LES FILMS DE FANTASIA 2011

du 14 juillet au 7 août au Théâtre Hall Concordia

Affiche illustrée par Donald Caron

BANGKOK KNOCKOUT aka BKO: Bangkok Knockout - Panna Rittikrai avec Gitabak Agohjit, Speedy Arnold, Supakson Chaimongkol, 2010, Thailande

Un groupe d'arts martiaux remporte un grand concours pour aller participer comme cascadeurs dans un film tourné a Hollywood. Au lendemain de leur soirée de réjouissance, ils sont tous dans un appartement inconnu, sans téléphones et sans voitures. Ils ont en fait été piégés et vont devoir participer a une série de combats réels et mortels pour le compte d'un riche américain qui organise des combats clandestins pour une riche clientèle de parieurs.

Si l'histoire de base n'est pas très nouvelle, on s'en préoccupe peu, car lorsque l'action commence, ca brasse au maximum. C'est donc pour ses cascades et ses combats spectaculaires que l'on appréciera ce film sans vedette connue a Hollywood. À plusieurs reprises on est sans voix ou on applaudit les cascades incroyables qui vont combiner arts martiaux, acrobatie et armes diverses. Les vilains parieurs sont détestables et leur anglais approximatif a bien fait rire la salle, les femmes en péril sont belles et savent se défendre, les combats sont furieux, bref, que du bon. Mario Giguère

BATTLEFIELD HEROES aka Pyeong-yang-seong- Jun-ik Lee avec Jin-yeong Jeong, Mun-shik Lee, Seung-yong Ryoo, 2011, Corée, 117m

Il y a 1300 ans en Corée, les habitants d'un petit village sont cueillit par l'armée pour l'effort de guerre. Bien évidemment, ca ne fait pas l'affaire de tous et un surnommé "Thingy" enseigne a ses compatriotes comment survivre en ne se faisant pas remarquer. Peine perdue, des généraux bien pensants préparent bel et bien un siège qui risque d'être long. Entre esprit guerrier, diplomatie et esprit zen, Thingy essaie de survivre et devient malgré lui une espèce de héros, mais rien n'est simple dans cette guerre !

Merveilleuse surprise que ce film de guerre qui est a la fois dramatique, excitant et surtout très drôle ! Le mélange, pas évident, réussit car chacun des personnages reste dans son rôle bien précis. Les généraux a l'esprit guerrier sont aussi dramatiques qu'on peut l'imaginer, les diverses trahisons étant fort mélodramatiques et déchirantes. Les personnages pittoresques sauront nous émouvoir le temps voulu mais ils seront aussi des pitres du début à la fin. C'est également un film d'action remplit de scènes enivrantes avec une autre "invention", une arme spectaculaire. Le dosage entre toutes ces péripéties est magnifique et même si on ne connait pas vraiment cette époque et cette contrée éloignée, les hommes sont pareils partout et on embarque joyeusement dans cette réussite remarquable.

Le réalisateur sur place semblait embêté de voir autant de monde dans la salle, pas certain que nous allions apprécier cette histoire, qui plus est suite d'un film réalisé huit ans auparavant. Des craintes finalement non fondées ! Mario Giguère

BATTLE ROYALE - Kinji Fukasaku , 2000, Japon

À l'arrivée du 21ème siècle, l’économie s'effondre et le chômage augmente. 800,000 étudiants Japonais font la grève. Le gouvernement passe le décret BR, Battle Royale, et chaque année il envoie au hasard une classe d'ados sur une île s’entre-tuer en moins de trois jours. Le gagnant, qui doit être le dernier survivant, remporte sa liberté !

Complètement débile comme départ et rempli d'hémoglobine, le film se regarde comme un énorme contre-point à ces films d'enfants qui tuent les adultes. Il y a bien des références à Fortress avec les colliers qui explosent si on s'éloigne de l'île, mais l'ensemble est bien fait et comporte son lot de scènes astucieuses avec parfois des élans de philosophies mielleuses. Incroyable qu'un réalisateur de 70 ans, qui nous a apporté jadis THE GREEN SLIME, s'adonne avec tant de vigueur à cet exercice gore. Un sacré conflit de générations !  Mario Giguère

BELLFLOWER - Evan Glodell avec Evan Glodell, Tyler Dawson, Jessie Wiseman, 2011, États Unis, 106m 

Deux amis ont pour idole Lord Humongous, vedette du film THE ROAD WARRIOR. Voila que celui qui a le plus de difficulté à aborder les femmes rencontre par défi Milli, avec qui il perd un concours de bouffe de grillons vivants. Naturellement il tombe en amour avec la mignonne blonde qui n'a pas froid aux yeux et il aimerait bien qu'elle devienne sa copine. Elle lui dit pourtant que ca pourrait mal finir, mais on consomme la relation. Seuls les diamants étant éternels, la relation se termine, mal, et le cauchemar débute.

Tourné avec une caméra a la main et avec l'objectif souvent sale, on se doute rapidement que ca ne durera pas, même si le couple est sympathique et que l'on aimerait bien que ca marche. Il faut dire tout de suite que le montage n'est pas linéaire et que la séquence pré générique se présente presque comme une bande annonce de ce qui est à venir. D'ailleurs seul ce montage non-linéaire permet de croire, avec des plans résolument alternatifs, qu'une partie de la descente aux enfers n'est peut-être pas réelle. Mince consolation quand on a vécu ce qui est la pire des résolutions d'une histoire certes maudite, mais qui est tellement noire. Chapeau aux acteurs, dont le scénariste réalisateur fait partie. Bravo pour les séquences avec Medusa, la voiture Mad Maxienne géniale, la photographie en osmose avec le récit et d'avoir eu le cran d'aller aussi loin. On en sort à la fois soulagé et troublé. Mario Giguère

CAPTAIN AMERICA aka Capitaine America - Albert Pyun avec Matt Salinger, Ronny Cox, Scott Paulin, Ned Beatty, Darren McGavin, Michael Nouri, Kim Gillingham, Melinda Dillon, Francesca Neri, 1990, États Unis/Yougoslavie, 97m

La récente sortie des FANTASTIC FOUR m'a rappelé la version non diffusée produite par Roger Corman qui m'a rappelé cet autre navet produit par Menahem Golan, ancien de la CANNON et maintenant avec la 21st CENTURY FILM CORPORATION. Après un serial de 15 épisodes servant de propagande dans les années 40, un petit film amateur de Don Gluth et deux films pour la télévision vers la fin des années 70 (figurant au générique la plantureuse Lana Wood), voilà que le Capitaine America a ressorti sur les écrans (par pour longtemps!) en 1992 grâce au champion du film patriotique à petit budget par excellence (il n'y a qu'à regarder les trucages du SUPERMAN 4 qu'il a produit): Menahem Golan. Une rumeur récente veut que toutes les copies VHS de ce film (et il y en avait très peu!) ont été récupérée et saisie par le distributeur, gêné par le résultat final du produit (ils sont maintenant diffusées dans les asiles d'aliénés comme traitement de choc aux patients!). Aujourd'hui, il rejoue une fois par an sur quelques chaînes spécialisées, question de faire rire un nouveau groupe de téléspectateurs à chaque année... Où à les faire changer de chaîne.

Le point de départ est fidèle au comic book: Pendant la deuxième guerre mondiale, un savant américain a mis au point un produit pouvant guérir les carences physiques et même accroître la masse musculaire. Produit utile pour fournir des soldats courageux qui n'ont hélas pas les aptitudes physiques pour aller à la guerre. Steve Rogers, d'une brave famille de bons américains patriotiques biens blancs de couleur, est choisi comme premier cobaye humain pour tester ce produit et cela fonctionne (Dernière nouvelle: Steve Rogers a révélé récemment que ce produit était aussi bon que le Viagra mais cela provoque des éjaculations précoces comme effets secondaires!). Un espion nazi abat alors le savant, qui emporte ainsi le secret de sa formule dans la tombe (imaginez un peu si la formule était tombée entre les mains de Tom Cruise! J'en frémis!). Devenu plus rapide et plus puissant que quiconque, Steve Rogers se colle le drapeau américain sur le corps, se pare d'un bouclier étoilé (pas encore anti-missiles) et devient le Capitaine América, de quoi intimider les nazis ou susciter leur fou rire.

Mais un redoutable ennemi, le Crâne Rouge, un grec qui a subi lui aussi des expériences mais chez les Nazis (avec la gueule qu'il a, pourquoi il ne s'est pas retourné contre eux? Ce serait plus logique), lui tend un piège qui le congèlera pendant plus de 40 ans. Mis en état d'hibernation, le Capitaine attend le dégel pour refaire surface dans un monde qui a changé mais où son vieil ennemi, le Crâne Rouge est toujours actif. Après avoir repris contact avec sa famille (mélo!) et échappé à des tueurs, Steve Rogers alias Capitaine America (police du monde avant l'heure!...) va en Europe lutter contre le Crâne Rouge (alias Tadzio De Santis) qui veut kidnapper le président des États-Unis (avec la complicité et la bénédiction de Michael Moore!) dont justement le Capitaine America, en tant que son héros de jeunesse, fût son inspiration pour monter dans l'échelon sociale.

Voilà un film qui réunit tous les ingrédients de fabrication d'un nanar 101. L'un des mètres-étalons de la ringardise. Une quintessence dans le ridicule. Peut-être le mont Everest de la débilité sur celluloïd. Si au Québec Mediafilm a la cote 7 pour un film minable, il faudrait inventer une cote 10 pour celui-là. On y retrouve toutes les erreurs possibles: montage déficient, photographie aberrante (et beaucoup trop sombre parfois), musique nulle, réalisation amorphe jusque dans les scènes d'action. Le metteur en scène Albert Pyun a d'ailleurs révélé avoir choisi Matt Salinger pour jouer le héros pour son côté retro comparable à Gary Cooper, à se demander quel hallucinogène il consomme pour imaginer une telle chose et pour réaliser des séries B et Z archi-délirantes (si vous connaissez l'hallucinogène, faîtes-moi savoir sur ce forum où peut-on en prendre, je vous prie!). Et on ne parle pas du Crâne Rouge, dont la conception dans la B.D. se rapprochait de la science-fiction, qui devient ici un vulgaire et ridicule gangster sicilien pratiquant les arts martiaux en finale. Le résultat est foutrement marrant ou décevant selon les opinions ou les dispositions de chacun. Il y a bien la jeune et mignonne Francesca Neri (dans le rôle de la fille du Crâne Rouge!), toujours agréable à regarder et qui allait jouer de meilleurs rôles par la suite, mais c'est bien peu. Il paraît que ce film détient un record peu enviable d'erreurs flagrantes à l'écran, ce qui n'a rien de surprenant. Cela ne me surprend pas du tout. Alors, amusez-vous bien, rigolez un bon coup et profitez-en au maximum dès vous aurez le film sous la main avant de voir Chris Evans incarner le super-héros dans un film à gros budget prévu pour l'été 2011.

