ARTUS - 3 CLASSIQUES AMÉRICAINS
Des classiques américains pour la noiuvelle année chez Artus: Le Pénitencier du Colorado + Le Pirate de Capri + L'ïle des Péchés         lire

Les États Unis sont incontournables et produisent un nombre fou de films, à la qualité diverse. Retrouvez aussi les réalisateurs américains  AL ADAMSON | IRWIN ALLEN | CHARLES BAND | LARRY BUCHANAN | LARRY COHEN | ROGER CORMAN | DAVID DeCOTEAU | WES CRAVEN | CLINT EASTWOOD | RICHARD FLEISCHER | BERT I GORDON | STUART GORDON | HERSCHELL GORDON LEWIS | RUSS MEYER | CRISTOPHER R. MIHM | SAM NEWFIELD | ALBERT PYUN | FRED OLEN RAY | BRIAN De PALMA | SAM PECKINPAH | BILL REBANE | GEORGE ROMERO | EDGAR G. ULMER | JERRY WARREN et les acteurs CHARLES BRONSON | LON CHANEY | SYBIL DANNING | CLINT EASTWOOD | BELA LUGOSI | DOLPH LUNDGREN | CHUCK NORRIS | ELVIS PRESLEY | STEVEN SEAGALL | VINCENT PRICE oi la SYFY sur leur pages et visitez notre page LISTING pour voir nos autres sections thématiques.

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ABATTOIR 5 aka SLAUGHTERHOUSE- FIVE - George Roy Hill, 1972, États Unis

Résumer le film ne serait pas vraiment utile. Sa structure décousue ne rend pas la chose aisée. Toujours est-il que voila: un homme se voit "téléporter" dans le temps et passe ainsi du statut de jeune pubère durant la deuxième guerre mondiale à la merci des allemands, au statut d'homme marié à un boudin, père de deux enfants, qui fantasme sur une miss de Playboy. Ces "voyages" dans le temps sont en fait les conséquences des actions d'un peuple extra-terrestre avide de connaissance. Le titre, ABATOIR 5, est le nom du camp de prisonniers situé à Dresden où eu lieu un bombardement apocalyptique plus meurtrier que la bombe d'Hiroshima.

Ce film est vraiment surprenant et bien fascinant, avec son histoire à la Quatrième Dimension. L'interprétation impeccable y est pour beaucoup. Il peut paraître daté et dépassé aujourd'hui face aux films actuels, et pourtant il est d'actualité, ce n'est pas un film marqué par son époque, c'est un film qui sort du lot et qui - je le pense - conservera son impact quelques temps encore, ce qui n'est pas si évident. Kerozene

ABBOTT AND COSTELLO GO TO MARS aka 2 Nigauds chez Venus - Charles Lamont, 1953, États Unis 

Dans le secret absolu, des scientifiques américains s'apprêtent à faire un premier voyage spatial: reste à décider quelle planète visiter et qui choisir comme équipage. Dès que tout est placé dans la fusée on part ? Abbott joue le type chargé de remplir la fusée, aidé par Costello, arrivé par inadvertance sur la base secrète et forcé d'aider le chargement. Naturellement il actionne des manettes... qui font décoller la fusée. Et nos amis de se croire atterrir sur Mars... alors qu'ils sont au mardi-gras de la Nouvelle Orléans. Deux évadés de prison vont les forcer à redécoller pour Mars... pour atterrir sur Vénus. La reine de Vénus, sous les supplications des ses amazones, prend le petit gros comme roi, les hommes ayant été éliminés de la planète il y a des centaines d'années.

Finalement, en y repensant, le slapstick américain et la comédie italienne ont bien des choses en commun. Le petit gros, ici Lou Costello, tiens la comparaison avec Alvaro Vitali: on reçoit des baffes à répétition et les belles femmes s'amourachent de nous ! C'est d'ailleurs sur Vénus que l'on rira le plus, l'accumulation des preuves d'affection de ces belles dames (toutes des compétitrices du concours Miss univers de l'époque) et les tests auxquels la reine soumet Lou sont encore rigolos. Anecdote: une partie des décors coûteux a été réutilisés sur le film THIS ISLAND EARTH. C'est un des 8 films offerts sur la 3ème compilation dvd offerte par Universal, qui inclut les rencontres du duo avec les monstres de la Universal, une vraie aubaine. Mario Giguère

ABBOTT AND COSTELLO IN THE FOREIGN LEGION - Charles Lamont avec Bud Abbott, Lou Costello, Patricia Medina, 1950, États Unis

Surprise, on débute dans une arène de lutte ou Bud est en séance de travail sur le scénario du combat à venir ! Mais Abdullah refuse de perdre le dit combat et repart vers son paya natal, au grand dam de Bud et Lou. Coincés par la mafia du coin qui perd de l'argent si le combat n'a pas lieu, nos comparses partent pour Alger à la recherche du lutteur. Ils se retrouvent mêlés à une affaire de banditisme et signent sans le savoir un contrât d'engagement de cinq ans avec la Légion Étrangère. La légion le regrettera !

Petit film léger remplit de quiproquos et de blagues physiques, on retient le passage à sec dans le désert avec ses mirages et son poisson à dentier. Sans oublier les combats de lutte, ou l'on aura droit à l'inoubliable Tor Johnson, PLAN NINE FROM OUTER SPACE, qui n'a pas grand dialogue à apprendre. Sans oublier l'absurde séquence ou Bud et Lou se frappent, incapables de se rendre compte qu'ils se pourchassent l'un et l'autre. Tout cela a pas mal vieilli, mais parfois, on en demande pas plus. Mario Giguère

ABBOTT AND COSTELLO MEET DR JEKYLL AND MR HYDE aka DEUX NIGAUDS CONTRE LE DR JEKYLL ET MR HYDE - Charles Lamont, 1953, États Unis

Abbott et Costello sont flics pour le compte de Scotland Yard. Après s'être fait ridiculiser devant une horde de femelles militant pour le droit de vote, nos deux compères sont relevés de leur fonction avec effet immédiat. Pour se racheter, ils comptent bien mettre la main sur un étrange tueur rôdant dans les rues sombres de la capitale anglaise, un tueur qui ressemblerait à un monstre, selon les dires de quelques témoins... Et c'est bien sûr par le plus grand des hasards que nos couards inspecteurs se retrouvent à soupçonner le respecté Dr. Jekyll, un homme amer qui bidouille les gênes de quelques bestioles dans son laboratoire secret.

Dernier représentant du bestiaire Universal à passer par la moulinette parodique d'Abbott et Costello, Jekyll/Hyde a la chance de bénéficier d'un script relativement correct, mais surtout de la présence de Boris Karloff - de retour auprès des deux zouaves après ABBOTT AND COSTELLO MEET THE KILLER, BORIS KARLOFF en 1949. On passe sur l'humour usuel du duo principalement alimenté de quiproquos téléphonés et de la maladresse d'un Costello rondouillard qui se bouffe des montants de portes à la fin de chaque scène, et on se focalise sur les atouts de cette pelloche qui recycle au maximum le patrimoine épouvante du studio lors d'un passage se déroulant dans un musée de cire et où la statue du monstre de Frankenstein prend vie après avoir été " électrocutée ". Quels sont donc ses atouts ? Boris Karloff bien évidemment, classieux comme d'habitude, et il y a ce gag un peu crétin mais finalement drôle où Costello (toujours lui) ingurgite une potion du Dr. Jekyll qui a pour effet de transformer sa tête en celle d'une souris, et ceci évidemment avant de se rendre au pub où les clients bourrés commencent à douter de la qualité de leur bière. Vient enfin le final où Costello (...) et Jekyll se transforment tous deux en Mr. Hyde, générant la confusion générale au sein des forces de police. Pour les amateurs, il s'agit là d'un des meilleurs films du duo, pour les autres, il s'agit surtout d'une comédie pas très fine, qui se rattrape grâce à la présence de Karloff. Kerozene

ABBOTT AND COSTELLO MEET THE KILLER, BORIS KARLOFF - Charles Barton avec Bud Abbott, Lou Costello, Boris Karloff, 1949, États Unis

Un petit hôtel, un meurtre et plein de gens louches. Lou et Bud interprètent deux cousins, le bellboy et le détective privé de l'Hôtel qui vont s'aider en tentant de disculper Lou qui est le principal suspect. Quand la police va découvrir que Lou ne peut pas être le coupable, rien ne sera vraiment simple, les cadavres s'accumulant et tout le monde essayant de tuer Lou. Dans un final surprenant, on se déplace dans des cavernes immenses ou Lou est pourchassé par le tueur masqué des pieds à la tête.

Boris Karloff joue un hypnotiseur qui tente en vain de pousser Lou au suicide! Les gags abondent et le scénario garde le mystère de l'identité du meurtrier jusqu'à la fin. Jeux de mots, gags de situation et gadgets nombreux assurent un bon moment pour une comédie prévue à l'origine pour Bob Hope ! Mario Giguère

ABBOTT AND COSTELLO MEET THE MUMMY - Charles Lamont, 1955, États Unis 

Stationnés en Égypte, Bud et Lou deviennent détenteurs d'un médaillon convoité par plusieurs personnes. Ce bijou antique appartient à une momie et permettra à celui qui peut en lire les inscriptions de retrouver un fabuleux trésor, mais il donne en prime la malédiction de Clarisse au porteur. Entre les disciples d'une secte égyptienne, une bande de malfrats qui ne veulent que le trésor et la momie qui veut son médaillon, nos comparses vivront bien des aventures hystériques.

