LES FILMS DE FANTASIA 2009

du 9 juillet au 30 juillet au Théâtre Hall Concordia

Affiche illustrée par Heidi Taillefer www.heiditaillefer.com

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20TH CENTURY BOYS - Yukihiko Tsutsumi avec Toshiaki Karasawa, Etsushi Toyokawa, 2008, Japon, 142m

2015, un dessinateur de manga est jeté en prison pour des motifs qu'il ignore. Découvrant qu'il a un compagnon dans la cellule en face, il l'écoute lui raconter son histoire, qui remonte de 1969 à l'an 2000. Kenji élève l'enfant de sa sœur, la petite Kanna, qu'elle lui a confiée. Travaillant à son dépanneur qui fonctionne tant bien que mal. Il assiste à une réunion d'anciens élèves et se remémore la petite bande d'amis qu'ils étaient. Il entend alors parler d'un culte religieux et de son gourou, appelé Friend, qui a endoctriné beaucoup de leur relations. Plus étonnantes sont les prédictions de Friend, qui ressemblent comme deux gouttes d'eau à un cahier qu'ils ont remplit durant leur jeunesse et que Kenji avait complètement oublié. On parle de pandémie mondiale et d'explosion d'aéroport, on ne rigole plus. Quand la secte menace de s'emparer de la petite Kanna, Kenji et ses amis se réunissent pour combattre Friend.

Merveilleux pitch que cette idée de départ, adapté d'un célèbre manga. J'ai eu un peu de difficulté avec la chronologie à rebours et évidemment qu'on en saura encore plus lors du second film. On se promène dans un premier temps dans des situations bien banales et on se concentre sur ce Kenji, un type bien ordinaire, qui a complètement sorti de sa mémoire sa jeunesse. On va tranquillement plonger dans la paranoïa et aboutir dans un monde science fictionnel anachronique, cette fin de siècle qui voit arriver un robot géant qui attaque la ville.

Scénario complexe à la mise en scène sobre qui va prendre son envol dans un final chargé d'action. Vivement voir la suite ! Mario Giguère

20th CENTURY BOYS 2: The last hope aka 20-seiki shônen: Dai 2 shô : Saigo no kibô - Yukihiko Tsutsumi avec Toshiaki Karasawa, Etsushi Toyokawa, 2009, Japon, 139m

Quinze ans plus tard, Kanna, la fille de Kenji, héros du premier film, est encore impliquée dans la recherche de l'identité d'Ami, dont le culte est de plus en plus énorme. De plus, un deuxième livre des prédictions a fait surface, prédisant la mort d'Ami pour le transformer en Dieu.

Encore plus que le premier film, ce deuxième opus a beaucoup à raconter et souvent sur un mode tranquille, gardant sa pièce maîtresse pour un final abordé en crescendo. On croirait que tout est finit, littéralement, mais on a droit à la bande annonce du troisième film qui s'annonce plus qu'intéressant et qui promet bien des réponses, enfin on l'espère ! Ca faisait longtemps que j'avait vu le premier et ca m'a prit un peu de temps à replacer les personnages, l'intrigue étant fort complexe. On apprécie encore les références à Ultraman. Je souhaite vivement compléter cette histoire prometteuse, adaptation d'un célèbre manga ! Mario Giguère

BEST WORST MOVIE - Michael Stephenson avec George Hardy, Michael Stephenson , 2009, Darren Ewing, États Unis, 93m

Le jeune acteur du film TROLLS 2, Michael Stephenson, est devenu un adulte qui est toujours surprit par la popularité discutable de ce nanar réalisé par Claudio Fragasso aux États-Unis. Il décide donc de faire un documentaire sur le phénomène et mettra en scène principalement le père de la famille maudite, George Hardy. un authentique dentiste qui ne se fait pas d’illusions sur ses talents d’acteur et qui prend l’affaire avec un gtos grain de sel. Entre des séances de minuit qui affichent complet, on retrace les acteurs pour leur parler de leurs souvenirs du film et savoir ce qu’ils sont devenus. On a la bonne idée d’aller en Italie rencontrer le réalisateur et sa compagne scénariste, ce qui nous donne des affirmations pompeuses et extravagantes à tout le moins. Ca se gâte quand on ramène Fragasso aux États-Unis pour assister à ces séances de projection forte populaire. Claudio se rend comte, évidemment, que les spectateurs rient quand c’est le temps de rire, mais aussi quand c’est supposé être dramatique. Il va carrément se fâcher lors d’une réunion des acteurs quand on affirme que le tournage était mal préparé et que chaque acteur ne recevait que ses lignes et non le scénario complet. Faux, crie-t-il à l’assemblée, disant au cameraman que les acteurs sont tous pareils ajoutant un quolibet peu gratifiant au passage. Les dernières journées de ce périple sont tout aussi tristounettes lorsqu’on va dans une convention anglaise ou personne ne connait le film, ou ce congrès d’horreur américain ou on les ignore et ou notre dentiste se plaint des gingivites qu’il voit chez les participants. On nous laisse avec la scénariste qui nous menace d’une suite !

Quelles étaient les intentions du documentariste, surtout lorsqu’il ramène Claudio Fragasso aux États-Unis ? Car il ne semble pas avoir préparé l'italien à la réception qui l'attendait, celle d’un réalisateur considéré comme de la trempe d’Ed Wood par ces fêtards américains. On le sent insulté, à juste raison, on se demande s’il n'a pas été invité à un vaste dîner de con. Il y a aussi l’actrice qui jouait la mère, recluse, qui vit avec sa vielle mémé, dont on semble presque rire d'elle et de son sort peu enviable. Si on ne veut que rigoler, on rira bien, mais si on a un brin d’empathie, on passera de la rigolade à un certain malaise.

Tout ceci étant dit, le film TROLLS 2, que je n’ai toujours pas eu le bonheur de voir, a l’air d’un sacré nanar et ce documentaire vaut le détour, oui ! Mario Giguère

BONBONS ROUGES - JeF Grenier avec Luc Bernier, Isabelle Stephen Nicolas Grenier, Mélanie Flamand, 2009, Québec, 45m

Halloween: un jeune couple se prépare à donner des bonbons aux petits diables et sorcières qui viendront immanquablement sonner à leur porte. Pour l’occasion il a loué un film d’horreur culte. Cependant la présence d’un jeune garçon en costume datant de plusieurs années lui rappelle quelque chose. Et l’horreur va s’installer à demeure.

Jeff Grenier persiste et nous ramène son mélange d’horreur, de frissons et aussi d’hommages, de rigolade et de gore. Le metteur en scène des KILLER CUPS imagine un scénario de base intriguant dont la conclusion ne m’est pas nécessairement évidente, enrobé de nombreuses séquences jouissives de ce film culte inspiré des Templiers morts vivants d’Amando de Ossorio et du FOG de John Carpenter en passant par le Necronomicon. C’est surtout dans ce film dans le film que l’on prend son pied avec un plaisir évident. Les interprètes y cabotinent avec panache, les effets sont simples mais efficaces, on en redemande. La courte présence de Lloyd Kaufman de Troma ajoute au plaisir ludique.

