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mise à jour le 30 août 2010

ÉCORCHES VIFS aka SKIN THEM ALIVE aka SCORTICATELI VIVI - Mario Siciliano, avec Bryan Rostron, Charles Borromel, Karin Well, Giuseppe Castellano, 1978, Italie

En Italie, le blondinet Rudy (Bryan Rostron) est poursuivi des assiduités de quelques créanciers en DS. Pour emprunter de quoi réfréner leurs ardeurs, il essaie de surprendre sa blondinette au saut du lit. Fichtre, elle faisait semblant de dormir, et, comble de déveine, même en rassemblant les grosses coupures rangées dans le tiroir de la table de nuit, elle ne dispose hélas pas du million de dollars espéré - je promets qu'il s'agit de la somme énoncée par le doublage français de ma copie. Le blondinet qui sait encore jouer un air de flûte lui resquille tout de même quelques picaillons. Il peut alors s'envoler pour l'Afrique Noire y rejoindre son lointain demi-frère Franz (Charles Borromel), une brute menant des mercenaires contre les rebelles locaux. Ca a l'air de chauffer sévère dans cette brousse où la poignée d'affreux s'adonne gaiement aux mises à sacs des villages autochtones, craignant quand même, attention, que le nouveau gouvernement d'insurrection ne leur cherche à leur tour des noises. Passées les effusions familiales de circonstances (" ta mère était une pute ", " et toi ton père un taulard "), le blondinet explique son plan terrestre numéro 9 pour s'arracher de son pétrin perso : soit Franz lui organise un repli aux Etats-Unis grâce à son présumé réseau international de voyous, soit il le dépanne carrément de trois diamants pour régler les factures. Evidemment, c'est de bon coeur que le demi-frère l'envoie directement se faire voir chez les Grecs, et voilà notre blondinet sommé de débarrasser le plancher des dromadaires. Mais c'est sans compter sur l'actualité nerveuse du bled.

Obscur tâcheron, Mario Siciliano a surtout tâté de la cuisse, un peu du sombrero, quelquefois du feutre mou... et finalement pas mal du béret rouge. Ainsi, pas vraiment tombé de la dernière mousson, il remplit loyalement le cahier des charges de son film de salopards en pillages, grenadages, interrogatoires, viols et autres exécutions dans une ambiance simili-exotique sur fond de stocks shots animaliers et paysagers. Il retrouve pour l'occasion Stelvio Cipriani affûtant ses guitares qui frottent ou qui miaulent en fonction de la température, et qui bataillent dur son italo-funk entêtant contre les bruitages de perroquets et de babouins. Et - clin d'œil à l'habituel compère ? - un plan montre même dans le bouge du campement l'un des mercenaires armé de ce qui ressemble à une gibson 335.

Les principaux gaillards se sont-ils déplacés jusqu'à transpirer pour de vrai dans la savane ? La question m'a tracassé en suivant les pistes délibérément brouillées de la cambrousse. Certes, les sites visités n'évoquent pas franchement Platoon et l'écorce blanche des bouleaux jure souvent sur le vert des feuilles d'acacias. Bon, je tiens le pari que ceux qui ont vraiment tourné en décors naturels pour ce film-là n'ont pas dû pousser plus loin que la campagne européenne. Quoi qu'il en soit, on comprend vite que le dépaysement n'émeut guère la galerie de sales gueules de pourris durs à cuire de la famille des pas-un-pour-racheter-l'autre. Les filmographies respectives confirment le soupçon qu'ils sont rompus au maniement de la mitraillette en plastique, mais aussi du beretta à amorces, de la fronde ou du glaive en aluminium. Et à la philosophie, aussi : " tu n'as pas peur de la mort, toi ? je crois qu'on l'a trop défiée dernièrement ". Ils savent même nous tirer des larmes d'émotion, merci l'écho poussé à pleins tubes sur les dialogues des flash-back de leurs vies civiles toutes tristes et injustes.

Les grimaces sous les bérets (mention spéciale du jury pour Charles Borromel) apportent du crédit aux scènes-chocs pas riches en effets spéciaux. Comme le démontrait Umberto Lenzi dans sa " guerre des gangs ", comment torturer efficacement avec moins de vingt lires en banque : on déballe la gégène. Bien entendu, l'exploitation visible par la mise en scène des moyens limités apporte peu le souffle épique qui est tellement censé coller aux ballades en treillis dans les grands espaces poussiéreux. Mais dans le fond peu importe si on ne s'attarde pas davantage à contempler le paysage, tant pis on ne croisera pas Laurence d'Arabie en traversant un reg brûlant, trop cher pour le casting. De fait, on ne s'attarde pas ici à compter les mouches qui tournent autour des chameaux, on avance à grands coups de machette dans les pots de fleurs et les raccords grossiers n'empêchent pas le scénario d'agiter cordialement sa troupe de chacals en une bonne fête de la crapulerie. Avec son pseudo trop beau pour être honnête, m'est somme toute de plus en plus sympathique, le Mario Siciliano. Bigeyes

ÉQUIPE SPÉCIALE aka LA POLIZIA È SCONFITTA aka STUNT SQUAD - Domenico Paolella, Italie, 1977

A Bologne, l'inspecteur Griffi, flic dur à cuir, est bien décidé à en finir avec Valli et sa bande racketteurs, qui n'hésitent pas à plastiquer les commerces qui leur résistent. Il crée pour cela une "équipe spéciale", composée de policiers surentraînés triés sur le volet...

Pas très original comme trame pour un "poliziesco", me direz-vous. Certes non ! Réalisé par Domenico Paolella, "bisseux" spécialiste (dans les années soixante) des films de corsaires, EQUIPE SPÉCIALE offre son lot d'explosions, de bastons et de poursuites automobiles ou motocyclistes. Le flic (Marcel Bozzuffi) et le truand (Vittorio Mezzogiorno) sont extrêmement caricaturaux et montrent fort peu d'humanité. L'allure de Mezzogiorno, ses yeux de serpent et son visage en lame de couteau, ne s'oublient pas aisément, de même que l'anorak blanc qu'il porte tout au long du film à même la peau, grand ouvert sur son respectable paillasson pectoral ! Quant à Nello Pazzafini, il promène son imposante carcasse comme dans de très nombreuses productions de l'époque. Le monteur n'a pas fait très bon usage de la partition electro-funk de Stelvio Cipriani. Ses spirales mélancoliques arrivent souvent à contretemps. Dans ce genre de produit "bronsonien", le méchant doit forcément mal finir. Ca ne rate pas : Griffi le truand périra, lynché par des "citoyens ordinaires" surgis d'on ne sait où. Une issue peu crédible qui ressemble fort à un appel au "vigilantisme". Le film, très divertissant jusqu'alors, se termine donc sur une note fort antipathique... Stelvio

L'ESCORTE aka LA SCORTA - Ricky Tognazzi avec Claudio Amendola, Enrico Lo Verso, Carlo Cecchi, Ricky Memphis, et la musique d'Ennio Morricone, 1993, Italie, 1h30

Ce film rebute probablement les allergiques aux histoires de juges embarqués dans des embrouilles avec la mafia, les élus locaux, l'Etat, la corruption, et... les marchés publics de fourniture d'eau potable. Les chanceux dotés d'un bagage minimum, même de cinéma, sur l'histoire de l'Italie contemporaine, nageront à l'aise là-dedans. Comme des poissons dans les eaux - troubles - siciliennes. Le film confirme que la mafia ne se contente pas d'envoyer, par la poste, des mini-cercueils en contreplaqué peint aux juges qui la dérangent, avec leurs moustaches et leurs dossiers rangés dans des attachés-cases. Alors comme nous nous attachons de bon coeur - mais hélas de trop près - aux pas d'une équipe de 4 policiers désignés comme gardes du corps d'un Niki Lauda de la magistrature, nous nous préparons à chauffer contre le mur. Et la tension monte. La paranoïa aussi. La hiérarchie la joue règlement-règlement. Les noms des copains s'effacent de l'annuaire. Les collègues crachent dans la cafetière. Les épouses essayent en cachette des robes de veuves. Les pizzas noircissent. Les enfants qui continuent à rigoler sans rien capter finiront plus tard chez le psy. Par moment, des exercices de tir, quelques sorties en fiat avec le gyrophare ou la bande-son donnent les allures de vieux poliziotteschi. Mais le film, globalement, est loin d'autant de déchaînements : certains diront que sa sobriété sert le réalisme et le sérieux voulu du propos, d'autres que sa sagesse colle parfaitement à Tognazzi qui ne tourne que du bon téléfilm.

