Dario Argento, scénariste émérite, touche à la réalisation en renouvelant le giallo pour s'aventurer dans une trilogie fantastique qui marque son temps. Des films bâtis comme des cauchemars où la logique est souvent mise de côté au profit de la pure expérience cinématographique. Par ordre chronologique décroissant. 

mise à jour le 1 août 2013

Un livre sur le maître italien: Crime Designer de Bernard Joisten est paru en janvier 2007, cliquer pour détails

  DRACULA - Dario Argento, 2012, Italie/France/Espagne   

Dario Argento livre sa propre variation du roman de Bram Stoker. Une version calme, posée, presque théâtrale, ponctuée d'instants de gore Grand-Guignol et d'érotisme télévisuel, et dont la trame s'avère plus proche des adaptations de Tod Browning et de Terence Fisher que du récit originel. Que c'est laborieux.... jamais vu un film aussi horriblement éclairé, les acteurs se prennent des ampoules de 600W en pleine poire, le chef op Luciano Tovoli pourtant à l'origine des images de "Suspiria" a fait un job complètement aberrant - sans doute pour s'adapter aux contraintes de la 3D - et le fait que le film est tourné aussi mollement qu'un épisode de "Derrick" n'arrange pas les choses tant il est permis de contempler les nombreux scories. J'imagine les séances de pré-prod où les "spécialistes" de la 3D expliquent à Dario Argento et Tovoli que la 3D exige des éclairages plus présents et une caméra plus statique que pour une production standard, du coup les cons s'appliquent tellement qu'ils en font des caisses dans ce sens pour aboutir à un résultat complètement moche. Pas mieux en ce qui concerne Claudio Simonetti qui découvre la thérémine plus de cinquante ans après la sortie de "Forbidden Planet". Tout juste peut-on saluer les efforts de Sergio Stivaletti et ses giclées d'hémoglobine qui cohabitent difficilement avec des effets digitaux parfois... embarrassants, comme cette mante religieuse géante qui provoque des réactions limite dangereuses.... personnellement, j'étais à deux doigts de tomber de mon canapé, partagé entre l'envie de crier au génie et celle de me trancher les veines! Sinon, Argento nous livre quelques plans de femmes à poil, l'un pendant une scène de baise directement issue d'un téléfilm RTL9, l'autre où se cochon matte sa propre fille se lavant les nichons... Horreur, on voit le Dario Argento d'il y a 35 ans avec des cheveux longs et une paire de seins, si avec ça je ne fais pas des cauchemars, c'est miraculeux.... Kerozene

GIALLO - Dario Argento avec Adrian Brody, Emmanuelle Seigner, Elsa Pataky, Byron Deidra,  2009, États Unis/Italie, 92m

Malgré un générique qui débute en désignant Dario Argento comme scénariste et réalisateur, il a au mieux retravaillé, ce qui est fort probable, le texte de deux scénaristes américains. Qui plus est, des producteurs américains sont derrière le film et contrairement à la série MASTERS OF HORROR, il semble qu’ils aient eu un contrôle déterminant au niveau du montage et de la musique, refusant le choix du réalisateur italien. C’est donc avec plusieurs appréhensions, loin de ses productions complètement italiennes, que GIALLO s’aborde. Qui plus est, le titre très référentiel n’annonce pas tout à fait la couleur. Si le scénario regorge de références à l’oeuvre d’Argento, le terme est relié à un indice permettant d’attraper le tueur en série. Une justification à des lieues des approches pseudo scientifiques ou paranormales préférées de l’auteur. C'est donc un scénario hommage qui s’inspire des films précédents du maître du Giallo tout en se voulant plus nihiliste que ses derniers longs métrages.

Une jolie mannequin est kidnappée par un tueur en série qui les prend dans son taxi et les emmène dans un endroit isolé pour les mutiler jusqu’à ce que mort s’en suive. On suit la soeur de la dernière victime qui réclame en vain que la police s’occupe de sa disparation. Elle rencontre malgré tout l’inspecteur chargé de cette affaire sordide, pas connue des médias car le tueur choisit des femmes sans famille ou liens et de préférence étrangères. Cet inspecteur qui grilles les cigarettes à une vitesse phénoménale est tout aussi perturbé que le tueur, tous les deux ayant eu des traumatismes dans leur jeunesse. D’ailleurs presque tous les personnages sont névrosés, hors-norme, comme ce mannequin, qui n’a jamais eu de petit copain, sa soeur ne sachant pas trop pourquoi... ? Curieux passage sans réaction de l’inspecteur, qui devrait pourtant se poser quelques questions. Idem pour sa froideur devant la femme qui lui demande de passer la nuit avec elle, encore traumatisée par tout ce que l’inspecteur lui a montré. Un refus sans suite. Ces personnages semblent tout droit sortis d’OPERA, ou l’amour, au temps de la découverte du sida, n’était guère possible. Évidemment qu’une scène de rapprochement aurait été un cliché, mais plus aucune mention.

Il règne donc tout le long un climat de tension macabre qui de toute évidence devrait déboucher sur une fin hautement dramatique. Sans évidemment en dévoiler la nature, je reste perplexe devant les choix scénaristiques et cette fin abrupte et ce faux épilogue positif semblent de la manipulation de producteurs qui ont tenté de normaliser un film trop différent.

En ce sens on apprécie le film pour ce qu’il est, une descente dans l’enfer d’un tueur mais aussi d’un inspecteur, incapables d’exorciser leur passé. Là aussi le scénario se démarque des films antécédents d’Argento, en ce que la femme n’y est pas le personnage central, les soeurs étant presque des faire valoir, des accessoires scénaristiques pour faire parler ces hommes troublés. Si on remonte à Profondo Rosso, le traumatisme à l’enfance n’était présent que chez le meurtrier. Ce jeu de miroir  nous pousse au début à croire pratiquement que le tueur et celui qui le recherche ne font qu’une personne, une affirmation pratiquement lancée, psychologiquement parlant, plus tard. La question est posée par ce scénario: qui est vraiment le monstre, se cache-t-il en chacun de nous ? Là on rejoint les préoccupations de THE CAT O NINE TAILS et son centre de recherches pour trouver l’aberration génétique qui crée des tueurs.

La caméra est très mobile et encore une fois très hypnotisante dans son va et vient parfois curieux entre les personnages et le décor. Sans avoir de morceau de bravoure, sa scène mythique, GIALLO a la griffe de son metteur en scène, plus sobre, le sujet s’y prête, le tournage somme toute rapide comme un épisode télévisé ne permettant guère les extravagances du passé. 

Aura-t-on la chance de voir un jour un montage du directeur ou est-ce que les producteurs vont encore, comme trop souvent pour Argento, s’approprier le film ? Tel quel il s’apprécie et il frappe le spectateur et demeure une autre pièce de l’oeuvre de Dario Argento qu’il fait bon découvrir. Mario Giguère

Voici mes premières impressions, sans trop en dire bien entendu.

J'aime:

- Le générique d'ouverture tout en couleur rouge et noir sur quelques effets visuelles.

- Excellente photo et prise de vue. Réalisation classique avec un plan séquence mi-long.

- Les 2 scènes qui font référence à Opéra (Daria Nicolodi... Mais la fin est différente).

- La musique sobre qui sonne un peu comme du Pino Donaggio.

- De savoir que le gros spoiler au sujet d'Adrien Brody qui est l'assassin est faux.

- Le tueur a de beaux outils.

- De très beau décors pendant le film et on voit même le café de Profondo Rosso.

- Il y a un beau meurtre au couteau. Typiquement année 70.

Je n'aime pas:

Peu de choses... Mais comme le film se déroule pendant la recherche d'une victime qui est emprisonnée par le tueur... Ca laisse peu de temps à l'assassin pour enlever et tuer davantage. A part de ca, rien de négatif à dire... Vraiment. Pour moi, il s'agit d'un très bon Argento. Je dirais qu'il vient automatiquement après les: Suspiria, Profondo Rosso, Ténèbres, Inferno, Opera, L'oiseau, Cat'o'nine tails, quotro mosche... Bref... Je le classe avant Phenomena et les derniers. C'est pas si mal. Black Knight

La TERZA MADRE aka Mother of Tears: The Third Mother- Dario Argento avec Asia Argento, Cristian Solimeno, Moran Atias, 2007, Italie/États Unis, 98m

Sarah Mandy (Asia Argento) a le malheur d'ouvrir avec sa collaboratrice une urne datant du 13ème siècle. Partie chercher un dictionnaire ancien, elle revient pour voir trois êtres difformes dévorer sa consoeur. L'urne était destinée à son conjoint, Michael, directeur du musée où ils travaillent. Michael est soucieux et va se renseigner chez le prêtre qui a déterré l'urne, découverte sous un cercueil. Mais les ennuis s'accumulent, les morts aussi, le fils de Michael est kidnappé et une folie meurtrière s'empare de Rome alors que Sarah court à la recherche d'une explication qui remonte à il y a des siècles, découvrant les pouvoirs que sa mère lui a légués.

Sur un rythme au tempo hypnotisant, on assiste à un nouveau cauchemar particulièrement féroce et mortel, furieusement gore, retrouvant les actes pénibles dans leur conception, la coupure des tendons du pied, les yeux percés, les corps enflammées, l'empalement complet, Argento a retrouvé avec ses deux épisodes de la série MASTERS OF HORROR un appétit pour le sang qui foudroie constamment. Débutant avec une atmosphère proche du prologue de L'EXORCISTE, le scénario s'articule autour de la découverte par Sarah du monde de la sorcellerie, qui lui est en apparence étranger. C'est sans compter les initiations rapides des gens qu'elle va croiser, et croiser Sarah est pratiquement un gage de mort horrible, qui vont l'ouvrir au monde invisible, la magie noire et blanche, en débutant par un concept vieux comme les manuscrits de sorcier, la possibilité de se rendre invisible.

