J'adore l'univers cinématographique japonais depuis ma tendre enfance, enfance bercée par les séries télé japonaises, autant animées, tel Mini Fée, qu'en caoutchouc, tel Ultraman, sans oublier Godzilla et les Monstres Géants et tous les superbes films de la compagnie Toho. Toho qui a marqué le renouveau du fantastique japonais en 1998 avec le superbe film RING... Hayao Miyazaki, Yasuzo Masumura, Takashi Miike et Shinya Tsukamoto ont leur propre page ainsi que les films de sabre dans Chambara et les séries RING et TOMIE sans oublier les Téléséries

mise à jour le 15 juin 2016 

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20TH CENTURY BOYS - Yukihiko Tsutsumi avec Toshiaki Karasawa, Etsushi Toyokawa, 2008, Japon, 142m

2015, un dessinateur de manga est jeté en prison pour des motifs qu'il ignore. Découvrant qu'il a un compagnon dans la cellule en face, il l'écoute lui raconter son histoire, qui remonte de 1969 à l'an 2000. Kenji élève l'enfant de sa sœur, la petite Kanna, qu'elle lui a confiée. Travaillant à son dépanneur qui fonctionne tant bien que mal. Il assiste à une réunion d'anciens élèves et se remémore la petite bande d'amis qu'ils étaient. Il entend alors parler d'un culte religieux et de son gourou, appelé Friend, qui a endoctriné beaucoup de leur relations. Plus étonnantes sont les prédictions de Friend, qui ressemblent comme deux gouttes d'eau à un cahier qu'ils ont remplit durant leur jeunesse et que Kenji avait complètement oublié. On parle de pandémie mondiale et d'explosion d'aéroport, on ne rigole plus. Quand la secte menace de s'emparer de la petite Kanna, Kenji et ses amis se réunissent pour combattre Friend.

Merveilleux pitch que cette idée de départ, adapté d'un célèbre manga. J'ai eu un peu de difficulté avec la chronologie à rebours et évidemment qu'on en saura encore plus lors du second film. On se promène dans un premier temps dans des situations bien banales et on se concentre sur ce Kenji, un type bien ordinaire, qui a complètement sorti de sa mémoire sa jeunesse. On va tranquillement plonger dans la paranoïa et aboutir dans un monde science fictionnel anachronique, cette fin de siècle qui voit arriver un robot géant qui attaque la ville.

Scénario complexe à la mise en scène sobre qui va prendre son envol dans un final chargé d'action. Vivement voir la suite ! Mario Giguère

20th CENTURY BOYS 2: The last hope aka 20-seiki shônen: Dai 2 shô : Saigo no kibô - Yukihiko Tsutsumi avec Toshiaki Karasawa, Etsushi Toyokawa, 2009, Japon, 139m

Quinze ans plus tard, Kanna, la fille de Kenji, héros du premier film, est encore impliquée dans la recherche de l'identité d'Ami, dont le culte est de plus en plus énorme. De plus, un deuxième livre des prédictions a fait surface, prédisant la mort d'Ami pour le transformer en Dieu.

Encore plus que le premier film, ce deuxième opus a beaucoup à raconter et souvent sur un mode tranquille, gardant sa pièce maîtresse pour un final abordé en crescendo. On croirait que tout est finit, littéralement, mais on a droit à la bande annonce du troisième film qui s'annonce plus qu'intéressant et qui promet bien des réponses, enfin on l'espère ! Ca faisait longtemps que j'avait vu le premier et ca m'a prit un peu de temps à replacer les personnages, l'intrigue étant fort complexe. On apprécie encore les références à Ultraman. Je souhaite vivement compléter cette histoire prometteuse, adaptation d'un célèbre manga ! Mario Giguère

20th CENTURY BOYS: THE LAST CHAPTER - OUR FLAG aka 20-seiki shônen: Saishû-shô - Bokura no hata - Yukihiko Tsutsumi avec Naoto Takenaka, Teruyuki Kagawa, 2009, Japon, 256m

2017. Deux ans après le second opus, Friend a toujours l'intention de détruire l'humanité, cette fois en orchestrant une invasion extraterrestre. Pourquoi cette mise en scène ? Probablement juste parce qu'il aime bien les bonnes mises en scène et qu'il est toujours sous le choc de la vision d'Ultraman dans son enfance, comme le prouve les costumes des son armée, presque à l'identique avec la patrouille scientifique de l'époque ! Tokyo est isolée par un énorme mur qui l'entoure et qui contient une réplique du village ou ont traînés les jeunes enfants devenus adultes de ce drame science fictionnel. Vas-ton réussir à arrêter Friend avant qu'il mette son plan à exécution, vas-t-on découvrir enfin son identité, Kenji est-il vraiment vivant ?

Drôle de trilogie qui mélange encore les scènes spectaculaires, l'invasion des soucoupes volantes ou le nouveau robot géant avec des scènes intimistes et presque mièvres tout au long. Les baisses constantes de tension sont surprenantes et souvent pas très bienvenues. L'histoire alambiquée, qui réserve des surprises jusqu'après le générique, s'avère fort simple et se résume à l'illustration spectaculaire des conséquences de la cruauté des enfants. Oui. Alors telles des poupées russes, les révélations s'accumulent et viennent se contredire jusqu'à la fin, une fin bien mielleuse comme le cinéma japonais en a trop souvent le don. Pour autant on ne peut pas dire que l'on s'ennuie et même que les séquences d'action font le travail. C'est juste que, dans le fond, on s'attend à autre chose, de plus subtil, de mieux construit pour conclure. Car la conclusion d'une trilogie aussi longue crée inévitablement des attentes et il est à se demander si tout cela n'aurait pas fait un meilleur film solo, ou si il n'eu pas mieux valu de parsemer la trilogie d'indices plus probants.

Ajoutez une chanson presque insignifiante au coeur de l'intrigue et l'héroïne du second film, Kanna, qui a un rôle des plus effacés et on se demande si les morts violentes (un virus propagé par les soucoupes a un effet instantané sur la population semblable au virus Ébola) ne sont pas on ne peut plus gratuites, au vu des larmes versées pour un gosse incompris qui a comploté la destruction de l'humanité.

Ceci dit, ca vaut le détour, il faut juste ne pas avoir trop d'attentes, les promesses du premier film étant, à bien y penser, trop grandes. Mario Giguère

A COLT IS MY PASSPORT aka Koruto wa ore no pasupoto avec Jo Shishido, Jerry Fujio, 1967, Japon, 84m 

Un tueur à gages et son coéquipier se réfugient dans un petit hôtel dans le port, en attendant de sortir du pays après avoir assassiné le patron d'un importante bande de yakuzas. Quand il devient apparent que leur commanditaire les a trahis, ils se savent recherchés et même la gentille fille de chambre ne peut les sauvegarder. Pour libérer celui qui s'est fait enlever, le tireur d'élite accepte de se rendre, sur le terrain et à l'heure de son choix en échange de la libération de son "frère yakuza".

Très influencé par le western, de la musique très Morriconienne époque Sergio Leone, au duel final dans un terrain désert qui n'est pas sans rappeler les meilleurs duels à armes non égales, le film produit par la Nikkatsu sent bon la nostalgie. Il va sans dire que les deux seuls personnages féminins, la vielle mémé propriétaire du petit établissement ou dorment le plus souvent des pêcheurs et la belle célibataire que tous les hommes voudraient dans leur lit, ne font pas le poids devant le machisme omniprésent et la testostérone qui coule à flot. On ose imaginer ce que l'ajout de la couleur et un plus gros budget aurait pu permettre à l'époque, car la réalisation est nerveuse et met bien en valeur les acteurs. Pas de sentimentalisme trop exacerbé sauf peut-être quand un yakuza gratte de la guitare pour se calmer.

Le curateur de la collection a présenté le film, qui fait partie d'une série qui fait le tour des festivals. Les droits viennent d'être achetés par la compagnie Criterion qui prévoit un sortie en 2009 pour ces petits bijoux invisibles ou presque depuis leur sortie en salle. Mario Giguère

ADRIFT IN TOKYO aka Tenten -Satoshi Miki avec Jô Odagiri, Tomokazu Miura, 2007, Japon, 101m 

Takamura est bien mal prit avec une dette de 800,000 yens et un recouvreur qui veut absolument l'argent rapidement. Heureusement il lui fait une offre à peine croyable: un million de yens et la dette effacée en contrepartie, Takamura va marcher avec lui jusqu'à une station de police. Parce que type a frappé sa femme qui en est morte, c'était pas le but, et qu'il veut se rendre à la police, mais pas avant d'avoir rencontré quelques personnes et revécu quelques souvenirs.

Chronique douce amère d'un étudiant un peu gaga qui va donc rencontrer des gens tout aussi singuliers. De la fausse épouse et sa nièce, au joueur de guitare électrique qui marche dans les rues de Tokyo, en passant par la montagne russe jamais visitée par Takamura, On nous montre un Tokyo de banlieue très tranquille et sans les gratte-ciels et les néons omniprésent que l'on connaît. je garde en mémoire la nièce un peu folle qui met de la mayonnaise sur tout ce qu'elle mange ! Ce petit film se laisse agréablement regarder. Mario Giguère

The AIMED SCHOOL aka SCHOOL IN THE CROSSHAIRS - Nobuhiko Obayashi, 1981, Japon

Avec THE AIMED SCHOOL, le réalisateur du frappé HAUSU adapte un bouquin du romancier de SF Taku Mayumura et verse dans le manga live gentiment déjanté. Yuka, une timide étudiante modèle mais décontractée, aimée de ses petits camarades, douée de pouvoirs psychiques et amoureuse du cancre Koji - qui pratique le kendo (sorte d'escrime nippon où l'épée est remplacée par un solide bâton) - doit faire face à une nouvelle élève peu commode qui prend en main la discipline du lycée en mettant sur pied une milice policière qui ressemble à peu de choses près à une bande de nazillons en uniforme - le salut nazi en prime! Ainsi, les gamins mateurs de petites culottes se font mater à leur tour, les retardataires se font taper dessus, les glandeurs casser la gueule... et les moyennes scolaires grimpent en flèche. En réalité, cette nouvelle étudiante et ses idéaux d'ordre nouveau sont originaires de Vénus, et seule Yuka et ses pouvoirs sont à même de lui faire face afin de rétablir le libre-arbitre. Voila qui est noble.

Sur ce pitch plutôt séduisant, Obayashi applique un style visuel décousu hérité de son passé de réalisateur expérimental; tout comme HAUSU d'ailleurs, mais en plus modéré. Ainsi, la trame narrative est portée par des effets de montage, de collage et de lumière clairement inhabituels au sein d'un film de fiction, et cela donne finalement quelque chose de quasi baroque, de bariolé et de psychédélique: la pellicule est gribouillée de couleurs criardes, les images virent de la couleur au noir et blanc et vice-versa, les plans se superposent pour notre plus grand bonheur, mais le tout sur un ton naïf, voire enfantin, que vient appuyer une bande sonore très kitsch et sirupeuse (bonjour les ballades de midinettes et jupettes, la chanson d'ouverture est d'ailleurs un hit nippon de l'époque). Et c'est là que le bas blesse justement. Si la forme séduit, THE AIMED SCHOOL est tellement gamin, tellement mignon dans son déroulement, qu'il finit par agacer. Alors certes, le réalisateur s'attaque de manière plus ou moins détournée au système éducatif japonais et aborde le délicat de thème de l'adolescence avec une certaine sensibilité, mais on désespère de voir cette fable s'affirmer et taper du poing sur la table, tout comme le fait le professeur de sport furieux de voir sa matière négligée au profit des maths ou des langues lors d'instant absurdes où les objets sautent dans les airs sous l'impact de ses coups sur le bureau du proviseur! On se croirait dans une version live du Collège fou fou fou... Grosse déception donc de la part d'Obayashi qui signe ici un film mou, enfantin et pas spécialement passionnant malgré les délires visuels (le final est énorme à ce niveau - mais totalement inoffensif dans le fond); peut-être était-ce là le meilleur moyen pour toucher de manière massive son public cible... Kerozene

ALIEN VS NINJA - Seiji Chiba avec Mika Hijii, Shuuji Kashiwabara, Ben Hiura, Yûki Ogoe, Donpei Tsuchihira, Japon , 2010, 85m

Au temps bénis des Ninjas, ces êtres tout dévoués à l'art du combat et de la guerre, une boule de feu tombe du ciel. Ce que la bande de ninjas que nous suivons va découvrir, c'est que ce n'est pas une nouvelle arme de leurs ennemis et que son arrivée s'accompagne de celle de monstres sanguinaires !

On se croirait revenir au bon vieux temps de la AIP ou un film se montait sur la base d'un titre ! AVN, tout simplement, tout est dans le titre, mais encore fallait-il livrer le produit assez bien fait et intéressant pour satisfaire ceux qui seraient venus le voir. Là, on est servit à souhait dans cette bande délirante qui accumule les hommages à énormément de films, de genres et évidemment au passage à Alien, mais encore plus. On ne se prend pas au sérieux une minute avec ces guerriers qui soignent leur mèche de cheveux, cette ninja femme qui suscite la convoitise et ce monstre plus délirant qu'il n'y parait du premier coup d'oeil. Sur un rythme endiablé et cartoonesque, peu de choses nous seront épargnées et gare à ceux qui ferment l'oeil un instant, ils risquent de manquer un autre moment drôle, un punch tordant, ou ne pas comprendre la suite. Peu importe, c'est du Tex Avery pour amateurs de films de genre déjanté, de cette branche de plus en plus populaire de cinéma japonais décomplexé à souhait qui accumule les scènes étranges et gores pour notre plus grand plaisir.

