Fernando Di Leo 1932 - 2003

mise à jour le 15 mars 2013

The BOSS - Fernando Di Leo avec Henry Silva, Richard Conte et Gianni Garko, 1973, Italie, 106m

Réalisateur italien de genres surtout actif dans les années 70, Fernando Di Leo a produit sa part de navets... Et aussi sa part de joyaux. Dans celui-ci par exemple, on suit les péripéties d'un Henry Silva très insensible qui évolue en tant que tueur à gages dans le merveilleux monde de la mafia sicilienne. Bras droit d'un Don quelconque, il passe le temps en tuant tout ce qui bouge, comme le témoigne cette fracassante scène d'ouverture où il descend environ une douzaine de malfrats assis dans une salle de cinéma à coups de grenade. Mais une guerre des gangs éclate et il sera emporté dans les intrigues et les trahisons innombrables qu'une telle situation produit. On a droit à plusieurs italiens moustachus qui meurent sous nos yeux dans de risibles contorsions forcées, et même à une nymphomane alcoolique aux sous-vêtements aqua qui se tape chaque truand à cent lieues à la ronde. Bref, du divertissement sans prétention mais sans grande intelligence. Pour couronner le tout, ça se termine sur une évidente ouverture, alors qu'à la fin d'un plan abrupt on peut lire les deux mots : "ça continue..."  Trois petits points. Orloff

  THE BOSS est un film très intéressant dans le sens ou il donne l'impression que Fernando Di Leo, après avoir vu LE PARRAIN, a été énervé par la façon dont Coppola a romancé la vie mafieuse et a décidé d'en filmer l'antithèse. Dans THE BOSS, la mafia n'est jamais honorable : elle n'est constituée que de gens ineptes, faibles, ou alors de gens durs et fermes capables de sacrifier même les gens qu'ils aiment le plus pour élever ou préserver leur position dans la hiérarchie. Tous les personnages de THE BOSS sont infâmes : les gangsters sont des salopards, la police est corrompue, et même les victimes s'avèrent au final être des fumiers. C'est un film puissant et sans pitié qui ne fait aucune concession et livre un propos subversif de manière forte et frontale. Dès le départ, le ton est donné, dans cette scène incroyable ou Henry Silva dégomme une bande de parrains dans un cinéma à grands coups de bazooka, et le film garde cette force et cette folie furieuse jusqu'a une scène incroyable d'exécution sommaire lors de l'échange d'une rançon... Dès lors, malheureusement, le film flanche un peu. La baffe morale est telle que la seconde partie ne parvient pas à atteindre le niveau de furieux de ses trois premiers quarts d'heures, et on en arrive par moments, à s'ennuyer un petit peu. Ce n'est pas très grave, cependant, car le film a d'autres qualités : la mise en scène de Di Leo est excellente, Conte et Gianni Garko sont géniaux, le scénario est superbement écrit (malgré une fin un peu frustrante) et le film reste d'une grande cruauté jusqu'a son final. On regrettera néanmoins qu'Henry Silva soit toujours aussi nul que d'habitude et que le film soit un peu inégal... Mais THE BOSS est un excellent film qui mérite absolument d'être vu. Zering

COLÈRE NOIRE aka LA CITTA SCONVOLTA aka The KIDNAP SYNDICATE aka Dirty Deal - Fernando Di Leo, 1975, Italie

Deux enfants d'une dizaine d'années sont enlevés à l'entrée d'une école. L'un est le fils d'un riche industriel, Filippini (James Mason) ; l'autre est son camarade Colella, élevé par son père, un mécanicien sans le sou. Une importante rançon est bientôt exigée, mais Filippini refuse de la payer. Les kidnappeurs tuent alors le fils de Colella (Luc Merenda, quasi-sosie de Bernard Tapie, c'est fou !). Dégoûté par le manque d'empressement de la police, ce dernier va partir à la recherche des kidnappeurs planqués dans la cambrousse profonde.