Connaître un tant soit peu le monde de l'ésotérisme aide énormément à appréhender le film. C'est par le billet de l'EXORCISTE de William Friebkin que je me suis intéressé, il y a des années, à l'histoire de la sorcellerie et de la démonologie à travers les siècles. Cette simple scène où Sarah devient invisible aux sorcières et aux policiers qui la poursuivent fera sourciller plus d'un spectateur, mais elle relève de la mythologie entourant la sorcellerie à travers les âges. Le seul aspect qui peut à priori déranger dans ce voyage initiatique est l'apparition de l'esprit de sa mère (Daria Nicolodi) aux apparences d'un ange, vision trop judéo- chrétienne qui jure dans le délire morbide constant (on se demande si le mince budget, au vu de l'ampleur du tournage, y est pour quelquechose).

La photographie se promène des scènes aux éclairages baroques rappelant SUSPIRIA pour devenir très sombre dès que l'on pénètre dans la maison de la Mère des Larmes, une autre maison délirante, en ruines cette fois-ci. La descente dans les sous-sols de la demeure maudite n'en sera que plus effrayante et rappellera autant SUPIRIA que la finale de PHENOMENA. PHENOMENA aussi pour le singe, animal familier des sorcières qui prend ici des allures de démon. On est loin des démons de DEMONI, ici ce sont des hommes et des femmes en chair qui tuent et arrachent leurs prochains. Car Rome est devenue le nexus où les sorcières du monde accourent comme des mouches vers le miel, et la sorcière japonaise, clin d'oeil au cinéma nippon ou Argento est apprécié ?, est particulièrement sadique. Remarquez que ceux qui vont aider Sarah sont aussi brutaux, comme ce vieil homme qui va la paralyser pour vérifier ses intention avant de lui dévoiler ses connaissances.

Fulgurante descente aux enfers, donc, sans répit véritable. On note cependant avec plaisir que les couples, Sarah et Michael, Les deux lesbiennes, vivent leur sexualité, loin des répressions longtemps notées depuis OPERA. Car la nudité est partie prenante dans ce film très latin, qui débute d'ailleurs en annonçant ses couleurs, sur un générique sur fond de peintures représentant les enfers.

On pourra toujours reprocher la fin abrupte, mais là aussi, c'est en parfait accord avec les fins rapides de SUSPIRIA et INFERNO. Le voyage infernal est plus intéressant que la destination. Ceci dit, la mort de la Terza Madre est particulièrement sauvage. Férocement sauvage comme tout le film. La musique de Simonetti appuie bien le film, se promenant des influences de Bernard Hermann pour quelques poursuites, aux délires proches du travail de Jerry Goldsmith pour LA MALEDICTION. On peut toujours rêver à ce qu'aurait pu apporter les anciens collaborateurs du groupe GOBLIN, mais Simonetti a su monter d'une coche.

Je ne sait pas ce qui s'en vient pour Dario Argento. Il parle de retraite depuis quelques années. Si ce film était son testament cinématographique, ce serait à mon avis une belle carte de départ. Mais on lui souhaite de nous offrir encore et encore des cauchemars sur pellicule aussi perversement délicieux. Mario Giguère

Mattei is alive!!!

Pour un film signé Argento, le résultat est plutôt embarrassant, voire gênant.... Où est passée la maestria du maître - envolée il y a déjà une petite quinzaine d'années, il est vrai... Donc c'est épouvantablement mis en scène mais surtout, on franchit plus d'une fois les frontières du ridicule avec un tel enthousiasme qu'on ne revient en arrière que pour mieux s'y replonger: les apparitions spectrales de Daria Nicolodi, le gangs de sorcières fans de Bonnie Tyler, l'alchimiste, Asia qui se concentre pour disparaître, Asia qui se fâche, Asia qui panique, Asia qui a peur, Asia qui court, Asia qui dort, Asia qui fait la gueule.... Car en plus de devenir plus moche de film en film, elle est ici complètement à côté de la plaque, pas crédible pour un cent, et on ne parle pas du reste du casting italien - affligeant- les flics et la troisième mère en tête de gondole. Même Udo Kier est ici complètement nul, un comble quand même pour un type avec un bagage comme le sien. Le constat est une évidence, la direction d'acteurs est catastrophique. Mais d'un autre côté, ces échecs font de La Terza Madre un vrai bon gros nanar du genre winner, assez solide pour finir dans le best of de nanarland d'ici une petite dizaine d'années, avec ses extraits vidéos craignos (le final complètement Wiiiiiiiizzzzzzzzzzzzzzzz, les scènes de "fin du monde" qui envahissent la capitale italienne et font de la peine en même temps avec ses trois figurants et ses fumigènes de carnaval) et ses dialogues totalement dénués de bon sens. Ajoutez à ça du gore craspec complètement gratuit, des plans nichons qui ne valent guère plus cher et même une scène de saphisme évidemment inutile - mais après tout, pourquoi s'en priver? Voila, tout ça c'est donc très marrant, mais l'identité du réalisateur rend malheureusement le rire légèrement amer. On n'a plus qu'à attendre que la pilule soit pleinement digérée pour se faire des soirées 3è Mère + potes + bières et se faire péter les abdos! Kerozene

MASTERS OF HORROR saison 2 ep 6: Pelts - Dario Argento avec Meat Loaf, John Saxon ,  2006

Un manteau de fourrure confectionné à partir de Raton-laveurs maléfiques, séduit et cause la mort de ceux qui y touche. 

Voici un épisode plus "Argentesque" que Jenifer, ou le gore est exposé dans toute sa splendeur. Tellement qu'il y a lieu de s'interroger si Argento désire devenir un maître dans le domaine Les références aux précédentes oeuvres du maître y sont nombreuses (un lézard, des mouches qui dévorent un cadavre, des gants noirs qui nettoient une lame, scènes de sexualité lesbienne, etc.).

La nudité abonde et la conclusion plaira énormément aux fans du réalisateur puisque qu'elle est tout en hommage à deux de ses meilleurs films. La musique de Claudio Simonetti ne m'a pas convaincue et me laisse sur une certaine inquiétude en sachant qu'il aura la lourde responsabilité de faire celle de The Third Mother. Je ne croyais jamais voir venir le jour ou je souhaitais voir Pino Donnagio plutôt que lui, mais ce jour est arrivé.

Pour le reste, l'interprétation est soit médiocre ou tout juste moyenne (John Saxon). En conclusion, le film plaira certainement aux fans du maître qui ne sont pas prêt à critiquer le manque d'originalité récente de son oeuvre. En définitive, il s'agit d'un bon épisode pour cette série, mais constitue un "Argento" plutôt ordinaire. Black Knight

DO YOU LIKE HITCHCOCK ? aka Ti Piace Hitchcock - Dario Argento, 2005, Italie, 93m

Après avoir matté une superbe femme fatale et d'en être obsédé au point de la suivre partout... même jusqu'au club vidéo du voisinage et en scrutant ses moindres faits et gestes... un jeune homme suspecte sa voisine aux cheveux bruns d'avoir assassiné sa mère avec l'aide d'une nouvelle amie aux cheveux blonds (façon STRANGERS IN A TRAIN) pour obtenir une forte somme d'argent.

À part une séquence particulièrement nulle où un type poursuivi chute d'une corniche (façon Deep Red) et cela en pleine pluie battante où il se fracture la même jambe 10 fois en courant et en se relevant de son scooter... pour parvenir ensuite à s'enfuir...  le reste du film est vraiment très bien !

Il est en widescreen, contient au moins 2 scènes très gore (dont une à la Macha Meril) et pleins de scènes de nudités où le thème du voyeurisme est présent comme jamais!

Argento rend hommage au cinéma d'Hitchcock (PSYCHO, VERTIGO, REAR WINDOW, STRANGERS IN A TRAIN, THE BIRDS, etc...) mais tout en gardant son style particulier proche d'une intrigue à la Giallo !! Sa caméra est tout en mouvement et offre certains débordements que j'avais hâte de revoir! La photographie est excellente (on dirait même pas que c'est un produit télé, mais plutôt un film de cinéma tellement c'est impressionnant) et offre une excellente partition musicale (pas si classique que cela et très moderne) d'un surprenant PINO DONAGGIO.

Au croisement, il salut l'expressionniste allemand (Fritz Lang) et le cinéma russe... Normal, parce que se sont deux cinématographies qui ont inspiré Hitchcock. Argento y injecte même de ses films avec beaucoup de PROFONDO ROSSO, la scène du bain de TWO EVIL EYES, la corniche de THE BIRD WITH THE CRYSTAL PLUMAGE, la clef d'INFERNO, OPERA et une séquence d'ouverture tout en hommage à SUSPIRIA et TRAUMA avec un jeune garçon qui est à la poursuite de deux sorcières dans les bois qui font un sacrifice dans une vielle bâtisse pour jeter un mauvais sort !!!

Enfin, le générique d'ouverture offre des affiches et des photos des films d'Hitchcock modifiés pour y incorporer ceux des films d'Argento et du Giallo ! C'est quelque chose à voir ! Surtout celle avec la maison de PSYCHOSE où une statue romaine y est juxtaposée.

Le film est vraiment superbe et constitue une excellente surprise !!! Black Knight


Carrie Anne Fleming

MASTERS OF HORROR 4: JENIFER - Dario Argento, 2005, TV 

Un policier, Frank, tue un homme qui allait massacrer une jeune femme qui n'a pour toute identité qu'un prénom: Jenifer. Coupé à la main par la femme traumatisée, Frank est surprit de voir celle-ci lui lécher la plaie. On aperçoit furtivement une partie de son visage, un oeil trop grand et complètement noir. Frank, traumatisé par son premier "meurtre légitime en devoir" et par le visage de Jenifer, ne peut retrouver la paix sans la revoir. Il la sort de l'hôpital ou elle a été placée et l'amène à la maison avec des conséquences catastrophiques...