Et si j'étais, semble-t-il, le seul dans la salle à prendre pour le monstre, on a tous eu un fun noir ! Film du nouveau label de la Nikkatsu, Sushi Typhoon, j'attends d'un pied ferme les nouvelles aventures qu'on nous annonce ! Mario Giguère

ALL NIGHT LONG - Katsuya Matsumura, 1992, Japon 

"All Night Long" et ses suites sont précédés d'une réputation plutôt sulfureuse. Et qui dit sulfureux quand on en vient aux productions nipponnes, dit violence, sadisme, gore et sexe. Enfin, à peu de chose près... C'est donc avec l'espoir de voir un étalage de dépravation filmique que je pris place au fond de mon canapé préféré, une bière toute fraîche à la main, et que j'enclenchais le lecteur DVD via la télécommande prévue à cet effet. Sur les 90 minutes qu'ont duré le film, cet instant fut sans aucun doute le plus trépidant! Car si un film a bel et bien usurpé sa réputation, c'est bien "All Night Long", une sorte de drame social casse-burne qui pourtant semble bien gonflé sur le papier: on y suit trois jeunes crétins (un nerd frustré, un gosse de riche imbécile et un mec solitaire un peu paumé) qui assistent à l'assassinat sanglant d'une jeune fille par un détraqué qui passait par là. Les trois "nouveaux amis", menés par le fils à papa, se félicitent d'avoir survécu à cet incident (aucune pensée ne sera dédiée à la pauvre victime) et décident alors d'organiser une petite sauterie où chacun doit venir avec une fille. Nos compères se mettent donc en tête de s'essayer au jeu de la séduction et y parviennent avec plus ou moins de succès: le nerd vomit sur celle qu'il convoite, le bourgeois se fait humilier par une militante du MLF quant au troisième, il parvient effectivement à conclure, mais une bande de nazis leur barre le chemin et viole la pauvre innocente sous les yeux du pauvre gamin. Fou de rage, ce dernier appelle ses potes à l'aide pour buter cette sale bande de racailles.

Alors oui, sur le fond, "All Night Long" est un film affreux, une sorte de peinture au vitriol d'une société malade, un constat perturbant d'une jeunesse en perdition uniquement dirigée par le sexe et la violence, et les auteurs ne sont visiblement pas très optimistes quant au futur de celle-ci. Soit. Mais il n'empêche que sur la forme, "All Night Long" est un film affreux également: la photo est laide, les acteurs sont pénibles à force de cabotinage outrancier, la narration est lente - pour ne pas dire pénible - et surtout, le propos n'est que très maladroitement soutenu par un Matsumura en manque de substance... N'est pas Wakamatsu qui veut. Et enfin, il n'y a pas de quoi crier à la pelloche extrême: le final de "L'Inspecteur Harry" me semble finalement bien plus brutal... Usurpée, je vous dis! Kerozene

ALL NIGHT LONG 2 aka ATROCITY - Katsuya Matsumura, 1994, Japon  

Katsuya Matsumura se penche à nouveau sur les jeunes détraqués qui peuplent son pays. Nous faisons ici la connaissance du très timide Shunichi, un otaku tout ce qu'il y a de plus standard qui vit reclus dans sa chambre où il tripote des poupées issues de manga et chat sur son ordinateur. Mais la vie de Shunichi prend un tournant radical le jour où il se fait passer à tabac par une bande de sales loubards, avant d'être pris sous son aile par un dandy gay psychotique qui va lui en faire voir de toutes les couleurs. Shunichi va donc peu à peu se faire entrainer dans une spirale de violence crue. Son " protecteur " le laissera se défouler sur une innocente défoncée à l'héroïne puis maltraitera ses camarades via quelques séances de tortures particulièrement humiliantes, jusqu'au moment où l'innocent otaku franchit la barrière et se retourne contre celui qui n'a fait que le manipuler.

Certains voient au travers cette série de scènes d'une crudité particulièrement radicale, une étude de la déviance sociétaire dont est victime le Japon, comme si les " All Night Long " n'étaient qu'un miroir de la noirceur de l'âme humaine. Personnellement, et bien qu'il semble en effet y avoir quelques bribes de réflexion sociale, je n'y vois qu'une série de films plutôt crapuleux à la méchanceté gratuite. Et en ce sens, cette séquelle est bien plus réussie que son modèle. D'une part parce que les personnages y sont mieux écrits (en comparaison hein, parce que c'est quand même pas du Kurosawa), que le scénario est mieux construit (mais ça reste tout de même très basique) et qu'il y a un véritable effort au niveau de la photo (qui reste de la vidéo glaciale), mais aussi parce que le film est bien plus gore et pervers. Ca hurle, ça saigne, ça fracasse des têtes à coups de battes de base-ball, ça se brûle le visage, ça se vomi dessus et ça se pisse sur la tête, bref, c'est un véritable festival du bon goût et du cracra malsain. À la vision de la chose, le malaise est réel car point de recul il y a. Matsumura aborde en effet son sujet le plus sérieusement du monde et cela n'a finalement rien de réjouissant. Pour amateur de déviances trash au premier degré uniquement. Kerozene

ALL NIGHT LONG 3: FINAL ATROCITY - Katsuya Matsumura, 1996, Japon

Pas spécialement friand des deux premiers volumes, j'ai attendu quelques années avant de me décider à insérer la galette du troisième volet des vidéos horrifico-sociales de Katsuya Matsumura. Et j'aurai peut-être mieux fait d'attendre plus longtemps encore. Nous suivons ici le quotidien de Kikuo (Yuujin Kitagawa, futur pop star du duo Yuzu), un nerd introverti à grosses lunettes. Son job consiste à nettoyer les chambre d'un love hôtel après que les couples se soient sexuellement rassasiés. Son hobby, c'est de récolter les poubelles de sa voisine, une caissière de supermarché, et de coller les serviettes hygiéniques et tampons usagés de cette dernière sur les murs de son appartement. Bref, un mec pas très net qu'une série de rencontres et d'événements va rapidement pousser à quelques perfidies peu ragoutantes comme séquestrer la victime d'un viol collectif perpétré par ses collègues de travail qui auront achevé leur besogne en urinant sur la tête de la pauvre fille. Plutôt que d'assouvir ses pulsions sexuelles sur sa prisonnière, il préfère la torturer en la brûlant au sèche-cheveux au niveau des organes génitaux. Une fois la victime décédée, il la découpe en morceau....

Matsumura continue sa peinture désespérante et désespérée d'un Japon largué dans lequel rien ni personne ne semble être en mesure de faire naître ne serait-ce qu'une lueur d'espoir au sein de cette société décrépite. Tout le monde ici est tordu, pourri, dépravé, mais même si encore une fois l'auteur cherche à mettre en relief un mal de vivre national, "All Night Long 3" ne raconte au final pas grand chose et ne cherche en réalité qu'à choquer son public de manière purement gratuite. Alors oui, il est certain que quelques spectateurs non avertis se sentiront inconfortables (pour ne pas dire choqués) à la vision des horreurs mises en image, celles-ci n'hésitant pas à sombrer dans le scabreux gerbif, mais la platitude de la mise en scène et la vacuité des propos prennent inévitablement le dessus sur le reste. Il en résulte une bande casse pied et un brin prétentieuse... ce qui résume finalement bien ce qui devait au départ être une trilogie. Mais cette "atrocité finale" n'a de final que le nom, la série comptant pas moins de 6 épisodes à ce jour. Kerozene

ALL-OUT NINE: THE FIELD OF NIGHTMARES Gyakkyou 9 avec Tetsuji Tamayama, Maki Horikita, 2005, Japon, 115m

Toshi est l'équivalent de Charlie Brown, capitaine d'une équipe de Baseball qui n'a gagné aucun match durant toute l'année ! Le directeur de l'école lui annonce qu'il transformera le terrain en surface pour jouer au soccer, l'équipe de soccer connaissant du succès ! Toshi décide d"affronter l'adversité et d'amener son équipe aux finales nationales, mais l'adversité se pointe de manière continue et implacable tout au long du film. Pendant ce temps dans l'espace, un monolithe s'approche de la terre...

Pas facile de résumer cette adaptation folle d'un manga qui se permet tout. Les monolithes, car ils sont plusieurs, sont des blocs ou sont gravés des messages cosmiques destinés à Toshi, comme: C'EST TA FAUTE ! Le directeur appointe un gérant à l'équipe, un ancien lutteur masqué devenu professeur aux conseils aussi stupides qu'efficaces. Toshi laisse même tomber l'équipe, choisissant l'amour par opposition au baseball, sapristi. Il reviendra au grand tournoi au moment ou son équipe perd 112 à zéro! Complètement fou, absurde et tellement jouissif. À voir pour le croire. Mario Giguère

ALONG WITH GHOSTS : YOKAI MONSTERS 3 aka Tokaido abaketo chu - Yoshiyuki Kuroda/Kimiyoshi Yasuda, 1969, Japon

Un viel homme flaire un complot pour tuer un homme chargé de livrer des papiers incriminants pour un seigneur local. Mis à mort par les sbires du méchant, il a le temps de supplier la jeune fille de sept ans qu'il élevait d'aller rejoindre son père dans un village éloigné. Il a aussi eu le temps d'avertir les criminels que s'ils versaient du sang dans cette partie de la forêt, les esprits et fantômes Yokai vont leur faire un mauvais parti. On suit la petite, poursuivie car elle aurait sur elle les papiers recherchés !

Les 101 monstres et esprits Yokai sont beaucoup moins présents dans cet épisode, mais on ne s'ennuie pas pour autant. Le récit, tout en étant fort classique, ménage des surprises et la petite actrice est bonne et attachante. Les esprits sont donc encore très théâtraux, des masques grotesques néanmoins efficaces. Ce film conclu la série sur une note plus sobre mais fort intéressante. Mario Giguère

Les ANGES VIOLÉS aka VIOLATED ANGELS aka VIOLATED WOMEN IN WHITE aka OKASARETA HAKUI - Koji Wakamatsu, 1967, Japon

Dans un dortoir d'infirmières, quatre jeunes filles observent dans l'ombre deux de leurs collègues s'adonner aux joies du saphisme. Excitées, elles ramènent un homme égaré et l'obligent à regarder à son tour les deux filles se caresser. C'est alors qu'il se retourne en hurlant, sort un pistolet de sa poche, tire sur deux des filles et tient en joue les quatre restantes. Une à une, les survivantes vont tenter de le raisonner à leur manière. L'une s'essaie au jeu de la séduction, mais la névrose et la frustration de l'homme magnifiées par des images quasi psychédéliques auront raison d'elle de la manière la plus atroce puisqu'il lui enfonce le canon de son arme dans le vagin de la fille avant de tirer. Une autre tente de jouer sur une éventuelle corde sensible en mentionnant le fait qu'elle est mère de famille et qu'il s'attaque aux anges blancs (les infirmières donc - des êtres forcément doués d'une grande bonté), mais sa folie le pousse à s'en prendre à une autre qu'il lacère au rasoir. La dernière s'approche alors de lui et l'aborde avec une naïveté infantile qui a pour effet de le désarmer sur le champ. L'innocence et la pureté de cette fille seront leur salut à tout deux...

LES ANGES VIOLES est un film très court: il dure moins d'une heure. Mais il en dit plus sur le genre humain que de nombreux film fleuve. Les propos de Wakamatsu semblent en tous cas empreints d'un pessimisme renversant. Selon lui, ses films doivent être interprétés par les spectateurs, il considère que ce n'est pas à lui de donner un sens à ce qu'il film. Alors admettons et allons-y: selon moi-même, Wakamatsu appelle le genre humain à la régression. Pas la régression du statut d'être humain à celui de primate, mais celui de créature douée de réflexion et d'analyse à celui d'être simple et spontané. En regardant un peu le parcours de l'auteur et ses affiliations politiques, il pourrait s'agir d'un constat comme quoi la société dans laquelle nous vivons force l'Homme à se soucier de manière excessive aux lendemains, exercice provoquant inévitablement un sentiment d'incertitude et de peur pouvant déboucher sur une forte paranoïa, voire sur de la misanthropie. Seul moyen de s'en défaire: vivre au jour le jour et ne porter qu'un minimum de jugement sur les événements environnants. Voila qui semble bien contradictoire étant donné qu'un homme comme Wakamatsu est très critique envers les personnes dénuées de capacité de jugement, mais c'est ce que le film m'inspire... Une deuxième vision me fera peut-être comprendre autre chose, qui sait. Car il est vrai que le film possède quelque chose d'abstrait, d'onirique, notamment ces scènes d'hallucinations lors desquelles notre homme se sent harceler par ces six femmes moqueuses, ou celle en couleur cassant le ton jusqu'ici monochrome d'une image noire et blanche pour présenter une théâtralisation sanglante de la rédemption, puis, enfin, la scène finale se déroulant sur un bord de mer, presque enchanteresse après le bain de sang qui vient de s'écouler. LES ANGES VIOLES est un film dur mais beau, monstrueux mais humain, une sorte de contradiction poétique d'une grande beauté plastique. Kerozene

ASHURA aka aka Asurajo no Hitomi - Yojiro Takita, 2005, Japon, 119m

Un chasseur de démon retraité qui fait l'acteur dans un théâtre kabuki reprend du service lorsque qu'une jeune fille qui suscite chez lui un envie sexuel intense se trouve à être poursuivi par des hordes de démons qui voient en elle le vecteur qui amènera à ressusciter Ashura le roi des démons qui amènera mort et désolation de sur le monde !

Ce film est l'adaptation d'une pièce de théâtre intitulé "Blood Gets In Your Eyes" qui a eu un immense succès au Japon. ASHURA est un film en costume qui offre beaucoup d'effets visuels, de l'humour et du merveilleux. Les combats de sabres offrent le minimum syndical recherché et ne durent jamais tellement longtemps. La scène d'ouverture avec les 3 chasseurs qui tuent un village entier peuplé de démons est à voir. L'intérêt du film se trouve à être au niveau de l'interprétation et à la magie des situations (passages parallèles, couleurs, etc.). Le film, par contre, déborde de longueurs à regarder seulement pour ceux qui aiment le genre. Black Knight

  ATTACK ON TITAN LIVE aka Shingeki no kyojin - Shinji Higuchi avec Haruma Miura, Kiko Mizuhara, Kanata Hongô, 2015, Japon, 90m

Adaptation live du célèbre manga et anime, Attack on Titan décrit la dure vie des derniers humains retranchés dans une ville fortifiée depuis l'attaque surprise de géant qui les dévoraient, il y a déjà 100 ans. On suit Eren et ses copains partagés entre la soif de liberté du jeune homme et la prudence de ses camarades. L'inattendu se produit fatalement quand un titan encore plus colossal apparait de nulle part et réussit à faire une brèche dans le premier des trois murs qui ceinturent la ville. Le massacre est sauvage et plusieurs y laissent leur peau et leurs intestins. Les amis d'enfance vont donc s'enrôler dans la brigade de combattants spécialement constitués pour combattre les énigmatiques créatures géantes.

