mise à jour le 1 juin 2010

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Le NÉCROPHILE - Philippe Barassat, 2004, France, 38m

Un homme au look de Nosferatu dépressif aussi vivace qu'un mollusque asthmatique se nourrissant d'insectes grâce à une langue reptilienne, se voit confier la garde d'une fillette de dix ans car il se trouve être son seul aïeul encore en vie. Cette présence le perturbe quelque peu dans ses activités nocturnes durant lesquelles il sort déterrer des cadavres de femmes pour les aimer. D'abord mal à l'aise auprès de cet étrange personnage, la petite fille est prise de compassion et de tendresse pour son vieux cousin malade lorsqu'elle découvre son penchant nécrophile.

En à peu près 40 minutes, Barassat fournit un film hommage à l'expressionnisme étonnement tendre sur un sujet à priori révoltant, d'autant plus qu'il intègre de manière quasi imperceptible la notion de cannibalisme mais surtout - et de manière nettement plus flagrante, celle de pédophilie. Pas étonnant après ça qu'il a eut à découdre avec les autorités pour mener à bien son projet. Pourtant, le film ne sombre jamais dans la vulgarité ou l'abjecte. Amateurs de NEKROMANTIK de Buttgereit et autre AFTERMATH de Cerda, passez votre chemin. Car si le film dérange la France bien pensante, il ne vous choquera nullement. Il reste étonnant, drôle, tendre, osé et poliment provocateur, et se permet un final onirique que les amateurs de fantastique apprécieront.  Kerozene

NEMO aka DREAM ONE - Arnaud Sélignac, 1984, France/Angleterre/États Unis

Au début des années 1980, quand la France voulait faire du cinoche à l'américaine, elle livra quelques titres ovnis qui furent des bides monumentaux au box-office national. Certains se souviennent du resucage féministe d'INDIANA JONES qu'est l'extraordinairement frappadingue GWENDOLINE et sa cité d'amazones sado-masochistes qui valut à Just Jaeckin de mettre un terme à sa carrière de réalisateur. La même année, les écrans tricolores ont eu l'immense (!) plaisir d'accueillir ce troublant NEMO et son casting haut de gamme. mais de quoi ça parle ?

Nemo est un petit garçon qui se voit propulser dans un monde imaginaire. Un univers désertique au ciel sombre et bordé d'un océan, habité par un jeune débile et son gorille blanc hystérique (et avec Dominique Pinon sous le pelage). Cet étrange couple vit dans l'épave du Nautilus et accepte rapidement l'intrusion du jeune Nemo dans leur vie. Mais bientôt leur quotidien se verra troublé par l'arrivée d'une princesse malheureuse fuyant son royaume (Mathilda May) et courtisé par nul autre que le justicier Zorro (Harvey Keitel). Ce ne serait rien si un explorateur bourgeois d'un pays de l'Est (Michel Blanc) ne venait mettre son grain de sel là-dedans, d'autant plus que la soudaine arrivée d'une soucoupe volante pilotée par l'extraterrestre Carole Bouquet en tenue "H.R. Giger" n'arrange en rien les choses. Nemo, par amour envers la belle princesse, grandit de 12 ans en une minute et prend ainsi l'apparence de JasonConnery (le fils de...), ce qui ne plaît absolument pas à Zorro qui commence à faire la gueule.

Tout de suite, on se rend compte que NEMO est un film quelque peu déroutant. Incompréhensible et trop hystérique pour les jeunes enfants (entendre le gorille blanc hurler à tue-tête est un réel supplice), trop naïf et incompréhensible pour les adultes. Autrement dit, NEMO n'a pas de public cible, un comble pour un film à caractère commercial - mais la présence du réalisateur rebelle John Boorman au poste de producteur y est sans doute pour quelque chose. Aujourd'hui, il reste un visionnement étrange et décalé, une sorte d'erreur cinématographique pleine de couleurs sombres et de décors minimalistes dans lesquels de prestigieux acteurs incarnent des rôles qu'ils n'auraient jamais eu l'occasion de tenir autrement. Une véritable curiosité... Kerozene

NE NOUS FÂCHONS PAS aka Let's Not Get Angry - Georges Lautner avec Lino Ventura, Jean Lefebvre, Michel Constantin, Mireille Darc, Sylvia Sorrente, Tommy Duggan, Thierry Thibaud, France Rumilly, André Pousse, Robert Dalban, 1966, France, 100m

Antoine Beretto est un ancien truand recyclé dans la vente et la location de transports maritimes. Deux de ses anciens amis lui rendent visite et font appel à lui pour les aider à passer la frontière. Comme compensation financière pour ce service, les deux hommes chargent Antoine de récupérer une forte somme d'argent que leur doit un dénommé Michalon. Antoine se rend donc chez le débiteur en question, mais tombe face à face avec un homme armé qu'il se voit forcé d'abattre dans la chambre de Michalon. Cet homme armé se trouve à être à la solde d'un Anglais surnommé le Colonel qui tient à liquider Michalon par tous les moyens. Celui-ci ne pouvant payer Antoine, l'ancien truand l'emmène donc avec lui d'ici à ce qu'il puisse le rembourser. Antoine cache alors Michalon chez un ami, Jeff, mais les trois hommes sont la cible d'attaques constantes des hommes du Colonel. Aucune entente n'étant possible et devant l'acharnement du Colonel à vouloir tuer Michalon, Antoine se décide finalement à passer à la contre-attaque et avec l'aide de Jeff, il entreprend d'éliminer le Colonel et ses hommes.