Avec quelques prix dans les festivals, l'Escorte trouve une modeste place auprès des récents Arrivederci amore ciao, ou Romanzo criminale. Au final subsistera une énigme : Ricky Memphis est-il un cowboy ? un chanteur de rockabilly ? Avec un nom pareil, en a-t-il bavé à l'école ? Bigeyes

 

EVA LA VIERGE SAUVAGE aka Eva, la Venere Selvaggia aka Eve, the Wild Woman aka King of Kong Island aka Kong Island - Roberto Mauri avec Brad Harris, Esmeralda Barros, 1968, Italie, 1h32

Burt, un mercenaire noueux (Brad Harris) se fait tirer dans le dos par un supposé collègue à l'issue d'un vol à main armée à Nairobi, en Afrique. Il ne meurt pas et, trois ans plus tard, est de retour pour se venger. Il fait un bref séjour chez un couple d'amis, dont la fille Diana a mûri et est devenue une jolie brunette en mini-jupe. Lors d'un safari auquel il ne participe pas, quelques jours plus tard, Diana est enlevée par des gorilles, sous les yeux de son frère (parce qu'elle en a un) ! Un scientifique fou, précisément le mec qui a trahi Burt, a conditionné les gorilles à lui obéir, et se sert de cet enlèvement autant pour avoir sous la main les beaux yeux de Diana que pour attirer son mercenaire amer au coeur de la jungle. Burt tombera-t-il dans le piège ?

Voici une fort abracadabrante production italienne, qui mélange plusieurs éléments habituellement compartimentés pour en faire un film à la limite du non-sens. Le récit est certes fort maîtrisé, mais ne manque pas de temps morts, ni d'absurde concentré ! On sent parfois le remplissage, lors d'une scène de chirurgie primate, par exemple, où chaque geste du savant fou est répété jusqu'à l'écoeurement.

On a donc droit, en vrac, à une vengeance de mercenaire; à un safari sauvage, avec stock-shots divers d'animaux de la jungle; à des gorilles contrôlés par ordinateur (en '68 !!); à une pseudo-romance impossible entre une fille de la jungle, muette et sans vêtements, et Burt le mercenaire, qui préfère sans doute les messieurs... J'oublie sans doute des sous-intrigues diverses de trahisons et de petites histoires d'accouplement sous le soleil africain...

La musique de Roberto Pregadio est mélodieuse, elle coule bien et sied parfaitement aux costumes yé-yé de ces demoiselles, particulièrement lors d'une scène de "nightclub" ahurissante où notre héros Brad Harris, originaire de l'Idaho, qui a joué les gros bras dans bon nombre de productions européennes des années '60 et '70, se trémousse d'une façon qui laisse croire que ses muscles prennent trop de place sur son corps et réduisent sa "mobilité" !! Ô surprise, le bellâtre est aussi apparu dans GIRL IN ROOM 2A en '73, et dans le désormais classique THE BEAST IN HEAT, de Batzella, en '77.

Les demoiselles du récit ne manquent pas de mordant elles non plus ! Esmeralda Barros, une brésilienne, la Èva du titre, se ballade seins nus, cheveux stratégiquement placés devant les mamelons, et sourit niaisement sans jamais dire un mot. Elle est surprise que notre Burt ne la prenne pas sauvagement, mais après tout elle est supposée être vierge, et le bracelet de cuir que porte le gym queen devrait lui mettre la puce à l'oreille... Elle est aussi apparue dans EVEN DJANGO HAS HIS PRICE en '71 et dans, coïncidence, THE DEVIL'S WEDDING NIGHT, en '73, aussi de Batzella !

Adriana Alben, brunette à la poitrine impressionnante, qui est ici belle-mère de la jolie Diana et l'ex-maîtresse de Burt, sait mettre ses charmes en valeur et se ballade en sous-vêtements sans que personne ne lui en fasse la remarque. Sa carrière est malheureusement bien mince et elle n'est apparue que dans une poignée de films au cours des années, dont le ZENABEL de Deodato en '69. Ursula Davis, qui interprète Diana, est quant à elle apparue dans quelques péplums dont SPARTACUS AND THE TEN GLADIATORS, en '64, avant de malheureusement disparaître dans l'oubli - elle était pourtant bien mignonne.

Roberto Mauri, réalisateur de péplums dans les années '60, qui s'est ensuite lancé à l'exemple de nombre de ses camarades de genre dans le western, filme comme il peut cette histoire un peu bancale, sans grande conviction, mais c'est l'intention qui compte ! Si on considère que la finale déstabilisante d'hilarité comporte deux fois plus de retournements de situation que le film en entier, que les gorilles mis en "vedette" tout au long du film sont d'affreux costumes renfermant des acteurs anonymes et probablement souriant de toutes leurs dents, et qu'un certain racisme imprègne l'ensemble, racisme qui semble coutumier aux italiens à cette époque, on a devant nous un visionnement épique qui arrachera quelques rires aux gens qui auront résisté au sommeil. Si on ajoute un simili message écologique de préservation de la faune sauvage, on obtient donc une production atypique et digne de mention, que l'on déguste à petites doses sans s'attendre à une révélation.

Phrases cultes du film : 

-Diana à son frère, en route vers le safari : "L'important, c'est de faire des choses défendues !"

-Un des guides noirs dans la jeep, s'adressant à ses employeurs : "Ici, y'a bon la chasse !" Orloff

Même après un visionnement, ô combien attentif , 92m durant, je me demande encore où est le "Kong" du titre et qui est cette fameuse "île" qui l'accompagne ?... et comme je ne prendrais certes pas le même plaisir à le revisionner (AAAarrrrgghhh) je ferais donc l'impasse sur l'explication de ce titre (à moins qu'une bonne âme du club puisse nous l'expliquer)... Par contre le "aka" est ici beaucoup plus parlant :

Eva est une belle sauvageonne ayant élue domicile dans la jungle africaine, qui va croiser, par un heureux hasard, un beau, courageux et fort baroudeur (magnifiquement campé par Brad Harris, cela va sans dire) lui-même à la recherche d'une amie Diana, disparue depuis peu dans les environs (environs matérialisés ici par quelques touffes d'herbes et par 2 ou 3 arbrisseaux !!).

Ce que Burt et Eva ne savent pas encore, c'est que Diana à été kidnappée par une armée de singe en furie contrôlée à distance par un savant fou, par le biais d'implants électroniques cervicaux !

Ce méchant savant tout fou s'avère être de plus, un ancien ennemi de Burt !! Ça alors pour un rebondissement !!!

Mixant allègrement, le film de jungle, le film d'aventure, de gros bras et le film fantastique Roberto Mauri ne recule ici devant rien. Ce nanar, à l'intrigue décousue, est parsemé de scènes passablement ridicules, affublées d'images granuleuses et laides et ponctués de stock-shots d'animaux sauvages sur fond de musique d'easy listening très décalé à se taper la tête contre sa télécommande. Les actrices à défaut de savoir jouer sont jolies et les costumes de singes sont ici fort réjouissant, mais à des années lumières du savoir-faire de Rick Baker...