Un making of nous apporte plusieurs scènes rigolotes dans un tournage ou l’on a l’air de s’amuser. En prime, une entrevue du réalisateur pour une station de radio américaine qui retrace son cheminement et ses productions précédentes. Mario Giguère

BRINGING GODZILLA DOWN TO SIZE: The Art of Japanese Special Effects - Norman England avec Alex Cox, Yasuyuki Inoue, Tsutomu Kitagawa, Hiroshi Koizumi, Haruo Nakajima, Teruyoshi Nakano, 2008, Japon/États Unis, 69m

Magnifique documentaire consacré aux artisans qui ont créé et fait vivre le genre trop méconnu et sous-apprécié du kaiju, le film et les séries télévisées mettant en vedette des monstres géants. Des origines de Godzilla, aux perspectives parfois sombres pour le film en " suitmation " ou acteur dans un costume qui se trimballe dans des maquettes, le documentaire est exhaustif et respectueux des pionniers. Rencontres nombreuses avec les créateurs, on retiendra le directeur artistique chez la Toho, qui pousse l'enthousiasme jusqu'à recréer un effet de volcan avec ses camarades, à l'ancienne. Le montage est très rapide, l'information foisonne et nombre de réalisateurs donnent leur opinion sur l'histoire du genre et leur amour des techniques traditionnelles. Un travail énorme de recherche, de multiples entrevues, un montage efficace et un amour du kaiju qui transpire chaque minute, on ne peut demander mieux, sinon voir l'équipe récidiver. Mario Giguère

The CHASER - Na Hong-Jin avec Kim Yun-seok, 2008, Corée du Sud, 125m

Jung-ho, ex-policier, fait travailler ses filles en les envoyant chez les clients de services érotiques. Ca va plutôt mal car ses filles disparaissent depuis quelques mois. Il est persuadé qu'un mec les kidnappe et les revend dans un autre pays. Il est à l'affût quand il envoie Mi-jin chez un type qui vient d'en refuser plusieurs et qu'elle ne revient pas. Il a pour tout indice le numé.ro de cellulaire du client et il retrouve la voiture du type. Faisant jouer ses influences dans le milieu policier et par la plus pure des chances, il va mettre la main sur le gars, qui avouera avoir tué plus d'une douzaine de filles. Mais comme on n'a pas de preuves, et que le tueur en s.rie a déjà été relâché à deux reprises dans des circonstances semblables, Jung-ho et la police ont 12 heures pour retrouver son appartement, les preuves, et peut-être sauver Mi-jin, tout en s'occupant de sa jeune fille.

De l'inefficacité et de l'incompétence des forces de la police et des autorités devant un tueur plus astucieux qu'eux et surtout plus professionnel. Une mise en scène terriblement efficace et un suspense éprouvant attend le spectateur pas vraiment averti. Cruel et sadique, également, dans sa violence crue, qui fait mal, et ses enjeux. Il y a aussi tout ce non-dit sur le passé de ce pimp ex-flic désabusé dans une société ou c.est chacun pour soit. Un peu d'humour à l'occasion avec son assistant pas très futé, pour relâcher la tension momentanément. On sort de la salle vidé, avec ce soulagement de ne pas avoir été partie prenante de ce drame, de pouvoir sortir du cauchemar quand les lumières s'allument. Dire que e n'est un premier film pour son réalisateur, ca promet. Mario Giguère

CRAWLER - Sv Bell avec Deke Richards, Heidi Hawkins, Shawn Baichoo, 2009, Canada, 104m

Une remorque de chantier arrive dans une entreprise de location d’équipement lourd, malheureusement le type est en retard et on n’a plus le camion prévu. Il trouve dans la cour un crawler, une pelle mécanique comme il en a besoin absolument. Mais on refuse de lui louer, une vielle histoire de famille dont on ne connait pas le détail. Un petit pot de vin et l’affaire est cependant conclue. Seulement voilà, le lendemain matin le crawler est sur le chantier, mais pas le camion qui devait l’y apporter. L’atmosphère est lourde sur ce chantier, le contremaître et patron revenant après une absence suite à un accident ayant causé la mort d’un des ouvriers. Le camion a de drôles de caractéristiques et les hommes du chantier disparaissent les uns après les autres...

Avec un budget toujours mince mais plus conséquent, le dernier film de Sv Bell a l’avantage de se tourner avec des comédiens membres de l’Actra, des professionnels qui apportent leur expérience avec bonheur. Autant les tournages avec les comédiens amateurs réservent de belles surprises, autant on apprécie la différence. La mise en scène est de plus en plus travaillée tout en étant sobre. L'atmosphère est encore proche des films fétiches du réalisateur, la science fiction et l’horreur des années 50 et 60. L’ajout de scènes gore, courtes mais efficaces, ne trompe pas, l’essentiel du synopsis relève des classiques d’une autre époque. L’arrivée, il y a deux générations, de quelque chose de l’espace qui a prit la forme de ce crawler n’est pas sans rappeler KILLDOZER et moult classiques. Le rythme du scénario et du montage y est donc plus lent qu’un blockbuster actuel, ce qui n’est pas pour déplaire et qui s‘inscrit dans la démarche du réalisateur. Si l’acteur principal est un peu fade, l’ensemble du casting est enthousiaste et s’adapte à merveille au propos.Le succès de vente des droits dvd à l’étranger va pousser Bell à revenir dans le cinéma horreur-fantastique, loin du projet de film policier ou la comédie prévue pour suivre. Voilà une heureuse nouvelle ! Mario Giguère

DEADGIRL - Marcel Sarmiento & Gadi Harel, 2008, États Unis

Plutôt que d'aller s'emmerder en cours, deux ados, Ricky et JT, décident de tuer le temps comme savent si bien le faire les ados : en bousillant un maximum de truc dans un asile désaffecté tout en buvant des bières. Et c'est dans le sous-sol de cet établissement en ruine que nos deux amis découvrent une femme nue, enchaînée à une table. Et si elle n'a pas l'air spécialement en forme, elle respire, elle bouge, elle semble vivante... Alors, plutôt que de libérer cette pauvre fille comme le ferait toute personne saine d'esprit, le plus psychotique des deux, JT, décide de profiter de l'aubaine et de se vider les burnes comme un gros goujat tandis que son pote fait preuve d'une agaçante lâcheté en fuyant les lieux. C'est alors qu'on se rend compte que la fille n'est pas exactement ce qu'elle semble être, car après avoir tenté de la violer, le salopard tenta de la tuer. Sans succès. Qu'on lui brise la nuque, qu'on lui tire dessus à bout portant, il n'y a rien à faire, elle continue à gigoter. Qu'à cela ne tienne, JT voit en cette situation l'opportunité de se créer son propre petit univers dans lequel il pourrait baiser son cadavre quand bon lui semble, et même le prêter à qui voudrait y tremper le biscuit.

C'est sur ce scénario tordu de Trent Haaga (TOXIC AVENGER IV) que les deux compères Marcel Sarmiento et Gadi Harel signent leur première pelloche horrifique. Un film au concept malsain mais traité de manière " auteurisante " par ses réalisateurs qui évitent malheureusement de sombrer dans le graveleux au profit d'une psychologie de bas étage. On sent bien qu'il y a une volonté de livrer un film sérieux, très premier degré, avec des personnages au profil social étoffé histoire de développer un discours sur le malaise d'une certaine jeunesse. Mais il faut bien admettre que tous les efforts mis en œuvre par les jeunes réalisateurs sont aussi efficaces qu'un pet dans l'eau et c'est bien dommage, car plutôt que de perdre du temps avec un discours à deux balles complètement foireux, il aurait été bien plus bénéfique pour tout le monde de lâcher la bride au délire zombiphile que les spectateurs sont en droit d'espérer. Il reste tout de même quelques instants sympathiques éparpillés ici et là et qui relèvent un peu le niveau de l'ensemble, comme une fellation douloureuse ou l'introduction d'un doigt dans une plaie infecté... des petites choses appréciables pour un film loin d'être irregardable, mais complètement à côté de la plaque car avare en gore ainsi qu'en sexe (les quelques scènes sont plutôt risibles). DEADGIRL s'avère finalement bien inoffensif malgré son pitch provoc. Kerozene

DEAD SNOW - Tommy Wirkola, 2009, Norvège   

L'annonce d'un film de zombies nazis, dans les montagnes enneigées de Norvège m'a chauffé les méninges, surtout après avoir vu les photos et les affiches de celui-ci. Une histoire classique mais en Norvège, un zombie flick que l'on dit dans l'esprit de Shaun of the dead.

Une bande d'amis part rejoindre la jeune proprio d'un chalet pour un week-end de randonnée avec option scooter des neiges. Ils vont se retrouver attaqués par une horde de créatures coincée dans la neige depuis la seconde guerre mondiale.

