Les réalisateurs Michel Audiard, Yves Boisset, Jean-Pierre Mocky et Jean Rollin ont leur propre page, ainsi que Jean-Paul Belmondo, Louis De Funes, Alain Delon, Michel Lemoine, Luc Merenda et Pierre Richard

mise à jour le 6 aoüt 2008

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Les ANGES EXTERMINATEURS -  Jean-Claude Brisseau. 2006, France

Jean-Claude Brisseau est un cochon ! La poursuite de son oeuvre devrait presque être dans le Porn. Je me demande même si c'est pas lui qui se cache sous le nom de Martin Cognito, le fameux réalisateur respectable du cinéma conventionnel qui tourne du Porn Artistique avec une cagoule pour ne pas se faire reconnaître et pour attirer une publicité. C'est possible, mais ça ne doit pas, son style est assez différent et la direction photo n'est pas aussi léchée.

Ceci étant dit. j'ai largement aimé. En général c'est largement autobiographique. L'histoire: Un réalisateur désire tourné un film expérimental sur la jouissance féminine. Il veut capté sur caméra la montée violente du désir de la femme au moment de la masturbation. Et pour cela. il doit auditionné des comédiennes. Et pour ce faire, il leur fait tourné 2 scènes: Une de masturbation et l'autre à texte. A mesure que la période de sélection avance, 3 comédiennes s'attachent à lui et veulent absolument avoir le rôle sous le prétexte qu'elles se dont données entièrement à la caméra et à la confiance du réalisateur. Arrive donc, des tensions et 2 congédiement. Et vient ensuite, une plainte pour harcèlement contre le réalisateur et un scandale. Cette histoire est grandement inspirée de la mésaventure du réalisateur qui a eu à subir une poursuite d'une ou de deux actrices qui n'avaient pas pas eu un ou les 2 rôles principaux du film CHOSES SECRETES. Certaine rumeurs disent que Jean-Claude Brisseau avait fait circulé les "tapes" des auditions. Mais de cela, je n'en ai pas eu la confirmation, si c'est vrai, c'est un dégueulasse.

Pour revenir au film... Celui-ci a un excellent thème, contient des moments "fantastiques" tout comme dans CHOSES SECRETES et les actrices sont BELLES. Tellement que 10000 curés pourraient être prêts à s'immoler, cracher sur l'image de Dieu et ensuite violer une statue en marbre de la vierge Marie ne serait-ce que pour les admirer. Jean-Claude Brisseau a vraiment un talent pour choisir ses comédiennes.

7/10 Black Knight

  AQUARIUM - Frédéric Grousset, 2004, France 

Six personnes, trois femmes et trois hommes, se réveillent dans une pièce borgne aux murs blancs. Ils ne se connaissent pas, ils ne savent pas ce qu'ils font là et surtout n'ont aucune idée de qui les y a mis. Au fond de la pièce se trouve une table. Sur cette table se trouvent six verres d'eau et six assiettes. Une porte se tient sur le mur opposé et au-dessus de la porte, une caméra de surveillance et un haut parleur. Après un réveil forcément désagréable et une première prise de contact entre les protagonistes qui s'avère houleuse compte tenu du contexte qui ne prête évidemment pas à la sympathie, une voix se fait entendre. Celle-ci expose alors un règlement auquel les invités sont priés de se tenir sous peine de sévères représailles, avant de les pousser à s'adonner à des jeux tantôt ridicules, tantôt sadiques...

Inévitablement, on pense à CUBE ou encore à SAW. Mais AQUARIUM n'est finalement ni l'un ni l'autre, ici pas d'esbroufe visuelle ou scénaristique, on est dans quelque chose de beaucoup plus brute, de terre à terre. Et il suffit de quelques minutes d'exposition à la photo glaçante de la DV pour s'en convaincre. Une fois passé l'introduction, on oublie les comparaisons et on se laisse transporter par un script simple mais efficace qui pourrait être vu comme une variation sur Le Huis-clos de Jean-Paul Sartre appuyant le fameux adage L'Enfer, c'est les autres. Le format court du film (moins de 70min) permet à Fred Grousset d'aller à l'essentiel, en plongeant ses personnages dans un sentiment de peur et de paranoïa qui les pousse à l'autodestruction Dramatique, AQUARIUM l'est, mais il n'est pas dénué d'humour. Un humour légèrement pervers qui passe par la voix du geôlier divulguant des ordres complètement absurdes mais aux enjeux fatidiques. La révélation finale part d'une idée tout à fait louable, quoi qu'un peu bateau, mais la façon de la divulguer s'avère quelque peu maladroite et on regrette quand même que les cinq dernières minutes ne soient pas du niveau du reste. Cependant, avec ses 3'000 euros de budget, d'excellentes idées et une vraie personnalité, Frédéric Grousset montre non sans une certaine arrogance qu'il est possible de faire nettement mieux que certains gros films plein de frics mais dénués d'âme. Kerozene


Marcel Bealu
Auteur du roman

L'ARAIGNÉE D'EAU - Jean-Daniel Verhaeghe avec Elisabeth Weiner, Marc Eyraud, Marie-Ange Dutheil, André Julien, Pierre Meyrand, France, 1969

Bernard (Marc Eyraud) est un entomologiste désintéressé par sa femme Catherine (Marie-Ange Dutheil), qui elle, tente de communiquer en vain avec lui. Lors d'une promenade à l'extérieur, Bernard découvre une petite araignée d'eau et l'apporte chez-lui. Lui donnant tout son attention, l'arachnide se métamorphose en une bellissime jeune femme muette (Catherine Wiener - La Prisonnière). Celle-ci, baptisée Nadie, loge dans le grenier, et Bernard n'a aucune intention de dire quoi que ce soit à sa femme... Mais pendant combien de temps son secret demeurera-t-il dans l'ombre?