Moins réussi qu'un ABBOT ET COSTELLO MEET FRANKENSTEIN, qui avait plus de vedettes et de monstres, cette histoire de momie ressemble à beaucoup de ces films qui, à l'instar de son monstre, sont souvent lents et moroses. Après une première partie plutôt tranquille, avec quelques numéros de danse et une chanson, formule permanente de ces comédies, on prend un rythme plus effréné en arrivant près de la pyramide ! Là les portes secrètes et les déguisements qui nous procurent 3 momies simultanées et l'accumulation de gags rapides valent le détour. Au final, ce n'est pas le film le plus réussi du duo comique, mais pour autant que l'on ait envie de rire, on aura un minimum d'idioties à se mettre sous la bandelette. Mario Giguère

ABIMES Aka Below aka Proteus - David Twohy, 2002, États-Unis 

Seconde guerre mondiale, un sous-marin recueille à son bord trois naufragés, un homme, une femme et un autre homme gravement blessé. Leur navire hôpital a été torpillé par un sous-marin d'une seule torpille. Ils sont ensuite pris en chasse par un autre sous-marin et font tout leur possible pour lui échapper en se cachant dans des eaux froides. Mais en plus de cela, des choses étranges se produisent à bord, un tourne-disque se met à fonctionner seul, une force surnaturelle empêche des leviers de fonctionner, l'équipage entend une voix qui leur murmure de faire demi-tour, ils aperçoivent de fugitives apparitions... On soupçonne tout le monde notamment le blessé qui est en fait un nazi... La jeune femme naufragée se met à mener sa petite enquête pour savoir qui était le vrai commandant du sous-marin et ou il est passé...

Voilà un film se déroulant pendant la seconde guerre mondiale à bord d'un sous-marin. L'intrigue tourne principalement autour de l'enquête que mène la jeune femme pour trouver le fin mot de l'histoire (ce qui s'est passé à bord du sous-marin, je ne révèle rien afin de ne pas gâcher le plaisir). Evidemment on a droit aux manoeuvres habituelles d'un sous-marin pour échapper à ses poursuivants. Et le tout teinté de surnaturel, le sous-marin étant hanté par l'ancien commandant (enfin je crois que c'est lui). Malheureusement le mystère du fantôme ne sera pas résolu... Ou alors c'est moi qui ai mal suivit l'intrigue...

Bon... j'ai bien aimé ce film, les acteurs sont bons, les séquences externes du sous-marin sont jolies mais sans montrer de beaux fonds marins et tout... on reste dans l'ambiance de peur de la seconde guerre mondiale quand la vie des équipages était menacée à chaque instant si leur navire était découvert. Le fantôme n'est pas très présent, cela dit quand il apparaît, fugitivement, c'est bien fait, j'ai même fait un ralenti pour tenter d'apercevoir ses traits avant qu'il ne disparaisse. C'est dommage que sa présence n'est pas plus importante. Disons que ce fantôme est un élément déclencheur de l'intrigue.

On ne peut pas qualifier ce film "d'horreur" à mon sens, il n'est pas effrayant, un peu angoissant peut-être mais c'est tout. Cela dit, il est assez agréable à regarder pour les amateurs du genre (chacun ses goûts comme on dit. Au moins il ne pompe pas sur abysses ou les autres films sous-marins. De plus, le fantôme ici n'est pas meurtrier mais cherche juste à être vengé. Dragonvolfied

ABRAHAM LINCOLN: VAMPIRE HUNTER aka Abraham Lincoln: Chasseur de Vampires - Timur Bekmambetov avec Benjamin Walker, Dominic Cooper, Rufus Sewell, Mary Elizabeth Winstead, Anthony Mackie, Marton Csokas, Jimmi Simpson, Joseph Mawle, 2012, États Unis/Russie/Royaume-Uni, 105m

Témoin du meurtre de sa mère alors qu'il était enfant, le jeune Abraham Lincoln ne songe qu'à se venger. Il retrouve l'assassin, mais ce dernier s'avère être un vampire, et Abraham ne doit d'avoir la vie sauve que grâce à l'intervention d'Henry Sturgess, qui connaît bien ces créatures de la nuit. Ce dernier forme Abraham à devenir un chasseur de vampires et un combattant hors-pair, tout en l'informant de la menace que représentent les vampires sur le territoire américain. Se rendant à Springfield pour y faire ses études de droit, Abraham trouve un emploi, mais sur les instructions d'Henry, il chasse incognito les vampires à la nuit tombante jusqu'au jour où enfin il parvient à tuer le meurtrier de sa mère. Les retrouvailles avec son ami d'enfance de race noir, Will, victime du racisme et qui lutte contre l'esclavage dans le Sud du pays, lui apportent cependant une toute nouvelle perspective dans son combat contre les suceurs de sang, et il décide alors de ranger ses armes pour se lancer en politique. Par ses qualités d'orateur et son intérêt pour la justice et sa volonté d'abolir l'esclavage, Abraham Lincoln est élu président des États-Unis en 1860. Mais la Guerre de Sécession débute un an plus tard. Se sentant perdre du terrain, alors que les vampires tirent profit de cette guerre civile pour saper son autorité en soutenant les armées sudistes à Gettsyburg, Lincoln se décide à reprendre la lutte afin de tous les éliminer, ainsi que leur chef.

Basé sur un roman de Seth Grahame-Smith à la prémisse fascinante où l'Histoire se marie à la fiction horrifique, ce qui laissait présager une adaptation pour le cinéma digne de ce nom, ABRAHAM LINCOLN : VAMPIRE HUNTER n'est finalement qu'un autre de ces films hybrides qui ne tient pas ses promesses de départ, trop englué qu'il est dans l'étalage d'éléments usinés; habituels ingrédients hollywoodiens dont l'emploi répétitif lasse plus qu'il ne divertit. S'il est généralement considéré dans le milieu du cinéma comme un réalisateur à la fois avisé et créatif en dépit de l'échec de ses dernières œuvres, Tim Burton ne semble pas du tout avoir le même flair comme simple producteur. Malgré un budget conséquent, bien qu'inférieur à la moyenne des productions estivales actuelles, et la présence de l'auteur du livre à titre de scénariste, ce film déçoit. L'approche plus comique du roman est ici délaissée au profit d'éléments dramatiques lourds et fabriqués, faisant trop d'entorses aux faits historiques pour que le mariage entre le fantastique et l'Histoire s'opère naturellement. Cette entorse à l'œuvre éponyme laisse croire peut-être que les auteurs craignaient une orientation vers le pastiche dans l'élaboration de leur intrigue. Mais ce faisant, ils l'ont rendu bien prévisible et trop farci de raccourcis pour que le suspense soit accrocheur, en plus d'emprunter beaucoup trop à la formule du parcours initiatique des films de super-héros. De surcroit, les méchants vampires ne sortent pas du lot, tellement ils sont convenus et peu crédibles, surtout quand aucune explication n'est donné quant à leur capacité d'évoluer en plein jour. Et face à eux, on retrouve un héros dessiné trop sommairement pour convaincre, malgré son imposante stature physique et la place qu'il occupe dans l'Histoire des États-Unis. Les trucages et l'emploi du 3D sont sidérants par leur ratage, ce qui est un comble à une époque où certaines oeuvrettes à budget plus modeste parviennent à tirer profit des moyens technologiques modernes à leur disposition. Le réalisateur russe, Timur Bekmambetov, tente de racheter le tout en multipliant les prouesses de caméra lors des scènes de combats, par ailleurs assez nombreuses et par moment divertissantes malgré leur brièveté, mais en vain. Son travail, à l'image de son diptyque NIGHTWATCH/DAYWATCH, pêche trop par maniérisme, s'avère bien trop sage dans l'emploi du gore, et est peu inspiré par le recours à un montage haché. En dépit de la ressemblance physique des acteurs jouant les personnages ayant vraiment existé, l'interprétation est mécanique. C'est vraiment dommage, car le sujet aurait pu accoucher d'un très bon film de genre. Mathieu Lemée

ABRAXAS, GUARDIAN OF THE UNIVERSE - Damian Lee avec Jesse Ventura, Sven Ole-Thorsen, Marjorie Bransfield, 1999, Canada/États Unis, 90m

Abraxas (Jesse Ventura) est un policier interstellaire vieux de 11,000 ans, un genre de Terminator des pauvres, qui arrive sur terre pour capturer son ancien partenaire, Secundus (l'histoire ne dit pas si les vendeuses de beignes de l'espace les surnomment Primo et Secundo). Secundus a mis enceinte d'une imposition des mains la blondinette Sonia, qui accouche en deux minutes, gardant ses pantalons. Abraxas refuse de tuer la mère et l'enfant, qui a le potentiel de trouver la formule "anti-vie" qui assurerait pouvoir et immortalité à Secundus. Abraxas préfère mettre derrière les barreaux Secundus, qui s'échappera cinq ans plus tard. Abraxas ne semble plus avoir de choix , il doit détruire l'enfant avant que son ex-partenaire ne devienne le maître de l'univers.

Dialogue fictif entre le monteur du film et le réalisateur:

- Hé Damian, le film fait penser au Terminator, avec le méchant qui a le même accent que Schwarzenneger et ses petites phrases clés.
- Ben oui, en plus de Blade Runner avec sa voix off et son atmosphère et ses ralentis...
- hein, y a pas trop de ralentis dans Blade Runner !
- Ah zut j'ai mélangé mes influences de John Derek dans son Tarzan !
- Mais on passe de l'automne à l'hiver et un pied de neige, tu pense pas qu'on devrait mettre quelques plans de neige qui tombe pour montrer la transition ?
- Le monde remarqueront pas !
- Oui, mais y a ce type dans le village qui dit qu'y a pas de strip-teaseuses dans cette petite ville et quinze minutes après on est dans le bar de danseuses, tu veux que je coupe le gars ou la fille ?
- Voyons, en voyant la danseuse les gars vont oublier le reste.
- Jesse Ventura, poitrine nue dans son lit qui invite le ti gars pour lui conter une histoire, tu trouve pas que ça passe mal ?
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Ah, je me comprends... Le petit gars est muet, c'est tu parce que t'as pas trouvé de jeune garçon capable d'apprendre des dialogues ?
- Non, non, pas du tout... bon je me sauve.
- T'es-tu donné le rôle du policier qui cruise la blonde pour cruiser l'actrice ou c'est ta blonde à qui t'as donné le rôle ?
- On se rappelle, bye !