Dans ce film, Fernando Di Leo prend bien le soin (et le temps) d'ancrer ses personnages dans le terreau social. Le thème de la lutte des classes n'est pas esquivé par l'auteur. Il donne même lieu à quelques répliques savoureuses, comme celle-ci : "Si la merde avait un prix, les pauvres n'auraient pas de cul !". Alors seulement, l'action proprement dite peut commencer. On retrouve alors tout l'abattage de Merenda, des scènes de baston aux longues poursuites dans la campagne italienne. Le score de Luis Bacalov n'est hélas pas à la hauteur. Finalement, même si l'ensemble ne déçoit pas, loin de là, on n'est pas au niveau des meilleurs Di Leo. Par ailleurs, et sur le même thème du rapt d'enfant, BRACELET DE SANG d' Umberto Lenzi est plus réussi. Stelvio

DIAMANTS DE SANG aka DIAMANTI SPORCHI DI SANGUE - Fernando Di Leo avec Claudio Cassinelli, Pier Paolo Capponi, Martin Balsam, Barbara Bouchet, Olga Karlatos, Vittorio Caprioli, Italie, 1978, 1h25

Guido (Claudio Cassinelli) participe avec son ami Marco à un hold-up pour le compte de Rizzo (Martin Balsam), "gros bonnet" du milieu. Les deux hommes se font prendre et Guido écope de cinq ans de prison. Certain de la trahison de Rizzo, Guido retrouve dès sa sortie de taule sa fiancée Maria (Olga Karlatos). Cette dernière est tuée dans l'attaque de l'autocar qui les ramène à la maison. Persuadé qu'il s'agit d'un attentat fomenté par Rizzo, Guido dévoile ses soupçons au commissariat et confie à Marco ses intentions de vengeance...

Oeuvre mineure dans la longue série de "poliziotteschi" signés Di Leo, ces DIAMANTS DE SANG ne font pas partie des plus grandes réussites du cinéaste. Certes, sa verve caustique et son sens de la narration n'ont pas entièrement disparu, mais la réalisation est plus molle qu'à l'accoutumée. Le film est trop bavard et répétitif pour convaincre vraiment. L'absence de vrai personnage de flic (seul Vittorio Caprioli a quelques scènes) ne sert pas forcément l'action. Les interprètes principaux font ce qu'ils peuvent. Martin Balsam cachetonne sans trop de conviction, Claudio Cassinelli affiche son habituelle sobriété, au contraire d'un Pier Paolo Capponi cabotin en diable dans un rôle d'homme de main à la ramasse. Les rôles féminins constituent finalement la meilleure surprise du film. Côté madonne, Olga Karlatos compose une sublime fiancée, fidèle et attentionnée ; son seul défaut est finalement de mourir très vite. Côté garce, Barbara Bouchet assure tout autant, avec son petit nez pointu et ses longues jambes de sauterelle gracieuse. Jolies consolations, mais l'ensemble reste un peu décevant, lorsque l'on sait de quoi ce diable de Fernando Di Leo était capable. Stelvio

Les INSATISFAITES POUPÉES ÉROTIQUES DU DOCTEUR HITCHCOCK aka La Bestia uccide a sangue freddo aka Slaughter Hotel aka Asylum Erotica aka The cold-blooded beast - Fernando di leo avec Margaret Lee, Klaus Kinsky, Rosalba Neri, Margaret Lee, John Karlsen, 1971, Italie, 84m

Un hôpital psychiatrique pour gens fortunés abrite des femmes suicidaires, violentes et nymphomanes sous la garde du Docteur Keller ( Klaus Kinsky ). Mais un tueur pénètre la bâtisse et commence à massacrer les patientes avec des articles de la chambre d'armes.

Pur produit d'exploitation européen, le film mélange scènes de lesbianismes, nymphomanie et autres plaisirs charnels avec des scènes de massacre assez prudes, mais bien montées. Les vedettes féminines y sont à leur meilleur, Rosalba Neri, qui s'offre à tous les hommes, étant particulièrement sensuelle. L'identité du meurtrier importe peu au compte final, mais sa fin sera particulièrement démente. Vive Fernando di Leo ! Mario Giguère

Le film commence avec un individu masqué qui rôde dans ce qui semble être un château. Il s'arme d'une hache et se rend jusqu'à la chambre d'une jeune femme qui dort nue (bien sûr!). Avant qu'il ne puisse s'exercer, la nymphe appuie sur un bouton qui réveille des hommes vêtus de blanc; nous sommes donc dans un institut de réhabilitation mentale pour femmes. Dans cette clinique de luxe pour jolies désaxées, les femmes s'amusent dans la cour en jouant au croquet, participent à des parties d'échecs - musique classique et champagne en prime! - et s'adonnent à des sessions de massages avec l'assistante du docteur en chef. Une fois la nuit tombée, pendant les cauchemars des patientes, le maniaque masqué revient pour terminer ce qu'il avait entamé...

