1 A B C D E F G H I J L M N O P Q R S T U V W Y Z

mise à jour le 7 octobre 2012

Le TEMPS DU LOUP - Michael Haneke, 2003, France

Un homme, sa femme ( Isabelle Hupert ) et leurs deux enfants se rendent à leur chalet de campagne pour découvrir avec effroi qu'une autre famille habite les lieux. Le père va être brutalement assassiné par les intrus qui forceront ensuite la mère et gamins à quitter le chalet. On apprend alors que le monde occidental est devenu pris d'eau potable, de nourriture et d'électricité et que tous les moyens sont rendus bons pour survivre. Le reste du film suit alors la petite famille qui prendra refuge dans une gare avec d'autres survivants. Ensemble, ils attendent un train qui devrait les amener vers une vie meilleure.

Après avoir fait trois petits chefs d'oeuvre, on pouvait s'attendre à ce qu'Haneke se casse éventuellement la gueule. C'est maintenant chose faite avec son TEMPS DU LOUP, facilement l'un des pires films du cinéaste autrichien. L'oeuvre en soit n'est pas un échec total puisqu'elle contient plusieurs bonnes choses dont une interprétation impeccable des comédiens ( quoique l'on sent à certains moments qu'ils tombent dans le cabotinage ) et une photographie magnifique accentuée par une superbe utilisation de plans séquences. En fait, chaque plan du film bénéficie d'une esthétique à couper le souffle.

Non, le problème du film réside dans son propos. On comprend qu'Haneke veut nous montrer l'homme à son pire, mais on a de la misère à le suivre dans son parcours, certains personnages agissant soit trop méchamment, soit trop gentillement. Le climat apocalyptique que l'on retrouve dans les deux DAWN OF THE DEAD est complètement absent de l'oeuvre et elle en souffre énormément puisque le spectateur ne ressent pas l'angoisse des personnages. Le film tombe également dans une certaine prétention lorsqu'il aborde des thèmes plus religieux, ce qui n'apporte absolument rien au récit.

En fait, on a l'impression qu'Haneke n'avait le projet à coeur. Son TEMPS DU LOUP est correct, mais il n'a pas l'âme que l'on retrouvait dans LA PIANISTE, CODE INCONNU et FUNNY GAMES. Une légère déception. Oncle Freak

TERREUR CANNIBALE  aka Terror caníbal aka Cannibal Terror aka Kidnapping - Allan W. Steeve aka Alain Deruelle , scénario et dialogues: H.L. Rostaine alias Marius Lesoeur, production : Eurociné [Marius Lesoeur] (Paris) et Titanic Films (Madrid), photo: Emilio Foriscot et Alain Hardy, musique : Jean-Jacques Lemeztre, montage: Roland Grignon assisté de Dominique Petit, avec Olivier Mathot (Danville), Silvia Solar (Madame Danville), Anthony [Antonio] Mayans (Mario), Tony [Antoine] Fontaine, Pamela Stanford (Manuela), Gérard Lemaire, Burt Altman, Stan Hamilton, Michel Laury, Annabelle (Laurence Danville), Antonio Jover (Antonio), Chris Yebenes, Montserrat SAlvador, Amparo Marsilla, Mariam Camacho, 1980, France /Espagne 

2 Gangsters et leur blonde (pas mal idiots sur les bords), enlèvent une petite fille pour obtenir une rançon. L'opération tourne mal et ils trouvent refuge dans une maison situé près d'une forêt infestée de sinistres cannibales. Après que l'un d'eux viole la femme de leur hote, ils s'enfuient dans la forêt où ils devront faire face à une terrible vengeance !

Avec un générique comme celui-là, on pourrait croire qu'il s'agit d'un film de Jess Franco, mais il n'en n'est rien. Produit par Eurociné par Marius Lesoeur, ce petit film fait assez piètre à voir. La jungle de cannibales ressemble plus à une petite campagne et le maquillage des cannibales semble avoir été fait avec de gros crayons feutres. Il y a bien 2 scènes d'éventrements où les entrailles sont dévorées, mais les intestins ressemblent plus à du poulet à la sauce barbecue ! La nudité n'y est pas trop abondante et peut être que la soundtrack de Jean-Jacques Lemètre est la seule chose bien intéressante ici. Si quelqu'un le veut manifestez-vous, parce que sinon ce film prendra le bord des vidanges ! Black Knight

Des méchants gangsters kidnapent la fille d'un riche couple et s'en vont se réfugier chez un type qui vit en lizière de la jungle, une jungle pleine de sauvages anthropophages qui n'hésiteront pas à manger du kidnappeur !