Attention: le Delirium Tremens ou la danse de St-Guy peut vous saisir à tout moment lors du visionnement dû à des éclats de rire inarticulés ou à une colère monstre vous donnant envie de détruire votre cinéma-maison. Mathieu Lemée

The CATECHISM CATALYSM - Todd Rohal avec Steve Little, Robert Longstreet, Wally Dalton, 2011, États Unis, 75m

Un jeune curé aux allures d'un Alvaro Vitali américain utilise des histoires pas vraiment catholiques durant ses rencontres avec son groupe d'étude de la bible. Son supérieur lui suggère vivement de prendre des vacances et de réfléchir à sa vocation et a la bible. Il a justement réussit à contacter un ancien ami et idole, écrivain et musicien de rock. Le type ne semble pas trop se souvenir de lui et il n'est qu'un éclairagiste de spectacle, mais il accepte une randonnée en canot de quelques heures. Les deux hommes s'avèrent n'avoir aucune chimie et ils arrivent à se perdre sur la rivière. Heureusement deux jolies japonaises qui ont loué aussi un canot, mais avec tout ce qu'il faut pour camper, arrivent sur leur coin de rivière. Mais les apparences sont définitivement trompeuses !

Petit film indépendant dont le générique donne le ton avec son symbole diabolique en feu et son lettrage heavy metal, on ne saura pas vraiment sur quel pied danse pendant un bon moment. Au final c'est un grand bol de portnawak qui nous est servit avec un humour déglingué qui frappe souvent la cible, il faut l'avouer. Surtout qu'on avait bien peur que ça vire trop sérieux et crade. J'ai surtout aimé les courtes histoires racontées et filmées avec un humour absurde très zen. Mario Giguère

CHOP - Trent Haaga avec Timothy Muskatell, Will Keenan, Malaya Manson, Elina Madison et Camille Keaton, 2010, États-Unis, 98m

Un homme tombe en panne d'essence sur une route Il est recueilli par un homme qui ne semble pas être un total étranger puisqu'il lui pose de curieuses questions: "Qui choisirais-tu de sauver entre ton beau-frère et ta femme ?" Et bientôt, il reçoit la décharge d'un fusil tranquillisant. Il se retrouve bientôt dans une chambre avec son beau-frère attaché à une chaise et il se voit contraint à tuer son beau-frère avec une hache sinon sa femme se fera violer et tuer... Cet étranger est ici pour exercer une terrible vengeance sur lui. Après que notre sympathique victime tue son beau-frère, l'étranger le contraint à retourner vivre dans sa famille, mais il sera épié par l'étranger en vue de jouer un rôle... Rapidement, la victime trahira le pacte et sa femme se fera tuer. Par la suite, notre homme est attaché sur une chaise et l'étranger lui coupera des membres s'il n'avoue pas les circonstances dans lesquelles l'étranger a été victime de lui... Mais malheureusement, il ne se souvient pas de cet étranger. Réussira-t-il à conserver quelques membres ?

Il s'agit d'un film en mode "torture-porn", qui, avec quelques doses d'humour noir et d'éléments de comédies, se moque un peu du genre. Mais le tout est très bien rendu et ne verse jamais dans le slapstick à la SCARY MOVIE. Il y a même des éléments résolument creepy. Et le film abonde d'idées, de surprises et d'une excellente distribution. Les deux policiers sont merveilleux. Bref, à regarder si vous avez le goût de vous faire divertir par une oeuvre non conventionnelle du tout. Et de voir cette victime pas si innocente, perdre lentement ses membres est quelque peu réjouissant! En prime, une brève apparition de Camille Keaton. Le film m'a très bien diverti et surpris. Ce n'est pas si courant. Et la conclusion est très très bizarre ! Black Knight

DETECTIVE DEE AND THE MYSTERY OF THE PHANTOM FLAME aka Di Renjie- Tsui Hark avec Andy Lau, Carina Lau, Bingbing Li, Chao Deng, 2010, Hong Kong/Chine, 122m

En l'an 690, à quelques jours de l'inauguration officielle de la première impératrice de Chine, des officiels chargés de la construction d'une statue de bouddha géante meurent par combustion spontanée. L'impératrice Wu, soupçonnant que l'on complote contre elle, fait appel au seul homme qu'elle croit capable de mener à bien l'enquête, un homme qu'elle a condamné à l'exile il y a huit ans, le détective Dee. Jouissant de pleins pouvoirs, mais ayant la garde personnelle de Wu et ses détectives habituels aux talons, Dee fait face à un mystère aux apparences surnaturelles. L'enquête sera difficile et les dangers nombreux.

Satisfaction véritable devant un Tsui Hark en forme à la tête d'un excellent scénario qui mélange des personnages historiques dans une histoire abracadabrante. La direction artistique et les combats préparés par Sammo Hung sont électrisants et le mélange de prouesses martiales, de cascades avec cables et d'effets digitaux est réussit. On est médusé par les créatures fantastiques, proche du bestiaire de Miyazaki, qui s'avèrent autre. Le rythme est rapide, mais on ne s'y perd point et le montage, parfois trop frénétique chez Hark, est efficace. Les acteurs sont solides et on embarque à fond. Un excellent divertissement à découvrir. Mario Giguère

DETENTION - Joseph Kahn avec Josh Hutcherson, Dane Cook, Spencer Locke, 2011, États Unis, 88m 

Comédie d'horreur et science fiction pour ados qui se la joue postmoderne assez jouissive. Sous ce titre qui aurait pu cacher un drame de prison malsain se dévoile donc une histoire complexe, peut-être un peu trop, qui mélangera aussi le voyage dans le temps et un anti canadianisme qui se justifie dans le contexte. C'est pas mal portnawak et ca a le bénéfice de s'assumer. Bon, dans le contexte, les blagues salées sont bien innocentes et les meurtres bien gore sont comiques, tout est fait pour rigoler et on passe un très bon moment ! Mario Giguère

THE FP - Brandon Trost, Jason Trost avec Jason Trost, Lee Valmassy, Art Hsu, 2011, États Unis 

Certains films arrivent dans un festival avec du bouche a oreille fort curieux. Prenez ce The FP, que l'on m'a présenté comme un film post-apocalyptique ou deux clans sont en guerre, oh il y a aussi un rapport avec un jeu vidéo, ce qui rend craintif. Certains critiques ont semble-t-il imaginé que ce scénario se passait dans une ville épargnée par les bombes, nenni. Ca se passe donc aujourd'hui dans une petite ville américaine présentée certes de manière très absurde, ou deux clans cherchent à être champion au jeu vidéo Beat Beat Revolution. C'est donc plus proche de Rocky avec ses entrainements et ses épreuves, même si les habitants de ce petit village sembles sortis d'un film de genre des années 70, surtout avec leur répliques très colorées remplit de Yo et de Dudes. C'est absurde et ca se veut très drôle mais il était curieux d'entendre une partie du public au festival Fantasia rire à chaque plan, comme des gens de l'équipe qui feraient des "rires en boîte". Malgré tout cela j'ai passé un bon moment. Mario Giguère

FRANKENSTEIN CREATED WOMAN  aka Frankenstein Créa la Femme - Terence Fisher, 1967, Angleterre

Là, le niveau remonte en flèche. Malgré une idée de base discutable (il est possible de capturer l'âme au moment où elle quitte le corps d'un trépassé et de la transplanter dans une autre enveloppe charnelle), le scénario tient la route et se déroule sans accrocs. En outre, le film bénéficie de plusieurs scènes choc assez impressionnantes. Le baron de Cushing est, cette fois encore, plutôt sympathique, et flanqué d'un vieux toubib rigolo à la place du sempiternel jeune assistant, ce qui fournit un changement d'ambiance appréciable. Et puis surtout, il y a Susan Denberg.  Donc, en gros, trois jeunes nobliaux ivrognes tuent le père d'une jeune infirme et font accuser du crime l'amant de cette dernière, lequel est décapité. Elle-même, de désespoir, se jette à l'eau. Frankenstein récupère l'âme du premier et l'implante dans le corps de la seconde. En fait, les deux esprits semble cohabiter, et la belle n'a rien de plus pressé que de venger ceux qu'elle aimait en assassinant les trois godelureaux, à la suite de quoi, elle se rejette à l'eau. Simple et de bon goût. Et puis surtout, si je ne l'ai déjà dit, il y a Susan Denberg. Cette pauvre fille a très peu tourné et a fini très jeune dans la débine la plus totale avant de disparaître. C'est un scandale ! Au début du film, elle joue une boiteuse défigurée, et elle se débrouille quand même pour être magnifique. Après sa résurrection, Frankie lui ayant gentiment corrigé ses défauts, elle se révèle absolument superbe. Et il n'y a pas que le physique : elle est crédible d'un bout à l'autre dans son rôle. Celui de la plus jolie créature de Frankenstein de l'histoire du cinéma.

A mon avis, un des deux sommets de la série. Michel Pagel

HELLDRIVER - Yoshihiro Nishimura avec Eihi Shiina, Asami, Cay Izumi, Yumiko Hara, Kazuki Namioka. États Unis/Japon, 2010

Rikka (Eihi Shiina) vit avec son père handicapé des deux jambes, sa mère et son oncle. Rikka et son père reçoivent de mauvais traitement. Par un beau jour, Rikka entre à la maison et découvrent sa mère et son oncle qui dévorent les jambes du père après les avoir fait cuir. Les deux tentent de forcer Rikka à en manger et une querelle s'ensuit. Devant la maison, une météorite pénètre dans le corps de sa mère pour propager une invasion de zombies.

