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L'Espagne nous a dévoilée de nombreux films fantastiques et surréalistes, voir Alex de la Igelsia ou Amando de Ossorio et maintenant toute une nouvelle génération de réalisateurs qui renouvellent le cinéma de genre.Voir aussi le réalisateur Juan Piquer SImon et l'acteur Paul Naschy.

mise à jour le 4 février 2015

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2 CROIX POUR UN IMPLACABLE aka TWO CROSSES AT DANGER PASS aka DUE CROCI A DANGER PASS - Rafael Romero Marchent, 1967, Espagne/États Unis

Rafael Romero Marchent n'est pas un nom franchement connu, pourtant sa filmo mérite que l'on s'y attarde un peu: d'abord acteur dès les années 1940 - on le voit notamment dans ZORRO LE VENGEUR (1962) écrit par Jésus Franco - il s'oriente ensuite vers l'écriture puis la mise en scène en s'attaquant à une bonne douzaine de westerns entre 1965 et 1981, réalise EL ZORRO JUSTICIERO en 1969 avec Fabio Testi dans le rôle titre, et même un Santo: DR. DEATH (SANTO CONTRA EL DOCTOR MUERTE, 1973). Un CV qui devrait donc lui ouvrir les portes de n'importe quel amateur de bis.

Et c'est son troisième western qui nous intéresse ici. L'action se déroule dans la petite ville de Danger Pass où sévit Moran, un riche propriétaire terrien qui n'apprécie guère le fait que le sheriff ne soit pas à cheval sur les principes de justice. Histoire de le lui faire savoir, Moran l'assassine lui et sa femme sous les yeux de sa fille d'une dizaine d'année avant d'enlever cette dernière dans le but de la faire travailler comme servante. Caché non loin de là, le fils évidemment témoin de la scène, sombre dans un profond chagrin. Recueillit par une pacifique famille de quakers, il va grandir en compagnie de son désir de vengeance et en profite pour s'entrainer au tir... C'est ainsi qu'une bonne douzaine d'années plus tard, il décide de repartir pour Danger Pass afin de faire la peau à cette ordure de Moran et sauver sa sœur. Mais c'est sans compter sur l'intervention de son frère adoptif dont les principes religieux viennent entraver ses plans.

Rien de très original ici, on s'en doute, mais l'ensemble est plutôt bien exécuté et les personnages ne sont pas dénués d'une certaine profondeur psychologique généralement absente des westerns de base. Le héros de DEUX CROIX POUR UN IMPLACABLE (campé avec conviction par Peter Martell, vu dans LE TRONE DE FEU), aveuglé par son besoin de faire couler le sang, se retrouve confronté à une situation ambigüe et, grâce à la présence de son quaker de frangin qui s'en prend plein les dents sans broncher, en vient péniblement à se questionner sur ses agissements qui le rendent aussi dégueulasse que Moran lui-même - notamment lorsqu'il s'en prend à la fille de ce dernier. Sans tomber dans un manichéisme primaire, et sans prôner une étroite morale chrétienne, Rafael Romero Marchent parvient à livrer un western certes convenu et sans éclairs de génie, mais plus sombre et désespéré qu'on aurait pu le croire, tout en délivrant un message pacifiste loin d'être condamnable. Un film mineur mais parfaitement recommandable pour les amateurs du genre. Kerozene

ACCION MUTANTE - Alex de la Iglesia, 1993

N'ayant eu personne pour s'enthousiasmer devant moi à quel point Alex de la Iglesia était génial, je n'avais donc jusqu'à ce jour ressenti aucune attirance particulière pour Accion Mutante. C'est lorsque j'ai mis ce joyaux du cinéma espagnol contemporain dans la fente de mon vidéo que j'ai compris à quel point la ballade serait pour moi jouissive. Et je n'ai pas été déçu. Ce film hilarant bourré de tordus, de bonnes idées et de surprenantes trouvailles visuelles nous démontre à quel point Hollywood a encore la crotte au cul et manque d'originalité.  Je sais que je ne rate jamais une occasion de leur chier au visage, mais que voulez-vous, je suis encore dans ma phase anale...  Dans Accion Mutante, on célèbre la démesure, le sacrilège et l'humour noir avec une gaieté contagieuse et au son d'une trame sonore absolument énergique.  La scène du mariage à elle seule vaut au moins trois semaines de ma vie et j'ai bien hâte de regarder DAY OF THE BEAST...  Bref, si vous le trouvez, ne manquez pas d'en abuser... Orloff

À LOUER aka PARA ENTRAR A VIVIR - Jaume Balaguero avec Macarena Gomez, Nuria Gonzalez, Adria Collado, Ruth Diaz, Espagne, 2006, 1h08

Clara et Mario recherchent un nouvel appartement plus spacieux depuis qu'ils savent qu'ils vont avoir un bébé. Ils en ont déjà vu des dizaines, mais l'agence leur a dit que celui qu'ils vont visiter est très spécial. Leur première impression n'est pas bonne, tout a l'air à l'abandon. Ils montent malgré tout au troisième étage, guidés par l'employée de l'agence immobilière...

Je n'avais pas été entièrement convaincu jusqu'alors par les œuvres de Jaume Balaguero. Cet opus, extrait d'une nouvelle série de films ("Pelliculas para no dormir") produits par Julio Fernandez (Filmax) sous le haut patronage du vétéran Narciso Ibanez Serrador (LA RÉSIDENCE, LES RÉVOLTÉS DE L'AN 2000), m'a pleinement rallié à sa cause ! Oui, A LOUER envoie allègrement la sauce. Balaguero abandonne enfin son style trop posé, ses effets "arty" et chichiteux pour nous en mettre plein la vue. Le gore dégoulinant fait une apparition remarquée dans son registre. Le théâtre de l'histoire, un grand immeuble glauque au beau milieu d'une banlieue industrielle en friche, prend des allures d'enfer, dont les entrailles se referment petit à petit sur les personnages. Les rebondissements ne sont certes pas particulièrement surprenants pour quiconque est un habitué du genre fantastique, mais ça va tellement vite que l'on n'a guère le temps de le déplorer. Les cinq autres épisodes de cette série de films sont signés Mateo Gil, Alex de la Iglesia, Enrique Urbizu, Paco Plaza et Narciso Ibanez Serrador lui-même. A surveiller ! Stelvio

AFTERMATH - Nacho Cerda, 1993, Espagne, 30m

En bref, que se passe-t-il après qu'un corps aie franchi les portes de la morgue ? Rien de plus à dire pour résumer cette histoire qui se passe presque entièrement dans une morgue aseptisée aux murs d'une blancheur étonnante, où un désaxé se livre à une autopsie non conventionnelle entrecoupée de nécrophilie, de prises de photos, bref, d'une fantasmatique morbide...

Nacho Cerda, dans Aftermath, nous amène assez loin en nous faisant carrément assister à une autopsie (cependant encore moins terrible, semble-t-il, qu'une autopsie réelle à laquelle Cerda a assisté). Le film se déroule dans le silence : aucune parole n'est échangée (du moins de vivant à vivant), ce qui amplifie la crudité des bruits de scalpel qui s'enfonce dans la chair, les organes, etc. Ici, les effets spéciaux sont saisissants et le documentaire qui accompagne le film est rassurant à cet effet... Toutefois, ce n'est pas tant le côté gore qui est marquant (saisissant sur le coup, mais on l'oublie assez vite), que toute la réflexion qui entoure la mort et, au passage, la religion et les croyances. Ici, la mort est perçue différemment par tout le monde : comme une fin par les parents qui ont perdu leur fils, comme simple gagne-pain pour un jeune employé à walkman, comme fantasme et événement sans grande signification pour le nécrophile... De fait, la dernière image est très perturbante, et ironique. Un autre film qui marque, mais à long terme.

PS : J'ai assisté à ce film en programme double après Schramm...  Comme soirée qui " fesse ", on fait difficilement mieux ! Cependant, j'avouerai que ma préférence, après réflexion, va à Buttgereit (du moins pour le moment) : plus subtil, moins prétentieux, travaillant avec moins de moyens, et aussi sinon plus efficace que Cerda. J'ai aussi préféré le " style " général de Buttgereit, si l'on peut dire, notamment en ce qui a trait aux images. Madame Atomos

AIRBAG - Juanma Bajo Ulloa, 1997

Petit chef-d'oeuvre d'action espagnole, cette comédie hautement loufoque nous présente des personnages tordus qui vivent des aventures rocambolesques à un rythme plutôt dément. Pour vous donner une idée, les problèmes commencent quand le futur marié à une Marquise perd le jonc dans le rectum d'une pute sado-maso. Réalisation coup-de-poing, soleil espagnol et fusillades exacerbées au menu. Orloff

ANGUISH aka Angustia - Bigas Lunas, 1986

Excellent est le mot que je trouve juste pour décrire ce film qui fait partie d'un autre film, et d'un autre film etc. Un opticien (Micheal Lerner) qui a une mère (Zelda Rubinstein) très « tape système », va hypnotiser son fils pour qu'il parte sur une folie meurtrière (il arrache les yeux de ses victimes), et c'est là qu'on réalise que ce que l'on voie est en réalité un film qui joue dans un cinéma, et que se trouve justement dans la salle un fou meurtrier, qui lui aussi partira sur une folie meurtrière. L'idée et le concept et génial. J'aime Lerner dans son rôle du tueur psychopathe et Rubinstein dans celui de la mère folle. Rana

ARACHNID - Jack Sholder, 2001, Espagne

Film récent, d'origine espagnole qu'on pourra classer dans la catégorie "grosse bête dans la jungle".

Une sorte d'alien ressemblant à une grosse araignée se retrouve sur une île de Micronésie et en profite pour massacrer tout le monde (ça, on le voit pas, mais on nous le dit!). Du coup, une expédition s'organise pour aller voir ce qu'il se passe, composé d'une équipe de personnages-cliché fort sympathique : le chercheur en araignées, le vieux con scientifique, la cochonne blonde aux gros seins, la bombe brune genre Lara Croft (trop bonne elle!), les GI débiles et les porteurs indiens! Ca crève ça et là au fur et à mesure qu'on avance dans la jungle jusqu'à découvrir le pot-aux-roses et la scène finale de combat.

Série B honnête et distrayante, et tout à fait à sa place dans le club de monstres en tout cas! Franfran

Sur une île perdue peuplée d'une tribu sauvage, une étrange espèce d'araignée fait des ravages. Une équipe de scientifiques escortée d'un commando surarmé se rend sur place pour y découvrir une araignée extra terrestre géante qui bouffe de tout.

Hey, avec une histoire pareille, on a le droit d'espérer quelque chose de bien croustillant, non ? Y a de la matière pour un bon bis des familles ! Et ça sort de la Fantastic Factory de Brian Yuzna, donc c'est bon signe ! Et pourtant, la sauce ne prend pas. Pourquoi ? Parce que :

1. le scénario est ultra mal foutu (bon, à la limite ce n'est pas un argument, combien de films au scénario mal foutu passent régulièrement dans nos lecteurs pour notre plus grand plaisir ?)

2. la mise en scène est complètement foireuse (mais com-plè-tement !), ah qu'il est bien loin de temps où Jack Sholder réalisait HIDDEN...

3. les acteurs sont tous nuls.

4. il faut dire aussi qu'ils ne sont pas aidés par des rôles et des dialogues mal écrits.

Reste heureusement quelques effets spéciaux gores intéressants, mais même l'araignée n'est pas convaincante. Grosse déception donc. Kerozene

The ART OF DYING aka El Arte de morir - Avaro Fernandez Almero - 2000

Une bande de jeunes reviennent sur les lieux du crime d'un de leur pote quatre ans après l'avoir commis. La raison est que l'enquête reprend, car la police a retrouvé la carte d'identité de la victime sur un junky. Le groupe décide donc de déplacer le corps qui se trouve enterré dans une vieille baraque abandonnée. Mais comme ils sont un peu cons, ils réussissent à y foutre le feu mais s'en sortent tout de même de justesse. C'est alors que les membres du groupe se font éliminer un par un par ce qui semble être le fantôme de leur pote. Pire que ça, des éléments disparaissent, comme ça, pouf, comme une télé ou même la clientèle d'un bar...