Dario Argento a choisit pour histoire une bande dessinée de Bruce Jones et Bernie Wrightson parut dans un numéro de Creepy. Qu'est-ce qui a pu attirer le maestro italien vers cette histoire sui singulière ? Je suggère le voyeurisme, thème omniprésent chez l'auteur, voir OPERA. Argento affirmait vouloir "piéger le spectateur dans son désir" en prenant Eva Robbins, en fait un homme en cours de transformation, comme objet de désir dans le film TENEBRAE. Ici Jenifer, au corps désirable mais au visage, que l'on découvre tranquillement, monstrueux, est une lointaine cousine du monstre de PHENOMENA. Pourquoi Frank reste-t-il avec elle tout au long de ce long calvaire ? il y a cette cicatrice, léchée par Jenifer, qui semble être l'explication, une explication virale, comme dans un cauchemar de David Cronenbreg. Il n'y a effectivement que le film LA MOUCHE de Cronenberg qui se rapproche du désir insensé, de cet amour contre nature, mais qui est ici consommé régulièrement. On devine aisément que le film se terminera en boucle, peu original mais inévitable.

Il faut dire que ce quatrième épisode de la série macabre confirme le parti pris de la fin ou le mal n'est pas détruit. Exit le classicisme essentiellement de droite, la destruction, souvent par le feu, du mal, de l'étranger qui bouscule l'ordre établi. Ici le mal subsiste ou la victime devient le prédateur et continue de répandre le chaos.

Comme dans toute l'oeuvre d'Argento, plus visiblement ces dernières années, Argento envoie ses clins d'oeil aux fans: la mouche dans l'auto PHENOMENA, l'errance du protagoniste en mal d'amour TRAUMA, le générique VOUS VENEZ DE VOIR JENNIFER DE DARIO ARGENTO. La caméra, dans un budget et un temps de tournage nécessairement plus restreint qu'un long métrage, va privilégier les plongées. La musique de Simonetti nous balance une contine enfantine, mais leurre plus souvent du côté de Bernard Hermann.

On en sort troublé, on a été choqué. Argento nous a présenté un troublant cauchemar, un film onirique à la fois fascinant et répugnant. Merci. Mario Giguère


Stefania Rocca

The CARD PLAYER aka IL CARTAIO - Dario Argento, 2004, Italie, 96m 

Un tueur en série adepte des jeux de hasard, mets au défi les services de police à l'aide de parties de poker. Chaque nouvelle victime qu'il enlève, sert d'enjeu. S'il gagne, elle meurt, si la police l'emporte, elle est libérée. Après avoir perdu une victime, les services policiers mettent tout en œuvre pour coincer le coupable avant la prochaine partie.

J'avais entendu tellement de mal de ce film, que je m'attendais vraiment à rien. Puis sachant déjà à l'avance que ce ne devait pas être gore et que la mise en scène stylisée était supposément absente, je ne pouvais être que surpris d'y trouver de bons éléments. Premièrement, le casting est fort valable (à part quelques second rôles comme celui du directeur de police) et est supérieur à ce que l'on trouvait dans ses derniers films et deuxièmement le film comporte assez de références à d'autres films d'Argento (PHENOMENA, TENEBRE et surtout DEEP RED), puis de manière assez minime THE BIRD WITH A CRYSTAL PLUMAGE et FIVE DAYS AT MILAN que le fan peut s'amuser à les trouver. La direction photo de Benoît Debie (IRREVERSIBLE) apporte une certaine nouveauté qui contraste avec l'univers coloré que nous sommes habituées de voir. Le film contient 2 clins d'oeil à ce dernier film. Les effets de maquillage de Sergio Stivaletti sont parfaitement réussis et sont même impressionnants sur les détails des corps des victimes. La musique de Claudio Simonetti est vraiment inégale, mais comporte quelques notes qui rappelle par moment et très brièvement DEEP RED. Peut être devrait-il laisser sa place à un autre pour le prochain film avant qu'il ne gâche tout. Fabio Frizzi est-il à la retraite ? Pourquoi personne ne l'utilise ? Puis au générique, nous retrouvons les noms de Fiore Argento, Vera Gemma et de Roy Bava (petit fils de Mario Bava), un gage que peut être une nouvelle génération se prépare pour nous fournir notre dose d'horreur pour les prochaines années. Pour les points négatifs, il y a notamment le mauvais doublage et certains éléments du scénario qui sont d'un ridicule inouï, notamment la séquence finale qui est vraiment l'une des pires que j'ai vu. Par contre, le film comporte une très belle séquence tout en référence à DEEP RED qui par sa seule présence justifie le visionnement du film. Sans trop en dire, c'est celui de la mise à mort de l'un des policiers et tout ce qui se déroulait avant. Vous devriez vraiment aimer cette scène, qui est vraiment dans la tradition de ses grands films. Pour finir, je dirais qu'il s'agit de l'un de ses films les plus faibles. Mais il comporte quand même suffisamment de beaux restes pour que le spectateur y éprouve du plaisir. Mais surtout, avant de le voir, essayez de vous conditionner en vous disant que c'est mauvais. De cette manière, ça vous aidera à l'apprécier. Black Knight

Deux ans après la sortie de Nonhosonno, qui pour plusieurs aurait redonné a Argento son titre de maestro du macabre, le cinéaste décide de prendre ce qui pourrait être le plus gros risque de sa carrière ( on nous en prévient partout!!!) en tournant ce que les critiques surnomment déjà comme étant son film le plus atypique. Risque car depuis le début de sa carrière, tous ses films sortant du cadre habituel d'un bon vieux Giallo-Argentin, sont complètement démolis par ses fans, qui souhaitent encore l'arriver d'un nouveau Deep red. A mon sens, Le fantôme de l'opéra, Stendhal, et Trauma valent beaucoup plus que leurs réputations, et gagnent de l'intensité à chaque nouveau visionnement. Peut-être suis-je un fan aveugle, mais Argento me captive à chaque fois, et je ne suis pas le seul.

Disons-le carrément, le critique non initié a l'œuvre d'Argento et en quête de chefs d'œuvre préfabriqués pour les Oscars et autres récompenses n'y verra rien de fabuleux. Ce qui est tout de même triste pour lui, car le nouveau film du réalisateur de Suspiria, est une véritable bouffée d'air frais (pas par la familiarité du récit qui s'inscrit directement dans la tendance, mais par son coté volontairement léger) parmi une tonne de blockbusters aussi ridicules qu'inondés d'effets numériques impersonnels. The card player est un GIALLO, alors l'intrigue est celle du giallo classique : un sadique tue des femmes avec un instrument a lame blanche et il faut trouver le coupable avant la tombée du rideau. Tout genre a ses conventions, et je ne vois pas en quoi celles du giallo devraient être inférieurs a celles du film de guerre ou autres genres. Il n'y a donc aucune raison de faire la grosse tête en hurlant que la trame est classique. Ce serait comme être prit par surprise par l'arrivée de chansons dans une comédie musicale. C'est un puzzle que le spectateur ancré dans le genre tentera de résoudre, sans savoir d'avance l'illustration qu'il présentera. Tels sont les films d'Argento : des puzzles à résoudre. Si on n'aime pas les casse-tête, à quoi bon s'y risquer étant donné l'envahissement des salles par des films d'extrême droite avec un joli baiser avant la séquence générique ? (Je le sais, j'exagère. Il y a eu des meilleurs Gialli tournés que The card player. Et ce n'est pas nécessairement parce que un film nous déplaît que le genre qui l'englobe nous répugne.) À chaque nouveau film, Argento en provoque plusieurs, qui se voient déstabilisés de leur petite vie bourgeoise. Il n'a jamais été un type sclérosé dans cette idéologie droitière, ce qui lui vaut l'estime d'ailleurs de l'actrice Vera Gemma. Tous ses films sont d'une pureté exceptionnelle ( la violence n'est-elle pas la pureté par excellence ?), et les marginaux y ont une place de choix (homosexuels, bisexuels, androgyne, pédophile, enfants démoniaques, peintre fou se nourrissant de chats, rockers, prostituées... etc...). En ce sens The card player possède bien la signature du maître avec son policier gauchiste et son médecin légiste chantant l'opéra durant une autopsie.

Avec ce nouveau venu, le cinéaste prend le risque de réaliser un giallo, mais en changeant plusieurs empreintes qu'il leur donnait par le passé. Contrairement aux habitudes du cinéaste, ici le meurtrier brille par les hors-champs qui le représentent. Nous n'avons pas d'incises parallèles au récit nous le montrant en admiration devant ses armes, ou encore cette abondance de plans subjectifs le plaçant sous le statut d'observateur. Dans The card player, l'assassin se veut carrément la métaphore du réalisateur lui-même, placé derrière la caméra ( ici, la web cam), et offrant un spectacle horrifique a ses spectateurs, personnifiés par les policiers. Les gros plans sur le moniteur lorsque le logiciel dévoile les cartes sorties par hasard, servant à créer le suspense chez les joueurs potentiels de l'audience, le prouvent. Le défi que lance ce joueur de poker aux flics est carrément le même que nous propose le réalisateur : " Tentez de me battre à mon propre jeu ". Si le joueur de cartes use de stratégies et de risques durant une partie, le cinéphile doit user des même tactiques pour percer le mystère de l'intrigue. Ce qui différencie aussi le film du style habituel de l'auteur, c'est les rôles assez positifs joués par des femmes. Elles sont fortes, amènent souvent l'humour, et ne sont pas qu'accessoires et éléments du décor, comme ça l'était souvent par le passé et récemment dans son Nonhosonno. Le degré d'intensité des meurtres est aussi à l'encontre des habitudes du maître. Si l'on dissèque à deux reprises les cadavres des victimes, les assassinats sont plus gentils que dans les œuvres phares du cinéaste.( Suspiria, tenebre, Opera, Deep Red, Phenomena). Par ailleurs, si quelques travellings se font insistants, on demeure loin des plans prolongés du toit de Tenebre, de celui de la rampe d'escalier d'Opéra, ou encore du long défilement sur la moquette dans Nonhosonno. Dans la même lignée, il paraît aussi important de souligner l'absence de plans inserts sur l'œil du maniaque, ce qui le rend d'autant plus impalpable pour le public.