Viva Eurociné, a-t-on envie de s'écrier au visionnement de pareil aberration cinématographique ! Entre les acteurs au jeu approximatif mais fort comique, la jungle pleine de sapins et les cannibales qui ont l'air aussi sauvages que mon voisin de palier, il y a de quoi se régaler. Fort heureusement, les auteurs de cette perle ont tout de même pensé à leurs spectateurs et n'ont quand même pas oublié de mettre quelques scènes de cannibalisme bien ragoûtantes durant lesquelles la caméra se hasarde gaillardement sur la tripaille sanglante des victimes, ne manquant pas de se faire malaxer, mâchouiller puis avaler par des figurants au visage peinturluré en qui grognent férocement. Une scène de viol vient également égayer ce métrage qui se termine sur une note ô combien moraliste: le crime ne paie pas. Merci Eurociné. Kerozene

TERROR OF PREHISTORIC BLOODY CREATURES FROM SPACE - Richard Thomson, 1998

Prologue: un homme des cavernes course une femelle et se fait bouffer par une bestiole verdâtre.

Aujourd'hui: le prof Jules Rassic découvre d'étranges oeufs et les ramène en France. Dimitri, jeune savant habitant chez son paysan de père commande un oeuf. C'est là que les filles nudistes bronzant près du lac se font bouffer par des dinosaures verts. Un clown veut lancer un business avec la bête, un scout catho anti-nudiste voit là le résultat de la luxure, les assistantes de Rassic se foutent à poil sans raison...

Ca délire grave ! Volontairement débile, Thomson a réuni une pléiade d'actrices du X pour nous faire plaisir. Les dinos sont vraiment craignos. Les effets gores très sommaires. La victoire - relative - se fait à l'aide d'une chanson, comme dans ATTACK OF THE KILLER TOMATOES, et d'autres. C'est cheap, fauché, lourd (l'humour et le jeu des acteurs sont extrêmement poussé), ringard, mais le tout est fait avec un plaisir tellement évident que je ne peux que respecter. Dernier mot: la musique est, elle aussi, pénible.  Kerozene

Le TESTAMENT DU DR CORDELIER - Jean Renoir, 1960

A l'origine réalisé pour la télévision par Jean Renoir (ce qui n'est quand même pas rien...), ce TESTAMENT est une énième version de l'histoire du DOCTEUR JEKYLL ET MISTER HYDE et en reprend les grandes lignes : le docteur Cordelier, psychiatre renommé, fait des expériences sur le cerveau d'un certain Monsieur Opale. Or durant cette même période diverses agressions plus ou moins graves ont lieu dans le voisinage sont commises. Les victimes ayant décrit leur agresseur, ce dernier s'avère été le sinistre et mystérieux Opale... Une enquête est menée, trouvant son épilogue chez le docteur Cordelier : ce dernier et Opale ne formant qu'une seule est même personne, le docteur étant son propre cobaye.

En résumé, c'est ce que ça donne. Pas vraiment de surprise dans cette version, le double personnage étant toutefois interprété par Jean-Louis Barrault qui s'en donne à coeur joie lorsqu'il joue Opale. Mais bon, il faut quand même se rappeler que pour la télévision de l'époque ça devait faire son effet. Abronsius

  THEMROC - Claude Faraldo avec Michel Piccoli, Béatrice Romand, Jeanne Herviale, Marilù Tolo, 1973, France, 106m 

Discutons franchement... Que pensez-vous des années 60 ? Et de leur long râle d'expiration communément nommé les " Années 70 " ? Chose sûre, ces deux décennies ont livré aux cinéphages des œuvres disjonctées et folles comme nous n'en verrons certainement plus... N'est-ce pas?

Ce soir j'aimerais vous entretenir d'une de ces perles de folie, " Themroc ". Pourquoi lui et pas un autre ? Le blason distinctif de cette pellicule est sa charge irraisonnée contre la civilisation, " comme un cheval fou " diront certains... Un écu couvert de scènes d'inceste entre adultes consentants, de cannibalisme, et de grognement, d'hurlement... Même beaucoup trop de ceux-ci pour plusieurs cinéphiles. En fait, ce long métrage ne comporte pas une ligne, pas une réplique cohérente autre que " aaaargh " ou " grrrrrrr ". De quoi contenter tous les amateurs du Frankenstein de Karloff. Ou les fans du Tarzan de Weismuller ou du Tonto du Lone Ranger (tous deux plus volubiles un brin tout de même).

" Themroc ", une adaptation de la pièce du directeur Faraldo "Doux, mais troglodyte", raconte l'histoire de Themroc - un col bleu typique joué avec panache et intensité par Piccoli - qui se révolte violemment contre toute forme de civilisation et retourne à l'état primitif envers et contre tous. Du haut de son appart minable, qu'il partage avec sa mère, Themroc arrache l'un des murs extérieurs donnant vers la cour intérieure et y balance tout le contenu de sa chambre. Il décide également de vivre à fond ses pulsions, devenant une bête de sexe avec la secrétaire de l'usine, sa propre sœur, une voisine... Les activités antisociales de l'homme des cavernes moderne irriteront sans fin les autorités policières, impuissantes devant les hordes grandissantes de disciples de Themroc, qui se vengeront avec violence sur des innocents. Peine leur sera. Themroc en chasse capturera l'un de leurs qui finira sur la barbaque et en repas communal. Clin d'œil amusant, la carcasse dévorée aura la forme d'un porc.