Quelque chose m'a frappé lors de la vision du film, l'histoire a beau se dérouler chez les vikings et dans leur langue, il y a un manque flagrant d'identité nordique. Comme si le réalisateur voulait brosser tout le monde dans le sens du poil.

Les personnages sont ultra stéréotypés et bizarrement ça sent le "je veux aller à Hollywood" opportuniste à plein nez. Puis il y en a marre des réalisateurs qui font chacun leur tour leur "Shaun of the dead" ou leur "Braindead" pas drôle. Le traitement aurait dû être plus sérieux et plus "dark" surtout vu le contexte visuel et géographique. Et vu les alléchantes premières images, le look des zombies, il aurait été cool que le film fasse au moins un peu peur.

Je ne parle même pas de la musique "djeun's" rock toute pourrie, alors que la Norvège est un des royaumes du Death et du Black Metal. 

Sinon, il est clair que les zombies sont beaux, les paysages aussi. La mise en scène est fonctionnelle, "à l'américaine", tout comme les persos et leurs dialogues. C'est gore comme il faut et il est quand même rare de pêcher une série B d'Europe du nord, qui mérite (malgré tout) qu'on y jette un oeil au moins pour ses monstres.

Il y a deux trucs que beaucoup de réalisateurs de films d'horreur n'ont pas encore bien compris : 

il y a des films débiles et des films qui nous prennent pour des débiles.

Ne pas faire de films d'horreur si vous n'aimez pas ça. Ça évite de prendre le genre (et nous par la même occasion) de haut. El Guapo de la Muerte

THE DIVINE WEAPON aka Shin ge jeon - Yu-jin Kim avec Eun-jeong Han, Jun-ho Heo , 2008, Corée du Sud, 134m 

Ou il est question d’il y a longtemps en Chine des marchands en froid avec les Ming se voient confier la protection temporaire d’une jolie femme. Jolie mais pas commode en ces temps de friction politique entre cette partie de la Chine, le Jeong, et l’empereur Ming. La jolie demoiselle est la fille d’un armurier qui travaille sur l’Arme Divine, très mystérieuse, mais qui a rapport avec un lance flèche qui en propulse une centaine à la fois, munies d’un explosif. Entre les intrigues de palace et l’envie folle du chef des marchands de s’amouracher de la belle, on essaie de perfectionner l’arme ultime, dont les plans ont été volés par les sbires de Ming.

Un autre film basé sur une histoire véridique, que l'on imagine très romancée, à l’évidence. C’est bien filmé, intéressant et sans temps mort, avec des séquences de combat efficaces. En l’occurrence, on s’est bien rendu compte que le message pro armes étant quelque peu politiquement incorrect de nos jours, on calme le jeu à la fin, les créateurs de l’arme suprême se reconvertissent dans les feux d’artifice. N’empêche que c’est un récit très classique de l’opprimé qui arrive à se défendre grâce à son imagination et le gars qui arrive à séduire la fille avec patience. C’est peut- être pas comme ca dans la vraie vie, mais ca donne un film d’aventure rondement mené et satisfaisant. Mario Giguère

DREAD aka TERREUR - Anthony DiBlasi, 2009, Royaume Uni/États Unis    

Les étudiants Cheryl et Stephen, avec la complicité de Quaid, se lancent dans une thèse sur la terreur. Née de l'impulsion de Quaid, qui souffre de cauchemars récurrents depuis qu'il a vu ses parents se faire dessouder à coups de hache lorsqu'il avait six ans, l'étude va peu à peu révéler ses obsessions, comme s'il s'agissait pour lui d'une sorte de catalyseur morbide... "Dread" est l'adaptation d'une nouvelle de Clive Barker, et ça se sent. Le cocktail de sexe, de violence et de chair torturée propre à l'auteur n'a en fait jamais été porté à l'écran de manière aussi radicale et explicite que dans le film de DiBlasi, qui signe ici un premier effort cinématographique d'une efficacité redoutable. Sans esbroufe aucune, et avec un sens de l'économie remarquable, qu'elle soit financière ou narrative dans le sens où le scénario ne s'encombre pas de sous intrigue inutile ou de personnages futiles, et avec l'aide d'un découpage d'une précision exemplaire, le réalisateur nous entraîne dans la névrose d'un Quaid que l'on sait dès le départ malsain. Mais le charisme et la motivation du personnage ne rendent ses motivations que plus trépidantes, jusqu'au moment où son intérêt et surtout son investissement dans la recherche effectuée dépassent ceux de Cheryl et Stephen fatigués de ses pulsions parfois brutales, voire malsaines. Et alors que d'un côté un couple se forme, Quaid se saisit de la situation pour porter son étude à son paroxysme. Le résultat est tout simplement estomaquant, infiniment pervers et presque vomitif, imposant "Dread" comme l'une des pelloches les plus extrêmes jamais réalisées. C'est brillant, ça frappe juste et fort en allant droit au but, mais ce n'est pas à mettre devant n'importe quels yeux, et surtout pas devant ceux des midinettes fans de la saga " Twilight " désireuses de retrouver l'une de leurs idoles, le beau gosse Jackson Rathbone, qui a trouvé ici le moyen de ternir son image de la meilleure manière qui soit. Kerozene

FANTASME – Izabel Grondin avec Patrick Lauzon, Félixe Ross, 2009, Québec, 15m

Une femme rejoint un homme au restaurant. Ils se rencontrent pour la première fois et partagent l’envie d’assouvir un fantasme. Pas de chichi, elle est invitée prestement à l’accompagner à sa maison et rentrer dans la chambre spéciale qu’il a aménagée pour assouvir sa passion.

L’idée de base rappelle le dernier court d’Izabel Grondin : Caviar. Pas vraiment portée sur le Kino, ces courts réalisés dans un court laps de temps, elle semble reprendre l’idée en lui mettant cette fois toute son attention. Exit l’humour, bienvenue le trouble et la haute tension. Les comédiens sont très efficaces, les dialogues courts, bien des non dits passent par les regards. La mise en scène est remarquable, la caméra bouge de manière presque organique, effleurant les protagonistes, délirant avec la femme dont le sort nous inquiète. La caméra devient « clinique » et froide devant les instruments de chirurgie qui s’étalent, le tout soutenu par une trame sonore et un travail d’ambiance sonore terriblement efficace. On pense parfois à Cronenberg. Grondin est en maîtrise de ses moyens, bien entourée, et offre un moment de cinéma qui vient nous chercher dans nos peurs viscérales. On n’ose pas en dire plus, pour vous garder dans l’attente.

Le court a remporté le prix spécial du jury au festival Fantasia 2009, bien mérité. On se demande seulement quel producteur va enfin permettre à cette talentueuse réalisatrice de faire ses preuves dans le long métrage. Mario Giguère

FIREBALL aka Fireball: Muay Thai Dunk - Thanakorn Pongsuwan avec Preeti Barameeanat, 2009, Thaîlande, 94m

Brièvement, il est question de Fireball, un sport illégal ou l'on joue au basketball mais ou tous les matchs se terminent 1 à 0 car tous les coups sont permis, sans parler des accessoires qui s'en mêlent. On découvre l'activité très brutale et souvent mortelle par un type qui se fait passer pour son frère jumeau, à l'hôpital depuis un an suite à sa participation à un tournoi.

