Les légendes nordiques florissent en Finlande, du Renne Blanc aux Exportations Rares, de Lordi aux parodies, du comique au tragique. 

DARK FLOORS - Pete Riski avec le groupe Lordi, Skye Bennett, Dominique McElligott, 2008, Finlande

Une jeune fille autiste et son père qui veut la sortir de l'hôpital sont dans un ascenseur avec une infirmière, un gardien de sécurité, un vieil homme et un homme d'affaire. Lorsque l'ascenseur bloque et que finalement les portes s'ouvrent, tout ce beau monde est dans une autre dimension, tout est sale, il y a plein de morts et des démons qui essaient de leur faire peur.

Lordi est ce groupe heavy metal qui a remporté le concours Eurovision en 2007. Succès qui leur a permit de tourner ce film qui ressemble comme deux gouttes d'eau à un SILENT HILL des pauvres. J'ai rit plus souvent qu'autrement, et je n'étais pas le seul, devant une enfilade de clichés de films d'horreur que le moindre scénariste compétent aurait retravaillé. Beaucoup d'argent, pas d'idées. En plus le look des démons, comprenant le démon en veste de cuir, n'est pas vraiment original, au départ. L'abondance d'effets numériques ne peut cacher l'absence de talent. Le réalisateur, qui a surtout fait les clips du groupe auparavant, n'arrive pas à tirer grand chose de tout cela. En plus les acteurs ne font pas vraiment le poids en commençant par la jeune fille, pas très bien dirigée. Risible ou triste, c'est selon le spectateur. Mario Giguère

JADE WARRIOR aka JADESOTURI - Antti-Jussi Annila, 2006, Finlande/Chine/Pays-Bas/Estonie

Ce film d'origine principalement finlandaise (mais coproduit avec les Pays-Bas, l'Estonie et la Chine) a pour originalité de fusionner une légende du folklore local, celle de Kalevala, avec le film de kung-fu à grand spectacle façon Zhang Yimou. Dans la Finlande de nos jours, un forgeron raté au physique de lavette se voit soudainement plongé dans une histoire dont les origines remontent à quelques milliers d'années, lorsque notre héros était un guerrier arpentant les terres de Chine et que son cœur était pris d'amour pour une femme désabusée. A grand renfort d'interminables bla blas entrecoupés de quelques scènes de bagarres ralenties à l'extrême entre l'âge du fer et notre époque, JADE WARRIOR nous conduit vers un mélo fantastique sirupeux honteusement déguisé en film d'action. C'est après un final abracadabrant et profondément moche où notre forgeron parvient enfin à forger que l'on peut enfin prendre un peu de recul pour reprendre ses esprits et réaliser que ce qui aurait pu être - avec du culot - un petit coup de génie fut stupidement sabordé pour plaire à la masse. Fans d'épopées épiques et de bastons aux sabres, appelez vos mères, car JADE WARRIOR est calibré pour elles - pour peu qu'elles soient clientes des soap opera de l'après-midi. Et dire que c'est en passe de devenir le plus gros hit du cinéma finnois...

Site www.jadewarrior.net  Kerozene

RARE EXPORTS - Jalmari Helander avec Jorma Tommila, Peeter Jakobi, Onni Tommila, 2010, Finlande/Norvège/France/Suisse, 84m

Dans le pays ou est née la légende du bon Père Noel, des étrangers sont entrain de faire des fouilles dans une montagne. Ils creusent et découvrent, sous une couche de glace, du brin de scie. Eureka, semble dire le promoteur de l'aventure. Peu de temps après, les habitants du coin qui vivent paisiblement en capturant les troupeaux de rennes sauvages voient le cheptel de bêtes sauvagement décimé. Seul un petit garçon se doute de ce qui se passe et de ce qui a été sorti de la glace !