Même si " Themroc " est loin d'être un grand film, principalement en raison de son rythme inégal, on doit certainement lui accorder la palme de l'excentricité. La présence d'un grand nombre de monuments du cinoche français dans ce petit projet en surprendra plus d'un : Michel Piccoli, Béatrice Romand, Coluche, Patrick Dewaere, Romain Bouteille, Miou-Miou, Popeck, et Henri Guybet entre autres.

Bon visionnement, Le Comte O  © http://bakethoria.com  

Le TIGRE AIME LA CHAIR FRAÎCHE aka Code Name : Tiger, aka The Tiger Likes Fresh Blood aka La Tigre Ama la Carne Fresca - Claude Chabrol, 1964, France/Italie, 1h30

Alors que des dignitaires turcs sont en visite à Paris pour signer un traité qui menace certains intérêts locaux, on demande à Louis Rapière, allias le Tigre (Roger Hanin), d'assurer leur protection avec son équipe de choc. Dès l'arrivée de la délégation turque à l'aéroport, le Tigre déjoue une tentative d'assassinat orchestrée par d'obscurs vilains, et il tombe aussitôt dans l'oeil de la fille du dignitaire, Mehlica (Daniela Bianchi, lumineuse). Un deuxième groupe de criminels interviendra pour compliquer l'intrigue, alors qu'une romance se dessine entre notre Tigre et sa prétendante tigresse.

Chabrol, au début de sa carrière, eut plusieurs creux de vague manifestes, et s'éloigna un temps de sa peinture des moeurs bourgeoises pour se consacrer "sur commande" à un genre alors très en vogue : l'espionnage. Outre MARIE-CHANTAL CONTRE LE DOCTEUR KHÂ (65) et le recherché LA ROUTE DE CORINTHE (67), et si l'on excepte un polar terroriste de '74 avec Fabio testi, NADA, ses réalisations les plus célèbres dans le domaine demeurent ces deux TIGRE, le deuxième datant de '65 et étant titré LE TIGRE SE PARFUME À LA DYNAMITE. Alors contacté par Christine Gouze-Rénal, épouse productrice de Roger Hanin, qui cherchait à redorer l'image de star de son mari, Chabrol a accepté de réaliser ces deux polars auxquels il a ajouté sa touche, les rendant fort plaisants. On imagine que sans lui, ils seraient devenus fort routiniers...

Ici les nombreux plans en plongée viennent donner une impression de légèreté au récit, alors que la caméra très "aérienne" virevolte et est constamment posée au bon endroit. Avec cette lacune de "fond", Chabrol a optimisé la "forme" et chaque plan est étudié pour son effet. L'intrigue est aussi bâtie de façon à ce qu'aucun temps mort ne vienne alourdir le récit, ce qui rend le visionnement fort agréable.

Quelques touches surréalistes interviennent ça et là; le petit frère d'un des criminels est un nain, utilisé pour des missions douteuses où sa petitesse se révèle fort utile; la visite du repaire d'un génie du crime nous amène à visiter une baraque complètement inondée, dans laquelle pataugent nos protagonistes; quelques poursuites filmées des toits de Paris sont fort impressionnantes...

Entre autres scènes d'action haletantes, à l'aéroport, on a droit à une bagarre de tous les diables, et Hanin compose un héros de haute stature idéale, distribuant les baffes avec science, restant de marbre en égrenant les bons mots qu'on lui met en bouche... Le personnage du nain, qui parle en argot avec une toute petite voix, est assez savoureux. Il s'appelle Jimmy Karoubi et est aussi apparu, l'année suivante, dans le PIERROT LE FOU de Godard.

Roger Hanin, outre son tour dans la série des GORILLE, a aussi été "Le Chacal" dans LE CHACAL TRAQUE LES FILLES, en '67, ce qui le met au sommet d'un palmarès assez couru en tant qu'homme-animal le plus populaire du cinéma français.

La belle de qui il tombe ici amoureux, Daniela Bianchi, a déjà été finaliste pour le concours Miss Univers, ce qui en dit long sur sa belle gueule. Elle a été "Bond Girl" dans FROM RUSSIA WITH LOVE, en '63, et est ensuite apparue dans quelques films d'espionnage européens, entre autres le OK CONNERY d'Alberto de Martino, en '67... Elle est aussi apparue dans QUI ÊTES-VOUS, INSPECTEUR CHANDLER (aka Your Turn to Die) de Michele Lupo, aussi en '67.

Avec un casting aussi idéal, une technique sublime et une atmosphère de légèreté et de bonne humeur, il serait idiot de bouder une telle production, même si certains rétorqueront qu'il s'agit là d'un film "mineur" dans l'oeuvre de l'ami Chabrol...

Phrase culte : Un général à Hanin : "C'est pas parce qu'on vous appelle le Tigre qu'il faut vouloir tout bouffer" Howard Vernon

TIME DEMON - Richard J. Thomson - France - 1996 

Les nazis, bénéficiant d'une machine à voyager dans le temps, tentent de se procurer une boite maléfique qui aurait le pouvoir de redonner force et jeunesse au führer du 3èm Reich, à savoir Adolf Hitler, qui se trimbale difficilement sur une chaise roulante, et qui est très impatient de régner à nouveau et surtout de pouvoir culbuter ses assistantes.