Adapté d'une nouvelle de Marcel Béalu, ce film ultra rare s'avère une découverte réjouissante. Le style lyrique du film rappel celui de Mario Bava, avec ses mouvements de caméra langoureux, et de Jean Rollin, mettant l'accent sur la ravissante jeune femme vêtu de blanc se baladant dans la nature. Sans faire preuve de la violence graphique de Bava ou de l'érotisme de Rollin, Verhaeghe s'adonne plutôt à l'étude de son personnage masculin, et à son imaginaire particulier - qu'il mélange à la réalité diégétique sans avertissements ou indices. Les ellipses temporelles se chevauchent souvent dans la même scène, et le montage alterné de Marie-Claire Korber déboussole juste assez pour rendre le ton " fantastique " voulue. Deux mentions exceptionnelles vont à Jean Gonnet pour sa caméra fluide, et a Serge Kaufman pour sa trame sonore envoûtante. Lent, lyrique, atmosphérique, et déroutant... Un petit chef-d'œuvre perdu. HumanoidZombie

L'ARAIGNEE DE SATIN aka The Satin Spider - Jacques Baratier, 1984 

Une école de jeune fille devient le lieu d'une enquête suite à la disparition d'une élève. Une autre avait déjà été retrouvée morte dans un puit. La directrice est attirée par les écolières qui s'adonnent timidement à de tendres baisers. Une ancienne élève bizarre accro à la morphine s'excite sur des matières textiles telle la soie et séduit les jeunes filles. L'inspecteur qui  mène l'enquête n'est pas très net.... Bon, voila les éléments de ce film prétentieux, pompeux, ennuyeux et sans grand intérêt. Les dialogues sont extrêmement plats. On a droit a un peu de nudité. La mise en scène est confuse, l'histoire aussi d'ailleurs. Le titre est fort beau, mais c'est tout ce qu'il y a à garder. Kerozene

ARSÈNE LUPIN - Jean-Paul Salomé avec Romain Duris, Kristin Scott Thomas, Eva Green, 2004, France/Italie/Espagne/Royaume Uni, 131m

On débute avec le petit Arsène qui apprend l'art de la savate de son père. Papa Lupin se fera assassiner par un complice, après que le petit Arsène aie volé un collier. Arsène devient le gentleman cambrioleur le plus connu de France, mais il tombe sous le charme de Josephine Balsamo, comtesse de Cagliostro. La fille du comte Balsamo, réputée centenaire, embarque Lupin dans une course pour voler une série de croix permettant de retrouver le trésor perdu des rois de France. Séduction, amour, trahison, vengeance, le tout pendant que Lupin a laissé croise à sa cousine qu'il l'aimait, qu'il l'a mise enceinte et qu'un de ses plus farouches ennemis ne serait nul autre que son père !

Jean-Paul Salomé livre un film visuellement splendide dont les origines me sont inconnues, mais il semble bien que l'on aie adapté un des romans originaux de Maurice Leblanc. On est loin du souvenir que j'ai de la télésérie plus légère et suave. Kristin Scott Thomas est remarquable dans le rôle de la Cagliostro. On retrouvera Eva Greene, ici dans le rôle de la belle cousine, dans CASINO ROYALE, le récent James Bond. Salomé en fait-il trop ? il multiplie les mouvements de grue et livre un filma d'action à la croisée d'un Indiana Jones et de Mission Impossible et parfois j'aurait aimé qu'il approfondisse ses personnages. Mais on ne s'ennuie pas un instant et la galerie de personnages est bien campée, l'action incessante et les retournements surprenants. Une version modernisée du feuilleton dont je ne regrette pas le visionnement. Mario Giguère

ARTHUR ET LES MINIMOYS - Luc Besson avec Mia Farrow, Freddie Highmore, 2006, France/États Unis, 102m 

Pour ceux qui ne connaissent pas le personnage, l'histoire de ce conte fantastique est simple : Arthur, 10 ans, est comme tous les enfants de son âge, un grand rêveur. Son rêve est omnibulé par des écrits laissés par un grand-père fantasque mystérieusement disparu sans laisser de trace. Devant des échéances elles très réelles, qui risquent de leur coûter la maison familiale, Arthur se décide à suivre ses traces et se lance à la recherche des Minimoys et d'un trésor caché, très concrètement décrit dans le grimoire de son grand-père adulé...

Que penser du dernier Besson ? En ce qui me concerne, ni du bien, ni du mal, si ce n'est que ce film ne m'a pas fait vibrer, comme un DARK CRYSTAL avait su le faire par exemple, en son temps. Et pourtant dieu sait si Besson à mis les moyens. L'animation de ses personnages est impressionnante, certaines idées scénaristiques savoureuses, les clins d'oeils (à PULP FICTION, M.Le MAUDIT... ) amusants et certaines scènes très réussies (celle du bar disco ou celle du combat contre les moustiques par exemple). Mais il faut reconnaître que ce conte pour enfant reste fade et sans saveur - même pour les miens (8 et 11 ans) qui n'ont pas trop accroché non plus - .

C'est que tout y est sans doute trop aseptisé, trop sage et moraliste. On est à des années lumières de ce que ce même homme pouvait réaliser avec des bouts de ficelles dans LE DERNIER COMBAT qui restera je le crains malheureusement, mon Besson favori.

Pour mémoire, je retiendrais le générique de fin pour un bonne raison: On y voit ce cher Luc Minimoy-isé saluer la salle, histoire sans doute de clore cette aventure fadasse par un gros clin d'oeil... Marc Evil

ARZAK RHAPSODY - Moebius alias Jean Giraud, 14 épisodes de 4m, 2002, France

Surprise chez la marchand généraliste Zellers: l'éditeur Québécois Dep sort la saga ARZAK RHAPSODY, avec la mention: Sélection officielle au FESTIVAL FANTASIA 2004 ! J'avait lu sur le concept et la série dans un Mad Movies: de l'animation Flash, des récits très courts, moins de 4 minutes, et des dessins originaux de Moebius. L'auteur en a profité pour explorer plusieurs facettes du personnage, le présentant une fois en élément d'un jeu virtuel. On joue avec les poncifs de la science fiction et de la fantasy, robots, monstres, princesses, gadgets et races aux noms singuliers et... une poésie et une atmosphère onirique et ludique. Il est évident que la beauté du dessin, encore épuré pour le médium, et le travail couleur est  simplement fascinant. Quand on termine la série, 14 épisodes, on a l'impression que l'on ne se lassera pas de les regarder à nouveau, ne serait-ce que pour saisir toutes les références et mieux comprendre, lorsqu'il y a matière à réflexion, les méandres d'un créateur hors-pair.  À savourer. Mario Giguère

ASSASSINS - MATHIEU KASSOVITZ, 1997, 128m 

C'est le film où tous les blaireaux du festival de Cannes avaient quitté la salle en hurlant au scandale au bout d'un quart d'heure, ça valait le coup d'être visionné!