Fernando di Leo, plus reconnu pour ses films policiers 'spaghetti', livre ici une réalisation digne du terme 'Eurotrash'. Le scénario est maigre et la majeure partie du film n'est qu'un défilé d'érotisme et de meurtres. Mais qui a dit que c'était mal? Le film lui-même est incroyablement voyeur, voire pornographique, dans sa mise en images plus que dans son contenu érotique dit 'soft'. La direction photo de Franco Villa rend justesse aux jeunes dames en les caressant de lumière, et ses cadrages à l'allure souvent BD donnent une atmosphère à la fois érotique, caricaturale et menaçante. Cependant, la caméra prend souvent le rôle de voyeur; elle s'approche lentement des nymphes pour les scruter sous tous leurs angles pendant qu'elles gémissent toutes nues. Nous avons même droit à une courte scène de masturbation - jambes ouvertes - de la part de Rosalba Neri (Amuck, Devil's wedding night). La musique de Silvano Spadaccino (Beatrice Cenci de Lucio Fulci) donne un aspect mécanique aux scènes en employant des thèmes récurrents pour chaque genre de scènes; petite 'musak' pour les scènes joyeuses, piano menaçant pour les scènes du maniaque. Et pour les admirateurs de Klaus Kinski, il n'est malheureusement pas utilisé à son potentiel maximal (quoi de neuf?). Néanmoins, ça tue bien une après-midi pluvieuse.

La JEUNESSE DU MASSACRE aka I RAGAZZI DEI MASSACRO aka LA FIANCEE DE LA MORT aka L'EXECUTION - Fernando Di Leo avec Pier Paolo Capponi, Susan Scott, Marzio Margine, Renato Lupi, Enzo Liberti, 1969, Italie, 1h24

Après l'absorption d'un litre d'absinthe, un groupe d'élèves violents tuent sauvagement leur jeune professeur, Mathilde Crescenzaghi. Chargé de l'enquête, le commissaire Duca Lamberti en conclut rapidement que les adolescents, tous délinquants qu'ils soient, n'ont pas agi seuls. Reste à trouver quelle main mystérieuse et adulte a téléguidé ce "massacre" ...

Fidèle adaptation d'un roman de Giorgio Scerbanenco (1911-1969), ce film mineur confirme l'intérêt porté par Di Leo au thème de la lutte des classes. On trouvera ainsi une peinture assez précise de la petite délinquance milanaise et des maisons de correction pour adolescents. En revanche, nulle trace de violence physique ou de courses-poursuites dans cette enquête assez conventionnelle. Pas désagréable, mais Di Leo frappera plus fort, beaucoup plus fort, quelques années plus tard avec MILAN CALIBRE 9 ou L'EMPIRE DU CRIME ... A noter enfin que le personnage de Duca Lamberti, flic désabusé, médecin de formation radié de l'Ordre pour euthanasie, inspirera également Duccio Tessari (LA MORT REMONTE A HIER SOIR) et Yves Boisset (CRAN D'ARRET), qui se lanceront aussi dans la transposition de polars de Scerbanenco, magnifique écrivain hélas trop tôt décédé. Stelvio

  La MALA ORDINA - De Fernando Di Leo avec Mario Adorf, Henry Silva, Woody Strode et Adolfo Celi. Italie, 1972, Italie, 95m

