Deux films vont particulièrement marquer la décennie, le chef d'oeuvre de Stanley Kubrick, 2001 Odysssée de l'Espace et l'adaptation du roman de Pierre Boulle, La Planéte des Singes, qui allait amener son lot de suites, remakes, série télévisée, série animée, bandes dessinées et bien plus...

Mise à jour le 5 juin 2017

The AMAZING TRANSPARENT MAN - Edgar G. Ulmer, 1960, États Unis

Voilà un petit film de 1960, avec un homme transparent (c'est la même chose qu'invisible, mais ça sonne original, ah) avec des inconnus dans une histoire de savant allemand obligé de créer une formule pour bâtir une armée de soldats invisibles. Tout va foirer, évidemment, mais le savant nous demandera, en se tournant vers la caméra : qu'est-ce que vous feriez avec un secret aussi terrible ? Quelques bons moments dans un ensemble un peu quelconque...  Mario Giguère

AMPHIBIAN MAN aka Chelovek-Amfibiya - Vladimir Chebotaryov et Gennadi Kazansky, 1962, Russie

Des pêcheurs de perles sont effrayés par un démon marin que l'on aperçoit à l'occasion. Le démon s'avère être le fils d'un savant reclus, qui sauvera la jolie fille d'un vieux marin. Mais le vieux marin veut céder sa fille en mariage à un riche prétendant qu'elle n'aime pas, au moment ou l'homme amphibien tombe amoureux d'elle après l'avoir sauvée de la noyade. Ses excursions sur la terre ferme lui causent des problèmes avec les autorités locales pendant qu'un journaliste retrouve le professeur qui lui dévoile ses projets d'une nouvelle république sous-marine peuplée d'êtres amphibiens.

Toute une surprise que ce film qui date, mais qui présente une histoire intéressante, superbement réalisée. Les cadrages qui lorgnent le surréalisme et la photographie recherchée, avec des acteurs bien typés et un débat de société en filigrane, tout concourt à une belle réussite. Au savant qui rêve d'une société égalitaire sous l'eau, le journaliste répond que, là où il y a l'homme, comment peut-on éviter les inégalités ? Les séquences sous-marines sont également bien réalisées et on évite de justesse le dauphin qui viendrait sauver le héros. Une fin atypique couronne le tout. Un film à voir. Mario Giguère

ASSIGNMENT: OUTER SPACE aka Space Men - Antonio Margheriti, 1960, Italie 

Ray Peterson (Rik Van Nutter) est journaliste. Son prochain reportage se passe sur une station orbitale. Le commandant n'a que faire de lui et le surnomme "le parasite", mais un vétéran le prend sous son aile et la belle Lucy (Gabriella Farinon), pardon, Y 13, ne semble pas imperméable à son charme. Mais tout cela ne mènera à rien si la terre est détruite par un vaisseau atomique incontrôlable qui fonce vers la terre !

J'étais certain d'avoir en face de moi un film d'Europe de l'est, à cause du sérieux du scénario et des effets somme toutes bien corrects pour l'époque. Mais non, il s'agit bien d'une production Italienne, pas méchante du tout. Les clichés vous frappent à gauche et à droite, de l'arrogance du journalisme, de la froideur du commandant, de la belle qui succombe, du vieil homme noir qui appelle Ray "fiston". Les effets ne tiennent pas la route, mais on parle de 1960 et les boulons et les tableaux à aiguilles abondent. Une belle petite curiosité science fictionnelle. Van Nutter va plus tard interpréter Felix Leiter dans un James Bond. Mario Giguère

The ASTRO ZOMBIES - Ted V. Mikels, 1969, États Unis

John Carradine bidouille des astro-man dans sa cave avec l'aide de Franco, son assistant bossu, muet et super pas beau. Malheureusement, son astro-man se ballade et tue un peu n'importe qui de façon bien molle.

Tura Satana et ses sbires, tous des tueurs sans scrupules, veulent s'accaparer la découverte de papa Carradine.

Plutôt pénible cette production à deux balles tournée en partie dans le sous-sol de la maison de Mikels lui-même. On regrettera une chose: c'est que Franco, l'assistant, ne finisse pas son expérience avec une fille en bikini... Les astro man (ou astro-zombies) sont des gars avec un masque assez rigolo tout bêtes. Budget zéro, film à deux balles. Kerozene

ATLANTIS, CONTINENT PERDU aka Atlantis, the Lost Continent - George Pal avec Sal Ponti, Joyce Taylor, John Dall, 1961, 90m

Demetrios est un jeune pêcheur grec qui sauve une princesse perdue en mer, Antillia. La damoiselle est très snob et chiante mais fait son numéro de charme pour que le bel adonis la ramène au pays de son papa, Atlantis. Demetrios n'y croit pas, mais contre une promesse de mariage, il part au bout du monde et la jolie tombe amoureuse pendant le voyage. Arrivé in extremis à Atlantis, Antillia est amenée à son paternel qui est maintenant sous l'influence de Zaren, le fiancé promis d'Antillia, pendant que le Grec est amené chez les esclaves. Mis à l'épreuve du feu et de l'eau, Demetrios recouvre da liberté, non sans avoir failli goûter aux supplices de la maison de la douleur où l'on transforme les hommes en bêtes, tout le contraire de l'île du Dr Moreau ! Va-t-il repartir seul ou avec la princesse et surtout, va-t-il s'enfuir avant qu'Atlantis ne s'effondre sous la mer ?

George Pal réalise un récit fort classique durant lequel il rend hommage à H.G. Wells, qu'il adaptera à plusieurs reprises. Avec l'aide de stockshots de Quo Vadis, il offre un spectacle haut en couleurs, avec monstres et gadgets antiques pour un scénario somme toute conventionnel qui ne frappera pas autant l'imagination que ses autres productions. Mario Giguère

BATTLE BEYOND THE SUN aka Nebo zovyot - Mikhail Karzhukov & Francis Ford Coppola avec Ivan Pereverzev, Aleksandr Shvorin, Linda Barrett, 1962, Russie/États Unis, 65m

Suite à une guerre nucléaire, la pollution et la destruction qu'elle a causée, les terriens sont regroupés en seulement deux grandes nations, celle de l'hémisphère Nord, North Hemis, et celle de l'hémisphère Sud, South Hemis. Chacun a son programme spatial, dans le but d'aller coloniser Mars. Sur la station orbitale des gens du Sud, on reçoit un appel de détresse d'une fusée nordiste. Les scientifiques se parlant un peu trop, les nordistes apprennent que leurs rivaux sont pratiquement prêts à lancer leur première fusée vers Mars. Pas vraiment prêt, ils décident tout de même de se lancer vers la planète rouge. Malheureusement ils sont attirés vers le Soleil et les Sudistes décident de tenter de les sauver. Tout ce beau monde se retrouve coincé en manque de carburant sur un satellite de Mars ou il y a de drôles de bestioles !

On le sait, Roger Corman aimait bien acheter des films de l'Europe de l'est, ici un film russe dont il a apprécié les effets spéciaux. Il confie à un jeune Francis Ford Coppola la tâche de resserrer le montage et d'y inclure de nouvelles séquences de monstres, tout en produisant le doublage américain. Effectivement les séquences russes sont très bien faites et les effets remarquables pour l'époque. Les monstres aux allures freudiennes sont ahurissants, mais leur ajout ne détonne pas trop, malgré que les réactions de l'acteur russe ne soient évidemment pas trop crédible, on recule deux, trois fois la pellicule pour accentuer son jeu de sourcils ! Si on aimerait bien avoir accès à l'original, il faut bien admettre encore une fois que les Russes n'avaient pas grand chose à envier aux américains en matière de maquettes et d'effets optiques. Évidemment ca sent la propagande et j'ai été un peu étonné de la fin optimiste. C'était dans l'air du temps. On voit beaucoup de films de l'époque imaginer les peuples rivaux collaborer dans l'adversité ou contre un monstre plus fort qu'une armée individuelle. Une curiosité forte agréable. Mario Giguère

BATTLE OF THE WORLDS aka La PLANÈTE DES HOMMES PERDUS aka PLANET OF THE LIFELESS MEN aka IL PIANETA DEGLI UOMINI SPENTI - Antonio Margheriti, 1961, Italie

Horreur ! La Terre est en danger ! Un énorme astéroïde baptisé " L'Étranger " se dirige droit sur elle, menace de la percuter de plein fouet et d'anéantir l'espèce humaine par la même occasion. Tous les calculs le confirment, qu'ils proviennent des stations spatiales basées sur Mars ou sur la Lune, ou encore du gratin de la communauté scientifique mondiale, tous prédisent la fin du monde, ce qui ne manque pas de provoquer une panique planétaire. Tous des idiots !, clame alors le bougon Dr. Benson (Claude Rains), selon lui seul et unique détenteur de la vérité. Isolé sur son île-observatoire où s'acharne une poignée de savants en blouse blanche, le râleur invétéré prédit un tout autre scénario et prouve à la face du monde qu'il est bel et bien le meilleur puisqu'il a effectivement raison : ce n'est pas aujourd'hui que la Terre tirera sa révérence. Sauf que l'astéroïde n'est pas exactement ce qu'il semble être. Le corps céleste change de trajectoire et s'apprête à entrer en orbite avec notre bonne vieille Terre. Benson s'affole car cela générerait des catastrophes naturelles aux conséquences irréversibles ! Et surtout, cela prouve que l'Étranger n'est pas ce qu'il semble être. La preuve : alors que l'armée envoie une armada de vaisseaux et de missiles pour le détruire, un essaim de soucoupes volantes en sort pour les exploser à coups de rayons lasers....

Ce deuxième film de SF de Margheriti, après LE VAINQUEUR DE L'ESPACE (ASSIGNMENT OUTER SPACE) réalisé l'année précédente, prouve que le Corman transalpin apprenait vite. Mieux rythmé, plus ambitieux (on assiste quand même à l'une des premières bastons spatiales de l'histoire du cinéma, chose encore jamais réalisée dans le cinéma US), plus fou, cette perlouze kitsch totalement foutraque dans sa construction est une véritable petite sucrerie visuelle pour ses effets spéciaux en carton, et auditive pour sa bande son qui rappelle la musique concrète forcément expérimentale de la PLANETE INTERDITE. Et il s'agit là du dernier rôle de Claude Rains qui se glisse avec un certain bonheur dans la peau d'un savant antipathique et totalement imbu de lui-même. L'acteur en fait des tonnes, au point de livrer un one man show totalement délectable, ponctués de quelques cinglantes lignes de dialogue. Le reste du casting en fait les frais, et ce n'est peut-être pas plus mal, car on ne prête pas franchement attention à la bluette de service. Cependant, rien ne semble vraiment gratuit, ni l'histoire d'amour, ni les tergiversations des autorités, ni les quelques dialogues au sujet de l'importance de la famille ou à propos de la cupidité de l'être humain. Ces thèmes sont abordés et sont à considérer dans ce contexte de fin du monde et de panique générale sobrement exprimés via quelques phrases et deux ou trois stock-shots de tempêtes. Un peu de réflexion sur le sens de la vie qui ne fait pas de mal au milieu des salles de commande pleines de boutons, de loupiottes et de leviers en tous genre. LA PLANETE DES HOMMES PERDUS n'en est pas pour autant prétentieux, et ce n'est de loin pas la mièvrerie kitsch et soporifique que certains dénoncent. C'est certes un peu confus dans son déroulement, mais c'est plus malin que ça en a l'air, c'est ponctué de quelques zestes humoristiques et Margheriti a beau n'avoir qu'un budget tout juste bon à offrir une pizza quatre fromages à son staff, il s'en sort honorablement grâce au bon vieux système D et une bonne dose d'ingéniosité. Et je ne serais pas surpris d'apprendre que Spielberg et Lucas l'aient vu et revu avant de mettre en chantier RENCONTRE DU TROISIEME TYPE et LA GUERRE DES ETOILES.... Kerozene

BEYOND THE TIME BARRIER - Edgar G Ulmer avec Robert Clarke, Darlene Tompkins, Vladimir Sokoloff, Arianne Ulmer,1960, États Unis, 75m

Le Major Bill Allison est un pilote d'essai et on le suit dans un avion expérimental censé se rendre à des vitesses élevées en haute atmosphère. Allison perd le contact radio et atterrit deux heures plus tard sur sa base. Surprise, il n'y a personne en vue. Il trouvera une civilisation sous terre et finira par comprendre qu'il a voyagé jusqu'en 2024, ou, après une épidémie qui s'est déclarée durant les années 70, les survivants sont soit sourds-muets, soit stériles, soit des mutants un peu fous. Il s'acoquine visiblement avec la belle princesse Trirene, qui ne peut lui parler, mais qui peut deviner ce qu'il pense. Nous aussi on devine, mais c'est une autre histoire. Il rencontre aussi d'autres visiteurs qui ont voyagé accidentellement dans le temps, de 1994, eux, et qui le poussent à retourner dans la passé pour tout régler !  

Petite production d'Egar G Ulmer, qui sortit dans les drive-ins en programme double avec The Amazing Transparent Man. Robert Clarke était le réalisateur et la vedette de Hideous Sun Demon. Les décors et les changements de scènes se font avec des motifs triangulaires, ce qui est légèrement singulier. Plus rigolo, le costume du pilote ressemble comme deux gouttes d'eau aux costumes des gens qui travaillent en capture digitale, avec des boules blanches sur leurs survêtements. Darlene Tompkins est absolument ravissante. Le scénario est tellement classique qu'il ne frappe pas tellement l'imagination et Jack Pierce, crédité aux effets spéciaux de maquillage, est bien loin des monstres de la Universal, se contentant de faire des mutants chauves avec quelques bosses sur le casque de bain. Y a pas de quoi faire un grand détour, mais ca reste plaisant à découvrir pour les amateurs de science fiction. Il est intrigant d'imaginer ce que le film aurait donné si le scénario avait été construit à la Terminator, en commençant par le retour d'Allison qui aurait essayé d'empêcher la catastrophe à venir... Mario Giguère

DALEKS: INVASION EARTH 2150 A.D. aka Les DALEKS ENVAHISSENT LA TERRE - Gordon Flemyng - 1966, Angleterre

Le Dr Who (Peter Cushing) reçoit la visite inattendue d'un policier au sein de sa cabine téléphonique à voyager dans l'espace et le temps. Fidèlement accompagné de sa petite fille et de sa nièce, Dr Who et le visiteur inattendu atterrissent en l'an 2150.

Londres a été dévasté par des météorites projetés sur la planète Terre par les vilains Daleks, extraterrestres au look de poubelles à roulettes, pourtant anéantis dans le film précédent: DR WHO AND THE DALEKS réalisé l'année précédente. Mais la machine du Dr Who permettant de traverser les failles de l'espace et du temps, il était logique de recroiser le chemin des Daleks. Ceux-ci exploitent les humains dans une mine, une mine qui mène au noyau terrestre. L'accès au nouveau permettra par la suite aux Daleks d'utiliser son énergie polarisatrice afin de piloter la planète à travers la galaxie, de l'amener auprès de la leur puis de la coloniser. Mais avant ça, les Daleks doivent faire face à la résistance, un petit groupe d'hommes décidés à ne pas se laisser faire, groupe auquel se joindra le bon Dr Who. Les hommes capturés sont par la suite, soit emmenés à la mine, soit robotisés, transformés en être totalement déshumanisé au service de l'envahisseur.

Voila les grandes lignes d'une histoire ahurissante mais ô combien plaisante, qui n'hésite pas à lorgner quelques 25 ans en arrière en critiquant le totalitarisme (voir les hommes robotisés en uniforme luisant noir, un look très SS). Le kitsch se mêle aux effets grandes classes, et le tout est rondement mené par une mise en scène très pro et très classique. Peter Cushing est comme d'habitude impeccable. Un divertissement de SF familial comme on n'en fait plus de nos jours, car dès qu'un film devient familial aujourd'hui, on tombe dans une mièvrerie des plus détestable. Ce qui n'arrive pas avec le Dr Who, heureusement. Kerozene

DESTINATION PLANETE HYDRA aka STAR PILOT aka STARBIRD aka 2+5: MISSIONE HYDRA  - Pietro Francisci, 1965, Italie

Un scientifique, son assistant et sa fille découvrent un vaisseau spatial sous la terre en pleine campagne italienne. Les locataires du véhicule spatial, de robustes gaillards vêtus de combinaisons noires et dirigés par une femme de tête, kidnappent nos héros ainsi que des espions "orientaux" avant de retourner vers leur planète dirigée par Gordon Mitchell.

En voila une sacrée boutade bisseuse qui réserve son lot de séduisantes kitscheries. Mentionnons tout d'abord la prestation hilarante de Kirk Morris, tellement concentré à l'idée de garder le torse bombé qu'il en oublie son jeu et adopte une allure gauche, limite ridicule par moment. Il y a également Leontine May, ravissante actrice aux cheveux noirs et aux formes alléchantes qui ne parvient guère à mettre en valeur ses talents en sautillant dans tous les coins de l'écran, faute sans doute au scénario stupide qu'elle se devait de respecter. Les effets spéciaux sont rudimentaires, principalement les prise de vue dans l'immensité intersidérale lors desquelles la simulation de l'apesanteur provoque quelques rires sincères, surtout quand les protagonistes y font du trampoline. Et enfin, le must, l'attaque de gorilles extraterrestres portant des chaussures sur une planète inconnue ! Si le discours général du film se veut pacifique avec un petit côté "faites l'amour pas la guerre", un fort relent de xénophobie se fait ressentir au moment de l'apparition d'espions asiatiques: "Qui êtes-vous ?", demande le professeur. "Ca ne se voit pas ? Nous sommes des orientaux !" Répond le vilain espion en menaçant nos héros de son revolver. DESTINATION PLANETE HYDRA est une série B franchement drôle, un de ces si précieux so bad it's good ! Kerozene

 

DESTROY ALL MONSTERS aka Kaijû sôshingeki aka Les envahisseurs attaquent - Ishirô Honda, 1968, Japon

Sur une île portant le nom de Monster Island, les monstres ayant terrorisé le monde entier y sont gardés prisonniers par des gaz toxiques et un mur magnétique dans le but stratégique de les empêcher de quitter leur petit morceau de paradis.

Mais soudainement, les scientifiques apprennent que Rodan, Godzilla et tout le reste de la Clique se sont échappés et qu'ils commencent un nouveau carnage en s'attaquant aux villes les plus puissantes de la planète. Un groupe d'astronautes tente de trouver les coupables et fait la découverte des habitants de Keila, de cruelles extraterrestres n'ayant qu'en seul désir : la conquête du monde !

Wow ! Quel plaisir de tomber sur un bon film de la Toho après m'être ennuyé devant GODZILLA 1984. C'est facilement l'un des meilleurs films de monstres japonais que j'ai vu, l'histoire avec les personnages humains, souvent ennuyeuse, est très intéressante et les combats de monstres, surtout le dernier, sont incroyables ! De plus, les effets spéciaux sont très réussis, cela aide beaucoup le film.

Bref, DESTROY ALL MONSTERS est avant tout un plaisir, celui de voir tous les monstres de la Toho dans le même film et il ne déçoit pas. Fortement recommandé pour les fans. Oncle Freak

1999, tous les monstres géants ont été réunis sur Monster Island ou ils vivent en paix, bien nourris et sans crainte qu'ils ne s'enfuient. Tout va trop bien. Les humains qui dirigent les contrôles de l'île et les monstres sont endormis au gaz. La première nouvelle que tout va mal est forte: Rodan détruit Moscou, Godzilla détruit New York et tous les autres monstres sont sur les grandes capitales du monde. Tokyo semble épargnée, mais les Kiliaak, venus d'outre espace, annoncent leurs couleurs: laissez nous détruire la terre pour la mettre à notre goût ! Comme qui dirait, il y aura de la résistance...

C'est un des films de la saga de Godzilla que j'ai vu le plus souvent, à la télé, en salle paroissiale, au cinéma Rialto, en vhs, en dvd ! Comme dans les meilleurs films de Honda, le rythme est rapide, l'action constante et les montres à leur meilleur. J'ai été impressionné par la justesse de la mise en scène, la caméra est toujours placée au bon endroit pour mettre en relief autant les humains que les monstres ou l'intégration des deux. Plusieurs zooms rapides augmentent la tension. Tous ces monstres affronteront en final le monstre de l'espace, Ghidorah, dans une bataille rocambolesque à souhait. La musique d'Ifikube est encore superbe, ramenant à niveau deux séquences plus lentes et un peu bouche trou, soit la récupération du transmetteur d'ordre des monstres et l'attaque d'un monstre de feu en final. On peut se demander pourquoi tant de vilains au cinéma Japonais sont des femmes... même si ici il y a anguille sous roche. Un des sommets de la carrière du roi des monstres.

