mise à jour le 1 juin 2010

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DEAD END - Jean-Baptiste Andréa & Fabrice Canepa, 2003, France, 1h25.

Sur une route forestière de la Californie, Frank conduit comme chaque année sa famille vers le souper de Noël qui est devenu une tradition. Plutôt que de passer par l'autoroute, il décide de prendre un raccourci et emprunte une route dont il a entendu parler mais sur laquelle il n'a jamais osé rouler. Très vite il s'apercevra de son erreur, particulièrement après avoir rencontré une inquiétante femme habillée en blanc qui transporte dans ses bras un bébé plutôt silencieux.

Film à petit budget (1 million US) qui joue davantage sur les dialogues et la suggestion que sur l'épate et les gros effets, DEAD END fait preuve d'un rythme et d'une inventivité qui en font une expérience fort agréable. L'inquiétant Ray Wise (le père de Laura Palmer dans TWIN PEAKS et la créature de SWAMP THING de Craven, entre autres) interprète un père de famille rigide, au verbe précis, qui guide sa famille du mieux qu'il peut à travers des épreuves dont tous ne sortiront pas vivants. Le suspense tient ici sur un fil simple mais efficace : qui sera le prochain à y passer, et surtout pourquoi ? Il est tout de même curieux que ce film "français" soit tourné en anglais, avec des acteurs américains, à Hollywood. Mais grâce au scénario en béton, malgré le budget ridicule, les acteurs et l'équipe sont parvenus à forger un film fort honnête qui, avec un bon marketing, aurait un potentiel commercial indéniable. Orloff

DÉFENSE DE SAVOIR aka Forbidden to Know aka Uomo in basso a destra nella fotografia - Nadine Trintignant avec Jean-Louis Trintignant, Michel Bouquet, Charles Denner, Juliet Berto, Bernadette Lafont, Pierre Santini, Carlo de Mejo, Norma Bengell. 1973, France (coproduction italienne), 1h36

L'avocat Jean-Pierre Laubray est chargé de la défense de Simone Hild, accusée d'être mêlée à la mort de son compagnon, un certain Ravier. Au cours de son enquête, le commis d'office apprend que l'homme assassiné avait tué un barman au cours d'un cambriolage la nuit précédente. Il découvre également qu'il travaillait comme homme de main pour le compte de Christiani, un politicien en campagne électorale. Laubray contacte Juliette, la fille de Christiani, et apprend que Bruno, le frère de cette dernière, est mort la même nuit dans un accident de voiture...

Tombé sur ce film au hasard d'un zapping sur les chaînes Cinéma du câble, je l'ai suivi avec plaisir jusqu'au bout. J'ai un instant pensé me trouver en présence d'une œuvre méconnue d'Yves Boisset : mêmes interprètes savamment distribués dans les rôles principaux, même méfiance envers la police, même description sans complaisance des compromissions et du cynisme des puissants. Seule la mise en scène, certes nerveuse mais pas aussi inspirée, me détournait de cette idée. Il s'agit en réalité, sur un script cosigné Alain Corneau, de l'une des rares incursions dans le polar de Nadine Trintignant, généralement portée sur le film de famille à tendance psychologique. Quoique DÉFENSE DE SAVOIR, construit en flash-backs, reste éminemment " familial " : le rôle principal est tenu par Jean-Louis Trintignant, qui n'est autre que le frère de la cinéaste, et l'on retrouve également, dans l'une de ses premières apparitions sur grand écran, Marie Trintignant, décédée dans les circonstances que l'on sait... Comme à son habitude, Charles Denner se montre excellent, en paumé dépassé par les événements. Michel Bouquet fait du Michel Bouquet, c'est-à-dire qu'il est génial, dans le personnage du politicien pompidolien complètement véreux. On sent que, cinq ans après mai 68, la France se trouve en pleine remise en question. Le tout sur une remarquable trame sonore de Bruno Nicolai. Un concentré d'époque... Stelvio

Le DÉMON DANS L'ÎLE - Francis Leroi, 1983, 1h40

Gabrielle (Anne Duperey), ancienne médecin des autoroutes ayant vécu  beaucoup de tragédies, est appelée sur une petite île française afin d'y exercer. Ses habitants n'ont plus confiance en Marshall (Jean-Claude Brialy), le louche médecin résident. Dès son arrivée, elle est troublée par le climat étrange qui règne sur l'île. Des accidents inusités surviennent dans de tranquilles maisonnées familiales. Les incidents avec les appareils ménagers se multiplient. L'île sombre peu à peu dans une belle psychose... Unique oeuvre de "fiction" du dorénavant maître en pornographie Francis Leroi, LE DÉMON DANS L'ÎLE est un film fantastique tout à fait surprenant. L'interprétation, à part quelques infîmes fausses notes, y est remarquable, et le travail de réalisation est plutôt soigné. Nous avons droit à de très belles images, mais c'est surtout le scénario qui surprend; voilà en tout cas une histoire peu commune ! Les scènes de tension sont insoutenables, et le suspense créé par les gros plans sur des appareils ménagers, alors que le spectateur SAIT qu'ils peuvent à tout moment devenir hors de contrôle, est drôlement efficace. La scène du bain-marie et de l'ours au tambour vaut à elle seule l'écoute du film. Dommage que personne n'ait vu en Leroi un maître de l'épouvante, parce que j'ai la nette impression qu'il serait allé loin... Orloff

En quelques mots, l'action se passe sur une île (ben ouais) où les appareils ménagers attaquent les habitants, comme par exemple ce couteau électrique qui coupe des doigts même débranché, où un four qui emprisonne la main de la cuisinière pour la faire griller.

En fait, c'est le méchant docteur (Brialy) qui, suite à une erreur de prescription d'une femme enceinte, était responsable de la naissance d'une môme aux pouvoirs supra normaux, en plus d'avoir la même tronche que ceux de Children of the Damned (cheveux blonds et large front). Et la gentille doctoresse (Duperey) découvre le pot au rose.

C'est un film qui se laisse regarder, mais il fait un peu trop téléfilm. C'est pas une daube, mais c'est un peu mou. Effix

DEMONLOVER aka L'Amant Diabolique - Olivier Assayas avec Connie Nielsen, Charles Berling, Chloë Sevigny, 2002, France, 2h09

Une femme d'affaire, Diane (Connie Nielsen) méritant bien son surnom de Vierge des Glaces part de France avec son avocat aux allures machisme (Charles Berling) vers Tokyo pour la négociation d'un investissement judicieux dans ce qui est assurément rentable sur internet: la pornographie.

Détail énormément plus important, elle est un agent double d'une compagnie rivale désirant également le contact de ces japonais leader mondiaux en animation. Traquée, manipulée, Diane demeurera toujours sans scrupule suite à la rencontre d'impétueux négociateurs américains(Gina Gershon) pourtant jugés responsable d'un mal lors de son retour à Paris.

Malheur, aucun synopsis, extrait vidéo ne rendra cette surprise attrayante provenant de France.

Avec un casting hollywoodien: 

-Connie Nielsen (The Devil's advocate, Gladiator, One hour photo), Chloë Sevigny (Dogville, Boys don't cry), Charles Berling (Stardom, Les Palmes de M. Schutz) et Gina Gershon (Bound, Face Off, Showgirls)- le bilinguisme offre un atout plus qu'utile à cette observation des comportements et effets d'intermédiaires internationaux dont l'élément repère est la sollicitation d'un certain type de créations aux désarroies des auteurs dont les financiers seront toujours heureux de contrôler.