J'ai été déçu par LA MALA ORDINA, surtout après la baffe intergalactique MILAN CALIBRE 9... Non pas que ce soit mauvais, mais c'est loin d'être génialissime également. Pourtant, LA MALA ORDINA a de grandes qualités. Ses personnages sont impressionnants de charisme, l'histoire est très bien racontée, le film est bien réalisé et mis en scène, et il doit également beaucoup a la performance impériale de Mario Adorf... Mais il manque quelque chose. Et ce quelque chose, il peut facilement être identifié : le film est monotone. Le tout manque sérieusement d'originalité et ne parvient jamais à dépasser son statut de petit film de gangsters à bas budget. Il n'y a rien qui distingue LA MALA ORDINA d'autres films de gangsters italiens ayant été fait avant ou après, et en dehors de quelques excellentes scènes (comme par exemple la scène de fin dans la casse), rien n'est jamais surprenant. LA MALA ORDINA est un film qui laisse froid... S'il y avait au moins un second niveau de lecture proposant quelque chose d'intéressant, ou un traitement visuel d'une autre ampleur, le film pourrait être intéressant, mais en l'état, c'est un film assez ennuyeux, qui ne décolle jamais réellement, et qui n'est également jamais aidé par un Henry Silva qui, pour ne rien changer, joue comme une savate, et un Adolfo Celi qui manque singulièrement de charisme. La bande-son n'est également pas exceptionnelle : Di Leo aurait mieux fait de garder Bacalov, et visiblement, il s'en est rendu compte vu qu'il le reprendra après pour THE BOSS et RULERS OF THE CITY. Dommage, un faux pas pour Di Leo. Ca arrive, mais en l'état, LA MALA ORDINA est malheureusement un film très facilement oubliable. Zering

MANHUNT aka La MALA ORDINA aka L'EMPIRE DU CRIME aka Hired to kill aka Hit men aka The Italian connection  aka Manhunt in Milan  aka Mafia Boß: Sie töten wie Schakale - Fernando Di Leo avec Mario Adorf, Henry Silva, Woody Strode, Adolfo Celi, Luciana Paluzzi, Franco Fabrizi, Femi Benussi, Gianni Macchia, Peter Berling, Francesca Romana Coluzzi, Cyril Cusack, Sylva Koscina, Jessica Dublin, Omero Capanna, Giuseppe Castellano, Giulio Baraghini, Andrea Scotti, Imelda Marani, Gilberto Galimberti, Franca Sciutto, Ulli Lommel, Vittorio Fanfoni, Giuliano Petrelli, Pietro Ceccarelli, Pasquale Fasciano, Alberto Fogliani. 1973. Italie, Allemagne de l'ouest. 95m uncut

Une organisation criminelle ayant besoin d'un bouc émissaire pour une affaire d'héroïne volée cible Luca Canali (Mario Adorf - Milan calibre 9), un " pimp " sans importance. Ladite organisation embauche deux tueurs à gages américains : Dave (Henry Silva - Almost human), un grand type obsédé par les femmes, et Frank (Woody Strode - Keoma), un Afro-Américain musclé et sérieux. Ils seront aidés par les employés de Don Vito Tressoldi (Adolfo Celi - Danger : Diabolik), chef de la mafia locale. Malheureusement pour eux, ils sous-estiment grandement Luca... Il a peut-être grand coeur, mais lorsqu'il est se met en rogne... ça cogne!

Dans l'univers de Fernando Di Leo, violence est le mot de survie! Claques sauvages et coups de pieds au visage, tous les moyens sont bons pour se défendre. Tout le monde y passe : mafiosi, putes, citoyens, enfants, même les animaux domestiques! Ajouté une généreuse dose de nudité gratuite et des personnages stéréotypés (vielle saoûlonne, serveur gai, tronche bégayante), et vous avez un film qui se laisse regarder comme on déguste le meilleur spaghetti de maman. Mario Adorf s'avère une délicieuse révélation, jouant le pauvre mec au visage graisseux avec une justesse attachante, et Henry Silva a toujours l'air aussi dérangé, faisant des avances à tout ce qui bouge. Le seul désappointement vient du côté Woody Strode, qui livre ses dialogues comme un automate constipé. La technique est très appréciable : mentionnons la caméra intrépide de Franco Villa (Asylum erotica) et le montage éclair d'Amedeo Giomini (The Blood stained shadow) qui rendent les scènes d'actions d'autant plus explosives. S'ajoutant à ce duo infernal est Armando Trovajoli (Blazing magnums) qui rythme la totalité du film avec une force conductrice musicale généreuse, et juste assez kitsch. À voir absolument, si ce n'est que pour les trente dernières minutes! Un classique instantané. HumanoidZombie

