LES FILMS DE FANTASIA 2004

du 8 juillet au 1 août au Théâtre Hall Concordia

Affiche illustrée par Peter Ferguson

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ANGULIMALA - Sutape Tunnirut, 2003, Thailande 

Ahimsaka est né sous de mauvais augures. Il a beau être né dans la caste des brahmines, il est prédestiné à devenir un puissant meurtrier. Son père veut donc le mettre à mort, mais sa mère le sauve, l'envoyant chez un guru qui lui demande de garder les chèvres. Le bon guru a cependant fiancé une jeune et jolie demoiselle qu'il répudie parce qu'elle s'avère être de la caste des intouchables. Révolté, Ahimsaka la sauve et rencontre un dieu qui lui montre le chemin pour chasser son mauvais sort. Il devra délivrer 1000 hommes de leur misère en les trucidant. Ahimsaka devient dès lors Angulimala, la terreur du pays, portant au cou le collier fabriqué avec les doigts de ses victimes, histoire de bien comptabiliser ses "sauvetages". Au moment de tuer sa 100ème victime, qui est nul autre que Bouddha, il comprendra bien des choses...

Véritable fable bouddhiste sur un tueur en série avant la lettre, Angulimala est une lumière tout à fait spéciale dans un panorama de tuerie gratuite coutumière. Il est difficile de comprendre comment un peuple a jadis épousé des prémisses discriminatoires aussi cinglantes mais la religion est la mère de tant d'excès... la photographie est superbe et la musique ponctuée de chants incantatoires obsédants. Un conte cruel qui débouche sur la découverte d'un bouddhisme serein. Surprenant. Mario Giguère

ARZAK RHAPSODY - Moebius alias Jean Giraud, 14 épisodes de 4m, 2002, France

Surprise chez la marchand généraliste Zellers: l'éditeur Québécois Dep sort la saga ARZAK RHAPSODY, avec la mention: Sélection officielle au FESTIVAL FANTASIA 2004 ! J'avait lu sur le concept et la série dans un Mad Movies: de l'animation Flash, des récits très courts, moins de 4 minutes, et des dessins originaux de Moebius. L'auteur en a profité pour explorer plusieurs facettes du personnage, le présentant une fois en élément d'un jeu virtuel. On joue avec les poncifs de la science fiction et de la fantasy, robots, monstres, princesses, gadgets et races aux noms singuliers et... une poésie et une atmosphère onirique et ludique. Il est évident que la beauté du dessin, encore épuré pour le médium, et le travail couleur est  simplement fascinant. Quand on termine la série, 14 épisodes, on a l'impression que l'on ne se lassera pas de les regarder à nouveau, ne serait-ce que pour saisir toutes les références et mieux comprendre, lorsqu'il y a matière à réflexion, les méandres d'un créateur hors-pair.  À savourer. Mario Giguère

AZUMI - Ryuhei Kitamura, 2003, Japon

Dans un Japon féodal, une troupe de dix jeunes se font entraîner au combat à l'épée et à tout ce que tuer peut mener par un maître hors pair. Tout à coup, après un exercice déchirant, ils ne sont plus que cinq et doivent commencer leur mission d'assassins sans remord en attaquant une liste de hauts placés dangereux et malfaisants pour tenter de ramener la paix dans le pays.

Wooo ! On retrouve la folie de la mise en scène de Kitamura avec son immense lot d'énergie et d'enthousiasme contagieux pour ce film aux combats explosifs et aux séquences d'action à couper le souffle. Adapté d'un manga, ce AZUMI en retient un esprit bande dessinée avec plusieurs personnages hauts en couleur et ses combats frénétiques, Kitamura ne laissant aucune longueur à l'oeuvre malgré sa longue durée. On en ressort avec un taux d'adrénaline élevé et le goût de se le retaper. Un film jouissif par son énergie qui ne prétend rien d'autre que de divertir et il est facile de voir qu'il a tapé dans mile. Bad Feeble

BATTLEFIELD BASEBALL aka BATTLEFIELD STADIUM - Yudai Yamaguchi, 2003, Japon 

Le coach de l'équipe de baseball d'un collège nippon rêve de mener ses joueurs à la victoire. Malheureusement, il leur faut faire face à la terrible team de Geido High, un ramassis de brutes sanguinaires zombiesque et totalement destroy qui jouent selon leur propre règle: aucune. On s'attend alors à voir devant nos yeux la version trash et déjantée d'un tournoi de baseball et au final on se ramasse un amoncellement de blagues crétinoïdes qui englobent tristement une fable hystérico-moralisatrice menée par des personnages vociférant sans cesse et ponctuée de quelques maquillages gores et de bastons illisibles. On sent que cette production Ryuhei Kitamura désire se rapprocher d'un esprit à la Troma mais ce manga live décérébré et complètement con désole au lieu de faire rire, agace au lieu de divertir et surtout, prend un soin incompréhensible à ne finalement heurter personne puisque tout le monde ressuscite grâce à une larme versée par notre héros qui culpabilise injustement... Tous, sauf le poivrot qui lui meurt d'alcoolisme, laissant derrière lui un pauvre toutou orphelin. Autant de conneries, ça me donne envie d'un pastis. A la votre. Kerozene

The BLESSING BELL aka Kôfuku no kane - Sabu (Hiroyuki Tanaka), 2002, Japon 

Un matin comme tous les autres, un homme (Susumu Terajima) marche pour se rendre au travail. Les portes sont fermées, chaînes à l'appui, l'entrepôt est fermé, plus d'emploi. Sans dire mot (de tout le film d'ailleurs), il continue de marcher ce qui le mènera à rencontrer différents personnages et différentes situations magnifiquement amenées, tous plus jouissives, loufoques ou chargées d'émotions (sans tomber dans l'eau de rose) les unes que les autres.

Sabu signe ici un film tout simple, tout en douceur, qui demeure captivant avec son personnage muet observant ce qui se passe autour de lui. Le résumé peut sonner comme étant un film lourd et destiné à un public restreint, mais il n'en est rien, étant plutôt orchestré de mains de maître sans aucun ennui. Le film dégage une certaine aura de bonne humeur comme c'était le cas avec le film précédent du cinéaste (le très bon DRIVE), mais ici, le film atteint des niveaux encore plus jouissifs par toute sa simplicité et ses entre-croisements de situations encore plus poussés.

Tout demeure coïncidence avec des rebondissements imprévisibles où notre marcheur y découvre avec nous des surprises qui le mèneront en prison après avoir été accusé de meurtre, à l'hôpital après s'être fait frapper par un automobiliste fuyard, à la loto après avoir gagné un gros montant, dans une maison pour sauver des enfants (!), dans un état particulier en apercevant des fantômes, etc. Sabu est en pleine forme et Terajima (le " prêtre " dans DRIVE) demeure captivant avec son charisme indéfinissable et les deux nous concocte un petit chef d'oeuvre sans prétention qui ferait bon de redécouvrir. On peut également noter la présence du grand cinéaste Seijun Suzuki dans un petit rôle ajoutant une certaine profondeur à sa brève apparition. Un des meilleurs films que j'ai vu au festival. À voir sans aucun doute ! Bad Feeble

BLUE SPRING aka Aoi haru - Toshiaki Toyoda, 2001, Japon 

Des ados à l'école jouent à un jeu fort dangereux pour trouver celui qui sera le patron des étudiants. Ils montent sur le toit, s'installent au garde fou du côté vide et doivent lâcher la rampe pour claquer des mains et rattraper le garde fou. Celui qui frappe le plus longtemps, 7 fois au début de cette année, peut faire ce qui lui plait et commander le respect. Évidemment d'autres jeunes vont tenter de l'affronter et on se doute que ça ne peut se terminer que d'une seule manière...