Un dragueur à deux balles se la pète en expliquant aux filles qu'il est un agent secret, c'est alors que des gens mal intentionnés commencent à l'attaquer sans qu'il ne comprenne pourquoi. La raison est simple: il est, sans le savoir, le propriétaire de la boite.

Sommet du Z français, TIME DEMON mêle humour graveleux, sexe et violence. Les blagues, bien pourries, sont assez drôles, mais le jeu des acteurs l'est bien plus encore. Le sexe est alimenté par quelques scènes de lesbiennes SS interprétées par des actrices de X, et la violence étale scènes de kung-fu rigolotes et gore cheap.

Faut vraiment pas être regardant sur la qualité, parce que, on s'en doute, ça vole pas très haut. Mais si on aime ce genre de produit tourné en vidéo, on y prend un certain plaisir.

Produit par Mad Movies, le film bénéficie de la présence de gens tels Christophe Lemaire en bourreau SS sadique, et Jean-Pierre putters.  Kerozene

TIRESIA - Bertrand Bonello, 2003, France/ Canada

Cette œuvre étrange donne l'impression de vivre une sorte de rêve éveillé en plus de nous plonger dans un monde inconnu où l'horreur rencontre le fantastique pour donner une histoire bien curieuse.

Un homme kidnappe une prostituée et l'enferme dans son sous-sol, lui expliquant qu'il fera d'elle sa rose, son idéal féminin. La femme, une brésilienne nommée Tiresia, est en fait un transsexuel et comme elle n'a pas accès à ses hormones, elle reprend tranquillement ses traits masculins. Voyant son fantasme brisé, son agresseur lui crève les yeux ( une scène très dure, un spectateur hurlait d'horreur lors de mon visonnement ) et l'abandonne au bord d'une route de campagne. Tiresia est alors receuillis par une famille de fermiers et découvre que la perte de sa vue lui a donné un don de voyance.

Elle se servira de ce pouvoir pour aider les habitants de la communauté, ce qui mettra en colère le prêtre du village.

Comme vous l'avez remarqué à la lecture du synopsis, le film de Bonello se divise en deux parties, l'une étant le reflet de l'autre. Les deux chapitres comportent des événements et des personnages semblables ( Laurent Lucas interprète avec brio deux rôles et Tiresia est joué par deux acteurs différents ). En étant très attentif au fil du récit, on se rend rapidement compte que l'on écoute le même film à deux reprises, mais on a l'impression qu'une phase du film est plus sombre que l'autre.

Mis à part cet aspect très énigmatique, on note une photographie soignée qui réussit avec merveille à créer une ambiance très lourde et très déstabilisante. La caméra est également voyeuse, on est donc très distancié des événements, témoin de scènes à l'imagerie troublante ( la première vision de Tiresia nue choque ) qui hypnotise autant qu'il horrifie. On ne fait donc que suivre le film avec curiosité, à chercher les pistes qui peuvent nous permettre de mieux comprendre le récit et à tout simplement se laisser guider par Bonello qui nous mène là où l'on oserait jamais aller.

Tiresia est une véritable expérience cinématographique et il serait très dommage de passer à côté. Laissez-vous emporter dans des terres inconnues. Oncle Freak

Les TONTONS FLINGUEURS aka Le Terminus des Prétentieux - Georges Lautner avec Lino Ventura, Bernard Blier, Francis Blanche, Sabine Sinjen, Venantino Venantini, Jean Lefèbvre, Horst Frank, Claude Rich, Robert Dalban, Mac Ronay, Pierre Bertin, 1963, France, 106m

Un ancien gangster vivant maintenant dans la légalité, Fernand Naudin, est appelé à Paris par son ancien patron, un chef de bande qui se nomme Louis le Mexicain. Celui-ci, mourant, confie la conduite de ses affaires et la tutelle de sa fille Patricia à Fernand, ce qui ne fait pas du tout l'affaire de ses associés, particulièrement les frères Volfoni. En même temps que Fernand doit s'occuper d'une adolescente émancipée et s'assurer qu'aucun garçon ne s'intéresse à elle pour un futur héritage, il doit aussi échapper aux truands qui veulent le descendre et prendre sa place au sommet de la pyramide. Grâce à quelques personnes qui lui sont fidèles, Fernand ne se laisse pas faire et s'impose aux truands, surtout les frères Volfoni qui sont les plus réticents à l'autorité, et les enjoint à payer leurs redevances en retard. En revanche, il a beaucoup de mal à s'entendre avec Patricia, qui est amoureuse d'un jeune homme bavard de bonne famille, Antoine Delafoy, et dont Fernand ne veut rien savoir. Avec le temps, les choses s'arrangent et Patricia peut épouser Antoine grâce à quelques arguments qui ont convaincu Fernand. Il découvre aussi que les attentats contre lui ne sont pas le fait des frères Volfoni, mais de Théo, un gangster allemand et de quelques complices. Le jour du mariage de Patricia et d'Antoine, Fernand et ses tueurs se chargent donc d'éliminer Théo et sa bande.