Adaptation fort réussie, première de deux parties par le spécialiste de effets spéciaux devenu réalisateur qui nous avais fait revivre Gamera dans toute sa splendeur. Le mélange d'acteurs maquillée et morbide devenus des géants et le super Titan qui surchauffe sont impressionnants, aidés par une bande sonore et des bruitage angoissants. Plusieurs ont souligné l'incongruité des quelques moments comiques qui, c'est vrai, avaient plus leur place dans la version originale plus longue, mais pour celui qui a vu la série anime, c'est un résumé fidèle et spectaculaire. Vivement voir la deuxième partie. Mario Giguère

AVALON - Mamoru Oshii, 2001 

Dans le futur, les jeunes qui s'emmerdent pratiquent le jeu Avalon, un jeu de réalité virtuelle qui peut provoquer de graves lésions au cerveau et changer ainsi les joueurs en légume. Ash est une joueuse réputée super balèze, elle dégomme tout, elle a un style, elle est redoutée. Un jour, on lui parle de Bishop, un personnage encore plus balèze, et de Ghost, une fillette qui apparaîtrait à un certain moment et qui permetterait d'accéder à un niveau du jeu supérieur.

Après le plutôt chiant GHOST IN THE SHELL, Oshii embarque son matos pour la Pologne et nous torche un film visuellement époustouflant. Pas d'animation donc, mais un univers unique, constamment baigné dans le sépia. Le rythme très lent et contemplatif est propre à Oshii, mais je l'ai personnellement bien aimé, et contrairement à certaine personne, je ne me suis pas trop emmerdé comme à GHOST IN THE SHELL. Étrange, tout de même, ce film japonais tourné en polonais, au rythme très lent et à la bande son opéra, un projet commercialement casse-gueule, tellement qu'en France ils ont annulé la sortie cinéma. Kerozene

Finalement la sortie cinéma en France aura eu lieu , une info de Popman, merci !

J'ai mis la main sur le dvd au quartier chinois, quelle belle surprise ! J'avais lu des entrevues et le projet ne m'était pas inconnu, mais je suis tombé sous le charme de l'imagerie, prises de vue réelles retravaillées et animations digitales ajoutées. Les acteurs sont dans le ton et le récit intrigue. Je ne suis pas un joueur de vidéo, mais l'actrice principale, les costumes et décors, la machinerie, la musique de Kenji Kawai ( RING ) envoûtent. Mario Giguère

BATTLEFIELD BASEBALL aka BATTLEFIELD STADIUM - Yudai Yamaguchi, 2003, Japon 

Le coach de l'équipe de baseball d'un collège nippon rêve de mener ses joueurs à la victoire. Malheureusement, il leur faut faire face à la terrible team de Geido High, un ramassis de brutes sanguinaires zombiesque et totalement destroy qui jouent selon leur propre règle: aucune. On s'attend alors à voir devant nos yeux la version trash et déjantée d'un tournoi de baseball et au final on se ramasse un amoncellement de blagues crétinoïdes qui englobent tristement une fable hystérico-moralisatrice menée par des personnages vociférant sans cesse et ponctuée de quelques maquillages gores et de bastons illisibles. On sent que cette production Ryuhei Kitamura désire se rapprocher d'un esprit à la Troma mais ce manga live décérébré et complètement con désole au lieu de faire rire, agace au lieu de divertir et surtout, prend un soin incompréhensible à ne finalement heurter personne puisque tout le monde ressuscite grâce à une larme versée par notre héros qui culpabilise injustement... Tous, sauf le poivrot qui lui meurt d'alcoolisme, laissant derrière lui un pauvre toutou orphelin. Autant de conneries, ça me donne envie d'un pastis. A la votre. Kerozene

BATTLE IN OUTER SPACE aka Uchu daisenso - Ishirô Honda avec Ryô Ikebe, Kyôko Anzai, Koreya Senda, Minoru Takada, 1959, Japon, 90m

La lune est tombée aux mains des Natal. Les nations doivent unir leurs forces pour combattre l'ennemi qui est en train de détruire les grandes villes de ce monde. Deux fusées sont bientôt prêtes pour aller combattre la base lunaire des envahisseurs.

Présenté au festival Fantasia par nul autre qu'Ed Godzizewski, grand spécialiste du genre, il était de bon ton de replacer le film dans son contexte. Le rythme d'une autre époque, une certaine sagesse dans le comportement des humains, mais aussi l'efficacité à l'époque des effets spéciaux qui aujourd'hui datent le film. Ajoutons que nous regardons le montage américain, qui oublie trop souvent la musique d'Akira Ifikube et surtout la présence trop discrète des extraterrestres, que l'on ne verra jamais en dehors de leurs costumes. D'ailleurs la rencontre de plusieurs représentants de l'espèce qui attaquent un cosmonaute nous laisse une piètre impression de cette race qui semble physiquement assez faible. Plus ou moins une suite du film THE MYSTERIANS, le film est moins intéressant que son prédécesseur et un des films de la Toho qui a vieillit le plus. Le concept des nations unies, en avance pour l'époque, était un des thèmes préférés du réalisateur. Mario Giguère

BATTLE ROYALE - Kinji Fukasaku , 2000, Japon

À l'arrivée du 21ème siècle, l’économie s'effondre et le chômage augmente. 800,000 étudiants Japonais font la grève. Le gouvernement passe le décret BR, Battle Royale, et chaque année il envoie au hasard une classe d'ados sur une île s’entre-tuer en moins de trois jours. Le gagnant, qui doit être le dernier survivant, remporte sa liberté !

Complètement débile comme départ et rempli d'hémoglobine, le film se regarde comme un énorme contre-point à ces films d'enfants qui tuent les adultes. Il y a bien des références à Fortress avec les colliers qui explosent si on s'éloigne de l'île, mais l'ensemble est bien fait et comporte son lot de scènes astucieuses avec parfois des élans de philosophies mielleuses. Incroyable qu'un réalisateur de 70 ans, qui nous a apporté jadis THE GREEN SLIME, s'adonne avec tant de vigueur à cet exercice gore. Un sacré conflit de générations !  Mario Giguère

BATTLE ROYALE II: REQUIEM - Kinji & Kenta Fukasaku, 2003, Japon 

Les cancres japonais ont décidé de foutre le boxon: les survivants du premier BATTLE ROYALE sont devenus des terroristes de grande envergure, font péter des buildings, sèment le chaos, tout ça parce que les adultes sont des méchants qui ne méritent que le mépris. Reclus sur une île fortifiée, les terroristes déciment les militaires qui tentent d'y mettre les pieds. Le gouvernement monte alors Battle Royale II: une classe de glandeurs est débauchée pour prendre d'assaut l'île en question et éliminer ces salauds de terroristes juvéniles. Ceux qui refusent sont immédiatement exécutés, et pour les autres, ils doivent porter un collier explosif les obligeant à obtempérer... 

Voila une suite qui n'a ni la saveur, ni l'intelligence de son modèle. Tout commence comme une caricature du premier film avec un meneur des plus grotesques pour ensuite verser dans une version ado-niponnes de SAVING PRIVATE RYAN lors du débarquement sur la fameuse île. Jusque là, ça n'est peut-être pas folichon, mais ça diverti: ça se flingue dans tous les sens, le body count prend des allures de charnier sanglant, on a droit à des explosions meurtrières, à une fille qui se fait pipi dessus, à des hurlements à tout va... puis vient la rencontre des jeunes soldats malgré eux avec les jeunes terroristes. Et dès ce moment, tout s'enlise dans la mouise bavarde pleine de faux sentimentalisme de bas étage. On se questionne sur l'avenir ("nous allons devenir des adultes un jour..." ben ouais mec, la vie est dégueulasse... ), on se déteste puis on se sert dans les bras, on s'unit dans la douleur sans trop savoir pourquoi et on se sacrifie pour un idéal impensable. Takeshi Kitano fait la guest star lors d'un flash-back de sa fille qui ne l'a jamais aimé. Son remplaçant nous fait une crise de delirium tremens en chérissant un ballon de football américain, le sang gicle à grand renfort d'image de synthèse... et tout ça dure plus de deux heures sans jamais réussir à susciter de véritable intérêt. Triste. Kerozene

BE A MAN - SAMURAI SCHOOL aka Sakigake!! Otokojuku-Tak Sakaguchi, 2008, Japon, 110m, version originale, sous-titres anglais

Forcé par sa mère à s'enrôler dans une école de samuraï, question d'honneur familial, un petit japonais peureux avec des allures d'Elvis nippon se retrouve dans une institution qui est stricte, difficile, violente et parfois cruelle. Lorsqu'un ancien élève apparaît pour réclamer un triple combat permettant de s'emparer de l'institution ancestrale, tous devront affronter des ennemis redoutables et repousser les limites de l'humain.

Adapté d'un manga qui semble assez fou, on entre dans un univers polarisé o;ù les personnages caricaturaux ont des réactions débiles, une force surhumaine, des habiletés insoupçonnées sans oublier des coeurs sensibles ! L'acteur réalisateur, vu dans le VERSUS de Kitamnura, y va de quelques morceaux de bravoure, spécialement au niveau de la torture loufoque comme guise de punition si on ne connaît pas ses tables d'addition. Un narrateur nous décrit les supplices tel que cités dans des encyclopédies qui semblent hilarantes. Bref, malgré quelques longueurs, surtout en fin de métrage, on ne s'ennuie pas et on a quelques scènes d'anthologie avec des personnages auxquels on s'attache rapidement. Mario Giguère

BIG BANG LOVE aka 46-okunen no koi (4.6 Billion Years of Love) aka A Big Bang Love: Juvenile - Takashi Miike avec Ryuhai Matsuda, Masanobu Ando, 2006, Japon, 85m

Une prison pour hommes dans un futur indéterminé. Raconté en flash-back dans une narration non linéaire, on suit l'enquête du meurtre d'un prisonnier. Le meurtre est avoué par un autre prisonnier, mais le motif est difficile à déterminer, d'autant plus que le mort s'est attiré le ressentiment de ses confrères avec ses accès de violence. Enfances meurtries, parcours parallèles et pour décor extérieur une fusée qui amènera certains vers les étoiles, ou l'immense pyramide qui promet le paradis à qui saura franchir ses interminables marches.

Miike surprend encore. Sous des début troublants fortement teintés d'homosexualité et de violence dans un genre très formaté, Miike éclate la structure du récit et le place dans un monde qui étonne. Nous étions quatre spectateurs à s'expliquer après coup l'intrigue, à tenter de réconcilier ce que nous avions vu, un film qui s'éloigne de certains clichés et qui adopte à l'occasion un ton poétique surprenant. On reconnaît Ryuhei Matsuda, acteur androgyne remarqué dans Blue Spring ou Izo de Miike. Un film différent, qui pousse à la réflexion et qui ne prend pas le spectateur à la légère. Mario Giguère

The BIG SLAUGHTER CLUB - Hitoshi Ishikawa, 2003, Japon, 71m

Hiroe, une collégienne qui se prostitue à temps partiel, tue accidentellement son client Kazeko (Ken'ichi Endo) à l'intérieur d'une chambre d'hôtel. Cette dernière fait appelle à ses amies et vont l'enterrer dans les bois. Quelques jours plus tard, Hiroe est hantée par la présence surnaturelle de Kazeko qui veut se venger. Troublée, elle invite ses amies dans les bois pour l'exhumer. Kazeko se réveille et désire les tuer toutes !

Cette chose exécrable qui ne mérite même pas d'être appelé un film est sortie au Japon pendant une semaine et a connu ensuite un énorme succès en cassettes vidéos. Et c'est probablement dû à la présence de Ken'ichi Endo (le père de famille de VISITOR Q). Parce que le film est d'une incroyable médiocrité ! Ne vous fiez surtout pas aux images sanglantes du programme, il s'agit d'un appât. Tourné en vidéo avec un budget zéro. The Big Slaughter Club déçoit énormement. Voici probablement l'un des films le plus nul que j'ai eu la chance de voir de ma vie ! En tout cas, indigne d'être présenté à l'intérieur d'un festival. Erreurs de continuités, Problèmes de rythmes, photographié par un aveugle, effets spéciaux primaires, nommés les ! Tous les défauts que peuvent avoir un film sont ici. On se demande qu'est-ce que Ken'ichi Endo fait dans cette galère. Peut être est-ce dû au fait que Hitoshi Ishikawa était le scénariste de DEAD OR ALIVE 3 ? Et bien qu'il reste loin d'une caméra et qu'il retourne dans ses scénarios pour Takashi Miike ou qu'il continue à tourner des pornos ! Le film plan par plan copie avec maladresse THE FOG, EVIL DEAD 2 (Ken'ichi Endo joue avec sa main possédée, se casse des assiettes sur la tête. coupe sa main qui s'en va faire un tour dans l'espace), SUSPIRIA, RING, I KNOW WHAT YOUR DID LAST SUMMER, etc. Pour réussir à passer à travers les pénibles 71 minutes on nommait toutes les références !