Le dvd de la compagnie ADV, édition spéciale 50ème anniversaire, offre un transfert aux belles couleurs, écran panoramique, mais non restauré. Le seul bonus est de taille, un deuxième disque avec la musique d'Ifikube, 47 minutes de classiques, un pur bonheur. Mario Giguère

Il DISCO VOLANTE - Tinto Brass avec Alberto Sordi, Monica Vitti, Eleonora Rossi Drago, Silvana Mangano, 1964, Italie, 84m

Il y a des rumeurs persistantes dans un petit village italien que des paysans ont vu atterrir une soucoupe volante et on vu des martiens. Le chef des carabiniers est invité à faire enquête. Les histoires qu'on lui raconte ne concordent jamais, mais voilà que la veuve Vittoria a vendu l'extraterrestre qu'elle a assommée au fils de la comtesse...

Voilà une comédie extravagante et pas banale dans laquelle Alberto Sordi tiens pas moins de quatre rôles. Primo - le carabinier, impassible, qui fait son enquête sans broncher, jusqu'à ce qu'il rencontre la soucoupe et ses habitants. Secundo - le curé du village qui ne fait que boire du vin à la taverne locale pour se rapprocher de ses chrétiens, mais qui a un bon coeur car il aide la veuve et l'orphelin. Tertio - le fils de la comtesse, une grande folle qui tombe amoureux du martien. Quattro - un télégraphe, écrivain à ses heures, qui cocufie le maire en sautant sa femme interprétée par la sublimissime Monica Vitti. Je note aussi, dans le rôle de Victoria, la prestation de Silvana Mangano, dans un rôle certes comique, mais joué avec une belle intensité dramatique. Car le film, qui débute presque comme un documentaire, soit une suite d'entrevues par une équipe de reporters, sans ménager les effets comiques, va se terminer de manière plutôt dramatique pour pratiquement tous les personnages, y comprit les extraterrestres. La soucoupe ressemble étrangement au célèbre engin photographié par George Adamski en 1952, avec un peu plus de gadgets. Les costumes des envahisseurs sont plus extravagants, tirant le film vers la culture pop, la dame martienne étant à la limite osée pour l'époque. J'ai bien aimé. Mario Giguère

DOGORA aka Dagora The Space Monster aka Dagora aka Uchu Daikaijû Dogora - Inoshirô Honda avec Yosuke Natsuki, Yôko Fujiyama, Hiroshi Koizumi, Nobuo Nakamura, Robert Dunham, Akiko Wakabayashi, Jun Tazaki, Susumu Fujita, Seizaburô Kawazu, 1964, Japon, 83m

Alors que plusieurs satellites de l'espace disparaissent mystérieusement, quelques gangsters oeuvrant dans le vol et le trafic de diamants au Japon sont happés dans les airs par un phénomène étrange. Tandis que les scientifiques essaient de trouver une explication sur la disparition des satellites, la police japonaise tente d'arrêter le fameux gang du diamant en y infiltrant un de leurs agents. Or, il se trouve que les deux affaires sont liées lorsqu'une étrange créature prenant la forme d'une méduse tentaculaire, baptisée Dogora, apparaît dans le ciel du Japon. Cette créature, qui a subie une mutation à cause du taux de radiation élevé de l'atmosphère, se nourrit uniquement de charbon, incluant les diamants à base de ce minerai. Lorsque Dogora commence à aspirer des ponts, des immeubles et des bateaux, les scientifiques tentent de trouver un moyen de le détruire avant qu'il ne soit trop tard, alors que la patronne du gang tente de garder les diamants volés pour elle seule.

"DOGORA" propose certainement l'un des monstres japonais les plus étranges du bestiaire de la compagnie "TOHO". On pourrait le décrire visuellement comme une sorte de méduse de l'espace vivant dans les nuages. Les trucages pour y donner vie sont intéressants au plan visuel, mais aussi au niveau sonore alors que sa présence nous est signalée par une sorte de battement cardiaque, crée d'ailleurs musicalement par le compositeur Akira Ifukube. L'intrigue, quant à elle, essaie de mélanger les codes du film de Kaiju avec les recettes du cinéma policier ou d'espionnage situé au niveau de la série B. C'est ainsi que des gadgets et quelques scènes de "gunfights" trouvent leurs places dans le métrage pour maintenir l'intérêt du spectateur avant l'arrivée du monstre attendu. Le récit se révèle donc plutôt simpliste, en plus d'avoir quelques préoccupations naïves de surface portant sur les conséquences environnementales que provoque l'exploitation sans vergogne des richesses minérales de notre planète. Toutefois, la mise en scène d'Inoshiro Honda est honnête et assez vigoureuse pour que le public passe un très bon moment, à défaut de prendre le tout au sérieux. Au bout du compte, c'est cependant le monstre qui retient visuellement l'attention, et non le jeu des acteurs, bien que ceux-ci aient souvent des réactions amusantes face aux situations abracadabrantes. Mathieu Lemée

Dr GOLDFOOT AND THE BIKINI MACHINE -Norman Taurog avec Vincent Price, Frankie Avalon et Susan Hart, 1965, États Unis, 88m

Le Docteur Goldfoot ( Vincent Price ) croit ramasser une fortune grâce à ses femmes robots qui ont tout ce qu'il faut pour séduire et déculotter le compte en banque de d'hommes riches. On suit le numéro 11, la charmante Susan Hart, qui va séduire le riche Armstrong, mais pas avant d'avoir fait son numéro sur Frankie Avalon par erreur. Celui-ci est un espion au numéro 00 et demie, donc plutôt incompétent, mais il brouillera les cartes du savant fou et de son assistant Igor.

Une bonne comédie d'antan, aux clins d'oeils sexy, avec un Vincent Price qui cabotine à qui mieux mieux ! Susan Hart est irrésistible et c'est un peu triste qu'on la perde de vue pendant la poursuite effrénée de la fin du film. Gros clin d'oeil aux classiques d'Edgar Allan Poe de Price dans les sous-sols du savant avec leur caméos et la grande pendule dans le pit ! Mario Bava réalisera la suite comme fin de contrât avec l 'A.I.P., sans autant de réussite. Mario Giguère

Vincent Price est le docteur Goldfoot, génial cerveau au service du mal désireux d'augmenter son immense fortune. Son arme ? Les bikini machines: de redoutables robots femelles vêtus de bikini doré chargées de séduire les hommes les plus riches du globe afin de leur pomper leurs économies. Assisté de son fidèle mais stupide Igor, Goldfoot s'attaque pour commencer à un jeune golden boy. Malheureusement, Diane, la bikini machine chargée de le séduire, et mal programmée par Igor et son dévolu tombe sur Craig (Frankie Avalon), agent secret de pacotille au matricule qui en dit long: 001/2. Craig s'alliera au golden boy pour mettre fin aux agissements du vilain Goldfoot.

On nage ici en pleine comédie ado des 60's, avec du rock mignon et des filles en bikini qui dandinent des hanches dès qu'une musique se fait entendre. Les gags sont légers et font sourire, sauf quand c'est Price qui cause avec Igor, là on atteint des sommets: Price s'auto parodie avec un plaisir communicatif et ça c'est le pied monstre !

Indispensable pour tout bon fan de Price. Dispensable mais néanmoins conseillé pour les autres. Kerozene

Vous aimez le kitch ? Vous aimez les années 60 ? Vous idolâtrez Vincent Price ? Alors tentez de vous procurer "Dr GOLDFOOT AND THE BIKINI MACHINE" une petite rareté à découvrir...

Le Dr Goldfoot, alias le sublime Price, et son assistant Igor sont parvenus à créer des femmes parfaites... donc clairement non humaines ! Ces robots féminins sont tous programmés sur des cibles masculines richissimes à qui elles doivent, grâce à leurs charmes extorquer, leur richesse... au profit de ce bon vieux Docteur bien sûr...

La machine se grippe lorsque le n° 11 (Wouaouuuhh ) se trompe de cible en prenant un agent secret sans le sou pour victime !.. Ce dernier amoureux fou de Diane (aka le n° 11) va tout faire pour la retrouver...

Certes les gags ne font pas dans la finesse, Price s'auto-parodie avec un plaisir évident, quant aux girls du Docteur... elles sont indéniablement le deuxième atout du film (Haa ! leur bikini doré..)

Le tout baigne dans une ambiance très sixties et rafraîchissant. A découvrir. Marc Evil

DR. GOLDFOOT AND THE GIRL BOMBS aka Spie Vengono Dal Semifreddo aka Dr. Goldfoot & the Love Bomb aka The Spy Came From the Semi-Cold aka Two Mafia Guys From the FBI - Mario Bava, 1966, États Unis/Italie, 1h30

À la manière de Fu Manchu, Vincent Price a trouvé une manière de dominer le monde en parvenant à respecter le concept de la hiérarchie; génial en savant fou, il fabrique des femmes-bombes (d'où le titre éclatant d'imagination) et les envoie aux puissants de ce monde afin de leur faire exploser la tronche et de gentiment attendre qu'ils soient morts avant de prendre leur place. On tentera de le stopper en pleine ascension, mais les détectives italiens de second ordre étant ce qu'ils sont, leurs efforts auront plus ou moins d'impact sur le fil du récit.

Dès le générique ça démarre remarquablement bien, avec un thème de Les Baxter qui "groove" et un montage efficace qui nous présente les personnages du film, narré par nul autre que... Vincent Price, ici très enjoué. Les femmes-robot qu'il fabrique sont pratiquement indestructibles, et portent plus souvent qu'à leur tour des bikinis dorés qui ne laissent pas grand place à l'imagination, mais c'est ainsi qu'on les aime. On retrouve entre autre Laura Antonelli dans la distribution féminine, et sa présence n'est jamais à dédaigner, jolie comme elle est ! Les deux comiques Franco & Ciccio, très populaires en Italie à l'époque, sont cependant un peu moins appréciables. La direction photo de Bava est plus qu'adéquate, et sa réalisation ne manque pas de rythme !

Au bout d'une heure vingt, ça s'arrête et on se demande ce qui s'est passé... Les choses deviennent un peu surréalistes vers la fin, comme si Mario avait un peu consommé ou qu'il avait soudainement manqué de budget. La ballade en ballon est particulièrement hallucinogène... On se dit, en voyant ça, que Bava a soit voulu décrocher de ses habituelles réalisations plus "sérieuses", ou qu'il travaillait tout simplement sur commande (ici pour l'AIP). Que ce soit l'un ou l'autre, c'est réussi, car on sent sa touche même dans les séquences les plus fantaisistes. Lamberto, son fils, est crédité comme assistant, et on le jalouse d'être allé à une si bonne école. La musique de Baxter colle bien à l'action, elle est légère et caméléon, ni complètement "eurospy", ni tout à fait commune. Un Bava comme il ne s'en est, de mémoire d'homme, jamais refait. Orloff

 

EBIRAH CONTRE GODZILLA aka GODZILLA VS THE SEA MONSTER aka Gojira-Ebira-Mosura: Nankai no daiketto - Jun Fukuda, 1966, Japon

Hé bé voila un Kaiju qu'il est bien! Bon, faut dire qu'on est rarement déçu avec ce genre de truc.

Un jeune gars bien d'chez eux, essaye de retrouver son frère disparu en mer et va se retrouver avec quelques compagnons d'infortune sur une île où se pratiquent des expériences atomiques (le traumatisme Hiroshimesque, comme d'habitude).

Passons les détails de l'histoire dont tout le monde se fout, on veut du monstre!! et ben, on en a, et plusieurs encore! Ebirah est un homard géant (bien fait le costume), et emmerde les bateaux qui s'approchent de l'île, Godzilla (qui était pas loin) est réveillé pour aller lui péter la courge, et y a même un Mothra de derrière les fagots pour une brève apparition!

Bref, dans l'ensemble de quoi passer un bon moment d'écrase-maquettes en costume de bal! Franfran

DVD Review 

The new Columbia Tristar disc is yet another pristine transfer from gorgeous 2.35:1 elements, featuring the longer international version of the film along with the choice of original Japaness voice track or the English language dub track. Subtitle option include English and French. These discs are must haves for Kaiju fans and seeing them in their Tohoscope OAR in sparkling color makes one appreciate the artistry of the directors, set designers and cinematographers. This mid 60s title is far from the best of the long running G series but not the worst either. This was Jun Fukuda's first G film assignment and he keeps thing briskly paced while adding humorous elements which are not always welcome as far as I'm concerned. He also has a feel for adventure and the jungle island setting is a break from the usual metropolis mashing we encounter in the G series. The somewhat silly story involves refugees from a dance marathone encountering a supercriminal, a secret army "RED BAMBOO" who are developing Weapons of Mass Destruction, a native tribe (including the stunning Kumi Mizono), the giant lobster Ebirah and finally Godzilla, who is literally jump started from his slumber in a cave.

G battles a mangy looking giant vulture (cf THE GIANT CLAW) and has a series of matches with Ebirah. Finally, G gets to eat lobster claws for dinner while Mothra shows up at the last minute to fly the good guys back to civilization. A ridiculous, but fun entry. Robert Monell

The EYE CREATURES - Larry Buchanan, 1965, TV, États Unis 

Une soucoupe volante se pose près d'un petit village américain. L'armée encercle le vaisseau, mais pas avant que des ados aient renversé avec leur voiture un "monstre de l'espace". La police trouve sur les lieux, non pas un monstre, mais un homme mort, ce qui place nos jeunes dans le trouble, il va sans dire. D'une fuite à l'autre ils reviennent sur les lieux de l'incident et cherchent à se disculper pendant que les affreux monstres rôdent autour d'eux...

Larry Buchanan frappe fort dans le sens de "fortement ridicule mais drôle" avec ce petit budget tourné pour la télé. Les blagues intentionnelles fusent dans la bouche d'acteurs amateurs (on reconnaît le "héros " de ZONTAR, THING FROM VENUS de Buchanan) mais c'est le ridicule et l'ineptie de la réalisation qui nous dilate encore plus la rate. Les monstres, de la mousse d'uréthane lancée sur du carton, sont pathétiques et finalement pas trop dangereux, on vous garde la surprise. Plusieurs plans nous montrent des hommes habillés de noir avec juste une "tête" et non le costume complet, pour un effet qui nous rend incrédule. Il faut dire que si toute l'histoire se passe durant une nuit, la moitié du film est carrément tournée de jour, sans aucun effort pour assurer un minimum de continuité.

John Ashley, vedette principale masculine, était connu pour plein de films de teenagers dans lesquels il a joué précédemment. Il n'a plus l'air aussi jeune mais garde son calme dans toute situation pendant que sa copine s'énerve pour un rien. A des centaines de kilomètres de Rencontres du Troisième Type, donc ! Mario Giguère

FANTASTIC VOYAGE aka Le Voyage Fantastique - Richard Fleischer avec Stephen Boyd, Raquel Welch, Edmond O'Brien, Donald Pleasence, Arthur O'Connell, William Redfield, Arthur Kennedy, James Brolin, 1966, États-Unis, 100 m

Les États-Unis et l'Union soviétique ont chacun développé une technologie qui permet à la matière d'être miniaturisée, grâce à un procédé qui rétrécit chaque atome séparément pour revenir à leur taille initiale après 60 minutes. Jan Benes, un scientifique travaillant derrière le rideau de fer, a découvert comment rendre le rétrécissement permanent. Avec l'aide de la CIA, le scientifique passe à l'ouest, mais un attentat le plonge dans un coma profond avec un caillot de sang dans le cerveau. Le gouvernement des États-Unis est impatient de sauver sa vie afin qu'il puisse partager le secret de la miniaturisation illimitée. Pour résorber le caillot, un groupe de scientifiques comprenant Grant, le capitaine Bill Owens, le Dr. Michaels, le Dr. Peter Duval et son assistante, Cora Peterson, prennent place à bord du "Proteus", un sous-marin qui est miniaturisé, puis injecté dans le corps de Benes. En raison de la durée du procédé de miniaturisation, l'équipe dispose de seulement une heure pour trouver et détruire le caillot avant une mort certaine, et une fois que le sous-marin miniaturisé commencera à reprendre sa taille normale, il deviendra la cible du système immunitaire de Benes et sera détruit. Beaucoup d'obstacles gênent l'équipage pendant leur fantastique voyage, et il devient évident après plusieurs incidents qu'il y a un saboteur à bord du "Proteus".

Deux ans avant la sortie de "2001: A SPACE ODYSSEY", "FANTASTIC VOYAGE" était le film de science-fiction qui s'était vu accordé le plus gros budget (6 millions de dollars). Cet argent n'a pas été dépensé en pure perte, car avec l'aide de décors élaborés de taille gigantesque, et d'effets spéciaux réussis, ce long-métrage portant sur l'exploration d'un corps humain est tout simplement fascinant de bout en bout. Bien que les personnages soient décrits de façon plutôt terne, l'intrigue profite d'une idée de base ingénieuse pour permettre des variations étonnantes au plan visuel, renforcées magnifiquement par la mise en scène souple et imaginative de Richard Fleischer. Nanti d'une grande variété de plans et d'astuces techniques dans l'emploi de la caméra, ce "Voyage Fantastique" réserve donc sa part de surprises au spectateur, en plus de ne pas tomber dans le piège de la surcharge, puisque le suspense n'est jamais trop appuyé par la mise en images. Le traitement photographique est aussi soigné que le reste, avec une belle palette de couleurs, bien mise en valeur par le format Cinemascope, qui ne taxe pas trop la crédibilité scientifique ou biologique du sujet. L'histoire a beau être plutôt brouillonne ou trop conceptuelle, c'est surtout l'aspect visuel du film qui emporte l'adhésion générale, et qui en a fait un classique du genre. La qualité du jeu des acteurs n'est pas d'une grande importance sur l'ensemble du film. Mathieu Lemée

FARENHEIT 451 - François Truffaut, 1966, France/Grande-Bretagne, 1h52 

Adaptation de ce qui deviendra le best-seller de Ray Bradbury 

Quelque part entre chez-vous et chez moi, sans générique écrit, lors d'un temps futur semblant dépasser, une brigade de pompiers noirs vêtus se précipite à l'assaut d'un lecteur qui ne pourra terminer sa verte pomme.

Le son des sirènes fait place aux crépitements oppressant envers le gravillon sous les bottes des pompiers. Crik! Grunch! Crark! Même dans la modeste résidence. Soudain, court silence investigateur. Apparaît alors la face d'un réputé nazi [Anton Diffring] Click! Il allume la lumière lui révélant ces doutes: le 1er bouquin [Don Quichotte] dans une superbe cachette... le jour. Suit tout un tohu-bohu. On en trouve dans l'antique télé inutilisée de l'intello, le radiateur. On balance tout ça dehors. Arrive Montag [Oskar Werner] le responsable du lance-flammes: feu.

Insipide, Montag dans le beau monorail de la cité rentre chez lui comme toutes ces autres âmes ennuyantes sauf Clarisse [Julie Christie]. Cette charmante inconnue intelligente car curieuse l'accoste, l'accompagne et le questionne genre: -"Savez-vous ce que vous brûler? Lisez-vous?"

Suivra l'éveil de Montag en observant la déchéance de sa femme Linda [Julie Christie] conditionnée comme toute la communauté aux médicaments, la télé-réalité et aux discours des représentants d'une autorité [Cyril Cusack] prônant l'effacement du passé juger malsain et inutile.

Sans dévoiler davantage de surprises et délices à magnifiques dialogues, certains humains échapperont bien sûr à la perte de leurs facultés définissant leur raison d'être entourer de diverses cultures et auront même le temps de manger d'autres pommes.

Force est d'admettre que l'ambiance futuriste est l'obstacle le plus ardu. 

Ces téléphones combinés à diverses... incommodités visuelles tel la maison de la voisine ne semblant pas si près dévalorise, détruit même un charme original qu'on voudrait toujours présent. Dans ce contexte où les grille-pain et autres symbolismes offrent à 1ere vue davantage de sourires que d'effets dramatiques la réaction sera alors de s'épandre davantage de l'humain, des acteurs. De nombreuses et magnifiques scènes pardonneront l'une des pires irritations -selon moi-mais heureusement courte [donc effet souhaité encore et réussi de Truffault] provenant justement de quelqu'un qui sourit mais si bizarrement... la tite-grosse d'à côté !!

À revoir pour le plaisir de s'enrichir des astuces de Truffaulf et d'un bel hommage aux bouquins, à l'esprit humain avec deux acteurs ayant de la gueule [Oskar Werner et Anton Diffring] ainsi que du jeu de la superbe Julie Christie qui ne m'aura pas une troisième fois. Deadmonton

FRANKENSTEIN CONQUERS THE WORLD aka FRANKENSTEIN VS BARAGORN - Ishrô Honda, Japon, 1965, 93m Japon, 87m États Unis

Le coeur de Frankenstein a été enlevé par les nazis durant la deuxième guerre mondiale et envoyé au Japon où il est préservé, mais quand la bombe atomique tombe, le coeur se met à grossir au point d'évoluer et redevenir le fameux Frankenstein. Le jeune monstre est capturé et étudié par un gentil scientifique américain et son assistante, mais Frankenstein devient rapidement incontrôlable et prend des proportions titanesques. Le gouvernement veut éliminer la créature, mais l'arrivée d'un énorme lézard nommé Baragorn va changer les cartes.

