LES FILMS DE FANTASIA 2003

du 17 juillet au 10 août au Théâtre Hall Concordia

Affiche illustrée par Peter Ferguson

The 36TH CHAMBER OF SHAOLIN aka Shao Lin san shi liu fang aka The Master Killer - Chia-Liang Liu, 1979,  Chine, 115m

Les Tartars prennent le contrôle des Canton et infligent un règne de terreur à la population. Les quelques rebelles sont capturés, torturés et exécutés. Tout cela au grand bonheur du Général Tien Ta (Lo Lieh, vedette du film THE FIVE FINGERS OF DEATH et personnificateur du fameux Pai Mai dans les différentes productions de Run Run Shaw). La population opprimée, ne maîtrisant pas les arts martiaux et n'ayant pas de force locale adéquate, s'organise de manière secrète dans la population. San Te (Chia Hui Liu aka Gordon Liu), jeune élève, se trouve mêler au conflit. Lorsqu'un message secret de la rébellion a été trouvé par les Tartares. Le père et les confrères d'études de San Te sont tuer. San Te parvient à s'enfuir et décide d'aller au Temble Shaolin pour apprendre les arts martiaux et pour pouvoir ainsi se venger du sinistre et ténébreux Général Tien Ta !

Ce film est un classique qui figure au nombre des 10 meilleurs films d'art martiaux de tout les temps. Et il est le premier d'une longue série consacrée aux chambres de Shaolin. Il suffit de voir le film pour comprendre pourquoi le film est devenu un classique incontournable. Le film est réalisé et chorégraphié par Chia-Liang Liu (demi-frère de Gordon Liu) qui est un génie des art martiaux et qui est un descendant directe des Moines Shaolins. Alors que les films du genre sont aujourd'hui composés de plans rapides, il est intéressant de constater qu'a l'époque les films du genre étaient tourner avec de longs plans qui pouvaient contenir jusqu'à 20 coups et qui pouvait mettre en scène pas moins de 20 personnes. Oui, ils avaient beaucoup de mémoire pour pouvoir maîtriser ces coups. De plus, le film contient un contenu pédagogique puisque le réalisateur a le désir d'initier les spectateurs à l'art du Kung-Fu. Alors, les mouvements étudier dans les différentes chambres (Arm Chamber, Leg Chamber, Eye Chamber, Wrist Chamber, Boxing Chamber, Baton Chamber, Head Chamber, Sword Chamber, etc.) sont vrais, mais simplifiés.

Le DVD de Celestial Pictures offre une magnifique copie restaurée du film. Comme suppléments, il y a un précieux document sur l'historique des Temples Shaolins (qui sont à l'origine du Kung-Fu) et offre une excellente interview de Gordon Liu. Vraiment un dvd indispensable pour tous les amateurs de Kung-Fu. Si vous êtes vraiment observateur, vous allez découvrir une croix gammée dans le background du Eye Chamber. Je ne comprends toujours pas qu'est-ce que ça fait là ! Black Knight

ACCION MUTANTE - Alex de la Iglesia, 1993

N'ayant eu personne pour s'enthousiasmer devant moi à quel point Alex de la Iglesia était génial, je n'avais donc jusqu'à ce jour ressenti aucune attirance particulière pour Accion Mutante. C'est lorsque j'ai mis ce joyaux du cinéma espagnol contemporain dans la fente de mon vidéo que j'ai compris à quel point la ballade serait pour moi jouissive. Et je n'ai pas été déçu. Ce film hilarant bourré de tordus, de bonnes idées et de surprenantes trouvailles visuelles nous démontre à quel point Hollywood a encore la crotte au cul et manque d'originalité.  Je sais que je ne rate jamais une occasion de leur chier au visage, mais que voulez-vous, je suis encore dans ma phase anale...  Dans Accion Mutante, on célèbre la démesure, le sacrilège et l'humour noir avec une gaieté contagieuse et au son d'une trame sonore absolument énergique.  La scène du mariage à elle seule vaut au moins trois semaines de ma vie et j'ai bien hâte de regarder DAY OF THE BEAST...  Bref, si vous le trouvez, ne manquez pas d'en abuser... Orloff

The BACKYARD - Paul Hough, 2002, États Unis, 1h20 

"Qui sait, nos enfants pourraient en ce moment être on ne sait où en train de fumer de la drogue, mais heureusement, ils ont plutôt choisi de se frapper dessus avec des poubelles !"

Voici une des remarques aberrantes parmi tant d'autres dont foisonne THE BACKYARD, un documentaire choc, à la fois fascinant et effrayant, reflet d'une "certaine" Amérique et d'une société plus que gangrenée.

Paul Hough a passé environ un an à assister à des matches de lutte extrême et à suivre de loin le cheminement ahurissant de quelques-uns de ces "lutteurs du dimanche" qui pullulent par milliers dans la cour arrière du white trash moyen. Barbelés, taques, chaises de métal, trappes à souris, cactus, néons, tables, fenêtres, chaises, tout est prétexte à se taper sur la gueule et se faire saigner. Les règles changent de ligue en ligue, mais la mentalité effarante demeure la même d'état en état.

THE BACKYARD est un portrait honnête et presque objectif d'un phénomène préoccupant. Sans vouloir se la jouer moralisatrice, Hough filme et laisse froidement les lutteurs s'expliquer eux-mêmes, ce qu'ils font avec une lucidité parfois déconcertante et révélatrice. On a droit à un témoignage fort touchant par la mère de Scar, un type un peu spécial qui a passé la majeure partie de son enfance à l'hôpital et qui lutte pour être accepté de ses pairs. On a droit à l'homophobie et au racisme nonchalant de quelques bouseux d'Arizona, les plus violents du film, et aussi les plus simiesques, qui n'acceptent pas la critique et pétrifient le spectateur par la violence de leurs matches.

Il est impossible de calculer le temps et la dévotion que le réalisateur a dû injecter dans ce projet. Quand un de ses sujets, le Lézard, se rend aux éliminatoires de la sélection annuelle de la WWF, il l'accompagne à l'audition, et se réveille en même temps que lui à 3h du matin !

Le film se termine sur une note à la fois amère et joyeuse, avec les destins des différents protagonistes mis en opposition, soutenant la loi des probabilités, refusant de juger ces quelques fanatiques pourtant fort troublés et troublants... Un visionnement recommandé ! Orloff

BAD GUY aka NABBEUN NAMJA - Ki-Duk Kim, 2001, Corée, 100m 

Hank-Ki, un criminel muet qui s'occupe d'une petite maison de prostitution, tombe amoureux d'une jeune étudiante qui attend son petit ami sur le banc d'un parc. Lorsque ce dernier arrive et que le couple est prêt à partir, Hank-Ki, s'approche et l'embrasse passionnément. Elle demande des excuses qui ne viendront pas. Dégoûté d'être ainsi rejeté, Hank-Ki complote une histoire où la jeune fille sera accusée du vol d'un porte-feuille. Elle se retrouve contrainte de rembourser une forte somme d'argent. Ne pouvant pas payer, elle prend une dette à Hank-Ki qui la forcera à se prostituer pour rembourser. Sachant Hank-Ki amoureux d'elle, elle fera tout pour le faire souffrir.

Réalisé par le réalisateur de l'excellent LIES. BAD GUY est encore une fois une histoire d'amour difficile entre deux êtres écorchés par la vie. Il y a ici un mélange de passion, de haine, de tendresse et de cruauté. Le film se déroule tout en douceur, dans le calme et sur l'étrange sensibilité de criminel. Les 2 interprètes principaux Jo Jae-Hyeon (dans le rôle difficile du muet) et Seo Won (dans celui de l'étudiante) donnent des interprétations fortes et courageuses. Jo Jae-Hyeon à même quelques traits avec un certain Antony Wong. Bad Guy offre aussi des retournements de situation parfaitement inattendus et non dénués d'un certain humour noir: À un moment donné, Hank-Ki se retrouve en prison et son complice tue un individu gratuitement pour aller en dedans pour lui faire sa fête ! BAD GUY est une œuvre forte et formidablement originale. Recommandé. Black Knight

BANG RAJAN aka BANGRAJAN aka LEGEND OF THE VILLAGE WARRIORS - Tanit Jitnukul, 2000, Thaïlande 

Au XVIIIème siècle, les birmans envahirent la Thaïlande en massacrant à peu près tout le monde sur leur passage. Mais les habitants du village de Bang Rajan firent fièrement face à leurs ennemis en leur opposant une résistance aussi héroïque qu'exemplaire.

C'est ce fait réel que raconte ce film souvent et très justement comparé au BRAVEHEART de Mel Gibson. Fresque historique et barbare mettant en scène des combats homériques sanglants croisés avec des histoires d'amour, de foi et de loyauté, BANG RAJAN est effectivement impressionnant de part son aspect de superproduction remplie de figurants se foutant sur la gueule sur des champs de bataille marécageux, armés de haches et autres bambous taillés en pointe. Mais la réputation du film, qui le prétend extrêmement sauvage et barbare, a en réalité tendance à le desservir. Jamais en effet le film de Jitnukul n'atteint l'intensité dramatique ou les piques de violence ultra-gores des batailles du film de Gibson, ni ne touche de manière aussi efficace dans son récit et son dénouement - pour autant que l'on soit touché par BRAVEHEART. BANG RAJAN reste néanmoins une jolie réussite, un film joliment réalisé qui mérite amplement le coup d'oeil et permet de découvrir un épisode emblématique de l'Histoire de la Thaïlande inconnu de la grande majorité des occidentaux. Kerozene

The BIG SLAUGHTER CLUB - Hitoshi Ishikawa, 2003, Japon, 71m

Hiroe, une collégienne qui se prostitue à temps partiel, tue accidentellement son client Kazeko (Ken'ichi Endo) à l'intérieur d'une chambre d'hôtel. Cette dernière fait appelle à ses amies et vont l'enterrer dans les bois. Quelques jours plus tard, Hiroe est hantée par la présence surnaturelle de Kazeko qui veut se venger. Troublée, elle invite ses amies dans les bois pour l'exhumer. Kazeko se réveille et désire les tuer toutes !

Cette chose exécrable qui ne mérite même pas d'être appelé un film est sortie au Japon pendant une semaine et a connu ensuite un énorme succès en cassettes vidéos. Et c'est probablement dû à la présence de Ken'ichi Endo (le père de famille de VISITOR Q). Parce que le film est d'une incroyable médiocrité ! Ne vous fiez surtout pas aux images sanglantes du programme, il s'agit d'un appât. Tourné en vidéo avec un budget zéro. The Big Slaughter Club déçoit énormement. Voici probablement l'un des films le plus nul que j'ai eu la chance de voir de ma vie ! En tout cas, indigne d'être présenté à l'intérieur d'un festival. Erreurs de continuités, Problèmes de rythmes, photographié par un aveugle, effets spéciaux primaires, nommés les ! Tous les défauts que peuvent avoir un film sont ici. On se demande qu'est-ce que Ken'ichi Endo fait dans cette galère. Peut être est-ce dû au fait que Hitoshi Ishikawa était le scénariste de DEAD OR ALIVE 3 ? Et bien qu'il reste loin d'une caméra et qu'il retourne dans ses scénarios pour Takashi Miike ou qu'il continue à tourner des pornos ! Le film plan par plan copie avec maladresse THE FOG, EVIL DEAD 2 (Ken'ichi Endo joue avec sa main possédée, se casse des assiettes sur la tête. coupe sa main qui s'en va faire un tour dans l'espace), SUSPIRIA, RING, I KNOW WHAT YOUR DID LAST SUMMER, etc. Pour réussir à passer à travers les pénibles 71 minutes on nommait toutes les références !

Si vous avez des billets, faites vous rembourser au plus vite ! Vous ne méritez pas de subir pareille châtiment ! Black Knight

BUBBA HO-TEP - Don Coscarelli, 2002, États Unis 

Dans un hospice minable, un imitateur d'Elvis Presley nostalgique se prend pour le roi du rock, malgré sa blessure à la hanche qui l'oblige à utiliser une marchette. Il est bien nostalgique, s'ennuie de Priscilla, de sa fille et redoute l'infirmière qui vient chaque jour lui mettre la pommade sur son marteau-piqueur de l'amour qui a une boursoufle cancérigène. Lui et un noir qui se prétend le président Kennedy vont percevoir les signes révélateurs de visites nocturnes pas catholiques dans leur sanctuaire. Ils devront affronter une momie, le président dans sa chaise roulante, Elvis avec sa marchette et son Karaté !

Qui l'eut cru, sur une nouvelle de Joe R. Lansdale, Coscarelli nous monte un film qui prend bien son temps pour nous acclimater à ses vedettes et l'histoire folle qui a mené Elvis à l'hospice. Économie de moyens et d'acteurs, donc, mais un scénario béton qui mélange nostalgie et mythes pharaoniques avec un plaisir communicatif. Bruce Campbell est formidable dans le rôle du chanteur vedette, y allant de ses réflexions en voix off, savoureuses, tout comme Ossie Davis et son improbable président qui lance "Let's get decadent" au moment d'offrir des friandises interdites dans l'établissement. La momie est bien personnifiée, lente comme un Boris Karloff mais au look superbe. Une vraie belle surprise dont on annonce la suite, à voir ! Mario Giguère

CABIN FEVER aka FIÈVRE NOIRE - Eli Roth, 2003, États Unis, 1h34

Une bande de jeunes loue une cabine au fond des bois de la Caroline du Nord, le temps d"un week-end, et compte bien passer du temps à "renouer avec la nature" à l'aide d'un peu de bière et de deux jolies poitrines. Tout va pour le mieux dès leur arrivée; le petit couple... s'accouple, les amis de toujours vont se courtiser au bord de l'eau et le jock monolithique part fusiller des écureuils, bière en main. Cependant lorsque la pluie se met de la partie ils doivent se réfugier à l'intérieur, et un ermite plutôt louche à la peau ravagée vient cogner à leur porte en crachant du sang. Disons honnêtement qu'il ne va pas très bien.