Malgré le fait que The card player soit un divertissement hors-pairs, le seul arrière goût qu'il pourrait apporter au fan est le fait qu'il ne se taille pas une place de premier ordre à travers la filmographie du maître. Sans pour autant être dans ses moins bons films, il serait faux de dire que les meurtres hyper explicites, et la caméra acrobatique habituelle d'ARGENTO ne nous manque pas un petit peu. Hitchcock79

Le nouveau film du cinéaste italien Dario Argento a été présenté à Montréal dans le cadre du Festival "Fantasia". J'ai eu la chance de voir ce film et je dois avouer que je l'ai aimé, tout comme l'ambiance enthousiaste qui régnait dans la salle. Argento est considéré comme un maître du cinéma d'horreur. On lui doit des classiques du genre tel que SUSPIRIA et DEEP RED. Sa filmographie comprend d'autres réussites d'exercices de styles flamboyants comme L'OISEAU AU PLUMAGE DE CRYSTAL, TÉNÈBRE et OPÉRA. Avec IL CARTAIO, le cinéaste délaisse son style purement flamboyant et sa violence explicite, ce qui risque de déplaire à certains de ses fans. En revanche, il n'a rien perdu de sa dextérité technique et stylistique. Plus soutenue que dans NONOSHONO, la réalisation orchestre d'efficaces moments de suspense et crée un climat malsain bien suggéré, le tout ponctué de quelques idées visuelles imaginatives. La traduction anglaise n'est toutefois pas de bonne qualité, rendant des passages involontairement drôle. En fait, le film n'est pas toujours convaincant sur le plan dramatique, mais il ne faut pas prendre ce suspense policier mâtiné d'horreur trop au sérieux puisque le traitement d'ensemble se veut assez ludique. Le jeu sadique auquel se plaît le tueur force le spectateur à espérer la défaite de ce "joueur de poker assassin" à chaque fois que celui-ci met en jeu la vie de l'une de ses victimes. Il faut dire que l'intrigue nous incite à participer à cet exercice en offrant des indices visuels et sonores. Le réalisateur veut jouer avec le spectateur et si ce dernier joue le jeu, il passera un bon moment.                

Dans le rôle principal, l'actrice Stefania Rocca s'avère convaincante et moins froide que les protagonistes de plusieurs oeuvres du singulier cinéaste.  Nazgûl

DARIO ARGENTO - AN EYE FOR HORROR, 2000, TV 

Il est très bien le documentaire sur Dario Argento. Beaucoup d'intervenants et des surprises. Fiore Argento, Michael Brandon tout heureux de son expérience, après tout ce qu'on a lu ! Keith Emerson et Simonetti qui disent travailler avec peu d'instructions de Dario, après tout ce qu'on a lu ! John Carpenter est particulièrement enthousiaste pour décrire le parcours d'Argento, comme George Romero. Les discussions sur les relations du réalisateur avec sa mère, avec Daria Nicolodi, avec Asia et le rapport avec les femmes dans son cinéma sont très intéressantes. Un documentaire très élogieux et plein d'interventions qui laisse moins de place aux extraits de films, avec des plans de tournage de Non Oh Sonno, entre autres. Du tout bon. Mario Giguère

NON HO SONNO aka SLEEPLESS aka I CAN’T SLEEP, 2000, Italie, 113m

En quittant l’appartement d’un client, une prostituée chute sur un coffre qui contient plusieurs armes blanches. Elle quitte l’appartement brusquement. À l’intérieur du train, elle s’aperçoit qu’elle a pris par erreur un document qui contient différentes photos et preuves concernant une célèbre histoire de meurtre perpétré par un nain tueur, quelques années plutôt. Son client l’appelle sur son téléphone cellulaire pour lui dire, qu’elle n’aura pas le temps de rien dire à la police parce qu’il lui tranchera la gorge...

Après des mois d’attente, le voici enfin le nouveau Argento ! NONHOSONNO se veut un retour au giallo classique du style de l’OISEAU AU PLUMAGE DE CRISTAL. Tout en contenant divers éléments de PROFONDO ROSSO et TENEBRE, la mise en scène demeure assez classique et malgré quelques débordements, on est assez loin du style visuel débridé de ses meilleurs films. L’interprétation est inégale, MAX VON SHADOW et GABRIELE LAVIA (PROFONDO ROSSO et INFERNO) sont des excellents acteurs et les autres comédiens à coté d’eux peuvent paraître très ordinaire. Mais, je trouves que ça ne constitue aucunement un défaut. Ca rend le film beaucoup plus réaliste en ayant des comédiens qui ne font qu’être des personnes ordinaires confrontées à des situations extraordinaires. En ce qui concerne les meurtres, le film fait assez fort. Quelques scènes sont vraiment susceptibles d’être coupés si le film était présenté devant la MPAA. Pour la musique, la bande sonore des GOBLINS quoique qu’inférieur à TENEBRE ou autres PROFONDO ROSSO, est bien utilisé et fait même particulièrement mouche à travers certaines scènes. Au niveau intrigue et scénario, c’est très intéressant et encore une fois la clef de l’énigme c’est présenté devant nos yeux et on n’en a pas réalisé toute l’importance. La scène du train est beaucoup moins spectaculaire que les gens ont dis, en tout cas, elle est vraiment moins réussie que l’ouverture de SUSPIRIA, mais demeure quand même correct. NONHOSONNO est finalement un film intéressant qui confirme pour moi qu’Argento n’est pas un réalisateur au talent éteint et qui pourra peut être nous donner d’autres films intéressants dans les années à venir. Black Knight

Après de très bons échos d'Italie et de très mauvais échos par chez nous, moi j'ai fort apprécié le dernier film d'Argento. J’ajoute tout de suite que je suis un inconditionnel, alors mon opinion est biaisée, oui. Le scénario est très bien ficelé et les références aux précédents Giallos d'Argento sont tellement nombreuses que je ne les dénombrerai pas. Mais c'est bien construit et, comme retrouver un vieil ami, j'ai eu du plaisir à revoir la mécanique bien huilée, Gabriele Lava, la bonne musique de Goblin, l'explication tordue qui remonte à l'enfance, la scène d'amour torride, de l'inédit, spécialement après le cheminement des actrices dans les films de Dario. Mais justement, on a un protagoniste masculin, un mentor âgé qui nous réserve des surprises et un titre sur lequel on n'appuie pas. On se rend compte, presque par accident, que le vieux détective à la retraite ne dort pas.

Un plaisir à ne pas bouder. Mario Giguère

Le FANTÔME DE L'OPÉRA aka Il Fantasma dell'opera, 1998, Italie/Hongrie 

Je ne vais pas m'attarder, parce que vous l'avez sans doute déjà tous vu, mais moi j'y avais mystérieusement échappé et je viens de combler cette lacune. Je veux parler du Fantôme de l'Opéra de Dario Argento. Compte tenu de tout le mal que j'avais pu en lire ou en entendre ici oulà, je n'en attendais pas grand-chose, et c'est tant mieux, parce que j'aurais été déçu.

Bon, objectivement, si une telle chose est possible, c'est pas si mauvais que ça. Ça ferait un très honnête "direct to video" américain. Ce n'est pas plus mauvais qu'un Fred Olen Ray moyen. La photographie esttrès jolie, la mise en scène efficace (c'est quand même Argento, merde, même dans un mauvais jour, il fait la pige à David Schmoeller sous amphètes), il y a plusieurs très chouettes images (j'aime beaucoup Julian Sand ôtant sa chemise pour se faire papouiller par les rats, et puis le crétin empalé sur la stalagmite, aussi) et l'interprétation est globalement compétente (sauf que Julian Sands m'énerve pas mal et Asia Argento un peu aussi, mais c'est personnel).

Mais alors, qu'est-ce qui lui a pris, à Dario, de pondre un scénario pareil ? Ils s'y sont mis à deux, en plus, pour nous chier cet étron totalement dépourvu de suspense, sans parler de pathos. Les trois personnages principaux sont affreusement niais, leurs rapports dignes d'un mélodrame de bas étage (ravaler le fantôme de l'opéra au rang de cocu de service n'est pas le moindre péché de ce film), et les dialogues sont souvent d'un ridicule achevé (du moins dans la V.F. Quelqu'un l'a vu en vo et comprend l'italien ?). Du coup, la plupart des scènes qui pourraient être effrayantes et même les effets gore tombent à plat. On retrouve une fois de temps en temps le grand Argento, comme pendant l'attaque par le fantôme du couple dans les catacombes, mais ce sont des moments fort rares et globalement assez brefs.

Et puis j'ai rarement vu une scène finale aussi ratée : d'abord, vous allez dire que je pinaille, mais pour faire monter une intensité dramatique quand on a une cantatrice sur une scène d'opéra, l'air de Juliette choisi, joyeux et guilleret, n'est pas forcément idéal. On aurait pu trouver plus approprié, même dans le même opéra. Ensuite, la mort du fantôme se résume à une scène de baston vaguement sanglante, avec l'autre pétasse qui hurle dans sa barque à se faire péter les poumons, pendant que son insipide galant rame peinardement, et y a pas un poil d'émotion qui passe. C'est quand même un comble, avec un sujet pareil.

Par moments, on a l'impression qu'Argento, tout en se forçant à tourner l'histoire habituelle, a essayer de greffer dessus un slasher movie d'assez mauvais aloi, et que la sauce a du mal à prendre.

Bref, j'ai perdu une heure et demie, alors que j'aurais pu m'éclater avec un Max Pécas ou un Philippe Clerc. Faut être bête, quand même. Michel Pagel

Il MONDO DI DARIO ARGENTO 3: Il museo degli orrori di Dario Argento - Luigi Cozzi, 1997, Italie, 106m

Dernier documentaire et dernière réalisation de Luigi Cozzi, ce Monde de l'horreur de Dario Argento débute par la présentation du réalisateur et de la boutique Profondo Rosso, qui servira de prétexte à différents chapitres. On présente aussi des invités au commerce: Tom Savini et Riccardo Freda.

1- I MOSTRI CLASSICI est l'occasion de présenter quelques bandes annonces classiques, tel Son of Kong ou La Créature du Lac Noir.