Jesse Ventura, ancien lutteur flamboyant de grande renommée, deviendra par la suite Gouverneur d'étât, une idée qui a sûrement inspiré Arnold Schwarzenneger, juste retour des choses. Puissant nanard ! Mario Giguère

ACTIUM MAXIMUS: WAR OF THE ALIEN DINOSAURSA - Mark Hicks avec Jonathan Daniel McCuin, Mark Hicks, Jennifer Hamil, 2005, États Unis, 78m 

Marc Hicks a voulu faire une saga de science fiction comme dans le bon vieux temps des premiers Star Wars de George Lucas, ceux avec des effets spéciaux de maquettes et monstres miniatures. Il a produit ce qu'il croit être un pilote pour une série télévisée. En 2005. L'équipe de Troma a vu et ils ont probablement rigolé en imaginant leurs fans capables d'en faire autant. Alors après coup je comprends mieux la présentation vidéo ridiculeusement cynique. Grosso Modo, sur une planète dirigée par une grosse boîte appelée Polpox, un dictateur fou régulièrement frappé par des attentats, on est en plein karnivale ou des dinosaures d'autres mondes s'affrontent dans l'aréna, tel des gladiateurs de l'époque romaine. Parallèlement, un gars va partir à la recherche d'une femelle pour le roi de l'arène, car il a refusé et dévoré toutes celles qu'on lui a présentées. Intéressant ? Pas vraiment, car tout se prend littéralement trop au sérieux avec les effets spéciaux les plus horribles vus depuis fort longtemps. On imagine la bonne volonté derrière tout cela et une quantité remarquable de caoutchouc gaspillée avec des montages sur fond bleu absolument débiles. Le tout sur une musique avec guitare électrique qui a un peu de gueule mais qui est utilisée à répétition et à outrance. C'est éclairé de toutes les couleurs et mis en scène de manière amateur avec un montage souvent incompréhensible. Pour faire science fiction, les extraterrestres ont des voix hyper distordues à l'ordinateur, avec sous-titres un peu partout sur l'écran. Les acteurs principaux, pas nombreux, ont l'air de perdre foi dans le projet plus on avance. Imaginez, pendant un moment on explore l'épave d'un vaisseau extraterrestre censé contenir un authentique dieu. Comme on ne le trouve pas assez vite, on continue son chemin, gaspation! Vers la fin, il ne se passe plus rien pendant plusieurs minutes. J'aurais espéré que dans l'entrevue bonus disponible sur le dvd Troma on aurait confirmé que ça ne se prenait pas au sérieux, nenni. Un vrai test pour tout aficionado, ou une occasion de rigoler sous influence, limite. On a droit Star Worms 2 en bonus. Mario Giguère

ADDICTED TO MURDER - Kevin J. Lindenmuth, 1995, États Unis 

Je fus surpris, j'ai bien aimé. Un film de vampires différent qui apporte des nouvelles idées à un genre très essoufflé. Tourné extra cheapo en vidéo avec (pour une fois) une direction photo adéquate aidant grandement à établir l'ambiance recherchée. On est loin du grand film, mais on en sort aucunement déçu. Bad Feeble

ADDICTION - James Tucker avec Frank Franconen, Mim Granahan, Lydia Fiore, 2003, États Unis, 115m

Bobby se fait attaquer par un mendiant en revenant à la maison. Se défendant, il tue son agresseur, ce qui l’ébranle énormément et le rend malade. Arrivé enfin à l’appartement, il fait l’amour passionnément avec sa femme, lui qui avait peu de temps à lui consacrer normalement. Voilà notre homme qui devient « drogué » aux sensations que lui ont procuré ce premier meurtre, suivit par de nombreux autres.

Le parallèle avec la drogue est facile à faire, tout le long, son frère junkie lui demande de l’argent, ce qui l’énerve profondément. De plus en plus maladroit, ce n’est qu’une question de temps avant qu’il ne se fasse pincer par les forces de l’ordre.Si l’idée de base n’est pas nouvelle, le tueur qui se découvre du plaisir dans l’acte interdit, le miroir avec la dépendance aux drogues fortes est plus rare, mais maladroit. Évacuer tous les problèmes psychologues et escamoter les recherches policières, rend l’exercice plus proche des films éducationnels de jadis sur les dangers de la drogue, du genre: Ne tuez pas une première personne, vous pourriez y prendre goût et devenir un tueur en série sans vous en rendre compte. Sinon le film indépendant présente les limites du micro budget et le moins intéressant des acteurs est l’acteur principal. Mario Giguère

AEON FLUX - Karyn Kusama avec Charlize Theron, Marton Csokas, Jonny Lee Miller, Sophie Okonedo, Frances McDormand, Pete Postlethwaite, Amelia Warner, Caroline Chikezie, Nikolai Kinski, Paterson Joseph, 2005, États Unis, 93m

Au 25ième siècle, la population terrestre a été décimée en grande partie par un virus. Les survivants restants vivent dans une cité isolée appelée Bregna et dirigée par un petit groupe de scientifiques commandés par un dénommé Trevor Goodchild. Comme les scientifiques dirigent la cité d'une main de fer et que certaines personnes disparaissent mystérieusement, un groupe de rebelles, les Monicans, s'est constitué pour faire tomber le régime en place. La meilleure guerrière rebelle, Aeon Flux, se voit chargée de liquider Trevor Goodchild qu'elle croit responsable de la mort de ses parents. Bien qu'aveuglée par son désir de vengeance, Aeon Flux est amenée à faire d'étranges découvertes qui l'amène à reconsidérer sa mission. Elle apprend notamment que Trevor Goodchild fait secrètement des recherches pour trouver un remède au virus mais que certaines personnes de son entourage veulent absolument conserver leur contrôle sur la population. Aeon Flux cherche à les démasquer mais son refus d'abattre Goodchild amènent les rebelles à vouloir la tuer. Elle devra faire appel à toutes ses aptitudes physiques et son arsenal pour survivre.

Cela faisait quelques années que les fans de la série animée originale crée par Peter Chung et diffusée en 1995 sur MTV attendait une adaptation au cinéma. Le projet fût confié à Karyn Kusama, qui avait réussi un étonnant film à petit budget: "GIRLFIGHT". La vedette de ce dernier film, Michelle Rodriguez, fût d'ailleurs censée jouer l'héroïne Aeon Flux mais par décision du studio, c'est Charlize Theron qui a obtenu le rôle, elle qui rêvait de pouvoir incarner une femme athlétique et physiquement agile à l'écran; type de personnage très à la mode ces derniers temps. Les scènes de combats sont d'ailleurs assez bien réglées et quelques données futuristes au plan visuel ne manquent pas d'être attrayants, mais il aurait fallu un scénario beaucoup plus original et moins inutilement compliqué pour qu'il se démarque vraiment. La réalisatrice sait comment mettre au point techniquement et visuellement ses scènes mais elle utilise maladroitement l'ellipse dans la progression dramatique de l'intrigue, ce qui occasionne des raccourcis et des trous dans le récit plutôt qu'une narration évoluant de façon naturelle et une mise en scène vraiment personnelle. On ne s'emmerde pas trop néanmoins pendant le visionnement, étant donné la courte durée du film (trop courte peu-être), mais cela ne dépasse pas la qualité d'une série B à budget correct. Les acteurs s'en tirent cependant sans trop de peine. Mathieu Lemée

En 1995 apparaissait sur MTV le dessin animé pour adultes Aeon Flux. Design moderne, univers de SF complètement décalé, intrigue complexe, et aujourd'hui cartoon culte sur lequel je dois bien avouer n'avoir jamais posé les yeux plus de 10 secondes. Dix ans plus tard, voila qu'Hollywood embarque le phénomène Aeon Flux dans sa besace pour un blockbuster super thuné (62 millions de pépettes quand même!) qui compte sans doute marcher sur les traces de MATRIX. Dans le rôle-titre, on retrouve la sculpturale Charlize Theron qui vêt le prêt-à-porter du XXVème siècle à merveille: combinaisons stretch super moulante, décolleté super bandant, y a pas à dire le futur est très sex. Aux commandes, on a Karyn Kusama, cinéaste féministe réalisatrice d'un précédent GIRLFIGHT avec Michelle Rodriguez - un temps pressentie pour tenir le rôle de Flux.

Mais de quoi ça parle? Très bonne question, puisque même après avoir vu le film je n'ai toujours pas la réponse. Mais en gros voila: nous sommes au XXVème siècle et après épidémies, guerres et autres bastons planétaires, l'humanité n'est plus représentée que par quelques milliers d'individus stériles reclus dans une ville fortifiée dirigée d'une main de fer par un régime fascisant. Aeon Flux est un assassin oeuvrant pour le compte de la résistance et est chargée d'éliminer le méchant dirigeant. La population ne peut croître compte tenu de la stérilité générale. Ainsi, pour préserver la race, chaque individu qui meurt se voit remplacé par un clone de lui-même. Question: les clones conservent-ils des bribes de mémoire de leurs "vies" précédentes? Problème: si oui, quelles en sont les conséquences ?

