Avec ou sans budget, Roger Corman nous fait toujours passer un bon moment. On regroupe ici ses réalisations et ses nombreuses productions.

ROGER CORMAN RÉALISATEUR

mise à jour le 21 décembre 2015

ATTACK OF THE CRAB MONSTERS aka L'Attaque des Crabes Géants - Roger Corman avec Richard Garland, Pamela Duncan, Mel Welles, 1957, États Unis

Un équipe débarque sur une île ou des scientifiques ont disparus. Nulle trace de vie à cause des radiations atomiques, mais des bruits étranges et des explosions qui font disparaître l'île petit à petit. Lorsqu'on entend parler les morts au travers d'objets métalliques et que les crabes géants se mêlent au décor, il est évident que tout le monde est en danger !

Ça ç'est du concept: des crabes géants qui mangent les hommes et absorbent leur cerveau avec les connaissances et voix incluses, qui projettent la voix par le biais d'objets, attirent les naifs, volent la dynamite et font exploser tranquillement l'île. Ajoutez la seule femme du groupe qui semble vouloir changer de prétendant durant l'aventure et vous avez un film comme Roger Corman les traficote. Mel Welles, que je n'avais pas reconnu, en fait un max avec son accent français. On reconnaît le professeur de la future île de Gilligan, série télé encore populaire.

Le dvd de la compagnie Bach Films offre en plus de la version anglaise originale, un doublage français assez respectueux, une entrevue écrite avec Corman et la bande annonce. Loin d'être un nanar incontournable, mais à prix modique, c'est un plaisir qui ne se refuse pas ! Mario Giguère

CREATURE FROM THE HAUNTED SEA - Roger Corman avec Anthony Carbone, Betsy-Jones Moreland et Robert Towne, 1961, États Unis, 75m, scénario de Charles B. Griffith

Ne vous laissez pas berner par la couverture DVD du film il n'y a pas un monstre géant mais plutôt une créature plutôt ringarde qui s'avèrera plutôt amusante à regarder tellement elle manque d'élégance. Il faut le voir ce costume pour le croire! Le film étant un mélange plus ou moins réussi entre une comédie et un film d'horreur, nous pouvons donc épargner une créature aussi ridicule. Le côté comédie un peu badine est plus ou moins réussi, ne faisant effet qu'en de courts moments mais ça passe quand même bien, outre ce personnage irritant qui imite les animaux ( J'avais le goût de le tabasser avec ma télécommande). En final, je m'attendais pas à beaucoup et je n'ai pas eu beaucoup, mais ça reste plutôt sympathique et sans prétention. Abba

DAY THE WORLD ENDED - Roger Corman, 1955, États Unis

Acteur actif au sein du boom du film de SF paranoïaque des années 1950, Roger Corman parvient dans ce cadre à être l'un des premiers (le premier?) à aborder le sous-genre du film post-nuke avec ce DAY THE WORLD ENDED. Suite à une guerre atomique que l'on imagine fulgurante, un petit groupe d'individus se voit dans l'obligation de cohabiter dans une maison isolée et définitivement trop étroite. Les tensions montent très rapidement entre les propriétaires de la demeure et leurs invités providentiels qui font immédiatement montre d'une certaine animosité, en particulier cet homme arrogant qui se met rapidement en tête de refonder l'humanité à partir de zéro avec la fille de son hôte, une jolie blonde un peu nunuche qui entretient une relation platonique avec un bellâtre de type californien. De plus, l'un des survivants a été fortement irradié et son comportement est de plus en plus étrange : il refuse de manger, est obsédé par la viande rouge et s'offre des escapades nocturnes dans les brouillards radioactifs.

DAY THE WORLD ENDED se déroule en grande partie dans la maison en question. Le monde post-apocalyptique est ici résumé à une radio qui ne capte plus aucun signal (témoin de la probable annihilation de l'humanité), quelques plans extérieurs montrant une faune aux prises avec des fumigènes savamment disposés hors champs et à des images d'un ciel menaçant. Menaçant car possiblement porteur de pluies radioactives. La grande menace semble en effet être la conséquence directe des effets des bombes sur l'environnement et l'atmosphère, mais finalement le danger ne viendra pas d'un revers de la nature mais de l'Homme lui-même. Outre la présence d'un trentenaire (qui semble plutôt en avoir quarante) aux tendances psychotiques au sein du groupe, c'est au final un hideux mutant à cornes muni d'une carapace et de trois yeux qui s'avère le plus dangereux. La métaphore sur les dangers du nucléaire dans toute sa non-subtilité donc, mêlée non pas à une illustration de la menace communiste mais bien à une crainte de prise de décision irréfléchie de la part des gouvernements en place - qu'ils soient américains, russes ou autre. Au-delà du contexte politico-social plus ou moins conscient, le film tente surtout de capitaliser sur son mutant super kitsch en le mettant bien en évidence sur l'affiche d'un film dans lequel il n'apparaît finalement que lors des cinq dernières minutes (si l'on excepte les apparitions fugaces d'une ombre et d'une grosse pâte griffue). Pas vraiment de quoi s'extasier donc : DAY THE WORLD ENDED est au final plus bavard qu'excitant et dans le genre Corman fera nettement mieux l'année suivante avec IT CONQUERED THE WORLD. Il est intéressant de noter que cinq ans plus tard, Corman réalise THE LAST WOMAN ON EARTH qui semble être une version dépouillée de DAY THE WORLD ENDED où seuls le contexte de fin du monde et le conflit amoureux de deux hommes pour une femme sont conservés. Le résultat: inévitablement soporifique. Kerozene

FRANKENSTEIN UNBOUND aka La Résurrection de Frankenstein - Roger Corman avec John Hurt, Raul Julia, Nick Brimble et Bridget Fonda, 1990, États Unis, 82m

Un scientifique voulant sauver la terre se retrouve à en devenir l'exterminateur quand ses expérimentations causent des trous dans l'espace temps. Le scientifique et sa voiture futuriste sont projetés dans le passé, en 1817 où il rencontre Mary Shelley, Victor Frankenstein et malheureusement pour lui... le monstre.

Dernière réalisation de Roger Corman et adaptation du roman de Brian Aldiss, ce FRANKENSTEIN UNBOUND a beaucoup de prétention, beaucoup d'idées, beaucoup de tentatives de grandeur pour finalement avoir un film avec peu de choses intéressantes et une exécution qui n'est pas à la hauteur des aspirations de Corman. Réalisé en 1990, le film a extrêmement mal vieillit, avec son look fait pour la télé et une réalisation banale et sans relief. On dirait honnêtement un empilage de matériels dans ce qui se retrouve à être, une terrible adaptation. 10 minutes de romance, dix minutes de science-fiction, dix minutes d'horreur, dix minutes d'action, on ne sait plus où mettre de la tête, on n'a pas le temps de s'intéresser à rien et rien ne se retrouve à être bien convaincant de toute façon. La Bête a un look très différent mais pas trop désagréable mais ses présences ne sont pas assez nombreuses et le combat final entre elle et Hurt est plus nanarde que grandiose (S'arracher un bras pour attaquer ensuite le héros avec, holà...). Que dire aussi de cette histoire d'amour absolument inutile (et pas crédible) entre le personnage principal et Mary Shelley, joué par Bridget Fonda (Splendide). Je suis très dur avec le film car je crois que la base est bonne mais le travail fait ne parvient absolument pas à convaincre. C'est plutôt simple, un film qui ne marche pas, du début à la fin. Abba

The HAUNTED PALACE - Roger Corman avec Vincent Price, Debra Paget, Lon Chaney, 1963, États Unis

En 1765, les habitants d'Arkham arrêtent les activités diaboliques de Joseph Curwen, qui envoûte les villageoises pour les accoupler à des créatures innommables. Brûlé vif, il aura le temps de maudire tous les habitants. Cent ans plus tard, son descendant, Charles Dexter Ward, arrive pour prendre possession du château, ignorant les ragots sur son ancêtre, mais celui-ci prend possession de son esprit, au grand malheur de sa femme et des habitants.

Basé sur le roman de H.P.Lovecraft et un poème de Poe, l'ambiance du film est particulièrement réussie. Price s'en donne à coeur joie dans son double rôle Curwen/Ward. Ma seule crainte était fondée: les créatures indescriptibles du roman ne passent pas l'écran, faute de budget. Sinon, on a droit à une adaptation bien menée et quelques villageois déformés fort bien utilisés. Mario Giguère

The LAST WOMAN ON EARTH - Roger Corman avec Betsy Jones-Moreland, Robert Towne, Antony Carbone, 1960, États Unis, 71m

Un incident global a retiré l'oxygène de la surface de la terre. Seul trois personnes qui pratiquaient la plongée sous-marine semblent avoir survécu et vont pouvoir respirer grâce aux plantes de Puerto Rico qui dégagent toujours de l'oxygène. Deux hommes et une femme, un couple dépareillé composé d'un riche arrogant et sa blonde épouse qui semble volage, ainsi que le jeune avocat de monsieur. Évidemment que la tension sexuelle crée des frictions, parce que tout le reste va bien et on se fait des cocktails après la pêche, soupant en veston cravate, la classe, comme dirait Aldo Maccione !

Petit film pour Roger Corman, sur un scénario et avec Robert Towne, futur scénariste de CHINATOWN, rien de moins. D'ailleurs c'est probablement le seul point vraiment intéressant du film, les dialogues, abordent des sujets souvent éclipsés dans les films post-apocalyptiques. Sinon, tout cela est sage, comme ses personnages, mais a le mérite de respecter son titre, il n'y vraiment plus qu'une seule femme et elle est bien roulée. L'affiche est plus torride que le film, ce qui n'est sans doute pas surprenant. Pour amateur de Corman invétéré. Mario Giguère

The SECRET INVASION aka L'INVASION SECRÈTE - Roger Corman, 1964, États Unis, 95m  

Une fois n'est pas coutume: c'est trois ans avant LES 12 SALOPARDS que Roger Corman nous livre un film au pitch très similaire. Durant la deuxième guerre mondiale, l'armée anglaise recrute une poignée de détenus aux passés divers (meurtres, terrorisme, espionnage, etc...) pour une mission top secrète contre l'armée allemande. La mission: libérer la ville de Dubrovnik, en Croatie, mettre la main sur un officier italien emprisonné par les nazis et faire en sorte que l'armée transalpine se rallie à la cause alliée. Mais derrière tout cela se cache une histoire de vengeance personnelle, puisque le Major Mace (Stewart Granger) cherche également le meurtrier de son frère....

Corman a réuni pour l'occasion une brochette de tronches allant de l'irlandais bourru amateur de whiskey (Mickey Rooney) au psychopathe sanguinaire (Henry Silva), en passant par le playboy italien (Raf Vallone). Nos salopards, au départ réticents, acceptent bien évidemment la mission et se révéleront être de courageux bonshommes, serviables et prêts à tous les sacrifices... Air connu donc, emballé en vitesse par un Roger Corman toujours soucieux d'en dépenser un minimum, bâclant ainsi certains passages relativement importants. Mais si la narration est loin d'être exemplaire, il fait tout de même l'effort de s'attacher à ses personnages, à développer leur personnalité un minimum, et tout particulièrement celle de l'assassin campé par Henry Silva qui bénéficie des meilleures scènes du film. L'une d'elle s'avère même terriblement atroce et risque de bouleverser tous bons pères de famille qui se respecte lors d'un passage dramatiquement perturbant, une scène à l'impact qui détonne drôlement avec le reste de ce film routinier et bon enfant où parties de cache-cache et batailles aux flingues rythment gentiment cette pelloche guerrière doucement divertissante. Kerozene

SHE GODS OF SHARK REEF - Roger Corman avec Bill Cord, Lisa Montell, 1958, États Unis, 63m 

Suite à un trafic d'armes qui a flanché, trois hommes partent à la fuite en bateau. Allez comprendre. Toujours est-il que deux hommes survivent au naufrage du navire, le méchant frère, aux cheveux noirs, le bon frère aux cheveux blonds, sur une île remplie de femmes. Elles ramassent des perles pour une compagnie qui ravitaille dans 10 jours et qui ramènera les frérots. Comme la police est à leur trousses, ils essaieront de s'enfuir, mettant en colère le dieu des récifs de requins.

Un des tout premiers films réalisés par le prolifique Roger Corman. Les femmes sont belles et les hommes musclés, mais le récit ne profite pas de tous ses atouts. Corman filme correctement, il trouvera plus tard plus de plaisir avec la caméra et ses acteurs, mais ici pas d'humour, pas de monstres, mais une statue de dieu au fond de l'eau. C'est bien peu, mais juste pour le nom de Corman, le détour est intéressant, sans être essentiel. Mario Giguère

Le jeune Lee, refusant tout travail, mène une vie faite de petits larcins. Utilisant ses capacités de plongeur sous-marin hors norme, il cambriole un dépôt de munitions avec l'aide d'un ami indigène. Surpris par le gardien du dock, Lee le blesse mortellement à la tête avant de s'enfuir. Il convainc son frère Chris, qu'il a rejoint, de l'emmener en canot dans une autre île formant l'archipel d'Hawaï. Surpris par une tempête, ils sont tous deux sauvés de la noyade par une femme qui les ramène dans son village, ou vit une peuplade d'amazones, subsistant grâce à la pêche puis la revente de perles rares. Persuadées qu'elles sont protégées par un Dieu de pierre sous-marin, elles peuvent récolter ces perles dans une lagune pourtant infestée de requins en toute tranquillité. Afin de garder la clémence de ce Dieu, une jeune vierge est ainsi régulièrement sacrifiée par ces femmes. Les deux frères vont alors s'opposer sur la conduite à suivre...

Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce Corman reste tout de même d'un piètre niveau. Comme à son habitude, il possède d'un budget peau de chagrin et tourne des scènes inutiles voire de remplissage, comme ces scènes de folklore hawaïen et de danses longuettes, ou ces scènes d'amourettes lassantes entre Chris et Mahia, à la limite de la naïveté. Quand à la musique mêlant tambours et tam-tam, elle finie par saouler ! La durée, les quelques prises de vues sous-marines et la bataille fratricide finale, involontairement drôle, sauveront l'ensemble du naufrage total...  pour les plus indulgents. Marc Evil

The ST.VALENTINE'S DAY MASSACRE aka L'AFFAIRE AL CAPONE - Roger Corman, 1967, États Unis, 100m 

Contrairement à ce que le titre peut laisser croire, il ne s'agit pas là d'un slasher quelconque, mais de la reconstitution d'une journée historique dans l'Histoire du grand banditisme américain. Le 14 février 1929, Al Capone ordonna à ses hommes d'éliminer les membres du gang de son rival, l'Irlandais Bugs Moran. Et c'est sous des déguisements de policier que les tueurs ont transformés les rues de Chicago en un bain de sang. Et pour s'attaquer à ce projet, Corman signe pour la première fois de sa carrière pour un gros studio, la Fox en l'occurrence. Et comme le monsieur est un spécialiste de l'économie, il s'en va boucler son film en avance et pour un budget nettement en dessous de l'enveloppe disponible, et ça parce qu'il travail vite, et qu'il recycle tout ce qu'il peut. Ici, se sont principalement les décors des autres productions Fox qui sont investis pour une rentabilité maximum. Mais si le film est rappelé aux mémoires des cinéphiles aujourd'hui, c'est surtout parce que cette AFFAIRE AL CAPONE était probablement l'un des films les plus violents de l'Histoire lors de sa sortie. Les protagonistes se canardent du début à la fin et tombent comme des mouches, offrant un spectacle plutôt brutal qui surprend encore un peu aujourd'hui. Non pas qu'il risque de secouer qui que ce soit, mais placé dans son contexte, le film de Corman reste quelque chose d'étonnant. Et c'est bien là son principal intérêt. Pour le reste, Corman a beau tenter de coller au plus prêt à la réalité (tueries reconstituées sur la base de clichés d'époque, citation d'Al Capone, etc..), s'entourer de quelques acteurs solides (Jason Robards dans le rôle de Capone, George Segal, Bruce Dern, ...) et bénéficier d'un scope d'ailleurs très joliment utilisé, le manque de tension dramatique et la direction d'acteurs un peu flemmarde ne permettent malheureusement pas de s'impliquer dans le film. Intéressant donc, mais dispensable. Kerozene

SWAMP WOMEN - Roger Corman avec Mike Connors, Marie Windsor, 1955, États Unis

Une femme policière décide d'infiltrer un méchant gang de filles emprisonnées, question d'orchestrer une fausse fuite et retrouver les diamants qu'ils ont volé. Le tout se complique lorsqu'elles prennent en otage un couple dans les bayous.

Du vrai Roger Corman, plein de stock-shots du mardi gras, de la jungle des bayous, des filles qui se battent entre elles, pour les diamants ou par jalousie. On ne s'ennuie pas trop, même s'il n'y a pas grand surprises. On retrouve Mike Connors avant sa série télé MANNIX. Puis, elles sont mignonnes et pas si méchantes. Le dvd triple de la compagnie NAVARRE offre une vielle copie sans restauration, il y a même un passage qui semble être du noir et blanc teinté jaune, mais deux autres films de monstres de Corman complètent le tout. Alors on ne se plaint pas. Mario Giguère

The TOMB OF LIGEIA - Roger Corman, 1965, Grande-Bretagne

Verden Fell (prodigieux Vincent Price) vit avec ses domestiques dans une abbaye en ruine. Cloîtré depuis le décès de son épouse Ligeia, femme envoûtante fascinée par la culture égyptienne, il retrouve goût à la vie en rencontrant Lady Rowena (Elizabeth Shepherd) qu'il ne tarde pas à épouser. Mais Verden est obsédé par le souvenir de Ligeia, dont la présence maléfique hante les lieux, incarnée dans un chat noir agressif. La nuit venue, Verden disparaît mystérieusement sans jamais tenir compagnie à sa nouvelle épouse.

La dernière adaptation de Poe par Corman est aussi sa plus somptueuse. Pour l'occasion, Corman délaisse l'AIP et ses décors de studio pour tourner en Angleterre et bénéficier de magnifiques décors naturels. L'abbaye en ruine, aussi intrigante qu'inquiétante, est superbement mise en valeur par un splendide colorscope dans lequel Price, tout de noir vêtu et portant de sombres lunettes, se meut tel un félin sournois. Pour le reste, Corman ne varie pas énormément sa manière de faire, mais il le fait tellement bien. Néanmoins, quelques instants plus effrayants qu'à l'accoutumé surviennent ici et là, notamment lors des cauchemars de Lady Rowena ou lors de ses déambulations nocturnes. Puis arrive le traditionnel incendie final qui pour une fois n'est pas celui de la sempiternelle demeure en bord de falaise. Une fois de plus, le film se termine sur les sinistres conséquences d'un amour impossible et douloureux, une relation d'amour-haine aux mortels aboutissants, tout comme c'était le cas dans LA CHAMBRE DES TORTURES, LA CHUTE DE LA MAISON USHER ou THE PREMATURE BURIAL. Mais si le duo Corman/Poe semble nous raconter souvent la même histoire, on ne se lasse pas de s'y perdre et de s'en délecter tant les résultats sont beaux. Et THE TOMB OF LIGEIA est certainement le plus réussi de tous. Kerozene

TOWER OF LONDON - Roger Corman avec Vincent Price, 1962, États Unis

Le film est basé sur l'histoire de Richard 3, celui qui tua et tortura toute sa famille pour se rendre au trône d'Angleterre. Malheureusement la folie le rattrape et il est poursuivi par les fantômes de ses victimes qui le pousseront à sa perte !

Vincent Price cabotine à souhaits dans ce drame historique tourné en glorieux noir et blanc dans des décors réduits: un salon, une pièce et un donjon, quelques extérieurs et une séquence finale que l'on soupçonne pleine de stockshots et une scène de mort ou Price s'en donne à coeur joie. Pas vraiment un grand film, mais un Vincent Price intéressant en bossu parano ! Mario Giguère

The TRIP - Roger Corman, 1967, États Unis

Paul Groves (Peter Fonda), publicitaire, vient de se séparer de sa femme. Acceptant difficilement la situation, il rend visite à son pote John (Bruce Dern) et de se prendre un trip de LSD. John le reçoit dans une demeure à la déco psychédélique située sur les collines d'Hollywood et tente de garder un œil sur son pote qui s'apprête à vivre un voyage à travers l'inconnu. Paul vit alors une expérience hallucinatoire puissante, qui commence de façon enchanteresse : visions baignées de couleurs chatoyantes kaléidoscopées, sensations apaisantes, euphorie et bien être. Puis le trip dérape quelque peu, les visions sensuelles et chaleureuses laissant alors la place à d'étranges rencontres : des cavaliers noirs, des nains, un gourou mystique (Dennis Hopper)&ldots; Pris de panique, Paul fuit et se perd dans les rues de Los Angeles, complètement désorienté.

Sur un script de Jack Nicholson qui respire le vécu, Peter Fonda s'amuse comme un fou à retranscrire les impressions et sensations de la défonce psychédélique. La bande de joyeux drilles s'est visiblement bien amusée à tester les effets de la drogue, à tel point que plus tard ils se retrouveront à l'affiche d'EASY RIDER de Dennis Hopper dans lequel Fonda et Hopper se tapent un méchant trip sous acide dans un cimetière. Visuellement délirant, et franchement plaisant à regarder, THE TRIP s'amuse à étaler quelques clichés psychés sur de la musique groovy. Essai réussit, ce qui n'est pas forcément évident. Il suffit pour s'en rendre compte de jeter un œil sur d'autres films aux prétentions psychédéliques comme MANTIS IN LACE pour n'en citer qu'un. En somme, THE TRIP est un film très fun qui plaira à tous les amateurs de curiosités, et qui fera sourire tous ceux qui ont un jour tenté l'expérience du buvard magique. Petit plus aussi pour les amateurs de Corman, celui-ci réutilise quelques décors de ses adaptations d'Edgar Allan Poe pour les inquiétantes visions de Fonda. Plutôt chouette. Kerozene

The UNDEAD aka The Trance Of Diana Love - Roger Corman avec Pamela Duncan, Richard Garlan, Allison Hayes, 1957, États Unis, 71m Noir et Blanc

A des fins scientifiques, Quintus propose à Diana, une prostituée, de participer à une séance d'hypnose moyennant finance. Au cours de cette séance, à laquelle participe l'ancien professeur de Quintus, Diana, se retrouve projetée bien malgré elle en plein Moyen Age. Se réveillant dans un cachot que surveille un gardien repoussant, elle comprend rapidement qu'elle est devenue Hélène, une sorcière crainte par les habitants de la région et condamnée à périr sur le bûcher. Elle parvient à s'enfuir et à retrouver celui qu'elle aime, le chevalier Pendragon. Alors que la nuit de Satan se prépare en ces campagnes reculées, elle est pourchassée par Livia une superbe sorcière, et son lutin capables de changer d'apparence à volonté... Grâce à leur magie aussi subtile que drolatique, ils se changeront (dans un pffffff et une gerbe d'étincelles) en lézard, chat noir, araignée ou chauve-souris afin de parvenir à leurs fins, c'est à dire reprendre Pendragon à Hélène. Pour libérer Diana de l'emprise du passé, Hélène se laissera exécuter. Mais au dernier moment, Quintus l'hypnotiseur qui a rejoint Diane/Hélène dans son hypnose, se verra retenu par Satan lui-même... Quintus restera prisonnier de sa propre expérience.

Plastiquement, ce film est un des plus achevé de Corman. Aidé par un scénario original, il prouve ici son grand talent par l'intermédiaire d'une mise en scène élaborée à base de cadrages inhabituels : Le Diable filmé à travers les branches de sa fourche, la sorcière coupant la tête de l'aubergiste à la hache (effrayant même), la superbe danse du cimetière qui annonce la venue de Satan, exécutée par trois femmes mortes vêtues de noirs...  font sans conteste partie des grands moments de cette réincarnation de Diana Love (le titre de tournage). On notera enfin la scène finale ou un bourreau plus qu'inquiétant tranchera quelques têtes sur son billot. D'un réalisme impressionnant pour l'époque. Un Corman (un de plus) à conseiller. Marc Evil

The VIKING WOMEN AND THE SEA SERPENT - Roger Corman avec Susan Cabot, Dick Miller, 1957, États Unis, 70m 

Tourné en 10 jours avec un budget avoisinant les 110.000 $ Corman avait misé énormément sur ce film, né à partir d'une idée de son technicien en effets spéciaux attiré, Jack Rabin. Force est de reconnaître que ses espérances sont rapidement tombées à l'eau. Lui-même décrit ce film comme un échec, ce qui le poussa notamment à laisser tomber les films à monstres pour un temps et à s'essayer à ceux de "gangsters"...

Malgré un titre prometteur, l'histoire de ces femmes vikings partant à la recherche de leurs maris disparus en mer ne fera pas l'unanimité. 

Et pourtant, les filles sont belles à croquer (toutes blondes sauf une brune... qui s'avère être d'ailleurs une belle salope!), le monstre des mers hilarants dans sa cuvette plastique (que l'on voit que 2 fois) et les scènes de mer d'un amateurisme à tomber (je crois que mon frère avait fait aussi bien avec sa super 8 dans le temps).

Allez savoir pourquoi, j'aime Corman, je ne peux par conséquent dilapider ce petit film qui malgré tous ses défauts, se laissent voir sans réel déplaisir, mais je comprendrais les avis contraires. Marc Evil

  The WASP WOMAN aka La Femme Guêpe - Roger Corman avec Susan Cabot et Anthony Eisley, 1959, États Unis, 73m 

Janice Starlin est propriétaire d'une compagnie de produits de beauté. Devant la chute de son chiffre d'affaire, elle investit ce qui lui reste dans des recherches sur l'enzyme de guêpe pour rajeunir les tissus de corps et faire ressortir la beauté. Triste devant les signes de l'âge qui l'accable, elle s'injecte les enzymes et devient de plus en plus jolie, mais tout porte à croire qu'elle se transforme la nuit en une créature incroyablement dangereuse.

Le film transporte depuis longtemps une réputation désastreuse, mais je vais vous avouer que j'ai bien aimé WASP WOMAN, qui est un peu bavard certes, mais qui a la mérite d'être un film bien joué et qui développe quand même bien ses personnages. C'est certain qu'on aurait aimé voir la créature trucider des gens aux 10 minutes, mais devant le budget restreint de la chose, on peut comprendre qu'on aie préféré avoir un peu de retenu. Effectivement, la créature est horrible, mais on la filme quand même bien, au point où on ressent un malaise quand elle fait face à la caméra pour s'approcher. Roger Corman, comme c'est souvent son habitude à tenter de tirer le plus de jus possible d'une histoire très simple et selon moi, c'est réussi. Certainement pas un chef-d'oeuvre, mais un film agréable et qui passe quand même vite. Abba

X, THE MAN WITH THE X-RAY EYES - Roger Corman, États Unis

Ce film de Roger Corman est ressorti récemment en DVD dans la série des MIDNITE MOVIES. Belle restauration, d'ailleurs, comme c'est habituellement le cas dans cette série. Et, cette fois, on a en plus droit à un commentaire audio de Corman, à une "delete scene" (prologue du film) et à l'habituelle bande-annonce.

