Né à Rome en 1938. Fils de Marino Girolami, roi du ralenti qui jouit d'une reconnaissance nouvelle bien méritée.

Mise à jour le 10 juin 2008

ACTION IMMEDIATE aka LA VIA DELLA DROGA aka HEROIN BUSTERS - Enzo G. Castellari avec Fabio Testi, David Hemmings, Massimo Vanni, Wolfango Soldati, Romano Puppo, Sherry Buchanan, 1977, Italie, 1h29

Fabio, agent du Narcotic Bureau, tente d'infiltrer un réseau international de trafiquants d'héroïne. Il parvient peu à peu à gagner la confiance des dirigeants, mais se trouve bientôt découvert ...

Pas vraiment à son affaire, "Slow-Mo Enzo", avec ce scénario confus qui tarde un peu à démarrer. La première partie du film s'avère assez laborieuse. Castellari veut nous donner à voir la dimension internationale du trafic. D'assez rapides scènes tournées à Carthagène, Hong-Kong ou Amsterdam nous montrent l'agent Fabio (Fabio Testi, excellent) en plein travail. D'autres, plus longues et moins convaincantes, tentent d'illustrer la détresse morale et physique des drogués que Fabio doit fréquenter. Seules consolations de cette première partie : les quelques apparitions de l'exquise Sherry Buchanan (LA TERREUR DES ZOMBIES aka Dr BUTCHER MD.), en pute accro à l'héroïne, ainsi que la musique des Goblin, inhabituellement funky et organique. Le dernier tiers du film voit fort heureusement les choses s'améliorer. Fabio a été découvert; il doit fuir ! On retrouve alors le grand Castellari, celui de TEMOIN A ABATTRE (HIGH CRIME) ou du GRAND RACKET. ACTION IMMEDIATE porte enfin bien son titre. Le film n'est plus qu'une longue chasse à l'homme, filmée avec une exceptionnelle maîtrise. Fabio Testi cherche à semer les tueurs lancés à ses trousses. Castellari nous balade d'entrepôts désaffectés en immeubles en construction, de stations de métro désertes en terrains vagues. On admire sa capacité à filmer un décor sous tous les angles possibles et imaginables. Quant à la poursuite finale entre deux petits avions de tourisme, elle décoiffe ! Dommage qu'il faille attendre près d'une heure ... Stelvio

AUJOURD'HUI MA PEAU, DEMAIN LA TIENNE aka I CAME, I SAW, I SHOT aka VADO, VEDO E SPARO aka I TRE CHE SCHONVOLSERO IL WEST - Enzo G. Catellari, 1968, Italie / Espagne

Trois personnages totalement disparates, à savoir Edwin Kean (Frank Wolf) - un adepte du déguisement, Moses (Antonio Sabato) - une petite frappe coureur de jupons et Clay Watson (John Saxon) - joueur de poker dandy, sont à la poursuite d'un butin de $400'000. Tous prétendent vouloir le partager, mais tous tentent de s'en emparer sous le nez de ses associés. Ajoutez à cela une belle mexicaine amoureuse de Moses, un gang de truands mexicain à la gâchette facile, un peloton de l'armée confédérée et un vieux couple composé d'une grosse mamma possessive et de son mari amateur de jeunes donzelles, et vous aurez une idée du casting haut en couleur de ce western comique dans lequel on ne compte pas les morts.

Castellari amorce très tôt avec le ton de la comédie dans le western. Il n'est peut-être pas le premier, mais l'explosion de ce sous-genre aura lieu quelques années après et trouvera son paroxysme avec MON NOM EST PERSONNE qui engendra par la suite une ribambelle d'ersatz le plus souvent ratés. Mais Castellari, en bon réalisateur qu'il est, aborde le genre avec une réjouissance communicative et n'oublie pas de se faire plaisir avec un nombre de cascades invraisemblables, notamment avec la doublure de John Saxon qui use et abuse du trampoline lors de courses poursuites effrénées, accessoires qui sera exploité de manière encore plus énorme dans SABATA de Gianfranco Parolini l'année suivante. Cascades et courses poursuites donc, mais aussi grandes bagarres généreuses en pains dans la face, gunfights abondamment nourris et un humour très bon enfant font de ce film un solide divertissement auquel ne manque plus que les fameux ralentis si chers à Castellari, mais qui n'oublie pas cependant de nous gratifier de ces plans dont il a le secret et dans lesquels les personnages sont vu au travers d'objets situés en premier plan, comme une anse de panier ou une roue de diligence. Kerozene

THE BIG RACKET aka Il Grande Racket - Enzo G. Castellari 1976, Italie,1h40

En pleine nuit, un groupe de jeunes exaltés, armés de pieds-de-biche ou de battes de base-ball, entre par effraction dans un grand magasin et fracasse tout sur son passage. Le lendemain, tous les commerçants de la ville sont visités par de louches individus qui leur offrent leur protection en échange d'un tarif hebdomadaire. Ceux qui refusent verront leur magasin incendié, vandalisé, et ils seront battus. Un inspecteur de police désapprobateur les surveille de loin, attendant son heure...

Dans la tradition de ses thrillers d'action ayant pour thème l'absurdité du système de justice en Italie, Enzo G. Castellari signe ici un film plein d'action, qui se laisse regarder comme un charme. Fabio Testi, en inspecteur musclé et désillusionné, est ici en pleine forme et casse la baraque. Le scénario, vaguement politique, a le mérite de ne laisser filtrer dans l'intrigue aucun temps morts. Ainsi, nous avons droit à de nombreuses bagarres, fusillades et poursuites automobiles toutes truffées des ralentis "à la Peckinpah" fort efficaces propres à Castellari. La musique efficace et émotionnelle de Guido & Maurizio de Angelis souligne la mélancolie certaine du film avec une vigueur exemplaire. Du rythme, des tripes et du sang, voilà un trio irrésistible qui saura charmer le plus exigeant des amateurs. Orloff

COLD EYES OF FEAR aka GLI OCCHI FREDDI DELLA PAURA; DESPERATE MOMENTS - Enzo G. Castellari, 1971, Italie/Espagne

Dans une boîte de nuit londonienne sur la scène de laquelle se déroule un show érotique, un playboy (Gianni Garko, échappé du western pour l'occasion) séduit une jolie brune d'origine italienne (superbe Giovanna Ralli) et l'emmène dans sa somptueuse demeure. Demeure qui ne lui appartient pas puisqu'elle est la propriété de son oncle (Fernando Rey), riche avocat actuellement assis dans son bureau, penché sur des dossiers sans doute urgents. Au moment où le playboy et l'italienne entament un jeu de séduction relativement infantile, un homme armé d'un pistolet se permet d'y mettre un terme de façon quelque peu abrupte. Ce dernier, appâté par l'argent, est rapidement rejoint par Welt (Frank Wolff) complice motivé par un désire de vengeance envers l'avocat. Welt annonce d'ailleurs qu'il a plastiqué la porte de son bureau...