Tours les clichés et toute la violence gratuite dans un semblant de scénario de vengeance comme on s'en voit trop souvent. La particularité demeure la violence extrême des combattants friands de boxe thaïlandaise. Le montage hyper rapide crée plus de confusion qu'autre chose, bref c'est violent, sanglant, rythmé par une musique également frénétique et ca ne rime pas à grand-chose. Mais il s'en trouvait pour applaudir la fin brutale, donc je retiens que je ne suis pas le public visé pour cette ode au machisme nihiliste. Mario Giguère

GEHARHA: THE DARK AND LONG HAIR MONSTER AKA Chouhatsu Daikaiju Gehara - Kiyotaka Taguchi avec Ken Osawa, Mina Fujii, Mitsuko Oka, 2009, Japon, 17m

Un tour de force en un petit dix sept minutes: parodier tout le genre du film de monstre géant, et par surcroit avec un monstre combinant des caractéristiques de Godzilla avec les cheveux de fantôme japonais à la Sadako ! Tout y est, on ne manque aucune cible et lorsqu'on pense que c'est fini, on a un avant goût d'une suite avec les extraterrestres qui kidnappent le monstre. Un délice exquis pour amateur de kaijus qui peut rire de sa passion et par surcroit réalisé par des japonais, on ne viendra pas dire qu'ils n'ont pas le sens de l'humour ! Mario Giguère

GS WONDERLAND - Ryûichi Honda avec Chiaki Kuriyama, Takuya Ishida, 2008, japon, 100m

En 68 au Japon comme bien ailleurs sur la planète, c'est la Beatlemania et la folie des groupes de garçons, le GS ou " Group Sound ". Un cadre intermédiaire d'une maison de disque a un mois pour trouver la nouvelle sensation, il se retourne vers son gérant de groupe et lui demande de trouver les perles. Il trouve trois amis qui rêvent d'avoir leur succès, mais comme il en faut quatre, on engage justement la grande fille qui s'est présentée l'autre jour, Miku Ono (Chiaki Kuriyama) qui deviendra pour l'occasion Micky. Affublé de costumes ridicule, Micky devient la coqueluche de jeunes japonaises er c'est le succès qui commence.

Petite comédie d'époque qui fera sourire ceux qui l'ont vécu et rire les jeunes qui croient que les Backstreet Boys ont tout inventé. La farce brosse large mais est charmante. N'empêche on se demande pourquoi ce film est choisit dans un festival comme Fantasia, si ce n'était de la présence de Chiaki Kuriyama, vedette de Battle Royale, Kill Bill, Battle League in Kyoto et on en passe. L'actrice culte a le physique de l'emploi et il fait bon la voir dans un rôle comique qu'elle sert à merveille. Pour les chansons aux textes ringuards, aussi ! Mario Giguère

HELLS - Yoshiki Yamakawa, 2009, Japon, 117m

Linne est une jeune étudiante japonaise typique, qui a des allures de Sailor Moon. Elle meurt, écrasée en tentant de sauver un petit chat. Elle arrive en enfer, un lieu bizarre ou elle est aussi en retard à l'école, mais peuplée de gens bizarres et ou le directeur ressemble à Elvis. Ca va pourtant lui prendre un temps fou à accepter qu'elle est morte, surtout parce qu'en fait elle ne l'est pas, comme`certains autres étudiants, les membres de comité de l'école. Mystère et boule de gomme dans ce lieu ludique qui va se développer en récit aux connotations bibliques surprenantes et en brûlot pro-imagination.

Dessin animé déjanté aux personnages colorés et l'humour frappant, on en ressort malheureusement avec un constat qui s'étend à trop de productions japonaises : c'est vraiment long ! Ca étire la sympathie un peu trop pour beaucoup de spectateurs habitués au rythme américain plus tassé. Surtout qu'on croit à plusieurs reprises arriver à la conclusion logique, que non, on philosophe et on refuse une fin bonbon. Le graphisme m'a, dans un premier temps, déçu par sa simplicité, sa rapidité d'exécution apparente, ses traits rapidement esquissés amplifiés sur le grand écran. Mais cette souplesse permet par contre de faire vivre et de côtoyer des personnages très colorés et éclatés auquel on s'attache rapidement.

Ce ne sera pas au goût de tout le monde, mais c'est encore un bel exemple de la vitalité du cinéma d'animation japonais et de sa diversité, toujours la bienvenue. Mario Giguère

HOUSE aka HAUSU - Nobuhiko Obayashi, 1977, Japon, 88m 

La jeune et jolie Oshare, étudiante joviale et naïve, s'apprête à partir en vacances en compagnie de son cher papa, un célèbre compositeur veuf depuis quelques années. Mais leur voyage à deux se voit soudainement compromis puisque le père est tombé amoureux et qu'il souhaite voir sa nouvelle conquête et sa fille devenir bonnes copines. Refusant de voir sa mère remplacée par une inconnue, Oshare abandonne le projet de vacances familiales et invite six de ses copines dans la demeure de sa tante qu'elle n'a pas revue depuis bien longtemps. Le groupe d'adolescentes traverse alors des paysages enchanteurs semblant surgis d'un conte de fée pastel sur des airs de musique enfantine. Elles arrivent alors chez la tante d'Oshare, charmante vieille dame aux cheveux blancs se déplaçant en fauteuil roulant en compagnie d'un chat angora. L'accueil y est chaleureux et la tata, témoigne d'une hospitalité exemplaire. Mais très rapidement le séjour récréatif se transforme en cauchemar éveillé et les filles se mettent à disparaître les unes après les autres dans des conditions surréalistes!

Attention, pellicule hystérique! HOUSE commence comme une comédie à l'esprit cartoonesque, une sorte de manga live pour adolescente écervelée et rigolant sans cesse en évoluant dans des décors parfois idylliques aux couleurs flamboyantes. Le groupe de filles extrêmement typées compte des personnalités bien distinctes portant des prénoms concordant avec leurs activités. Ainsi, la mignonne Kung Fu défonce les portes à coups de lattes, la dodue Melody joue du piano, l'imaginative Fanta semble vivre dans un monde fantaisiste, etc... Chacune va alors devoir se confronter à un élément en accord avec sa personnalité et qui aura pour conséquence une mort sanglante. La gourmande péri en allant chercher un melon - et sa tête tranchée mord les fesses de l'une de ses comparses, Melody se fait dévorer par un piano anthropophage, Kung Fu se fait agresser par des bûches volantes.... Et le résultat est furieusement saisissant! Obayashi, un cinéaste formé au cinéma expérimental, injecte dans HOUSE une quantité plus que généreuse de techniques de collage/montage/superposition/etc... et parvient à mettre ce melting pot parfois improbable et vertigineux au service d'une histoire de maison hantée complètement déjantée. Les couleurs déchirent l'écran et les trucages explosent littéralement dans un style volontairement naïf orientant le film vers le conte de fée cauchemardesque. L'expérience et visuellement si riche et foisonnante - voire étourdissante - qu'un seul visionnement ne suffit de loin pas à tout assimiler et requiert une deuxième visite après digestion. Chose que Sam Raimi a certainement dû faire à plusieurs reprises avant d'entamer la production des EVIL DEAD tant certains éléments y sont similaires: meubles fous prenant vie de manière assourdissante, geyser de sang jaillissant d'un mur, divers objets ou membres humains volants à travers des décors en trompe-l'oeil.... HOUSE est sans doute indigeste pour certains tant l'ensemble déborde de folie furieuse et ne laisse aucun répit au spectateur, mais HOUSE est un film à découvrir d'urgence pour qui aime se sentir secoué devant son écran. Kerozene

Véritable ovni, ce film japonais est un vrai kaléidoscope étrange. Psychédélique à souhait, avec des effets (volontairement?) cheap, des décors en carton, un éclairage exagéré. Ce film est pour l'instant mon préféré. Tout y est: un piano mangeur de pianiste, un chat qui crache le sang, une tête volante qui croque des fesses..... et j'en passe. Vous avez dit bizarre? Mathieu Prudent

HOUSE OF THE DEVIL - Ti West avec Jocelin Donahue, Tom Noonan, 2009, 93m, États Unis

Début des années 80, ce n'est pas mentionné, mais la musique, le walkman à cassette et surtout un téléphone à cadran achèvent l'illusion, une jeune étudiante vient de louer une maison mais va devoir trouver rapidement de quoi payer le premier loyer. Elle répond à une annonce pour une gardienne d'enfant et se présente dans la maison éloignée de tout en mettant sa méfiance de côté car elle a besoin d'argent, donc. Les indices que ca cloche sont nombreux, mais elle a besoin de fric. Elle va donc, comme nous a annoncé le titre et un texte d'introduction, bonjour la surprise, tomber dans le piège d'une secte satanique. Fin.