Pas aussi brillant que ses illustres prédécesseurs que sont TESIS ou OUVRE LES YEUX, THE ART OF DYING reste un film très sympathique, correctement torché avec de bons acteurs et cette irrésistible spanish touch qui distille une atmosphère bien particulière. L'intrigue qui se veut super mystérieuse est rondement menée mais n'est pas aussi intrigante que ça, en effet, l'effet de surprise recherché au final ne prend pas. Quelques effets chocs, timidement gores par moment, une belle photographie et une musique techno rock viennent renflouer le tout et permettent de passer un bon moment. Kerozene

AU-DELA DE LA TERREUR aka FURTHER THAN FEAR aka BEYOND TERROR aka MÁS ALLÁ DEL TERROR - Tomás Aznar, 1980, Espagne
  
Un petit gang de bikers, trois hommes et une femme, sème sang et violence sur son passage. Après avoir massacré la clientèle ainsi que le personnel d'un resto pourave, ainsi qu'une poignée de flics qui parvient à réduire le quartet en trio, nos voyous volent une voiture, kidnappent son propriétaire et sa maîtresse et fuient en direction de la campagne. Après quelques kilomètres, le petit groupe trouve refuge dans une maison isolée dans laquelle vivent une vieillarde et un jeune garçon. Fidèles à leurs habitudes, nos criminels cassent tout, frappent la vieille et mettent le feu à la maison laissant ses occupant à la proie des flammes, le tout sous le regard passif de leurs deux otages. Alors que brûle une splendide maquette de la demeure de mamie, sa voix d'outre-tombe appelle Satan lui-même et maudit les cinq intrus criminels. Incapable de contrôler leur véhicule, nos crapules dégueulasses sont conduites par une force mystérieuse aux abords d'une église perdue au milieu de nulle part. La voiture refusant de repartir, ils se voient contraints d'y séjourner quelques temps. Mais de cette église se dégage quelque chose d'étrange, voire même de maléfique... et entre un petit fixe d'héroïne, une partie de baise entre l'un des voyous et son otage, et une branlette blasphématoire sur l'autel, les choses vont se dégrader rapidement et les morts se succéder une à une de façon aussi mystérieuse qu'inexplicable.

Voila une bien étrange pelloche ibérique fauchée mais hargneuse et relativement glauque. Car le moins que l'on puisse dire, c'est que ça ne fait pas dans la dentelle, les meurtres sont brutaux et les meurtriers sont des raclures de la pire espèce : voleurs, drogués, dépravés, la violence est gratuite et surprenante... Mais le film de Tomás Aznar a quelque chose d'étrange, car si sa forme est effectivement brute, aux limites de la vulgarité crasse, son fond se veut en revanche très moralisateur : les méchants sont punis et leurs complices, même passifs, également. Et effectivement, les criminels sont éliminés un à un par une force surnaturelle (Dieu, Satan ?), au sein même d'une église qui verra durant le final de poussiéreux zombies surgir de ses catacombes. Étrange donc, mais malheureusement pas exempt de défauts : la mise en scène d'Aznar est quelque peu mollassonne et les élucubrations blasphématoires des plus bavards s'avèrent plutôt fatigantes et complètement vaines. Juan Piquer Simon, le réalisateur de LE SADIQUE A LA TRONCONNEUSE, est crédité au poste de producteur exécutif pour le compte de Cinévision. Kerozene

Les AUTRES aka The Others aka Los Otros - Alejandro Amenábar, 2001, Espagne/États Unis

Une femme et ses deux enfants qui habitent un manoir isolé croient que des présences surnaturels hantent les lieux suite à la l'embauche de trois majordomes aux allures plutôt louche.

J'ai bien apprécié ce film aux ambiances plus que lourdes. Le brouillard et l'obscurité sont omniprésents dans cette réalisation et rende l'atmosphère suffocante. Le jeu de Nicole Kidman est froid à souhait et rehausse l'élément de mystère qui plane au-dessus du vieux manoir. A mon goût, Le jeu des portes qui ferment ralenti le rythme plutôt que de rehausser le suspense ( les deux enfants sont atteints d'une maladie incurable qui les rend sensible à toutes lumières vives).

Malheureusement ce film est dans le sillon d'un autre film précurseur et récent ( dont je tairai le titre afin de ne pas donner d'indice du dénouement pour ceux qui ne l'on pas encore vu) ce qui m'a fait deviner en partie à environ le milieu de la projection, la conclusion de l'histoire. Malgré tout, le scénario est agréable et la photographie oppressante à ravir. En terminant, le livre des morts ( album photo de défunts) est à donner la chair de poule. Mr Wayne

The BLACK PEARL aka La PERLE NOIRE aka La PERLA NEGRA - Saul Swimmer, 1977, États Unis/Espagne  

S'il y a une bestiole qui n'a pas connu une grande carrière dans les films d'agressions animales, c'est bien la raie manta ! Hormis THE SEA BAT datant de 1930 (merci Nachthymnen!), elle s'est illustrée dans cette pelloche d'aventure qu'est LA PERLE NOIRE. L'action se déroule au Mexique, dans un village de pêcheurs d'huîtres perlières où vit Ramon, un jeune homme qui ne rêve que de plonger pour chopper des perles pour le compte de son père qui les revend. C'est un vieux sage baroudeur des mers qui va le former. Et sa formation, il la suit dans une crique abritant une grotte maudite dont l'accès est interdit - car il s'agit là du territoire de la manta diablo, créature marine légendaire qui aurait causé la mort de nombreux marins. Mais Ramon est une tête de mule qui n'écoute pas les grandes personnes et il se rend dans la grotte, y plonge et ramène une huître monstrueuse de laquelle il retire une énorme perle noire ! Furieux, son mentor lui ordonne de relancer la perle à la mère car elle est la propriété de la manta diablo. Il refuse et déclenche ainsi une malédiction : les éléments se déchainent, la mer s'emballe, la manta diablo pointe le bout de ses écailles et l'avenir s'assombrit...

LA PERLE NOIRE est un petit film d'aventure familial, une pelloche pour préados en quête d'évasion mis en scène par Saul Swimmer, un homme qui s'illustra principalement dans le documentaire ou le film musical pour le compte des Beatles ou de Queen. LA PERLE NOIRE fait donc office d'intrus dans cette filmo sinueuse. Toujours est-il que bien qu'il soit loin d'être passionnant - c'est très lent et pas spécialement intéressant - le film étonne de par une morale relativement douteuse (le jeune héros fini quand même par empocher le pactole en vendant la perle qui a causé la mort de son père et de nombreux pêcheurs, et qu'il dut la voler aux mains de l'église) et anticléricale (il perd la foi !). Étonnant pour un film familial espagnol de cette époque. L'intrigue est principalement focalisée autour du personnage principal et de son milieu (un village pauvre et rustique) plutôt que sur le monstre qui n'apparaît finalement que très rarement. Swimmer est visiblement plus intéressé par le cadre social dans lequel évoluent ses protagonistes que par l'aspect fantastique du récit, ce qui n'est pas un mal en soi mais il est vrai qu'on aurait souhaité voir plus d'action marine. Quant aux attaques du monstre, elles sont brèves et confuses. Mais le final réserve une scène plutôt sympathique où un pêcheur antipathique harponne le bestiaux avant de lui grimper sur le dos et de surfer la vague en hurlant comme un gamin tout en poignardant gaillardement la poiscaille ! On pense aussitôt au Capitaine Acchab de Moby Dick, toutes proportions gardées. Sinon, le film est à voir pour les complétistes d'agressions animales désireux de voir le gros œil en plastique de la manta diablo disparaître dans les flots... Kerozene

The BLOOD SPATTERED BRIDE aka La Novia ensangrentada - Vicente Aranda, 1972, Espagne 

Énième variation sur un classique de la littérature fantastique, " Carmilla " de Joseph Sheridan Le Fanu. Cette fois, une adaptation espagnole où l'on retrouve plusieurs éléments de ce cinéma fantastique : ruines, vieux manoir, ambiance moderne/gothique, érotisme pas trop explicite, racines historiques d'une malédiction, etc.

Le scénario suit deux mariés qui logent dans le manoir de l'époux. L'ancêtre de l'homme fut empoisonné par sa jeune épouse, Mircalla. Évidemment, Susan, la jeune épouse du nouveau marié, rencontre Carmilla/Mircalla lors d'une balade en forêt. Ensuite, elle la voit dans ses rêves et ce fantôme/vampire (?) lui ordonne de tuer son mari.

Comme THRILLER, A CRUEL PICTURE, la popularité de ce film fut relancée par KILL BILL, dont l'un des chapitres s'intitule THE BLOOD SPATTERED BRIDE. Tarantino disait toutefois en entrevue qu'il n'avait pas encore vu le film en question...

Peut-être ai-je vu trop d'adaptations de Carmilla, en plus d'avoir lu la nouvelle. Toujours est-il que THE BLOOD SPATTERED BRIDE n'est pas un classique pour moi.

Ce serait mentir que d'affirmer que le film n'a aucune qualité. Il en a au contraire plusieurs : la photographie est belle, la mise en scène est élégante, et il ne sombre jamais dans le kitsch caractéristique de plusieurs films espagnols de cette époque. On y retrouve aussi plusieurs scènes étonnantes, dont celle (que je ne révélerai pas) où Simon Andreu se retrouve seul sur la plage...

Si la première moitié du film est plutôt intéressante, la deuxième se déroule à un rythme très lent qui finit par lasser. Le scénario piétine, aucun nouveau détail ne vient s'ajouter au récit pour le faire progresser, et la scène (obligée) où le héros essaie de convaincre un scientifique de l'existence des vampires est un peu pénible : on l'a vue trop souvent.

On se retrouve à souhaiter que THE BLOOD SPATTERED BRIDE finisse, et la conclusion est banale. Le film suit donc une pente descendante, ce qui ne l'aide pas beaucoup. Malgré tout, il est plastiquement réussi et bien réalisé, si l'on tient compte de ses homologues du cinéma espagnol de l'époque. Il faut probablement ajuster ses attentes et ne pas espérer un film original ou nerveux de facture. Howard Vernon

  Le BOSSU DE LA MORGUE aka EL JOROBADO DE LA MORGUE - Javier Aguirre avec Paul Naschy, Rossana Yanni, Victor Alcazar, María Elena Arpón, 1973, Espagne, 79m

Ça débute avec un générique interminable et ringard sur une musique style bavaroise, mais méfiez-vous, le reste va aller de surprise en surprise. Ghoto est un bossu qui travaille comme homme à tout faire dans l'hôpital du coin, mais les jeunes médecins et la plupart des gens de sa ville rient de lui quand ils ne le harcèlent pas carrément, y comprit les enfants! Seule à voir en lui autre chose, Ilse, qui est malheureusement très malade et qui va succomber à sa maladie. Gotho demande alors à un médecin peu orthodoxe de la faire revivre.

Ainsi débute une intrigue de plus en plus macabre et gore qui pousse les limites du mauvais goût et du sensationnalisme très loin, monstre en prime. Paul Naschy a cependant évité de s'enlaidir le visage, au contraire de Lon Chaney dans Quasimodo, ce qui étonne un peu, au vu de la réaction qu'il a sur les villageois. Pas tous, car une belle rousse, la flamboyante Rosanna Yani joue Elke, n'hésitera pas à s'amouracher du bossu, scène d'érotisme à l'appui. Gotho devient un meurtrier pour revoir son Ilse et au fur et à mesure que les meurtres s'accumulent, ils plongent dans le grand guignol spectaculaire. On a droit à des ruines souterraines du plus bel effet ou un savant fou à la Frankenstein essaie de réanimer les corps, pour finalement créer de toutes pièces, humaines, un être vivant inédit. Ce monstre, qu'il nous faudra bien du temps avant de voir, a un appétit de corps morts, puis vivants, démesuré et on imagine constamment une créature lovecraftienne ou proche des corps fusionnés du film Society. Naschy, également responsable du scénario, semble vouloir briser tous les tabous de l'époque et le fait sur un rythme accéléré et sur un thème musical lancinant et dramatique qui reviens constamment ponctuer le récit fatidique. Le meilleur film de Naschy et un indispensable de l'horreur espagnole.

