Damiano Damiani a touché à bien des genres et tourné pour les américains avec des réussites remarquées, spécialement dans le film policier..

AMITYVILLE 2: THE POSSESSION aka Amityville 2: le possédé - Damiano Damiani avec James Olson, Burt Young, Rutanya Alda, Jack Magner, Andrew Prine, Diane Franklin, Moses Gunn, Ted Ross, Erika Katz, Brent Katz, 1982, États unis, 104m

Plus d'un an avant que la famille Lutz n'emménage dans la maison d'Amityville et en subisse les influences maléfiques, une famille italo-américaine, les Montelli, ont habité cette maison. Le fils aîné, Sonny, commence à être possédé par un esprit diabolique dès le premier jour où lui et sa famille ont habité la demeure. Il se met alors à changer de comportement, ce qui inquiète sa mère croyante qui se confie à un prêtre, le père Adamsky. Il faut dire que le père de famille, Anthony Montelli, est un homme violent qui n'hésite pas à battre sa femme et ses enfants au moindre manquement à la discipline. C'est donc lui qui est considéré au départ comme le responsable des changements dans la personnalité de Sonny, mais le père Adamsky constate que le jeune homme est possiblement possédé par le démon. Sonny en vient même à avoir des relations incestueuses avec l'une de ses soeurs adolescentes. Une nuit, poussé par les forces du mal qui l'habitent, il prend un fusil de chasse et tue tous les membres de sa famille. Sonny est arrêté par la police, mais le père Adamsky tente de convaincre les autorités que le jeune homme n'est pas responsable de ses actes et il tente alors de pratiquer un exorcisme pour libérer Sonny de la possession maléfique qui est en lui.

Personne n'aurait cru possible qu'il y ait une suite à "THE AMITYVILLE HORROR". Le producteur Dino de Laurentis, toujours à la recherche de succès cinématographiques (comme il a fait pour "SILENCE OF THE LAMBS" en produisant la suite "HANNIBAL") afin d'en profiter financièrement, a cependant acquis les droits du film dans le but de produire à l'écran l'histoire vraie de la famille DeFeo, où le fils aîné a tué ses parents et ses frères et soeurs une nuit dans la fameuse maison supposément hanté. Le scénario a cependant déformé la base du sujet avec un peu trop de variations fictives pour que l'on puisse y croire, mais il faut dire que les auteurs n'avaient pas toutes les autorisations nécessaires pour rester fidèles à ce qui s'est vraiment passé. Si bien que l'on se retrouve devant un film d'horreur archi-prévisible où les personnages sont tous trop typés pour être convaincants. Le réalisateur Damiano Damiani, plus à l'aise dans le drame policier judiciaire, ne semble d'ailleurs pas trop croire au récit, qu'il illustre de manière incertaine, malgré une mise en scène assez fluide et appliquée, avec par moments une injection de gore bienvenue. L'ensemble souffre toutefois de trop d'emprunts à des films fantastiques connus, particulièrement "THE EXORCIST" lors de la scène finale. Lalo Schifrin est heureusement de retour à la trame sonore. Quant aux acteurs, ils ont du mal à être crédibles étant donné la conception artificielle de leurs personnages. Bref, une suite honnêtement moyenne malgré quelques bonnes séquences sanglantes. Mathieu Lemée

L'AVVERTIMENTO aka The Warning - Damiano Damiani avec Martin Balsam, Giuliano Gemma, John Karlsen, Guido Leontini, Marcello Mando, Mike Morris, Franco Odoardi, Laura Trotter, Giancarlo Zanetti. 1980, Italie, 101min uncut

Un attentat meurtrier est commis contre le chef de la police, et ce, à l'intérieur même de la centrale. Son proche ami, l'inspecteur Antonio Baresi (Guiliano Gemma - Tenebrae, A Pistol for Ringo) se voit alors chargé de découvrir qui est derrière l'affaire avec l'aide d'un certain Martonara (Martin Balsam - Counselor at crime), un officier de police hautement placé. Cependant, lorsque ce dernier semble mentir à propos d'un fichier important, Baresi craint qu'il ne fasse lui aussi partie de cette dangereuse alliance qui rallie les banques de l'Europe, la mafia, et la police.