Après "LES TONTONS FLINGUEURS" et "LES BARBOUZES" et toujours sous le signe de la détente assurée, cette troisième collaboration Lautner-Audiard-Ventura se veut une amusante farce bien menée. Le film se déroule effectivement à vive allure et comporte sa large part de gags pétaradants, de scènes d'actions amusantes et de mots d'auteur truculents tirés de l'esprit du légendaire dialoguiste Michel Audiard, toujours en grande forme. La réalisation, la couleur et le format Techniscope sont magnifiquement utilisées en plus de contribuer à l'atmosphère satirique du métrage. L'humour et les cascades ne manquent jamais de piquants, tous comme les rebondissements "explosifs" si l'on peut dire, ce qui aide à faire passer sans que l'on s'en rende compte la grosseur exagérée des situations. Le ton léger et la décontraction du jeu des interprètes, notamment celle du quatuor vedette composé de Ventura, Lefebvre (toujours à l'aise dans la peau d'un idiot innocent!), Constantin et de la pétillante Mireille Darc, viennent compléter la réussite de ce divertissement pas piqué des vers. Amusement garanti!! Mathieu Lemée

NI POUR, NI CONTRE (BIEN AU CONTRAIRE) - Cédric Klapisch avec Marie Gillain, Vincent Elbaz, Zinedine Soualem, Simon Abkarian, Dimitri Storoge, 2002, France, 1h51

Caty, une jeune fille de 27 ans, travaille depuis quelques années comme caméraman pour le journal télévisé. Elle fait bientôt la rencontre d'une bande de malfrats qui ont besoin de quelqu'un pour filmer leur prochain braquage. Elle accepte leur proposition et découvre la vie de ces déroutants gangsters, aussi hâbleurs que peu "professionnels".

"Ce film est un mélange bâtard de Melville et de Max Pécas", avait écrit un critique français au moment de la sortie du film, pour signifier tout son scepticisme à propos de ce polar de Cédric Klapisch. La double comparaison n'est pas absurde, loin de là, mais le charme incontestable de ce NI POUR, NI CONTRE (BIEN AU CONTRAIRE) vient précisément de cette incertitude. Incertitude du cinéaste, qui ne veut sacrifier ni la parodie (les gangsters sont moqués gentiment, un peu comme dans les comédies anglaises de Guy Ritchie), ni l'action (les scènes de casse sont correctement troussées). Incertitude de l'héroïne : font-ils ces coups "pour de faux" ou "pour de vrai", c'est en effet la question que semble se poser Caty (désirable Marie Gillain, dans un rôle d'"anti-bimbo"), qui n'est pas insensible au charme du chef de la bande. La jeune fille va devenir leur complice, quitte à risquer la prison. Elle acceptera même de participer à un dernier gros coup avec la bande : l'attaque d'un dépôt de transfert où sont garés des fourgons blindés remplis d'argent. Caty aura pour mission de séduire le patron du dépôt.

Tourné rapidement, entre deux productions à gros budgets, ce film à la facture modeste mais soignée dégage un charme certain, qui nous fait oublier les relatives invraisemblances du scénario (enfin... à côté d'un blockbuster hollywoodien, ça reste un chef d'œuvre de réalisme). Les comédiens masculins en font parfois un peu trop, mais le côté "film de copains" rachète en partie ces excès. Vincent Elbaz s'avère bien plus supportable dans ses habits de bandit "tarantinesque" que dans ses habituels rôles de bellâtre conciliant. A noter le second rôle de la vamp Natacha Lindinger (trop rare dans le cinéma français, par manque de réalisateurs de polars ?) et le bref cameo de la très bandante starlette allemande Diane Krüger (devenue depuis Madame Guillaume Canet à la ville, et à l'affiche de TROY), en danseuse de cabaret (dans une scène très "melvillienne"). Bref, une sympathique - sinon inoubliable - façon de passer 110 minutes... Stelvio

