une émission télévisée qui fait le "procès médiatique" de Coffin Joe. L'émission inspire un chercheur qui soumet 4 sujets à des doses de LSD en leur demandant d'explorer les sentiments que leur inspire Coffin Joe. À ce moment le film bascule en couleur et le monde de Coffin Joe éclate, dans tous les sens.

C"est le premier Coffin Joe que je regarde et la surprise est de qualité. Très ironique et cynique, leurrant du côté des surréalistes expressionnistes, l'univers du personnage appelé Coffin Joe est étalé à la manière des films américains d'une certaine époque qui, sous des prétextes moralisateurs, nous défilaient les malheurs des adeptes de la drogue et du sexe. Mais ici Coffin Joe se réjouit des perversions des humains et l'entreprise est carrément subversive. La musique et l'ambiance sonore sont dans le ton "psychédélique" dissonant. Plein de zooms qui rappellent Franco. Une belle découverte. Mario Giguère

DEMONS AND WONDERS - José Mojica Marins, 1976

José Mojica Marins nous offre ici un autre jouissif cocktail psychédélique à nous faire baver. Il emprunte pour ce film les traces du documentaire-fiction, où il explore les événements marquant de sa vie et de ses interminables combats contre la censure, la police brésilienne, le manque d'argent, etc. Marins est un artiste et il veut aller au bout de ses convictions.

Le film est presque en entier narré en voix-off par Marins lui-même qui nous commente les images montrées. Il nous parle de ses difficultés à trouver du financement pour ses films, de ses problèmes d'alcoolisme, de la mort de son père qui semble l'avoir profondément marqué, de sa faillite, et, le plus important de sa "résurrection" vers la réussite, la fin de tous ses problèmes, et, vers la célébrité! Car pour ceux qui ne le savaient pas encore, José Mojica Marins s'aime et s'aime beaucoup.

Alors, pour notre plus grand plaisir, il ne se contente pas de commenter les reconstitutions "historique" de sa vie mais il nous emmène, comme à l'habitude, au fond de son univers délirant mélangeant les genres et les influences comme nul autre sait le faire. Il faut voir la procession de jeunes enfants tous déguiser pour l'Halloween sur une musique de Philip Glass (Koyaanisqatsi), Marins lui-même perdus dans un décor de fausse neige s'enfoncer graduellement jusqu'à la disparition complète sur une musique de Pink Floyd (intro de Time), Marins sur la table d'opération presque mort et sa famille pleurant à ses côtés, et j'en passe. Il a du goût notre Coffin Joe pour le choix de ses trames sonores (pensez à AWAKENING OF THE BEAST). Que serait le monde sans Marins? Je n'ose y penser. 

Si vous aimez le personnage, vous allez adorer ce film où il se rend lui-même hommage (!). Un pur plaisir.

À quand le box-set Something Weird? Mathieu PRUDENT

  The STRANGE HOSTEL OF NAKED PLEASURES aka The Strange Inn of Pleasures - José Majica Marins, 1976, Brézil, 81m

Ça commence avec une danse étrange surréaliste avec des femmes nues qui se secouent partout dans l'image. Coffin Joe sort d'un cercueil, y va d'un discours métaphysique incompréhensible pour ensuite nous mener vers la véritable histoire, celle de Coffin Joe qui ouvre un hôtel qui rapidement se remplit. Les clients en profitent pour batifoler, baiser et boire tandis qu'ils deviennent régulièrement victime d'étranges apparitions qui deviennent de plus en plus violentes.

Oulalala... Je ne sais pas trop ce que j'ai vu, délire psychotronique, film d'horreur ou simplement nanar incompréhensible, tout ce que je peux dire c'est que parfois j'ai beaucoup aimé et parfois c'était d'un ennui et d'une répétition désagréable. L'Univers est tout à fait délirant mais se perd un peu dans la longueur exagéré de beaucoup de scènes qui finalement ne montrent rien. Un couple qui baise, une orgie où il ne se passe absolument rien pour titiller notre monsieur et le toujours inquiétant Coffin Joe qui se promène ça et là dans certaines scènes, tournant subitement son récit dans l'horreur au lieu du sexploitation et livrant ses scènes chocs et ses images puissantes. On ne peut pas se rattacher à rien dans cette histoire, tout à l'air d'être montré au hasard mais ça me semble définitivement une solution trop simple au résultat, qui semble contenir un message difficilement véhiculé par Marins mais qui j'imagine, doit avoir une certaine consistance. C'est assurément intéressant de voir un projet de la sorte, pour l'appréciation par contre je n'ai vraiment pas été fou du résultat, confus et disparate, ça a surtout l'air d'un exercice de style. Pas du tout au même niveau que AWAKENING OF THE BEAST ou AT MIDNIGHT I'LL TAKE YOUR SOUL AWAY. Abba

The STRANGE WORLD OF JOSE MOJICA MARINS aka Maldito - O Estranho Mundo de José Mojica Marins - André Barcinski / Ivan Finotti, 2001, Brésil

Ce documentaire, est vraiment sympathique. Il s'attarde donc, vous l'aurez compris, à la carrière de ce cinéaste brésilien dément, responsable de déviances sur celluloïds gravos.