Le film ? C'est, en gros, l'histoire d'un médecin qui invente un sérum qui permet à la vue d'acquérir une plus grande acuité. Évidemment, les choses ne se passeront pas comme il l'aurait souhaité, car cette vision "X" entraîne des effets secondaires assez malheureux.

C'est tourné dans un style très classique, avec musique "lounge" de Les Baxter à la clé. Malgré tout, on retrouve quelques violences surprenantes pour l'époque, et deux ou trois polissonneries bien sages (par exemple, le médecin qui voit à travers les vêtements des gens grâce à ses yeux "radiologiques"... L'idée serait exploitée plus tard par Russ Meyer dans THE IMMORAL MR. TEAS.

La durée brève du film (environ 82 minutes) lui permet de ne pas s'éterniser, et, d'ailleurs, Corman ne nous emmène pas où on s'attend d'aboutir. Sans dévoiler de punch, on peut dire que le film est conçu en 4 temps qui, chacun, se déroulent dans des lieux et des ambiances différentes. Donc, si vous craignez un film se déroulant en milieu hospitalier pendant 85 minutes, soyez rassuré, on a le temps de voir du pays. Howard Vernon

ROGER CORMAN PRODUCTEUR

CONCORDE * NEW HORIZONS 1991 - aujourd'hui

BLACK SCORPION - Jonathan Winfrey, 1995, États Unis, TV 

C'est l'histoire du scorpion qui veut traverser la rivière et qui demande l'aide de la grenouille. La grenouille a peur, mais elle fait confiance malgré tout au scorpion, qui la pique en plein milieu de la rivière. "Mais pourquoi as-tu fait cela, nous allons mourir tous les deux maintenant ", dit la grenouille. le scorpion réplique: "je n'ai pas pu m'en empêcher, c'est dans ma nature"... 20 ans plus tard la petite Linsey, à qui son père racontait cette histoire, est une grande femme (Joan Severance) qui va assister au meurtre de son père. Usant de menaces dans son enquête, elle se voit suspendue et en profite pour se fabriquer un costume de scorpion et aller mener son enquête à sa manière, parce que c'est "dans sa nature". Elle aura l'aide d'un ancien truand repenti qui lui reformate sa voiture maintenant pleine de gadgets et transformable ! Le meurtre de son père est relié au méchant boss de B.R.E.A.T.H., un Darth Vader des pauvres...

Black Scorpion est une télésérie produite par Roger Corman, dans la mouvance de Batman et Catwoman, avec une pincée de Knightrider et scènes sensuelles en prime. On ne s'ennuie pas et la voiture intrigue beaucoup. Joan Severance est très sexy dans son costume et a de toute évidence une doublure de poitrine, car on ne voit jamais ses globes en même temps que sa tête. Les combats sont faiblards, mais corrects pour la télé, alors que le vilain de service est réellement un Darth Vader des pauvres, ce n'est pas juste une boutade. Black flirte avec son partenaire policier qui en arrive à repousser la policière sous son vrai jour, un comble. D'autres téléfilms ont été tirés de la série qui a été assez courte, mais pas désagréable. Mario Giguère

CAMEL SPIDERS - Jim Wynorski avec Brian Krause, C. Thomas Howell, Melissa Brasselle, Gina Erneta, 2012, États Unis, 79m

On débute avec une bande de soldats américains en pleine confrontation armée en Afghanistan. Les méchants seront décimés rapidement, par la peste du désert depuis des années, les " camel spiders ", une espèce indigène de grosseur peu ordinaire, qui se reproduit plus vite que les lapins et qui n'a pas peur de s'attaquer à l'homme. Deux soldats ramènent une dépouille aux États-Unis lorsque leur camion a un accident, que le sac noir tombe et que des araignées s'en échappent. Rapidement, cette région désertique va se retrouver avec une invasion de bestioles qui tuent en groupe et avec une rapidité fulgurante. Ce " couple de soldats " va aider une bande de civils à survivre jusqu'à ce que des secours arrivent.

Mauvaise surprise de la part d'une production Roger Corman, certes formaté pour la chaîne Syfy, mais j'ai été déçu par cette histoire qui ne va nulle part. Empilade de clichés, disparition des intrigues secondaires, Wynorski semble s'être fié sur les vedettes numériques du film pour nous fasciner. Melissa Brasselle dans le rôle du Sergent Shelley est plus intéressante à regarder que ces araignées, mais elle ne réussira pas à flirter avec son capitaine, pas plus que quelques secondes. Il y a deux jeunes couples enfermés dans une maison dont j'ai oublié le triste sort, ou bien c'est le scénario. Les araignées, de grosseurs diverses, tuent tellement rapidement qu'on n'a pas le temps de s'énerver avec les victimes. Dans le groupe de réfugiés, une jeune adolescente stupide, qui sera évidemment responsable de la mort de personnes qui la protègent. Bref, on a presque hâte de voir mourir tout le monde, pas vraiment un bon signe. Wynorsky tourne en vitesse n'importe comment et les effets spéciaux ne viennent pas sauver le film, à mon avis. Pas de flirt, pas de sexe, pas vraiment d'humour et pas de terreur et on a peine à faire la différence entre l'Afghanistan et la région désertique des États Unis. En passant, on a ici passablement exagéré les attributs de ces bestioles, certes ennuyeuses, mais pas si mortelles pour les troupes d'.occupation. Vite oublié. Mario Giguère

DINOCROC aka DINOCROCODILE - Kevin O'Neill, 2004, États Unis  

Une entreprise de génétique dirigée par Joanna Pacula et qui bidouille des trucs pas nets voit un de ses spécimens de Dinocroc s'échapper pour investir un lac dans lequel les familles viennent faire trempette. Le bestiau, un corps de tyrannosaure amphibien surmonté d'une énorme tête de crocodile aux dents acérées, se met alors à dévorer tout ce qui lui passe à proximité. Le shérif local, Charles Napier, se mettra en chasse avec l'aide de sa fille, du petit ami de celle-ci et d'un chasseur de reptile australien au look de Crocodile Dundee destroy.

Roger Corman semble avoir cassé sa tirelire pour produire ce petit film beaucoup plus soigné que la série des CARNOSAUR. Cependant, plus de monstre en latex et caoutchouc, ici c'est du 100% CGI. Et pas toujours réussi malheureusement. Le monstre est plutôt original et fait plaisir à voir, quant au reste on y retrouve les clichés de rigueur et les ingrédients nécessaires à combler un scénario plein de vide: des acteurs has been qu'on aime bien, quelques plans gentiment saignants, une jolie morale sur la protection animale, une autre sur les méfaits de la génétique en laquelle personne ne croit. Le film se risque même dans le mélodrame, larmes et violons à l'appui, chose inattendue dans ce contexte tant on sent que le réalisateur O'Neill insiste bien sur ce point. Le film contient quelques énormités, comme le final qui voit la mort du monstre **SPOILER**, celui-ci - qui doit peser au bas mot dans les 4 ou 5 tonnes, se fait percuter de plein fouet par un train qui lui continuera sa route comme si rien ne s'était passé **END SPOILER**.

Au final, le film s'avère divertissant mais pas original pour un sou, autrement dit parfaitement dispensable. Kevin O'Neill, dont c'est ici le premier film, est à l'origine un spécialiste des effets spéciaux qui s'est fait la main sur les séries Hercules et Xena ainsi que sur des productions Nu Image ou des plus grosses productions comme BLADE. Kerozene

CARNOSAUR - Darren Simon et Darren Moloney avec Diane Ladd, Raphael Sharge et Jennifer Runyon, 1993, États Unis, 83m

Dr. Jane Tiptree croit que les dinosaures n'auraient jamais dû mourir et de ce fait, elle a fait des recherches scientifiques au point de recréer un véritable dinosaure. L'oeuf de son Carnosaure, comme elle le nomme, se retrouve malencontreusement dans une petite ville du Texas et la bibitte sort et fait un ravage pas possible, bouffant absolument tout le monde sur son passage.

Ouais bon tout le monde le sait, Corman a profité du filon de JURASSIK PARK pour se faire des tunes. Se limiter à ce constat serait une erreur, puisque CARNOSAUR est un petit plaisir coupable très efficace. Oui l'histoire s'éparpille et oui ça papote un peu trop parfois, mais donnons à César ce qui revient à César, ce dinosaure a fière allure! En fait, les deux dinosaures du film volent évidemment la vedette et offrent plusieurs scènes de mise à mort sanguinolentes et divertissantes, ce qui est primordial pour ce genre d'expérience. On a même droit à un combat magnifiquement cheezy avec une machinerie lourde et un T-Rex à la toute fin du film. Diane Ladd semble s'amuser comme une folle en tant que scientifique maléfique qui aime vraiment trop les dinosaures et je dois dire que je la comprends un peu, car Carnosaur m'a beaucoup amusé également. Abba

CARNOSAUR 2 - Louis Morneau, 1995, États Unis   

Roger Corman est peut-être un filou qui a su marcher sur les plates-bandes de "Jurassic Park" en lançant la production du premier "Carnosaur", mais il a devancé Spielberg de deux ans pour lui donner une suite. Le gros T-Rex du premier film sortit d'un labo pas net ayant été aplatit dans le premier film, le scénario s'inspire ici plus qu'ouvertement du "Aliens" de James Cameron, recette indéfectible à une séquelle réussie. L'action prend place sur un site minier où tout le monde à l'exception d'un gamin se fait bousiller par une bande de dinosaures. Comme il s'agit en réalité d'un complexe scientifique top secret, des marines sont envoyés sur place afin de rétablir la situation. Ils investissent un réseau minier labyrinthique, récupèrent le gamin survivant, se frittent avec des raptors avant le final qui confronte un T-Rex radioactif avec le gamin aux commandes d'un transpalette, tel Sigourney Weaver face à la reine Alien aux commandes de son robot utilitaire. Le scénario est con comme un balai et le réalisateur Louis Morneau fait ce qu'il peut pour tirer un maximum de son budget peau de couille, même si cela veut dire emprunter quelques plans au premier film et même - pourquoi pas - voler les cris des dinosaures au film de Spielberg. Si le résultat n'est de loin pas exemplaire et s'avère même passablement con, on ne peut pas dire que l'on s'ennuie, d'abord parce que le film est tout de même gentiment gore avec ses têtes ou membres arrachés à grands coups de mâchoires de dinosaures, mais aussi parce que parvenir à ne pas faire un film plus ridicule que celui-ci avec ce gros dino en latex complètement maladroit relève d'une certaine prouesse. Avec le recul, c'est surtout le plaisir de voir un creature feature sans image de synthèse qui fait chaud au coeur. Ici pas de raptors moisis à la "Planet Raptor" ou de sang digitale sur les murs. "Carnosaur 2", malgré le fait qu'il a connu une exploitation en salle (chose inimaginable de nos jours) et avec ses nombreux scories, son scénario à la con et ses dialogues tout pourris, prédéfini ce que la vague des "SciFi movie" va devenir. Et pourtant, après presque vingt ans, il demeure plus plaisant que ses héritiers. Kerozene

CARNOSAUR 3: PRIMAL SPECIES - Jonathan Winfrey, 1996, États Unis

"Tant que je gagne, je joue", se dit Roger Corman qui met en branle la production d'un troisième volet à sa saga carnassière dans la foulée du second. Les dinos gloutons sont ici dérangés par une bande de terroristes à la recherche d'uranium. Prenant pour cible un convoi militaire, ces gros durs qui flinguent avant de causer ont la surprise de découvrir que sa cargaison est en réalité un trio de dinosaures génétiquement modifiés avec de l'ADN humain, conférant ainsi aux reptiles une intelligence et un sens de la stratégie guerrière hors du commun. "Il a des écailles ton uranium?" demande l'un des vilains avant de se faire bouffer, ouvrant ainsi les festivités en caméra subjective irregardable. L'armée envoie alors un commando anti-terroriste avec pour mission de ramener les spécimens vivants dans le but de trouver un remède au cancer... Ben voyons.