Les adolescents nihilistes en crise d'identité, j'admets tout de suite que ce n'est pas ce qui m'attire à prime abord. Ils sont anarchistes mais portent le costume obligatoire. Le réalisateur nous les introduit sur une musique rock tonitruante. Il y a des passages intéressants, un épisode de chiottes violent et rigolo, un jeune qui rêve de faire la paix dans le monde et qui prend la pose typique d'Ultraman. Il y a un petit nain qui fait rire de nombreux spectateurs. Entre une chronique sur une jeunesse nihiliste et une description typique et déjà vue du mal de vivre de certains adolescents, on s'arrête sur l'allégorie des fleurs qui germent, comme le film, évident mais somme toute efficace dans son propos. Mario Giguère

BLUEBERRY - Jan Kounen, 2004, France

Mike Blueberry, jeune puceau de l'Ouest sauvage, vient de tirer sa crampe avec la plus jolie putain du coin. Surgit alors Wally (Michael Madsen), vieux roublard à la gachette facile venu pour se vider les burnes. La scène tourne au drame, Blueberry fuit, touché à l'épaule laissant, derrière lui le bordel brûler et son coeur déchiré. Perdu dans les montagnes, se vidant de son sang, le jeune Mike tombe à terre avant d'être récupéré par des indiens aux connaissances shamaniques hyper développées. Quelques années plus tard, Blueberry se tape la face de Vincent Cassel, arbore une étoile de shérif, et est assisté de Rolling Star (Ernest Borgnine), adjoint propulsé sur chaise roulante, Billy (Jan Kounen), l'idiot du village et Jimmy (Colm Meany), adepte du bourbon bon marché.

Quelques salopards souhaitent mettre la main sur l'or légendaire se trouvant dans les fameuses montagnes gardées par ces vilains peau-rouges. Blueberry, sauvé par les Indiens des montagnes qu'ils considèrent comme ses frères, ne tient pas vraiment à ce que quelques illuminés se mettent en tête de leur faire du tort. C'est alors que resurgit de nul part ce bon vieux Wally, lui aussi à la recherche d'un trésor indien, mais un trésor spirituel.

Jean Kounen adapte très librement la bande dessinée Blueberry et se tape un méchant délire ésotérique, livrant ainsi un produit en haute teneur psychédélique. S'il laisse de côté l'ultra-violence cartoonesque de DOBERMANN au profit d'un récit plus porté sur la spiritualité, il n'oublie néanmoins pas de nous en mettre plein la vue via une photographie absolument magnifique. Le montage peut déconcerter lui aussi au départ, mais l'accumulation de plans séquences suivit de mouvements rapides montés de façon épileptique fait mouche. Le récit du film nous emmène par la suite dans un délire visuel hypnotisant que l'on peut adorer ou détester.

Kounen réussit son pari, quoi qu'on veuille en dire. Le salaud a bénéficié d'un budget colossal et n'en a fait qu'à sa tête, résultat: le film d'auteur psychédélique commercialement le plus casse-gueule du cinéma français. Attention, futur film culte! Kerozene

Site officiel : www.blueberry-lefilm.com 

The CARD PLAYER aka IL CARTAIO - Dario Argento, 2004, Italie, 96m 

Un tueur en série adepte des jeux de hasard, mets au défi les services de police à l'aide de parties de poker. Chaque nouvelle victime qu'il enlève, sert d'enjeu. S'il gagne, elle meurt, si la police l'emporte, elle est libérée. Après avoir perdu une victime, les services policiers mettent tout en œuvre pour coincer le coupable avant la prochaine partie.

J'avais entendu tellement de mal de ce film, que je m'attendais vraiment à rien. Puis sachant déjà à l'avance que ce ne devait pas être gore et que la mise en scène stylisée était supposément absente, je ne pouvais être que surpris d'y trouver de bons éléments. Premièrement, le casting est fort valable (à part quelques second rôles comme celui du directeur de police) et est supérieur à ce que l'on trouvait dans ses derniers films et deuxièmement le film comporte assez de références à d'autres films d'Argento (PHENOMENA, TENEBRE et surtout DEEP RED), puis de manière assez minime THE BIRD WITH A CRYSTAL PLUMAGE et FIVE DAYS AT MILAN que le fan peut s'amuser à les trouver. La direction photo de Benoît Debie (IRREVERSIBLE) apporte une certaine nouveauté qui contraste avec l'univers coloré que nous sommes habituées de voir. Le film contient 2 clins d'oeil à ce dernier film. Les effets de maquillage de Sergio Stivaletti sont parfaitement réussis et sont même impressionnants sur les détails des corps des victimes. La musique de Claudio Simonetti est vraiment inégale, mais comporte quelques notes qui rappelle par moment et très brièvement DEEP RED. Peut être devrait-il laisser sa place à un autre pour le prochain film avant qu'il ne gâche tout. Fabio Frizzi est-il à la retraite ? Pourquoi personne ne l'utilise ? Puis au générique, nous retrouvons les noms de Fiore Argento, Vera Gemma et de Roy Bava (petit fils de Mario Bava), un gage que peut être une nouvelle génération se prépare pour nous fournir notre dose d'horreur pour les prochaines années. Pour les points négatifs, il y a notamment le mauvais doublage et certains éléments du scénario qui sont d'un ridicule inouï, notamment la séquence finale qui est vraiment l'une des pires que j'ai vu. Par contre, le film comporte une très belle séquence tout en référence à DEEP RED qui par sa seule présence justifie le visionnement du film. Sans trop en dire, c'est celui de la mise à mort de l'un des policiers et tout ce qui se déroulait avant. Vous devriez vraiment aimer cette scène, qui est vraiment dans la tradition de ses grands films. Pour finir, je dirais qu'il s'agit de l'un de ses films les plus faibles. Mais il comporte quand même suffisamment de beaux restes pour que le spectateur y éprouve du plaisir. Mais surtout, avant de le voir, essayez de vous conditionner en vous disant que c'est mauvais. De cette manière, ça vous aidera à l'apprécier. Black Knight

The CHAMPIONS OF JUSTICE aka Los CAMPEONES JUSTICIEROS - Federico Curiel, 1971, Mexique, version originale espagnole