Quand je suis tombé sur le synopsis du film, j'étais d'avance sous le charme et je me rué sur le DVD. Cette version plutôt originale du mythe de Frankenstein m'a vraiment fait sourire et j'en ai eu pour mon argent. L'idée d'un film de Kaiju avec Frankenstein paraît stupide (et ce l'est) mais l'intention est tellement bonne et le tout est fait dans un enthousiasme tel qu'il est difficile de résister à un tel spectacle. Les trucages sont assez amateurs mais ça ne fait que plus sourire et notre Frankenstein est bien sympathique. Le moment le plus inoubliables est quand Baragorn, le méchant lézard, attaque un petit village montagneux et on est allé tellement loin dans les maquettes, QU'ON A MÊME FOUTU UN CHEVAL MINIATURE QUI LÂCHE UN CRI DE DÉTRESSE ET QUI SE DÉBAT! Le problème, c'est que le cheval se fait probablement gigoter par une petite corde qui rend la scène hilarante. Le combat entre Frankenstein et Baragorn est vraiment bien fait, et Frankenstein tatanne avec passion le méchant Baragorn qui ne peut pas rien faire. Par contre, de rajouter une autre créature 3 MINUTES avant la fin et la faire emmener Frankenstein dans les eaux comme fin, ça me semble cheap et décevant. Néanmoins le plaisir et là! Jetez-y un coup d'oeil! Le DVD de MEDIA BLASTER offre la version USA, FRANKENSTEIN CONQUERS THE WORLD et la version unrated et rallongée japonaise FRANKENSTEIN VS BARAGORN. Abba

 

FRANKESTEIN: EL VAMPIRO Y COMPANIA - Benito Alazraki avec Manuel 'Loco' Valdés, Marta Elena Cervántes, Nora Veryán, Roberto G. Rivera, 1962, Mexique, 76m, version originale espagnole

Pour l'histoire, allons y rondement en dévoilant qu'il s'agit ni plus ni moins qu'une adaptation de ABBOTT & COSTELLO MEET FRANKENSTEIN ! Alors on est pas trop perdu. On remplace les corps de Dracula et Frankenstein par de présumées statues de cire, qui n'en sont finalement pas. On a donc les deux nigauds qui travaillent pour la compagnie de transport qui sont mêlés à l'affaire et un gentlemen qui les aident et qui se transforme en loup-garou à la pleine lune. On ajoute un détective ridicule complètement inefficace et une belle savante qui ressuscite les monstres et le reste est identique, y comprit les folies dans les sous-bassements avec les monstres.

Grosse différence au niveau des comédiens, le Dracula n'est pas aussi digne que celui de Lugosi, il est carrément exagéré et le pendant de Lou Costello fait dans la grimace à la Jerry Lewis mais en moins drôle. Tout cela est très léger, les masques de Frankenstein et surtout celui du loup-garou sont des masques complet et caricaturaux, loin du travail de la Universal qui respectait ses classiques. Les actrices sont mignonnes et on évite le numéro musical si souvent présent à l'époque. Pour amateur de Frankenstein invétéré ! Mario Giguère

GAMERA aka Daikaijû Gamera - Noriaki Yuasa avec Eiji Funakoshi, Harumi Kiritachi, Junichirô Yamashiko, 1965, Japon, 80m

On débute avec une expédition scientifique au pôle ou le Dr Hikada est témoin d'une explosion nucléaire qui réveille une tortue géante. Gamera descend vers le japon car il se nourrit de feu, autant de pétrole que d'énergie nucléaire, qui lui sert entre autre à voler ! C'est la panique au Japon, sauf pour un jeune garçon qui vient à peine de se débarrasser à contre-coeur de sa petite Chibi, petite tortue dans laquelle il croit reconnaître le monstre géant. C'est une course mondiale pour découvrir un point faible à la créature dont la carapace semble indestructible. Tous les pays de la planète vont unir leurs efforts pour mettre en place un mystérieux "plan Z".

Grâce au coffret de WE Productions, voici une belle édition du film en version originale avec sous-titres français. J'avais des souvenirs différents de la version américaine, plus légère dans le ton. Ici, comme son inspiration évidente, Godzilla, c'est la catastrophe imminente et le découragement devant une force de la nature qui s'étale. Les hommes sont impuissants. Seul un jeune enfant raconte à tous ceux qui veulent bien l'écouter que Gamera est une tortue et que les tortues ne sont jamais malveillantes. Celle qui allait se révéler bien plus tard la défenderesse de la planète est ici une menace malgré elle. La résolution du danger imminent n'en sera que plus agréable dans ce contexte et pave le chemin vers une longue série familiale.

Le travail de maquettes est excellent, les scènes de destruction sont impressionnantes dans le genre. Le noir et blanc aide évidemment les quelques effets spéciaux optiques. Beaucoup de destruction mais peu de victimes humaines, ce qui est bien loin de Godzilla. Il fait aussi bon de voir les motifs scénaristiques habituels de cette époque. La recherche d'un point faible, la coopération des nations du monde. Les femmes y sont peu présentes, que la soeur du jeune homme ou l'assistante obligatoire du professeur, courtisée par un journaliste qui s'avère plus brave que d'autres représentant de sa profession. Évidemment ce qui surprend énormément c'est le choix d'une tortue, plus symbolique en Asie, ou cette référence aux soucoupes volantes lorsque Gamera vole.

Un film qui se savoure toujours pour autant qu'on ait gardé une certaine naïveté dans le regard ou que l'on s'intéresse au genre ou aux effets spéciaux de jadis. Mario Giguère

GAMERA VS BARUGON aka Daikaijû kettô: Gamera tai Barugon aka War of the Monsters - Shigeo Tanaka avec Kôjirô Hongô, Kyôko Enami, Yuzo Hayakawa, Japon, 1966, 106m

Keisuke part à la demande de son frère en Nouvelle Guinée pour récupérer une immense opale qu'il a caché sur une île. Accompagné de deux hommes, ils trouvent l'opale, mais la cupidité est plus forte pour ses compagnons et il est laissé pour mort. Sauvé par Karen, l'assistante du docteur de l'île, il revient vers Kobe, persuadé par la jeune femme qu'un désastre imminent attend le pays du soleil levant. Comme de raison, l'opale est en réalité un oeuf de Barugon qui, sous les effets accidentels de rayons infrarouges, va éclore et grandir à maturité très rapidement.

On avait laissé Gamera la dernière fois prisonnier d'une fusée en route vers Mars. Une météorite va fracasser sa prison et Gamera est revenu sur Terre. Il se dépêche de récupérer ses forces en se nourrissant de feu et de carburant. Il va évidemment rencontrer Barugon, mais le combat sera court. L'étrange monstre a une longue langue de laquelle sort un gaz réfrigérant qui envoie la tortue géante en hibernation et gèle littéralement l'armée envoyée à ses trousses. On utilise alors des missiles à longue portée, mais Barugon sort son rayon arc-en-ciel qui détruit les engins de destruction avant qu'ils ne soient une menace. Keisuke et Karen arrivent, transportant un immense diamant dont la lumière vive devrait attirer le monstre vers l'eau, seul élément pouvant le ralentir et l'arrêter. La cupidité revient se pointer quand on vole le diamant ! Le voleur aura évidemment couru à sa perte et maintenant seule Gamera peut sauver le Japon de la destruction imminente.

Voici un deuxième film fort différent. Outre le tournage en couleur, le scénario oublie sciemment d'inclure des enfants et ne met en présence que des adultes, avec tous leurs défauts. Gamera y est aussi moins présente, la majeure partie du métrage étant consacré à Barugon et la recherche de son point faible. A ce niveau on est dans le mode classique et l'accent mis sur la cupidité, la convoitise. Les élans meurtriers qu'ils entraînent n'est pas sans rappeler le film Dogora, sorti deux ans plus tôt. Si ce n'était du fait qu'il met en scène des monstres singuliers, son public serait plus adulte que toute la série originale. Gamera, malgré son pouvoir destructeur, devient un héros dans les circonstances. Les éléments horrifiques s'accumulent, morsures de scorpion, meurtres, bagarres, sang qui coule, certes le sang de Barugon est bleu, mais il coulera à flot. Il est évident que Kaisuke et Karen développeront une relation intéressante.

Le travail de maquettes est toujours de belle qualité. Outre le design simplet et les pouvoirs étranges de Barugon, il a une bonne présence à l'écran, tout comme Gamera, plus proche des efforts à venir de Kaneko. La musique de Chuji Kinoshita est excellente. Bref, si je gardais un souvenir plus léger de la version américanisée, vue il y a des années, le dvd de WE Prod a été une redécouverte plus qu'intéressante. Mario Giguère

GAMERA VS GUIRON aka Gamera tai daiakuju Giron aka Attack of the Monsters - Noriaki Yuasa avec Nobuhiro Kajima, Miyuki Akiyama, Christopher Murphy, 1969, Japon, 82m

Le petit Tom passe quelques journées chez son ami Akio et en observant le ciel avec leur télescope, ils aperçoivent une soucoupe volante. Avec la jeune soeur Tomoko, ils vont aller voir s'ils ne peuvent pas trouver l'engin atterri pas très loin. Effectivement, la soucoupe semble inhabitée et les deux garçons intrépides montent à l'intérieur. La porte se referme, le moteur démarre et les voilà dans l'espace, pendant que la petite Tomoko raconte en vain cette histoire et veut revoir frérot ! Au passage on croise Gamera dans l'espace, mais la soucoupe file plus vite que le monstre. On se retrouve sur une planète à l'air respirable, située complètement à l'opposé du soleil ! Ils rencontrent les derniers survivants, deux jolies femmes en costume moulant qui leur parlent grâce à un traducteur universel. La planète est ravagée par plusieurs Gyaos et seul Guiron, un monstre à la tête comme un couteau de cuisine, arrive à les tuer. En fait les extraterrestres veulent endormir les gosses pour manger leur cerveau et ainsi assimiler leurs connaissances avant d'envahir la Terre. Heureusement Gamera arrive et même si le tranchant de Guiron et surtout les shuriken qui lui sortent de la lame le blessent, il a bien en tête de sauver les bambinos !

Voilà que la série, toujours aussi formatée pour les enfants, prends du mieux, par la quasi absence de stockshots. Oh il y a bien quelques séquences lorsque les dames d'outre espace fouillent le cerveau des petits avec leurs appareils, mais pas longtemps. La présence de ces femmes d'un autre monde est fort appréciée, en plus d'être jolies, elles sont d'une méchanceté succulente. La séquence ou ils rasent Akio et se préparent à scier la calotte crânienne a dû faire frémir plus d'un marmot ! Guiron est aussi plus intéressant que Viras. Imaginez, après tout le trouble que Gamera a eu à se défaire d'un seul Gyaos, Guiron les met en tranche les uns après les autres. L'inclusion des shuriken est inusitée et pimente le tout. On se doute bien que tout cela va bien finir, avec ces enfants qui rêvaient d'arriver sur une planète ou il n'y a pas de guerre ni d'accidents ! Tant pis, ils essaieront de faire le bien sur Terre. Le film s'inscrit dans un lot de films qui situent une planète à l'extrême opposé du soleil, donc proche mais invisible pour nous. On pense à Journey to the Far side of the Sun, également sorti en 1969. Mario Giguère

GAMERA VS GYAOS aka Daikaijû kûchûsen: Gamera tai Gyaosu - Noriaki Yuasa avec Kôjirô Hongô, Kichijirô Ueda, Reiko Kasahara, 1967, Japon, 87m

Lorsque le volcan du Mont Fuji se réveille, deux réactions ne seront pas trop prévues: 1- une créature se réveille d'un long sommeil, le monstre géant Gyaos; 2- Gamera arrive pour emmagasiner l'énergie dégagée par le volcan. Les deux monstres vont s'affronter, mais le rayon tranchant de Gyaos blesse sérieusement la tortue géante, qui ira dans la mer panser ses plaies. C'est également un gros malheur pour la population d'un petit village qui essaie en vain de bloquer la construction d'une route qui passe sur leurs terres. En fait, le maire tente de ralentir la construction pour avoir une compensation financière plus importante pour les terrains des villageois. L'activité belliqueuse des deux monstres empêche la continuation des travaux et leur enlève leur pouvoir de négociation. C'est un jeune enfant qui a découvert et baptisé Gyaos et c'est lui tout le long qui va éclairer les scientifiques sur les méthodes possibles pour combattre Gyaos. Lorsqu'on utilise le feu pour le sortir de son nid, on découvre avec stupéfaction qu'il peut produire un gaz qui éteint les flammes. Alors on tentera de l'attirer avec du sang synthétique pour le faire tournoyer jusqu'à ce qu'il tombe, étourdi. Peine perdue. Il faudra le retour de Gamera pour régler son compte au nouveau kaiju.

Retour à l'enfant roi pour le troisième Gamera. Un nouveau monstre aux pouvoirs farfelus, difficile d'imaginer l'intérieur des intestins de la chose qui, sans son rayon laser et sa poudre réfrigérante, n'aurait été qu'un ersatz de Rodan. C'est donc très inventif et rococo. Ajoutez les manigances de pauvres fermiers en train de négocier avec une grosse compagnie sans coeur, un exercice de négociation qui n'a finalement que peu de lien avec l'histoire principale, ou plutôt celle qui nous intéresse, les monstres. On note encore une fois dans ce film d'après guerre l'absence des parents du petit garçon, qui vit avec sa grande soeur et ses grands parents. Aucune sous-intrigue ou soupçon d'idylle entre homme et femmes, c'est le point de vue du gosse qui compte. En ce sens, on s'éloigne des deux premiers films, surtout du précédent et on annonce les couleurs des suites, entièrement dominées par les marmots. Gamera est donc, sans vraiment faire exprès, le héros, le sauveur du Japon qui mérite la confiance de ce jeune garçon. N'empêche que Gyaos sera l'adversaire qui reviendra le plus souvent, en version spatiale dans la série originale, en multiples exemplaires dans la trilogie de Kaneko. On termine avec une chanson sur Gamera chantée par une chorale d'enfants. Mario Giguère

GAMERA VS VIRAS aka Gamera tai uchû kaijû Bairasu aka Destroy all Planets - Noriaki Yuasa avec Kôjirô Hongô, Tôru Takatsuka, Carl Craig, 1968, Japon, 81m

Réunion de scouts qui campent sur un terrain près d'un centre de recherche scientifique. On cherche en vain les jeunes Masao et Jim, partis saboter, pour rire, un sous-marin miniature. Comme les adultes ont de la difficulté à le faire fonctionner, les petits marmots se proposent pour faire un essai. Approuvé ! Sous l'eau, on fait la rencontre de Gamera et avec lui, ils se retrouvent piégés par des extraterrestres. Ces envahisseurs veulent étudier Gamera pour connaître son point faible, qu'ils découvrent. Le talon d'Achille du monstre c'est son amour des enfants ! Alors on va prendre en otage les deux gamins et installer sur la tortue un appareil de contrôle électronique qui permettra de lancer le monstre géant pour détruire la planète ! Confronté à un grave dilemme, l'ONU décide d'abdiquer au lieu de sacrifier les marmots. Qu'a cela ne tienne, les jeunes vont saboter le vaisseau spatial sur lequel ils sont retenus et libérer Gamera du contrôle extraterrestre. C'est à ce moment que les étrangers vont unir leur forces pour combattre sous la forme de Viras, espèce de poulpe argenté.

Double handicap pour ce quatrième film dans la série, le budget a visiblement diminué avec pour résultat un film beaucoup plus court que les précédents et bourré de stockshots et secundo la série s'infantilise. Il doit bien y avoir pas loin de vingt minutes de scènes tirées des trois premiers films, principalement lors d'un examen de la mémoire de Gamera, mais aussi lorsqu'on l'envoie détruire le Japon, aussi bien en noir et blanc qu'en couleur ! On aura droit à un pauvre dix minutes de combat final entre Gamera et Viras, un monstre qui offre peu d'opposition et sans pouvoirs spéciaux, ni rayon. L'inclusion d'un gamin américain, Jim, est visiblement placé pour plaire aux distributeurs américains, mais on ne fait pas de cas de sa nationalité. Il est expliqué que Masao est brillant en électronique grâce à son père. J'attendais avec impatience le combat final qui est bien mièvre comparé aux rencontres passées. Bref, pour rigoler du genre ce sera l'idéal, mais pour faire apprécier ce type de film c'est un exemple à éviter. Mario Giguère

GHIDRAH, THREE HEADED MONSTER aka San daikaijû: Chikyu saidai no kessen - Ishirô Honda avec Yosuke Natsuki, Yuriko Oshi, Akiko Wakabayashi, Emi et Yumi Ito, 1965, Japon

Après le succès public et artistique de Godzilla affronte la Chose, on vit un âge d'or du film de monstre Japonais. Voici que se pointe le plus grand ennemi de Godzilla, le monstre à trois têtes, le dragon GHIDRAH !

Une journaliste pour une émission sur les phénomènes inexpliqués, Naoko, est en compagnie d'illuminés qui attendent des soucoupes volantes. En pleine vague de chaleur au milieu de l'hiver, ce ne sont que des météorites qu'ils aperçoivent. Pendant ce temps, la reine d'un royaume indépendant des Himalayas est "kidnappée" en plein vol d'avion, avion qui explose immédiatement suite à un attentat politique. Retrouvée par un détective, elle est devenue prophète sur la voie publique, se déclare martienne en annonçant des catastrophes à venir ! Effectivement, un des météorites récemment tombées a d'étranges propriétés. Parallèlement, la mère de la journaliste, vous me suivez, écoute une émission télé ou on ramène des idoles disparues. Lorsque deux enfants de 5 ans veulent voir Mothra, on a plutôt droit à une chanson de la part des fées miniatures jumelles, les "peanuts". Godzilla arrive en ville pendant que Rodan s'est réveillé, la confrontation inévitable des deux monstres arrive rapidement. Le météorite qui enflait se révèle porteur du monstre Ghidrah ! Ghidrah commence à tout détruire sur son passage. Seul espoir, mince, si les "peanuts" peuvent demander à Mothra, sous sa forme de chenille, de rassembler Godzilla et Rodan pour combattre la menace qui a jadis exterminée la planète Mars ! Mais Godzilla et Rodan ne veulent pas aider les terriens qui ne font que leur envoyer des missiles par la tête !!!

Une histoire à saveur science fictionelle, matinée d'attentat politique, avec les premiers dialogues de monstres. Car les jumelles miniatures comprennent la discussion entre Mothra, Godzilla et Rodan et la traduisent pour les humains. Le détective, déçu que les monstre ne veuillent dans un premier temps coopérer, lance un: " Les monstres sont aussi stupides que les hommes !" de dépit. Il a tort, évidemment, devant la combat tout à fait inégal que Mothra livre à Ghidrah, Godzilla décide de s'en mêler ! L'honneur des monstres est sauf.

Ghidrah est effectivement une création exceptionnelle, gigantesque, plus grand que Godzilla, aux ailes démesurées, présenté comme le destructeur de la planète Mars. Il va s'avérer l'ennemi que l'on reverra le plus souvent dans la saga. Les scènes de destruction sont furieuses et très bien faites. Les moments humoristiques lors des combats de titans, inaugurés lors de King Kong vs Godzilla, continuent ici, avec des plans de bustes qui semblent petits et utilisés pour démontrer les émotions des monstres de caoutchouc. Ni Godzilla, ni Rodan n'ont l'air très intelligents dans ces plans courts, orchestrés par Tsuburaya, qui a mainte fois déclaré qu'il visait les enfants. C'est donc aussi la première apparition de Godzilla comme sauveur des hommes, un retournement spectaculaire, qui va durer de longues années et ne sera renversé qu'en 1984.

Les séquences humaines sont très sérieuses et la mise en scène de Honda d'une justesse à toute épreuve. La musique d'Ifikube ajoute une dimension dramatique, une ampleur étonnante et lyrique jouissive. Pas de temps mort. L'ensemble des acteurs joue dans le ton. On remarque l'actrice Akiko Wakabayashi, dans le rôle de la princesse, prophétesse, d'une beauté et d'une grâce rare. Elle a jouée aux côtés de James Bond dans YOU ONLY LIVE TWICE et a connu une carrière prolifique et diversifiée.

On ne revient pas sur la sphère lumineuse qui a enlevé la princesse de l'avion en plein vol. Il faut imaginer que des descendants des martiens sont encore actifs, conscients de leur héritage et bien équipés. Mais on se demande si l'idée a inspiré Chris Carter pour une idée identique dans X FILES.