Si vous avez des billets, faites vous rembourser au plus vite ! Vous ne méritez pas de subir pareille châtiment ! Black Knight

the BLACK ANGEL aka Kuro no tenshi - Takashi Ishii, 1997

Le prolifique Takeshi Ishii s'est engagé dans une bien drôle de voie depuis peu. Il s'est mis en tête de raconter les histoires de pègre japonaise les plus sombres qui soient... Et a ma foi très bien réussi. Après les GONIN vient donc cette "série" de deux films, THE BLACK ANGEL 1 & 2. J'ignore de quoi à l'air le 2 mais celui-ci se laisse regarder comme un charme. Bourré de plans-séquences imaginatifs, de personnages à l'âme trouble, de séquences de tueries à couper le souffle, il incarne tout le renouveau dans le cinéma japonais moderne. Comment oublier ce blondinet amateur de rap et de breakdance, cette Ikko si mignonne qui flingue tous ceux qui barrent sa route, et leur chorégraphie si incongrue ? Définitivement une bonne conjugaison de plaisir et de réflexion. Orloff

BLACK KISS aka Synchronicity aka Shinkuronishiti - Makoto Tezuka avec Masanobu Ando, Angie, Reika Hashimoto, Seri Iwahori, 2004, Japon, 133m

Black Kiss s'ouvre sur un meurtre sadique aperçu de la fenêtre de l'immeuble en face par une jeune mannequin, Asuka, fraîche débarquée chez une fille à la réputation sulfureuse, Kasumi. Tous les gens qui connaissent Kasumi trop longtemps meurent, ses deux derniers copains s'étant suicidés, sa dernière co-chambreuse ayant disparue il y a deux semaines. Le meurtre n'a pu être pratiqué que par un sadique aux connaissances médicales poussées et doublé d'un magicien car nul ne sait comment il a pu sortir de la pièce ! Les suspects se multiplient, les révélations sur le passé des protagonistes aidant, au point ou l'on soupçonne trop de gens. Un ancien expert de tueurs en série aide la police, mais ses connaissances font de lui aussi un type qui en sait trop. Pendant ce temps un policier chargé de l'enquête reçoit des parties de corps coupés toujours vivant...

Ca sent le giallo japonais ! Mélange adroit d'influences d'Hitchcock, Argento, Bava et Brian De Palma, Black Kiss multiplie et brouille les pistes. Soeurs jumelles, split-screnn, mannequins dans des poses meurtrières, mains gantées de cuir noir, fenêtre sur cour, motel Bat's ! On nage dans les hommages, mais bien ficelés dans un récit qui ne donnera pas toutes les réponses, mais captivera jusqu'à un final avec un ennemi au look époustouflant. Une véritable surprise. Mario Giguère

The BLESSING BELL aka Kôfuku no kane - Sabu (Hiroyuki Tanaka), 2002, Japon 

Un matin comme tous les autres, un homme (Susumu Terajima) marche pour se rendre au travail. Les portes sont fermées, chaînes à l'appui, l'entrepôt est fermé, plus d'emploi. Sans dire mot (de tout le film d'ailleurs), il continue de marcher ce qui le mènera à rencontrer différents personnages et différentes situations magnifiquement amenées, tous plus jouissives, loufoques ou chargées d'émotions (sans tomber dans l'eau de rose) les unes que les autres.

Sabu signe ici un film tout simple, tout en douceur, qui demeure captivant avec son personnage muet observant ce qui se passe autour de lui. Le résumé peut sonner comme étant un film lourd et destiné à un public restreint, mais il n'en est rien, étant plutôt orchestré de mains de maître sans aucun ennui. Le film dégage une certaine aura de bonne humeur comme c'était le cas avec le film précédent du cinéaste (le très bon DRIVE), mais ici, le film atteint des niveaux encore plus jouissifs par toute sa simplicité et ses entre-croisements de situations encore plus poussés.

Tout demeure coïncidence avec des rebondissements imprévisibles où notre marcheur y découvre avec nous des surprises qui le mèneront en prison après avoir été accusé de meurtre, à l'hôpital après s'être fait frapper par un automobiliste fuyard, à la loto après avoir gagné un gros montant, dans une maison pour sauver des enfants (!), dans un état particulier en apercevant des fantômes, etc. Sabu est en pleine forme et Terajima (le " prêtre " dans DRIVE) demeure captivant avec son charisme indéfinissable et les deux nous concocte un petit chef d'oeuvre sans prétention qui ferait bon de redécouvrir. On peut également noter la présence du grand cinéaste Seijun Suzuki dans un petit rôle ajoutant une certaine profondeur à sa brève apparition. Un des meilleurs films que j'ai vu au festival. À voir sans aucun doute ! Bad Feeble

BLIND BEAST VS. KILLER DWARF - Teruo Ishii, 2001, Japon

Pour le dernier film de sa carrière, Teruo Ishii s'est (re)penché sur l'œuvre d'Edogawa Rampo et plutôt que de n'adapter qu'un de ses récits, il s'est carrément mis en tête de fusionner deux histoires. D'un côté celle de "La Bête Aveugle", précédemment mise en image de manière fulgurante par Yasuzo Masumura (1969), de l'autre celle de "Issunbôshi" qui tourne autour d'un nain tueur. On retrouve donc les aventures masochistes du sculpteur aveugle kidnappant un modèle populaire - ici une danseuse du Moulin Rouge (?) avec qui il fini par connaître une relation fusionnelle au sein de son atelier fantasmagorique. Si ce dernier était époustouflant chez Masumura, il apparaît ici totalement minable, bricolé avec quelques vulgaires morceaux de papier mâché et des éclairages roses, verts et bleus qui ressemblent à la déco d'une vitrine de sex-shop en période de Noël. En parallèle, Ishii raconte l'étrange histoire d'un nain obsédé sexuel (incarné par Little Frankie, qui porta le costume de Godzilla Junior dans GODZILLA VS. SPACE GODZILLA) qui se ballade parfois avec des membres humains. Ces histoires intéressent un jeune écrivain de romans de gare qui prend contact avec un détective privé (Shinya Tsukamoto) dans le but de trouver matière à des futurs best-sellers. L'enquête chaotique et quasiment incompréhensible est résolue les doigts dans le nez par notre fin limier qui parvient même à mettre en parallèle une compétition entre la Bête aveugle et le nain meurtrier dont le vainqueur est celui qui aura kidnappé le plus grand nombre de femmes. " Ah bon ? " se dit alors le spectateur dubitatif. Pas de face à face entre nos deux criminels. Même pas de scènes communes. Juste un constat final qui pue le foutage de gueule.

Avec son film tourné en DV pour trois francs-six sous, ses décors moisis, ses quelques actrices à moitié nues et un Tsukamoto sans doute un peu désolé de voir l'un de ses maîtres à penser tomber aussi bas, Teruo Ishii termine sa carrière d'une bien triste façon en livrant un V-Movie aussi laid qu'incompréhensible et qui apparaît infiniment ridicule en comparaison non seulement de ses films précédents, mais aussi des films qu'il cite. Triste. Kerozene

The BLIND WOMAN'S CURSE aka THE TATTOOED SWORDSWOMAN aka BLACK CAT'S REVENGE aka THE HAUNTED LIFE OF A DRAGON-TATTOOED LASS aka STRANGE TALES OF DRAGON TATTOO - Teruo Ishii, 1970, Japon   

Teruo Ishii est surtout connu pour la série de TOKUGAWA (L'ENFER DES TORTURES, FEMMES CRIMINELLES...), ses films de tortures misogynes au cinémascope chatoyant et tous ceux qui pensent qu'il n'a jamais réalisé le moindre bout de pelloche sans malmener la gente féminine ignorent très certainement une bonne partie de sa filmographie, dont ce BLIND WOMAN'S CURSE. Le film s'ouvre sur un combat homérique où les coups de sabre font voler des gerbes de sang dans un ralentit contemplatif. De nombreux figurants tombent à terre jusqu'à l'affrontement entre un homme et une femme. Celle-ci lève son arme et assène le coup fatal alors qu'au même moment la fille de la victime s'interpose. La lame lui frappe le visage, elle tombe à terre puis un chat noir s'approche d'elle et lui lèche ses yeux ensanglantés. Trois ans plus tard et autant d'années de prison, notre sabreuse est de retour parmi les siens, bien décidées à garder profil bas. Mais rapidement, des personnes de son entourage se font assassiner. Les soupçons se portent sur un clan adverse. Les choses n'étant pas aussi simples, le spectateur assiste alors pantois à un défilé de personnages interagissant dans une confusion générale des plus invraisemblables. Un chef de clan malodorant coiffé d'un chapeau melon et vêtu d'un pagne et d'un veston essuie les railleries de ses paires, des joueurs de dés trichent et se font pincer, un cirque itinérant s'apparentant à un freak show abrite une sabreuse aveugle et un bossu ricaneur (Tatsumi Hijikata, vu dans L'EFFRAYANT Dr. H aka HORROR OF A MALFORMED MAN), une maison cache un piège vicelard, ça se trahit, ça s'accuse, ça se découpe et au milieu de tout ce bordel se tient notre femme-leader dont le dos est tatoué d'une tête de dragon et cinq des siens portent sur leur dos le reste de l'animal. Lors des combats, les six acolytes se tiennent côte à côte, formant, de dos, un seul et unique dragon...

Cette production Nikkatsu est joliment filmée, mais malheureusement incompréhensible. Ishii lui-même en était conscient et n'a jamais trouvé que son film avait un véritable sens. Évidemment, le visionnement de la chose en devient difficile. Difficile car il est extrêmement compliqué de comprendre quel individu est associée à quel clan, quel clan est l'ennemi de quel autre clan et pourquoi tout ce petit monde se tape sur le coin de la figure. Seule l'arrivée de la sabreuse aveugle semble faire sens, sa présence annonçant immédiatement un désir de vengeance. Mais le script tente-t-il de faire croire qu'elle est responsable des différents meurtres qui parsèment le film, ou peut-être est-ce elle qui parvient à monter les clans les uns contre les autres ? Bref, il est bien inutile d'insister et mieux vaut profiter des quelques images sublimes qui parsèment le film, comme le cirque baroque aux vapeurs de perversions dans lequel la fille aveugle lance des couteaux autour de cibles humaines, ou le duel final sous un ciel nocturne surréaliste dans lequel les nuages forment d'étonnantes spirales. A moins d'être un complétiste de Teruo Ishii, mieux vaut laisser ce titre de côté : son visionnement s'avère plutôt frustrant et contre toute attente le métrage se termine sur une note moralisatrice qui ressemble bien peu à l'auteur des TOKUGAWA. Reste tout de même la belle Meiko Kaji dans le rôle principal, autrement dit la future Femme Scorpion. Kerozene

BLOWBACK 2: LOVE AND DEATH - Atsushi Muroga, Japon, 1991

Deux chasseurs de prime peu souriants et oeuvrant en territoire philippin tombent dans un traquenard sanglant duquel seul l'un d'eux, Joe, parvient à se sortir. Blessé, il est sauvé par une jeune femme qui lui pense tendrement ses blessures et qui se trouve être la femme que feux son partenaire portait dans son coeur (sauf qu'il ne le sait pas encore). Une fois requinqué, il se saisit fermement de ses flingues pour assouvir sa soif de vengeance et entame un bodycount digne de Schwarzenegger dans COMMANDO en compagnie de la jeune femme et d'un nouveau partenaire providentiel.
Regarder BLOWBACK 2 aujourd'hui frappe pour une raison: il s'agit là - et sans aucun doute possible - de l'origine même de la trilogie DEAD OR ALIVE signée Takashi Miike. La présence de Riki Takeuchi dans la peau de Joe y est bien sûr pour beaucoup, mais au-delà de ce fait, il s'agit de son personnage tout entier, de sa gestuelle, de ses mimiques et de ses fringues, ainsi que de son partenariat ambigu avec ce "collègue" d'origine inconnue (et incarné par Shun Sugata - ICHI THE KILLER, KILL BILL 1), qui rappellent principalement le premier film de la série. Même le final ahurissant fait écho à DOA1, lorsque Joe, seul face à une armée de mercenaires patibulaires dirigée par Mike "ZOMBI 3" Monty, dégomme tous ses ennemis à l'aide d'une sulfateuse extirpée d'un cercueil ornée d'une tête de mort. La dernière demi-heure rend donc hommage au western italien, et en particulier à DJANGO ainsi qu'à ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS, pour un final pétaradant où grosses pétoires et explosions en tous genres permettent de fermer silencieusement les yeux sur quelques aberrations.

Le futur réalisateur du zombie-flick JUNK, tel un Tarantino nippon, réalise sous influence et ne s'en cache pas. Outre Sergio Leone et Sergio Corbucci, le nom de John Woo vient inévitablement à l'esprit via l'utilisation de ralentis contemplatifs lors de gunfights homériques où certains tireurs portent le costard comme un certain Chow-Yun Fat, lunettes de soleil vissées sur le nez. Néanmoins, BLOWBACK 2 (y a-t-il d'ailleurs eu un BLOWBACK 1?) fatigue à force de répétition et ne vaut principalement que par son final démentiel. Kerozene

BLUE SPRING aka Aoi haru - Toshiaki Toyoda, 2001, Japon 

Des ados à l'école jouent à un jeu fort dangereux pour trouver celui qui sera le patron des étudiants. Ils montent sur le toit, s'installent au garde fou du côté vide et doivent lâcher la rampe pour claquer des mains et rattraper le garde fou. Celui qui frappe le plus longtemps, 7 fois au début de cette année, peut faire ce qui lui plait et commander le respect. Évidemment d'autres jeunes vont tenter de l'affronter et on se doute que ça ne peut se terminer que d'une seule manière...

Les adolescents nihilistes en crise d'identité, j'admets tout de suite que ce n'est pas ce qui m'attire à prime abord. Ils sont anarchistes mais portent le costume obligatoire. Le réalisateur nous les introduit sur une musique rock tonitruante. Il y a des passages intéressants, un épisode de chiottes violent et rigolo, un jeune qui rêve de faire la paix dans le monde et qui prend la pose typique d'Ultraman. Il y a un petit nain qui fait rire de nombreux spectateurs. Entre une chronique sur une jeunesse nihiliste et une description typique et déjà vue du mal de vivre de certains adolescents, on s'arrête sur l'allégorie des fleurs qui germent, comme le film, évident mais somme toute efficace dans son propos. Mario Giguère

BOUNTY HUNTER VIXENS: CARNAL ENCHANTMENTS - Noburou Sasaki, 2006, Japon

Iris est une nana qui en a dans le pantalon, une sorte de clone de la fameuse Azumi, et Iris ne désire qu'une chose: venger son cher papa. Après s'être pris une rouste en pleine face par une bande de salauds invincibles, elle est soignée par une gentille sorcière qui la remet sur pied en un rien de temps. La voila fraîche et pimpante pour affronter son ennemie jurée: l'abominable sorcière fornicatrice qui ricane sur fond vert.