Il arrive parfois des films sortis de nulle part qui vous flanquent le sourire aux visages pour quelques heures ! Merci aux artisans de ce Rare Exports de m'avoir étonné et ravit avec cette fable des temps modernes absolument exquise. Les adultes y sont de grands incapables cupides, les origines du Père Noel en prennent pour leur rhume et le tout est si bien fait que l'on embarque sans trop réfléchir. Chapeau au petit Onni Tommila. Superbe. Mario Giguère

Le RENNE BLANC aka Valkoinen peura - Erik Blomberg avec Mirjami Kuosmanen, Kalervo Nissilä, 1952, Finlande, 65m

Une jeune femme meurt en donnant naissance à une petite fille en Laponie pendant que le narrateur nous conte la légende du Renne Blanc qui se dévoilera devant nous. La petite devient une très belle femme convoitée, Pirita, qui épouse Aslak, éleveur de Rennes dans ce royaume de neige ou l'on se déplace à ski ou en toboggan tiré par des rennes. Pirita trouve que son mari la délaisse trop et elle va rencontrer le shaman pour avoir un élixir d'amour. Il fera effet lorsqu'elle tuera le premier être vivant qu'elle rencontrera après avoir bu la potion. C'est le jeune renne blanc que son mari lui a confié qui sera la victime, sacrifié au dieu de pierre. Pirita ne se doutait pas avant de rencontrer le shaman que sa mère était sorcière et qu'elle a hérité de ses dons. La belle va étrangement se transformer en renne blanc pour séduire les chasseurs qu'elle mord et tue tel un vampire. La peur s'empare du village et malgré leur foi chrétienne, les peurs ancestrales et légendes animistes refont surface et les hommes préparent les armes blanches, seules capables de tuer la bête.

Une autre belle sortie chez Artus Fils, un drame fantastique d'une beauté envoutante avec une interprète remarquable. Mirjami Kuosmanen est à la fois d'une beauté fascinante autant qu'elle devient la sorcière démoniaque qui glace le sang. Il faut évidemment embarquer dans un film au rythme plus lent qu'un thriller actuel et l'idée même d'une renne-garou en fera sourciller plusieurs, mais la mise en scène et la photographie sont superbes et la représentation du shamanisme plutôt unique. La musique revient constamment rythmer le métrage tel un mantra qui ajoute à l'atmosphère d'un autre monde. Je retiens entre autre une scène magnifique ou Pirita est dans l'église, à la fois entourée des villageois, mais isolée par la mise en scène et l'éclairage, qui rappelle autant les oeuvres de Fritz Lang ou Mario Bava. Jean Cocteau décerne au Renne blanc le Prix International du film légendaire au Festival de Cannes en 1953.

"Le chamanisme au cinéma", par Georges Foveau est offert en supplément. L'entretien de 45 minutes propose un tour d'horizon par ce spécialiste très articulé se concentrant notamment sur la filmographie de John Boorman. Le dernier tiers est consacré au Renne Blanc. On en redemande. Mario Giguère

STAR WRECK: IN THE PIRKINNING - Timo Vuorensola, 2005, Finlande 

Le Capitaine Pirk, coincé dans le passé sur la planète Terre sort de l'ombre, fait construire les vaisseaux dont il a besoin en Russie et devient empereur de la Terre ! Malheureusement il doit faire face aux problèmes quotidiens comme la famine, la pauvreté ou la surpopulation. Lorsqu'un vaisseau inconnu est abattu, on découvre une faille spatiale qui mène vers des mondes habitables. L'armada est en route vers l'univers parallèle de Babylon 13. Mais l'offre de paix et l'offrande de la virginité de la seconde du commandant de la station ne sont-ils pas un piège ? Tant pis, Pirk ne peut résister...

Cinq étudiants Finlandais, 300 extras et sept ans et hop, un long métrage en forme de parodie du choc des univers de Star Trek et de Babylon 5 ! Et le meilleur de l'affaire, c'est la qualité de l'ensemble, on rit et on est aussi impressionné par les effets spéciaux, de quoi rendre jaloux les séries B et A de ce monde ! Encore mieux, le film est offert gratuitement sur internet, alors ne vous privez pas d'une bonne rigolade et d'un bon film tout court: fi3.starwreck.com  Mario Giguère

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Web www.clubdesmonstres.com

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