On l'aura compris... ce KONG ISLAND fleure à plein nez le bis et reste réserver aux amateurs de vrai nanar avant tout. Marc Evil

L'EXÉCUTEUR aka GLI ESECUTORI aka Street people aka THE MAN FROM THE ORGANISATION - Maurizio Lucidi avec Roger Moore, Stacy Keach. 1976, Italie

Un ponte de la mafia, Salvatore Francesco, a décidé d'offrir aux immigrés siciliens de San Francisco une immense croix provenant d'une église de Sicile et devant servir de cachette à la drogue qu'il veut importer aux Etats-Unis. Mais à l'arrivée au port, la croix est retrouvée vidée de son contenu...

Un drôle de film bâtard. "Poliziesco" tourné principalement à San Francisco, L'EXÉCUTEUR est plombé par une impardonnable erreur de casting. Qui peut croire une seconde que Roger Moore, alors entre deux James Bond, soit Luigi, Sicilien d'origine et neveu d'un ponte de la mafia italo-américaine ?! Même si Stacy Keach se montre excellent dans le rôle d'une tête brûlée, il est difficile de s'intéresser à cette histoire un peu confuse et sans vrais temps forts (à part un joli numéro de stock-cars dans les rues en pente de San Francisco). Quant à la "chute" conclusive, elle est d'un tartignolle... Stelvio

EXORCISME TRAGIQUE aka Un Bianco vestito per mariale aka Spirits of Death - Romano Scavolini avec Ida Galli, Ivan Rassimov, Luigi Pistilli, Pilar Velázquez, 1972, Italie

Dans une jolie campagne, une femme et son amant, pris en flagrant délit, sont tués par le mari sous les yeux de sa jeune fille. Trente ans plus tard, Marialè a invité de vielles connaissances qui arrivent au château. On leur refuse d'abord l'entrée, puis tout ce beau monde se réunit. Après une visite du château ou l'on découvre des caves pleines de mannequins, tout le monde se déguise et se maquille pour faire la fête. Une fête qui tourne presque à l'orgie. Les meurtres vont commencer...

Il est des plaisirs qui ne se savourent qu'avec une certaine expérience. Le plaisir de voir au générique Ida Galli aka Evelyne Stewart, suivie d'Ivan Rassimov et Luigi Pistilli, m'apportent le sourire de retrouver des comédiens qui m'ont toujours régalé. Ajoutez une musique de Fiorenzo Carpi dirigée par Bruno Nicolai et toutes ces voix françaises qui ont traduit tant de classiques et je pars du bon pied. Après une demi-heure, on ne comprend toujours rien, ce qui est parfois également plaisant, de ne pas deviner tout dès les premières minutes, comme il arrive trop souvent. On ne devinera presque ce qui se passe que dans les dernières minutes, quel est le lien avec le titre et l'on sera surpris du dénouement final. Moi qui croyais voir une autre copie faible de l'exorciste, je me retrouve donc avec un giallo prenant et mystérieux, avec des acteurs chevronnés, une réalisation dynamique, bref, un plaisir inattendu et très apprécié. Un giallo à découvrir. Mario Giguère

Un château isolé, des invités pour un week-end, des meurtres sanglants, voilà ce que nous propose cet étonnant petit film précurseur de bien de giallo des années plus tard... Quand on rajoute à ce tableau un huit clos stressant et des scènes érotiques et gores (pour l'époque cela va de soi), on comprendra aisément que Scavolini réussit son pari :

Les années 40. Mariale, à huit ans, assiste à une scène épouvantable : son père assassine par balle sa mère et l'amant de celle-ci avant de se donner la mort. Quelques années plus tard : Mariale a épousé Paolo, un noble, et vit avec lui et son majordome dans une grande demeure. Mais la jeune femme ne supporte plus cette vie de recluse. Elle décide d'organiser un grand dîner auquel leurs anciens amis sont conviés. Par une étrange mise en scène costumée, Mariale semble vouloir reconstituer la nuit du meurtre de sa mère, en utilisant ses six hôtes comme cobayes. Bientôt, des meurtres atroces et sanglants sont commis semant le trouble parmi les convives. Comme dans les romans d'Agatha Christie les survivants vont commencer à se suspecter mutuellement.

A découvrir, pour tous les fans de Bava et d'Argento, paroles de Marc Evil. Marc Evil

La FILLE DE TRIESTE aka The Girl From Trieste aka La Ragazza di Trieste - Pasquale Festa Campanile, 1983, Italie, 1h53

Dino Romani (Ben Gazarra) dessine au bord de la plage lorsqu'un certain remue-ménage le tire de ses rêveries : une femme (Ornella Muti) est en train de se noyer et de braves sauveteurs improvisés la ramènent sur la rive. Elle survivra, moins amochée que prévu, et tombera dans l'oeil de Dino. Paraît que c'est réciproque puisque celle-ci le suit jusque chez lui, et en profite pour se foutre à poil une fois qu'il lui offre à boire. Ça sera le début d'une belle relation teintée de schizophrénie, de crises de panique et d'une certaine nymphomanie, Muti étant en fait un drôle d'animal dont la caboche renferme de drôles d'insectes.

Curiosité cinématographique oscillant entre érotisme et mélodrame pur et simple, LA FILLE DE TRIESTE fut adapté par Campanile d'un de ses propres romans. Nous sommes en droit de questionner l'intérêt - ou le but - d'une telle histoire, car il se passe une bonne heure avant que quelque chose de significatif se produise, et les conséquences sont ensuite plus que futiles. Toutefois, le visionnement en vaut la chandelle pour trois raisons plus que valables : la plastique de Muti, constamment exposée; le casting étonnant; les quelques moments d'angoisse habile que génère l'impressionnante finale.

La Nicole de Muti agace dès le départ, avec ses caprices et ses sautes d'humeur. On se demande comment un homme tel que Gazzara peut supporter ça sans lui foutre une bonne paire de baffes de temps à autres. Peut-être en souvenir des CONTES DE LA FOLIE ORDINAIRE, tournés ensemble en '81 sous l'égide de Ferreri, mais leur relation dans cette dernière oeuvre était aussi débalancée !

Muti, donc, qui se dévêt ici plus souvent qu'on ne lui demande, elle qui fut un jour nommée "plus belle femme du monde", elle dont la poitrine hors du temps se dresse fièrement... Elle était déjà THE MOST BEAUTIFUL WIFE en '70, premier rôle dans son premier film, sous la direction de Damiano Damiani. Et elle eut en effet une carrière centrée sur son angélique visage, tournant dans THE LAST WOMAN de Ferreri en '76, se prêtant au jeu de la "bimbo" dans FLASH GORDON en '80...

On voit aussi apparaître Andréa Ferréol, autre habituée de la série B italienne, et William Berger. Romano Puppo, grand barraqué de service qui a crié présent dans toutes les productions majeures de Castellari, joue ici le patron du bar donnant sur la plage, qu'on ne voit pas beaucoup. Mimsy Farmer, qui a tourné pour Argento (FOUR FLIES ON GREY VELVET), Ferreri (BYE BYE MONKEY), Armando Crispino (AUTOPSY), Ruggero Deodato (CONCORDE AFFAIR) et Fulci (THE BLACK CAT) est ici la maîtresse peu utilisée de Gazzara. Finalement, Jean-Claude Brialy arrive sous les traits du psychiatre de Muti, lui qui a une filmographie tellement impressionnante que je me contenterai de mentionner qu'en plus du film dont je parle, il a participé à 8 autres longs métrages en '83, dont MORTELLE RANDOMMÉE de Miller, LE DÉMON DANS L'ÎLE du regretté Leroi, et ÉDITH ET MARCEL de Lelouch !!

Casting de choc donc, qui pourrait laisser croire qu'on s'est forcé sur tous les plans... Mais non ! Le personnage de Gazzara est mollement interprété, il se contente de regarder la belle Ornella sombrer dans la folie en inclinant la tête, les mains dans les poches de sa stupide veste coloniale. Campanile, lui, se contente de réaliser mollement, et le pire est sans doute la musique de Riz Ortolani, bouillie sirupeuse répétivive et indigeste.