Vendu comme un giallo, COLD EYES OF FEAR ne met en scène ni tueur au visage masqué, ni meurtres crapuleux. Il est en réalité un thriller relativement classique qui ne surprendra pas grand monde. Cependant, en plus d'avoir un casting de première classe (citons encore Karine Schubert à moitié nue dans la scène d'introduction), le film est rondement mené malgré un bavardage un peu trop présent, et est surtout très joliment photographié. Castellari, qui ici n'use pas de ralentis, expérimente un peu au niveau du montage, provocant quelques rares effets psychédéliques totalement gratuits mais fort plaisants. La musique d'Ennio Morricone est sans doute l'élément le plus remarquable du film, une composition jazz rock absolument superbe qui convient à merveille. Kerozene


Les GUERRIERS DU BRONX aka 1990: The Bronx Warriors aka 1990: I guerrieri del Bronx - Enzo G. Castellari avec Marco Di Gregorio aka Mark Gregory, Vic Morrow, Fred Williamson, Christopher Connelly, Stefania Girolami, Ennio Girolami aka Thomas Moore, Joshua Sinclair, Luigi Montefiori aka George Eastman, Massimo Vanni, Betty Dessy, 1982, Italie, 92m

En 1990, le Bronx est devenu un "No Man's Land", un lieu dans lequel les principes de loi n'existent plus, un espace dans lequel la police même n'ose plus y mettre les pieds et dans lequel règnent des gangs sanguinaires dirigés par un seul et unique souverain: The Ogre (Fred Williamson).

Ann, jeune adolescente et riche héritière de la Manhattan Corporation fuit le monde capitaliste gangrené par la corruption et le pouvoir de l'argent et vient se réfugier dans le Bronx. Là, elle rencontre et tombe amoureuse de Trash (Mark Gregory), gros balèze à la démarche efféminée et leader d'un gang de bikers barbares appelé les Riders. Bien entendu, le dirigeant de la Manhattan Corporation compte bien remettre la main sur cette fille. Ils engagent alors Hammer, un ancien du Bronx, une sorte de pervers amoral qui prend son pied en tuant et qui tentera de semer le trouble entre The Ogre et Trash. Mais ce dernier est bien plus malin qu'il en a l'air, et quand Ann se fait capturer par les hommes de Golan (George Eastman), il demande l'aide de The Ogre pour récupérer Ann...

LES GUERRIERS DU BONX est un film hybride qui se trouve malheureusement un peu à côté de la plaque. Paradoxalement, c'est aussi ce qui le rend si exceptionnel. Nous sommes en effet dans un Bronx rongé par la violence et dans lequel les seuls bâtiments qui se dressent ne sont que des ruines délabrées prêtes à s'effondrer d'un instant à l'autre. Ces ruines sont habitées par des laissés pour compte qui sont toujours propres, impeccables, avec des fringues immaculées. Si cela ne pose pas de problème par rapport au gang de The Ogre qui se la joue "prohibition" avec des voitures superbes et des costards impeccables, on trouvera tout de même légèrement limite les accoutrements des hommes de Golan, une bande hockeyeurs propulsés sur patins à roulette vêtus de protections visiblement toutes neuves. Autre point immanquable du film: Trash. Aaaah, Mark Gregory et sa démarche de bodybuildé constipé qui semble à tout instant avoir un balais enfoncé dans le cul et pilotant fièrement sa moto ornée d'une magnifique tête de mort lumineuse !

Castellari signe ce qui doit être son plus gros succès commercial, un film aujourd'hui particulièrement ludique, voire carrément comique. L'aspect brutal qui était éventuellement perçu à l'époque ne tient plus du tout la route et de ce côté là on préférera le panache des GUERRIERS DU BRONX 2 ou encore la rythme effréné du magnifique LES NOUVEAUX BARBARES dans lequel George Eastman y faisait déjà le méchant. Les scènes d'action sont, comme à son habitude, bien torchées, avec leur lot habituel de plans au ralentis et leurs plans gores. Castellari y ajoute encore quelques scènes plus dramatiques, comme celle, mythique, pendant laquelle les Riders jettent les cendres de deux des leurs dans l'Hudson River, celles-ci s'envolant directement dans les airs pour atterrir dans la tronche de leur voisin. Par contre, on accepte plus difficilement les scènes de dialogues amoureux entre Trash et Ann, principalement à cause du pauvre Gregory dont l'absence de lueur au fond des yeux fait presque peur à voir.

On peut aussi signaler que ce film n'est pas du tout un film post apocalyptique, comme on a communément l'habitude de l'entendre... Kerozene

En l'an 1990, le quartier du Bronx à New York a été abandonné par les autorités municipales et est devenu un territoire dangereux, patrouillé par des bandes rivales de voyous ou des gangs de criminels. Pourtant, une jeune femme, Anne, décide de pénétrer dans le Bronx à ses risques et périls. Elle est aussitôt attaquée par une bande hostile, mais elle voit sa vie sauvée par le gang des Riders dont le chef Trash accepte de la prendre sous sa protection. Anne est cependant l'héritière d'une immense fortune fondée sur une entreprise de fabrication d'armes. Les actionnaires de l'entreprise engage alors un mercenaire, Hammer, pour la retrouver. Hammer tente alors de faire entrer en conflit le gang des Riders avec celui de l'Ogre, la plus importante bande de voyous du Bronx, tout en soudoyant Ice, un membre des Riders désireux de remplacer Trash comme chef de la bande, pour lui ramener Anne. Lorsqu'une autre bande rivale enlève la jeune femme, Trash cherche à s'associer avec l'Ogre pour la libérer et faire échec au plan de Hammer. Le mercenaire n'a toutefois pas encore jouer toutes ses cartes.

Produite par Fabrizio De Angelis, producteur italien très prolifique au début des années 80, cette série B emprunte ses principaux éléments narratifs à des succès américains de cette période comme "THE WARRIORS", "ESCAPE FROM NEW-YORK" et "FORT APACHE THE BRONX". Il ne faut donc pas s'attendre à autre chose qu'une intrigue se présentant comme un magma hybride d'effets faciles et un récit fabriqué mené à la va-comme-je-te-pousse pour satisfaire les amateurs d'action violente pimentée de gore. Néanmoins, la réalisation de Castellari dépasse le niveau du film de commande avec ses toujours efficaces effets de montage, ses ralentis et ses cadrages soignés qui apparentent parfois le film à un western urbain. Le réalisateur tente même d'inclure des moments dramatiques tragiques dans ce film, comme on peut en retrouver dans ses meilleurs poliziotteschis, et il parvient à assembler ensemble, sans qu'on s'en aperçoive trop, des extérieurs tournés à New York avec d'autres tournés à Rome, sans trop surtaxer la crédibilité visuelle du métrage. Ses efforts pour sortir le scénario de la routine et fignoler la mise en images se veulent honorables, mais ils sont utilisés au sein d'un sujet dont les thèmes ne s'y prêtent guère, ce qui rend le film paradoxalement comique à plusieurs niveaux. Par ailleurs, les séquences tournées en studio dans des décors sentant la frigolite et les costumes bizarres démodées des personnages font tâche d'huile avec la qualité relative de la mise en scène, et ce décalage contribue aussi à l'humour involontaire de l'ensemble. "LES GUERRIERS DU BRONX" se veut donc un divertissement à l'italienne comme on les aime: à la fois violent et drôle, bien fait, mais avec des maladresses évidentes, et vigoureux, mais avec quelques petites longueurs. Pas question donc de bouder notre plaisir, surtout avec Castellari derrière la caméra. Si la distribution comporte quelques acteurs chevronnés qui se prêtent au jeu avec assez d'allant, on ne peut pas en dire autant de Mark Gregory, au visage aussi expressif qu'une poêle à frire et qui marche comme une momie ayant des hémorroïdes dans le fondement. Mathieu Lemée

Les GUERRIERS DU BRONX 2 aka Escape from the Bronx aka Bronx Warriors 2 aka Fuga del Bronx - Enzo G. Castellari avec Marco Di Gregorio aka Mark Gregory, Henry Silva, Giancarlo Prete aka Timothy Brent, Valeria D'Obici, Paolo Malco, Ennio Girolami aka Thomas Moore, Antonio Sabato, Alessandro Prete, Massimo Vanni, Romano Puppo.,1982, Italie, 87m

1986, le Bronx doit être "désinfecté" puis détruit afin de pouvoir laisser le champ libre à la construction d'un nouveau New York. Le riche promoteur responsable engage Henry Silva pour faire le ménage: exterminer les pauvres. Mais la résistance se lève, menée par cette grosse hyène de Mark Gregory qui roule avec une bécane arborant une superbe tête de mort.