Avec un scénario comme celui-ci, nous sommes loin du film de Nicholas Cage, il s'agit plutôt de la dernière oeuvre de Yoshihiro Nishimura avec sa toujours présente Eihi Shiina. C'est fou, gore et remplient de folie. Par contre ses films finissent par devenir redondant, c'est toujours la même recette. Nous avions vu Vampire Girl vs. Frankenstein Girl et Tokyo Gore Police. Ici, c'est la même chose. Mais il y a des personnages un peu plus attachant. Le film est un croisement entre BRAINDEAD et DAWN OF THE DEAD. Divertissant. Mais celui-ci est moins redondant que les autres. Black Knight

HORNY HOUSE OF HORROR aka Fasshon heru - Jun Tsugita avec Miho Arai, Asami, Saori Hara, Yûya Ishikawa, Wani Kansai, Akira Murota, Takashi Nishina, Demo Tanaka et Tôshi Yanag, 2010, Japon

Après une partie de Baseball amateur, trois amis vont prendre une couple de verres. Sur le chemin du retour, ils s'arrêtent devant un salon de massage. La curiosité l'emporte et ils y entrent. Ils font rapidement leur choix et l'un après l'autre vont avec une sensuelle hôtesse. Après un petit massage, l'une des masseuses tranche le pénis du gars. "Il s'agit d'un salon de massage pas comme les autres" dit-elle. "Ici, c'est le salon de massage de l'enfer et personne ne s'en sort vivant".

Il s'agit d'un premier film pour Jun Tsugita. Il est un collaborateur du réalisateur de MACHINE GIRL et Il avait écrit les scénarios de TOMIE: UNLIMITED et de MUTANT GIRLS SQUAD. Il s'agit d'un budget minime qui ne compte que peu de décors, mais ils ont eu la chance d'avoir engagé trois des actrices les plus populaires du cinéma porno nippon: Miho Arai, Asami et Saori Hara. Les effets spéciaux sont réalisés par Yoshihiro Nishimura, réalisateur de TOKYO GORE POLICE, HELLDRIVER, etc. La trame est mince, mais c'est quand même divertissant puisque la recette de nudité et gore est bien exploité. Et les retournements de situations et l'humour y sont nombreux. Bref, si vous avez envie d'un film très léger, gore, sexy et drôle... On ne se trompe pas. Black Knight

IL ETAIT UNE FOIS LE DIABLE aka DEVIL STORY - Bernard Launois, 1985, France

Il y a des films qui ont la particularité de nuire de manière radicale à vos neurones, le genre qui vous grille la cervelle à chaque plan, qui vous déconnecte les terminaisons nerveuses à chaque ligne de dialogue. Et IL ETAIT UNE FOIS LE DIABLE est certainement le plus offensif de ces films! Tourné sur un bord de mer français avec des acteurs pour la plupart catastrophiques, on y découvre les mésaventures d'un couple propriétaire d'une voiture immatriculée en Floride, perdu au milieu de nul part. Après une sorte de bad trip entrecoupé de plans de chat noir, le couple trouve refuge dans un gigantesque château tenu par un bon vieux français du terroir qui leur racontera l'histoire étonnante d'un bateau qui, il y a quelques siècles de cela, disparu près de la côte après avoir fait escale en Égypte. L'orage gronde, un cheval noir surgit de nul part, un homme au visage monstrueux portant un uniforme SS dessoude du touriste, le bateau de la légende surgit soudainement d'une falaise et libère une momie au dynamisme très inspiré des statues du musée Grévin, le tout sur du Jean Sébastien Bach...

On peut le dire sans honte, ce film est un sacré bordel de série Z! Launois n'a sans doute pas pris son film très au sérieux, il n'empêche qu'il aligne les faux raccords comme un chef (voir cette scène totalement surréaliste, étalée sur la moitié du métrage, lors de laquelle le vieux châtelain tente comme il peut - c'est à dire mal - d'abattre le cheval au fusil à pompe en tirant n'importe ou) et les scènes de dialogues crétins tel une vache espagnole (...). Mais si l'ensemble est vaguement compréhensible et profondément débile, il n'empêche qu'il fait sincèrement rigoler pour qui est capable d'endurer la chose. De plus, les plus téméraires se verront récompensés par quelques scènes gores comme celle du nazillon difforme vomissant son sang durant un plan fixe de deux minutes, ou celle où le même personnage reçoit un coup de sabot de la part du cheval en plein front, ce qui a pour effet de lui ouvrir méchamment la tête. Incroyablement invraisemblable! Kerozene

ILSA, SHE-WOLF OF THE SS  aka ILSA, la Louve des SS - Don Edmonds,  1974, États Unis 

Ce film est né d'une commande passée au producteur David F. Friedman et au réalisateur Don Edmonds par les Québécois André Link et John Dunning, de Cinépix. Leur idée était simple : ils désiraient obtenir un film trash dans la lignée de Love Camp 7, qui avait très bien fonctionné commercialement au Québec. Cinépix se spécialisait d'ailleurs dans la distribution de films du genre, ayant aussi produit quelques fleurons nationaux du " bis " québécois : Valérie, L'initiation, L'amour humain, Pile ou face, Le diable est parmi nous... Link et Dunning étaient un peu les " Lesoeur " de Montréal.

Ils ont donc fourni un scénario atroce à Edmonds, en lui allouant un budget ridicule. Il tourna le film dans les décors de Hogan's Heroes, lieu qui avait également servi auparavant au tournage de Gone with the Wind. Le résultat, on le suppose, fut à la hauteur (?) des attentes de Link et Dunning : monstrueux, et certainement pas " for the easily upset ", comme le proclame la bande-annonce. Il ne faut donc pas s'étonner que la plupart des participants au film aient dissimulé leur identité sous un pseudonyme.

Le film accumule en effet scènes de sadisme sur scènes de sadisme pendant 90 minutes. Le tout présenté de façon assez explicite, dans un cadre mêlant sexe, horreur et camp de concentration nazi, donnait un cocktail assez malsain. De nos jours, un tel film aurait du mal à sortir sur les écrans nord-américains...

J'avais vu auparavant une seule fois ce film, voilà dix ans, et j'en gardais un souvenir quelque peu traumatisé. C'est donc avec une certaine appréhension que j'ai inséré la version DVD d'Anchor Bay dans mon lecteur... et laissé le tout commencer.

Vu dix ans plus tard, le film m'a paru moins " raide ", malgré le nombre impressionnant de séquences cruelles, probablement à cause de son aspect kitsch. Plusieurs scènes semblent sortir tout droit d'une BD sado-masochiste, dont toutes celles impliquant Ilsa et son bel étalon américain. Il faut la voir se pâmer devant ce bonhomme qui explique à ses compagnons de chambre consternés qu'il est une erreur de la nature, puisqu'il peut " tenir le temps qu'il veut : peu longtemps, longtemps, ou toujours ".

C'est d'ailleurs lui qui fournit l'épine dorsale du film. Il raconte en effet comment Ilsa dirige le Camp nazi # 9, destiné à fournir des prostituées pour les bordels allemands, ou à faire des expériences douteuses pour le bénéfice de la cause du Reich. Les prisonnières sont les plus maltraitées, hélas ! Les hommes, eux, doivent satisfaire Ilsa et, comme ils échouent tous, ils finissent castrés... sauf ce bel Américain qui surgit un jour, victime d'une erreur des dirigeants allemands. Il s'efforcera de faire évader les prisonniers.

En plus de l'aspect kitsch, les décors miteux évoquent assez peu l'Allemagne nazie, contrairement au second volet de la série Ilsa qui parvenait à rendre l'impression d'exotisme assez convaincante. À mon avis, c'est tant mieux, car un film du genre qui serait crédible de A à Z serait insupportable. À cet égard, je n'oublie pas le très sinistre Men behind the sun qui donne une idée approximative d'une visite guidée en Enfer...

En bref, scénario mince, on le constate, mais le but du film ne consistait pas à raconter une histoire pleine de rebondissements. Il s'agit à mon sens du plus faible volet de la trilogie Ilsa, car le plus sérieux et le moins inventif. Les deux autres iraient croissants dans le sens du délire et de l'imagination, particulièrement le dernier volet (mon favori) Ilsa, Tigresse de Sibérie, tourné à Montréal par Jean Lafleur ! Ilsa, She-Wolf of the SS demeure surtout le document ahurissant d'une époque pas si lointaine (1974) où aller au cinéma pouvait vous exposer à voir des choses que vous n'auriez jamais pensé découvrir sur grand écran...

Le DVD de Anchor Bay permet de découvrir la bande-annonce d'époque (rien d'essentiel), mais surtout une piste de commentaire audio avec Dyanne Thorne, Don Edmonds et Friedman, lesquels s'amusent beaucoup et permettent de découvrir une arrière-scène assez fascinante, aidant à considérablement dédramatiser le film. Howard Vernon

JEAN ROLLIN, LE RÊVEUR ÉGARÉ - Damien Dupont et Yvan Pierre-Kaiser avecJean Rollin, Jean-Pierre Bouyxou, Jean-Loup Philippe, Brigitte Lahaie, Nathalie Perrey, Pete Tombs, Caroline Vié, Ovidie, Philippe d'Aram, 2011, France, 72m

Si ce documentaire n'avait qu'une seule raison d'exister, ce pourrait bien être pour réhabiliter Jean Rollin, souvent montré comme bougon et de mauvaise humeur avec les curieux qui l'abordaient. Ici, il est toujours en train de rigoler et on se demande si ce n'est pas ses nombreux ennuis de santé qui le rendaient apparemment plus irascible ! C'est donc un grand survol de sa carrière auquel on a droit avec extraits, photos et témoignages des ses collaborateurs, autant derrière que devant la caméra. C'est dès le début de sa carrière de cinéaste que l'incompréhension du public et des critiques se manifeste. Élevé dans un milieu intellectuel, bercé par la bande dessinée et les romans de gare, Rollin est lui-même tiraillé par ses influences. On noua raconte la légendaire sortie du VIOL DU VAMPIRE en pleine crise de mai 68, le scandale qui s'en suit, mais aussi le succès financier, car les majors américains ont laissé tomber les exploitants de salles en cette période de crise. Rollin est dès lors marqué par le fantastique érotique, mais sa période pornographique alimentaire n'est guère une réussite, surprenamment. Ses films plus personnels sont des bides financiers, mais la vente de son catalogue à Canal + lui permet une entrée annuelle qu'il met dans la production de ses derniers films. Avec Pete Tombs qui parle de la perception plus positive du créateur dans les pays anglo-saxons, de ses aveux sur une production pour Eurociné comme LE LAC DES MORTS VIVANTS ou l'évocation de ses nombreuses publications, les anecdotes sont abondantes et on termine sur une note bien triste avec la disparition du cinéaste qui a su si bien dépeindre les cimetières peuplées de femmes nues. Un visionnement incontournable pour qui s'intéresse au cinéma de Jean Rollin et au fantastique européen. Mario Giguère

