Guillermo Del Toro est un réalisateur à surveiller depuis qu'il a débuté au cinéma et ca continue ! Par ordre chronologique.

Mise à jour le 14 janvier 2014

CRONOS aka Chronos - Guillermo Del Toro avec Federico Luppi, Ron Perlman, Claudio Brook, Margarita Isabel, Tamara Shanath, Daniel Gimenez Cacho, Mario Ivan Martinez, Juan Carlos Colombo, 1992, Mexique, 94m

En 1535, un alchimiste brillant est parvenue à concevoir un mécanisme extraordinaire qu'il a réussi à encapsuler à l'intérieur d'une coquille en or sculptée ressemblant à un oeuf. Plus de 400 ans plus tard en 1997, un antiquaire mexicain, Jesus Gris, découvre cet oeuf curieux logé dans une statue moyenâgeuse qu'il nettoyait. Le mécanisme s'anime alors soudainement et prend la forme d'un scarabée qui lui mord la main. Aussitôt après, Jesus Gris se met à rajeunir à vue d'oeil et se découvre un appétit croissant pour le sang humain. Le constat est clair: il est devenu un vampire. En cherchant à comprendre ce qui lui arrive, l'antiquaire rencontre un homme d'affaires américain d'origine mexicaine très âgé, Dieter De la Guardia, qui lui raconte l'histoire de cet oeuf et de l'alchimiste qui l'a conçu. Mais Jesus Gris apprend aussi que le vieil industriel veut également cette coquille dorée afin lui aussi de rajeunir pour devenir immortel. Avec l'aide de sa petite-fille Aurora, Jesus Gris cherche alors à contrer les plans de ce mégalomane capitaliste. Dieter a cependant un neveu, Angel, qui veut aussi profiter de l'invention de l'alchimiste pour son propre profit et enfin pouvoir se débarrasser de son oncle.

Avant d'avoir une carrière assez réussie aux États-Unis avec des films comme "MIMIC", "BLADE 2" et "HELLBOY", le réalisateur mexicain Guillermo Del Toro avait tourné ce film fantastique dans son pays natal et il a connu un tel succès que les fans de cinéma de genre avait hâte de voir les oeuvres suivantes de ce metteur en scène, oeuvres qui ont d'ailleurs confirmées son talent. Pour en revenir au film "CRONOS" proprement dit, la thématique du vampirisme, qui constitue la trame principale de l'intrigue, est renouvelée grâce à un rafraîchissement des codes qui l'ont établi en plus d'y inclure un propos inattendu à connotation politique et anti-capitaliste. Ce film d'horreur ne manque donc pas d'originalité et la création d'atmosphère très lovecraftienne (jusqu'à la présence dans le film d'un monstre bio-mécanique qui rappelle assez bien les créatures de cauchemar de cet auteur) rend intelligemment les contrastes et les conflits opposant la famille mexicaine du héros à celle américaine de ses adversaires (sans oublier les rapports troubles du héros devenu vampire avec sa propre famille alors qu'il doit se retenir pour ne pas leur sucer le sang). Avec l'aide d'éclairages élaborés, d'un soin évident au niveau de la conception des trucages et des effets sanglants et d'une très bonne trame sonore, Del Toro parvient à imposer ses propres idées de mise en scène pour nous offrir un film d'horreur digne de mention. Certes, il arrive que le récit s'essouffle parfois et ne rend pas toujours justice au sujet, signe d'un manque d'expérience du réalisateur, mais on demeure constamment captivé et intrigué tout au long de la projection. Bref, un magnifique début plus que prometteur pour Del Toro que je vous conseille de voir sans plus attendre. Des personnages intéressants sont bien campés par des acteurs bien dirigés. Mathieu Lemée

MIMIC - Guillermo del Toro avec Mira Sorvino, Jeremy Northam, Charles S. Dutton, 1997, États Unis, d'après une nouvelle de Donald A. Wolheim

Il y a déjà quelques années l'entomologiste Susan Tyler a stoppé une épidémie qui tuaient les enfants de New York. Les germes étaient transportés par les cafards et Susan a créé un ennemi génétiquement modifié, un super cafard, sensé mourir au bout de quelques mois. Erreur, évidemment. Lorsque des gamins apportent à la dame un insecte spécial pour sa collection, elle doit se rendre à l'évidence, sa création a survécue et elle prend des dimensions étonnantes...