Hué à Cannes, le ton cru et alternatif du 4eme long métrage d'Olivier Assayas (Les Destinées sentimentales, Irma Verp), ancien critique des Cahiers du cinéma lui aussi épris du cinéma asiatique, répond pourtant avec habileté à cette demande. Trop "moderne" ou une trop grande attente pour les animations et autres scènes pornographies qui ne sont que brèves comme pourrait au contraire le suggérer la bande-annonce?

Peut-importe les Cannois lors de cette soirée, le contenu/contenant est soigné et trop bien dirigé pour bannir ce film. Armé d'une forte héroïne, et de belles autres interprétations, tel un jeu de rôle cette fois-ci dans le monde financier, découvrez l'infortune finale au Mexique avec une trame sonore construite de façon particulière signée Sonic Youth.

Voyage un brin difficile mais intéressant. Deadmonton

DEUX ENFOIRÉS À ST-TROPEZ - Max Pecas, 1986

À sa sortie de prison, Paul est cueilli par son copain Julius, qui l'amène directement à St-Tropez, histoire de relaxer. Ca commence bien, la fille qu'ils ont prit en chemin les crèche et la mère leur trouve des emplois, pour lesquels ils ne sont aucunement qualifiés, mais tant pis. Julius rêve défaire un dernier bon coup, et c'est ce qui se présentera à eux, en même temps que l'amour, qui semble plus coriace cette fois-ci.

Comédie légère sur fond de plage, Max Pecas remplit le cahier de charge, situations cocasses, jolies filles, coups foireux, le tout mené assez rondement pour ne pas s'embêter. Un tout petit peu de critique sociale de bon aloi et une jeune fille qui vole presque la vedette aux adultes, et hop, on ne s'est pas ennuyé et c'est tout. Pas méchant. Mario Giguère

Le DIABLE AU CORPS aka Il Diavolo in Corpo aka Devil in the Flesh - Marco Bellochio, 1986, France / Italie, 1h54

Raymond Radiguet se retourne dans sa tombe ! 

Lorsqu'Andrea, un bellâtre aux études, fréquentant une salle de classe idéalisée, perchée en haut d'un immeuble d'une ville italienne ensoleillée, toutes fenêtres ouvertes donnant sur une terrasse avoisinante, aperçoit la féline Giulia (Maruschka Detmers), son sang ne fait qu'un tour et il se met à la suivre quotidiennement jusqu'en cour, où elle suit avec sa future belle-maman le procès de son terroriste de fiancé. Leurs regards se croisent, ils partent ensemble, et rien pour eux ne sera dorénavant plus important que de sauvagement s'accoupler : c'est le coup de foudre.

Cette deuxième adaptation du DIABLE AU CORPS de Radiguet - la première datant de 1946 et ayant été réalisée par Claude Autant-Lara, cinéaste plutôt classique, et mettant en vedette Gérard Philipe et un caméo de Jacques Tati ! - étonne par son audace. Bellochio met bien entendu l'accent sur la relation trouble entre Giulia et Andréa, filmant leurs ébats calmement, car les ébats eux-mêmes sont loin d'être calmes !!

Maruschka Detmers, une très jolie et troublante hollandaise (la Carmen de Godard dans PRÉNOM : CARMEN), ne laisse pas beaucoup de chances à notre imagination... Sans pudeur, elle s'exhibe dans toute sa splendeur, paradant à poil au moindre prétexte, allant même jusqu'à gratifier l'ami Andréa d'une gentille fellation hardcore. Papy Jean-Luc serait fier de sa protégée ! L'incursion d'une scène X dans le récit ne détonne pas le moins du monde, et aide à donner une idée plus juste de la folie psycho-sexuelle habitant le personnage de Detmers.

Avec sa superbe cinématographie et un score émouvant de Carlo Crivelli, LE DIABLE AU CORPS reste un film agréable à regarder, tant pour la plastique de l'ensemble que la plastique de la belle Maruschka, malgré les quelques personnages secondaires qui ne mènent nulle part et une fin qui frôle l'incompréhensible. Orloff

DINOSAUR FROM THE DEEP - N.G. Mount alias Norbert Moutier avec Jean Rollin, Tina Aumont, 1993, France, Vidéo 

En ce lieu et cette époque, il est impossible de mettre à mort un homme, peu importe les crimes qu'il a commis. Pas de trouble, on l'amènera sur la planète Terra à l'époque des dinosaures qui le boufferont. Voilà une bonne idée qui tourne évidemment mal, les dinosaures sont coriaces et veulent manger toute l'équipe, scientifiques, épouses, terroristes et pilotes compris. Quelques membres de l'équipe réussissent à rejoindre le vaisseau, mais un savant, ayant vu trop de films, a ramené un oeuf à bord. Arrghhh, ni une ni deux, la bibitte sort de l'oeuf et veut bouffer tout le monde...

Sur une idée de base quelque peu originale mais tordue: éliminer les indésirable à l'aide de dinosaures, Norbert Moutier, sans aucun budget conséquent, se lance à l'assaut d'un long métrage. On peut applaudir l'audace, la folie de l'entreprise et surtout l'enthousiasme pour mener à bien un tel tournage. Le résultat est évidemment amateur et on ne sait trop si on doit rire ou se décrocher la mâchoire quand les dinosaures arrivent, vagues humoncules de plasticine tout de même filmés image par image, parfois, ou en marionnettes, souvent. Losqu'une nymphe barbaresque apparaît dans le décor (décor naturel bien utilisé) on comprend qu'il faut s'amuser avec. La suite dans le vaisseau pousse un peu fort, on a beau avoir un petit peu de budget, on y croit pas, mais rendus là aussi bien apprécier les efforts de Jean Rollin, qui débite son texte avec un sérieux louable et sa femme, qui nous soutire le rire ou à tout le moins le sourire.

De l'authentique série Z française qui s'assume. Ca vaut à tout le moins le détour ! Mario Giguère

DISSONANCES - Jérôme Cornuau, France, 2003, 1h47.

Nat, un Français expatrié aux États Unis, roule sur l'autoroute avec ses deux fillettes, Julie, six ans, et Margo, neuf ans, tranquillement assises à l'arrière du véhicule. Soudain, un homme armé d'un revolver les double et, sans raison apparente, tire sur les enfants. Julie est tuée sur le coup. L'existence de ce père de famille bascule dans l'horreur et le non-sens. Ivre de douleur, décidé à obtenir réparation, il quitte son travail, sa femme et son enfant rescapée et se lance à la recherche de l'homme qui a brisé sa vie.

A la lecture de ce point de départ, on ne peut que s'attendre à un "revenge-movie". DISSONANCES n'en est pourtant pas vraiment un. Plutôt que de suivre les habituelles balises du genre, le film, écrit par le critique devenu cinéaste Nicolas Saada, opte pour une narration déconstruite. Il se présente sous la forme d'un triptyque et nous livre les perceptions, dissonantes, de trois de ses personnages principaux. D'abord le père détruit, qui sillonne l'autoroute sur laquelle le drame s'est produit, dans le but de se faire justice. L'inspecteur Brautigan ensuite, qui enquête sur l'affaire et se prend de sympathie pour ce pauvre vengeur à la dérive. Enfin, Margo, rescapée de la fusillade. Ce sont donc trois petits films en un que nous offre le métrage.