Coffret Collector avec livre de 64 pages "Le cinéma de terreur espagnol". L'entretien épique de près de 90 minutes avec Alain Petit présente un panorama complet de l'âge d'or du cinéma d'horreur ibérique et abonde de renseignements et d'anecdotes sur le film et la filmographie de Jacinto Molina alias Paul Naschy. Offert en versions française et en espagnol avec sous titres français. Mario Giguère

La CABINA - Antonio Mercero avec José Luis López Vázquez, Agustín González, Goyo Lebrero, 1972, Espagne, 35m, TV

Des hommes installent une cabine téléphonique dans un endroit public et repartent. Un homme entre pour faire un appel mais l'appareil n'est pas connecté et la porte, qui s'est refermée, refuse de s'ouvrir. Rapidement, femmes, hommes et enfant s'agglutinent autour de la curieuse cabine et plusieurs essaient de libérer en vain le pauvre homme.

Un souvenir impérissable de jeunesse, vu par hasard pendant une grève de la télévision publique, Radio-Canada, qui passait courts et films sans interruption. La prémisse est fascinante et la conclusion reste d'une force et d'un mystère remarquable. Comme la cabine est insonorisée, on a droit qu'a de brefs dialogues des badauds, policiers ou pompiers qui essaient d'ouvrir la cabine, l'atmosphère et le ton qui change étant donné par une excellente trame sonore. Je ne vous en dirai pas plus, mais c'est absolument à voir, a moins d'être trop cartésien et de vouloir tout comprendre, parce qu'on est en plein cauchemar éveillé, un délire onirique implacable, un bijou. Mario Giguère

CANICHE - J.J. Bigas Luna, 1979

Je me suis claqué 3 films de Bigas Luna l'autre jour. CANICHE qui confirme que Luna n'est pas seulement une "pâle copie" d'Almodovar comme certains critiques le laissait entendre après des films comme Jamon et Golden Balls. CANICHE, réalisé en 1979 donc avant le tout premier film de Mr. Almodovar, est une oeuvre inquiétante et dérangeante au climat trouble et malsain. Il y explore à nouveau certains aspects de la sexualité et de la perversité humaine (on parle ici de zoophilie mais tout en retenue ce qui rend le film encore plus troublant et dérangeant selon moi). LOLA, pas le meilleur film de Luna, est tout de même un film assez  intéressant. Plus proche du thriller que du film érotique, LOLA se déroule sur des sentiers battus jusqu'à une dernière partie riche en rebondissements. Agréable bien que j'ai toujours pas mal de difficultés à supporter Patrick Bauchau (le Donald Pilon français). Puis, je me suis finalement décidé de me taper LA TETA Y LA LUNA que j'avais poussiéré quelque part dans mes nombreuses étagères. C'est le film le plus poétique de Luna. À mi-chemin entre Fellini et LEOLO avec la délicieuse et toujours bandante Mathilda May qui a pris un coup de vieux cependant. Gonin

CHASSE AU NOIR aka Fuerza Mortal aka Big Game - Max H. Boulois, 1980, Espagne, 1h30

Un ancien paramilitaire afro-américain, vétéran du vietnam, vit à New York et s'est endetté jusqu'au cou avec un gymnase qui n'a pas bien marché. Il doit 50 000$ à la mafia et les caïds italiens le "pressent" de les rembourser. Comme par magie, il reçoit un coup de téléphone et une voix inconnue lui offre un million de dollars, en échange de quoi il devra se sortir vivant d'une chasse à l'homme que lui donneront par pur plaisir d'excentriques millionnaires. Doit-il accepter ce marché plus que douteux ? Et comme le dit si bien la jaquette, "Un noir... Est-il un animal ?"  Voici l'interprétation toute personnelle que fait Max H. Boulois de THE MOST DANGEROUS GAME. Supposément "basé sur des faits réels", le récit semble au premier abord plutôt fantaisiste, et très amusant. Boulois est un afro-américain bon vivant multidisciplinaire qui n'a réalisé que trois films - ses deux autres étant BLACK JACK, avec Peter Cushing, et OTHELLO :  THE BLACK COMMANDO - mais qui y fait à peu près tout. Ici encore, il scénarise, réalise et interprète. La trame sonore bien groove qui ponctue toutes les scènes d'action lui est aussi due. Le scénario, un peu primaire, contient suffisamment de ressorts dramatiques pour nous faire apprécier le manque d'imagination de la réalisation, et les étranges sons tout à fait délirants, qui soulignent des effets de montage inhabituels et saccadés, sont dignes de n'importe quel voyage à l'asile. Décidément une belle surprise, un film inusité, qui souligne tout le talent et la singularité de l'attachant Max Boulois. Orloff

CHASTE ET PURE aka Casta e Pura aka Rosa - Salvatore Samperi, 1984, Italie / France / Espagne, 1h28

Sur le lit de mort de sa mère, la petite Rosa, âgée d'à peine dix ans, lui promet de ne jamais se marier et de prendre soin de son père jusqu'à sa mort. Le père, bien entendu, souhaitant profiter de la fortune dont hérite sa fille ! Fondu au noir sur la petite qui promet en pleurant. Puis "de nos jours"... enfin en '84 : le papa est encore de ce monde, le petit frère se marie avec une cruche, Rosa est jalouse, parce que ça fait tout de même vingt ans qu'elle torche papa et elle est encore vierge à près de trente ans...

Elle rêve au démon, se fout des oreillers entre les jambes en gémissant, perd connaissance en voyant les gens folâtrer autour d'elle... Le père se demande ce qui se passe, et tout le monde (docteur, curé, j'en passe) pose son diagnostic : Rosa a besoin d'un homme, et pas seulement pour lui faire la cuisine, si vous voyez ce que je veux dire...

Réalisée un peu sur le tard, avec une Laura Antonelli plus très fraîche - mais quand même fort appétissante, si vous voulez mon avis d'expert - et convenant parfaitement au rôle de vieille fille en chaleur qu'elle interprète, CHASTE ET PURE est une comédie "à l'Italienne" plutôt moyenne qui est sans doute beaucoup plus drôle en version originale qu'avec un doublage français. Pourtant, tous les ingrédients gagnants y sont : des personnages débiles, une situation de départ offrant de multiples possibilités sexy, des quiproquos embarrassants... Et pourtant ça ne lève pas !

Laura Antonelli (la belle du VENUS IN FURS de Dallamano) se dévoile brièvement ça et là, révélant un surplus de chair fort bienvenue, et sa "performance" à proprement parler n'a rien d'alarmant. Son père, interprété par un Fernando Rey (ESMERALDA BAY, CET OBSCUR OBJET DU DÉSIR) vieillissant, sert surtout d'antagoniste têtu et avide de fric, allant même jusqu'à organiser un viol collectif (!!!) pour calmer les ardeurs de sa fille ! Le mari éventuel, un playboy endetté jusqu'aux yeux qui éprouve un intérêt envers Rosa encore une fois uniquement pour l'argent, est mollement interprété par Massimo Ranieri, un chanteur pop qui est entre autres apparu dans le DEATH RAGE de Margheriti. On remarque la Québécoise Gabrielle Lazure (LA BELLE CAPTIVE, WOYZECK) dans un petit rôle d'idiote bonne à rien que le petit frère de Rosa épouse seulement pour ses aptitudes de chaude lapine.

On l'aura compris, le portrait que dresse Samperi de la bourgeoisie italienne est fort négatif. Ce dernier, encore actif aujourd'hui, semble avoir bâti sa carrière sur les films coquins, et il en avait peut-être assez de donner dans la dentelle...

PHRASE CULTE 

Le père au curé qui insiste pour que Rosa s'accouple : "L'Église m'a l'air bien pressée d'organiser cette fornication !" Orloff

Mes CHERS VOISINS aka COMMON WEALTH aka LA COMUNIDAD - Alex de la Iglesia, 2000, Espagne

Julia, agent immobilier, décide de squatter un luxueux appartement à sa charge avec son compagnon histoire de se faire une soirée en amoureux dans un cadre des plus agréables. Ce que Julia ne sait pas, c'est que le voisin de dessus, un vieillard, est mort depuis plusieurs jours, et ceci dans l'anonymat le plus complet. Un voisin harcelé par les autres locataires de l'immeuble depuis qu'il a gagné une fortune aux jeux, un harcèlement tel qu'il n'osa plus sortir de chez lui, ne serait-ce que pour évacuer les poubelles. Son pactole, un véritable trésor, est donc caché dans l'appartement encombré de déchets et d'ordures. Coup de chance, Julia découvre le trésor du vieux et devient alors la cible des habitants de l'immeuble qui ne cesseront de la harceler.

De la Iglesia signe ici une comédie noire qui a la faculté de distiller une atmosphère extrêmement tendue, voire carrément stressante. Le résultat est proprement étonnant, alors que le ton est à la comédie, le film sombre par moment dans des instants de noirceur inattendue. On songe à DELICATESSEN et à son immeuble peuplé d'une bande de vautours imbéciles. Les personnages présentés par le réalisateur espagnol ne sont peut-être pas aussi fous et diversifiés que ceux de ceux de Jeunet et Caro, mais ils sont clairement plus cruels et faux-cul, aveuglés et obsédés qu'ils sont par l'argent. Contre toute attente, seul l'idiot de service constamment vêtu d'un costume de Darth Vader présente un minimum de bon sens. Un film pas si drôle que ça à ne pas manquer. Kerozene

C'est de l'humour noir qui fait autant penser à du bon Hitchcock qu'à un film italien comme LES MONSTRES. Pas de pitié et des personnages dont on voudrait bien rire, mais d'un rire jaune car tout cela est d'un macabre plutôt dérangeant. Pas aussi jouissif que ses premiers films, probablement parce que trop proche d'une certaine réalité et, je me disait, peut-être, parce que ça met en vedette une femme qu'on ne ridiculise jamais, comparativement aux tronches de crétins masculins habituels. Mario Giguère

La CLOCHE DE L'ENFER aka LA CAMPANA DEL INFERNO aka LES CLOCHES DE L'ENFER aka A BELL FROM HELL aka THE BELL OF HELL - Claudio Guerin avec Renaud Verley, Viveca Lindfors, Alfredo Mayo, Christine Betzner, Nuria Gimeno, Maribel Martin, 1973, Espagne, 1h32

Juan est libéré après deux années passées en institut psychiatrique et réintègre sa demeure. Sa mère lui a laissé une fortune considérable. L'exécuteur testamentaire est sa tante Marta. Elle n'admet pas que le fantasque et séduisant jeune homme puisse profiter du colossal héritage...

Voilà typiquement le genre de film qui laisse un sentiment d'insatisfaction, un goût d'inachevé. Une fois le visionnement terminé, on se trouve forcément partagé. Doit-on regretter le manque de cohérence narrative, le montage biscornu, qui étire les scènes bavardes et compresse les moments-choc (censure franquiste due aux sous-entendus religieux du film ?) et le sentiment d'être parfois un peu paumé dans l'histoire (c'est un film fantastique, je sais, mais quand même...). Ou bien faut-il se féliciter de la qualité de l'interprétation de Renaud Verley - parfait dans ce rôle d'ange exterminateur (très 70's, très pasolinien, ça !), dédaignant l'argent mais par-dessus tout avide de liberté -, du soin apporté aux décors (jolis intérieurs sombres et inquiétants), de la qualité d'ensemble des cadrages et des éclairages qui concourt à l'atmosphère prenante de l'oeuvre ? Quant au titre, il reste longtemps mystérieux, jusqu'à ce que... Le jugement sur ce film, à mi-chemin entre horreur gothique et giallo de manipulation, dépend finalement de l'humeur. A voir éventuellement donc !