Il fait bon se retaper un bon classique de Honda, en grande forme et de s'amuser avec les monstres. Chaudement conseillé. Mario Giguère

 

GODZILLA'S REVENGE aka Gojira-Minira-Gabara: Oru kaijû daishingeki - Ishirô Honda avec Tomonori Yazaki, Eisei Amamoto, 1969, Japon, 70m

Cité industrielle, pollution, trafic routier intense, drôle d'endroit pour élever une famille. Le jeune Ichiro, ouvent seul parce que ses deux parents travaillent, se réfugie parfois chez le voisin, un concepteur de jouets. Souffre douleur du jeune Gabara, ayant pour idole Godzilla et son fils Minya, il rêve. Dans ses songes, Minya, qui est à peine plus grand qu'Ichiro, lui apprend comment se défendre et repousser les attaques du monstre Gabara ! Parallèlement, les voleurs d'un gros montant d'argent se cachent dans les parages et donneront du fil à retordre au jeune émule du fils de Godzilla !

Ah, tout de suite après LE FILS DE GODZILLA, un autre film conçu pour les enfants, rempli de stockshots des récents films de la série. Je ne l'avait vu qu'une fois, pénible souvenir pour ma part, mais qui demandait à être revu avec un peu de recul. Bien averti des intentions évidentes du réalisateur, qui donne son nom au petit personnage central, l'ensemble passe mieux. Il n'y a que les passages avec Gabara, monstre assez ridicule pour ce qu'il en est, qui sont originaux, le reste est du déjà vu, mais comme il s'agit des fantaisies du garçon, c'est presque logique. Comme quoi la série est plus diversifiée que l'on pourrait le croire, on est bien loin du premier opus, allégorie meurtrière sur les bombes d'Hiroshima. Notons la musique très atypique pour le genre, très lounge et swing. Mario Giguère

GODZILLA VS MONSTER ZERO aka Kaijû daisenso aka Invasion of Astro-Monster aka invasion Planete X - Ishirô Honda avec Nick Adams, Akira Takarada, Kumi Mizuno, 1965, Japon, 93m

Une nouvelle planète a été découverte au-delà de Jupiter, "Planet X". Deux astronautes, Glenn et Fuji (Adams et Takarada) atterrissent sur la planète en question, en apparence désertique, mais rencontrent sous terre les autochtones et le "contrôleur". Une offre d'échange singulière est proposée: comme la planète X est ravagée par le monstre à trois têtes, King Ghidorah, on demande l'emprunt des deux seuls vainqueurs de l'affreuse bête, les dénommées Godzilla et Rodan, en échange d'un remède miracle qui fera disparaître toutes les maladies sur terre. Première surprise, les extraterrestres sont déjà sur terre, les coquins. Ils emmènent donc les deux monstres et font l'échange. L'enregistrement de la formule révèlent plutôt une demande de reddition complète de la terre, sinon les trois monstres, maintenant sous influence, vont détruire la terre ! Mince alors.

Parallèlement, le copain de la soeur de Fuji, un inventeur sans le sou, croit avoir vendu un médaillon qui produit un bruit strident (en avance sur son temps, pour protéger les femmes importunées par des hommes malveillants) à une firme terrienne qui ne lui répond plus, mais en réalité les extraterrestres sur terre ! Au moment ou les trois monstres commencent leur opéra de destruction, seul ce gadget peut sauver l'humanité ! Glenn, dans une scène rappelant la récente série Battlestar Galactica, se rend compte que la belle Namikawa dont il est tombé amoureux, et c'est mutuel, est en fait un robot dont il existe des tas d'exemplaires tous identiques ! Sapristi !

Ayant bien saisit la popularité de King Ghidorah, on rempile dans une intrigue un peu tarabiscotée. Si dans un premier temps, Glenn et Fuji croient que les habitants de la planète X veulent notre eau (théorie courante à l'époque, bien des ovnis ayant été aperçus au dessus de lacs), on se demande bien pourquoi, déjà sur terre, les vilains procèdent par ruse alors qu'ils n'avaient qu'à prendre ces monstres sans demander la permission ! Kumi Mizuno est superbe et l'anecdote veut que le pauvre Nick Adams soit littéralement tombé sous son charme, ce qui la faisait bien rire, incapable de comprendre les belles paroles du prétendant. Les monstres se font un peu rare à mon goût, le principal de l'intrigue étant assuré par les acteurs en chair et non en caoutchouc. Ce qu'on voit cependant est spectaculaire et vaut évidemment le détour, sans parler de la merveilleuse musique d'Ifikube, toujours sublime. Notons la drôle de danse de Godzilla, "le chi", une steppette qui faisait fureur au Japon à l'époque, qui démontre bien que notre géant adoré aime être à la mode. Mario Giguère

GODZILLA VS THE THING aka Mosura tai Gojira - Ishirô Honda, 1964, Japon

Godzilla versus the Thing offre le meilleur mélange de bataille de monstres, d’humour, de séquences d’armées, de musique admirable d’Akira Ifikube que la compagnie TOHO n’aie jamais présenté, selon la plupart des amateurs de Godzilla. Synopsis : un énorme œuf est retrouvé sur une plage après une tempête. Un promoteur veut le faire éclore et exposer ce qui en sortira pour faire fortune. Godzilla réapparaît en ville et l’armée est impuissante. Deux petites fées essaient de persuader tout le monde de ramener l’œuf à leur mère, le papillon géant Mothra. L’œuf finira par éclore et les deux chenilles réussiront, avec l’aide de Mothra, à imposer une cuisante défaite à Godzilla qui disparaît dans l’océan.

Le film est toujours aussi bon, un des rares films, à l’exception du premier, qui n'a pas de temps mort. L’humour bon enfant n'a pas trop vieilli et le costume de Godzilla est un des plus beaux jamais construits ( à cause de la nature caoutchouteuse et éphémère du costume, celui-ci est constamment refait et change énormément d’aspect d’un film à l’autre ). La musique est grandiose et le thème de Godzilla à son meilleur. La réalisation d’ Inoshiro Honda conserve la dramatique nécessaire et Tsuburaya élabore ses meilleurs effets spéciaux de la série. La première apparition de Godzilla, qui sort de la terre, est un morceau d’anthologie. Bref, si vous n’avez qu’un film de Godzilla à voir, ne manquez pas GODZILLA VS THE THING, celui des années 60, le remake des années 90 est pas mal non plus, mais c’est une autre histoire ! Mario Giguère

GOKE, BODY SNATCHER FROM HELL aka Kyuketsuki Gokemidoro - Hajime Sato, 1968, Japon 

OH... LA BELLE CRÈME FOUETTÉE MANGEUSE D'HOMMES ! 

Ce film bénéficie d'une réputation-culte dans certains milieux (notamment les fanzines français des années 80-90). On l'affuble même, sur IMDB, d'adjectifs comme " perturbant ", " lugubre ", etc. Que les couards soient rassurés : ce n'est pas dans le genre de WOMAN IN BLACK. En fait, c'est une série B cheap de science-fiction.

Le tout commence dans un avion détourné par un terroriste, qui s'écrase après être entré en collision avec une soucoupe volante. Dans le no man's land où ils échouent, les passagers se querellent. L'un d'entre eux découvre la soucoupe et tombe sous l'emprise d'une entité extraterrestre, sorte de blob qui ressemble à de la crème fouettée dorée. Comme il se nourrit de sang humain, on devine la suite...

Rien de très inquiétant, forcément, dans ce tout petit film japonais réalisé avec sérieux, mais peu convaincant en ce qui concerne le résultat final. Quelques passages soutiennent l'intérêt (le début, quelques moments de tension dans l'avion écrasé), mais le plus souvent, on s'endort un peu ou alors on est tenté de rigoler devant la précarité du tout.

Un message écologique, pacifiste et social se dissimule ça et là, mais PLAN 9 FROM OUTER SPACE nous avait déjà fait le coup dans le même genre : les aliens nous envahissent parce qu'on est une humanité trop guerrière. Pour augmenter le message déjà lourd, le réalisateur intercale ici et là des documents d'archive de guerre en monochrome rouge (rouge = sang. Beaucoup de rouge = champ de bataille, holocauste... Subtil...).

C'était le dernier film du réalisateur Hajime Sato, qui avait auparavant signé quelques bandes d'épouvante tel TERROR BENEATH THE SEA et HOUSE OF TERRORS. Howard Vernon

GORGO aka Terreur sur Londres - Eugene Lourie, 1961, Angleterre

Deux pêcheurs sur les cotes d'Irlande ont des gros problèmes avec leur bateau. Ils vont a une petite ville côtière, dont tous les pêcheurs ne veulent pas répondre a leur questions. Ils sont mystérieux et muets. Quand le boss du village arrive et leur dit de déguerpir, les deux pêcheurs se demandent pourquoi il n'est pas si hospitalier que ca avec eux. Ils décident de rester dans les parages et découvrent que des plongeurs vont chercher de l'or dans le fond de la mer. Un plongeur disparais et, quelque minutes plus tard, apparaît un monstre préhistorique d'une trentaine de pieds. Les villageois sont apeurés, mais nos deux pêcheurs téméraires proposent un marché aux boss du village. Ils leur débarrassent du monstre mais en échange ils veulent de l'or : marché conclu. Le monstre capturé, ils emportent la créature dans un cirque Londonien où tous les habitants sont attirés par le nouveau phénomène, mais sur les cotes d’Irlande maman Gorgo, qui fait le triple de son fils, s'ennuie de son rejeton et file tout droit sur Londres pour tout détruire sur son passage, et veut récupérer fiston. C'est le même genre que Godzilla, c'est-à-dire un homme avec un habit qui s'amuse a détruire des maquettes, le réalisateur n’en est pas à ses premières expériences, car il étais déjà habitué dans ce genre de films. En gros c'est un film de monstre qui s’écoute très bien grrrrrr. Rana

Des marins anglais se voient soudainement pris au sein d'une tempête au moment même où une éruption volcanique fait jaillir une île hors de l'eau. Une fois ce sacré coup de grisou passé, ils remarquent que sa puissance a fait remonter des bestioles des profondeurs. Décidant de faire une halte sur une île a proximité le temps de réparer leur rafiot les marins, malgré eux, font face à une créature préhistorique, une sorte de tyrannosaure aquatique de quelques 5 mètres de haut. Ni une ni deux, ils décident de le capturer et de l'exhiber dans une foire londonienne. Manque de bol, ils ont capturé un bébé dino, et c'est alors que maman dino, furax, 60 mètres de haut, vient chercher son rejeton, détruisant au passage la capitale britannique, riant à la face des militaires, ignorant les roquettes et autres décharges électriques balancées dans sa face reptilienne. Les monuments de la ville y passent, les gens meurent... Maman dino récupère le rejeton et retourne paisiblement au fond des mers, laissant derrière elle une ville dévastée, réduite en miette...

Le film de monstre ultime ! Mieux que GODZILLA, mieux que KING KONG ! GORGO, c'est le monstre plus humain que les humains. L'instinct maternel écrase la cupidité de l'homme avec furie. L'homme est le véritable monstre de ce film superbement mis en scène. Et le réalisateur Eugène Lourie réussit là où beaucoup d'autres se sont plantés: son film de monstre est palpitant du début à la fin sans être avare d'images de la bestiole. Les images sont superbes, les effets spéciaux bien mieux maîtrisés que dans les niponneries de la Toho, même si le gars dans son costume en caoutchouc fait toujours sourire. Bref, un classique. Kerozene

The GREEN SLIME aka Bataille au-delà des Étoiles - Kinji Fukasaku avec Robert Horton, Luciana Paluzzi, Richard Jaeckel, 1968, Japon/États Unis/Italie, 90m

Sur la station spatiale Gamma 3 on repère un météorite qui s'en vient détruire la Terre dans quelques heures. On envoie à toute vitesse le Commandant Rankin, avec une équipe réduite, pour faire exploser le météorite. Succès au rendez-vous, cependant, une substance visqueuse verte, la Green Slime du titre, ramenée par inadvertance, prend de l'expansion et se transforme en monstre. Pire, chaque goutte de sang peut se régénérer et produire une autre créature. La station est bientôt remplie de ces bestioles qui se nourrissent d'énergie, intuables, se multipliant ! Pour compliquer le tout, le commandant Rankin est en froid avec le commandant de la station, son ancien copain, fiancé avec son ancienne flamme. Sapristi !

Souvenir curieux que ce film avec une certaine ambition, mais des monstres qui suscitent plus le rire que la peur. Si le scénario jongle avec des concepts forts, souvent reprit, et que Fukusaku nous sert des victimes électrocutées ou ensanglantées surprenantes dans un film au public visé familial, enfin on imagine, le tout est torpillé par des effets de créatures risibles, autant visuels que sonores. Le drame passionnel qui se dessine est aussi surprenant au premier abord, mais à trop viser large, on rate plusieurs cibles. La gueule de héros de Robert Horton et le visage très connu de Richard Jaeckel font l'affaire tandis que Luciana Paluzzi comble le quota de beauté. D'ailleurs on ne peut que remarquer l'ensemble du casting féminin, toutes mignonnes, qu'elles soient infirmière ou scientifiques. L'ensemble des personnages masculins secondaires est joué par de véritables militaires américains stationnés au Japon à L'époque du tournage. Inégal et plus nanar qu'autre chose, mais sympathique. Mario Giguère

INVASION OF THE NEPTUNE MEN - Koji Ota avec Sonny Chiba, Kappei Matsumoto, 1961, Japon, 74m

Six jeunes garçons qui observent un satellite voient l’atterrissage d’un engin spatial. En sortent des hommes costumés ou des robots, on ne la saura pas, avec lesquels ils ont maille à partir. Heureusement arrive un héros masqué (Sonny Chiba), qu’ils baptiseront Space Chief, qui les met en fuite. Il arrive plus tard une série de bizarreries: des ondes extraterrestres font tourner les moteurs à l’envers, mazette ! Les petits garnements ayant trouvé un débris de la fusée, on découvre que c’est un métal qui n’existe que sur Jupiter. On sait donc que l’on est attaqué par les Jupitériens et leurs démonstrations de force sont terribles: explosions atomiques; changement de climat; destructions massives. Seul le professeur, père d’un des jeunes et son assistant, en vérité le Space Chief, peuvent mettre en fonction un bouclier, une onde qui protège les villes. Les envahisseurs insistent et lancent une série de soucoupes qui sèment la destruction sur toute la planète !

Heureusement que ce n’est qu’une histoire ! Produit par la Toei, proche des futurs délires de Goldorak, ce film qui cible un public jeune surprend par sa férocité et surtout l’emploi occasionnel de plans véridiques de destruction provenant probablement de la deuxième guerre mondiale. Le rythme est rapide et on ne s’ennuie pas une minute. Les filles et les femmes sont presque absentes, qu’une assistante qui a peur de son ombre, contrairement aux jeunes garçons qui n’ont peur de presque rien. Le look des envahisseurs fait autant penser à Robbie le robot qu’aux extraterrestres de EARTH VS THE FLYING SAUCERS. Ca demeure une curiosité naïve mais agréable à découvrir. Mario Giguère

  INVASION OF THE STAR CREATURES - Bruno VeSota avec Robert Ball, Frankie Ray, Dolores Reed et Gloria Victor, 1962, États Unis, 70m

Deux soldats crétins enquêtent sur un mystérieux cratère, contenant deux extraterrestre bien charmantes qui veulent conquérir le monde avec des hommes végétaux.

On voulait faire une comédie, une comédie est née, une assez nulle par contre. Je ne veux néanmoins pas être malhonnête avec vous, oui c'est pas vraiment bon, mais ce n'est pas chiant et plus le film avance, plus on entre dans dans cette atmosphère débile et enfantine qui lentement  fait effet. On a ici, un duo comique bien con et les vingt premières minutes du film, pleines de gags physiques dignes du Coyotes et du Road Runner, sont épouvantablement pénibles. Sauf qu'ensuite, les extraterrestres arrivent, le registre change et le film tourne en marivaudage de science-fiction. La réalisation est complètement basique, le montage est épouvantable, mais la volonté est visible et le fun, finit par se présenter. Un mauvais film donc, où j'ai quand même trouvé du bon au final. Dernière réalisation de Bruno Vesota, après seulement deux autres films.

Un homme emprisonné par erreur fait l'expérience de l'enfer carcéral hongkongais. Dès son générique, "Invincible Enforcer" plonge dans le trash et l'abjecte. Les prisonniers sont mis à poil, puis humiliés par une horde de gardiens vociférant qui entament une fouille rectale toute en délicatesse qui vaut à un maton d'origine indienne de se faire asperger la face de matière fécale (un plan certes aussi hilarant que dégoûtant, mais aussi purement raciste). Vient l'accueil hostile des copains de chambrées obligeant leur nouveau colocataire à boire un verre de pisse. La cruauté du parrain des geôles capable de soudoyer une horde de gardiens crétins corrompus jusqu'à l'os. Le héros innocent fait au mieux pour conserver son honneur, et c'est avec l'aide d'une avocate commise d'office et clairement lucide quant à la gestion de la prison, qu'il va tenter de s'en sortir. Abba

ISLAND OF TERROR aka L'Île de la Terreur - Terence Fisher avec Peter Cushing, Edward Judd, Carole Gray, 1966, Royaume Uni

Une île isolée au large de l'irlande. Un bateau ravitaille aux 3-4 semaines la petite communauté et l'équipe scientifique qui y travaille dans le secret total. Ces savants vont créer un organisme sensé combattre le cancer. Mais le policier du village est amené à découvrir le cadavre apparemment sans os d'un habitant du coin. Le docteur de l'île, abasourdi, contacte le Dr. Brian Stanley (Peter Cushing) sur le continent. Celui-ci s'empresse d'aller sonner chez le spécialiste en la matière, le Dr. David West (Edward Judd), au moment ou il se fait courtiser par une jolie brunette ! De retour sur l'île en hélicoptère, on se rendra à l'évidence: des monstres absorbent les os des hommes et animaux à leur portée, pire, ils se reproduisent en se divisant par deux à toutes les six heures. Dans une semaine ils seraient un million !

Terence Fisher réalise un film d'horreur classique avec des touches originales. Pas de jolie blonde ou d'assistante du professeur, mais une vamp, gosse de riche, qui veut mettre la main sur le relativement jeune docteur ! Sans parler des créatures, en apparence inoffensives, elles bougent très lentement, mais se multiplient à un rythme infernal, un peu comme le péril zombie ! Construit comme un mystère scientifique, cher à l'époque, c'est un véritable combat contre la montre qui s'engage pour trouver le talon d'Achille des monstres. Une belle découverte. Mario Giguère

JESSE JAMES MEETS FRANKENSTEIN'S DAUGHTER - William Beaudine, 1965, États Unis 

Je veux bien parier que la plupart d'entre nous en avaient entendu parler, mais combien l'avaient vu, hein ? Et quel chef-d'oeuvre, mes amis ! Willam Beaudine, on le surnommait "One Shot" parce qu'il tournait tout en une prise. Sincèrement, si c'était bien le cas, il savait se servir d'une caméra, parce que le résultat n'est carrément pas si mal, bien meilleur que je ne m'y attendais. (D'accord, je me suis tapé tout Ed Wood, la semaine dernière, et Beaudine paraît à des milliers d'années-lumière au-dessus, mais enfin, j'ai intercalé du Welles et du Kubrick entre les deux, donc mon radar ne devrait pas être trop faussé.) Beaudine évite les erreurs de base, il n'y a pas de fautes de continuité ni d'aberrations de mise en scène, les décors sont dignes de n'importe quelle série B et les costumes n'ont pas l'air sortis de la garde-robe des acteurs. En dépit de tout cela, rassurez-vous, c'est quand même du nanar et du beau. De toute façon, avec un titre pareil... Comment résister à un titre pareil, je vous le demande ?