La base est fortement intéressante, aucun doute là-dessus, le traitement l'est en revanche beaucoup moins. Si l'on exclut les incroyables décors et les costumes de madame, on assiste à une véritable hécatombe artistique: acteurs mollassons (il est sidérant de voir une Charlize Theron nullissime après l'avoir vue dans MONSTER), intrigue à la construction bordellique et au déroulement niais, scènes d'action illisibles, découpage mal branlé... l'ensemble est clairement indigeste et envoie directement Aeon au casse-pipe. Echec artistique. Echec critique. Echec commercial. Mais en même temps on dirait qu'ils l'ont cherché.

www.aeonflux.com  Kerozene

AFTER SHOCK - Frank Harris, 1990, États Unis

En son temps, le CYBORG de Pyun a fait des petits. AFTER SHOCK en fait partie: baston de kickfighting dans un futur post apocalyptique résumé à un désert et quelques ruines. Mais Frank Harris est un malin, il ne veut pas faire un CYBORG 2, lui il veut faire son film à lui. Alors il ne met pas de cyborgs en scène, mais une femme extra terrestre à la recherche d'une solution de paix pour sa planète. Pas de chance: les humains font tout pour s'entretuer, et ce n'est pas Richard Lynch ni John Saxon, chefs d'une armée de fascistes sans scrupules, qui vont me contredire.

Les gentils se battent contre les méchants à grands coups de pompe dans la gueule, Matthias Hues promène sa masse musculeuse maladroitement, Michael Berryman porte du rouge à lèvre, Christopher Mitchum joue le chef rebelle qui donnera un exemplaire de la constitution américaine à la jeune extra terrestre incarnée par Elizabeth Kaitan, une des KILLER BIMBOS, et le héros est un bellâtre quasi inconnu qui frappe sec en compagnie de son sidekick noir. Au final AFTER SHOCK est un post nuke mou et assez inintéressant. Kerozene

AGE OF THE HOBBITS aka Clash of the Empires aka Lord of the Elves - Joseph J Lawson avec - Christopher Judge, Bai Ling, Sun Korng, Srogn, 2012, États Unis, 87m

Il y a 12,000 ans, le dernier village des Hobbits, un peuple de "petites personnes", on s'entend, est attaqué par les hommes de Java, aidés de leurs dragons ailés, question de ramener la plat principal de la fête de la pleine lune qui approche. Goben, avec son père et sa soeur, va aller demander de l'aide des géants, des chasseurs humains, on s'entend, pour retrouver sa mère. Une poignée d'humains vont les aider à se rendre chez leurs ennemis, rencontrant des dragons komodo géants et autres bestioles d'une autre époque.

Imaginer que la compagnie The Asylum s'attaque aux Hobbits donne déjà des visions et de la fièvre. Au demeurant, réunir une ribambelle de nains qui jouent certes avec conviction et dont les voix sont visiblement doublées, est un curieux défi. Ajouter Christopher Judge, vedette de Stargate SG1 et Bai Ling pour aider la cause, on veut bien essayer. Au rayon des "réussites" les décors naturels sont magnifiques et les effets numériques plus que corrects. L'accumulation d'acteurs amateurs n'aide pas la cause, les scènes d'action anémiques non plus, le manque criant de budget et le scénario sans surprises vont achever bien des cinéphiles. Mais comme je m'attendais pas mal à ce que j'ai vu, je ne peux pas trop me plaindre et me vanter d'avoir passé au travers. Le réalisateur Joseph J Lawson, spécialiste d'effets spéciaux, qui a travaillé sur une flopée de titres pour Asylum et qui aurait travaillé sur un film de Peter Jackson avec des hobbits, a par contre dirigé très peu de films, mais on lui doit le plus apprécié Nazis at the Center of the Earth. Mario Giguère

A.I.: INTELLIGENCE ARTIFICIEL - Steven Spielberg avec Haley Joel Osment, Frances O'Connor et Jude Law, 2001,  États Unis

Stanley Kubrick avait travaillé depuis plusieurs années sur le projet de réaliser un ambitieux drame de science-fiction en s'inspirant de la nouvelle SUPERTOYS LAST ALL SUMMER LONG (1969) de Brian Aldiss. Malheureusement, Kubrick est décédé avant d'avoir complété son projet. Mais son ami Spielberg a pris la relève avec le consentement de la famille de Kubrick. Le résultat risque d'en désarçonner plus d'un, car Spielberg a décidé de réaliser une oeuvre dans lequel son propre style (humaniste, sensible, goût pour l'émerveillement) côtoie celui de Kubrick (cérébral, sombre, rythme lent). Mais l'audacieux mélange de ces deux styles opposés s'avèrent à la fois fascinant et intrigant. L'histoire de A.I. qui raconte la quête d'un enfant robot voulant devenir humain et être aimé, est divisé en trois parties distinctes.

Le premier tiers du film est axé sur une atmosphère paisible, aseptisée et envoûtante où l'on peut reconnaître des touches "kubrickiennes" comme dans la manière dont Spielberg et son directeur photo illustrent la première apparition de David (l'enfant robot interprété de façon touchante et nuancée par Haley Joel Osment). Après avoir terminer la première partie de façon déchirante, Spielberg plonge le spectateur dans un monde décadent et sombre (la scène de foire aux robots joue admirablement sur des sentiments ou émotions paradoxales même s'il s'agit de robots: défoulement, rire, irritation et pitié) tout en nous émerveillant grâce à des effets visuels saisissants et impeccables. On ne sera pas étonné par contre de l'inspiration BLADE RUNNER dans la conception futuriste d'une ville nocturne, hybride et dépravé. Mais étant donné que BLADE RUNNER est devenu une référence pour presque tous les films de S-F, on se dit que c'est rendu une norme.

Le film se conclu ensuite lentement avec un troisième acte qui beigne dans un climat féerique et de rêve éveillé. 

Réflexion sur le pouvoir du sentiment humain et sur le désir absolu d'être aimé à tout prix, A.I. se présente comme un conte de fée futuriste qui, malgré sa longueur et sa sentimentalité un peu sucré dans le dernier droit, réserve des moments fabuleux et inoubliables. Bref, un curieux complément futuriste à l'histoire de Pinocchio. Nazgul

ALI - Michael Mann, 2001, Etats-Unis 

Ok, y a pas de gore dans ce film, pas de bébittes, pas de morts violentes ni de gros zombies. Mais l'oeuvre est fantastique et présente un VRAI monstre du sport et de l'histoire américaine.

Alors, comment résumer 30 ans de la vie d'un homme en 2h30 s'est dit par un beau jour ce coquin de Michael Mann. Comment aborder un personnage aussi complexe, aussi charismatique, aussi flamboyant sans être écrasé par son histoire, son statut de légende (vivante !), la passion de ses fans et la critique de ses détracteurs ? Comment ne pas sombrer dans le biopic américain type où l'homme ordinaire doué d'un talent extraordinaire se mesure au monde entier ? En collant à la réalité le plus possible, ce que Mann a fait merveilleusement. Car Ali est du sur mesure pour Mann qui, depuis The Last Of the Mohicans (et puis bien avant, rappelez-vous Thief&ldots;) se passionne pour les outsiders provocateurs. Car Ali est bien plus qu'un simple athlète, une grande gueule et un beau gosse. Ali est sans aucun doute l'un des plus grand représentant des droits civils de cet époque (la scène où, accusé d'anti-patriotisme Ali dit que sa guerre se déroule ici, aux États-Unis et non pas au VietNam, donne des frissons).

De plus, le film de Mann reflète un cinéma américain (Hollywoodien ?) passé, un cinéma qui savait être politisé, religieux, historique et critique tout en restant hautement divertissant. Un film d'outsider typique, tout droit sorti des années 70 (justement, les années " noires " de Ali) avec ce qu'il faut de jugement et de violence. Plus qu'un divertissement, ce film est un constat lié au dernier âge d'or du cinéma américain et à l'une des dernières fois où la société américaine possédait encore une conscience politique. Car Ali est un putain de grand film et sa déconfiture au box-office n'évoque qu'une chose : les Américains n'ont rien à foutre de leur histoire. Que se parcoure de combattant, sur le ring comme dans la société, n'est pas touché le public passe difficilement (beaucoup de jeunots ne connaissent pas le personnage). Mais quand on applaudit à tout rompre un Ali vieillissant et Parkinsonien lorsqu'il allume la torche des JO d'Atlanta mais qu'on refuse de célébrer un trop long 2h30 de sa vie relève de paresse.

Autre preuve de l'hypocrisie américaine : le choix de Denzel Washington comme meilleur acteur au détriment du jeunot Will Smith. Que l'on célèbre une merde calibrée et m'as-tu-vu façon Training Day à la maîtrise du kodak et de son sujet de Ali est impardonnable. Car, qu'on le veuille ou non, la statuette du meilleur acteur n'évoque pas seulement la performance du casting. Elle évoque, comme pour celle du meilleur réalisateur, la qualité d'un film " at large ". Si les grosses larves de l'Academy s'amusent chaque année à offrir son lot de statuettes à tous les favoris (récompensons LOTR pour la technique, A Beautiful Mind pour le coeur et Altman parce qu'il est vieux), pourquoi n'ont-ils pas récompensé Ali ? Will Smith est trop jeune ? Pas à sa place de type de rôle, qu'il retourne à " ses hommes en noirs " ? Denzel, l'autre noir de service attend depuis trop longtemps son Oscar ? Choix politique s'il en est (2 blacks gagnants, du jamais vu), on reste tout de même hypocrite en ne récompensant pas le bon acteur noir. D'accord Ali n'est pas un schizo-mathématicien, ni un débile père d'une petite fille ou encore moins un flic pourri, matière oscarisable s'il en est. Il est complexe, assoiffé de liberté et de justice, un personnage typiquement américain dans son désir d'être mais qui défie surtout l'interne, le pouvoir établis, chose que les académiciens ne doivent pas aimer&ldots;

Bon, c'est pas de la critique, c'est juste un petit commentaire sur un très beau film. Je retourne maintenant visionner ma copie de Buckaroo Banzai. Lloyd Llewellyn

ALICE SWEET ALICE aka COMMUNION SANGLANTE aka Communion - Alfred Sole avec Linda Miller, 1976, États Unis, 98m

Petit bijoux de la fin des années 70, que l'on peut aisément affilier aux prémices de la vague des slashers qui va bientôt déferler sur les écrans et dans les videoclubs, Alice Sweet Alice se déroule durant les années 60, alors qu'Alice, jalouse de sa soeur Karen, est suspectée par la police de s'être débarrassé d'elle le jour de sa communion.