Pas très original, le film est malgré tout plaisant pour le style de Castellari, ses ralentis, ses gunfight, et un bodycount anormalement élevé.

C'est bête et méchant, c'est du cinoche pour mec, du cinoche pour se reposer les neurones et ricaner méchamment. J'aime bien. Kerozene

En 1990, une corporation immobilière a acquis la totalité des terrains du quartier dévasté du Bronx à New York, afin d'y construire un grand complexe domiciliaire et commercial. Affirmant aux médias qu'elle offre à la population du Bronx de les reloger ailleurs dans des maisons convenables, la corporation a en réalité engagé une armée de mercenaires qui expulsent sans ménagement les habitants du Bronx ou qui les éliminent carrément. Trash, ancien chef d'un gang nommé les Riders, rejoint un groupe de voyous et de réfractaires cachés dans les souterrains du Bronx pour organiser la résistance suite à la mort de ses parents, assassinés par les mercenaires de la corporation. Avec l'aide d'un expert-casseur, Strike, qui travaille avec son fils et d'une journaliste défendant la cause des habitants des Bronx, Trash kidnappe le président de la corporation au cours d'une inauguration. Commence alors une longue poursuite dans les souterrains du quartier entre les mercenaires à la solde du trust, et Trash et ses alliés emmenant leur précieux otage. Le tout se terminera par un affrontement décisif.

Sans tenir compte d'une quelconque continuité narrative avec "LES GUERRIERS DU BRONX" premier du nom, cette suite emphatique imitant les succès américains du genre, essaie d'amplifier le climat de violence plutôt que de clarifier ou d'explorer le contenu de critique social annoncé dans les prémisses du scénario. Bien au contraire, le réalisateur Castellari a visiblement voulu se faire plaisir en multipliant et en alignant les scènes d'actions, qu'il filme toujours avec son style particulier, tout en faisant des clins d'oeil au genre western. L'accent est donc mis sur les tueries cruelles ou sur les différentes confrontations meurtrières entre les personnages, et l'ensemble se présente comme une enfilade de fusillades, d'attaques au lance-flammes et d'explosions de toutes sortes atteignant un sommet record en matière de brutalités illustrés à l'écran (l'imdb a recensé pas moins de 174 morts dans ce film en 87 minutes de pellicule). Cette insistance portée sur l'action à tout prix ramène l'intrigue à son niveau le plus simpliste, avec ses dialogues décérébrés à faire rire une confrérie de sourds-muets, et avec ses situations abracadabrantes défiant toute logique (personne ne recharge ses armes dans ce film!) qui ravira les fans des séries B transalpines. Le tout n'est certes pas neuf, mais est franchement décoiffant, méchamment rigolo et furieusement décomplexé, en plus de surpasser l'oeuvre entière de Michael Bay en matière de testotérone excitante libéré à l'écran, grâce à une mise en scène sans fioritures. Henry Silva revient jouer les méchants sans trop faire d'efforts alors que Giancarlo Prete, par sa présence, parvient un peu à faire ombrage au jeu inexpressif de la vedette Mark Gregory. Mathieu Lemée

HIGH CRIME, aka La Police Accuse, la Loi Acquitte, aka La Polizia Incrimina la Legge Assolve, aka La POLICIA DETIENE, la LEY JUZGA - Enzo G. Castellari 1973, Italie, 1h24

Le commissaire Belli (Franco Nero) est depuis toujours frustré par l'inefficacité de la police italienne pour laquelle il travaille. Son supérieur ramasse depuis des années des preuves plus ou moins valides qu'il accumule dans un dossier qu'il destine à éclater au grand jour dans un avenir rapproché. Lorsqu'il est sauvagement abattu en pleine rue, au beau milieu de l'après-midi, Belli est nommé à sa place et décide de prendre les grands moyens. Il ne reculera devant aucun moyen retors pour trouver les coupables.

HIGH CRIME bénéficie d'un statut culte largement fondé. Sommet incontesté du thriller policier italien, parfait exemple des meilleurs réussites du genre, sans fausses notes du début à la fin. Tous les personnages se distinguent, et les acteurs qui les incarnent donnent une prestation sans faille, et plus particulièrement Nero en flic au coeur tendre que désillusionne sa carrière. La musique de Guido & Maurizio de Angelis est devenue légendaire, tout à fait pertinente, et l'une des pièces figure sur la compilation BERETTA '70 de la maison allemande Crippled Dick Hot Wax. Les scènes d'action sont à couper le souffle, avec d'impressionnantes séquences de ralenti typiques de Castellari -  qui semble s'inspirer du style Peckinpah - et des poursuites de voiture fort efficaces. Le scénario aux implications politiques captive du début à la fin. Le montage est assez audacieux, et on y note même quelques astuces, jamais vues dans le genre, que ne renierait pas Soderberg. Si vous ne devez voir qu'un seul "thriller spaghetti" dans votre vie, c'est le bon. Orloff

Signé Enzo G. Castellari, ce polar italien bénéficie d'une réputation flatteuse. Grâce à un visionnement récent, je peux confirmer qu'il se hausse facilement au-dessus des derniers films du genre que j'ai eu le malheur de regarder. Je dis malheur parce qu'UN FLIC EXPLOSIF, UN FLIC VOIT ROUGE, LE NOUVEAU BOSS DE LA MAFIA et la plupart des autres "produits" interchangeables que j'ai dû subir avaient fini par me persuader que j'avais fait le tour des meilleurs films du style.

D'emblée, Castellari profite de l'apport d'une équipe assez solide, Franco Nero en tête, appuyé par la bande son des spécialistes du genre (avec Stelvio Cipriani) : les frères de Angelis.

Il serait cependant téméraire d'affirmer que LA POLICE ACCUSE, LA LOI ACQUITTE est un chef-d'oeuvre. Après un départ franchement remarquable, le film tâtonne parfois, butant sur les thématiques obsessionnelles du genre (la justice ferme les yeux, les gangsters sont dirigés par des millionnaires intouchables, etc.) Ce discours politique démagogique et simpliste finit par être un peu ennuyant, surtout dans un film d'action qui, tout à coup, se déguise (mal) en pamphlet politique de droite.

Le fait qu'il ait eu beaucoup d'imitateurs n'aide pas ce "classique" de Castellari. Peut-être aurait-il fallu que je le voie en premier ? Vu après ses trop nombreuses copies, HIGH CRIME paraît trop similaire aux autres polars pour constituer l'exception dont sont faits les "grands films". Du coup, la surprise est absente...