Ti West, comme beaucoup de ses réalisateurs contemporains, veut rendre hommage aux films des années 70-80. Le problème que j'ai eu avec le bel exercice c'est que, au compte final, parce qu'on fait mariner le spectateur dans les clichés de l'époque et qu'on insiste pour nous rappeler que y a des méchants, y a pas vraiment aucune surprise. Oh, quelques-unes, mais c'est formaté années 70-80 et si le montage y va de ses images flash a la EXORCIST, tout comme ses violons agressifs et tonitruants, la fille est pas mal niaiseuse et c'est tant pis pour elle, zéro empathie.

Éclairage naturel, en fait la première, grande partie, est banale, en principe pour faire contraste avec le choc de découvrir l'horreur, comme on sait tout et qu'on insiste pour bien nous montrer que le type qui l'engage pour quatre heures a l'air complètement dérangé, j'y ai pas trouvé mon compte. C'était bien beau les films d'horreur des années 70-80, mais on pourrait passer à autre chose, innover, se connecter sur le présent. Ou sinon s'en servir pour aller plus loin et je ne parle pas de gore ou d'insanité, mais l'horreur qui surgit du quotidien, visiblement on fait référence a ROSEMARY'S BABY, ca pouvait être drôlement plus efficace. Mario Giguère

Les LASCARS - Emmanuel Klotz & Albert Pereira-Lazaro, 2009, France, 96m

Ou l'on suit deux lascars en particulier qui se retrouvent sans le sou alors qu'ils ont dit à tout le monde qu'ils allaient s'envoler vers Santo Rico. Alors on réagit différemment, y a le petit qui va aller chercher du stock à fumer pas légal pour le revendre et faire assez de fric pour racheter des billets et le grand qui va travailler pour le père de la copine de sa sœur, monter son sauna norvégien. Alors évidemment ca se passe pas comme prévu, mais alors là pas du tout !

Je ne m'attendais à rien, n'ayant vu que quelques capsules de cette série animée qui se livre pour la première fois en long métrage. Le mélange d'animation traditionnelle et de décors et véhicules en 3d surprend un moment. La salle, visiblement chargée d'amateurs de la série a littéralement craqué pour les personnages hors norme, la copine qui colle et qui se révèle être nymphomane et policière, ou le gros dealer pas très sain d'esprit qui essaie de rencontrer des dames sur internet, la collection de têtes est superbe. Si les situations sont parfois convenues, y a assez de surprises pour étonner un max. Finalement on les aime bien ces Lascars qui veulent s'amuser dans la vie, faut profiter, et la salle conquise a donné aux créateurs présents une ovation monstre. Je veux la chanson Ti-Bonhomme vert !!! Mario Giguère

LESBIAN VAMPIRE KILLERS - Phil Claydon avec James Corden, Matthew Horne, Paul McGann, Myanna Buring, 2009, Angleterre, 88m

Jimmy vient de se faire encore larguer par sa pas trop tendre et pas trop douce moitié et retrouve son ami Fletch au pub. Fletch entend préparer leurs vacances pour changer les idées de Jimmy, mais les deux sont sans le sou. On va faire les routards, oui mais on part où ? Où cette fléchette va frapper la carte. Voilà nos deux amis en direction d'un petit village présenté en prologue comme l'endroit où la reine des vampires Carmilla fut tuée il y a quelques siècles. Dans le pub local crasseux, on leur offre la bière gratuite et on leur indique l'endroit également gratos ou ils pourront passer la nuit, qui plus est rejoindre les superbes femmes entrevues plus tôt qui ont reçus la même invitation. Les étudiantes en archéologies, et accessoirement absolument canon, et les deux crétins vont frapper un seul petit problème, c'est évidemment un piège à con. Y a bien le curé de la place qui essaie de les avertir, surtout que sa fille va avoir cette nuit 18 ans et qu'elle rejoindra le rang des vampires lesbiennes, suite à la malédiction ancestrale lancée par Carmilla avant qu'un preux chevalier ne lui tranche la tête. On va rigoler !

J'étais, je l'avoue, sceptique, devant une nouvelle comédie d'horreur britannique sur les traces de l'excellent SHAUN OF THE DEAD. Je dois aussi dire que je ne connaissais pas ce duo britannique qui fait rire les britanniques à la BBC. Après un début outrancier on ne sait pas dans quel film on va nager et finalement on va se laisser surfer sur une joyeuse actualisation qui s'amuse des classiques, contourne nos idées préconçues sur le genre, où ca gicle et c'est vachement sexy.

C'est une des grandes qualité des scénariste de la scène britannique actuelle, que l'on pense encore à SHAUN OF THE DEAD, HOT STUFF, mais aussi pour la télévision DOCTOR WHO, TORCHWOOD, JEKYLL ou APPARITIONS de récente mémoire, ou l'on aborde des thèmes dont les codes sont archi connus, du fantastique à la science fiction, mais qu'on s'amuse à retourner sans dessus dessous, jouant avec les clichés, les attentes du spectateur et lui servant des surprises continuelles. Comme Tarantino et son FICTION PULPEUSE, des écrivains qui sont de connivence avec des mordus de genre et qui vont les surprendre constamment. L'humour est très irrévérencieux, porté sur le sexe, de toute évidence, les actrices savent qu'elles ont été choisies pour leur talent et leurs attributs, des blondes vierges ou des superbes vampires lesbiennes. On ne voudra pas vous conter les blagues en rafale, mais l'arrivée de Paul McGann (Doctor Who) amène son lot de gags visuels et de dialogues tordants.

Quelques mots sur le look bande dessinée, division de l'écran et lettrage comic book, qui annonce bien ce qui s'en vient. Les maquillages sont efficaces, la photographie léchée et la mise en scène inventive.

Une version moderne et irrévérencieuse de ces rencontres de crétins avec des monstres classiques comme il s'en faisait beaucoup aux États-Unis, au Mexique et en Angleterre dans les années 50-60. Ou comme on dirait dans Rolling Stone : Abbott et Costello sous acide. On est évidemment planté ferme dans le second degré et le public enthousiaste du festival Fantasia a embarqué à pieds joints dans le film, lui réservant une ovation bien méritée pour une comédie jouissive comme on voudrait en voir plus souvent. Mario Giguère

MOTHRA aka Mosura - Ishiro Honda avec Hiroshi Koizumi, Frankie Sakai, Kyoko Kagawa, Emi and Yumi Ito (the Peanuts), 1961, Japon, 101m

Une tempête en mer force les membres d'un navire à se réfugier sur INFANT ISLAND, une île réputée sans vie ou a eu lieu des essais de bombes atomiques. Surprise, les survivants ne montrent pas trace de radiations et parlent du peuple qui les a abreuvés d'un liquide bienfaisant. Une expédition conjointe du Japon et des Rosicilan (pays fictif au nom combinant la Russie et les États-Unis et responsables des essais atomiques) découvre la chanteuse miniature, les shojibin. Le méchant leader des étrangers y retourne kidnapper les jumelles pour monter un spectacle avec elles et faire fortune. Le hic, outre la capture et l'esclavage éhonté des créatures vivantes, c'est que le chant des petites sirènes va irrémédiablement attirer Mothra. Sous forme de larve, elle se dirige vers le Japon et va tout détruire sur son passage pour arriver à Tokyo et se construire un cocon. De ce cocon va émerger la forme finale de Mothra, un papillon géant qui va se rediriger vers la ville de New Kirk ou le méchant impresario les a amenées. Heureusement nos amis japonais vont se rappeler d'un signe visuel et avec l'aide des cloches de la ville et de ce signe, attirer Mothra vers l'aéroport ou on espère leur remettre les petites chanteuses et sauver le monde de la vengeance du dieu ailé.