Beaucoup moins sérieux que ses deux prédécesseurs, "Carnosaur 3" se vautre avec entrain dans la grosse comédie via les interventions ravageuses des commandos au comportement à peu près aussi immature que celui d'une bande de lycéen d'une sitcom pour ados (on s'échange des petits billets rigolos lors du briefing sur les dinos donné par la scientifique de service, on joue au gros macho devant la gente féminine, etc...). Du coup, chaque apparition d'un dinosaure, qu'il s'agisse d'un raptor ou du t-rex, semble relever du gag visuel. Dommage qu'ils soient aussi mal filmés, atténuant passablement l'appréciation de leur potentiel comique. Le niveau hémoglobine a légèrement baissé depuis le film précédent et surtout personne ne cherche à innover: les lézards continuent à arracher des têtes ou des bras, probablement qu'ils ont utilisés les mêmes prothèses que pour le film de Louis Morneau. Le générique de fin nous annonce que "The American Dinosaur Association monitored all dinosaur action. Scenes depicting violence to dinosaurs were simulated. No dinosaur was harmed or mistreated during the making of this film." Gag ultime: en 2001, Jim Wynorski, toujours pour le compte de Corman, met en boîte "Raptor", une suite officieuse dans laquelle l'intégralité des scènes de dinos est repiquée de la trilogie "Carnosaur". Kerozene

DRACULA RISING - Fred Gallo, 1993, États-Unis

Une jolie américaine doit se rendre en Transylvanie dans le but de restaurer un tableau (c'est son boulot). Manque de pot, elle y rencontrera ce bon vieux Drac en personne. L'impérissable comte est (ridiculement) interprété cette fois-ci par Christopher "The Blue Lagoon" Atkins, qui se contentera d'ouvrir bien grand les yeux tout le long du film dans le but probable de tenter de nous paraître impressionnant. Il peut quelquefois sortir les crocs aussi, mais jamais devant la demoiselle, ne sachant trop s'il devrait les lui planter dans le cou ou se contenter de l'aimer. Car voyez-vous, ce que la restauratrice ne sait pas, c'est qu'elle se trouve être la réincarnation de l'ancienne "flamme" de Vlad, ayant justement trouvé la mort par le feu purificateur d'un bûcher, quelques siècles auparavant. Tout ceci nous est présenté sous forme de flash-back, alternant les séquences actuelles à celles d'époque.

D'accord, Dracula Rising ne vole pas très haut, mais accordons-lui tout de même cette agréable scène dans laquelle l'héroïne se sauve à travers des catacombes, poursuivie par le vampire maléfique de service qui est accompagné pour l'occasion d'une vamp un brin timbrée. Il y a la finale aussi, l'éternel affrontement entre le bien et le mal qui, bien que malhabile, est tout de même assez divertissante.

Il y a eu pire comme oeuvrette vampirique, mais on est évidemment très loin ici des Bram Stoker's Dracula (que je n'apprécie pas spécialement), The Lost Boys et Cie. Blobula

The FANTASTIC FOUR - Oley Sassone, 1994, États Unis

Le professeur Richards et son pote Victor inventent une mystérieuse machine qui, une fois mise en route, déconne un max et laisse le pauvre Victor pour mort. 10 ans plus tard, Richards et trois associés - dont la blonde Susan dont il tombera étonnamment amoureux - partent dans l'espace et actionnent une grosse machine qui fonctionne grâce à un gros diamant. Malheureusement, le diamant a été volé par le leader d'une communauté de freaks underground, ce qui arrange le mystérieux Dr. Doom qui ne désire que la mort du professeur Richards. Mais pourquoi donc ? Et bien parce qu'il s'agit en réalité de ce bon vieux Victor ! Toujours est-il que le diamant de remplacement provoque l'explosion de leur engin spatial, mais au lieu de mourir, pulvérisés en poussières cosmiques, ils se retrouvent sur la terre ferme, doués de super-pouvoirs ! Richards fait du super stretching avec ses membres qui s'allongent tout en allongeant ses fringues par la même occasion, Susan devient invisible de même que ses fringues également, son frère peut se matérialiser en feu et le dernier se transforme en golem rougeâtre en manque d'humour. Les quatre mutants pourront alors se lier afin de mettre fin aux agissements destructeurs du Dr. Doom !

Cette fameuse adaptation du comics reniée par son créateur Stan Lee et produite par l'écurie Roger Corman est absolument effarante ! Pas difficile à comprendre pourquoi le film n'a jamais été distribué officiellement, bien qu'il soit nettement plus plaisant que le triste CAPTAIN AMERICA d'Albert Pyun. Le problème c'est que le niveau est assez catastrophique, nul doute donc que les fans de la bd originelle ne l'apprécie guère. Car comment accepter de voir ses héros favoris se faire ridiculiser à ce point ? Richards et ses membres caoutchouteux est à tomber par terre, le repaire de Doom semble sorti d'un autre film, les transparences et les incrustations utilisées peuvent faire penser que le film a été réalisé vingt ans plus tôt. Mais tout cela est bien trop fendard et on termine ce visionnement avec un sourire béat qui restera figé bien longtemps encore, rien qu'à cause du dernier plan du film qui vaut son pesant de zygomatiques à lui tout seul. Kerozene

HUMANOIDE : TERREUR ABYSSALE aka HUMANOIDS FROM THE DEEP - Jeff Yonis avec Emma Samms, Robert Carradine, Justin Walker, Danielle Weeks, 1996, États Unis

Il fallait vite, très vite que je me remette de l'époustouflant EPISODE 3 de STAR WARS, sans aucun doute le plus noir et visuellement le plus exceptionnelle de la seconde trilogie, pour me replonger dans le côté Obscure de la planète Bis.. Sous peine d'y laisser mon âme !

C'est alors que fébrilement, je visionnais un DVD acheté 1 € dans un bac à linge d'un vieux magasin poussiéreux en instance de fermeture définitive de la capitale : "Humanoïde : Terreur Abyssale" produit par Roger Corman (quand même). A ne pas confondre avec le sympathique "Humanoïds from the Deep" 1980 de Barbara Peters.

Certes le sujet reste pratiquement identique, mais bon, ça fleure aussi très bon le bis, jugez plutôt : 

Qu'y a t il de commun entre Canco Industries, une usine d'élevage de poisson et l'armée américaine ? Des expériences scientifiques bien sûr ! Et elles aboutissent à de terribles manipulations défiant l'imagination : Dans le but de créer le soldat amphibie parfait, l'ADN de 5 cobayes humains (des condamnés à mort bien sûr) vont être mélangés avec de l'ADN de saumon (et pas fumé..)! De l'expérience naît des hybrides mi-poissons et mi-serial-killers, puissants et assoiffés de sang, qui ne vont pas tarder à prendre la tangente et à élire domicile dans la petite ville côtière de Harbor Shore. Un petit groupe d'écologistes, une scientifique repentie vont se charger de dévoiler au grand jour ce scandale militaire et politique. Pendant ce temps, nos amphibiens massacrent allègrement les mâles, ces derniers ayant l'excellente idée de conserver vivante les femelles à des fins sexuelles !

Eh oui, ça a les dents de "PIRAHNAS", la vitalité de "JAWS", les costumes et la tronche des "HUMANOIDS FROM THE DEEP" de B. Peters et la scène finale de "Octopus 2", d'attaques bestiales en pleine fête foraine.. mais c'est quand même autre chose de très sympathique aussi. Et puis pour replonger dans la galaxie du bis.. je n'ai trouvé rien de mieux !!! Marc Evil

MEGA PIRANHA - Eric Forsberg avec Paul Logan, Tiffany, 2010, États Unis, 92m, TV

Un haut placé du gouvernement américain meurt au Venezuela et l'armée locale dit que le bateau sur lequel il se trouvait a explosé dans une attaque terroriste. Le spectateur lui sait que c'est en fait des piranhas géants, pas si gros pour l'instant, échappés d'un labo américain ou l'on a essayé de faire grossir les poissons pour mieux nourrir le peuple affamé. Un expert en mission secrète, Fitch (ouais, Fitch vs Fish) est envoyé pour faire la lumière. Il se rend compte rapidement que des piranhas géants, de plus en plus énormes, sont responsables et avec l'aide des scientifiques qui ont commis la bourde, spécialement de la plantureuse rousse Sarah Monroe (l'ex étoile de la pop Tiffany), il dot rapidement les stopper, ayant aux trousse outre les piranhas, l'armée du Venezuela et le colonel Antonio Diaz.

Après un Mega Shark vs Giant Octopus mettant en "vedette" Debbie Gibson, on rempile avec Tiffany, plus aussi jeune, et on vire résolument vers la parodie bien assumée. Ou presque. Il est très rapidement évident qu'il ne faut rien prendre au sérieux, mais la faiblesse des effets spéciaux et le montage qui se la joue vidéoclip nerveux ne sont pas tout à fait bien assumés. C'est à tout le moins l'impression que j'en retire, on veut parodier le genre, mais juste assez, au cas ou quelqu'un chez la chaîne Syfy n'apprécie pas trop. C'est incroyablement con, on reconnait tous les décors habituels qui nous sont resservit plusieurs fois par année par la compagnie Asylum. Bref, on se la joue comme un blockbuster, mais on en a visiblement pas les moyens. Une poursuite de voitures ferait plier en deux Rémy Julienne. On s'ennuie des vieux Roger Corman ou on s'assumait plus et on regrette la démesure insensée dans le spectaculaire que les effets spéciaux digitaux semblent permettre à de petites compagnies et des réalisateurs qui ne savent pas quand s'arrêter. Mario Giguère

PIRANHA - Scott P. Levy, 1995, États-Unis

Roger Corman, sans doute à cours d'argent, a financé 17 ans après le film de Joe Dante ce remake inutile de PIRANHA qui reprend presque mot pour mot le scénario original de John Sayles, à savoir l'invasion d'une rivière américaine par des piranhas mutants au moment de l'inauguration d'un complexe touristique. Aucune surprise donc pour qui connaît le classique d'origine et force est de constater que n'est pas Joe Dante qui veut, et ce n'est pas la présence d'Alexandra Paul (Baywatch) qui va relever le niveau. Car niveau ambiance oppressante ou frayeur aquatique, on touche ici le niveau zéro. Et on ne parle même pas des dialogues qui atteignent un joli niveau de bêtise. A oublier. Kerozene

PIRANHACONDA - Jim Wynorsky avec Michael Madsen, Rachel Hunter, Terri Ivens, Shandi Finnessaey, Christina DeRosa, 2012, États Unis, 86m

Le professeur Lovegrove (Michael Madsen) trouve des oeufs dans un coin reculé d'Hawai. Malheureusement maman n'est pas loin et ses collaborateurs se font décimer. C'est un hybryde géant surnommé Piranhaconda, qui se promène sur l'île et qui coupe en morceaux tous les humains qu'il rencontre. Pendant ce temps, une équipe de tournage met en boite un slasher à petit prix. Tout ce beau monde se fait kidnapper par des vilains qui pensent récolter une bonne rançon. Mais le monstre tue un à un ces zigotos qui vont rapidement devoir fuir la bête tout en se poursuivant les une et les autres. Le serpent géant est tout mêlé dans cette intrigue tirée par les cheveux, mais tiens à récupérer l'oeuf que Lovegrove lui a volé ! Oh et il y a un nerd avec son épouse aux seins plus gros que le cerveau, des touristes qui croisent tout ce beau monde.

Une production Roger Corman pour la Syfy, ca promet au moins qu'il y aura des bikinis, des blagues et des tours de poitrine généreux. On a aussi malheureusement des chansons qui semblent des parodies, des monstres digitaux correctement foutus, mais des nuages de sang pas crédibles. Fait rare pour ces films formatés grand public, le héros finit en embrassant la fille ! Jim Wynorsky fait de son mieux avec son budget mince. Il a au moins l'avantage d'avoir un décor naturel magnifique et un lot d'actrices qui paraissent bien en bikini. Madsen semble sur le pilote automatique. La surenchère de personnages n'aide pas vraiment le rythme, il faut continuellement revenir vers les acteurs dont on a pratiquement oublié le sort. Un divertissement très léger qui manque un je ne sait quoi pour se distinguer d'avantage de cette longue série de prédateurs farfelus. Mario Giguère

RAPTOR - Jim Wynorski avec Corbin Bernsen (le dentiste) - 2001, États-Unis  

Des meurtres sanglants se perpétuent dans un petit coin inconnu des états-unis. Le shérif enquête, les gens sont massacrés par un animal inconnu. Les soupçons se portent directement sur un complexe de recherche qui refuse d'ouvrir ses portes à la police. Son propriétaire le dr Hyde (Bernsen) est un savant spécialiste dans la recherche ADN. Il travaille pour son propre compte à l'insu de l'armée pour qui il travaillait jadis. Il a réussit depuis peu à cloner des dinosaures (t-rex, raptors, etc...) dont il compte augmenter l'intelligence pour les faire travailler la terre et leur donner des missions  ... Mais il arrive quelques fois qu'un de ces raptors s'échappe... et on se doute ce qu'il fat une fois dehors...

Houlala... je vais bien m'amuser pour la critique. Bon comme tout le monde s'en doute, c'est ultra-pompé sur Jurassic Park mais avec des moyens fauchés, limite amateur. Y'a même un clin d'oeil à alien (une femme pilote qui attend pour décoller, se retourne et hop la bébête est derrière elle). Ha oui pour continuer dans alien, les bestioles sortent de partout et tuent des marines qui sont dans le complexe et ils crèvent tous les uns après les autres... Point deux: Ce film entre en seconde place dans ma sélection des plus mauvais costumes (après OGM). Les raptors de taille humaine sont hideux, autant ceux de JP étaient réussis autant leurs clones de "Raptors" sont ratés. On voit clairement que y'a un type en dessous qui essaient de marcher avec ces affreux costumes. En fait... il marchent un peu à la manière des anciens Godzillas... mais d'une manière parodique (Godzi avait de la classe lui, ici on a envie de rire).

Y'a d'abord les petits t-rex (enfin ils disent T-rex...) qui ressemblent au minis-dino de JP 2. Enfin eux ils sont là pour débuter l'histoire. Puis y'a les raptors à taille humaine qui tuent tlm. Y'a aussi un grand T-rex qui est au début prisonnier d'une cellule faite en laser... puis qui se promène dans le complexe en se cognant la tête partout... Ils sont tous ratés, moins on les voit mieux on se porte.