L'enquête policière s'avère fastidieuse pour le jeune inspecteur qui se retrouve face à une galerie de personnages plus inquiétants les uns que les autres, et qui semblent tous dissimuler d'inavouables secrets. Parmi eux, jouée de très belle manière par la superbe Paula Shepard, la jeune Alice, une jeune fille mentalement troublée, aux motivations perverses et dont le comportement sexuel ambiguë ajoute au malaise. Le tueur n'est pas en reste, affublé d'un masque hideux, d'un couteau de belle taille et d'un ciré jaune qui nous remémore, la couleur en moins, le sublime Don't Look Now et sa fin traumatisante.

Le thème de la religion est traité de manière effrayante, via une atmosphère pesante aux nombreux sous-entendus, et sous couvert de fanatisme exacerbé et de démence malsaine, les explications quand aux évènements auxquels nous assistons prennent forme petit à petit. Doté d'une musique s'accordant parfaitement à l'ensemble, Communion sanglante se termine en plus sur un final des plus troublants. Un film injustement oublié qui avait pourtant tout pour devenir un classique. A (re) découvrir sans attendre. Nachthymnen

ALIEN: " Director's Cut " - Ridley Scott, 1979/2003, États Unis

On connaît tous l'histoire de ce film, l'ayant vu ou non, alors passons sans la dire pour cette nouvelle version. Après avoir eu des billets gratuits pour une avant-première de ce truc, je me suis laissé tenter sans problème. Voir ALIEN tout beau sur grand écran, c'est tout de même quelque chose ! Mais le sous-titre " Director's Cut " me laissait perplexe quant au contenu vu que le Scott a eu droit à son final cut sur la version originale de '79. La version est bien ce que je croyais...  Toutes les scènes que Scott avaient coupées avec raison se sont maintenant retrouvées dans le truc. Sur des pistes de commentaires ou bien lors de documentaires, Scott avait parlé de ces scènes tout en les faisant découvrir au spectateur en segments de " scènes supprimées " en expliquant pour chacune les raisons précises. Eh bien, si on veut une preuve que les décisions de coupe étaient fondées, nous n'avons qu'à regarder ce " Director's Cut ".

Le rythme en prend un coup et par le même fait son ambiance qui est bien sûr le point clé de ce film. L'ambiance de la version originale, on ne peut rien y redire, mais cette version-ci ajoute des moments qui ralentissent beaucoup trop le tout. Je me demande si Scott a été consulté ou simplement remercié d'un chèque (quoiqu'il ne faudrait pas trop lui en vouloir) ?! Quelques légers plans de la créature en question ont également été ajoutés et enlèvent un certain mystère tout en la démontrant brièvement comme un mec en costume (au moins ils n'ont pas ajouté LE plan que Scott déteste le plus montrant le mec debout dans son costume). On y retrouve même une séquence où on aurait pu penser retoucher le son: une scène en particulier ayant été supprimée, le son de celle-ci avait servi à faire une voix off sur le plan suivant. Eh ben là, la scène est là et la voix off aussi ! Alors le mec, il a l'air vraiment d'un connard à répéter le même truc 2-3 fois.

Bien sûr, on inclut également la scène tant parlée où Ripley découvre les cadavres de ses compatriotes, maintenant accrochés en murale gluante. La raison de la coupure est évidente, mais bon, on voulait en rajouter. Oh ! Et ceci n'a pas entièrement rapport au film, mais les spectateurs d'aujourd'hui avec leurs sacs de popcorn le plus profond du monde, eh bien, on les entend bâiller aux corneilles et rigoler devant un monstre en latex ou mécanique... Bordel...

Donc, on se retrouve avec un repompage du film comme l'avait été EXORCIST, mais celui-ci avait rendu l'auteur du livre, William Peter Blatty, bien heureux après avoir voulu depuis longtemps l'inclusion de plusieurs scènes en question. Ici, ben euh, ça vise qui se truc ?! Le porte-monnaie ?! Mais bon, voir ALIEN sur un grand écran est tout aussi spectaculaire aujourd'hui et je suis bien content de pouvoir me retaper la version originale dans le confort de mon salon. Bad Feeble

ALIEN ABDUCTION: INCIDENT AT LAKE COUNTY - Dean Alioto, États Unis, 93m

Une petite famille s'attend à avoir un repas de Thanksgiving tout à fait ordinaire. Tommy, film cette réunion banale avec sa caméra bon marché, mais quand une panne d'électricité arrive, lui et ses frères sortent à l'extérieur pour découvrir que des extraterrestres qui n'ont pas une allure bienveillante sont sur la propriété. La panique fait rage, les créatures veulent entrer dans la maison, la petite Rosie agit de façon bizarre, certains membres de la famille disparaissent en sortant de la maison. Bref, ça va pas bien.

Je n'ai presque que du bon pour ce film malheureusement obscur mais qui vaut VRAIMENT la peine qu'on y jette un petit coup d'oeil. Profitant de la popularité du BLAIR WITCH PROJET, le Sci-Fi Channel a produit ce film pour la télé, tourné en home video. Beaucoup ont même pensé que le film était bel et bien vrai, mais bon, les dialogues manquant parfois de réalismes rappellent à l'ordre. Reste que le traitement est très convaincant et vient rajouter un petit côté inquiétant, qu'on y croit ou pas. Niveau suspense, c'est le top, on attend avec impatience le prochain rebondissement et j'étais pour ma part à quelques pouces de ma télévision pour voir le prochain punch car il faut le dire, on est pas en manque de bonnes idées ici et un effet aussi simple qu'une lumière rouge prend ici des proportions énormes. On croit plus ou moins au personnage principal qui tient la caméra devant lui même quand ses proches se font attaquer. Reste que l'effort est bien louable et que parfois ça marche, parfois ça marche pas. Les Aliens ont un look des plus normal, personne ne sera surpris, mais reste que de mettre des Aliens à l'apparence ordinaire, ne fait que rajouter de la crédibilité à la tentative du film d'être le plus proche de la réalité possible. Sans oublier les moments d'entrevues entre deux punch qui sont très crédibles. Un visionnement qui rappelle qu'on peut faire de grandes choses avec rien et que merde, les extraterrestres peuvent encore faire peur. Abba

J'ai vu et j'ai vraiment aimé. Comme d'autres efforts dans le genre, on part dans de drôles de directions vers la fin, mais il y a des moments intenses à foutre les jetons, si on a envie d'embarquer. Personnellement j'ai trouvé que les insertions de témoignages de supposées experts sont malvenues et font baisser la tension. Curieux aussi les pixellisations intenses par moment. Que des gens soient tombées dans le panneau est tout de même incroyable, puisqu'on met le nom des comédiens dans le rôles des extraterrestre à la fin du générique... Mario Giguère

ALIEN APOCALYPSE - Josh Becker avec Bruce Campbell, 2005, États Unis   

Le Dr. Ivan Hood (Bruce Campbell) est un ostéopathe orgueilleux, un rien abruti et particulièrement bavard. Son rêve a toujours été de devenir un jour un grand médecin et d'obtenir une reconnaissance universelle. De devenir " Le Grand Guérisseur ". Mais à son retour sur Terre, suite à un voyage de quarante années en sonde spatiale, ce que lui et ses collègues découvrent s'avère quelque peu problématique puisque la Terre a entre temps été envahie par des termites extra-terrestres anthropophages et esclavagistes qui ont réduits les villes en tas de ruines et pratiquent une déforestation massive de la planète entière. Le petit groupe d'astronautes se retrouve rapidement prisonnier et ne peut que constater l'étendue de la catastrophe : les termites gobent les têtes des travailleurs récalcitrants, dégustent des doigts humains en guise d'apéritif et utilisent la perfidie de l'Homme en exploitant certains individus comme gardiens des camps de travail dans lesquels meurent leurs propres frères. Révolté par la passivité de cette humanité régressive, Ivan Hood va tout mettre en œuvre pour tenir tête à l'envahisseur avec l'aide de quelques âmes courageuses, parfois redressées à force de séances d'ostéopathie qui lui confèrent alors son statut de Grand Guérisseur...

Ce téléfilm volontairement rigolard vaut principalement pour la prestation d'un Bruce Campbell qui bénéficie de très loin des meilleures répliques du film. Malheureusement, c'est à peu près tout ce que ce dernier a à offrir. Car son look de série TV forestière au rabais remplie de figurants portant des postiches grossières et des peaux de bêtes cousues à la machine faisant face à des bestioles en images de synthèse d'une laideur épouvantable rappelle douloureusement l'esthétique et la (mauvaise) qualité des séries Hercules et Xena produites par Sam Raimi. Et ô surprise, il se trouve que Josh Becker a passablement roulé sa bosse sur les aventures de la Princesse Guerrière. Pire encore, le film dévie vers une sorte de prosélytisme patriotique douteux prônant les valeurs d'une Amérique d'apparence mourante mais en réalité toujours prompt à reprendre de plus belle qui, on n'en doute pas, aura su réchauffer quelques cœur dans les foyers américains (et ceci malgré le gag antirépublicain bien entendu totalement inoffensif). Ainsi, le président américain présenté ici comme un lâche ayant baissé la garde face à l'ennemi, surgira lors d'un final salvateur tel un Général de cavalerie menant ses troupes vers la libération. Commence alors une éradication pure et simple des termites géantes dont le plus virulent pourfendeur n'est autre qu'Ivan Hood, connu sous le nom de Grand Exterminateur...