Extraordinaire parodie des films de gangsters, cette comédie est devenue un film culte quasi fétichiste de par ses dialogues savoureux et truculents, écrits par un Michel Audiard au sommet de sa forme. Succès indiscutable lors de sa sortie, les spectateurs continuent encore aujourd'hui d'apprendre les répliques désopilantes du film par coeur. Le récit, très librement adapté d'un roman de la Série Noire de l'auteur Albert Simonin, fourmille de gags marrants, de personnages dépareillés aux attributs qui portent à rire et de scènes de bastons ou de "bourre-pifs" cocasses, tout comme les coups de revolver avec des sons de silencieux rigolos. Le réalisateur Georges Lautner règle le tout avec beaucoup d'équilibre dans une mise en scène vigoureuse qui participe au ton de pastiche de l'ensemble. Comme en plus, l'intrigue ménage quelques surprises et des rebondissements loufoques surprenants, il est difficile de trouver des défauts à ce film qui est presque aimé à l'unanimité chez le public et la critique. Cet ensemble désinvolte où les règlements de compte entre gangsters sont tous traités à la blague, bénéficie en plus d'une musique de circonstance du compositeur Michel Magne et d'un casting européen du tonnerre (co-production oblige!); chaque rôle semble avoir été écrit de toute évidence sur mesure pour les acteurs qui les incarnent respectivement. Ceux-ci en profitent d'ailleurs pleinement pour s'amuser ferme avec une gaieté contagieuse. Un monument cultissime de la comédie française qui fait toujours rire une nouvelle génération de spectateurs. Un must absolu (disponible au Québec en DVD).  Mathieu Lemée

Site officiel pour trouver le scénario complet du film: dpallois.club.fr/

La TRAQUE aka THE TRACK aka IL SAPORE DELLA PAURA avec Mimsy Farmer, Jean-Luc Bideau, Françoise Brion, Michel Constantin, Michael Lonsdale, Jean-Pierre Marielle - Serge Leroy, 1975, France, 1h35

Au cours d'une partie de chasse en Normandie, deux notables légèrement éméchés violent une jeune étrangère venue passer des vacances dans la région. Celle-ci parvient à blesser l'un de ses agresseurs avec un fusil et à s'échapper. Les autres chasseurs décident de la poursuivre pour l'empêcher d'alerter les gendarmes. La traque s'engage...

Quelle surprise ! Ainsi donc, le cinéma français avait produit un "rape'n revenge movie", à la grande époque de ce sous-genre revenu récemment à la mode. Avec, qui plus est, en vedette la cultissime Mimsy Farmer, femme-enfant emblématique de ces années de libération des mœurs ! Alléchant... Verdict du visionnement ? Une bien jolie surprise. Le viol et la revanche d'Helen Wells (la craquante blondinette susnommée) n'occupent qu'un tiers du film. Le reste du métrage est consacré à la traque de la fuyarde par les notables. Le regretté Serge Leroy (1937-1993) tire grand parti de son décor, le bocage normand filmé aux petites heures de la matinée. La partie de chasse se mue en chasse à l'homme, ou plutôt à la femme. Les chasseurs, tous traités équitablement, révèlent un à un leur côté sombre, voire leur part d'abjection. On pense à Chabrol ou à Boisset. A partir d'un scénario finalement assez mince, cette TRAQUE s'avère haletante et dépourvue de temps morts. L'issue, inéluctable, conclut le film de manière abrupte et cinglante.

Peu connue, toute entière consacrée au genre policier, l'œuvre de Serge Leroy mériterait d'être réévaluée. Ce cinéaste discret, qui fuyait les sollicitations médiatiques (il refusait toutes les interviews), savait bien mêler efficacité et critique sociale, du moins au début de sa carrière. La fin de celle-ci le vit en effet verser dans un cinéma plus démonstratif et mou. Restent quelques belles redécouvertes, comme cette TRAQUE, ou encore LES PASSAGERS (1976, faux rip-off de DUEL de Spielberg) ou encore ATTENTION LES ENFANTS REGARDENT (1978), critique intelligente de l'influence de la télévision sur les jeunes. Stelvio

TREPANATOR - N.G. Mount alias Norbert Moutier avec Michel Finas, jean Rollin, Brigitte De Borghese, 1992, France, 78m Vidéo 

Ah mes aïeux ! C'est terrible ce que l'on peut faire avec 2 balles en poche, un camescope familial, des potes, 2-3 prothèses en caoutchouc et des litres de sirop. N.G. Mount, aka Norbert Moutier, nous livre ici un monument du Z cocorico. Un docteur fou qui perce des crânes et charcute des gars se fait pincer par les flics (inspecteur Mount en personne !). Son fils sera envoyé chez son oncle à New York: le docteur J. Roll interprété par.... Jean Rollin, c'est bien ça, bravo ! Le fils, qui a grandi, bosse dans la clinique de débiles du tonton Roll et continue les travaux de son père qui consiste en, pourrait-on croire, découper ses victimes et leur mettre le cerveau dans un bocal. Corps découpés, cerveaux extirpés, crânes percés et découpés au sabre... Un de ses clients fini en 15 morceaux, mais sa femme n'est pas d'accord. Alors, il les recolle. Mais un ballon lui arrivera dans la tête et la fera volée avec de belles giclées d'hémoglobine. A noter aussi la présence d'un réalisateur de cinéma fantastique qui sera exécuté par Dr. Roll parce que "ces gars donnent une mauvaise image de notre profession" dit-il. Le réalisateur en question est incarné par William Lustig ! Le final fait sortir des zombies revanchards du sous-sol de la clinique. Et ça c'est cool. Cheap, mais cool. Kerozene

