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mise à jour le 16 juin 2016

La SALAMANDRA aka THE SALAMANDER aka LA SALAMANDRE - Peter Zinner avec Franco Nero, Sybil Danning, Martin Balsam, Christopher Lee, Eli Wallach, Anthony Quinn, Claudia Cardinale, Martin Balsam, Cleavon Little, John Steiner, Jacques Herlin, Renzo Palmer, Anita Strindberg, Nello Pazzafini, Marino Masé, Italie (coproduction anglo-américaine), 1981, 1h40

Rome, 1980. Un agent du contre-espionnage, le colonel Dante Matucci (Franco Nero), enquête sur l'assassinat du général Pantoleone, meurtre qui a été maquillé en suicide. Il trouve alors près du corps de la victime une carte sur laquelle est dessinée une salamandre, carte qui avait déjà été découverte sur les corps d'autres victimes. Matucci mène son enquête et cherche à en savoir plus sur les sinistres secrets que cache cette série de meurtres. Parmi ses principaux suspects se trouvent le prince Baldasar (Christopher Lee), directeur du contre-espionnage et supérieur hiérarchique de Matucci, l'ambitieux général Leporello (Eli Wallach) et un individu plus mystérieux et ambigu nommé Bruno Manzini (Anthony Quinn). Matucci interroge ses différents suspects et découvre très vite que l'assassinat du général cache en réalité une sinistre conspiration : un groupe de hiérarques fascistes est sur le point de commettre un coup d'État en Italie. Matucci, qui a pris sous sa protection la ravissante Lili Anders (Sybil Danning), ancienne dame de compagnie du général Pantoleone, se retrouve traqué par les conspirateurs et va tout mettre en oeuvre, avec l'aide de son ami le capitaine Steffanelli (Martin Balsam), pour tenter de contrer cette menace fasciste...

Monteur réputé, vainqueur en 1979 d'un Oscar pour THE DEER HUNTER de Michael Cimino, l'Autrichien Peter Zinner réunissait un éblouissant casting pour ce thriller politique italien méconnu du début des années quatre-vingt. Et c'est alléché par cet "effet madeleine", cette envie de retrouver des acteurs de genre familiers et appréciés, que j'ai entamé mon visionnement. Si l'intrigue est bien conduite, il s'avère en revanche que la mise en scène manque de dynamisme. Les quelques séquences d'action (une poursuite automobile dans les rues de Rome, une scène de torture) ne brillent guère par leur inventivité. Il est vrai que cette SALAMANDRE arrivait après une décennie de "poliziotteschi", qui avaient déjà largement fait le tour de la question.

Du reste, nous sommes davantage en présence d'un récit conspirationniste façon Damiano Damiani que d'une série B nerveuse à la Lenzi. La bande-son, jolie mais classique, de Jerry Goldsmith souligne bien la différence. Malgré cet aspect bavard et un peu guindé, LA SALAMANDRE réserve quelques moments appréciables, grâce à quelques bonnes performances d'acteur. Franco Nero prend son rôle très à cœur, et ses scènes avec Sybil Danning fonctionnent bien, on sent une certaine alchimie, fut-ce dans la version doublée. Avis aux afficionados de la sculpturale Autrichienne : il faut la voir caresser sensuellement - et sans doute de manière improvisée, à en juger par la mine surprise de l'acteur au cours de la scène - la moustache de Franco Nero et lui implorer de passer la nuit avec elle. Ca fait rêver... Stelvio

SAMOA, REGINA DELLA GIUNGLA - Guido Malatesta avec Edwige Fenech, 1968, Italie 

Une expédition est organisée pour découvrir des diamant dans un coin reculé. Le mélange explosif de mercenaire, géologue, secrétaire blonde et autres aventuriers pénètrent allégrement la jungle. Près de leur premier but: la Castata, une énorme chute autour desquelles on trouverait les pierres précieuses, des cannibales les prennent en chasse. Heureusement la belle Samoa, qui parle italien, est dans le coin et les protège en les amenant dans sa tribu, pacifique et pleine de diamants...

C'est le deuxième film que la belle Fenech a tourné. Elle se plaindra de devoir être enduite de maquillage sur tout le corps pour passer pour une indigène, trop blanche qu'elle était ! Le mélange de prise de vues réelles dans la jungle, tirées d'un documentaire ?, du studio et des extérieurs en Italie est plutôt rigolo aujourd'hui. Comme on est dans les années 60, la musique est belle, et si on tue des dizaines de cannibales au fusil, aucune goutte de sang n'est visible. Mondo oblige, on a droit aussi à un serpent qui en bouffe un autre dans une scène qui s'étire longuement. Les acteurs interprètent des rôles très stéréotypés, de Roger Browne en leader macho dont Samoa ne peut que tomber amoureuse, à Ivy Holzer, secrétaire blonde jalouse qui ne rêve qu'aux diamants en passant par Ivano Staccoli en lâche notoire dont on ne doute pas un instant qu'il ne saura se tirer d'affaire ! L'ensemble est donc fort agréable à l'oeil mais souffre des clichés de l'époque. Edwige Fenech porte des costumes dont on se demande bien comment ils font pour tenir aux endroits stratégiques. Jennifer Lopez n'a rien inventé !

J'ai vu le film, une copie qui a passé sur un certain canal 7 à la télévision italienne, en dvd-r d'une compagnie qui aurait disparue, vidéo oasis. Comme les sous-titres viennent de Videosearch of Miami, tout cela semble louche, mais ne gâche pas le bonheur de voir ce bel exemple des débuts de la déesse italienne ( Edwige est en fait originaire d'Algérie et ne parlait pas un mot d'italien, mais on ne lui en veut pas ). Mario Giguère

SATANIK - Piero Vivarelli avec Magda Konopka, Umberto Raho, Julio Pena, Luigi Montini, Italie, 1968, 81m

Lorsque le Dr. Bannister, une vieille femme toute fripée au visage meurtri et couvert de cicatrices dont nous ne connaîtrons jamais l'origine, rencontre un confrère barcelonais qui lui présente le fruit de ses recherches sur la régénération des cellules, elle se porte spontanément volontaire comme cobaye humain. Le professeur refuse, car les tests sur les animaux ont montrés que le sérum provoquait des excès de violence incontrôlable, comme en atteste le petit chiot tout mignon qu'il pointe du doigt et qui semble finalement aussi féroce qu'une peluche en vitrine d'un magasin de jouets. Sur ce, Bannister se met en boule, assassine le prof, ingurgite le sérum, grimace, tombe à terre et se transforme en superbe mannequin polonais (ce que l'actrice Magda Konopka était). La belle va alors user de ses charmes afin de séduire des hommes richissimes et les dépouiller de leur argent. Mais les effets du sérum étant temporaire, elle redevient moche, se met en boule, assassine un homme, reprend du sérum et redevient top model. La police piétine, les témoignages se contredisent, certains mentionnent une horrible bonne femme, d'autres une bombe sublime aux jambes interminables... Mais certains flics sont apparemment plus malins que d'autres... et surtout moins cartésiens. Car dans une enquête, il ne faut exclure aucune possibilité.