Polar transalpin réalisé en 1973, il est connu aussi sous les titres  MANHUNT, HIRED TO KILL, THE ITALIAN CONNECTION ou d'autres encore et montre Henry Silva et Woody Strode engagé par un gros bonnet italien afin de s'occuper d'un petit macro de merde à Milan. Ce petit macro, qui a une gueule formidable et qui est adepte du coup de boule, ne comprend pas pourquoi on veut sa peau, et il se défendra jusqu'au bout. On y voit des putes farouches qui se dénudent facilement, un serveur homo, une vieille alcoolique, des hommes de main patibulaires, un garagiste boiteux, des hippies, des gars qui s'envoient des mandalles en pleine poire avec une rare vigueur, des flingages, la tronche d'Henry Silva, une poursuite en voiture puis à pied totalement folle où notre cher macro accroché aux essuie-glace d'une camionnette lancée à toute allure explose le pare-brise avec son front pour péter la gueule au chauffeur ! Malheureusement, le doublage français est déplorable. Mais la bande son fonky-groovy est bien balancée et fait rudement plaisir. Kerozene

MASSACRE TIME - Lucio Fulci, 1966, Italie 

Ce western de Fulci a été scénarisé par Fernando di Leo, qui allait s'illustrer au cours de la décennie suivante dans le genre " polar à l'italienne ". On le constate d'emblée puisque, en changeant le décor à l'époque, l'histoire qu'il a élaborée aurait pu convenir à n'importe quel polar d'action italien des années 70.

Ce film de Fulci est l'une des premières œuvres sérieuses qu'il ait réalisées, puisqu'il s'était jusqu'alors surtout illustré dans le domaine de la comédie. Bien évidemment, ainsi que le reste de son parcours en témoigna avec éloquence, la tonalité " sérieuse " convenait mieux au tempérament et à la vision de Fulci que la comédie légère. Ici, l'humour est bien dosé, savamment distillé afin d'ajouter juste ce qu'il faut de distanciation et d'ironie pour minimiser le côté mélodramatique du scénario.

Ce Temps du massacre est donc un premier exemple de la voie qu'allait emprunter Fulci par la suite : un parcours cinématographique obsédé par la violence et ses représentations. Très proche de la tragédie grecque, voire du théâtre classique, il offre de nombreux rebondissements et adopte vite des airs de drame familial marqué du sceau de la Fatalité. Bien sûr, en dépit de cet aspect, l'action prime, et Fulci se montre très efficace à cet égard. La première scène, inspirée des Chasses du comte Zaroff, le montre clairement.

Franco Nero, dans l'un des premiers rôles, se montre convaincant, épaulé par George Hilton qui offre une performance assez savoureuse d'alcoolique pas si minable qu'on pourrait le croire au premier abord.

La réalisation de Fulci est nerveuse, d'une élégance et d'un classicisme propre aux années 60. Le cinéaste bénéficiait d'ailleurs d'un budget visiblement correct, si on en juge par le nombre de figurants, les mouvements de caméra et l'allure générale du film. Oh, bien sûr, c'est quand même un western à l'italienne, une série B d'action parmi tant d'autres, mais on est loin de l'aspect calamiteux des derniers films de Fulci, tournés pour la télévision avec deux sous.

Fulci allait récidiver à deux reprises dans le genre western, avec Les Quatre de l'apocalypse et Silver Saddle, mais aucun des deux films en question ne retrouverait la hargne, la fougue et la jeunesse de Massacre Time. Howard Vernon

MILAN CALIBRE 9 aka Caliber 9 aka Milano Calibro 9 aka The Contract - Fernando Di Leo, 1971, 1h31

Hugo, un caïd sans envergure, sort de prison pour bonne conduite après y avoir passé trois ans. Son ancien chef, "L'Américain", un impitoyable gangster, est convaincu qu'Hugo lui a jadis subtilisé la douce somme de 300 000$. Il le fait donc questionner mais n'en obtient rien. Il décide de le garder à ses services pour l'avoir sous la main en tout temps et leur ancienne collaboration renaît. Mais Hugo manoeuvre habilement pour se débarrasser de ces encombrants voyous tout en ne crachant pas au passage sur une ancienne flamme, un joli petit bout de chair nommé Barbara Bouchet.

