Autant scénariste que réalisateur et même acteur, Larry Cohen se complait dans le cinéma de genre, tel son horrifique IT'S ALIVE ! Une suggestion de Stelvio

mise à jour le 1 février 2007

BLACK CAESAR aka Le Parrain de Harlem - Larry Cohen avec Fred Williamson, Minnie Gentry, Julius W. Harris, D'Urville Martin, Don Pedro Colley, Gloria Hendry, Art Lund, Val Avery, Pillip Roye, 1973, États Unis, 94m

Alors qu'il était adolescent, Tommy Gibbs, un noir de Harlem, travaillait comme complice pour aider les tueurs de la Mafia à commettre des assassinats. Il agissait aussi comme courrier pour des flics corrompus, mais l'un d'entre eux, McKinney, a trouvé un prétexte pour le battre et le faire envoyer en prison. Devenu adulte, Gibbs commet son premier meurtre et trouve un job comme responsable d'une partie du territoire de Harlem pour le compte de Cardoza, un chef mafieux. Il devient vite l'un des parrains les plus puissants au point qu'il en vient à se débarrasser de Cardoza et à prendre le contrôle de tout Harlem et d'une partie du Bronx. Pour se couvrir, il s'associe avec un avocat et parvient à dérober une importante liste de noms de personnalités officiels corrompus de la ville de New York. Mais comme tous les puissants, Gibbs n'est pas à l'abri d'une traîtrise de son entourage et constate vite que sa façon de faire fortune ne fait pas non plus la joie de sa famille. De plus, McKinney est toujours dans le décor, prêt à faire tomber Gibbs pour de bon.

Avec le succès du "PARRAIN", il était évident que les imitations allaient suivre au pas de charge. Celle-ci possède cependant le mérite d'exprimer le point de vue des Noirs américains même si la dénonciation du racisme apparaît manichéenne au possible. Larry Cohen n'a évidemment pas bénéficié d'un budget imposant, mais il a su faire avec les moyens du bord pour donner un certain impact à son film dont il est d'ailleurs l'auteur complet. Le récit suit le sentier bien balisé de l'ascension et la chute d'un gangster avec les développements habituels, mais il le suit avec un bon équilibre dramatique et avec quelques moments de violences coups-de-poings bien amenés. La mise en scène, sans être originale, est contrôlée et agréable. Les décors et les costumes sont convaincants, bien qu'il y ait plusieurs anachronismes. La musique à une présence indéniable et le montage est juste assez fluide pour garder l'attention du spectateur. Mais l'une des grandes qualités du film est l'interprétation de Fred Williamson, qui rend bien à l'écran toute la dureté et la vulnérabilité de son personnage de gangster. Mathieu Lemée

The EXPERT - Rick Avery/William Lustig, 1994, États Unis 

J'ai trouvé ce tape dans les poubelles près de l'Impérial y a de ça 2 ans. Et ce n'est que le week-end dernier que j'ai décidé de le visionnier.

D'abord ce Jeff Speakman, l'Expert du titre, est un sous Steven Seagal qui entraîne mollement la Swat Team de Los Angeles. Lorsque sa soeur se fait tuer par un serial-killer que loi hésite à condamner pour cause d'aliénation mentale, l'Expert décide de faire sa petite vendetta à lui tout seul. Il rend visite à un Jim Varney misogyne, qui lui vend tout un arsenal pour pas cher " car je serai toujours là lorsque tu voudras exploser la gueule d'un salopard " avant de se rendre à la prison où le dit serial-killer est emprisonné. Le carnage commence, tous les criminels se trouvant sur le chemin de l'Expert goûteront à sa médecine vengeresse.

Film moron s'il en est un, cet Expert hésite constamment entre le discours vengeur " oeil pour oeil, dent pour dent " et la critique sociale (la loi, la police, l'univers carcéral, rien ne peut véritablement aider les condamnés à se repentir). Speakman ne sait pas jouer, ses savates sont cadrées de très près afin de ne pas voir les limites athlétiques du bonhomme.

Tout ça pour dire que je fus surpris de voir que sur IMDB, une partie du crédit revient à Wiliam Lustig et Larry Cohen !