En bref, Castellari excelle quand il se concentre sur ce qu'il réussit mieux : les scènes d'action, très bien découpées, rythmées et mises en scène. Mais il devrait mettre au placard ses ambitions de cinéaste politique. Le résultat est donc à l'avenant et inégal. J'avoue très nettement préférer les polars de Lenzi. Jusqu'à maintenant, la carrière de Castellari ne m'impressionne pas trop : LA MORT AU LARGE, LES GUERRIERS DU BRONX (1 et 2, ce dernier volet étant particulièrement pénible), WARRIORS OF THE WASTELAND... Je les échangerais tous contre un Lenzi (mais svp, ne me donnez pas PARDON, ÊTES-VOUS NORMAL ?) Howard Vernon

JE VAIS, JE TIRE ET JE REVIENS aka ANY GUN CAN PLAY aka BLOOR RIVER aka FOR A FEW BULLETS MORE aka VADO... L'AMMAZZO E TORNO - Enzo G. Castellari, Italie, 1967

George Hilton est l'Etranger, un mystérieux cow boy solitaire dont le nom n'est connu de personne, mais dont la rapidité à dégainer est légendaire et l'humour très pince sans rire, comme le prouve la superbe scène d'ouverture. Chasseur de prime de son état, l'Etranger s'amuse à faire monter la prime de Monetero, bandit responsable du braquage d'un wagon et de sa cargaison d'or.

Castellari s'amuse ici à prendre le contre pied du western italien cynique et sans concession. Ici, les méchants ne sont pas vraiment qui on pourrait croire. Si l'histoire se met en place de façon classique avec les habituelles histoires de "pacte/trahison", le final - qui prend place dans les ruines d'une vieille église, réserve bien des surprises. En clair, un très bon western dirigé par un très bon réalisateur. Mention également à George Hilton qui s'en sort avec les honneurs. Kerozene

Le JOUR DU COBRA aka Cobra aka IL GIORNO DEL COBRA aka DAY OF THE COBRA - Enzo G. Castellari avec Franco Nero, Sybil Danning, William Berger, Mario Maranzana, Enio Girolami, Romano Puppo, Massimo Vanni.  1980, Italie, 1h35.

Détective privé minable de San Francisco, jadis renvoyé du Narcotic Bureau pour avoir refusé toute corruption, Larry Stanziani, dit "le Cobra", (Franco Nero), est contacté par Goldschmidt (William Berger), son ancien patron. Sa mission ? Se rendre à Gênes, en Italie, pour y liquider Kandinsky, l'un des caïds du trafic de drogue responsable de son éviction...

Sixième épisode de la collaboration entre Enzo G. Castellari et Franco Nero, ce JOUR DU COBRA permet au duo de varier un peu les plaisirs. Plus de flics incorruptibles ni de citoyens avides de vengeance ici, c'est un scénario plus "chandlerien", avec privé en imper et chapeau mou (Nero, impeccable) et femme fatale au corps de déesse (Sybil Danning, sculpturale) que "Slo-Mo Enzo" développe cette fois. Une remarquable scène pré-générique nous rappelle que, décidément, Castellari sait, mieux que personne, exploiter la "cinégénie" de l'immense port de Gênes. Puis l'intrigue s'installe calmement, au son d'une chanson thème très "laid-back" ("I don't give a damn, I am the Cobra...", on dirait du JJ Cale). La première demi-heure promet beaucoup, la suite déçoit un tout petit peu. La mode du début des années 80 sied un peu moins au cinéma de Castellari, le scénario a quelques coups de mou. Toute la sous-intrigue ordonnée autour des relations entre le Cobra et son fils déséquilibre passablement le film. Heureusement que quelques seconds rôles sympathiques (dont la fameuse - ou le fameux ?- Lola) viennent relancer notre attention. Quant au sens du cadre de Castellari, il fait encore merveille dans les (trop rares) scènes d'action... Stelvio

Castellari et Franco Nero sont de vieux complices ; lors de plusieurs entrevues, l'acteur Nero a en effet répété à quel point il estimait Castellari, soulignant la complicité qui les unissait.

Comme beaucoup de cinéastes italiens des années 70, il est clair que Castellari a donné le meilleur de lui-même à ses débuts. Certains de ses films post-nucléaires sont assez lamentables (LES GUERRIERS DU BRONX 2 ou LES NOUVEAUX BARBARES, en particulier), quant à sa copie de JAWS (LA MORT AU LARGE), on passera charitablement sur le sujet.

Avec ce film réalisé en 1980, on pouvait craindre le pire. La décennie 1980 est en effet connue pour concorder avec le déclin progressif du cinéma transalpin. En plus, ce film est un " polar ", un genre qui agonisait à l'époque. On connaît assez le sort du western italien (les derniers films, sauf exception, étaient franchement mauvais) et des autres modes semblables pour s'inquiéter. Après tout, le polar à l'italienne est un genre dans lequel il est difficile d'innover, vu ses nombreux codes, ses thématiques et passages obligés.

On doit donc signaler que le scénario de ce COBRA ne propose rien d'extraordinaire. Il est même plutôt prévisible, tant les ficelles scénaristiques sont connues et déjà vues. Je ne les révélerai pas pour ne pas gâcher votre surprise au cas (improbable) où vous vous laisseriez surprendre, mais les effets sont franchement téléphonés, et ce qui devait être surprenant n'est finalement que ce qu'on voyait venir depuis très longtemps (sauf une bonne idée vers la fin du film, donnant lieu à une scène surprenante !). Signalons qu'Aldo Lado (SHORT NIGHT OF THE GLASS DOLLS) a participé au scénario et qu'on reconnaît ses obsessions habituelles, surtout dans la finale...

L'intérêt de COBRA réside donc ailleurs. Les fans de Franco Nero, par exemple, auront de quoi se réjouir. Dans un rôle de détective plus loufoque que d'habitude, Nero révèle une facette plus légère de sa personnalité. Affublé de nombreux tics, son personnage est plutôt amusant. Il s'offrira même une scène dramatique où Nero parvient à être émouvant, malgré son caractère mélodramatique et prévisible... Les autres acteurs sont valables dans leur rôle, les femmes jouant souvent les utilités (comme Sybil Danning).

D'un point de vue purement cinématographique, COBRA montre un Castellari en grande forme. Le cinéaste s'impose comme un technicien doué : les couleurs de COBRA sont vives, rappelant parfois Bava et Argento (le tout début du film s'apparente d'ailleurs à un giallo, avec atmosphère sombre, assassin ganté et arme blanche à l'appui). Loin d'être filmé n'importe comment, COBRA est réalisé de façon élégante et soignée. De nombreux travellings irréprochables et fluides soulignent souvent les scènes d'action ou les dialogues, et l'image est très bien cadrée, dotée d'un cachet artistique indéniable.

Réalisé avec une certaine conscience professionnelle, COBRA est donc un polar sans trop de prétentions qu'on peut regarder pour passer un bon moment. Howard Vernon


KEOMA - Enzo G Castellari avec Franco Nero, Woody Strode, William Berger, Donald O'Brien, Olga Karlatos, 1976, Italie 

Franco Nero est Keoma, un métisse mi blanc mi indien, qui retourne dans son bled natal. Un bled dirigé d'une main de fer par un salopard secondé par les trois frères de Keoma. Trois frangins jaloux de l'amour que leur père porte à son fils bâtard.