 Sous-estimé depuis la nuit des temps, au moins depuis qu'il officie derrière la caméra, Fernando Di Leo, scénariste de formation, nous donne toujours de très bons récits. Nul n'a comme lui la recette pour concocter de bonnes atmosphères ponctuées d'explosions de violence qui arrivent sauvagement, sans crier gare. Ici, il nous sert un récit plus que classique de gangsters italiens qui tiennent mordicus à leur "honneur" et qui s'entre-tuent pour de l'argent, mais il le fait avec une expertise toute particulière. Ses scènes d'action sont comme toujours pleine de bonne volonté et souvent très efficaces malgré leur manque de maîtrise technique. La musique employée n'est ici qu'ornement, et a l'avantage de très bien s'écouter. Les acteurs, sans être théâtraux, injectent à leur jeu exalté la dose requise de fanatisme criminel, et Mario Adorf (LA BANDA DEL GOBBO) y est particulièrement grandiose dans son rôle de psychopathe. Barbara Bouchet est toujours aussi ravissante, et sa courte scène de danse donne envie d'y mordre à belles dents. Et que dire des quinze dernières minutes du film, qui sont le parfait exemple à suivre quand on veut clore un récit avec une dose massive de revirements et de tueries, sinon qu'elles sont mémorables. Comme le film en entier, d'ailleurs. Orloff

MISTER SCARFACE aka I PADRONI DELLA CITTA - Fernando Di Leo, 1976, Italie 

An Italian-German coproduction which looks like 99% of the budget went to pay for Jack Palance, who was an icon of villainy in the classic western SHANE, before going to Europe in the late 1960s to appear in Spaghetti Westerns (VAMOS A MATAR, COMPANEROS) and crime films like this.

Luckily this was directed and co-written by the late Fernando Di Leo, who specialized in exquisitely sleazy Euro-bis (SLAUGHTER HOTEL). The gritty story of three mob outcasts who swindle and ultimately destroy the powerful Godfather, Manzari (Palance).

Primal Scene: a darkened room, only a table and some chairs are visible. Two men burst in wearing coveralls. They have just executed a robbery. One man (Palance) opens the loot bag and shoots the other (Fulvio Mingozzi, the cab driver in SUSPIRIA and INFERNO) who happens to be the father of the young boy sleeping in the room. The boy awakens, approaches Manzari and points a gun at him. Manzari knocks the boy unconscious. This is all filmed in dreamy slow motion like the flashback scenes in ONCE UPON A TIME IN THE WEST. Years later that boy is now a grown man (Al Cliver), who will team up with mob collector Tony (Harry Baer) and the boisterous veteran mobster Napoli to take down Manzari and his gang.

Harry Baer is engaging as the collector who uses unconventional methods and humor to extract payments. Edmund Purdom is also on hand as Luigi, Tony's boss who gets a bullet in the forehead. Palance and Purdom both look like were competing in a test on who could wear the slickest hair creme.

Everyone and everything looks hot and miserable and that is appropriate to the mid 70s Italian urban underworld environment.

It all ends with an elaborate shootout in a labyrinthe slaughterhouse invovling Spaghetti Western style antics, motorcycle stunts and exploding vehicles.

Savor Luis Enrique Bacalov's cool jazz score, Harry Baer's dune buggy and Palance's cigarette holder!

Bring back the 1970's! Robert Monell

Une co-production Italie/Allemagne qui semble avoir consacré 99% de son budget pour payer sa vedette Jack Palance, qui était le stéréotype du méchant dans le classique du western SHANE, avant d'aller en Europe dans les années 60 pour apparaître dans des westerns spaghetti ( Vamos a Matar, Companeros ) et autres films policiers.

Heureusement celui-ci est dirigé et co-écrit par le regretté Fernando DiLeo, qui se spécialisait dans le film d'exploitation exquis tel SLAUGHTER HOTEL. Ce film noir mettant en vedette trois capos rejetés par leur clan qui virent de camp et vont finalement détruire leur puissant parrain, Manzari ( Jack Palance ),

Scène clé: une chambre dans la pénombre, juste une table et quelques chaises sont visibles. Deux hommes pénètrent, habillés en travailleurs. Ils viennent de commettre un vol. Un homme ( Palance ) ouvre le sac du larcin et fusille le deuxième ( Fulvio Mingozzi, le chauffeur de taxi de SUSPIRIA et INFERNO ) qui est en fait le père du jeune garçon qui dort dans la pièce. Le garçon se réveille, s'approche de Manzari et pointe un revolver sur lui. Manzari le frappe et il est inconscient. Le tout est filmé dans un ralenti onirique qui rappelle les scènes de flash-back d' IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L'OUEST. Des années plus tard, le garçon est maintenant un adulte ( Al Cliver ), qui va former équipe avec Tony (Harry Baer ) et le vétéran voyou Napoli pour en terminer avec Manzari et ses troupes.