Protagoniste présent dans les trois segments, le personnage de Nat bénéficie de l'interprétation marquante de Jacques Gamblin. L'acteur reste très français dans son "body-language" et dans ses réactions, ce qui crédibilise l'aspect "choc culturel" du film. On ne peut en dire autant de Didier Flamand, dont on a du mal à croire qu'il puisse s'appeler Brautigan... Enfin, la jolie Bérénice Bejo nous bluffe avant tout par la qualité parfaite de son anglais. Sur le fond, DISSONANCES sait rester nuancé, ce qui détone pour un revenge-movie. Le père retrouve ses agresseurs et se fait justice. Une quinzaine d'années de prison plus tard, sa déchéance n'est en rien enrayée. Le personnage de Margo tendrait à montrer que l'on peut se reconstruire malgré les épreuves traversées. Mais le film ne se prive pas de souligner que c'est au prix d'un conformisme petit-bourgeois particulièrement étouffant. Nul ne sort donc vraiment indemne d'un tel drame : une conclusion peu originale mais intelligemment illustrée par ces DISSONANCES. Stelvio

DOCTEUR JUSTICE - Christian Jaque, 1975, France, d'après la bande dessinée de R. Marcello 

Le Docteur Benjamin Justice, membre de l'OMS et expert en Karate arrive à Bruges pour un congrès médical. Au sortir de l'avion un autre passager est assassiné et il a le temps de parler au docteur, ce qui fait de Justice un homme suspect pour l'organisation qui vient de faire un grand coup dans lequel l'homme était impliqué. En effet, un navire pétrolier est arrivé à port avec toute sa marchandise remplacée par de l'eau de mer, au grand dam de l'équipage. Le Docteur Justice s'en mêle...

John Phillip Law (Diabolik) incarne le charismatique Docteur, héros de bande dessinée alors très populaire dans le magazine Pif Gadget. Malheureusement il ne poussera pas le "cri qui tue", mais s'en tire bien dans un rôle ou il est perpétuellement optimiste et tombeur de femme. Il n'y en a qu'une, Nathalie Delon, tout de même sobre au niveau du scénario et de sa présence, on ne la joue pas vamp. Gert Fröbe (Goldfinger) nous rappelle à grands traits l'influence de Bond sur l'aventure, qui s'avère en bout de route plus sympathique que réussie. Christian Jaque est surtout connu pour LES PÉTROLEUSES et quelques autres ersatz de James Bond. Mario Giguère

EDMUND KEMPER - Fred Quantin/Laurent Tissier, 2001, 45 m

Edmund Kemper est un dangereux psychopathe cannibale et nécrophile. Il a un sale macchabée en putréfaction dans sa cave, il lui lèche le minou en sirotant du jus de bidoche, lui découpe les entrailles et bouffe ses seins. Entre temps, il zigouille des passants. Ensuite, il se prend la tête, conscient qu'il y a un truc qui ne tourne pas rond dans celle-ci. Puis, il retourne tripoter son cadavre.

Voila de quoi meubler les trois quarts d'heure de ce film amateur français visiblement très influencé par Buttgereit. C'est mal filmé, mal joué, mais c'est super dégueulasse. Tourné avec un budget ridicule de 2000 francs français, on se dit que ça aurait pu être pire. Mais j'ai envie de me dire que j'aurai pu faire mieux. Sans prétention. EDMUND KEMPER 2 arrive début 2002. Kerozene

Rectification: Edmund kemper 2 n'arrivera pas, il est fait depuis un an mais ne verra jamais de distribution. Tu aurais fait mieux et bien vas y fait! Ce sera cool de voir un bon film

Cordialement, Laurent Tissier, un des deux réalisateurs de Edmund Kemper 1 et 2

ELLE VOIT DES NAINS PARTOUT! - Jean-Claude Sussfeld, 1982, France 

Lorsque le roi de France apprend que sa femme vient de mettre au monde une fille et non un fils, il pique la mouche et confie le bébé à la nurse britannique fraîchement débarquée. La petite fille grandit et devient une belle jeune femme du nom de Blanche-Neige incarnée par Zabou.

Ainsi commence cette comédie paillarde aux relents de camembert dégoulinant et de gros rouge qui tache, une vraie bonne grosse poilade franchouillarde du genre pas exportable en dehors du territoire national. Peu scrupuleux, les auteurs se sont fait plaisir en composant une improbable salade " culturelle " puisque l'on croise au long du récit de nombreux personnages de contes populaires ou de romans classiques de la littérature française. Par exemple, le petit chaperon rouge se ballade tout au long du film à moitié à poil (Marilyne Canto au physique irréprochable), sa mère-grand oblige son amant à se déguiser en loup pour assouvir ses fantasmes, le petit Poucet (Martin Lamotte) est un horrible bonhomme défiguré, Cosette et Valjean (Roland Giraud) font les miséreux, on glisse ici une anecdote relative aux Trois Mousquetaires, on insert là une apparition inopportune de Tarzan... On enfile le tout dans un shaker, on ajoute une pincée de blagues cochonnes, une bureaucratie de fées et un car de touristes japonais, on secoue un grand coup et on obtient ELLE VOIT DES NAINS PARTOUT, un truc finalement pas très drôle et relativement indigeste. On se plaît plus à reconnaître ici et là les quelques guest star de passage, comme Christian Clavier en fourbe espion, Thierry Lhermitte en prince charmant largué ou Coluche en garde royal. Kerozene

L'EXECUTRICE - Michel Caputo, 1986, France   

Brigitte Lahaie est Martine, commissaire de police chargée de démanteler les réseaux de pornographie clandestine, des trucs pas nets qui font en général dans le crapuleux en carence de délicatesse. La vie de Martine est plutôt routinière, un peu comme dans la fameuse collection des livres pour enfants " Martine " quand on y pense : elle casse du pornocrate de bas étage le matin (Martine chez les pornocrates), elle fricote au pieux avec ses collègues l'après-midi (Martine au bureau) et se prélasse à poil dans son jacuzzi le soir en regardant les étoiles, le regard vide (Martine dans son jacuzzi). Mais les choses se corsent lorsque la balafrée Madame Wenders, soupçonnée de verser dans la traite des blanches, fait kidnapper une jeune fille que Martine se promet de libérer. Trouvant l'insistance de Martine légèrement handicapante, Madame Scarface fait appelle à un gang de proxénètes chinois qui envoie deux de leurs hommes violer Martine dans un parking. Heureusement, un brave quidam qui passait par là avec son fusil à canon scié lui porte secours, juste le temps pour Brigitte de dévoiler un peu de ses charmes, et explose la vermine communiste comme on se beurre une tartine. Mais Martine, faut pas la faire chier trop longtemps, et ça, Madame Wenders et les chinois vont vite le comprendre.

Ce polar franchouillard mou du genou et donc plutôt ennuyeux est surtout drôle à voir pour son florilège de scénettes absurdes que le spectateur ne peut que regarder les yeux complètement écarquillés. Comme lorsque le collègue de Martine, tout de suite après l'avoir gentiment tringlée, saute hors du lit pour lui montrer comme il est doué pour démontage-remontage de son magnum 44. Monsieur semble plus motivé par l'astiquage de son flingue que le ramonage de madame. Ou ce moment quasi surréaliste et complètement gratuit où trois loubards qui semblent directement issus de LES GUERRIERS DU BRONX agressent les passants pour le fun avant de se faire péter la gueule par Martine et son poto. Des petits moments finalement délectable dans un ensemble aussi peu inspiré que le scénario de Caputo et René Château, alias Monsieur Brigitte Lahaie. Kerozene

Le FABULEUX DESTIN D'AMELIE POULAIN - Jean-Pierre Jeunet, 2001

Ou comment rendre les gens heureux.