À 1h53, le film est disons inutilement long, mais tout de même curieux, ce qui garde l'intérêt du spectateur en éveil jusqu'à la toute dernière scène, particulièrement réussie, au climat angoissant, comme si tant Campanile qu'Ortolani s'étaient subitement réveillés et avaient voulu terminer ça avec un coup de trépied dans l'oeil de leur public. Orloff

  Des FILLES POUR UN VAMPIRE aka The Playgirls and the Vampire aka L'ultima preda del vampiro - Piero Regnoli avec Walter Brandi, Lyla Rocco, Maria Giovannini, 1960, Italie, 83m

Un bus promenant une troupe de burlesque, leur gérant Lucas et le chauffeur, est coincé lorsque la route sur laquelle ils voyagent est bloquée. Ignorant l'avis des paysans locaux, ils vont cogner au château des Kernassy. Si ce n'était que le Comte Gabor semble frappé par la vision de la belle Vera, ils auraient du repartir penaud. On les averti sérieusement de dormir et de ne pas sortir de leur chambre durant la nuit. Évidemment, Katia, les plus belles jambes de la troupe mais la cervelle la plus légère, va se promener de nuit et être retrouvée morte le lendemain. On se remet rapidement de son décès, le pont a été emporté par la crue des eaux et on répète les numéros de danse toute la journée. Vera, qui semble savoir ou tout se trouve dans le château sans ne jamais y avoir mis les pieds, s'amourache instantanément du ténébreux comte, qui lui avoue que la ressemblance avec une des ses ancêtres est frappante. Vera fera tout pour percer le secret de Gabor.

Un des premiers films de vampires italiens, dans la foulée du succès commercial de la Hammer. Walter Brandi s'y remet après avoir tourné L'Amante Del Vampiro, ou là aussi de belles jeunes filles étaient aux prises avec des vampires. C'est par son atmosphère érotique que le film se distingue des cousins anglais, les demoiselles étant principalement en déshabillés transparents toutes les nuits. On y présente ainsi la première vampire nue du cinéma, protégée par bien des ombres, époque oblige. Lyla Rocco est séduisante et sexy et on comprend n'importe quel comte de vouloir s'en approcher. Un strip-tease langoureux d'une jolie blonde est tristement interrompu par la gouvernante qui s'avère moins unidimensionnelle que prévue. Le noir et blanc, bien photographié, joue constamment sur les ombres pour suggérer plus qu'il ne le montre et le thème du double est bien exploité. Sans être un indispensable, on ne peut que se réjouir de voir une version complète de ce film peu vu. En version française sur le dvd d'Artus films, avec quelques passages en version anglaise avec sous-titres.

J'ai apprécié énormément le documentaire sur le vampire au cinéma italien mettant en vedette Alain Petit. Plus de 38 minutes pour faire le tour d'une filmographie moins connue mais fort intéressante. De bons passages sur les coproductions, le système de distribution de l'époque et des souvenirs du cinéma Midi-Minuit. Ajoutez une galerie de photos bien garnie et les bandes annonces de l'éditeur et vous avez une belle galette.

On note aussi avec plaisir l'ajout d'un court-métrage: "Symphonia horroris" de Thierry Lopez. Hommage au Nosferatu de Murnau, le film muet avec intertitres allemand sous-titrés en français est un savoureux hommage au cinéma expressionniste avec des images ressemblant beaucoup aux noir et blanc teinté cher au cinéma des années 20-30. Mario Giguère

Le FILS DE L'AIGLE NOIR aka Il Figlio di Aquila Nera - Guido Malatesta avec Mimmo Palmara, Edwige Fenech, Franco Ressel, 1968, Italie

Le tsar Alexandre 2 nomme le général Volkonsky (Franco Ressel) pour mater la révolte du Caucase. Un jeune noble reprend le flambeau de son père et devient le fils de l'Aigle Noir, regroupant les cosaques et menant la vie dure aux russes. Natacha (Edwige Fenech)a été choquée d'être embrassée par l'homme masqué, mais elle s'entiche tranquillement du bandit de grand chemin, repoussant les avances de Volkonsky, qui veut l'épouser, et les galanteries d'un dandy qui est nul autre que le fameux Zorro des cosaques.

Sur un scénario d'Umberto Lenzi, Malatesta filme avec grands moyens cette histoire proche du justicier Zorro ou des Compagnons de Jehu d'Alexandre Dumas. Décors somptueux, cascades et combats nombreux dont une bataille avec des cavaleries impressionnantes, on est dans le film d'aventure à grand déploiement. Romantisme exacerbé, humour paysan ( le premier lieutenant des cosaques est un incorrigible buveur de vodka) et film de guerre, pas de temps mort et une Edwige Fenech resplendissante qui risque tout pour aider son brave homme. Il y a bien quelques scènes qui sentent le stockshot, mais l'ensemble est réussi et bien fignolé. Un bon film d'aventure avec un grand A. Mario Giguère

FLAVIA LA DÉFROQUÉE aka Flavia, la monaca musulmana - Gianfranco Mingozzi, 1974  

Au XVe siècle, en Italie, la jeune Flavia est envoyée par son père dans un couvent sous prétexte qu'elle a pris pitié pour un guerrier maure. Les années passent et Flavia, suite à la torture infligée à une soeur, ceci selon les ordres du père de Flavia (qui est quand même le seigneur du coin, faut le préciser...), Flavia, un peu féministe sur les bords (voir beaucoup au milieu), décide de se rebeller et de quitter le couvent. Non mais !!! Malheureusement, rattrapée, elle y est ramenée illico. Re-non mais !!! (du père, cette fois). Mais lors d'une sorte de pèlerinage, une attaque des guerriers maures fait resurgir ses instincts (ainsi que ses rêves de gosses, remember le premier guerrier). Elle prend fait et cause pour les musulmans et en profite pour se venger d'à peu près tout le monde (le père, les religieuses,...). Ayant réglé ses comptes, elle épouse le boss des maures mais se rend compte (le MLF se rappelle à elle) qu'elle n'est pas mieux considérée par les musulmans qu'elle ne l'était pas les chrétiens...Elle réagit, mais est reniée par les musulmans et abandonnée lorsque ceux-ci repartent. Malheureusement pour elle, elle retombe entre les mains des chrétiens qui la condamneront, la supplicieront et la tueront (assez corsé je dois dire, ils l'écorchent vive quand même...Quelle époque).

Ce FLAVIA, LA MONACA MUSULMANA de Gianfranco Mingozzi est ma foi plutôt intéressant, se veut résolument féministe (ouais, ça je crois que c'est clair à la vision du film) et ne lésinant pas sur quelques scènes chocs pour soutenir son propos (la torture de la soeur et la scène où Flavia se fait écorcher sont pas mal torchées je dois dire). Et ce qui ne gâte rien, c'est Florinda Bolkan qui incarne Flavia. A signaler un rôle de soeur bien allumée pour Maria Casarès et une petite musique bien sympathique. Intéressant, je trouve (enfin, c'est pas ce que la commission de censure a pensé pour sa sortie en France, où il n'est sorti qu'en 79 est bien coupé. Les chiens... Mais je crois que celle que j'ai eue était entière). Abronsius

Ce film du cinéaste italien Gianfranco Mingozzi a été édité récemment en DVD par Synapse Films. Précédé d'une réputation sulfureuse, il se présentait dans la lignée des films de " nunsploitation " des 70s, de même que dans celle des films d'Inquisition à la Mark of the Devil.

Un visionnement du DVD en question révèle qu'il diffère finalement pas mal de ce qu'on pourrait en penser.

Ce film historique se déroule au Moyen-Âge. La nonne Flavia (Florinda Bolkan) s'ennuie dans son couvent, où son père l'a placée, car il ne désirait pas la marier ni la doter. Les opinions féministes (avant la lettre) de la jeune femme ne sont pas toujours appréciées de son entourage et la grande gueule de Flavia risque de lui attirer des ennuis... à moins que ce ne soit le contraire ? Comment le savoir ?