Dans une ambiance poussiéreuse et sale, dans un bled où la peste et la peur règnent en maître, l'espoir n'est pas de mise. Et ce n'est pas le nettoyage réalisé par Franco Nero, désabusé et déçu, qui le rendra beaucoup plus salubre.

Ambiance glauque, photographie magistrale, ralentis à la Peckinpah, musique fantastique, KEOMA est un grand western spaghetti ! Kerozene

Quel ravissement. Le DVD de Anchor Bay comprend une entrevue avec Franco Nero, qui n'est pas si "fini" qu'on pourrait le supposer en visionnant DJANGO.

Le film lui-même... est une pure merveille. Un transfert superbe, widescreen impeccable, et tout le génie de Castellari qui se manifeste dans le moindre plan. Un scénario en béton - d'après une histoire de George Eastman ! - et une performance époustouflante de concision de Nero. Olga Karlatos bien mignonne. Le "score" spaghetti opera des frères De Angelis qui agace au départ, mais finit par se laisser apprivoiser. La parabole sociale, un peu moins importante selon moi, que l'étourdissante maîtrise technique.

Les vilains ont de vilaines gueules, on ne voit pas le temps passer et je ne vois pas ce que je pourrais dire de négatif sur ce film. À part peut-être qu'il gagnerait à être connu, car on pourrait ainsi le placer au "top" des spaghetti westerns avec les efforts de Leone.

Les américains n'ont rien compris. Orloff

LIGHTBLAST aka Colpi di Luce - Enzo G. Castellari, 1985, Italie, 1h26 

Au son d'une musique diablement analogue, un couple s'adonne à une traque érotique du plus bel effet dans un enchevêtrement sensiblement abandonné de wagons de marchandises. Alors qu'ils s'apprêtent à commettre l'irréparable, c'est-à-dire forniquer sans être mariés (ah les vilains !), une équipe de fous furieux balance une giclée de rayon lumineux dans une horloge non loin, et tous les métaux répondant présent dans un rayon de 40 mètres se mettent à fondre, tuant sur le coup les tourtereaux, juste à temps pour éviter qu'ils ne s'enfilent.

Les fous furieux, ce sont principalement un scientifique zélé et son équipe de soumis, le scientifique en question ayant été expulsé de l'université de San Francisco suite à un obscur accident de labo. L'est fâché, le savant, et il menace de faire fondre SF au complet si le maire ne lui donne pas 5 millions, pis tout de suite ! La police est donc sur les dents, et puisqu'il faut un héros, ce sera donc le ventru Erik Estrada qui se collera au boulot !

Voilà un bien étrange film ! Réalisé par un maître du thriller d'action, Enzo G. Castellari, fils de Marino Girolami, Sam Peckinpah du pays en forme de botte, dont le montage a influencé Soderbergh et probablement beaucoup d'autres, dont l'utilisation du ralenti dans les séquences d'action a changé la façon de voir le monde de John Woo, Enzo donc a habituellement tout pour plaire. Comment peut-il être ici aussi mou ?

Pas mou, mais disons... inconsistant. La réalisation ne manque pas de punch, et les quelques poursuites, à peu de choses près, sont haletantes et explosives, bourrées de cascades et de musique rigolarde - d'ailleurs, le score entier est dû aux frères De Angelis, célèbres guignols ayant souvent travaillé avec Enzo, mais ayant légèrement perdu leur souffle ici. Les chansons sont entraînantes et amusantes, mais les sonorités aujourd'hui désuètes employées un peu partout font sourire.

Toutefois, le scénario est quelque peu confus, et pas très original. Il faut dire que les épaules d'Erik Estrada, pourtant fort larges, n'arrivent pas à soutenir grand chose et que dès qu'il ouvre la bouche, on a envie de rigoler, alors impossible de le prendre au sérieux. Comme "action hero", on a vu mieux ! Disons que l'idée du rayon "fondant" est un peu aberrante et que l'explication abracadabrante qui l'accompagne immanquablement n'est pas très convaincante ! Lorsque l'on découvre qu'Enzo lui-même est derrière l'idée, on commence à comprendre qu'il a voulu se péter un trip et que ça n'a tout simplement pas fonctionné...

D'ailleurs, ses "marques de commerce" - montage éclaté, ralentis bienvenus dans les séquences d'action - sont ici étonnamment absentes, comme s'il avait voulu se contraindre à la simplicité du film d'action à l'Américaine, avec un héros ethnique et des criminels implacables.

La technique employée à quelques reprises dans le film pour donner l'illusion que les acteurs fondent est aussi fort surprenante. Je ne veux vendre aucune mèche, mais disons qu'elle implique de la pâte à modeler et beaucoup d'inventivité, produisant un effet saisissant !

On remarque dans le rôle du savant fou un parent d'Enzo, Ennio Girolami, qui a participé à énormément de productions réalisées par le grand Castalleri. Et un caméo de Massimo Vanni, qui vient se faire exploser la tronche pour vite retourner dans l'oubli tout de suite après. Un Castalleri qui n'est donc pas essentiel, mais qui, si pris à la légère, se révèle être une véritable rigolade. Ce qui fait du bien. Orloff

Un scientifique fou (ils le sont toujours), se prenant pour un être supérieur à Dieu lui même (!!), utilise un nouveau rayon laser super destructeur pour menacer la ville de San Francisco. Après quelque démos concluantes au court desquelles toutes structures métalliques et organiques fondent comme du beurre (dommage pour les deux ados qui copulaient par là), il fait sa demande de rançon. Mais un super flic (Erik Estrada de la série CHIPS) ne va pas le laisser tranquille et le traquera sans répit.

Castellari livre ici un produit formaté, avec juste ce qu'il faut pour conserver l'attention du spectateur. Une pincée de nudité (mais juste au début), un zeste de gore (les gens fondent comme à la fin des AVENTURIERS DE L'ARCHE PERDUE), et plein d'action, de gunfight, de dialogues à deux balles, de poursuites en voitures et de cascades. Comme à son habitude, Castellari use des ralentis, mais il faut attendre la deuxième moitié pour pouvoir en profiter. Un petit film convenu donc, sans surprise, sans prétention, juste un truc qui détend. Kerozene

La MORT AU LARGE aka Death at Large aka Great White aka The Last Jaws aka L'ultimo squalo - Enzo G. Castellari avec James Franciscus, Vic Morrow, Micky Pignatelli, Stefania Girolami, Joshua Sinclair, Ennio Girolami, Giancarlo Prete, Massimo Vanni, Romano Puppo, 1981, Italie, 88m


Bien que le champion de planche à voile se soit récemment fait gloutonner par un grand blanc, le politicard du coin décide de maintenir la prestigieuse course qui a lieu quelques jours plus tard. Et malgré la mise en place de barrières de sécurité, le poisson tueur
réussi à rentrer dans le but de se taper un gueuleton d'enfer.  Les véliplanchistes malchanceux tombent un à un pour terminer entre les mâchoires du cruel requin. Dès lors, la pêche à la dynamite est ouverte...