Un beau film.

Je crois que je suis tombé amoureux...  Kerozene

Non, d'abord c'est moi qui suis amoureux d'Amélie, et elle m'aaaaaime ! Et jamais vous nous rattraperez !

Ah la la, la Poulain... oui, un film producteur de bonheur en intraveineuse... terrible !  Pirate

Le FACTEUR DE ST-TROPEZ - Richard Balducci avec Paul Prébois et Michel Galabru, 1985, France

Le facteur de St-Tropez tripe écologie pendant que la mairesse, son ancienne flamme, s'en fout comme l'an quarante et veut installer un casino dans sa ville. Avec l'aide de son ami, le Gendarme, ancien combattant d'Indochine, Il va tout faire pour mettre des bâtons, ou des clous, dans les roues de la mairesse.

Petite comédie écologique, Le FACTEUR provoque plus de sourires que de rires francs. Mais l'ensemble est tout de même sympathique avec ou malgré toutes les références à la série de Louis de Funes, de Galabru, à l'apparition de la soeur volante. Les dames qui peuplent la plage ajoutent à l'agrément, il va sans dire. Mario Giguère

FANTÔMAS - Paul Fejos. avec Jean Galland, Tania Fedor, Thomy Bourdelle, Georges Rigaud, Jean Worms, Anielka Elter, Gaston Modot, 1931, France

Je ne connais de Fantômas que les films français des années soixante, ceux avec Jean Marais et Louis de Funès. J'ai également vu des feuilletons de Louis Feuillade, la série LES VAMPIRES, précurseurs des premières adaptations de cet antihéros de la littérature. Ce premier long métrage, au début du cinéma parlant, offre un récit traditionnel rempli de châteaux aux passages secrets, des course de voitures, des armes de poing avec silencieux, des mystifications et fausses pistes abondantes. Le montage est rapide et les éclairages utilisés avec maîtrise. L'interprétation est souvent théâtrale et les acteurs inégaux. J'ai somme toute passé un bon moment. Mario Giguère

Le FANTÔME DE LA LIBERTE - Luis Buñuel, 1974, France/Italie

Difficile de résumer le plus surréaliste des films du maître du cinéma surréaliste. Cela tombe sous le sens diront certains, d'autant plus que d'histoire, il n'en est ici point question. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de scénario. Bien au contraire. Ce dernier, soigné aux petits oignons par Buñuel et son acolyte Jean-Claude Carrière, aligne des scènes complètement absurdes, intrigantes et drôles. Le cinéma était selon Buñuel le meilleur moyen de mettre en image le monde des rêves, l'unique média permettant la reconstitution du royaume des songes. LE FANTOME DE LA LIBERTE le prouve, mais comme son titre l'indique, la liberté d'expression de même que la liberté d'action ont leurs limites. Le titre est lui-même inspiré de la première phrase du " Manifeste du Parti Communiste " de Karl Marx et Friedrich Engels : " Un fantôme parcourt l'Europe ". Néanmoins, le pari est gagné haut la main. Le film nous conduit effectivement dans une sorte de labyrinthe scénaristique sans aucun enjeu narratif apparent (la conclusion de la scène d'ouverture en témoigne) et dont la principale volonté est d'émerveiller, étonner et dérouter en plongeant le spectateur dans un univers absurde qui n'aura pas manquer de déranger les plus coincés. Absurde et surréaliste, mais jamais gratuit, toujours et constamment réfléchi par des auteurs adeptes de l'écriture spontanée. Les codes de nos us et coutumes sont ainsi torpillés avec bonheur et délectation, comme si les auteurs avaient pris un malin plaisir à se prendre pour des gamins cassant leurs jouets devenus tristement banals. Ainsi, dans LE FANTOME DE LA LIBERTE, une invitation à dîner se transforme en une invitation à se soulager, chaque convive prenant place sur une des chiottes installées autour de la table du salon tout en discutant de mondanités futiles. On y apprend aussi qu'une disparition d'enfant n'est jamais simple à résoudre, même lorsque les recherches se font avec l'aide du disparu. Et on y voit surtout Michel Lonsdale se faire fouetter les fesses par une dominatrice vêtue de cuir devant un parterre de religieux en lâchant dans des hurlements mêlant douleur et plaisir des insanités aussi énormes que " Salope ! Je suis un lépreux ! ". Une scène proprement mythique et définitivement inoubliable. Des scènes comme ça, le film en est truffé, et elles sont toujours servies par des acteurs remarquables. Outre Michel Lonsdale précédemment cité, on y croise Jean Rochefort - qui se fait arrêter pour excès de vitesse par la police la plus inutile au monde, Claude Piéplu, Jean-Claude Briali, Adolfo Celi, Michel Piccoli ou encore Guy Montagné... Le genre de film dont on se dit que le cinéma a été inventé pour qu'il existe. Kerozene

FARENHEIT 451 - François Truffaut, 1966, France/Grande-Bretagne, 1h52 

Adaptation de ce qui deviendra le best-seller de Ray Bradbury 

Quelque part entre chez-vous et chez moi, sans générique écrit, lors d'un temps futur semblant dépasser, une brigade de pompiers noirs vêtus se précipite à l'assaut d'un lecteur qui ne pourra terminer sa verte pomme.

Le son des sirènes fait place aux crépitements oppressant envers le gravillon sous les bottes des pompiers. Crik! Grunch! Crark! Même dans la modeste résidence. Soudain, court silence investigateur. Apparaît alors la face d'un réputé nazi [Anton Diffring] Click! Il allume la lumière lui révélant ces doutes: le 1er bouquin [Don Quichotte] dans une superbe cachette... le jour. Suit tout un tohu-bohu. On en trouve dans l'antique télé inutilisée de l'intello, le radiateur. On balance tout ça dehors. Arrive Montag [Oskar Werner] le responsable du lance-flammes: feu.

Insipide, Montag dans le beau monorail de la cité rentre chez lui comme toutes ces autres âmes ennuyantes sauf Clarisse [Julie Christie]. Cette charmante inconnue intelligente car curieuse l'accoste, l'accompagne et le questionne genre: -"Savez-vous ce que vous brûler? Lisez-vous?"

Suivra l'éveil de Montag en observant la déchéance de sa femme Linda [Julie Christie] conditionnée comme toute la communauté aux médicaments, la télé-réalité et aux discours des représentants d'une autorité [Cyril Cusack] prônant l'effacement du passé juger malsain et inutile.

Sans dévoiler davantage de surprises et délices à magnifiques dialogues, certains humains échapperont bien sûr à la perte de leurs facultés définissant leur raison d'être entourer de diverses cultures et auront même le temps de manger d'autres pommes.

Force est d'admettre que l'ambiance futuriste est l'obstacle le plus ardu. 

Ces téléphones combinés à diverses... incommodités visuelles tel la maison de la voisine ne semblant pas si près dévalorise, détruit même un charme original qu'on voudrait toujours présent. Dans ce contexte où les grille-pain et autres symbolismes offrent à 1ere vue davantage de sourires que d'effets dramatiques la réaction sera alors de s'épandre davantage de l'humain, des acteurs. De nombreuses et magnifiques scènes pardonneront l'une des pires irritations -selon moi-mais heureusement courte [donc effet souhaité encore et réussi de Truffault] provenant justement de quelqu'un qui sourit mais si bizarrement... la tite-grosse d'à côté !!