Or donc, Maria Frankenstein qui, contrairement à ce que dit le titre, n'est pas la fille mais la petite-fille du bon docteur, a fui Vienne en compagnie de son frère Rudolph (lequel a lui-même l'âge d'être son grand-père), car "nos expériences y étaient incomprises". Eh oui ! Je parie que vous ne vous y attendiez pas, mais cette chère Maria poursuit les expériences de Frankenstein (dont elle nous apprend à un moment qu'il était comte. Ah bon ? Cela dit, maintenant que j'y pense : Vienne ? Bon, laissons tomber... Elle et Rudolph ont bel et bien un semblant d'accent germanique, c'est sans doute une preuve.) Or donc, nos Frankies se sont réfugiés dans un endroit assez insaisissable, où représentants de la loi et bandits présentent toutes les caractéristiques du Yankee moyen mais où tous les paysans ont eux un type et un accent qui évoque nettement le Mexique. Mettons que ça se passe pas très loin du Rio Grande et oublions ça. Ils se sont installés dans une mission abandonnée, près d'un village de paysans mexicains, donc, qu'ils utilisent pour leurs expériences - lesquelles ratent avec opiniâtreté, causant la mort d'un patient après l'autre, ce qui fait qu'au bout d'un moment, les locaux ont tendance à émigrer. "Leurs" expériences ? Non : celles de Maria, car Rudolph, tout en feignant de l'aider, réprouve la chose et s'arrange pour la saboter en injectant (par pur humanisme) du poison aux cobayes (ce qui nous vaut la vision trop rare de cette merveilleuse fiole, rangée dans l'armoire à produits chimiques, qui porte une tête de mort et la seule mention "Poison". Celle-ci ressemble en outre à une bouteille de San-Pellegrino. D'ailleurs, le poison est rouge. Si ça se trouve, C'EST du San-Pellegrino.) Quand son dernier sujet meurt sur la table d'opération, Maria déclare "Ils sont trop faibles. Ce qu'il nous faudrait, c'est un homme fort, un géant !"

Et là, paf ! cut sur le géant en question, en train de se castagner avec un autre mec pas mal baraqué, histoire de gagner un pari. Ledit géant se nomme (dans le film) Hank, et il fait partie de la bande à Jesse James. Je devrais plutôt dire qu'il EST la bande à Jesse James, pas mal décimée puisque Hank et Jesse sont seuls. Après avoir encaissé les sous du manager de l'autre hercule, ils s'associent aux trois derniers survivants de la horde sauvage (je vous jure que je n'invente pas), afin d'attaquer une diligence transportant le stock d'une banque, pour un montant de cent mille dollars. Hélas, il y a un traître dans leurs rangs : Ronnie, furieux de devoir partager, va vendre tout le monde au marshal du coin, afin d'empocher la récompense dix mille dollars pour la capture de Jesse James. Ce qui nous prouve qu'il ne sait pas compter, parce que s'il avait accepté de partager, il en gagnait vingt mille. Mais une nouvelle fois, passons. L'attaque de la diligence se déroule comme on peut le prévoir : les gars de la horde sauvage se font descendre (sauf Ronnie) et Jesse réussit à s'échapper en compagnie de Hank, gravement blessé. Dans leur fuite, nos héros (car Jesse James est présenté comme le bandit bien aimé de la légende, qui vole aux riches pour donner aux pauvres) tombent sur la dernière famille d'émigrants du village des Frankies, famille dont la fille, Juanita, prenant en pitié le géant blessé ("Il nettoyait son revolver", affirme Jesse sans rire) accepte de les accompagner chez un médecin discret (devinez lequel). En chemin, Jesse la sauve des assauts d'un unique Indien qui passait par-là, ce qui fait qu'elle lui tombe dans les bras. Et hop ! Tout le monde se retrouve chez les Frankenstein. Maria, ravie de voir arriver un si beau spécimen d'humanité pour ses expériences, soigne bien volontiers Hank et, après une vaine tentative pour séduire notre bandit préféré, l'envoie chercher des médicaments en ville, en lui donnant une ordonnance sous enveloppe scellée. Évidemment, cette courge de Jesse ne pense pas à ouvrir le pli, et ce que lit le brave pharmacien qu'il réveille de bon matin, c'est "Le porteur de cette lettre est le bandit Jesse James, prévenez le marshal." Heureusement, le marshal est absent. Mais Ronnie, lui, est là. Il sangle son colt sur sa hanche et se précipite à l'échoppe où Jesse attend comme un cave le retour de l'apothicaire. Pan, pan ! Ronnie est mort. Jesse lit enfin la fausse ordonnance, comprend qu'il y a anguille sous roche et galope vers la vieille mission. Sur la route, il croise Juanita qui, horrifiée, le supplie de ne pas retourner là-bas car "Hank n'est plus le même. Ah, si tu voyais ce qu'ils lui ont fait. Je ne veux pas qu'ils te fassent la même chose. Si tu vas là-bas, moi, je vais chercher le marshal, na !" Et moi, je vais à la ligne, parce que ça commence à faire dense, comme paragraphe.

Reprenons. Pendant l'absence de Jesse, la vilaine Maria a remplacé le cerveau de Hank par "le dernier cerveau artificiel préparé par mon grand-père". Ledit cerveau flotte au milieu d'un liquide suspect au sein d'un grand pot de verre. Jusque là, rien que de très normal. Là où ça devient rigolo, c'est quand Maria "l'active" : elle jette dessus ce qui ressemble comme deux gouttes d'eau à une pincée de gros sel (si j'ose dire), et d'un seul coup, le cerveau se met à palpiter en faisant "ba-boum, ba-boum". Le scénariste aurait confondu coeur et cerveau que je n'en serais pas plus étonné que ça. Mais faut lui pardonner : après tout, ce sont deux organes vitaux, et quand on est stressé parce qu'on doit écrire un scénario de long métrage en trois heures, on est bien excusable d'une telle minuscule erreur... Bref ! Une fois le cerveau greffé, Maria revêt Hank d'une espèce de casque de pompier peint de très jolies bandes aux couleurs de l'Éthiopie (pour lui mettre la rasta au court-bouillon, vous croyez ?) et surmonté d'élégantes antennes qui s'illuminent en faisant bzzzz. Elle en revêt un quasiment semblable et commence à laver le cerveau du cobaye : "Désormais, tu t'appelles Igor (fieille dradizion vamiliale, fous zafoir, ach !), et tu devras m'obéir". Voyant que ce sujet d'expérience-là ne donne pas de signe de faiblesse, Rudolph s'apprête à lui inoculer du San-Pellegrino, mais cette fois, sa soeurette s'en aperçoit et notre Igor nouveau né se charge d'étrangler le traître.

Là-dessus, Jesse arrive et, alors qu'il menace la belle Maria (car elle n'est pas mal, en effet), il est assommé par son ex-ami, nouvelle créature de Frankenstein, et se retrouve à son tour sur la table d'opération. Avant que la mâtine n'ait eu le temps de lui faire Dieu sait quoi (car elle n'a plus de cerveaux en réserve), débarquent à leur tour Juanita et le marshall. Le second se fait promptement mettre K.O. par Igor; auquel Maria commande ensuite de tuer Juanita. Et là, coup de théâtre ! Un reste de la personnalité d'Hank surgit, se rappelle que la jeune Mexicaine a été bonne avec lui quand il était blessé, et c'est au contraire la méchante qui se fait étrangler. Hélas, l'éclair de lucidité ne dure pas : Igor se tourne ensuite vers Jesse qui ne peut se résoudre à abattre son vieil ami (oui, il a été détaché entre temps par Juanita, mais si vous n'arrêtez pas de m'interrompre, on n'en finira jamais) et est sur le point de succomber quand la belle, la mort dans l'âme et les larmes aux yeux, tire à deux reprises sur le pauvre monstre. Et ça se termine sur une vue du marshall emmenant Jesse en prison (on se doute qu'il s'évadera, quand même, c'est le héros), alors que Juanita les regarde partir après avoir promis d'attendre son beau bandit bien aimé. (Enfin, quand je dis beau, là, c'est une figure de style).

Certes, tout ce qui précède est parfaitement ridicule, mais c'en est justement l'intérêt. Déjà, rien que l'idée de mélanger le western et le fantastique gothique a de quoi réjouir. Et le pire, c'est que la mayonnaise ne prend pas trop mal : l'intérieur de la vieille mission ressemble très fort à un château hammerien (hélas, la photographie du film, elle, n'évoque la Hammer que d'assez loin, d'autant que le transfert sur DVD n'est pas un chef-d'oeuvre) et le laboratoire de Maria n'a rien à envier à celui des Frankenstein qui se succédèrent au fil de l'histoire dans d'innombrables nanars. Le scénario, aussi débile qu'il soit, se déroule bien, et on se surprend parfois presque à regarder la chose au premier degré. En tout cas, on ne s'ennuie pas un instant, et c'est déjà une énorme qualité. Qu'est-ce qui empêche donc ce film d'être une honnête série B ? Deux choses. D'abord l'humour involontaire de certains détails, comme le cerveau précité, et d'un bon paquet de dialogues. Ensuite, le talent très très relatif des acteurs. Il y en a de totalement inexpressifs (Hank, Jesse James, le marshall) et d'autres qui en font des kilotonnes (les deux dames, notamment, mais aussi Ronnie). Pour être juste, signalons qu'il y a aussi un peu d'humour volontaire et qu'il ne passe pas trop mal. Je ne résiste pas au plaisir de vous citer cet échange impérissable :

JUANITA : Oh, Jesse, dis-moi que tu veux que je vienne avec toi quand tu partiras ! 

JESSE : Non, ma chérie, c'est impossible, je suis un hors-la-loi, je finirai au bout d'une corde. 

JUANITA : Oh, si, si, Jesse, dis-moi que tu veux que je vienne ! Tu veux, hein, dis, tu veux ? DIS-MOI QUE TU VEUX !

JESSE : (soupir attendri) Eh bien, oui, ma chérie, je le veux. 

JUANITA : Bon, évidemment, je ne pourrai pas venir, parce que ma place est ici, mais c'était important pour moi que tu me le dises.

JESSE : (atterré) Ah, ça, c'est bien les femmes, tiens ! 

Bref, j'ai vraiment beaucoup aimé ce film qui n'a absolument pas volé sa réputation et dont les auteurs n'ont pas à rougir, malgré les éclats de rire bon enfant qu'il suscite parfois. Du coup, j'ai très envie de voir "Billy the Kid vs Dracula" du même Beaudine, mais il ne semble pas encore disponible.

Aux amateurs, je signale que celui de "Jesse James..." s'orne d'un commentaire audio de Joe Bob Briggs que je n'ai pas encore écouté mais qui doit valoir son pesant de cacahuètes, si vous voyez ce que je veux dire et je crois que oui...  Michel Pagel

KING KONG ESCAPES aka Kingukongu No Gyakushu aka King Kong s'est échappé aka La revanche de King Kong - Ishirô Honda avec Rhodes Reason, Mie Hama, Kinda Miller, Akira Takarada, 1967, Japon, 96m

Le Dr Who a fabriqué un robot géant à l'image de King Kong pour aller chercher un minerai rare, l'élément X, plus puissant que l'uranium. Malheureusement ses circuits sont ruinés par les radiations. Ni une, ni deux, on part kidnapper l'authentique King Kong, qui est amoureux d'une jolie blonde sortie d'un sous-marin en mission pour l'ONU. Hypnotisé, notre grand poilu devient mineur, mais lui aussi a des difficultés, les radiations détruisant les effets de l'hypnose. Ce qui devait arriver arrivera, les deux géants s'affronteront en plein Tokyo !

Sous influence James Bondienne, on réunit Mie Hama, qui a joué dans YOU ONLY LIVE TWICE avec un sosie de Connery, Rhodes Reason ! Mais il s'agit bien d'un film de monstres et Honda excelle comme toujours dans la mise en scène, d'une justesse toujours remarquable. Magnifique également est la musique sublime d'Akira Ifikube. L'histoire est curieuse mais bouge à un bon rythme. Seule grosse ombre au tableau, le costume de Kong, caricatural et grotesque. La théorie avancée dans un excellent article du magazine GFAN veut que Tsuburaya, responsables des effets spéciaux hors pair, se veut sympathique aux enfants, public cible, et aurait décidé délibérément de ne pas faire peur avec un singe bourru au visage plus drôle qu'impressionnant. Mais pour peu qu'on apprécie le genre, on ne peut qu'apprécier un film bien ficelé durant lequel on ne s'ennuie pas une minute ! Mario Giguère

Je trouve ce film excellent, bien mieux que King Kong vs Godzilla.

Ce film est d'abord sorti en France sous le titre de "La Revanche de King Kong" le 13.11.1968 par Cosmopolis films et les films Marbeuf puis une ressortie le 06.10.1976 par Audifilm. Cette rediffusion est due a deux facteurs "le 6ème Continent" de Kevin Connor et "King Kong" de John Guillermin tout deux sortis en 76. Ils fnt partie des plus gros succès du box-office français de l'époque, ce qui a davantage encouragé les distributeurs a sortir non seulement des productions récentes comme "Godzilla 80","KING KONG contre GODZILLA","Godzilla contre Mekanik Monster" et "Les Monstres du Continent Perdu", de ressortir des films comme "King-Kong s est Échappé" et "Les Envahisseurs Attaquents". Titou

 

KING KONG VS GODZILLA aka Kingu Kongu tai Gojira - Ishirô Honda avec Tadao Takashima, Kenji Sahara, Yu Fukiji, Japon/États Unis, 1962

Avant d'aller plus loin, il me faut préciser que je vient de regarder la version américaine, supervisée par John Beck et que je suis encore renversé ! Non seulement on ajoute les journalistes et commentateurs, mais on a trafiqué à fond la trame sonore, ajoutant plein de musiques américaines, spécialement le thème de CREATURE FROM THE BLACK LAGOON qui appuie les apparitions de monstres ! Scientifique, donc, qui explique que Godzilla, frais sorti d'un glacier, retourne au Japon "comme les saumons remontent la rivière vers leurs lieux de naissance" tandis que King Kong, capturé par un puissant mais ridicule industriel pour en faire sa "marque de commerce" sent la présence d'un adversaire qu'il se doit d'affronter.

La première rencontre des deux monstres est passablement drôle voire ridicule, Kong, les poils quelque peu roussit par le feu atomique de Godzilla, s'enfuit ! Il faudra carrément l'endormir et le déplacer en ballons d'hélium pour qu'il affronte en bonne et due forme le géant gris !

Intermède de bon aloi pour parler de l'apparence de Kong. Les effets spéciaux n'étant pas à l'époque ce qu'ils sont aujourd'hui, les intentions de Tsuburaya semblant évidentes, King Kong est pratiquement le faire valoir comique, le Laurel du Hardy japonais ! Il y a de toute évidence deux costumes, un aux bras longs et plus simiesques et un aux bras plus courts et humains lorsque Kong a besoin de tirer des roches ou se battre avec Godzilla. On ajoute une tête pour les plans rapprochés, avec des yeux qui clignent, qui fera rire petits et grands ! La tête du costume de combat est plus réussit et fait son petit effet.

Les combats sont mémorables, par les actions et les techniques utilisées. De petites marionnettes pour les plans éloignés, une scène qui semble carrément de l'animation image par image, aux classiques empoignades. Le lancer de roches, Kong qui essaie de faire bouffer un arbre à son adversaire, l'enterrement de Kong, sa résurrection par l'orage électrique et un final qui semble annoncer la victoire du primate.

Deuxième intermède. Contrairement aux rumeurs et légendes urbaines, il n'y a qu'une fin qui a été tournée. Pas de version mythique ou Godzilla sort de l'eau. De toute façon, Godzilla a fait par la suite moult films pendant que King Kong dormait ! À mes yeux, Godzilla triomphe sur toute la ligne !

Premier film couleur de Godzilla et première co-production Japon-États Unis, le film est toujours le plus grand succès de l'histoire de la franchise nippone. Bon accueil donc de la part du public du monde entier, petits et grands. La présentation à la convention mondiale des amateurs de science fiction a par contre soulevé l'indignation, on comprend que les amoureux du chef-d'oeuvre de 1933 soient horripilés par une version si clownesque de l'icône du cinéma fantastique. Mais Honda et Tsuburaya visaient un public plus large et ils ont frappé la cible.

On préfèrera la version originale en tout temps, avec la musique sublime d'Akira Ifikube, qui aide à soulever les scènes de Kaiju. Ajoutons que la version japonaise est tout aussi drôle, plus d'attention étant portée sur l'équipée qui capture le singe géant amateur de boisson endormante !

Dernier intermède. Tsuburaya voulait depuis longtemps utiliser une pieuvre vivante comme effet spécial et son combat contre le village et Kong est une scène fort curieuse, L'animal ne se prêtant pas aussi facilement que prévu au tournage ! L'équipe des effets spéciaux a fait cuire l'actrice après coup !

Film de monstres géants aux allures de fantasti-comédie, KING KONG VS GODZILLA fait encore sourire et rire pour autant que l'on prenne ses classiques avec un grain de sel. On peut aussi le voir comme un puissant nanar. N'empêche que Godzilla est le plus fort ! Mario Giguère

The LAST WOMAN ON EARTH - Roger Corman avec Betsy Jones-Moreland, Robert Towne, Antony Carbone, 1960, États Unis, 71m

Un incident global a retiré l'oxygène de la surface de la terre. Seul trois personnes qui pratiquaient la plongée sous-marine semblent avoir survécu et vont pouvoir respirer grâce aux plantes de Puerto Rico qui dégagent toujours de l'oxygène. Deux hommes et une femme, un couple dépareillé composé d'un riche arrogant et sa blonde épouse qui semble volage, ainsi que le jeune avocat de monsieur. Évidemment que la tension sexuelle crée des frictions, parce que tout le reste va bien et on se fait des cocktails après la pêche, soupant en veston cravate, la classe, comme dirait Aldo Maccione !

Petit film pour Roger Corman, sur un scénario et avec Robert Towne, futur scénariste de CHINATOWN, rien de moins. D'ailleurs c'est probablement le seul point vraiment intéressant du film, les dialogues, abordent des sujets souvent éclipsés dans les films post-apocalyptiques. Sinon, tout cela est sage, comme ses personnages, mais a le mérite de respecter son titre, il n'y vraiment plus qu'une seule femme et elle est bien roulée. L'affiche est plus torride que le film, ce qui n'est sans doute pas surprenant. Pour amateur de Corman invétéré. Mario Giguère

LATITUDE ZERO aka Ido zero daisakusen - Ishirô Honda, 1969, Japon 

Un bathyscaphe descend au fond des mers avec à bord un savant Japonais, Ken Tashiro (Akira Takarada), un Français: Jules Masson (Masumi Okada) et un journaliste photographe américain: Perry Lawton (Richard Jaeckel). Leur câble de survie sectionné suite à une éruption, ils sont sauvés grâce au sous-marin du Capt. Craig McKenzie alias Joseph Cotten (Baron Blood). Il les ramène dans sa cité secrète, en avance de centaines d'années sur nos cités, mais poursuivit par le méchant Dr. Malic, alias Cesar Romero (le Joker de la télé série Batman) qui, à bord du requin noir, veut détruire tout ce qu'il y a de bon sous l'eau. Le Dr Malic est passé maître dans la greffe d'organes, ayant créé des hommes chauve-souris, des rats géants, transplantant le cerveau de sa lieutenant dans le corps d'un lion aux ailes greffées de condor ! Les deux sous-marins se lanceront dans une lutte à finir, multipliant les armes nouvelles, sous les yeux des monstres de Malic.

Film rarement vu à cause de la co-production, LATITUDE ZERO a été réalisé dans la tourmente du film d'espionnage rempli de gadgets, mais escamotant l'espion sexy pour mieux mettre en lumière les effets spéciaux de la Toho, monstres et véhicules fantastiques. On y va d'invraisemblances agréables, les greffes se faisant en très peu de temps. Que l'on pense au bain qui rend la peau à l'abri des balles ou aux diamants qui servent de babioles dans ce monde cosmopolite ou la paix a permis aux génies de s'épanouir et de rendre la vie tellement agréable. Notons la présence de Linda Hayne dans la peau du Dr Barton, aux costumes révélateurs, digne fac-similé de Bond Girl. Curieusement les monstres sont peu convaincants, les rats, des hommes à quatre pattes en habit de fourrure sont risibles, les chauves-souris humaines plus efficaces. Le Lion ailé, dont la présence est toutefois limitée, a aussi l'air d'une peluche. Les véhicules sont superbes, par contre, et renvoient aux romans de Jules Verne. Cesar Romero s'en donne à coeur joie pendant que Joseph Cotten joue le digne leader presque zen, un peu vieux pour jouer les héros, mais c'était une autre époque... Le message final anti-guerre est bien senti. Mario Giguère

The LOST WORLD aka Le Monde Perdu - Irwin Allen avec Michael Rennie, Jill St-John, David Hedison, Claude Rains, Fernando Lamas, Richard Haydn, Ray Stricklyn, Jay Novello, Vitina Marcus, 1960, États-Unis, 96m

Le biologiste et anthropologue George Edward Challenger est persuadé qu'il existe aux confins de l'Amazonie et du Brésil, un monde perdu où vivent encore des dinosaures de l'ère préhistorique. Il met au défi la Société Zoologique de Londres de financer une expédition, afin qu'il puisse prouver ses dires. Un explorateur d'expérience, Lord John Roxton, accepte de faire partie de l'expédition et d'aider Challenger. Un farouche opposant du scientifique, le professeur Summerlee, demande aussi à faire partie de l'expédition, juste pour le plaisir de prouver que les théories de Challenger, ne sont que pures élucubrations. Les accompagnent également dans cette aventure un journaliste, le fils d'un magnat de la presse et sa soeur, de même qu'un guide et son assistant. Lorsqu'ils atteignent le plateau désigné par Challenger, situé dans une région volcanique, il s'avère en effet qu'il est habité par de nombreux dinosaures, ainsi que par des tribus préhistoriques. Ayant perdu leur seul moyen de transport, les membres l'expédition tentent de traverser le plateau isolé pour trouver un moyen d'en sortir, mais ils devront de ce fait affronter de nombreux dangers, tout en allant de surprises en surprises.