Blue Demon, Mil Mascaras, El Médico Asesino, Tinieblas et Sombra Vengadora sont les Compagnons de la Justice, qui affrontent ici les méchant MANO NEGRA, la Main Noire. Mano Negra utilise son appareil qui décuple la force de nains qui vont kidnapper, avec l'aide du lutteur Black Shadow, des participantes au concours Miss Mexico. Malheureusement pour eux, les Compagnons lutteurs sont juges du concours ! Batailles mémorable ou nos lutteurs doivent se battre contre les nains supposément plus forts qu'eux, poursuites automobiles avec gadgets dignes de James Bond, nymphettes soumises à la cryogénie, le tout sur une musique lounge qui convient bien, sauf un passage mémorable de bataille sous-marine sur fond trop léger. Tout le monde est en forme, sauf peut-être Sombra Vengadora qui est plutôt dénué de muscles. Il est toujours fascinant de voir le puissant Mil Mascaras changer de masque à chaque changement de décor, il fait même un changement devant la caméra sans que l'on puisse lui voir le bout du nez ! Le tout se finit très très rapidement, suffit que nos cinq masqué sachent ou se trouvent la base du vilain pour boucler le film en 10 minutes. La formule sera reprise deux fois, assez similaire dans la suite directe VUELVEN LOS CAMPEONES JUSTICIEROS. Que de l'action, qui débute avec un long combat trois contre trois. Le cahier de charge est rempli, on en redemande ! Mario Giguère

Le CONVOYEUR - Nicolas Boukhrief, avec Albert Dupontel, François Berléand, Jean Dujardin, Julien Boisselier, Philippe Laudenbach, Claude Perron, Aure Atika, 2003, France

Une énième rediffe télé du Pacha de Georges Lautner m'a offert à nouveau d'apprécier l'impact que produit toujours cette fameuse figure de style de grande classe, propre au polar, que constitue une attaque de fourgon blindé correctement menée. Et puisque l'écrivain et cinéaste José Giovanni vient de nous abandonner pour de bon, il me semble pure justice de citer au passage "le deuxième souffle" : magistralement tourné par Jean-Pierre Melville d'après le roman de Giovanni " Un règlement de comptes ", ce film contient une excellente version de l'exercice en question.

Quant à lui, respectueux des aînés, Nicolas Boukhrief exploite jusqu'au bout l'idée brillante de nous installer à l'intérieur du fourgon, avec un souci de réalité sociale haletant. Enfin, " haletant ", cette impression est surtout ressentie par les affranchis aux classiques précités, qui, dès la première sortie sur le macadam, auront naturellement tendance à baisser la tête à ras du siège de leur voisin de devant dans la salle. Ils savent que la peinture de ce genre de véhicule se raye rarement à coups de lance-pierres. Quant aux autres, tant pis pour eux, au premier pétard ils se lâcheront les pop-corns sur les genoux, la situation est suffisamment instructive sur la technique du bazooka reluquée de trop près.

C'est par les yeux d'Alexandre, nouvelle recrue, que nous sommes introduits dans les vestiaires d'une modeste société de convoyage où rôde un malaise, lié à de récentes attaques à répétition guère explicables. Le trouble est encore accentué par les attitudes suspectes de notre bleu, plus très jeune à vrai dire, personnage mutique et solitaire interprété par Albert Dupontel (dont le CV comme acteur suffirait déjà en lui-même à inquiéter violemment : Bernie, Le créateur, Un héros très discret, Irréversible).

En marge d'une intrigue qui tient la route, Nicolas Boukhrief dépeint une crudité sociale copieusement glauque. Le métier de pigeon de la famille des pigeons d'argile ("1000 euros par mois, 1 million dans chaque sac" raccourcit l'affiche) s'exerce dans les décors urbains de la zone, à des heures voisines de la nuit. Et, dans les sous-sols sinistres de l'entreprise, le direction du personnel gère le flux des recrutements au rythme des cartouches ramassées par ses salariés.

Clairement, aucun détournement d'images n'est envisageable par une société réelle de transports de fonds qui voudrait faire à bon marché sa promotion sauvage dans cette branche des professions de la sécurité.

Certes, Nicolas Boukhrief force parfois le trait, avec des maquillages beurrés à la testostérone, des engueulades de catch, des propos pédagogiquement contestataires sur la restructuration d'entreprise ou le déficit de formation professionnelle. Ses sous-flics apparaissent comme omni-défoncés aux mélanges jaja-médocs, à la fumette de n'importe quel combustible, et au mieux au baratin syndical ou à la gameboy.

Pour ma part, je n'ai pas réussi à retenir ces défauts. Sapés comme des sacs aux couleurs de la société "vigilante", des noms reconnus de la série B française nous sortent leurs têtes d'abrutis des grands matins, on jurerait un concours. Surtout, ça fait rudement de la joie d'entendre à nouveau le polar français tirer à balles réelles.

Une séance vue en compagnie de ma bébi pour la frimer avec les durs métiers des vrais hommes (môallez, on peut essayer ?). Bigeyes

N'en disons pas plus sur cette excellente surprise nous provenant de la France. Ce thriller est tout simplement superbe et la décision prise par TVA Films de ne pas le sortir en salles au Canada est incompréhensible puisqu'il y trouverait son public sans problème. Le récit sans aucun temps mort réussit à créer un suspense haletant qui atteint son sommet à la finale sans ne jamais tomber dans la facilité des films d'actions hollywoodiens. Les personnages très bien développés sont attachants et leur destin tragique réussit à toucher le spectateur. Puis finalement, il est agréable de voir qu'un film peut montrer un dur métier sans tomber dans la prétention de certains cinémas nationaux. Il s'agît définitivement de l'un de mes films favoris de Fantasia 2004. Oncle Freak

CUTIE HONEY - Hidaeki Anno, 2004, Japon, 94m

Une jeune et jolie employé de bureau Honey Kisaragi (Eriko Sato) est la risée de tous ses collègues de bureau qui la trouve pas mal cruche. Mais tout ce beau monde ne se doute pas qu'elle est en fait l'alter ego de la célèbre Cutie Honey. Une justicière super héros sexy et rigolote. Personne, sauf un journaliste, Hayami Seiji (Jun Murakami), hyper branché et cool qui est toujours là au bon moment, pour aider Cutie Honey dans sa quête. Celle d'arrêter les méchants, et en ce moment c'est la diabolique Sister Jill (Eisuke Sasai) est ses acolytes de la société criminelle secrète Panther Claw qui sont dans sa mire. Pas seulement dans la sienne mais également dans celle de l'inspectrice de police Aki Natsuko (Mikako Ichikawa) qui règne avec une main de fer sur la ville. Les Panther Claw ont méchamment enlevé le scientifique et oncle de Honey, celui là même qui à fabriqué le collier donnant ses supers pouvoirs a Cutie Honey. Le combat contre le bien et le mal est enclenché.

Ce film est magnifiquement ridicule, mais au combien appréciable. Le jeu des comédiens est superficiel et l'action complètement over the top. Mais étant donné que cela se veut une adaptation d'une manga le tout est très acceptable. Les costumes sont d'un kitsch à souhait. En criant "Honey&ldots; Flash!" et en appuyant sur le cœur de se son collier (digne d'une boutique Ardène) ses vêtements ordinaires se métamorphosent (se déchirent!) en costume rose sexy avec un décolleté plongeant en forme de cœur. Que mademoiselle Satoh remplie à merveille. Tout comme son rôle de nymphette idiote, mais au combien attachante, qui n'est pas sans rappeler une certaine Jane Fonda dans BARBARELLA. Le sous texte sexuel du film est tellement palpable que cela en est presque pervers.