À revoir pour le plaisir de s'enrichir des astuces de Truffaulf et d'un bel hommage aux bouquins, à l'esprit humain avec deux acteurs ayant de la gueule [Oskar Werner et Anton Diffring] ainsi que du jeu de la superbe Julie Christie qui ne m'aura pas une troisième fois. Deadmonton

FÉTICHE - Wladyslaw Starewicz. En noir et blanc. Théoriquement muet mais non en pratique, 1934, France

Les tourments de quelques jouets suite à leur évasion d'un camion de marchandise en pleine marche. Si l'un est une vraie salope adoptant les traits d'une ballerine sexuelle et se tape tout ce qui bouge (clown à la sexualité ambiguë, dur à cuire portant chapeau de paille, chemise carottée et j'en passe, quadrumane simiesque à la démarche intellectuelle, etc.), l'autre est un molosse au système pileux peu apparent qui s'amusera avec une orange. Le rebelle, chapeau de paille (voir quelques étages supérieurs à cette ligne) et santiags à la mode de Renaud (Miss Maggie, Petit Chat est mort, Que des grosses salopes en furie dans sa période Dr. Renaud, Mister Renard), s'en prendra au diablotin qui s'acharnait sur lui alors qu'il se moquait de son statut de cocu bafoué par la baladine (voir ci-haut). L'amitié c'est comme la rhubarbe, ça ne s'oublie jamais vraiment... et si ça s'oublie, c'est sur le coin du comptoir aux côtés du malaxeur et des bananes brunantes.

Rares sont les films de qualité critiqués sur le Club des Monstres [ voir Humanoid From the Deep, et autres ersatz ] et celui-ci apparaîtra comme une véritable bouffée d'oxygène. Personnages pittoresques à la limite d'un mémorable infini, rebondissements surprenants, savoureux morceaux d'anthologie (la mort du pierrot, écrasé sous le poids des pneus d'une voiturette française de " l'entre-deux guerres ", la longue agonie du satanique démon à balai), sombre poésie s'alliant à un récit imaginatif en diable (mais pourquoi donc ? euh...), FÉTICHE est bel et bien un petit chef-d'oeuvre du cinéma d'animation.

9.6753 sur 10.00

Pour conclure, j'ajouterai à la manière d'un Joey Ramone fougueux et plein d'énergie période pré-2001 :

" Hey Ho, Hey Ho, Hey Ho, Hey Ho, Let's Blitzkrieg Bop, Hey Ho " Choucroute Melba


Marie Bunel

Les FILLES DU RÉGIMENT - Claude Bernard-Aubert, 1978, France 

Un régiment de soutien volontaire exclusivement féminin. Voilà ou arrive "jolie meule", amante du général qui est l'ex amant de la troupière en chef. Une bande de femmes toutes picoleuses et excitées devant le moindre jeune homme qui passe dans le coin. Elles veulent de l'équipement lourd pour participer aux manoeuvres et accepteront de jouer au rugby pour accumuler des canons et chars d'assaut à chaque placement accompli.

Claude Bernard-Aubert est surtout connu sous son pseudonyme porno: Burd Tranbaree. Ici, ce qui s'annonce comme de la comédie sexy dans le sillon des italiens ne s'avère être qu'une pauvre comédie pas vraiment drôle et pas vraiment sexy. C'est un comble. Il se dégage quand même une bonne humeur incompréhensible de tout ce monde, y comprit les taulardes. Jolie meule est jouée par Marie Bunel qui a une carrrière encore intéressante, participant aux films LE CHORISTE et ARSENE LUPIN ( 2004). Vite vu, vite oublié. Mario Giguère

FLICS DE CHOC aka Shock Cops - Jean-Pierre Desagnat, 1983, France, 1h32 

Reçu dans un échange d'Oncle Freak alors qu'il avait encore 17 ans, FLICS DE CHOC est un navet amusant qui a sa place ici, aujourd'hui. Pourquoi aujourd'hui plutôt que demain ? Parce que seul Grand-Père Sénile pourrait vous répondre.

On nous présente des "flics de choc", policiers de la brigade anti-gang qui, malgré leurs méthodes peu orthodoxes et leur brutalité apparente, sont au fond d'eux-mêmes de bons bougres au coeur tendre. Ils enquêtent sur un réseau de prostitution juvénile, où apparemment de vilains pas gentils obligent de tendres jeunes filles à se plier aux moindres caprices d'un paquet de vieux satyres. On aura bien sûr droit aux habituelles ramifications : l'école de dressage (vue entre autres dans HISTOIRE D'O de Jaeckin et plus récemment dans CHAOS de Coline Serrau), le réseau de gens "importants", les jeunes filles privées de leur innocence, les flics vertueux...

Le principal intérêt de FLICS DE CHOC réside dans son casting. Desagnat, presque anonyme aujourd'hui, a pourtant réalisé PAS DE ROSES POUR OSS 117, VERTIGE POUR UN TUEUR, et dans registre nettement moins sérieux, LES CHARLOTS CONTRE DRACULA. Sa réalisation est ici habile, certes, mais pas très originale. Le film mise énormément sur la violence et les demoiselles dénudées, et on a donc droit à un caméo coquet de Vanessa Vaylord, appétissante nymphette qui était du casting de BELLES, BLONDES ET BRONZÉES de Pécas, de TIRE PAS SUR MON COLLANT ! de Michel Lemoine et du LOCATAIRE de Polanski !! On remarque aussi la serveuse d'un bar qui se fait draguer par un des inspecteurs, Catherine Lachens, une habituée des comédies paillardes telle ATTENTION LES YEUX ! de Davy, qui a aussi joué dans MORT D'UN POURRI de Lautner et LE PRIX DU DANGER du sous-estimé Yves Boisset. Plus étrange encore, dans le rôle de la maîtresse, on retrouve Mylène Demongeot, une dame aux grands airs qui a été de tous les FANTÔMAS et qui a tourné quelques films au Québec, dont le nullissime J'AI MON VOYAGE ! Et dans un des rôles principaux, celui de l'inspecteure qui fréquente le chef de brigade, Chantal Nobel, chanteuse populaire ayant aussi une carrière d'actrice.

Adapté d'un roman de Serge Jacquemard paru au Fleuve Noir, FLICS DE CHOC est un polar français standard, sans surprises, mais renfermant un tueur à moto vêtu de cuir noir et dont on ne voit jamais le visage, ce qui est toujours très amusant. Orloff

Les FRÈRES PÉTARD - Hervé Palud avec Gérard Lanvin, Jacques Villeret, Josiane Balasko, Valérie Mairesse, Michel Galabru, Daniel Russo, Philippe Khorsand, Dominique Lavanant, 1986, France, 90m

Dans un futur proche à Paris (en 1991!!), deux copains escrocs sans un sou en poche, Manu et Momo, acceptent comme boulot de convoyer des statuettes à partir d'Amsterdam. En cours de route, nos deux compères découvrent que les statuettes cachent de la drogue et ils parviennent à l'échanger contre un kilo de marijuana. C'est alors que le père de Momo jette son fils à la porte du foyer familial car il en a marre de le voir vivre sans arrêt d'expédients avec son ami Manu. Momo et Manu décident alors de s'improviser dealers de drogue après avoir revendu le kilo de marijuana qu'ils ont obtenu. Comme ils n'ont aucune expérience du métier ni aucune connaissance du monde marginal de Paris, ils s'attirent vite des ennuis et sont souvent dupés par des dealers plus filous qu'eux. Momo et Manu rencontrent néanmoins dans leurs tribulations deux filles délurées, Aline et Brigitte, chez qui ils vont loger. Ils envisagent alors de réaliser un gros cambriolage en s'attaquant au dépôt de drogues, confisquées par la police, du Quai des Orfèvres. Cette folle et audacieuse entreprise n'ira pas sans mal pour les deux copains, jusqu'à ce que le gouvernement décide de rendre légal la vente de drogues douces.