Cette adaptation bancale d'un fumetti inspiré (adapté ? pompé ?) du turc Killink, tente de profiter du buzz autour du " Danger Diabolik " de Mario Bava. L'effort est louable, le résultat beaucoup moins. Très Z, cette variation sur le mythe de Jekyll & Hyde manque de panache, et malgré une bande son attachante et quelques scènes de nu complètement gratuites, on s'y ennuie rapidement. La traque de la tueuse sur termine sur les rives du Lac Léman, notamment à Genève que l'on visite ici en long et en large façon carte postale animée (qu'elles sont chics ces rues marchandes, qu'il est beau ce grand jet d'eau...), et on profite d'un gunfight pour le moins théâtral sur un bateau (qui a la particularité de m'être particulièrement familier, comme à toutes personnes vivant autour du Lac). Bizarrement, la Satanik du fumetti vêtue de son costume noir au squelette imprimé n'apparaît à aucun moment. Tout au plus pouvons-nous apprécier le déhanchement de Magda Konopka sur la scène d'un cabaret, pour le coup vêtue d'une combinaison et d'une cagoule noire, seuls éléments vestimentaires qui rappellent vaguement le personnage d'origine. Kerozene

Marnie Bannister, vieille et défigurée, se rend chez un scientifique qui perfectionne une potion qui redonne jeunesse aux animaux. Il y a cependant un effet secondaire non négligeable, les sujets deviennent autant agressifs que jeune et en forme. Il refuse donc d'en faire profiter Marnie qui s'empresse de le tuer et de prendre le produit miracle. La transformation est spectaculaire et la police croit la vieille dame coupable de meurtre, malgré que seule une jeune femme soit sortie de l'édifice. Pour échapper à la police, Marnie se retrouve rapidement impliquée de plus en plus dans le milieu criminel et deviens Satanik, profitant de ses rechutes pour échapper à plusieurs reprises à la police.

Inspiré d'un fumetti paru de 1964 à 1974 et surfant sur la popularité de l'adaptation de Diabolik, Satanik joue la carte des années pop avec un scénario qui serait proche de la bande dessinée d'origine. Magda Konapta est absolument superbe en Satanik et on multiplie les costumes flamboyants et son effeuillage dans son collant noir en est un fascinant. On ne peut pas en dire autant du maquillage qui la vieillit, au point ou je me demandais pourquoi on parlait d'une vieille femme. En passant par dessus la scène de transformation, qui n'est pas sans rappeler celle de Doctor Jerry et Mister Love et ou ses cheveux rallongent pendant que sa jupe raccourcit, on appréciera une intrigue rocambolesque, aux décors naturels intéressants, privilégiant l'Espagne et la Suisse. Les acteurs secondaires sont efficaces, particulièrement Luigi Montini, qu'on retrouve en entretien.

Le dvd d'Artus films offre en supplément l'excellent "Les génies du crime dans le cinéma populaire européen" par Eric Peretti, et "Danger Satanik" entretien avec Luigi Montini, un diaporama d'affiches et photos ainsi qu'un livre de 64 pages "Superhéros - Supervilains". En version française, italienne et sous titres français. Mario Giguère

SCARLET DIVA - Asia Argento, Italie, 91m

Le mal de vivre et le grand besoin d'amour d'Anna Batista, jeune starlette italienne exhibitionniste, dans l'enfer des tournages, des producteurs véreux, des drogues et des baises sans lendemains. Comme elle dit s'y bien, être artiste c'est être une pute!

Après 2 ans d'attente la voici enfin la première réalisation très personnelle d'Asia Argento. Nous y avons droit, comme on s'y attendait à un portrait très personnel d'Anna Batista/Asia Argento. La valeur artistique du film est indéniable (musique, photographie, etc.), même si c'est filmé en vidéo haute définition, à certains moments on ne peut pas vraiment faire la différence d'avec la pellicule.

Le film regorge des oeuvres d'arts (peintures, poèmes, etc.) de l'artiste et elle se livre toute entière. Avis à ceux qui désiraient seulement s'y rincer l'oeil, même si Asia y est nue à quelques reprises, il n'y presque rien de franchement érotique là-dedans: Asia se rase les aisselles nue dans la salle de bain, par 2 fois elle manque de se faire violer par des producteurs véreux, elle se fait abuser par une vedette rock qu'elle droit être l'homme de sa vie, etc. Si vous voulez la voir bien graphiquement regardez plutôt ses couvertures chocs de magazines ou encore à la scène de lit de B. Monkey.

Toutefois, nous avons droit une nudité de l'âme masochiste d'Asia Argento et à son mal de vivre à l'état brut. Un bien beau premier film. Black Knight

Je suis bien content d'avoir regardé l'entrevue avec Asia avant le film, ne serait-ce que pour l'entendre affirmer qu'elle n'est pas " the loneliest girl in the world". Il s'agit plus d'une chronique sur le mal de vivre d'Asia Argento, sous le couvert du nom d'Anna Battista. Asia de nous raconter que sa mère n'était pas droguée, que tous ses producteurs ne sont pas aussi grotesque que celui présenté... On ne parle pas beaucoup du père. La réalisatrice cite surtout Abel Ferrera comme modèle et c'est à son film tourné par Ferrera, New Rose Hotel, que Scarlet Diva ressemble le plus. La chanson finale du générique, entendue plus tôt dans le film, est une version très lente et mélancolique d'une chanson de David Bowie qui résume bien le film et la quête d'amour désespérée d'Anna Batista. Mario Giguère

La plupart d'entre vous ont déjà vu ce film d'Asia Argento. Je n'avais pas encore eu cette occasion. Il faut dire qu'il était précédé d'une réputation particulièrement calamiteuse. Le DVD édité par Media Blasters commence d'ailleurs par une mini-introduction d'Asia Argento qui dit : " Je sais que vous avez entendu de très mauvaises choses au sujet de ce film, etc. ". Elle aurait pu éviter cet appel à l'indulgence qui, loin de disposer le spectateur en sa faveur, lui donne au contraire à redouter que les critiques aient raison...

Pendant 90 minutes, SCARLET DIVA suit la vie d'Anna Batista, une actrice italienne très populaire dans son pays et (dans une moindre mesure) ailleurs en Europe... On parle déjà d'une carrière aux États-Unis. Anna est malheureusement paumée et très immature. Elle s'amourache de Kirk, un rocker vu une seule fois à Paris. Le type, au lendemain de leur nuit, lui donne une photo d'Elvis et des pantalons argent ! Telle une collégienne en mal de romance, Anna (dont l'horaire chargé ne devrait pas en principe permettre de telles pertes de temps) se met à griffonner son nom partout, à faire des dessins des deux amoureux dans un style naïf et bariolé. Elle tente aussi de monter un film (SCARLET DIVA), se heurte à des violeurs potentiels, fume du hasch, sniffe du Special-K (une drogue chimique dont on nous assure que ce n'est pas de la coke), hallucine, pleure, etc.