CABIN FEVER est un retour aux films d'horreur psychologiques des années '70, dans la lignée des Romero & Craven de la vieille époque, qui prend son temps pour bâtir une intrigue qui ne lâchera plus le spectateur une fois mise en place. Eli Roth, protégé de David Lynch, signe ici un premier long métrage tout en nuances, à la mise en scène fluide et oppressante, hommage ultime à l'atmosphère suffocante que l'on retrouvait dans des films tels que NIGHT OF THE LIVING DEAD & THE CRAZIES. Le prétexte, une variation horrifiante de la bactérie mangeuse de chair, en glacera plus d'un. Hypocondriaques s'abstenir... En plus de l'ambiance du tonnerre, les effets spéciaux sont faits "à l'ancienne", et sont plutôt réussis. Angelo Badalamenti signe une trame sonore parfaitement adéquate. Le climat automnal et inquiétant et les rednecks patibulaires qui hantent les environs contribuent à la réussite de l'entreprise, et le huis-clos suintant la contamination est tout à fait réussi. Seul bémol du film : les acteurs principaux, tous trop jeunes et beaux, qui ne rendent pas service à la crédibilité du récit. D'un autre côté, le fait que ce soit des beautés hollywoodiennes plastiques comme Cerina Vincent (NOT ANOTHER TEEN MOVIE) et Jordan Ladd (NEVER BEEN KISSED) dont la chair pourrit irrémédiablement ajoute quelque chose d'horrifiant à l'ensemble. Roth pousse même l'hommage jusqu'à insérer à la bande-son une chanson de David Hess, qui est reprise dans le générique final par son fils ! Orloff

Un groupe d'ados se loue un chalet au milieu des bois dans l'espoir d'aller faire la fête. Bientôt, surgit un ermite infesté d'un curieux virus. Bien entendu, il le transmettra aux jeunes qui se transforment en plaies vivantes et se dressent les uns contre les autres.

Tel est le sujet de ce film du réalisateur Eli Roth, protégé notoire de David Lynch. La filiation Lynchienne se fait d'ailleurs par le biais de trois éléments :

1) Un merci au générique final 

2) La musique d'Angelo Badalamenti 

3) Une séquence purement " Lynchienne ", celle de la première rencontre entre le policier fêtard et les ados. Cette scène bizarre et déjantée, mise en musique par le jazz de Badalamenti, rappelle énormément Twin Peaks et d'autres moments de Lynch où la réalité se met à dérailler et devient profondément absurde. Hélas, cette atmosphère ne revient jamais dans le film (à part peut-être quelques flashes, dont un enfant qui fait du kung-fu).

Les fans aimeront - ou seront agacés par - les nombreuses références à un paquet de films du genre. Cela ne suffit cependant pas à faire tenir un film debout. Pourquoi utiliser la musique de David Hess sans donner un cameo au bonhomme, par exemple, alors que cela aurait été si facile ?

Le scénario n'est guère inventif, mais il contient moins de blagues douteuses que nombre de films hollywoodiens du genre sortis en salle récemment. On appréciera l'absence d'effets spéciaux par ordinateur, le réalisateur ayant choisi des effets de maquillage, les plus efficaces, à mon avis, dans un film d'épouvante.

L'interprétation est majoritairement effectuée par des inconnus (pour les ados), correspondant en cela à la tradition du genre telle qu'établie dans les années 80. On aurait aimé que le film soit plus intense et aille plus loin dans ses intentions, mais je suppose que, vu la large diffusion du film et ses excès graphiques (par rapport aux autres films d'horreur récents), Eli Roth a voulu se limiter. Le résultat est donc un film regardable, mais je serais étonné qu'il devienne un classique du genre. Howard Vernon

Ça faisait longtemps que (dans les dernières sorties cinéma) j'avais vu un bon film. Pour ma part j'ai aimé. Contrairement aux films stupides d'ados à la Scream, I know what you did... ect, j'aime le fait qu'ils soient isolés loin dans la forêt, de l'ermite contaminé, la maladie qui fait ses ravages, disons que c'est un clin d'oeil au cinéma des années 70. En plus ils ont emprunté la musique du film Last house on the left.

Le dvd contient des courts métrages d'animation s'appelant The Rotten Fruit, fait par Eli roth et un autre dont le nom m'échappe, Hilarant. Rana

COME DRINK WITH ME aka L'HIRONDELLE D'OR aka DA ZUI XIA - King Hu, 1966, Hong-Kong 

Le fils du gouverneur est kidnappé par un gang de brigand qui souhaite l'échanger contre leur chef retenu prisonnier. La fille du gouverneur, épéiste talentueuse connue sous le nom d'hirondelle d'or, vole au secours de son frère. Elle se fera aider par un mystérieux mendiant alcoolique qui cache en réalité d'immenses talents d'artiste martial.

L'HIRONDELLE D'OR est un film référence dans l'histoire du Wu xia pian. Référence pour John Woo, qui y découvrit une révolution en ce qui concerne la manière de filmer les scènes d'action, mais aussi pour Ang Lee qui s'en inspira grandement pour TIGRE ET DRAGON au point de proposer à l'interprète d'Hirondelle d'or, à savoir Cheng Pei Pei, d'incarner la redoutable Jade Fox de son film. Le film possède aujourd'hui un charme désuet en comparaison des standards actuels du genre, mais possède une véritable beauté visuelle. Chang Cheh signa la suite deux ans plus tard sortie sous le titre anglais de GOLDEN SWALLOW et LE RETOUR DE L'HIRONDELLE D'OR en France. Ce qui ne manque pas de rajouter à la confusion générale déjà présente dans les titres des films de Hong-Kong. Pour finir, il paraît que Jackie Chan, âgé de 12 ans, tient un petit rôle dans le film. Kerozene

DEAD END - Jean-Baptiste Andréa & Fabrice Canepa, 2003, France, 1h25.

Sur une route forestière de la Californie, Frank conduit comme chaque année sa famille vers le souper de Noël qui est devenu une tradition. Plutôt que de passer par l'autoroute, il décide de prendre un raccourci et emprunte une route dont il a entendu parler mais sur laquelle il n'a jamais osé rouler. Très vite il s'apercevra de son erreur, particulièrement après avoir rencontré une inquiétante femme habillée en blanc qui transporte dans ses bras un bébé plutôt silencieux.

Film à petit budget (1 million US) qui joue davantage sur les dialogues et la suggestion que sur l'épate et les gros effets, DEAD END fait preuve d'un rythme et d'une inventivité qui en font une expérience fort agréable. L'inquiétant Ray Wise (le père de Laura Palmer dans TWIN PEAKS et la créature de SWAMP THING de Craven, entre autres) interprète un père de famille rigide, au verbe précis, qui guide sa famille du mieux qu'il peut à travers des épreuves dont tous ne sortiront pas vivants. Le suspense tient ici sur un fil simple mais efficace : qui sera le prochain à y passer, et surtout pourquoi ? Il est tout de même curieux que ce film "français" soit tourné en anglais, avec des acteurs américains, à Hollywood. Mais grâce au scénario en béton, malgré le budget ridicule, les acteurs et l'équipe sont parvenus à forger un film fort honnête qui, avec un bon marketing, aurait un potentiel commercial indéniable. Orloff

DOUBLE AGENT aka Ijung gancheob - Hyeon-jeong Kim, 2003, Corée 

L'action se passe fin des années 70, pour continuer dans les années 80. Un agent des services secrets de la Corée du Nord fait défection pour la Corée du Sud. Il est d'abord interrogé, soupçonné d'être un agent double. Il coopère et finalement devient une personne ressource pour les renseignements de la Corée du Sud. Puis, comme le titre du film l'indique, on assiste à la supercherie, le contact avec les agents infiltrés, le réseau complexe d'espions à la solde du Nord. L'étau se resserrera inexorablement pendant que les sentiments d'une espionne et un jeune transfuge mettront tout le réseau en péril.

Drame psychologique et drame d'espionnage réaliste, DOUBLE AGENT nous fait entrer dans un monde éloigné des 007 habituels et est dès le début d'une cruauté difficile à regarder. Pas de pitié dans le monde du contre espionnage, pas de pardon pour les fautes et des convictions politiques inébranlables.

Un film très différent, donc, du lot habituel du festival Fantasia, qui a attiré moins de public, mais fort applaudi par les gens présents. Mario Giguère

DOUBLE VISION - Kuo-fu Chen, 2002, Taiwan/Hong Kong

D'étranges meurtres sont perpétrés à Taiwan: les victimes présentes toutes des signes de noyade alors qu'elles se trouvent au bureau ou dans leur appartement. La police locale pataugeant dans la semoule, elle fait appelle à un agent du FBI, un profiler scientifique (David Morse) qui doit collaborer avec l'inspecteur Huang (Tony Leung Ka Fai), homme dépressif dont le couple part en sucette suite à une affaire qui traumatisa sa fille désormais muette. L'enquête menée par les deux hommes les dirige vers une secte dont le leader aux pupilles doubles souhaite atteindre l'immortalité.

DOUBLE VISION est en quelque sorte le pendant chinois de SEVEN version buddy-movie, avec ses cadavres contenant de nombreux indices et son meurtrier suivant un schéma extrêmement précis et calculé. Cependant, le film de Juo-fu Chen troque l'atmosphère sordide contre une ambiance quasi surnaturelle faisant pencher le métrage vers un univers aux frontières du fantastique. Visiblement destiné au marché international (la présence de David Morse le confirme), le réalisateur semble avoir opté pour quelques compromis afin de s'ouvrir un maximum de portes. Ainsi, les morts sont loin du sadisme du film de Fincher et la mise en scène est certes soignée mais plutôt convenue, passe-partout. La scène du massacre des membres de la secte est à l'image du film entier: alors qu'elle aurait pu devenir un moment d'anthologie, les coups de sabre en image de synthèse et la musique inappropriée atténuent fortement son impact pour devenir une sorte de sage tuerie qui ne brusquera que la ménagère de plus de quarante ans. Il semble en effet que tout le monde ait mis passablement d'eau dans son vin afin de rendre le film diffusable à grande échelle et ceci au prix de l'efficacité. Il reste au final un thriller surnaturel gentiment distrayant et au dénouement touchant. DOUBLE VISION a été en 2002 le plus gros budget de l'histoire du cinéma taïwanais, raison supplémentaire pour son caractère international (et donc théoriquement rentable), et fut présenté à Cannes dans la sélection Un Certain Regard. Kerozene

DRIVE - Sabu alias Hiroyuki Tanaka, 2002, Japon , 102m

Un salaryman obsessif-compulsif souffrant de migraines chroniques devient contre son gré le chauffeur de 3 voleurs qui viennent de se faire dérober leur magot par leur 4ième partenaire. Cette rencontre viendra perturber l'existence réglée au quart de tour de cet homme renfrogné qui mène sa vie comme une entreprise.

Asakura Haruki est l'incarnation du citoyen idéal japonais. Honnête, propre sur lui, réservé et ponctuel, il vit sa vie en fonction des lois sans jamais suivre ses envies. A force de s'oublier et d'ignorer ses besoins, son corps a fini par se rebeller et lui donner du fil à retordre. Ses migraines qui lui pourrissent la vie sont le signe que quelque chose doit être changé. Mais quoi? Les voleurs que le hasard (ou le destin) a mis sur sa route l'aideront à mieux se connaître et à mettre fin à ce cycle psychotique qui a débuté quand ses deux parents se sont successivement enlevés la vie ou peut-être bien avant... Les différents personnages représentent des sphères de la société japonaise qui est très riche en contrastes, ce qui donnent lieu à des scènes absurdes et surtout révélatrices.

Ce film amène une réflexion intéressante sur les phénomènes du hasard, du destin et de l'héritage culturel à partir d'une histoire anodine de vol de banque. Sabu dresse le triste bilan du samouraï devenu salaryman dont le conformisme est en train de tuer toute individualité, en plus de lui faire oublier ses traditions et le pouvoir qu'il a sur sa propre existence.

Il s'agit d'un film beaucoup plus fort au niveau du fond que de la forme, mais il s'agit d'un film bien fait et qui divertit malgré la gravité de son sujet. Mongola Batteries

The EYE aka Jian Giu aka Khon Hen Phi - Oxide Pang Chun & Danny Pang, 2002, Angleterre/Hong Kong/Thaïlande/Singapour, 1h38.

Mun, une jeune aveugle, entre en chirurgie afin de recevoir une greffe de cornée et retrouver la vue. Son opération se passe bien, et elle débute une convalescence d'observation dans l'hôpital, où elle rencontre la petite Ying Ying, fillette au crâne rasé atteinte d'un cancer du cerveau. Elle reçoit son congé juste à temps pour éviter qu'une relation amicale trop intense ne s'installe entre les deux, et part vivre chez sa grand-mère pour apprivoiser ses nouveaux yeux. Nouveaux yeux qui lui font voir de drôles de choses...

THE EYE est un film ambitieux et efficace dont les droits ont déjà été achetés par la firme de production de l'ami Tom Cruise. Le "remake" est donc à nos portes. Avec la qualité des effets visuels et de l'image actuelle du film en question, pourquoi ne pas s'être contenté de sortir une version sous-titrée ou doublée pour le marché américain ?

On connaît tous l'engouement qu'a créé le film RINGU an Asie, où de multiples copies ont par la suite été tournées. Ici, on nous concocte un mélange entre l'ambiance du film de Nakada et THE SIXTH SENSE, passablement réussi, qui tourne autour d'un héritage médiumnique transmis à travers un don d'organes !! La photographie est impeccable et clinique, particulièrement lorsque les personnages se rendent en Thaïlande où le climat visuel devient presque apocalyptique.

La demoiselle aveugle est correctement interprétée par Angelica Lee, une ancienne chanteuse - coutume courante en Asie - qui n'a que quelques films à son actif, dont BETELNUT BEAUTY, et qui semble obtenir un certain succès grâce à sa jolie gueule. Etonnamment, Wilson Yip, le réalisateur de BIO ZOMBIE, BULLETS OVER SUMMER & JULIET IN LOVE, apparaît ici dans un caméo prolongé, dans le rôle d'un prêtre taoïste !!

THE EYE demeure un divertissement de qualité qui procure son lot de frissons si visionné dans un silence total avec la lumière fermée, mais il ne transcende rien et ne prétend pas le faire, heureusement. Orloff

Une jeune fille aveugle subit une opération de la cornée et recouvre la vue. Étonnement, elle est alors capable de voir les morts...

Bon bon, je te vois venir avec tes gros sabot en beuglant "maiiiiiiiiis, c'est comme THE 6TH SENSE !". Et bien oui, si on s'arrête là, clair qu'il y a une sacrée similitude. Mais l'histoire en elle-même n'a absolument rien à voir, et je préfère ne rien dévoiler au sujet de celle-ci afin de te laisser apprécier ce film pleinement. Parce que je peux te dire que c'est une belle claque, et que ça faisait bien longtemps que mes petits poils ne s'étaient dressés de la sorte à la vision d'un film ! Certaines scènes sont proprement flippantes ! Le final du film est également impressionnant !

La mise en scène des frangins Pang est exemplaire, très soignée et intelligente, l'image et la photographie en générale sont parfaitement maîtrisées ce qui leur permet de distiller une atmosphère parfois terrifiante reléguant les RING et autres KAIRO au rang des CHAIR DE POULE. Kerozene

J'ai finalement vu ce film, sorte de réponse à RING. J'en avais beaucoup entendu parler, mais je m'étais efforcé d'en savoir le moins possible quant au scénario, afin de conserver toutes les surprises intactes. Ce que je savais du film, on le découvre dans la première minute : le scénario a pour protagoniste principal une jeune femme qui vient de se faire greffer un oeil. Cette musicienne, aveugle depuis l'âge de deux ans, va enfin "voir le monde" de nouveau.