A noter que l'Imdb attribue également la paternité de ce film à Juan Antonio Bardem. Ma VHS n'en fait aucune mention. Décidément, cette Cloche de l'Enfer n'est pas avare de mystères... Stelvio

 

CLOCKWORK TERROR aka Murders in a Blue World aka Le Bal du Vaudou aka Una Gota de Sangre Para Morir Amando aka La CLINIQUE DES HORREURS- Eloy de la Iglesia 1973, 1h37. Espagne/France

Anna est une infirmière exemplaire, que tous ses collègues envient pour son humanisme et sa dévotion. Elle vit dans une société future où la libre pensée n'obtient pas un très grand succès et où la télévision et le gouvernement prennent toute la place. Dans sa ville a lieu une vague de meurtres imputés à un "sadique homosexuel" dont les victimes sont tous des mâles à la belle apparence. Comme si ça ne suffisait pas, une bande de jeunes voyous exaltés sévissent envers les honnêtes gens et leur volent violemment leur fric. Fable futuriste empruntant un peu à tous les "classiques" tout en gardant une certaine originalité, CLOCKWORK TERROR se déroule dans un monde où l'emprise télévisuelle est complète et où tous les citoyens se doivent d'être "utiles à la société". Un lavage de cerveau bien peu original, en  somme. L'État a pour but de réhabiliter les citoyens violents afin d'enrayer le taux grimpant de criminalité. Le sigle du gouvernement ressemble fort à l'aigle aux ailes déployées des nazis, ce qui enlève un peu de subtilité au propos politique. Eloy vénère Kubrick et ça se voit; outre une photo du barbu Stanley à la télé précédant une représentation de CLOCKWORK ORANGE, et ses multiples clins d'oeil (les jeunes voyous ayant tous le même uniforme, l'utilisation de la musique classique, les décors futuro-kitsch...), on peut à un moment apercevoir l'héroïne qui lit LOLITA de Nabokov... Ces citations, sans le recul temporel dont nous bénéficions aujourd'hui, pourraient sembler incongrues, mais pas une fois elles ne sont déplacées. La fin-choc, quoiqu'un peu moraliste, est très efficace. Comme quoi De La Iglesia rate rarement sa cible. Orloff

Une jeune infirmière, a l'aide de son charme, va envoûter des hommes à qui elle offrira l’hospitalité. Ceux-ci une fois endormis se font assassiner. Un quatuor de voyous sème la pagaille à la manière d'Orange mécanique (on voit que le réalisateur s'est inspiré d'une scène de ce film) . L'un des quatre va foutre le camp pour continuer à son compte, quand un jour il apercevra la jeune infirmière jeter un cadavre dans une rivière. Il la suivra et, à l'aide de chantage, monnaiera son silence sinon il la dénoncera la police. Un film que je ne connaissais pas du tout mais que j'ai trouvé très ordinaire, à part le clin d'oeil à Orange mécanique et quelques autres scènes. Eloy De La Iglesia a co-écrit avec 3 autres scénaristes qui ne me disent rien du tout. Rana

CRIMEN FERPECTO aka Ferpect Crime - Álex de la Iglesia, 2004, Espagne/Italie, 105m 

Rafael (Guillermo Toledo) simple vendeur est promu manager de plancher dans un gigantesque centre commerciale. Il est playboy et avec son charisme, il est le vendeur ultime ! Du style à pouvoir vendre un Igloo à un esquimau ! Il se trouve que son nouveau rang fait des jaloux, dont un vendeur avec qui il etait en compétition, ce dernier est furieux. Par une série d'événement, il perd son poste et il est rétrogradé à faire la basse besogne (par exemple: ranger de vieux mannequins usés dans l'entrepôt). Dans une engueulade avec le nouveau gérant, il tue accidentellement ce dernier. Il parvient ensuite à cacher le corps, mais il découvre qu'il y a un témoin. Comment parviendra t'il à se sortir de cette situation ?

Il s'agit d'une excellente comédie noire au rythme échevelée. Álex de la Iglesia réalisateur bien connu (Action mutante, 800 Ballas, The Day of the Beast, etc.) est ici dans une forme superbe ! Le film déborde de plans séquences à la Brian De Palma et l'ouverture du film sera un jour considéré comme un classique.

Si je veux m'amusé à faire une comparaison grossière avec d'autres films, je dirais qu'il s'agit d'un habile croisement entre WORKING GIRL, AN AMERICAN WEREWOLF IN LONDON, BLOOD AND BLACK LACE, WEEKEND AT BERNIES, HENRY: PORTRAIT OF A SERIAL KILLER et CRIMEWAVE (Sam Raimi) ! Puis, ce film complètement éclaté déborde dans plusieurs genres comme le Giallo, l'Info publicité, le film gore extrême, le film érotique et le film catastrophe. À regarder les yeux fermés ! Vous allez adorer !!!! Spooky Halloween

Los CRONOCRIMENES aka TIMECRIMES - Nacho Vigalondo, 2007, Espagne  

Dans le paysage du cinéma fantastique espagnole, LOS CRONOCRIMENES semble faire office d'outsider car pour une fois, il ne s'agit ni d'une production Filmax (LA SECTE SANS NOM & co.), ni d'un film affilié à Guillermo Del Toro (L'ORPHELINAT & co.), ni d'une pelloche débordante de jeunisme exacerbé (BLACK SERENADE & co.). De plus, d'un point de vue purement plastique, on est loin de la photo super chiadée de L'ORPHELINAT ou du film de Balaguero. Bien au contraire, Vigalondo nous plonge dans un univers relativement terne et sans esbrouffe visuelle. Un style qui sied plutôt bien à son histoire alambiquée, celle d'un homme qui, attiré par la vision d'une femme nue au milieu d'un bois, se trouve pourchassé par un psychopathe au visage bandé avant d'atterrir malgré lui dans une machine à remonter le temps pour se retrouver finalement témoin de ses propres actes quelques heures plus tôt. Vigalondo exploite à merveille son concept qui met en avant les traditionnels risques encourus par les voyageurs temporels qui risquent de causer des erreurs en modifiant le cours de l'histoire. Jusque là rien de vraiment neuf, à la différence que les propos du film vont clairement dans le sens plutôt effrayant que le hasard n'existe pas, que le destin n'est rien, que l'avenir est tout sauf aléatoire et que finalement toute l'Histoire de l'humanité doit être écrite quelque part - un peu comme dans TERMINATOR d'ailleurs quand on y pense. Et c'est cet aspect lié à la remarquable clarté de l'écriture de Vigalondo qui - paradoxalement - pose problème. Son film fonctionne sur une logique implacable, mathématique, et il prend un soin particulier à ce que tous les événements soient justifiés, rationalisé, poussant le film à en devenir inévitablement prévisible une fois tous les éléments de l'équation mis en place. Du coup, le dernier acte ne fini par présenter que bien peu d'intérêt car ne tous les enjeux soulevés préalablement n'ont plus lieu d'être. Sans doute aurait-il fallut un dernier retournement de situation, un twist saugrenu pour satisfaire le spectateur qui ne peut que conclure le film par un dommageable " tout ça pour ça ". Une fin décevante mais LOS CRONOCRIMENES, qui dans ses deux premiers tiers est diablement captivant, a le mérite de révéler un réalisateur-scénariste au potentiel élevé. Très élevé même. Kerozene

DAGON - Stuart Gordon, 2001 

Quatre personnes se trouvent sur un bateau ancré proche d'une côte sur laquelle repose un petit village de pêcheurs. Soudain, une tempête se lève projetant le voilier contre des récifs, obligeant le plus jeune des couples à aller chercher du secours au village. Celui-ci s'avère vide, étrange et glauque au premier abord. Au deuxième, on s'aperçoit que quelques âmes l'habitent. Des personnages au teint blafards, malades, handicapés...  Des personnages qui vouent un culte aux conséquences désastreuses à une entité marine...

Stuart Gordon revient en très grande forme avec cette adaptation de Lovecraft qu'il traînait derrière lui depuis plus de 10 ans. Film d'horreur très premier degré, pas question ici de rigoler. On retrouve ainsi ce qui a fait la force de certains films: ambiance glauque à souhait, images sombres, personnages angoissants, décors crasseux... Le spectateur amateur se trouve rapidement plongé dans une ambiance fascinante et jubilatoire lors de la découverte de ce village et de ses dégueulasses habitants. Le final se termine un poil trop rapidement, mais le tout forme un film bien trop génial pour le bouder. De l'horreur comme on en voit trop peu. Kerozene

Le mec à lunettes, fraîchement millionnaire (détail narratif dont la pertinence vous échappera sans doute), rêve avec récurrence d'une femelle à queue de poisson - rêves d'abord aux accents érotiques qui s'avèrent malheureusement et subitement (un mauvais raccord sur une dentition douteuse ou des tentacules-langues numériquement mal foutues) être des cauchemars. Pour une raison inexpliquée il va avec sa nana faire une petite croisière amicale avec un couple d'amis (mais qui sont ces gens?) dans un trou perdu - qu'aucun d'entre eux ne semble connaître (mais comment se sont-il rendus là les cons?).

Toujours est-il que la tempête se lève et que, pour sauver la moitié femelle du couple d'amis dont la jambe est coincée et tout le tralala, le mec à lunettes doit se rendre dans le village un peu bizarre d'où proviennent des chants religieux inquiétants. Une série abracadabrante d'événements plus tard (récit épisodique digne du plus grand revampeur de Homère, donc mieux foutu que du Tolkien), menée adroitement par les habitants de la place (qui se transforment lentement en poissons), il aura perdu ses amis et sa nana et se retrouvera seul comme un con dans un hôtel miteux. Mais ne vous en faites pas, il retrouvera tout son monde : son pote le marin, épluché, la peau laissée à sécher ; la nana de ce pote, enceinte de Dagon, le Dieu des habitants de la place, une jambe manquante, se suicidera à grands coups de canif ; et finalement, le plus important, sa nana à lui, offerte en sacrifice à Dagon. Attention : le mec à lunettes ne réussira pas à sauver sa nana, Dagon (grandiose bebitte numérique) la lui reprendra au dernier moment en lui déchirant les deux bras. Et attention : le mec à lunettes est en fait le fils perdu du leader des hommes-poissons et est destiné à friquotter avec sa soeur (celle-là même dont il rêvait nue seins au tout début) pour l'éternité dans les profondeurs marines. Memorial BBQ

DARKNESS - Jaume Balaguero avec Anna Paquin, Lena Olin, Iain Glen, Giancarlo Giannini, 2002, Espagne/États-Unis, 1h42

Lorsque cette famille américaine emménage dans cette maison espagnole, tout semble aller pour le mieux : nouveau pays, nouveaux amis, nouvelle vie... Mais quelque chose de blotti dans l'ombre, quelque chose qui attend depuis 40 ans est là et observe ces nouveaux arrivants. L'occasion d'une éclipse solaire ne risque-t-elle pas de réveiller des démons cachés à l'intérieur de cette maison ?

Produit par la Fantastic Factory avec un casting à dominante américaine, ce deuxième long métrage de Jaume Balaguero (LA SECTE SANS NOM - The Nameless) est une relative déception. Certes, le savoir-faire du cinéaste est toujours présent. Les personnages sont bien exposés, le décor est joliment mis en valeur et l'angoisse n'est pas absente durant la première partie du film. C'est ensuite que les choses se gâtent. Pourquoi avoir voulu à tout prix souligner les revirements de l'intrigue à grands traits, quand un peu d'ambiguïté n'aurait pas nui ? Comment surtout dépasser le motif de base du film, à savoir la peur du noir ? Balaguero tente de créer un fantastique policé et suggéré, ni lovecraftien ni gothique, dans lequel les effets sonores jouent un rôle non négligeable. Malgré un bon casting féminin (Anna Paquin et Lena Olin font de leur mieux), il échoue. La prochaine fois, peut-être... Stelvio

The DEVIL'S KISS aka La Perversa caricia de Satán - Georges Gigo, 1975, Espagne

" Heureusement, on a eu le temps de cacher le cercueil et le nain " 

Inexplicablement sorti en DVD par IMAGE, ce navet co-produit par Eurociné est très représentatif de ce que la firme française présente d'habitude. On y retrouve les fameux acteurs hallucinés du cru (Olivier Mathot, Evelyne Scott, etc.), le doublage involontairement bouffon et le scénario presque métaphysique tant il est creux et repose entièrement sur une sorte de macération à vide de vieux clichés empilés les uns sur les autres sans autre but que de recycler des éléments commerciaux, ici dépourvus de raison d'être.