Déjà adapté par Harry Hoyt en 1925, cette nouvelle adaptation d'un récit célèbre de Sir Arthur Conan Doyle montre à quel point que si Irwin Allen fût un producteur plutôt avisé, il n'en fût pas de même comme réalisateur. C'est ainsi qu'à partir d'une intrigue, déjà à la base, fertile en péripéties excitantes, la mise en scène d'Allen les illustre de manière amorphe, si bien que l'ensemble tombe carrément à plat, au point où le spectateur doit lutter sans merci contre le sommeil profond qui l'envahit pendant le visionnement. Même les séquences incluant des dinosaures, grâce à des trucages relativement inégaux, ne parviennent pas à racheter la médiocrité du produit, bien que les dernières minutes se révèlent plus animées. Le tout manque également cruellement d'humour, sauf quand cela s'avère complètement involontaire de la part des auteurs, qui ont été en plus incapables d'imaginer des développements dignes d'intérêt. La distribution est composée d'acteurs spécialisés dans la série B et Z qui sont à l'évidence fatigués et peu motivés par le projet. Soulignons que de nombreuses séquences de ce film furent très souvent réutilisées subséquemment dans des épisodes de séries télévisées produites par Irwin Allen au cours des années 60. Mathieu Lemée

The MAD DOCTOR OF BLOOD ISLANFD aka Le MÉDECIN DÉMENT DE L'ILE DE SANG - Eddie Romero, 1968, États Unis/Philippines 

Un bateau débarque sur une île de fâcheuse réputation. Sur ce bateau se trouvent une jeune fille qui n'a pas vu son papa depuis 9 ans, et un jeune homme qui n'a pas vu sa maman depuis bien longtemps, et dont le père est décédé sur l'île. Et, bizarrement, il ne se crée aucune idylle entre nos deux personnages. La fille retrouve son papa imbibé d'alcool, le garçon retrouve sa mère et une ancienne copine assez coquine. L'île abrite également un médecin boiteux accompagné d'un gros balèze muet.

Tout ce petit monde discute mollement de choses peu intéressantes, et des indigènes sont agressés par une créature humanoïde hideuse au sang vert. En plus de ça, des indigènes sont trouvés avec des problèmes de peau assez catastrophiques, le doc dévoile son diagnostique: chlorophilisation (!?!). Et oui, car une certaine forme de plante provoque des trucs pareil et les gars voient leur sang devenir vert.

Mais ce n'est pas tout, car entre les scènes de mélos à deux balles qui parsèment le film ("Mère, vous avez des amis qui vous attendent sur le continent !" - "Je n'ai plus d'amis, j'ai perdu toutes notions d'amitié comme une fleur perd ses pétales sur le sol froid à l'aurée de l'automne" - "Mais, mère !" - "Non Carlos, il ne sert à rien..."), on apprend que la créature - qui est assez nerveuse d'ailleurs, se trouve être le père du jeune gars. Le médecin avait soigné sa leucémie grâce à un composé à base de chlorophyle, mais si les résultats s'avéraient au départ concluants, ceux-ci ont dégénérés pour résulter à cette monstrueuse créature sanguinaire dont l'humanité n'est pas tout à fait perdue, car elle épargne son fils en voyant une photo de lui alors nourrisson (ouais, t'as raison). Et elle est encore toute amoureuse de sa maîtresse, la copine de son fils. Le monstre vert finira par assassiner son créateur en l'étranglant dans les flammes de son laboratoire en feu, laboratoire dans lequel il continuait à bidouiller des trucs sur des indigènes.

Vraiment pas terrible ce film, l'action se traîne mollement, souffrant de ses excès mélodramatiques d'une atroce lourdeur. Et ce n'est pas le gore assez surprenant d'ailleurs (têtes arrachées, membres découpés...), qui parvient à sortir le spectateur de son ennui. Les seules choses qui y parviennent sont les incessants - et ahurissants - zooms avant arrière qui apparaissent à chaque entrée en scène de la créature. Kerozene

MARS NEEDS WOMEN - Larry Buchanan avec Yvonne Craig, Sherry Roberts, Tommy Kirk , 1967, États Unis, 83m

Une armée de martiens (5, en l'occurrence) arrive sur terre chercher des femmes afin de leur faire passer des tests de fécondité, vu que sur leur planète une "anomalie génétique" a fait descendre le taux de la population féminine à 1 pour 100 mettant la survie de leur planète en danger. Ils prennent contact avec l'armée américaine (quelle idée saugrenue !...) pour leur demander gentiment des femmes. Dans le même temps, les stations d'écoutes militaires américaines interceptent un message venu de l'espace qui une fois décodé, tient en 3 mots : "Mars needs women".

Devant le refus de coopérer des Terriens (et pour cause), et ayant tout de même bon goût, nos martiens vont à travers la ville enlever une strip-teaseuse, une hôtesse de l'air, une artiste peintre et l'étudiante reine du campus... toutes destinées à être ramenées sur Mars. Mais l'armée risque de faire capoter le projet, vu que l'usine désaffectée qui sert de base aux extraterrestres vient d'être repérée. Ayant visiblement peur d'une bataille rangée, les Martiens laissent tomber les femmes à moitié congelées, et hop, fissa dans leur vaisseau...

Pour ceux qui s'endormiraient trop tôt, il ne faut surtout pas louper (car après c'est trop tard, ils s'habillent à la mode terrienne) la scène ou nos 5 martiens débarquent les uns après les autres de leur soucoupe, affublés de combinaison de plongée auquel on aurait ôté les masques, de lampe torche ! et d'un harpon sous-marin dont on se demande encore l'utilité spatiale !! C'est, on l'aura compris un film sans aucun moyen, mais avec des idées, qui ne parviendront quand même pas à effacer l'inexistence du scénario. Certes les incohérences font sourire, les scènes de strip-tease gratuites aussi, mais comment reprocher à Buchanan de tenter de remplir son film de belles formes rebondies, histoires de passer le temps ? Bref, au final les Martiens repartiront comme ils étaient venus : la queue entre les jambes, et Buchanan nous laissera le soin de regarder pensivement l'espace... sur le mot " The end ".

Adepte des sous-séries, ce film vaut le détour, les autres passez votre chemin. Marc Evil

MONSTROSITY aka The ATOMIC BRAIN - Joseph V. Mascelli, 1964, États Unis 

Que faire lorsqu'on est une vielle femme riche avec un sale caractère, mal servie par un vieux gigolo par-dessus le marché ? Se payer un scientifique raté qui vous transplantera le cerveau dans le corps d'une jeune et jolie jeune femme à qui vous lèguerai votre fortune. Évidemment, le réacteur atomique prend de la place dans le sous-sol et les trois domestiques que vous avez engagées, question de choisir la mieux roulée, flairent le mauvais coup, mais tant pis, il faut ce qu'il faut !

On croit carrément que c'est un film italien lorsqu'un narrateur nous explique tout dans les premières minutes du film, mais non, il s'agit bel et bien d'un très mauvais film américain, qui a placé son budget dans le laboratoire atomique. Quand un homme au cerveau de chien rencontre la domestique au cerveau de chat, on se dit que ce sera long. Toutes les agressions sont hors champ. Il y a bien un punch intéressant à la toute fin, mais c'est trop peu, trop tard. Mario Giguère

MOTHRA aka Mosura - Ishiro Honda avec Hiroshi Koizumi, Frankie Sakai, Kyoko Kagawa, Emi and Yumi Ito (the Peanuts), 1961, Japon, 101m

Une tempête en mer force les membres d'un navire à se réfugier sur INFANT ISLAND, une île réputée sans vie ou a eu lieu des essais de bombes atomiques. Surprise, les survivants ne montrent pas trace de radiations et parlent du peuple qui les a abreuvés d'un liquide bienfaisant. Une expédition conjointe du Japon et des Rosicilan (pays fictif au nom combinant la Russie et les États-Unis et responsables des essais atomiques) découvre la chanteuse miniature, les shojibin. Le méchant leader des étrangers y retourne kidnapper les jumelles pour monter un spectacle avec elles et faire fortune. Le hic, outre la capture et l'esclavage éhonté des créatures vivantes, c'est que le chant des petites sirènes va irrémédiablement attirer Mothra. Sous forme de larve, elle se dirige vers le Japon et va tout détruire sur son passage pour arriver à Tokyo et se construire un cocon. De ce cocon va émerger la forme finale de Mothra, un papillon géant qui va se rediriger vers la ville de New Kirk ou le méchant impresario les a amenées. Heureusement nos amis japonais vont se rappeler d'un signe visuel et avec l'aide des cloches de la ville et de ce signe, attirer Mothra vers l'aéroport ou on espère leur remettre les petites chanteuses et sauver le monde de la vengeance du dieu ailé.

C'était la première incursion de la TOHO dans le monde de la Fantasy, avec toutes les concessions au film de Kaiju nécessaires. Le rythme est donc assez lent, les numéros de chant occupant une bonne place dans le scénario. On n'oublie la séquence de destruction populaires et l'armée bien qu'impuissante, est très visible et la musique d'Ifikube vient rehausser ces scènes d'action ou el talent pour les miniatures de l'équipe de Tsuburaya est mis en .évidence. L, anti-américanisme primaire, bien que compréhensible car dirigé vers ceux qui ont causé les drames de Nagasaki et d'Hiroshima est assez masqué pour ne pas choquer les américains de l'époque, mais est parfaitement clair. D'ailleurs l'archétype du marchand de rêves qui exploite de pauvres créatures, qui remonte facilement à King "Kong, va réapparaitre rapidement dans KING KONG CONTRE GODZILLA, tout comme GODZILLA VERSUS MOTHRA. Le succès fut immédiat et on vit mainte fois réapparaître Mothra, souvent comme gardienne de la paix et finalement du côté de Godzilla contre les envahisseurs extraterrestre.

Un film qui a certes vieillit et dont le rythme va peut-être rebuter une jeune génération de cinéphiles, mais qu'il fait bon découvrir ou apprécier à nouveau pour les amateurs de monstres géants japonais !

Merci à Ed Godziszewski, présent lors de la projection du film à Fantasia, pour sa généreuse présentation et la mise en contexte du film. Mario Giguère

the NAVY vs the NIGHT MONSTERS - Michael A. Hoey/Jon Hall, 1966, États Unis     

Un authentique vrai film de monstres de 1966, avec Mamie Van Doren, qui semble moins généreuse ici que dans d'autres films (?), des marines, un scientifique, des penguins et des monstres qui, parce qu'ils sont des plantes, passent inaperçus durant presque tout le film. Des bagarres dues à la jalousie, des cigarettes partout, des femmes   nounouches, des machos et des stockshots de la navy. Par dessus le marché, si on se rappelle que Dan O Bannon, scénariste d'Alien était fortement influencé par le film de Bava: Space Vampires, voilà que l'on voit la sécrétion acide qui passe au travers du métal ! Ah ah , un petit bijou oublié dans le fond du coffre... Mario Giguère

NIGHT CALLER FROM OUTER SPACE - John Gilling avec John Saxon, Maurice Denham, Patricia Haines, 1966, Angleterre

Un objet volant non identifié atterrit près de Londres. Les scientifiques et l'armée sont rapidement concernée et l'étude de la petite sphère commence. Lorsque l'assistante du professeur croit apercevoir une main déformée, personne n'y prête foi, mais la sphère s'avère être un terminal de télétransfert, et une créature s'est échappée du laboratoire, avec la sphère. Rapidement, de jeunes filles disparaissent dans tout Londres, après avoir répondu à une annonce du magazine BIKINI GIRL. Mystère et boule de gomme, oups, boule de tranfert !

Ce tournage en noir et blanc plein d'atmosphère nous fait penser autant à un bon épisode de THE OUTER LIMITS qu'au classique THE DAY THE EARTH STOOD STILL. L'atmosphère est cependant plus légère, les militaires ne prenant pas la menace au sérieux, et le scénario virant à l'intrigue policière en deuxième partie. Un curieux mélange, pas désagréable, avec de bons moments, comme dans plusieurs des réalisations de John Gilling. Mario Giguère

 

NIGHT OF THE BLOODY APES aka  La Horripilante bestia humana - Rene Cardona, 1971, Mexique

Ah, les joies du cinéma populaire mexicain ! Quand on parle de plaisirs coupables, ils sont, je crois, à inscrire au sommet de la liste. Ce Night of the Bloody Apes n'y fait pas exception. Il contient d'ailleurs les éléments essentiels du film mexicain " commercial ", à savoir : lutteurs (lutteuses, dans le cas présent), aspect pulp tout droit sorti d'un feuilleton, mélo, coups de théâtre invraisemblables et une bonne dose d'absurdité et d'humour involontaire.

Le présent film est réalisé par René Cardona, figure emblématique de la série B mexicaine, réalisateur protéiforme dont le fils a continué d'assumer la bizarre succession, à l'instar d'un Lamberto Bava. Comme Jess Franco, Cardona réutilise souvent les mêmes motifs et les mêmes thèmes. Night of the Bloody Apes, par exemple, constitue le remake mis à jour à la saveur 70s (lire : avec violence graphique et nudité) de son Doctor of Doom de 1962 - un meilleur film, à mon avis, d'ailleurs.

En effet, en cette année 1971, il fallait satisfaire un public devenu de plus en plus blasé, en quête de sensations fortes renouvelées et devenues plus piquantes. C'est le syndrome du romantique qui ne se sent exister que lorsqu'on l'ébranle. Cardona s'efforce de " livrer la marchandise " à l'aide de stock-shots d'une opération chirurgicale peu finement amenés (plan : un type tient le visage de l'opéré et un autre s'agite vers le cœur ; contre-plan : quatre mains de vrais médecins sont au travail), de viols commis par le " singe sanglant " du titre, d'effets gore aussi primaires qu'agressants et de femmes nues qui sortent de la douche (il en utilise tellement que ça doit être un fantasme récurrent chez lui).

Du coup, on se trouve face à un curieux hybride : sur le canevas du cinéma mexicain bon enfant et naïf se greffent des images de violence et de nudité décidément " pour adultes ". Le lien qui unit ces éléments est bien entendu l'humour involontaire qui permet à Night of the Bloody Apes de n'être absolument pas traumatisant. Le scénario suffirait à vous éclairer :

Julio, Le fils du brillant médecin Krauzman est très malade et va mourir. Le père inquiet a une idée : pourquoi ne pas lui greffer le cœur d'un gorille ? Or, il n'a pas prévu un hic : une fois greffé, son fils se transforme en singe dément qui tue tout ce qui bouge, redevenant humain de temps en temps (à la Jekyll et Hyde, ou encore à la façon d'un loup-garou). Parallèlement à cette première histoire se déroule celle d'une lutteuse qui a plongé une adversaire dans le coma sans le vouloir. Rongée par les remords, elle songe à abandonner sa carrière...

Comme film " psychotronique ", on ne fait pas mieux, et Night of the Bloody Apes, pour peu qu'on soit disposé à l'accueillir dans des conditions favorables, peut créer une certaine euphorie, grâce au jeu imperturbable des acteurs, au doublage anglais douteux et à l'aspect incroyablement bizarre du mélange (stock-shots + nudités improbables de lutteuses + effets gore + scénario pulp + musique mélodramatique + combats de catch, etc.). Les surréalistes auraient apprécié. Howard Vernon

Un docteur essaie de sauver son fils atteint de leucémie en lui greffant un coeur de gorille, question de bien s'occuper de la transfusion du sang de l'animal. Naturellement le Julio se transforme en bête qui ne pense qu'à tâter de la femme avant de les déchiqueter. Drôle d'idée !

Il est cependant intéressant de savoir que nous sommes en présence de la seule version "sexo" d'un film de lutteur qui existe encore. Beaucoup de films de lutteurs et lutteuses ont bénéficié d'une version sexo, ou l'on ajoute des plans de nudité pour transformer le film en version plus adulte. Aucune de ces versions n'est trouvable de nos jours, mais énormément de matériel publicitaire atteste de leur existence. Night of the Bloody Apes, dont la version grand public a disparu, est donc un morceau d'histoire, dont le résultat final est plus intéressant pour cette spécificité et non pour le film qui en résulte. La lutteuse qui se dénude n'a pas les talents physiques d'autres actrices connues, telle Lorena Velasquez. On remarquera des scènes dans un parc ou les femmes attaquées se démènent et déplacent le tapis de verdure laissant apparaître le plancher du studio, à deux reprises ! Une curiosité qui vaut le détour. Mario Giguère

ON THE COMET aka L'ARCHE DE MONSIEUR SERVADAC aka NA KOMETE - Karel Zeman, 1970, Tchécoslovaquie, 1970, 75m, Couleurs, sépia, noir et blanc

Une comète a provoqué une brusque scission de l'écorce terrestre. Un morceau de la Terre a été projeté dans l'espace. Sur cette nouvelle planète en dérive se trouvent réunis une garnison française d'Afrique du Nord, les Arabes qui leur font face et le trafiquant d'armes intéressé par cet affrontement. Le groupe comprend également une jeune fille destinée à un émir et de nombreux commerçants, serviteurs, navigateurs ainsi que des soldats britanniques de Gibraltar. Hector Servadac, jeune soldat Français, tente de les convaincre les ennemis d'hier de s'allier contre les nouveaux périls célestes qui les guettent. Alors que ce petit monde s'organise, une horde de dinosaures surgit du désert. ! ! !

Publicitaire de formation, Karl Zeman, surnommé le Méliès Tchèque, livre avec cette adaptation de Jules Vernes méconnue ("Hector Servadac, Voyages et Aventures à travers le Monde Solaire", qui est l'un des plus fous des Voyages extraordinaires de Verne), une œuvre étonnante et détonnante. Comme beaucoup d'autres œuvres, ce roman mêle avec un grand art des faits scientifiques rigoureux provenant des meilleures sources de l'époque à des hypothèses abracadabrantes. Grâce au savoir-faire de Zeman, les décors de la comète et les paysages de l'Afrique du Nord, recomposés grâce à un époustouflant travail sur l'image, évoquent les vieilles cartes postales du début du siècle et confèrent à ce film toute sa dimension poétique et fantasmagorique. Le film est tourné en couleurs mais dès l'apparition de personnages réels, c'est le noir et blanc puis le sépia qui reprennent le relais. Par la magie d'effets spéciaux novateurs pour l'époque (incrustation de décors, scènes d'animations...), Karl Zeman nous invite à embarquer sur cette arche fantastique, véritable tour de force cinématographique, peuplée de monstres préhistoriques, d'une belle héroïne et d'aventuriers de tous bords. L'un des moments forts de ce petit bijou restera sans doute l'instant ou nos infortunés expatriés découvriront que le nouvel astre bleuté qu'ils aperçoivent dans les cieux, n'est autre que leur planète à laquelle ils ont été arrachés !

A découvrir d'urgence... à la mémoire d'un certain cinéma ! Marc Evil

PANIC IN YEAR ZERO! aka Panique en l'An Zéro - Ray Milland avec Ray Milland, Jean Hagen, Frankie Avalon, Marty Mitchel, 1962, États Unis, 92m, Noir et blanc

En route avec leur caravane pour une escapade en pleine nature, Harry Baldwin, sa femme Ann et leurs deux enfants, sont aveuglés par une lumière blanche suivie du bruit d'une forte explosion. L'absence soudaine de radio, l'apparition d'un étrange nuage surplombant la ville et l'affluence soudaine de centaines de véhicules sur les routes ne font que leur confirmer l'incroyable : Los Angeles vient d'être rasé, cible d'une attaque nucléaire. Pensant d'abord à rentrer chez eux, ils en sont vite dissuadés par les premiers bulletins radio diffusé d'urgence : ces attaques on été meurtrières et massives sur toutes les grandes villes du pays. Pour Harry, la seule priorité va alors d'être de mettre les siens rapidement à l'abri, à l'écart des groupes de pilleurs et voyous qui apparaissent et se répandent déjà partout. Avant que le chaos n'éclate et que toutes traces de civilisation ne disparaissent dans l'anarchie la plus complète, il parvient, après avoir fait le plein de vivres et de munitions, à trouver refuge dans une grotte, qu'il espère tenir à l'écart de toute intrusion extérieure. Malgré toutes ses précautions, les évènements vont en décider autrement...