Vendu comme une sorte de chambara fantastique matinée de sexe, ce V-Cinema s'avère en réalité bien tristounet: tourné comme un épisode de soap opera, avec des acteurs tous mauvais, des scènes d'action molle et mal foutues, des effets spéciaux dignes d'une gameboy et surtout avec une quasi absence de scènes de sexe (on a droit à un ou deux coïts en costume et à deux ou trois plans nichons, rien de plus), ce qui semble être le deuxième volet de la série BOUNTY HUNTER VIXENS (après TREASURE OF LUST dont le scénario n'entretient semble-t-il aucun lien avec l'épisode ci-présent) est en réalité une grosse arnaque, rien de plus. Kerozene

BURST CITY - Sogo Ishii, 1982, Japon

Avec BURST CITY, Sogo Ishii réalise ce qui est peut-être le film punk ultime. Une sorte de long vidéo-clip anarchique furibard qui dégueule ses décibels distordus à la louche pendant presque deux heures non-stop. Deux heures de furies hurlantes prenant place dans un monde post-apocalyptique en proie au chaos le plus total et où des clans de zikos punk s'affrontent en duels scéniques tout en faisant face à des flics au look de soldats fachos aux méthodes radicales. Guerre des clans, guerre des groupes, guerre sociale, le futur selon Ishii fait très mal ! Confusion, chaos, immersion dans une anarchie affûtée par un montage frénétique, le sentiment d'agression du film sur le spectateur est constant. Malgré cela, Sogo Ishii n'est pas satisfait de son film. Alors inexpérimenté, il n'a pu terminer le montage de cette commande de la Toei. En l'état, il s'agit donc d'un film inachevé, un "work in progress" bordélique qui n'aura satisfait ni son auteur, ni ses commanditaires. Pourtant, BURST CITY est devenu le film culte d'un mouvement et l'influence majeure du cinéma de Shinya Tsukamoto. Il ne fait aucun doute: sans BURST CITY, TETSUO n'aurait jamais vu le jour. Kerozene

CASSHERN - Kazuaki Kiriya avec Yusuke Iseya, Kumiko Aso, Akira Terao, Kanako Higuchi, 2004, Japon, 141m

Après 50 ans de guerre, la terre et les humains, en piteux état, semblent prêts à vivre en paix. Mais des rebelles continuent la lutte. Un savant demande des fonds pour poursuivre les recherches sur les neo-cellules, capable de se transformer en organes au besoin et sans risque de rejet. De ces expériences folles naissent par accident les neo-sapiens, presques tous éliminés dès leur naissance. Les quelques survivants vouent une haine implacable contre les humains et une guerre féroce débute. Seul espoir, le fils du savant, mort à la guerre mais ressuscité grâce aux neo-cellules: CASSHERN.

Basé sur un animé datant de 1973, Casshern est un festival d'image de synthèse et de manipulation numérique au service d'une histoire certes prévisible mais spectaculaire. Manichéen, les hommes ne sont que haine et les femmes sont la bonté incarnée, vaste pamphlet anti-guerre remplit de clins d'oeil à politique américaine anti-terroriste, le film est avant tout un morceau de bravoure technique. On multiplie les scènes avec fond incrusté, mais quels décors, sans parler des machines, robots, trains et avions tous plus fantastiques. On étire la sauce, les 141 minutes amènent quelques longueurs, le réalisateur semble avoir manqué de recul par rapport à son enfant, tout comme dans sa surcharge parfois outrancière d'effets, de manipulations d'image. Il n'en demeure pas moins une formidable fable anti-violence portée par une imagerie violente, on est pas à une contradiction près, remplit de scènes anthologiques, bercés régulièrement sur une musique techno en plein accord avec les images. On note au passage une reprise presque inévitable des plans/séquences du film THE WALL pour la levée d'une armée de robots et un hommage à METROPOLIS de Fritz Lang. À voir. Mario Giguère

CHAOS aka Kaosu - Hideo Nakata, 1999, Japon

Un homme d'affaire perd sa femme de vue en sortant d'un restaurant. Une demande de rançon arrive à son bureau. La police est rapidement sur l'affaire, mais plus aucun coup de téléphone n'est donné.

Le scénario de CHAOS avance et recule systématiquement, les flash-back reculant jusqu'à ce que l'on croit comprendre le casse-tête criminel avant de toujours revenir en avant compliquer l'histoire. On va de surprise en surprise, avec un récit bien ficelé, des interprètes à la hauteur. Encore une fois Nakata a trouvé une actrice solide pour le rôle principal. La caméra est généralement discrète mais efficace, toute en retenue, comme la musique de Kenji Kawai, que l'on ne remarque que dans les séquences finales. Nakata signait son quatrième film et plongeait avec bonheur dans un terrible suspense, après les fantastiques RING 1 et 2, juste avant l'excellent DARK WATERS. Un réalisateur à suivre. Mario Giguère

CHILDREN WHO SEARCH FOR VOICES DOWN BELOW aka Hoshi o Ou Kodomo aka Journey to Agatha - Makoto Shinkai, 2011, Japon, 116m

Asune, une jeune japonaise dont la mère travaille beaucoup et dont le père est décédé alors qu'elle était en bas âge, aime bien, après l'école, aller sur une bute pour écouter une mystérieuse chanson qu'elle capte avec un radio à cristal. Mais un soir elle est menacée par une immense bête inconnue et sauvée par Shun, un personnage mystérieux qui lui conseille de ne pas revenir dans le coin, trop dangereux. Elle revient cependant, mais ce sera la dernière fois qu'elle verra son nouvel ami. Son nouveau professeur parle des légendes d'un monde situé à l'intérieur de la Terre et ou parfois on peut ressusciter les être aimés d'entre les morts. Asuna se retrouvera donc à chercher Shun, découvrir son frère Shin, est poursuivie par une organisation secrète, entre sous terre pour se retrouver dans un monde hostile remplit de créature et divinités hautement improbables.

Je ne connaissais pas le réalisateur, mais ce long métrage d'animation est une des plus belles surprises que j'ai eues dans le genre depuis un bout de temps. La parenté avec les travaux du studio Ghibli est évidente, mais le scénario est complexe et la création de cet univers et de la mythologie qui s'y rattache est fascinante. Pas de mièvrerie, mais un message final simple mais vrai et un voyage étonnant. Moi qui suis fasciné par les créations de mondes à l'intérieur de la Terre, j'ai été gâté. Les décors et paysages sont parfois d'une beauté remarquable, tout comme les différentes créatures laissent bouche bée. Y a même un petit chat, qui ne sera pas dans toutes les scènes. C'est parfois touchant, ça fait parfois réfléchir, ce n'est pas avare de scènes d'action, ça dépayse et on n'a pas idée comment ça va se terminer. J'en redemande. Mario Giguère

Le COUVENT DE LA BETE SACREE aka SEI JU GAKUEN aka SCHOOL OF THE HOLLY BEAST aka CONVENT OF THE SACRED BEAST - Norifumi Suzuki, Japon, 1974

La belle actrice Yumi Takigawa débute ce récit en s'envoyant gentiment en l'air avec un inconnu, avant de lui faire savoir qu'il s'agit de son dernier "écart de conduite" avant de rentrer au couvent. Mais pas n'importe quel couvent: il s'agit d'un établissement dans lequel les jeunes soeurs subissent une éducation stricte mais surtout, où la mère de notre héroïne a terminé sa vie en la mettant au monde. Elle découvre ainsi un monde pervers dans lequel mensonges et hypocrisie règnent en maître. Victimes, mais aussi bourreaux, Yumi, les soeurs mais également la mère supérieure dévient toutes du droit chemin. Déplorable ? Ce n'est rien en comparaison de quoi est capable le prêtre, hiérarchiquement au-dessus de la mère supérieure; un homme démuni de toute morale.

Punitions corporelles auto-infligées ou imposées se suivent, lacérant en long et en large les corps de femmes nues à la peau de satin immaculée, humiliation publique et scènes de lesbiennes au milieu de fleur colorées, font de ce film une référence incontournable en matière de nunsploitation. Magistralement filmé en cinémascope, le film est tout simplement époustouflant de beauté, contrastant ainsi sèchement avec la violence du sujet. Film blasphémateur qui vise des fois très justement (mais peu subtilement) la rigueur du clergé, LE COUVENT DE LA BETE SACREE et tout bonnement superbe. Kerozene

COWBOY BEBOP: THE MOVIE aka Cowboy Bebop: KNocking on Heaven's Door - Shinichirô Watanabe, 2001, Japon, 116m

2071, Mars, à quelques jours de la très célèbre fête de l'Halloween, un camion explose en plein trafic dégageant une matière toxique dévastatrice qui pourrait dans une explosion de plus grande grandeur, éliminer la planète entière. La récompense pour attraper l'investigateur de ces crimes est de 300,000,000 de Woolongs et l'équipage du Bebop décide de faire son enquête pour empocher la récompense. Mais après quelques indices, ils se rendent compte que ce sera bien plus difficile que prévu.

La série COWBOY BEBOP était géniale, drôle, entraînante, l'action était magnifique, les personnages attachants, on changeait souvent de genre et les scénarios entraient parfois dans de la poésie d'une superbe sensibilité. Alors UN FILM! WOOHOO! L'action se situe avant la fin de la série, donc au moment où tout l'équipage était là, ce qui est évidemment un gros +. Le récit par contre est beaucoup  plus sombre que ce qu'on nous a habitué, ce qui est assez déstabilisant, les combats sont extrêmement violents et les thèmes et les morales, se rapprochent souvent d'une philosophie pas facilement accessible. Néanmoins, on s'amuse car ça avance toujours cette histoire, car les scènes d'action sont nombreuses, l'animation parfaite, on ajoute un peu de personnages et on a un vilain, extrêmement intriguant et fascinant à saisir. On utilise bien les personnages, quoi qu'on voit beaucoup moins Ned qu'à l'habitude (et c'est mon personnage préféré grrr), Spike vole la vedette, toujours aussi relaxe et bad ass. On risque donc d'apprécier, car c'est toujours COWBOY BEBOP, mais avec une certaine évolution pas désagréable et qui nous fait manquer cette sublime série animée. Abba

CURE aka Kyua - Kiyoshi Kuosawa avec Kôji Yakusho, Masato Hagiwara, Tsuyoshi Ujiki, Anna Nakagawa, Yoriko Douguchi, Yukijiro Hotaru, 1997, Japon, 111m

À Tokyo, des meurtres sanglants défraient la chronique, chacune des victimes ayant un "X" tracé au couteau sur le corps. Le détective Takabe croit que ces meurtres sont l'oeuvre d'un tueur en série, mais à chaque meurtre, un nouveau suspect est arrêté sur les lieux des différents crimes. Or, bien que le modus operandi soit le même pour tous les assassinats, rien ne relie entre eux les différents suspects arrêtés, ce qui complique l'enquête. Lorsque Takabe arrête un vagabond nommé Mamiya, l'attitude étrange de celui-ci laisse supposer au policier qu'il est peut-être le seul lien entre les différents meurtres. Avec l'aide d'un psychiatre, Sakuma, Takabe essaie de savoir qui est vraiment Mamiya et s'il est bien le coupable qu'il recherche. Malgré les nombreux interrogatoires du policier, Mamiya demeure une énigme. Takabe ne se rend pas compte qu'à force de parler avec Mamiya, celui-ci le manipule pour le pousser à tuer sa femme, car le vagabond maîtrise un étrange art hypnotique qui influence chacune des personnes avec qui il parle.

Ce thriller japonais ne manque pas d'impressionner le spectateur de par sa solidité dramatique, la qualité de ses rebondissements et sa profondeur psychologique. Le film trace avec précision le portrait d'un homme sans mémoire ni identité, dont le comportement et les agissements étranges sèment le doute et la confusion parmi les gens de son entourage, ce qui réveille en eux des pulsions homicides refoulées, dont le caractère hypnotique fait référence aux théories du magnétisme animal de Mesmer (dont le nom est mentionné dans le film). Les éléments de suspense sont adroitement ménagés, de sorte que la tension progresse tout le long du film en crescendo jusqu'à une conclusion atteignant une rare et très forte puissance dramatique. La réalisation de Kurosawa (aucun lien de parenté avec le maître du même nom) se veut tout aussi diabolique que le scénario dans sa manière peu commune d'illustrer autant les conflits intérieurs du héros Takabe que l'inquiétante étrangeté du mystérieux vagabond Mamiya. À l'intérieur de ce cadre insolite et dérangeant, le travail des interprètes n'est rien de moins qu'exemplaire. Un film de qualité très fortement recommandé (disponible en DVD en Amérique et en Europe). Mathieu Lemée

CURSE DEATH & SPIRIT aka Honto ni atta kowai hanashi: Jushiryou - Hideo Nakata avec Kyôko Enami, Michiko Hada, Maiko Kawakami, 1992, Japon, 65m, TV

Anthologie de trois courtes histoires, originalement produites pour la série japonaise Honto ni Atta, basée sur des témoignages de japonais qui ont eu des aventures paranormales.

Dans The Cursed Doll, une jeune femme entend une voix qui l'appelle dans ses rêves. Elle découvre celle qui semble à l'origine des sons, une poupée, qui est en fait habitée par l'esprit de sa défunte soeur, qu'elle n'a jamais connue, car sa mère lui en a caché l'existence.

The Spirit of the Dead débute avec la mort d'un mari et le voyage que sa femme et leur jeune garçon, Yuta, font avec des amis pour se changer les idées. Malheureusement, l'emplacement choisi pour planter leur tente est hanté par une femme morte qui a perdue son fils et qui croit le reconnaître en Yuta.