Il y a un nombre restreint de motifs fantastiques utilisés en science fiction, le savant qui fait des expériences contre nature et qui en paie le prix est un des plus connus, que l'on pense à Frankenstein. C'est donc une mouture à la sauce génétique, un scénario classique mais fort bien élaboré. Dans un premier temps enfants et femmes ne sont pas épargnés, comme au cinéma de Hong Kong ou du Japon. Comme dans les standards un peu oubliés du genre, on apprend à connaître tranquillement la nature et les caractéristiques de l'ennemi, qui a par surcroît développé des talents d'imitateurs, comme nous signale le titre. Une réalisation impeccable et inventive nous distille le suspense et monte la tension du début jusqu'à la fin... un peu trop hollywoodienne. Guillermo Del Toro s'étant plaint du studio Miramax, on peut imaginer que ce final bonbon n'est pas tout à fait de son cru. Mais les créatures sont fascinantes et on a bien du plaisir à voir un film de monstre bien ficelé. Chaudement recommandé. Mario Giguère

L'ÉCHINE DU DIABLE aka EL ESPINAZO DEL DIABLO aka THE DEVIL'S BACKBONE - Guillermo del Toro, 2001, Espagne

En pleine guerre civile espagnole, le jeune Carlos se voit confié à un orphelinat dirigé par une soixantenaire unijambiste et un monsieur barbu féru d'amour pour elle, mais n'osant faire le pas car victime d'impuissance. Pendant ce temps, la patronne se fait tringler par Jacinto, le manutentionnaire au physique de playboy en réalité intéressé par les quelques lingots d'or que Madame conserve afin de venir en aide à la résistance. Orphelin également, Jacinto assume mal le fait de n'avoir su s'éloigner de cet établissement isolé. C'est donc dans ce cadre que Carlos, enfant clairement lucide et peu enclin à se faire marcher dessus, va faire la rencontre de "celui qui murmure", à savoir le fantôme d'un pensionnaire disparu le soir où une bombe tomba au centre de la cour de l'orphelinat sans exploser. Sorte de totem macabre cet engin de destruction semble posséder une personnalité propre...

Guillermo del Toro délaisse les studios hollywoodien le temps d'un film fantastique plus intimiste et signe par la même occasion l'un des films de fantôme les plus remarquables de ces vingt dernières années. Non pas que le film soit effrayant, la peur engendrée par le spectre est ici quasiment anecdotique, mais del Toro rend son récit passionnant d'humanité et de cruauté en préférant mettre en avant la personnalité de ses personnages et leurs relations. Visuellement somptueux grâce à la photo de Guillermo Navarro (JACKIE BROWN, et désormais présent sur tous les films de del Toro) qui sublime chaque plan au point d'en faire systématiquement du caviar pour les yeux, et réalisé de manière très posée - à l'opposé de l'actioner bourrin BLADE II - et subtile, L'ÉCHINE DU DIABLE privilégie l'histoire et la dramaturgie plutôt que l'épouvante pure et dure et traite intelligemment, à travers son histoire d'orphelin fantôme et d'amours contrariés, des grands maux de l'humanité comme la vanité, la trahison, la couardise et la guerre. Et c'est magnifique.

Le site: www.elespinazodeldiablo.com  Kerozene

BLADE II aka Blade 2: Bloodlust aka Blade 2: Bloodhunt - Guillermo Del Toro, 2002, États Unis, 117m

Blade est de retour avec ses lunettes de soleil, son manteau de cuir et ses steppettes rapides. Cette fois, il devra s'allier avec les vampires qu'il haït tant pour combattre une nouvelle forme de créature beaucoup plus dangereuse se propageant à une vitesse éclair parmi la population: les " Reapers ". Ces créatures surhumaines réservent plusieurs surprises à Blade et sa nouvelle équipe (le Bloodpack) qui, disons, ne s'entendent pas sur tous les points...

J'ai détesté le premier BLADE, ça y'a pas de doute. Une effroyable chose remplies d'imbécillités et d'ennui conçue derrière un écran d'ordinateur et ce, malgré un départ plutôt amusant (avec Traci Lords en plus ! ). Bien sûr, le tout avait dégringolé en moins de deux alors pour ce qui est de cette suite, je ne m'attendais pas à grand chose mais le seul nom de Del Toro piqua ma curiosité.