Or, le problème est simple : elle voit aussi des fantômes... 

Ma critique sera plus brève que d'habitude : la première moitié du film est très prenante, même si l'originalité n'est peut-être pas au rendez-vous. C'est très efficace, et ces fantômes lugubres à l'orientale nous mettent assez mal à l'aise. Sinon, la structure ressemble vraiment à RING. Après une première partie inquiétante (car elle nous laisse sans repères précis), le récit se structure selon la forme d'une enquête policière avec énigme à résoudre afin de " restaurer l'ordre initial ".

Dans sa seconde partie, THE EYE est plus conventionnel. L'aspect effrayant disparaît au profit de l'enquête et d'aspects plus spectaculaires au point de vue visuel. À mon sens, le film perd alors sa force d'impact, même s'il n'est pas ennuyeux pour autant.

Le reste est correct. On sourira peut-être devant une musique au synthé un peu cheap par moments, mais l'interprétation, le montage et le travail au point de vue photographie parviennent à rendre l'ensemble assez efficace.

En bref : si THE EYE ne fera pas oublier RING, il donne lieu à une expérience de visionnement intéressante.

Le DVD ne propose aucun supplément, à part trois bandes-annonces sans rapport avec THE EYE. Howard Vernon

GODZILLA MOTHRA AND KING GHIDORAH GIANT MONSTER ALL-OUT ATTACK- Shusuke Kaneko, 2001, Japon

50 ans après la première attaque de Godzilla, qui fut anéanti par le destructeur à oxygène, un nouveau Godzilla réapparaît. Le roi des monstres, habité par l'esprit de morts de la deuxième guerre mondiale, ne peut être détruit que par trois monstres sacrés: Mothra, Baragon et King Ghidorah.

Plus connu sous le titre plus court : GMK, ce film est le troisième réalisé après le Godzilla américain, et sans lien avec toute la série, sauf le premier film. Trois essais tous différents et celui-ci part dans le fantastique fort particulier. Mais sapristi que c'est bon ! Il y a de l'action comme rarement on en a vu, ce Godzilla est d'une force inouïe. Le rythme est rapide, pas de temps mort. La musique, très différente, plus électronique, passe bien la rampe. Ca prends bien un peu de temps à s'habituer à la nouvelle tête de notre héros, mais on a droit à des scènes d'anthologies. Beaucoup de clins d'oeil au spectateur, je retiens ces touristes qui aperçoivent le monstre au loin et qui, au lieu de courir, se font photographier avec le sourire et le monstre au loin. Il paieront leur innocence.

Évidemment plusieurs fans ont reproché cette version un peu sacrilège du King et noté au passage quelques manques de continuité dans le scénario. On s'en fout, on adore le King et il est en sacrée forme ! Par le réalisateur des trois derniers Gamera. Vive Godzilla, Vive Shusuke ! Mario Giguère

GODZILLA VS MEGAGUIRUS aka Gojira Tai Megagirasu : Jii Shometsu Sakusen aka GXM - Masaaki Tezuka, 2000, Japon, 1h45

Le Japon a une nouvelle arme pour détruire Godzilla: un mini-trou noir ! Faut-il encore amener le monstre dans un endroit tranquille et le repérer correctement du haut du satellite qui envoie le trou noir ! Ils doivent donc l'attirer à un endroit précis, mais depuis que les japonais se sont rendu compte que Godzilla est attiré par l'énergie atomique, ils n'ont plus de centrales. Lors d'un essai du générateur de trou noir sur une île déserte, on aperçoit une onde dans le décor, une faille spatio temporelle qui plane quelque temps après que le trou noir a fait ses ravages. Il sortira de cette faille un insecte préhistorique qui pondra des milliers d'oeufs qui relâcheront des milliers d'insectes qui se précipiteront sur Godzilla, histoire d'absorber son énergie. Cette énergie sera transférée à la reine des insectes qui deviendra gigantesque et attaquera notre Godzilla préféré pendant que l'armée se demande pourquoi Godzilla revient vers le Japon !

Quel plaisir de retrouver notre monstre préféré en pleine forme, attaqué par des moustiques préhistoriques. Les effets spéciaux sont mieux réussis que la dernière fois, les effets digitaux sont particulièrement bien faits. L’histoire est un peu longue, comme souvent, et il est curieux de voir le dernier costume incrusté dans des séquences du premier film, considéré comme un classique au Japon ! Les combats sont bien orchestrés. On a droit au retour des séquences de lutte traditionnelles lorsque Godzilla prend une course (!) et saute dans les airs (re!) pour écraser à plat ventre le Megaguirus (re!!!). Les puristes doivent crier ! La musique est dans l'ensemble fort appropriée. Un Godzilla de bon ton qui se regarde avec un plaisir évident ! Mario Giguère

Godzilla attaque ! A Tokyo, en 2000, une escouade anti-Godzilla nommée les G-Graspers est créé pour débarrasser la planète du gros monstre vert. A sa tête préside Tsujimori, une jolie demoiselle un peu dure et bien déterminée a botter les fesses de Godzi hors de ce monde suite a la chute d'un malencontreux morceau d'immeuble qui a tue son compagnon d'armes lors d'une attaque du monstre a Osaka en 1996. On sait bien que Godzilla a des grosses pattes...

Une scientifique travaillant sur un "fusil a trou noir" - vous avez bien lu - engage Kudo, un petit génie de la micro science, pour l'assister dans la construction de cette arme extrême qui signifiera peut-être la fin du géant verdâtre. Pendant ce temps-la, un petit enfant qui s'intéresse aux papillons est témoin des premiers essais de ladite arme et en sort très impressionne...

Voila la "suite" du très amusant GODZILLA 2000. Alors que G2K se terminait sur une note incertaine, avec un point d'interrogation, les créateurs de la série ont décide de ne pas faire une "sexuelle" mais bel et bien de faire comme si tous les films de Godzilla, a part le premier, n'avaient jamais existe. On recommence à zéro ! A part l'attaque sur Osaka en 1996, la seule autre attaque dont on parle ici est la toute première, datant de 1954.

Ici non seulement Godzilla est-il déteste des humains, qui en ont ras-le-bol de reconstruire le Japon a chaque année, mais il doit en plus faire face à une grosse libellule répugnante - le Megaguirus du titre. Le combat entre les deux monstres dans la baie de Tokyo est épique, digne du plus grand match de lutte, et on craint même - oh, pas longtemps - que le gros lézard ne s'en sorte pas !!! Quel suspense ! Que de battements de coeur a 189 BPM !!

L'ensemble est fort divertissant, comme d'habitude, mais cet épisode ne passera sans doute pas a l'histoire. Interprétation correcte, réalisation rapide et classique, avec de beaux plans des immeubles de Tokyo et des maquettes en pleine destruction, quelques plans subjectifs a partir des "yeux" de Megaguirus qui frôlent le psychédélique, beaucoup de CGI, une créature affreuse et insupportable, un petit enfant pour faire "familial", une jolie fille qui se fait éliminer de façon très gore avec son petit ami en plein centre-ville par une "bebitte" épeurante, et un score pompeux et héroïque qui en met des tonnes pour nous agacer.

Pas mal pour un film de monstres !! Orloff

GRAVEYARD ALIVE : A Zombie Nurse In Love - Elza Kephart, 2003, Canada, 80m

Bien sûr, je voudrais sincèrement dire que ce film est génial et être gentil avec sa réalisatrice et encourager tout le monde à encourager le petit cinéma d'ici. Voyons voir ce que je peux faire.

Un bûcheron se fait mordre le doigt par une bébitte qui demeurera hors-champ faute de budget et s'en va à l'hôpital avec une hache dans le crâne venant d'on ne sait où. Le zombi mord une infirmière laide qui s'amourache de lui et lui transmet inévitablement ce mal qui la fera (très peu) pourrir et s'émanciper en tant que femme. C'est à peu près ça, mais sur une heure et demi.

Comédie sans gags, parodie aux renvois référentiels vagues (si ce n'est le soap américain), film de zombis sans gore, film sans couleur (glorious black and white). C'est un putain de chef-d'oeuvre! Et si ma nana s'était pas endormie sur moi après 12 minutes, je me serais sorti de là avec joie. Memorial BBQ

ICHI THE KILLER aka Koroshiya 1 - Takashi Miike, 2001, Japon

Ichi the killer est un tueur pratiquement muet qui décime les yakuzas d'un quartier chaud au Japon. Témoin d'un viol collectif lorsqu'il était plus jeune, il est resté marqué par cet évènement surtout au niveau de sa sexualité. Lorsque le boss Anjo disparaît, toute sa bande mené par Kakihara, autre tueur déjanté, part à sa recherche. Ils finiront par croiser la route de Ichi avec des résultats sanglants.

Miike l'avait dit. Il voulait réaliser un film tellement laid, tellement vulgaire, tellement violent que ses producteurs ne voudraient pas le sortir en salle... Ben on peut dire que Miike a réussit, son film n'est pas aimable du tout. C'est un truc abject totalement pervers qui avec ses côtés grotesques n'arrive pas vraiment à être choquant ni vraiment comique (et ce, même si les personnages sont dès plus colorants et collent parfaitement au manga dont ils sont tirés). De plus, le film n'est pas vraiment nerveux et l'action n'est pas toujours au rendez-vous. Miike privilégie une certaine lenteur qui s'achève sur des moments de violents extrêmes qui ne sont pas toujours montrés à l'écran lors de l'action (question de FX ?) mais ou le résultat est judicieusement cadré (le pimp coupé en 2 sur le sens de la longueur, le visage glissement doucement sur un mur taché de sang, la cheville d'une fille coupée froidement, etc.)

Malgré ces bémols typiquement Miikiennes (on sent que Ichi est un film vite réalisé et vite monté. Quelques bonnes idées ne cachent pas vraiment le manque de rigueur de la mise en scène), le film reste fascinant au niveau de la perversion des personnages. Grand film S&M, tous les personnages possèdent une déviance, tous se torturent avec " amour ", tous recherchent une certaine extase dans la douleur ou le sadisme. Kakihara est excité à l'idée de rencontrer Ichi, quelqu'un qui saura sûrement le torturer aussi bien que Anjo, son patron disparu. L'humiliation est aussi un sujet fort dans Ichi. Le Bullying (sujet déjà présent dans Visitor Q) a transformé Ichi en ce qu'il est aujourd'hui, un tueur fou incontrôlable qui désire éliminer tous les bullys.. Même les adultes sont humiliés constamment, comparant tout le concept yakuza à la cruauté d'enfants dans une cour d'école.

Il aurait été impossible de réaliser ce film en Amérique. Non seulement à cause de sa trop grande violence mais bien plus à cause de cette culture S&M typiquement japonaise. Lloyd llewellyn

www.ichithekiller.net

Un tueur sadique assassine le chef d'une bande de dangereux yazukas et laisse ensuite ses associés le soin de nettoyer les lieux du crime pour donner l'impression que la victime s'est fait kidnapper plutôt que tueur. Kakahira, l'homme de main de la victime, part donc à la recherche de son patron et de fil en aiguille, il apprend l'existence de Ichi, un maniaque qui s'attaque uniquement aux hommes méchants qui sèment le mal sur la planète.

Bon, j'avoue ici que mon résumé est un peu bâclé, mais on pourrait dire qu'il va en harmonie avec cet opus de la violence signée Miike. Ici, le scénario n'est qu'une excuse pour des scènes sanglantes à souhait, frôlant souvent l'insupportable, ainsi que les farces d'humour noir rarement subtiles, mais souvent très absurdes.

Miike ici s'est complètement laissé aller, on sent très bien qu'il est désormais en harmonie avec son style particulier et il se laisse ici s'amuser en suivant ses propres règles. Le résultat est cocasse et fort amusant, mais il ne s'agît pas ici de son meilleur film, ce dernier ayant fait beaucoup mieux avec GOZU et VISITOR Q. Oncle Freak

IN MY SKIN aka DANS MA PEAU - Marina De Van avec Marina De Van, France, 2002, 93m

Lointaine cousine du "MARTIN" de George Romero Esther, souffre ici d'un mal étrange . La trentaine, elle à tout dans la vie, un ami qui l'aime, un bon job et des projets long terme. Mais tout va basculer lorsqu'elle se blesse profondément à la jambe sur un bout de ferraille, lors d'une soirée entre amis. Elle est alors fascinée par cette plaie importante qui ne semble pas la faire souffrir du tout. Après l'avoir fait soigner, elle entame un jeu étrange avec son corps, sa peau et son sang. Un jeu qui l'emmène de plus en plus loin dans l'auto-mutilation et le repli sur soi. Au risque de l'éloigner de son entourage personnel et professionnel...

DANS MA PEAU est le récit de la déchéance sociale et physique d'une jeune femme au départ bien sous tous rapports. Marina de Van a choisi que cette déchéance prenne la forme des coupures qu'Esther inflige à son corps. Ces scènes de mutilations, à la limite du supportable, (plus d'un grincerons des dents!!) ont lieu en marge du monde, dans un réduit sombre de l'entreprise, dans la cave d'un restaurant ou dans une chambre d'hôtel anonyme et renforce par conséquent l'effet de malaise qu'elles provoquent. Lorsqu'elle passera au stade supérieur et commencera à goûter à ses propres lambeaux de chair qu'elle découpe méticuleusement, l'on devinera sa fin inéluctable...

Pour un coup d'essai, ce film méconnu français est un coup de maître. Rarement la position du spectateur n'aura été aussi inconfortable devant un écran, surtout que la réalisatrice évite avec brillot la facilité. Même si pour rien au monde on irait y faire un tour, "dans sa peau", ce film laissera des traces qu'on n'est pas près d'oublier. Marc Evil

The INVISIBLE - Joel Bergvall et Simon Sandquist, 2002, Suède, 98m 

Nicholas, qui est vu et perçu par tout le monde comme un étudiant parfait à l'existence parfaite. N'en peut plus ! Et s'achète des billets d'avions pour fuir. Mais ses plans sont brisés lorsqu'il est sauvagement assassiné par la chef d'un gang de jeunes alors qu'il prenait la défense d'un de ses amis. Son corps est massacré et caché dans le fond d'un bois. Il se réveille mystérieusement et retourne à l'école. Il se regarde dans une glace, il n'a aucunes blessures. Il se rend bientôt compte que personne ne le voit, ni l'entend et surtout il ne peut toucher à rien. Il est invisible. Après avoir digérer sa mort, il regarde comment les corps policiers mènent leur enquête au sujet de sa disparition. Un événement important survient : Un oiseau se pose sur son épaule. Il observe et voit le même oiseau qui s'était écrasé contre une vitre. Puis l'oiseau sur son épaule disparaît. Il comprend alors, que son véritable corps est mourrant mais toujours vivant dans le bois. Comment peut-il dire aux policiers que son corps est encore vivant, s'il ne n'a aucune emprise sur le monde réel ?

