Pour souligner son retour sur le grand écran, voici la page de Michele Soavi le réalisateur, nonobstant ses nombreuses apparitions en tant qu'acteur dans les films de ses confrères !

Mis à jour le 2 mars 2007

  ALLER SIMPLE POUR LA MORT aka ULTIMA PALLOTTOLA - Michele Soavi, Italie, 2003, 2 x 1h30, Téléfilm

Le commissaire Riccardi est rappelé à Gênes pour enquêter sur une série de meurtres violents. Les victimes étant des prostituées originaires de l'Est, la procureure estime qu'il s'agit là d'une guerre des gangs entre réseaux russe et albanais. Très rapidement, Riccardi, qui a remarqué de troublantes similitudes entre chacun des meurtres, acquiert au contraire la conviction qu'il a affaire à un tueur en série, d'autant que de nouveaux crimes, tous commis selon un mode opératoire identique, surviennent bientôt. Aidé de son équipe, Riccardi met tout en œuvre pour arrêter le tueur, qui se met à frapper dans le train entre Gênes et San Giacomo...

Je ne serais sans doute jamais tombé sur ce téléfilm en deux parties, diffusé d'une traite, sur une chaîne du réseau câblé français, si je ne m'étais retrouvé coincé de façon imprévue chez moi un samedi soir. Une fois n'est pas coutume, je n'ai pas regretté que ma soirée tombe à l'eau. Bénéficiant de moyens apparemment confortables, l'excellentissime Michele Soavi met toute la gomme dans ce téléfilm, inspiré de l'affaire Donato Bilancia, du nom d'un serial killer qui tua 17 personnes à Gênes entre 1998 et 2000.

Si le traitement scénaristique des faits ne s'avère pas particulièrement original, Soavi dispose de tout le talent de cinéaste requis pour élever son téléfilm bien au-dessus du tout-venant télévisuel de consommation courante. Le dosage entre psychologie et scènes strictement policières (filatures, analyse des scènes de crimes etc.) est très réussi : Giulio Scarpati incarne avec talent un flic "de terrain", meurtri à vie par le décès tragique de sa sœur, des années plus tôt, et qui va replonger dans la tragédie intime au cours de l'enquête. Au lieu de nous balancer du flash-back tire-larmes, Soavi nous met à sa place, par petites touches, grâce à quelques discrètes idées de mise en scène. Son travail en contient d'ailleurs davantage que bien des films de cinéma. Quant à Carlo Cecchi, sorte de grosse brute quinquagénaire au regard torve, il fout franchement les jetons, dans ce rôle de serial-killer "de proximité". Même si son identité est révélée rapidement, le téléfilm ne perd jamais en intérêt, Soavi en maîtrisant fort bien le crescendo dramatique. Il est au final réjouissant de constater que la télévision italienne est encore capable de produire, dans les années 2000, autre chose que des programmes à la "berlusconnerie" débilitante ! Stelvio

ARRIVEDERCI AMORE, CIAO - Michele Soavi avec Alessio Boni, Michele Placido, Isabella Ferrari, Alina Nedelea, Carlo Cecchi, Italie, 2005, 1h45

Giorgio, un gauchiste idéaliste devenu terroriste, retourne en Italie après un exil en Amérique Centrale afin de mener une vie normale. Mais il sombre inexorablement dans une spirale infernale faite de violence et de crime...

Après une douzaine d'années d'absence, ce polar marque le retour au grand écran de Michele Soavi. L'attente fut longue, mais le résultat est à la hauteur des plus grandes espérances. ARRIVEDERCI AMORE, CIAO s'avère être un film noir de haute lignée, un CARLITO'S WAY à l'italienne tourné par un cinéaste inspiré, qui maîtrise avec une aisance déconcertante tous les codes du genre. Il y a des hommes en noir, des femmes fatales, des nuits d'orage (en bon cinéaste fantastique, Soavi filme superbement la nuit) et des cadavres dans le coffre des Alfa Romeo. Le tout dans une atmosphère nocturne bleutée et métallique qui n'aurait pas déparé chez Melville. La ressemblance avec le maître français s'arrête là, toutefois : chez Soavi, ce sont les femmes qui font tourner la tête des hommes et le monde par la même occasion (superbement sensuelles Isabella Ferrari et Carla Nedelea). Mais on contemple peu le paysage dans ARRIVEDERCI AMORE, CIAO, on regarde plutôt la société au fond des yeux, et ce n'est pas joli-joli : pauvre Italie où la corruption est incarnée par l'état et ses serviteurs (Michele Placido, le flic véreux), où la repentance passe nécessairement par le sang et les balles. La dernière scène du film est sans appel : on ne peut soigner le mal que par le mal, la boue par l'orage, nous dit Soavi, inspiré comme jamais dans cette séquence. Dure leçon, grand film. Je ne terminerai pas sans souligner la performance du bel Alessio Boni : mi-Rob Lowe, mi-Rocco Siffredi, l'interprète principal est le plus beau tragédien vu depuis longtemps au cinéma. Courez le voir dès que vous le pouvez ! Stelvio