KARATE-ROBO ZABORGAR aka Denjin Zabôgâ: Gekijô-ban - Noboru Iguchi avec Itsuji Itao, Asami and Akira Emoto, 2011, Japon

Film remake-hommage a une série télévisée des années 70 qui avait la particularité de mélanger le robot transformer avec la vogue de popularité de Bruce Lee et ses arts martiaux. La première partie raconte la genèse du robot-moto, de ses adversaires et de la relation haine-amour qui se développe entre le bon et la méchante cyborg pendant que ces vilains essaient de capturer l'essence de politiciens pour les convertir en membres d'un robot géant destiné à détruire la Terre ! Bond en avant de 25 ans avec un héros vieillissant et diabétique qui apprend que son aventure très courte avec madame cyborg a donné naissance a des jumeaux dont l'allégeance bascule parfois entre le bien et le mal.

Le réalisateur avoue avoir adoré la série durant sa jeunesse et les extraits de l'original dans le générique sont surprenants de fidélité. On aurait cru que tout cela était très parodique et farfelu, en fait c'est pas mal fidele aux délires originaux. Il n'y a que cette histoire de jumeaux et de filiation qui a été collée sur la trame d'origine, une idée de roman savon plus contemporaine. C'est donc très rococo, drôle et absurde et grâce aux effets spéciaux modernes, bien jouissif pour amateurs de Tokusatsu qui ne se prennent pas trop au sérieux. Mario Giguère

KING OF DEVIL'S ISLAND aka Kongen av Bastøy - Marius Holst avec Stellan Skarsgård, Benjamin Helstad, Kristoffer Joner, 2010, Norvège/France/Suisse/Pologne,120m

Récit classique basé sur un fait vécu. Norvège, 1915, une école de réforme sur une île coupée du continent ou des jeunes vivent dans des conditions difficiles. Il y a des sévices sexuels qui se dévoileront et les plus vieux vont mener la révolte contre une direction qui ne s'occupe pas du problème.

Une misère trop souvent vue mais une réalisation très bonne et des acteurs prenants. J'ai souvent pensé au vidéoclip de la chanson Désenchantée de Mylène Farmer, spécialement dans ce final ou des jeunes s'en vont dans la neige comme vers le néant. Séquence finale très éprouvante et bien efficace. Le film est très sobre, si on devine rapidement qu''il y a abus sexuel sur les plus faibles, rien n'est montré. Les moments de révolte n'en sont que plus forts. Une réussite dans le genre. Mario Giguère

KNIFEPOINT - Jed Strahm avec Krista Braun, Katherine Randolph, Kym Jackson, Andy Mackenzie, Grant Reynolds, Scott Elrod et Chuck Borden, 2011, États Unis

À la veille de Noel, une bande de criminels font des assauts de domicile dans un quartier. Leur dernière cible est l'appartement de deux soeurs, dont l'une est handicapée.

Ce film est dans la lignée des LAST HOUSE ON THE LEFT ou encore de THE LAST HOUSE ON THE EDGE OF THE PARK, sauf que cette fois-ci, les criminels sont très bien organisés. Ils ont fait le plan du building, décrit les résidents et placer des membres dans tous les points stratégiques. Ici, il y a plus de morts, plus de victimes et encore plus de criminels qu'a l'accoutumé. Et quand des criminels meurent d'autres rappliquent pour faire leur sale boulot ! La particularité de ce film est qu'il se déroule la veille de Noel et dans un endroit qui ressemble à une ile. Le tout est divertissant, mais certaines situations peuvent manquer de logique... Bref, si ce type de film est votre genre, vous devez le voir. Le produit final est moyen, mais intéressant. La phrase sur l'un des posters est aguichante: The human body contains six quarts of blood. Prepare to see every drop. À noter que le réalisateur avait été assistant sur HOSTEL 1 et 2, alors il connait ce qui peut faire peur et il a appris les moyen pour terrifier Black Knight

Les LÈVRES ROUGES aka Le ROUGE AUX LÈVRES aka DAUGHTERS OF DARKNESS - Harry Kumel, 1970, Belgique/Italie/France/Allemagne

Valérie et Stephen, nouvellement mariés, arrivent dans un hôtel perdu au milieu de nul part. Là, ils font la rencontre d'une autre cliente, la comtesse Elizabeth Bathory, vamp glamour sortie tout droit d'un film hollywoodien des années 40 et de sa secrétaire, Ilena, tout aussi jolie. Le problème est que partout où elles vont, les cadavres s'accumulent vidés de leur sang et que les deux tourtereaux risquent d'être les suivant sur la liste.

Film d'horreur majestueux qui se rapproche plus du film d'auteur poétique que de l'horreur, DAUGHTERS OF DARKNESS est un must pour tout amateur du genre. Film de vampire sans véritable vampire, il met en vedette une jeune Danielle Ouimet dans toute sa splendeur ainsi que deux vamps comme il ne s'en fait plus, soit Delphine Seyrig (enveloppée d'une robe silver et d'un boa de plumes) ainsi qu'Andrea Rau (la séduisante secrétaire de la comtesse), pour qui on aurait souhaité un film beaucoup plus long.

La direction-photo est superbe, même chose pour la direction-artistique qui accentue le glamour de la comtesse (ainsi que de la déco de sa chambre d'hôtel). L'action se déroule à un rythme lent mais envoûtant ne tombant jamais dans l'ennui et les personnages sont assez complexes, jamais totalement bon ou méchant, ce qui rend intéressant leurs interactions.

Le film baigne dans une aura mystérieuse un peu surréaliste ce qui a comme effet d'accrocher le spectateur au risque de le rendre confus à quelques occasions (Quelqu'un peut me dire qu'est-ce qui se passe avec Stephen? Pourquoi il ne veut pas parler de sa mère? Et lorsqu'il l'appelle pourquoi c'est un homme qui répond?). Et c'est dans cette atmosphère surréel que l'action progresse vers une fin surprenante quoiqu'un peu prévisible.

Bref, si c'est pour rencontrer deux charmantes vampires dans des manteaux de fourrures et un rouge à lèvre éclatant, moi aussi je veux passer ma lune de miel au fin fond de l'Allemagne dans un hôtel constamment entouré de brumes.

À voir absolument. Mathieu Prudent

a LONELY PLACE TO DIE – Julian Gilbey avec Melissa George, Ed Speleers, Eamonn Walker, 2011, Royaume Uni, 98m

Des alpinistes sont dans une région montagneuse isolée en Écosse lorsqu'un des hommes croit entendre une voix. On découvre alors un tuyau au sol d’ou sort la voix. Le plus expérimenté reconnait un tuyau de respiration, et l’on trouve une jeune fille coincée sous terre, parlant une langue qui leur est inconnue. Il est évident que quelqu’un l'a placée là récemment et on se dépêche de faire des plans pour rejoindre le village le plus proche, pour avertir la police et remettre l’enfant en sécurité. Pour ce faire le couple plus expérimenté va couper la route par une falaise difficile pendant que les deux autres et la fille les rejoindront à pied en terrain plus accessible. Mais on les épie et on cherche à les éliminer un après l’autre.

Méchant suspense dont l’on ne dira pas plus, mais ou l’on se pose des questions toute le long ! Pour couronner le tout, certains parviendront à se rendre au village ou rien ne sera plus simple que dans la nature. Un scénario fort bien construit qui mélange ses intrigues finement, change de décor sans perdre de tension avec une brochette d’acteurs typés drôlement efficaces. Un mélange qui fait penser parfois à bien des drames d’alpinisme et de survival à la Délivrance de Boorman, mais qui a sa propre saveur. Ca décoiffe ! Mario Giguère

LOVE & LOATHING & LULU & AVANO aka Namae no nai onna-tachi - Hisayasu Sato avec Hirofumi Arai, Norie Yasui, Mayu Sakuma, Minoru Torihada, Ryunosuke Kawai et Makiko Watanabe, 2010,  Japon

Les aventures d'une jeune japonaise timide dans le milieu du cinéma porno japonais.

Réalisé par Hisayasu Sato (NAKED BLOOD), un vétéran spécialiste du Pinku Eiga (RAFURESHIA, THE BEDROOM, etc.), ce film est basé sur un roman et est tourné sur un mode plus réaliste que ses autres films. En effet, après une brève sabbatique, le réalisateur désire se détacher de ce genre. Ce film présente une jeune actrice et ses tribulations avec sa mère, une collègue, son gérant, ses collègues au bureau et les hauts et les bas de la porno. Ce film est un peu une réflexion sur les mauvaises surprises que la fréquentation du milieu de la porno peut engendrer chez une vedette montante. Le tout est très bien réalisé et est captivant. À noter, la présentation d'un jeune fan de Pinku Eiga qui ne verse pas dans la légèreté. Ce film constitue une très bonne surprise. Black Knight

MILOCRORZE: A LOVE STORY - Yoshimasa Ishibash avec Takayuki Yamada, Maiko, et Seijun Suzuki, 2011,  Japon, 90m

Trois petites histoires: Un jeune garçon au chandail vert fluo et qui vit dans une maison à la Pee-wee Herman tombe en amour avec une femme de 35 ans; Un spécialiste des rencontres hommes-femmes répond aux appels de jeunes hommes désespérés et un homme devient samouraï et part à la recherche de sa fiancée qui a été kidnappée.