S'agit-il d'un récit autobiographique ? On souhaite qu'Asia Argento ne soit pas aussi paumée qu'Anna Batista, mais à la vue de ce film naturaliste très ancré sur un quotidien déprimant, on peut s'interroger. Le tout a un goût de vécu, particulièrement lorsque la réalisatrice aborde des thèmes comme les effets du smack, les femmes battues, l'attitude des revendeurs de drogue français, etc. D'ailleurs, l'entrevue d'Asia Argento qui se trouve sur le DVD confirme cette impression, l'actrice avouant que le film est " totalement autobiographique ", même si elle s'est permis de prendre certaines libertés en amalgamant plusieurs personnages secondaires pour former une personne.

La réalisatrice pose Anna Batista en victime alors que cette dernière semble souvent responsable de son propre sort, à force de refuser de s'arrêter pour réfléchir à sa vie et faire des choix plus éclairés. Asia prétend malgré tout dans l'entrevue qu'elle n'est pas une victime... Mais on n'en est plus à une confusion près.

Le film est très " mode ", rythmé par une bande-son " in ", même s'il sent parfois l'effort (le fameux Kirk et son groupe musical sont un démarquage des improvisations des Doors). Le film a certainement des moments forts qui jouent en sa faveur (Batista qui risque de se noyer ; certains cauchemars, etc.), alors que d'autres ressemblent à des milliers d'œuvres écrites ou filmées par des jeunes qui ne savent parler que de leur vécu et qui confondent œuvre d'art et psychothérapie publique. À ce titre, l'aspect narcissique de SCARLET DIVA peut agacer ; il faut admettre qu'on ressent rarement d'émotion face au désarroi d'Anna Batista tant sa conduite semble irréfléchie et bête. Alors, lorsque Asia pousse la complaisance envers elle-même jusqu'à nous infliger la vision (dédoublée par un miroir) de son rasage d'aisselles quotidien (nudité ou pas), on s'interroge.

Sur le plan technique, l'œuvre est convenablement réalisée, mais il est clair que la réalisatrice disposait d'appuis extérieurs considérables. Elle passe tout le temps devant la caméra, alors il est difficile de juger de ses véritables aptitudes de cinéaste. Le montage dynamique, très clippé, convient à la description de cette jeune femme toujours en mouvement, incapable de s'arrêter cinq minutes sinon pour halluciner, cauchemarder ou être malade.

En bref, l'expérience vaut un visionnement, mais ce n'est pas un chef-d'œuvre inoubliable. On doit plutôt s'attendre à l'un des innombrables films suivant le quotidien d'un personnage paumé et malheureux, incapable de se redresser et aux prises avec une vie désorganisée.

Le DVD contient une piste de commentaire audio d'Asia Argento qui a été salué par les critiques pour son honnêteté et son contenu. On y trouve aussi une entrevue, où Asia Argento parle de l'influence d'Abel Ferrara, de sa famille, du film et de sa réception critique. En complément : quelques bandes-annonces pour divers films édités par Media Blasters. Howard Vernon

SEDDOK, L'EREDE DI SATANA aka LE MONSTRE AU MASQUE aka Atom age vampire - Anton Giulio Majano avec Alberto Lupo, Suzanne Loret, 1960, Italie, 104m

Le professeur Levin s'est fait depuis quelques années une spécialité des opérations de chirurgie esthétique. A l'origine d'une nouvelle thérapie fondée sur la régénération cellulaire, le scientifique voit enfin l'occasion de mettre en pratique de longues années de recherches quand une strip-teaseuse, défigurée à la suite d'un accident, est placée sous ses soins. Si l'opération est couronnée de succès, les effets secondaires ne tardent pas à se faire sentir et le visage de la jeune femme se déforme peu à peu. Pour lui rendre à nouveau sa beauté, Levin se lance à la recherche de cellules fraîches, qu'il compte prélever sur de ravissantes jeunes femmes. Afin de se donner le courage d'aller jusqu'aux meurtres, il se métamorphose la nuit venue en un monstre effrayant grâce à un sérum de sa composition...

Les films italiens d'horreur étaient encore à leurs balbutiements quand SEDDOK, L 'EREDE DI SATANA est sortie en 1960, sous l'impulsion d'un Mario Bava à la production. Étrange et rarissime télescopage des YEUX SANS VISAGES de Georges Franju et du Dr JEKYLL AND Mr HYDE de Robert Louis Stevenson, LE MONSTRE AU MASQUE est un mélange exquis de film policier, de fantastique gothique, d'érotisme léger (Aaah la scène d'ouverture dans la boîte de strip-tease..) en même temps qu'une histoire d'amour forte mais tragique. Il en devient très vite, au vu de l'année de sa réalisation et de sa maîtrise technique indéniable, une véritable curiosité pour tout amateur de film d'horreur. Marc Evil

The SENSUOUS NURSE aka L'Infermiera - Nello Rossati avec Ursula Andress, Duilio Del Prete , 1975, Italie, 105m

Quand le vieux a l'air de mourir, ses enfants sont fous de joie et se préparent à vendre l'entreprise vinicole du paternel pour mener la belle vie. Malheur, pendant qu'on négocie avec un américain (petit rôle pour Jack Palance) le patriarche prends du mieux. Fiston se rappelle alors d'une infirmière suisse qui a fait monter sa pression il y a quelques années. Ni une ni deux, on fait venir mademoiselle pour s'occuper du vieux satyre en espérant qu'elle lui fasse sauter la patate. Ca ne se passe pas comme prévu quand Anna (Ursula Andress) ne veut pas vraiment faire mourir le bougre et qu'elle tente de séduire le neveu qui a vent du complot...

Si Ursula Andress a une maturité qui ne se retrouve pas toujours chez les nymphettes qui vont suivre, elle a la prestance et la grande forme, habillée ou en costume d'Ève. L'ensemble, malgré la nudité féminine abondante, est plus coquin que grivois. La production est donc chic et de bonne tenue, mais les acteurs, qui par ailleurs évoluent dans un décor somptueux, ne font pas autant rire que les trublions habituels qui déferleront sur la sexy comédie italienne. Mais on se plait à apprécier l'ensemble et on se demande encore comment le jeune résiste aux offres si alléchantes de l'infirmière ! Mario Giguère


Laura Gemser

Les SEPT SALOPARDS aka The Dirty Seven aka Emanuelle Queen of the Desert aka La Belva Dalle Calda Pelle - Bruno Fontana, 1982, Italie

Huit mercenaires, après avoir commis un rapide et brutal assassinat politique en Égypte, se voient forcés de fuir vers la frontière quand leur employeur décide de les éliminer. Ils tombent nez à nez avec un Gabriele Tinti particulièrement nonchalant, et le forcent à leur servir de guide. La tension monte de quelques crans à mesure que les brutes meurent dans diverses circonstances et pillent et violent tout au long de leur parcours. Quelqu'un les traquent. Mais qui ?*

À l'origine un simple suspense de "mercenaires", genre très à la mode en Italie au début des années '80, ce film sans prétention s'est incorporé par magie - après qu'un distributeur sans scrupules en ait changé le titre - à la série des "Emanuelle" popularisée par Joe D'Amato au cours des années '70. Laura Gemser y est particulièrement rayonnante, souvent nue, toujours électrique. Son mari de tous les jours, Tinti, demeure jusqu'à la fin énigmatique, et le travail de caméra est honnête sans trop se démarquer. Le réalisateur, Fontana, est plutôt scénariste, et c'est le seul film dont il signe la réalisation, ce qui explique sans doute son absence de style. Encore une fois une histoire de vengeance, divertissante, mais très rapidement oubliée.