Les films sur des personnages invisibles abondent dans le cinéma. Mais force est d'admettre que celui-ci contourne habilement les clichés (sauf pour la fin qui ressemble beaucoup trop à celui d'un film archi-connu et adoré par toutes les jeunes femmes.). La photographie est vraiment belle, la qualité technique est indéniable et le film est surtout appuyé par une très bonne interprétation. L'actrice qui joue le rôle de la jeune rebelle est vraiment remarquable. La trame se veut réaliste et l'intrigue est très bien amenée. Le film rappelle un peu A BETTER PLACE, mais avec un fantôme et une réalisation technique beaucoup plus maîtrisé. Le film avait été chaudement applaudi par le public dans la salle de Fantasia. Recommandé si vous n'avez pas trop d'attente. Black Knight

JEEPERS CREEPERS 2 - Victor Salva, 2003, États Unis 

À toutes les 23 ans, pendant 23 jours, le Creeper se nourrit. Il reste 24 heures cette fois-ci et une équipe triomphante de footballeurs reviennent dans l'autobus scolaire dont un pneu va éclater. Dans ce pneu, un étrange objet aux quatre pointes tranchantes, artisanal, avec une dent en son centre... Le adultes seront les premiers à se faire enlever par la créature volante qui peut littéralement sentir votre peur...

Salva rembarque au poste de réalisateur pour une nouvelle livraison d'horreur efficace. Beaucoup ont déploré l'absence d'informations supplémentaire sur la créature, Salva avoue dans les suppléments qu'il n'a pas encore écrit les origines de son monstre ! Le mystère n'en est que plus prenant, il ne reste qu'une émotion, la terreur du huis clos de ces teenagers aux racines très différentes qui vont s'entre-déchirer avant que la bête ne le fasse. Il est étonnant de remarquer l'absence de dialogues lorsque les personnages affrontent l'inconnu de face, pas de ; HOLY SHIT ! WHAT IS THAT ? OH MY GOD ! et autres FUCK ! qui sont de mise dans ce genre très codé, que des mines complètement apeurées et effrayées, des bouches bées devant l'incompréhensible. Il y aura notamment dans les suppléments de telles scènes bavardes que Salva aura heureusement fait sauter. Tensions racistes et sexuelles abondent dans un script qui ne donne pas le beau rôle à la plupart des jeunes. Les effets spéciaux sont impeccables. Ray Wise joue les Ahab à la poursuite de son Moby Dick de Creeper pour notre plus grand plaisir.

Il y a une foule de suppléments dont A DAY IN HELL qui raconte en 26 minutes une journée typique de tournage, bien fait. La Saga du Creeper s'inscrit dans un renouveau de l'horreur sérieuse aux États Unis, à cents lieues des scripts d'un Williamson ( Scream 1-2-3 ), conscients et cyniques de leur état. Un bon moment d'horreur pour un monstre intrigant. Mario Giguère

KICK THE MOON, aka Shinlaui Dalbam, Kim Sang-Jin, 2001, Corée du Sud, 1h58

Ça débute avec un espèce de concours de chant ridicule, où les élèves les plus cools d'un lycée coréen se relaient sur scène pour interpréter des tubes vraiment fromageux. On nous met en scène la rivalité qui oppose deux élèves, un garçon réservé et l'autre plutôt populaire et bagarreur. Dix ans plus tard, le tough est devenu un professeur qui utilise des méthodes plutôt violentes pour punir ses élèves désobéissants, tandis que Young-Jun, l'autre lascar, est maintenant un gangster suivi par une véritable armée de subordonnés. Ils se revoient, reprennent un semblant de relation jusqu'à ce qu'une jolie fille, de laquelle ils tomberont tous deux amoureux, ne vienne réveiller leur ancienne rivalité.

Du réalisateur de ATTACK THE GAS STATION, cette comédie (?) coréenne se regarde sans déplaisir, mais sans réel plaisir non plus... Kim Sang-Jin crée un petit univers tout à fait irréaliste où tout le monde se tape sur la gueule - un trait typiquement coréen, typique d'une certaine inconscience sociale - et où les gangsters sont des individus ridicules incapables de vraiment faire du mal à quiconque.

On note encore une fois l'obsession des asiatiques pour les boys bands, cette plaie qui gâche plus d'un film... Le récit est improbable mais quelquefois amusant à suivre, mais s'étend trop longuement sur des sous-intrigues qui, bien qu'elles ne soient jamais abandonnées en cours de route, ne servent pas à grand chose.

L'interprétation est caricaturale sans tomber dans l'hystérie, et le seul comédien qui sort vraiment de la mêlée avec distinction est Sung-Jae Lee, qui était déjà de la distribution de ATTACK THE GAS STATION et que l'on a aussi vu dans PUBLIC ENEMY. Reste la bien jolie Hye-su Kim (TOO TIRED TO DIE) qui sert de love interest mais dont on ne développe pas vraiment les motivations. Un film bien terne et superficiel donc, qui insiste beaucoup trop sur l'immaturité pour être pris au sérieux. Orloff

KING OF THE ANTS - Stuart Gordon, 2003, États Unis

Sean Crawley est un mec quelconque qui s'implique connement dans une affaire tordue: après que Ray Matthews (Daniel Baldwin), un promoteur immobilier amateur de bourbon, lui ait demandé de buter un type, Sean se retrouve bien emmerdé lorsqu'il découvre que son commanditaire ne compte pas lui payer ses "honoraires". Pas franchement ravi, Sean explique alors qu'il est en possession des documents de la victime et que ceux-ci pourraient faire plonger Matthews pour de longues années. Notre jeune naïf se fait alors kidnapper, enfermer dans une cabane perdue à côté du ranch de monsieur, puis torturer de manière franchement brutale à grands coups de club de golf dans le crâne. Réduit à un état quasi végétale, le visage contusionné et vivant des ses propres excréments, Sean n'est plus que l'ombre de lui-même. Mais même un déchet tel que lui peut trouver la force nécessaire de se relever...

Étonnant métrage que celui-ci. On est bien loin des adaptations Lovecraftienne habituelles de Gordon, KING OF THE ANTS n'en reste pas moins une véritable petite perle noire qui ne détonne pas dans la filmographie de son réalisateur. Son film, Gordon l'a fait malsain. Très malsain. Ses personnages sont pour la plupart complètement pourris, violents, vulgaires, irrespectueux et son "héros" est plus tordu qu'il n'y paraît: celui-ci ne trouve rien de mieux à faire que de se branler lors de sa première nuit de détention (!?) et finira par tomber amoureux de la femme de sa victime. Le scénario signé Charlie Higson, lui-même auteur du roman originel, s'avère très bien ficelé et la mise en scène de Gordon, plus froide et clinique que jamais, colle parfaitement à son récit. KING OF THE ANTS, produit par les petits malins de The Asylum, détonne méchamment avec les productions américaines habituelles, ici les meurtres sont longs, sales, douloureux et parfois très gores et le sexe n'est pas franchement excitant. Bien loin du glamour ou du l'ambiance pop corn, Gordon se fait plaisir en livrant sa propre définition du thriller; et comme il est difficile de se séparer de certains tics, les séquences de rêves (ou plutôt cauchemars) qui parsèment le film rappellent inévitablement les origines du réalisateur. A voir. Kerozene


Melissa Sagemiller

LOVE OBJECT - Robert Parigi, 2003, États Unis, 1h24 

L'ami Kenneth (Desmond Harrington) est un pisse-copie bien timide, qui fait son boulot comme un chef et qui reçoit fréquemment de grandes tapes sur l'épaule de son patron (Rip Torn). Sa petite vie de californien demeure sans histoires jusqu'au jour où un camarade lui fait découvrir un site web où il peut se commander la "femme idéale", poupée gonflable de luxe qu'il façonnera à son goût. Comme une petite nouvelle (Melissa Sagemiller) vient d'être engagée dans la boîte et qu'elle lui plaît bien, il donnera donc ses traits à sa poupée et dès lors commencera une étrange descente aux enfers pour notre héros décidément un peu dérangé.

LOVE OBJECT semble innover, mais en vérité, l'obsession d'un pauvre idiot envers sa compagne de plastique a déjà été explorée dans GRANDEUR NATURE, aka Love Doll, tourné en 1974 par Luis Garcìa Berlanga, et mettant en vedette Michel Piccoli ! L'aspect "nouveauté" du film est donc un peu estompé par quiconque ayant la mémoire assez aiguisée pour se souvenir du film de '74...

Si on laisse de côté une certaine logique et un oeil aiguisé - LOVE OBJECT démontrant plusieurs failles dont la solitude inexplicable des deux personnages principaux, deux beaux et jeunes êtres qui ont visiblement beaucoup de fric - donc, il y a des chances que l'on apprécie cette comédie dramatique délurée.

Les personnages peuplant le récit sont plutôt originaux et amusants, allant du patron de Kenneth, un Rip Torn inquiétant et étonamment sobre, au voisin allemand (Udo Kier, hilarant) qui ramène des greluches chez lui entre deux bouffées d'opium. Desmond Harrington évite de surjouer, et sa partenaire Melissa Sagemiller, ayant débuté récemment au grand écran dans des cacas comme SOUL SURVIVORS ou encore SORORITY BOYS, est parfaite dans la peau de la jeune blonde innocente et sexy. Je ne sais pas qui interprète la poupée, mais je suis impressionné.

Robert Parigi, un producteur télé dont c'est ici la première réalisation, s'en tire plutôt bien et nous torche un amusant petit film, avec une finale surprenante qui fait sourire. Orloff

MAGNIFICENT BUTCHER aka Ren Zhe Wu Di aka Lin Shi Rong - Yuen Woo-Ping, 1979, Hong Kong, 1h48. 

Wing (Sammo Hung) est un boucher que l'on ne voie pas vraiment en train d'exercer sa profession, mais pour compenser sa paresse il est l'élève du prestigieux Wong Fei Hung, maître de Kung Fu aux gros yeux qui pratique la caligraphie dans ses temps libres. Bon élève en plus. Cependant, il est quelque peu naïf et comme il a un grand coeur (enfermé dans un gros coffre, il faut dire), il s'empresse toujours d'aider son prochain sans trop poser de questions, avec parfois de funestes résultats. Ce sera l'une de ces "gaffes" qui déclenchera une espèce de guerre entre les élèves de Wong Fei Hung et les élèves d'un autre maître, le grisonnant Ko.

Voilà un vieux "classique" de HK rempli de comédie pas subtile pour deux sous et de performances d'acteurs qui en mettent des tonnes. On appelle ça du cabotinage, habituellement, mais quand c'est à ce point et pendant TOUT le film, on appelle ça de l'agacement. Je retiens entre autres le petit frère de Sammo Hung, qui n'est pas très agréable à l'oeil, et qui en met littéralement des tonnes dès qu'il reçoit un coup.

La trame narrative est comme souvent motivée par le besoin de Woo-Ping de remplir son film de combats hallucinants, chorégraphiés à la seconde près, qui vont de l'étonnant au carrément spectaculaire (le combat avec l'homme-chat est particulièrement frappant). Sans ces combats, il nous reste des personnages pas crédibles, dont il est fort difficile d'apprécier l'humour enfantin. Sammo Hung jeune a des grosses lèvres de femme, et un visage rose et doux qui contraste étrangement avec celui de ses adversaires. Orloff

MALEFIQUE - Eric Valette - 2003 

On s'était dit avec des potes, celui-là il ne va pas rester longtemps au ciné : du bis, du gore, du glauque, du qui tâche et français en plus, pas ce qui intéresse les grandes chaînes de distribution...

Quelle ne fut pas notre satisfaction devant ce huis clos parfaitement orchestré par une mise en scène précise et efficace.

Ici, quatre taulards bien distincts (un travelo balaise en faux seins, un PDG fraudeur, un demeuré infanticide et un philosophe assassin) trouvent dans un recoin de leur cellule un livre ésotérique bourré de formules magiques.

Ils comprennent peu à peu que le livre pourrait les aider à s'évader, comme l'aurait fait l'ancien possesseur, mais les armes du livre sont redoutables et peuvent se retourner contre eux si mal utilisées.

C'est vraiment un bon film sans temps mort, vraiment glauque et assez tordu pour sortir de l'ordinaire des productions du genre... A noter aussi quelques scènes-chocs qui soutiennent la tension, et donnent de la poigne au mystère ambiant.

On pourrait juste reprocher à la fin d'être un peu moralisatrice, mais bon, ne chipotons pas, la France est un peu le vilain petit canard de l'horreur! Franfran

Avec un budget minime mais un scénario en béton et des effets spéciaux bien utilisés et efficaces, Vallette nous offre un récit et des ambiances sulfureuses qui ne sont pas sans rappeler le premier HELLRAISER. Les personnages sont vraiment intéressants et pas banals pour cinq sous. Comme dans bien des histoires de sorcellerie, il faut se méfier de ce que l'on désire. Bien mené, bien réalisé, il faut savoir manier la caméra dans ce huis clos réduit, Malefique livre la marchandise et réussit à étonner, ce qui n'est pas une mince affaire. Chapeau Mario Giguère

MUSA The Warrior - Sung-su Kim, 2001, Corée 

Au 14ème siècle, une délégation diplomatique de Corée est rejetée dans le désert par la dynastie naissante Ming. Une bande de mongols Yuen tuent leurs escortes chinoises, mais voilà que le général Coréen sauve une princesse ( Zhang Ziyi ) Ming du convoi Yuen. Ils seront ardemment poursuivis par les troupes Mongols jusqu'à un fort qui se révèle abandonné. Un terrible siège s'annonce...

Film historique à grand déploiement, MUSA débute très lentement dans le désert. Heureusement que le tout se corse dans des scènes de poursuite avec des poussées de violences étonnantes. Le sang gicle, les têtes sont coupées, les flèches pleuvent et les sabres et massues rencontrent l'ennemi dans des chorégraphies d'un réalisme cru. Le scénario ressemble étrangement à un vieux western américain: attaque de la diligence, poursuite dans le vallon, dans la forêt, attaque du fort, les similitudes sont nombreuses, la différence se situant dans le refus du "happy end" américain habituel. On philosophe entre deux combats, également. La musique m'a aussi fait décrocher à quelques reprises, trop moderne pour un récit classique. Un film fort apprécié avec quelques réserves. Mario Giguère

My LITTLE EYE Aka L'OEIL TÉMOIN - Mark Evans, 2002, Angleterre 

Le point de départ de ce thriller est d'actualité. On hésite à dire qu'il est original, car plusieurs romans ont déjà traité de ce sujet (entre autres LA MORT EN PRIME TIME, de JL Bizien) et plusieurs films ont présenté des phénomènes de télé-réalité troublants, bien avant les années 2000 (LA MORT EN DIRECT ou, dans un registre plus populaire, LES CENTURIONS DE L'AN 2001 et RUNNING MAN).