Dans le même ton que son Confessions of a police captain (mettant toujours en vedette Martin Balsam), ce film ultra-sérieux de Damiano Damiani s'avère engageant malgré un rythme lent; les amateurs de poursuites à la Stelvio Massi ou de descentes dignes d'Umberto Lenzi seront déçus. Néanmoins, le film se prend au sérieux et un air de paranoïa peut être ressentit à travers tout le récit. Les performances sont acceptables (Balsam est toujours aussi convaincant), à l'exception de Laura Trotter (City of the living dead), qui est particulièrement mauvaise... Le compositeur Riz Ortolani (Don't torture a duckling) fait ici preuve de beaucoup de restreinte, son thème accrocheur ne revenant qu'à quelques moments transitoires. La fin de ce film en fera assurément jaser plus qu'un - à prendre ou à laisser. Humanoid Zombie

UN GENIE, DEUX ASSOCIES, UNE CLOCHE aka A GENIUS, TWO PARTNERS, AND A DUPE aka A GENIUS, TWO FRIENDS AND AN IDIOT aka NOBODY'S THE GREATEST aka THE GENIUS; TRINITY IS BACK AGAIN aka UN GENIO, DUE COMPARI, UN POLLO- Damiano Damiani avec Terence Hill, Robert Charlebois, Miou-Miou, Patrick McGoohan, Klaus Kinski, 1975, Italie/France/allemagne de l'Ouest

Terence Hill incarne Joe Merci, un pistolero solitaire pouilleux mais charmeur, du genre pas très éloigné de son personnage de Personne (ce film fut d'ailleurs vendu comme une suite de MON NOM EST PERSONNE dans certains pays, comme l'Allemagne). Après un duel absurde avec Doc Foster (Klaus Kinski, qui fini castré en atterrissant sur la selle de son cheval), Joe met sur pied un plan pour dérober 300'000 dollars à l'armée américaine. Son plan, il l'élabore avec l'aide plus ou moins volontaire du métis Locomotive (Robert Charlebois), de la gironde Lucy (Miou-Miou) et d'un truand appelé Jerry Roll. Mais le capitaine Cabot (Patrick McGoohan) ne compte pas laisser ce petit futé de Joe Merci s'en tirer sans difficulté... Bien au contraire...

Alors que le western est sur le point de finaliser son déclin, Sergio Leone s'allie une dernière fois au genre en produisant ce qu'il espérait voir devenir un grand film dramatico-social parsemé de romance et d'humour. Muni d'un casting international, bénéficiant d'un tournage à Monument Valley, le film se voulait au départ bien plus ambitieux qu'il ne l'est. Et s'il traite effectivement de plusieurs sujets sensibles tels que la colonisation des indiens d'Amérique, de la tolérance des métisse ou même des conséquences d'un capitalisme montant, il s'avère au final aussi léger que la plupart des westerns comiques de l'époque, c'est-à-dire rarement fin, bon enfant et finalement sans prétention aucune. Selon Jean-François Giré dans son livre « Il était une fois le western européen », on apprend que Leone aurait admis avoir fait une erreur en confiant le film à Damiano Damiani qui n'était finalement pas fait pour aborder un film sur le ton de la comédie. Il suffit en effet de revoir EL CHUNCHO pour s'en rendre compte. Cependant, UN GÉNIE,...  n'est pas non plus une purge et se regarde plaisamment. On se laisse bercer par la musique de Moriconne, on sourit à l'humour enfantin et on profite de la dernière scène de western jamais tournée par Sergio Leone, puisqu'il mit en boîte lui-même la séquence d'ouverture. Rien que pour ça... .Kerozene