C'était la première incursion de la TOHO dans le monde de la Fantasy, avec toutes les concessions au film de Kaiju nécessaires. Le rythme est donc assez lent, les numéros de chant occupant une bonne place dans le scénario. On n'oublie la séquence de destruction populaires et l'armée bien qu'impuissante, est très visible et la musique d'Ifikube vient rehausser ces scènes d'action ou el talent pour les miniatures de l'équipe de Tsuburaya est mis en .évidence. L, anti-américanisme primaire, bien que compréhensible car dirigé vers ceux qui ont causé les drames de Nagasaki et d'Hiroshima est assez masqué pour ne pas choquer les américains de l'époque, mais est parfaitement clair. D'ailleurs l'archétype du marchand de rêves qui exploite de pauvres créatures, qui remonte facilement à King "Kong, va réapparaitre rapidement dans KING KONG CONTRE GODZILLA, tout comme GODZILLA VERSUS MOTHRA. Le succès fut immédiat et on vit mainte fois réapparaître Mothra, souvent comme gardienne de la paix et finalement du côté de Godzilla contre les envahisseurs extraterrestre.

Un film qui a certes vieillit et dont le rythme va peut-être rebuter une jeune génération de cinéphiles, mais qu'il fait bon découvrir ou apprécier à nouveau pour les amateurs de monstres géants japonais !

Merci à Ed Godziszewski, présent lors de la projection du film à Fantasia, pour sa généreuse présentation et la mise en contexte du film. Mario Giguère

MUST LOVE DEATH - Andreas Schaap, 2009, Allemagne, 89m

Norman est malchanceux en amour et suicidaire. Il rencontre sur internet un groupe de gens avec lesquels il fait un pacte de suicide. Les 4 personnes se rencontreront dans une cabine au fond d'une forêt pour passer à l'acte mais rapidement, Norman se rendra compte que les autres sont en fait des psychopathes et qu'il est la nouvelle "vedette" à torturer devant leur caméra vidéo. Comédie-romantique-gore, ce film est vraiment un petit délice sans prétention. Les changements de ton sont assez bien réussis et le scénario est remplis de scène à hurler de rire et de douleurs (attention à vos chevilles). Ce n'est pas parfait mais assez rigolo. Un crowd-pleasure formaté pour Fantasia. Mathieu Prudent

QUEENS OF LANGKASUKA - Nonzee Nimibutr, 2008, Thaîlande

Voici la version thaï de la série des "Pirates des Caraïbes", avec tout ce qu'il faut de pirates hirsutes, de héros beaux gosses et de jeunes femmes à sauver dans des décors insulaires exotiques. Bizarrement, ça sent le déjà vu. A tel point d'ailleurs qu'on s'attend à voir Johnny Depp grimé en Jack Sparrow surgir dans le champ à tout instant. Ca se déroule dans un petit royaume dirigé par une reine, mère de deux filles plutôt charmantes. Mais les choses ne se passent pas franchement bien car une horde de pirates vraiment très vilains ne fait rien qu'à les embêter. Heureusement, un prince rebelle se porte candidat pour porter secours à ces braves gens.

Action, aventure, tout ça avec des grands A, ça bouge, il y a des combats d'arts martiaux, des armes improbables, des explosions, des effets-spéciaux, un vieux maîtres schizophrène, etc.... A priori, pas de quoi faire la fine bouche, et pourtant, tout ça s'avère bien indigeste, comme c'est malheureusement bien souvent le cas avec les grosses machines thaïlandaise. Bien que Nimibutr ait mis la pédale douce sur l'humour graveleux généralement en vigueur chez eux, on ne compte plus les fatigants retournements de veste des protagonistes tantôt bons, tantôt mauvais, à tel point que l'on atteint parfois des sommets d'aberration scénaristique que mon petit cerveau n'a pu supporter. Déjà qu'à la base, le script est complètement bordellique, inutile de dire que ça a achevé tout espoir en moi de trouver de quoi défendre ce film. Kerozene

REEL ZOMBIES - David J. Francis & Mike Masters, 2008, Canada, 89m

Une équipe de cinéma indépendant se réunie assez péniblement pour mettre en scène "Zombie Night 3", la suite logique de "Zombie Night" et de "Awakening: Zombie Night 2". Mais entre la sortie de ce dernier et le premier tour de manivelle de sa séquelle, une invasion de morts-vivants a réellement eut lieu. Le réalisateur Mike Masters décide alors de se passer des effets de maquillage et d'utiliser de vrais zombies pour son film. C'est sous la forme d'un documentaire à propos du tournage de "Zombie Night 3" que cette histoire nous est racontée. Un faux documentaire réalisé et interprété par les véritables auteurs du véritable diptyque "Zombie Night"!

Voila qui n'est pas forcément une mauvaise idée, mais à l'heure où pullulent les films de zombies fauchés et les fakumentaries sur des réalisateurs qui tentent de réaliser un film dans la douleur (une idée récurrente chez les jeunes réalisateurs indépendants en manque de pognon comme en témoignent des titres comme "Hardcore: A Poke Into the Adult Film Orifice" ou "Silence, ça tue!" pour en citer deux dignes d'intérêt), le moment est peut-être mal choisi. Les gags de ce types de faux docus restent à peu près les mêmes (mauvaise entente entre le réalisateur et le producteur, acteurs pas toujours participatifs ou à côté de la plaque - voir le caméo désolant de Lloyd Kaufman -, incompréhension du scénario par une bonne partie de l'équipe - reste le chef op français qui ne parle pas un mot d'anglais qui m'a bien fait marrer), mais ils devraient logiquement être alignés avec d'autres gags liés au fait que nos cinéastes sont confrontés avec de véritables morts-vivants. C'est sans doute là que Masters et Francis auraient dû afficher une véritable différence et jouer avec le fait que tout ce petit monde devait faire face au plus grand fléau de l'Histoire de l'humanité pour l'amour de l'art! Malheureusement, cela ne semble emmerder personne de découper du zombie pour un film de série Z, ou même de devoir donner la réplique à un macchabée ambulant. Il y a bien le préposé aux transports qui fait la gueule lorsqu'on lui colle un zombie dans sa voiture et qu'il lui bouffe son ipod (un zombie ipodophage, une première), mais ça s'arrête là. Rien de fondamentalement original donc, et surtout pas le final du film qui termine exactement là où on pensait qu'il finirait. Kerozene

Le RENNE BLANC aka Valkoinen peura - Erik Blomberg avec Mirjami Kuosmanen, Kalervo Nissilä, 1952, Finlande, 65m

Une jeune femme meurt en donnant naissance à une petite fille en Laponie pendant que le narrateur nous conte la légende du Renne Blanc qui se dévoilera devant nous. La petite devient une très belle femme convoitée, Pirita, qui épouse Aslak, éleveur de Rennes dans ce royaume de neige ou l'on se déplace à ski ou en toboggan tiré par des rennes. Pirita trouve que son mari la délaisse trop et elle va rencontrer le shaman pour avoir un élixir d'amour. Il fera effet lorsqu'elle tuera le premier être vivant qu'elle rencontrera après avoir bu la potion. C'est le jeune renne blanc que son mari lui a confié qui sera la victime, sacrifié au dieu de pierre. Pirita ne se doutait pas avant de rencontrer le shaman que sa mère était sorcière et qu'elle a hérité de ses dons. La belle va étrangement se transformer en renne blanc pour séduire les chasseurs qu'elle mord et tue tel un vampire. La peur s'empare du village et malgré leur foi chrétienne, les peurs ancestrales et légendes animistes refont surface et les hommes préparent les armes blanches, seules capables de tuer la bête.

Une autre belle sortie chez Artus Fils, un drame fantastique d'une beauté envoutante avec une interprète remarquable. Mirjami Kuosmanen est à la fois d'une beauté fascinante autant qu'elle devient la sorcière démoniaque qui glace le sang. Il faut évidemment embarquer dans un film au rythme plus lent qu'un thriller actuel et l'idée même d'une renne-garou en fera sourciller plusieurs, mais la mise en scène et la photographie sont superbes et la représentation du shamanisme plutôt unique. La musique revient constamment rythmer le métrage tel un mantra qui ajoute à l'atmosphère d'un autre monde. Je retiens entre autre une scène magnifique ou Pirita est dans l'église, à la fois entourée des villageois, mais isolée par la mise en scène et l'éclairage, qui rappelle autant les oeuvres de Fritz Lang ou Mario Bava. Jean Cocteau décerne au Renne blanc le Prix International du film légendaire au Festival de Cannes en 1953.