Herbert East est le digne fils de son père, émule de Frankenstein, qui expérimentait pour redonner la vie aux morts. Exilé chez son oncle (Jean Rollin) américain suite à la mort de son père, il opère dans une clinique privée tout en continuant d'expérimenter. Après un débat à la présidence télévisé qui tourne mal, East récupère le cerveau du candidat décédé, pour le transplanter sur un candidat plus jeune mais sans expérience...

Le film s'ouvre sur une citation de Lovecraft, on peut donc y voir la référence directe à Herbert West, réanimateur bien aimé vu dans le célèbre film de Stuart Gordon. C'est du gore mur à mur que Mourtier nous offre, avec un humour noir bien placé. Il faut entendre East offrir à une nouvelle veuve de ressusciter son mari en une semaine, avec quelques petits défauts, et la dame se plaindre jusqu'à ce que son mari en perde la tète !

C'est donc un petit budget avec plein de tripes et de membres en caoutchouc sanglants qui s'étalent pour l'amateur du genre. Michel Finas campe avec conviction un Herbert insensé pendant que Rollin joue son oncle qui se tait devant la folie de son neveu, ne voyant que l'argent qui rentre. On ne croit évidemment pas à ces États Unis de fiction totale, le débat télévisé étant particulièrement croustillant. Plus proche d'Hershell Gordon Lewis, le pape du gore, que de Stuart Gordon, le film a cette efficacité toute particulière du petit budget aux scènes dégueux tripatives. Si on ne s'attend pas à du Shakespeare, on peut apprécier et même s'amuser. Mario Giguère

TROUBLE EVERYDAY aka Gargoyle - Claire Denis, 2001

Béatrice Dalle est l'épouse séquestrée d'un médecin radié de l'ordre médical. Séquestrée car atteinte d'une maladie étrange qui la pousse aux relations sexuelles extrême au point d'y mêler le cannibalisme.

Vincent Gallo, en voyage de noce à Paris, ne se sent pas dans son assiette. Il se met à la recherche du médecin précité car il semble atteint du même mal mystérieux que cette garce de Béatrice Dalle....

Tourné en vidéo, mise en scène sobre, rythme lent, dialogues rares, on n'est pas loin de se faire chier. Mais soudain, lorsque sexe et violence déferlent sur l'écran, il devient difficile de ne pas détourner son regard de celui-ci tant ce qui s'y passe est gore et malsain. Ne vous y trompez pas, ces scènes sont rares, mais elles marquent, elles dérangent.

A noter aussi la prestation d'un José Garcia méconnaissable. Kerozene

hum hum, je prends une respiration... "quelle merde"!

pfffff, c'est chiiiiiant, long, et s'il n'y avait pas un peu de touffe à l'air par-ci par-là, on dormirait comme une souche.

Une sombre histoire de cannibales où on en suit deux, un dingo (Dalle encore bien gaulée) qui carbure au sex et à la charogne à moitié morte, et l'autre frustré et contenant au maximum ses pulsions morbides...

Deux scènes "chocs" sont à tirer du film, une des victimes de Béatrice Dalle en pleine agonie dont elle se repaie avec ferveur, et le mec qui croque "l'oignon" de la petite bonne à la fin si j'ose dire...

mais bon, tout ça me rappelle un peu le taulé de "Assassin" à cannes... vous affolez pas les gars, il y a toujours pire, et de loin.

Moi je préfère nekromantik pour sa poésie et son lyrisme débordant... Franfran

Chacun a droit à ses opinion mais là je ne suis pas d'accord mais pas du tout.

TROUBLE EVERY DAY est un chef-d'œuvre du genre tout en poésie et en retenue. Le rythme lent appuyé par la musique sublime de Tinderstick rend le film complètement génial (comme dirait les anglais: Haunting and beautiful)! Dès les premières secondes j'étais hypnotiser. Béatrice Dalle et Vincent Gallo offrent une performance du tonnerre et que dire de Claire Denis qui dirige le tout avec une précision incroyable. Franchement, je ne voulais pas participer au débat sur Buttgereit duquel je défendrai toujours SCHRAMM mais là on n'attaque pas TROUBLE EVERY DAY car c'est un des meilleurs films des dernières années. Matthieu Prudent

La réalisatrice de Beau Travail et de Chocolat signe ici son premier film d'horreur en explorant le thème peu en vogue du cannibalisme sexuel et de la science expérimentale secrète.