Malgré tout, le sujet de MY LITTLE EYE retient l'intérêt : un groupe de cinq jeunes gens acceptent de cohabiter dans une grande demeure pendant six mois. Leur expérience sera filmée et diffusée sur le web. Des internautes pourront suivre leurs péripéties moyennant paiement. Une fois les six mois écoulés, les jeunes gens obtiendront un million de dollars... sauf si l'un d'entre eux a abandonné la maison avant l'échéance.

Tout va donc très bien pour tout le monde jusqu'au cinquième mois, où des bizarreries commencent à se produire : bruits étranges, réception d'un colis lugubre, objets sanglants retrouvés...

La psychose commence à se développer chez les habitants, qui redoutent la vengeance d'un inconnu. À moins que toute cette histoire de télé-réalité diffusée sur le web ne cache quelque chose d'autre ?

Les 15-20 premières minutes du film sont assez intrigantes. Évidemment, on sent le démarquage BLAIR WITCH, par le biais d'un montage qui alterne les caméras vidéo et le support filmique, mais l'ambiance lourde (créée notamment par l'utilisation d'une sorte de fond sonore permanent rappelant le bourdonnement d'une fournaise) parvient à susciter l'intérêt.

Malheureusement, le film perd peu à peu son aspect inquiétant pour devenir routinier et, hélas, plus on avance dans l'intrigue, plus le scénario devient ridicule, jusqu'à une finale complètement idiote qui ne tient pas debout... Oubliées, les promesses du début.

L'équipe derrière MY LITTLE EYE ne brille pas par ses accomplissements. Vous connaissez les inconnus Marc Evans, David Hilton et James Watkins ? Il est probable que non, et cette situation ne risque guère de changer, au vu de MY LITTLE EYE.

Il s'agit donc d'un film qu'on peut, à la rigueur, regarder en vidéo un soir où l'on ne se sent pas trop difficile, mais il est clair que MY LITTLE EYE retombera bientôt dans l'oubli d'où sa parution vidéo récente l'a tiré. Howard Vernon

My SASSY GIRL aka YEOPGIJEOGIN GEUNYEO - Jae-Young Kwak, 2001, Corée, 137m 

Kyun-woo, un étudiant sans histoire, rencontre une jeune fille saoule dans l'métro ! Celle-ci commence à insulter un passager pour que celui-ci laisse sa place à un vieillard. Lorsque celui-ci prend place, le mal du cœur lui prend et elle lui vomit dessus ! Avant de s'évanouir, elle appelle Kyun-woo " chéri ", ce qui a lieu de débuter la plus belle des histoires d'amour digne des meilleurs romans !

MY SASSY GIRL à gagner l'année dernière le prix du film le plus populaire à Fantasia. Lorsque l'on regarde le film on peut certainement se poser quelques questions parce que le fantastique est comme dissous dans le quotidien. Mais à regarder de près on comprend le pourquoi de ce prix justifié. On pourrait aussi croire à un film romantique mièvre à l'américaine mais c'est tout le contraire. Le film n'arrête pas de surprendre et de détourner des situations que l'on croirait quétaine, facile et mielleux. Les 2 comédiens Tae-hyun Cha et Ji-Hyun Jun qui sont dans 98% du film sont excellents, il existe vraiment un rare magnétisme entre eux. Le film développe chez le spectateur une envie de le revoir d'une manière compulsive tellement que c'est réussi. De plus, pour moi le film utilise Les Canons de Pachelbel de la plus belle façon offerte sur film. À voir et à revoir avant le massacre que prévoit en faire le studio Dreamwork avec Ben Affleck ! Black Knight

NAKED WEAPON aka Chek law dak gung - Tony Ching Siu-Tung, 2002, Hong Kong, 92m

Avant même le générique d'ouverture on à droit à une superbe asiatique qui arrive en Porche à un hôtel, s'en suit de la nudité, des policiers undercovers, de la baise, une prise mortelle, des fusillades, des combats d'arts martiaux, la destruction du bolide au bazooka, des explosions et pas mal de mort incluant la superbe asiatique. On à un avant goût de ce qui nous attend, tout ça en quelques minutes seulement. Pour remplacer son agente, qu'elle à elle-même liquidée, Madame M. (Almen Wong Pui-Ha) fait enlever une quarantaine de fillettes de 13 ans. Elles seront emprisonnées sur une île recluse et entraînées à devenir des machines à tuer. Parmi le lot Katherine (Anya) et Charlene (Maggie Q) se lie d'amitié, se réconforte, s'entraide et se supporte, ça sent le lesbianisme à plein nez. Six ans plus tard, Madame M. décide d'en garder qu'une seule, se sera un combat à mort entre toutes les filles. Après un combat des plus éprouvant Kat, Charlene et la peu recommandable Jing (Jewel Lee) s'en sortent indemnes. Madame M. décide de les garder les trois sous son aile. Leurs carrières d'assassins professionnels commencent et sera parsemée d'embûches et de péripéties dont un jeune agent de la CIA, Jack Chen (Daniel Wu), qui ne sait pas s'il doit les arrêter ou en tomber amoureux.

Ce film d'exploitation franchement divertissant, est, pour faire une comparaison, une espèce de croisement entre NIKITA (1990, Luc Besson) et THE KILLER (1989, John Woo). Avec un esprit franchement lubrique on se surprend de voir le réalisateur Ching Siu-Tung (les trilogies A CHINESE GHOST STORY et SWORDSMAN) à la barre de ce projet. Les scènes de combats sont carrément époustouflantes, surtout la scène finale qui est complètement invraisemblables. Les filles de CHARLIE'S ANGELS n'ont qu'à aller se rhabiller, m'enfin pas trop, on les aime plutôt dévêtues, tout comme nos héroïnes ici. Les situations à connotations sexuelles abondent dans ce film et sont bien arrosées d'une bonne dose d'humour assez cheasy. Il est à noter que le film en en version originale anglaise et également sous titré en anglais, ce qui laisse place à des moments forts cocasses. Les dialogues et le sous titrage ne sont pas textuels et souvent le sous titrage va dans une autre direction complètement, ce qui rend la signification de certains moments encore plus hilarants. Le film se regarde très bien si on se laisse aller à ce genre pas très subtil et avec quelques bières dans le corps, l'expérience est fort satisfaisante. Elektrik Erik

Lorsque 40 jeunes filles âgées de 12-13 ans, fortes dans les disciplines martiales, disparaissent dans un court lapse de temps, la police se perd en conjonction. Ce que le spectateur sait, c'est qu'elles sont entraînées sur une île secrète dans le but de former une arme parfaite, une femme qui n'a besoin que de son corps pour tuer. La patronne, sanguinaire, a une faiblesse et conserve 3 filles, six ans plus tard, au lieu d'une ! Notre inspecteur repart sur l'enquête lorsque de meurtres sont commis de manière identique...

Que penser de Naked Weapon ? Tourné en anglais ! la réalisation est correcte, les combats finaux sont assez spectaculaire, il est vrai, mais le scénario est un ramassis de clichés, au-delà de la notion de base. Les dialogues sont souvent nuls, les trous dans le scénario énormes mais les actrices ont un certain charisme, ce qui ne rachète pas complètement le film. On pense à Battle Royale et on se dit qu'un meilleur réalisateur aurait amené le tout meilleur port. Dommage. Mario Giguère

OLD MEN IN NEW CARS : IN CHINA THEY EAT DOGS 2, aka Gamle Maend i Nye Biler, aka I Kina Spiser de Hunde 2, Lasse Spang Olsen, 2002, Danemark, 1h35

Harald est dans la merde. Il sort à peine de prison que déjà une bande de skinheads à qui il doit du fric vient lui collecter trois millions. Son père adoptif, atteint d'une cirrhose du foie, lui fait part de ses dernières volontés : voir au moins une fois son fils abandonné plusieurs années plus tôt. Seul problème : ce fils est enfermé dans une prison à haute sécurité, car il s'avère incapable de rencontrer une femme sans la tuer ensuite. Harald parvient tant bien que mal à libérer le maniaque, mais une fois la famille réunie au grand complet, il reste toujours les skinheads pas contents à rembourser et le foie du papa qui se barre en couilles.

Cette "suite" est en fait un "prequel" à IN CHINA THEY EAT DOGS. Je n'ai pas vu ce dernier mais le 2 est complètement insensé ! Olsen dispose d'une ingéniosité et d'un budget tels que l'action n'arrête jamais, et l'humour d'un noir profond qui parsème le film fait grincer des dents. Kim Bodnia (BLEEDER) est purement génial en Harald, brute épaisse et impulsive qui ne digère pas la contradiction et qui ne contrôle pas ses poings. Tous les personnages sont louches mais hilarants, du misogyne homicide (Torkel Petersson, JALLA! JALLA!) au concierge défouloir (Brian Patterson) sans oublier la jolie "love interest" Iben Hjejle (HIGH FIDELITY, MIFUNE). Mélangez des psychopathes, des cuisiniers soumis, un chien volant, quelques poursuites automobiles démentes, un joueur de football électrocuté et une blonde increvable, agitez, et vous obtiendrez un cocktail danois explosif que vous n'oublierez pas de sitôt. Orloff

PHONE - Byeong-ki Ahn, 2002, Corée du Sud, 1h40.

Ji-Won, une journaliste coréenne, vient de publier un article sur un réseau de pédophiles qui fait beaucoup de bruit et, excédée par les menaces qui lui sont faites sur son téléphone cellulaire, décide de changer de numéro et de se terrer dans une maison que lui prêtent un couple d'amis. Les appels ne cessent pas pour autant et elle découvre avec effarement que tous ceux ayant précédemment utilisé son nouveau numéro de téléphone sont morts dans des circonstances plus que suspectes. Chaque fois qu'elle entend la sonnerie de son mobile, rien de bien réjouissant ne se profile à l'horizon...

Voilà une production coréenne comme il s'en produit des tonnes, prévisible dans son ensemble et soporifique dans le détail. Les clichés asiatiques abondent, de la fillette possédée et supposément inquiétante (la repoussante Seo-woo Eun) au téléphone qui ne cesse de sonner chaque fois qu'une inquiétude surgit. On a même droit aux flash-back mal placés - et foutrement mal indiqués, ce qui crée une certaine confusion dès qu'on est le moindrement inattentif - et à des "visions" qu'a l'héroïne des crimes du passé. La mise en scène est trop traditionnelle et sage pour créer la tension tant attendue, et la direction photo, avec ses teintes pastel abondantes, nous rappelle sans cesse que la réalité se dissimule derrière des gels de couleur. La bande son orchestrale est sans originalité et souligne des effets ternes, que l'on voit venir de très loin. PHONE est un drame psychologique surnaturel jouant sur plusieurs registres mais sans identité propre, se contentant de calquer plusieurs succès récents du box-office coréen et jouant sur des coïncidences gigantesques, à croire qu'il n'y a que quelques centaines d'habitants en ville. Comme poésie occulte, on a déjà vu mieux. Orloff

J'ai eu de la difficulté au début du film, on change de personnage, mais je ne m'en suis pas rendu compte rapidement, les Coréennes se ressemblant toutes à mes yeux de Nord Américain. Donc, une jeune fille disparaît et une journaliste, qui enquêtait sur un réseau de prostitution juvénile et qui change de numéro de téléphone parce qu'elle se fait harceler, se retrouve avec son numéro de téléphone. Elle continue d'avoir de drôles d'appels et lorsque la fille de sa soeur répond à sa place, la petite semble possédée par l'esprit du téléphone.

Si ça semble confus, ça ne se règle pas non plus dans le scénario. Entre le client du réseau de prostitution qui va finir par se manifester et la petite qui est bel et bien possédée et l'étrange triangle amoureux qui se dessine, on finira par tout comprendre lorsque le récit tombe dans le classique Edgar Allan Poe.

Tout cela est très bien photographié mais le montage qui retourne dans le temps sans avertir crée de la confusion. Il y a de bons moments, mais on ne peut plus classiques et l'ensemble est une enfilade de scènes déjà vues autant en Asie qu'en Amérique du Nord. La musique est particulièrement non efficace, faible au niveau sonore et bien trop classique et trop mièvre pour soutenir le film. Le final rachète un peu le film, je n'avais pas venu venir toutes les situations. Ca reste peu. Mario Giguère

PIECES aka Le SADIQUE A LA TRONCONNEUSE aka MIL GRITOS TIENE LA NOCHE - Juan Piquer Simón - 1981 

Ben la belle série Z que voilà!

Un malade découpe des gonzesses dans un campus, il faut trouver qui c'est.

Un bon jeu du Cluedo donc parsemé de quelques scènes gores bien trempées (en général des mannequins en plastique qui pissent le sang par la tête).

Aucun moyen financier, acteurs lamentablement excellents, pin-ups qui gueulent, Jack Taylor qui se demande ce qu'il fout dans ce film, et flics nuls pour ce slasher idiot mais divertissant autour d'une bière et d'une pizza!

Je préfère quand même "terreur au collège" ré-édité par la troma pour son humour hallucinant et gonflé dans le même style...  Franfran

RESURRECTION OF THE LITTLE MATCH GIRL aka Sungnyangpali Sonyeoui Jaerim - Sun-Woo Jang, Corée du Sud, 2002, 1h59

Dans la Corée moderne, Ju est l'ami d'un gamer professionnel que toutes les filles adulent, alors que lui se contente de jouer les chaperons, solitaire dans son coin, souvent muet et renferme. Il garde un oeil sur la poupe qui administre l'arcade locale, mais ses tentatives de séduction tombent à plat - la coquine ayant déjà un copain et se foutant pas mal du mec. Un soir, en revenant bredouille de l'arcade ou il passe la plupart de son temps après le boulot, il tombe sur une jeune femme fantomatique qui lui vend un briquet sur lequel est grave un numéro de téléphone. Le gus, n'ayant rien a perdre, décide de téléphoner, et tombe sur une boite vocale lui expliquant les règlements d'un jeu virtuel plutôt obscur. Ju décide donc de tenter sa chance, et c'est le départ d'une flopée d'aventures hautes en couleur...