On regrette donc amèrement de voir que Josh Becker, autrefois auteur d'un audacieux autant qu'ambitieux RUNNING TIME avec le même Bruce Campbell, se borne à n'appliquer que ce qu'il a retenu de son expérience sur Xena. Absolument tout dans ALIEN APOCALYPSE rappelle la série: les décors simplistes en carton, les costumes wannabe crados immaculés, les effets spéciaux tout pourris... Voila qui est bien triste, car le pitch de base est plutôt alléchant et avait le potentiel d'aboutir sur une bonne série B. Côté " people ", on retrouve quelques vieilles connaissances dans l'ombre de Becker, notamment David Worth (chef op sur MAN WITH THE SCREAMING BRAIN de Bruce Campbell et réalisateur de SHARK ATTACK 2) à la photo et Gary Jones (SPIDERS, CROCODILE 2) comme réalisateur de seconde équipe. Kerozene

ALIEN CARGO -Mark Haber avec Jason London, Missy Crider, 1999, États Unis, 90m

Dans un vaisseau cargo qui transporte du cobalt, deux des membres se réveillent d'hibernation pour se rendre compte que ça cloche. Non seulement ils sont restés refroidit des mois au lieu des huit semaines prévues, mais, résultante, ils sont sortis du système solaire, le carburant va manquer et les deux hommes en charge sont morts après avoir détruit une partie du vaisseau. Lorsqu'ils se rendent compte qu'ils sont infectés par un virus extraterrestre et que le vaisseau le plus proche n'aura probablement pas le temps de les rejoindre, ils paniquent un peu.

Mélange pas très savant d'Alien et de Star Trek, le premier. On attendra en vain la partie Alien du titre, la surprise finale, n'en étant pas vraiment une. Une enfilade de clichés de science fiction avec des acteurs qui font leur possible qui avancent de manière prévisible vers une conclusion frustrante. Pas vraiment recommandé. Sauf peut-être pour les amateurs de Battlestar Galactica, car on y rencontre l'actrice Katee Sackhoff, dans un petit rôle non crédité. Mario Giguère

THE ALIEN FACTOR - Don Dohler, 1977, Etats Unis 

Dans une petite bourgade perdue au fin fond des States, un mystérieux météore s'est écrasé. Bien sûr, ce n'est pas un vrai météore ! C'est un vaisseau extraterrestre qui abrite de vilains énergumènes très laids qui tuent tout le monde. Mais heureusement, un gentil extraterrestre arrive lui aussi pour chasser les méchants ! Il aura la bonne idée de changer son apparence pour camoufler sa véritable identité aux humains, et puis aussi parce que, il faut le dire, il est très très moche.

Ca faisait un moment que je voulais le voir celui-là, depuis la publication d'une photo dans un numéro de Mad Movies sous la rubrique des Craignos Monsters en fait. Craignos, le film l'est tout entier, et les monstres sont délicieux ! Ca tombe bien. ultra Z, ultra fauché, ce film sans doute amateur est à hurler. Certains acteurs sont à crever tant il est évident qu'ils ne sont pas à l'aide devant la caméra, les dialogues sont par moment tout à fait croustillants. Un film qui ravira les amateurs de zèderie à destination des seconds programmes de drive-in pourraves. Kerozene

ALIEN FURY - Rob Hedden avec Dale Midkiff, Dondre Whitfield, Chyna, 2000, États Unis, 90m

Bill Templer dirige un organisme ultra secret de surveillance spatiale qui va voir ses bureaux fermer pour cause de coupures de budget. Mais non, à la dernière minute, on reçoit les clichés satellites d'un vaisseau extraterrestre sur la lune ! Un policier qui enquête sur la mort mystérieuse de l'assistant de Bill va pousser Bill à couler l'information: l'invasion extraterrestre est un canular. Non, un instant, on va découvrir qu'il y a réellement des extraterrestres qui menacent la terre ! La panique se répand partout ! Mais attendez un instant... j'arrête là !

Avec dans un petit rôle l'ex lutteuse Chyna, que le policier croit reconnaître comme la lutteuse. Subtil ? Non, comme tout le reste ou on a droit à un revirement aux quinze minutes et ce jusqu'à la dernière minute. C'est finalement du grand n'importe quoi qui n'a pas la finesse d'un roman de Philip K. Dick pour prendre un exemple d'écrivain qui savait monter des intrigues surprenantes qui ne prenait pas ses lecteurs pour des cons. Parce que les trous dans le scénario sont finalement énormes et que l'on doit mettre le cerveau à "off" pour apprécier un tant soit peu. Et Chyna ? Ben elle est pas mal dans ce tout petit rôle, mais elle ne peut pas rêver à unie carrière comme Arnold Schwarzenegger, loin de là. Mario Giguère

ALIEN INTRUDER aka INTRUS À BORD - Ricardo Jacques Gale avec Tracey Scoggins, Maxwell Caulfield, Billy Dee Williams, 1993, États Unis

Des prisonniers sont recrutés pour récupérer un vaisseau spatial qui ne répond plus. On leur offre la liberté au retour et les weekends dans un programme de réalité virtuelle pour réaliser leurs fantasmes pendant le voyage intersidéral. Curieusement, leurs visions libertines sont toutes pénétrées par la présence d'une sirène sur laquelle le commandant de la mission a aussi des visions...

Science fiction à rabais produite par Richard Pepin, le film enfile les clichés dans une production fauchée. Faut voir les diverses consoles et tableaux de bord sous la forme de simples claviers d'ordinateur actuels cloués au mur ! Tracey Scoggins (Babylon 5) est fort jolie, mais ne dévoile pas vraiment ses charmes, un comble pour une production du genre, ce qui fait que l'on comprend mal que les hommes se tuent les uns après les autres par jalousie. Tout de même une méthode simple de décimer les terriens ! Mario Giguère

ALIEN : RESURRECTION - Jean-Pierre Jeunet, 1999, États Unis

J'ai toujours eu foi en Jean-Pierre Jeunet. Ni DELICATESSEN ni LA CITÉ DES ENFANTS PERDUS ne m'ont déçu. Désormais, Jean Rollin n'est plus le seul en France à avoir sa griffe caractéristique, son "souffle" unique.  Mes pires craintes étaient qu'Hollywood aurait pu pourrir l'imagerie et le sens de l'esthétisme de Jeunet. Mais rien de tel ne s'est produit, et il a même embarqué dans l'aventure quelques-uns de ses acteurs fétiches, dont Ron Perlman, la sale gueule déformée, dans un de ses premiers rôles d'individu "normal".  L'image, dès le départ, a tout pour séduire, et le film baigne en entier dans des verts sombres fabuleux. La photographie est des plus réussi et même la trame sonore symphonique n'a pas gâché mon plaisir. Quant au récit, eh bien toutes les excuses sont bonnes pour faire revivre la légende Alien, mais je dois avouer qu'on y croit presque. Et on ressent même un pincement de pitié quand on voit la dégoulinante créature être littéralement éjectée par une brèche dans le vaisseau, geste ultime de destruction des Alien. Sauf qu'ils vont sûrement trouver un nouveau prétexte pour une suite, ils sont si ingénieux... Orloff

ALIEN SPECIES - Peter Maris avec Charles Napier, 1996, États Unis, 92m 

Base d'observation spatiale : Deux scientifiques lunettes et blouses blanches de rigueur, observent d'un air médusé les 6 vieux moniteurs CRT 15' pouce d'un autre âge, leur faisant office de salle de contrôle ! Ce qu'ils attendaient depuis le générique arrive déjà : c'est-à-dire la preuve d'une présence extra-terrestre qui se dessine ici sous la forme d'une grosse tache noire en plein milieu d'un champ d'étoiles. A main levée, ils prédisent l'arrivée de ces visiteurs dans les 4 jours ! Et pourtant, à peine 5m plus tard, d'énormes vaisseaux mère se mettent en orbite autour de notre planète et lâche une myriade de mini-vaisseaux qui partent faire leurs emplettes sur notre bonne vieille Terre. Des vaches sont tout d'abord aspirés par des rayons téléporteurs puis se sont bientôt aux humains de subir le même sort. Agressifs et laids, ces aliens n'hésitent pas à détruire par de puissants petits rayons verdâtres tout ce qui semble leur faire plaisir. L'invasion a commencé ! Isolé dans ce chaos, un petit groupe de réfugié découvre par mégarde l'un de leur repaire. Surmontant peur, ils vont tenter de lutter et de trouver leur point faible !

Le budget tout entier ayant sans doute été avalé par la conception des nombreux vaisseaux , des effets numériques et par le cachet du vieux renard du Bis qu'est Charles Napier, il ne faut certes pas s'attendre ici à une nouvelle version hollywoodienne de la GUERRE DES MONDES. Donc pour notre plus grande joie, pas de militaires à la rescousse des pauvres terriens, pas d'américanisme primaire ni de sentimentalisme gratuit, que de la Bis attitude, des monstres en caoutchouc et des aliens belliqueux. Les références télévisuelles y sont nombreuses et si l'on pense à la série V lors de l'invasion de ces êtres venus d'ailleurs, les corps d'aliens mortellement blessés disparaissant dans un nuage vert fluo fera irrémédiablement penser aux Invaders de ce cher David Vincent. Les ingrédients sont donc tous réunis pour éviter l'ennui, et malgré un final frisant le ridicule, cet ALIEN SPECIES mérite un petit clin d'œil. Marc Evil

ALIEN VS. PREDATOR - Paul W.S. Anderson, 2004, États-Unis

Un satellite détecte sous la calotte glaciaire du grand nord une source énergétique inexpliquée qui proviendrait d'une étrange pyramide enfouie 200 pieds sous la glace. Une équipe se rend sur place pour y découvrir un temple érigé à la gloire de chasseurs interstellaires: les predators. Dans ce temple, les humains servaient à incuber l'objet de leur chasse favorite, à savoir les aliens. Voila que la machine est relancée...

