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mise à jour le 4 février 2015

PARIS SEX MURDERS aka The Bogeyman and the French Murders aka Murder in Paris aka Casa d'Appuntamento - Marius Mattei, 1973, Italie, 1h24.

À Paris, un jeune homme un peu violent qui avait été interdit au bordel de Madame Colette (Anita Ekberg, que l'on a pu admirer dans toute sa splendeur dans LA DOLCE VITA de Fellini) parvient à y entrer de nouveau et essaie de convaincre sa petite amie (la pétillante Barbara Bouchet) de se sortir de là. Elle refuse et il la bat sauvagement. Peu après, le cadavre de Barbara est retrouvé dans sa chambre. Évidemment, on pointe du doigt son petit ami, qui est arrêté au terme d'une courte chasse à l'homme. Il sera condamné à mourir la tête tranchée par la guillotine, et lancera avant de mourir une malédiction sur les cinq témoins ayant déposé contre lui.

 Ce thriller italien de grande envergure fait aujourd'hui figure de curiosité tant en raison de son récit inhabituel que des "stars" qui y figurent. Tout d'abord Robert Sacchi, qui joue l'inspecteur de police, et qui est un sosie criant d'Humphrey Bogart ! À un point tel qu'on dirait Bogart sorti de sa tombe pour l'occasion. Mattei a été le premier à exploiter cette ressemblance surnaturelle, mais pas le dernier, car Sacchi a passé le reste de sa carrière à personnifier le grand Humphrey ou à exploiter ce mimétisme. Howard Vernon nous offre une présence inquiétante, et se surpasse dans la dernière scène. Il est toujours curieux de l'entendre parler anglais. Son personnage de Waldemar serait-il un hommage dissimulé à Paul Naschy ? Barbara Bouchet, la première prostituée à être tuée, pour le plus grand malheur de ses admirateurs, est comme toujours resplendissante, et nous offre ses longues jambes en pâture. Rosalba Neri, une des nombreuses reines de la série B italienne, interprète un numéro de cabaret plutôt terne. Le film en entier est truffé de séquences gores qui lui ont valu d'être banni de Norvège; avec les apôtres du Dogme 95 les choses ont bien changé depuis... Nous sommes en droit de nous demander pourquoi la scène du tribunal est presque entièrement tournée en négatif; seule la postérité y répondra. Tout cela est brillamment monté par Bruno Mattei, qui a visiblement un lien de parenté avec le réalisateur, et qui allait plus tard réaliser quelques classiques de série Z comme VIRUS CANNIBALE ou encore LES MUTANTS DE LA DEUXIÈME HUMANITÉ. La musique bien groove signée Bruno Nicolaï, compositeur attitré de Jess Franco et conducteur fétiche de Morricone, met du baume au coeur et on y reconnaît même certains sons que Nicolaï réutilisera avec bonheur dans UNE VIERGE CHEZ LES MORTS-VIVANTS. Orloff

THE PERFECT KILLER aka Quel Pomeriggio Maledetto aka Objetivo : Matar aka Power Kill aka The Satanic Mechanic aka Profession : Tueur - Mario Siciliano alias Marlon Sirko, 1976, Italie, 1h28

Harry, un gentil tueur (Lee Van Cleef) au nez pointu sur le point de dévaliser un bookmaker, est trahi par son partenaire à la dernière minute et se fait coffrer pendant que le traître s'enfuit avec sa donzelle (Carmen G. Cervera, qui a des airs d'Anita Strindberg). Sept ans plus tard, il sort de prison grâce à un coup de pouce de "l'Organisation", et il revient à ses premiers amours, l'assassinat, afin d'acquitter sa dette. Ses contrats le mèneront un peu partout dans le monde, jusqu'à ce qu'un travail qui tourne mal le force à refuser ses contrats. Un jeune loup de l'Organisation est alors envoyé sur ses traces alors qu'Harry se débat avec les personnages douteux ayant peuplé son passé...

On peut dire ce qu'on voudra, mais on ne s'ennuie nullement avec ce thriller italien explosif et vivement rythmé. Lee Van Cleef personnifie un héros sympathique, qui a des valeurs et qui ne se laisse pas marcher sur la tête. Les retournements et les scènes d'action s'enchaînent à une vitesse idéale, évitant de s'attarder sur de lourdes explications ou sur des scènes inutiles. Carmen G. Cervera donne une fort bonne performance de vipère, étant malmenée à plusieurs reprises et n'hésitant nullement à laisser tomber ses fringues pour la bonne cause. Alberto Dell'Acqua est parfait dans la peau d'un jeune tueur arrogant et maniéré, et Fernando Sancho fait une apparition à la fin, dans la peau d'un gros bonnet. La finale-choc en vaut la peine, et la musique coup-de-poing de Stelvio Cipriani, qui rappelle ses meilleures pièces pour SOLAMENTE NERO ou encore CONTRAT POUR LA MORT D'UN FLIC, agrémente l'action et la romance avec un groove irrésistible qui cadre merveilleusement avec la garde-robe et les décors dans lesquels évoluent les personnages. Il est à noter que la version distribuée au Québec sous le titre PROFESSION : TUEUR est présentée dans un format panoramique tout à fait époustouflant. Voyez-y ! Orloff