Hideaki Anno, mieux connu pour son travail sur la série EVANGELION, est aux commandes de cet objet hystérique, énergique et complètement déjanté. Les scènes d'actions sont abondantes et impressionnantes, tout à fait irréels et complètement digne d'un dessin animé. D'ailleurs, il semblerait que le réalisateur à d'abord tout fait en dessin et a ensuite demandé aux acteurs de les re-créer. Le tout pourrait se comparer au goût d'un bonbon sur dans la bouche. Ce n'est pas toujours agréable, mais on peut toujours pas se passer d'en prendre un autre. Vivement Cutie Honey 2. Elektrik Erik

À noter que ce film destiné, apparemment, aux jeunes filles de 16 ans était commandité par www.fillecool.com. Ils distribuaient un magazine (incluant un bracelet en plastique) à l'entrée de la salle. Étrangement le public était majoritairement composé de jeunes hommes. Gang de pervers, et je m'inclus là dedans !

site officiel : cutiehoney.com

DEAD & BREAKFAST - Matthew Leutwyler, 2004, États Unis

Le film de zombie pour rire est de nouveau à la mode. Après le pathétique HOUSE OF THE DEAD et avant un prometteur SHAUN OF THE DEAD, voici DEAD & BREAKFAST et ses zombies rednecks. L'histoire prend place dans une petite ville du sud des Etats-Unis dans laquelle un groupe d'amis de passage se voit soudainement confronté à une horde de zombies dirigés par l'un des leur après que celui-ci ait ouvert une boîte magique d'origine asiatique.

Le film commence assez bien et adopte un ton de bande dessinée (des cases dessinées sont d'ailleurs utilisées au cours du film) avec pas mal d'humour. On se prend assez rapidement au jeu et on se délecte devant un portrait de l'Amérique profonde pas franchement reluisant jusqu'au moment où les zombies arrivent. Si on ne va pas rechigner sur les maquillages minimalistes des morts vivants, on a en revanche tendance à trouver les scènes d'attaques de zombies assez agaçantes car terriblement répétitives et parfois bordeliques. Le film dispense de quelques effets gores traditionnels, une décapitation à la hache, une cymbale fichée dans un front, des têtes éclatées, bref, rien de bien nouveau sous le soleil dans cette histoire contée par un guitariste country qui vient pousser la chansonnette de temps à autres et dont les ballades contiennent des paroles franchement drôles...

Côté casting on retrouve Jeremy Sisto qui semble devenir un abonné des séries B après MAY et WRONG TURN et David Carradine dans un petit rôle qui vient donner la réplique à sa nièce Ever Carradine qui possède un petit air d'Uma Thurman. Kerozene

Site officiel : www.dandbfilm.com

DEADLY OUTLAW REKKA aka Violent Fire aka Jitsuroku Andô Noboru Kyôdô-Den : Rekka - Takashi Miike, 2002, Japon, 1h36

Si vous avez vu la bande-annonce, ou que vous connaissez assez bien Miike, vous vous doutez probablement que ça déménage. Ce film est programmé à Fantasia cet été et dans un esprit d'éclaircissement, j'ai voulu vous donner en primeur un avis objectif.

Kunisada (le grand Riki Takeuchi) est fils emprisonné d'un "boss" yakusa qui se fait descendre par un clan rival, les Otaki. Lorsque Riki retrouve sa liberté, il apprend qu'une alliance amicale a été négociée entre les deux clans pour éviter une sanglante guerre des gangs. Il n'est bien entendu pas d'accord, et entreprendra de le prouver en tentant d'éliminer tous les gangsters qui se retrouveront sur son chemin.

Pas besoin de vous dire que j'ai adoré, j'imagine. Entre des actes de violence extrêmes imaginatifs, un style visuel inimitable, un rythme assez particulier et un montage éclaté, Miike s'éclate carrément, et parvient même à beurrer par-dessus sa tartine un score heavy metal qui passe le test ! Takeuchi esquisse un portrait assez juste d'un psychopathe à la mèche courte, personnage superbe et grandiloquent que l'on ne retrouve que dans l'oeuvre de l'ami Takashi. Comme souvent dans la période "yakusa" de Miike, on retrouve un couple de tueurs savoureux, dont chaque apparition est plutôt hilarante. Les dialogues sont brefs et vont droit au but, et l'humour absurde est bien entendu au rendez-vous. On remarque aussi un caméo de Sonny Chiba dans la peau d'un chef yakusa.

Maintenant, si seulement l'oeuvre de ce génie dérangé était distribuée correctement an Amérique du Nord, on serait bien plus heureux ! Orloff

DOPPELGANGER aka Dopperugenga - Kiyoshi Kurosawa, 2003, Japon 

Un scientifique travaille sur sa nouvelle invention, une chaise électronique pour personnes à mobilité réduite, qui accomplirait de nombreuses tâches pour son usagé à l'aide de ses bras mécaniques, etc. Mais voilà que la perfection n'est pas encore là et son inventeur continue d'y travailler sans cesse et sans repos. Tout à coup, un jour, son double lui apparaît. Huh ?! Devoir s'habituer à la situation n'est pas chose facile d'autant plus lorsque ce double en question n'est pas des plus plaisants, accomplissant des actes douteux et horribles sans aucun remord.

Ce nouveau film de Kiyoshi Kurosawa n'est pas un de ses meilleurs, mais il demande effectivement plus d'un visionnement pour bien l'apprécier surtout vu toute sa dernière partie légèrement disjonctée, donnant une rupture de ton flagrante. Les effets de double sont tout simplement géniaux ! On dépasse même l'efficacité de la chose vu dans le DEAD RINGERS de Cronenberg et cette fois-ci, un procédé de plus est utilisé magistralement: le split-screen. On se promène parfois avec deux ou trois écrans donnant l'illusion de plusieurs personnalités, le tout étant d'une efficacité décapante où Koji Yakusho (CURE, CHARISMA) s'en donne à coeur joie dans son double rôle, une double interprétation de taille magnifiquement exécutée.

Un fim cérébral amusant où on aurait pu facilement donner dans le prévisible ou même le divertissement plus ou moins léger, mais qui préfère anéantir tout cela pour terminer de façon complètement inattendue avec un humour noir bon enfant, cachant de nombreux mystères sous ses folies déroutantes. Bad Feeble

DO YOU HAVE THE SHINE ? - Johan Thurfjell, 2003, Suède, 6m

Mais quelle amusante surprise que ce court ! On nous présente (en écrit) un jeu vidéo (le film est en images de synthèse) nous identifiant comme étant le petit Danny du SHINING, se promenant en big wheel dans les couloirs du fameux Overlook Hotel. On nous explique de façon hilarante les enjeux (on doit tourner dans 15 intersections et fermer les yeux si on voit les deux petites fantômes), et c'est parti !

L'humour du départ laisse place à une terreur montante jusqu'à sa finale, abruptement bien réussie. Une petite curiosité bien amusante et terrifiante en même temps. BOO ! Bad Feeble

DRACULA'S GREAT LOVE aka Gran Amor Del Conde Drácula aka Cemetery Girls aka Cemetery Tramps aka Dracula's Virgin Lovers aka Great Love of Count Dracula aka The aka Vampire Playgirls - Javier Aguirre Avec Paul (Roarrrr !) Naschy. Espagne, 1972.

L'intrigue est classique : Nous sommes en Transylvanie et la roue d'un carrosse se casse et les occupants vont dormir dans le château du compte Dracula.