"Le chamanisme au cinéma", par Georges Foveau est offert en supplément. L'entretien de 45 minutes propose un tour d'horizon par ce spécialiste très articulé se concentrant notamment sur la filmographie de John Boorman. Le dernier tiers est consacré au Renne Blanc. On en redemande. Mario Giguère

THIRST, Park Chan-Wook, 2009, Corée, 133m

Le nouveau film de Park Chan-Wook était vraiment très attendu suite à son succès au dernier Festival de Cannes et tout le hype qu'il y a accumulé. Malheureusement, le réalisateur ne livre pas du tout la marchandise et offre un film très long (2h15) qui a l'air d'en durée le double. Les personnages ne sont pas très intéressants, l'intrigue tient à une ficelle et on se demande si le réalisateur ne fait pas un power trip après le succès de sa trilogie de la vengeance. Le problème est qu'il ne réinvente pas le film de vampire, ses touches fantastiques tombe souvent à plat et la dernière partie qui frôle la psychanalyse à deux cennes n'aide en rien. Retapez-vous LET THE RIGHT ONE IN pour un film un peu similaire mais extrêmement mieux réussis. Mathieu Prudent

TROLL 2 - Claudio Fragasso, 1990, Italie, 95m 

Je vous jure, j'ai aimé ca. Quel est ma punition ?

HAHAHAHHA . Le kid qui pisse sur la table à manger! hahahahahahahahahahahah. 

Je vous le jure,,, du rire et du plaisir garanti! Essayez-le ! Mouni

Bwaahahahahahaha!!!

Ça fait longtemps en maudit que j'ai pas ris de même avec un "soooooooo bad, it's good"!!! 

ahahah!!! Watch out les trolls arrivent!! Je partais à cramper chaque fois que celui-là se montrait la fraise!!

Tout le monde est mauvais là-dedans, c'est écoeurant!! Même le ti-cul!! C'est vraiment grave!! À voir absolument pour pisser dans ses culottes! Yeehaa!!

Les dernières minutes sont très réussis ce qui nous fait demander ce qui se passe. Hé hé. Bad Feeble

VAMPIRE GIRL VS FRANKENSTEIN GIRL aka Kyûketsu Shôjo tai Shôjo Furanken - Yoshihiro Nishimura & Naoyuki Tomomatsu avec Yukie Kawamura, Takumi Saito, Eri Otoguro, 2009, Japon, 84m

Boy meets Girl. La fille est un vampire. Dans la tradition japonaise, la fille lui offre un chocolat pour la St-Valentin. Le garçon mange le chocolat. Le garçon devient vampire. Sa copine actuelle, hyper jalouse, a pour père un descendant de Frankenstein. Le garçon perd du sang à l'infirmerie. L'infirmière hyper sexy se rend compte que le sang est spécial et le père Frankenstein découvre tout son potentiel et ressuscite sa fille lorsqu'elle est trucidée par la fille vampire. Combat mortel entre fille vampire et fille Frankenstein pour les beaux yeux du garçon !

Adaptation d'une bande dessinée japonaise comme on imagine pas en voir souvent, par ceux qui nous ont amené TOKYO GORE POLICE, une belle carte de présentation déjante s'il en est une. Le sang va gicler en geyser tout le long du film et les membres vont être décapités et réarrangés tout le long, à la perceuse. La vampire, prénommée Monami, on apprécie le clin d'oeil à la langue française, est vachement suave, sûre d'elle et a des visée différentes que ce que l'on pourrait supposer. En fait, Jyugon, le garçon, est constamment manipulé par les filles qui l'entourent, du début jusqu'à la délicieuse fin ironique. Alors bon, âmes sensibles s'abstenir, mais le film est beaucoup plus humoristique, humours noir, on s'entend, que TOKYO GORE POLICE. La surenchère grandguignolesque finit presque par lasser, presque, mais les personnages excentriques nous gardent intéressés par ce triangle surréaliste. Fallait y penser, et fallait le réaliser. Mention spéciale pour les bandes de filles du collège, le gang des trancheuses de poignet et les pro culture noire, incrédible ! Mario Giguère

YAKUZA EIGA - Yves Montmayeur, 2008, France, documentaire produit par Arte France et Camera Lucida, 60m

En japonais, un seul caractère distingue le yakuza (bandit) du yakusa (acteur) : d'emblée, Yves Montmayeur situe l'enjeu de son documentaire. Jusqu'à quel point le genre du film de yakuzas, si fécond dans le Japon du miracle économique et en pleine résurgence depuis la fin du siècle dernier, représente-t-il fidèlement l'univers de ce banditisme mafieux si typiquement japonais ? Pour Hitoshi Ozawa, acteur vétéran du genre, la question s'est posée avec une acuité bien plus vive encore. "A peu de choses près, j'aurais pu faire gangster. J'ai toujours interprété des chefs de clans à l'ancienne, explique le vieux comédien. Un jour, l'un d'eux m'a écrit pour me demander de continuer à faire des films fidèles à l'esprit yakuza."

Une fascination partagée par le grand Sonny Chiba, qui avoue adorer "l'esprit" des yakuzas. "Ce sont les héritiers de l'esprit samouraï", affirme la star charismatique. X, chef de clan, nuance cette vision un rien chevaleresque. Pour cet authentique bandit, dont Montmayeur préserve soigneusement l'anonymat, il existe une différence fondamentale entre les yakuzas, qui peuvent se racheter en se coupant le petit doigt, et les samouraï, qui n'avaient pas cette issue et devaient se faire hara-kiri.

Rythmé par de jolis plans d'un Japon nocturne et quasi-melvillien, le documentaire va ensuite explorer les différentes périodes du cinéma yakuza. La figure tutélaire de Kinji Fukasaku, se trouve mise en évidence. Son sens du cadre est salué à juste titre. Responsable du maître-étalon du genre, avec GUERRE DES GANGS A OKINAWA, le futur auteur de BATTLE ROYALE enregistrera avec amertume le devenir "racaille" des bandits nippons, via le désespéré et violentissime COMBAT SANS CODE D'HONNEUR, dont le titre à lui-seul est tout un programme. Le génie de Fukasaku consiste à mettre en scène des personnages qui rentrent dans le milieu yakuza, et à nous faire partager cette période initiatique. Est également mise en évidence l'importance des yakuzas dans le contrôle du marché noir, donnée essentielle de l'après-guerre au Japon...

L'émergence du film de yakuzas dans le Japon du miracle économique est indissociable de la montée en puissance des studios Toei. A leur âge d'or, au tournant des décennies 60 et 70, ils usineront une centaine de films par an, tous genres confondus. Produits par des gens très proches du milieu (le documentaire reste un minimum évasif mais l'idée est là), les polars de yakuza fonctionnent grâce à leur réalisme. L'exemple des scènes de tripot, avec de vrais figurants yakuzas, jouant selon les vraies règles, est l'un des plus parlants qui soient.

Encore faut-il opérer quelques distinctions à l'intérieur même du genre. Ainsi, les studios de Kyoto produisent des films à l'ancienne, marqués par un esprit chevaleresque. Pour Goro Kusakabe, le nabab de la Toei, c'est la clé du succès, que le documentaire date de 1964. Dans la cité impériale, le studio de la Toei comprend un dojo dédié aux scènes de sabre. La star principale est alors Ken Takakura. Son rival le plus sérieux se nomme Koji Tsuruta. Le film le plus abouti de ce comédien au jeu raffiné est HIBOTAN BAKUTO : ISSHUKU IPPAN, de Norifumi Suzuki, qui passera plus tard à la postérité, notamment pour le chef d'œuvre, LE COUVENT DE LA BÊTE SACRÉE.