2- PHENOMENA présente quelques moments du making of et offre les deux clips musicaux tournés pour le film, réalisés par Dario Argento et Michele Soavi.

3-DEMONI présente le film et l'auteur Lamberto Bava ainsi que l'épisode de la série Giallo tourné par Lamberto: TURNO DI MOTTE: HEAVY NETAL

4- OPERA extraits de tournage 

5- STAR CRASH extraits et démonstration de l'animation image par image des robots contre la vedette d'Alerte à Malibu !

6- GLI INCUBI TELEVISIVI présente les séries télévisées d'Argento, de DOORS INTO DARKNESS à GIALLO et plusieurs épisodes de GLI INCUBI DI DARIO ARGENTO sont offerts, courts métrages de 2-3 minutes qui illustrent des cauchemars contés par Dario.

7- VIA DELLE STREGHE présente cette place publique qui figure dans LA CHIESA et dans le deuxième épisode présenté de la série GIALLO montré en intégral.

8- TRAUMA extraîts et explication de la trancheuse de têtes ! 

9- LA SINDROME DI STENDAHL extraîts et making of. 

Cozzi filme les objets de la boutique de manière conventionnelle et fait un montage qui attire un peu trop l'attention sur lui-même, mais le documentaire permet de voir des épisodes de fictions télévisées difficiles à voir autrement. Mario Giguère

the STENDHAL SYNDROME aka La Sindrome di Stendhal, 1996, Italie

On a déjà dit de Dario Argento qu'il était un vieux con absolument fini. Je suis bien prêt à croire cette affirmation jusqu'à ce que j'aie vu son Phantom of the Opera, mais je peux vous assurer qu'à l'époque du tournage du Stendhal Syndrome il n'était pas tout à fait gâteux. Certains disent que depuis Trauma, donc depuis que sa fille hante la distribution de ses films, Dario a perdu sa touche. Peut-être bien, mais c'est loin d'être relié à Asia. Sans sa beauté lumineuse et son angélique innocence, les films d'Argento perdraient de leur charme et ce serait bien triste. Pour en revenir à Stendhal, il s'agit d'un syndrome ou le "malade" entre en transe en observant des oeuvres d'art. Et dans l'histoire de Dario, un violeur psychopathe entre en communication avec l'inspecteure de police qui se charge de son cas. Il en résulte une histoire quelque peu confuse qui donne toutefois lieu à de très belles scènes, et qui donne aussi lieu aux brutales scènes de meurtre avec lesquelles Argento est familier. La fin est plutôt surprenante mais elle fait écho à TENEBRAE, ce qui je crois est un indice que Dario se fatigue. Le film en vaut tout de même la peine et le rythme lent qui le berce ajoute au charme. Mais ne vous attendez pas à trop... Orloff

Le rythme lent et la musique envoûtante de Morricone sont magnifiques et malgré quelques réserves, j’ai adoré le film. Mario Giguère

OPERA aka Terror at the Opera, 1987, Italie

Le jour de la première d’une nouvelle version de l’opéra Macbeth, la diva qui joue Lady Macbeth est victime d’un accident de voiture. Betty la remplace à pied levé, mais elle est très nerveuse. Un maniaque la surprend régulièrement, l’attache et la force à regarder ses meurtres, étrangement, il coupe ses liens pour qu’elle puisse s’enfuir rapidement. Elle n’ose parler à la police, paralysée par les visions d’événements semblables qui sont des souvenirs d’incidents ou des rêves de sa jeunesse. Le metteur en scène de l’opéra, réalisateur de films d’horreur, l’aide à attraper le tueur, à moins que ce ne soit lui, le tueur ?

J’ai longtemps regardé Trauma, Stendhal Syndrome et Phantom of the Opera comme une trilogie, je suis maintenant obligé de placer Opera au début de cette série qui débute par un film ou l’amour ne peut exister, comme l’explique Argento lui-même. Car au delà des meurtres sordides d’Opera, la protagoniste et sa vision du monde sont en rapport direct avec le déroulement du scénario. Parce que le sida est arrivé et frappe le monde, Argento nous arrive avec une femme frigide, incapable d’aimer, entourée de perversions qui sont le résultat direct d’un univers ou l’empathie est disparue. Que l’on se rappelle de l’univers visuel dans lequel évolue Jessica Harper dans Suspiria directement relié au sujet du film. La ville dans laquelle elle débarque est empreinte de sorcellerie, le paysage onirique, le paysage mental, le paysage ésotérique ne sont qu’un.

Si dans son précédent film, Phenomena, Jennifer Connelly joue une jeune femme qui s’entends mieux avec les insectes qu’avec les humains, elle aime la vie. Dans Opera, Chistina Marsillach, de par son passé trouble qu’elle a refoulé, ne peut avoir une relation normale avec les gens qui l’entourent. Dans Trauma, Asia Argento jouera une anorexique également incapable de s’accepter ou d’accepter l’amour que lui voue un étranger. Ce sera pire dans Stendahl, lorsque le personnage d’Asia, affecté par le syndrome de Stendahl et violée deviendra une tueuse à son tour. Finalement, tragiquement, dans P.O.T.O. Asia joue une jeune chanteuse, qui renvoie directement au personnage de Betty dans Opera, qui sera partagée entre l’amour de deux hommes. La mort du Fantôme, dramatique, laisse toutefois la femme dans une position ou, enfin, on peut envisager qu’elle refera sa vie avec son autre homme. Argento enchaînera donc avec Non Oh Sonno, un Giallo qui retourne à ses anciennes amours, ayant évacué ce démon, absent de films tel Profondo rosso, ou Daria Nicolodi courtise à qui mieux mieux un David Hemmings  dont on imagine facilement qu’il lui succombera après la fin de cette histoire ... 

Car Argento ne se regarde pas et ne s’apprécie pas particulièrement pour la structure logique de ses scénarios. Ses films sont souvent construits comme de longs cauchemars. Les réactions des personnages se justifient mal. Pourquoi, dans Opera, Betty ne se confie pas immédiatement à la police pour avoir sa protection, car le tueur s’est bien enfuit en l’avertissant qu’il la retrouverait en tout temps, en tout lieu ? Ses réactions se justifient mal dans un scénario ou le réalisme prime, mais dans un univers onirique, après un traumatisme, le rêveur va plutôt se retrouver rapidement dans un autre lieu. La séquence finale, par exemple, change de décor complètement, rappelant les montagnes de Phenomena, et le dernier plan ou Betty dégage un lézard coincé, optimiste selon Argento, renvoie directement à Profondo Rosso ou la jeune fille a épinglé un lézard, présage et avertissement que le mal est présent chez l’homme dès l’enfance, une constance chez Argento. Dans cette séquence également, les policiers semblent arriver de nulle part et repartent immédiatement, laissant Betty errer immédiatement dans le paysage bucolique, d’une manière outrageuse pour un film réaliste, d’une manière naturelle pour un film onirique.

Qu’Argento aie contemplé une fin ou Betty s’enfuit main dans la main avec le tueur surprend, mais Argento prétends que les tueurs dans ses films ont souvent la sympathie du public, ayant des raisons indépendantes de leur volonté pour expliquer leur déviance. Ils ont régulièrement des traumatismes à l’enfance, comme le tueur de Profondo rosso et celui, plus âgé d’ Opera. Dans Opera, c’est Betty qui a été traumatisée dans son enfance.

Il y a beaucoup à découvrir sur Argento en regardant ses films non pas seulement comme des entités individuelles, mais en tant que de multiples pièces qui forment l’ensemble cohérent de son œuvre, ce qui réhabilite son Fantôme de l’opéra, particulièrement.  

Opera est donc une pièce maîtresse dans la filmographie de Dario Argento. Mario Giguère


PHENOMENA aka Creepers, 1985, Italie 

Dario Argento ne déçoit jamais, et cette histoire macabre et très bien réalisée est là pour le prouver. Une adolescente (Jennifer Connelly, plutôt jeune ici, et pas encore siliconée eheheh), fille d'un célèbre acteur, est mise en pension en Italie alors qu'un meurtrier "sanguinaire" sévit dans la région. Elle sera mise en relation "télépathique" avec lui, le rencontrant à quelques reprises durant ses voyages somnambuliques. Bien sûr, elle devient vite la risée de son collège, et développe un étrange don de communion avec les insectes. Tout ça semble très obscur ici, mais elle finira par être en relation avec le tueur et nous mènera à une fin surprenante et des plus jouissives, que j'ai tellement appréciée que j'en ai presque ruiné le bouton "rewind" de ma télécommande. Orloff

TENEBRES aka TENEBRAE - Dario ARGENTO avec Anthony Franciosa, Christian Borromeo, Guillano Gemma, John Saxon, John Steiner, Daria Nicolodi, 1982, Italie

" L'impulso era diventato irresistibile. C'era una sola risposta alla furia chelo torturava. E cosi commise il suo primo assassinio" (" L'impulsion était devenue irrésistible. Il n'y avait qu'une réponse à la furie qui le torturait. C'est ainsi qu'il commit son premier meurtre. ").

La voix off du mystérieux lecteur, ses doigts gantés de cuir noir qui parcourent les lignes du roman policier de Peter Neal à la couverture noire et rouge, et le mot " homicide " en lettres capitales au milieu de la page : l'instant d'après le livre est jeté dans la cheminée, ce geste lance le générique d'une immolation dans le vacarme des Goblins.

Les fans d'Argento connaissent cela par cœur, et bien entendu toutes les péripéties qui suivent autour du personnage de Peter Neal, débarquant de New York pour la promotion de son thriller dans une Rome aux drôles d'allures d'Alphaville.

Cette première séquence est d'ailleurs réexploitée à fond par le compositeur Claudio Simonetti, qui réarrange le thème pour le " Dario Argento tribute " de son récent groupe Daemonia : aïaïaïe mes oreilles délicates, le rock-fusion-électro-jazz-italo-progressif des années soixante-dix serait-il soluble vingt ans après dans le hard-rock-métal FM à la suédoise ? Ah oui, la double-pédale de grosse caisse du cirque Barnum, merci Daemonia j'en ai sursauté deux ou trois fois.