Je n'avais jamais vu un Dracula espagnol avant, et j'avoue qu'ils n'ont rien à envier à la Hammer dans le choix des demoiselles (Haydée Politoff, Rosanna Yanni, Ingrid Garbo et Mirta Miller) et dans la direction photo. Mais pour le reste c'est très kitch et on se marre comme c'est pas possible. Paul Naschy se ridiculise encore, mais cette fois dans le rôle de Dracula, faut le voir dans sa grosse cape rouge lorsqu'il va mordre un cave qui c'est pris le pied dans un piège à ours.

Dans sa maladresse, le film innove : C'est sûrement la seule et unique fois dans l'histoire du cinéma que le compte Dracula ** s*****e (censuré pour pas vendre le punch) dans un film. Je ne pense pas que ce soit déjà arrivé ailleurs.

J'avais vu le preview avant la projection de PIECES et je me disais que ça ne pouvait qu'être nul et drôle. Quelle ne fut pas ma surprise de constater que le film était présenté en FILM SURPISE au lancement du nouveau livre FEAR WITHOUT FRONTIER de Fab Press ! Moi, qui croyait avoir une chance de voir FOUR FLIES ON GREY VELVET (présenté au Festival Fab Press en U.K) j'en ai pris pour mon rhume. Au moins, nous avons eu droit à un print uncut de Sinister Cinema. Le film était gratuit (mais personne le savait même pas nous !) et je comprends pourquoi nous étions 12 dans la salle. Au moins, je me suis rapporter de bons livres comme le Agitator de Miike à 25$

Commentaire de Arcvile pendant le film : " Pendant le générique, le même plan d'un gars qui tombe d'un escalier nous est repassé au moins 7 fois. Facile ! C'est LA GRANDE SCÈNE du film " Black Knight

Les DRUJES - Izabel Grondin, Mini DV, 2004, Québec, 13m

Deux jeunes femmes toutes de noir vêtues sont en panne un soir de réveillon. Ils frappent à la porte d'un bon samaritain en plein party pour appeler une dépanneuse. L'affaire tournera mal...

Je dois avouer avoir resté perplexe devant le scénario, au point de faire une petite recherche internet sur le sujet des Drujes, que je croyais simplement sorcières, mais qui s'avèrent autre chose. Mais tel quel, on ne saisit pas ce qui se passe, je dirais presque que l'ambiance d'un festival n'est peut-être pas idéal pour saisir tous les dialogues. Le sang coule, mais la réputation de Grondin, surnommée la reine du gore dans plusieurs programmes, créé des attentes difficiles à assouvir. Comme un Dario Argento qui ne fait plus preuve de gore à profusion, on s'attend à plus. Ceci dit, la réalisation est de qualité, on ne s'attend pas à moins de la réalisatrice, particulièrement au niveau des éclairages et des plans de caméra. J'espère le revoir à nouveau pour le voir sans attentes et apprécier encore plus ces séduisantes Drujes, démones qui transpirent le mensonge, légendes millénaires mises en image par une réalisatrice à l'avenir prometteur. Vivement la compilation dvd ! Mario Giguère  

DÜNYAYI KURTARAN ADAM aka The Turkish Star Wars aka Man Who Saves the World - Cetin Inanc, 1982, Turquie

La Turquie qui nous pond un film de sci-fi? Pourquoi pas. Suffit d'un réalisateur ambitieux, d'un acteur "culte" se commettant à l'écriture, de quelques costumes de mascottes et d'un peu d'adresse au montage. En effet, qui pourrait reconnaître les vaisseaux des rebelles, les X-wings de l'Empire et l'Étoile Noire?

Prenons la chose depuis le début : remontage de la bataille finale de Star Wars avec narration turque. L'imagerie numérique n'étant pas tout à fait au point, l'intégration des deux héros aux pilotes (on ne réussira jamais à comprendre quels engins ils sont sensés piloter) ne se fait pas sans peine. Le cinéaste, un pionnier, ne recule pas pour autant et, il faut l'avouer, insère brillamment ses deux acteurs aux images de Lucas : placés devant un écran où sont projetées les images de Star Wars, filmés en gros plans avec des casques de Water Polo sur la tête, ils sont magnifiquement amalgamés à l'action! Seul problème ("seul"), il y a à l'écran (la fenêtre arrière de leur cockpit pour ceux n'ayant pas compris) des raccords, créant de petites sautes dans la fluidité et la cohérence, déjà mince, du film turc.

Nos deux héros finissent néanmoins par se retrouver sur une planète hostile (comment? on ne sait pas, leurs vaisseaux ne semblent pas s'y écraser) où ils devront affronter bon nombre de mascottes rouges et oranges, ainsi que d'autres créatures, tels des momies (du papier de toilette?) et des hommes portant des masques. Confrontés à plus nombreux, ils décideront sagement de s'entraîner à frapper sur de la pierre, kicker des roches (et ils les kickent tellement puissamment qu'elles explosent en frappant leurs cibles!) et en sautant sur un trampoline hors-champ (ce qui est sensé donner l'impression qu'ils sautent très haut, grâce à leur entraînement)... Bien boostés, ils retourneront affronter les mêmes bestioles qu'ils ont déjà battues plus tôt, mais cette fois-ci en leur arrachant les membres et leur coupant la tête à coups de savates. Comme s'ils n'étaient pas suffisamment puissants, ils trouveront une épée en plywood peinturé doré qui leur permettra de vaincre le chef ennemi.

Notons que l'ambiance est bien appuyée par des extraits musicaux volés à Indiana Jones, Star Wars et, semble-t-il, Flash Gordon (je n'ai pas reconnu).

Ça sent le manque d'originalité turc à plein nez! Memorial BBQ

Pratiquement incompréhensible, je veux bien avouer que je ne pige rien au Turque, mais ce film bat des records inégalés. Tentative de résumé: deux pilotes de Tie Fighter ( les gars sont installés devant une projection arrière moche d'extraits de Star Wars, incrédible ) atterrissent d'urgence sur un étrange planète. Un dictateur fou qui boit le sang du peuple, y compris les enfants, entouré de gros toutous menaçants ( oui, c'est vraiment une contradiction de termes ) et ses méchants sbires vont retrouver nos deux héros sur leur chemin. Après une amère défaite, comme dans de bons films de Hong Kong, nos deux mâles vont s'endurcir le corps, les mains, vont pratiquer la virevolte pour triompher. Qu'est-ce que la boîte avec le petit cerveau fait dans tout cela, mystère. Les monstres de peluche se font couper la tête, le corps, alouette, sous les yeux de la populace en transe. Ah oui, cette planète a, l'espace d'un instant, des pyramides, le sphinx et une église baroque qui recèle une épée au design rococo, mais la plupart du temps ce n'est que pierres et grottes. Y a aussi des momies, oui, pourquoi pas ! Y a plein d'explosions, qui reviennent tout le temps, aussi bien des extraits de Star Wars que d'un vieux péplum au cadrage différent ! Tout cela sur des airs musicaux de Battlestar Galactica, Raiders of the Lost Ark ou même Flash Gordon ! Outre l'aspect ultra fauché, c'est bien au niveau du montage que ça craint un maximum, c'est le délire total. Toutes les règles de montage, qui se devrait d'être soigné un brin pour inclure ces extraits, sont ignorées, ça semble tout simplement quelques minutes d'une copie super-8, ou filmé dans une salle.