Scénario : une spirite et un télépathe qui se retrouvent dans un château pour une sombre affaire de vengeance. Pris de sympathie pour ce duo défraîchi, le propriétaire des lieux pousse la philanthropie jusqu'à leur proposer de s'installer au sous-sol pour de soi-disant expériences ésotériques. Mal lui en prendra : la spirite et le télépathe cherchent en fait à causer sa perte en réanimant un mort grâce au pouvoir du diable et à un attirail scientifique un peu inutile (car enfin, la force de Satan devrait suffire sans qu'en plus on doive lui adjoindre celle de la technologie moderne).

Dans les parages, un nain violeur et fou rôde. Il fera même un rêve érotique qu'on découvre au milieu du film. Il ne faut pas oublier un domestique fouineur et vaguement désaxé et d'autres personnages propres à un certain folklore vaguement rural.

Olivier Mathot donne ici le summum de lui-même. Le télépathe qu'il incarne a mal chaque fois qu'il utilise ses pouvoirs. Mathot passe donc une grande partie du film à gémir : " Ouille... Aille... Ohoh... Oh yé... ", etc. Il se tient le coeur, grimace et donne une belle démonstration de la différence entre le " senti " (absent) et le " joué " (très présent).

Pour le reste, les dialogues (souvent anthologiques), sont répétitifs et très lents, de même qu'une action qui traîne en longueur, desservie par des plans interminables. L'ensemble donne une belle impression d'amateurisme, qu'on peut apprécier en dilettante un peu décadent, pour peu qu'on soit sensible à ce genre d' " art " décomposé. Howard Vernon

DJANGO LE PROSCRIT aka DJANGO THE CONDEMNED aka DJANGO THE HONORABLE KILLER aka OUTLAW OF RED RIVER aka EL PROSCRITO DEL RIO COLORADO - Maury Dexter, 1964, Espagne

Deux familles mexicaines sont sur le point de s'unir: le patriarche de l'une s'apprête à épouser la fille de l'autre. Mais la fille du patriarche aime le frère de la future femme de son père, frère qui n'approuve pas, justement, l'union de sa soeur avec cet homme qu'il méprise au grand désarroi de son père à lui. Vous suivez là ? Au milieu de tout ça se trouve Django O'Brien (George Montgomery au look très John Wayne), mystérieux personnage dont on dit qu'il a tué sa femme (rassurez-vous, ce n'est pas vrai), ami de l'homme sur le point d'épouser la fille, qui se pose là en tant que spectateur de ce soap opera légèrement pompeux. Par moment dérangé par un vilain criminel notoire, Django se fait passer à tabac. Il participe même à une fusillade ! Mais il revient toujours vers son ami dont la future femme finit par porter son dévolu sur Django, alors que son frère se fait tuer par le méchant bandit.

Voici donc un western de 75 interminables minutes de bavardages inintéressants filmés de façon mollassonne par un réalisateur jamais inspiré. Les scènes d'action, rares, sont rapidement expédiées. Les dialogues, de plus doublés de façon calamiteuse, font effet pendant les premières minutes provoquant quelques rires sincères. La séquence d'ouverture offre aussi la meilleure scène du film, lorsque Django se fait tabasser (hors champs) par des bandites puis enfermer dans une pièce dont la fenêtre est ouverte. Prouvant sa supériorité intellectuelle, notre héros le remarquera et parviendra ainsi à s'échapper. Mais les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures et tout ça finit par sombrer le spectateur dans un ennui profond. Très très profond.

Ce film, sorti une année avant le véritable DJANGO, a été distribué en France par Eurociné. Kerozene

DRACULA CONTRE FRANKENSTEIN aka LOS MONSTRUOS DEL TERROR aka DRACULA A LA RECHERCHE DE FRANKENSTEIN aka REINCARNATOR aka ASSIGNMENT TERROR aka DRACULA VERSUS FRANKENSTEIN aka OPERATION TERROR aka OPERAZIONE TERROR aka THE MAN WHO CAME FROM UMMO - Hugo Fregonese & Tulio Demichelli, 1969, Espagne / Allemagne de l'Ouest / Italie

Quel est le meilleur moyen d'éliminer une bonne fois pour toute cette dégoûtante espèce humaine de la surface de la Terre sans toutefois nuire à l'environnement ? Une race mourante d'extra-terrestres libidineuse originaire de la planète Ummo et désireuse de faire main basse sur la planète bleue, répond à cette question par une théorie qui vaut ce qu'elle vaut : il faut exploiter les peurs primaires des hommes ! Une petite poignée de représentants aliens prennent alors possession des corps de quelques êtres humains afin de mener à bien leur mission qui consiste à ressusciter les grands monstres de l'Histoire dans le but de coller une frousse d'enfer au monde entier. Le comte Dracula, le monstre de Frankenstein, une momie égyptienne et Waldemar Daninsky - autrement dit le loup-garou incarné par Paul Naschy également auteur du scénario - sont tirés un à un de leur sommeil sépulcral par notre E.T. déguisé en savant fou.

Seulement voila. Nos extra-terrestres estiment que les humains sont des êtres faibles car guidés par leurs émotions. Ce qui fait de nous des proies faciles. Et pourtant, cette incroyable faculté que nous avons d'aimer, de nous fâcher ou d'avoir peur, va être la clé de notre salut ! Et c'est justement grâce à la part d'humanité présente en Waldemar Daninsky que le loup-garou fera face aux autres salopards de monstres qui eux ne s'avèrent être que des bêtes criminelles. Par la même occasion Waldemar fera naître en une femelle extra-terrestre des sentiments qu'elle avait jusque là ignorés, prouvant ainsi que la plus grande force de l'Univers n'est autre que l'Amour avec un grand A.

Les amateurs de pelloches d'exploitation, d'horreur gothique (le QG des envahisseurs se situe dans les profondeurs d'un lugubre château) ou même de SF déglinguée vont sans doute tirer une gueule déconfite face aux pathétiques et chaotiques tribulations de Waldemar et ses potos. Le rythme gériatrique du métrage, son montage incohérent (en partie dû à la présence de deux réalisateurs et à des difficultés financières qui rendirent le tournage difficile), son histoire qui verse dans le Barbara Cartland sous LSD ont vite fait de plomber l'atmosphère. D'autant plus que le fameux duel promis par le titre n'arrivera jamais (et donc à ne surtout pas confondre avec le film homonyme d'Al Adamson réalisé deux ans plus tard) ! On se console alors comme on peut avec les maquillages ringards du monstre de Frankenstein, de Dracula au teint plus que blafard et de la momie aux yeux très expressifs. Reste le toujours convaincant lycanthrope de Paul Naschy... Kerozene

ESPIONAGE IN LISBON aka Misión Lisboa - Tulio Demicheli, 1965, Espagne/Italie/France     

Tulio Demicheli se donne à fond dans ce polar d’espionnage 60's style co-écrit par un Jess Franco aux répliques qui tuent. L'éternel Fernando Rey joue encore une fois le vilain de service dans cette histoire de formule scientifique qui va sauver le monde, et rien ne manque - ou presque - pour en faire le film d’espionnage parfait : on y voyage, le héros a le sourire craquant et les filles pleuvent dans ses bras, la musique ponctue habilement les poursuites en voiture et les fusillades, et les méchants tombent par dizaines sous les coups élégants du clone de James Bond. On a même droit à quelques gadgets risibles, dont un "portable" avant son temps qui fait office de télé d'espionnage, une mouche télécommandée grosse comme une prune qui espionne les conversations compromettantes, et des stylos-pistolets quifont un bruit de pétard à mèche avorté. Bref, du plaisir pour toute la famille et bien des rires sincères en perspective. Orloff

El ESPIRITU DE LA COLMENA aka L'Esprit de la ruche aka The Spirit of the Beehive - Victor Erice avec Fernando Fernán Gómez, Teresa Gimpera, Ana Torrent, Isabel Tellería, José Villasante, Juan Margallo, 1973, Espagne, 97m

Au début des années quarante, en Espagne, arrive dans un petit village asséché et isolé une vieille camionnette remplit des bobines de films. Les habitants déshumanisés prennent rapidement place à la projection. Ce film suscitera un intérêt particulier auprès d'une petite fille. Âgée seulement de 6 ans elle apprendra les jours suivants plein de choses suite à ce film tel la mort et le pouvoir de l'imaginaire. Le film présenté étant le 1er Frankenstein de James Whale, 1931.

C'est lent, c'est long et c'est un bijou d'efficacités. Un exploit d'authenticité de la dépression espagnole avec un directeur photo dont l'équipe savait qu'il devenait aveugle, Luis Cuadrado. Une magie car une fois sous l'emprise de cette gamine c'est un délice de parcourir ces 4-5 jours avec elle. Ana (Ana Torrent) est "aussi belle qu'une fragile fleur", dixit Frankie et ces amis. Nous sommes dans son univers, dans ses petits souliers, abandonnés à nous même devant certains faits inhabituels à élucider. Hautement recommandé pour son ambiance lyrique près d'un pur cinéma se rapprochant du muet et des rêves. Monstrueusement touchant. Deadmonton

EXTRATERRESTRE - Nacho Vigalondo, 2011, Espagne 

Julio se réveil dans le lit de Julia (la très sexy Michelle Jenner, vue dans le " Faust " de Brian Yuzna quand elle avait 14 ans). Ils ont tous les deux la gueule de bois, ne se souviennent pas vraiment des événements de la veille et ne semblent pas particulièrement fiers de leurs exploits. Mais au moment où Julia s'apprête à mettre Julio dehors, ils se rendent compte que la ville est étrangement déserte et qu'un gigantesque vaisseau spatial stationne dans le ciel de Barcelone. Cependant, Angel, le voisin collant et secrètement amoureux de Julia ne manque pas de signaler sa présence avant que Carlos, le petit ami un peu flippé de Julia, ne débarque enfin. Pour préserver le couple de Julia, Julia et Julio vont alors faire croire à Carlos qu'Angel ne serait pas Angel, mais un extraterrestre infiltré...