Découvert dans sa version vidéo éditée au Québec en 1985, ce Perfect Killer est un drôle d'oiseau. Que le réalisateur se cache sous le pseudonyme risible de " Marlon Sirko " est déjà douteux en soi, alors on imagine aisément le reste... La carrière de ce réalisateur est bien semblable à celle d'un certain nombre de tâcherons italiens engagés pour filmer des scénarios commerciaux : passage obligé par le western spaghetti de série (un épisode de " Sartana ", un " Trinita "), par le polar et de l'érotisme... Ce n'est décidément pas à un " auteur " que nous avons affaire ici, mais bien à un " homme de main " du cinéma bis transalpin.

Ce polar italien de 1976 met en vedette Lee Van Cleef. Le début du film est hystérique et à la limite du second degré, tant les bonds narratifs sont nombreux : en moins de 5 minutes, on voit Van Cleef battre un maffieux, se faire " doubler " et arrêter par la police, connaître un ami en prison qui lui propose de travailler comme tueur à gages pour " l'Organisation ", sortir de prison et commettre plusieurs meurtres autour du globe...

Alors, l'intrigue peut commencer ! 

Elle tourne autour de trois points : 

1) Un contrat que Van Cleef doit exécuter avant de se retirer 

2) Une rivalité entre lui et un jeune tueur à gages qui veut prendre sa place et, en quelque sorte, lui " pourrir l'existence ". 

3) Une femme dont Van Cleef a été amoureux pendant des années, qui l'a trahi pour s'en aller avec un ami 

Quelques scènes anthologiques et démentielles viennent pimenter ce polar (la rencontre des travestis et du jeune tueur à gages est quelque chose). D'autres passages sont nettement plus routiniers, traversés ça et là de lueurs d'originalité. La musique de Stelvio Cipriani, le vétéran du genre " funk/polar ", vient ajouter un peu de dynamisme à l'ensemble, et la copie vidéo québécoise (widescreen !) permet d'apprécier à sa juste valeur le travail correct de Siciliano.

Pour le reste, c'est un polar dans la moyenne, qui n'a rien de génial, mais qui n'est pas non plus le pire du genre (après avoir vu les poussifs Colère noire, Le Nouveau boss de la mafia et Le Parrain a le bras long, je commençais à me demander si je n'avais pas épuisé le filon). J'imagine que les fans du genre apprécieront... Howard Vernon

PERFUME OF THE LADY IN BLACK aka Il  Profumo della signora in nero - Francesco Barilli, 1973, Italie    

Un excellant Giallo avec Mimsy Farmer dans le rôle d'une directrice de Parfumerie qui se met à halluciner à fond, qui aurait tué sa mère lorsqu'elle était enfant, enfant qui viens sonner à sa porte et s'amuser avec elle. Plusieurs références à Alice au pays des merveilles, de comportements louches et de meurtres commis ou non commis. La solution s'avère simple, mais passe par de belles séquences oniriques. Une belle surprise. Mario Giguère

La PEUR REGNE SUR LA VILLE aka PAURA IN CITTA aka Fear City - Giuseppe Rosati avec Maurizio Merli, Silvia Dionisio, James Mason, Raymond Pellegrin, Fausto Tozzi, 1976, Italie, 1h34

Une bande de dangereux malfrats, menés par Lettieri (Raymond Pellegrin), s'évade de prison. Face à la brutale recrudescence des règlements de compte qui s'ensuit en ville, le ministre de l'Intérieur exige que l'inspecteur Murri, connu pour ses méthodes musclées, reprenne du service. Malgré sa réticence, le questeur (James Mason) s'exécute. Les truands n'ont qu'à bien se tenir...