J'ai reconnu au passage que l'un des deux guerriers est nul autre que Ayetkin Akkaya ( non, je n'avais pas retenu son nom, mais sa binette ), qui a joué le Captain America dans 3 DEV ADAM, a joué aussi dans YOR, HUNTER FROM THE FUTURE et ARK OF THE SUN GOD d'Antonio Margheriti, allez savoir, c'est probablement une vedette dans son pays.

Chaudement, psychotroniquement recommandé. 

Un gros merci à Nicolas qui m'a fait parvenir le vcd de Turquie ! Mario Giguère

ENTER... ZOMBIE KING aka Zombie Beach Party - Stacey Case, 2003, Canada 

ULYSSES (Jules Delorme) roule depuis trois jours, en route vers des informations à propos d'une vague de meurtres causés par des zombies. Il soupçonne son ancien partenaire TIKI (Rob Etcheverria) qui a déjà eu l'habitude d'offrir des combats de lutte contre des zombies domestiqués ! Il rejoint BLUE SAINT, fils d'un célèbre saint (référence directe à SANTOS) qui a été tué par le méchant MURDELIZER, et sa soeur, la charmante MERCEDES (Angela Clarke). Ils retrouvent Tiki qui a 4 zombies dans sa remorque et un zombie tue une fan de lutte, mais Tiki clame son innocence. De fil en aiguille, on rencontrera ZOMBIE KING (Nick Cyjetkovich) et sa copine FRENCH VIXEN. Celle-ci cherche à créer une armée d'hybrides mais ne peut satisfaire le vide existentiel de Zombie King qui veut conquérir la terre ! Et tout ce beau monde et bien d'autres portent un masque et luttent au moindre argument !

On aura compris que ce film indépendant tourné en trois semaines aux environs de Toronto est un hommage loufoque aux films de Lucha Libre, la lutte mexicaine, telle que pratiquée avec Santo ou Blue Demon. Le rythme est rapide, la musique est endiablée et les lutteurs semblent tous appartenir à une ligue de lutteurs ontariens, en tout cas ils se débrouillent très bien. C'est peut-être le seul reproche à faire au réalisateur: la caméra n'est pas toujours bien placée pour bien apprécier les manoeuvres de combat et de virevolte, mais on comprend. Sinon, c'est du tout bon, avec plein de masques, de musique, de violence, de passages philosophiques, de zombies et de chair fraîche, si vous voyez ce que je veux dire. Il y a une poursuite à la Benny Hill dans un parc d'attraction fermé qui est un tantinet longue pour rien. Ajoutez une apparition du lutteur professionnel Jim The Anvil dans le rôle du Sheriff. Deux pouces en l'air, comme ils disent, les Américains ! Mario Giguère

FANTASIA aka Gwai ma kwong seung kuk - Ching Wan Lau avec Louis Koo, Cecilia Cheung, Jordan Chan, Francis Ng, 2004, Hong Kong

Hong Kong, 1969, trois détectives vont vivre des aventures abracadabrantes après avoir frotté une lampe magique. Une sorcière, arrivée directement de Poudlard, souhaite remettre trois voeux à la personne qui a frotté la lampe, mais celui-ci est parti, confiant d'épouser sa cousine Jane. Les autres essaient d'en profiter, mais leurs voeux se réalisent avec un méchant retard, sont temporaires et leur causent de méchants ennuis. Pire, les deux cousines de la sorcière, de baguette chinoises qu'elles étaient, sont ramenées à vie et sont d'une méchanceté extrême. Sans parler du copain de la sorcière, un petit dinosaure qui chie partout et parodie les dinosaures du Parc Jurassique !

Il semble que le film s'inscrit dans une tradition de films ultra légers produit pour le nouvel an chinois. On peut dire que ça délire un maximum et malgré la stupéfaction initiale, on finit par rigoler, surtout dans un final hilarant que je ne dévoilerai pas, mais qui vaut le visionnement du film à lui seul. Le dinosaure est en digital, mais tellement bouffon que ça passe. Francis Ng et Jordan Chan sont à contre-emploi dans des rôles tordants, Ng cabotinant monstrueusement. Les références à Harry Potter surprennent, comme toute la séquence du parc Jurassique et l'hommage à Bruce Lee, à se tordre de rire. Du bonbon. Mario Giguère

GAGAMBOY - Erik Matti, 2004, Philippines

Juni est amoureux de Liani que le vilain Dodoy ne cesse de courtiser. Mais après avoir malencontreusement avalé une araignée chimique, Juni acquiert une force et des pouvoirs exceptionnels et se met au secours de la veuve et l'orphelin. Il devient alors Gagamboy, autrement dit Spiderboy ! Mais Dodoy, de son côté, subit le même sort avec un cafard chimique. Comme Dodoy est quelqu'un de mauvais, il se transformera en méchant cafard humain !

GAGAMBOY n'est pas le film de super-héros philippin déjanté que l'on attend. Malheureusement, on est loin, très loin de ce que l'on était en droit d'attendre et on se retrouve ici avec une parodie-hommage au SPIDER-MAN de Sam Raimi. L'humour y est léger, la morale y tient la dragée haute et l'esprit y est puéril. Dommage que l'intention ne soit pas clairement affichée, cela éviterait bien des déceptions. Car GAGAMBOY est en réalité un film pour les enfants et il y a de fortes chances que ces derniers y trouvent leur compte. Côté effets-spéciaux, on préférera l'aspect artisanal d'un film comme DARNA : THE RETURN plutôt que l'utilisation pas toujours justifiée d'images de synthèse. Malgré tout, celles-ci sont assez bien réussies. On se console comme on peut devant le costume de cafard humanoïde du bad guy, et on quitte la salle avec le rêve de voir un jour un vrai super héros défonçant tout dans les bidonvilles de Manille. Kerozene

GATE TO HEAVEN aka Tor Zum Himmel - Veit Helmer, 2003, Allemagne, 1h30

Un jeune russe sans papiers, Alexei, est en transit dans une prison pour réfugiés de l'aéroport international de Francfort, en Allemagne. Le jour où on vient le chercher pour le rapatrier en Russie, il se sauve par un conduit d'aération et se retrouve entre les pattes de Dak, un yougoslave qui s'enrichit de la détresse des réfugiés en les faisant travailler dans l'aéroport, et en leur prenant un pourcentage de leur salaire pour les héberger illégalement dans une "salle des machines" située sous les pistes d'atterrissage. Alexei rencontrera donc un soir la belle Nisha, une employée des services de nettoyage mignonne à croquer, de qui il tombera bien évidemment amoureux sur-le-champ. Mais avec les dangers légaux qui l'attendent et la compétition féroce d'un gros bonnet de l'aéroport (Udo Kier) pour les beaux yeux de Nisha, tout n'est pas rose au pays de la saucisse et de la bière...

Étrange oeuvre de la part de Veit Helmer, qui nous avait précédemment offert le splendide et muet TUVALU. Oscillant constamment entre la comédie romantique et le drame social, GATE TO HEAVEN est certes prenant, avec son multi ethnisme de bon goût, et les péripéties que vivent ses personnages sont touchantes et drôles. Le tout nous est présenté sous une forme "bollywoodienne" à un certain point, clin d'oeil à l'héritage culturel et la mélancolie de Nisha...