Les acteurs sont vraiment nuls, c'est à se demander s'ils connaissent leur texte (s'ils en ont un...). La copine du héros est plutôt jolie et je pense que c'est son seul rôle, elle est vraiment là juste pour faire joli.

Un point original: le combat de fin entre le héros (le shérif) et le grand T-rex. Il le combat aux commandes d'un Bobcat, vs savez une espèce de pelleteuse comme çà avec un machoire au bout (persos çà me fait encore penser à alien 2...). Je dois dire que ce passage est pas trop mal au moins.

Hum... En écoutant la trame sonore du film, j'ai eu l'impression d'en regarder un autre. En fait la musique qui revient pour chaque scène "d'action" (combat contre t-rex, embarquement et débarquement des marines, ...) est celle de Battle Beyond the star aka Les mercenaires de l'espace. Un film que j'ai bien aimé et regardé plusieurs fois. Bref ils ont piqué la b.o de ce film... Le film est tourné en format tv et non cinéma... et sûrement avec un tout petit budget vu la qualité des costumes... Enfin on ne va pas dire qu'on s'ennuie avec ce film, j'ai plutôt bien rigolé en le regardant. Dragonvolfied

SHARKTOPUS - Declan O'Brien avec Eric Roberts, Sara Malakul Lane, Héctor Jiménez, Kerem Bursin, 2010, États Unis, 90m

Un compagnie de recherche privée essaie son nouveau "produit" conçu expressément pour la marine américaine: un hybride requin-pieuvre télécommandable qui tue rapidement et furieusement. Malheureusement le harnais électronique qui le contrôle est endommagé et le tueur aquatique est libre et pas mal enragé ! La fille du patron qui a travaillé sur l'interface informatique et un mercenaire spécialisé dans le domaine sont chargés de le retrouver. Mais les vacanciers de Puerto Valllarta et une journaliste ne peuvent s'empêcher de remarquer la créature et ses victimes dont le nombre ne cesse d'augmenter !

Rien de bien original sous le soleil du Mexique mais comme toute production de Roger Corman, qui tient un petit rôle rigolo, le film se regarde bien et on ne s'ennuie pas. On va évidemment prévoir la mort des protagonistes à l'avance, tout comme la plupart des ficelles du scénario. La créature est évidemment en image de synthèse pas toujours bien intégrée avec les acteurs, mais son design original et sa façon singulière de bouger captent l'attention. Ajoutez l'attrait des plages et des bikinis qui s'y trouvent, une bonne dose d'humour et une chanson de générique entraînante et le tour est joué. On y retrouve aussi Hector Jiménez, vu jadis dans Nacho Libre, en cameraman pas tout à fait sérieux. Une bisserie de bon aloi avec une créature intéressante. Mario Giguère

SHARKTOPUS VS PTERACUDA - Kevin O'Neill avec Katie Savoy, Robert Carradine, Mario Ceara, Akari Endo, 2014, États Unis, 85m 

Il s'avère que lorsque nous avons quitté le premier Sharktopus, il était victime d'une explosion qui nous semblait bien fatale. Passait par là une biologiste marine qui récupéra une progéniture! Pendant qu'elle essaie de l'élever pour le faire travailler comme un dauphin ou un orque dans le parc aquatique de son oncle, un savant un peu fou a fait revivre un ptérosaure à l'ADN complété par le matériel génétique d'un barracuda et qu'il pense le contrôler grâce un ordinateur implanté dans son cerveau, question de le vendre en tant qu'arme redoutable à l'armée américaine. Horreur, un agent double à la solde des russes, en tout cas il a l'accent, arrive à pirater le programme et le Pteracuda est hors contrôle et repère rapidement le Sharktopus, qui ne demande pas mieux que de se battre. C'est pas beau la chicane.

Autre produit formaté pour la chaîne Syfy, produit par Roger et Julia Corman. Outre David Carradine, célèbre pour sa Revanche des Tronches et une apparition remarquée de l'animateur Conan O'Brien, on nage dans des eaux pas mal connues. A la limite c'est le genre de scénario qui semble s'écrire de lui-même, les surprises ne foisonnent donc pas, à commencer par les noms, tiens: Lorena Christmas, Veronica Vegas. C'est léger comme un soufflé, sans protéines, mais sans pour autant être lourd sur l'estomac, si vous voyez ce que je ne pensais pas écrire. Le Pteracuda est plus intéressant dans son concept fou que dans sa version numérique au regard dépourvu d'intelligence, ce qui fait que l'on prend pour le Sharktopus. Ça reste et demeure une franche pantalonnade qui se regarde avec le sourire si on ne s'attend pas à trop. Quelques scènes d'action mouvementées sont filmées pendant que dans le décor des badauds ne semblent rien voir. Kevin O'Neill a déjà fait mieux, mais beaucoup ont déjà fait pire... Mario Giguère     

VAMPIRELLA - Jim Wynorsky, 1996, États Unis 

je croyais que le film ne s'était jamais fait, mais oui, en 1994, avec Talisa Soto dans le rôle titre et Roger Daltrey dans le rôle de Dracula, ni plus ni moins. Au départ, le costume de Vampirella n'est pas respecté, on se retrouve avec une culotte qui cache pratiquement le nombril, c'est un comble ! Et malheureusement Talisa Soto n'a pas de hanches, ce qui l'éloigne encore plus de l'imagerie officielle du personnage de bande dessinée. Elle se tirait bien d'affaire dans Mortal Kombat, mais elle a de la difficulté à porter ce film sur ses frêles épaules. Roger Daltrey cabotine à souhait en vedette rock incognito. Ce n'est pas carrément mauvais, mais ce n'est pas bon non plus et surtout, ce n'est pas vraiment Vampirella. Dommage ! Mario Giguère

CONCORDE PICTURES * 1985 - 1991

AMAZONS - Alex Sessa, États Unis, 1986 

Dans un monde où règne la barbarie, un cruel sorcier ayant le pouvoir de diriger la foudre du bout de ses doigts sème la terreur et projette de conquérir le monde. Une troupe d'amazones, peu vêtues, réussi à faire en sorte qu'il ne s'approprie pas la fameuse pierre magique qui l'aurait rendu invincible. L'une d'elles a d'ailleurs une vision, celle d'une épée qui aurait le pouvoir de mettre fin aux agissements du méchant sorcier. Avec une copine, elles formeront un duo de blondasses siliconées top bien foutues qui traverseront moult périples afin de trouver cette fameuse épée. Les dangers sont nombreux: mâles en rut, gros serpent, tribu primitive, femme-lionne, le spectateur en a pour son argent (hum). De son coté, le vilain sorcier couche avec la chef des amazones, top bonne elle aussi, infâme traîtresse qui ne mérite que la mort et le mépris.

Cette production Corman probablement réalisée en deux jours est risible. Il n'aurait pas été compliqué de donner un peu de tonus à cette soupe en soignant un tout petit peu les combats par exemple, tant ceux-ci sont mal fichus. Les amateurs de gros Z se marreront et apprécieront les plastiques féminines, les autres sombreront dans un ennui profond. Kerozene


Lana Clarkson

BARBARIAN QUEEN II : THE EMPRESS STRIKES BACK aka La REINA BARBARA - Joe Finley avec la Claudia Schiffer du bis Lana Clarkson, 1989, États Unis/Mexique, 80m

La princesse Ophélia, belle blonde à forte poitrine drapée de blanc, est convoquée par le second du royaume, le vil Aurion, car des nouvelles des frontières du Sud, ou s'opposent des armées d'au moins 5 hommes, sont arrivées. L'infâme barbu lui annonce 2 nouvelles : la bonne, c'est celle de la victoire totale sur les forces ennemies, la mauvaise est que son père, le Roi, aurait perdu la vie dans ces batailles. Se refusant à reconnaître les faits, Ophélia 'princesse- Bimbo' s'oppose à ce que cet homme répugnant et grossier remplace son père à la tête du royaume.

Seule détentrice désormais de l'incantation magique qui permettrait de libérer le sceptre royale, source d'un pouvoir infini, Ophélia est jetée dans un cachot avec de la vraie paille ! Parvenant à fuir après un coup-monté bien foireux qui avait pour but de lui extorquer cette formule magique, Ophélia est sauvée in-extremis par une fille blonde, à forte poitrine aussi, qui s'avère être une guerrière amazone hors pair (de seins bien sûr!!).

Acceptée en tant qu'Amazone à part entière, après cependant avoir prouvé que le combat de boue à moitié nue contre la chef du clan ne lui faisait pas peur, Ophélia va peu à peu rallier à sa cause toute une armée de femme. Elle va conduire la révolte amazono-paysanne qui devra ramener la paix et lui faire retrouver son trône par la même occasion... (Pas si conne la blondasse !)

Joe Finney à tout capter du ciné bis : Des salles de château en carton pâte, des décolletés vertigineux avec plein de bonnes choses dedans, des dialogues à couper le souffle, des situations si improbables qu'elles provoquent une hilarité instantanée (Aaah, la gestuelle des amazones tireuses à l'arc !!), des scènes de tortures sexy et une action sans temps mort qui empêcheront l'heureux spectateur de sombrer dans un sommeil profond 80m durant... je n'aurais qu'un mot à dire : Encore ! Marc Evil

BRAIN DEAD - Adam Simon, 1990, États Unis

"Lobotomie" en français, ce film n'est pas celui de Peter Jackson, mais il est néanmoins très intéressant à regarder.  Mettant en vedette Bill Paxton (qui a joué le père ridicule dans Casper), il met en scène un chirurgien du cerveau opérant un dangereux psychopathe afin de l'adoucir. Bien que le film n'ait pas de structure propre et que le déroulement ne soit qu'une suite de délires plus ou moins cohérents, il passionne tout de même et c'est avec angoisse que l'on attend chaque revirement de situation. Et quand la psychose se met en branle, on ne peut que suivre tout ça en se demandant s'il vaut mieux rire ou s'inquiéter... Orloff

Le film plonge dans un délire des plus déroutant. Le spectateur rentre carrément dans la paranoïa du personnage et se laisse transporter dans les méandres d'un esprit dérangé. Quelque part, THE CELL n'a rien inventé.Le film est plutôt bien foutu, c'est un véritable plaisir que de se laisser entraîner et surprendre, certaines images chocs sont fort plaisante et le tout bénéficie d'un humour sympathique. Il y a aussi George Kennedy qui amène sa bedaine. Seul bémol, la bande son qui est vraiment à chier. Kerozene

LORDS OF THE DEEP aka Les SEIGNEURS DES ABIMES - Mary Ann Fisher, 1989, États Unis

Dans le futur, l'homme a tellement foutu la merde sur Terre qu'il doit vivre sous les mers. Et là, des scientifiques découvrent une drôle de substance qui s'avère être extraterrestre et qui se transforme en oiseau des mers. Le capitaine pète les plombs et veut les buter alors qu'ils sont super gentils, et même qu'ils contactent la scientifique héroine qu'ils emmènent dans leur cité sous marine...

Et blablabla, et blablabla.

Ce ressemble à ABYSS, mais ce n'est pas ABYSS, c'est produit par Corman qui fait même un caméo, et c'est super nul. Les acteurs sont tous pitoyables, surtout l'actrice principale qui a une gueule qui ne me revient pas, elle semble constamment chialer et c'est énervant. On ne parle même pas des effets spéciaux, ni même du trip contact avec le fin fond de l'univers, ça vaut pas le coup. Et la musique ? AH ! La musique...  comme le reste, de la merde. Kerozene

TRANSYLVANIA TWIST - Jim Wynorski, 1990, États Unis

Une fille part retrouvé son père décédé en Transylvanie en compagnie d'un jeune gars qui cherche un bouquin. Sur place, ils se heurtent au descendant Van Helsingor et à l'oncle de la fille, un Robert Vaughan vampire des moins convaincants.

Le film s'amuse à faire des blagues qui se situe entre Miel Brooks et les ZAZ, comme rentrer dans une pièce en noir et blanc, ou même une pièce en 3D (mais ça marche pas - j'ai essayé), on fait des clins d'oeil bien gras envers les stars de l'horreur 80's (Freddy, Leatherfece, Jason et Pinhead), Monique Gabrielle campe une vampire sexy, Angus Scrimm s'auto parodie avec un personnage proche du Tall Man de PHANTASM qui fait du base-ball avec ses boules (gag qui résume assez le niveau du film), Forrest Ackerman apparaît lors d'un enterrement muni d'un numéro de Famous Monster sous le bras, et comme c'est une production Corman et qu'on fait des hommages à tout va, on colle des stock-shot de THE TERROR, le film de Corman avec Karloff, celui-ci étant ainsi introduit dans le film pour un dialogue pour le moins inattendu.

Le tout est bien mauvais et se regarde sans intérêt. Kerozene

The TERROR WITHIN - Thierry Notz avec George Kennedy, Andrews Stevens et Star Andreef, 1989, États Unis, 90m

Dans un monde post-apocalyptique, les expériences biochimiques ont décimé la quasi-totalité de la race humaine. Six survivants, dans un bunker, tentent de rester en vie du mieux qu'ils le peuvent mais les vivres se font de plus en plus rares et une expédition sera bientôt nécessaire. Dehors, ils découvrent des preuves inquiétantes comme quoi la planète sera maintenant infestée de gros mutants pas beaux et méchants! De retour dans le bunker, tout vivre au drame, un mutant a trouvé le moyen d'entrer dans le labo et le massacre commence.