Je suis bien content d'avoir osé jeter un oeil sur ce film, c'est du pur divertissement accompli avec plaisir et talent ! Bon, d'accord, il y a un peu trop de CGI à mon goût également, mais si on laisse de côté tout ça, on s'y amuse beaucoup. On sombre dans un monde malsain bien plus intéressant que le premier et l'ajout de ces nouvelles créatures pratiquement indestructibles et forts nombreuses améliore d'autant plus la sauce. Del Toro s'en est donné à coeur joie et ça se sent, ça en devient même contagieux. Plusieurs ont probablement détesté ou n'ont donné aucune chance au film, mais de mon côté, je me suis bien marré et je ne bouderai pas mon plaisir. On a même droit à une apparition de Donnie Yen et Santiago Segura qui, lui, se retrouve dans une scène particulièrement mémorable. Faites confiance à Del Toro et jugez par vous-même ! Un divertissement de taille. Bad Feeble

HELLBOY - Guillermo Del Toro, 2004, États Unis 

1944, le monde est toujours en guerre, les effigies nazis sont encore présentes partout et quelques douteux personnages nazis vont tenter une incantation pour ainsi détruire le monde une bonne fois pour toute. La séance sera interrompue par l'armée américaine, mais pas sans avoir eu le temps de ramener quelque chose du côté sombre: un bébé démon. Il sera adopté par un bon professeur et sera donc amené dans le droit chemin pour faire partie d'une organisation secrète enquêtant sur des cas bizarres et monstrueux où ses talents particuliers seront indubitablement requis. Le petit démon grandit et nous voilà alors Hellboy: balèze, imposant, tout rouge et tête dure. On nous transporte alors sur une affaire où monstres, magie et robots sont de la partie. Go Hellboy !

Eh voilà, Del Toro qui nous sort enfin son film tant parlé et dont l'adaptation a longtemps été annulée ou reportée, mais en vaut-il la peine ? Ron Perlman est en tête d'affiche et après un visionnement savoureux, on peut facilement dire que le pari est gagné. Del Toro en met plein la vue, ne faisant aucunement honte à la bédé originale tout en gardant Mike Mignola, créateur de Hellboy, impliqué dans chaque geste et mouvement. Après avoir vu les premières images il y a quelques mois, le film dégageait un certain doute avec ce Hellboy qui paraissait parfois ridicule et cette bande-annonce qui beurrait épais de façon pompeuse comme c'est maintenant coutume. On pouvait donc se questionner facilement sur le résultat final, mais Del Toro en sort encore vainqueur (BLADE II apparaissait comme un autre projet douteux) et on s'amuse de bout en bout avec Perlman parfaitement dans le ton, créant un personnage attachant et fort imposant. La mise en scène de Del Toro frappe fort particulièrement lors des séquences d'action comme le mexicain sait très bien le faire et on ne s'ennui donc pas une seconde en parcourant ce monde baigné de fantastique derrière chaque ombrage. Plusieurs surprises sous le chapeau, je m'abstiendrai de trop en révéler, mais si vous êtes curieux, allez-y et vous serez servi par un autre divertissement de taille gracieuseté de ce cher Guillermo. À quand la suite ?! Bad Feeble

Ca fait des années que je suis la carrière de Mike Mignola, depuis ROCKET RACOON, mini-série animalière science fictionelle qui démontrait déjà un style particulier. On pouvait douter de cette adaptation, mais tout en adaptant radicalement certains aspects, Del Toro, également friand d'univers Lovecraftien, nous offre un film réussi, mélangeant fantastique, action, humour et romance avec délice. Les créatures sont superbes et la photographie est particulièrement soignée.