HOW TO KILL A JUDGE aka PERCHÉ SI UCCIDE UN MAGISTRATO - Damiano Damiani avec: Franco Nero, Marco Guglielmi, Françoise Fabian,1974, Italie

Lorsque le nouveau film de Giacomo Solaris (Franco Nero) sort sur les écrans italiens, il fait l'effet d'un pavé dans la mare. Son sujet : la corruption d'un magistrat et l'exécution de celui-ci. En résumé, un gros coup de gueule contre l'administration nationale que l'on soupçonne à raison de fricotter avec la mafia. Le film cartonne au box office tandis que la magistrature s'active pour trouver un moyen de minimiser les dégâts. Mais le juge visé au travers du film ne souhaite pas alimenter le scandale. Il invite alors Giacomo Solaris afin de discuter de visu. Le réalisateur fait ainsi connaissance avec la femme de Monsieur ainsi que de sa fille. Et si d'un point de vue politique, son film lui paraît tout à fait justifié, il se rend compte que l'impact sur l'entourage de sa cible est loin d'être superficiel et est forcément malheureux. Surtout lorsque l'opinion publique s'emballe et que le magistrat se fait exécuter pour de vrai...

Damiano Damiani pose ici calmement la question de comment faire pour nettoyer l'administration nationale en minimisant les dommages collatéraux, mais accuse aussi les réactions un peu trop enthousiastes du peuple qui peuvent se montrer aussi maladroites que fatales. La question sur le pouvoir du cinéma de propagande politique est également soulevée mais il me semble que l'auteur souhaite donner la responsabilité des conséquences du film aux spectateurs de celui-ci plutôt qu'à son auteur, même si celui-ci se mord les doigts d'avoir pousser la métaphore aussi loin après que le juge se soit fait assassiner. Le point de départ est intéressant, en revanche le film lui-même l'est beaucoup moins. Le réalisateur d'EL CHUNCHO aligne les scènes de bavardages dans lesquels de multiples patronymes s'entrechoquent dans une certaine confusion, pour ne pas dire une confusion certaine, et le rythme pépère adopté conduit tranquillement le spectateur sur la route de l'ennui poli. Kerozene

Un JUGE EN DANGER aka IO HO PAURA aka I AM AFRAID - Damiano Damiani avec Gian Maria Volonté, Erland Josephson, Mario Adorf, Bruno Corrazzari, Angelica Ippolito, Raffaelle Di Mario, 1977, Italie, 1h54

"Flic de base", Ludovico Graziano (Gian Maria Volonté) se voit affecté à la protection du juge Cancedda (Erland Josephson). Les deux hommes découvrent un complot de la Mafia, mettant ainsi le doigt dans un engrenage dangereux...

Cinéaste expérimenté, réputé pour ses westerns spaghetti (EL CHUNCHO ou UN GÉNIE, DEUX ASSOCIÉS, UNE CLOCHE) ou son sequel d'AMITYVILLE, Damiano Damiani a aussi souvent donné dans le genre policier. Film relativement méconnu, ce JUGE EN DANGER constitue une très belle surprise. Tout en respectant les règles du genre, Damiani introduit un commentaire socio-politique d'une grande subtilité (ça nous change agréablement du TÉMOIN A ABATTRE de Castellari, et ses tirades sentencieuses). Alors que dans la majorité des "poliziotteschi", la police et les malfaiteurs se rendent coup pour coup dans l'indifférence totale du monde qui les entoure, ce n'est pas le cas chez Damiani. La séquence d'ouverture est à cet égard révélatrice : au cours d'une fusillade, Graziano et son équipier ne peuvent répliquer au feu des malfrats, de peur de blesser un couple de passants. Je ne dévoilerai rien des péripéties du reste de l'intrigue pour ne point gâcher votre éventuel plaisir, mais le suspense est au rendez-vous. Dans une Rome méconnaissable et anonyme, la tension monte au fur et à mesure que l'angoisse gagne Graziano (Gian Maria Volonté, remarquable d'intériorité) et que la nasse mafieuse se referme sur lui. On atteint le comble du "climax" dans la dernière demi-heure, haletante au possible. Outre Volonté, le reste du casting se montre très convaincant, avec notamment Mario Adorf (savoureux en juge libidineux) ou Erland Josephson, acteur bergmanien mais jamais barbant ici. Il est également réjouissant de voir apparaître furtivement Laura Trotter (L'AVION DE L'APOCALYPSE de Lenzi) ou Paolo Malco, qui sera plus tard complice des meilleurs Fulci.