1976 marque le sommet de la lame de fond de "cinema poliziesco" qui déferle alors sur l'Italie, en même temps que le terrorisme et l'insécurité. Ce film de Giuseppe Rosati (auteur du médiocre LE CRIME DU SIECLE, que je vous déconseillais il y a quelques mois) livre tout ce que l'on en attendait. Maurizio Merli dévore littéralement l'écran, transformant une star comme James Mason en faire-valoir de luxe. Le personnage de l'inspecteur a beau avoir changé de nom (de Betti, il est devenu Murri), cette PAURA IN CITTA pourrait forme une suite à ROME VIOLENTE ou OPERATION JAGUAR (ITALIA A MANO ARMATA) de Marino Girolami, voire d'OPERATION CASSEURS (NAPOLI VIOLENTA) d'Umberto Lenzi. On retrouve son personnage de flic coriace et solitaire, blessé par la vie (ici la perte de sa femme et de sa fille, exécutées par la pègre). La sainte trilogie fusillades-poursuites-starlettes à poil est respectée à la lettre. Et, croyez moi, il n'y a pas lieu de s'en plaindre ! Qui n'aimerait pas voir Maurizio Merli courser des bandits en moto dans les rues étroites de Florence ou de Rome ? Qui cracherait sur une correction administrée, les dents serrées, par le "boss" Raymond Pellegrin ? Qui refuserait d'admirer la plastique superbe de Silvia Dionisio, magnifique blonde aux yeux verts ? Pas votre serviteur en tous cas ! Pas génial pour deux sous, mais réalisé avec soin, ce polar s'avère très regardable. Les habituels enjeux du genre, sous-tendus par la grande question "peut-on outrepasser la loi pour combattre les hors la loi ?", sont ici présents. Une scène montre Murri (Maurizio Merli), en civil "corriger" quatre petites frappes dans un bus. Une fois les voyous calmés, le receveur du bus dit à Murri "Ah, si la police pouvait être aussi efficace que vous !" Une morale bien ambiguë pour un film heureusement très divertissant (en DVD Zone 2, dans une version magnifiquement restaurée, avec une piste en anglais, chez Alan Young Pictures, disponible sur www.xploitedcinema.com ou www.lfvw.com)... Stelvio


Carlo Giuffrè

PIÈGE NAZI aka Piège Pour Sept Espions aka Trappola Per Sette Spie aka Siete Espìas en la Trampa - Mario Amendola avec Yvonne Bastien, Mirko Ellis, Eduardo Fajardo, Carlo Giuffrè, 1967, Italie/Espagne, 1h28

Le derrière de la VHS nous fournit un résumé fort appréciable de ce film. "Un ex-officier, malade du cerveau, aidé par un groupe de jeunes exaltés armés de fusils mitrailleurs, rassemble sept agents secrets qui ont opéré contre l'Allemagne durant la dernière guerre." Il les informe qu'ils seront éliminés au rythme d'un par jour, mais qu'ils ont chacun une chance de s'en tirer. Malgré leur habilité technique, ils mourront tous un par un, presque inexorablement, à moins de trouver un moyen de s'en sortir...

Voici un "polar nazi" qui parvient - probablement à cause de l'année de sa production - à ne pas tomber dans le sensationnalisme que l'on peut observer dans les autres efforts du genre. L'interprétation y est correcte, et les dialogues sont d'une bonne humeur peu commune. Le suspense est maintenu jusqu'à la fin, et sur le chemin on retrouve quelques revirements subtils, tandis que certains autres sont d'une facilité plutôt banale. L'ex-officier est joué par un Eduardo Fajardo (COUNSELOR AT CRIME, KNIFE OF ICE) déjà grisonnant et exécrable comme pas un. La poupée de service est interprétée par Yvonne Bastien, beauté bien particulière qui tourna dans quelques spaghetti westerns et dont la carrière s'arrêta inexplicablement en 1970. Il faut aussi noter que tout le travail de caméra est dû à Joe D'Amato, et que le réalisateur utilise Wagner avant l'heure, et ce assez efficacement. Orloff

PIERINO IL FICHISSIMO - Alessandro Metz avec Maurizio Esposito, Gianni Ciardo, Adriana Russo, 1981, Italie 

Pas d'Alvaro Vitali dans celui-ci. Pierino est joué par Maurizio Esposito que je n'avais jamais vu, et pour cause puisqu'il n'a joué à ce jour que dans deux longs métrages.

Le film est une succession de blagues mises en images sans fil conducteur. C'était déjà le cas dans le Pierino de Girolami, mais la différence c'est que là, c'est vraiment navrant. Y'a rien de bon la-dedans : Maurizio Esposito est catastrophique avec ses grimaces foireuses, les gags ne sont pas drôles (j'ai souri une seule fois), et même Gianni Ciardo, agréable dans ses duos avec Vitali m'a cassé les pieds.

Alessandro Metz n'a récidivé qu'une fois en tant que réalisateur, l'année suivante. Pourtant, il a été assistant réalisateur sur de bonnes comédies, notamment de Mariano Laurenti. Faut croire qu'il est meilleur en second que dans le rôle principal.

A éviter, à moins de vouloir constater que l'art de la comédie trasho-potache n'est pas aussi trivial qu'il donne à le croire. Riton

PLANETS AGAINST US aka I Pianeti contro di noi aka Le Monstre aux Yeux verts - Romano Ferrara, 1961, Italie/France

Lorsque le même homme est aperçu à la même minute, à travers le monde, en train de saboter les efforts de toutes les nations pour aller dans l'espace, les savants et les militaires se réunissent pour éclaircir le mystère. On suivra un des ces automates d'outre espace, dénommé Bronco ( Michel Lemoine ), qui essaie d'accomplir sa mission tout en se méfiant des femmes qui se jettent à ses pieds. Car Bronco, lorsqu'il touche de ses mains nues un être humain, a la capacité de le réduire à néant.