Chacune des histoires ont pour thème la recherche de l'amour et des difficultés pour y arriver. Réalisé par le réalisateur de SURVIVRE STYLE 5+, ce film offre une photographie exceptionnelle que j'avoue avoir rarement vue. Et le segment sur le samouraï est incroyablement riche et comporte des scènes d'action incroyables dont un combat en mode "dance" au ralenti. Le metteur en scène affiche une très grande maitrise du médium. Sans trop en dire, je dirais que ce film sera certainement l'un des plus formidables du festival Fantasia 2011. C'est incroyablement éclaté. Je le recommande vivement. Black Knight

MONSTER BRAWL - Jesse T. Cook avec Robert Maillet, Dave Foley, Art Hindle, Jimmy Hart et la voix de Lance Henriksen, 2011, Canada

Dans un cimetière et télédiffusé à travers le monde, huit monstres classiques (Le cyclops, Frankenstein, Witch Bitch, lady Vampire, Swamp Gut, Zombie Man. Werewolf et la momie) s'affrontent dans des combats mortels sur un ring.

Habile croisement entre un Gala de la WCW et de monstres à la Santo ou à la Monster Squad, le film amuse. Les combats ne sont pas redondants et il y a des fatalités... Nous avons droit au Werewolf contre Frankenstein, Cyclops vs Witch Bitch et à la momie contre Lady Vampire et au moins 2 autres combats... Il s'agit d'un petit budget où les dollars ont été très bien investis dans les décors et les costumes. J'étais sceptique à voir le film et heureusement, je n'avais pas raison à être déçu. Black Knight

La surprise est de taille. C'est ni plus ni moins qu'un gala de lutte tel que la WWE en présente régulièrement qui est a la base du scénario de Monster Brawl. Donc, dans un endroit isolé car les monstres aiment bien être discrets, on a installé une arène de lutte dans un cimetière et on a réunit huit monstres dans deux conférences. Les Morts Vivants mettent en vedette La Momie, la Femme Vampire, Zombie Man et le Werewolf et dans le coin des Créatures: Le Cyclope, le Muck Man, The Witch Bitch et surtout, Frankenstein ! Combats inégaux direz-vous, car, oui, la foule est majoritairement en faveur de la créature de Frankenstein, mais dans la grande tradition du catch, on nous laisse dans le doute, ou plutôt, on sait que d'autres combats vont inévitablement avoir lieu !

Avec un budget de peau de chagrin, mais une équipe et des acteurs, sans parler d'une voix bien connue, qui donnent leur meilleur pour un résultat bien agréable à la fois pour l'amateur de lutte et de monstres ! L'inclusion du Cyclope comme celui de la sorcière étonne, mais ils ont des pouvoirs qui rendent leur combat intéressant, l'arbitre disparaissant assez rapidement. Comme dans tout gala on préfèrera certains combats et surtout le combat principal, mais le tout, y comprit les séquences sur les origines de chaque créature, sont fort intéressant. Les commentateurs sont hilarants ! Bref, j'ai été étonné et je vous recommande de ne pas rater ce gala fort différent et jouissif ! Mario Giguère

MORITURIS - Raffaele Picchio avec Valentina D'Andrea, Andrea De Bruyn, Désirée Giorgetti. Francesco Malcom, Giuseppe Nitti et Simone Ripanti, 2010, Italie

Cinq jeunes (trois hommes et deux femmes) à bord d'une voiture vont en direction d'un rave illégal en plein air. Arrivé à destination, il n'y a encore personne et ils décident de se faire un feu, boire et prendre un peu de drogue afin de débuter la soirée. Bientôt, les trois mâles décident de brutaliser les deux femmes et de les violer. En effet, les trois amis se révèlent être de dangereux psychopathes. Mais bientôt des soldats romains se lèvent et décident de tous les exterminer.

Le cinéma italien d'exploitation est de retour ! Il s'agit d'un premier film pour Raffaele Picchio. Son film débute un peu comme les pires scènes de Avere vent'anni, pour avoir un interlude à la Sade pour se terminer en Blind Dead. On dirait effectivement un film en 2 parties et demi. Une première partie réalisé par Fernando Di Leo ou le Wes Craven de THE LAST HOUSE ON THE LEFT et cette partie est particulièrement violente... Les deux femmes sont terriblement battues. Tellement qu'il y a eu une vingtaine de spectateurs qui ont quitté la salle. Une des deux femmes se fait pénétrer par des ciseaux et la deuxième est forcée de faire une fellation. Et ensuite, nous sommes comme dans un film de la série des Blind Dead mais réalisé par un Joe D'Amato. Cette partie est du pur slasher inspiré par les années 80. À noter que les effets spéciaux ont tous été réalisé par Sergio Stivaletti et qu'ils sont tous réussis. Par contre, la photo était particulièrement sombre... Bref, le public qui voulait de la vraie horreur sans humour à été servi. Le film est une rare pierre blanche pour le genre qui aide à nous faire croire qu'il pourrait y avoir un renouveau pour le genre. Black Knight

Voici un synopsis qui se trouve sur le site officiel qui en dit un peu sur les origines de ces gladiateurs morts vivants:

" Rome, in 73 B.C.. Spartacus led the rebellion of 200 gladiators which saw them opposed to the inhumanity which Rome had forced them into. During the riot they resisted for a long time against Roman soldiers. Few against a whole army. Some of them went crazy and started murders, rapes and violence. Spartacus punished them with death. But in those lands, when blood gets shed, they come back."

Effectivement c'est un film très violent surtout dans sa première partie qui semble interminable tellement la violence contre ces deux jeunes femmes est pénible à regarder. On se doute que la partie zombie sera plus courte car il n'y a  que cinq victimes à trucider. Un mot sur la trame sonore minimaliste qui, pour moi, a ajouté beaucoup à la lourdeur de l'ensemble. Comme un film d'horreur italien extrême des années 70-80 ou l'on se demande si on va sortir de la salle au bout de vingt minutes, ou comme son réalisateur l'a présenté: "nasty". Mario Giguère

POP SKULL - Adam Wingard avec Lane Hughes, Brandon Carroll, Maggie Henry, 2007, États Unis, 88m 

J'avoue d'emblée que je ne suis pas le public idéal pour ce genre de films. En commençant par l'avertissement que certaines scènes peuvent provoquer des crises d'épilepsie. Par erreur dans un épisode de Pokemon, je peux comprendre, par la volonté de reproduire l'état mental sous influence pharmacologique, je ne comprends pas vraiment. Ah oui, l'histoire: un jeune homme dévasté par la rupture de sa relation avec sa première blonde se tape une dépression qu'il accompagne de prises de pilules diverses en quantité à rendre zombie. Son seul ami essaie de l'aider en vain et pour couronner le tout, il semble voir ou sentir la présence ou les fantômes des meurtriers qui ont jadis habité la maison ou il réside. Obsédé par son ex, tourmenté par la victime des meurtriers, son esprit a bien de la difficulté à tenir le coup. Moi aussi.

En fait c'est très déprimant et morose, les parties paranormales ressemblant plus a des délires engendrés par sa consommation excessive de médicaments. Comme de raison, la copine de son ami veut le consoler en s'offrant à lui alors qu'elle est en état d'ébriété et ça tourne mal. En fait, le personnage s'enfonce dans la déprime et le spectateur le suit, déprimé par le film. On imagine que ca ne finira pas par le mariage, mais de là à justifier sa violence par, j'imagine, l'influence des présences négatives dans sa maison, c'est presque justifier n'importe quel acte criminel par "les voix dans ma tête".

Le réalisateur a continué dans la veine et il reste à voir s'il a trouvé des manières plus intéressantes de conter ses histoires intimes qui mélangent horreur, paranormal et problèmes de consommation. Mario Giguère

RABIES aka Kalevet - Aharon Keshales et Navot Papushado avec Lior Ashkenazi, Danny Geva, Ania Bukstein, Menashe Noy, Ran Danker. Henry David et Ofer Shechter, 2010, Israël

En forêt, alors que sa soeur est enfermée dans le piège d'un tueur en série, un homme va pour avoir de l'aide. Sur la route, il est frappé par une voiture conduite par deux hommes et deux femmes. Rétabli, il réussit à convaincre les deux hommes pour partir libérer sa soeur. Entretemps, le tueur en série libère sa soeur pour la déplacer sur son dos. Un homme et son chien rencontrent le tueur. La jeune femme parvient à s'enfuir et loge un appel à l'aide. Une voiture de police répond à l'appel et fait la rencontre des deux femmes.

Il s'agit de l'un des premiers films de genre tourné en Israël. Et le film se veut un mélange de survival et de films de tueur en série. Le film abonde de surprises et est captivant. Les personnages renferment des secrets et l'action se situe là ou on ne s'y attend pas. L'interprétation est orchestré par les plus importantes vedettes locales et ils se sont bien amusés dans des rôles qu'on leur demande peu de faire. Un film intéressant et surprenant. Black Knight,

RARE EXPORTS - Jalmari Helander avec Jorma Tommila, Peeter Jakobi, Onni Tommila, 2010, Finlande/Norvège/France/Suisse, 84m

Dans le pays ou est née la légende du bon Père Noel, des étrangers sont entrain de faire des fouilles dans une montagne. Ils creusent et découvrent, sous une couche de glace, du brin de scie. Eureka, semble dire le promoteur de l'aventure. Peu de temps après, les habitants du coin qui vivent paisiblement en capturant les troupeaux de rennes sauvages voient le cheptel de bêtes sauvagement décimé. Seul un petit garçon se doute de ce qui se passe et de ce qui a été sorti de la glace !

Il arrive parfois des films sortis de nulle part qui vous flanquent le sourire aux visages pour quelques heures ! Merci aux artisans de ce Rare Exports de m'avoir étonné et ravit avec cette fable des temps modernes absolument exquise. Les adultes y sont de grands incapables cupides, les origines du Père Noel en prennent pour leur rhume et le tout est si bien fait que l'on embarque sans trop réfléchir. Chapeau au petit Onni Tommila. Superbe. Mario Giguère

RED STATE - Kevin Smith avec Michael Parks, John Goodman, Michael Angarano, Jennifer Schwalbach Smith, 2011, États-Unis, 97m

Trois adolescents reçoivent une invitation de la part d'une prostituée sur leur réseau social. En route pour vivre une aventure, ils accrochent la voiture civile d'un policier qui se faisait faire une fellation par son amant. Ils quittent les lieux rapidement et arrivent au rendez-vous, il s'agit d'une roulotte et la prostituée d'au moins 40 ans les mets à l'aise avec des bières. Ils tombent bientôt dans un coma pour se réveiller ligotés à l'intérieur d'une messe religieuse menée par Michael Parks qui est ici un leader charismatique, vraiment extrémiste. Sur l'autel, une victime qu'ils ne connaissent pas est ligotée et est amenée à la mort. Les trois étudiants tenteront de s'enfuir... Mais cela ne sera pas facile puisque la communauté compte une vingtaine de membres... Des familles et des enfants et qu'ils sont armés jusqu'aux dents, d'armes et de la foi.