Nisha qui est interprétée par Masumi Makhija, un visage à surveiller, avec sa bouche gourmande et ses grands yeux de biche. On retrouve à l'écran, outre cette beauté indienne, les talents de Valeri Nikolayev, russe musclé au regard triste, qui a aussi vécu des péripéties aéroportuaires sous la direction de Spielberg dans THE TERMINAL cette année. Il avait précédemment fait une apparition dans le U-TURN d'Oliver Stone en '97, et pas mal de trucs en Russie depuis.

Udo Kier interprète un obsédé sexuel allumé, dans le registre habituel, et son regard dément gratifie quelques scènes où il apparaît d'un certain cachet. On croise aussi Miki Manojlovic dans le rôle de Dak. Ce prodigieux acteur yougoslave est dans l'entourage de Kusturica depuis son PAPA EST EN VOYAGE D'AFFAIRES en '85 et a aussi joué sous la direction de Léa Pool (EMPORTE-MOI, '99), de François Ozon (LES AMANTS CRIMINELS, '99) et de Beineix (MORTEL TRANSFER, '01).

La photographie majestueuse et le cadre inhabituel (la face cachée d'un aéroport), en plus de tous les savoureux personnages souvent loins du cliché, donnent à GATE TO HEAVEN un charme certain qui n'est rompu que par le générique final. Orloff

GINGER SNAPS BACK: THE BEGINNING - Grant Harvey, 2004, Canada 

Les soeurs Fitzgerald, dans les années 1800, trouvent refuge dans un fort où la malédiction y a déjà fait des ravages sur les habitants et maintenant, quelques survivants prudents dont un curé particulièrement douteux tentent de survivre en attendant l'arrivée des vivres. Les soeurettes sont observées d'un oeil suspect ce qui devient dangereusement déplaisant lorsque Ginger est contaminée une fois de plus.

Troisième volet de la série et il est triste de dire que c'est le moins bon, même correct. Tourné back-to-back avec le deuxième et se déroulant dans une époque lointaine n'a pas dû aider grandement la production ce qui résulte en la perte du brin de fraîcheur original de la série. Le film n'a aucune relation avec les autres si ce n'est que du mythe des loups-garous et de la présence des soeurs Fitzgerald, bonne idée en soit pour apporter une nouvelle dimension à la série, mais qui ne réussi pas complètement son coup.

On y découvre une mise en scène atmosphérique qui ne colle pas toujours, des plans d'une beauté magnifique avec des paysages hivernaux à couper le souffle, de bons acteurs se débrouillant bien avec ce qui leur est donné et un huis clos d'époque pas déplaisant, le tout baignant dans une ambiance horrifique paranoïaque. On retrouve même un David La Haye reléguée au second plan avec une présence furtive dans cette aventure de lycanthropes d'époque. Le retour du duo Isabelle & Perkins est toujours savoureux malgré une certaine redondance sous différents aspects. Un film divertissant qui ne retrouve pas le niveau élevé des deux autres, mais qui demeure plaisant sans aucun doute. Bad Feeble

GODZILLA aka  GOJIRA - Ishirô Honda avec Akira Takarada, Momoko KPo,Akihiki Hirata, 1954, Japon, 98m

Des bâteaux disparaissent en mer au large du Japon. Lorsqu'un survivant est retrouvé, il délire et parle d'un monstre géant qui détruit les navires. Le monstre va être aperçu lors d'une terrible tempête sur une île de pêcheurs. Le professeur Tanabe y trouve des traces de radiation, un trilobite (créature disparue depuis des millions d'années) et des empreintes gigantesques. Les anciens du village jurent que Gojira est de retour, un monstre terrifiant, et il leur donnera raison. La créature, probablement réveillée par les tests de bombes atomiques, se dirige vers le pays du soleil levant. Si les autorités vont tout essayer pour le détruire, le professeur Tanabe plaide en vain pour que l'on le sauvegarde et l'étudie. Sa fille, Emiko, est prise bien malgré elle dans un triangle amoureux déchirant. D'un côté son amour de journaliste et de l'autre coté Serizawa, scientifique, qui a toujours cru qu'ils étaient promis un à l'autre. Serizawa a un terrible secret, une arme meurtrière, le destructeur d'oxygène, qu'il montre à sa bien aimée Emiko. Elle trahira son secret lorsqu'elle se rendra à l'évidence, seul le destructeur d'oxygène peut venir à bout de Gojira qui sème la destruction à un rythme effarant. Seruzawa se laissera convaincre bien malgré lui à utiliser sa terrible arme de destruction...

Véritable classique au Japon, Gojira, dans sa version originale, est un drame doublé d'une fable sur les dangers de la recherche atomique et ses répercussions alors récentes. Les apparitions du monstre sont somme toutes courtes, mais on s'attarde sur les résultats catastrophiques. La caméra qui fait son lent traveling sur les scènes de destruction, les cadavres et blessés, pendant que les enfants chantent un requiem pour les victimes est un moment fort. Le triangle amoureux est aussi déchirant, tout comme le dilemme qui frappe Serizawa. Les allusions directes aux américains et les bombes qui ont détruites Hiroshima et Nagasaki en font aussi une oeuvre pamphlétaire qui résonne encore au coeur et au cerveau. Honda à la réalisation est au sommet de son art, ayant travaillé pendant des années sur des films de guerre, expérience qui le sert bien. Idem pour Tsuburaya aux effets spéciaux, qui mélange les techniques avec bonheur. La musique d'Akira Ifikube nous offre des thèmes forts et évocateurs qui seront revisités tout au long de la série de suites. Les acteurs, certains ayant oeuvré sur les classiques de Kurosawa, sont remarquables.

Un classique, un des meilleurs films de monstres, justement parce qu'il est partie prenante et accessoire du film. Aucun autre des Godzilla qui suivra n'aura l'ambition de celui-ci. À voir, surtout pour ceux qui ne connaissent que la version américanisée. À noter que la version vue en France contient moins de scènes de Raymond Burr et plus de métrage original. Mario Giguère

GODZILLA AGAINST MECHAGODZILLA aka GOJIRA TAI MEKAGOJIRA - Masaaki Tezuka, 2002, Japon 

On repart à nouveau avec une nouvelle version de Godzilla. Suite à la mort du premier Godzilla en 1954, le Japon a créé une unité de force appelée Megalosaurus Force, destinée à protéger le Japon contre les monstres géants. En 1999, un nouveau Godzilla apparaît et repart après avoir détruit une partie du Japon. Voilà que l'on réunit des scientifiques à qui l'on présente le squelette de l'original Godzilla, fraîchement retrouvé. On construit alors un bio-robot grâce aux cellules de Godzilla et les dernières techniques de robotique. En 2003, lorsque réapparaît Godzilla, le Japon est prêt à se défendre. Mais lorsque Godzilla pousse son cri, Mechagodzilla vibre de toutes ses cellules et le robot attaque les humains. Quand ça va mal !