On s'attend à ce que Flavia soit capturée par l'Inquisition et torturée sans arrêt, mais tel n'est pas le cas. Le réalisateur s'attarde plus à la description de l'époque et à la mise en images d'un scénario qui ne nous conduit pas là où on le pensait. Flavia n'est pas un film d'exploitation simpliste, mais une œuvre proche d'un certain cinéma de répertoire (on pense parfois aux Diables de Russell, mais en moins extravagant).

La manière de filmer et la photographie élégante témoignent d'ailleurs de ce parti pris esthétique, au détriment de l'aspect commercial qu'un tel scénario, propice au sensationnalisme, aurait permis.

On peut penser que le fameux catalogue de Midnight Video (l'une des dernières compagnies de " video-by-mail " américaine encore en vie, exploitant la faille de l'Acte de Berne aux Etats-Unis afin de continuer à offrir des copies de film sans verser un sou de droit d'auteur aux cinéastes) a contribué à la réputation exagérément dure précédant ce film. Bill Knight écrit dans son catalogue : " Flavia is forcibly imprisoned in a nunnery where she witnesses torture, rape, depravity, beatings, butcheries and the hysterical orgies of the Tarantula sect. This is a very strong, cruel and revolting film ".

Évidemment, si vous avez parcouru le catalogue de Midnight Video un jour, vous avez constaté que Knight mettait l'accent sur les bas instincts de ses acheteurs potentiels, jaugeant quasi-systématiquement un film d'après de tels éléments. Ceux qui ont vu Flavia repasseront quant aux " hysterical orgies of the Tarantula sect ", propos assez mensongers, puisque le passage en question se déroule au début du film, en qu'en termes d'orgies hystériques [sic], on a vu mieux, sauf si l'on se réfère à la définition médicale de l'hystérie - et c'est peut-être là où Knight joue sur les mots et se moque gentiment de quelques acheteurs incultes...

Quoi qu'il en soit, un film comme Mark of the Devil est beaucoup plus dérangeant et dur que Flavia the Heretic, qui contient quand même plusieurs scènes violentes, mais jamais aussi longues et détaillées que dans le film de Michael Armstrong.

Par delà ces considérations, Flavia demeure une curiosité intéressante, bien filmée et interprétée de façon convaincante... mais l'œuvre relève plus du drame historique que de la grosse " exploitation " sans honte.

En guise d'extras, le DVD contient une entrevue de l'actrice Florinda Bolkan, qui semble sympathique et amicale. Les questions de l'interviewer ne sont pas toujours passionnantes, rappelant, en moins pénibles, celles posées à Cinzia Monreale dans le DVD Beyond the Darkness. Une galerie de photos complète le tout, et la restauration d'image du film est, évidemment, de très bonne qualité. Howard Vernon

Les FORCES DU MAL aka La FORCE DU MAL aka NOTTURNO CON GRIDA aka LA FORZA DEL MALE - Ernesto Gastaldi, 1981, Italie    

J'ai envie aujourd'hui de me livrer à un réquisitoire dans les règles, ma cible principale se trouvant être un dénommé Ernesto Gastaldi, dont je compte prouver ci-après qu'il s'agit d'un malhonnête.

Si la cour le permet, je vais dès maintenant produire ma première et unique pièce à conviction, une cassette vidéo éditée par Fil à Film et American Vidéo en co-prod (en tout cas, les deux logos figurent), dont la pochette nous dit les choses suivantes :

Devant : LES FORCES DU MAL

"Au Domaine de Satan... il n'y a pas d'évasion possible !"

Derrière : Un Film de V. Salerno, Avec Etienne Castaldi, Elans Collins, Martine Brochard.

"Tes pleurs sont inutiles, il n'y a pas d'évasion"... Le baiser du diable, est le baiser de la mort!"

La ponctuation hasardeuse des blurbs n'est pas de mon cru, je tiens à le préciser.

Alors, me direz-vous, mesdames et messieurs les jurés, quel mal y a-t-il à cela ? Nous avons là un titre standard, deux blurbs ratés censément accrocheurs, une esquisse de générique, le tout assorti de quelques photos qui s'avèreront bel et bien tirées du film figurant sur la cassette.

Certes.

Mais le générique, lui, nous dit :

NOTTURNO CON GRIDA

Un film d'Ernesto Gastaldi (également scénariste, ce qui pésera lourd dans votre jugement, soyez-en sûrs), avec Mara Maryl, Gerardo Amato, Martine Brochard, Franco Molé, Luciano Pigozzi et Gioia Scola.

Bon, ils avaient une actrice de juste, et ils ont modifié le nom du réalisateur pour en faire un acteur, mais à part ça, c'est tout faux.

Non ! Rassurez-vous, il n'entre pas dans mes intentions d'accabler Ernesto Gastaldi pour ces erreurs de pochette. Le responsable en est sans le moindre doute le distributeur français du film en salles (s'il y a eu sortie en salles) ou l'éditeur vidéo. Mais quand même, c'est juste pour dire que ça part mal, si vous voulez bien me passer l'expression.

Ayant consulté l'imdb, pour une fois, je suis en mesure de vous apprendre que le film a été tourné en 1981, en Italie.

Visionnons ensemble, si vous le voulez bien, cette pellicule incriminante. 

Après une brève scène tournée de nuit, dans un bois, durant laquelle on voit surtout des arbres et du noir sur fond de respiration oppressée façon tueur psychopathe, l'action se tourne vers une table ronde, dans une pièce sombre où se déroule une séance de spiritisme.

Sont présentes cinq personnes : Brigitte, le medium, son mari Paul, leur cousine Hélène, le garde du corps et fiancé de cette dernière, Gérard, ainsi que China, une géomètre (!). Brigitte est une blonde très sexy mais proche de la limite d'âge, qui s'exprime dans la vf d'une voix aiguë d'abord à la limite du supportable mais qui, à mesure que le film avance, se change en effet comique assez savoureux. L'actrice, Mara Maryl, se fend d'une performance assez remarquable dans son rôle d'idiote terminale, et il n'entre pas dans mes intentions de lui faire supporter le poids de ce réquisitoire, non plus qu'aux autres membres de la distribution qui, sans être géniaux, font leur travail correctement.

Or donc, où en étais-je ? A la séance. Soudain, Brigitte se met à parler avec une voix d'homme que les autres identifient comme celle de Christian, le mari d'Hélène, disparu depuis dix ans et qu'on soupçonne d'être mort. Tous les participants veulent savoir une chose : "Qui l'a tué !" Christian, par l'intermédiaire du médium, revit la scène de sa mort : une main gantée lui a planté un couteau dans le ventre. Alors qu'il s'apprête à révéler le nom de l'assassin, cependant, Brigitte s'évanouit. La scène suivante nous permet de constater que tous ces personnages se détestent. Hélène a hérité de Christian, mais si elle disparaissait, l'héritier serait Paul. Quoique fiancé à Hélène, Gérard a pour petite amie China. Plus tard, on apprendra que tous deux prévoient d'assassiner Hélène après le mariage afin de récupérer l'argent.

Intriguant, jusqu'ici, non ?

Et ça continue très bien : petit à petit, alors que chaque personnage raconte à son tour sa version de ce qui est arrivé dix ans plus tôt, on comprend que cette nuit-là, Brigitte, Hélène et Paul se trouvaient dans la même maison que Christian. Tous les trois, semble-t-il, ont aussi été agressés, ce qui les a innocentés de facto. Et plus ça va, plus on se dit que, décidément, non, aucun d'entre eux ne peut être coupable. Alors qui ? Gérard finira par révéler qu'il connaissait déjà Brigitte, dix ans plus tôt. Serait-ce donc lui ? Mais tout de même, quand il était prêtre, Paul a abusé d'une Hélène alors âgée de quinze ans, puis il s'est défroqué et a épousé Brigitte. N'y aurait-il pas là matière à réflexion ? Tout cet aspect whoddunnit est parfaitement bien monté, les personnages raisonnablement intéressants quoique antipathiques à souhait (à la possible exception de Brigitte, l'écervelée), et le suspense est total...