(Évidemment, aucune mention n'est faite dans le générique du film). Lloyd Llewellyn

HELL UP IN HARLEM aka Casse sur la ville - Larry Cohen avec Fred Williamson, Julius W. Harris, Gloria Hendry, Margaret Avery, D'Urville Martin, Tony King, Gerald Gordon, Bobby Ramsen, 1973, États Unis, 94m

Parce qu'il possède une liste de noms compromettante pour des fonctionnaires corrompus, un procureur, Di Angelo, essaie de faire tuer le gangster noir de Harlem Tommy Gibbs. Il échappe à la mort grâce à l'intervention de son père qui a réussi à l'emmener à l'hôpital à temps tout en cachant les précieux documents. Ensemble, Tommy et son père font le ménage chez leurs ennemis et font un arrangement avec Di Angelo pour être blanchis des accusations portées contre eux par la police. Tommy Gibbs peut donc reprendre le cours normal de sa vie et songe même à renoncer à l'illégalité. Mais son père et lui ignorent que Zacharias, un de leurs hommes, travaille en douce pour prendre le pouvoir en les dressant l'un contre l'autre avec l'aide de Di Angelo. Lorsqu'il découvre ces manigances, Gibbs reprend les armes une dernière fois pour récupérer ce qui lui appartient, tout en tentant d'envoyer la liste des fonctionnaires corrompus à un procureur honnête.

Cette suite a été tournée la même année que le premier épisode intitulé: "BLACK CAESAR" avec la même équipe et les mêmes acteurs avec quelques nouveaux venus. Cette fois, Larry Cohen a mis l'accent sur l'action et l'adrénaline plutôt qu'une structure dramatique serrée, avec bagarres, poursuites et fusillades nombreuses. En fait, l'intrigue multiplie les règlements de comptes sans que l'auteur se soit soucié de toute logique pour les justifier. Certains effets apparaissent grossiers et les situations ne s'écartent jamais vraiment des clichés. Le point de vue des Noirs américains sur le racisme des Blancs est encore plus manichéen que dans "BLACK CAESAR". Malgré tout, l'ensemble est divertissant et la mise en scène est convenable malgré un montage hachuré qui enchaînent les séquences sans fluidité. Ceux qui adorent le "SOUL CINEMA" et les films de Fred Williamson apprécieront, d'autant plus qu'une certaine gratuité vient souligner les scènes de violence. Williamson met évidemment plus en évidence son énergie physique que dans le chapitre précédant mais il demeure quand même efficace dans son rôle. Mathieu Lemée

MANIAC COP, William Lustig, 1988, États Unis, 1h35

Un policier, c'est synonyme d'autorité et de respect.  Ils sont là pour faire respecter la loi, régner l'ordre, et j'en passe, spécialement dans une ville surpeuplée et à la situation sociale volatile comme New York.  Lorsque, un beau soir de 1988, un policier en uniforme se met à trucider d'innocents citoyens, et ce d'une manière assez peu aimable, la population devient nerveuse.  Chaque nouvelle victime que fait le flic augmente d'un cran la psychose populaire, et les gens commencent à craindre les garçons en bleu.  Une femme un peu instable croit que son mari correspond au profil de l'assassin, et décide de le suivre un soir qu'il prétend partir faire du temps supplémentaire.  Jack (Bruce Campbell, plutôt sobre) ne se dirige évidemment pas vers son quartier général, comme on s'en doute...  Pendant ce temps, un détective vétéran (Tom Atkins, aussi apparu en '86 dans NIGHT OF THE CREEPS, et plus récemment dans le BRUISER de Romero) cherche à éclaircir le mystère.

Écrit et produit par Larry Cohen, ce film sans prétention a du rythme, et une intrigue prenante.  Il y a bien sûr quelques petits défauts de logique, mais c'est là que l'on retrouve en partie le plaisir d'une telle oeuvre.  Lustig dirige d'une main de maître, nous laissant entrevoir le gouffre de crime éventuel que peut représenter une mégapole telle que New York.  Le plan d'ouverture nous propose d'ailleurs une vue des Twin Towers de nuit, avec de multiples fenêtres éclairées, et un éclair (dessiné sur la pellicule) de mauvais augure qui traverse le ciel.

La violence dépeinte ici est suggérée, et jamais "gore" quand on la présente graphiquement; un peu de sang synthétique aspergé ça et là suffit à rendre une ambiance, et c'est la physiqualité des corps à corps qui surprend : les corps volent dans les airs et heurtent le sol ou les murs assez durement, et l'effet est saisissant !  Je soupçonne l'utilisation d'un système de câblage, mais l'important est qu'on ne les voit pas !

Richard Roundtree apparaît à quelques reprises dans le rôle d'un chef de police borné, et le "love interest" de Campbell est une mignonne blondasse du nom de Laurene Landon, une torontoise, qui est aussi apparue dans plusieurs réalisations de Larry Cohen (The Stuff, The Ambulance...) et dans le ARMED RESPONSE de Fred Olen Ray, en 1986.

Deux suites à MANIAC COP furent tournées, respectivement en '90 et '93, et réalisées par Lustig, qui a conservé à peu près la même équipe pour le deuxième volet, mais pas pour le troisième !