*C'est certainement pas Georges Bush. Orloff

The SEXY SCHOOLTEACHER  aka L'insegnante - Nando Cicero, 1975

La séduisante Edwige Fenech joue une enseignante privée dont le mandat s'enrichit d'une demande spéciale: allumer la flamme de l'amour hétérosexuel chez son élève particulier qui a des allures mollassonnes, selon sa mère. On sait bien que ce n'est pas le cas, comme les autres élèves de son école régulière, incluant un Alvaro Vitali en pleine forme, ils sont tous de vicieux petits cochons !

Une pléiade de bons rôles secondaires aux allures clownesques, une réalisation plus enjouée que la normale et une Edwige de toute beauté ne peuvent que donner une bonne comédie polissonne. Le dvd importé de Chine offre une belle image et la trame sonore anglaise, que du bon ! Mario Giguère

SHE (Conqueror) - Avi Nesher avec Sandahl Bergman, Quin Kessler, David Goss, Harrison Muller, Gordon Mitchell, 1985, Italie, 100m

Avec ce fatalisme un peu désabusé qui caractérise un avaleur de navets pur et dur, je pensais que rien, excepté l'apparition de Caroline Munro dans mon lit, ne pouvait plus me tirer de mon indifférence. Et pourtant..

"Conqueror" est une véritable anthologie du genre, la saga de SHE, la déesse guerrière sortie tout droit des pires nanars transalpins des 80's.

Le synopsis, si l'on peut dire, est une sorte de quête à travers le monde dévasté de l'an 2328. Nos-z'héros, 2 ritals tous beaux et tous bronzés accompagnés de 2 barbarettes en mini-jupe de cuir noir recherchent un vague diamant vert (si si)! Seulement l'une des braves guerrières se trouvent être la déesse SHE..(et là faut pas déconner) qui doit sauver son peuple de dieu on ne sait plus quoi.. Pour corser le tout, les méchants Noks ont enlevé la soeur du plus costaud des deux ritals.

Pour un résumé plus clair il est conseillé de visionner le film une bonne douzaine de fois, mais là je n'ai pas le courage.

J'offre cependant un glaive en carton pâte au premier d'entre vous qui nous fera parvenir un récit qui se tienne... 

Pour en revenir à notre propos, l'éternelle Sendahl Bergman - qui en jouant comme un pied prouve qu'elle n'a au moins pas volé son prénom de scène - est parfaite dans le rôle de la déesse au rabais et règne avec une majesté désarmante sur une dizaine de fidèles.

Ainsi SHE nous offre un évantail réjouissant de tout ce qu'on peut faire de plus Z ! Énumérons en vrac : 

- Un jaccuzi magique qui guérit les blessures en 20 secondes ! 

- Un savant fou qui enferme nos héros dans des sacs plastiques ! 

- Un Dieu mythomane idolâtré par des moines du XVIII ème siècle ! 

- Des vampires décadents très Baudelairien.. 

Les ambitions de Nesher ne s'arrêtent pas là, puisque nous aurons le droit en prime à une superbe scène finale (Hé oui j'ai tenu jusqu'au bout..) où les méchants Noks se jetteront allègrement dans un brasier de 30 centimètres de haut, au lieu de le contourner...

"Pourquoi ne pas fuir ?" hurle alors Harrisson lors de ce combat 

"Impossible, je suis la déesse" rétorque la douce créature que le ridicule ne tue plus depuis les premières secondes du dit métrage...

et à moi de penser... 

Impossible pour moi aussi, car je suis un avaleur de navets pur et dur... Marc Evil

SHORT NIGHT OF THE GLASS DOLLS aka Malastrana aka Paralysed - Aldo Lado 1971, Italie, 1h33

Un journaliste américain établi momentanément à Prague y rencontre l'amour de sa vie, une fraîche jeune fille, et décide de la ramener avec elle à Londres, où il habite. Pourtant, quelques jours avant leur départ, celle-ci disparaît sans laisser de traces, un soir, en n'apportant ni ses vêtements ni son passeport. Le journaliste, n'écoutant que son amour et sa curiosité, essaiera par tous les moyens mis à sa disposition de la retrouver. Son enquête le mènera tout droit à la morgue, mais pas de la façon dont on s'y  attendrait normalement...

Il est toujours curieux de voir un thriller italien tourné à l'étranger. Celui-ci, se déroulant sous forme de flash-backs continus, entrecoupés seulement par quelques éclairs du présent, surprend par son côté incongru mais ne parvient pas pour autant à captiver, du moins pas sur le coup. On a pourtant droit à une finesse de mise en scène inhabituelle chez Aldo Lado, qui capte l'étrangeté de Prague avec une redoutable efficacité. Le climat, dans la dernière demi-heure, devient particulièrement tendu. Et la séquence finale, surprenante, frôle l'insoutenable, et vient sortir le spectateur d'une possible léthargie. En une heure et demie ce dernier aura eu droit à de beaux restes, dont des séquences elliptiques plutôt hallucinatoires, où des images éparses de son passé assaillent le journaliste persécuté, et une scène d'ouverture troublante mettant en vedette un lointain parent de Kenny. Inégal. Orloff

Ce film d'Aldo Lado n'a pas la réputation la plus prestigieuse qui soit. J'avais lu un peu partout que c'était lent, sans grand éclat sauf pour la finale. C'est donc en m'armant de patience que j'ai découvert le tout...

D'emblée, disons que l'expérience n'est pas catastrophique ; SHORT NIGHT OF THE GLASS DOLLS est un film qui a plusieurs qualités, sans être un chef-d'oeuvre. On doit souligner :

- L'expérience du travail du DP (Giuseppe Ruzzolini), qui eut d'ailleurs plusieurs conflit avec Lado pendant le tournage. Ce directeur de la photo travailla également avec Pasolini. L'image est toujours très belle, composée avec art et intelligence.

- La présence de quelques seconds couteaux plaisants du bis (Barbara Bach, Jean Sorel, Mario Adorf et Ingrid Thulin... Tous des gens qu'on a l'habitude de voir furtivement au détour d'une ou deux bobines du cinéma populaire de l'époque)

- Un scénario qui sait garder la curiosité éveillée jusqu'à la fin 

- La musique d'Ennio Morricone, un grand compositeur dont le travail n'est plus à vanter. 