LA NUIT DE LA MORT - Raphaël Delpard 1980, France, 1h32

Martine est une gentille et jolie jeune fille qui, un matin, lasse du chômage, fout le camp de chez son fiancé pour aller travailler dans un foyer de petits vieux. Elle y rencontre le jour même Nicole, une grande gueularde qui occupe les mêmes fonctions qu'elle, et fait la rencontre de quelques-uns des pensionnaires et du patibulaire homme à tout faire de l'endroit. Le soir, elle dort mal, et le lendemain Nicole a disparu. Martine se rend compte qu'avec chaque jour qui passe, les vieux ont l'air de plus en plus excentriques, et il se passe là de drôles de choses... Ce mystère sans prétention surprend. D'abord par sa provenance; tout le monde sait que la France ne raffole pas de fantastique. Ensuite par ses contrastes; on allie un scénario fort intéressant et original à des éléments techniques plutôt faibles. Les acteurs sont insignifiants pour la plupart, mais ils ont des dialogues plutôt vifs en bouche. Les cadrages et angles de caméra sont peu communs, mais les faux raccords pleuvent et le son est mauvais, inégal. La musique, d'abord agaçante et répétitive, devient vers la fin du film hypnotique et prend une signification toute particulière. Isabelle Goguey est mignonne comme tout en petite infirmière, et il est dommage qu'elle ne se déshabille pas davantage. Quelques scènes sont vraiment réussies, mais il y a toujours une petite faiblesse technique qui survient pour nous rappeler que rien n'est parfait. Dommage, car les prémisses promettaient un film hors du commun. Orloff

Qu'avons-nous là ? Un petit thriller fantastique français qui est des plus agréable. Le scénario est des plus banal, le "punch" est même dévoilé dans les quinze premières minutes du film, mais le réalisateur a quand même réussi à créer une très belle ambiance qui garde notre visage collé sur l'écran. On peut bien sûr le blâmer de certaines longueurs et de quelques scènes de remplissage, mais tout est pardonné à la fin du film où l'on a droit à plusieurs meurtres bien sanglants.

Le meilleur élément du film reste néanmoins l'excellent jeu des comédiens qui se donnent à coeur joie dans leur rôle de vieux cinglés au bord de l'alzheimer. Oncle Freak

NUITS ROUGES - Georges Franju avec Jacques Champreux, Gayle Hunnicutt, Ugo Pagliai, Josephine Chaplin, Gert Fröbe, Patrick Préjean, France/Italie, 1974, 1h40

"L'historien Maxime de Borrego, passionné par l'Ordre des Templiers et son légendaire trésor, est assassiné par un homme masqué qui ne parvient pas à lui soutirer ses secrets. Tandis que la confrérie des Templiers prépare sa vengeance, la police mène l'enquête, bientôt aidée par le neveu (Ugo Pagliai) de la victime, son amie Martine (Josephine Chaplin), et le détective Séraphin Beauminon (Patrick Préjean). Malgré leurs efforts, l'assassin échappe à tous leurs pièges et poursuit sa quête du trésor. Car l'homme sans visage (Jacques Champreux, co-scénariste du film) est aussi l'homme aux cent visages..."

Dernier film de Georges Franju, grand cinéaste fantastique incompris en son temps, NUITS ROUGES se veut, une dizaine d'années après JUDEX, un nouvel hommage à l'œuvre de Louis Feuillade. Nous sommes plongés dans un univers de serial : lieux souterrains, déguisements, postiches, gadgets, cryptes, sociétés secrètes... Une longue séquence emblématique met en scène la très sexy Gayle Hunnicutt, vêtue d'un justaucorps noir façon Musidora, un loup sur le visage, en fuite sur les toits, soufflant des fléchettes empoisonnées sur les flics qui la poursuivent.

Ce déphasage permanent entre l'intrigue et l'univers moderne dans laquelle elle se déroule fait tout le prix de ces NUITS ROUGES. Pour certains spectateurs (trop cartésiens ?), cela ne fonctionne pas ; pour d'autres, cela ne fait qu'ajouter au charme étrange et un peu irréel du film. Entre le décalage et la ringardise, il n'y a souvent qu'un pas que NUITS ROUGES manque parfois de franchir. Certains décors semblent tout droit sortis de productions Eurociné de la même époque (tel CRIMSON aka L'HOMME À LA TÊTE COUPÉE), ce qui ne déplaira qu'à ceux qui n'ont pas encore goûté aux charmes vénéneux du bis. Autre élément allant dans ce sens, le casting international et hétéroclite, avec des acteurs pas toujours bien distribués ni très concernés par leur rôle (Gert "Goldfinger" Fröbe en chef de la police... française). Mais cela n'enlève finalement pas grand-chose à la séduction surannée d'un film qu'il est plaisant de redécouvrir dans d'aussi bonnes conditions : diffusé comme un téléfilm en 1978, NUITS ROUGES a été exhumé tout récemment par la Cinémathèque et réédité en DVD (éditions les Cahiers du Cinéma, en un "deux en un" avec JUDEX). A redécouvrir ! Stelvio

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JEAN-PIERRE MOCKY

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