Corie (Béatrice Dalle) et Shawn ont jadis été cobayes d'une expérimentation qui les a rendus inaptes à avoir une sexualité normale c'est-à-dire qui n'engendre pas la mort de leur partenaire sexuel. Le film porte sur leur quotidien devenu insupportable depuis que ce désir de chaire fraîche ne les quitte jamais. Denis filme sobrement leur douleur de vivre amenée par cette obligation d'étouffer leurs pulsions. Les images souvent nébuleuses, les dialogues rares et la musique agréablement perturbante des Tindersticks plongent le spectateur dans un état contemplatif où il ne doit pas chercher pas à rationaliser ce qui se passe devant ses yeux. Ce laisser-aller est selon moi nécessaire si on veut passer par-dessus le dégoût occasionné par les quelques scènes de cannibalisme sexuel et quitter la salle avant la fin (Comme ce fut le cas, pour ne nombreux spectateurs au Festival du Nouveau Cinéma en 2001 qui pourtant avaient été prévenus avant la projection)

Ces scènes sont certes d'une cruauté explicite et graphique, mais le corps humain et ses composantes apparaissent vite comme un matériau que Denis utilise pour créer des images d'une puissance rarement vue au cinéma. Elle crée de véritables tableaux qui évoquent plus la peinture que les classiques du film d'horreur. Sa façon de filmer amène ces scènes à un autre niveau qui enlève le droit de se questionner sur la sanité d'esprit de la réalisatrice et de ceux qui ont apprécié le film.

Ceci dit, Trouble Every Day et un film perturbant qui montre que le cinéma peut encore se permettre d'être une expérience esthétiquement déstabilisante. Mongola Batteries

TRUANDS aka Paris Insider aka Crime Lockdown - Frédéric Schoendoerffer avec Benoît Magimel, Philippe Caubère, Béatrice Dalle, Olivier Marchal, Mehdi Nebbou, Toimer Sisley, Ludovic Schoendoerffer, Anne Marivin, Alain Figlarz, Cyril Lecomte, André Peron, 2007, France, 107m

Claude Corti est à l'heure actuelle le caïd parisien le plus redouté du Milieu. Prostitution, trafic de drogue ou de fausse monnaie ne sont pas un secret pour lui, et il n'hésite pas à recourir à la plus grande violence pour s'imposer à ses rivaux. Pour exécuter ses contrats, il peut compter sur un tueur à gages indépendant et efficace, Franck, qu'il aimerait bien intégrer à son équipe régulière. Mais ce dernier tient à garder sa liberté, préférant travailler en "freelance" avec son copain Jean-Guy. Arrêté pour possession de faux papiers et condamné à 3 ans de prison, Claude remet temporairement ses affaires entre les mains de ses bras droits, en attendant sa libération. Certains de ses associés voient alors l'occasion de se libérer de la tutelle de leur chef, et une guerre de gangs éclate où Franck et Jean-Guy devront choisir leur camp.

Frédéric Schoendorffer est un réalisateur qui s'intéresse visiblement aux faits divers pour trouver les bases de ses sujets de films. Son style sacrifie parfois quelques concessions vers des données fictives ou des recettes éprouvées, ce qui occasionne par moments des scènes incongrues peu crédibles dans un ensemble exposée en termes généralement documentés et réalistes. "TRUANDS" opte pour cette même approche, le récit s'inspirant en partie de la vie d'un "parrain" du Milieu parisien, Claude Genova. À partir de là, Schoendorffer cherche visiblement à présenter aux spectateurs un portrait actuel du grand banditisme parisien, tout en rendant un petit peu hommage aux classiques du cinéma de gangsters français d'après-guerre des années 50-60 (dans l'emploi de l'argot par exemple). Ce qui frappe d'abord en visionnant ce film, c'est la grande violence sordide qui y est illustrée sans retenue (scène de torture avec une perceuse électrique dans les parties sexuelles, scènes de viols, tueries et fusillades diverses), qui n'est pas sans nous rappeler les œuvres de Scorsese. Schoendorffer n'est cependant pas aussi ambitieux, et sa mise en scène, bien que nerveuse, a des arêtes beaucoup plus rugueuses, car il n'a pas peur d'en faire trop à force de vouloir tout montrer. Seulement voilà, l'intrigue ne propose pas grand chose de neuf pour le genre, puisque cette histoire de guerre de gangs et de trahisons entre criminels, où la police est plutôt absente, respire le déjà-vu. Il reste que ce film se laisse regarder agréablement pour l'amateur de brutalités gratuites pimentées de gore, mais le cinéphile aurait souhaité un peu plus de chair autour de l'intrigue, ce qui aurait contribué à maximiser tout son potentiel dramatique. Benoît Magimel se tire d'affaire dans un rôle de flingueur indépendant, tandis que Philippe Caubère n'arrive pas à contrôler son jeu en incarnant de façon trop hystérique le truand Claude Corti. Mathieu Lemée