Harry Baer est sympathique dans le rôle du collecteur qui utilise des méthodes non-conventionnelles et de l'humour pour ramasser les paiements d'argent.  Edmund Purdon joue le rôle de Luigi, le patron de Tony qui ramasse une balle dans le front. Palance et Burton semblent en compétition pour savoir lequel aura la crème la plus graisseurse dans les cheveux.

Tout et tout le monde a l'air misérable, ce qui de mise pour un milieu urbain de gangsters du milieu des années 70.

Ca se termine avec une fusillade élaborée dans un entrepôt d'équarrissage labyrinthique avec une mise en scène en mode western spaghetti, des poursuites en moto et des véhicules qui explosent.

Savourez la trame sonore Jazz de Luis Enrique Bacalov, le dune buggy de Harry Baer et le porte cigarette de Jack Palance !

Ramenez les années soixante-dix ! Robert Monell

Ce thriller italien fait partie des nombreux " films de mafia " réalisés au courant des années 70. Les réalisateurs locaux utilisaient souvent une vedette américaine pour obtenir une certaine crédibilité et afin d'aider leur film à mieux s'exporter. Dans le présent cas, nous avons droit à la dégaine légendaire de Jack Palance et son air de méchant au rictus figé. Dans le documentaire figurant sur le DVD de " Companeros ", on apprenait d'ailleurs que Palance " savait qu'il avait l'air effrayant, et qu'il s'en servait dans son rôle d'acteur ".

Di Leo nous raconte l'histoire d'un jeune mafieux, Tony, chargé par sa bande, que dirige un certain Luigi, de " collecter " l'argent des commerçants qui bénéficient (?) de leur protection. L'affaire déboule lorsque Mr. Scarface (Palance), le chef d'une bande rivale, règle par chèque une dette de jeu à l'un des hommes de Luigi. La bande de Luigi se demande bien comment elle récupérera cet argent, car Scarface refusera probablement de payer. Tony imagine une arnaque et parvient à extorquer trois fois le prix à Scarface ; cependant, dans sa présomption, il laisse un indice très clair qui indique que sa propre bande a fait le coup. C'est le début d'une guerre des gangs qui ne laissera personne indemne.

C'est du polar à l'italienne musclé et rythmé, avec plusieurs touches d'humour. On croirait voir un film de Stelvio Massi ou quelque chose d'approchant. Nous avons également droit à des thèmes récurrents du cinéma populaire italien : le machisme, la vengeance, l'orgueil, de même qu'à des lieux et images souvent vus : cabaret de strip-teaseuses, salle de billard (qui donne lieu à une bagarre, bien sûr), entrepôt désaffecté, etc.

Malgré ces caractéristiques qui pourraient sembler routinières, Mr. Scarface tient bien la route grâce à un montage nerveux, à son rythme certain et à l'inextricable piège dans lequel Tony et ses deux alliés se sont lancés. On se demande de quelle manière ils parviendront à s'en tirer.

Tout polar italien qui se respecte ne saurait oublier l'inévitable bande sonore funk/groove, ici assurée par Luis Enriquez Bacalov, lequel se distingua également à l'époque sur la scène internationale par un album de rock progressif en hommage à Bach : Reale Academia di Musiche.

Si Mr. Scarface n'est pas le meilleur polar italien que j'aie vu, il figure néanmoins parmi les réussites mineures du genre. Howard Vernon

La RACE DES VIOLENTS aka The Violent Breed aka Razza Violenta - Fernando Di Leo, 1983, Italie, 1h30

Mike (Harrisson Muller Jr.), Kirk (Henry Silva) et Polo (Woody Strode) se retrouvent au Vietnam en pleine guerre et doivent secourir des enfants un peu gras d'un camp de Viets. Sont-ils des mercenaires ou de simples soldats américains ? On ne le précise jamais. Une fois leur mission accomplie, Polo les désarme et leur dit de foutre le camp tandis que lui reste derrière. Des années plus tard, Mike est à la CIA et Kirk est son supérieur. Il donne l'ordre à Mike d'aller faire une "fausse proposition" à Polo, qui s'avère être devenu un important trafiquant de drogues, au beau milieu de la brousse cambodgienne.