Maintenant, il est vrai que le rythme est défaillant. En plus, ce genre de film paranoïaque - où une atmosphère de menace plane jusqu'à la révélation-choc finale - a été fait à plusieurs reprises, et souvent mieux. On pourrait notamment citer LA MAISON AUX FENÊTRES QUI RIENT ou DON'T LOOK NOW. Il faut dire qu'ici, dans SHORT NIGHT OF THE GLASS DOLLS, le punch final, à mon sens, est trop convenu, trop cliché pour soutenir ce qui le précède. On s'attend à découvrir quelque chose de nouveau, de vraiment dérangeant, alors que, finalement, ce n'est rien d'extraordinairement original. À l'époque, d'autres "révélations" très semblables avaient déjà été abordées au cinéma (j'hésite à les mentionner, car le faire équivaudrait à révéler la fin de SHORT NIGHT...).

Le scénario suit l'enquête d'un journaliste localisé à Prague, qui est à la recherche de son amoureuse disparue mystérieusement.

En abordant SHORT NIGHT OF THE GLASS DOLLS avec des attentes modestes, on peut toujours trouver satisfaction. Il faut garder à l'esprit que ce n'est pas un giallo, malgré son insertion dans le GIALLO BOX SET récemment publié aux USA. Il s'agit plutôt d'un film " à énigme ", sorte d'enquête policière feutrée utilisée comme allégorie politique sur le pouvoir établi. Howard Vernon

SIGFRIDO aka Le Chevalier Blanc - Giacomo Gentilomo avec Sebastian Fischer, Ilaria Occhini, Rolf Tasna, Katharina Mayberg, 1958, Italie, 96m, Version originale, sous-titre français

Abandonné au nain Mime par sa mère mourante, Siegfried devient un jeune homme fort et sans peur. Récupérant l'épée de son père et sous les conseils de Mime, il part tuer le dragon pour se baigner dans son sang et devenir invincible. Il sera aussi l'unique propriétaire du trésor protégé par le dragon en portant une bague qui fait l'envie de Mime. Prochaine étape, conquérir le coeur de la princesse Krimhilde qu'il veut épouser. Mais les embuches sont nombreuses...

Adaptation de la légende des Nibelungen, qui a inspiré tant de récits, les parentés avec le futur Seigneur des Anneaux n'est pas une coïncidence, rythmée sur la musique de l'adaptation de Wagner: sa fameuse Tétralogie. Ce qui donne l'occasion de réentendre un thème utilisé bien plus tard par John Boorman dans le film Excalibur. Le récit est donc très manichéen et fort tragique. Le destin de Siegfried, qui n'est pas si invulnérable, la naïveté de Krimhilde, la jalousie de Brunhilde et la haine de Hagen sans parler de la convoitise des nains sont autant de motifs souvent vus, mais ici ils sont adaptés des poèmes du moyen âge avec quelques libertés transalpines. Les couleurs pastels sont fascinantes, on entre véritablement dans un autre monde. Évidemment le dragon, une création non créditée de Carlo Rambaldi, ne tiens pas la route, mais vu l'époque, on peut bien pardonner. Les acteurs sont dans le ton, les femmes sont particulièrement choyées par les costumes et la mise en scène. Le destin tragique fait toujours son effet, amplifié par la musique et les décors plus grands que nature. Une fresque de fantasy bien avant les Conan et autre Seigneur des Anneaux, qu'il fait bon découvrir ou revoir.

Les suppléments de l'édition dvd d'Artus Films sont nombreux, généreux et fort informatifs. "L'aspect médiéval dans Sigfrido " par François Amy de la Bretèque, professeur d'histoire du cinéma et spécialiste du Moyen-âge au cinéma, remet le film dans le contexte de l'époque tant italien que mondial et parle de ses origines, de Fritz Lang, à ses descendants. "La légende des Nibelungen " donne la parole à Pascal Landes qui raconte les origines de la légende germanique. Luigi Cozzi nous raconte pour sa part sa rencontre avec Carlo Rambaldi et sa découverte du dragon dans son atelier. Un entretien avec Ilaria Occhini alias Krinmhilde nous fait découvrir une actrice toujours ravissante à son âge respectable, qui parle autant de son rôle que de sa carrière généralement loin du cinéma de genre. Mario Giguère

The SINFUL NUNS OF THE SAINT VALENTIN aka  Le Scomunicate di San Valentino - Sergio Grieco, 1973    

Nous somme en Espagne, pendant l'inquisition. Un jeune homme et une jeune fille s'aiment, seulement voila, leur parents ne peuvent pas se voir. Ca rappelle assez vite le récit de Roméo & Juliette, mais dans notre cas, la Juliette est envoyée au couvent et le Roméo est accusé de meurtre et d'hérésie. Par chance, le Roméo se réfugie dans le couvent où il pourra voir sa Juliette en secret. Malheureusement, la mère supérieure monte un sale coup, réussi à faire emprisonner la Juliette, se fait tringler par le Roméo, etc... On apprend ensuite que cette mère supérieure est une véritable mante religieuse, elle consomme les hommes et les assassine froidement. Afin de punir toutes ces sales nonnes, elles sont emmurées dans leur couvent dans le but de les faire crever de faim, de soif et de folie.

Un film de nunsploitation à l'italienne bien mou et très peu intéressant, qui fut motivé par le succès de LES DIABLES de Ken Russell. Kerozene

SONO FOTOGENICO - Dino Risi, 1980 Italie/France

Antonio ( Renato Pozzetto ) n'a qu'une seule ambition: devenir acteur de cinéma. Il fait route pour Rome ou il a de petits rôles de figuration, rencontre Cinzia ( Edwige Fenech ) avec laquelle il se lie d'amitié. Il croise Barbara Bouchet dans son propre rôle, Ugo Tognazzi et Vittorio Cassman le temps de quelques minutes. Il est exploité par tout ce beau monde, y compris Aldo Maccione en macro et Michel Galabru en producteur américain. Rien N'y fait. Parviendra-t-il à réaliser son rêve ?

Comédie douce amère, SONO FOTOGENICO n'est pas vraiment très drôle, Pozzetto ayant plus des allures de faire valoir que de pitre. Voulait-il vraiment critiquer le milieu cinématographique ? C'est un monde bien cruel que voilà avec quelques gags épars déjà vus. Peut-être que tout est dans les jeux de mot italiens que je n'aurai pas compris. Edwige et Barbara sont superbes. Mince consolation. Mario Giguère

Les SORCIÈRES DU LAC aka LE REGINE aka IL DELITTO DEL DIAVOLO aka QUEENS OF EVIL - Tonino Cervi avec Ray Lovelock, Ida Galli (en tant qu'Evelyn Stewart), Haïdée Politoff, Silvia Monti, Guido Alberti, Italie (coproduction franco-italienne), 1970, 1h25

David, jeune motard un peu hippie sur les bords, est recueilli suite à un étrange accident par trois mystérieuses et ravissantes jeunes femmes qui habitent un grand chalet au bord d'un lac isolé...