Mais à part ça, je suis un peu déçu... Je me demande à quel point le fameux "cible émouvante" (de 1993) avec Jean Rochefort et Guillaume Depardieu a inspiré Kassovitz, étant donné que c'est la même histoire, l'humour et le génie en moins.

C'est un vieux tueur qui prend sous son aile un jeune voyou pour en faire son successeur, mais ce dernier (Kassovitz lui-même) a des problèmes de conscience à tuer de sang froid, contrairement à un jeune lycéen complètement barré qui prendra sa place vers la fin.

Le film est long, lent, mou, avec deux ou trois scènes violentes (mais pas de quoi faire caca sur son strapontin de velours rouge du festival), et il tarde que ça finisse après deux heures de bandes!

Dommage pour Serrault qui nous a habitué à mieux... Franfran

À TON IMAGE - Aruna Villiers, 2004, France

Thomas (Christophe Lambert), toubib célibataire, rencontre par hasard Mathilde (Nastassja Kinski) dont il tombe amoureux. Mathilde est une personne à la personnalité mystérieuse: il est vrai que son premier mariage s'est terminé de manière catastrophique suite au décès de son fils, mais Thomas lui promet qu'elle connaîtra le bonheur d'être mère à nouveau. Problème de taille, Mathilde a une ménopause précoce. Qu'à cela ne tienne, notre bon Totophe s'empresse d'en parler à son boss qui lui propose la solution miracle: cloner Mathilde. Ni une ni deux, Mathilde tombe enceinte d'elle-même sans s'en douter une seconde, et accouche d'une petite Manon qui en grandissant, atteindra un niveau de maturité à une vitesse affolante...

Variation intéressante sur le thème du jumeau/double maléfique via cette histoire de clonage engendrant un être d'une méchanceté crue désirant plus que tout prendre la place de son modèle, A TON IMAGE souffre cependant d'une mise en scène pas toujours maîtrisée via une utilisation abusive des ellipses narratives donnant l'impression au spectateur de parfois assister à une sélection de tranches de vie alignées entre elles de manière abruptes. Le jeu de Christophe Lambert est quasiment inexistant et semble subir les événements de manière passive, conservant en permanence son air de merlan. De son côté, Kinski ne s'en sort pas trop mal, en particulier lors de la dernière demi-heure où elle finit par devenir un être décrépit sous la pression que lui inflige sa fille. Cette dernière, incarnée par une toute jeune Audrey DeWilder, s'avère plutôt convaincante en petite peste psychotique s'éveillant de manière précoce à la sexualité - conséquence biologique désastreuse du clone qui rattrape malgré lui son modèle. A TON IMAGE évite de donner dans la surenchère ou le tape-à-l'oeil pour mieux conserver un style sobre en ce qui concerne son implication dans le fantastique. Il évite ainsi de sortir des conventions de ce que j'oserai appeler le "fantastique français", avec tout ce que cela implique de retenue. Kerozene

ATTACK OF SERIAL KILLERS FROM OUTER SPACE - Richard J. Thompson, 1994 

Ce film de Richard J. Thomson fait passer les premiers films de Fred Olen Ray pour des blockbuster au budget surgonflé. Deux vilains extra-terrestres vêtus d'anoraks verts et d'un masque bizarre errent tels des zombies. En plus, ils chauffent, et laissent dons des traces de brûlures sur leurs victimes étranglées. Ils arrivent dans un bled où sévit le Docteur Kill (Thomson), sorte d’ersatz du Joker, cheveux verts et visage blanchâtre suite à une giclée d'acide en pleine poire. Kill fait kidnapper des jeunes filles par sa milice armée afin de développer la glande K, une glande qui rend les gens plus violents. Mais celle-ci est plus développée chez les femelles, car la glande K de l'homme est obstruée par la glande X, celle qui gère les pulsions sexuelles ! En plus de cela, un super héros masqué appelé Le Sauveur, vêtu d'un pyjama blanc, d'une cape et d'un masque rouges, vient mettre des bâtons dans les roues du Dr. Kill. Bref, ça délire bien et il faut avouer qu'on se marre. C'est très con, c'est mal filmé, mal joué, mais certains dialogues sont vraiment drôles et l'histoire, aussi débile soit-elle, se laisse apprécier avec aisance. On peut regretter néanmoins l'absence de scènes gores (il y a 2 ou 3 timides tentatives). Thomson, qui est plutôt bien dans son rôle de docteur fou excentrique, a également composé la musique. 2 morceaux qui passent en boucle... Kerozene

ATTENTION LES YEUX aka Let's Make a Dirty Movie - Gerard Pires - 1976, France 

Un film pastiche sur la réalisation d'un porno, genre à part entière des mid-70's, où la venue du sexe à l'écran devait en faire marrer plus d'un apparemment.

Ici un réalisateur cérébral (Claude Brasseur) est contraint de réaliser un porno pour le compte d'un producteur véreux, magistralement interprété par André Pousse. Evidemment, tout cela n'est qu'un prétexte pour une avalanche de gags tellement mauvais qu'ils en deviennent bons! Et puis quel casting, le kit complet de la série Z française : Robert Castel, le Splendid au complet, Daniel Auteuil, Pousse, et bien d'autres! Une brochette de belles filles en petite tenue et le tour est joué!

Allez, c'est plutôt fendard, à regarder à moitié saoul lors d'une soirée pizza entre potes! Franfran

AU-DELÀ DE LA PEUR - Yannick Andréi avec Michel Bouquet, Michel Constantin, Marilù Tolo, Jean-Pierre Darras, Paul Crauchet, Michel Creton, Paolo Bonacelli, Moustache, 1974,  France/Italie, 1h32

A la suite d'un malentendu entre gangsters, Claude Balard (Michel Bouquet), un agent immobilier, se retrouve impliqué dans un hold-up. Face à Guilloux (Michel Constantin), un redoutable malfaiteur, il prend conscience qu'il peut être tué s'il dévoile qu'il y a erreur. Alors il se fait passer pour un spécialiste des coffres-forts. Mais un appel téléphonique vient révéler la vérité. Une course-poursuite s'engage avec les truands, qui prennent en otage la famille de Balard...