En voyant le nom de Roger Corman à la production de ce TERROR WITHIN, je m'attendais à quelque chose d'un peu décevant. Néanmoins, ce post-nuke avec bibittes pas belles est vraiment sympathique. Le temps passe tout de même plutôt vite et ce même si on ne croit pas une seconde aux décors ni aux personnages absolument sans intérêts. L'action débute rapidement, les meurtres se suivent biens et vont parfois dans un gore efficace, assez en tout cas pour faire sourire. Tout de même on veut la voir cette fameuse créature et quand finalement on peut l'apprécier, dans toute sa splendeur, on peut dire qu'elle a un sacré look. Bibitte intuable toujours en mouvement et à la bonne place, elle est un cliché plaisant à suivre et à voir évoluer. Certaines scènes restent dans la mémoire, comme l'accouchement qui copie honteusement la franchise Alien, une scène très juteuse dans un conduit de ventilation et la fin, très rigolote. Ce n'est pas du grand art, mais c'est du bis qu'il fait bon découvrir par curiosité. Une suite verra le jour un an plus tard et apparemment serait de meilleure qualité. Abba

Troisième et dernier film avec Mike Henry dans le rôle de Tarzan. J'ai déjà dit comment Mike Henry semblait formaté pour jouer James Bond, ici on met à ses côtés l'actrice Aliza Gur, qui a eu un combat mémorable avec Martine Beswick dans FROM RUSSIA WITH LOVE. Elle est tout simplement sulfureuse et si ce n'était du mandat familial de la série, on imagine un film différent. Les décors naturels sont magnifiques. Alors un film de 1968 n'a pas le rythme plein d'adrénaline d'un blockbuster récent et ne saurait satisfaire le public actuel, mais les amateurs du genre y trouveront sûrement leur compte. Abba

WIZARDS OF THE LOST KINGDOM - Hector Olivera, 1985, États Unis/Argentine

Un vilain sorcier pas beau et très méchant au service du mal, kidnappe une jolie princesse et veut l'épouser de force. Le prince, maintenant devenu roi, et donc propriétaire de la bague magique de tous les pouvoirs du bien, va devoir sauver la belle. Mais il perde la bague, alors ce n'est pas bien du tout. Surtout que le méchant et cruel magicien la veut aussi, la bague. Heureusement, le jeune roi (12 ans à tout péter), rencontre le légendaire guerrier Kor, âme solitaire, en fait un glandu complètement paumé. Kor est très fort et après maintes réticences accepte d'aider le petit roi. Surprise, après moult périples, ils battent le sorcier super méchant à la suite d'une lutte haletante à coup de lasers colorés tout plein qui font des étincelles.

Ahlalalalala, ouïouïouïouïouïouï...

Rarement pareille merde n'avait visité l'intérieur de mon magnétoscope. Rarement pareille chiotte ne fut réalisée. N'importe quoi !

Heureusement, on y rigole comme des cinglés, surtout grâce à l'animal de compagnie du roi (indispensable, l'animal de compagnie, comme vous le savez). Une sorte de mélange entre Chewbaca et l'ours maturin, pataud, tout blanc, et surtout pas crédible une seconde, qui colle des mandales à de vilains gnomes pas beaux. Une sorte de lion volant apparaît à un moment. Vraiment nul. Et la sirène ! Ah, la sirène. Heureusement qu'elle ne remue pas sa queue celle-là. Et les scènes d'action ! Incroyable ! Jamais des scènes de bagarres au cinéma ne furent plus ridicules. Donc, vous l'aurez compris, une merde avec des éléments 1000 fois utilisés (le nouveau prince héritier, la princesse en détresse, le guerrier solitaire, le super vilain sorcier, l'animal qui fait rire - mais là il fait pas exprès), des acteurs minables et une mise en scène condamnable.

Honnêtement, c'est à voir au moins une fois pour s'en rendre compte. Kerozene

WIZARDS OF THE LOST KINGDOM II -Charles B. Griffith, 1988, États Unis 

Alors bon, ça fait un moment que j'ai eu le plaisir de voir le premier film, et pourtant je ne m'en suis pas tout à fait remis. Mais soyons fou ! Un film aussi hallucinant se devait d'avoir une suite, alors aussitôt mis la main dessus, vite, je l'introduis dans mon magnétoscope pour voir si il est possible de faire pire. Malheureusement, le film est un cran au-dessus. Le contraire aurait tout de même été effrayant ! Toujours est-il que voila la belle histoire qui nous est contée :

Tyor est un p'tit gars, paysan, qui vit avec sa maman. Un jour, un magicien dont les pouvoirs ne valent plus grands choses arrive chez lui, et lui explique sans rigoler qu'il est l'élu, et qu'il doit le suivre afin de mettre un terme aux agissements des trois cruels sorciers au service du mal régnant dans les royaumes. Avec sa gueule de crétin, le môme accepte. Mais avant de botter le cul des méchants, il faut trouver Dark One, le meilleur guerrier du monde ! Et ce Dark One, ils le trouvent en la personne de David Carradine qui perd son temps à faire tavernier, et qui refuse de venir les aider. Le salaud ! Les deux compagnons continuent donc leur chemin, temps pendant lequel Tyor apprend la magie... Le premier méchant sera vaincu rapidement après avoir délivré le gentil monarque du royaume qui ne pense qu'à courir les filles - Tyor semble trouver cette occupation assez sympathique à vrai dire. Bref, le méchant est battu malgré son amulette magique. Puis, dans le deuxième royaume, une sorcière qui possède une épée magique se fera bluffer par Tyor, ce qui rend le chef de la sorcière assez mécontent, surtout que c'est un homme corbeau qui fait "croa croa" interprété par Sid Haig. Etc...

Que voila un grand film d'aventure énergiquement filmé ! Je suis époustouflé ! Crétin à bouffer du foin, joué n'importe comment (excepté pour Sid Haig), ce film est d'une connerie hallucinante et est aussi plat que le pire épisode des Teletubbies ! Si il y a moins de bestiaux rigolos que dans le premier, il faut dire qu'il est tout de même 100 fois mieux foutu, ce qui ne l'empêche pas d'être profondément mauvais. A voir pour Carradine qui semble frimer comme une bête, pour Sid Haig qui fait le corbeau, et...  pour l'ensemble tout à fait étonnant de ce film qui reste un ovni cinématographique avec son prédécesseur. Kerozene

NEW WORLD PICTURES * 1970 - 1984

 

CAGED HEAT aka CINQ FEMMES A ABATTRE aka Caged females aka Renegade girls aka feminne in gabbia - Jonathan DEMME avec Erica Gavion, Barbara Steele, Juanita Brown, Roberta Collins, Rainbeaux Smith, Warren Miller, 1974, États Unis.

Si, si, c'est bien le futur réalisateur du Silence des agneaux qui signe ici ses débuts sous l'égide de Roger Corman, pour réussir un fort sympathique classique du WIP.

Le rythme est enlevé, la directrice est une frustrée sur roulettes, le toubib est marteau (ascendant perceuse), les détenues réussissent leurs examens médicaux, se douchent consciencieusement, se crêpent un peu le chignon à cause des joints, et parfois cauchemardent la nuit.

Coté locaux, c'est correctement crasseux, et à l'occasion d'un plan qui montre l'intérieur des cellules les unes à la suite des autres, on se dit que les peintures ont été refaites pour exactement la même séquence dans le Silence des agneaux. Mais on ne va pas jusqu'à oser penser qu'on entre-apercevra Hannibal Lecter coiffé de couettes, c'est purement impossible parce qu'on est en 1974, la police ne l'avait PAS ENCORE coffré.

Un casting de classe réunit Barbara Steel, sans masque de démon mais avec des moches lunettes, Erica Gavin-" Vixen " de Russ Meyer, et quelques figures connues de la blaxploitation.

La B.O. de classe (country-)bluesy composée par John Cale (grand artiste qui n'est certainement pas une " blues legend " comme le laisse apparaître l'IMDB qui doit confondre avec John Lee Hooker, ou à la rigueur avec JJ Cale) réunit de la slide guitare dobro, de l'harmo miaulant ou piaffant, des couinements de violons, des espèces de sifflements de cruches (c'est du " jug " expliqueraient les blues legends), des crépitements de banjo, des dzoing dzoing de guimbarde, des piaillements de sansonnets, des grillons, des rots de crapauds-buffles, des râles de coyotes et des cloches à vaches.

L'histoire ici s'attache à une poignée de garçons manqués qui finissent par s'évader. Puis dégoûtées par les pratiques du modeste établissement, surtout les torturothérapies variées, elles décident de revenir (!?!) à l'assaut pour péter une fusillade de tous les diables. Vengeance ! Et accessoirement pour sortir des potes. Enfin, ce n'est pas fort Alamo topless quand même, y a pas de boulets de canon qui traversent l'écran.

En conclusion, un produit de bon niveau pour le genre ! 

Coté jaquette, certaines versions exhibent les cinq principales taulardes revêtues de débardeurs moulants numérotés, que j'ai vainement recherché au long du film : ça doit être une photo " d'exploitation ", c'est le cas de le dire. Encore mieux, la jaquette en ma possession éditée par Atlantic, montre quant à elle cinq bimbos qui n'ont strictement rien à voir, brushing au vent du ventilo, battes de base-ball en mains manucurées, en pantalons de treillis, et dont les brassières - bien plus courtes cette fois - débordent de silicone. Bigeyes

CANNONBALL - Paul Bartel, 1976, États Unis 

Criblé de dettes, Benny (Dick Miller), réussi à convaincre son frère le champion Coy 'Cannonball' Buckman (David Carradine) de reprendre le volant pour gagner la fameuse course illégale trans-continentale des Etats-Unis. La seule et unique règle est que tous les coups sont permis!

Cette production Roger Corman à petit budget est un brin moins violente que le jouissif DEATH RACE 2000 tourné 1 an avant, mais Cannonball est quand même un bon divertissement remplis de personnages débiles, d'accidents de voitures, d'action, de scènes de bagarre et de morts violentes! Les fans de DEATH RACE 2000 y retrouveront pleins de comédiens de ce film dans des rôles différents. De plus, le casting fourmille de caméos de toutes sortes dont Joe Dante et Roger Corman. Les plus observateurs verront Sylvester Stallone et Martin Scorsese en mafiosos ! Le film est bien sûr un brin cheesy, plein d'humour noir et à quelques reprises ont se croirait à l'intérieur des films Cannonball Run avec Dom De Luise puisque la trame y est un peu similaire. Un film à regarder si comme moi vous avez beaucoup aimé DEATH RACE 2000. Black Knight

DEATH RACE 2000 - Paul Bartel avec David Carradine, Sylvester Stallone, Mary Woronov, 1975, États Unis, 84m

L'an 2000. On se prépare à la course annuelle qui traverse le continent avec l'occasion de marquer des points en écrasant les badauds. Les femmes valent 10 points de plus que les hommes dans toutes les catégories, les adolescents rapportent 40 points, les enfants de moins de douze ans un gros 70 points et le jackpot, peu importe le sexe, les plus de 75 ans rapporte 100 points ! En compétition: Frankenstein (David Carradine), rare survivant des courses précédentes et rapiécé de partout, préféré de la population et du Président; Machine Gun Joe Viterbo (Sylvester Stallone) gros macho un peu abruti; Calamity Jane (la séduisante Mary Woronov); Matilda the Hun et ses croix gammées et Nero the Hero. Un ombre plane sur la compétition cette année, des terroristes veulent stopper la course barbare et renverser le Président. Les attentats se multiplient et on soupçonne les co-pilotes. La télévision, omniprésente, retransmet la course et on explique les morts de pilotes par des attaques des terroristes Français !

Sur une idée originale d'Ib Melchior, plus sombre, Paul Bartel (Eating Raoul) concocte une parodie grinçante des sports spectacles avec un humour noir complètement décoincé. Ca prenait peu à l'époque pour faire de la science fiction, mais on souligne une superbe matte painting qui enjolive le stade ou la course débute. Ajoutez quelques voitures bricolées et des costumes colorés et on est en l'an "2000", 25 ans avant l'époque. Les femmes sont belles et pas avares de leur charmes et David Carradine a une présence charismatique dans ce personnage plus complexe qu'il n'y parait. Les effets gore sont très rapides à l'écran mais le sang éclabousse bien le goudron. On manque peut-être un peu de temps pour approfondir les personnages secondaires, j'aurais bien aimé voir plus longtemps Mary Woronov entre autres. Y a que la musique au synthétiseur qui a affreusement vieillie. Du bonbon psychotronique de la belle époque de la New World Pictures, menée alors par un Roger Corman très actif. Pour le plaisir de voir le regretté David Carradine, les courses, les femmes, l'humour, bref, pour s'amuser: Death Race 2000 remplit bien le cahier de charges. Mario Giguère

GALAXY OF TERROR - Bruce D. Clark, 1981, États Unis

Une mission de sauvetage part à l'autre bout de l'univers - atteint en 2 secondes - pour récupérer les éventuels survivants d'une mission précédente. Tracté vers une planète, le vaisseau est contraint de se poser. Là, ils découvrent un étrange édifice peuplé de créatures hostiles et visqueuses et tombent un par un, comme de vulgaires mouches.