J'ai vu ce film à la télé lorsque j'avais 8 ou 10 ans et j'étais resté marqué par les squelettes qui fondent, le visage mystérieux de Michel Lemoine et la fin très triste de celui-ci, qui essaie de protéger femmes et enfants. Michel Lemoine est toujours aussi impressionnant, on pense à Bowie qui aura l'air aussi étranger dans THE MAN WHO FELL TO EARTH. Sa démarche chaotique lorsqu'il fonctionne mal, son regard perçant est inoubliable. Il se promène dans une Italie ou les femmes, célibataire ou fiancées, sont attirées par lui, qui ne connaît rien des sentiments humains, dans une atmosphère libertine. Comme d'autres films de cette époque, la paranoïa des pouvoirs institutionnels envers l'étranger n'est pas sans rappeler le spectre du communisme. Les forces spéciales ont un bric à brac aujourd'hui ridicule, mais l'atmosphère est toujours sombre, le dénouement toujours tragique et Michel Lemoine, toujours impeccable. Les scène de créations des robots-Bronco est digne de mention. Chapeau ! Mario Giguère

PLANKTON aka Creatures from the Abyss - Al Pessari, 1994, Italie

5 jeunes qui partent en voyage sur l'eau tombent en panne d'essence et accostent un navire de recherche océanographique. Le bateau a été récemment déserté, mais on les observe. On découvrira que du plancton irradié a créé des poissons carnivores qui peuvent vivre à l'air libre et qui ont une libido très forte.

Mélange de THE THING et TITANIC, avec pas trop de budget, des acteurs nuls, un doublage anglais pourri, un scénario sans queue ni tête, mais un monstre inénarrable et de l'animation image pas image que c'est rare qu'on en voie de nos jours.

Une bonne rigolade. Mario Giguère

Une PURE FORMALITÉ aka Una Pura formalità - Guiseppe Tornatore, 1994, Italie/France

Ce film vaut surtout pour les deux titans qui l'interprètent : Roman Polanski et Gérard Depardieu. On notera aussi la présence d'Ennio Morricone à la bande-son et du romancier Pascal Quignard au dialogues.

Pour le reste, c'est du cinéma de répertoire, soucieux d'aborder de grands thèmes humanistes qui plaisent aux critiques, avec un brin de métaphysique. On y retrouve l'écrivain tourmenté dont l'œuvre est supérieure à ses qualités éthiques, le policier bureaucrate, certes, mais également questionneur et plus intelligent qu'on ne le croirait à prime abord... Et quelques faire-valoir. Plus la révélation finale, loin d'être aussi originale qu'on pourrait le croire (en fait, beaucoup de romanciers du XIXe siècle nous avaient déjà fait le coup, et même Jess Franco y avait pensé au cours des années 60, dans l'un de ses films).

Ces méandres kafkaïens ne sont finalement pas très nouveaux, et le tout est une pièce de théâtre filmée qui ne s'avoue pas comme telle. Sans Polanski et Depardieu, le film ne tiendrait jamais. Les deux sont bien entendu à la hauteur, mais la durée du film (111 minutes) est trop longue pour soutenir son propos qui, du reste, relève peut-être plus d'un essai ou d'une thèse vaguement sociologique que de l'art cinématographique.

Quelques belles trouvailles : ce poste de police inondé qu'on écope à l'aide de seaux ou de torchons ; une ambiance nocturne et déprimante ; un éclairage adéquat. Vu en salles, le film est sûrement plus efficace que dans sa version vidéo recadrée. Demeure quand même le fait que le résultat final est plus théâtral que cinématographique et, pour cette raison, on peut avoir l'impression d'un exercice réussi sur le plan technique mais un peu vain en définitive Howard Vernon

QUATRE MILLIARDS EN QUATRE MINUTES aka QUELLI DELL'ANTIRAPINA (4 MILLIARDI IN 4 MINUTI) aka FOUR BILLIONS IN FOUR MINUTES - Gianni Siragusa - avec John Richardson, Antonio Sabato, Lea Lander, Vassili Karis, 1976, Italie, 1h35

Depuis sa cellule de prison, l'"avocat", redoutable perceur de coffres, télécommande un casse de 4 milliards. Pour récupérer le magot, il s'évade avec sa bande, tandis qu'un autre prisonnier, Raphaël (Antonio Sabato), en profite pour s'enfuir avec eux. Poursuivi par la police, Raphaël demande asile à l'"avocat" qui, forcé d'accepter, tait l'histoire des 4 milliards...