Kevin Smith livre ici un film résolument différent de ses précédents. Tout d'abord il ne s'agit pas d'une comédie à proprement parler (même si quelques éléments comiques sont amenés dans le début par les trois ados s'y trouvent... Mais les inside jokes de queues se transforment en plaisanteries sur les vagins), mais il s'agit plutôt d'un puissant, efficace et horrifique thriller qui mets en scène une secte religieuse extrémiste qui tue les pécheurs dans des cérémonies. Nous ne sommes pas loin de l'horreur. L'interprétation est excellente et la photographie de David Klein adopte un style plus urbain, réaliste et un peu moins cinéma traditionnel. Les steadycams apportent un sentiment d'étouffement et de suffocation en raison d'un huit clos que produit l'enceinte de l'église. De plus, John Goodman offre une magnifique performance dans le rôle d'un policier et pour les fans de cinéma de genre... Il y a une magnifique hécatombe. Enfin, il s'agit d'un film résolument mature de Smith qui, tout en divertissant,  offre une étude pertinente sur les intégristes religieux, les policiers et qui est à la défense des gays. Bref, il s'agit d'une réussite et d'une oeuvre très forte à regarder. Black Knight

RETREAT - Carl Tibbetts avec Cillian Murphy, Jamie Bell, Thandie Newton, 2011, Royaume Uni, 90m

Un couple arrive sur une île isolée dans un endroit ou ils sont venus il y a quelques années. De toute évidence il y a quelque chose qui cloche dans leur relation qui est très tendue. Arrive un inconnu qui leur raconte une histoire d'infection mondiale dont ils doivent se protéger et qui les forcent à se barricader. Est-ce vrai ?

Pendant et après le visionnement de RETREAT, j'ai beaucoup pensé au film 28 DAYS LATER. Comme cet autre film on est devant un film d'infectés qui joue avec les règles du genre et qui contient énormément de moments avec un sentiment de "déjà vu". Les derniers punchs m'ont déçu car ils ressemblent beaucoup trop à d'autres classiques du genre, tout comme 28 DAYS empruntait sans vergogne. Pas sans qualité car le tout est bien fait, mais il est difficile de s'accrocher aux personnages quand on sent constamment le scénariste qui nous ressert du réchauffé avec une nouvelle sauce. Quelques clichés sont irritants, le méchant est tellement méchant qu'il a des tatouages ! La femme est hystérique car elle a menti a son mari, si, elle a osé mentir et elle ne peut plus vivre avec ce mensonge qui la ronge par en dedans, argghhh ! J'ai aussi beaucoup pensé à CALME BLANC ou une jeune Nicole Kidman et son mari sur un bateau en plein milieu de l'océan voient arriver sur leur embarcation un homme qui leur raconte une histoire pas tout a fait croyable. Bref, a trop voir de similitudes, j'ai décroché trop souvent du film et son final également emprunté a un autre classique que je vais taire. Mais si vous n'avez jamais vu les films mentionné ou non mentionnés, vous devriez y trouver votre compter car la recette, pas nouvelle, soit, est tout de même bien mijotée. Ceci dit, le public du festival Fantasia a fort apprécié ! Mario Giguère

The ROBOT aka ENDHIRAN aka Robot - S. Shankar avec Rajnikanth, Aishwarya Rai, Danny Denzongpa, 2010, Inde, 155m, version originale Tamil sous-titres anglais

Le Dr. Vaseegaran a mis dix ans à créer et perfectionner un robot qu'il prévoit offrir au gouvernement pour envoyer à la guerre, épargnant des vies humaines. A l'image de son créateur, dont la mère le baptise Chitti, il est des plus efficaces, mais son manque d'émotion et un concept d'honneur que nous ne comprenons pas plus que lui, causent la mort d'une jeune femme. Vaseegaran, sur les conseils de Bora, son mentor mal intentionné, va lui inculquer des émotions qui vont aussi se retourner contre le père du robot. Non seulement Chitti ne veut plus combattre, mais il est tombé amoureux de la séduisante Sana, fiancée de Vaseegaran. Dans un accès de rage, celui-ci détruit sa création qui est récupérée par Bora qui lui implante un logiciel de destruction, Chitti n'étant pas régit par les lois de la robotique telles que prescrites par Asimov ! Le tout agrémenté de chansons, Bollywood oblige !

Que voilà une surprise des plus réjouissantes, un film à la technique des plus efficaces et une orgie d'effets spéciaux efficaces au concept parfois démentiel. Les parallèles avec Frankenstein sont nombreux, le robot critiquant l'éthique de sa genèse, interrompant le mariage de son créateur avec violence. Durant la dernière heure ce seront des centaines de robots, tous à l'image de Chitti, qui se révoltent et se "reconfigurent" en de multiples créations, de la sphère multi armée, au serpent, au robot géant. Les cascades sont alors nombreuses et impressionnantes. On en oublie presque les chansons qui parsèment le film, de véritables videoclips à la production opulente. Aishwarya Rai dans le rôle de Sana, une fiancée dont les caprices mettent constamment le robot sur la sellette, est absolument ravissante et bien aidée par une garde-robe des plus diverses et sexy. Bora, le méchant de service, est joué par un asiatique, robotique oblige. Évidemment on se plait à imaginer une version écourtée des chansons, des blagues trop faciles des assistants du professeur et de l'épilogue mielleux, ce qui couperait facilement plus d'une heure au film. Sinon, courez voir la vidéo qui circule et qui réunit les scènes le plus spectaculaires du long métrage Mario Giguère

SAINT aka SINT - Dick Maas, 2010, Pays-Bas 

Tous les 5-6 décembre est fêté St-Nicolas, un événement principalement célébré en Europe et plus particulièrement en Autriche, en Allemagne, en France et au Pays-Bas (liste non exhaustive). St-Nicolas, c'est un peu le cousin du Père-Noël: ils portent le même costume, la même barbe blanche et fournissent de cadeaux aux enfants sages en un temps record. Bref, ils sont les meilleurs amis du peuple. Sauf chez Dick Maas où le barbu devient une sorte de serial-killer d'outre tombe prenant forme tous les 5 décembre éclairé d'une pleine lune. Et le saligaud, assisté d'une horde de zombies, se met en tête de déglinguer un maximum d'innocents le temps de son passage sur Terre tandis qu'un vieux flic alcoolique ayant vu sa famille se faire trucider il y a plus de vingt ans, lui court après tout en faisant face à l'incompréhension de ses collègues décidément trop rationnels pour comprendre son obsession.

L'idée de détourner l'image rassurante et amicale du St-Nicolas - véritable institution aux Pays-Bas - est plutôt séduisante, seulement plutôt que de coller à la personnalité cauchemardesque de son monstre au design plutôt réussit, le réalisateur préfère opter pour un ton rigolard à la limite de la parodie, désamorçant la méchanceté du sujet au profit d'une légèreté finalement inappropriée que l'abondance de gore ne suffit pas à équilibrer. Déception donc, surtout après le coup du méchant Père-Noël de "Rare Exports" (autre production scandinave de 2010) à côté duquel "Saint" fait office de peine-à-jouir. Kerozene

SHIVERS - David Cronenberg, 1974, Canada 

J'ai tendance à préférer les premiers Cronenberg aux films que le cinéaste canadien nous sert depuis quelques années. Pas qu'ExistenZ ou Crash n'aient aucun attrait, mais le propos qu'y tient ce réalisateur se retrouvait déjà dans ses premiers films, souvent animés d'une ferveur et d'un dynamisme éloquent. Déjà, dans SHIVERS, on entend cette réplique : " He tells me that even old flesh is erotic flesh, that disease is the love of two alien kinds of creatures for each other, that even dying is an act of eroticism. "

Premier film de Cronenberg, SHIVERS fut réalisé grâce à l'apport de la firme Cinépix, les " Eurociné " québécois à qui on doit beaucoup de séries B de l'époque. Désireux de percer le marché américain, les dirigeants de Cinépix Link et Dunning donnèrent donc sa chance à Cronenberg, en exigeant qu'il se restreigne à 17 jours (raccords inclus) pour mettre son scénario en images.

Défi relevé, malgré le fait que Cronenberg connaissait très peu les rouages du milieu et n'avait jamais dirigé une équipe. Tourné sur l'Île des Soeurs, SHIVERS raconte les ravages d'un parasite qui, une fois absorbé par les humains, les rend victimes d'une rage sexuelle et meurtrière. Plutôt que de se concentrer sur un seul personnage, le cinéaste choisit de présenter une mosaïque de victimes, dont nous suivrons le destin...

Plusieurs aspects et signatures de Cronenberg sont d'ores et déjà visibles : 

- La musique feutrée (cette fois, ce n'est pas Howard Shore. Ivan Reitman est crédité comme responsable de la bande son, mais il s'agit vraisemblablement de library music, cette musique au mètre pré-enregistrée et disponible pour pas trop cher afin de procurer à différents films un environnement sonore : pratique courante dans les années 70)

- La présence, déjà, de la figure emblématique de l'univers cronenbergien : Robert Silverman, vu dans tous les films de Cronenberg ou à peu près. Ici, même pas crédité au générique, il surgit dans un rôle furtif d'homosexuel inquiétant

- Les thèmes, bien sûr : l'érotisme, la mort, la maladie, la fascination pour les monstres de la science...

Pour les spectateurs québécois, le fait que le film soit tourné dans les environs de Montréal ajoute une autre touche de bizarrerie, avec ces décors d'appartements 70s dont on se souvient un peu si l'on a eu la chance de visiter ces immenses tours d'habitations populaires au cours de la décennie en question.