Le TUEUR aka The Killer aka Il commissario Le Guen e il caso Gassot aka Der Killer und der Kommissar  - Denys de La Patellière avec Jean Gabin, Fabio Testi, Bernard Blier, Uschi Glas, Jacques Richard, Gérard Depardieu, Félix Marten, Ginette Garcin, Sady Rebbot, 1972, France/Italie/Allemagne, 84m

Transféré dans un hôpital psychiatrique, Gassot, un dangereux tueur, s'évade fort adroitement avec l'aide de son frère et se réfugie à Marseille, espérant partir à l'étranger. Il rencontre Gerda, une prostituée dont il tombe amoureux. Pour la libérer de son souteneur, Gassot l'abat froidement, de même que ses associés, mais il est forcé de revenir à Paris. L'inspecteur Le Guen qui connait bien Gassot, est chargé de l'enquête, mais ses méthodes peu subtiles issues de la vieille école ne sont pas du goût de son nouveau patron à la Sûreté Nationale, féru de modernité scientifique et d'humanité. Le Guen, flanqué de son fidèle adjoint Campana suit les traces des cadavres que Gassot sème allègrement sur sa route, mais le nouveau patron de la Sûreté impose son plan pour la capture de Gassot et celui-ci parvient à nouveau à s'échapper. Le Guen parvint peu à peu à isoler le tueur en emprisonnant tous ses alliés et en dressant contre lui le Milieu de la pègre afin de lui tendre un ultime piège. Encerclé au petit matin en pleine campagne par les forces de police, Gassot, à qui seule Gerda était demeurée fidèle, se suicide.

Cette co-production possédait plusieurs atouts en sa faveur, en particulier dans son intention de départ de proposer une opposition intéressante entre des méthodes policières traditionnelles avec d'autres plus modernes sur le plan scientifique et psychiatrique, le tout doublé d'un affrontement au sommet entre Jean Gabin en flic réactionnaire et Fabio Testi en criminel romantique sauvage ayant la gâchette facile. Hélas, tous ces aspects ne sont qu'à peine explorés dans le produit final et la mise en scène négligente de Denys de la Patellière s'en tient à des clichés déjà fatigués à force d'épuisement. En effet, tous les éléments potentiellement riches en conflits entre les personnages, qui auraient également pu être fertiles en scènes d'action efficaces tout en enrichissant le thème de base, sont esquissés trop passivement pour convaincre qui que ce soit. Le plus frustrant, c'est que le duel attendu entre Gabin et Testi n'est même pas exploité non plus à sa juste mesure, puisque la confrontation espérée entre les deux acteurs est tout simplement évitée au profit d'une fuite en avant qui retarde inutilement l'échéance finale. Ainsi, malgré sa courte durée, "LE TUEUR" est rempli de longueurs et les moments de violence brutale sont vite expédiés comme si les auteurs voulaient tout simplement suivre le cahier des charges imposé par le genre policier. Le professionnalisme technique d'hommes de métier parvient à peine à sauver le film de l'ennui général. À l'exception de Fabio Testi, très bon en tueur psychopathe, les acteurs ont un jeu plutôt sobre, pour ne pas dire morne. Mathieu Lemée

TYKHO MOON - Enki Bilal, 1996, France

TYKHO MOON prend place sur la Lune. Une Lune colonisée sur laquelle ont été bâtis des pays entiers. L'un d'eux, calqué sur le modèle architecturale français (on y voit l'ensemble des plus célèbres monuments de Paris), est dirigé par Mac Bee (Michel Piccoli), dictateur agonisant souffrant d'une étrange maladie du sang dont le salut se trouvait en la personne de Tykho Moon (Johan Leysen), donneur de cellules et d'organes pour le dirigeant fou et accessoirement ancien amant de madame Mac Bee (Marie Laforêt). Mais Tykho Moon est mort dans l'incendie d'un hôpital. Ou du moins, c'est ce que tout le monde croyait, car une rumeur grandissante veut que Tykho Moon soit bel et bien vivant. Les hommes de Mac Bee partent alors à sa recherche pendant qu'un mystérieux assassin élimine les représentants de la famille Mac Bee un par un. Une espionne (Julie Delpy) déguisée en pute est chargée de mettre la main sur le tueur, mais c'est le chemin de Tykho Moon qu'elle va croiser.

Quand Enki Bilal fat du cinéma, on a l'impression de plonger dans une de ses bandes dessinées. L'esthétique y est quasiment identique, on y retrouve cette ambiance rétro-futuriste, ces personnages aux traits et aux caractères marqués et ces couleurs ternes que quelques coupes de cheveux rouge vif viennent perturber. Côté histoire, on retrouve également une histoire de science-fiction pure à forte connotation politique, de recherche d'identité et de romances contrariées. Seulement dans le cas de TYKHO MOON, on ne ressent pas la dynamique présente dans ses bandes dessinées et le film pêche un peu au niveau de son rythme. Ce défaut certes majeur ne l'empêche néanmoins pas d'être plaisant, visuellement fascinant, et très bien interprété (le casting comprend également Richard Bohringer et Jean-Louis Trintignant) à l'exception de Piccoli qui cabotine tout de même dans son rôle de dirigeant illuminé.  Kerozene

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Tarzan

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