Polar au budget visiblement modeste, second et dernier film de cinéma de son téléaste d'auteur, AU-DELÀ DE LA PEUR constitue une tentative, partiellement réussie seulement, de rajeunir le polar français, alors sous l'influence écrasante des œuvres anarchisantes (de droite), nées sous l'écrasant patronage de "plumes" illustres, Albert Simonin et Michel Audiard en tête. Nous sommes en 1974. Les succès de Don Siegel, Peter Yates et autre William Friedkin sont passés par là et les cinéastes français ne peuvent plus faire comme si de rien n'était. Le banditisme, aussi, a changé, les truands des faubourgs ont cédé la place aux nouveaux ennemis publics, Jacques Mesrine en tête. Exit les mots d'auteur argotiques, les décors de studio et les amitiés viriles, place aux séquences nerveuses, au chacun pour soi laconique et à la violence graphique. Hélas, AU-DELÀ DE LA PEUR ne dépasse pas toujours le stade des bonnes intentions. Limité par un budget restreint, Yannick Andréi (1927-1987) circonscrit rapidement sa mise en scène, au style parfois emphatique, à quelques lieux clos. Une longue séquence de filature dans la grande banlieue ouest de Paris, vers la fin du métrage, montre que ce n'était pas faute d'un certain savoir-faire.

Le vrai point fort du film réside dans son casting, superbe : Michel Bouquet livre une prestation assez extraordinaire, entre terreur et hystérie, la peur du titre est concentrée sur son visage "chabrolien". Les gangsters, Michel Constantin et Michel Creton en tête, assurent également grâce à leurs savoureuses trognes. Quant à la superbe Marilù Tolo, elle embellit la superbe affiche et les scènes de séquestration. Enfin, contrairement à de nombreuses coproductions franco-italiennes de l'époque, la bande originale n'est pas revenue à un compositeur italien. Et, pour le coup, on n'a pas forcément perdu au change : la trame sonore d'Alain Goraguer (arrangeur de Serge Gainsbourg) est remarquable. Toute en guitares nerveuses et en basses caoutchouteuses, elle résume bien la tension électrique parcourant ce petit film pas toujours réussi mais jamais ennuyeux. Stelvio

Les AVENTURES GALANTES DE ZORRO - Gilbert Roussel, France/Belgique, 1972 

On dirait le Zorro produit par Disney avec Guy Williams. A la différence que c'est en couleur, qu'il n'y a pas de sergent Garcia, qu'on ne voit que rarement Diego de la Vega, et que Zorro baise toutes les donzelles du coin. Sinon, les similitudes sont flagrantes: le tout est filmé sur le même ton léger, un peu d'humour, un peu d'aventure, le tout d'une façon naïve qui fait plaisir (voir pour cela les cascades hilarantes). Inutile de donner l'histoire en détail, les grandes lignes sont connues: un justicier masqué vêtu de noir tient tête aux soldats d'un vilain gouverneur dans la Californie du Sud d’il  y a.... je ne sais pas moi, 150 ans, au bol. Toutes les filles rêvent de Zorro, et Zorro le leur rend bien. Sans grossièreté, le film montre notre sauveur folâtrer avec de jeunes filles nues dans leur bain, dans les bois, ou même dans les maisons. Le final se passe lors d'un bal masqué et de petits plaisantins se sont déguisés en Zorro. D'ou une certaine facilité pour lui de s'y rendre, d'autant plus que deux autres gentils déguisés en Zorro lui prêtent main forte, tandis qu'au même moment un imposteur utilise son déguisement de Zorro pour se taper des filles, fou non ? Un grand moment de cinéma. Kerozene

BABY BLOOD aka The evil within - Alain Robak, 1990

Un propriétaire de cirque, qui traite sa femme comme un chien, reçoit un léopard. La bête en question va exploser pour qu'un petit vers de la taille d'une couleuvre s'en échappe pour aller s'infiltrer dans le vagin de la femme. Elle tombera enceinte et, tanné de la vie qu'elle mène, elle prendra le large. Le foetus, qu'elle porte contre son gré, lui parle (une voix de canne énervante) et a besoin de sang pour pouvoir croître, mais quand elle lui refuse, il lui donne d’énormes maux de ventre pour qu'elle accepte. Elle va se louer un appartement merdique, dénicher un boulot, baiser et tuer pour nourrir son bébé. D'une touche d'humour assez noir, avec meurtres assez sadiques et sanglants, pour le gore on est servit. Un film qui peut faire penser à IT'S ALIVE de Larry Cohen. Rana

LE BAISER DU DRAGON ala KISS OF THE DRAGON - Chris Nahon avec Jet Li, 2001, France 

Liu Juan (Jet Li) est un policier chinois qui débarque à Paris pour assister la police locale (dirigé par Tchéky Karyo) pour intercepter un caïd asiatique. Mais l’intervention tourne mal et Jet Li se retrouve accusé de meurtre. Liu Juan trouve refuge dans un restaurant chinois du quartier de Pigalle. Après avoir perdu l’enregistrement de la scène du meurtre (seule preuve qui pouvait l’innocenté), son unique espoir repose en Jessica (Bridget Fonda) une prostituée junkie que Karyo force à faire la rue et qui est l’unique témoin qui peut aider Liu Juan ...

Produit et écrit par LUC BESSON et JET LI, le film aurait pu se révéler un produit tout à fait potable. Mais le principal problème du film réside en un scénario où les clichés, coïncidences et erreurs de logiques sont si flagrants que l’on croirait que le film a été écrit par 2 idiots ! Comment expliquer par exemple que le diplomate chinois donne rendez-vous à JET LI sur le bateau mouche alors qu’il est recherché par les gendarmes francais ? C’était certain, qu’il se ferait repérer en moins de 5 minutes. Et bien entendu, JET LI, dans sa fuite parvient à se défendre contre 50 policiers qui lui tirent dessus sans qu’aucuns ne parviennent à le toucher même s’il y en a qui ne sont qu’a 1 mètre de distance de lui ? Ridicule. La meilleure scène d’action se situe au début du film et constitue un remake de la scène du restaurant dans NIKITA. Certes, JET LI est en forme et certaines scènes ne manquent pas de piquant (coup de fer à repasser en pleine figure, un type se retrouve avec un tronc en moins en raison de l’explosion d’une grenade. Etc.) Puis pire, JET LI a des allures monolithiques à la STEVEN SEAGAL où il brise les os de ses adversaires... Pour BRIDGET FONDA, rien à dire à part qu’elle nous joue le rôle de la prostituée cendrillon qui veut retrouver sa fille. Donc... Pas de nudité, quelques brins de gore, un scénario minable et quelques scènes assez enlevantes... KISS OF THE DRAGON est une énorme déception qui ne risque de plaire qu’aux fans irréductibles de JET LI. Pour les autres, c’est un film à fuir ! Black Knight

BELPHEGOR - Jean-Paul Salomé - 2001 

Annoncé comme une grosse daube inutile, je voulais tout de même me faire une opinion par moi-même du film.