Les extras sont légion sur le dvd édition 2 disques. Le making of est plus long que le film ! Quelques surprise se trouvent facilement dans les menus. On note au passage les vieux dessins animés de la columbia, Mr Mc Boing Boing, un garcon qui ne parle qu'en sons, un délire ! Mario Giguère

Le LABYRINTHE DE PAN aka Pan's Labyrinth aka El laberinto del Fauno - Guillermo Del Toro avec Ivana Baquero, Sergi Lopez, Ariadna Gil, Maribel Verdu, Doug Jones, Alex Angulo, Manolo Solo, César Vea, 2006, Mexique/Espagne, 119m

En 1944, alors que l'Espagne est sous la dictature franquiste, une jeune veuve, Carmen, s'en va à la campagne rejoindre son nouvel époux, le capitaine Vidal, qui a la responsabilité de traquer et d'éliminer tous les rebelles républicains réfugiés dans la forêt environnante. Carmen attend un enfant de son nouveau mari, mais sa fille de douze ans, Ofelia, n'aime pas la nouvelle vie que lui a proposé sa mère. Elle préfère se réfugier dans les contes de fées qu'elle dévore et apprend par coeur. Alors qu'elle se promène dans la forêt une nuit, Ofelia découvre un labyrinthe qui la conduit à un puits souterrain où elle rencontre un faune. Celui-ci révèle à Ofelia qu'elle est la princesse disparue d'un royaume souterrain enchanté et que pour retrouver l'immortalité due à son rang et rentrer au royaume, elle doit accomplir trois épreuves initiatiques périlleuses. Trop heureuse de voir un conte de fées se matérialiser devant elle, elle accepte de passer les épreuves, mais elle devra aussi subir plusieurs dangers autant réels que fantastiques, surtout avec le caractère cruel de son beau-père Vidal et la souffrance de sa mère enceinte.

Décidément, le cinéma hispanophone ne s'est jamais aussi bien porté. Après "BABEL" d'Inarritu et "CHILDREN OF MEN" d'Alfonso Cuaron (qui est également producteur de ce film-ci), voici maintenant la nouvelle pellicule de Guillermo Del Toro, dont le degré d'inspiration et d'imagination n'a pas faibli. Se situant dans la même veine que son "EL ESPINAZO DEL DIABLO", Del Toro a su élaborer avec intelligence une intrigue à caractère fantastique situé dans un cadre historique réel. Le scénario conduit en parallèle et avec habileté les données féeriques de la portion conte de fées du récit et les segments réalistes représentés par la cruauté de la dictature de Franco, soulignés d'ailleurs à merveille par l'attitude autoritaire et glaciale du personnage du capitaine Vidal. L'auteur a habilement fait rejoindre ensemble ces deux éléments ou sous-intrigues dans la conclusion, qui n'est pas sans rappeler un chef-d'oeuvre bien connu du genre et que la plupart d'entre vous identifieront. En tout cas, ce type de récit a permis également à Del Toro de bien enrichir ses personnages, tout en sachant alterner savamment des scènes de violences inattendues par leur impact étonnant avec des moments de grâce et de beauté qui laisse rêveur, rendus à l'écran par une photographie et une mise en images sublime. Un film magnifique où la magie opère lentement et qui démontre que Del Toro a plus que du talent et que ses réussites ne sont pas redevables au hasard ou à la chance. La petite Ivana Baquero est touchante en Ofelia et Sergi Lopez offre une performance exceptionnelle en nous faisant haïr à ce point son personnage de Vidal. L'une des premières grandes oeuvres de 2007. Mathieu Lemée

HELLBOY ANIMATED: SWORD OF STORMS - Phil Weinstein, creative producer: Guillermo Del Toro, 2006, États Unis, 73m

L'idée était de produire des dessins animés pour garder le personnage dans l'actualité en attendant le deuxième film de Guillermo Del Toto. C'est donc une autre adaptation du personnage, différente du cinéma et graphiquement plus cartoonesque.

En ouvrant un parchemin antique, on libère sur le monde la furie des dieux antiques japonais et Hellboy va se retrouver dans le japon féodal, aux prises avec une série de démons, les yokai déjà vus dans les films nippons. Aidé par un renard qui le suit et lui donne des pistes, Hellboy devra résoudre un dilemme ancestral pour détruire la menace et revenir en son époque.