L'histoire un rien conventionnelle qui reprend les grandes lignes de JAWS ne surprendra pas grand monde, mais la Castellari touch fait son boulot et c'est là que c'est bon. Le requin est énorme, il dévore les jambes d'un pauvre gars, entraîne un hélicoptère avec lui (belle
maquette), bref, il est extrêmement efficace. Les stock-shots de vrais requins sont en plein-écran contrairement au reste du film, les inévitables ralentis de Castellari sont toujours marrant, et le final est superbe: le requin se fait exploser la gueule, mais pas avec une
bombonne, non, ici c'est carrément le pote du héros et sa ceinture pleine de dynamite qui va servir d'explosif. Beau boulot. Le film aurait tout de même gagné à être un poil plus méchant. Kerozene

Alors qu'une compétition de planches à voile est sur le point d'avoir lieu dans la station balnéaire de South Bay, un des concurrents est happé par un requin alors qu'il s'entraînait. La découverte d'un morceau de la planche à voile de la victime et d'un bateau fortement endommagé force le maire de la ville, Wells, alors en campagne électoral, à ordonner l'installation d'un filet en acier pour fermer la baie de façon à ce que la compétition de planches à voiles puisse avoir lieu en toute sécurité. Le requin est toutefois d'une taille énorme et comme en plus il tient à son casse-croûte, il parvient à se frayer une brèche dans le filet et à faire de nombreuses victimes lors de la compétition. Voulant aider son père qui risque de perdre les élections suite à cette tragédie, le fils du maire et quelques amis se lance à la chasse au requin. La fille d'un écrivain, Peter Benton, ayant perdu une jambe au cours de cette chasse, celui-ci accompagné d'un ami pêcheur tente à son tour de venir à bout de ce monstre marin. Le requin fera de nombreuses autres victimes avant que Peter n'arrive à en venir à bout.

Le succès de "JAWS" et de son grand requin blanc ne pouvait qu'inciter un producteur italien à concocter un simili afin de remplir le ressac de jolis billets verts. C'est pourtant à un réalisateur assez talentueux, Enzo G. Castellari, qu'a été confié cette commande. Celui-ci réutilise ici ses fameux ralentis et effets de caméra ou de montage qui avaient été efficaces dans ses précédents westerns et poliziotteschis, ce qui donne au film une touche particulière malgré les péripéties conventionnelles aux éléments puisés largement dans le film de Spielberg et aussi dans le "JAWS 2". Les auteurs ont d'ailleurs poussé la coquetterie de donner au héros un nom qui ressemble à celui de l'auteur du roman original, Peter Benchley. Le film se démarque involontairement par l'étrange comportement de certains personnages qui semblent vraiment chercher à se faire dévorer par le requin qui n'en demandait sûrement pas tant. Cela donne lieu à de nombreuses séquences vraiment comiques où le requin, fait en caoutchouc mousse ou en carton-pâte et dont la grosseur laisse croire qu'il a consommé des stéroïdes, dévore des miniatures et des figurines remplaçant les acteurs (la séquence du maire suspendu à un hélicoptère est à cet égard très marrante). Drôles aussi sont les moments où le requin apparaît en surface de façon stable quand on sait qu'il est logiquement supposé être toujours en mouvement, et où il projette en l'air certaines embarcations en donnant l'impression qu'il s'entraîne pour un spectacle dans un parc aquatique. On rigole bien fort aussi quand un caméraman se fait bouffer les jambes et qu'un mannequin en forme d'épouvantail le remplace lorsqu'il est retiré de l'eau, tout ça sous les cris suivis de l'évanouissement de l'épouse du héros qui en rajoute une couche, le tout se terminant par le visage du caméraman mort qui a l'air de sourire béatement devant sa caméra. Ces maladresses dans les trucages et dans les situations, plus l'emploi de séquences (en noir et blanc???!!!) tirées de documentaires, jumelées à une mise en scène stylisé et vigoureuse de monsieur Castellari, font de ce film un joyeux nanar divertissant qui fera s'esclaffer à s'en tordre les boyaux de nombreux fans de cinéma bis italien. Le jeu volontairement sérieux des comédiens cadre bien avec le résultat involontairement rigolo de l'ensemble. Vraiment fun! Mathieu Lemée

Les NOUVEAUX BARBARES aka The New Barbarians aka Warriors of the Wasteland aka I Nuovi Barbari - Enzo G. Castellari avec Giancarlo Prete aka Timothy Brent, Fred Williamson, Luigi Montefiori aka George Eastman, Anna Kanakis, Ennio Girolami aka Thomas Moore, Venantino Venantini, Massimo Vanni, Giovanni Frezza, Andrea Coppola, 1982, Italie, 91m

Film italien de SF post-apocalypse de Enzo Castellari comme il sait si bien les faire. Vers 2019, après la chute de plusieurs bombes atomiques, des groupes de nomades essaient de retrouver, loin des zones contaminées, un semblant de civilisation. Ils sont pourchassés et tués par des barbares dont le but est d'exterminer tout le monde, grâce des pétrolettes lookées SF, des buggies trafiqués à deux balles (mais c'est trop bon !).

Bien sûr, il y a le héros, qui s'appelle Scorpion et qui va butter les méchants emmenés par One et Shadow.

C'est du pur plaisir pour qui sait apprécier la SF à l'Italienne et à petit budget. Les mecs ont des tronches hallucinantes, des fringues et des coupes de cheveux pareils, ça pète bien et on s'emmerde pas une seconde.

Un peu comme dans les Guerriers du Bronx 1 & 2.

Que du bon à mon avis. Effix

En 2019, le monde a été dévasté par une guerre nucléaire. Les survivants ayant échappé à la catastrophe sont traqués sans relâches par d'anciens prisonniers militaires, les Templars, qui veulent s'approprier exclusivement les ressources restantes sur la planète. Un aventurier solitaire, Scorpion, vient cependant en aide aux survivants contre les Templars et il sauve de leurs griffes une jeune femme, Alma. Celle-ci rejoint un groupe de survivants ayant formé une caravane à la recherche d'une terre plus fertile ou non-contaminée, habitée par d'autres humains qui auraient échappés à l'holocauste nucléaire. Les Templars retrouvent toutefois la caravane et espèrent tendre un piège à Scorpion. Celui-ci reçoit cependant l'aide d'un guerrier et ami, Nasir, et d'un jeune garçon ingénieux pour affronter les Templars et les éliminer une fois pour toutes.

Le film "MAD MAX" ayant prouvé qu'un succès cinématographique était possible sans bénéficier d'une grosse mise de fonds, des producteurs italiens ne pouvaient que profiter de l'occasion pour se lancer dans des imitations ou des succédanés du genre. Cet échantillon réalisé par Enzo G. Castellari s'avère parmi les plus drôles du lot. Les voitures pseudo-futuristes ont l'air d'avoir été conçus capricieusement avec divers morceaux de tôles ou de carapaces trouvés dans une décharge publique, et les extérieurs illustrant des paysages dévastés ont trop d'herbes et de plantes pour entretenir l'illusion d'une holocauste nucléaire, en plus d'une route en béton propre et pas du tout abîmé. On reconnaît dans les scènes d'actions assez nombreuses les ralentis typiques de Castellari, mais ces séquences font rire aussi le spectateur en employant en abondance des mannequins reconnaissables pour remplacer les acteurs lors des plans de massacres ou d'explosions. Les costumes et les coiffures font également sourire plus qu'autre chose et semblent témoigner d'une imagination disjonctée. Dire que l'ensemble du film respire le factice pochetron et le carton-pâte à deux sous démontre à quel point le bis italien a sombré en qualité dans les années 80. Mais on rigole tellement que l'on trouve ce film bien sympathique à côté d'autres productions similaires du type post-apocalyptique, quand bien même que le scénario et les situations soient ahurissants de naïveté et que l'interprétation soit à l'avenant. Mention honorable néanmoins à la très bonne trame sonore de Claudio Simonetti. Un film qui se déguste comme un petit vin et fromage. Mathieu Lemée