Sorti alors que la vague de "poliziotteschi" est à son sommet historique, ce film méconnu se démarque du reste de la production d'alors. Il ne s'agit ni d'un polar façon Maurizio Merli, ni d'un film de casse à l'ancienne (le hold-up se déroule vraiment en 4 minutes !), mais bien d'un "noir" dans la tradition américaine. Certes, quelques scènes de poursuites pétaradantes ramènent parfois en territoire transalpin connu. Mais nous sommes bien dans l'ensemble en présence d'un authentique film de gangsters, dépourvu du moindre personnage de flic. Le scénario est fourni et correctement rythmé, et l'interprétation inégale. John Richardson compose avec talent un bandit machiavélique, grand seigneur et non-violent, à la Spagiari. Lea Lander s'en sort avec les honneurs dans ce rôle de femme fatale mature, sans toutefois faire oublier les Barbara Bouchet, Silvia Dionisio et autres Laura Belli plus habituées du genre. Tout irait à peu près bien sans le calamiteux Antonio Sabato. Inexpressif et sans épaisseur, le bellâtre plombe en partie ce polar pas désagréable par ailleurs. Assez présente, la trame sonore de Franco et Mino Reitano contient quelques jolies pièces funky d'époque ! Stelvio

QUELLA ETÀ MALIZIOSA - Sylvio Amado (So Young,so lovely,so vicious ainsi que Amuck et plusieurs autres), 1975, Italie

Film italien sans sous-titre quelconque... Donc J'ai du essayer de comprendre une langue que Je ne maîtrise pas du tout mais qu'est ce que je ferais pas pour regarder Gloria Guida !

Un homme (Nino Castelnuovo) se retrouve sur une île en compagnie de Guida et de sa mère et il doit subir le même sort que Guida réserva dans les années 70 à tout ses collègues masculins (et parfois même...) et ce au grand plaisir de nos yeux.

C'est très léger comme film, mais comme ça semblait devenir une mode populaire en ces années-là, on a droit a un moment dramatique à la fin qui vient refroidir abruptement cette ambiance de "tease, sex 'n fun".

Le BARON proclame ce film " UN SUCCÈS " et déclare devant tous et toutes " VIVA L'ITALIA !!! " Baron Blood

QUI COUCHE AVEC MA FEMME ? aka Who Mislaid my Wife ? aka Cattivi Pensieri, aka Evil Thoughts aka Qui chaufe le lit de ma femme ? - Ugo Tognazzi, 1976, Italie, 1h42.

Mario (Ugo Tognazzi), un avocat italien moustachu et un peu névrosé, doit partir en voyage d'affaires à New York mais son vol est annulé à cause d'un épais brouillard planant sur Milan. Il revient donc à la maison à l'improviste et décide de partir à la chasse le lendemain matin à l'aube. En préparant son matériel, il découvrira les pieds d'un homme dissimulé dans le cagibi. Trop choqué pour chercher à connaître l'identité de "l'amant dans le placard", il fermera le cagibi à double-tour et une fois parti avec sa femme (Edwige Fenech), il fera tout pour prolonger son voyage tout en se demandant constamment qui peut bien être cet "amant".

À la fois comédie et commentaire social, cette réalisation du grand Ugo Tognazzi navigue sans vigueur dans des eaux quelque peu stagnantes, mais le rythme mou et les innombrables "rêves éveillés" du personnage principal, interprété par le réalisateur, ne parviennent pas à lui enlever un certain charme. Les dialogues étudiés évitent à l'ensemble de tomber dans le cliché, et la réalisation conventionnelle ne se met pas dans le chemin du récit. Il est intéressant de voir qu'une vulgaire comédie italienne faisait preuve, en '76, d'un pareil procédé narratif; en effet, tout le film repose sur des faux départs, des scènes improbables qui se révèlent après un certain temps être les fantasmes éveillés de Tognazzi. On remarque quelques scènes qui ont beaucoup de style, et miss Fenech est utilisée à toutes les sauces, particularité devant laquelle personne n'émettra d'objections. Il est intéressant de noter un second rôle fort cabotin réservé au bellâtre de service Luc Merenda, qui fera beaucoup sourire ceux qui le connaissent davantage sous son jour de "dur de flic". Orloff

Mettons que je parle de monstre sacré. Une découverte à mon vieux club vidéo préféré, cette comédie écrite, jouée et réalisée par Ugo Tognazi est une série de rêves et fantasmes de jalousie qui arrivent pendant un long voyage spontané, Ugo ayant aperçu deux pieds dans la penderie et ayant cadenassé l'amant pour 7 jours. La  comédie est lente, quelques petites surprises, quand on ne sait plus si c'est la suite du récit ou l'imagination  D'Ugo que l'on voit, et Edwige est toujours aussi belle. Et Ugo s'appelle Mario...  Mario Giguère

The RED MONKS aka I Frati rossi - Gianni Martucci, 1988, Italie

RED MONKS est l'un des films qui s'entassent depuis longtemps dans ma bibliothèque... L'une de ces cassettes qu'on s'est procuré voilà des années et que, depuis, on n'a pas osé regarder parce que ça semble mauvais. On aurait envie de s'en départir sans même vérifier de quoi ça a l'air, mais finalement, pour des raisons obscures qu'on ne comprend pas soi-même, on décide quand même de lui donner une chance, au cas ou...

LUCIO FULCI PRESENTS : THE RED MONKS. 

Lucio Fulci s'est associé à plusieurs films dans la seconde moitié des années 80, mais, souvent, il semble qu'il n'ait même pas mis les pieds sur le plateau de tournage. Son nom servait de faire-valoir commercial. J'imagine que c'est le cas pour THE RED MONKS.