Ce film fantastique rarement projeté a récemment refait surface grâce à une diffusion sur un bouquet cinéma du câble français. Et ce n'est que justice ! Point de réel suspense ni encore moins de gore ici, mais un joli conte féerique incarné par de superbes jeunes interprètes. "Il ne se passe pas grand chose durant la première heure", diront les grincheux. Il est indéniable qu'après un début intriguant, l'"action" se réveille surtout dans la dernière bobine. Mais à vrai dire, l'intérêt principal du film est d'ordre contemplatif, et se situe davantage dans son esthétique psychédélique (superbe photographie claire comme de l'eau de source de Sergio D'Offizi) : quelques séquences oniriques flattent franchement l'oeil, tout comme les trois sublimes interprètes féminines du film. Chacune des actrices personnifie une facette du charme féminin : une distinction quasi-aristocratique (Evelyn Stewart l'altière), un charme sensuel et épanoui (Silvia Monti la chaude Méditerranéenne), une ingénuité trompeuse (Haïdée Politoff la lolita "rohmérienne"). Bref, ce film constitue une sorte d'Everest de beauté féminine "vintage", le plaisir étant encore accentué par des costumes variés et magnifiques (une bonne partie du budget du film sans doute). Quant à Ray Lovelock, il ne se contente pas de faire preuve de charisme dans un rôle comme taillé sur mesure, il chante aussi (fort bien) les deux chansons folk-rock du film. Une bien sympathique découverte au total ! Stelvio

SO SWEET, SO DEAD aka La Peur au Ventre aka Bad Girls aka The Slasher is the Sex Maniac aka Confessions of a Sex Maniac aka Rivelazioni di un maniaco sessuale al capo della squadra mobile - Roberto Bianchi Montero 1972, Italie, 1h30.

Dans une ville d'Italie qui désire garder l'anonymat, une série de meurtres est perpétrée. Les victimes ont toutes en commun la beauté, la richesse et la classe, et le tueur laisse sur les lieux du crime, comme signature, de sordides photographies d'elles en compagnie de leurs amants respectifs. La police en vient à conclure que le "maniaque" est un fanatique de la  rectitude morale, mais ça ne les avance pas plus. Le tueur frappera encore, et prendra même le temps de les narguer.

Malgré la perpétuelle présence à l'écran de jolies actrices dénudées et une trame sonore qui comporte à coup sur quelques succès groovy, ce giallo cliché comme ce n'est pas possible n'arrive pas à se démarquer des douzaines d'autres imitations dans son genre. La technique plus que conventionnelle n'invente absolument rien, et les acteurs offrent pour la plupart de pathétiques performances. Les mobiles de l'assassin sont ridicules; il tue pour "donner l'exemple" et punir les pécheresses qui s'adonnent à l'adultère... Le doublage français souffre de sabotage; le fameux "doubleur fou" frappe encore... Un écho exagéré résonne dans presque toutes les scènes, les dialogues ne collent pas aux mouvements de lèvres, les effets sonores sont déroutants, et on a même droit, en prime, dans quelques scènes, à la musique de Frizzi utilisée dans THE BEYOND de Lucio Fulci. Les voix données à certains personnages semblent caricaturées à l'extrême et l'effet obtenu n'est pas très heureux. Voyez-le un soir où vous ne serez pas trop exigeant... Orloff

Ayant suivit les conseils de notre ami Orloff, j'ai écouté ce film un soir où je n'étais pas exigeant. La preuve, j'ai bien aimé. Il s'agit d'un Gialli tout ce qu'il y a de plus conventionnel (tueur à l'imperméable et aux gants noirs, tueur surprise, etc.). Il y a des scènes relativement bien comme le meurtre sur la plage avec des plans au ralentit. C'est, à mon avis, un film relativement divertissant pour les fan de gialli. Bon, c'était les bon coté. Les mauvais maintenant. Les acteurs sont pour la plupart pitoyable et ils essaient tant bien que mal de traduire un semblant d'émotion. La traduction est atroce. Elle a été fait dans cet horrible studio où l'on a mis un absurde écho dans la voix de tout le monde et que dire de la musique. Encore une fois le même technicien fétichiste a utilisé la musique de The Beyond. Il semble que 2000 maniacs, Blood feast, El conte dracula furent doublé au même endroit. N'empêche que même affublés de tout ces handicaps, le film demeure  intéressant. Angel Guts

STAR CRASH 2 aka Giochi Erotici Nella 3a Galassia - Bitto Albertini, 1982, Italie, 84m 

La princesse Bellastar est escortée par un bellâtre dans sa fuite pour survivre à un méchant vilain aux allures de lopette disco. Ils atterrissent sur une planète appelée TERRE et vont découvrir les plaisirs de la vie, au coût de leur immortalité. Vaisseaux spatiaux, spandex, faux romains, échangisme et chanson sirupeuse au rendes-vous.

Mazette, sieur Cozzi doit se demander ce qu'il a fait pour mériter cela. On prend les effets spéciaux de Star Crash, c'est à dire tous les plans de vaisseaux et on refait une intrigue avec touches d'érotisme et vlan !, on présente le film à qui ? Star Crash est top classe par rapport à ce film qui finalement ressemble au LAGON BLEU dans l'espace, remplacez l'île par une planète et vous avez l'éveil des sens sauce space opera. Le réalisateur de même que plusieurs acteurs ont participé à plusieurs films de la série Black Emmanuelle, ce qui explique ce virage à 180 degrés. Je ne suis toujours pas revenu de la vision du vilain dans un costume digne de Flash Gordon des années 30 aux couleurs pétantes et à la barbe avec des reflets d'argent ! La starlette menue a un certain charme mais son brumel a la sempiternelle boule de cheveux frisés avec un costume digne d'une émission jeunesse fauchée. Mario Giguère


Adolfo Celi

STRATÉGIES CRIMINELLES aka WHO KILLED THE PROSECUTOR AND WHY ? aka TERZA IPOTESE SU UN CASO DI PERFETTA STRATEGIA CRIMINALE - Giuseppe Vari (Joseph Warren) avec Lou Castel, Beba Loncar, Adolfo Celi, Massimo Serrato, Renato Baldini, Umberto d'Orsi, 1972, Italie, 1h26

Carlo, photographe de mode, assiste à un crime qu'il parvient à immortaliser sur pellicule. Sous l'influence d'un gangster (Massimo Serrato), le jeune homme (Lou Castel) vend ses photos à un journal à scandales, dans l'espoir de faire "chanter" le commanditaire du crime. Dès lors, les meurtres se multiplient et les pistes se brouillent...

Réalisé par Giuseppe Vari (1916-1993) sous son pseudonyme de Joseph Warren (rien à voir avec le sinistre tâcheron anglais Norman J. Warren, je vous rassure !), ce curieux film commence comme un classique film de gangsters avant de bifurquer, assez rapidement, vers le giallo. Du chantage aux photos compromettantes (encore un film italien des années 70 qui emprunte son argument scénaristique à BLOW UP d'Antonioni), on bascule peu à peu vers un habile suspense criminel. Des meurtres sadiques, commis d'abord à l'arme à feu puis au couteau, viennent régulièrement nous glacer les sangs.