Pour ceux qui avaient regardé la série mythique avec Juliette Gréco, comme moi, effectivement la déconvenue est de taille! Point de mystère ni d'ambiance glauque ici, seulement un étalage à plat d'un scénario peu original, et qui n'apporte pas le souffle nécessaire à lifter le vieux fantôme du Louvre.

Ici, au bout de 5 mn, on connaît le coupable et le pourquoi du comment, ça ressemble à "Taxi" maquillé en Belphégor (à moins que ce soit la présence de cet abruti de Diphenthal qui me fasse penser ça), effet spéciaux numérique "à la mode", une Sophie Marceau plus très fraîche (et qui à l'air camée, ce qui doit être vrai dans la vie), un Serrault "je prends l'blé et j'me casse", etc...

Film sans intérêt, sans pourtant être particulièrement détestable, regardez plutôt la vieille série! Franfran

La BÊTE aka The Beast - Walerian Borwczyk, 1975

Dans les écuries d'une grande propriété, un homme fait accoupler ses chevaux ce qui donne droit à des plans X animaliers. Cet homme, fils du riche propriétaire des lieux, doit se marier avec la fille d'une noble famille anglaise. Celle-ci ne tarde d'ailleurs pas à arriver en compagnie de sa tante. Cette dernière est un peu inquiète, car il existe une légende au sujet d'une bête velue rôdant dans les parages. La fille du propriétaire se fait tringler par le majordome, un noir bien membré, pendant que les futurs époux se présentent. Problème, le futur marié n'est pas du tout à l'aise, il est même nerveux. La nuit tombée, la fiancée n'en peut plus, son plus grand désire est de perdre sa virginité... Pendant ce temps, flash-back, des années plus plus tôt, une jeune femme se fait violer par une sorte de bigfoot qu'il conviendrait plus d'appeler bigcock dans ce cas là. Et le cochon n'y va pas de main morte: cunilingus, levrette, missionaire, fellation... le couple fait tout, et la fille, après quelques peurs, succombent aux assauts sexuels incessants de la bête tant elle trouve ça divin. Je te laisse imaginer la suite évidente...

LA BÊTE est assez plaisant. Bien que son côté soft porn intello puisse être un peu lourd par moment, on s'y amuse bien, surtout lors de la scène de la bête. Celle-ci possède une tête pas possible de gentil toutou, et un sexe qui ne fait pas très réel à l'écran. Mais l'idée est assez forte et le résultat est tout à fait surprenant ! Le film comporte une très belle scène érotique également pendant laquelle la fiancée se masturbe avec des pétales de rose... Kerozene

Les BIDASSES AU PENSIONNAT - Michel Vocoret, 1978, France 

Les Bidasses au Pensionnat ne peut être décrit aisément, une certaine difficulté serait plutôt indispensable.

Les Bidasses au Pensionnat ne peut être critiqué d'une façon simple, il ne peut être critiqué qu'avec un maximum de mots savants et un usage confus de la terminologie sémiologique.

Les Bidasses au Pensionnat, il faut vivre l'expérience, la digérer et la chier courageusement.

Voyez-le, soyez sous le choc de ce slapstick où le militarisme en prend pour son grade et payez-vous une prostituée birmane. Choucroute Melba

BIENVENUE CHEZ LES ROZES - Francis Palluau, 2003, France

Deux évadés, MG (Jean Dujardin) et Gilbert (Lorànt Deutsch), trouvent refuge dans la maison des Rozes, une famille de gentils bourgeois. Celle-ci est composée de Béatrice (Carole Bouquet) et Jean-Louis (Michel Duchaussoy), parents d'une jeune fille bien sous tout rapport et d'un fils influent au sein de son entourage et de son école. Mais la présence des deux fugitifs font ressortir chez les Rozes des pulsions inattendues. Tout commencera avec le meurtre à la faucille de la femme de ménage (fantastique Yolande Moreau) par la très distinguée Béatrice. En effet, sous leurs airs de famille modèle les Rozes s'avèrent sacrément tordus et particulièrement pervers.

Comédie satirique se voulant plus corrosive qu'elle ne l'est réellement, le film de Palluau rate sa cible. Pas assez gentil pour plaire à la ménagère de base, trop fade et modéré pour l'amateur de comédie vitriolée, on espère en vain voir le métrage décoller pour montrer enfin ce qu'il ne fait que suggérer: la folie de ses protagonistes. Le film n'est pas forcément déplaisant à regarder malgré tout, principalement grâce aux acteurs qui livrent chacun une prestation convaincante... Et mention à Clémence Poésy dans le rôle de la fille Rozes qui fait bien de dévoiler ses charmes. Du coup, je ne suis pas prêt de l'oublier de si tôt... Et dire que la jeune va être visible dans HARRY POTTER AND THE GOBLET OF FIRE, mais je doute qu'elle y montre ses magnifiques seins. Citons encore la présence discrète mais drôle de Dominique Pinon en flic loser.

Site officiel :tworozes.cache.coltfrance.com  Kerozene

BLOODY MALLORY - Julien Magnat, 2002, France

Mallory, c'est un peu la Buffy version cocorico avec un poil de "politiquement incorrecte" mixé à un semblant de X-files. C'est une gonzesse qui s'est vue convolée en noces avec un démon et qui, depuis ce jour tristement funeste, s'est mis en tête d'exterminer toutes les incarnations du mal pouvant arpenter son beau pays, à savoir la France. Responsable d'une unité d'investigation dans les affaires paranormales, la voila qui se retrouve en charge de l'affaire du kidnapping du Pape lui-même, par une bande de goules, vampires et succubes soucieux de rendre à notre belle planète un aspect étonnamment propret, exempt de toute luxure, vu que Dieu fait mal son boulot. Oui, ça surprend un peu au début, toutes ces créatures à l'allure cauchemardesque utilisées de manière pas totalement crédible.