La Corée nous a habitue a tout, des innombrables claques sur la gueule en passant par les policiers humoristiques, jusqu'aux pales copies de succès japonais, hong kongais ou américains, oscillant entre un manque flagrant d'identité culturelle et un tâtonnement des genres, incorporant souvent une certaine tendresse "ketaine" a l'oeuvre, ou un humour tellement enfantin qu'il en devient agaçant...

RESURRECTION ne manque pas de ces éléments distincts, mais a tendance a s'éloigner de la production coréenne habituelle. Une multitudes d'effets générés par ordinateur sont utilises ici, et avec beaucoup de succès, fait qui m'a autant surpris que la canonisation aveugle de Mère Theresa. Soyons franc : le contexte "cyber" autour duquel le film tourne aide probablement a digérer cet excès de CGI, et l'habilite avec lesquels ils sont utilises joue aussi pour beaucoup dans l'appréciation.

L'histoire est tortueuse, rythmée et amusante. Les personnages sont à deux dimensions, bien sur, et on n'explore pas tellement en profondeur leur psychologie, mais telle n'est pas la prétention de "l'oeuvre"...

Il ne servirait à rien d'élaborer davantage, alors je vous conseillerai seulement de visionner le film en ne vous attendant avez rien, de n'être pas offusques par les divers emprunts, et de vous laisser bercer par les belles images qui abondent. Orloff

Un autre film déjanté. Ce que je me suis amusé avec les personnages pas pris au sérieux, comme cette gamer experte en arts martiaux qui a tendance à être distraite et qui s'appelle Lara et qui a l'air d'un homme! Tout est permit et pourtant le mélange est fort agréable. La musique est aussi remarquable, de l'Ave Maria aux lounge américain en passant par les B 52, on ne s'ennuie pas une minute. Loin des excès de sériosité maladive d'un Matrix ou des ratés d'une télé série comme Harsh Realms, le plaisir d'une folle aventure dans le virtuel, oui monsieur ! Mario Giguère

RETURNER aka Ritaanaa - Takashi Yamazaki, 2002, Japon

Terre, an 2084... Toutes les espèces vivantes sont en voie d'extinction, un petit groupe de survivants tente de résister, retranché dans une montagne au Tibet. L'ambiance est genre Terminator sauf que ce sont des Aliens les ennemis. Mais ils bombardent tout dans des engins volants du style Transformers (vous voyez le vieux dessin animé? c'est un peu comme çà). Une jeune fille nommée Miry est envoyée dans le passé pour empêcher tout çà...

Elle débarque donc dans le passé et se lie (un peu de force) d'amitié avec un petit nettoyeur (tueur) dans le style de Jean Reno dans Leon. Il exécute des contrats pour une vieille et s'occupe aussi d'une vengeance personnelle. Elle tente de lui expliquer qu'elle doit tuer un alien avant qu'il ne déclenche l'invasion de la Terre... Il finira par la croire. De leur côté le gouvernement a récupéré le premier spationef alien et son pilote retenu prisonnier. Mais un truand voulant pouvoir et argent compte enlever l'alien et le vaisseau car ce dernier est doté d'une incroyable puissance de feu. C'est donc à Miry et à son ami qui se nomme Miyamoto de libérer l'Alien. Car c'est la capture de ce petit alien pacifique (qui ne demande qu'à rentrer à la maison, pour comprendre, voir le film, si je raconte tout çà gâchera le plaisir).

Voilà un film japonais qui m'a vraiment impressionné. Je l'ai trouvé par hasard ce matin en voyant une bande-annonce sur un écran. On y voyait un énorme avion de ligne se transformer en autre chose. J'ai flashé et j'ai cavalé chez les marchands pour voir si qqn l'avait. Et voilà, excellent film selon moi. On y retrouve l'ambiance de nombreux autres films. ET bien entendu pour le petit alien qui cherche désespérément à retourner à la maison. Terminator pour l'univers du futur apocalyptique et le voyage dans le temps. Un peu de Independance Day pour la navette de l'Alien. Les Transformers pour les engins aliens. Le boulot de Myamoto, qui va chercher les contrats dans la boutique de la vieille puis accompagne une gamine m'a fait penser à Leon. La musique, le caractère et les manières de Myamoto et la dynamique me font beaucoup penser à Versus. Et bien entendu on a l'incontournable référence à Matrix: Flingues, longue veste en cuir et une scène ou le héros utilise un appareil qui augmente sa vitesse de 20% et tout va au ralentit ce qui lui permet d'éviter les balles qui filent vers lui... Vous voyez ce que je veux dire .

Mais sinon çà reste à mon sens un film très agréable, çà bouge beaucoup mais y'a pas de Kung-Fu, juste des flingues. Le film tient assez la route, la musique est pas mal et le style est vraiment bon. C'est vraiment un sympathique mélange de qualités. Dragonvolfied

ROYAL TRAMP aka Lu Ding Ji aka Luk Ding Gei - Siu-Tung Ching et Jing Wong avec Kenny Bee, Pak-Cheung Chan, Vivian Chan, Stephen Chow, Damian Lau, Man Cheung et Brigitte Lin, Hong Kong, 1992

Wilson Bond (Stephen Chow) un idiot peureux, se joint par erreur à un groupe révolutionnaire. Il se voit confié la délicate mission de voler les 42 chapitres d'un livre qui donnera la solution pour détruire un tyran sanglant et indestructible. Pour ce faire, il se rend au palais et il fait la queue pour se faire engager comme servant, mais il se trompe de file et se retrouve attaché pour devenir un eunuque ! Le maître eunuque le sauve de cette opération parce que la période de rémission est trop longue et parce que la mission est trop urgente ! Pour ce faire, ce dernier lui enseigne à notre courageux Wilson la redoutable arme martiale du pognage de téton&ldots; Parce que le coup de poing qui fait fondre doit être pratiquer pendant 50 ans pour arriver à quelques résultats&ldots;.

En lisant ce court résumé, vous comprenez que ce film est du pur délire et ça n'arrête pas une seule seconde. Réalisé en partie par Lu Ding Ji (Naked Weapon, A Chinese Ghost Story, Heroic Trio 2, Mad Monk, etc), un spécialiste du film en costume et des acrobaties, la qualité technique et photographique sont là et c'est excellent. Le technicolor est magnifique et ça vole partout. Et enfin, le film est incroyablement violent et trash pour une comédie du genre. Voyez par vous-même: Coup de pied qui arrache des têtes, boite crânienne ouverte avec les doigts, Corps coupés en deux, corps qui fond, etc. Bref, CA SAIGNE ! ! !

Si vous aimez ou n'avez pas de préjugés défavorables aux films de "WONG", donnez une chance à ROYAL TRAMP, vous allez passer un très bon moment. Moi, je veux absolument voir le 2, si c'est identique. Black Knight

site officiel

SANGRE ETERNA aka Eternal Blood - Jorge Olguìn, 2002, Chili, 1h48

Carmilla, une jeune chilienne rebelle qui s'habille en noir et qui vient de se faire percer le sourcil, fréquente son lycée sans se casser la tête, obtenant des bonnes notes sans efforts et attirant la sympathie de ses professeurs. Dans son cours sur le christianisme, elle remarque un beau ténébreux qui se promène toujours avec ses lunettes noires sur le bout du nez et les cheveux savamment dépeignés. Il a de la gueule, le petit, il se maquille ! Elle fera le nécessaire pour attirer son attention, il lui proposera de se joindre à lui et ses amis pour leurs parties de Vampire (jeu de rôle pour goths rêveurs), elle acceptera. Je prédis l'avenir. Puis ils iront célébrer leur première partie dans... une partie ayant lieu dans une maison abandonnée. Y'a tout plein de gothiques, ça fait peur, y'en a même un qui ne sourit jamais ! Ils sont louches, tout de même, ces types...

Jorge Olguìn, qui a précédemment dirigé ÀNGEL NEGRO en 2000, est un nouveau venu sur la scène cinématographique chilienne, qui contrairement à la croyance populaire, malgré les efforts du gouvernement pour ne pas soutenir ses cinéastes par le passé, n'est pas si infertile que ça. Le Chili nous a quand même donné le grand Raùl Ruiz... avant que ce dernier ne décide de s'exiler en France, mais c'est une toute autre histoire.

Il a ici concocté un scénario imaginatif et truffé de faux semblants, qui est basé en grande partie sur le jeu de rôle Vampire et qui joue avec ses codes. Et c'est un peu ce qui agace ici; je ne sais pas pour vous, mais moi, des gothiques, ça me tape sur les nerfs. Ce qui a bien entendu grandement influencé mon appréciation du film, nuisant à mon objectivité. Dans leurs parties, ces monsieurs-dames n'écoutent que du black metal langoureux aux paroles ridicules, et tout le monde fait de son mieux pour s'ignorer mutuellement, épiant avec jalousie le nouveau costume qui coûtait si cher chez Cruella mais que la bitch qui danse là-bas a eu le guts de se payer.

Les maquillages sont corrects mais conventionnels, et Olguìn a beaucoup joué avec la vitesse de déroulement de la pellicule pour ses effets spéciaux, ce qui finit par agacer. Les interprètes sont jolis, au moins, la plupart d'entre eux ayant fait leurs premiers pas avec Jorge. Il y a bien Patricia Lopez qui a aussi fait une apparition dans MAID IN MANHATTAN, mais ce n'est guère une référence...

Le fait que le film insiste sur la réalité, qui est pour les personnages principaux interchangeable, aide beaucoup à l'originalité du film, et le récit est particulier car on change de point de vue en cours de route. Quelques longueurs surviennent toutefois vers la fin, mais SANGRE ETERNA est somme toute plutôt réussi et demeure une écoute amusante si les tissus noirs ne vous donnent pas de maux de tête. Orloff

Qu'ajouter, sinon que le budget semble très restreint pour cette histoire de jeunes gothiques qui se retrouvent ou pas mêlés à de véritables-faux vampires ? l'ensemble est fort intéressant, mais la résolution de l'intrigue est tellement " déjà vu " que ça laisse un goût amer et, comme dit Orloff, les goths, on finit par en avoir trop. Mais l'idée de base est intéressante, les acteurs sont bons et j'ai bien hâte devoir ce que ce jeune réalisateur, ce n'est que son deuxième film, saura tourner avec plus de budget et d'expérience. Ca vaut le détour, en tout cas. Mario Giguère

SANTO: INFRATERRESTRE - Hector Molinar avec Hijo del Santo, Diana Golden, Luis Felipe Tovar, Blue Panther, 2001, Mexique,  version originale sous-titrée en anglais

Lorsque ses parents sont kidnappés par des monstres, un jeune mexicain a le bonheur d'avoir Santo pour l'aider à le retrouver. Avec l'aide de la jolie Alam Monreal, psychologue pour enfants et de la police locale, Santo découvrira une race d'extraterrestres enfouis sous la terre depuis des millions d'années, menés par le méchant Blue Panther...

Récemment sorti en dvd, INFRATERRESTRE marque le retour de Santo à l'écran, via son fils. On annonce d'ailleurs au début qu'il existe plein de héros de légende, mais qu'il n'y a qu'un seul héros vivant: EL SANTO ! On parle de budget très mince et d'un scénario ambitieux, donc de résultats pas toujours à la hauteur. Mais c'est le bonheur de retrouver Santo, avec sa voiture volante, son satellite de communication, sa belle cape argentée et ses combats plein de virevolte qui font plaisir à voir. La belle Diana Golden est également fort jolie et à trois reprises son personnage ne se gênera pas pour dire à Santo a: qu'elle a peur, b: se coller sur son épaule, c: lui donner un baiser. Mais on reconnaît notre héros qui n'est pas un de ces tombeurs de femmes, au plus, il lui promet à la fin de prendre un café avec elle, si l'occasion se présente ! Les comédiens sont dans l'ensemble amateurs, les décors redondants et les effets spéciaux digitaux pas toujours réussis, mais j'y ai trouvé un plaisir évident. Y en a pas deux comme Santo. VIVA EL SANTO ! Mario Giguère

Quelque part au courant de 2001, quand j'appris la sortie imminente d'un nouveau Santo, j'étais plutôt perplexe. Que donnerait la transposition dans un cadre contemporain de cette série propre aux années 60 et 70 ? L'entreprise était curieuse...

La sortie récente du film en DVD m'a permis de me faire une idée. Sans être une trahison à l'esprit des Santo 60s-70s, INFRATERRESTRE n'est sans doute pas le meilleur épisode de la série.

Pour bien ancrer le film dans l'époque contemporaine, le réalisateur Hector Molinar (2 films à son actif, incluant le Santo) a utilisé une surabondance folle d'effets par ordinateur un peu cheap. Le résultat est que ce Santo hi-tech fait plus sourire qu'il n'impressionne. Il faut voir Santo dans son bolide volant se promener sur un fond d'édifices conçus par ordinateur, le tout sous une musique techno déjà un peu désuète...

Les maquillages des monstres font un peu Star Trek, et les rayons laser qui sortent des armes à feu évoquent de vieux machins comme le Hercule de Luigi Cozzi (1983). Le tout est un spectacle relativement familial (comme la plupart des Santo) et anodin. Dénué de temps mort, le film se laisse regarder en dépit d'une photographie et d'un montage du style " téléfilm américain ".

Ce Santo n'a pas remporté le succès escompté, et l'on peut comprendre pourquoi : visant à imiter les gros canons américains, il ne peut qu'avoir des allures de parent pauvre en comparaison. Il aurait peut-être mieux valu ne pas vouloir à tout prix rendre le mythe de Santo hyper-actuel et se concentrer sur un récit d'épouvante gothique, par exemple... Howard Vernon

SANTO vs THE MARTIANA aka SANTO CONTRA LA INVASIÓN DE LOS MARCIANOS - Alfredo B. Crevenna, 1966, Mexique,  version originale sous-titrée en anglais

Les Martiens arrivent au Mexique ( ils se sont pratiqués à bien parler espagnol ) pour avertir les Terriens que ça suffit les armes nucléaires. Ils font donc disparaître femmes et enfant et veulent kidnapper Santo et son ami professeur pour forcer les nations à faire la paix. Leur ceinture de téléportation et leur pouvoir hypnotique sont bien pratiques, mais leur troisième oeil les font remarquer: pas de trouble, ils se tranformeront en humains. Il faut voir les Martiennes en beau costume décolleté couleur argent s'examiner avec dédain le corps ! Heureusement Santo, entre deux combats, se mêlera de remettre les lavettes martiennes à leur place, luttant même dans un aréna vide contre un martien, moment surréaliste à souhait. En glorieux noir et blanc et tout en muscles, pour notre plus grand plaisir. Quel homme, ce Santo ! Mario Giguère

SECOND NAME aka El Segundo nombre- Francisco Plaza, 2002, Espagne 

Après le suicide de son père, Daniella (Erica Prior) veut connaître la raison qui l'a poussé à commettre son geste. Elle ne tardera pas à découvrir que toute sa vie a été basée sur des mensonges et que son père et tout son entourage font partie d'un ordre religieux ou infanticide fait partie du quotidien.