Vieux routier de Cinecitta, auteur de LA REVANCHE DES VIKINGS ou de ROME CONTRE ROME, Vari n'est pas un génie, mais il n'est pas non plus un amateur. Loin de là ! L'apparent manque de moyens de ce film se trouve compensé par plusieurs séries de plans inventifs, avec grands angulaires et focales déformées. La trame sonore très "ciprianesque" de Mario Bertolazzi pimente le tout à coup de basses caoutchouteuses, de clavecins et de cordes soyeuses. Le casting figure aussi parmi les points forts du film : Lou Castel et Beba Loncar forment un couple sexy et crédible, Adolfo Celi et Massimo Serrato assurent comme des vieux routiers du genre. Le suspense s'épaissit au fur et à mesure que la bande progresse vers son dénouement. Comme dans tout giallo, le coupable sort un peu du diable-vauvert, mais qui s'en plaindra après tout ? A ne pas négliger ! Stelvio

STRIDULUM aka The Visitor - Giulio Paradisi alias Michael J. Paradise avec John Huston, Joanne Nail, Paige Conner, Glenn Ford, Shelley Winters, Sam Peckinpah, Mel Ferrer, Lance Henriksen et Tomas Milian, 1979, Italie.

Un visiteur de l'espace (John Huston) accompagné d'une figure christique (Franco Nero) tentent d'arrêter une jeune fille possédée par les forces du mal.

Considéré comme le Mont Everest de la folie italienne d'exploitation, Stridulum réussi à livrer la marchandise. Aidé de guests stars de luxe (Sam Peckinpah, Franco Nero, etc) et d'une musique thème des plus emballantes, le film s'inspire de The Omen, Star Wars, The Bird, Close Encounters of the Third Kind, The Beyond, Enter The Dragon et de beaucoup d'autres films. Le film met en scène une petite fille possédée par les forces du mal et son faucon qui tente de convaincre sa mère à donner naissance à un nouveau Omen. Parmi les artistes invités, John Huston est le plus présent. Sa scène la plus hilarante est celle où il joue à Pong avec la petite fille. Beaucoup de scènes inabouties sont compensées par une splendide poursuite en voiture avec Glenn Ford. À regarder, mais ne nous attendez pas à grand chose... Black Knight

SUR LE FIL DU RASOIR, aka Giorni D'Amore Sul Filo di Una Lama - Giuseppe Pellegrini, 1973, Italie, 1h31

Stefano Bruni, fils d'un riche industriel, rencontre une charmante jeune femme lors d'une visite à Venise avec son père. Ils tombent en amour et commencent à se fréquenter, mais papa Bruni n'a pas l'air très emballé par ce coup de foudre réciproque. Stefano est envoyé quelques temps en Amérique du Sud, et alors qu'il est encore là-bas on lui apprend que sa fiancée est décédée dans un accident de voiture. Le choc est rude, mais la vie finit par reprendre son cours, et Stefano rencontre une autre jolie jeune fille qui le divertira un temps. Mais il oublie difficilement son premier amour et un jour, il croise une femme ressemblant comme deux gouttes d'eau à son ancienne flamme. Voulant en savoir plus, il essaie de la contacter.

Film inqualifiable oscillant entre le mélodrame et le policier, SUR LE FIL DU RASOIR intrigue autant par sa jaquette - qui aurait davantage convenu à DEATH CARRIES A CANE, dont le titre français CHASSÉS-CROISÉS SUR UNE LAME DE RASOIR porte à confusion - que par son résumé intrigant. Mais ne vous y trompez pas. Derrière tout ce mystère se cache un film trouble et légèrement confus, avec un scénario pas très soigné et des dialogues risibles - du moins dans la version française. On y croise un Peter Lee Lawrence qui offre une frappante ressemblance avec Ewan McGregor, une Érika Blanc étrangement terne, un gangster absolument insupportable qui parle de lui-même à la troisième personne, ce qui donne des phrases assommantes telles "Gianni Massara ne fait jamais d'erreurs"... Le film dispose d'un thème musical obsédant qui vient souligner l'aspect mélodramatique de chaque scène pesante, ce qui devient rapidement agaçant. Bien que le fil du récit - tout comme le fil d'un rasoir - soit un peu déroutant, tout se clarifie à la toute fin, avec une morale catholique un peu douteuse qui fait douloureusement songer à la plus suavement désespérante des bluettes... Orloff

The SWEET BODY OF DEBORAH aka Il dolce corpo di Deborah - Romolo Guerrieri avec Caroll Baker, Jean Sorel, Evelyn Stuart, Luigi Pistilli et George Hilton, 1968, Italie/France

Deborah (Caroll Baker) et Marcel (Jean Sorel) vont en voyage de noces. Ils parcourent plusieurs régions touristes d'Europe et tombent sur Philip (Luigi Pistilli) un ami de Marcel et il leur dit que l'ancienne fiancée de Marcel s'est suicidée et qu'elle sera vengée. Tout en poursuivant leurs voyages, le couple reçoit des coups de téléphone menaçant.

Il s'agit d'un des premiers films italiens Carroll Baker, qui suite à quelques triomphes en Amérique, se verra rejetée des studios américains pour devenir la reine des premiers gialli italiens produit par Luciano Martino. Au générique figure aussi un jeune Sergio Martino qui apprend alors le métier en tant que " general manager ". A l'histoire et au scénario figure Ernesto Gastaldi qui oeuvrera longtemps en tant que scénariste de giallo. Au niveau du film, il est dommage de constater qu'en dépit d'un casting de choc (où il ne manque qu'Edwige Fenech) et d'une apparition bienvenue d'un Georges Hilton barbu (qui semble sorti tout droit d'un western)... qu'il ne se passe pas grand chose dans la première heure du film à part pour des plans touristiques. Mais dans la dernière demi-heure l'action prend heureusement le dessus et livre enfin le produit recherché. Bref, il s'agit d'une oeuvre semi-réussie qui servira d'essaie et de modèle pour plusieurs oeuvres futures de Luciano et Sergio Martino. Black Knight

  TAETER CITY - Giulio De Santi, 2012, Italie

Taeter City est dirigée par l'Autorité, organisme totalitaire composé de cinglés portant des masques moches et proférant les bienfaits de leur politique en boucle à la télé. Grâce à un système d'ondes, ils parviennent à forcer les criminels, porteurs d'un certain syndrome alpha, à se suicider avant de commettre leurs crimes. Suite à quoi des motards récupèrent les corps dont la chair sert à alimenter les Taeter Burger, la viande animale étant proscrite. Et comme il y a pas mal de crétins à Taeter City, le nombre de débiles se faisant exploser la caboche ne manque pas. Tout va donc pour le mieux jusqu'à ce qu'un porteur du syndrome alpha interprété par le réalisateur se montre résistant aux fameuses ondes punitives. Giulio De Santi, déjà responsable d'un ultra craspec Adam Chaplin, étale pendant 75 minutes un foisonnant festival de têtes éclatées, de membres arrachés et de chairs lacérées. C'est qu'il maîtrise la technique et en abuse comme un cochon : les effets, majoritairement prosthétiques mais soutenus digitalement, sont effectivement impressionnants, voire vomitifs. Ca gicle, ça explose, ça tranche de manière répugnante et ça pisse le sang à tout va. Sur ce point, De Santi est généreux. Très généreux. Mais arrivé au vingt-cinquième crâne mis en miettes à coups de poing ou à l'explosif (c'est-à-dire au bout de quinze minutes) la formule finit par lasser. De même que la photo, plutôt dégueulasse ; les cadrages, principalement des gros plans souvent maladroits ; et la prolifération des interventions télévisées du responsable de l'Autorité et des pubs pour les Taeter Burger, qui font office de remplissage. C'est du cinéma fauché et très énervé qui atteint sans doute son but, celui de dégouter le spectateur. Kerozene