Bloody Mallory, pourfendeuse de bestioles surnaturelles, porte un perfecto rouge assortis à ses cheveux, des pompes à semelles compensées, un ceinturon-cricifix-vaporisateur d'eau bénite (le comble pour quelqu'un qui ne croit pas en Dieu) et conduit un magnifique corbillard rose. Elle est entourée de Vena Cava, transsexuel perruqué en bleu, obsédé par ses ongles vernis et portant des pompes à semelles mitrailleuses ; et Talking Tina, une petite fille muette et télépathe qui s'incarne aussi bien dans un rat que dans un pompiste lobotomisé.

Le concept est plutôt sympathique, à défaut d'être original (ça pompe Buffy à mort), particulièrement dans un cinéma fantastique français souvent trop coincé pour se lâcher. Mais Julien Magnat n'adopte pas le ton adéquat et tourne son film comme un gros vidéo-clip techno : les situations n'ont jamais vraiment le temps de s'installer, 45% des plans sont obliques, les effets de montage sont fatigants, la musique est abominablement mauvaise, les fringues des protagonistes semblent sortir d'un sex-shop, ça se donne un genre provoc (cf le trans et autres figurants en tenues SM) sans égratigner qui ni quoi que ce soit... En bref, le public visé est celui du bouffeur de pop-corn boutonneux, gavé de Playstation et de Mangas du matin au soir qui tente de se donner un genre un peu rebelle en mattant des films gores. Les adolescents quoi. Mais les ados ne sont pas le seul public de cinéma fantastique et surtout ils sont doués de jugement objectif. Enfin, certains. Résultat, le film s'est méchamment ramassé au box-office. Dommage, car une approche plus sombre et une mise en scène plus sobre aurait pu dériver vers quelque chose de tout à fait honorable, d'autant plus qu'Olivia Bonamy ne s'en sort pas trop mal, contrairement à Laurent Spielvogel dans le rôle du Pape qui surjoue tellement qu'il en devient caricatural, ou Julien Boisselier dans celui du mari démoniaque, aussi transparent qu'une bouteille d'evian. Mais le film a au moins une chose pour lui : il ne se prend jamais au sérieux. Kerozene

BLUEBERRY - Jan Kounen, 2004, France

Mike Blueberry, jeune puceau de l'Ouest sauvage, vient de tirer sa crampe avec la plus jolie putain du coin. Surgit alors Wally (Michael Madsen), vieux roublard à la gachette facile venu pour se vider les burnes. La scène tourne au drame, Blueberry fuit, touché à l'épaule laissant, derrière lui le bordel brûler et son coeur déchiré. Perdu dans les montagnes, se vidant de son sang, le jeune Mike tombe à terre avant d'être récupéré par des indiens aux connaissances shamaniques hyper développées. Quelques années plus tard, Blueberry se tape la face de Vincent Cassel, arbore une étoile de shérif, et est assisté de Rolling Star (Ernest Borgnine), adjoint propulsé sur chaise roulante, Billy (Jan Kounen), l'idiot du village et Jimmy (Colm Meany), adepte du bourbon bon marché.

Quelques salopards souhaitent mettre la main sur l'or légendaire se trouvant dans les fameuses montagnes gardées par ces vilains peau-rouges. Blueberry, sauvé par les Indiens des montagnes qu'ils considèrent comme ses frères, ne tient pas vraiment à ce que quelques illuminés se mettent en tête de leur faire du tort. C'est alors que resurgit de nul part ce bon vieux Wally, lui aussi à la recherche d'un trésor indien, mais un trésor spirituel.

Jean Kounen adapte très librement la bande dessinée Blueberry et se tape un méchant délire ésotérique, livrant ainsi un produit en haute teneur psychédélique. S'il laisse de côté l'ultra-violence cartoonesque de DOBERMANN au profit d'un récit plus porté sur la spiritualité, il n'oublie néanmoins pas de nous en mettre plein la vue via une photographie absolument magnifique. Le montage peut déconcerter lui aussi au départ, mais l'accumulation de plans séquences suivit de mouvements rapides montés de façon épileptique fait mouche. Le récit du film nous emmène par la suite dans un délire visuel hypnotisant que l'on peut adorer ou détester.

Kounen réussit son pari, quoi qu'on veuille en dire. Le salaud a bénéficié d'un budget colossal et n'en a fait qu'à sa tête, résultat: le film d'auteur psychédélique commercialement le plus casse-gueule du cinéma français. Attention, futur film culte! Kerozene

Site officiel : www.blueberry-lefilm.com 

La BOITE - Claude Zidi, 2001, France

Une petite bande d'amis bien branchés font des conneries dans le bar le plus populaire de la région et hop, la juge les interdit de fréquenter les boîtes de nuit pendant un an. Mais qu'est-ce qu'ils peuvent bien faire de leurs samedis soirs pour s'amuser ? S'ouvrir sa propre boîte, évidemment. L'endroit devient alors très populaire, ce qui mettra en colère le méchant concurrent.

Une comédie française présentée par Claude Berri, LA BOÎTE est un petit film sympathique qui s'écoute bien le vendredi soir pour relaxer et que l'on oublie le lendemain matin au réveil. Pas original pour cinq sous, chaque personnage est un stéréotype, il y a quand même quelques gags amusants, des acteurs dans le ton et des numéros de chant tellement mauvais qu'ils ne peuvent que faire sourire. Par contre, la conclusion du film est aussi tirée par les cheveux que celle de NIGHTMARE CITY, on sent le manque d'inspiration.

Pas vraiment à voir, mais on ne crache pas dessus quand même... Oncle Freak

BONS BAISERS DE HONG KONG - Ivan Chiffre - 1975 

Et ben, moi qui aimais les Charlots, là je dois dire qu'ils m'ont déçu... Putain que c'est chiant! Un des films les plus chiants de tous les temps, à coup sûr!

Y a un débile qui kidnappe la reine d'Angleterre, et les charlots sont des espions chargés de la retrouver... Mais, à part ça, on comprend rien de ce qu'il se passe tout le film, et seule la beauté impressionnante de Jeane Manson suscitera un quelconque intérêt l'espace de quelques minutes chez tout spectateur normalement constitué.

Vraiment à chier, y a aucun gag, et même les fans les plus coriaces (comme moi) passeront leur chemin!

Tirage de chasse en puissance donc! Franfran

BRIGADE DES MOEURS - Max Pécas, 1985, 1h36.