Ce film correspond parfaitement, tout compte fait, à l'idée que l'on se fait du cinéma de genre des années '80, et possède tous les éléments qui durent en faire un classique auprès des policiers de la fin des années '80 ! Orloff

PHONE BOOTH - Joel Schumacher, 2002, États Unis, 1h21 

Un individu qu'on veut nous présenter comme un gros vilain pas gentil [Colin Farrell], mais qui n'est en fait qu'un peu fourbe et testostéronné, entre dans la même cabine téléphonique chaque jour pour appeler sa "maîtresse", qu'il n'a en fait jamais profanée, et qui est interprétée anecdotiquement par Katie Holmes. Un bon matin, alors qu'il termine son appel, le téléphone sonne et il décroche. Une voix l'interpelle, connaissant son nom, et commence à jouer avec lui. Les implications de ce simple appel prendront une ampleur insoupçonnée alors que le beau Colin passera la prochaine heure et 20 dans sa cabine, aux prises avec un dangereux psychopathe...

Le synopsis tient sur une serviette de restaurant en décomposition tant il est simple, et on a droit, en quelque sorte, à un "huis clos" puisque toute l'action se déroule au même endroit. C'est pourtant au beau milieu d'une rue new yorkaise que se déroulera le "drame".

Schumacher parvient à rendre le tout captivant, entre autres grâce au scénario de Larry Cohen - qui mûrissait ce projet depuis paraît-il plus de 20 ans ! - et au talent de Farrell. La voix de Kiefer Sutherland, qui commence définitivement à beaucoup ressembler à son père, joue aussi une belle part dans la "teneur en haleine" du film... Disons que la VF doit prendre toute une claque à ce niveau, surtout si c'est l'ami Corbeil qui s'occupe du doublage...

Forrest Whitaker apparaît dans le rôle d'un flic bon enfant, alors que des putes hystériques et un pimp latino apparaissent aussi au registre fictif. Le temps passe vite et on ne s'emmerde pas, mais la leçon qu'on tente de nous donner est douteuse, et le préambule en forme de "constat" n'était vraiment pas nécessaire. Selon les membres du Salsoul Orchestra : "It's good for the soul". Orloff

ÉPOUVANTE SUR NEW YORK aka Q-THE WINGED SERPENT aka SERPENT - Larry Cohen avec Michael Moriarty, David Carradine, Richard Roundtree, Candy Clark. , Etats-Unis, 1982, 1h29

New York, 1982. Les crimes atroces se multiplient. Des victimes sont retrouvées aux quatre coins de Manhattan, atrocement mutilées ou dépecées. La police ne dispose d'aucune piste. Au même moment, un malfrat sans envergure, Jimmy Quinn, en fuite après un hold-up raté, se réfugie au sommet du Chrysler building. Là, il découvre stupéfait un immense nid contenant un œuf géant...

Film clé dans la filmographie de Larry Cohen, cette série B (récemment sortie en DVD Zone 0 par Blue Underground) permet au scénariste créateur des ENVAHISSEURS de varier les plaisirs et d'aborder, grâce à un script dense et astucieux, tous les genres qu'il adore. EPOUVANTE SUR NEW YORK mélange avec habileté le policier urbain, l'horreur et le film de monstres. L'enquête, menée par le patient Shepard (David Carradine, très sobre) et le violent Powell (Richard Roundtree, dans l'un de ses derniers rôles présentables), se suit avec plaisir et distille un appréciable suspense. Les brefs moments d'horreur jouent avec brio sur la fascination exercée par les légendes aztèques. Ils nous permettent de nous rincer l'œil dans l'hémoglobine de quelques effets spéciaux et autres maquillages peu ragoûtants. Enfin, les apparitions, de moins en moins espacées, du reptile volant, tendent à tirer quelque peu le film vers le nanar, et donnent à l'ensemble un côté années 50 pas déplaisant du tout. Personnage clé du film, Jimmy Quinn (Michael Moriarty) passe d'observateur passif, "accidental hero" subissant les événements avec stupeur, à exploiteur habile de la situation... L'appât du gain constitue la bouée de sauvetage ultime, prête à pervertir tout être humain, semble ainsi nous suggérer Larry Cohen. Les faits sont rarement venus le démentir depuis. Hélas... Stelvio

SPECIAL EFFECTS - Larry Cohen, 1984, Angleterre  

Une blondasse idiote qui pose pour des photographes fuit son mari qui souhaite la ramener vers son fils. Mais elle ne veut pas et lui dit qu'elle va tourner dans le prochain Chris Neville, réalisateur sur le déclin. Elle ment bien sur, mais s'échappe et va chez ce Neville qui la film sur son pieux et en profite pour l'étrangler. Le mari est soupçonné, et arrêté, mais Neville prend sa défense: il souhaite faire un film sur le meurtre, sur la vie de cette file et de son homme, tout en le faisant passer pour le meurtrier. Pour plus de véracité, il veut qu'il y tourne son propre rôle. L'inspecteur chargé de l'enquête est embauché en tant que consultant technique.