Roger Corman produit son ALIEN fauché qui lorgne également pas mal vers PLANET OF THE VAMPIRES de Mario Bava. L'ambiance générale du film est plutôt chouette, même si la tension recherchée ne fonctionne pas une seconde. On retiendra surtout cette merveilleuse scène où une larve géante déshabille une fille avant de l'étouffer - on dirait même qu'elle la viole ! Quelques effets gores de plus et le tour est joué. On y trouve Robert Englund qui se bat contre lui-même et James Cameron en tant que réalisateur deuxième équipe. Kerozene

GODZILLA 1985 - Koji Hashimoto/R.J. Kizer 1984, Japon/États Unis

À noter que l'on parle ici de la version américanisée

Après près de 30 ans de silence, le gros Godzilla est de retour pour détruire Tokyo une fois de plus. Mais cette fois, l'attaque du monstre devient un souci planétaire ce qui amène les Russes et les Américains à aider le Japon pour anéantir le monstre légendaire.

Le film se veut comme une suite directe du premier épisode, mais il s'agît plutôt d'un remake. Ainsi, Godzilla redevient une menace pour la société plutôt qu'une sorte de super-héros combattant des monstres, un point relativement intéressant. Les scènes d'action sont très bien, mais bien peu nombreuses, le film laissant plus de place au bla-bla qu'au personnage-titre. Voilà qui explique pourquoi on perd très rapidement l'intérêt pour l'oeuvre, malgré le fait qu'il reste amusant de voir Raymond Burr se demander ce qu'il fait dans pareille production.

Bref, un Godzilla, c'est toujours amusant, mais celui-ci s'oublie vite. Oncle Freak

The HOWLING - Joe Dante, 1980, États Unis, 91m 

Une journaliste aventureuse (Dee Wallace Stone) demeure traumatisée par le souvenir flou de la rencontre qu'elle a osé tenir avec un maniaque au meilleur endroit du monde: un peep show. Le maniaque est abattu de sang froid, mais seulement quelques instants après avoir révélé un secret monstrueux que seule la journaliste eu la vision et on n'a pas de bol, elle l'a bloqué de sa mémoire. Pour tenter de guérir ce problème qui hante ses rêves, elle décide de prendre la suggestion d'un psychologue et de se rendre dans un chalet au fond de nul part où loge d'autres patients, la " Colonie ", pour élucider la chose et pouvoir enfin tout mettre derrière elle. Bien évidemment, ce ne sera pas aussi facile que prévu: certains secrets ne demeurent jamais mystérieux bien longtemps.

Que dire ! Après tant d'années à en avoir entendu parler, c'est tout de même incroyable que je n'avais, à ce jour, jamais visionné ce film qui en fit frémir plus d'un. À l'époque des bons vieux vidéos de " Mom & Pop " de ma jeunesse, je ne trouvais que les suites sur toutes les étagères, mais jamais celui-ci ou bien sinon, en VF dans un club vidéo lointain duquel je ne pouvais rien prendre. Il faut croire que je n'étais pas dû pour voir le film tout de suite. Eh bien l'occasion s'est maintenant présentée avec la sortie de l'édition spéciale en DVD de MGM qui est bourrée d'extras intéressants pour tout fan du film.

Le film est toujours efficace de nos jours, malgré ses quelques rides, et son intensité, toujours indéniable. Joe Dante a concocté quelque chose dont il peut être fier (ce qu'il est dans les documentaires) avec bien sûr ses nombreuses références et quelques caméos dont ceux de Roger Corman (en évidence même si j'ai totalement passé à côté), Forrest J. Ackerman (alors lui et sa gueule, on le reconnait partout) et ses acolytes habituels (Dick Miller, Kevin McCarthy et Belinda Balaski). Ce n'est pas une oeuvre connue seulement pour ses effets spéciaux, mais faut tout de même pointer le travail incroyable du jeune Rob Bottin (âgé de 21 ans à l'époque) qui donne des frissons garantis et a révolutionné le genre lors de sa sortie.

De toute l'entreprise, le plus surprenant pour moi fut le niveau d'intensité que le film réussi à incruster dans ses spectateurs - j'étais réellement rivé à mon siège durant toute la deuxième partie - et ce, jusqu'à sa finale terrifiante. À voir ou à revoir et ce, pour encore bien des années. Bad Feeble

HUMANOIDS FROM THE DEEP aka Les Monstres de la Mer - Barbara Peeters/James Sbardellati/Jimmy T. Murakami avec Doug McClure, Ann Turkel, Vic Morrow, Cindy Weintraub, Anthony Pena, Denise Galik, Lynn Theel, Meegan King, Breck Costin, David Strassman, 1980, États-Unis, 80m

Une série B tout à fait savoureuse où des créatures de la mer à la taille humaine sont formées accidentellement vu l'écoulement d'un produit créé et étudié en laboratoire. Aussi simple que ça, on suit les mésaventures d'un petit village de pêcheurs qui, tranquillement, perd des villageois de diverses façons fort savoureuses et fortement sanglantes! Ce film m'a surpris par son gros gore gras qui satisfait par sa grossièreté et ses monstres caoutchouteux. Au générique, on remarque le nom de Rob Bottin aux effets spéciaux avec le sourire en coin. Le film patauge dans le cliché, mais on s'y laisse prendre avec joie tout au long en suivant chacun des délires que le scénario non-existant apporte pour nos malencontreux villageois. Une belle surprise et un film parfait pour le Club des Monstres. Bad Feeble

  La petite ville côtière de Noyo qui dépend de l'industrie de la pêche, vit des jours difficiles qui accentue les tensions raciales entre les Amérindiens habitant la région et les Blancs. Plusieurs travailleurs sans emploi aimeraient bien que la ville autorise un projet scientifique visant à accélérer le processus d'évolution du saumon. Mais la population amérindienne est réticente et elle menace de poursuivre la municipalité si les biologistes viennent interrompre le cours normal de la nature. Lorsque quelques chiens sont retrouvés morts peu après, le blâme est aussitôt jeté sur les Amérindiens. La vérité est que les saumons, déjà génétiquement modifiés par les biologistes grâce à des hormones de croissance, ont été dévorés par des coelacanthes dans les eaux du coin. Ces poissons préhistoriques se sont mis alors à muter en une race d'humanoïdes amphibiens monstrueux et meurtriers. Poussés par leur instinct primaire autant que leur intelligence très développée, ces hommes-poissons sèment la terreur en n'hésitant pas à tuer les hommes et à violer les femmes afin de reproduire leur race. Lorsque ces monstres attaquent en nombre les habitants au cours d'une fête foraine, quelques courageux unissent leurs efforts pour les éliminer.

Le producteur Roger Corman n'a jamais laissé échapper un filon tant qu'il n'en a pas soutiré tout le jus jusqu'à la dernière goutte. Depuis le succès de JAWS, le prince de la série B a en effet multiplié les productions portant autant sur les attaques de requins que sur d'autres agressions aquatiques, qu'il pimente d'effets gores et de nudité pour attirer les foules. Dans ce nouvel ersatz qui pompe à la fois ALIEN, CREATURE OF THE BLACK LAGOON, PROPHECY, et quelques-unes de ses propres productions incluant PIRANHA, il faut pourtant admettre que tous les ingrédients du cinéma d'exploitation fonctionnent assez bien en dépit d'un manque d'humour. Corman et ses acolytes n'ont eu toutefois aucune scrupule à ajouter à la recette une pincée de mauvais goût pour faire bonne mesure, et c'est là où HUMANOIDS FROM THE DEEP se démarque des autres imitations. Ce succès s'explique évidemment plus par la complaisance des séquences d'agressions de ces mutants aquatiques en liberté atteints de la fièvre du Sam-Disoar, que le message écologique du récit pourtant d'actualité qui anticipa les récents scandales alimentaires impliquant la manipulation transgénique sur les animaux. Le fait est qu'on peut difficilement prendre au sérieux un tel message à cause justement du caractère purement gratuit de ces effets choc, où les auteurs appuient avec insistance sur le comportement libidineux des créatures. Celles-ci ont d'ailleurs été conçus avec un certain flair visuel pour les rendre bien monstrueusement dégoûtantes, tout comme les effets de maquillage efficaces imaginés par un Rob Bottin alors tout jeunot. La mise en scène ne fait pas montre d'un style visuel original ni d'un rythme caféïné, surtout quand on sait maintenant que la réalisatrice Barbara Peeters ne tenait pas à inclure des scènes gores et de viols dans son film. Ce sont les plans additionnels plus juteux filmés surtout par l'assistant James Sbardellati sur ordre de Corman, et le travail du monteur Mark Goldblatt qui ont permis au film d'être élevé justement au rang de culte. Rien que pour ça, cette petite production représente un plaisir coupable que l'amateur de bisseries n'a pas le droit d'esquiver. Le plus curieux, c'est que Corman en fit un remake 15 ans après où justement le sexe, la violence et le gore y sont fortement édulcorés; comme quoi les temps et les mentalités ont bien changés depuis. Mathieu Lemée

 Voici le parfait exemple du film d'exploitation réussit: on reprend un concept de film en vogue - "Jaws" - on troque la méchante bestiole pour quelque chose de plus rock'n roll - une colonie de "Créature du lac noir" aux bras hypertrophiés - on les confronte à quelques stars sur le déclin - Doug McClure et Vic Morrow - on y ajoute une quantité généreuse de violence et d'hémoglobine, et surtout une bonne grosse dose de sexe. Et puis comme ici personne n'a eu froid aux yeux, ils en ont profité pour bien mixer le tout et envoyer les gloumoutes marines massacrer des ados queutards avant de violer leurs copines sur des lits d'algues gluantes, tout en prenant bien soin de leur arracher le bikini si celui-ci se trouve encore en place! "Humanoids from the Deep", c'est effectivement la version tits & gore du film de Steven Spielberg, et c'est loin de faire dans la dentelle. Ici, on aime rentrer dans le lard, les visages sont arrachés d'un coup de griffes et les bonnets D fuient les monstres en hurlant à tue-tête avant de se faire prendre dans le sable. Un plaisir doublé du fait du sexe de l'auteur de cette merveille, puisqu'il s'agit de l'une des trop rares réalisatrices de cinéma bis et d'exploitation ayant sévit dans les années 1970, à savoir Barbara Peeters qui signait ici son dernier titre pour la compagnie New World Pictures de Roger Corman avant d'orienter sa carrière vers la télévision. Un vrai film bis donc, dirigé par une femme, pour le compte du Pape de la série B, il y a de quoi en avoir le tournis tellement c'est beau... Sauf qu'en fin de production, Barbara Peeters n'a pas souhaité se plier aux idées de dernière minute d'un Corman soucieux de caviarder son film de femmes à poil et refusa de tourner les plans où les soutiens gorges se font arracher, les jugeant totalement gratuits. Du coup, le producteur a purement et simplement viré la réalisatrice avant de confier le job à James Sbardellati, futur réalisateur de "Deathstalker". Plus de trente ans après, on ne peut affirmer qu'une chose : Corman avait raison ! Et comme pour de nombreuses productions New World Pictures, le générique de "Humanoids from the Deep" est gratiné de personnalités en route vers la gloire hollywoodienne: James Horner à la musique ("Troy", et des films de James Cameron), Gale Anne Hurd comme assistante de production ("Armageddon", et des films de James Cameron), Mark Goldblatt au montage ("Armageddon", et des films de James Cameron) et Rob Bottin aux effets spéciaux ("The Thing", "Robocop", et aucun film de James Cameron)... Tout ça en plus d'une superbe affiche qui eut l'honneur de faire la couverture du premier volume des "Craignos Monsters" de Jean-Pierre Putters. Bref, tout le profil d'un classique.  Kerozene

Les MERCENAIRES DE L'ESPACE aka BATTLE BEYOND THE STARS - Jimmy T. Murakami, 1980, États Unis

Une planète habitée par un peuple pacifique est menacée par un gros vilain surpuissant qui explose les planètes pour se marrer (John Saxon). Un jeune intrépide part (dans son vaisseau qui ressemble à une paire de grosses couilles à réaction) recruter des mercenaires pour défendre son peuple contre l'envahisseur et ses sbires défigurés. Il trouvera ainsi une jeune fille douée en informatique dont il tombera amoureux, un homme lézard dernier représentant de son espèce, deux hommes radiateurs sans oreilles, un cow-boy cinéphile solitaire (George Peppard), un tueur recherché (Robert Vaughn qui fait la gueule), une amazone qui a trop vu BARBARELLA (Sybil Danning et ses tenues hyper sex), et des êtres tous blancs possédant une conscience collective. Ensemble ils lutteront contre le vilain, et ils gagneront.

La musique est je James Horner, Cameron a bossé dessus et le scénario est de John Sayles. La production est bien sur signée Roger Corman. Le tout est un peu con, mais on rigole comme des petits fous devant cette réadaptation des 7 SAMOURAIS pleine de kitscherie et de ringardise.

La meilleure scène est celle où John Saxon, empereur pourrissant, se fait greffer le bras de sa victime puis tente de se trancher la gorge. Seul remède: une réamputation. Kerozene

MUTANT aka FORBIDDEN WORLD - Alan Holsman, 1982, États Unis

Mike, meilleur tireur de la galaxie - accompagné de son fidèle robot féminin, reçoit un message de détresse et doit se rendre sur une planète sur laquelle une équipe de chercheurs développent une entité comestible afin de subvenir à la famine qui menace la galaxie.

Le truc comestible s'avère être vivant, et intelligent - tellement qu'il communique à l'aide d'un ordinateur. Mais en plus de tout ça, il est pas aimable, et à l'aide d'un enzyme présent dans sa salive, réduit les êtres humains en masse gélatineuse. Ces masses sont sa nourriture à lui.

Mike, le héros, propose dès le départ la solution radicale: il faut le butter.