Sauf que...

Ernesto Gastaldi n'est pas seulement un malhonnête, c'est un nul. Je n'en veux pour preuve, mesdames et messieurs les jurés, que l'ineptitude de son scénario. Alors qu'il avait joliment mis au point une situation pouvant donner lieu à un huis-clos éprouvant ou un giallo de bonne cuvée, voire les deux, il trouve intelligent de nous transporter au bout de cinq minutes dans une espèce de forêt clairsemée d'où on ne bougera plus. (Le prétexte est qu'Hélène, promoteur immobilier, veut y construire des villas de luxe et qu'il faut faire des repérages. D'où la présence de la géomètre, ouf. J'ai craint un instant qu'elle ne soit totalement gratuite.)

A partir de là, des événements surnaturels commencent à se produire (la voiture disparaît, des objets divers apparaissent ici et là, on tourne en rond assez facilement et on se retrouve à son point de départ, Brigitte a des visions sanglantes...) et les personnages commencent à agir comme de parfaits abrutis. Au lieu de rester ensemble, ils n'arrêtent pas de se séparer, errant interminablement dans la forêt en s'appelant les uns les autres, se rejoignant parfois comme par hasard, le temps de provoquer un des flash-back que j'évoquais tout à l'heure, puis se reperdant aussi sec jusqu'à la prochaine fois. Le spectateur, lui, s'emmerde à cent sous de l'heure... pardon, monsieur le président, je veux dire qu'il s'ennuie fermement. Et ce ne sont pas les mouvements de caméras intempestifs de M. Gastaldi qui peuvent soulager cet ennui : l'individu a sans doute visionné plusieurs films de son collègue, M. Dario Argento, et s'est imaginé qu'il pouvait sans peine en faire autant.

Soyons charitable et disons juste qu'il s'est trompé. En effet, ce n'est pas de son talent qu'il est question, mais de sa malhonnêteté, sur laquelle je reviens immédiatement.

Gastaldi, dédaignant le huis-clos et le giallo, nous impose un décor de slasher. Soit, c'est son droit ! Après tout, le genre n'est pas méprisable. Mais alors, sans vouloir me montrer pointilleux, il faudrait tout de même que ça slashe un peu de temps en temps.

Or, au bout de cinquante minutes, toujours rien. Ça cause, ça marche, ça cauche, ça marse, ça finit même par dormir. "Tu as déjà fait l'amour dans une forêt ?" demande Brigitte à Paul. "Tu devrais essayer avant de mourir". Elle dit juste ça comme ça, parce qu'ils se contentent de dormir. Un peu plus tard, Hélène et Gérard feront l'amour, eux, mais ils resteront habillés. Je sens que vous voyez déjà la malhonnêteté de l'individu pointer le bout de son nez. Plus aucun doute n'est permis quelques minutes plus tard lorsque China, la seule vraie jolie fille de la distribution, part faire un tour toute seule en pleine nuit parce que CDLS et se fait trucider (hors-écran !) au mépris de la loi du nanar n°12, et ce sans même s'être déshabillée avant, ce qui viole le deuxième amendement (dit "Amendement Cousin") de ladite loi.

Non, on ne sait pas qui l'a tuée. Cela dit, comme c'est marqué sur la cassette, on soupçonne un peu les Forces du Mal - par exemple le fameux Christian revenu d'entre les morts.

Mais c'est pas grave : on ne va pas s'en faire pour si peu, et nos personnages, le lendemain matin, recommencent à se séparer, à se retrouver, à marcher et à causer, et le spectateur à bâiller. Maintenant, dès qu'ils sont plus de un, ils s'engueulent. J'ai dit le bien que je pensais de la plupart des acteurs, mais les pauvres ne peuvent rien contre le comportement aberrant et les dialogues à la limite du ridicule que leur impose le scénario.

GERARD : "Que s'est-il vraiment passé le soir de la mort de Christian ?"

HELENE : "Tu veux dire le soir où il a été tué ?"

LE SPECTATEUR : "Ben oui, connasse !"

Allez, heureusement, ça se tire, on ne va pas tarder à savoir qui a tué Christian. Paul, vaguement par accident mais peut-être poussé par les Forces du Mal, dévale un flanc de côteau et se plante un machin (je sais pas quoi, une grosse pierre coupante, peut-être, ou une souche) dans le dos, ce qui fait qu'il en meurt. Hélène, persuadée que c'est Brigitte qui a tué tout le monde, l'étrangle à moitié et l'attache sur un gros rocher, façon victime du sacrifice. Elle lève au-dessus d'elle une dague sacrificielle (un des objets apparus par enchantement) et la somme de se sauver si elle est vraiment sorcière. (Je crois que la référence christique est purement fortuite, mais d'un autre côté, je ne travaille pas à Télérama où, si l'on critiquait ce film, on... où l'on ne critiquerait pas ce film, excusez-moi.)

Là-dessus, arrive Gérard, tel le héros qu'il n'est pas. Persuadée maintenant, moins de dix secondes plus tard, que c'est lui le coupable, Hélène lui jette la dague comme elle jetterait une pochette d'allumettes, ce qui n'empêche pas l'engin de se planter dans le bide du garde du corps. Et qu'est-ce qu'elle fait, après, cette couillonne d'Hélène ? Elle le regarde posément ramper jusqu'à son revolver, le prendre en main, la viser et l'abattre - en tout une bonne dizaine de secondes. J'avais déjà entendu parler de réflexes lents, mais là, ça bat des records.

Bref, tout le monde est mort, sauf Brigitte, toujours attachée sur son rocher. Et là, quelqu'un sort du sous-bois. Ah, ah ! On va enfin savoir qui a tué Christian, parce que franchement, c'est la seule question qu'on se pose, c'est l'unique raison pour laquelle on n'a pas encore éteint cette saleté de télé sans même rembobiner cette saloperie de cassette. Pardonnez-moi, la passion m'égare comme toujours elle m'égara, faubourg de Carthage, dans les jardins d'Hamilcar...

Hem... Je reprends.

Donc, quelqu'un sort du sous-bois. C'est Christian. Damned ! Donc, c'est bien son fantôme. Ou alors il n'est pas vraiment mort. Ou alors... Rien de tout cela. Ce n'est pas vraiment Christian. C'est... je ne sais pas. Le diable, le destin, la mort, un truc symbolique dans ce genre-là, en tout cas, les Forces du Mal, quoi. Et Brigitte meurt elle aussi sur son rocher. Et le mot fin apparaît sur l'écran.

Et on ne sait toujours pas qui a tué Christian.

Non, mesdames et messieurs les jurés, je ne plaisante pas : Ernesto Gastaldi nous a fait mariner pendant une heure et demie avec son énigme de merde pour ne pas nous en donner la solution à la fin. Je hais cet homme.

Allez, je vais être totalement honnête, j'ai bien une petite idée : d'après deux ou trois détails glissés ici et là, je me demande si on ne cherche pas à nous faire comprendre que ce sont simplement les haines et les envies de meurtre de tous ces personnages qui se sont concrétisées sans qu'aucune main humaine en soit responsable. Seulement ça ne tient pas debout une minute : les mains humaines, on les voit à l'écran, bordel ! Pardon, nom d'un chien ! Oh, les Forces du Mal ont pu s'incarner, comme à la fin, mais alors pourquoi ne pas nous montrer le gugusse en entier, hein ? Sinon pour nous faire croire qu'il y a un bon gros assassin normal ? C'est de la malhonnêteté pure et simple. Voilà un des rares exemples de film où le fantastique est nuisible : mal digéré, il vient gâcher ce qui aurait pu être un honnête thriller traditionnel. Et il n'y a à ça qu'un seul et unique responsable : Ernesto Gastaldi, que je vous invite à présent à condamner à la peine maximale prévue par la loi (à savoir réaliser le prochain scénario de Bernard-Henri Lévy).