The Haunted Inn suit trois jeunes femmes qui ont loué une chambre dans une petite auberge rustique. Ils ne connaissent pas la tragédie qui a eu lieue dans la pièce ou ils arrivent et seront effrayés lorsque qu'une d'elles semble possédée.

Tournés pour la télévision en vidéo, avec des effets visuels primaires et une musique souvent dérangeante et trop présente, six ans avant Ring, ce sont les premiers efforts de Nakata dans le genre. La durée des histoires, une vingtaine de minutes, laisse peu de temps au suspense surnaturel pour s'installer, mais on peut y voir les débuts d'un réalisateur qui nous fera frissonner plus tard, plus efficacement. Les actrices sont correctes et la tension parfois présente pour autant qu'on embarque dans des histoires assez standard. Pour les amateurs de Nakata et ceux qui recherchent tout ce qui s'est fait dans le genre au Japon. La série, qui a durée quelques années, semble avoir oscillée entre fiction et pseudo documentaire, a aussi donnée naissance à des longs métrages sortis en salles. Mario Giguère

CUTIE HONEY - Hidaeki Anno, 2004, Japon, 94m

Une jeune et jolie employé de bureau Honey Kisaragi (Eriko Sato) est la risée de tous ses collègues de bureau qui la trouve pas mal cruche. Mais tout ce beau monde ne se doute pas qu'elle est en fait l'alter ego de la célèbre Cutie Honey. Une justicière super héros sexy et rigolote. Personne, sauf un journaliste, Hayami Seiji (Jun Murakami), hyper branché et cool qui est toujours là au bon moment, pour aider Cutie Honey dans sa quête. Celle d'arrêter les méchants, et en ce moment c'est la diabolique Sister Jill (Eisuke Sasai) est ses acolytes de la société criminelle secrète Panther Claw qui sont dans sa mire. Pas seulement dans la sienne mais également dans celle de l'inspectrice de police Aki Natsuko (Mikako Ichikawa) qui règne avec une main de fer sur la ville. Les Panther Claw ont méchamment enlevé le scientifique et oncle de Honey, celui là même qui à fabriqué le collier donnant ses supers pouvoirs a Cutie Honey. Le combat contre le bien et le mal est enclenché.

Ce film est magnifiquement ridicule, mais au combien appréciable. Le jeu des comédiens est superficiel et l'action complètement over the top. Mais étant donné que cela se veut une adaptation d'une manga le tout est très acceptable. Les costumes sont d'un kitsch à souhait. En criant "Honey... Flash!" et en appuyant sur le cœur de se son collier (digne d'une boutique Ardène) ses vêtements ordinaires se métamorphosent (se déchirent!) en costume rose sexy avec un décolleté plongeant en forme de cœur. Que mademoiselle Satoh remplie à merveille. Tout comme son rôle de nymphette idiote, mais au combien attachante, qui n'est pas sans rappeler une certaine Jane Fonda dans BARBARELLA. Le sous texte sexuel du film est tellement palpable que cela en est presque pervers.

Hideaki Anno, mieux connu pour son travail sur la série EVANGELION, est aux commandes de cet objet hystérique, énergique et complètement déjanté. Les scènes d'actions sont abondantes et impressionnantes, tout à fait irréels et complètement digne d'un dessin animé. D'ailleurs, il semblerait que le réalisateur à d'abord tout fait en dessin et a ensuite demandé aux acteurs de les re-créer. Le tout pourrait se comparer au goût d'un bonbon sur dans la bouche. Ce n'est pas toujours agréable, mais on peut toujours pas se passer d'en prendre un autre. Vivement Cutie Honey 2. Elektrik Erik

À noter que ce film destiné, apparemment, aux jeunes filles de 16 ans était commandité par www.fillecool.com. Ils distribuaient un magazine (incluant un bracelet en plastique) à l'entrée de la salle. Étrangement le public était majoritairement composé de jeunes hommes. Gang de pervers, et je m'inclus là dedans !

site officiel : cutiehoney.com

DARK WATER aka Honogurai mizu no soko kara - Hideo Nakata, 2002 

Une jeune mère en pleine procédure de divorce et sa jeune fille s'installent dans un vieil appartement. La belle occasion s'avère moins intéressante quand l'eau commence à tomber du plafond et que le voisin de l'étage supérieur ne répond pas. La jeune femme croit apercevoir une jeune fille à l'imperméable jaune qui serait disparue depuis deux ans. La santé mentale déjà fragile de la mère est mise à l'épreuve par l'appartement, les apparitions et le mari qui tiens à avoir la garde exclusive de l'enfant.

Du réalisateur de RING et adapté d'un autre roman de Kôji Suzuki, auteur du roman RING, le film est ancré dans une réalité très difficile, le divorce et la séparation déchirante des parents de leurs enfants. Ce qui semble être de l'horreur psychologique, voir une allégorie à peine masquée, est traité sobrement, mais avec une efficacité hors pair. Je tairai le final qui renvoie beaucoup à RING. Soulignons encore une fois un récit et une mise en scène adulte, loin des histoires adolescentes si prisée des studios américains. La musique et les ambiances de Kenji Kawai sont comme toujours dans le ton et excellentes. À voir. Mario Giguère

DEATH NOTE la série animé aka Desu nôto, 2006-2007, Japon, 37 épisodes 30m

Adaptation réputée fidèle du désormais célèbre manga. Light trouve un cahier de notes, le Death Note, et ses instructions macabres. La personne dont le nom y est inscrit va mourir dans les 40 secondes. Il faut avoir son visage en tête, question que d'autres personnes avec le nom identique ne meurent pas. Une série d'autres instructions permettent de créer des scénarios complexes avant d'aboutir à la mort de la personne choisie. Light va rapidement essayer d'éliminer des criminels qui ne font pas face à la justice pour des raisons techniques. Rapidement, la police crée une cellule spéciale pour mettre la main sur Kira, le pseudonyme qu'a choisit Light, et un Sherlock Holmes des temps modernes, "L", va prendre en main l'équipe qui cherche le tueur en série le plus prolifique de l'histoire.

Ayant vu le premier film, on peut se rendre rapidement compte de la fidélité des adaptations, quasi identiques. Ce premier film couvre grosso modo le premier tiers des épisodes. On repère rapidement la fascination du scénariste pour le thème du double. Déjà que Light et L sont très proches, le yin et le yang qui débute l'histoire, on va naturellement rencontrer un second Kira. Dans la dernière partie, on aura droit à deux femmes manipulées par Light et deux personnages vont prendre la relève de L. Autre remarque par rapport au film, Light est de toute évidence sur le fil du rasoir, proche de la folie, ce qui n'est pas apparent dans le premier film de Shusuke Kaneko

Si le ton est sombre, normal au regard du sujet, on injecte une grosse dose d'humour avec spécialement le personnage féminin Misa, vedette pop extravertie, plus proche d'un Pokemon léger que du drame existentiel qui soutient la série. Le spectateur est régulièrement placé devant les choix des protagonistes qui discutent souvent des enjeux. Qui n'a pas eu envie un jour d'un monde sans criminels ? Serions-nous prêt à signer les avis d'exécution pour y parvenir ?

La chronologie de la série s'étend sur plusieurs années, se terminant en 2013, de la manière la plus tragique et en même temps la plus naturelle possible. Le destin fatal des protagonistes est inéluctable, mais tout est finement ficelé, dans une série très adulte, qui n'hésite pas à privilégier les dialogues et les monologues antérieurs qui s'étalent généreusement. Ce n'est pas sans oublier les moments d'action pure lors de poursuites automobiles ou l'érotisme d'une Misa en petite tenue. Le tout bercé par une musique qui va du Death Metal aux chants proches d'une déclinaison de Carmina Burana de Carl Orff.

Bref, que du bon ! Mario Giguère

DEATH NOTE aka Desu nôto - Shusuke Kaneko avec Tatsuya Fujiwara, Ken'ichi Matsuyama, 2006, Japon, 126m

Light Yagami trouve un livre qui affirme que toute personne dont le nom sera écrit à l'intérieur de ses pages va mourir. Light va s'en servir pour tuer des criminels. Il étudie pour travailler dans la police et son père est le détective chargé de l'enquête pour retrouver le responsable de toutes ces morts. Comme le tueur n'est jamais présent et ne laisse aucune trace, on se perd en conjoncture et on fait appel à "L" un mystérieux personnage, espèce de Sherlock Holmes des temps modernes, qui se cache sous cette lettre pour aider les enquêteurs. Une partie de cache cache débute pour débusquer le tueur, qui devra utiliser toutes les ruses du livre pour demeurer incognito, mais l'étau se resserre.

Adaptation d'une série de bande dessinée populaire, Death Note débute tranquillement jusqu'à l'apparition du spectre de la mort. Rendu en animation digitale, cet espèce de Joker aux grandes ailes noires détonne, mais on s'habitue rapidement à sa présence, jusqu'à le trouver presque irrésistible. Le tueur pouvant écrire les circonstances précises de la mort de ses victimes, ainsi que la dévoilement du personnage de L complexifient le scénario et tout devient fascinant. On évite aussi de stigmatiser les enjeux, le justicier va se mettre à tuer des agents de la paix à sa poursuite, pendant que L va s'avérer lui aussi très différent. Petite blague qui passe inaperçu si on ne connaît pas tous les acteurs, celui qui joue le père de Light est aussi l'animateur de l'émission culinaire IRON CHEF, et la moue qu'il fait lorsque lui offre une "brochette de beignes" est impayable. Mario Giguère

DEATH NOTE 2 aka Desu nôto: The last name- Shusuke Kaneko avec Tatsuya Fujiwara, Erika Toda, Ken'ichi Matsuyama, 2006, Japon/États Unis, 141m

On reprend ou le premier film se termine. L accepte Light Yagami dans son équipe qui recherche le tueur Kira surtout parce que L soupçonne Light d'être Kira. Voici qu'un deuxième Kira se manifeste. En fait une pop star, Misa Amane, qui idolâtre Kira car il a tué le meurtrier de ses parents qui avait échappé à la justice. Rapidement mise en accusation, Misa est séquestrée par l'équipe de L et Light accepte volontairement de se faire enfermer en cellule pour prouver qu'il n'est pas le tueur recherché. Il y a dès ce moment plusieurs subtilités sur le fonctionnement du cahier de la mort qui vont brouiller les pistes. L'arrivée d'un troisième Kira et un Light Yagami sans souvenirs du cahier de note vont précipiter l'enquête.

Si la première moitié du film est très fidèle au manga, on ne peut que synthétiser et raccourcir l'intrigue en deuxième partie pour tout rentrer dans un long métrage qui est tout de même déjà généreux avec ses deux heures vingt, On coupe donc une bonne partie, le quatrième Kira et on modifie la fin, comme dans le premier film, question de surprendre les lecteurs de la bande dessinée originale. Personnellement je trouve le travail de compression nécessaire très bien réussit. Ce qu'on a malheureusement pas le temps de développer c'est la psychologie des personnages, évidemment, par manque de temps. Misa Amane est plus sage, Light semble moins fou, mais L fascine toujours.

Les acteurs sont solides. Je noterai cette fois-ci la présence d'Ultraman Max, Sota Aoyama. On sait que Kaneko a réalisé des épisodes d'Ultraman Max et il n'est pas surprenant de le voir utiliser un acteur de la série. Si Misa Amane était une blonde affriolante dans le manga, elle a ici les cheveux noirs et des formes plus dans la norme, réalité oblige.

On ne saurait en dévoiler plus, mais ce deuxième opus ferme l'histoire de manière satisfaisante. La réalisation est efficace et est livrée à un rythme soutenu. Bref, si pour apprécier encore plus je recommande la série animée, ces deux films font le travail pour nous faire découvrir un concept fascinant. Dire que le scénariste des mangas en était à ses premières armes, y a de quoi le surveiller ! Mais comme Tsugumi garde sa véritable identité secrète, comme L, il y a là aussi un mystère à dévoiler, un effet miroir qui rappelle toute la série. Mario Giguère

DEATH ROW GIRLS aka Female Prisoner 1316 - Sadaaki Haginiwa avec Ako Hoshino, Japon, 2004, 85m

Une jeune femme rebelle et bagarreuse maintenant nommée par son matricule 1316, est envoyé dans une étrange prison sur une île, bien isolé du reste du monde. Elle se rend compte plutôt rapidement qu'elle n'est pas dans une prison ordinaire, les tests physiques sont omniprésents et les disparitions nombreuses. En tentant de trouver un moyen pour s'évader, elle découvrira du même coup la véritable raison d'être de la prison.

Amateurs de WIP et cinéphile déviant vous pouvez passer votre tour sur ce DEATH ROW GIRLS, qui ne livre absolument pas la marchandise. Sadisme? Rien de sadique. Nudité? On compte les plans nichons sur les doigts d'un main. Lesbianisme? Eh non. Tout ce qu'on a droit réellement et qui se trouve dans le cahier de charges ce sont les combats, sans aucun dynamisme et mal monté entre de jolies prisonnières. Pourtant, les locations sont très belles, les actrices tous très mignonnes et le potentiel y est pour quelque chose d'accrocheur. Malheureusement, la réalisation est épouvantablement banale et sans tonus. Le scénario n'aide certainement pas et attend un temps fou avant de dévoiler un peu d'indices pour au moins essayer de retenir notre attention. Akio Hoshino, modèle très populaire autour du monde, est très jolie dans le rôle principal, aucun doute là-dessus mais sa tronche de moue et ses expressions débiles ne viennent pas aider notre immersion dans ce tout très peu audacieux et très très oubliable. Un WIP sans saveur donc, plus ennuyant que divertissant. Abba

DEMON CITY aka Hell City Shinjuku aka Monster City - Yoshiaki Kawajiri, Japon, 1988, 82m

Deux experts en arts martiaux, un très gentil et l'autre très méchant et démoniaque s'affrontent pour en venir à une victoire déchirante du méchant. Ce dernier, ouvre le sol et de ce coup, transforme une partie de la ville en un No Man's Land plein de méchants démons et annonce que dans 10 ans, il reviendra et fera de la Terre un enfer. Dix ans passent, le Méchant revient et attaque le Président du Japon (Pourquoi? Je le sais pas.) et le place dans un espèce de coma. Le fils du mec tué 10 ans plus tôt se voit confier la mission de tuer l'assassin de son père et de sauver le président et ce, en étant accompagné de la fille de ce dernier. Il doit donc entrer dans DEMON CITY et tataner à coups de bâton les démons qui se mettront dans son chemin.