Gérard, un flic un peu brutal de la brigade des moeurs, se retrouve en pleine guerre des gangs quand l'exécution sommaire d'une prostituée a lieu, un soir, au Bois de Boulogne. Il tente tant bien que mal de minimiser les massacres, et voit ses efforts récompensés par le meurtre sauvage de sa  propre soeur, épouse d'un juge. Il franchira alors la mince ligne qui sépare le flic du hors-la-loi et entreprendra de se venger des truands. Immense prétexte pour mélanger violence et sexualité, ce film bénéficie toutefois de quelques bons points; un caméo ultra-rapide de Brigitte Lahaie, la présence épisodique de Ticki Hogaldo... Le scénario n'est pas d'une finesse extrême, et tous les personnages se ressemblent - années '80 obligent - ce qui ne facilite pas la tâche du spectateur. On note aussi une misogynie presque omniprésente qui finit par être agaçante. Les effets "gore" sont tellement plastiques que c'en est fascinant. On cherche en vain un message social dans ce film de Max Pécas; le seul que j'ai cru y décoder ressemblait fort à un conseil envers les jeunes cinéastes : "Si vous voulez justifier l'emploi de jeunes filles nues, écrivez un scénario qui tourne autour du monde de la prostitution". Orloff

BROCÉLIANDE - Doug Headline, avec Elsa Kikoïne, Cylia Malki, Alice Taglioni, Cédric Chevalme, Mathieu Simonet, Vernon Dobtcheff, André Wilms, France, 2002, 1h35

Chloé (Elsa Kikoïne), une étudiante en archéologie, s'inscrit à l'université de Rennes avec comme spécialisation l'histoire celte. Au même moment se produit une série de meurtres pour le moins étranges, commis à l'arme blanche par une personne gantée de noir et déguisée en corbeau. Tous les indices convergent vers la forêt de Brocéliande, creuset des légendes celtes, où Chloé participe à un chantier de fouilles sur de très anciennes sépultures ...

Ce film est le premier long-métrage d'un ancien journaliste de "Starfix", où "sévissait" également Christophe Gans (CRYING FREEMAN, LE PACTE DES LOUPS). Doug Headline (oh le joli pseudo !) n'est autre que le fils du regretté romancier Jean-Patrick Manchette, auteur dans les années soixante-dix de polars renversants et irrévérencieux, tels que "Fatale" ou "Le Petit Bleu de la Côte Ouest". Pour en rester aux liens de parenté, l'interprète principale du film (Elsa Kikoïne) est la fille du cultissime pornographe Gérard Kikoïne, l'un des rares en France à avoir élevé le "X" au rang d'art.

Alors, ce film ? Doug Headline a cherché à tourner un "teen-movie" à la Française, dans lesquels les jeunes ne sont pas tous les pantins de scénaristes malins. BROCÉLIANDE commence comme un hybride de film d'ados US et de giallo italien. L'action progresse et rebondit avec régularité alors que l'étau criminel se resserre autour de Chloé. Les personnages sont croqués avec simplicité et pertinence. Cinéphile invétéré, nourri de "schockers" américain, de séries B et de bis européen, Headline a pris un évident plaisir à parsemer son film de références à ses grands maîtres. Citons pêle-mêle Dario Argento (l'amphithéâtre est filmé exactement comme la salle de conférences des FRISSONS DE L'ANGOISSE), Mario Bava (l'ambiance "gothique" du campus évoque l'atmosphère de SEPT FEMMES POUR L'ASSASSIN), Lucio Fulci (un plan fugitif est chipé dans LA MAISON PRÈS DU CIMETIÈRE), sans oublier la série anglaise CHAPEAU MELON ET BOTTES DE CUIR (le déguisement du tueur). Tout se gâte dans la dernière demi-heure, quand l'intrigue se dénoue brusquement et verse dans le surnaturel (c'est la nuit d'Halloween, mais était-ce une raison ?) et le n'importe quoi. L'héroïne se retrouve prisonnière du souterrain de la forêt de Brocéliande, aux prises avec un imposant monstre sanguinaire. Si Morricane (!), la créature, gélatineuse et gesticulante, s'avère assez réussie, tout le reste est raté, des éclairages peu réalistes aux combats excessivement chorégraphiés en passant par le jeu d'Elsa Kikoïne (excellente jusque là), qui se met à ressembler un peu trop à Lara Croft. A trop vouloir en mettre plein la vue, le réalisateur a fini par faire péter le couvercle de sa narration. Adieu cohérence, bonjour boursouflure ! On regrette amèrement l'atmosphère et les élégants mouvements de caméra de la première partie. BROCÉLIANDE fait tout de même davantage plaisir à voir que la majorité des films fantastiques actuels, ultra-numérisés. Espérons simplement que la prochaine fois, Doug Headline maîtrise mieux le nécessaire équilibre entre rigueur et fantaisie. Stelvio

Chloé est arrivée à l'Université de Rennes en Archéologie, spécialité Celte. Tout le monde lui semble antipathique, elle travaille de soir dans un bar ou elle picole, alors elle arrive en retard le matin ou est témoin d'un meurtre tard le soir, mais la police ne la croit pas parce qu'elle a bu ! Faut dire que le tueur qui ressemble à un monstre à tête d'oiseau, ça fait pas sérieux. Elle a trouvé des objets de culte lors de fouilles dans la forêt de Brocéliande, objets sitôt volés. Tout s'embrouille lorsqu'elle se sent menacée et sans véritables amis, y avait qu'à pas embêter tout le monde aussi...

Doug Headline est un autre des anciens journaliste de la revue STARFIX passé à la réalisation. Il rend ici hommage à ses influences et déboule les emprunts, visuels et scénaristiques, au cinéma de Dario Argento et Mario Bava pour nommer les plus évidents. Seulement, son personnage principal est antipathique, ses hommages trop évidents et court-circuitant ses surprises, sans oublier ses touches d'humour qui tombent à plat. Lorsqu'en moitié de film, un personnage explique en rafale tout ce qui s'est passé, on se demande ce qui reste comme surprise, peu, en fait, sauf un monstre ressuscité, mais qui se bat comme Tarzan avec Bo Derek, dans des ralentis à l'effet contre-productif. Bigre. Moi qui croyais voir sur la pochette un guerrier et une forêt magique, c'était une donzelle qui se prend pour Buffy et des grottes de studio qui m'attendaient. Dommage, on appréciera les qualités visuelles, pour le reste... vivement le deuxième film. Mario Giguère

Le CAVE SE REBIFFE - Gilles Grangier avec Jean Gabin, Bernard Blier, Maurice Biraud, Martine Carol, Frank Villard, Antoine Balpétré, Françoise Rosay, Ginette Leclerc, 1961, France, 98m