D'autres films, plus audacieux et auteurisants, sont parallèlement produits à Tokyo. Les réalisateurs les plus en vue son Sadao Kamane et Sadao Nakajima, présentant les yakuzas comme des joueurs (au sens de l'anglais, gambler) à la base. Le scénariste Femio Konami rappelle que la mode du genre a été lancée dans la capitale par le producteur Koji Shundo. Ce dernier avait pour habitude d'inviter de vrais Yakuza à manger et à boire. Bien reçus, les mafieux répondaient alors volontiers aux questions. Grand cinéphile, le businessman avait aussi un pied dans le milieu. Ces deux conditions ont été les raisons de son succès. Le producteur initiait les spectateurs aux règles des yakuzas, à travers une vedette à l'étonnante destinée : Noboru Ando, qui dissout son clan de Shibuya (quartier de Tokyo) pour devenir acteur (!). QUARTIER VIOLENT (1974), de Sadao Nakajima symbolise ce cinéma plus sombre et réaliste que les œuvres produites à Kyoto.

Le genre va doucement décliner à partir de la fin des années 70, jusqu'à ce que l'on croira être son enterrement : l'agression du cinéaste Juzo Itami, en 1992. Agressé dans son bureau par trois yakuzas, l'auteur de MINBO en réchappera mais en gardera un visage tailladé, barré par une immense cicatrice. Dans ce film, le cinéaste se livre à une attaque en règle contre l'image de Robin des Bois et de défenseurs des pauvres parfois attribuée aux yakuzas. Tourné dans le contexte des lois antigangs de 1992, l'œuvre fait l'objet de rumeurs selon lesquelles le gouvernement nippon l'aurait financé. Éprouvé par la violence des controverses et des attaques, le cinéaste se suicidera en 1997. Une mort sur laquelle le mystère plane toujours...

Le documentaire se conclut comme il avait commencé. Par le témoignage de Takashi Miike, qui fait partie des cinéastes qui entretiennent encore la flamme du genre. Non sans constater que les Yakuza ont changé, devenant de vrais businessmen... "Finis les yakuzas colériques mais attachants de mon enfance, regrette Miike. Aujourd'hui, ils appartiennent au domaine de la fantaisie. Personnellement, je trouve cela très triste." Riche de nombreux témoignages, YAKUZA EIGA livre de nombreuses pistes de réflexion stimulantes et fourmille d'anecdotes savoureuses. Passionnant d'un bout à l'autre, le documentaire d'Yves Montmayeur fera date. Stelvio

The WARLORDS - Peter Chan avec Jet Li, Andy Lau, Takeshi Kaneshiro, Xu Jinglei, 2007, Hong Kong Chine, 127m

On débute sur un champ de bataille ou s'étale une véritable boucherie. Seul survivant, pas très fier car il a simulé sa mort, le général Pang (Jet Li) sera recueilli par Lian, une femme qu'il retrouvera plus tard au cœur d'un village de truands nobles avec son amoureux Zhao (Andy Lau) et Jian qui développe un respect profond pour Pang. Pang convainc alors les bandits de rejoindre l'armée, choix pas évident. Pang a des ambitions et une revanche à prendre et il se servira de sa nouvelles armée très efficace pour accumuler les victoires et retrouver l'estime de ses commandants. Ce faisant il n'hésitera pas à trahir ses promesses, au nom d'un certain code militaire qui a évacué la pitié et l'humanisme de sa vie. Toujours troublé par Lian, il s'enfonce dans le mensonge et semble volontairement aveugle aux réalités du pouvoir.

Basé sur des faits vécus et déjà adapté par la Shaw Brothers en 1973 sous le titre BLOOD BROTHERS. Dès les premières minutes l'atmosphère est lourde tout comme la fatalité semble peser sur tous les personnages. Dans une photographie aux tons très neutres proche d'un SAVING PRIVATE RYAN, Jet Li s'attaque à un rôle dramatique intense loin des héros populaire qui ont marqué l'ensemble de sa carrière, ce qui n'exclut pas les moments de combats physiques intenses, ou, évidemment, il excelle. À la fois pamphlet anti-guerre mais aussi illustration du déterminisme, de l'implacable chemin cruel qui attend ceux qui vivent par la violence. Cynisme attendu et à la fois étonnant des bonzes de la dynastie qui manipulent les hommes comme des pions. Les scènes de combat sont impressionnantes et nombreuses.

Couronné par le succès commercial et critique, gagnant de nombreux prix, il fait bon de voir Jet Li reconnu pour un rôle hors normes. Â voir. Mario Giguère

YATTERMAN, Takashi Miike, 2009, Japon, 119m

Adaptation d'un dessin animé des années 70, YATTERMAN est un film pour enfants mais pour adultes avec beaucoup mais beaucoup de couleurs, de l'action et des allusions sexuelles peu subtiles, le tout enrober dans un emballage gnan-gnan bon enfant. Miike frappe encore avec un film fort divertissant, hystérique. Un vrai rush de bonbons. Mathieu Prudent

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Prix décernés à Fantasia 2009

Prix du Jury Long métrage

Meilleur Film : BREATHLESS - Yang Ik-june
Prix spécial du Jury : LOVE EXPOSURE - Sion Sono
 Meilleur acteur : YANG IK-JUNE (Breathless)
Meilleure actrice : HIKARI MITSUSHIMA (Love Exposure)
Meilleure réalisation : DAVID RUSSO (The Immaculate Conception of Little Dizzle)
Meilleur scénario :  NICOLAS ALBERNY & JEAN MACH (8th Wonderland)
Meilleure direction photo : HIDEHO URATA  (The Clone Returns home)
Prix technique : IP MAN
Mention spéciale pour la direction d’enfants acteurs :  TOM SHANKLAND (The Children)

Prix du Jury Première œuvre

Meilleur premier film : WHITE LIGHTNIN’ – Dominic Murphy
Mention spéciale : première performance de l’actrice ELINE KUPPENS (Left Bank)

Prix du Jury Courts-métrages internationaux

Meilleur court métrage en prises de vue réelle : HOLD YOUR FIRE – Wes Benscoter
Meilleur court métrage d’animation : THE CONTROL MASTER – Run Wrake 

Prix du Jury Courts métrages québécois

Meilleur court métrage : LES OUTILS - Simon Laganière
Meilleure réalisation : KAGAMIKO - Mathieu Arsenault 
Meilleure interprétation : PIERRE-LUC LAFONTAINE, (dans Déraciné -Pierre-Antoine Fournier)
Meilleur scénario : UN COURT SANS TITRE - Alexandre Gibault
Prix spécial du jury : Fantasme - IZABEL GRONDIN (et l'ensemble de son œuvre)

Prix du Jury Courts métrages DIY

Meilleur court métrage DIY : PANORAMA : SEEKING VOÏVOD - Jean-Marc E Roy
Meilleur scénario DIY : CHERS PARENTS - Sébastien Godron
Coups de coeur du jury (ex-aequo) : MASSACRATOR - Pierre Ayotte et SIMONAC - Sylvain Lavig

Prix SÉQUENCES
Pour son scénario intéressant et bien écrit et pour son mariage parfait entre le film d'auteur et le film d'action, le Prix Séquences est attribué au film coréen ROUGH CUT du réalisateur Jang Hun.

Prix ÉCRAN FANTASTIQUE

Le prix L'Écran Fantastique est attribué au film PACO AND THE MAGIC BOOK de Tetsuya Nakashima.  
Les raisons expliquant ce choix étant très nombreuses, nous citerons seulement son exceptionnelle maîtrise narrative, permettant au spectateur de passer de la pure folie à la tristesse absolue en quelques secondes; son discours entre l’imagination et sa représentation à l’écran; de même que sa volonté de divertir tout en traitant de la condition humaine. La grande qualité de l’interprétation de la jeune Ayaka Wilson (Paco) et du vétéran Kôji Yakusho (Onuki) mérite également d’être mentionnée. 
Le prix L’Écran Fantastique consiste en une promesse de reportage sur 4 pages couleurs à paraître dans une édition prochaine (avec mention du titre honorifique attribué dans le cadre de Fantasia dans l'article) et d'une page de publicité gratuite lors de la sortie du film en salle en France.

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