Pour la plus grande joie des amateurs de Kaiju, Godzilla revient à nouveau, cette fois sous le réalisateur et la musicienne qui nous ont apporté le précédent Megaguirus. Le design est revampé et est efficace, l'action ne manque pas et les batailles sont titanesques. Il y a bien une sous-intrigue un peu fleur bleue avec la petite fille d'un scientifique qui fait valoir le mérite de toute vie, dont celle du roi des monstres. Par ailleurs, le pilote de Mechagodzilla est une jeune femme solitaire qui se sent coupable de la mort de soldats lors de la dernière attaque du géant vert. Les effets spéciaux sont excellents. La fin est très ouverte sur une suite, suite qui est annoncée. Je préfère de loin le film précédent réalisé par Shusuke Kaneko, mais cet épisode se regarde franchement bien. Vivement le cinquantième anniversaire du King ! Mario Giguère

GODZILLA TOKYO SOS aka GOJIRA TAI MOSURA TAI MEKAGOJIRA: TOKYO S.O.S. - Masâki Tezuka, 2003, Japon 

Un an après la défaite de Godzilla aux mains de MechaGodzilla, le Japon répare Kiryu (le nom donné à Mechagodzilla) et à reconstruire la ville détruite la dernière fois. Le grand père d'un des hommes de maintenance du robot est visité par les shojibin, les petites jumelles qui parlent au nom de Mothra, de vieilles connaissances puisqu'il les a rencontrées il y a 43 ans. Elles rappellent que Kiryu est bâti sur le squelette du Godzilla original et que ses os devraient reposer en paix. Si les autorités s'entêtent à utiliser le robot, Mothra ne viendra pas les aider si Godzilla refait surface et pourra même devenir ennemie de l'humanité. Évidemment que l'on s'en moque. Évidemment que Godzilla reparaît avant que Kiryu soit prêt et que Mothra va venir l'attaquer à la demande d'un jeune garçon. La première confrontation s'achève avec une Mothra mourante, lorsqu'on amène Mechagodzilla. Pendant ce temps, des larves de Mothra naissent...

Suite directe du dernier film, TOKYO S.O.S. offre de magnifiques batailles et des effets spéciaux encore plus réussis. Là où ça blesse encore c'est au niveau du scénario, prévisible et trop près de Godzilla tai Mosura. Il y a trop de place pour les sentiments qu'éprouvent les personnages pour Kiryu, on pousse le mélodrame un peu loin. Mais sinon les passages de monstres sont magnifiques, la caméra s'y révèle inventive et les explosions époustouflantes. Toho y va avec trop de valeurs sûres, reniant l'originalité d'un GMK de Kaneko ou même le film avec Megaguirus. Ca fait quand même un grand plaisir à voir ! Mario Giguère

The GOOD COP aka Den Gode strømer - Lasse Spang Olsen, 2004, Danemark 

Jen est policier. Ses potes sont tous mal barrés et préparent un vol de ghetto blasters mais tout foire et ils ne savent plus ce qu'ils ont volé. Jens va essayer de réparer les pots, effacer les fichiers de police incriminant, mais la somme des complications augmente au quart de seconde. Entre les noirs, les Chinois, les Russes qui le poursuivent pour récupérer leur butin et les mensonges de plus en plus gros qu'il fait à son patron et son équipe, Jens réussira-t-il à tirer son épingle du jeu ?

Du réalisateur de IN CHINA THEY EAT DOGS 1 et 2, une réalisation à l'emporte pièce par un ancien cascadeur qui ne jure que par l'action. Quitte à oublier la logique et étaler une histoire un peu convenue. La galerie de personnages grotesques est très typée, de la blonde enceinte à Muller qui ramène un bras de bronze au lieu d'une "crow bar" en passant par le camion rempli d'immigrés clandestins, on accumule le quota de comédie et d'action recherchée. Dans un final qui jette la logique à l'eau, on a droit au grand bal de cascades attendu et on sort de la projection avec le sourire. Vive le Danemark. Mario Giguère

GOZU - Takashi Miike, Japon, 2003

Un chef yakuza nommé Ozaki pète un câble. Atteint de paranoïa suraiguë, il est persuadé que tout autour de lui est conçu pour porter atteinte à son supérieur, à son clan, et à lui-même. Ainsi, le plus inoffensif chihuahua devient à ses yeux un chien anti-yakuzas, une arme dangereuse à exterminer au plus vite. Conscient que ce problème psychologique pourrait nuire au clan, le chef demande à Minami, dont la vie fut sauvée par Ozaki, de l'éliminer dans une démolition de voiture. Malheureusement pour Minami, jeune adulte sexuellement frustré, rien ne se passera comme prévu: Ozaki disparaît. Il part alors à se recherche et entame ainsi un parcours étonnant et à l'issue carrément inimaginable !

GOZU est un énorme trip surréaliste qui commence de manière jouissive. Le premier quart d'heure nous offre une suite d'événements totalement inattendus, drôles et surprenants. Malheureusement, le soufflé retombe pour ne relevé que 90 minutes plus tard, lors d'un final grand-guignolesque super trash, le genre de scènes qui font que Miike est Miike, c'est à dire un barjot près à filmer les événements les plus improbables ! Dommage pour cette baisse de régime, néanmoins ponctuée d'éléments et de personnages délirants (l'homme à tête de vache, la vieille fille séductrice productrice de lait maternel et son frère retardé, etc. ...), car le film aurait grandement gagné en qualité s'il avait été ramené à une durée de 80 minutes au maximum. On a envie de dire que le film mérite vraiment d'être vu grâce à ses multiples idées folles, mais il est impossible de ne pas reconnaître qu'on se fait tout de même bien chier. Impossible aussi d'en dire plus, chaque élément dévoilé faisant perdre systématiquement du piment de la découverte de ce film. Car s'il y a une qualité qu'il possède, c'est bien celle de surprendre. Kerozene

Le site officiel

Euh, ouais bon. Miike se fait plaisir en nous fabriquant un film hybride délirant où on patauge dans un film classique de yakusa, mais toujours avec une tournure d'événements inattendue et on ne peu plus bizarroïde. On démarre avec Ozaki (Sho Aikawa des DEAD OR ALIVE) en pleine réunion de yakusa dans un petit resto et tout à coup, il nous prévient d'une certaine chose (pas de spoiler, eh ?) et après ça, le film se met à disjoncter avec notre cher Ozaki qui annonce qu'un petit chihuahua inoffensif en face du resto est en fait un chien entraîné pour tuer des yakusas (!!!). Il se dirige alors vers l'extérieur pour aller lui régler son compte brutalement et de façon hilarante. Déjà à ce moment une ambiance lugubre se dégage, autant sonore que visuelle, tout en demeurant dans la surréalité frappante de mauvais goût.

Sacré Miike. Environ 130 minutes de ce genre suivront par la suite où je ne veux pas en révéler les surprises, le film se retrouvant jouissif si on en sait le moins possible. Disons que la scène du petit chihuahua en demeure l'une des plus accessibles en comparaison à tout ce qui suivra, où à chaque moment qu'on se retrouve dans un film de yakusa habituel, on fait un 180 degrés pour finir chaque scène en folie totale ce qui peut confondre d'autant plus le spectateur, même les fans avides des excès du metteur en scène extrême qu'est Miike. Le résultat demeure formidable malgré quelques longueurs et souvent, on ne peut s'empêcher de voir encore plus clairement le côté complètement anarchique de Miike et particulièrement de l'oeuvre en question. Je n'ose pas imaginer l'effet que le film dû avoir à Cannes... À voir ! Bad Feeble

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