PANIC IN YEAR ZERO! fut produit par American International Pictures qui finança la majorité des films de Corman. Normal par conséquent que l'on puisse penser à des films tels que DAY THE WORLD ENDED lors de son visionnement. Ray Milland qui se met magistralement en scène, se complet à décrire ici, la manière dont un père de famille responsable et bien sous tout rapport se retrouve subitement livré à lui-même, allant jusqu'à transgresser toutes les règles établies pour assurer la survie des siens, dans un monde au bord du chaos. Le plus intéressant est sans doute la complaisance presque malsaine avec laquelle Milland justifie les actes de Harry, qui mettant les protestations de sa femme et sa moralité au placard, n'hésite pas à piller des magasins, tirer sur des assaillants ou encore venger froidement sa fille victime de violences sexuelles ! Pire, son fils, Rick, y trouve même un certain plaisir. L'espoir d'un renouveau viendra une fois de plus des forces militaires, et empêchera la famille Badwin de sombrer et de se noyer dans les noirceurs de l'âme humaine...

Pas de Panic, cette année Zéro est fortement conseillée... Marc Evil

The PHANTOM PLANET aka LA PLANÈTE FANTÔME - William Marshall avec Dean Fredericks, Coleen Gray, 1961, États Unis, Noir et blanc, 82m 

Mars 2048, le vaisseau Pégase III aborde son dernier jour d'exploration spatiale. C'est alors que la base lunaire 1 reçoit un appel de détresse du vaisseau puis plus rien sur leurs radars. Le capitaine Chapman, pilote de Pégase IV est alors envoyé en mission de reconnaissance en compagnie du Lt. Ray Makonnen. Arrivé aux dernières coordonnées enregistrées par le radar, Pégase IV dévie mystérieusement de sa trajectoire avant d'être endommagé par une pluie de météorites. Nos deux astronautes, clé à molette en main (!), sortent pour une réparation de fortune qui coûte la vie à Makonnenn, aspiré par le vide intersidéral. Chapman, seul survivant assiste impuissant à l'entrée de sa fusée dans un champ gravitationnelle d'un énorme astroïde. Indemne, il est recueilli par les étranges petits habitants de Reton, la planète fantôme. Ayant inhalé son atmosphère par mégarde, Chapman se voit bientôt lui aussi réduit à la taille des locaux, c'est-à-dire à la taille d'un lilliputien ! Alors qu'il est condamné par les Retons à rester sur leur bout de caillou volant, la planète fantôme est subitement attaquée par une horde de Solarites qui veulent s'emparer de leur très convoité contrôleur universel de gravité...

Si il y a une chose que l'on ne peut enlever à cette sympathique pelloche S.F, c'est qu'elle joue la carte du divertissement du début à la fin, avec une certaine réussite. Si les moyens techniques ne sont toujours pas à la hauteur des bonnes idées scénaristiques que ce film tente de faire passer - et pour cause le film à déjà 45 ans - ce PHANTOM PLANET atteint sans mal son objectif principal. Ainsi les scènes de sortie dans l'espace sont étonnantes pour l'époque, même si la clé anglaise utilisée pour réparer le vaisseau fait un peu désordre en 2048 ! Mais que dire sur la philosophie de ces petits êtres errant sur leur petit bout de terre dans l'espace et qui en auraient tant à apprendre aux genres humains ! Bref, un bon moment à passer dans l'espace, ou à l'évidence, nous ne sommes pas seul...

Une mention pour le Solarite (interprété par Richard Kiel, mais si !) avec une tronche tellement incroyable qu'il a même sa place au bestiaire du club ! Marc Evil

PLANETA BUR aka Planet of Storms aka Cosmonauts on Venus aka Planet of Tempests - Pavel Klushantsev avec Vladimir Yemelyanov, Georgi Zhzhyonov, Gennadi Vernov, Yuri Sarantsev, Georgi Tejkh, Kyunna Ignatova, Russie, 1962, Russie, 78m

Un vulgaire météorite pulvérise le Capella, l'un des 3 vaisseaux intergalactiques russes à 2 doigts d'amorcer une 1ere exploration de Vénus. Changement de plans à la dernière minute oblige; la cosmonaute Walsa, du vaisseau Beta, restera seule en orbite. Ses deux co-équipiers tenteront un atterrissage avec John, ZE robot. Résultat: perte de contact avant de toucher le sol. Les trois autres camarades du Sirius se lancent (...) alors à leur recherche et découvrent milles et une surprises d'allure préhistorique. Graines de pavot géantes aux tentacules de serpents, petits Godzillas sautilleurs, énigmatiques sons stridents de sirènes sur fond d'éruptions volcaniques, etc.

46 ans plus tard, découverte plus qu'intéressante de la version originale basée sur une nouvelle d'Aleksandr Kazantsev qui en inspira plus d'un. Il y a une atmosphère, ce fameux ton russe, sans machisme, près du questionnement qui avec la présence de la propagande russe à l'ère des Spoutnik fascine. Présence de ratés bien sûr qui font bien sourire mais c'est rapidement pardonné. Walsa, seule dans son vaisseau, qui se mortifie un peu trop. John, l'incroyable et amusant robot de 7 pieds qui parfois déraille et surtout la 2eme fois qu'on entend la toune genre "Hourra nos cosmonautes". Cela restera un bijou pour son équilibre, ces couleurs et textures. Bravo au camarade Pavel Klushantsev et ses effets dont malheureusement l'américain Roger Corman en tira 3 différentes mise en boîte : Voyage to the Prehistoric Planet (1965), Queen of Blood (1966), les 2 de Curtis Harrington et Voyage to the Planet of Prehistoric Women (1968), la 1ere réalisation de Peter Bogdanovich assortit d'une miss démocratie, Mamie Van Doren. Deadmonton

Partis de la Terre depuis quatre mois, trois vaisseaux russes approchent de Venus. Lorsque l'un d'eux est détruit par une météorite, les choses se compliquent pour l'expédition. On décide alors d'envoyer cinq des six cosmonautes dans un des vaisseaux, avec le robot John. La seule cosmonaute femme, Masha, reste en orbite. L'exploration s'avère périlleuse car il y a bel et bien de la vie sur la surface de la planète et l'éruption d'un volcan menace les hommes, pendant que Masha frôle la dépression et risque de partir sans eux.

Je n'avais vu auparavant que les deux films fabriqués par le producteur Roger Corman en insérant une partie de effets spéciaux de Planeta Bur, soit "Voyage to the Prehistoric Planet", sorti en 1965 et "Voyage to the Planet of Prehistoric Women", sorti en 1968. Comme l'explique le carton au début, le projet se veut un hommage au programme d'exploration spatiale de la Russie, Venus ayant été reconstituée de manière entièrement fictive, pour notre plus grand bonheur. En effet, les créatures abondent, petits dinosaures agressifs, plante tentaculaire carnivore, pseudo diplodocus et ptérodactyles sans compter une surprise finale du plus bel effet. Le robot "John" est pour sa part une petite merveille de design et n'a rien à envier à Robbie de "Forbidden Planet". Son triste sort est d'ailleurs émouvant pour tout amateur de robot. La seule femme, Masha, loin des jolis mannequins souvent utilisées dans les films américains de l'époque, étonne par son émotivité exacerbée, mais n'hésite pas à se sacrifier pour permettre aux gars d'aller s'amuser sur Venus. Car le film balance les moments tragiques avec des scènes d'une légèreté parfois étonnante. Idem pour la musique, laissant parfois la place à une chansonnette joyeuse pour revenir à l'utilisation de sonorités d'outre espace, trame sonore bercée par ce qui ressemble à des chants de sirène. C'est à voir pour tout amateur de science fiction classique et c'est tellement éloigné des "adaptations" de Corman pour mériter le détour.

En suppléments du dvd d'Artus Films - La Science-Fiction russe, par Alain Petit, qui m'a apprit qu'il y a finalement eu peu de productions de cet ampleur en science fiction au pays communiste, un diaporama d'affiches et photos plus les bandes-annonces de la collection SF Vintage. Offert en versions française et russe avec sous titres français. Mario Giguère

PLANET OF THE VAMPIRES aka TERRORE NELLO SPAZIO aka Demon Planet aka Space Mutants aka Terror in Space, 1965, 1h26

Répondant à un message extra-terrestre, deux équipages de la Terre atterrissent sur une planète dans des conditions difficiles. Les astronautes seront poussés à la violence dès qu'ils dormiront ou perdront conscience. Morts et enterrés, ils se réveilleront, mystérieusement réanimés. La découverte d'un immense vaisseau extraterrestre et des squelettes de son équipage permettra au commandant de percer le mystère de la planète.

Avec un budget réduit, mais beaucoup d'expertise en effets spéciaux, Mario Bava réussit un film plein d'atmosphère. La visite du vaisseau extraterrestre est particulièrement réussie, les immenses squelettes, les décors aux formes géométriques simples mais efficaces, les gadgets et les sons de l'alien sont réussis à souhait. Les parallèles entre ce scénario et celui du film Alien sont réels et on doit reconnaître l'influence directe. Il est également particulier et notable pour l'époque que l'équipage comprend des femmes qui ont des fonctions et responsabilités égales aux hommes. En 1965, les femmes de l'espace étaient des filles ou assistantes de professeur et ne manquaient pas une occasion de servir le café ! La fin sombre ne détonne pas dans la filmographie de Bava, mais se porte à contre-courant des films de l'époque. Un film à découvrir ou redécouvrir. L'édition dvd chez MGM est magnifiquement restaurée, avec quelques rares imperfection et la bande annonce en extra. Mario Giguère

L'équipe d'un vaisseau spatial capte un signal d'alarme provenant d'une planète inconnue et décident d'aller y voir ce qui se trame. Dès l'atterrissage, d'étranges événements se produisent et installent un climat d'insécurité parmi l'équipage. Leur capitaine se rend compte que plusieurs de ses hommes se sont entretués, et alors qu'il part explorer la planète apparemment inhabitée et pas vraiment accueillante, il découvre un autre vaisseau échoué non loin du sien dans lequel reposent d'énormes squelettes. Mais ça ne fait que commencer...

Mario Bava a dû consacrer la plupart de son budget aux décors hallucinants et aux machines à fumée, car tous les plans sont remplis à ras bord d'étranges paysages, d'une épaisse brume et de matériel spatial très kitsch. La réalisation, tout d'abord lourde et convenue, devient vers le milieu du film fort alerte. Au son d'une musique électronique rétro complètement déjantée, la tension se resserre jusqu'au "punch" final, qui est ma foi assez amusant, et qui en a probablement inspiré des tonnes dans le genre. En voulant se joindre à la vague commerciale des films de science-fiction d'alors, Bava est parvenu à, encore une fois, se soulever au-dessus du lot et à nous donner en pâture une oeuvre qui, si elle manque un peu d'originalité, a au moins la prétention d'être honnête et divertissante. Orloff

PLANETS AGAINST US aka I Pianeti contro di noi aka Le Monstre aux Yeux verts - Romano Ferrara, 1961, Italie/France

Lorsque le même homme est aperçu à la même minute, à travers le monde, en train de saboter les efforts de toutes les nations pour aller dans l'espace, les savants et les militaires se réunissent pour éclaircir le mystère. On suivra un des ces automates d'outre espace, dénommé Bronco ( Michel Lemoine ), qui essaie d'accomplir sa mission tout en se méfiant des femmes qui se jettent à ses pieds. Car Bronco, lorsqu'il touche de ses mains nues un être humain, a la capacité de le réduire à néant.

J'ai vu ce film à la télé lorsque j'avais 8 ou 10 ans et j'étais resté marqué par les squelettes qui fondent, le visage mystérieux de Michel Lemoine et la fin très triste de celui-ci, qui essaie de protéger femmes et enfants. Michel Lemoine est toujours aussi impressionnant, on pense à Bowie qui aura l'air aussi étranger dans THE MAN WHO FELL TO EARTH. Sa démarche chaotique lorsqu'il fonctionne mal, son regard perçant est inoubliable. Il se promène dans une Italie ou les femmes, célibataire ou fiancées, sont attirées par lui, qui ne connaît rien des sentiments humains, dans une atmosphère libertine. Comme d'autres films de cette époque, la paranoïa des pouvoirs institutionnels envers l'étranger n'est pas sans rappeler le spectre du communisme. Les forces spéciales ont un bric à brac aujourd'hui ridicule, mais l'atmosphère est toujours sombre, le dénouement toujours tragique et Michel Lemoine, toujours impeccable. Les scènes de création des robots-Bronco est digne de mention. Chapeau ! Mario Giguère

QUATERMAS AND THE PIT aka Les MONSTRES DE L'ESPACE - Roy Ward Baker, 1967, Royaume Uni 

Ce Hammer est le troisième volet de la série des Quatermass. Lors de l'extension d'un tunnel du métro à Londres, on découvre une sorte de vaisseau spatial planqué dans la terre entouré de crânes vaguement humain et occupé par des sauterelles géantes momifiées.

Bien sûr l'affaire intéresse Mister Quatermass qui voit tout de suite là une sombre histoire de martiens venus sur terre faire germer la race humaine il y a 5 millions d'années.

Evidemment, les militaires et le ministre ne l'entendent pas de cette oreille, et la majeure partie du film relatera les déboires entre les uns et les autres, entrecoupé de quelques scènes d'hallucinations de quelques autres qui croient voir des martiens partout.

Je me suis pas mal fais chier là dedans, car il faut reconnaître que le rythme est très lent, les Martiens sont nazes (de grosses sauterelles pourries), quant à la scène où ils arrivent à capter une hallucination sur écran est carrément ridicule, avec des petites sauterelles en plastique agitées dans tous les sens par de gros doigts humains visiblement peu finauds...

bof bof... Franfran

La Hammer Film, on aime ou on déteste, mais cette firme laisse rarement le spectateur indifférent. Tel est le cas de ce 3e volet consacré au personnage de Quatermass, un scientifique toujours plongé dans des aventures à saveur de science-fiction.

Le premier volet était relativement correct pour un film de monstres des années 50. Le second donnait dans le X-Files, mais manquait un peu de rythme. Le 3e, lui, est sans doute le plus faible.

De nos jours, ça donnerait un film réalisé par Roland Emmerich, à grands renforts d'explosions, de figurants et d'action hollywoodienne. Son souci de réaliser des films " bien faits " nuit parfois à la Hammer. Il y manque ce grain de folie, ce délire qui caractérise souvent les chefs-d'œuvres. Tout ici est trop sage, trop dosé, comme un jardin anglais si bien entretenu qu'il en devient ennuyeux. Qui plus est, la présence d'un Cushing ou d'un Christopher Lee aidait parfois à faire passer la pilule, mais ici, aucun ténor ne vient enrichir un casting morne.

L'idée de base ne manquait pourtant pas de piquant : dans un métro de Londres, on découvre un étrange objet aux allures de capsule spatiale. Il s'avère quasi-impossible à ouvrir et on se demande bien ce qu'il contient&ldots;

De là, on aurait pu partir dans un délire métaphysique ou fantastique, mais on se perd sur la piste des Martiens et des origines de l'homme, créatures mutantes, sortes de singes modifiés génétiquement. Raël n'est pas loin... Plusieurs scènes sont à la limite du grotesque, et l'interprétation est souvent déficiente (il faut voir ces seconds rôles peu convaincants simuler la peur pour y croire).

Beaucoup de dialogues, un rythme lent, une durée trop longue, une mise en images statique, une musique pour orchestre sans distinction : voilà déjà un cahier des charges assez lourd. Il faut croire que les meilleurs Hammer Films étaient ceux consacrés aux deux grands mythes du fantastiques : Dracula et Frankenstein. Les autres que j'ai pu voir étaient généralement lamentables (La Momie, The Devil Rides Out, Quatermass...). Howard Vernon

Alors là je vais me permettre de ne pas être d'accord ! Ca fait quelques années que je l'ai vu, mais outre les longueurs notées, toute la série Quatermass est parmi ce qu'il ya de meilleur chez Hammer. Le film, comme dans la plupart des scénarios de Nigel Kneale, évite le sensationnalisme, évoquant toute une histoire non dite fascinante. La musique, parlons-en, j'ai acheté le disque qui propose celle des trois films, est plus une ambiance sonore, façon onde marteno, que mélodie et je la trouve avant-gardiste et fascinante. J'aurais bien aimé que l'on conserve l'acteur des précédentes aventures, mais Kneale le détestait pour mourir, parait-il. Il faut dire que la mini-série produite plus tard pour la télé d'après les aventures finales de Quatermass offrent un personnage beaucoup plus humain et philosophe que celui du premier film, prêt à sacrifier tout être humain sur l'hôtel de la science. Mario Giguère

SANTA CLAUS CONQUERS THE MARTIANS - Nicholas Webster avec John Call, Leonard Hicks, Pia Zadora, 1964, États Unis, 80m

Les enfants sur Mars ne mangent plus et regardent tristement les émissions de télé en provenance de la Terre. Kimar ( tous les martiens ont des noms finissant en "mar") va donc demander conseil au grand ancien, qui a 800 ans. C'est simple, les enfants sont des adultes dès qu'ils commencent à marcher grâce aux machines qui leur enseignent tout. Ils ne s'amusent pas ! Solution, aller kidnapper le Père Noël qui va leur amener jouets et joie. Naturellement il y a des martiens qui ne demandent qu'à redevenir la race guerrière qu'ils ont connue et qui n'en ont rien à foutre du gros bonhomme qui fait Ho Ho Ho !

Petit budget pour enfants qui a une certaine réputation de film fauché qui est drôle à regarder. Alors oui, quand un ours polaire menace les enfants, c'est un ridicule costume avec un gars à quatre pattes et les décors sont limités. Le gros moustachu est le méchant de service mais on ne sentira jamais de réelle menace, pas plus que du méchant robot ! Alors le Santa va conquérir les martiens par les jouets et sa bonne humeur entraînante, le titre en rajoutant pas mal ! Il faut tout de même une bonne dose d'indulgence pour apprécier et la petite Pia Zadora en jeune martienne est aussi mauvaise que l'on peut imaginer. Une curiosité inoffensive loin des excès à venir au cinéma. Mario Giguère

the SON OF GODZILLA aka Kaijûtô no kessen: Gojira no musuko aka La Planète des MONSTRES - Jun Fukuda, 1967, Japon 

Une équipe de scientifiques essaie de contrôler le climat sur une île perdue. Les effets secondaires sont spectaculaires, des mantes religieuses atteignant des proportions gigantesques. Ces mantes vont déterrer un oeuf de Godzilla qui va laisser sortir un godzilla nouveau né. Heureusement Godzilla est dans les parages pour le protéger et faire son éducation, sinon le petit court la galipote avec la jeune sauvageonne de l'île. Lorsque la gigantesque araignée KUMONGA arrive dans le décor tout se précipite et se corse.

Avec le plus laid des costumes de Godzilla et un fils en caoutchouc encore pire, il reste un petit film rigolo sans prétention. On apprécie spécialement les leçons de vie de Godzilla qui apprend à son fils illégitime à cracher son feu atomique, leçons qu"'il aura oublié dans les films suivants ! La finale est touchante et réussit presque à émouvoir par sa sérénité et le triomphe des nobles sentiments paternels évoqués. La musique de Masaru Sato est enjouée, le thème de Minya est particulièrement rococo, mais l'ensemble est dans le ton. Mario Giguère

Vraiment trop cucu ce Godzilla là, non vraiment... Heureusement qu'il y a les mates et les araignées, parce que ce n'est pas trop le Godzilla qu'on connaît autrement. Kerozene

Le plus pissant des Godzi! Les effets sont cheesy -- voire la passe où l'indigène lance des oranges à Minya --, et les monstres sont oh-so-cool, malgré leurs manque de mobilité! Et ce son que fait Minya... un espèce de "wagwaa!", reste encore aujourd'hui ancré dans mon vocabulaire cinématographique. Humanoidzombie

STEREO - David Cronenberg, 1969, Canada

The Canadian Academy for Erotic Inquiry: A helicopter lands near the concrete and glass structure. A young man wearing a black cape gets out and wanders around the grounds and cubicles for the next hour engaging in mysterious interactive psycho-sexual experiments developed by the cracked visionary Dr. Stringfellow. "The proper use of use psychic aphrodisiacs such as those being develped by Stringfellow... is not to increase sexual potency or fertility but to demolish the walls of psychological restraint and social inhibiton," the annoying narrator tells us at one point. Of course, the point is that THEY CAME FROM WITHIN, RABID, THE BROOD, SCANNERS, DEAD RINGERS, NAKED LUNCH and VIDEODROME would follow and continue to break down walls. But this is where is at started in the late 1960s, in black and white with no direct sound, just a droning narrator over stark black and white images of strange people twitching in mad rooms.