Laissez votre cerveau dans un tirroir si vous voulez apprécier DEMON CITY car sinon vous risquez d'être très déçu devant le film avec probablement le moins de substance que j'ai vu de ma courte vie. Ce qu'on se rend compte après le visionnement, c'est qu'on aurait pu faire un film de seulement 45 minutes et que le film ne s'en porterait pas plus mal. Tous les caractères sont vides, l'histoire avec le Président n'a aucune raison d'être autre que de présenter un personnage féminin lui aussi inutile, n'ayant pour but que de nous foutre dans la gorge du spectateur une histoire d'amour plus obligatoire qu'intéressante. En fait, un personnage s'avère à avoir du potentiel, Mephisto. Malheureusement, non seulement on ne le voit qu'un maigre dix minutes mais il n'aide en rien l'histoire outre que d'être dans la meilleure scène du film en combattant une démone assez vicieuse. On doit donc se rabattre sur les fameux démons, qui ont de beaux look, sur les combats bien corrects et sur la belle animation. Oubliez la fin, elle est la partie la plus décevante et irritante du film, comme si les créateurs avaient abandonné le film avant sa conclusion. Possédant quelques qualités, il n'en reste pas moins que DEMON CITY est un animé très ordinaire qui ne risque pas d'intéresser beaucoup de monde outre les Hardcore fans. Abba

DEMON HUNTING - Torao Saoshi avec Hideo Sakaki, Asumi Miwa, 2006, Japon, 90m

Une jeune étudiante a des visions de démons qui la poursuivent sur un campus.

Si un des personnages, féru de films d'horreur, ne s'était pas mise à tout expliquer à la fin, je vous aurait dit que je n'avait carrément rien comprit et que j'ai faillit laisser tomber à plus d'une fois. Ramassis d'influences diverses, le scénario part dans toutes les directions et cite autant Freddy que Scream et des tas de films récents japonais. De plus, les effets spéciaux à rabais sont vraiment sans le sou, on reconnait un démon lorsqu'il sort la langue et qu'il semble avoir mangé un popsicle aux fraises. Le ciel est parfois rouge au lieu de bleu, la lune change également de couleur et au final, il s'agit du souhait exprimé par une jolie étudiante de voir la fin du monde, car le professeur qu'elle aime en préfère une autre. Une chance que ca existe pas des affaire de même et ça a au moins le mérite de nous faire apprécier n'importe quel film fait avec un minimum de rigueur ! Mario Giguère

DOGURA MAGURA aka DOGRA MAGRA - Toshio Matsumoto, 1988, Japon 

Lorsque le jeune Kure Ichido se réveil dans sa cellule d'asile psychiatrique, il ne se souvient de rien. Un docteur barbu et toussotant, le Pr. Wakabayashi, entre dans la pièce et lui explique que suite à un violent choc psychologique, le jeune patient est atteint d'amnésie chronique. Que chaque nuit de sommeil oblitère dans son esprit les souvenirs de la veille. Ichido paraît sceptique, en particulier lorsque que Pr. Wakabayashi lui explique que les troubles mentaux se transmettent de génération en génération et qu'il est le descendant d'un homme célèbre pour avoir, il y a quelques siècles de cela, étranglé sa femme avant d'amoureusement l'observer se décomposer sous ses yeux, prouvant que l'amour peut se passer de plaisir charnel. Or Ichido aurait effectivement vécu un événement vaguement similaire qui tendrait à prouver cette théorie. Toujours selon Wakabayashi, c'est l'excentrique Dr Masaki, un toubib original, chauve et moustachu, qui étudia le cas d'Ichido avant de se suicider en constatant l'échec de ses travaux sur le jeune homme. Pourtant, Masaki apparaît aux yeux d'Ichido en lui expliquant hilare que Wakabayashi est un imposteur...

Le dernier long métrage en date de Toshio Matsumoto (FUNERAL PARADE OF ROSES) prend pour cadre un institut psychiatrique des années 1920 et plonge dans la folie de son - des ses ? - protagonistes en adoptant une narration éclatée entre scènes présentes et flashbacks tantôt en couleur, tantôt en noir et blanc, créant ainsi une confusion temporelle appuyée par la présence des deux toubibs interagissant avec leur patient au tempérament schizophrène. Le doute vient à s'installer chez le spectateur qui se demande alors si les toubibs ne sont pas eux-mêmes mentalement atteints : ceux-ci n'apparaissent jamais dans une même scène, l'un d'eux est censé être décédé et il paraît évident que sa présence n'est due qu'aux délires d'Ichiro. Pourtant, le doute subsiste. Le concept est en soi intéressant et accrocheur, malheureusement Matsumoto privilégie les monologues qui tirent en longueurs et les dialogues à double sens. En résulte un film extrêmement bavard qui, malgré ses grandes qualités visuelles et ses idées transgressives (on frôle les thématiques de l'inceste et de la nécrophilie), plonge peu à peu le spectateur dans un ennui poli. Le final onirique et sanglant reste le seul moment réellement marquant de ce film finalement un peu trop formel dans sa forme. Kerozene

 

DOPPELGANGER aka Dopperugenga - Kiyoshi Kurosawa, 2003, Japon 

Un scientifique travaille sur sa nouvelle invention, une chaise électronique pour personnes à mobilité réduite, qui accomplirait de nombreuses tâches pour son usagé à l'aide de ses bras mécaniques, etc. Mais voilà que la perfection n'est pas encore là et son inventeur continue d'y travailler sans cesse et sans repos. Tout à coup, un jour, son double lui apparaît. Huh ?! Devoir s'habituer à la situation n'est pas chose facile d'autant plus lorsque ce double en question n'est pas des plus plaisants, accomplissant des actes douteux et horribles sans aucun remord.

Ce nouveau film de Kiyoshi Kurosawa n'est pas un de ses meilleurs, mais il demande effectivement plus d'un visionnement pour bien l'apprécier surtout vu toute sa dernière partie légèrement disjonctée, donnant une rupture de ton flagrante. Les effets de double sont tout simplement géniaux ! On dépasse même l'efficacité de la chose vu dans le DEAD RINGERS de Cronenberg et cette fois-ci, un procédé de plus est utilisé magistralement: le split-screen. On se promène parfois avec deux ou trois écrans donnant l'illusion de plusieurs personnalités, le tout étant d'une efficacité décapante où Koji Yakusho (CURE, CHARISMA) s'en donne à coeur joie dans son double rôle, une double interprétation de taille magnifiquement exécutée.

Un fim cérébral amusant où on aurait pu facilement donner dans le prévisible ou même le divertissement plus ou moins léger, mais qui préfère anéantir tout cela pour terminer de façon complètement inattendue avec un humour noir bon enfant, cachant de nombreux mystères sous ses folies déroutantes. Bad Feeble

THE DRIFTING CLASSROOM - Nobuhiko Ôbayashi, 1987, Japon 

"The Drifting Classroom", c'est d'abord un manga horrifique culte de Kazuo Umezu. Quelque chose d'assez glauque, violent et tordu où une école remplie de gamins est projetée dans un futur apocalyptique via une faille temporelle; là, les enfants apprennent la survie, l'organisation en communauté, se battent comme des chiffonniers pour faire valoir leurs droits et affrontent des cafards mutants. Une fois passé à la moulinette Obayashi, il ne faut malheureusement pas espérer voir le réalisateur du génialissime "Hausu" rentrer dans le lard. Au contraire, le réalisateur, qui a mis beaucoup d'eau dans son saké depuis, oriente son métrage vers une aventure définitivement trop consensuelle. Du coup, cette entrée en force dans un monde obligeant les enfants à adopter des comportements adultes s'oriente vers un mode plus proche d'un idéal Bisounours, certes terni par quelques scènes de violence qui tranchent radicalement avec le ton passablement neuneu du film, guère aidé il est vrai par un casting qui peine à trouver le ton juste - d'autant plus que la moitié est tourné en langue anglaise, l'action étant situé dans une école internationale (l'occasion pour nous de rigoler du jeu approximatif d'un Troy Donahue en professeur d'anglais). Ce ton ne convient d'ailleurs pas à la mise en scène du réalisateur au passé expérimental, celui-ci n'hésitant pas à tourner des plans furieux aux mouvements parfois improbables, générant une sorte de sentiment d'urgence souvent inadapté. Les effets spéciaux sont quant à eux rudimentaires pour la plupart, les transparences sont foireuses, les surimpressions hideuses et les décors simplistes. Ce qui avait du charme dans un "Hausu" complètement dégénéré ne fonctionne finalement pas dans un film en réalité plus terre à terre qu'il en a l'air. Reste les cafards mutants qui rappellent que les japonais n'ont rien à apprendre en matière de bestioles en caoutchouc. Le manga a connu une adaptation américaine, "Drifting School", avec Billy Drago et réalisé en 1995 par Junichi Mimura. Kerozene

DRIVE - Sabu alias Hiroyuki Tanaka, 2002, Japon , 102m

Un salaryman obsessif-compulsif souffrant de migraines chroniques devient contre son gré le chauffeur de 3 voleurs qui viennent de se faire dérober leur magot par leur 4ième partenaire. Cette rencontre viendra perturber l'existence réglée au quart de tour de cet homme renfrogné qui mène sa vie comme une entreprise.

Asakura Haruki est l'incarnation du citoyen idéal japonais. Honnête, propre sur lui, réservé et ponctuel, il vit sa vie en fonction des lois sans jamais suivre ses envies. A force de s'oublier et d'ignorer ses besoins, son corps a fini par se rebeller et lui donner du fil à retordre. Ses migraines qui lui pourrissent la vie sont le signe que quelque chose doit être changé. Mais quoi? Les voleurs que le hasard (ou le destin) a mis sur sa route l'aideront à mieux se connaître et à mettre fin à ce cycle psychotique qui a débuté quand ses deux parents se sont successivement enlevés la vie ou peut-être bien avant... Les différents personnages représentent des sphères de la société japonaise qui est très riche en contrastes, ce qui donnent lieu à des scènes absurdes et surtout révélatrices.

Ce film amène une réflexion intéressante sur les phénomènes du hasard, du destin et de l'héritage culturel à partir d'une histoire anodine de vol de banque. Sabu dresse le triste bilan du samouraï devenu salaryman dont le conformisme est en train de tuer toute individualité, en plus de lui faire oublier ses traditions et le pouvoir qu'il a sur sa propre existence.

Il s'agit d'un film beaucoup plus fort au niveau du fond que de la forme, mais il s'agit d'un film bien fait et qui divertit malgré la gravité de son sujet. Mongola Batteries

EAT THE SCHOOLGIRL aka EATING SCHOOLGIRLS aka OSAKA TELEPHONE CLUB - Naoyuki Tomomatsu, 1997, Japon  

Ah ben voila une belle cochonnerie ! Pour éviter de perdre du temps, on passe directement à la description de quelques éléments marquants du film, parce que côté scénario je suis encore en train de chercher s'il y en a un ou non. On ouvre sur un jeune gars qui tient d'une main son combiné de téléphone et se tripote la nouille de l'autre. A l'autre bout du fil, une comédienne du téléphone rose dont la bouille est affichée sur des pubs collées sur tous les murs de la ville, s'enfonce un stylo tout en gémissant de façon très... nipponne. Un femme se vomit dessus après avoir été frappée à l'estomac et se fait prendre peu délicatement pour un psychopathe obsédé. Dans un tunnel, le même type déguisé en écolière éventre un passant au cutter avant de lui éjaculer dans la plaie. Il fera de même plus tard après avoir étripé une gonzesse qui tente comme elle peut de remettre ses intestins en place pendant quelques secondes avant de recevoir sa semence. La coquine du téléphone se fait violer par un gang de yakusas amateurs de snuff movie : ils l'humilient, la frappent, la force à pratiquer une fellation, et vont jusqu'à lui faire un lavement anal qui s'achève sur une infâme défécation filmée en gros plan. Un jeune type autiste sur les bords habite dans un appart borgne aux murs blancs ; une jeune fille nue s'offre à lui, il s'agit en fait d'un ange à qui on a tranché les ailes...

Ce film aligne les scènes de sexe et de morts violentes comme on enfile des perles sur un collier, sans pour autant chercher à rendre l'ensemble un tant soit peu cohérent. Naoyuki Tomomatsu (STACY) signe donc une collection de scènes trash complètement gratuites et se complaît dans un étalage de mauvais goût et de sadisme qui tend malheureusement vers la misogynie crasse. Pourtant, si les scènes gores bénéficient de maquillages convaincants malgré l'étroitesse du budget, et si la majorité des scènes de sexe ne dérange pas plus qu'elles n'émoustillent - le film est anti-érotique au possible malgré le fait que ça tringle une bonne partie du film - c'est surtout la scène du viol qui pose problème. Brutale, dégueulasse, elle devient surtout difficile à digérer lorsque la fille est humiliée pour de bon. On n'a plus à faire à une " performance " d'actrice, mais bel et bien à un show scato digne de la plus crapuleuse des boîtes à cul de Manille - et puis même si c'est simulé ça reste franchement dégueulasse. Pour le reste, Tomomatsu réalise à peine mieux qu'il n'écrit, et ce ne sont pas ses quelques passages entre expérimentation et onirisme (il pleut des plumes dans un bureau... Les plumes de l'ange ?) qui parviennent à relever le niveau. Kerozene

ECSTASY OF THE ANGELS aka L'EXTASE DES ANGES - Koji Wakamatsu, 1972, Japon

Dans les environs de Tokyo, un groupe de terroristes locaux vole des explosifs aux forces armées américaines dans le but d'entamer une campagne explosive. L'opération ne se déroule pas comme prévu: certains membres du groupuscule se font abattre et Octobre, leur chef, perd la vue suite à l'explosion d'une grenade. Dès lors, il décide de ne plus suivre les plans de ses supérieurs, Automne et Année. Si la plupart de ses hommes restants (Lundi, Mardi, Mercredi, etc...) sont avec lui, l'un d'entre eux n'accepte pas ce changement d'objectif. Étrangement, il est le seul à ne jamais baiser pendant le film...