Mais pour le scientifique en chef, il n'en est pas question, c'est son bébé.

Mike se tape les deux représentantes de la gente féminine.

Le doc en chef apprend son erreur en perdant la vie.

Le génie de service découvre la solution pour venir a bout du monstre: lui faire avaler les cellules cancéreuses qui lui rongent le foi.

Effet radical, le bestiau en vomira ses tripes.

Une bonne série B sortie tout droit des studios Corman. Peu de prétention, une inspiration qui lorgne du côté d'ALIEN, un brin de nudité, une pincée de gore, des décors corrects et des "one-liner" plutôt sympa, rendent ce film plaisant. Kerozene

PIRANHA - Joe Dante, 1978, États Unis, Roger Corman producteur exécutif 

Quelle grande surprise j'ai eu hier en tombant sur le début de Piranha à MoviePix. Encore plus grande fut la surprise de constater que j'avais assez de temps à perdre dans la vie pour me re-taper ce p'tit film. Et aujourd'hui, une troisième grande surprise lorsque je réalisai que le film était absent des visionnements du Club!

Donc je m'y lance...

Film de poissons s'il en est, Piranha est le summum de la crédibilité scientifique. Afin de ravager les rivières vietnamiennes durant la guerre, le gouvernement américain avait fait mettre au point un piranha génétiquement modifié qui pouvait supporter l'eau froide et les grandes rations de riz. Seulement, la guerre s'est terminée et plus moyen de se débarrasser de ces bestioles qui se multiplient par centaines de milliers de millions dans une piscine de 9' de profond - zone no-trespass d'une paisible région su'l bord de l'eau. Bien sûr, on ne fait pas attention aux pancartes, on trespass, on se fait manger et puis une bonne-femme déjoue toute la sécurité de l'armée américaine en abaissant une manette bien banale qui envoie tous ces mangeurs de chair dans la rivière du coin où nagent marmots et invités d'une cérémonie quelconque. Dans de joyeux élans de comédie érotique, Joe Dante demande à ses actrices de flasher les soldats afin de les distraire - même les poissons se mettent de la partie et essaient tant bien que mal de déshabiller les nageuses qu'ils consomment. Aussi, les labos cheapos de la zone militaire no-trespass contiennent les résultats d'expériences génétiques qui influenceront toute la carrière de Dante (effets plasticines dont on comprend mal l'utilité dans un film de poissons). Attention : personne ne croira le saoulon du coin (un homme héroïque qui n'hésitera pas à se faire gruger un peu pour sauver (? - c'est pas clair) son patelin).

Malheureusement pas de commentaires du commis pour celui-ci. Memorial BBQ

AMERICAN INTERNATIONAL PICTURES alias AIP * 1954 - 1970


ATTACK OF THE GIANT LEECHES - Bernard l Kowalski, 1959, États Unis

Un tenancier de bar armé de sa carabine prend sur le vif sa femme et son amant dans les bois. Il les forcent à se caler dans l'eau pour leur donner leur dernier coup de grâce, mais arrive une étrange créature avec des tentacules qui emporte sous l'eau nos deux victimes. Le barman sera accusé de meurtre. Deux volontaires qui fouillaient le lac pour récupérer les cadavres disparaîtront eux aussi. Un policier enquêtera sur les étranges disparitions pour découvrir qu'ils y a bel et bien deux étranges créatures armées de gros tentacules dans le fond du marais, qui habitent une grotte sous-marine et qui ont besoin de sang pour survivre. Une bonne petite heure qui passe vite produit par Roger Corman. Rana

BATTLE BEYOND THE SUN aka Nebo zovyot - Mikhail Karzhukov & Francis Ford Coppola avec Ivan Pereverzev, Aleksandr Shvorin, Linda Barrett, 1962, Russie/États Unis, 65m

Suite à une guerre nucléaire, la pollution et la destruction qu'elle a causée, les terriens sont regroupés en seulement deux grandes nations, celle de l'hémisphère Nord, North Hemis, et celle de l'hémisphère Sud, South Hemis. Chacun a son programme spatial, dans le but d'aller coloniser Mars. Sur la station orbitale des gens du Sud, on reçoit un appel de détresse d'une fusée nordiste. Les scientifiques se parlant un peu trop, les nordistes apprennent que leurs rivaux sont pratiquement prêts à lancer leur première fusée vers Mars. Pas vraiment prêt, ils décident tout de même de se lancer vers la planète rouge. Malheureusement ils sont attirés vers le Soleil et les Sudistes décident de tenter de les sauver. Tout ce beau monde se retrouve coincé en manque de carburant sur un satellite de Mars ou il y a de drôles de bestioles !

On le sait, Roger Corman aimait bien acheter des films de l'Europe de l'est, ici un film russe dont il a apprécié les effets spéciaux. Il confie à un jeune Francis Ford Coppola la tâche de resserrer le montage et d'y inclure de nouvelles séquences de monstres, tout en produisant le doublage américain. Effectivement les séquences russes sont très bien faites et les effets remarquables pour l'époque. Les monstres aux allures freudiennes sont ahurissants, mais leur ajout ne détonne pas trop, malgré que les réactions de l'acteur russe ne soient évidemment pas trop crédible, on recule deux, trois fois la pellicule pour accentuer son jeu de sourcils ! Si on aimerait bien avoir accès à l'original, il faut bien admettre encore une fois que les Russes n'avaient pas grand chose à envier aux américains en matière de maquettes et d'effets optiques. Évidemment ca sent la propagande et j'ai été un peu étonné de la fin optimiste. C'était dans l'air du temps. On voit beaucoup de films de l'époque imaginer les peuples rivaux collaborer dans l'adversité ou contre un monstre plus fort qu'une armée individuelle. Une curiosité forte agréable. Mario Giguère

The DUNWICH HORROR - Daniel Haller avec Dean Stockwell et Sandra Dee, 1970, États Unis d'après The Dreams of the Witch House

Wilbur Whateley ( Dean Stockwell ) s'intéresse au Necronomicon, ce qui lui permet de se faire reconduire à la maison par la jolie bibliothécaire ( Sandra Dee ). Par des trucs vraiment pas catholiques il la garde toute la fin de semaine, ce qui pique la curiosité de son amie et du propriétaire du livre ancien. L'arrière-grand-père de Wilbur a été brûlé par les villageois de Dunwich et ce petit-fils veut reprendre son boulot : ouvrir la porte aux grands anciens, des divinités d'une autre dimension. Il avait donc besoin d'une vierge...

Le choix de Sandra Dee, parodiée dans Grease ( Brillantine ), surprend au début, puis on se rend compte que l'image de pureté virginale de l'actrice convient au propos du scénario. La tension monte graduellement, mais on ne peut s'empêcher de noter le manque de subtilité des éclairages. La maison des Whateley, fascinante, aurait parut plus troublante sous les caméras d'un Dario Argento, pour nommer un réalisateur qui a trempé dans des scénarios sur la sorcellerie. Si la première apparition du frérot mi-humain, mi-démon de Wilbur est efficace, dans un montage rapide aux images solarisées, le réalisateur ne peut résister à nous montrer l'innommable en conclusion, mais la minceur du budget fait encore défaut et le tout tombe pas mal à plat. On se rappelle la recette également dans THE HAUNTED PALACE, autre adaptation d'un texte de Lovecraft mal servie par un monstre à deux sous révélé à la dernière minute. Mario Giguère

TARGETS - Peter Bogdanovich, 1968, États Unis

Au milieu des années 60, Roger Corman propose une étrange association à Peter Bogdanovitch :

- Ça te dit de faire un film, Pete ? 

- Bien sûr. 

- Ta mission est simple : j'ai déjà 20 minutes de film gothique tournées avec Karloff. Il me doit 2 jours de tournage, soit environ 20 minutes. Tu tournes 20 minutes avec Karloff, 40 minutes avec d'autres acteurs, et tu ajoutes mes 20 minutes déjà tournées. On se retrouve avec un film de 80 minutes. Ça te va ?

Ce qui aurait semblé une mission impossible pour beaucoup de cinéastes est un défi pour Bodganovitch. Le problème est cependant là : comment intégrer 20 minutes de film d'épouvante gothique (château, malédiction, etc.) à son projet de film ? Peut-être en faisant un film sur un acteur de films d'épouvante ?

L'idée germe, et voilà la base de Targets : Karloff y incarne Byron Orlok, vieil acteur d'horreur qui décide de prendre sa retraite, un peu amer et désabusé de son parcours. Bien sûr, les cinéastes de série B qui orbitent autour de lui refusent de le laisser partir, et on tente de convaincre Orlok de participer à une soirée " drive-in " pour faire la promo de son dernier film...

Par ailleurs, un récit parallèle suit un sniper (tireur fou) en devenir, jeune homme perturbé fasciné par les armes. Passera-t-il à l'action et, si oui, comment les choses se dérouleront-elles ?

Le résultat est un thriller habile, particulièrement si l'on tient compte des restrictions budgétaires et du " format " que devait respecter Bogdanovitch. Grâce à un montage astucieux, on n'a jamais l'impression que l'un des récits prend le pas sur le second, et l'emboîtement inévitable des deux intrigues s'agence bien.

Le petit reproche que je ferais (bien personnel) concerne les 15-20 dernières minutes, que je trouve parfois répétitives. Oui, le spectateur a compris, et, non, pas besoin d'insister pour être certain qu'il comprend (je ne dévoilerai pas de quoi il est question, pour ne pas " vendre de punch "). Sinon, beau travail pour Bogdanovitch et départ de qualité pour Boris Karloff, dont c'était l'une des dernières apparitions à l'écran. Howard Vernon

VOYAGE TO THE PLANET OF PREHISTORIC WOMEN - Peter Bogdanovich 1968, États Unis

Une expédition de sauvetage sur Venus ou deux cosmonautes ne répondent plus. Aux prises avec des monstres préhistoriques, avec l'aide d'un fabuleux robot, nos cosmonautes, à leur insu, sont surveillés par les habitantes de Venus. De jolies femmes en pantalons moulants basse taille et au haut bricolé avec des coquillages, elles communiquent par télépathie et vouent un culte au dieu ptérodactyle. Entre le sauvetage, la recherche de spécimens à ramener sur terre et les "chants de sirène" qui envahissent leurs casques, nos sérieux hommes de l'espace font face à l'inconnu.

Roger Corman a acheté à l'époque un film russe intitulé Planeta Bur aka Planet of Storms, réalisé par Pavel Klushantsev en 1962. Plusieurs films seront tirés de cette pellicule, le plus connu étant VOYAGE TO THE PREHISTORIC PLANET mettant en vedette Basil Rathbone. Ici on utilise encore plus de plans de l'original, ajoutant cette bande de jolies vénusiennes, mettant en vedette la plantureuse Mamie Van Doren, aux coquillages bien remplis. Personne ne sera nominé aux oscars, mais le robot russe est parmi les plus belles créations du genre. Les monstres sentent bon le caoutchouc et l'ensemble tient plus de la curiosité que du divertissement assuré. On a quand même droit à un dénouement surprenant, autant dans le passage russe que pour les nymphettes d'outre espace. Mario Giguère

VOYAGE TO THE PREHISTORIC PLANET aka PREHISTORIC PLANET - Curtis Harrington, 1965, États Unis 

Ce bidouillage produit par Corman reprenant une bonne partie du film de SF soviétique PLANETA BUR de Pavel Klushantsev (1962), narre les péripéties de trois cosmonautes à la recherche de deux des leur perdus à la surface de Vénus. Les deux naufragés en question sont accompagnés d'un robot à tout faire au look de boîte de conserve des plus déconcertant capable de déraciner des arbres. L'équipe de sauvetage est quant à elle en contacte quasi-permanent avec une base spatiale dirigée par un Basil Rathbone cabotin ainsi qu'avec Faith Domergue en orbite autour de Vénus et qui ne cesse de s'inquiéter pour ces valeureux aventuriers, à tel point qu'elle hésite même venir leur donner un coup de main. Bien lui en prend de ne pas se poser à la surface de cette planète hostile, car entre les attaques de ptérodactyles et les assauts d'hallucinants petits tyrannosaures crapahuteurs se déplaçant à cloche-pied, il ne fait aucun doute que cette planète n'est pas faite pour les femmes. Aventures, péripéties, dangers, plongée sous-marine, nos héros ont bien fort à faire, d'autant plus qu'un doute ne cesse de les hanter : Vénus est-elle habitée par une espèce intelligente ? Et d'où proviennent ces mystérieux chants de sirènes qui ne cessent de les obséder ?

Si ce remontage opportuniste et financièrement fort rentable a le mérite de faire passer un bon moment, il a surtout l'avantage de donner l'envie de découvrir ce fameux PLANETA BUR dans son intégralité. Cette pelloche communiste semble riche en rebondissements abracadabrants, et est remplie de créatures qui fleurent bon le latex. Les acteurs d'origine semblent quant à eux prendre tout ceci très au sérieux comme en témoigne cette scène ahurissante pendant laquelle le valeureux robot périt dans des flots de lave provoquant un sincère chagrin chez l'aîné des cosmonautes... Le casting américain ne sert qu'à corriger les éventuelles remarques pro-communistes qui pourraient éventuellement surgir du métrage et provoque bien des rires à chacune de ses interventions qui s'avèrent parfaitement inutiles et souvent ridicules pour cause d'absurdité. Trois ans plus tard, le même PLANETA BUR sera à nouveau recycler pour les besoins de VOYAGE TO THE PLANET OF PREHISTORIC WOMEN. Kerozene

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