ÇA RACONTE QUOI ? 

RED MONKS parle d'un bellâtre qui habite dans un somptueux château. Un jour, il rencontre une peintre qui s'est réfugiée dans un arbre, car elle a été poursuivie par son chien de garde. Coup de foudre. Ils se marient, et elle vient habiter dans le château...

Mais on apprend vite qu'une confrérie de moines méchants régit la vie du bellâtre et exige qu'il leur offre son épouse en sacrifice sous peu. 

ENSUITE ? 

Ensuite, rien. Promenades interminables dans des couloirs du château. Un ou deux meurtres hors-champ. Musique de synthétiseurs typique de 1987-1988. Éclairages bleutés, du genre vidéoclip de Meatloaf pour I WOULD DO ANYTHING FOR LOVE. Interprétation atroce. Scénario-gruyère, incohérent, inconsistant. Faux coup de théâtre final qui ne sauve rien.

ON DIRAIT PRESQUE UNE "CRITIQUE" DE MÉDIAFILM 

En effet. On a ce qu'on mérite, peut-être. Toujours est-il que je ne recommanderais THE RED MONKS à personne, même pas aux fanatiques de Lucio Fulci. L'ennui règne dans ce thriller qui n'effraiera personne. Il mériterait sans doute de se décomposer dans le château des moines rouges. Howard Vernon

RED NIGHTS OF THE GESTAPO aka LE LUNGHE NOTTI DELLA GESTAPO - Fabio De Agostini, 1977, Italie

Début 1941, Rudolf Hess, membre du Conseil du IIIe Reich, s'envole pour les Royaumes Unis dans le but de signer un traité de paix avec l'Angleterre. Hitler a prétendu que Hess avait agit de son propre chef et l'a accusé de trahison. Vrai ou non, cette tentative motiva tout un pan de la bourgeoisie allemande à s'unir contre le parti nazi. C'est de ce fait historique que part le film de Fabio De Agostini, un film que l'on imagine évidemment plus porté vers l'exploitation scabreuse que vers la retranscription documentée d'une page majeure de la 2e Guerre Mondiale. Mais RED NIGHTS OF THE GESTAPO est avant tout l'adaptation du livre de la veuve du personnage principal, Werner von Uhland ; un récit certainement plus axé vers la douleur d'une femme bafouée qui aura vécu l'enfer via une odieuse manipulation de la Gestapo sur son mari et sa famille que vers un étalage de dépravations sexuelles et autres tortures sur femmes à poil.

L'histoire est donc celle de Werner von Uhland, bras droit de Hess qui craint les représailles des nazis suite à la supposée trahison de son patron. Mais la gestapo préfère profiter de la popularité de Hess au sein des antinazis pour lui confier une mission consistant à infiltrer et éliminer la German Intelligence, à savoir les opposants du führer. Von Uhland prend contact avec tout ce petit monde et organise une jolie sauterie dans un grand château avec de l'alcool et plein de filles délurées composées de cochonnes salaces et même de quelques patientes nymphomanes et suicidaires sélectionnées dans un hôpital psychiatrique. L'occasion pour Agostini de tourner quelques scènes de saphisme, de sous-entendre la pédophilie de l'un des protagonistes, de mettre en scène quelques perfos sadomasochistes et même de faire jouer une belle blonde vêtue d'un bas résille, affublée d'une moustache hitlerienne et crachant des balles de ping-pong (!) histoire de bien se moquer du führer - un court moment aux frontières du surréalisme... Mais les quelques minutes occupées par ces finalement rares moments divertissants ne permettent pas de faire l'impasse sur les interminables longueurs que plombent un scénario confus et au dénouement maladroit. Il ne doit plus rester grand-chose du matériau de base, à savoir le livre de Madame Uhlan. Le calvaire endurée par la pauvre femme pendant cette période (son fils fut kidnappé pour s'assurer la bonne collaboration de Von Uhlman) est rapidement expédié via quelques plans la montrant feuilleter puis déchirer un album de photos d'Hitler les larmes aux yeux... Pas de quoi casser une pâte à un canard, le film d'Agostini s'avérant bien moins sulfureux qu'il ne le laissait présager. Finalement, pas grand monde risque d'y trouver son compte. Kerozene

The REINCARNATION OF ISABEL aka Riti, magie nere e segrete orge nel trecento - Renato Polselli, 1972

Un jeune couple va se marier. La fête se passe dans un vieux château. Mais, il y a 400 ans, une certaine Isabelle s'est fait brûler par les villageois suite à une accusation de sorcellerie. Et aujourd'hui, une cérémonie se déroule afin de la ramener à la vie à l'aide de jeunes vierges...