Les effets spéciaux, pour crus qu'ils sont, demeurent efficaces et l'interprétation, souvent le fait d'acteurs peu expérimentés, voire pas du tout, demeure acceptable. On soulignera la présence de Barbara Steele, toujours efficace pour vendre un film d'épouvante, même au courant des années 70. On parlerait difficilement d'un grand retour pour la diva, dans la mesure où elle joue un rôle secondaire, mais je suppose que la promesse de voir la " sorcière " du cinéma italien interpréter une lesbienne alcoolique possédée par le stupre a dû émoustiller plus d'un spectateur, à l'époque.

Si la Steele demeure avare de ses charmes, la blonde Lynn Lowry se montre moins chiche, mais il faut dire qu'elle a de l'expérience, notamment à cause de sa participation à l'excellent SCORE de Radley Metzger où, déjà, sanglée dans un accoutrement sado-masochiste, elle se vautrait à plaisir dans un rôle d'oie blanche découvrant les joies de la luxure.

SHIVERS n'est pas un modèle de perfection. Les conditions de tournage n'ont pas aidé Cronenberg, encore débutant. Les quelques tentatives d'humour y volent assez bas et quelques moments qui se veulent effrayants deviennent presque drôles : il est quasi-amusant de voir, entre autres, un bonhomme surgir par une porte d'ascenseur et se gaver d'une substance rougeâtre (ou est-ce l'un des parasites ?) en faisant le pitre pour effrayer une mère et sa fille. Heureusement, Cronenberg se rattrape en rendant cette scène (et ses conséquences) assez malsaine.

SHIVERS demeure un film intéressant qui se veut provocateur, cherche à choquer certes, mais n'est pas dépourvu de propos. L'aspect intellectuel de Cronenberg y est sans doute pour quelque chose.

Notons que la réédition vidéo québécoise contient une bande-annonce et une entrevue assez intéressante où Cronenberg fait des révélations étonnantes. Howard Vernon

STAKE LAND - Jim Mickle avec Connor Paolo, Nick Damici, Kelly McGillis, 2011, États Unis, 98m 

On devine très rapidement l'origine du titre énigmatique, il s'agit bien du pays du pieu, celui utilisé pour tuer des vampires. Dans un monde ou une épidémie de vampirisme s'est propagée à la vitesse grand V, on suit un homme taciturne, surnommé simplement "Mister" qui recueille un orphelin avec qui il va continuer sa route vers Eden, dans le Nord. Ils seront donc aux prises avec de nombreux vampires qui rôdent partout dans le nord des États Unis et surtout une secte quasi religieuse très sauvage, sans parler des cannibales. Dans ce décor tristounet il y a bien quelques oasis de paix ou des communautés essaient de vivre en sécurité, barricadés de toute part. C'est ainsi que d'autres personnes vont se joindre a Mister, qui continue résolument vers Eden.

Scénario très classique ou les vampires ne sont pas sans rappeler les nouveaux zombies qui courent aussi vite. Classique mais très bien réalisé avec de bons acteurs et quelques trouvailles astucieuses. C'est donc à la fois une impression de déjà vu qui nous habite, une familiarité bienvenue, mais qui manque d'originalité pour frapper plus fort. Mais pas question de bouder son plaisir. On aura deviné facilement que le nouveau paradis au nord des États Unis est le beau Canada, ce qui a bien fait rire la salle de Québécois ! On est au paradis ! Mario Giguère

SUPERHEROES - Michael Barnett, 2011, États Unis, 90m

Drôle de créature que ce documentaire sur des civils américains qui décident de devenir de vrais superhéros dans leur communauté. Ils sont presque tous présenté comme des losers sympathiques, des inadaptés sociaux qui, au final, aident les plus démunis de la société sans discrimination, ce qui est noble. C'est dire que ca tire dans plusieurs directions, mais l'idée de base n'aboutie pas vraiment, en fait il y a presque erreur sur la marchandise. Sans pouvoirs spéciaux, mal appuyés par la police, ils ne font finalement pas grand chose. Faut dire que les réalisateurs multiplient le nombre effarant de superhéros nouveau genre, avec des surnoms souvent ridicules malgré le discours très sérieux et parfois pathétique des prétendus héros. Alors, oui, c'est souvent très drôle, mais on m'avait soufflé à l'oreille que c'était un faux documentaire, ce que je n'ai pas eu de difficulté à croire, les "amateurs" étant bien trop à l'aise devant la caméra. J'espère que les spectateurs savaient ou se rendaient compte que c'était de la rigolade, mais le réalisateur-scénariste joue bien ses cartes et brouille tout. Sans les costumes, on les appelait les "Chevaliers de Colomb" par ici et ils faisaient des paniers de Noel pour les démunis. Les transitions format bande dessinée sont bien faites.

Ou bien je me trompe et c'est réel et irréaliste, si vous me suivez. Mais c'est à voir. Mario Giguère

The THEATRE BIZARRE - Douglas Buck, Buddy Giovinazzo, David Gregory, Karim Hussain, Jeremy Kasten, Tom Savini et Richard Stanley avec Udo Kier, Debbie Rochon, Tom Savini, Catrina MacColl,  Lindsay Goranson, États Unis/France, 2011

THE THEATRE BIZARRE est une anthologie d'horreur et certainement l'un des films les plus attendus de Fantasia 2011. Le film compte 6 sketchs: Richard Stanley "The Mother Of Toads", Douglas Buck "The Accident", Buddy Giovinazzo "I Love You", David Gregory "Sweets", Karim Hussain "Vision Stains", Tom Savini "Wet Dreams" et chacun des sketchs est rassemblé par un sketch de Jeremy Kasten qui met en scène une jeune femme qui est attiré une nuit par un cinéma qui présente une représentation privée de poupées ayant comme hôte Udo Kier, qui puise l'énergie des visiteurs pour revenir à un état moins mécanique...

Comme toute anthologie d'horreur, les sketchs sont inégaux. Mais j'ai trouvé personnellement que chacun était d'une excellente qualité. De l'avis général, celui de Richard Stanley (DUSK DEVIL) est le meilleur et il faut dire qu'avec une absence de près de 7 ans, il a eu la chance de mûrir une idée pas mal neuve. Dans son sketch, Catrina MacColl (THE BEYOND) offre une solide et étonnante performance, mais les effets chocs sont un peu mièvres. Ce qui n'est pas le cas de celui de Tom Savini dont la réputation n'est plus à faire dans le domaine du slasher. Son sketch WET DREAMS comporte une bonne dose de supplices et de sexualité offert par Debbie Rochon. Son sketch a un très bon esprit année 80-90 et plaira certainement aux fans nostalgiques. Buddy Giovinazzo (COMBAT SHOCK) présente un homme qui est tourmenté par le désir de sa femme de se séparer, le thème est d'actualité et est assuré par son style. Un style plutôt clinique. Douglas Buck, nous gratifie du sketch qui va au plus opposé de l'ensemble et est le plus sobre. Mais dispose de l'une des plus belle photographie. Un sketch qui peut paraitre terne et en dessous des autres puisqu'avec moins d'action, mais qui est d'une excellente facture. Karim Hussain nous présente peut être le sketch le plus trash du lot avec une tueuse en série qui, avec l'aide d'une aiguille, transperce l'oeil de se ses victimes, pour se l'injecter dans son propre globe oculaire pour absorber les souvenirs de ses victimes et conserver leur mémoire. Comme Karim l'a dit à la conférence, son épisode regroupe deux de ses thèmes préférés: les femmes et les yeux. Un sketch que j'ai beaucoup aimé pour son coté sombre et nasty. Mais les scènes d'injection peuvent être redondantes. Et enfin, David Gregory (PLAGUE TOWN, dirigeant de la cie SEVERIN et réalisateur de plusieurs extras sur les dvds d'Anchor Bay et de Blue Underground) nous présente deux amateurs de sucreries. Ce couple vit un différent amoureux et plaira certainement aux fans de gore et du film THE COOK, THE THIEF, HIS WIFE AND HER LOVER. Il est à noté que le montage été réalisé par Douglas Buck, que les segments de Buck et Hussain ont été tourné au Québec, qu'Hussain (qui s'est beaucoup amélioré comme directeur de la photo) éclaire au moins 4 épisodes et que l'illustre Jean-Pierre Putters participe ici comme producteur. En conclusion, j'ai été bon public et j'ai apprécié le film et ma soirée. J'ai eu ce que je désirais. Il est à noter qu'il est peut être possible qu'il y est des épisodes subséquents. Black Knight

Film à sketch dont la bande annonce donnait le ton: on va vous choquer coûte que coûte ! Une approche qui ne m'émeut guère, a priori. Heureusement l'ensemble est très disparate. Le récit qui emballe le tout se passe donc dans ce cinéma bizarre et je n'aï pas trop comprit si les histoires étaient racontées a la spectatrice ou montrées sur écran. "Bref on commence avec Mother of Toads de Richard Stanley, adaptation d'un récit lovecraftien de Clark Ashton Smith. Avec la comédienne fétiche de Lucio Fulci, Catriona McColl, dans le rôle titre. Un récit classique et efficace, une ambiance terrible et des comédiens dans le ton avec une réalisation efficace. Seule bémol, personnellement la "vision des crapauds" avec ses plans manipulés a la vidéo a tendance à nous faire décrocher par sa modernité. Mais une belle réussite co-produite par la bande de Metaluna. I LOVE YOU raconte la séparation difficile d'un homme hyper jaloux et sa femme hyper libertine. Ca s'annonce mal des le départ et fait penser a du Zulawski. Le segment de Douglas Buck est plus poétique que macabre et concerne l'apprentissage de la mort pour une jeune fille étrangement solide. En tout cas chapeau a cette jeune actrice, formidable et la réalisation toute en subtilité de Buck. La réalisation de Tom Savini, qui n'est pas aux commandes des effets spéciaux qui sont pourtant sanglants, offre pour sa part une histoire de couple qui ne va pas bien et surtout un homme qui fait des cauchemars récurrents ou il se fait couper ses parties les plus intimes. Humour noir qui gicle ! Le court de Karim Hussein tourne autour d'une science qui semble sortir d'un autre siècle et propose l'idée que le liquide a l'intérieur de l'oeil peut-être transféré d'une personne a une autre, qui recevra toutes les images fortes de sa vie. Au-delà du désir de choquer avec de la nudité gratuite et du sang, l'épilogue est somme toute prévisible. Ca se conclut donc avec un dernier court qui présente un autre couple dysfonctionnel, dont la pathologie est peu banale, ils aiment tous les deux se gaver de sucreries. Mais voile, madame s'est lassée de la relation et monsieur ne peut s'imaginer sans elle. On devine que ca va mal finir car la redondance est bien naturelle et les femmes ont le fort mauvais rôle dans ce film. Retour final avec un Udo Kier qui joue l'automate qui prend vie.