  UNE POIGNEE DE SALOPARDS aka INGLORIOUS BASTARDS aka DEADLY MISSION aka COUNTERFEIT COMMANDOS aka G.I. BRO aka HELL'S HEROES aka QUEL MALEDETTO TRENO BLINDATO - Enzo Castellari, 1978, Italie 

Suite l'annonce, ou à la rumeur d'un hypothétique remake de cette pelloche par le père Quentin Tarantino, la popularité du film ne Castellari a été sans cesse grandissante et le nom même de Castellari est devenu plus connu que jamais. Par conséquent, et pour autant que l'on soit un poil familier à la filmographie du monsieur, il est légitime d'imaginer cette resucée transalpine de LES 12 SALOPARDS comme l'un des meilleurs essais du maître, avec ce que cela implique de cascades folles, de gunfights brutaux, de personnages haut en couleur et de ralentis flamboyants garnis d'explosions et de mannequins réduits en charpie. Seulement voilà, si tous ces éléments sont présents, ils ne le sont qu'à dose homéopathique. Du coup on est un peu déçu et on se dit que le buzz généré par la propagation tarantinesque n'a pas que du bon (mais ça on le savait déjà - même si je trouve cela très bien qu'un type comme Tarantino brandisse haut et fort l'étendard du cinéma que l'on aime). Mais tout cela n'empêche pas pour autant UNE POIGNEE DE SALOPARDS d'être éminemment sympathique, divertissant et drôle. La légèreté du ton adopté et le traitement décomplexé de Castellari en font un apéritif filmique jovial, une sorte de petite pose récréative aussi rafraîchissante qu'un apéro sur une terrasse ensoleillée en bord de mer, un pur moment de décontraction du gland régénérante, un peu à l'image de son générique pop et tonitruant.
L'histoire: pendant la deuxième guerre mondiale, une bande de déserteurs prisonniers parviennent à s'échapper et tentent de rejoindre la Suisse pour y trouver refuge. Chemin faisant, ils dessoudent du bosh comme on se beurre une biscotte, balancent des vannes à tout va et se gueulent régulièrement dessus de manière aussi virile que frétillante. Jusqu'au jour où, déguisés en soldats allemands, ils croisent le chemin d'une compagnie alliée elle aussi grimée en troufions germaniques. Le problème est que nos salopards ne le savent pas et qu'ils dégomment les pauvres gaillards sans leur demander leur reste. Accablés par le remords, ils décident de reprendre du service afin de mener à bien la mission qui avait été confiée à leurs ex-collègues, à savoir infiltrer l'armée allemande pour leur voler une arme expérimentale acheminée dans un train surgardé.

On retrouve donc bien des éléments du film de Robert Aldrich, transformés et mis en forme à la sauce italienne de l'époque et bénéficiant d'un casting adapté : l'inévitable Fred Williamson et son éternel bout de cigare qui doit faire face à de cinglantes attaques racistes, Bo Svenson qui traîne son allure gauche dans la peau du leader frimeur avec ray-ban vissée sur le nez et blouson d'aviateur et le français Michel Constantin au faciès méchamment buriné. Kerozene

the SHARK HUNTER aka Chasseur de Monstre aka Il Cacciatore di squali - Enzo G. Castellari 1979, Italie, 1h35

Un paisible chasseur de requins yankee exilé aux Caraïbes, et y filant le parfait bonheur, rêve secrètement de repêcher un trésor d'un million de dollars dont il est le seul à connaître l'emplacement, à 100 mètres au fond de la mer. Il se bagarre quotidiennement avec les jeunes voyous du village et survit en vendant ses requins, qu'il attrape aussi facilement qu'un américain moyen attrape le rhume en hiver. Un jour un autre yankee se pointe au village, et cherche la même chose que le chasseur de requins, qui va donc devoir se bouger les fesses un peu... Dans la vague italienne des innombrables rip-offs de JAWS (dont NIGHT OF THE SHARKS de Ricci ou THE GREAT WHITE, également de Castellari), ce film d'action sans prétention d'Enzo G. a au moins le mérite de divertir. On n'y note aucun temps mort, et les scènes sous-marines sont particulièrement intrigantes. Comment Castellari a-t-il trouvé le moyen de foutre autant de requins dans son film ? Franco Nero est convainquant dans son rôle de bourru sympa, et on retrouve Eduardo Fajardo (le SS à la sale gueule de PIÈGE NAZI) dans un énième rôle de mauvais garçon. Quelques séquences au ralenti viennent de temps à autre nous rappeler que nous avons affaire au "John Woo italien", et la musique ensoleillée et légèrement kitsch de Guido & Maurizio de Angelis donne la couche finale d'une peinture des moeurs qui est ma foi plutôt amusante. Orloff

SINBAD OF THE SEVEN SEAS aka Sinbad des sept mers aka Sinbad - Enzo G. Castellari/Tim Kincaid/Luigi Cozzi avec Lou Ferrigno, John Steiner, Roland Wybenga, Yehuda Efroni, Alessandra Martines, Teagan Clive, Enio Girolami, Stefania Girolami, Leo Gullotta, Daria Nicolodi, 1986-1989. Italie/États Unis, 93m

La ville de Bassora coule des jours heureux depuis longtemps et est dirigée par un calife généreux. Mais un sorcier, Jaffar (qui se prend pour Iznogoud!), a bien l'intention de prendre le pouvoir. Il se sert des cristaux magiques qui assurent le bien et la paix dans la ville pour s'approprier leurs pouvoirs et ainsi contrôler l'âme et l'esprit du calife. Seule la princesse Alina résiste à Jaffar qui veut d'ailleurs la forcer à l'épouser. Arrive alors Sinbad et ses compagnons à Bassora dont le prince Ali, prétendant d'Alina. Jaffar les fait tous prisonniers mais Sinbad prend la fille de l'air et délivre ses compagnons. Jaffar envoie alors dans des endroits dangereux et inaccessibles les quatre cristaux afin de se donner du temps pour convertir la princesse Alina à sa volonté. Sinbad et ses amis partent néanmoins à la recherche des cristaux et ils devront affronter maints dangers pour les récupérer et ensuite revenir à Bassora pour se débarrasser définitivement de Jaffar. Celui-ci entend bien d'ailleurs faire disparaître Sinbad pendant son voyage et il s'associe à une sorcière, Soukra, pour y parvenir.