Quoi qu'il en soit, en 1982, pour son retour au genre du pur giallo, Argento lâchait les ciseaux, les couteaux, les poinçons et autres canifs de poche des scouts pour se concentrer attentivement sur la hache.

Bon sang quelle expérience fracassante de fréquenter ce registre si particulier, oscillant sans cesse entre l´intello et le vulgaire.

D'un côté :

Le cinéma brûle la littérature.

Le voyeurisme, attitude du spectateur par postulat, est renforcé par le jeu des entrebâillements, des vitrines, des cloisons, des fenêtres, et des grilles qui s´interposent avec constance. Si jamais la vitrine protectrice éclate, la violence se déchaîne.

La caméra est souvent subjective mais de quel regard s'agit-il : victime ou bien coupable, le réalisateur lui-même, un personnage et alors lequel ?

La noirceur coutumière de la thématique policière est contredite par des clartés surexposées, ou bien accentuée par des décolorations qui confinent au noir et blanc.

Tout le monde utilise les truquages, le cinéaste autant que ses propres personnages.

Le propos est volontiers social et libertaire ; par exemple, les communautés minoritaires sont représentées : à l'aéroport un personnage serre la main et tapote l'épaule d'un bagagiste noir (ça fait beaucoup de gestes), les lieux et les mœurs des gays et des lesbiens sont évoqués.

De l'autre côté :

La caméra s'amuse, tous les prétextes sont bons, comme faire décoller un avion de la compagnie Alitalia, ou encore risquer de la varappe autour d'un immeuble.

Dans des élans de symbolisme lourdingue, la plomberie devient paillarde : une jeune fille vierge s'agenouille devant un homme mûr pour ouvrir un robinet dans sa chambre d'hôtel. Évidemment, si cette même jeune fille grimpe ensuite sur une moto, l'engin se cabre immédiatement, ou alors la culbute en pétaradant tandis qu'elle proteste.

Argento confie aussi le rôle d'une bimbo latine à un acteur transsexuel, et leurre en riant la concupiscence de ses spectateurs.

En guise de conclusion, Argento apporte cette fois avec beaucoup de swing la réponse à la suspicion que lui opposent systématiquement ses détracteurs : l'imagination d'abominations fictives ne sortent-elles pas nécessairement de l'esprit d'un artiste pervers ? Bigeyes

INFERNO - Dario Argento avec Leigh McCloskey, Irene Miracle, Eleonora Giorgi , 1980, Italie, 107m

Difficile d'aborder un film tel qu'INFERNO... 7ème film de Dario Argento, qui vit à l'époque son âge d'or puisque ses deux derniers films, les chefs d'oeuvres LES FRISSONS DE L'ANGOISSE et SUSPIRIA ont connu un franc succès. Fort du succès de ces deux grands films, Argento peut alors se lancer sur le deuxième segment de sa Trilogie des Trois Mères, trilogie qui pour rappel est constitué du magnifique SUSPIRIA, du tout pourri LA TROISIEME MERE et du film qui nous intéresse aujourd'hui : INFERNO, film a la limite de l'abstrait et du surréalisme, une des oeuvres les plus atypiques de son auteur, qui ici pousse la beauté visuelle de son cinéma a son paroxysme en dépit du scénario dénué de toute logique et sujet à de mineures imperfections. Pourtant, malgré cette absence de logique et de cohérence (inhérente au cinéma de Dario Argento depuis SUSPIRIA.), Argento signe ce qui figure certainement parmi ses plus grands films et signe une fois de plus un pur chef d'oeuvre de l'horreur. Une oeuvre révolutionnaire du cinéma de genre dont l'influence se fait ressentir autant dans le cinéma d'aujourd'hui (le très bon DEAD SILENCE de James Wan, entièrement basé sur des idées issues des FRISSONS DE L'ANGOISSE et d'INFERNO, d'ailleurs même en termes de mise en scène, Wan ne s'est jamais caché s'être inspiré d'Argento.) que dans le cinéma plus ancien (Fulci à en effet emprunté beaucoup à l'ambiance d'INFERNO pour réaliser L'AU-DELA mais également pour L'EVENTREUR DE NEW YORK dont les éclairages sont tout droit tirés d'un film d'Argento.)... Alors, INFERNO, grosso modo, qu'en est-il?

Inutile de tourner autour du pot : INFERNO est l'un des plus beaux films de tous les temps, et cela se ressent dès les premières secondes. En effet, la petite introduction du film bénéficie d'entrée de jeu d'un soin esthétique incroyable, la photographie étant d'une rare beauté et l'agencement des éclairages étant ici carrément parfaits... Dès le départ, Argento installe une ambiance incroyable, aidé par son pote Keith Emerson qui livre ici une composition absolument sublime, changeant souvent de tonalité au fur et à mesure que le film avance, en effet, comme c'est souvent le cas chez Dario Argento, aucun morceau de la bande-son ne se ressemble, certains sont même carrément antinomiques! Pourtant le tout s'intègre merveilleusement aux images et soutient avec brio l'atmosphère et l'ambiance, onirique et étrange, chargée d'une dimension malsaine et résolument inquiétante, que les dialogues viennent renforcer lorsqu'ils font mention d'odeur... Argento à tout compris et en 3 minutes installe l'ambiance de son film, cette même atmosphère qui vous chope à la gorge et qui ne vous lâche pas pendant 1h40 de métrage, 1h40 très étrange et singulière que ce soit dit! Singulière, d'une part parce que vous n'avez rien vu de tel, en effet, passées les premières minutes, le spectateur est submergé par des éclairages de folie et une ambiance sonore au poil, d'autre part parce qu'il s'agit très certainement d'un des films d'horreur les plus difficiles à saisir de l'histoire du cinéma. Il n'y a en effet dans INFERNO pas de fil conducteur, l'histoire est résumée en début de film et s'étend pendant tout le film sur des tueries toutes inventives et flippantes. Argento signe un film à la limite de l'abstrait et s'il y a bien une histoire pour justifier l'existence de ce INFERNO, soyons clair, ce n'est pas ce qui nous intéresse ici et comment peut-elle être notre principale préoccupation lorsque nous sommes submergés par tant de beauté visuelle, d'éclairages somptueux donnant une atmosphère toute particulière à des décors qui renvoient inéluctablement au baroque? INFERNO est, je le répète, un des films les plus beaux jamais faits et s'impose également comme l'un des films les plus atmosphériques de l'histoire du cinéma, dont l'onirisme n'a rien à envier à celui d'un Fulci et qui vous envoutera à coup sur!

Tout ce soin visuel est magnifié par la mise en scène virtuose de Dario Argento, qui ici n'a besoin que de sa caméra pour installer un climat de tension et de peur et une certaine forme de suspense. Toujours sous l'influence d'Alfred Hitchcock (comme la plupart des réalisateurs de cinéma de genre de sa génération.), Argento fait avancer lentement chacune de ses scènes, fait monter la tension et le suspense petit à petit, prend son temps pour arriver à la conclusion de chaque instant du film, en témoigne cette scène sous-marine, monument de suspense ou les éclairages étranges et une ambiance sonore sont de véritables objets de mise en scène, visant à faire monter la tension lentement mais surement pour la faire exploser de la façon la plus inattendue possible... A plusieurs reprises, le spectateur est surpris à se retrouver littéralement cloué à son fauteuil lors de moment de suspense incroyables qui se soldent généralement sur des meurtres dont l'intensité de la violence cartoonesque n'égale que l'inventivité. Les mains d'Argento sont ici les mains du tueur, et contrairement aux autres films du bonhomme, ces mains ne sont pas capables de manier que des couteaux... En témoigne cette scène complètement timbrée ou le mystérieux tueur se sert d'une vitre comme d'une guillotine pour assassiner un des personnages principaux, ces mêmes personnages qui dans des scènes bien craspec sont sacrifiés à un rythme déconcertant d'une manière qui n'est pas sans rappeler le PSYCHOSE d'Hitchcock... En effet, tout comme dans le chef d'oeuvre du maitre Hitchcock, Argento manipule le spectateur et fait passer le rang de personnage principal d'un personnage à un autre à plusieurs reprises en milieu de film. Argento va même jusqu'a sacrifier la présumée héroïne principale au bout de 30 minutes, la ou tout indiquait qu'elle survivrait... Tout comme Hitchcock avec PSYCHOSE, Argento s'amuse avec INFERNO à déconstruire les codes du cinéma de genre, tout en révolutionnant ce même cinéma comme peu de gens l'ont fait...

Malheureusement si Argento livre une mise en scène exemplaire et maitrise son film du point de vue strictement visuel, on ne peut pas en dire autant du scénario du film... Loin d'être mauvais, il est très bon mais souffre de dures lacunes, notamment une longueur en milieu de film qui brise légèrement le rythme du film, et puis il est clair que l'aspect surréaliste et abstrait jusqu'au boutiste de l'oeuvre d'Argento ne plaira pas à tout le monde. Tout semble en effet injustifié, l'histoire en elle-même ne semble être qu'une excuse pour se permettre des expériences visuelles et des meurtres tous plus fous les uns que les autres... L'histoire n'est que peu développée, par désir de créer l'ambigüité et le doute ou tout simplement parce qu'Argento se préoccupait davantage de l'aspect plastique de son petit bijou? En soit, peu importe, ce qui est sur c'est que beaucoup seront déstabilisés, et très vite, par INFERNO tant son aspect jusqu'au boutiste à a la fois tout pour plaire et tout pour ne pas plaire. C'est la le majeur défaut d'INFERNO, qui n'en est toutefois pas un pour moi mais qu'il est nécessaire d'aborder sous peine de me faire taper virtuellement par une bande de lecteurs enragés!! :-D A cette lacune se rajoutent d'autres lacunes moins sévères et inhérentes au cinéma de genre italien de l'époque.... Je pense bien évidemment aux acteurs. En effet, si Daria Nicolodi et Irene Miracle livrent des prestations auxquelles il est difficile de reprocher quoi que ce soit (même s'il n'y a toutefois rien de transcendant), celle de Leigh McCloskey est loin d'être géniale et d'autres acteurs plus secondaires ne brillent pas par leur performance...