Inégal mais au final bien satisfaisant et j'aimerait bien revoir Richard Stanley aux commandes d'un long métrage ! Mario Giguère

TOMIE: UNLIMITED aka Tomie: Anrimiteddo - Noboru Iguchi avec Maiko Kawakami, Miu Nakamura, Kensuke Ohwada, 2011, Japon, 85m

Reboot pour la franchise Tomie avec la volonté de se rapprocher de la bande dessinée originale et de son côté grotesque. Ca commence donc comme le premier volume de la saga, avec une Tomie qui flirte et qui rencontre une mort rapide. Un an plus tard, elle sonne à la porte de sa famille, qui ne pose pas trop de questions trop heureuse de la revoir. C'est le début du cauchemar pour sa soeur, Tsukiko, qui va découvrir la vraie nature de cette fille monstrueuse, avec regret.

Uguchi reprend avec succès l'histoire de Tomie qui s'était éloignée des origines bédéesques trop rapidement. C'est donc avec sa propre interprétation qui filtre au travers du scénario, qu'il nous arrive avec cette femme monstrueuse qui prend plusieurs formes dans ce récit qui a parfois aux allures de Lewis Carroll. Car ce qui distingue ici de l'oeuvre de Jinju Ito c'est bien de savoir si Tomie n'est pas issue de Tsukiko, comme une manifestation de son mal de vivre, une créature née de l'inconscient malade de la jeune fille timide qui aurait engendré une créature immortelle, sans empathie, cruelle avec tous. Avec un mélange d'effets spéciaux traditionnels et digitaux bien réussit. Mission accomplie pour le réalisateur. Mario Giguère

The TROLL HUNTER aka Trolljegeren avec Otto Jespersen, Glenn Erland Tosterud, Johanna Mørck, 2010, Norvège, 103m

Trois étudiants universitaires débutent un reportage vidéo, caméra à l'épaule, pour tenter de retracer un braconnier qui extermine des ours en Norvège. Ils trouvent Hans, le suivent et le harcèlent longtemps et le traquent en forêt de nuit. Ils entendent alors de drôles de bruits, voient des flashs de lumière et Hans qui court vers eux et le cameraman est certain qu'il a crié TROLL ! Qu'est-ce que ca veut dire ? Hans lâche le morceau et leur avoue qu'il est chasseur de Trolls, qu'il travaille pour le gouvernement et qu'ils leur parle uniquement parce que la profession est difficile, mal payée et fort dangereuse et que quelqu'un doit savoir. Oh, il y a aussi le fait que les Trolls sont plus agressifs que la normale et qu'il veut comprendre pourquoi.

Un autre film tourné en vidéo avec la caméra qui bouge sans cesse, que je me disais, pseudo véritable, pas encore un. Erreur ! Celui-là, il est fichtrement bien fait et très drôle. Notre curiosité est aiguisée par cette idée saugrenue, qui sera bien développée, un concept impossible de nos jours auquel on arrivera à croire dans le cadre du film. Chasseur de Troll ! Une vaste conspiration gouvernementale, un homme seul et plusieurs races de bestioles dont on nous apprendra les moeurs et qui nous semblent de plus en plus des victimes plus le temps passe. Inévitablement, j'ai pensé à cet autre film de Norvège, Rare Exports, qui lui aussi parle d'un sujet impossible, le Père Noel, et nous y fait croire. Deux qualités sont essentielles: les effets spéciaux sont vraiment bien faits et l'humour pince-sans-rire frappe le mille. Otto Jespersen dans le rôle d'Hans, trolljegeren, ou chasseur de Trolls, garde un visage de marbre avec des dialogues qui frisent la folie et qui devraient le mener à l'institut psychiatrique dans d'autres circonstances. Le tournage a dû être farci de reprises. Alors on pense à The Blair Witch Project qui avait cette qualité d'être tourné dans le plus grand sérieux. Ces créatures en titres sont fascinantes et absolument tordantes, déformées, caricaturales et pourtant, "filmées de nuit" elles sont plus vivantes que bien des créations digitales de ces dernières années. L'épilogue est totalement exquis. Je ne vous en dirai pas plus, sauf que c'est uni film à découvrir. Mario Giguère

UNDERWATER LOVE - Shinji Imaoka, 2011, Japon/Allemagne

Asuka, ouvrière travaillant dans le poisson, s'apprête à convoler en noces avec son patron fou amoureux d'elle. Alors que son avenir semble tout tracé, sa vie prend un tournant singulier le jour où elle fait la rencontre d'un kappa, en fait la réincarnation d'un de ses amis d'enfance mort noyé lorsqu'ils étaient adolescent.

"Underwater Love" présente un mix de fantastique, de comédie musicale et de pinku étonnant de légèreté; une sorte de fable farfelue pour adulte, légère comme un nuage, drôle comme un Woody Allen nippon et contradictoirement sérieusement décalée (voir l'énorme sexe difforme du kappa), le tout enrobé de quelques passages chantés heureusement parfaitement intégrés et signés Stereo Total. Fort de ses qualités, et malgré son micro budget, le film se paie le luxe d'une photo signée Christopher Doyle (la plupart des Wong Kar Wai, mais aussi "Hero", "Paranoid Park" ou "Lady in the Water"), lui attribuant un rendu velouté des plus appropriés. Les amateurs de pinku purs risquent de se sentir floués par le peu de scènes de sexe - même si celles-ci sont très réussies - quant aux accros de comédies musicales, "Underwater Love" risque de leur sembler beaucoup trop cru. Le film de Shinji Imaoka échappe finalement à l'étiquetage simpliste, et ce n'est pas la moindre de ses qualités. Kerozene

UN GENIE, DEUX ASSOCIES, UNE CLOCHE aka A GENIUS, TWO PARTNERS, AND A DUPE aka A GENIUS, TWO FRIENDS AND AN IDIOT aka NOBODY'S THE GREATEST aka THE GENIUS; TRINITY IS BACK AGAIN aka UN GENIO, DUE COMPARI, UN POLLO- Damiano Damiani avec Terence Hill, Robert Charlebois, Miou-Miou, Patrick McGoohan, Klaus Kinski, 1975, Italie/France/allemagne de l'Ouest

Terence Hill incarne Joe Merci, un pistolero solitaire pouilleux mais charmeur, du genre pas très éloigné de son personnage de Personne (ce film fut d'ailleurs vendu comme une suite de MON NOM EST PERSONNE dans certains pays, comme l'Allemagne). Après un duel absurde avec Doc Foster (Klaus Kinski, qui fini castré en atterrissant sur la selle de son cheval), Joe met sur pied un plan pour dérober 300'000 dollars à l'armée américaine. Son plan, il l'élabore avec l'aide plus ou moins volontaire du métis Locomotive (Robert Charlebois), de la gironde Lucy (Miou-Miou) et d'un truand appelé Jerry Roll. Mais le capitaine Cabot (Patrick McGoohan) ne compte pas laisser ce petit futé de Joe Merci s'en tirer sans difficulté... Bien au contraire...

Alors que le western est sur le point de finaliser son déclin, Sergio Leone s'allie une dernière fois au genre en produisant ce qu'il espérait voir devenir un grand film dramatico-social parsemé de romance et d'humour. Muni d'un casting international, bénéficiant d'un tournage à Monument Valley, le film se voulait au départ bien plus ambitieux qu'il ne l'est. Et s'il traite effectivement de plusieurs sujets sensibles tels que la colonisation des indiens d'Amérique, de la tolérance des métisse ou même des conséquences d'un capitalisme montant, il s'avère au final aussi léger que la plupart des westerns comiques de l'époque, c'est-à-dire rarement fin, bon enfant et finalement sans prétention aucune. Selon Jean-François Giré dans son livre « Il était une fois le western européen », on apprend que Leone aurait admis avoir fait une erreur en confiant le film à Damiano Damiani qui n'était finalement pas fait pour aborder un film sur le ton de la comédie. Il suffit en effet de revoir EL CHUNCHO pour s'en rendre compte. Cependant, UN GÉNIE,...  n'est pas non plus une purge et se regarde plaisamment. On se laisse bercer par la musique de Moriconne, on sourit à l'humour enfantin et on profite de la dernière scène de western jamais tournée par Sergio Leone, puisqu'il mit en boîte lui-même la séquence d'ouverture. Rien que pour ça... .Kerozene

URBAN EXPLORER - Andy Fetscher avec Nathalie Kelley, Nick Eversman, Klaus Stiglmeier, Catherine de Léan, Brenda Koo, Max Riemelt, 2011, Allemagne, 88m

Ca semblait bien intéressant cette histoire de touristes qui vont faire le l'exploration urbaine à Berlin. Ils vont donc suivre un guide qui les amène dans des tunnels rarement visités ou carrément condamnés pour rejoindre un bunker nazi plein de peintures et de souvenirs de l'époque de la deuxième guerre mondiale. Primo, les touristes de différentes nationalités sont franchement épais et ne sauront jamais réagir calmement quand ca ira mal, quand ils ne provoquent pas leur propre malheur. Secundo, on va rencontrer un vieil allemand de l'est qui croit que le mur de Berlin n'est jamais tombé mais qui semble avoir vu les récents films de torture.

Ce qui semblait original et qui l'est surtout par son décor inusité ressemble étrangement au film britannique THE CREEP. Contrairement à une Franka Potente pour laquelle on espérait qu'elle s'en tire, ici rien à cirer de ces personnages indigestes qui ne se rendent compte de rien. N'empêche que le vilain a un méchant look et qu'il vole le show. Mais des sadiques qui torturent de supposés innocents, ca commence à en faire pas mal qui se promènent sur pellicule. Mais si vous êtes amateur du genre, ca fait la job, come on dit ! Mario Giguère

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