Rude exercice que de résumer ce film tant il est bordélique et non-sensique. Les scènes de cérémonie satanique, de flash-back de bûcher et de scènes "actuelles" se mélangent sans raison, sans structure et déroutent totalement le spectateur médusé devant pareille aberration. Les scènes sont accompagnées de musique psychédéliques, de guitares woodstockiennes, l'effet hippie étant appuyé par un générique aux couleurs pastels défilant kaleidoscopiquement et par des éclairages trippés durant une grande partie du métrage. On ne parle pas des dialogues dont le sens reste à élucider. Les filles hallucinent et se retrouvent facilement nues, des coeurs sont arrachés, une vierge perd sa virginité avec un homme et une femme (la scène est étonnement faite sur un ton très comique, accompagnée de guitare électrique) et devient une grosse obsédée. La cérémonie satanique qui mène à la résurrection est tournée dans un studio au milieu d un décor à deux balles. Il y a 400 ans, les paysages abritaient déjà de grands grillages que l'on croyait modernes, les scènes de nuit tournées de jour ne manquent pas, et les personnes réincarnées se trouvent être des vampires (!?!?!)...

En tout cas, j'ai rien compris, mais j'ai trouvé ça extrêmement fascinant. Nul doute que le film fut un échec total à sa sortie.

Avec Mickey Hargitay et Rita Calderoni. Kerozene

  Le RETOUR DE KRIMINAL aka Il Marchio di Kriminal - Fernando Cerchio avec Glenn Saxson, Helga Liné, Andrea Bosic, Italie, 1968, 85m 

Alors que l'inspecteur Milton croit Kriminal en prison à Istanbul depuis une bonne année, nous le retrouvons sous les traits d'un directeur de maison de retraite pour dames âgées. Il en profite, avec sa complice, pour maquiller les meurtres de ces dames en mort naturelle et récolter leur nouvelle police d'assurance. Sentant la soupe chaude, il découvre par hasard qu'une série de quatre statuettes de Bouddha contiennent les qu'âtres parties d'un plan pour retrouver deux peintures d'une valeur inestimable. Il n'est cependant pas seul sur l'affaire et celui qui a vendu originalement les statuettes, qui a deviné l'affaire, part aussi à la recherche des objets manquants, puis se rend à Istanbul dans des ruines retrouver l'endroit bien caché, révélé par les plans. Trahisons, meurtres et tricheries s'accumulent alors qu'une jolie femme essaie de berner tout le monde.

Si on enlevait le sadisme du super criminel, on se croirait presque dans un scénario digne d'un Indiana Jones dans cette chasse au trésor au scénario plein de rebondissements. On continue la formule rodée par le premier film, retour d'Helga Line dans un nouveau rôle, toujours aussi affriolante, l'inspecteur Milton, trop aussi souvent déjoué, un certain humour noir avec ces vieilles dames qui trouvent leur directeur bien beau et bien fin et une musique entrainante. On conserve aussi les fins de scènes qui se transforment en cases de bande dessinée. Sans avoir le panache du film d'Umberto Lenzi, mais certains préfèrent cette suite, on ne s'ennuie toujours pas avec un Kriminal dont le sort est surprenant. Bref, si vous avez apprécié le premier, vous devriez aimer cette suite haute en couleurs et en jolies femmes.

En supplément sur l'édition: La saga Kriminal par Curd Ridel; un diaporama d'affiches et photos et les bandes-annonces de la collection Ciné Fumetti. Offert en version française et en italien avec sous titres français. Mario Giguère

The RETURN OF CAGLIOSTRO aka IL RITORNO DI CAGLIOSTRO - Daniele Cipri & Franco Maresco, 2003, Italie

Les auteurs de l'inoubliable TOTO QUI VECUT DEUX FOIS signent ici un faux documentaire sur un mythique (et fictif) studio sicilien fondé par les frères La Marca dans les années 1950, responsables de ce que l'on pourrait considérer comme étant les plus mauvais films de l'histoire du cinéma. Fous de 7ème art, ces deux sculpteurs de saintes vierges à destination des églises parviennent à financer leurs productions grâce au cardinal et à ses proches amis. Les investisseurs, navrés de voir de quelle façon leur argent se retrouve dilapidé dans des films d'une affligeante platitude et interprétés par des comédiens de dix-huitième zone recrutés dans la campagne sicilienne, refusent de continuer l'aventure. Les frères La Marca se voient contraints de stopper leurs activités créatrices jusqu'au jour où un baron obsédé par le personnage de Cagliostro leur laisse toutes ses économies afin de réaliser la suite du CAGLIOSTRO de Gregory Ratoff dans lequel Orson Welles incarnait le magicien charlatan. Afin de se donner les moyens de leurs ambitions, les frères La Marca parviennent à faire venir Erroll Douglas (Robert Englund), star hollywoodienne sur le déclin, alcoolique désespéré, et de lui confier le rôle titre. Désabusé, Erroll Douglas s'apitoie sur son sort et constate qu'il a effectivement touché le fond : il se retrouve face à des producteurs qui ne comprennent rien au cinéma, à un réalisateur profondément incapable et il donne la réplique à des paysans siciliens qui n'ont aucune notion d'acteurs. Le résultat est catastrophique et Douglas finira en hôpital psychiatrique.