Rien que l'idée de voir Alien et Predator se fritter la gueule provoque un nombres d'idées fantasmatiques vertigineux! Les deux plus grands salopards de l'espace s'explosant la tronche au milieu d'humains vulnérables aurait du donner un film totalement destroy, voire carrément dantesque. Malheureusement, il n'en est rien. Sans vouloir trop en dévoiler, Anderson (pour qui j'ai beaucoup de respect malgré tout) a purement et simplement détruit l'essence même des deux franchises en allant même jusqu'à ridiculiser l'extraterrestre rasta. Le fanboy autoproclamé a étonnamment fait abstraction d'une bonne partie des fondements déjà établis. Dommage. Il ne restera tout au plus qu'un ou deux plans d'une grande beauté et un sérieux pincement au coeur pour quiconque porte les deux monstres spatiaux dans son coeur. Kerozene

Site officiel : avp-movie.com

ALIEN VS. PREDATOR - REQUIEM aka AVP - R - Colin Strause/Greg Strause avec Steven Pasquale, Reiko Aylesworth, John Ortiz, Johnny Lewis, Ariel Gade, Kristen Hager, Sam Trammell, Tom Woodruff, Ian Whyte, Robert Joy, David Paetkau, 2007, États Unis/Canada, 101m version non-coupée


L'éclosion d'un Alien dans le corps d'un Predator (voir la fin du précédent film) a créée un nouveau monstre xénomorphe appelé le Prédalien, qui décime le vaisseau des guerriers prédateurs alors qu'il s'apprêtait à quitter l'orbite terrestre. Hors d'état de fonctionner, le vaisseau s'écrase sur Terre non loin de Gunnison, une petite ville américaine du Colorado. Cet écrasement permet aux créatures aliens de type face-huggers retenus en captivité dans le vaisseau de s'échapper, ainsi que le Predalien, contaminant ou tuant peu à peu les habitants de la ville. En réaction à ce grave incident, un guerrier Predator expérimenté est envoyé sur Terre afin d'effacer toute trace de l'existence des Aliens et des Predators, mais surtout d'éliminer le terrible danger que représente le Predalien. Alors qu'un groupe d'humains survivants tentent d'échapper à ces diverses créatures et de quitter la ville, des représentants d'une compagnie militaire semblent s'intéresser particulièrement à ce qui se passe à Gunnison.

Si la prémisse de départ de cette suite reprend là où le premier opus s'était achevé, et que l'intrigue qui s'ensuit contient des trous majeurs à faire écarquiller les yeux des connaisseurs des deux franchises, l'on ne peut nier que ce "AVP-R" s'avère mieux réussi que son prédécesseur réalisé par Paul W. Anderson. Les frères Strause, grands fans de ces monstres extraterrestres au cinéma et spécialistes des effets visuels dans d'autres métrages, ne se sont pas embarrassés d'un long préambule pour leur première mise en scène, et ils ont préféré privilégier davantage l'action et les moments sanglants dès le départ. Presque tout le film se constitue d'ailleurs en divers affrontements entre les Aliens, le Prédateur, le Prédalien et les humains, qui semblent presque au dernier rang de la chaîne alimentaire dans le récit. Les éclairages et les cadrages auraient pu être mieux soignés, car on ne voit pas toujours clairement ce qui se passe à l'écran. Néanmoins, un bodycount élevé, des moments gore en quantité suffisante, un peu de CGI (mais pas trop!), quelques clins d'oeils aux films des deux séries comme ce personnage féminin de militaire, sorte d'émule de Ripley-Sigourney Weaver et une trame sonore qui combine les thèmes musicaux connus des deux créatures, nous donnent droit à une série B divertissante et vigoureuse, mais limitée, car loin d'être transcendante et d'être à la hauteur de ses modèles. La fin laisse présager une autre suite qui serait, dit-on, réalisé à nouveau par les frères Strause. Souhaitons une intrigue plus peaufinée jumelée à une réalisation ayant le même rythme pour cette troisième partie. En attendant, soyons un peu indulgent et prenons ce "AVP-R" pour ce qu'il est... avec un grain de sel évidemment. Mathieu Lemée

ALLAN QUATERMAIN AND THE TEMPLE OF SKULLS aka Allan Quatermain et le temple des crânes - Mark Atkins, 2008, États Unis

Au moment où "Indiana Jones and the Kingdom of the Crystal Skull" s'apprête à conquérir les écrans, les margoulins de The Asylum pondent rapidos un navet opportuniste sous la direction du réalisateur de "Alien vs. Hunter" histoire de ramasser quelques pépettes au passage. Tournée avec trois-francs-six-sous en Afrique du Sud, cette saloperie nous présente un Allan Quatermain du pauvre, endetté et râleur comme jamais. Notre héros se voit contraint de guider une bourgeoise britannique et son homme de main à travers la savane africaine des années 1940, à la recherche du frère de madame disparu alors qu'il cherchait le trésor du roi Salomon. Guidés par une pauvre carte au trésor vaguement gribouillée sur une feuille de sopalin usée, et poursuivis par une ordure d'origine allemande (et donc nazie), Quatermain et ses amis vont devoir affronter les périls les moins captivants du monde. Et le résultat dépasse toutes les espérances tant il accumule les aberrations: des dialogues nonsensiques d'une rare indigence, des personnages complètement neuneus, un Quatermain à l'attitude soi-disant "badass" à se plier en quatre, et tout ça au sein d'une action rachitique et de situations transpirant l'incohérence scénaristique. Ce qui n'empêche pas de se marrer un bon coup grâce à quelques aberrations hors-norme où la bêtise semble être le maître-mot. Ainsi, le méchant du film retrouve les gentils par pur hasard après avoir gravi quelques collines verdoyantes, il assassine un chef de tribu africaine sans aucune raison, une romance grotesque entre Quatermain et la bourgeoise détestée pointe le bout de son nez de manière totalement artificielle, et les scènes d'action fatiguées font passer les épisodes de "Derrick" pour des modèles de tension dramaturgique. Il y a aussi l'attaque d'un train vide par le salaud d'allemand, une tribu qui exécute ses victimes en les décapitant à l'aide d'un gant garni de griffes acérées, un vol d'abeilles tueuses en CGI tout moisis, un pauvre rhinocéros exploité à mauvais escient, des capteurs de mouvement qui clignotent dans une maison coloniale, un tremblement de terre gratuit, le gunfight le plus mal foutu de l'Histoire du cinéma (il faut le voir pour le croire!) et un gros paquet d'idioties provoquant de grands moments de n'importe quoi. Si on aime le Z décérébré, la chose en vaut définitivement le coup. Sinon...  Kerozene

The ALLIGATOR PEOPLE - Roy Del Ruth avec Beverly Garland, Bruce Bennett, Lon Chaney Jr., 1959, États Unis, 74m

Toute l'histoire est racontée en flashback puisqu'il s'agit en fait du récit sous hypnose et avec détecteur de mensonge, svp, d'une infirmière qui raconte qu'elle a déjà été mariée. Dans le train de retour après le mariage, le mari, Paul, reçoit un télégramme et voilà qu'il débarque du train et qu'il laisse sa femme, Joyce, repartir seule, à sa grande surprise. Elle recherche sa trace partout et c'est dans un coin perdu de la Louisiane qu'elle arrive dans une maison isolée et qu'elle découvre tranquillement les origines de son mari et la raison pour lesquelles il ne veut plus la voir...

Petite production achetée par la Fox et sortie en programme double avec Return of the Fly, The Alligator People ne marque pas l'imagination pour plusieurs raisons. D'abord ses monstres ne sont qu'au nombre d'un, contrairement au titre et nous ne le verrons que durant les cinq dernières minutes. Il n'est pas vraiment agressif non plus, mais bien la victime d'un traitement particulier à base d'alligator qui tourne mal. Le pauvre n'aura pas le temps de menacer qui que ce soit. C'est plutôt un vieil ivrogne revanchard qui a perdu une main à un des rapaces aquatiques, joué par Lon Chaney Jr, qui a le rôle du vilain et qui menace la belle Beverly Garland, qui, ma foi, est fort séduisante. Même le savant qui a inventé le traitement n'est pas vraiment fou, tout ce beau monde a de bonnes intentions, ce qui n'aide pas le drame qui aurait pu jouer plus à fond le mélo médical, un peu comme Cronenberg le choisira avec son remake de la Mouche. Pas vraiment mémorable et avec un monstre plus ridicule qu'autre chose. Mario Giguère

ALL THE BOYS LOVE MANDY LANE - Jonathan Levine avec Amber Heard et Anson Mount, 2006, États Unis

Mandy Lane est une jeune étudiante. Elle est d'une allure timide et réservée et elle suscite la convoitise de tous ses camarades de classe. Après qu'un de ses amis meurt en faisant un plongeon dans le but de l'impressionnée, elle quitte avec quelques unes de ses copines, amis et prétendants dans un chalet afin de fêter la fin des classes. Dès lors, un tueur implacable apparaît pour les tuer tous. Est-ce le garagiste qui reste tout à coté et qui semble, lui aussi, attiré par Mandy Lane ?