TAIS-TOI QUAND TU PARLES aka Zitto, Quando Parli - Philippe Clair 1981, Italie/France, 1h30

Giacommo est un chômeur accablé par sa mère protectrice,, - il a une immense photo d'elle sur laquelle il lance des dards - qui rêvasse constamment à Edwige Fenech et qui voue un culte démesuré à James Bond. Quand arrive le jour où on le prend pour un agent secret disparu et qu'on essaie de le rapatrier en Orient afin qu'il termine une mission, il n'est donc qu'à moitié surpris et obtempère sans trop se poser de questions, croyant qu'il rêve encore. Il devra se rendre à l'évidence, devant les charmes bien réels de miss Fenech, qu'il n'a décidément pas la berlue...

Cette comédie facile jouit d'un certain prestige au Québec. À la visionner, on a du mal à comprendre pourquoi. Mis en scène par Philippe Clair, qui y joue aussi - mais ne me demandez pas quel rôle, je ne saurais le dire, - le film distille un certain comique très physique, dont le poids repose entièrement sur les épaules d'Aldo Maccione, qui se montre à la hauteur. On retrouve quelques éléments similaires à son sketch du SEXE AVEC UN SOURIRE; la ballade sur la corniche, le chien protecteur, la nymphe excentrique... Edwige Fenech est somptueuse en tentatrice et on aurait envie de la croquer; on ne peut que regretter qu'elle soit ici si avare de sa présence et... de ses charmes voluptueux. Les situations improbables se suivent et se ressemblent et la crédibilité ne semble pas être un souci de taille pour le scénariste. On aborde le thème de l'homosexualité avec une légèreté confondante et on s'en sert surtout pour créer de déplorables quiproquos. Ça demeure bien sympathique, avec de la musique égrillarde comme on l'aime et une Edwige à la hauteur. Orloff

Giacomo (Aldo) rêve constamment qu'il est James Bond et qu'Edwige tombe à ses pieds. On le kidnappe en le méprenant pour un espion disparu qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau et notre Casanova ludique rencontrera finalement son Edwige.

Aldo est sympathique mais le scénario est faible et plein de lieux communs. Edwige est adorable, comme toujours, mais a somme tout un rôle de faire valoir pour la vedette masculine. Agréable, mais sans plus. Mario Giguère

TELEDROME aka HYPNOS FOLLIA DI UNA MASSACRO aka HYPNOSE OU LA FOLIE DU MASSACRE aka MASSACRE MANIA aka HYPNOS - Paolo Bianchini (Paul Maxwell), avec Lino Coletta, Piero Gerlini, Rada Rassimov, Fernando Sancho, Nino Vingelli, Robert Woods, Giovanni Cianfriglia  Italie/Espagne, 1967, Italie, 1h30

Des meurtres surviennent tous les jeudis; un docteur apprend que l'une des victimes était liée à son assistante, et note par la suite un comportement anormal chez cette dernière. Il va enquêter sur l'hypothèse d'une manipulation de son cerveau, et découvrir une étrange organisation...

La jaquette fait penser qu'il s'agit d'un giallo, l'intrigue évoque, elle, un film fantastique, le résultat se situe quelque part entre ces deux genres si proches et si éloignées à la fois. Le personnage du docteur, qui mène l'enquête pour prendre la police de vitesse, est typique des "gialli" que l'on aime tant découvrir. Son assistante, interprétée par la jolie Rada Rassimov (soeur de l'inquiétant Ivan, si à l'aise chez Martino ou Lenzi). Malgré ces points d'ancrage possibles pour le spectateur, le film lasse rapidement, faute d'une intrigue suffisamment "tenue" et crédible, comme d'une mise en scène digne de ce nom. Le réalisateur prend bien le soin de ne pas localiser l'action : les faits se passent-ils en Espagne, en Italie ou dans un pays imaginaire ? Sans doute s'agit-il de faire "kafkaïen", mais l'effet tombe un peu à plat. Malgré son titre, ce TELEDROME n'a donc rien de "cronenbergien". Hélas ! Stelvio

Avant VIDEODROME, avant KAMIKAZE, il y a eu HYPNOSE OU LA FOLIE DU MASSACRE, où un message subliminal transmis par une émission télévisée diffusée le jeudi pousse d'innocentes personnes à commettre des crimes abominables ! La police en pleine déconfiture pense à un serial killer qu'ils ont vite fait de baptiser " Le tueur du jeudi " ! Mais qui se cache derrière ces odieux crimes ? C'est ce que va tenter de découvrir le docteur Spengler (Robert Woods) après que sa compagne ait tenté de le poignarder après avoir regardé une émission télévisée sans intérêt. Très vite, notre homme flaire le lien entre la petite lucarne et les meurtres, et met à jour un odieux complot fomenté par un génie du crime visant la domination du monde, sorte de cousin de Fantômas dont le visage reste dissimulé derrière un masque d'acier...

Ce sympathique petit thriller au relent de science-fiction n'est peut-être pas du genre à subjuguer le spectateur, mais il est plutôt bien emmené et permet de passer un agréable moment malgré ses incohérences : Spengler est à deux doigts de se faire tuer, sa voiture est piégée, et il se fait tabasser la gueule, il est donc évident qu'il est sur la bonne voie, mais à la police il ne parlera que de sa théorie de l'émission qui tue forcément pas très crédible. Un petit mot au sujet de ses agresseurs aurait sans doute été plus efficace. Mais Spengler aime faire cavalier seul, et un peu à la manière d'un James Bond, et il va fouiner un peu partout, enquêter, bluffer et révéler le repère du méchant: une base sous-terraine technologiquement bien garnie et dissimulée sous des ruines antiques. Là encore, l'esprit de 007 n'est pas loin. L'autre incohérence majeure est le fait que la petite amie de Spengler décide elle aussi de mener son enquête en se basant sur le souvenir d'un livre sur l'hypnose qu'elle avait lu il y a bien longtemps. Plutôt que d'en parler à son mec, le seul qui lui fait confiance puisqu'elle est suspectée d'être le Tueur du jeudi, Madame décide de suivre une piste en solo pour remonter jusqu'à un artiste illuminé incarné par un Fernando Sancho bien loin des bandits mexicains auxquels il nous a habitué... Des incohérences qui ne nuisent pas forcément à l'appréciation générale du film, mais qui témoignent tout de même d'un certain manque de sérieux de la part des scénaristes... Kerozene

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SERGIO MARTINO

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