Fernando Di Leo déçoit rarement, mais ici il ne le fait pas qu'à moitié. Ce film n'a aucun sens et il serait inutile d'en résumer toutes les "subtilités". Les acteurs s'arrêtent comme des idiots devant la caméra et font semblant d'observer quelque chose, pour être bien certains qu'on a le temps de les détailler. Les retournements de situation sont tous plus tirés par les cheveux les uns que les autres, avec des éléments inexpliqués - et inexplicables ! - qui apparaissent ici et là comme par magie. Henry Silva semble laissé à lui-même et paraît véritablement désemparé devant la visible absence de direction d'acteurs dont il est victime. Les situations développées malhabilement ne sont pas crédibles une seule seconde, et il faudrait être complètement idiot pour ne pas se rendre compte que le scénariste de cette abomination est un demi-cinglé. Ça carbure aux explosions, aux pétarades, et on donnerait aisément la palme des acteurs les plus malhabiles de tous les temps à l'ensemble de l'équipe. La musique, loin d'arranger les choses, est composée de percussions synthétiques et de notes de clavier cheapo qui se veulent graves et menaçantes. Comme le climat de terreur est inexistant, on se contentera d'en pleurer et de lancer la cassette le plus loin possible. Orloff

SALUT LES POURRIS aka IL POLIZIOTTO E MARCIO - Fernando Di Leo, 1974

Le film commence fort: un truand milanais qui refourgue des armes donne une leçon a des "clients" qui sont allés voir un autre marchand. Distribution de baffes monumentales suivie d'une distribution de balles dans les jambes. Scène suivante: un flic beau gosse arrête des truands qui braquent une bijouterie, s'ensuit une haletante poursuite en voiture orchestrée par Remy Julienne. Ce flic a en fait été acheté par le truand du début. Mais une de leur magouille tourne mal et tout part en couille (pour résumer). Comme la plupart de ces polars spaghettis, on y rencontre une galerie de personnages très typés: le travelo Jean-Marie ("Jean devant Marie derrière" plaisante notre flic dont les fesses sont convoitées par la pédale), son amant  quasi-chauve au visage balafré, les méchants aux tronches patibulaires, un pauvre vieux qui vit avec son chat (les deux se feront exécuter), le flic loser qui interroge des mômes de 12 ans... On rajoute une autre poursuite en voiture du plus bel effet, des répliques bien trouvées, quelques meurtres crapuleux et un final plutôt choc, le tout est agréable. Le seul autre Di Leo que j'ai vu est L'EMPIRE DU CRIME qui était bien mieux, d'un point de vue personnel. Après un début en fanfare, on espérait une suite des plus turbulente, ce n'est pas vraiment le cas. De plus, la bande son n'est pas aussi excitante que celles présentent dans les autres films du genre. Malgré tout, ça reste un film fort agréable à regarder. Kerozene

URSULA LA DÉVASTATRICE aka Loadad Guns aka Stick 'em Up, Darlings aka Firebomb Ursula aka Colpo in canna - Fernando Di Leo 1974, Italie, 1h31.

Ursula, une ravissante hôtesse de l'air à la fesse facile et aux interminables jambes, fraie bien malgré elle avec des truands locaux lors d'une escale à Milan. Elle s'amourache d'un petit gigolo qui est réputé pour ses aptitudes sexuelles et ce dernier l'incite à se mettre sous la protection de la police. Peu à peu, elle maniera la destinée des mafieux avec une dextérité étonnante et se révèlera être, comme l'indique sympathiquement la jaquette, "Police ou putain ? Peut-être un peu des deux..."

Fernando Di Leo surprend une fois de plus. Réalisateur souvent sous-estimé, son film commence cette fois-ci comme une comédie érotique, ne ratant pas une occasion de faire se dévêtir l'incendiaire Ursula Andress, qui a d'ailleurs le "physique de l'emploi". Lino Banfi, un habitué de la série des "Con" avec Alvaro Vitali, joue ici deux rôles complètement éclatés. Le spectateur sera surpris de la musique enjouée et des nombreuses morts violentes qui viennent briser le rythme de la comédie pure. D'une façon tout à fait désinvolte, Di Leo navigue entre la comédie classique, le thriller spaghetti italien et l'érotisme. La finale est tout simplement ahurissante : vingt minutes de combats minutieusement chorégraphiés, parfois burlesques, parfois acrobatiques, toujours spectaculaires. Une véritable découverte, admirablement filmée, et réalisée avec une bonne humeur bon enfant, et surtout communicative. Orloff

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