Voilà une pochade bien franchouillarde au titre évocateur comme on les aime. Le sujet n'a pas manqué, à l'époque de la sortie du film, de soulever l'ire de la censure à cause de son indulgence envers la consommation de drogues douces et envers les trafiquants qui en vendent. Quoiqu'il en soit, il s'agit ici d'une comédie supposément "branché" où les gags faciles pullulent en grand nombre à travers une intrigue brouillonne. Bien entendu, c'est cette facilité qui suscite involontairement le rire du spectateur et qui fait que le film vaut la peine d'être vu. Ceux qui ne connaissent pas l'argot et le verlan risquent cependant de ne pas rigoler beaucoup à cause de l'incompréhension que ces deux types de vocabulaire peuvent occasionner chez les non-initiés. Pour les autres, on n'y verra qu'une bonne grosse farce bien grasse, illustrée par une mise en scène à la va-vite, qui nous fais marrer quand même à cause de ses outrances forcées et de son manque flagrant de finesse. Puisqu'aujourd'hui, l'actualité parle de plus en plus de la légalisation des drogues douces dans nos sociétés modernes, cette comédie a au moins l'avantage d'être en avance sur son temps, bien qu'elle soit discutable pour certains esprits. Le duo Lanvin-Villeret se défonce (pas avec la drogue!!!) dans la loufoquerie avec un entrain réjouissant, même si on les a déjà vu dans de meilleurs rôles comiques. Mathieu Lemée

  GAROU GAROU... LE PASSE-MURAILLE aka Mr. Peek-a-Boo - Jean Boyer avec Bourvil, Joan Greenwood, Gerard Oury, 1951, France/Italie, 90m

Léon Dutilleul est un modeste fonctionnaire qui habite avec sa soeur et son beau-frère et passe parfois des soirées avec son ami Maurice, artiste peintre, à parler et jouer de la musique. Revenant un peu tard un soir, il trouve la porte de l'appartement fermée, son beau-frère, qui ne travaille pas, ne veut plus cohabiter avec lui, mais Léon se retrouve tout de même dans l'appartement. Il découvre à sa stupeur qu'il peut traverser les murs. Notre passe muraille ne compte pas se servir de son don plus qu'il ne le faut, mais Maurice lui demande d'en profiter, ne serait-ce que pour voir la vie des gens différents. Il n'est pas impressionné, mais tombe sous le charme d'une belle anglaise, Susan, aperçue dans un grand hôtel. Seulement voilà, Susan est voleuse et notre Léon va tenter de l'impressionner en devenant Garou Garou, un voleur audacieux que personne n'attrape...

Sur des dialogues adorables de Michel Audiard, voici une belle fable ou l'amour fait faire des bêtises au plus inoffensif des humains. Bourvil est parfait en petit employé martyrisé par ses supérieurs et son beau-frère, mais qui ne se plaint jamais de son sort. Ce n'est qu'à cause de la belle Joan Greennwood qu'il commet des larcins qu'il compte bien corriger lorsque sa douce aura changée de vie. Son pouvoir soudain n'est jamais expliqué et il donne lieu à bien des rigolades, à commencer par le médecin qui l'examine ou le directeur de prison qui doit constamment aller le chercher en dehors de ses murs ! Les effets spéciaux sont corrects et l'ensemble des acteurs est parfait pour cette comédie légère qui soutire le rire et le sourire. Savoureux. Mario Giguère

La GOULVE - Mario Mercier/Bepi Fontana avec Hervé Henricks, Anne Varese, Marie-Ange Saint Clair, 1972, France, 100m

Pendant des années, j'ai cherché ce film, devenu un véritable Graal. Il n'avait jamais été édité en vidéo, ni en France, ni ailleurs. Étant fan de l'œuvre romanesque de Mario Mercier (4 livres absolument délirants, qui ne ressemblent à rien d'autre) et ayant apprécié son film La Papesse (sorti en DVD sous le titre A Woman Possessed), je supposais que je ne verrais jamais La Goulve, et pour cause : produit par l'homme d'affaires Bepi Fontana, le film a été remonté " dans le dos " de Mercier, qui le renie complètement et ne veut pas en entendre parler. Fontana y a notamment ajouté des scènes érotiques. Le producteur s'étant reconverti dans une agence de rencontres sur le web, il se soucie peu de cette " œuvre de jeunesse " et il y avait peu de chances pour que ce mythe voie le jour en VHS...

Mais un petit futé a profité de la projection du film à la Cinémathèque de Toulouse pour le transférer sur VHS et voilà comment oncle Vernon est entré en possession du dit film..

Bien... Maintenant, et le film, lui ? C'est une découverte bizarre et intéressante. " Le premier film de witch-cinema " proclamait l'affiche, à l'époque. Et pour cause : à l'époque du tournage, Mercier s'intéressait beaucoup à l'occultisme, et il s'agit plus d'un film " occulte " que d'un " fantastique ", dans la mesure où l'occulte est considéré comme vrai, et non pas une simple élucubration de l'imaginaire.

L'argument de base est simple : Raymond, élevé par un vieux sorcier, tombe amoureux d'une femme volage. Pour s'attirer ses faveurs, il prie la " Goulve ", sorte d'entité qui peut devenir maléfique si on lui demande trop de services... et c'est ce qui arrive. Raymond est possédé par La Goulve et, comme une tache d'encre, sème la destruction autour de lui.

La première partie est plutôt lente et classique, la seconde, hallucinée, non-linéaire, à la limite du non-narratif, très surréaliste et de plus en plus bizarre. Les 15-20 dernières minutes sont en fait excellentes (particulièrement une scène onirique tellement réussie qu'on se dit qu'il aurait fallu que le film au complet ait été fait dans ce style-là), et tout à fait représentatives de ce qu'aurait pu être un vrai " witch-cinema " si le courant avait eu l'occasion d'exister par-delà deux films (La Goulve et La Papesse).

La fin totalement ésotérique laisse un peu pantois et on imagine dans quelles conditions curieuses l'œuvre fut tournée. Desservi par un budget calamiteux (plus qu'évident) et par une interprétation parfois bancale du principal comédien masculin, La Goulve demeure une curiosité, plus aisément compréhensible par qui a fréquenté l'œuvre littéraire de Mario Mercier... et qui donne à regretter, tout comme La Papesse, que le cinéaste-écrivain n'ait pas eu l'occasion de tourner d'autres films. Howard Vernon

Le jeune Raymond, désoeuvré, choisit de se faire élever par le sorcier de son village. Arrivé à l'âge adulte, son tuteur décédé, il a de la difficulté à trouver de la compagnie féminine. Pas grave, il fait appel à la Goulve, une entité féminine qui l'aide dans ses projets. Lorsqu'il s'entiche de sa cousine, ça devient plus compliqué et elle se retrouve en cage. Raymond devient l'incarnation physique ou métaphysique de la Goulve, qui séduit et possède la gent féminine.