Mêlant conspirations religieuses, recherche existentielle et référence à Polanski (Rosemary's Baby principalement), Plaza nous sert comme premier long-métrage à la photo sublime, un film certes maladroit mais efficace.

Les références religieuses sont souvent tirées par les cheveux et plusieurs scènes auraient dû être coupées du montage. Je pense ici à la présence complètement inutile du policier (sa participation n'aide ni à l'enquête de Daniella, ni à l'avancement du scénario) ainsi qu'aux scènes se déroulant à l'asile qui aurait bénéficiés d'un remontage (j'suis put capable de voir des fous, joués par des acteurs normaux, qui applaudissent pour rien tout en bavant sur eux-même en faisant de petits cris! Pitié!). Il y a aussi les dialogues qui frôlent souvent le cliché grotesque et la performance souvent douteuse de plusieurs comédiens (seule Erica Prior montre un réel talent).

Mais le film n'est pas mauvais en soi. L'atmosphère mélancolique très bien rendue ainsi que le "suspense" qui se glisse doucement capte notre attention et rend le visionnement très agréable en plus d'aider à oublier les éléments qui n'aurait jamais dû survivre au ciseau du monteur.

Ce que nous conservons à la fin du générique c'est ce sentiment d'impuissance de l'héroïne face aux événements qui se bousculent ainsi que l'atmosphère qui s'en dégage.

Pas parfait mais un bon divertissement fait avec honnêteté. Mathieu Prudent

Site Officiel : elsegundonombre.com

SEX AND ZEN aka Rou pu tuan zhi tou qing bao jian - Michael Mak, 1991

Oh boy! Un mec avec un petit pickle se fait transplanter un gros pickle de cheval entre les deux jambes. Plein de choses s'ensuivent bien parsemé de scènes de nudité appréciées. C'est du résumé ça, non?

Avec un humour qui ne fait pas grincer des dents (pour une fois), ce film hongkongais réputé se laisse regarder sans aucun problème. Évidemment, il ne faut pas s'attendre à quelque chose de très cherché, mais le ton léger ne nuit pas du tout au film. Quelques scènes reviennent facilement à l'esprit après l'écoute comme la fameuse scène de chirurgie ou bien sinon, le mari violent qui veut baiser sa femme (il se ramène avec son engin et s'active en défoncé à changer de positions à toutes les deux secondes pour finir dans les airs accroché par des chaînes!). Le tout est fait avec quand même sa partie de mauvais goût, mais si on s'est rendu aussi loin, ça ne déplaît pas. Un film plein de surprises, vraiment différent dans son genre et pas facilement oublié. Bad Feeble

SHANGRI-LA aka Kin'yuu Hametsu Nippon : Tôgenkyô no Hito-Bito - Takashi Miike, 2002, 1h45.

Shangri-La est un village de clochards situé dans ce qui semble être un dépotoir, quelque part au Japon, sur lequel tombe le propriétaire d'une imprimerie en faillite. Son automobile stationnée en bordure du terrain, il essaie de se suicider avec le gaz d'échappement de son bolide mais est interrompu par une bande de voyous à mobylette venus rudoyer les sans-abri. Pendant l'accrochage, un "bum" reçoit une flèche en pleine cheville et notre propriétaire au grand coeur s'offre pour l'amener à l'hôpital, abandonnant ses projets de mise à mort. Constatant sa générosité, le "maire" de Shangri-La va lui offrir son aide pour retomber sur ses pattes et sauver son entreprise.

Voilà une comédie presque familiale tournée par Miike pour ce qui doit sans doute être une bouchée de pain. Il est plutôt déroutant de voir Miike s'éloigner des éléments choc qui ont contribué à sa popularité, mais la tendresse présente dans SHANGRI-LA dormait déjà au coeur de certaines autres de ses oeuvres plus viscérales comme AUDITION ou VISITOR Q. Miike est versatile, et des films comme BIRD PEOPLE OF CHINA ou encore THE GUYS FROM PARADISE en témoignent.

Loin de la comédie grossière à laquelle nous ont parfois habitué les japonais, SHANGRI-LA comporte aussi des éléments dramatiques qui, sans être trop lourds, soulignent avec efficacité la détresse des personnages. À l'intérieur d'une économie impitoyable comme celle du Japon, il n'est pas rare qu'un chef d'entreprise se suicide pour sauver la face, "coutume" dont se moque gentiment Miike en sous-titrant son film "Japan Goes Bankrupt".

Les personnages de SHANGRI-LA ne sont jamais complètement bons ou méchants, et sont ainsi fidèles au reste de l'oeuvre de Miike. Le maire de Shangri-La, un clochard à afro qui ne se départit jamais de ses lunettes de soleil, est interprété par un Sho Aikawa méconnaissable. Régulier de Miike et héro de films tels que RAINY DOG et de la trilogie DEAD OR ALIVE, il a aussi joué pour Kyoshi Kurosawa (KAÏRO & SEANCE) et n'hésite pas ici à se dissimuler sous la crasse.

La musique est signée Kôji Endô, compositeur polyvalent et fétiche de Miike, et prend ici un fort accent tzigane, là où elle était plutôt jazzy pour GRAVEYARD OF HONOUR.

SHANGRI-LA marque le début d'un tournant majeur dans l'oeuvre de l'ami Takashi, qui dit vouloir abandonner la violence explosive qui lui est coutumière pour se concentrer sur des comédies plus humanistes qui engloberont tout de même ses thèmes favoris comme la quête du bonheur et la réunification de la famille. Espérons tout de même qu'il reviendra un jour à ses anciennes amours... Orloff

SIXTEEN TONGUES - Scoote McCrae, 1999, États Unis

Dans un univers post-apocalyptique, un policier défiguré ressuscite des morts, une androïde nymphomane et une pirate informatique tentent désespérément de survivre dans ce monde voué au chaos.

Ce petit film du réalisateur de SHATTERDEAD s'avère être une excellente surprise, bien sûr, on peut se plaindre de son très petit budget et donc, des effets spéciaux et des décors modestes, mais si l'on passe par-dessus ça, on a droit à un film de science-fiction fort intéressant qui regorgent d'idées fort originales. Le film se passe entièrement dans un immeuble aux murs recouverts de photos pornographiques, ce qui amène un climat de claustrophobie des plus angoissantes, cet effet de laideur est accentué par la texture du grain de l'image tournée digitalement. Les deux actrices principales sont étonnamment bonnes et donnent des performances du tonnerre grâce aux excellents dialogues.

Lors de la projection, plusieurs personnes ont quitté la salle, ce qui est compréhensible puisque le look cheap du film ainsi que sa lenteur risquent de ne pas plaire à tous. Par contre, si vous aimez les vieux films de Cronenberg, vous en aurez pour votre argent. Oncle Freak

Site officiel :Sixteentongues.com

SO CLOSE aka Chik yeung tin sai - Corey Yuen avec Qi Shu, Vicki Zhao, Karen Mok, 2002, Hong Kong

Lorsqu'une puissant compagnie est attaquée par un pirate informatique, seul un autre pirate réussit à sauver les ordinateurs de la compagnie. Il s'avère que la sauveuse est aussi la pirate déviante et qu'elle a utilisé ce stratagème pour tuer le patron de l'empire industriel, bâti sur le crime et la corruption. Les héritiers de l'empire perçoivent rapidement le danger que représente cette femme ( Qi Shu ) car elle a accès à toutes les caméras de leur édifice et est témoin d'un meurtre qu'ils ont commis. Une policière ( Karen Mok) qui est sur l'enquête du meurtre initial va flairer les justicières et compliquer la vie de tout le monde.

Film d'action aux moments forts très réussis, So Close s'égare aussi dans des moments sentimentaux très fleur bleu. À trop vouloir plaire à tous les publics, on risque de tous les perdre. Heureusement les performances de Qi Shu, Karen Mok et la jeune Vicki Zhao sont électrisantes. Pour la logique, on repassera. Pour amateurs de Charlie's Angels. Mario Giguère

The SUICIDE CLUB aka Jisatsu circle - Shion Sono, 2002, Japon.

The Suicide Club ne peut être décrit aisément.

The Suicide Club ne peut être critiqué d'une façon simple.

The Suicide Club, il faut vivre l'expérience.

Voyez-le et soyez sous le choc de ce film brillant. Bad Feeble

Une soirée de printemps comme les autres à Tokyo. À 19h30 précises, 54 jeunes écolières se tiennent la main sur le quai d'arrivée d'un train de banlieue, et sautent sur les rails dès que ce dernier entre en gare, produisant par le même fait le fait divers le plus ahurissant qui soit.

Un policier est persuadé qu'il y a là matière à enquête et que le fait que les élèves proviennent de 18 écoles différentes est assez pertinent pour éveiller les soupçons. Ses supérieurs pensent le contraire. Une internaute mystérieuse se faisant appeler "The Bat" attire leur attention sur un étrange site internet qui "comptabilise" les suicidés de Tokyo avant même que les événements ne soient reportés. La vague de suicide entre peu à peu dans la "pop culture" alors qu'un groupe nommé Dessart fait rage avec son tube "Mail me". Comment tous ces événements sont-ils connectés ? Le sont-ils seulement ?

Shion Sono signe ici un septième film percutant, qui le sort de l'anonymat relatif de ses six premières productions, passées plutôt inaperçues. Gagnant du prix du "film le plus innovateur" au festival Fantasia de 2003, SUICIDE CLUB est un film qui frappe fort, et ce même au 2e visionnement.

On serait tenté de dire que le ton hésite entre le sensationnalisme et le sentimentalisme, exploitant les suicides autant de façon graphique - certaines scènes sont assez difficiles à regarder - que d'une façon sociale et intelligente, nous rappelant que notre rage de vivre tient souvent à peu de choses dans une société anonyme et capitaliste. Les mégapoles sont particulièrement touchées par cette "solitude sociale" qu'évoque le film, et on ressent souvent en cours de visionnement une sensation de vide.

Phénomène de mode, façon gratuite et facile d'accès de mettre fin à ses tourments, voilà comment les personnages du film perçoivent le suicide. La "tendance" est à un point tellement répandue qu'elle en devient presque "normale" - on a souvent vu de tels mouvements corrompre le jugement d'une civilisation entière, notamment avec le nazisme...

Une grosse part de l'intrigue repose sur les composantes "musicales" du récit; sans vendre la mèche, on pourrait qualifier SUICIDE CLUB de "drame musical" si on voulait vraiment aller au bout des choses.

On retrouve avec plaisir un casting assez adéquat; outre le pop star Rolly, incroyable sosie masculin de Sharon Stone, qui apparaissait aussi dans SWALLOWTAIL BUTTERFLY, les deux policiers autour desquels tourne le récit sont ce qu'on peut appeler des vétérans.

Ryo Ishibashi, le détective Kuroda, est apparu dans THE CROSSING GUARD, de Sean Penn, en '95. Il a tourné dans KID'S RETURN ('96) et BROTHER ('00) pour Takashi Kitano, et dans Audition pour Miike. Il compose ici un touchant personnage d'inspecteur au bout du rouleau. Akaji Maro, le détective Murata, sale gueule de poisson-chat chauve, a tourné sous la direction de Sabu dans D.A.N.G.A.N. RUNNER ('96) et POSTMAN BLUES ('97), pour Kitano et Tsukamoto respectivement dans KIKUJIRO et GEMINI en '99, pour Miike dans CITY OF LOST SOULS ('00) et SHANGRI-LA ('02) et interprète plus près de chez nous le boss Ozawah dans le KILL BILL de Tarantino.

Le SUICIDE CLUB n'en est peut-être pas un que vous aurez envie de joindre en visionnant la conclusion, toujours musicale, et profondément troublante, qui ne donne pas vraiment de réponse claire au phénomène, mais le film ne vous quittera plus l'esprit pendant quelques jours, preuve en quelque sorte intangible de son impact certain. Orloff

SUR LE SEUIL - Eric Tessier, Québec, 2003 

Je ne vais quand même pas vous faire un review trop détaillé avant la sortie film. Mais, je vais seulement vous en dire quelques mots.

Le film de Eric Tessier est très bon. Lui et Patrick Senécal (qui est présent dans le film), étaient là pour présenter le film et ils ont vraiment aimé la réaction du public. il s'agit d'un habile thriller surnaturel avec aussi quelques touches de gore.

Tellement que je me demande si ça ne risque pas d'être interdit pour les moins de 18 ans ou légèrement coupé. Il y a une scène qui pourra certainement causer un problème pour monsieur et madame tout le monde qui vont penser aller voir seulement "un p'tit film d'horreur avec Patrick Huard et de Michel Coté". Un spectateur de Fantasia derrière moi à eu un malaise lors de la scène finale du film tellement c'était intense. Tellement que Daniel avait dû prévenir un gardien de sécurité pour s'assurer de son bien.

J'espère maintenant que j'ai suscité chez vous quelques attentes! Black Knight

Personne n'ose parler ici de ce film et je comprends pourquoi maintenant. 

L'histoire: Un psy reçoit à son hôpital un auteur à succès d'horreur {wow!} dont même les ébauches d'écrits se concrétisent.

-Ça promet donc une "méchante bonne pelleté" de scènes à couper le souffle ! Sauf qu'avec une bonne musique et de trop nombreux "courts intermèdes-abstrato-psychéliques" {malheur à celui sur la route avant la conclusion}, le film ne fait que promettre et l'attente s'avère inutile. J'en suis même sortie épuisée à aider la gang. Puis cette question: le ketchup est-il si dispendieux ici?

-Vive la photocopieuse{1seconde} et à bas l'actrice qui joue la nounou ayant le même look même 36 ans auparavant {ce n'est pas elle le "mal"?}. Deadmonton

Sur le seuil est un bel exemple de quoi ne pas faire lorsque l'on vend un film : celui de créer des attentes tellement grandes chez le spectateur qu'il en devient impossible de le satisfaire au point d'arrivée. Le projet s'avérait alléchant, une adaptation du roman du " Stephen King " québécois qui donnerait ainsi naissance au premier thriller fantastique québécois ( ce qui d'ailleurs, est faux, les cinéphiles avec un peu de mémoire se rappelleront Le Diable est parmi nous avec Danielle Ouimet ainsi que Dans le ventre du dragon). Les bandes-annonces montraient des images terrifiantes, annonçant un film d'horreur digne des plus grands chefs d'œuvres américains, de quoi mettre l'eau à la bouche des amateurs patriotiques du genre. Je me souviens d'ailleurs que la bande-annonce en question était projetée avant le film principal lors du Festival Fantasia et les spectateurs, qui détestent les publicités, l'écoutaient avec un silence religieux. D'ailleurs, Sur le seuil avait fait son avant-première lors du Festival, les commentaires s'avérèrent excellents et on parlait même de l'un des meilleurs films d'horreur de l'année 2003. Pour ceux comme moi qui l'avaient manqué, il a fallu attendre impatiemment jusqu'au mois d'octobre pour pouvoir enfin voir nos écrans de multiplexes se couvrir d'hémoglobine bien de chez nous.