Je dois avouer que je n'ai pas vraiment réussit à m'adapter au look des personnages et que l'empli des yokai, peut-être exotique pour les américains, n'a pas été très originale à mes yeux. Ceci dit, on incorpore la courte histoire "Heads", et le début avec Liz et Abe dans un temple remplit de momies et une chauve sourie géante est très réussit. La musique est aussi particulièrement bonne. Les acteurs originaux font les voix, mais on a l'impression qu'il manque une direction artistique, les voix semblant quelque peu détachées de l'histoire. Mario Giguère

HELLBOY ANIMATED: BLOOD AND IRON - Victor Cook/Tad Stones, creative producer: Guillermo Del Toro, 2007, États Unis, 75m

Un riche promoteur a acheté un manoir réputé hanté et il fait appel à l'équipe du Professeur Broom et Hellboy pour valider la présence de fantômes. L'ersatz de Donald Trump ne veut pas se débarrasser des fantômes, il veut garantir leur présence et en faire un attrait touristique. Broom, dans une série de flashbacks, soupçonne que ces dizaines de fantômes seraient les victimes d'une vielle connaissance qu'il croyait disparu à jamais.

Beaucoup plus satisfaisant que le premier dessin animé, c'est ce qui vient à l'esprit après avoir terminé Blood and Iron. On s'est habitué aux versions animées et surtout les acteurs ont des voix beaucoup plus naturelles. Le scénario ressemble plus à ce qu'on connait de la bande dessinée originale, même si chaque fois qu'on nous montre une case originale dans les making of, on se rappelle de tout ce qui sépare cette version plus consensuelle. Toute la partie de souvenirs a été ajoutée, nous apprend-t-on, parce que le film s'avérait trop court, un comble. Mais cette inspiration avouée du film MEMETO passe bien la rampe et rend le tout plus intéressant à reconstituer.

Une histoire parallèle non explorée est présentée en bande dessinée incluse avec le dvd et là on a droit à un combat avec un yeti monstrueux, une version bien intéressante. L'implication de Mignola laisse parfois perplexe. Il semble presque timide à imposer sa vision singulière, approuvant une fin bien tranquille qui ne passe pas aussi bien que dans ses bandes dessinées parce que justement, le dessin animé n'a pas la poésie et le pouvoir d'évocation de ses dessins. Mario Giguère

HELLBOY 2: THE GOLDEN ARMY aka Hellboy 2: L'Armée D'Or - Guillermo Del Toro avec: Ron Perlman, Selma Blair, Doug Jones, Luke Goss, Anna Walton, Jeffrey Tambor, James Dodd, John Alexander, Seth MacFarlane, Brian Steele, John Hurt, 2008, État-Unis/Allemagne/Mexique, 110m

Hellboy, surnommé Red, à des problèmes à supporter de vivre caché des humains qu'il ne cesse pourtant de protéger. Sa petite amie, Liz, a pour sa part des soucis affectifs devant l'immaturité constante dont fait preuve Hellboy, au point de lui cacher qu'elle est enceinte de lui. C'est alors que le prince Nuada, héritier du royaume souterrain des Elfes, brise une trêve ancestrale conclue jadis avec l'humanité, en tuant son père roi. S'il parvient à reconstituer la couronne d'or dont il possède déjà deux des trois pièces, Nuada pourra commander l'invincible armée d'or et conquérir la Terre entière. Lancés à ses trousses en compagnie de son ami Abe Sapien et d'un commandant grincheux, Hellboy et Liz entrent dans un monde souterrain secret, où ils rencontrent la soeur du prince qui détient la troisième pièce de la couronne. Hellboy se met alors en devoir de la protéger de son frère afin qu'il n'entre pas en possession du précieux objet, mais la tâche est loin d'être aisé.