the CHURCH aka La Chiesa - Michele Soavi, 1989

Je sais que la plupart d'entre vous détestent Soavi mais personnellement je l'adore alors bien entendu je me tape tous ses films avec le plus grand des plaisirs. Celui-ci ne fait pas exception, alliant une atmosphère médiévale avec un peu de gore bien sympathique, quelques personnages bien "italiens" et de jolis minois. On a même droit au cul mutin d'Asia l'instant de quelques secondes, pour ensuite subir de plein fouet ce qui est probablement sa pire tirade d'actrice à vie.  L'histoire est plus ou moins valable, si vous voulez mon avis, et on la dirait conçue pour pouvoir tisser autour de jolies scènes. Un des aka est DEMONS 3, et vous aurez compris qu'il s'agit encore ici d'une malédiction qui transforme les gens en bêtes sanguinaires...  Et ça se passe cette fois-ci dans une cathédrale, d'où le titre. Quelques bons moments, une trame sonore intéressante, mais encore une fois une fin qui n'a pas de sens et qui laisse le spectateur sur un sentiment d 'inaccompli. Orloff

DELLAMORTE, DELLAMORE aka Cemetary Man - Michele Soavi, 1994, Italie

C'est la deuxième fois que je voyais ce film de Michele Soavi, et, encore une fois, j'en suis resté ébahi. C'est un exploit que de réaliser un tel film sans s'appeler Argento, dans les conditions difficiles du cinéma italien récent. Soavi l'a relevé, et a aussi su prouver qu'il n'était pas " que " le protégé d'Argento, incapable de travailler hors de l'ombre protectrice de son " maître ". Il l'avait d'ailleurs démontré avec éloquence avec STAGEFRIGHT.

DELLAMORTE, DELLAMORE est un film qui se permet d'innover, dès la première minute. Un personnage " normal " paniquerait devant ce zombie qui surgit, mallette à la main, du cimetière où travaille Francesco. Ce dernier, en anti-héros moderne et désabusé, se contente de l'abattre avec résignation, tout en discutant au téléphone.

Le ton est donné, celui d'une sorte de conte de fées contemporain pour adultes, grinçant et n'hésitant pas à égratigner certaines valeurs contemporaines (la course à l'élection du maire).

Utilisant comme toujours une caméra inventive et originale, Soavi tient aussi le pactole avec ce scénario de Gianni Romoli et Tiziano Sclavi, extrêmement inventif, pourvu d'un humour mordant et ne laissant jamais place au remplissage ou aux autres petits défauts qui desservent parfois le cinéma italien populaire. Ici, rigueur et intelligence s'allient au service d'un film poétique qui baigne dans un climat de rêve sans pour autant céder à la facilité qu'une telle atmosphère pourrait susciter.

L'humour, toujours présent, n'est jamais trop gros, trop souligné. C'est d'ailleurs un exploit car se tenir ainsi sur le fil du rasoir n'est pas à la portée de n'importe qui, et Soavi aurait pu sombrer dans la parodie ou le grotesque, ce qui n'est pas le cas. Il faut peut-être mentionner que l'aspect humain des personnages (qui ont tous une véritable personnalité, loin d'être des silhouettes unidimensionnelles) contribue fortement à les rendre intéressants et attachants.

L'aspect romantique du film, indiqué dès le titre, donne une tonalité tragique que Soavi rehausse d'une sorte de rire grinçant, sans jamais basculer dans le deuxième degré, écueil qui aurait laissé le spectateur indifférent, en le mettant à distance.

C'est donc un film à redécouvrir, je crois, le dernier grand film fantastique sorti d'Italie, qui surpasse de loin tout ce qu'Argento a pu réaliser au cours de la décennie 90. Souhaitons seulement que Soavi, après un passage obligé par la TV italienne, soit capable de faire ce retour au grand écran et au cinéma que beaucoup attendent... et qu'il n'ait pas perdu la patte magique, celle de DELLAMORTE DELLAMORE et de STAGEFRIGHT. Howard Vernon

STAGEFRIGHT aka Deliria - Michele Soavi, 1987, Italie

Une troupe de théâtre se retrouve enfermé dans leur studio lors de la préparation d'une comédie musicale. Malheureusement pour eux, mais pas pour nous, un dangereux psychopathe qui vient de s'enfuir de l'asile leur sert de compagnie.

Un slasher à l'italienne, et tout un ! Soavi connaît les règles du genre et s'en sert à merveille. Le suspense basé sur l'idée du mais-où-se-cache-le-tueur est très réussi et chaque mort est violente et mémorable. Les acteurs s'en tirent en merveille et leur jeu est mis en valeur par une excellente traduction. Le film bénéficie également des beaux jeux de caméras du réalisateur, on voit l'influence de Dario ici, mais on va pas s'en plaindre. Oncle Freak

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