Voila une intrigante histoire quelque peu confuse dont on ne sait trop quels sont les tenants et les aboutissants. On se perd entre ses protagonistes nommés après de jours, de mois et des saisons, autant de noms attribués à des hommes et des femmes visiblement unis à une même cause mais dont l'enjeu reste indéfini. Entre scènes de sexe rythmées sur des dialogues politisés et discussions pas toujours cohérentes, on se perd quelque peu. On sent que la personnalité du réalisateur ex-yakuza est bien présente, son style visuel est toujours aussi remarquable, le noir et blanc est superbe et les quelques scènes en couleur sont d'une grande beauté et sont parfois d'un onirisme surprenant. Mais il est permis de penser que c'est avant tout son scénariste Masao Adachi, dissimulé sous le pseudonyme Izuru Deguchi, qui est d'avantage responsable de l'esprit révolutionnaire gauchiste du film. Adachi a en effet été membre des commandos de l'armée rouge japonaise, il fut emprisonné par la police libanaise en 1997 qui le remit aux autorités nippones en 2000. Difficile de rentrer dans un tel film au style inspiré de la Nouvelle Vague française, il se perd malheureusement dans son obsession politique à laquelle on a bien du mal à saisir le sens. Kerozene

L'EFFRAYANT DOCTEUR H. aka MEMOIRES D'UN HOMME DIFFORME aka HORROR OF A DEFORMED MAN aka HORROR OF A MALFORMED MAN - Teruo Ishii, 1969, Japon

Un jeune chirurgien accusé de meurtre prend la place d'un homme fraîchement décédé qui lui ressemble étrangement. Si lui-même ne se doute de rien, le spectateur n'est pas dupe et se rend bien compte qu'il s'agit de son frère jumeau dont il n'a jamais entendu parler. Intrigué, il mène tout de même une petite enquête sur ce frère inconnu et découvre que le père de celui-ci (et donc son père à lui) vit seul sur une île au large des côtes de la mère du Japon. Son père s'avère être un homme fou, profondément perturbé par une malformation physique qui s'est mis en tête de créer sur son île un monde idéal. Mais idéal selon ses propres critères bien entendu, c'est à dire peuplé de créatures hybrides qui ne sont pas sans rappeler celles d'un certain Docteur Moreau.

Teruo Ishii réalise son rêve: il adapte Edogawa Ranpo. Résultat : un film toujours interdit au Japon ! Chose étonnante, car si pour nous occidentaux, un film comme FEMMES CRIMINELLES semble dépasser les limites du montrable (nous sommes alors en 1968, ne l'oublions pas), L'EFFRAYANT DOCTEUR H. s'avère nettement moins subversif et brutal. Mais les thèmes abordés sont quelque peu tabous au pays du soleil levant, ce qui rend ce conte horrifique teinté d'inceste profondément dérangeant pour les autorités nipponnes. Dommage pour eux, car il s'agit là d'une oeuvre certes naïve (le frère jumeau qui ne se rend compte de rien), mais terriblement fascinante et bénéficiant d'un final tout simplement ahurissant ! Kerozene

L'ENFER DES TORTURES aka INFERNO OF TORTURE aka HELL'S TATTOOERS aka TOKUGAWA II aka TOKUGAWA IREZUMI-SHI: SEME JIGOKU - Teruo Ishii, 1969, Japon

Avec ce deuxième volet de la tétralogie " TOKUGAWA " après FEMMES CRIMINELLES, Teruo Ishii laisse de côté le film à sketch (format que les deux films suivants retrouveront) pour s'intéresser aux mésaventures d'un tatoueur trahi par son rival, complice d'une tenancière de bordel sadique qui organise un trafique de femmes japonaises tatouées auprès d'acheteurs occidentaux. L'ambiance du film est relativement crue et l'histoire s'avère digne d'une tragédie shakespearienne: amants trompés, parents assassinés, suicide désespéré, survivant rongé par la haine et la vengeance.... A travers une structure narrative quelque peu confuse et déroutante, Ishii s'intéresse plus à ses personnages que dans FEMMES CRIMINELLES et laisse les séances de tortures et de tatouages sur des femmes nues en second plan. Il n'empêche que le film propose quelques (rares) scènes de pur cinéma trash, avec séquences de bondage douloureux et autres énucléations, mais aussi un défilé de femmes tatouées à moitié à poil et quelques gags surprenants et mettant en scène des prostitués homosexuels complètement ridicules. Esthétiquement, le scope est toujours aussi soigné et le réalisateur en profite pour flatter les rétines de ses spectateurs, notamment lors d'une scène presque psychédélique où des filles arborent des tatouages phosphorescents. L'ensemble se laisse regarder avec plaisir mais on ne peut s'empêcher de trouver l'ensemble de l'entreprise légèrement bancal et s'avère finalement moins passionnant que les déboires que la production essuya : le studio Toei s'est vu confronté à une levée de boucliers de la part de réalisateurs opposé à un tel projet, même certains acteurs du film tentèrent de faire couler le film tandis que les autres reçurent des menaces. Par chance, le directeur de la Toei, Shigeru Okada, a soutenu le projet jusqu'au bout. Kerozene

ENTRE LE CIEL ET L'ENFER - Akira Kurosawa avec Toshiro Mifune et Tatsuya Nakadai, 1963, Japon - 1963, 144m

Akira Kurosawa est un réalisateur que je ne connais, à mon grand regret, que bien trop peu... En effet, ENTRE LE CIEL ET L'ENFER n'est que ma troisième incursion dans ma filmographie. De ce que j'ai pu voir, c'est un sans faute et ENTRE LE CIEL ET L'ENFER confirme tout le bien que je pensais de Kurosawa. En effet, il signe avec ce film un polar passionnant qui s'ouvre sur un dilemme moral cruel et captivant, dans le sens ou il est tout aussi déchirant pour le spectateur que pour les personnages qu'il implique. Kurosawa repose pour cela sur un script magnifiquement écrit et les interprétations sublimes de ses acteurs principaux, à commencer par Toshiro Mifune, qui par son charisme et, bien évidemment, son talent d'acteur, vole la vedette à chaque minute et fait de l'ombre à un Tatsuya Nakadai pourtant en très bonne forme... Formellement impeccable, ENTRE LE CIEL ET L'ENFER propose également au spectateur de beaux morceaux de tension nerveuse et de suspense, chaque scène étant précisément et méticuleusement mis en scène par Kurosawa... Malheureusement, si la première partie est absolument magnifique, la deuxième partie, elle, se concentre davantage sur une enquête policière passionnante, certes, mais qui ne tient jamais la cadence avec le dilemme incroyable mis en scène par Kurosawa au début de l'oeuvre, et si le tout amène progressivement à un final qui tue, impossible de ne pas reprocher à ENTRE LE CIEL ET L'ENFER de minimes longueurs, facilement pardonnées surtout en regard de la chronique sociale que vient transmettre le film au travers de cette dernière... Malgré ce défaut, ENTRE LE CIEL ET L'ENFER est un must, un film à voir. Zering

EXTE:HAIR EXTENSIONS aka Ekusute - Sion Sono avec Chiaki Kuriyama, Ren Osugi, 2007, Japon, 108m

Un entrepôt dans un port japonais, une odeur malsaine et la découverte d'un caisson remplit de cheveux humains. Tout est normal, il s'agit de véritables cheveux qui servent à fabriquer des extensions. Mais la tête dans le caisson... Yuko (Chiaki Kuriyama) travaille au salon de coiffure GILLE DE RAIS comme apprentie. Le jour ou débarque un bonhomme étrange, qui offre des extensions de cheveux, tout bascule. Car le type, friand de belle chevelure, a récupéré le corps de la dame du caisson et il est fou de joie car ses cheveux poussent chaque jour à une vitesse extraordinaire. La table est mise.

Sion Sono avoue après la projection que son film est à la fois un authentique film d'horreur et une parodie. Les éléments sont nombreux à renvoyer aux films récent du genre. Tant qu'à avoir des fantômes aux cheveux long, ne prenons que ces cheveux comme élément d'horreur ! Ajoutant une sous-intrigue sur l nièce de Yuko, battue par sa mère, récupérée par Yuko, Gunji, le fou des cheveux qui offre une performance pour le moins excentrique et le mélange de drame, d'horreur et de parodie fonctionne parfaitement. Les images de pousse de cheveux qui sortent de la bouche ou carrément des yeux sont saisissantes et dérangeantes. Une belle surprise ! Mario Giguère

Les ÉVADÉS DE L'ESPACE aka MESSAGE FROM SPACE aka RETURN TO JELUCIA - Kinji Fukasaku, Japon, 1978

En 1978, le ras de marée STAR WARS avait marqué de façon définitive le monde du cinéma. Le Japon profite de la situation pour mettre sur pied ces ÉVADÉS DE L'ESPACE, le film qui est à l'origine de la mythique série télé SAN KU KAI. Les méchants Stressos de la série sont déjà présents, mais ne sont pas encore appelés les Stressos, de même que leur leader Golem XIII n'est pas encore au pouvoir. Toujours est-il qu'ils sont déjà très vilains et qu'ils souhaitent plus que tout asservir la planète Terre. Heureusement, une poignée d'élus ont été désignés à travers l'univers pour mettre fin à leurs agissements.

LES EVADES DE L'ESPACE n'est certainement pas le titre de gloire de Fukasaku. Il signe ici une véritable perle de série Z aux effets spéciaux délicieusement rétros et aux dialogues trop souvent inutiles. Néanmoins, on ne se surprend guère à y trouver du plaisir, et ce n'est certainement pas la réplique nipponne de Darth Vader qui nous fera penser le contraire. Le casting inclut Sonny Chiba en combattant émérite d'une planète décimée et Vic Morrow dans la peau d'un ancien officier dégoûté par l'armée, amoureux fou de son robot et amateur de whiskey. La série qui suivra reprendra la présence d'Eolia et de son vaisseau-bateau, le fameux vaisseau baptisé le San Ku Kai évidemment et les méchants de service avec un nouveau leader... Golem XIII. A noter qu'il vient de sortir en France (mi-2004 donc) un DVD des EVADES DE l'ESPACE présentant une version dans laquelle le générique a été remplacé par celui de la série et où un nouveau doublage propose des noms qui collent mieux à la série également. Dommage, ce n'était franchement pas nécessaire. Kerozene

EVIL DEAD TRAP 2 aka Shiryo no wana 2: Hideki -Izô Hashimoto,1991 

Une jeune japonaise obèse est projectionniste dans un cinéma de quartier, quartier affligé par la mort de jeunes filles à répétition. Sa meilleure amie est reporter télé et elle convainc son petit ami de la séduire. Mais la reporter est fascinée par les corps éventrés et il semble bien que les deux copines cachent un secret commun. Une voyante percevra facilement le trouble et la mort qui rôde autour de tout ce beau monde.

Qui aurait imaginé un film d'horreur comme métaphore de la culpabilité qui peut suivre un avortement ? Il est plutôt difficile de s'identifier au malheur de la grosse projectionniste sexuellement frustrée, comme si Brian de Palma avait suivit à la lettre le roman CARRIE, ou Carrie ne ressemblait pas au physique de Sissy Spacek. Le rythme est bien curieux, le scénario et l'enchaînement ne sont pas toujours logiques et la fin verse dans le grand-guignolesque à outrance. Plus une curiosité qu'une réussite. Un film gore féministe ? Mario Giguère


Takashi Ishii
Scénariste

EVIL DEAD TRAP 3 : mutilation for a tender love aka Shiryo no wana: Chigireta ai no satsujin - Toshiharu Ikeda, scénario Takashi Ishii, 1993

Comme pour la série Guina Pigs, les Evil dead Trap sont des histoires indépendantes. Ici ,le suicide presque anodin d'une élève enceinte de son professeur ( et la découverte d'un tronc de femme sur une berge ) permet à une jeune inspectrice d'enquêter plus à fond sur l'affaire. Elle a déjà étudié avec le dit professeur et à l'époque son amie, elle aussi enceinte du professeur, a disparu il y a 5 ans. Le film rondement mené nous réserve des moments chocs, même si j'avais deviné le noeud de l'histoire avant la policière, et le tout est baigné d'une atmosphère sordide à souhait. Comme une variation tordue de Psychose. Intéressant. Mario Giguère

EXECUTIVE KOALA - Minoru Kawasaki, 2005, Japon 

Un koala employé de bureau stressé est soupçonné d'être l'assassin de Yoko, sa petite amie humaine. Alors que son esprit s'embrouille à grand renfort de cauchemars sanglants et de flashbacks déstabilisants, est guère aidé par son psy ni par un inspecteur fouineur, notre bouffeur de bambou s'imagine souffrir de schizophrénie. Ce qui s'avère plus ou moins proche de la vérité puisque quand il se met en boule, ses yeux deviennent tout rouges et il massacre quiconque croise son chemin... Après "Calamari Wrestler" et son calamar catcheur, voici le nouveau "délire" animalier de Minoru Kawasaki. Un délire qui se limite à coller dans la peau de personnages lambda de gros animaux en peluche ridicules. Car outre le koala constipé, on a droit à un lapin entrepreneur manipulateur aux yeux rouges et à une grenouille épicière. Trois bestioles qui restent l'une des seules originalités d'une comédie dramatique certes loufoque et gentiment sanglante, mais qui, au-delà de ça, s'avère surtout aussi plate et stupide qu'un épisode de soap au rabais. On pouvait espérer qu'un tel concept serve un éventuel propos social, politique, écologique ou autre, mais non, il ne s'agit là ni plus ni moins d'un gimmick servant à vendre un film cinématographiquement pauvre, adapté d'un scénario débile, et porté par des acteurs de seconde zone. Kerozene

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