Ce film est un slasher sérieux qui comporte un coté très humain. Nous sommes loin de Jason et cie. Les personnages sont bien développés et le résultat est satisfaisant avec une twist finale qui en impressionnera plus d'un. Peu de gore et de nudité, mais l'intérêt du film ne réside pas là. Le film est largement satisfaisant et à voir absolument. Black Knight

ALL THE MARBLES aka Deux Filles au Tapis aka Chicas con Gancho - Robert Aldrich avec Peter Falk, Vicki Frederick, Laurene Landon, Burt Young, Tracy Reed, Ursaline Bryant-King, Claudette Nevins, Richard Jaeckel, John Hancock, Lenny Montana, Marlene Petrilli, Karen McKay, Faith Minton, 1981, États Unis, 112m

Harry Sears est le gérant et l'entraîneur de deux jeunes lutteuses professionnelles, Iris et Maisie, qui font ensemble la tournée des États-Unis en espérant gagner la célébrité. Se battant en équipe sous le nom des California Dolls, Iris et Maisie affrontent les athlètes locaux avec succès et elles réussissent même à vaincre les championnes des États-Unis, les Toledos Tigers, un tandem de lutteuses de race noire lors d'un combat amical dans la boue. Maintenant qu'elles sont en demande, Harry a enfin l'occasion d'obtenir un gros contrat pour ses deux protégées. À Chicago néanmoins, les California Dolls s'inclinent devant les Toledos Tigers lors d'un match revanche. Harry apprend toutefois qu'Eddie Cisco, promoteur véreux de combats de lutte truqués avec qui il a des différends, organise à Reno un énorme gala de lutte. Harry manoeuvre pour qu'un battage publicitaire permette à ses deux lutteuses de concourir à nouveau au titre de championnes nationales par équipe alors qu'Iris s'offre à Eddie pour assurer définitivement leur participation. Lors du gala de lutte à Reno, ce troisième combat opposant les California Dolls aux Toledos Tigers pour le championnat féminin par équipe éclipse en popularité le match vedette de la soirée. Mais Eddie a payé l'arbitre pour qu'il soit favorable aux Toledos Tigers. Le public prend toutefois fait et cause pour les California Dolls qui font montre de courage lors de ce match. Quelle équipe remportera le titre?

Dernier long-métrage de la carrière de Robert Aldrich, réalisateur au caractère indépendant, ce film pourrait bien être un testament esthétique de son oeuvre et un résumé de ses thèmes favoris: réflexion sur le rêve américain, analyse de la violence, exploration sérieuse teintée d'humour de personnages hauts en couleurs. Ayant choisi le monde de la lutte au féminin, qui fût très peu exploré au cinéma, Aldrich utilise la vieille formule de l'ascension au vedettariat à l'Américaine pour illustrer, avec une vigueur et une précision non dénuée de fantaisie sophistiquée, l'odyssée de ses deux héroïnes et de leur gérant. Bien que l'on voie en grande partie les coulisses de la lutte en tant que show à l'Américaine et les conditions minables des tournées des lutteuses peu connues présentées avec réalisme, Aldrich fait confiance à l'intelligence du spectateur en refusant d'offrir un portrait démystificateur de ce milieu. Au contraire, il fait rejoindre les mythologies du sport et du spectacle pour mieux montrer en parallèle le lien similaire qui unit la mythologie du cinéma et du spectacle avec le public aux États-Unis afin de montrer de façon significative l'ampleur du rêve américain dans les esprits des citoyens. De ce fait, l'auteur oppose avec brio à l'écran des concepts comme l'élégance des chorégraphies des combats et leur violence jubilatoire pour la foule en faisant éclater chaque plan lors des scènes de combats. L'humour teinté d'ironie aide par ailleurs à digérer facilement les invraisemblances du film, qui sont néanmoins justifiées par le sujet et le ton adopté par Aldrich. Les amateurs de lutte comme les fans de cinéma vont donc apprécier ce film plein de vitalité et de qualités. Peter Falk incarne le personnage du gérant Harry avec beaucoup de sarcasme et d'empathie. Mathieu Lemée

ALONE IN THE T-SHIRT ZONE aka T-SHIRT MANIACS - Mikel B. Anderson, 1986, États Unis     


Il y a des films méconnus qui, on se demande bien pourquoi, n'ont jamais atteint le statut de film culte auquel il mériterait d'accéder. Cet ahurissant T-SHIRT MANIACS est l'un d'eux, une sorte de trip surréaliste complètement absurde où Michael, un designer d'imprimés pour t-shirt, plonge dans une névrose paranoïaque dix ans après que son ex-petite amie ait déposé les droits de son design "Foxy Girl" dont elle tira une fortune avant de mettre les voiles. Psychologiquement déglingué, Michael agresse les filles qui portent un t-shirt "Foxy Girl" en ayant bien pris soin de se masquer au préalable d'un t-shirt rouge pour enfant, imagine qu'il est harcelé de toutes parts par des filles assoiffées de sexe, détourne involontairement des slogans pour l'usine de t-shirt miteuse pour laquelle il bosse, est sujet aux migraines à répétition, etc... Bref, ça ne va pas très fort dans sa petite tête, et encore moins lorsqu'on lui administre de la drogue à son insu lors d'une soirée bien arrosée.

Mikel B. Anderson a fait de cette histoire un peu débile une un puissant psychotrope filmique qui écarquille des yeux et le oreilles de bout en bout. Avec sa bande son électro-indus-expérimental qui n'est pas sans évoquer parfois celle d'ERASERHEAD, ses gros plans exagérément disgracieux, sa scène d'animation (la conception de Michael où un sperme malade parvient à féconder l'ovule), sa scène de rêve sous acide complètement disjonctée, ses instants quasi-anthologiques (le boss de Michael qui se fait masturber par son assistante, la danse asynchrone sur une musique expérimentale, ...), ses acteurs laids comme des poux et son scénario scribouillé par des accros au LSD, il réalise un vraie petite perle plongée dans une ambiance de foncedés à la térébenthine. Pas surprenant finalement d'apprendre qu'il travail sur Les Simpsons depuis 1990.  Kerozene

ALTERED - Eduardo Sanchez avec Paul McCarthy-Boyington, Brad William Henke, Michael C. Williams et Adam Kaufman, 2006, États Unis, 88m

Il y a quinze ans, cinq hommes ont été enlevés par des extraterrestres, seulement quatre sont revenus. 10 ans plus tard, ils réussissent à capturer un extraterrestre et l'amène dans un garage, sans trop savoir quoi faire avec. C'est le temps de la vengeance, mais nos héros semblent sous-estimer les capacités de leur détenu.

Eduardo Sanchez a fait trembler le monde du cinéma en coréalisant THE BLAIR WITCH PROJECT. Étonnant que ce dernier n'est plus rien fait avant 2006, en offrant ALTERED. Ce qu'on peut dire en tout cas, c'est que son retour a frappé fort. Si ALTERED est malheureusement tombé dans l'oubli, il s'avère d'une efficacité rare et prouve une fois de plus, qu'on n'a pas besoin de tant d'éléments pour faire un bon film. Disons le d'emblé, ALTERED est un film simple. Quatre mecs, une créature dans un garage, pendant la grande majorité du temps. Sanchez par contre, a poussé à l'extrême la tension de son film, avec l'élément des pouvoirs télépathiques de la bête et de l'habituel con dans la bande qui n'en fait qu'à sa tête. La bête en tant quel tel, ferait probablement rire dans n'importe quel autre contexte, étant donné qu'elle semble sorti d'un film des années 50. Ici par contre, la tension est tellement tendu, le focus sur la férocité de la bête, mis en valeur par un travail impressionnant de montage sonore, font qu'elle est tout sauf drôle et encore moins quand elle s'échappe. On est donc scotché sur notre siège et quand ça commence à chier, faut retenir notre souffle, car l'immersion est impressionnante et on se sent aussi perdus que les personnages. Il faut absolument noter le travail des acteurs, tous très bons dans des rôles pourtant difficiles. ALTERED est donc une très belle surprise et offre plus que ce à quoi on pourrait s'attendre. Abba

ALTERED STATES aka Au-delà du Réel - Ken Russell avec William Hurt, Blair Brown Bob Balaban, Charles Haid, 1980, États Unis, 102m

Eddie Jessup est un jeune chercheur de Harvard qui fait des recherches sur les niveaux de conscience dans un caisson d'isolation sensorielle. Il marie la belle Emily. Sept ans et deux enfants plus tard, il a l'impression de gâcher sa vie. Il retrouve un caisson d'isolation et avec une drogue obtenue lors d'un voyage au Mexique, il recommence ses expériences. Il semble régresser physiquement de manière temporaire et cherche à valider ses théories sur la mémoire génétique du début de la création, gravée dans nos cellules.

Difficile de résumer ce voyage fantastique réalisé par un Ken Russell qui navigue entre le délire visuel, l'interprétation exacerbée et un scénario fascinant avec des acteurs qui le sont tout autant. Avec des effets spéciaux de Dick Smith, on aura droit à une longue séquence ou Jessup devient un homme de Neandertal qui vit un choc des cultures. Vu à sa sortie en salles, j'avais certaines craintes que le film aie mal vieillit, 30 ans plus tard. Mis à part quelques effets vidéo aujourd'hui dépassés et quelques séquences de montage "psychédélique" comme les affectionnait les réalisateurs de l'époque, c'est toujours aussi intéressant. Emily Brown racontait que Russell demandait une interprétation différente à chaque prise et on sent les acteurs parfois proches de l'hystérie. Mais le sujet est singulier, d'après l'unique roman écrit par Paddy Chayefsky, basé sur les recherche de John C. Lilly sur la privation sensorielle en caisson d'isolation sous l'influence de drogues psychoactives comme la ketamine et le LSD. Le sujet et le film fait encore son effet. À noter aussi la magnifique musique de John Corigliano, un compositeur trop peu présent au cinéma. Le film fut un succès commercial pour Russell qui enchaîna malheureusement sur d'autres scénarios plus légers ou il laissa son imagination en roue libre, comme Le Repaire du Ver Blanc. À découvrir ou à revoir. Mario Giguère

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AL ADAMSON

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