Malgré un résultat plus qu'honorable au box-office, la compagnie "COLUMBIA" a préféré ne pas commander une suite à "HELLBOY". Trop contente de profiter de l'occasion, la compagnie "UNIVERSAL" a sauté à pieds joints dans la distribution d'un "HELLBOY 2" en récupérant les droits de la BD de Mike Mignola par l'intermédiaire de leurs producteurs, qui ont confié à nouveau à Guillermo Del Toro le soin de le mettre en scène. Profitant d'un budget généreux, le réalisateur mexicain en a profité au plan visuel pour concevoir une mise en scène personnelle nantie de superbes images, avec la collaboration du directeur-photo Guillermo Navarro, de magnifiques décors extravagants et de créatures étonnantes. Del Toro n'a visiblement pas eu peur de laisser errer librement son imagination sur la pellicule, tout en prenant soin de bien roder l'ensemble au plan narratif pour maintenir l'intérêt du public et éviter la gratuité. L'intrigue, quant à elle, bien que captivante, surprend quand même un tout petit peu moins le spectateur, car elle s'apparente aux oeuvres antérieures de l'auteur (surtout à "BLADE 2"), grand amateur de contes féeriques et d'univers fantastiques situés dans un cadre contemporain précis. Les personnages, malgré certains traits déjà employés à profusion dans d'autres productions, sont néanmoins bien dessinés au plan psychologique, évitant ainsi de faire sombrer le récit dans le manichéisme hollywoodien habituel. Quelques piquantes réparties, propres au personnage d'Hellboy, amènent aussi de l'humour à l'entreprise, où Ron Perlman profite d'ailleurs de l'occasion pour y mordre à belles dents avec une solide interprétation. Bref, un excellent film, qui risque hélas injustement de rester un peu dans l'ombre de "THE DARK KNIGHT au box-office, même si les deux films se valent au plan cinématographique. Mathieu Lemée

  PACIFIC RIM - Guillermo Del Toro avec Idris Elba, Ron Perlman, Charlie Hunnam, Charlie Day, Clifton Collins Jr., États Unis, 2013, 132m

En 2013, une faille spatiale s'est ouverte dans le pacifique et un monstre géant, un Kaiju, en est sorti pour attaquer le Japon. Il fallut plus de quatre jours pour en venir à bout. D'autres monstres surgirent et s'élancèrent vers d'autres pays. On débuta alors un immense chantier dans plusieurs pays pour construire une réplique aux monstres géants, les Jaeger, des robots géants. Pilotés par deux humains, ils connurent de nombreuses victoires. Jusqu'à ce que les kaijus évoluent pour devenir encore plus destructeurs. On est en 2020 et les derniers kaijus à sortir du pacifique sont de plus en plus imbattables et malgré que l'on ait construit des barrières anti-monstres le long des côtes, il semble bien que seul les Jaeger ont des chances d'en venir à bout. Pendant ce temps, un scientifique arrive à communiquer avec l'ennemi avec des conséquences qui s'avèrent catastrophiques...

Guillermo Del Toro semble né pour nous présenter ce genre de films, lui qui surfe sur les monstres, à une échelle certes plus réduite, depuis des années. Toujours incapable de mener à bien son projet d'adapter At The Mountains of Madness de H.P. Lovecraft et débarqué de l'adaptation du Hobbit, Del Toro se jette à corps perdu dans ce va s'avérer son plus grand succès commercial. Amateur de monstre géant que je suis, j'ai donc vibré au son des monstres et de cette histoire, au demeurant fort classique et surprenamment fort respectueuse des classiques japonais. Je pense au contrôle des émotions des personnages asiatiques, à la quasi pruderie démontrée par la pilote japonaise qui est loin des épanchements émotionnels et de la tension sexuelle d'une production américaine typique. Je pense aussi à la durée, plus proche d'un film de la Toho que des films généralement plus courts dans le genre. Il y a des concessions au film presque familial qui agacent un peu, comme ces deux scientifiques qui sont pratiquement de véritables bouffons. Il y a aussi ce quasi laisser aller aux stéréotypes les plus banals sur les pilotes allemands et chinois qui me chicote. Mais ca passe. La musique est aussi, à la première écoute, moins mémorable que celle d'un Akira Ifikube, mais plus je l'écoute, plus j'embarque dedans. Il faut dire que le rythme est rapide et qu'on n'a guère le temps de s'arrêter à tous les détails d'une mise en scène riche et généreuse. Pour ce qui est des monstres, visiblement proches des créatures de Lovecraft, elles sont nombreuses, gigantesques et souvent époustouflantes. Les robots de leur côté ont l'air parfois de gros jouets, tout simplement, et là encore ce sont des concessions avec lesquelles je vis bien. Le final est évidemment glorieux, avec une touche d'humour qui est présente tout au long, un triomphe pour le réalisateur tout comme les personnages qui frappe l'imagination. J'ai bien aimé revoir Ron Perlman dans un rôle bien croustillant, ainsi que Burn Gorman apprécié précédemment dans la série Torchwood. Bravo. Mario Giguère

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