Film à petit budget bâti autour d'un acteur au jeu approximatif et très théâtral, farci de quelques moments érotiques somme toute timides. D'aucuns y verront une transposition intéressante d'un monde occulte pendant que certains n'y verront qu'un cas de schizophrénie non déclaré. Le rythme est très lent, mais on retient la dernière partie, presque sans dialogues, qui a une certaine audace dans la mise en image d'un monde paranormal aux codes ésotériques. Un film obscur à plus d'un titre, difficile à voir par sa rareté, et dans une copie de film en piteux état. Essai non concluant, mais qui annonce le deuxième et dernier film de Mercier: la Papesse. Mario Giguère

le GRAND PARDON 2 - Alexandre Arcady, 1992, France

Basé en grande partie sur l'intrigue de SCARFACE, ce film d'Alexandre Arcady se démarque des films de gangsters de la même époque seulement par ses acteurs européens et le traitement visuel ambitieux.  Truffé de mélancolie et d'accents à couper au couteau (la version anglaise étant particulièrement pénible à écouter), on a droit à Roger Hanin en homme de principes qui agace dès les premières minutes. Bref une expérience intéressante si l'on a du temps à perdre à autopsier les reliques de la vague de gangstérisme des années '80...  Le seul bon point, c'est Walken, qui nous ressert son éternel rôle de gangster attachant mais traître.  Cliché... Orloff

La GRANDE TROUILLE aka Tender DRACULA - Pierre Grunstein, 1974

Ca faisait des années que je voulais voir ce film qui, parait-il, est un des plus grands navets de tous les temps et affiche Alida Valli, Miou Miou, Bernard Menez et Peter Cushing!!

Ben finalement, ça passe pas plus mal qu'autre chose ce navet du chef!!

Deux scénaristes (dont Bernard Menez) sont invités dans un château habité par un vampire (Peter Cushing!??), afin de créer une trame pour une série télé. Ils sont accompagnés par deux filles (Alida Valli et Miou Miou) qui ne sont là que pour se foutre à poil.

On atteint ici un stade assez ultime dans le kitsch, et on regrette carrément qu'on ne les voie pas encore plus à poil les fameuses nanas, tant il est vrai, que c'est l'intérêt principal du film!!

Beaucoup de gens se demandent pourquoi Miou Miou s'est retrouvé la-dedans après le succès des Valseuses, mais bon... On ne sait pas, c'est peut-être un pote le réalisateur!

Une curiosité, sans plus... Franfran

Peter Cushing est McGregor, un sombre acteur n'ayant tourné que dans des séries d'épouvante pour la télévision. Las, il souhaite performer dans le romantisme, le poétisme... Son producteur en est désespéré. Il envoie alors deux scénaristes sur le point de se faire virer chez McGregor (Bernard Menez et Stéphane Shandor), ainsi que deux jeunes filles (Miou Miou et Nathalie Courval), dans l'espoir de le faire changer d'avis. Les quatre personnages débarquent dans le château de McGregor et y découvrent un vampire blasé, sa femme Germaine et le serviteur niais et muet.

Si on n'est pas trop regardant sur la qualité du scénar décousu et de la photographie, on peut vraiment s'amuser comme un fou devant ce film dans lequel comédie musicale (Miou Miou et Courval pousse la chansonnette nue - le meilleur moment du film), érotisme gentillet (les deux filles souvent dévêtues, la méga partouze finale) et horreur gore (hache plantés dans le dos, Miou Miou coupée en deux, orteil tranché) se mêlent au ton léger de la comédie française un poil paillarde. Peter Cushing se prête au jeu, visiblement ravis de prendre sa carrière à contre-pied. Il est évident que ce n'est pas un grand film, mais une petite curiosité plutôt sympathique et décousue. Kerozene

la GUERRE DU PÉTROLE aka Strategia per una missione di morte - Luigi Baztella aka Ivan Kathansky, 1978, France/Italie

On sait tous que Yvan Kathansky est le meilleur. Et ceux qui ne le savent pas, je me demande bien d'où vous sortez...  Peut-on dire qu'il récidive avec LA GUERRE ? Toujours est-il que ce film tout en finesse et en humour - incroyable le nombre de répliques connes qui peuvent se retrouver dans un seul scénario ! - charme dès les premières minutes quiconque le regardant.  L'attachant Bruce Benson entre en scène avec sa moustache et sa chemise ouverte et dès lors c'est l'euphorie totale, et ça ne démord pas jusqu'à la fin. Le récit tourne autour d'un puit de pétrole sur une île Arabe (est-ce seulement possible ?) qui est exploité par un bédouin tout à fait charismatique. Ce dernier refuse de maintenir ses bas prix en raison de... La guerre du pétrole, et les américains se fâchent et envoient leur as Benson régler tout ça à grands coups de dynamite.  Dès lors on a droit au sublime cul de Lorna, que Kathansky filme en gros plan à de nombreuses reprises, à un feu roulant de blagues idiotes et à des scènes incroyables : Lorna qui se jette dans la Seine, à Paris, sans aucune raison; Jean-Marie Lemaire (il est étonnant par sa seule présence, tout habillé de blanc); des fusillades où tout le monde meurt de blessures par balles imaginaires, etc etc.  La fin vous fera pleurer, je le garantis, et jamais vous ne regretterez l'investissement que vous aurez engagé dans ce film... Si jamais vous le trouvez. Et comme disait le poète, "c'est avec ce film que l'on devient un assidu de Kathansky". Orloff

Selon le livre de Christophe Bier sur Eurociné, il est bien écrit 1978, France, pour LA GUERRE DU PÉTROLE, réalisé par Marius Lesoeur. Il s'agit cependant d'une version Eurocinée et bidouillée - cela va de soi  -de Strategia per une missione di morte, complété par des séquences tournées à Paris par Eurociné (Harrison plus vieux que dans le reste du film). Cette version a été distribuée en Italie. Le film d'origine serait donc italien, et le produit final français, avec en prime des stock-shots du JARDIN DU DIABLE... Quel nanar  ! Madame Atomos

 

HAINE aka Le Crédo de la Violence aka Hate aka Killer Truck - Dominique Goult, 1980, France, 1h30

Klaus Kinski, en motard sympathique revêtu de cuir synthétique blanc, arrive dans un petit village et veut faire le plein. Mais les réservoirs à essence sont vides. Il se rend dans une petite auberge campagnarde où tout le monde le dévisage. Le lendemain, les ennuis commencent. Des français mal rasés et mal embouchés l'insultent et vont même jusqu'à le renverser dans le Fossé. Il trouble l'ordre public lors d'un enterrement. Il tombe en amour avec une fille que l'on surnomme "la Salope" dans le village. Mais comme elle, il n'est apprécié de personne et ses ennuis ne font que commencer.

Vous aurez compris que ce film n'est pas vraiment pourvu de structure et qu'on se questionne jusqu'à la fin. Mais même cette dernière ne nous amène aucune réponse. La copie, tirée d'une vieille bobine 16 MM tout à fait usée, est effroyable. Ça ajoute au charme pour certains mais moi, ça m'agace. Le réalisateur se contente de travellings sommaires en automobile, et son découpage technique est par moments fort discutable. La musique, si mes souvenirs sont exacts, ne rachète même pas la médiocrité du récit. Si ça se trouve, elle se veut dramatique mais ne parvient qu'à tomber dans le pathétique. Si vous êtes un fan de Kinski, seul point fort du film, vous parviendrez à passer au travers, mais sinon vous êtes foutus dès le départ. À noter, le film a été tourné en français et l'accent de notre allemand dément favori est à croquer. Un OVNI, ça c'est sûr. Orloff

HAUTE TENSION - Alexandre Aja, 2003, France

Alors qu'un mystérieux personnage se fait astiquer le robinet à l'aide d'une tête de jeune fille fraîchement décapitée, deux amies se rendent chez les parents d'une d'elles en pleine campagne dans le but de mieux s'isoler pour étudier. Mais le gros pervers du début surgit durant la nuit et se met calmement à massacrer tout le monde.