ADDENDA : Quelques bribes de dialogues immortels.

CHINA : (Alors que Gérard, tout émoustillé de se retrouver en forêt, fait l'acrobate dans les arbres.) Ah ben alors, quand on m'a dit "gorille", je pensais "garde du corps" mais je commence à avoir d'autres idées.

(Tandis que Gérard, Brigitte et China, qui se retrouvent ensemble par le plus grand des hasards marchent en forêt, Brigitte raconte l'agression dont elle fut victime dix ans plus tôt.)

BRIGITTE : (...) et quand je me suis réveillée, j'étais attachée sur mon lit.

CHINA : On t'a violée ?

BRIGITTE : Ah, j'en sais rien, j'avais bien trop mal à la tête.

(Alors que les personnages viennent de découvrir un rocher qu'une plaque décrit comme baptisé "Miracle de la Nature" par Pline l'Ancien.)

BRIGITTE : Au fait, j'y pense. Comment il s'appelait, Pline l'Ancien, quand il était jeune ?

(Alors que la tension commence à monter et qu'il y a déjà eu un meurtre.)

HELENE : T'es la seule à pas avoir peur. Pourquoi ?

BRIGITTE : Parce que je suis inconsciente.  Michel Pagel

Cinq individus sont mêlés de près ou de loin à la sordide histoire de la disparition d'un certain Christian, un homme immensément riche et détesté de tous qui, il y a dix ans de cela, s'envola en ne laissant derrière lui que des traces de son propre sang. S'agit-il d'un meurtre, d'un kidnapping ou d'une fuite préméditée? En demandant à la médium Brigitte d'entrer en contact avec l'esprit de Christian lors d'une séance de spiritisme, une voix d'outre-tombe vient leur confirmer la thèse du meurtre. Si c'est le cas, le meurtrier est l'un d'eux, puisque personne d'autre n'était présent lors de cette fameuse nuit...Nos cinq lascars, associés d'affaire, se rendent dans un bois afin d'y prendre les mesures nécessaires au futur complexe touristico-sportif qu'ils souhaitent construire. Soupçons, messes basses, trahisons et autres malfaisances préméditées semblent se dessiner entre nos protagonistes, seulement voila, le bois ne semble pas être franchement d'accord de se faire transformer zone bétonnée. Dès lors, il est impossible pour le groupe de parvenir à s'échapper, chaque tentative se soldant par un inévitable retour à la case départ. Cette situation les conduits peu à peu à la folie, puis au meurtre, avant le choc de la révélation finale.

Ernesto Gastaldi, scénariste incontournable du cinéma bis transalpin ayant rédigé des scénarii pendant 40 ans (LE CORPS ET LE FOUET, FLASHMAN, MON NOM EST PERSONNE, ATOMIC CYBORG, etc...), s'est essayé de temps à autre à la réalisation. En témoigne ce très brouillon LA FORCE DU MAL qui se déroule à 90% dans le bois maléfique, les 10% restant étant composés de flash-back rougeâtres revenant sur la nuit du meurtre ainsi que sur une séance de spiritisme. On nage en plein délire à la "Twilight Zone", les personnages revenant sans cesse sur leur pas, subissant des visions brutales d'un curé psychopathe ou découvrant soudainement une zone enneigée pour on ne sait quelle raison. Tout cela se répète sans arrêt pour finalement se mordre la queue et lasse inévitablement le spectateur qui se console avec la partition musicale typique du cinéma italien de cette époque. Notons finalement la présence de cette bonne vieille trogne de Luciano Pigozzi dans le rôle d'un ancien prêtre pédophile désormais marié à la médium Brigitte, ainsi que de Martine Brochard. Pour les curieux, on peut lire ici le scénario de Gastaldi, en italien, sur le site web du maître: http://ernesto.gastaldi.tripod.com/notturno_con_grida.htm   Kerozene

FRANKENSTEIN '80 aka Les Orgies de Frankenstein - Mario Mancini avec John Richardson, Gordon Mitchell, Dalila Di Lazzaro, 1972, Italie, 85m

Un journaliste espère beaucoup de la découverte d'un médecin, un fluide qui va aider sa soeur à éviter le rejet de la greffe d'organe qu'elle doit subir. Malheureusement, le précieux liquide est volé (et son inventeur incapable d'en refaire ?) et sa frangine meurt. Il va donc, avec la bénédiction du médecin, mener son enquête parallèle à celle de la police et faire le lien avec la série de meurtres sanglants de femmes, certaines avec des organes manquants. Nous, spectateurs privilégiés, nous savons que le docteur Otto Frankenstein (Gordon Mitchell) a volé le liquide pour construire et améliorer constamment son monstre, baptisé poétiquement "Mosaico". Malheureusement, le chenapan tout plein de cicatrices a un appétit sexuel insatiable et ses galipotes se terminent toujours mal, c'est lui le tueur, arrghh !

Mélanger le mythe de Frankenstein et le Giallo ? C'est pour ainsi dire ce qu'on a devant les yeux, avec gore et nudité. Le maquillage de Carlo Rambaldi y va pour un certain réalisme, pas de déformations, mais tout plein de cicatrices sur le corps. Les femmes sont belles et la musique omniprésente. On ne peut pas dire que le scénario soit très habile, il ménage peu de véritables surprises, partant du principe que l'on connait qui est le coupable, c'est une chasse aux indices avec des policiers pas très futés qui occupe la partie giallo. Seul et unique film réalisé par Mario Mancini, qui a été cameraman sur de nombreux films bis italiens tel EVA LA VIERGE SAUVAGE ou LE CHÂTEAU DE FRANKENSTEIN. Touchant également au scénario, Mancini y va trop souvent de clichés, seul le mélange de genres étant quelque peu intéressant. On est loin du Frankenstein qui voulait jouer avec les petites filles et les tuait par mégarde ! Mario Giguère

FRIGHTENED WOMAN aka Femina Ridens aka Laughing Woman aka Le Duo de la Mort - Piero Schivazappa avec Philippe Leroy et Dagmar Lassander, 1969, Italie, 108m

Maria est une jeune chercheuse scientifique qui s'intéresse à une théorie sur la stérilisation masculine comme contrôle de la population. Son patron et employeur, le docteur Leroy l'invite chez lui car il a en sa possession des livres intéressants sur le sujet. Maria se rend chez lui avec enthousiasme mais ce fait droguer, tombe dans les pommes et au réveil, elle doit se rendre à l'évidence que son patron est en fait un maniaque misogyne qui se prépare à la torturer de diverses façon sadiques pour tenter éventuellement de l'achever au moment de l'orgasme.

Oh le joli morceau! Bien plus qu'un simple film de sexploitation, THE FRIGHTENED WOMAN est une petite perle à découvrir en vitesse. D'abord il faut parler de l'esthétique. Du Pop-art explosif, déjanté et hyper accrocheur avec des décors ma foie parfaits. Ces derniers sont toujours intimement liés avec la belle mise en scène de Schivasappa qui se lâche bien lousse. Le tout devient par moments carrément hypnotique, certaines scènes sont de la démence pure et la petite musique pop vient se marier parfaitement à cette atmosphère de douce folie qui règne en maître pendant la majeure partie du récit. Il faut la voir cette scène où le Docteur Leroy, dans un espèce de rêve psychotronique marche lentement et entre au complet dans un vagin géant qui se ferme derrière lui telle une plante carnivore.