Une comédie romantique sur fond de science-fiction ? Ce type de cocktail sombre généralement dans un bain d'eau de rose niaiseux propre à satisfaire les pisseuses et les ménagères quinquas. Mais Nacho Vigalondo n'est pas du genre à aller là où on l'attend. Le responsable du surprenant " Timecrimes ", qui abordait avec intelligence et originalité la problématique des voyages spatio-temporels, livre ici un film étonnant dont l'aspect science-fictionnel ne sert finalement qu'à permettre le développement de cette comédie gentiment azimutée dans laquelle les plus fragiles perdront légèrement la boule dans ce contexte de fin du monde. Avec deux ou trois décors, un total de cinq acteurs, des idées en pagaille, un scénario qui ne s'essouffle jamais et un humour qui fait mouche, Vigalondo prouve qu'il n'est pas l'homme d'un seul film et qu'il faudra sans doute compter avec lui dans les années à venir. Certains ont crié au génie ibérique avec Balaguero, d'autres avec de la Iglesia, pour ma part je préfère Vigalondo, un mec à mon avis plus modeste mais aussi bien plus malin. Pourvu qu'il le reste. Kerozene

FANGS OF THE LIVING DEAD aka Malenka - Amando de Ossorio, Espagne/Italie, 1969

An interesting note. This abridged (74minutes) version of MALENKA contains added footage from Mario Bava's KILL, BABY, KILL! [OPERAZIONE PAURA 1966], which seems to have included in by the distrutor EUROPIX when these played on a triple bill of LIVING DEAD features at US Drive-ins during the 1960s. The sequence included from the Bava film is from the opening scene right after the credits where red hooded pall bearers carry a coffin through the streets of the town where the action will unfold. This supposedly represents the funeral of one of the characters in FANGS... which is a mildly amusing comedy-horror film with too much dialogue and not enough action. But there are some busty vampire women (Diana Lorys) and Anita Ekberg is rather charming. The atmospheric castle location can be seen in Paul Naschy's first Werewolf film FRANKENSTEIN'S BLOODY TERROR and many other Spanish horror films of that era. This one has different music (by Carlo Savina), editing and scenes than the original, which is 15 or so minutes longer. Available on US DVD from Retromedia, Brentwood and others all seemingly from the same source elements. Robert Monell

Une note intéressante: cette version abrégée ( 74 minutes ) de Malenka contient des scènes additionnelles tirées du film Opération Peur ( Kill, Baby... Kill ) qui auraient été introduites par le distributeur Europix lorsqu'il jouait en programme triple de morts vivants dans les ciné-parcs américains durant les années 60. La séquence du film de Bava provient de la scène d'ouverture juste après le générique ou les croque-morts vêtus de rouge transportent un cercueil dans les rues de la ville. C'est sensé représenter l'enterrement d'un des personnages du film... qui est une petite comédie d'horreur avec beaucoup trop de dialogues et pas assez d'action. Il y a tout de même des femmes vampire aux poitrines opulentes ( Diana Lorys ) et Anita Ekberg est plutôt charmante. Le château remplit d'atmosphère est également utilisé dans FRANKENSTEIN'S BLOODY TEROR, le premier film de loup-garou de Paul Naschy et beaucoup d'autres films espagnols de cette époque. Cette version a une trame sonore différente ( Carlo Savina ), tout comme le montage différent de l'original, qui a environ 15 minutes de plus. Disponible au États Unis chez Retromedia, Brentwood et d'autres éditeurs utilisant tous la même copie de film. Robert Monell 

FAUSTO 5.0 - Isidro Ortiz, Alex Ollé, Carlos Padrissa, 2001, Espagne, 90m

Fausto(Miguel Angel Sola) est un chirurgien émérite devenu blasé et amer à cause de son exigeant travail auprès de patients en phase terminale. Aujourd'hui changement, il quitte son assistante (Najwa Nimri) pour un colloque à Barcelone. S'intensifie alors dès sa sortie du TGV un cauchemar suite à la rencontre d'un ancien patient, Santos (Eduard Fernández). Cet extraverti sans estomac présumé mort depuis des lustres s'acharne à lui proposer son aide en guise de remerciements puis la réalisation de voeux. Quel est cette ville bizarre ? Acceptera-t-il de se laisser 'décoincé' et quel en sera le prix ?

Simplifié mais esthétiquement réussit, Faust et Méphisto revienne dans une ambiance malsaine aux décors qui semblent être un mélange de Christo et d'Enki Bilal. Un univers techno-froid-verdâtre au bord du chaos qui aide, dieu merci, à trouver les personnages attrayants. Brins d'humour noir entre spécialistes de la mort, de la musique heavy, du sexe et quelques scènes gores bien placées; tout semble avoir été découpé par de fins scalpels pour offrir une innovation. L'explication est qu'après Fausto 3 au théâtre et Fausto 4 à l'opéra, Fausto 5 est la conclusion d'une trilogie pour La Fura del Baus, un collectif théâtral catalan. Renommé pour ses recherches ils se sont associés à un producteur de films publicitaires et de vidéo-clip (Isidro Ortiz) pour réaliser ce 1er film. Du plus que pas pire qui a gagné une treizaine de prix ici et là. Deadmonton

La FAUTE aka LA CULPA - Narciso Ibanez Serrador, Espagne, 2006, 1h12, Téléfilm

Dans les années 70, une jeune infirmière, Gloria, en difficultés financières, s'installe avec sa fille Vicky chez Ana, obstétricienne. En échange de son hospitalité, Gloria la secondera dans son cabinet médical. Ana ne tarde pas à lui avouer qu'elle pratique des avortements en secret. Lorsque Gloria tombe enceinte, les événements suspects ne tardent pas à se multiplier...

Présentée en 2006, la série "Pelliculas para no dormir", produite par Julio Fernadez (Filmax) se veut comme un "Masters of Horror" ibérique. Il s'agit aussi d'un hommage à un programme culte de la télévision espagnole, "Historias para no dormir", diffusé de 1966 à 1982. Entre ces deux grandes époques du cinéma fantastique espagnol, un nom sert naturellement de trait d'union : celui de Narciso Ibanez Serrador, connu pour LA RÉSIDENCE et surtout le chef d'œuvre LES RÉVOLTÉS DE L'AN 2000 (1976). Pilier de l'ancienne série, le vétéran est également le parrain de la nouvelle dont il signe l'épisode intitulé LA FAUTE.

Point d'horreur ni de surnaturel ici, nous avons affaire à un bel exemple de réalisme fantastique. Un rythme lent, des péripéties centrés autour d'un lieu unique (la grande maison de ville qui sert de cabinet à l'obstétricienne) et de trois personnages féminins. La chape de plomb du franquisme, le poids oppressant de l'église sur la vie des femmes (voir le personnage de la voisine bigote et un peu demeurée sur les bords) et plusieurs autres thèmes sont effleurés par Ibanez Serrador, dont on retrouve aussi le goût pour les plans subjectifs et les visages d'enfants maléfiques. Le décor a beau être bien exploité, l'ensemble est trop lancinant et finit par laisser sur sa faim. Même pas peur ! L'autre épisode de la série que j'ai vu et chroniqué, signé Balaguero (A LOUER - PARA ENTRAR Y VIVIR, également un huis-clos), est bien meilleur. Stelvio

FRAGILE - Jaume Balagueró avec Calista Flockhart, Richard Roxburgh, Elena Anaya, Yasmin Murphy, 2005, Espagne/Royaume Uni, 101m

Alors qu'un hôpital se prépare à déménager ses derniers enfants, une vague de fractures d'origine inconnue cause des maux de tête à l'administration. Une nouvelle infirmière au passé trouble, Amy (Calista Flockhart), s'attache à la petite Maggie, qui lui parle la "fille méchanique" qui vivrait au deuxième étage, condamné. Alors que le mauvais temps empêche leur déplacement, les enfants semblent à la merci d'une présence fantomatique mal intentionnée. Amy cherche à savoir qui et pourquoi.

Si les précédents films de Balaguero n'arrivaient pas à me convaincre totalement, Fragile remplit ses promesses et s'avère un excellent mystère de l'au-delà. On note encore un travail remarquable de la trame sonore et du montage, des éléments essentiels dans un sous-genre qui compte trop de films tonitruants et sans réelles surprises. Il est également surprenant de voir une Calista Flockhart si efficace dans un rôle dramatique ou on ne l'aurait jamais imaginée auparavant. D'ailleurs les castings de Balagueron sont très efficaces et sa mise en scène met en valeur ses acteurs, jamais au détriment de l'histoire. Tout tourne donc autour de cette mystérieuse "mechanic girl" dont les apparitions rapides sont toujours efficaces et prenantes. Il y a un bon twist final et, bref, je suis comblé par ce film de fantôme qui confirme Balaguero au rang des nouveaux réalisateurs à suivre sans faute. Mario Giguère

La HERENCIA VALDEMAR - José Luis Alemán avec Sylvia Abascal, Jimmy Barnatan, Lino Braxe, Paul Naschy, 2010, Espagne, 104m

Luisa Lorente est appelée à la dernière minute pour recenser les biens d'une rare maison gothique en Espagne, le manoir Valdemar. Comme elle ne donne plus signe de vie et que le premier expert envoyé quelques semaines plus tôt a également disparut, le président de la compagnie engage un détective privé pour retrouver Luisa. En train vers la demeure, il est accompagné par une femme qui lui remet un livre expliquant la légende de la maison et des Valdemar. Au 19ème siècle, Valdemar et son épouse opèrent un orphelinat qui a peine à survivre. Comme Valdemar s'intéresse à la photographie et aux trucages optiques, il combine de fausses séances de spiritisme ou il remet aux participants des photos avec les prétendus esprits conjurés. Un journaliste ayant découvert la supercherie en profite pour faire du chantage, mais devant le refus des Valdemar, qui ne faisaient que ramasser de l'argent pour leurs protégés, Valdemar se retrouve en prison. Survient alors un personnage hors du commun, Aleister Crowley, qui va sauver notre homme du procès à venir. En échange, accompagné de quelques disciples et connaissances, il veut pratiquer une séance spéciale dans la demeure, car selon Crowley, Valdemar a bel et bien fait venir des esprits dans sa demeure, sans s'en rendre compte. La séance va tourner au cauchemar !

Premier film d'un diptyque dont la suite sortira un an plus tard, La Harencia Valdemar est un magnifique film gothique qui peut laisser sur sa faim, l'histoire n'ayant évidemment pas de résolution. Si l'introduction se passe de nos jours, c'est bien la légende du 19ème siècle qui prend toute la place et quelle légende ! Le film mélange donc les époques et aussi diverses personnalités réelles au récit inspiré de Lovecraft. Avec Aleister Crowley, on retrouve à la séance Bram Stoker, venu chercher l'inspiration pour ses romans, ou Lizzie Borden, américaine qui est impliquée plus tard dans une sordide affaire de meurtres. La mise en scène, la photographie et les décors sont magnifiques et les effets spéciaux superbes. Paul Naschy est excellent dans un rôle secondaire très sobre. Il faudra donc voir la suite et boucler l'histoire pour se faire une opinion sur le scénario, mais cette première partie est remarquable. On nous annonce la présence du grand Chtulhu dans la Herencia Prohibida ! Mario Giguère

La HERENCIA VALDEMAR II: La SOMBRA PROHIBIDA - José Luis Alemán avec Silvia Abascal, Óscar Jaenada, Paul Naschy, Jesús Olmedo, 2010, Espagne, 92m

Dans la première partie, un détective est engagé pour élucider la disparition d'une employée, Luisa Lorente, partie estimer la valeur de la vielle demeure des Valdemar. On lui a raconté ce qu'on sait sur le passé trouble de ses habitants qui ont pratiqué une séance occulte qui aurait connue un dénouement tragique. Tout en continuant cette histoire, on suit le sort de Luisa, vivante, mais pourchassée, recueillie par une gitane. Lorsque le récit du passé finit par rattraper le présent, c'est à une autre séance occulte traumatisante que tous les intervenants assistent, invoquant les grands anciens.

S'il y a lieu d'être déçu par cette suite, c'est bien à cause des promesses de la première partie et parce que l'univers de Lovecraft donne rarement place à un dénouement aussi peu nihiliste. On ne sera pas plus surprit de voir Lovecraft en personne après avoir rencontré Bram Stoker auparavant. Lovecraft explique à Valdemar que le Necronomicon ne lui appartient pas, mais qu'il appartient désormais au livre. Il y aura bien des revirements et l'apparition tant attendue de Cthulhu, mais bizarrement, sa présence fascine un temps, mais ne peut pas avoir l'impact terrifiant que notre imagination lui prêtait dans les écrits du maître de l'horreur invisible. Les acteurs sont en général efficaces, mention d'honneur au regretté Paul Naschy dans son court rôle de serviteur de Valdemar et Silvia Abascal dans celui de Luisa. J'aurai aussi bien apprécié le simple d'esprit Santiago, joué par Santi Prego, qui confond réel et non réel, ce qui donnera lieu à un bon punch. La conclusion s'étire et aurait méritée d'être tout simplement coupée, à moins que ce soit une tentative maladroite de laisser place à un troisième opus. Ceci dit, dans le cadre d'un cinéma fantastique redondant qui multiplie les resucées à satiété, je me dois de convenir que j'apprécie le travail du réalisateur-scénariste et son approche sérieuse d'une mythologie qui envoute encore. Mario Giguère

L'HORRIBLE SEXY VAMPIRE aka EL VAMPIRO DE LA AUTOPISTA aka THE VAMPIRE OF THE HIGHWAY - José Luis Madrid Delavena avec Waldemar Wohlfahrt (en tant que Val Davis), Bernabe Barta Barri, Joe Camroy, Susan Carvasal, Victor Davis José Marco Davó, Luis Induni, Patricia Loran, Ada Tauler (la première victime, vue également dans quelques Franco, en tant qu'Adela Tauler), 1970, Espagne, 1h25

Dans un motel de la Forêt Noire, un couple de touristes est découvert étranglé : on ne trouve pas de trace du tueur. Le commissaire de police, chargé de l'enquête, s'entretient avec le médecin légiste. Il apprend que le meurtre présente de troublantes analogies avec d'autres récemment arrivés et qui n'ont pas l'apparence de crimes commis par un être humain, mais au contraire semblent dénoncer l'œuvre d'un vampire. Le médecin explique au commissaire que, depuis l'année 1886, date de la mort du baron Von Winninger, des homicides inexplicables surviennent tous les 28 ans...