Tirant le meilleur profit d'une partition lancinante et minimaliste de Riz Ortolani, Damiani mêle donc impeccablement paranoïa politique, suspense et souci de réalisme. Et le spectateur se régale face à l'un des meilleurs "mafia polars" de ces années de plomb. A voir absolument ! Stelvio

The SICILIAN CONNECTION aka The Pizza Connection aka The NY connection - Damiano Damiani, 1985

Quelle trouvaille!! J’en suis bouche bée!!  l'histoire de deux frères complètement différents. 

Mario : un tueur a gage de NY en visite familiale a Palerme.

Michele: un easy going family guy. 

Mario tentera par tout les moyens de convertir son frère espérant son appui pour un retour prochain a NY.

119 minutes bien remplies. J’adore!! Mouni

SEULE CONTRE LA MAFIA aka LA MOGLIE PIU BELLA aka THE MOST BEAUTIFUL WIFE - Damiano Damiani avec Ornella Muti, Alessio Orano, Tano Cimarosa, Salvator Baccaro, 1970, Italie, 1h48

Est-ce que Damiano Damiani n'essaierait pas de nous faire pleurnicher avec cette histoire d'amour impossible sur fond de mafia rurale sicilienne ?

Les rouages des clans qui tiennent les villages sont dénoncés : l'asservissement de la population par l'argent et la terreur, sous couvert de tradition et de pseudo-morale, la quasi-impuissance de la police lucide, et même la complicité de l'Eglise.
Dans ce contexte, nous mouillons les mouchoirs à mesure que se fréquentent un Roméo de la mafia omnipotente et une Juliette qu'il s'est choisi chez les culs-terreux. Eh oui, car le scénario prévoit qu'Ornella Muti ne joue pas le jeu : elle refuse de fermer les yeux sur les pratiques criminelles, d'obéir à l'autorité masculine ou à l'argent, de patienter jusqu'à devenir veuve. Tandis que son Roméo tout frais reste prisonnier des codes des familles qui l'ont élevé, il doit s'imposer. C'est donc déchirant comme du Shakespeare.

Pour les spectateurs les plus endurcis est inséré un passage montrant les paysans, qui habitent dans des préfabriqués en carton à une pièce commune, manger de la soupe à l'herbe dans leur assiette. C'est donc également miséreux comme du Zola.

On peut avoir moins de sentiment, on a toujours un estomac. Et des oreilles : les rares coups de coups de pétard ne viennent pas détendre l'atmosphère comme dans une kermesse, nan nan au contraire ils rappellent juste que des assassinats surprennent avec régularité. Sans oublier Ennio Morricone qui envoie les violons longs des sanglots de l'automne qui blessent les coeurs (avec - hé hé - les quelques discrets dzoing dzoing qui font sa patte).
Pour son tout premier film, Ornella Muti est gâtée : elle est violée à 15 ans, et on lui trouve comme papa Salvatore Baccaro, un illustre monstre du cinéma bis.

A la fin j'ai pu vérifier que le mot mafia n'est jamais prononcé: il s'agissait donc aussi d'un film à thèse.
Et sinon pendant tout le film il fait un grand beau soleil. Bigeyes

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