Cipri et Maresco ont mis de l'eau dans leur vitriol. On est bien loin ici de la Sicile putride et outrancière de TOTO QUI VECUT DEUX FOIS. Il reste bien quelques traces de leur humour caustique, comme l'atteste une statue d'un homme nu au membre généreux, ou la cour du cardinal remplie de curés dansant la valse. Si les personnages sont tous attachants et totalement stupides, le film souffre malheureusement de quelques longueur. Mais surtout, si l'histoire du studio, des frères La Marca et d'Erroll Douglas est intéressante, le film se trouve soudainement cassé par l'arrivée inattendue d'un nain qui prend en main de faire la lumière sur certains points du récit. On revient alors en arrière pour apprendre une rocambolesque histoire de liens entre le Cardinal et le gangster Lucky Luciano. Le récit plonge alors dans une confusion certaine et perd son spectateur qui n'en demandait pas tant. Résultat, cet essai de Cipri et Maresco déçoit pour peu que l'on soit un peu familier à leur univers. L'humour est bien là, la galerie de freaks siciliens est superbe et les scènes de tournage sont très drôles, en particulier lorsque Robert Englund incarne un Cagliostro désespéré face à une momie des plus pathétique. Mais l'ensemble est bien trop bancal et se casse la gueule dans sa conclusion. Dommage. Kerozene

ROMANZO CRIMINALE - Michele Placido avec Pierfrancesco Favino, Kim Rossi Stuart, Claudio Santamaria, Riccardo Scamarcio, Anna Mouglalis, Jasmine Trinca, Stefano Accorsi, 2005, Italie, 2h28

Rome, années 70 : une bande de jeunes criminels est bien décidée à faire régner sa loi coûte que coûte. De fil en aiguille, à force d'arrangements avec la mafia locale et des fonctionnaires corrompus, les délinquants deviennent de redoutables caïds. Mais un commissaire tenace ne les lâche pas d'une semelle. La vie du gang sera tout sauf un long fleuve tranquille...

Tourné en 2005, ROMANZO CRIMINALE se range dans la catégorie des "period movies", pour reprendre un terme marketing hollywoodien. Sorte de version sombre et mafieuse de NOS MEILLEURES ANNÉES de Marco Tullio Giordana, ROMANZO CRIMINALE (que l'on aurait pu sous-titrer "Nous nous sommes tant flingués" !) nous offre de suivre, 148 minutes durant, la saga d'une bande de jeunes délinquants qui décidèrent de mettre Rome et son milieu à leur botte. Cet aspect "historique" se trouve renforcé grandement par la bande-son, truffée de tubes rock ou funk millésimés, ainsi que par l'inclusion régulière d'images d'archives (l'enlèvement d'Aldo Moro, la tentative d'assassinat de Jean-Paul II, la victoire de la Squadra Azzurra au Mondial 1982, la chute du Mur de Berlin etc.). Un soin évident a été apporté aux costumes et aux décors. La mise en scène est efficace dans l'ensemble, mais on peut regretter le choix quasi-exclusif d'une lumière un peu "grisâtre" (le film se veut "noir", il est vrai, mais l'effet s'avère un peu systématique).

Les différents aspects de l'âge d'or du polar italien, concomitant de l'époque à laquelle le film se déroule, sont présents et bien présents. ROMANZO CRIMINALE "mute" sous nos yeux, passant de la chronique de la jeunesse délinquante aux films de gangsters à la Lenzi pour finir en thriller conspirationniste à la Damiano Damiani. Compte tenu de la durée du film, on peut regretter que Placido multiplie les péripéties, parfois sans grand intérêt, plutôt que de mieux creuser ses personnages, en particulier les seconds rôles, quelque peu sacrifiés.

Signe de l'évolution des mœurs : les personnages féminins ont la part belle, ce qui n'était pas vraiment le cas dans les "poliziotteschi" des années 70. Anna Mouglalis et Jasmine Trinca trouvent chacune un joli rôle, l'une jouant une pute toute en sensualité sauvage et trouble, l'autre une "madonne", jeune fille innocente jetée comme par accident dans le grand bain du banditisme. Le meilleur du film est là, dans cette manière de partir d'archétypes et de les nuancer. Aspect encore renforcé par le fait, qu'au tout début, les membres du gang se choisissent chacun un surnom et deviennent le Libanais (Pierfrancesco Favino), Dandy (Claudio Santamaria), le Froid (Kim Rossi Stuart) et le Noir (Riccardo Scamarcio).

L'ensemble se suit avec un "effet madeleine" évident, celui de revisiter une époque lointaine mais pas méconnue en même temps qu'un territoire cinéphilique adoré. Certains accuseront de ce fait le film d'une certaine facilité. Il manque à coup sûr une ou deux scènes d'anthologie, qui l'auraient fait passer du rang de simple bon film à celui de classique "scorsésien" en puissance. Dommage... Stelvio

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UMBERTO LENZI

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