La majorité d'entre vous connaisse déjà le synopsis du film, alors nous passerons immédiatement à la critique. Sur le seuil avait le matériel nécessaire pour être une belle réussite, mais s'avère être une gigantesque déception. Pas un ratage complet, on note quelques bons éléments, mais l'ensemble ne répond pas aux attentes qu'il a promis. D'abord, le scénario surprend par son manque d'originalité, on ne sait combien de fois on n'a vu une histoire d'auteur dont les écrits deviennent réels, bien sûr, ce concept, si mieux fait, aurait pu donner de quoi d'original, mais ce n'est pas le cas. Le film devient tellement prévisible que l'on devine la fin quinze minutes après le début. Les dialogues atroces, qui rendent l'œuvre complètement ridicule, ne viennent pas aider la cause. En fait, ils sont tellement ridicules qu'il cause parfois même l'hilarité. Lorsqu'ils sont dits par des personnages unidimensionnels tellement bernés, on se demande ce que les scénaristes faisaient lors de l'écriture du scénario. En effet, chacun d'eux a un comportement bien spécifique, l'un croit, l'autre pas, l'autre on sait pas et le garde tout le long du film. D'ailleurs, les développer un peu plus n'aurait servi à rien puisque la majorité d'entre eux ne font qu'une apparition de quinze minutes dans le film pour ensuite disparaître complètement.

D'un point de vue technique, la réalisation d'Éric Tessier est classique, à défaut qu'il ai décidé de rendre son image très pâle pour donner un look médical, ce qui marche relativement bien dans les scènes d'hôpital. Il utilise également la caméra à l'épaule qu'il s'amuse à brasser dans les scènes épeurantes pour créer un suspense, mais on a vu ce truc tellement de fois qu'il ne marche plus très bien. Le plus étrange du film reste l'apparition continuelle de quelques secondes d'images psychédéliques qui entrecoupent continuellement le film, comme si le réalisateur voulait nous rappeler que l'on écoutait une œuvre différente des autres. Malheureusement, l'effet rate puisque ces images sont tellement dénuées de sens que l'on a plutôt l'impression de voir des bandes-annonces pour un film expérimental.

Les acteurs sont très mauvais, Michel Côté joue de manière tellement grosse que l'on ne croit pas du tout à son personnage et que l'on se bouche les oreilles lorsqu'il ouvre la bouche pour émettre un autre de ses atroces phrases. Patrick Huard est correct lors des premières scènes où il reste silencieux et amène même, par sa présence, un certain climat de mystère, mais dès qu'il se met à parler et à montrer ses talents très minces de comédiens, on croit avoir droit à l'un de ses numéros d'humoriste.

Seul Albert Millaire se démarque du lot avec un jeu sobre et dans le ton. Sa présence, bien trop courte, amène le climat de mystère que l'on a cherché désespérément tout le long du film. D'ailleurs, ses quinze minutes de gloire où il raconte son passé dans l'église s'avère être le meilleur moment du film où Tessier a réussi à enfin créer un bon suspense et une tension qui garde le spectateur rivé sur son siège. D'ailleurs, ce moment du film s'avère tellement réussi qu'il se démarque du reste du film de manière étonnante. Dommage que tout le film n'aie pas été fait avec autant de travail.

Finalement, même les amateurs de bon vieux gore vont être déçu parce que le film est, en fin de compte, pas si violent que ça. Il y a quelques plans sanglants, mais pas assez pour choquer. Dommage, puisque même les pires atrocités cinématographiques peuvent parfois faire oublier leur maladresse en utilisant des litres de viandes intestinales. Si Sur le seuil aurait suivi leur exemple, cela aurait sûrement été pour le mieux.

Un film à éviter, sauf si vous voulez encourager une production de films d'horreur au Québec. Sinon, vous vous trouvez devant deux choix, soit lire le roman original ou encore attendre le remake américain que Miramax est en train de nous concocter en espérant voir quelque chose d'un peu mieux. Oncle Freak

Il faut mettre tout de suite au clair que ce n'est ni le premier film d'épouvante québécois, ni le premier fantastique du Québec, contrairement à ce que les médias claironnaient à l'automne dernier.

Ayant lu le roman de Patrick Senécal à l'époque de sa parution, j'étais curieux de voir comment Éric Tessier avait pu le mettre en images. Le résultat est valable, bien que le roman suscite plus d'images évocatrices et perturbantes... mais cela est peut-être aussi dû au fait que je connaissais tous les punchs et les secrets de ce film qui est, après tout, basé sur une énigme.

L'interprétation est globalement bonne (sauf Patrick Huard, qui m'a semblé peu convaincant), la bande son industrielle/atmosphérique souligne avec éloquence le visuel du film, et l'histoire inventée par Patrick Senécal est originale.

Certains critiques ont reproché le côté lent du film, surtout dans sa première heure et, même si je conviens qu'ils ont raison, je vois difficilement comment on aurait pu exposer et mettre en place la situation d'une autre manière. Peut-être en resserrant le montage, ou en conférant une atmosphère plus tendue ?

Sinon, saluons l'intégrité du scénariste et du réalisateur qui ont respecté le roman jusque dans sa fin et sont parvenus, au terme d'années de labeur et de démarches, à réaliser un tel film au Québec, en 2003, ce qui relève de l'exploit. Je me demande quel public Sur le seuil rejoindra. Les fans de téléromans le trouveront sans doute glauque, alors que les ados risquent de lui reprocher sa retenue et son sérieux (ce que j'ai pu constater en salles). Néanmoins, cette sobriété est mise au service du récit et s'oppose avec succès au Mal caricatural tel qu'il apparaît dans beaucoup de films hollywoodiens.

Pour ma part, j'ai trouvé l'expérience intéressante. Elle a aussi le mérite d'ouvrir les portes à un cinéma québécois de genre qui semble sur le point de prendre de l'expansion (LA PEAU BLANCHE, etc.) Howard Vernon

SYMPATHY FOR MR. VENGEANCE - Chan-wook Park, Corée du Sud, 2002

Un jeune sourd muet, travailleur fraîchement licencié de son job à l'usine, désire plus que tout sauver sa soeur dans le besoin d'une greffe de rein. Il voudrait bien lui offrir l'un des siens, mais il n'appartient pas au même groupe sanguin. Un donneur se faisant cruellement attendre, il décide de faire appelle à des dealers d'organes. Le deal se passe au plus mal... Fauché, lui et sa soeur décident donc de kidnapper la fille d'un riche industriel afin d'obtenir la somme nécessaire à l'opération - ainsi qu'un petit bonus, ça ne fait jamais de mal. Là encore, le kidnapping tourne au plus mal, notre jeune handicapé se retrouve dans une situation catastrophique. Il perd sa soeur et le père de la fille kidnappée ne désire qu'une chose: lui faire la peau...

Chan-wook Park est un des auteurs coréens les plus en vue de la vague actuelle. Remarqué par JSA, puis récemment auréolé par son prix à Cannes avec OLD BOY, l'homme semble avoir de beaux jours devant lui. SYMPATHY...  est le premier film que je vois du réalisateur. Un film profondément pessimiste, sombre, magnifiquement filmé et au final étouffant. Le rythme lent et contemplatif lui ajoute un poids certain qui pèse sur les épaules du spectateur qui ne peut que constater l'étendue de la catastrophe: les personnages de Park sont pris au piège d'une spirale mortelle et terriblement déprimante sans que jamais une lueur d'espoir ne vienne se présenter à eux. Ponctuer d'éclairs de violence crues, de brutalité absurdes, le film s'avère être au final un électrochoc qui demande quelques minutes de réhabilitation après visionnement. Kerozene

site français : www.metrofilms.com/sympathy

THEY'RE WATCHING US aka Nos Miran - Norberto Lòpez Amado, 2002, Espagne, 1h44

Juan (Carmelo Gòmez, L'ÉCUREUIL ROUGE) est un flic espagnol à qui on confie la réouverture de l'enquête sur un nommé Barreiros, disparu sans laisser de traces il y a déjà trois ans. Il découvre, dans le cadre de ses investigations, une immense filière qui documente abondamment tous les cas de disparitions ayant eu lieu en Espagne depuis les années '70. Cette filière fut constituée par l'inspecteur originalement chargé de couvrir la disparition de Barreiros, Medina, depuis lors devenu complètement fou et interné. Tout le monde autour de Juan lui conseille d'abandonner son enquête, prétextant qu'il y a des choses "qu'il vaut mieux de ne jamais savoir".

En Espagne, la "nouvelle vague" d'horreur occulte s'essouffle, mais NOS MIRAN ne semble pas touché par ce manque d'inspiration. Il y a dans ce film une sensibilité et une retenue toutes latines, qui évoque l'atmosphère d'inéluctable de REVENGE OF THE DEAD, de Pupi Avati... Le personnage interprété par Carmelo Gòmez sombre peu à peu dans une malédiction inévitable, rongé par ses nombreux conflits intérieurs, désireux de protéger à tout prix sa famille des "ombres qui guettent". Il y a beaucoup de choses qu'on ne nous explique jamais, peut-être pour préserver un certain climat d'étrangeté, mais cette absence d'éclaircissements serait plutôt agaçante.

La sobriété de la mise en scène et les effets spéciaux nuancés, servis avec parcimonie, évitent la surdose d'effets trop lourds. La musique - ici entité à part entière - en met par endroits un peu trop, mais est généralement superbe. Francisco Algora, un vieux routier espagnol, personnifie un confrère policier de Juan avec des mimiques et des sourcils qui rappellent étrangement au spectateur vigilant la dégaine de Tòmas Milian ! Orloff

site officiel

UNDEAD - Michael & Peter Spierig, 2003, Australie, 1h44

On savait les Australiens dérangés - pensez à CROCODILE DUNDEE - mais on n'avait pas encore vu ce que pouvait donner l'alliance maléfique entre deux frères jumeaux (un peu à l'exemple des TWINS OF EVIL de la Hammer) voués au mal cinématographique.

Prétexte : Une petite ville australienne réputée pour sa tranquillité. Un météorite explose à quelques pas de la Terre et des morceaux de rocaille brûlante traversent l'atmosphère pour venir s'écraser un peu partout, contaminant la populace locale et transformant nos amis pêcheurs en de hideux zombies. Une équipe de survivants, composée de divers représentants de diverses couches sociales, se battra jusqu'au bout contre les ghoules déchaînées mais découvrira qu'il y a plus qu'une histoire de zombies dans ce complexe scénario.

On ne peut pas dire que UNDEAD est une réussite sur tous les points, mais pour un premier film sans trop de budget, il regorge de bonnes idées et de trouvailles amusantes. L'idée de départ est fort commune, mais les développements qui suivent le sont un peu moins... Il y a vers le milieu du film une rupture de ton évidente, qui ne rend pas nécessairement service à l'ambiance mais qui donne droit à de curieuses scènes.

Les personnages sont amusants pendant un certain temps. On a droit à un couple de policiers, un couple de nobodys composé d'un bouseux et d'une ancienne reine de beauté enceinte jusqu'aux yeux, une jolie demoiselle (pétillante Felicity Mason) ayant usurpé la couronne de celle qui est enceinte, et un pêcheur miraculé obsédé par les armes à feu et débitant les one-liners les plus fromageux que j'ai entendu depuis longtemps. Cependant, le preneur de son n'est pas toujours très vif et on a parfois du mal à saisir ce qui se dit, l'accent n'aidant pas, et l'hystérie mal jouée du policier moustachu empirant le tout.

Les effets spéciaux, pour la plupart bidouillés digitalement, ne gagneront pas un prix Nobel de CGI mais sont plutôt bien faits et passent très bien. UNDEAD n'est pas une réflexion sociale très intense mais c'est un film très amusant où on retrouve du gore, des fusillades et du plaisir en quantités généreuses, et une telle recette n'est jamais nuisible à votre santé mentale. Orloff

Rene, (Felicity Mason) une reine de concours d'un petit village de pêcheur australiens, aimerait bien quitter le bled. Malheureusement, une chute de météorite qui transforme les humains en zombie s'abat sur le coin. Rapidement, Rene, un jeune couple avec la femme enceinte, un pêcheur récemment kidnappé par les extraterrestres et deux policiers, une asthmatique et un névrosé, se retrouvent enfermés dans un sous-sol à l'abri d'une armée de morts vivants.

On passe de Braindead à X Files rapidement dans ce petit budget ( un million ) australien réalisé par deux frères qui réussissent à nous en mettre plein la vue. Il a cependant les défauts d'un premier film, on accumule les clichés du genre en première partie, mais le scénario part dans toutes les directions et devient confus comme la mythologie d'X Files. Cependant, on a pas le temps de s'ennuyer, Felicity Mason (qui semble sortie tout droit de TENEBRAE) a une présence remarquable et les effets spéciaux font la job. La scène finale, tel un Resident Evil, vaut le détour à elle seule. Amenez-nous d'autres films, frères Spierig ! Ca fait du bien un bon film de zombie de temps à autre. Mario Giguère

VAMPIRE HUNTERS aka L'ÈRE DES VAMPIRES DE TSUI HARK aka Tsui Hark's Vampire Hunters aka The Era of Vampire - Wellson Chin, 2002, Hong Kong

Chine, 19ème siècle, lorsque des zombies boivent du sang, ils deviennent des vampires. Un Moine Taoïste et ses quatre disciples, qui répondent aux noms de Pluie, Éclair, Tonnerre et Vent, sont à la recherche du roi des vampires. On rencontre au passage une famille riche qui embaume ses morts et les conservent sous cire, possible future armée de zombies.

Sur un canevas simple se profile un bon moment de frousse et de plaisir typique des productions de Tsui Hark. Fourmillant d'effets spéciaux latex et digitaux, ces vampires ont des pouvoirs et une agilité remarquable. Oubliez les vampires occidentaux verbomoteurs, on ne parle pas, on se bat, et quels combats, de la voltige fort réussie. Le vampire ne se penche pas sur les cous, il "aspire" le sang de ses victimes à distance ! Les quatre disciples zigotos feront autant les pitres que des prouesses remarquables dans un film au rythme rapide ou l'on ne s'ennuie guère. Mario Giguère

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