On y apprend pleins d'anecdotes croustillantes, notamment à propos de films comme THIS NIGHT I WILL POSSESS YOUR CORPSE, AWAKENING OF THE BEAST et d'autres films aux titres tout aussi exotiques. Parmi les anecdotes, on nous parle des démêlés qui Marins connut avec la censure brésilienne, les scènes durant lesquelles de jeunes femmes subissaient l'assaut d'araignées et de serpents - le seul moyen que Marins trouva pour leur faire faire ces scènes fut de saouler les filles. Les images des films de Marins sont violentes, gores et complètement folles, ça donne vraiment envie de découvrir son oeuvre, du moins jusqu'aux films qu'il réalisa dans les 80's où il entama une carrière dans le porno. Il y entra en faisant scandale en tournant une scène de zoophilie, il admet d'ailleurs que le chien fut le meilleur acteur avec qui il tourna et qu'il était doté du plus fantastique appétit sexuel existant. Le chien fut empoisonné par son propriétaire, ce dernier croyant que sa femme couchait avec.

Ce documentaire a reçu le prix du jury à Sundance, ce qui est plutôt surprenant, et je vais bientôt me lancer dans l'achat des DVD de COFFIN JOE, parce que ça a l'air vraiment plaisant... Kerozene

THE STRANGE WORLD OF COFFIN JOE

Trois histoires en une, du genre Tales from the Crypt. La première histoire, c'est le fabriquant de poupées (,j'imagine que c'est ca le titre même si c'est en Portugais): l'histoire d'un fabriquant qui habite avec quatre de ses filles, qui elles aussi fabriquent des poupées, mais sans yeux, alors arrivent quatre bouffons qui en veulent au viel homme. Le vieux barbu perd connaissance et s'écroule, ensuite les quatre joyeux lurons décident de violer les quatre filles. Pépère reprend ses esprits et va canarder les quatre voyous, pour ensuite leur extraire les yeux pour les mettre aux poupées. La deuxième histoire est sans langage et s'intitule Tara. La plus plate des trois d'ailleurs. Une jeune fille qui semble fière de son apparence et qui vagabonde dans les rues de son cartier, un clown qui vend des ballons la spot et la suit partout ou elle va? vient le jour de son mariage, elle se fait assassiner. Le clown pète presque une dépresse a la cérémonie. Une fois que tous les gens sont partis, notre amuseur public rentre par infraction pour dévêtir le cadavre pour ensuite le revêtir d'une autre robe : a n'y rien comprendre ? La troisième histoire est malheureusement bourrée de dialogue portugais, dont c'est comme dur de comprendre un peu le déroulement de l'histoire. Faut donc avoir de l'imagination. Tout se passe dans un cachot,  un homme qui a l'air d'avoir un certain penchant pour le sado-maso assez extrême, une femme brûlée a l'acide, un homme sur une table de torture qui se fait dévorer par des  humains : c'est juste si ca ne virait pas en scat movie, en gros j'ai bien aimé l'ambiance morbide, gothique et le côté malsain de la dernière histoire. Rana

The UNIVERSE OF MOJICA MARINS aka O UNIVERSO DE MOJICA MARINS - Ivan Cardoso, 1978, Brésil

Court documentaire de 26 minutes mettant en avant le réalisateur spectrale José Mojica Marins, plus connu sous le nom de Zé Do Caxaõ ou plus simplement, Coffin Joe. Marins se présente comme un homme simple, avouant sans détour son illettrisme, illettrisme qui le poussa justement à communiquer via des images fortes. Quelques extraits de ses films illustrent alors ses propos, malheureusement sans préciser les titres, afin de donner raison à cet artiste hors norme dont la philosophie ne fut jamais comprise par tous. On sent d'ailleurs une sorte d'amertume de sa part de n'avoir jamais pu convaincre les hautes sphères de la culture brésilienne mais en même temps, il assume pleinement son statut d'auteur populaire culte, celui que les plus démunis aiment défendre, une sorte de Don Quichotte du cinéma qui aura séduit les foules de son pays, et contradictoirement charmé les professionnels et critiques étrangers. Court et pas toujours bien construit, on préférera logiquement le documentaire COFFIN JOE: THE STRANGE WORLD OF JOSE MOJICA MARINS. Kerozene

THIS NIGHT I'LL POSSESS YOUR CORPSE- Marins 

Dans la série, Jose Mojica Marins trouve des bons titres, la suite du premier Coffin Joe.

Beaucoup plus de moyens ici, Marins a pu louer un super lieu de tournage, une ancienne synagogue!?

Alors voila, en fait Coffin Joe n'était pas mort dans le premier (bien qu'on l'ai vu se faire enterrer), et il revient de nouveau pour trouver la "femme parfaite" pour assurer sa descendance, car il est lui-même parfait, enfin... c'est ce qu'il dit!

Il prend des nanas ça et là, et les fait souffrir un max pour détecter laquelle est digne de lui. Alors, qu'il en trouve une pas mal (moi aussi je trouve), il va finalement préférer une fille complètement allumée et amoureuse de lui. Pourquoi? J'en sais rien...

Bon, à part ça Marins blablate des heures sur la religion comme il aime faire, et on a droit à la scène magique de l'oeuvre, le passage en enfer de Coffin Joe.

Alors que le film est entièrement en Noir et Blanc, la descente aux enfers est en couleur, et attention, des spots roses, bleus ou verts disposés dans tous les coins avec force femmes à poils et sadiques à fourche sous une tempête de neige! Ca parait difficile à croire, et pourtant!

On ne s'ennuie pas, et on a hâte de voir le troisième volet! Franfran

The COFFIN JOE homepage 

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Web www.clubdesmonstres.com

MARIO BAVA

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