Oh la jolie tranche de bis que voilà ! Tourné en Allemagne par José Luis Madrid Delavena, artisan du fantastique espagnol auteur par ailleurs de deux Paul Naschy, cet HORRIBLE SEXY VAMPIRE fait rapidement plonger le spectateur dans la franche hilarité. Le réalisateur collectionne les incohérences, les approximations et les faux raccords comme d'autres les timbres. Dans le rôle principal de Klaus, descendant du fameux baron vampire, Waldemar Wohlfahrt évoque davantage Plastic Bertrand ou un footballeur lituanien qu'un aristocrate menaçant. Il faut le voir louer une Mercedes décapotable alors que l'hiver bat son plein et que la plaine est recouverte d'un épais manteau neigeux. Des personnages disparaissent aussi vite qu'ils étaient apparus, victimes du vampire ou de la confusion du scénariste... qui n'est autre que le réalisateur (comme quoi, on ne peut pas tout faire, hein !). A plusieurs reprises, le commissaire accuse Klaus d'être sous l'emprise de l'alcool, comme s'il se doutait que tout le monde n'est pas très clair sur le plateau... Bien sûr, Delavena ne manque pas de déshabiller TOUTES ses comédiennes, comme pour en donner pour son argent au spectateur (s'il compte sur un scénario original c'est pas gagné en effet !). Au fur et à mesure que le visionnement progresse (si l'on peut dire), le script révèle des béances grandissantes, au point de ressembler à un Emmenthal suisse. Clou du spectacle, L'idée de mise en scène du film, le vampire disparaît et réapparaît sans cesse, en des effets spéciaux à peine dignes de Georges Méliès. Risquons une hypothèse : il doit s'agir d'une métaphore de la double condition de réalisateur-scénariste. Quand le premier apparaît, le second disparaît. Un "bis" abyssal et immanquable ! Stelvio

HOUSE OF THE PSYCHOTIC WOMEN, aka Blue Eyes of the Broken Doll aka los Ojos azules de la muñeca rota - Carlos Auredm, 1973, Espagne, 1h26

Voici un petit giallo espagnol fort réjouissant qui sort de l'ordinaire. Ça débute avec Paul Naschy qui arrive "sur le pouce" dans un petit village de France afin d'y trouver du travail. Après un accueil plutôt froid, il déniche un emploi d'homme à tout faire chez trois soeurs étranges. L'une est paraplégique, l'autre nymphomane et il manque une main à la troisième, mais toutes sont d'une beauté frappante. Notre homme s'installe à domicile et séduit deux des soeurs, en même temps que commence en ville une vague de meurtres, les victimes étant toutes de blondes jeunes filles à qui on arrache leurs yeux bleus.

Le mystère installé, on nous sert quelques revirements de situations fort peu convenus, et c'est un des nombreux côtés plaisants du film. On peut ajouter à cela une musique fort plaisante, entre le psychédélisme hypnotique et le groove progressif; un travail de caméra fort honnête, bien qu'on y fasse un emploi un peu abusif du zoom; des interprétations convaincantes, les corps des jeunes filles et les muscles de Naschy; et finalement des décors inhabituels mélangés à une réalisation délirante.

Une atmosphère difficile à retrouver de nos jours, qui avec une efficacité indiscutable nous captive du début à la fin. Naschy a co-écrit le scénario, ce qui n'est pas non plus à négliger. Orloff

H 6- DIARY OF A SERIAL KILLER - Martin Garrido Baron, 2005, Espagne

Antonio Frau sort de prison après avoir brutalement assassiné sa petite amie mais, plusieurs années plus tard, il est loin d'être guéri. Ayant hérité d'une vieille maison close dans un quartier malfamé, il commence la rédaction de son journal de bord, celui d'un tueur en série.

Je suis toujours inquiet lors du visionnement d'un film de ce genre car la déception est souvent au rendez-vous, car pour un ''Henry PORTRAIT OF A SERIAL KILLER'' le formidable film de McNaughton, combien de daubes...mais la surprise est de taille avec H6.

Transporté par les jeux habités de Fernando Acaso, on est vraiment dans la peau du tueur. Doté d'une force visuelle et une maîtrise du scénario de tous les instants, Baron évite de tomber dans le délire gore et nous invite à partager le quotidien de cet homme qui ne manque pas d'imagination pour la torture et le châtiment, la chambre H6 étant le théâtre de ces élucubrations morbides.

Tartan Video nous offre le film dans une copie contrastée qui rend hommage a l'excellente direction-photo, l'atmosphère étant tellement importante avec un sujet pareil. Espagne terre promise? Oui, plus que jamais. Pierre Beaulieu

HYDRA: LE MONSTRE DES PROFONDEURS aka HYDRA: MONSTER FROM THE DEEP aka SERPIENTE DE MAR aka THE SEA SERPENT aka: HYDRA - Amando de Ossorio, 1985, Espagne

Suite au largage indésirable d'une bombe atomique au large des côtes portugaises, un serpent de mer surgit des profondeurs de l'océan et fait passer les témoins de ses attaques pour de doux dingues illuminés. Nos héros, un pêcheur tenu pour responsable de la perte du bateau de son boss ainsi que de la mort de quelques marins, et une jeune femme internée en asile d'aliénés, rendent visite à un vieux biologiste marin (Ray Milland) pour les aider dans leur chasse au monstre...

HYDRA propose ni plus ni moins que l'un des plus mémorables craignos monsters qui n'ai jamais arpenté les écrans. Serpent de mer grotesque semblant directement issu d'une production Corman des années 1950, c'est donc avec 30 ans de retard que le père des zombies templiers nous livre avec son dernier film un ultime clin d'oeil bis tellement énorme et grossier qu'on ne peut s'incliner devant tant de génie kitsch et de ringardise émérite. Le monstre, sorte de gigantesque chaussette marine à écaille affublée de deux balles de ping-pong en guise d'yeux et d'une bouche pleine de dents, attaque brutalement quelques marins, une pauvre fille alcoolique ou des contrebandiers mais détruit également de merveilleuses maquettes de phare, de bateaux, d'hélicoptère et pour finir celle d'un pont dans de tonitruantes explosions qui le feront hurler de douleur avant qu'il ne s'enfuie au large sous le regard attristé d'un Ray Milland bien fatigué. Impossible de ne pas succomber aux charmes naïfs de cette pelloche hilarante et aux dialogues ahurissants (et avec une apparition de Jack Taylor en mafieux à lunettes), qui est au film de monstres ce que l'olive est au martini - à savoir un petit plus dispensable mais tellement savoureux. Kerozene

L'IMPORTANT C'EST DE TUER aka DINERO MALDITO aka KILLER GOLD aka L'IMPORTANT C'EST LE FRIC aka IL BRACCIO VIOLENTO DELLA MALA aka I MIEI PEGGIORI AMICI - Sergio Garrone (alias Willie Regan) avec Robert Widmark (Alberto Dell'Acqua), Dan Forrest, Max H. Boulois, Daniela Giordano, Victor Israel, Espagne-Italie, 1978, 1h30

Manson, chef d'un gang, fait du chantage auprès de Joseph, cambrioleur réputé, qui vient de dévaliser une joaillerie. Le lieutenant de Manson réussit à capturer Joseph et à l'amener dans une luxueuse villa où vivent Manson et son amie. Malgré de féroces tortures, Joseph ne dévoilera pas la cachette de son butin, ce qui provoque dans le gang une séparation allant entraîner de furieux combats...

Drôle de film hybride que celui-là ! Thriller hispano-italien, tourné dans la péninsule ibérique par un technicien de Cinecitta, plus coutumier du film de guerre ou du western, DINERO MALDITO se fait remarquer par son manque d'homogénéité et de continuité scénaristique. L'impression d'improvisation est grande à certains moments du visionnement. L'Imdb attribue du reste le film à deux réalisateurs (José Fernandez Pacheco et Sergio Garrone), comme si l'un avait terminé le boulot de l'autre... Des restes sporadiques de cinéma formaliste empêchent le spectateur de totalement sombrer dans l'ennui. Pendant la scène de torture du héros (Alberto Dell'Acqua aka "Robert Widmark", quasi-sosie du chanteur communiste français Jean Ferrat), celui-ci, rué de coups puis enfermé dans une chambre froide, se remémore des bribes de son passé. L'occasion de jolis flashes-back sur une partouze avec deux jolies bisexuelles puis sur les étapes de la mise en place du casse. On se prend à penser un instant à certains films contemporains de Jess Franco, tels le polar KISS ME KILLER. Le final, tourné dans un magnifique cirque rocailleux, n'aurait pas déparé dans un western spaghetti, et montre une bonne maîtrise de l'espace. Hélas, entre ces deux éclairs de relatif talent, le film s'avère d'un grand emmerdement. Même l'ineffable et hautement "nanardesque" Max H. Boulois ne parvient guère à y mettre de vie. Dispensable ! Stelvio

IN A GLASS CAGE aka Tras el cristal, Agustin Villaronga, 1986

En voici, un film unique. Ça prenait bien un espagnol pour le réaliser...  L'histoire tordue, les personnages lourds, la réalisation funèbre, le climat de perversité qui s'en dégagent sont autant d'indices qui permettent de classer ce film dans les "indispensables". Difficile d'oublier la fin, et difficile d'oublier la maîtrise qui se dégage de chaque plan que la géniale caméra de Villaronga nous offre...  Et que dire des acteurs, de ce petit Angelo si charmant qui dissimule un lourd passé et une si cruelle personnalité...  Les scènes où les garçons sont tués manquent toutefois de rigueur, ou je ne sais trop, mais on ne ressent pas la tension et le dégoût que Mr. Augustin a sans doute voulu y mettre. Ça reste un film drôlement agréable, comme un bon vent d'Espagne qui ne souffle que trop peu souvent. Orloff

INTACTO aka INTACT - Juan Carlos Fresnadillo, 2001, Espagne

Tomas est un gars vernis. Il est le seul survivant d'un crash aérien. Son cas attire sur lui l'attention de Federico, un ex-chanceux qui décide d'utiliser Tomas à des fins lucratives. Car il faut savoir que ces personnes ne sont pas chanceuses par hasard. Elles possèdent un don. Un don qui leur offre la possibilité de survivre et de se sortir de situations dangereuses, jusqu'au jour où un plus chanceux qu'eux les touchent et leur "vole" leur don. En contrepartie, les simples pékins comme vous et moi se ramassent la poisse après avoir été en contact avec un chanceux.

Federico était le second de Samuel (Max Von Sydow), le plus chanceux des chanceux; survivant d'un camp de concentration aujourd'hui propriétaire d'un casino, il déroba son don à Federico lorsque celui-ci annonça son désir de quitter ses services. Depuis, Federico rêve de se venger et Tomas pourrait bien être celui qui parviendra à faire tomber le vieux Sam.

Tomas est alors entraîné par Federico au travers d'un milieu underground de chanceux qui s'affrontent. Des réunions secrètes sont ainsi mises sur pied au cours desquelles les participants ses testent. Ainsi, on assiste à une étonnante scène lors de laquelle cinq participants courent à toute vitesse à travers un bois, les mains attachées dans le dos et les yeux bandés, le but étant de rester debout sans se prendre un arbre dans les dents. Le vainqueur est bien sûr le dernier sur ses jambes. Mais Tomas se voit rattraper par son passé criminel et une policière fort chanceuse elle aussi se retrouve à ses trousses.