Comme il ne peut s'acquitter de ses dettes envers l'ex-proxénète Charles Lepicard et le banquier Malvoisin, Éric Masson propose pour les rembourser une grosse affaire de fausse monnaie. Pour les convaincre, il leur fait savoir qu'il roucoule avec l'épouse d'un graveur doué, Mideau, de façon à l'amener à la longue à imprimer les faux billets. Lepicard pense néanmoins qu'il faut recourir à un spécialiste pour contrôler le travail du graveur et il fait appel à Ferdinand Maréchal dit "Le Dabe" qui est un maître en la matière. Bien que retiré du milieu, Maréchal accepte et prend en main la direction des opérations. Il parvient à convaincre le graveur, qui s'avère un véritable orfèvre, de fabriquer et d'imprimer pour 1 milliard d'anciens francs en florins. Lepicard, Malvoisin et Masson pense cependant à doubler Maréchal en faisant imprimer secrètement un autre milliard à cause des trop grandes exigences financières de celui-ci. De plus, Masson veut aussi se débarrasser du graveur, mari gênant, pour avoir son épouse pour lui tout seul. Selon un horaire savamment mis au point, Mideau se met au travail mais au dernier moment, lui et l'argent ne sont pas au rendez-vous prévu avec les autres. Auraient-ils été roulés par un "cave"?...

Le scénariste et dialoguiste Michel Audiard, avec la collaboration de l'auteur du roman d'origine, n'a retenu qu'une petite partie du livre pour se concentrer à raconter, avec sa verve habituelle et son humour percutant, une délicieuse comédie policière. Le récit est évidemment taillé sur mesure pour Jean Gabin qui interprète avec vigueur un rôle familier de gangster arrivé. La mise en scène de Grangier est commerciale mais efficace en laissant beaucoup de place aux acteurs. Certaines répliques sont remplies d'esprit avec en plus un bon usage de l'argot. Les dilettantes envers cette forme de langage ne devraient donc pas être perdu car le sens des mots se devine facilement à l'écoute du film. Cette parodie du film de gangster traite donc les malversations courantes du genre à la blague et sans prétention. L'ensemble se veut malicieux (Lisez le texte à la fin du film!!! Vous comprendrez!) à souhait et malgré l'absence de violence, retient notre attention. À regarder comme amuse-gueule avant "LES TONTONS FLINGUEURS" écrit aussi par Audiard, pour vraiment l'apprécier à sa juste valeur et éviter les comparaisons boiteuses. Les autres comédiens chevronnés réunis pour l'occasion livrent tous la marchandise. Mathieu Lemée

CEREMONIE D'AMOUR aka Love rites - Walerian Borowczyck, 1988

Un type croit une belle femme dans un métro parisien. Elle se maquille et exhibe ses cuisses. Le gars sent monter une bonne dose de désir. Ils entament alors une discussion arty-philosophico-prise-de-tête en passant des bouches du métro à un parc public, puis à une église. La miss se fait passer pour une actrice prostituée. Elle finit par amener le type dans une chambre ou, enfin, il va pouvoir la tirer - la salope s'est laissée caresser, dans l'église en particulier.

Bref, enfin sur place, ils passent à l'action, mais ils n'arrêtent pas de parler, et le spectateur de bailler. Tout d'un coup la miss enfile des dés à coudre terminés par de longues griffes, l'homme souffre. A la fin il déambule le long de la Seine d'où sort une fille nue qui se suicide. L'homme est ensuite arrêté par la police.

Pendant 100 minutes, ça n'arrête pas de parler une seconde - excepté au début. Et c'est long, mais c'est long. Boro s'essaie à une sorte de Nouvelle Nouvelle Vague, avec des plans mal foutus, les bruits du métro, de la rue, des dialogues chiants, un ou deux persos bizarres...

C'est le premier film de Boro que je vois, et du coup je ne suis pas motivé pour en voir d'autre. Kerozene

CERF VOLANT DU BOUT DU MONDE aka The magic of the kite - Roger Pigaut avec Alain Astié, Chun-Hua Chang, Patrick De Bardine, Jacques Faburel, 1958, France/Chine, 82m

Qui n'a pas rêvé un jour de lancer une bouteille à la mer, avec un message de fraternité à l'intérieur et de se prendre à imaginer l'endroit ou elle pourrait arriver ?

C'est cette idée que reprend Roger Pigaut dans ce magnifique conte poétique, qui scelle la première collaboration franco-chinoise de l'histoire du cinéma.

Sous la forme d'un conte, le temps d'un rêve, des enfants de la Butte Montmartre vont vivre une aventure imaginaire avec des petits Chinois. Tout commence avec la découverte, par Pierrot et sa petite soeur, d'un cerf volant aux couleurs flamboyantes échoué dans un arbre. Ce cerf volant va être pour eux le début d'une aventure extraordinaire qui va les mener jusqu'en Chine. La lettre contenue dans ce cerf volant, l'antiquaire chinois qui va la traduire et leur apprendre que le personnage représenté sur le cerf-volant est Souen Wou Kong, le roi des singes, vont être à l'origine de ce magnifique voyage initiatique.

Pierrot, au fond de son lit rêve que Souen Wou King le transporte, lui et sa soeur, en Chine. Voilà les deux enfants à Pékin, bien décidés à retrouver avec leur nouvelle bande de copains chinois, le petit garçon qui a écrit la lettre trouvée dans le cerf-volant.

Admirablement interprété par une bande de gamins sans complexes, le film conserve à ce jour tout son charme et tout son pouvoir d 'enchantement, et son message d'amitié transcende toutes les époques... Véritable invitation au voyage, ce cerf-volant force à la découverte et au respect des autres, il est une réussite incontestable.

Un petit chef d'oeuvre à découvrir d'urgence par tous les enfants et par tous ceux qui en ont conservé l'âme. Marc Evil

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Voyez également plusieurs films Français coquins dans la section LIBERTINAGE
À noter aussi que plusieurs films de JESS FRANCO sont des productions Françaises
autres liens:

MAX PECAS SPIRIT | Le site de RICHARD J. THOMSON | les CHARLOTS | JEAN MARAIS | affichescinema.com | Moviemania | Luminousfvw.com | Priceminister.com | Marsfilms.com | Francevision.com

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Web www.clubdesmonstres.com

JEAN ROLLIN

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