If you're looking for plot, character, action, blood, sex, etc, forget it! What you get is a droll overture for the New Age which was to follow in the 1970s. Cronenberg satirizes film conventions and our expectations of the film experience as he also somehow anticipates the style and substance of A CLOCKWORK ORANGE. Depending on your mood you'll find this either fascinating or unbearably pretentious. This can be found along with Cronenberg's other, equally odd, early short CRIMES OF THE FUTURE (1970) on the BLUE UNDERGROUND SE DVD of his 1979 drag racing feature FAST COMPANY, which also features many pertinent extras. Robert Monell

THEY CAME FROM BEYOND SPACE - Freddie Francis, 1967, 85m, Angleterre

Des météorites tombent dans la campagne anglaise, mais ils sont tombés en parfaite formation, d'où l'envoi d'une équipe de scientifiques. Les météorites renferment l'essence mentale d'extraterrestres qui s'emparent de l'esprit et des corps des scientifiques et de toute la population locale. Le spécialiste de la chose, qui n'a pu se joindre à l'équipe puisque qu'il se remet d'un accident et a encore une plaque de métal sur le crâne, décide d'enquêter et découvrira la supercherie. Évidemment que sa plaque l'empêche de tomber sous le contrôle des vilains, qui construisent une fusée pour aller et revenir de la lune !

Saperlipopette ! Cette production Amicus écrite par Milton Subotsky démarre de manière classique, on croirait revoir un remake de Quatermass 2, avec un scientifique cependant très athlétique. Tout roule jusqu'à ce que l'on arrive dans la base extraterrestre et que l'on manque de budget. La fin est, pour la même raison, précipitée et de surcroît très nunuche ! Mario Giguère

The TIME TRAVELERS - Ib Melchior, 1964, États Unis  

En 1964, deux savants, leur assistante et l’électricien inventent une machine à voyager dans le temps et passent par la fenêtre de l'appareil dans un futur ou les derniers hommes non mutants essaient de s'envoler vers l'espace dans une belle fusée comme la NASA n'en a jamais construite. Apparition de Forest J. Ackerman, belles passes d’androïdes, de la musique du futur, quelques passages humanistes dans une ambiance futur rétro délicieuse à souhait. Une fin surprenante. Parfait avec un chip et une liqueur. Mario Giguère

VARAN THE UNBELIEVABLE - Ishiro Honda, 1958, Japon

In a mountainous region, known as the Tibet of Japan, the monster god called Varan by the local natives emerges from a lake when disturbed by a scientific expidition. Investigations of the disappearance of the scientists and the devastation of local village result in the military being called in. An extended bombardment is unable to halt the advance of the fearsome spiked lizard which suddenly reveals that it has wings as it flies off to ravage Tokyo!

A Godzilla movie without Godzilla or any real character development. The monster itself and the wholesale destruction it causes are the work of the great Eiji Tsuburaya and his team. Honda's direction is atmospheric, featuring moody b&w cinematography and many interesting camera angles which enhance the menacing quality of the odd looking creature.

Media Blaster's Tokyo Shock disc gives us a fine anamorphic 2:35:1 transfer of the original version with Japanese 5.1, Japanese Mono language tracks with English subtitle option and a commentary track by creature sculptor Keizo Murase who also appears in a documentary demonstrating how Varan was created.

The restored television broadcast version, also in 2.35:1, is also included. Lasting less than an hour it remains a good, quick way to experience the film. Some may even prefer it as it omits some rather long dialogue/exposition sequences to focus more on the increasingly large scale confrontations between Varan and the military. Original promotional trailers in Japanese language are also included.

Varan would return, very, very briefly, in DESTROY ALL MONSTERS. 

The altered US version, not included on this disc, features new footage with Myron Healy as an American military officer who attempts to stop the monster. Robert Monell

VILLAGE OF THE GIANTS - Bert I. Gordon, 1965, États Unis 

Générique: image trippée de jeunes en train de danser au ralenti sur de la musique psychédélique. Pendant ce temps, un jeune gamin appelé Genius (Ron Howard, tout petiot avec des cheveux) invente une mousse qui fait grandir son chat, son chien et ses canards. Le copain de sa soeur se voit déjà plein aux as et tente de garder le secret. Pas de bol: les canards géants s'échappent et investissent un night club. Les jeunes qui dansent et boivent du coca ne semblent pas trop étonné et dansent avec les canards... Seulement une bande de voyous va voler la mousse. Ils la mangent, et ils deviennent des géants qui se mettent en tête de régner sur le village. Que d'ambition ! Ce qui est bien, c'est que lorsque les filles grandissent, elles perdent leur fringues ! Heureusement, Genius trouvera l'antidote...

Hallucinant ! Gordon perd son temps à filmer les jeunes qui dansent ou chantent et fait de son film une sorte de comédie musicale. Encore plus hallucinant, le fait que personne ne s'étonne plus que ça des proportions pour le moins inhabituelles des canards, ou même des jeunes: le flic voyant ces géants ne trouve rien de mieux à dire que: "And now what's that ? Can you stop making noise ?" J'en reviens toujours pas....

Le mélange film familial-comédie musicale psychédélique-comédie absurde involontaire-science-fiction est assez étonnant et fait de ce film un ovni qui fait plaisir à voir. Kerozene

VOYAGE TO THE PLANET OF PREHISTORIC WOMEN - Peter Bogdanovich 1968, États Unis

Une expédition de sauvetage sur Venus ou deux cosmonautes ne répondent plus. Aux prises avec des monstres préhistoriques, avec l'aide d'un fabuleux robot, nos cosmonautes, à leur insu, sont surveillés par les habitantes de Venus. De jolies femmes en pantalons moulants basse taille et au haut bricolé avec des coquillages, elles communiquent par télépathie et vouent un culte au dieu ptérodactyle. Entre le sauvetage, la recherche de spécimens à ramener sur terre et les "chants de sirène" qui envahissent leurs casques, nos sérieux hommes de l'espace font face à l'inconnu.

Roger Corman a acheté à l'époque un film russe intitulé Planeta Bur aka Planet of Storms, réalisé par Pavel Klushantsev en 1962. Plusieurs films seront tirés de cette pellicule, le plus connu étant VOYAGE TO THE PREHISTORIC PLANET mettant en vedette Basil Rathbone. Ici on utilise encore plus de plans de l'original, ajoutant cette bande de jolies vénusiennes, mettant en vedette la plantureuse Mamie Van Doren, aux coquillages bien remplis. Personne ne sera nominé aux oscars, mais le robot russe est parmi les plus belles créations du genre. Les monstres sentent bon le caoutchouc et l'ensemble tient plus de la curiosité que du divertissement assuré. On a quand même droit à un dénouement surprenant, autant dans le passage russe que pour les nymphettes d'outre espace. Mario Giguère

VOYAGE TO THE PREHISTORIC PLANET aka PREHISTORIC PLANET - Curtis Harrington, 1965, États Unis 

Ce bidouillage produit par Corman reprenant une bonne partie du film de SF soviétique PLANETA BUR de Pavel Klushantsev (1962), narre les péripéties de trois cosmonautes à la recherche de deux des leur perdus à la surface de Vénus. Les deux naufragés en question sont accompagnés d'un robot à tout faire au look de boîte de conserve des plus déconcertant capable de déraciner des arbres. L'équipe de sauvetage est quant à elle en contacte quasi-permanent avec une base spatiale dirigée par un Basil Rathbone cabotin ainsi qu'avec Faith Domergue en orbite autour de Vénus et qui ne cesse de s'inquiéter pour ces valeureux aventuriers, à tel point qu'elle hésite même venir leur donner un coup de main. Bien lui en prend de ne pas se poser à la surface de cette planète hostile, car entre les attaques de ptérodactyles et les assauts d'hallucinants petits tyrannosaures crapahuteurs se déplaçant à cloche-pied, il ne fait aucun doute que cette planète n'est pas faite pour les femmes. Aventures, péripéties, dangers, plongée sous-marine, nos héros ont bien fort à faire, d'autant plus qu'un doute ne cesse de les hanter : Vénus est-elle habitée par une espèce intelligente ? Et d'où proviennent ces mystérieux chants de sirènes qui ne cessent de les obséder ?

Si ce remontage opportuniste et financièrement fort rentable a le mérite de faire passer un bon moment, il a surtout l'avantage de donner l'envie de découvrir ce fameux PLANETA BUR dans son intégralité. Cette pelloche communiste semble riche en rebondissements abracadabrants, et est remplie de créatures qui fleurent bon le latex. Les acteurs d'origine semblent quant à eux prendre tout ceci très au sérieux comme en témoigne cette scène ahurissante pendant laquelle le valeureux robot périt dans des flots de lave provoquant un sincère chagrin chez l'aîné des cosmonautes... Le casting américain ne sert qu'à corriger les éventuelles remarques pro-communistes qui pourraient éventuellement surgir du métrage et provoque bien des rires à chacune de ses interventions qui s'avèrent parfaitement inutiles et souvent ridicules pour cause d'absurdité. Trois ans plus tard, le même PLANETA BUR sera à nouveau recycler pour les besoins de VOYAGE TO THE PLANET OF PREHISTORIC WOMEN. Kerozene

WAR GODS OF THE DEEP aka CITY UNDER THE SEA -  Jacques Tourneur, 1965, Angleterre 

Au début du XXèm siècle, une jeune fille se rend dans la demeure de son défunt papa afin d'y toucher l'héritage. La maison paternelle est une vieille et immense demeure en bord de falaise, surplombant la mer. Mais d'étranges événements ont lieu: des créatures mi-homme mi-poisson la kidnappent et l'entraînent dans les profondeurs des mers où gît une cité sous-marine dirigée par le vilain Capitaine (Vincent Price). La cité, quant à elle, est menacée par l'éruption imminente d'un volcan sous-marin. Ce qui pose un problème aux habitants de la cité, car ceux-ci, devenus immortels, ne peuvent s'exposer aux rayons du soleil sous peine de subir un vieillissement super accéléré. Pendant ce temps, deux valeureux héros et un poulet partant à la recherche de la belle afin de la tirer des griffes de l'infâme Capitaine...

Cette gentille adaptation d'une nouvelle d'Edgar Poe donne l'impression qu'elle aurait pu être produite par Disney. La présence de David Tomlinson (MARY POPPINS, LOVE BUG) dans son rôle d'artiste foireux y est probablement pour quelque chose. Heureusement Price est là pour rehausser le niveau, et même s'il en fait un poil trop, le plaisir de le voir est toujours grand. Un petit film d'aventure correct, assez rare jusqu'à maintenant, merci donc à MGM et sa collection Midnite Movies. Kerozene

WAR OF THE GARGANTUAS aka La Guerre des Monstres aka Furankenshutain no kaijû: Sanda tai Gaira - Inoshirô Honda avec Russ Tamblyn, Kumi Mizuno, Kenji Sahara, Nobuo Nakamura, Jun Tazaki, Hisaya Ito, Yoshifumi Tajita, Ren Yamamoto, Kipp Hamilton, 1966, Japon, 92m

Suite à la destruction d'un bateau par une créature géante de couleur verte, n'ayant laissé qu'un seul survivant, un scientifique, le docteur Stewart, est persuadé que cette créature est celle qui s'est échappée de son laboratoire il y a longtemps, et qui était née des fragments du monstre de Frankenstein. Le monstre, baptisé Gaira, continue de faire des ravages au Japon, dévorant même des êtres humains, et l'armée cherche alors à le détruire. Gaira voit cependant sa vie sauvée par un autre monstre lui ressemblant, Sanda, qui est de couleur brune. Stewart reconnaît en Sanda le monstre qui s'est échappé de son laboratoire, et qui a développé une relation amicale particulière avec son assistante Akemi. L'armée japonaise semble impuissante à détruire ces deux créatures et en plus, leurs fragments de peau risquent de faire naître d'autres monstres pouvant anéantir le Japon. Mais c'est alors que Sanda, qui possède encore de l'affection pour les humains, décide de s'opposer à son frère Gaira, dont la sauvagerie semble sans bornes envers eux. Les deux monstres se livrent alors un combat titanesque dans la capitale japonaise.

Étant donné son titre anglais trompeur, certaines personnes ignorent que "WAR OF THE GARGANTUAS" se veut une suite au "FRANKENSTEIN CONQUERS THE WORLD", produit également par la compagnie "TOHO" et réalisé par Inoshirô Honda. Ce Kaiju marque cependant une tentative des auteurs de revenir au tragique des premiers films du genre, comme le "GODZILLA" original, plutôt que de verser à nouveau dans la fantaisie débridée des films sortis durant les années 60. Bien sûr, le concept des deux monstres fraternels qui s'affrontent, l'un représentant le Bien et l'autre le Mal (jusque dans le symbolisme des couleurs de leurs peaux), souligne quand même la dynamique manichéenne standardisée de ce type de métrage. Néanmoins, leur conflit ne suscitera pas autant l'humour involontaire auquel certains fans s'attendent, même dans le dialogue des personnages, sauf en quelques occasions. Honda tente sincèrement de faire passer des émotions vraies à l'écran, en privilégiant le point de vue des créatures par rapport aux êtres humains (qui ne sont pas épargnés par les monstres dans ce film), quoique le tout n'échappe pas à la facilité. Cette approche lui permet de revoir à sa façon les thèmes et les mythes fantastiques des grands films du genre, comme "FRANKENSTEIN" et le "KING KONG" original qu'il admire. Même si le spectateur ne croit pas forcément au sérieux de l'ensemble, cet effort de Honda de faire un film moins clownesque est assez digne de mention, surtout quand on considère le travail soigné porté sur les décors en miniatures (malgré leur visibilité évidente) et les éclairages lors des scènes de combats. En bref, malgré ses lacunes, "WAR OF THE GARGANTUAS" vaut vraiment la peine d'être vu. Mathieu Lemée

The WILD, WILD PLANET aka I Criminali della galassia, 1965, Italie

Pour accompagner votre cigare et votre musak, bien calé dans un fauteuil rétro-futuriste à la couleur improbable, devant une télé qui ressemble davantage à un submersible qu'une boîte à cathodes, ce film frise la perfection. Réalisé en 1965 par Antonio Margheriti et tourné en majeure partie dans un studio romain, il regorge de maquettes et de décors effroyablement kitschs. Qui sont agréablement surprenants et doux pour nos yeux de blasés du futur. L'histoire raconte les tribulations de quelques policiers de l'avenir qui sont aux prises avec un grave phénomène de disparitions à grande échelle. Du scientifique à l'enfant, toute une flopée de citoyens disparaît sans crier gare. En tentant de résoudre cette énigme, les policiers se frapperont à d'étranges extra-terrestres : des duos improbables formés d'un homme patibulaire - dont le crâne rasé, les lunettes noires et l'imper en cuir crient l'imposture à cent mètres -  et d'une femme sexy à la coupe de cheveux "jetsonnienne", qui se promènent en ville avec une mallette dans laquelle ils rangent les pauvres citoyens qu'ils ont préalablement miniaturisés à l'aide d'un obscur appareil. À la toute fin nous découvrirons en même temps qu'eux que ce complot indicible est en fait l'oeuvre d'un généticien fou qui a pour ultime but de créer la race parfaite, à son image.  Quelques scènes semblent avoir fortement inspiré Kubrick, tant pour son 2001 que pour son SHINING; lors d'une inondation dans la station spatiale, une eau rouge déferle entre les panneaux de la maquette et j'ai tout de suite songé à l'ascenseur qui dégorge du sang. Avec ses décors hallucinants, son ambiance incroyable et sa musique plus qu'appropriée, ce petit bijou sans prétention restera longtemps dans mon palmarès des films les plus étonnants. Orloff

X, THE MAN WITH THE X-RAY EYES - Roger Corman, États Unis

Ce film de Roger Corman est ressorti récemment en DVD dans la série des MIDNITE MOVIES. Belle restauration, d'ailleurs, comme c'est habituellement le cas dans cette série. Et, cette fois, on a en plus droit à un commentaire audio de Corman, à une "delete scene" (prologue du film) et à l'habituelle bande-annonce.

Le film ? C'est, en gros, l'histoire d'un médecin qui invente un sérum qui permet à la vue d'acquérir une plus grande acuité. Évidemment, les choses ne se passeront pas comme il l'aurait souhaité, car cette vision "X" entraîne des effets secondaires assez malheureux.

C'est tourné dans un style très classique, avec musique "lounge" de Les Baxter à la clé. Malgré tout, on retrouve quelques violences surprenantes pour l'époque, et deux ou trois polissonneries bien sages (par exemple, le médecin qui voit à travers les vêtements des gens grâce à ses yeux "radiologiques"... L'idée serait exploitée plus tard par Russ Meyer dans THE IMMORAL MR. TEAS.

La durée brève du film (environ 82 minutes) lui permet de ne pas s'éterniser, et, d'ailleurs, Corman ne nous emmène pas où on s'attend d'aboutir. Sans dévoiler de punch, on peut dire que le film est conçu en 4 temps qui, chacun, se déroulent dans des lieux et des ambiances différentes. Donc, si vous craignez un film se déroulant en milieu hospitalier pendant 85 minutes, soyez rassuré, on a le temps de voir du pays. Howard Vernon

YONGARY: MONSTER FROM THE DEEP - Ki-Duk Kim, 1967, Corée du Sud 

The original Korean kaiju has its own distinctive political subtext given the still developing anxieties concerning the threat from North Korea. As with GOJIRA (1954) this giant reptile is unleased by a nuclear explosion. An astronaut on a spy mission reports an earthquake which causes a fissure from which Yongary emerges, causing much damage throughout the country. Icho, a precocious boy, tracks the monster with his ray gun which causes the target to develop severe itching. He tries it on the monster, who also drinks petroleum and dances to bizarre Korean rock and roll, which resembles 1960's surf rock. The creature basically looks like a horned Godzilla and most of the special effects cannot compete with the more sophisticated work developed by the expert Toho team.

There's much talk about "martial law" and Yongary is eventually destroyed by a chemical spray which causes him to twitch and bleed to death as the main characters laugh hysterically after bombarding him from a helicopter. Despite the obnoxious youngster and much unintentional humor, this has aged as a rather disturbing and topical Asain science fiction entry considering the present escalating tensions on the Korean peninsula and the worldwide debate about Weapons of Mass Destruction.

The Alpha DVD is packaged in eye-catching cover art from the original theatrical poster and includes an extensive gallery of photos and international adverts. Presented fullscreen with faded color and mediocre definition but still very watchable. Robert Monell

AUTRES TITRES

4D Man | The 10th Victim | 12 to the Moon | 2001: A Space Odyssey | A Corpse Hangs in the Web | Agent for H.A.R.M. | Alphaville | The Andromeda Nebula | Around the World Under the Sea | Atragon | Atom Age Vampire | Atomic War Bride | Barbarella | The Beast of Yucca Flats | Captain Nemo and the Underwater City | Charly | The Computer Wore Tennis Shoes | Countdown | Crack in the World | The Crawling Hand | Creation of the Humanoids | Crimes of the Future | The Damned | The Day Mars Invaded Earth | The Day of the Triffids | The Day the Earth Caught Fire | Dinosaurus! | Doppelgänger | Dr. Who and the Daleks | The Face of Another | First Men in the Moon | The Flesh Eaters | Frankenstein Meets the Space Monster | The Gladiators | Gorath | The Human Duplicators | The Human Vapor | Ikarie XB-1 | The Illustrated Man | In Search of the Castaways | Invasion |It Happened Here | Je t'aime, je t'aime | La jetée | Journey to the 7th Planet | Journey to the Center of Time | Kiss Me Quick! | The Last Man on Earth | The Last War | Man in the Moon | Marooned | Master of the World | Matango | Mission Mars | Mission Stardust | Monster a Go-Go! | Moon Pilot | Moon Zero Two | Mysterious Island | ight of the Big Heat | No Survivors, Please | The Nutty Professor | Pajama Party | Planet of the Apes | The Power | Privilege | Project X | Queen of Blood | Robinson Crusoe on Mars | Rocket to the Moon | Seconds | The Secret of the Telegian | The Silent Star | Space Probe Taurus | Terror Beneath the Sea | The Time Machine | The Unearthly Stranger | The Valley of Gwangi | Visit to a Small Planet | Voyage to the Bottom of the Sea | The Wasp Woman | Wild in the Streets | Who Wants to Kill Jessie? | Women of the Prehistoric Planet | The X from Outer Space

SIENCE FICTION ANNÉES 30    50's SCIENCE FICTION 70's SCIENCE FICTION 

Google
 
Web www.clubdesmonstres.com

GODZILLA

100 FILMS | INTRODUCTION | ART | ARCHIVES | BESTIAIRENOS CHOIX | COURRIER | DICTIONNAIRE VISUEL | EDWIGE FENECH | FIGURINES | FORUM | GAZETTE | LECTURES | LIENS | LUTTE | MP3 - WAV | REPORTAGES | RESSOURCES | PHOTOS | VISIONNEMENTS