Grosse déception. Film mineur dans la carrière de Larry Cohen, ce SPECIAL EFFECTS n'est pas vraiment intéressant. Prévisible en diable et plutôt ennuyant, il nous inflige en plus de ça une bande son assez détestable. L'actrice principale est assez jolie et dévoile ses charmes, mais on ne peut pas dire que Cohen soigne ses plans ce qui fait que le tout n'est pas franchement attrayant. La fin montre un carton qui dit que le film est réalisé par l'inspecteur de police du film, ce qui est assez drôle. Kerozene

The STUFF aka Yogourt Attack - Larry Cohen avec Michael Moriarty, Patrick O'Neal, 1985, États Unis

Stuff est un nouveau produit naturel (qui ressemble a du yogourt) tout droit sorti du sol, un peu comme le pétrole .Il est ensuite mis en vente dans une petite municipalité, pour voir la réaction des gens, sans oublier que l'on passe une annonce sans arrêt. Un ex-agent du F.B.I (Michael Moriaty) est engagé pour découvrir ce nouveau spécimen qui se vend comme des petits pains chauds. Son enquête le mène a un petit garçon qui refuse d'en manger même si ses propres parents l'ont obligé et qu'il en devient zombifié, car tous ceux qui en mangent en deviennent graves et dépendants. Notre espion se rend à l'usine où il découvre que c'est ultra secret. Il s’empare d'un camion comme preuve, s'en va a la rencontre d'un général et de sa bande de mercenaires. Après quelques minutes de conversation, notre général dit avoir une station de radio, il fait alors un message d’intérêt capital annonçant qu'il ne faut plus manger de cette merde, pour enfin finir avec notre Mrs.F.B.I. qui se rend dans le bureau du dirigant, pour leur en faire manger toute une caisse, jusqu'au moment ou il en deviennent fou. Une chose m'a agacé dans ce film...les acteurs n'ont aucune crédibilité, nul, d'une ambiance a nous endormir.

L'idée de base au départ est bonne mais mal exploitée. Rana

  Quel Z ! encore, que cette attaque des pots de yogourt !!!... the STUFF, dessert à la mode, est en fait un produit vivant, s'emparant des corps et des esprits des braves citoyens... les faisait devenir esclaves !...  Un enquêteur se heurtera au complot, drivé par un Patrick O'Neal (excellent acteur par ailleurs), retors et pourtant un peu absent... ne croyait-il pas au film !?... une atmosphère proche de la série "Les ENVAHISSEURS" ou du classique "Fifties" "LES PROFANATEURS DE SÉPULTURES", mais plombée, par cette menace, plus ridicule, qu'autre chose!...

Disons que la mayonnaise prend difficilement !... quoique, faut faire gaffe... car la mayonnaise pourrait être elle aussi un alien... qui... non !... non !éééé Ahhhhh.... eeeaaarrrrrghhhhhhhhh !... à nouveau, DVD Mad Movies peu avare en série Z des familles. Vince Rogers

UNCLE SAM - William Lustig, 1997, États Unis  

 Sam est un soldat crétin qui se fait abattre pour des compatriotes ayant effectué une erreur de tir durant la guerre du Golf. Trois ans après, son corps est retrouvé et rapatrié au pays. En attendant l'enterrement, le cercueil est entreposé chez la soeur de Sam, dont le fils est une petite teigne pro-militaire qui admire son oncle. Ce dernier, très touché, se lève de son cercueil le 4 juillet et sème le trouble lors de la fête nationale, arborant un costume de l'oncle Sam.  

Même si Lustig, et Larry Cohen au scénario, ont des idées sympathiques, le résultat de ce film est plus que navrant. Inintéressant et surtout très mal réalisé, on retiendra le maquillage de zombie et les quelques scènes gores: une décapitation, un empalement à laide d'un drapeau américain, Robert Forster se faisant griller par les feux d'artifices.... Isaac Hayes y joue le bon vieux soldat sympa avec une jambe de bois. Il est ridicule. Le neveu de Sam est un petit con irritant à qui l'ont souhaite décocher une baffe à tout instant. La musique est horrible. Bref, triste constat. Kerozene

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Brian Trenchard Smith