Mais en soit peu importe. Ces quelques défauts ne viennent jamais entacher la beauté visuelle d'INFERNO, ou la mise en scène incroyable de Dario Argento, et si une vilaine longueur vient briser le rythme en milieu de film, ce n'est que pour que ce dernier s'accélère violemment dans sa dernière demi-heure. Le seul véritable problème se posera pour ceux qui n'adhèreront pas au côté jusqu'au boutiste de l'oeuvre d'Argento, mais une chose est sure : c'est une oeuvre à découvrir, un film injustement méconnu qui s'il n'égale pas SUSPIRIA mériterait tout de même une édition DVD française accessible à tout le monde (notamment d'un point de vue financier.)... Pour ceux qui comprennent l'anglais sachez que les éditions Blue Underground et Arrow coutent moins cher que le Blu-Ray Wild Side et sont de très bonne qualité également, en témoigne mes screens, tirés du DVD de Blue Underground... Quoiqu'il en soit, INFERNO reste une oeuvre à découvrir tant c'est un film d'horreur singulier et unique en son genre... Un chef d'oeuvre? Peut-être pas, mais on n'est pas loin. Zering


SUSPIRIA - Dario Argento, 1977, Italie 

Argento nous fait le coup du giallo débridé et sans grand sens et ça réussit presque.  Après des années d'échos positifs, je me suis enfin décidé à le voir et j'en suis sorti interloqué.  Certes la photographie et les décors sont superbes, les scènes de meurtre sont réussies, le montage et le découpage technique donnent un rythme enviable au film...  Mais quelques aspects négatifs viennent barrer la voie au chef-d'oeuvre : une musique assourdissante qui vient constamment agresser l'oreille (je n'ai rien contre les Goblins mais le volume de leur musique dépasse tout entendement), un manque manifeste d'explications et de justifications devant la violence employée (je suppose que chacun a sa petite théorie mais rien n'est clairement démontré dans le film) et une fin un peu "cheap".  Je n'ai rien contre le surnaturel quand il est bien employé, mais je m'attendais ici à une production ayant affaire au rationnel et j'ai eu ma dose d'haussements de sourcils.  On n'oublie pas facilement ce film, mais je lui ai préféré - et de loin - le sublime TENEBRAE.  L'utilité centrale du film a été d'achever de me convaincre de l'amour qu'Argento porte aux substances illicites... Orloff

PROFONDO ROSSO aka Deep Red aka Les Frisssons de la Terreur aka Les Frissons de l'Horreur aka Hatchet Murders - Dario Argento avec David Hemmings, 1975, Italie

Dernièrement je souhaitais initier mon amie au cinéma d'horreur italien et finalement mon choix s'est porté sur Profondo Rosso (les frissons de l'Angoisse)  dont j'avais un souvenir palpitant, ça ne lui a pas déplu mais comme elle dit " c'est pas un chef d'œuvre " ce en quoi j'ai répondu que " dans son style " si !

D'abord il y a David Hemming qui est presque bon (d'ailleurs il a fait quoi d'autres à part blow up ???) et Macha Meril c'est dire. Il y a un très bon suspense notamment avec le rebondissement de la fin avec la mère. Comme dans tous les Argento on part d'une scène mal vue par le héros (là il s'agit d'un miroir qu'il confond avec un tableau).

On part sur beaucoup de fausses pistes, et le personnage de la petite fille est très réussi et ambigu (avec la torture du lézard).

Le côté Giallo est réussi avec des superbes scènes de tranchage (sur une vitre par un collier...) d'éclatement de dents (contre la cheminée) et d'écrasement (le pote du héros un temps soupçonné se fait écraser la tête par un camion. Comme toujours Argento ne nous épargne aucun détail et le film se termine sur le reflet du héro sur une flaque de sang... Magistral !!!! Richard Ludes


Jaquette Japonaise

DOOR INTO DARKNESS : EYEWITNESS aka La Porta Sul Buio : Testimone Oculare - Dario Argento avec Marilù Tolo, Riccardo Salvino, Glauco Onorato, 1973, Italie TV, 53m

Roberta est sous le choc. Elle a vu une femme mourir devant sa voiture au tournant de la route tranquille qui mène à sa maison isolée. Lorsque la police s'est amenée sur les lieux, ils n'ont trouvé ni corps, ni trace de sang. Est-elle folle ? L'inspecteur ne le croit pas, mais...

Un autre bon suspense centré sur Marilù Tolo, excellente dans le rôle du témoin qui en vient à douter de tout. Cozzi a cependant tourné le début de l'histoire, ce qui rend le téléfilm un peu inégal, mais Argento est à l'aise dans un final dans la maison. On se doute bien de ce qui se passe, mais il nous manque une pièce importante du puzzle, car les réactions d'un des personnages sont incompréhensibles. Le tout se dénoue d'une manière très satisfaisante, rappelant un film fort connu. Moins efficace que IL TRAM, mais un bon moment d'angoisse. Tolo partagera la vie d'Argento quelques années alors que le premier choix du réalisateur était nulle autre que Daria Nicolodi ! Mario Giguère

DOOR INTO DARKNESS: THE TRAM aka La Porta Sul Buio : Il Tram - Dario Argento avec Enzo Cerusico, Paola Tedesco, Pier Luigi Arpà, Italie 1973, TV

L'inspecteur Giordani doit enquêter sur un meurtre commis dans un tramway. Il y avait bien plusieurs personnes à bord, mais personne n'a vu la victime se faire poignarder à mort pendant le dernier trajet du véhicule ! Giordani va donc tenter de reconstituer le dernier trajet avec tous les témoins...

Deuxième épisode de la série, IL TRAM est réalisé par Dario Argento, en grande forme, à partir d'une partie du scénario de L'OISEAU AU PLUMAGE DE CRYSTAL, coupée pour cause de longeur. On a donc le schéma classique du protagoniste qui est certain d'oublier un détail qui l'empêche de comprendre comment un tel meurtre a pu se produire. Luigi Cozzi explique que les épisodes ont été diffusés sur la seule chaîne publique disponible à l'époque, en noir et blanc, mais ici Argento, au contraire de Cozzi, s'occupe de sa couleur autant que de sa lumière, pour notre plus grand plaisir. La courte robe rouge de Paola Tedesco lui confère instantanément le statut de victime potentielle ! Cozzi raconte que le tueur utilise un crochet au lieu d'un couteau au nom de la censure: un couteau c'est phallique, pas question, mais un crochet, c'est bien ! Cerusico enchaînera pour Dario avec LA CINQUE GIORNATE. Un bel épisode de suspense. Mario Giguère


Mimsy Farmer

QUATRE MOUCHES DE VELOURS GRIS aka QUATTRO MOSCHE DI VELLUTO GRIGIO aka FOUR FLIES ON GREY VELVET - Dario ARGENTO avec Michael Brandon, Mimsy Farmer, Jean-Pierre Marielle, Bud Spencer, 1971, Italie

À 30 ans, Argento boucle la trilogie giallo de ses débuts comme réalisateur. Toujours avec le soutien financier de son père, qui lui a préservé une part de son indépendance artistique, il enchaîne en trois ans son troisième métrage à distribution internationale et musique d'Ennio Morricone. Déçu par le résultat du " chat à neuf queues ", nouveau succès qu'il considère trop proche de la mode américaine, il rame au scénario avec notamment son collègue Luigi Cozzi (futur coupable du fameux " Starcrash - le choc des étoiles " sous le pseudo de Lewis Coates), et imprime à ses quatre mouches un rythme de vol davantage personnel : elles vibrionnent en apesanteur dans un étouffant climat latin, non dénué par ailleurs de touches de joyeux humour crétin (dont Bud Spencer et quelques jeux de mots comme cette plaque de boutique furtivement aperçue, voisine de celle d'un détective privé et qui affiche " smith & son ").

L'intrigue ? Cette fois, le musicien d'un groupe de pop music est empêtré dans une histoire alambiquée de chantage.

A quoi bon en détailler plus, ceux qui ont choisi l'oiseau sur le menu puis consenti à goûter du chat goberont maintenant sans se faire prier quatre mouches avec le même appétit.

Certes, on peut convenir que pour les autres, ce n'est probablement pas le morceau le plus pertinent pour aborder le style Argento.

D'une part, Argento apprécie le format de la trilogie, alors comment savourer pleinement le dessert avant l'entrée et le plat de résistance ?

Ce fonctionnement par cycles s'accompagne naturellement d'un usage narcissique de l'auto-citation (mais aussi d'emprunts à peine déguisés, plus ou moins consentis à ses collègues, avant tout à Sir Alfred Hitchcock évidemment puis aux copains transalpins, ceci étant un autre débat : notamment, Lucio Fulci l'engueulera sévère pour la scène choc du chien d'aveugle de " suspiria ", très très inspirée de " l'au-delà " ; mais à sa décharge, Argento s'est lui-même tellement fait copier, alors...). Bref, ce procédé passe donc inaperçu pour ceux qui attaquent la filmographie dans le désordre chronologique, perdant ainsi une partie des signaux expédiés.

Par exemple, le prologue des quatre mouches montre un homme au costume sombre dans la rue, qui retire ostensiblement ses lunettes noires en plein soleil pour essuyer des confettis dont vient de l'arroser en jouant un enfant, qu'il réprimande d'ailleurs. Comment ne pas songer d'instinct à un parallèle avec le prologue du précédent film ? Karl Malden, pareillement vêtu, incarnait un aveugle à lunettes noires en promenade dans la rue à la nuit tombée, conversant comme un papy gâteau avec la petite fille le guidant. Clin d'œil !! (c'est le cas de le dire). Chacun mettra le sens qu'il voudra sur les intentions de l'auteur, ça fait partie du jeu évidemment. Toutefois, il est indéniable que l'effet délibéré est présent : ainsi au minimum, pour cette nouvelle scène d'exposition, la déduction machinale est faite du retour de la patte d'Argento, qui nous envoie des codes de reconnaissance amicaux et nous gratifie pour notre confiance. Ouf, on est rassuré merci, on ne s'est donc pas trompé de salle de projection. Et cet exemple particulier ne concerne que le prologue, la suite en fourmille.