Ainsi débute HAUTE TENSION, le film certainement le plus osé et le plus brutal sorti des studios Europa Corp., à savoir la boîte de Luc Besson. Ayant été financé par un peu du pognon engrangé par des films comme TAXI et CONSORT, on peut se dire qu'après tout, ils font bien d'exister. Car HAUTE TENSION est un film vachement burné, un bout de pelloche méchamment gore qui ne caresse pas son spectateur dans le sens du poil, une sorte d'ovni morbide dans le monde du cinéma français marchant directement sur les traces encore fraîches et peu profondes de films comme SOMBRE ou IRREVERSIBLE, car bien que très différent de ces deux films, il va clairement dans leur direction. Comme quoi, il y a de l'espoir pour le cinéma de genre français. Kerozene

Deux jeunes femmes prennent une petite vacance en se retirant du monde urbain pour aller chez les parents de l'une d'elle, enfouis dans un chalet au milieu de nul part où les champs de blé sont à perte de vue. Aaaaaaaahhhh, la nature. Elles arrivent et la nuit est tombée, c'est déjà l'heure du dodo, les retrouvailles se font calmement, les paupières voulant se fermer d'elles-mêmes...  Bonne nuit. Quelques instants plus tard, la sonnette retentie... de façon acharnée. Le papa va répondre: c'est un homme menaçant (Philippe Nahon donnant froid dans le dos) qui, dès son arrivée, nous plonge en plein cauchemar féroce, brutal, immonde et difficile à supporter.

Restons-en là, vous pourrez découvrir vous-même ce que l'homme en question accompli avec tout ce beau monde ou plutôt ce qui va leur faire subir...  Le public visionnant le film ne sera pas épargné non plus.

PUTAIN !!! Il y a belle lurette que je voulais le voir ce petit film sorti de France et disons que j'ai reçu une claque sur la gueule ! Et pas une gentille ! Je croyais me retrouver avec un film retournant aux excès d'exploitation des années 70 qu'on aime tous, mais tout en demeurant un film bien graissé restant léger dans son propos et ses hommages. Grossière erreur ! On tape fort, brutalement et ça fait mal. Les meurtres ne sont pas rapidement expédiés aux oubliettes après un punch gore, mais demeure plutôt monstrueusement humain avec un esprit malsain s'en dégageant. Ça fout la frousse et on ne peut en croire nos yeux d'autant plus que tout est magnifiquement photographié, baignant dans une froideur et un look " gritty " nous renvoyant à nos bons vieux films fétiches. La musique n'est jamais pompeuse ou glorifiante, préférant plutôt approfondir le climat glauque et horrible du récit.

Aja réussi son pari et injecte à son oeuvre un sentiment morbide qui ne lâche pas une seconde. Nahon y est impeccable de perversité, Cécile De France (notre héroïne) tout aussi géniale dans un autre ordre d'idée et on se retrouve même avec des effets spéciaux d'une dégueulasserie écoueurante, gracieuseté de ce bon vieux Giannetto De Rossi (ZOMBIE, THE BEYOND, etc) !

N'allez pas croire que le film est un huis-clos vu mon résumé, mais je préférais ne pas divulguer les détails suivant la boucherie, des surprises risquant d'être gâchées. Aja est définitivement à surveiller, ceci n'est pas un CABIN FEVER humoristique, mais " the real deal ".

On a sérieusement envie de prendre une douche après le visionnement. J'ignore si le film est aussi efficace sur le petit écran, mais sur un écran géant, je vais m'en souvenir longtemps ! Et PAF en pleine gueule ! Dire que Lions Gate veut le sortir sans aucune coupure, le mettant nez à nez avec un NC-17 tant apeuré des gros studios. Ça va frapper dur, ils n'ont pas choisi le film le plus gentil de tous... À voir !... pour chier dans ses culottes et ne pas s'en apercevoir vu l'état de choc ! Bad Feeble

Il serait faux de dire que HAUTE TENSION n'est qu'un petit film d'horreur sans consistance, car il faut être solide pour tenir sur son siège durant cette balade. Les images de champs de blé a proximités créent à eux seul un effet claustrophobique hors pair. La silhouette du psychopathe (rappelant évidemment Jason et Meyers) vêtu de jaune et armée d'un couteau de boucher fait le reste. Car disons-le, la trame du film est d'une simplicité désarmante (surtout a une époque ou Hollywood n'a de yeux que pour les scénarios longuement élaborés). Et pourtant ça marche en grand... Si les acteurs sont tous très bons, Cécile de France réussit parfaitement le pari de nuancer et de donner une chaire peu commune a un personnage de " slashers ". La scène dans les toilettes de la station service m'a permis de me ronger les ongles en taaaaaaaaa... Wow... Ca me rappelait une très belle scène du film MANIAC, mais la, je m'égare.

Seul point faible : le punch final. Si Aja tourne sa fin de façon impeccable, j'avoue avoir sourciller devant ce qui semble devenir l'éternel cliché des films d'épouvante en apprenant cette fameuse révélation que certains d'entre vous savez. Je me suis dis... ENCORE CA !!!!!!!! Si vous avez vu plusieurs films d'horreur des cinq dernières années, vous reconnaîtrez la tendance. Je trouve aussi que cette... SURPRISE FINALE... déstabilise le reste de l'intrigue et rend pleins d'autres passages du film dénués de toute logique et de vraisemblance. Pourquoi fallait-il en mettre plus ?? L'histoire fonctionnait merveilleusement... Cette fin m'a d'autant plus laissé perplexe qu'il s'agit d'un film français, et qu'en général (Pitof et est l'une des exceptions), le cinéma français aspire à plus qu'a remâcher les éléments sensationnels et éprouvés du cinéma américain.

Cela dit, HAUTE TENSION demeure un très bon film. Je ne veux pas me faire l'avocat du diable, car j'ai vraiment aimé le film. Durant près de 85, on a des sueurs froides, et on trouve les péripéties de plus en plus affreuses, a mesure que le film avance. Si vous aimez avoir la frousse, vous serez servi sur un plateau d'argent. Essayez de le voir en salle, l'effroi passera doublement. Il reste à surveiller les prochains nourrissons de Aja. Un HAUTE TENSION 2 peut-être... ???

Autre chose, si le site de FANTASIA, et IMDB indiquent que le film dure 85 minutes, c'est inexact. Je crois que la version complète dure 87 minutes. Le plus rigolo, c'est que les sites européens qui vendent la version UN-CUT écrivent aussi que la durée est 85 minutes. Bref, si tu n'as pas le temps de naviguer durant 3 heures ou de demander à un copain pouvant te prévenir de ne pas prendre le DVD se trouvant dans l'affreuse pochette VERTE AVEC LE VISAGE DE CÉCILE TERRIFIÉE, il devient facile de tomber dans le panneau. Ne vous faites pas avoir avec le DVD GREEN GOBLIN. Hitchcock 79

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JEAN-PAUL BELMONDO

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