INTACTO est le premier long métrage de Juan Carlos Fresnadillo qui fait déjà preuve d'un certain savoir-faire. Le film est magnifiquement filmé en format cinémascope et prend comme base de son récit un concept assez excitant. Il est par contre un peu dommage de voir qu'il n'a pas exploité l'idée des compétitions de chanceux plus profondément. On assiste bien à quelques épreuves étonnantes et l'idée d'en voir et d'en savoir plus sur ce milieu est excitante. Il n'est pas avare pour autant de scènes chocs mais il est vrai que l'on reste un peu sur notre faim, le film se focalisant en partie sur l'intrigue policière. On se retrouve au final avec un métrage divertissant et original, rempli de bonnes idées malheureusement pas toujours bien exploitées. Toujours est-il que Fresnadillo est un réalisateur prometteur, les quatre Goya (Oscars espagnols) que le film remporta le confirment définitivement. Kerozene

Site français: www.metrofilms.com/intacto

KILLER TONGUE aka La Lengua asesina - Alberto Sciamma - 1996

La nouvelle vague trash du cinéma espagnol donne vraiment un salutaire coup de pied au cul en face des classiques blockbusters américain (constitué en grande partie de "remakes" en ce moment) et du cinéma d'auteur traditionnel.

En effet, Alberto Sciamma comme Alex de la Iglesia propose un cinéma différent, musclé, puissant, trash et drôle à souhait!

Ici, après la chute d'un météore dans la soupe (sic!?) d'une ex braqueuse de banque, celle-ci va se transformer en une sorte de mutant abritant deux personnes; elle-même (Melinda Clarke, mmmmmmm!!!) et un alien ayant la forme ignominieuse d'une langue gigantesque et meurtrière, se nourrissant d'êtres humains!

Je passerais sur la complexité irréelle du scénario tant les bonnes idées, et les détails fourmillent.

On s'amuse comme un petit fou dans ce film goro-erotico-policio-rigolo. Vivement conseillé! Franfran

Un couple de petits truands double ses deux acolytes et les lâche en plein désert. Peu après, lui se fait coffrer par les keufs et elle (Melinda Clark - je t'aime !) se retire dans un mini-couvent dans le désert en attendant que son homme soit relâché.

Quatre ans plus tard, lui est sur le point d'être relâché, ce qui ne fait pas le bonheur du maton sadique et moumouté de service: Robert Englund, qui fait tout pour prolongé sa peine afin qu'il continue à casser du caillou. Elle, se retire du couvent accompagnée de ses trois caniches et de ses portes jarretelles, direction un boui-boui crapoteux, toujours au milieu du désert. C'est à ce moment qu'une météorite rose fluo descend du ciel, lâche une perlouze qui atterrit dans la soupe de Melinda qui se transforme ensuite en bombasse au corps sculpté dans un moule à miss monde affublée d'une gigantesque langue autonome qui cause. Les caniches bouffent la soupe eux aussi et se changent en drag queen délirants. Melinda n'apprécie pas trop son nouvel organe et tente de le couper, de le passer au fer à repasser, etc... Sans grand succès. A ce moment, une des nonnes du couvent (super sexy et muette), se rend vers le point d'impact de la météorite et se déshabille pour ne garder que le strict minimum avant de se faire kidnapper par les caniches-drag-queen.

Le reste de l'histoire oscille entre les déboires du héros face à un Robert Englund hystérique, les deux truands frustrés à la recherche de Melinda, les déboires de Melinda avec sa langue qui a la dalle et qui n'est pas végétarienne, la jolie nonne qui se prend pour la vierge marie, le tout se confondant dans un joyeux bordel non-sensique très stylisé. Car, en effet, si la photographie, le gore et l'esthétique de ce film flattent le regard, la cohérence, la continuité et la mise en scène sont totalement passés à la trappe. C'est dommage, mais ça reste un film à voir, ne serait-ce que pour Melinda. Kerozene

KILLING MACHINE aka LA MAQUINA DE MATAR - José Antonio de la Loma avec Jorge Rivero, Willie Aames, Margaux Hemingway, Richard Jaeckel, Ana Obregon et Lee Van Cleef, 1984, Espagne, 1h30

Le milieu déclare la guerre aux chauffeurs routiers transportant des fruits et légumes espagnols à travers l'Europe. Julot (Lee Van Cleef), le chef de l'"Organisation", envoie ses hommes de main "s'occuper" du camion de Chema (Jorge Rivero), ex-artificier du Milieu. Dans l'opération, la jeune femme enceinte (Ana Obregon) de Chema est tuée. Dès lors, celui-ci va tout faire pour se venger, à coup d'explosifs...

Tourné par l'expérimenté cinéaste catalan José Antonio de la Loma (RAZZIA, TARGET EAGLE), ce "revenge (road-)movie" a quelques difficultés à susciter l'enthousiasme. Il décevrait même plutôt côté action. La jaquette a beau annoncer fièrement "Cascades par Rémy Julienne", on attend en vain la tôle froissée et les poursuites en camion... Le film ressemble davantage à un petit Bronson qu'à une version européenne du CONVOI du grand Sam Peckinpah. Le scénario effleure, on se demande bien pourquoi, le problème, très vif à l'époque, de l'entrée de l'Espagne et du Portugal dans la Communauté européenne. Quelques scènes de bagarre à mains nues pas trop mal troussées viennent régulièrement réveiller notre intérêt. Malgré la bonne volonté de l'acteur principal, le moustachu Jorge Rivero, le film peine à remplir son quota de scènes choc. Mais tout n'est pas noir : KILLING MACHINE nous réserve de jolies surprises côté casting. Hugo Stiglitz, grand acteur du bis mexicain (TINTORERA, LES DIAMANTS DE L'AMAZONE), également en vedette de L'AVION DE L'APOCALYPSE d'Umberto Lenzi, fait une brève et savoureuse apparition en barbouze un peu fourbe. Margaux "grands sourcils" Hemingway, descendante de qui vous savez, campe une prof d'aérobic sapée comme l'as de pique, improbable agent dormant de l'"Organisation". Last but not least, Lee Van Cleef nous sort une de ses prestations glaciales et cassantes pour donner vie à un chef mafieux sadique à souhait. Si ce film vaut à la rigueur qu'on lui consacre un peu de son temps, c'est principalement pour lui... Stelvio

KILLING WORDS aka Palabras Encadenadas - Laura Manà, 2003, Espagne, 1h29

Un tueur déséquilibré a kidnappé une jolie demoiselle, Laura (identification de la réalisatrice à la victime ?), qu'il tourmente du mieux qu'il peut en la gardant attachée à une chaise et bâillonnée, car il n'aime pas se faire insulter par ses proies. Il a organisé une machination ahurissante afin que son crime ne soit pas découvert, et on découvre en parallèle que les apparences peuvent être trompeuses alors que deux inspecteurs le cuisinent; on a droit en alternance à sa version, et à la réalité, montage hallucinant qui nous déroute à force de surprises.

Deuxième film de cette prometteuse actrice / réalisatrice espagnole, après COMPASSIONATE SEX en 2000, KILLING WORDS débute tranquillement sur un plan assez fort, et l'intrigue semble au premier abord assez classique, mais les choses se compliquent à mesure que le récit sombre dans un abîme pervers qui en mystifie plus d'un.

Il ne faut pas trop en dire à ce sujet, car le moindre indice ruinerait le plaisir du spectateur; sachez seulement que le visionnement en vaut la peine. Manà a joué pour Bigas Luna dans LA TETA Y LA LUNA en '94, dans DOBERMANN en '97, et plus récemment dans ROMASANTA de Paco Plaza, en '2004, film qui fut lui aussi présenté cette année à Fantasia. Sa réalisation est classique, et ratisse large; on sent des accents hitchkockiens dans le diabolisme de la machination criminelle, et le tout se termine avec une touche de souffre qui fait sourire.

La crédibilité de l'intrigue repose en grande partie sur les épaules des deux acteurs qui se livrent un duel qui sera mortel pour l'un d'eux, d'où le titre anglais judicieusement choisi; Goya Toledo (la Valeria d'AMORES PERROS) est ici juste assez ingénue, et Darìo Grandinetti, acteur argentin de renom, qui est entre autres apparu dans OPERACIÒN FANGIO en '99, et qui donnait une majestueuse performance dans TALK TO HER d'Almodovar en 2002, excelle dans le rôle de cet homme bafoué constamment au bord de la démence, architecte étonnant d'une impressionnante manoeuvre meurtrière. Qui aurait cru qu'on pouvait de nos jours à ce point étonner avec un huis-clos ? Orloff

Une LIBELLULE POUR CHAQUE MORT, aka The Red Killer, aka A Dragonfly for Each Corpse, aka Una Libélula Para Cada Muerto - Leon Klimovsky, 1974, Espagne, 1h25.

Dans une quelconque ville d'Espagne, une vague d'assassinats est perpétrée envers les "rebus" de la ville, les représentants de la plus basse couche sociale; putes, homosexuels, pègreux et proxénètes sont massacrés sans scrupules par un mystérieux tueur qui laisse sur leurs corps sanglants, en guise de signature, une énigmatique libellule. La police, impuissante, décide de mettre l'énergique inspecteur Paolo sur le coup.

Après un pré-générique fulgurant, cet honnête giallo s'enfonce dans le déjà-vu, tout en conservant une certaine classe. Paul Naschy nous y est présenté d'une façon fort rigolarde, alors qu'il est en train de tabasser un vieil exhibitionniste, et il y a quelque chose de déroutant à le voir muni d'une moustache et de son éternel cigare bon marché. La surprise passée, la recette demeure la même; le spectateur en vient à soupçonner chaque personnage, quelques-unes des demoiselles se dévêtent (dont la fort jolie Erika Blanc, habituée de la série B), et pas mal de gens meurent, aussi. Naschy, qui prenait au sérieux sa carrière, signe encore une fois le scénario, et la musique entraînante et colorée que l'on entend tout au long du film nous fait regretter que ces trames sonores soient si rares. Antonio Mayans fait une apparition. Orloff

LOS SIN NOMBRE aka The Nameless aka La secte sans Nom - Jaume Balagueró avec Emma Vilarasau, Karra Elejalde, 1999, Espagne, 102m

Claudia et son mari sont appelés à identifier le corps mutilé de leur fille. Cinq ans plus tard, Claudia reçoit un appel d'une voix qui prétend être sa fille, qui lui demande de venir la rejoindre sans avertir la police. Ne la trouvant pas, mais étant maintenant persuadée que sa fille est réellement vivante, elle contacte le détective qui s'était occupé de l'histoire des horribles meurtres commis il y a des années. Ils remontent la piste vers une secte aux origines lointaines.

Adaptation d'un roman de Ramsey Campbell, le premier film de Jaume Balagueró évite le sensationnalisme, après un départ presque outrancier ou le cadavre d'une enfant trempé dans l'acide nous est offert en pâture. Il sera pourtant question de sévices corporels et de torture, qui plus est remontant aux tortionnaires de Dachau. Une secte qui recherche la "synthèse du mal". Jusqu'à un final qui m'a laissé dubitatif. Étaler mes questionnements mettrait en lumière tout ce que vous ne devez pas savoir pour apprécier le film, mais j'avoue candidement que je n'ai pas très bien comprit, ou plutôt que le dernier plan n'a aucune logique à mes yeux. C'est dire que l'ambiance pourtant très recherchée de Balaguero avait fait son effet, mais je préfère soit une intrigue qui abouti avec une logique même perverse, ou une fin vraiment ouverte. Le jeu des acteurs a sa part de responsabilité dans la distanciation qui se prépare après un début prometteur. L'entrevue avec le fondateur de la secte est presque outrancier, mais n'est pas arrivé à me fasciner ou me répugner, j'y ai trop senti l'acteur qui joue. On devine aussi certains points important de l'affaire. Bref, si je conseille le film, qui a remporté plusieurs prix, un très bon premier film pour un réalisateur qui débute alors une belle carrière, j'ai des réserves. Mario Giguère

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PAUL NASCHY

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