De même, fort logiquement, cette pratique constante de la référence fait aussi apparaître en contrepartie des pièces qui seront réexploitées plus tard : ici par exemple, en suivant les mouches, on traverse déjà un décor d'opéra. Encore une fois, il ne s'agit que d'une illustration parmi beaucoup d'autres : si on commence à dresser catalogue et à décortiquer de la signification sous la rafale d'échos dans l'œuvre d'Argento, on y passe la semaine.

Cette technique amusante donne l'impression d'un assemblage pièces par pièces qui, suspense, tiendra-t-il le spectateur des débuts longtemps captif ? Argento le reconnaît volontiers lors des interviews : s'il ne cherche pas l'adhésion du plus grand nombre, il est revanche attentif à maintenir la connivence avec un public de fidèles. Mais heureusement, tout ceci n'est qu'un aspect, car Argento ne sait pas que tourner en rond !

D'autre part, les mouches ne constituent en effet peut-être pas le premier plat à servir à celui qui s'attablerait par hasard, parce que d'autres films sont communément reconnus comme plus essentiels. Les mouches ne semblent pas encore éditées en dvd et a fortiori n'ont pas été choisies pour le coffret en zone 2 consacré au cinéaste à Noël 2003. De même, elles n'ont pas connu en salles une fréquentation équivalente à ses précédentes bestioles, bien que cuisinées à la même sauce. Outre la sauvage concurrence en 1971 au sein du zoo giallo avec la Queue du scorpion de Sergio Martino ou L'iguane à la langue de feu de Ricardo Freda, la recette éprouvée d'Argento attirait peut-être moins les curieux.

L'oiseau, le chat et les mouches sont effectivement accommodés d'une sauce qui lie rationnellement quatre ingrédients de base :

1°) le giallo initié avec Mario Bava dans " la fille qui en savait trop " : le suspect masqué, l'outil dans la main en avant, les bombes italiennes, le chat de gouttière, la mystérieuse voix, le machisme, le mélange entre fantasme et réalité, la quarantaine de suspects, les couleurs vives, l'incursion attendue du meurtrier au domicile, le p'tit détour par le cimetière, le matériel hi-fi, le crime dans un lieu public, l'homosexualité et quelques innocentes perversités sexuelles, les coupures de presse, la galerie de marginaux, etc.

2°) des plans rocambolesques truffés de cadrages acrobatiques 

3°) et une interpénétration générale exhibée des autres disciplines artistiques avec le cinéma (notamment peinture, musique, littérature, photographie)

4°) l'influence déterminante de trois écritures : le polar à énigmes dit " roman de détection " (les intrigues torturées pour le plaisir jusqu'à l'absurdité), les nouvelles fantastiques d'Edgar Poe (la perception du macabre, le dérèglement des sens) et les théories de Sigmund Freud (son approche novatrice de la science, ses travaux sur l'inconscient, l'interprétation des rêves, les refoulements, les traumatismes de l'enfance, les pathologies mentales, la psychanalyse, les déviances sexuelles).

En conclusion de la première trilogie, les quatre mouches une fois atterries marquent la fin d'une époque dans l'horrifique d'Argento, qui va se radicaliser en intégrant désormais des nouveaux éléments récurrents, indubitablement absents pour l'instant : le surnaturel (pouvoirs médiumniques, sorcellerie, fantômes), des seaux de sang, les sonorités électroniques, et une narration adoptant souvent le point de vue de... hum, hum... l'héroïne.

Cette radicalisation ajoutée au rabâchage mécanique de thème ont d'ailleurs parfois frôlé la caricature. D'autant qu'Argento continue infatigablement dans son cinéma de genre alors que d'autres de ses camarades de l'époque toujours en activité ont lâché l'affaire (de Palma, revient avec nous !).

De fait, une fois mordus (!) par son oiseau, certains ont du mal à échapper à ses films même les plus éreintés, et j'avoue (plus facilement, le temps passant) faire partie des avertis du ratage qui ont quand même cavalé après son fantôme de l'opéra.

Pour ma part, je mâche ces quatre mouches comme un régal de délire flambeur, rococo, et tout en ambiance inquiétante étrangement contenue. C'est tellement farci que, curieux de subtilités à attraper tous azimuts - bien joué Argento ! - je me suis lamentablement re-retapé ma copie, une VHS en version française que j'avais eu un mal de chien à débusquer. L'image un poil étirée en hauteur dans un format mutilant affreusement les bords droite et gauche comporte de surcroît du début à la fin une rayure horizontale parasite, et un sifflement de ventilateur offre par intermittence - mais avec insistance - le bonus d'un autre film en fond sonore (je parierais sur un western, d'après les coups de winchester, les tam-tam et les cris de sioux).

Sinon, vivement la sortie de son prochain " joueur de cartes " ! Bigeyes

Le CHAT À NEUF QUEUES aka Il Gatto a nove code - Dario Argento avec James Franciscus, Karl Malden, Cinzia de Carolis, Catherine Spaak, 1971, Italie, 114m

Un aveugle fait équipe avec un journaliste pour résoudre un meurtre. Avec Karl Malden qu'on a pu voir dans "Les rues de San Fransisco" et avec Catherine Spaak qu'on a pu voir dans "Week-end à Zuydcoote".

Tout d'abord, nous avons Ennio Morricone à la musique. Il s'agit du deuxième film de Dario Argento. Je trouve que ce film n'est pas aussi bien que l'Oiseau au Plumage de Cristal. Les meurtres ne sont pas très recherchés : un homme qu'on pousse sur les rails, une gueule claquée sur le sol, des meurtres commis avec un bout de ficelle et le fou qui tombe dans.... Master Zombie

 

L'OISEAU AU PLUMAGE DE CRISTAL aka L' Uccello dalle piume di cristallo -  Dario Argento, 1970, Italie  

Un écrivain américain en panne d'inspiration se rend en Italie dans l'espoir de relancer son élan créateur. A la veille de son retour au pays, il est témoin d'une tentative de meurtre dont la victime, une jolie jeune femme, est sauvée grâce à son intervention. Il est alors obligé de retarder son départ et de rester sur ordre de la police, en tant que témoin principal de l'agression. Du coup, il décide de mener son enquête et se retrouve bientôt menacé à son tour.

Premier giallo du maître, L'OISEAU AU PLUMAGE DE CRISTAL est un exemple de maîtrise scénaristique et  photographique. La mise en scène, bien que pas encore tout à fait maîtrisée, est bien menée et fait preuve d'inventivité. Encore soft dans les scènes d'horreurs pures, le film n'en est pas moins fascinant, affichant une galerie de personnages haut en couleur: du macro bègue au peintre fou dans sa maison sans porte ni fenêtre qui mange des chats en passant par l'antiquaire homosexuel, Dario Argento nous plonge dans un univers à part...  Ajoutez à cela une musique élancée de Morricone ainsi que la présence de la belle Suzy Kendall, et on obtient un excellent film qui témoigne de la future maestria du réalisateur. Kerozene

CINQ GACHETTES D'OR aka 5 GACHETTES D'OR aka 5 GACHETTES EN OR aka TODAY WE KILL, TOMORROW WE DIE aka TODAY IT'S ME... TOMORROW IT'S YOU aka OGGI A ME... DOMANI A TE! - Tonino Cervi, 1968, Italie

Bill Kiowa (Brett Halsey, sous le pseudo de Montgomery Ford) vient de purger une peine de cinq ans de prison pour le meurtre de sa femme indienne. Durant ces cinq années, Kiowa n'a pensé qu'à une chose: faire la peau d'Elfego (Tatsuya Nakadai, KAGEMUSHA), le bandit mexicain meurtrier de son épouse et responsable du coup monté qui l'envoya derrière les barreaux. Une fois dehors, Kiowa recrute quatre des plus fines gâchettes de l'Ouest: un joueur de poker tricheur, une grosse brute barbue (Bud Spencer), un shérif tranquille (William Berger, KEOMA) et un jeune pistolero. Ensemble, ils traqueront Elfego et son gang et les élimineront jusqu'au dernier.

En surface, le scénario de CINQ GACHETTES D'OR est on ne peut plus classique, on retrouve la sempiternelle histoire de vengeance menée par un Brett Halsey qui marche exactement sur les traces de Clint Eastwood et Franco Nero: teint sombre, barbe de trois jours, yeux bleus perçants et sourire inexistant. Mais le film contient suffisamment de passages et d'éléments croustillants pour l'élever au-dessus de la masse des westerns italiens habituels. De plus, il se démarque de par l'utilisation de décors peu courant dans le genre, comme une plaine boueuse et enneigée ou un territoire fortement boisé, ainsi que par sa bande sonore pour une fois très éloignée des standards moriconniens. Il est probable que la présence de Dario Argento au poste de coscénariste aux côtés de Cervi y soit pour quelque chose également, notamment en ce qui concerne le personnage d'Elfego qui prend un malin plaisir à tuer ses adversaires à la machette. Il est d'ailleurs drôle de noter la présence d'un prestigieux acteur japonais dans la peau du truand mexicain, d'autant plus que Nakadai semble en faire des tonnes: il roule les yeux sans arrêt et adopte une démarche quasi-théâtrale. Le final du film prend place dans une forêt dans laquelle nos cinq compagnons entameront un cruel jeu du chat et de la souris, éliminant un à un les quarante membres du gang d'Elfego, ce qui donne droit à 25 minutes de traque meurtrière qui procurent bien du plaisir. Kerozene

site anglais officiel - darkdreams | Argento: Animaux-et-sorcellerie sur Animal Attack | darioargentofr.blogspot.com

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Web www.clubdesmonstres.com

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