Produit par la "CANNON...", le film mis quatre ans pour être achevé suite à de nombreux problèmes de budget et de scénario. Ce qui explique la présence de trois réalisateurs à la barre pour en venir à bout. Principalement mis en scène par Enzo G. Castellari, connu pour ses films d'action et ses westerns efficaces, il semble moins à son aise dans le conte de fée. À sa décharge, il faut dire que les problèmes mentionnés ci-haut n'ont pas dû l'aider à structurer le produit comme il l'aurait voulu. L'intrigue oscille carrément entre plusieurs genres comme le péplum, l'héroic-fantasy du style Conan, les récits des "Milles et une Nuits", les aventures chevaleresques du Moyen-Âge et la science-fiction. On a même inséré une scène où le héros affronte des zombies et une autre où il affronte la Mort elle-même (à qui le héros arrache et écrase le coeur, faisant gicler un sang verdâtre)!!! Cet assemblage hybride souffre d'un manque flagrant de cohérence que les auteurs ont voulu racheter par la présence d'une narratrice (Daria Nicolodi) pour y mettre un peu de cohésion. Mais cette narration emmerde plus le spectateur par son omniprésence et elle camoufle bien mal le manque d'unité du film. Il ne reste donc plus qu'une collection d'affrontements divers qui se concluent trop simplement et de façon précipitée; le héros résolvant ses problèmes et éliminant ses adversaires avec trop de facilité.

Autre constat: des anachronismes rigolos sont légions à travers le récit, à commencer par les compagnons du héros où on retrouve un viking et un samouraï japonais pratiquant le karaté (!!!!!!!). On est donc bien loin des "SINBAD" aux trucages conçus par Ray Harryhausen, surtout que les effets spéciaux sont rudimentaires et d'une cocasserie toute italienne (monstre de pierre, créature des ténèbres gluante, sorcière en cuir style vierge de Nuremberg). Mais l'élément le plus drôle du film, c'est le dialogue. Je n'ai pas entendu depuis longtemps un dialogue aussi bête et stupide (même pas dans une comédie de carabins) et ce n'est pas un secret de polichinelle d'affirmer que j'en ai rigolé un bon coup (et vous en ferez autant!). En conclusion, un film d'aventure avec de multiples stéréotypes enfantaisistes et un contenu difforme et handicapé qui le place en bonne position dans le top 100 des nanars sympas. Soulignons qu'au début du film, un texte à l'écran affirme que le présent récit est inspiré d'un prétendu conte d'Edgar Allan Poe intitulé: "La Mille et Deuxième Nuit de Shéhérazade". Permettez-moi d'en rire et d'en douter!!! Mathieu Lemée

SUR ORDRE DU FÜHRER aka La Battaglia d'Inghilterra - Enzo Castellari - Italie - 1970

En pleine 2ème guerre mondiale, lors du retrait des troupes britanniques de France pour Londres, une poignée d'espions SS parvient à s'introduire dans le but de détruire la défense anti-aérienne de l'intérieur du pays afin de permettre à la Luftwaffe de bombarder l'Angleterre tranquillement. Le gentil officier Stevens se lie malgré lui d'amitié avec un de ces espions après lui avoir sauver la vie. Cette situation les mettra face à un conflit intérieur balançant entre les intérêts personnels et ceux pour la nation.

Rondement mené, ce film de guerre contient des moments de bravoure comme Castellari sait si bien le faire. Ici pas de ralentis à la Peckinpah, mais de sympathiques séances de split screen utilisées lors de batailles aériennes et des scènes de bombardement. La plus belle scène se passe d'ailleurs lors du bombardement de Londres par les nazis, lorsque Stevens et sa blonde font tendrement l'amour à la lueur des explosions. Magique ! Kerozene

STREET LAW aka The Anonymous Avenger aka Il Cittadino si Ribella aka The Citizen Rebels aka Vigilante II - Enzo G. Castellari, 1974, Italie, 1h16

Franco Nero (THE MONK, HITCH HIKE) se retrouve en plein hold-up en se rendant retirer du blé à la banque. Les braqueurs l'embarquent quand il fait le mariole et le tabassent à profusion avant de l'abandonner dans les docks. La police ne fait pas grand chose pour retrouver les voleurs et il décide de s'en occuper lui-même. Il s'adjoint l'aide d'un petit criminel sans envergure qu'il fait chanter et les deux hommes se mettent sur les traces des hors-la-loi. Mais ce sont de belliqueux individus auxquels il s'en prend, et ceux-ci pourraient bien mordre...

Réalisé l'année après HIGH CRIME (aussi avec Nero) par le prolifique Enzo G. Castellari, ce polar sinueux ne livre pas la marchandise promise. Se transformant presque par endroits en drame social, le récit nous gratifie des mésaventures de Nero et on en vient presque à le prendre en pitié; citoyen standard qui essaie de se faire justice lui-même, il le fait avec une maladresse manifeste et ça ne lui réussit pas. On ne compte plus les passages à tabac et les dents cassées ! Ça devient tout de même rapidement fascinant. Les ralentis habituels se pointent le bout du nez, rythmés par une bande-son composé cette fois-ci de véritables chansons "à l'américaine", avec des couplets ! Une des chansons pourrait éventuellement avoir été performée par un Robert Charlebois complètement saoul : les paroles en sont indistinctes, maugréées sans grand enthousiasme ! On doit le tout aux frères De Angelis, des routiniers du genre. La jolie Barbara Bach (SHORT NIGHT OF THE GLASS DOLLS, BLACK BELLY OF THE TARANTULA) apparaît ça et là avec son joli minois, pour le plus grand plaisir des yeux, et la performance de Nero est comme à chaque fois irréprochable. Attention : la version anglaise portant le titre STREET LAW semble avoir été victime d'une vraie boucherie visant à améliorer le rythme du film; il y manque en fait 30 minutes ! Orloff

TUAREG: LE GUERRIER DU DESERT aka TUAREG: THE DESERT WARRIOR aka DESERT WARRIOR aka TUAREG: IL GUERRIERO DEL DESERTO - Enzo G. Castellari, 1984, Italie

Les touaregs sont des hommes à part. Méprisants les villes, leur demeure est le désert. Ils ne connaissent ni les frontières ni les autorités et ne sont régis que par leurs lois et traditions. Des lois qui prônent un respect du prochain et des traditions que nul ne saurait entraver. Un jour, deux hommes assoiffés traversant le désert sont recueillis par Gacel Sayah (Mark Harmon), vénérable guerrier touareg au courage sans égal. L'hospitalité étant une chose sacrée chez les touaregs, les deux hommes sont accueillis et soignés avec attention. C'est alors que l'armée surgit de derrière les dunes, assassine l'un des hommes et kidnappe l'autre qui s'avère être l'ancien président déchu. Gacel Sayah, humilié, crie vengeance ! Quiconque touche à ses invités mérite la mort ! Ainsi commence une traque sans merci à travers le désert.

Mark Harmon s'amuse comme un fou à incarner le guerrier touareg à l'honneur bafoué. Bravant les dangers du désert, résistant au soleil et à la soif, il va jusqu'à boire le sang de son chameau ! Seul, il prendra d'assaut la prison d'état, mitraillette en bout de bras, pulvérisant ses ennemis au ralenti. Les impacts de balles déchirent les peaux laissant apparaître des énormes plaies sanglantes tandis que les cascadeurs bondissent dans les airs soufflés par les explosions de leur véhicules. Castellari signe ici un film attachant qui dessert ses scènes d'action à dose homéopathique mais de manière redoutablement efficace préférant s'attacher à la résistance de son prodigieux Touareg pour l'amener à une fin pleine d'ironie qui ne manquera pas de surprendre le plus blasé des spectateurs.

Le casting comprend également Antonio Sabato, en officier pourri, et Ennio Girolami, frère d'Enzo Castallari, en officier gentil. Enzo lui-même s'est réservé un caméo en tant que garde... Kerozene

www.enzogcastellari.com | Affiches sur le site de Kerozene

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Web www.clubdesmonstres.com

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