Le sujet est particulièrement intéressant. On s'intéresse de façon pas trop subtile au rôle de la femme et à son évolution qui tendrait vers la supériorité et la domination envers le sexe masculin. Notre docteur malade mental, aurait développé sa haine envers la femme en voyant dès son jeune âge, deux scorpions faire l'amour avec cette fin évidemment tragique de la femelle qui tue le mâle après l'acte. Il y va donc avec plusieurs actes assez sadiques dans le but d'humilier sa captive, il l'oblige à faire l'amour avec une réplique en plastique de lui-même, il l'arrose avec un boyau d'arrosage au point de lui faire perdre connaissance et y va de plusieurs attaques psychologiques plutôt terribles.

Mais comme ce n'est que les fous qui ne changent pas d'idée, le Docteur Leroy tombe finalement en amour avec sa prisonnière après que cette dernière, dans une sublime scène qui frôle le dix minutes, danse avec des vêtements transparents dans de sa cellule pop en se dandinant le popotin de façon bien sensuelle. Ensuite, les rôles changent d'une façon de plus en plus évidente, Maria exerce un contrôle de domination qui s'apparente plus à celui d'un maître et de son caniche qu'à une relation amoureuse.

De voir une telle progression s'avère fascinant, une approche art-house et très audacieuse il faut le dire avec beaucoup de scènes chocs et de moments étranges. Mais le message passe bien, personne n'est véritablement démonisé car chacun à son pour et son contre, mais on comprend qu'à moins d'avoir un changement d'attitude et de compréhension, il y aura toujours un dominant et un dominé. Le Docteur Leroy tombe dans son propre piège et se retrouve à être prisonnier sans même avoir besoin. Contrairement à lui-même, de torturer pour contrôler psychologiquement.

À voir, c'est tout. Abba

GIORNATA NERA PER L'ARIETE aka THE FIFTH CHORD - Luigi Bazzoni,1970, Italie

Un journaliste (Franco Nero) se retrouve au centre d'une intrigue meurtrière : plusieurs de ses proches sont assassinés sauvagement. Sa petite amie (Pamela Tiffin) en vient peu à peu à le soupçonner...

Dieu que ce Giallo est classieux ! Je suis tombé dessus une nuit, très tard, sur la Rai Uno, et je n'ai pas regretté mon insomnie ! La lancinante musique d'Ennio Morricone est absolument somptueuse, la photographie de Vittorio Storaro ne l'est pas moins. Certes, la mise en scène des meurtres ne s'avère pas particulièrement originale, mais les victimes sont occises dans un silence glaçant. Une pléiade de jeunes actrices (dont Ira Furstenberg et Agostina Belli) montrent leurs jolis minois, ce qui contribue au plaisir esthétique procuré par ce giallo trop méconnu. Stelvio


Lory Del Santo

La GORILLE aka La Gorilla aka La Guardia Del Corpo - Romolo Guerrieri, 1982, Italie, 1h43

Une demoiselle a la charpente bien solide (Lory Del Santo) sert de garde de corps à diverses personnalités qui l'embauchent par le biais de son père, un sportif idiot et frisé qui tient absolument à la marier à un abruti d'haltérophile. Elle rencontre un photographe / dessinateur maladroit en faisant son épicerie, et un mini-coup de foudre a lieu. Ils devront apprendre à se connaître à travers de nombreux obstacles tant physiques que familiaux, de la maladresse du beau prétendant à l'omniprésence de sa voisine à poil chez lui - il la "photographie" - en passant par la jalousie et l'égoïsme de la belle gorille, qui aime bien crâner du haut de ses interminables jambes avec ses cheveux frisés.

Pur produit italien estampillé années '80, cette comédie se regarde bien, si on ne dédaigne pas être témoin d'une enfilade de sketches plus ou moins réussis où quelques acteurs pas très comiques font les pitres d'une manière peu convaincante.

Le rythme n'est pas très vif, et le seul "fil conducteur" est cette romance sans intérêt entre Lory Del Santo et son idiot de prétendant. Les compétences dramatiques, règle générale, ne sont ici pas très élevées, et le burlesque forcé de la plupart des scènes comiques ne fait même pas sourire. On dirait que Guerrieri a lancé une idée en l'air, de faire, à l'exemple de Di Leo pour URSULA LA DÉVASTATRICE, une comédie mettant en vedette une femme forte, sans avoir plus d'éléments que ça à ajouter à l'ensemble !

On aperçoit certes quelques nichons ou fessiers ici et là, mais rien de bien palpitant en vérité. Dommage de voir que Lory Del Santo, miss Italie '80, ait gaspillé ses "talents" dans de telles entreprises. Elle qui tâtait du crocodile sous la direction de Sergio Martino dans THE GREAT ALLIGATOR en '79, elle n'a par la suite pas fait grand chose outre ces comédies italiennes douteuses qui, avec les années filantes, semblaient devenir de moins en moins originales, menant lentement au triste déclin de l'industrie cinématographique italienne...

Guerrieri lui-même est un bon exemple de "déclin". Auteur d'un film certes mou, mais quand même bourré de bonnes intentions (LES FÉROCES), il termina sa carrière d'artisan au service du gag facile et du nichon gratuit, paradis des abrutis vers lequel se sont tournés maints génies ritals. Le pire dans tout ça, c'est que ça fait quand même plaisir à voir, allez comprendre ! Orloff

la GRANDE BOUFFE - Marco Ferreri, 1973 Italie/France

Dernier film de ce grand subversif que fut Marco Ferreri, ce long-métrage époustouflant dépeint les péripéties de quatre amis réunis dans une maison tout un week-end afin de s'y suicider en mangeant. Il y a certes quelques longueurs, mais chacune d'entre elles sert le film et nous en révèle un peu plus sur la psychose des personnages. Philippe Noiret y joue le juge de service qui décide de se marier à une institutrice bien enveloppée (peut-être même un peu trop) qui accompagne les quatre lurons dans leur dernier voyage. Tout le monde lui passe dessus et la progression du récit nous révèle des personnages qui meurent de bien cocasses façons. À voir pour l'impact que ce film dût avoir en 1973. Orloff

LE GRAND KIDNAPPING aka La Polizia Sta a Guardare aka Ransom! Police is Watching - Roberto Infascelli 1973, France/Italie, 1h35.

Un commissaire nouvellement arrivé (Enrico Maria Salerno) dans une petite ville italienne se rend compte avec une surprise bien légitime que l'industrie du rapt est fortement profitable car la police ferme les dossiers dès que la rançon a été payée et que les kidnappés sont de retour chez eux ! Il décidera d'agir pour changer les choses, et ouvrera de nouveau tous les dossiers non résolus, contré dans sa démarche par son prédécesseur (Lee J. Cobb) et par un procureur pacifiste (Jean Sorel). Un retournement de situation plutôt sadique le forcera à reconsidérer son "sens de la justice"...

Voici un policier italien plutôt réussi, qui allie la paranoïa politique d'un Sergio Martino et la sobriété de ton d'un Pasquale Squittieri. Réalisé en 1973, avant que la plupart des réalisateurs italiens ne se tournent vers une ultra-violence outrancière mais bien amusante, son ton posé et son rythme constant surprend. Il est dommage qu'Infrascelli - principalement producteur - soit décédé en '77 dans un accident de voiture, car son avenir de cinéaste semblait fort prometteur. Les acteurs jouent tous la carte de la retenue, avec un Jean Sorel arborant toujours le même air catastrophé... Enrico Maria Salerno est incapable de la moindre émotion, parfait dans son rôle de père sec et autoritaire, et Lee J. Cobb a toujours cette même gueule louche. On y croise brièvement la jolie frimousse de Laura Belli - qui allait tremper, en '77, dans le louche et sordide enlèvement de ALMOST HUMAN, de Lenzi - mais on remarque une absence de viande italienne assez notable. Les poursuites en voitures sont très bien filmées, et le thème majestueux de Stelvio Cipriani - décidément partout, celui-là ! - nous donne envie de trouver H.G. Wells et de le prier gentiment de nous projeter dans l'Italie des années '70. Orloff

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MARIO BAVA

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