L'Argentine est loin d'être perméable aux films de genre, comme on commence à le découvrir.

La ANTENNA aka THE AERIAL - Estaban Sapir, 2007, Argentine 

Dans un monde rétro-futuriste qui n'est pas sans rappeler le METROPOLIS de Fritz Lang, se trouve " La Ville sans voix ". Une ville où chaque individu s'est vu voler sa voix par le propriétaire de la chaîne de télévision locale dans le but rendre le peuple plus vulnérable et conditionné à ses propres désirs. Mais si parole il n'y a plus, les mots restent et permettent encore à de pouvoir communiquer avec autrui. Seule la manière de faire change. Seulement voila, Mr. TV trouve que le peuple est un peu trop heureux et ne se fait pas assez lobotomiser par ses émissions de variété pourries. Il décide donc de mettre en place un odieux stratagème afin de voler les mots au peuple. Pour ce faire, il possède une arme secrète : une femme sans visage au corps de déesse qui se trouve être la dernière personne à posséder une voix. Un père de famille fraîchement licencié de la chaîne de télévision va alors, avec l'aide de ses proches, mettre des bâtons dans les roues du magna de la non-communication.
LA ANTENNA est un vibrant hommage tragi-comique à l'époque du muet. Esthétiquement, le film rappelle donc METROPOLIS (un plan de la femme sans visage fait écho à la version robotisée de Maria au moment de son éveil), n'hésite pas à faire un clin d'œil facile à Georges Méliès (la Lune et son faciès rieur) et sans doute que de nombreuses autres références pullulent tout au long du récit. On ne peut s'empêcher de faire le parallèle du travail d' Esteban Sapir avec celui de Guy Maddin, en particulier sur THE SADDEST MUSIC IN THE WORLD et surtout son court THE HEART OF THE WORLD, tant les esthétiques s'avèrent similaires. La différence se situe sans doute en ce que Sapir intègre l'absence de parole comme élément scénaristique à part entière de son récit ainsi que dans le ton ici beaucoup plus léger que chez Maddin. LA ANTENNA est un film attachant, truffé d'idées cocasses et au charme rétro extrêmement soigné, qui amène une réflexion sur le pouvoir du média télévisuel, sur la communication en particulier et les relations humaines en général. Bien que très manichéen, il est difficile de ne pas tomber sous le charme. Kerozene

FEAST OF FLESH aka THE DEADLY ORGAN aka PLACER SANGRIENTO - Emilio Vieyra, 1967, Argentine  

Dans un petit village de la côte argentine, un tueur masqué sème des cadavres de jeunes filles assassinées à l'aide d'une seringue chargée d'héroïne plantée en pleine poitrine. Le look du tueur est plutôt trash avec son visage de grand brûlé rafistolé au latex et ses mains griffues, et le pire c'est qu'il emballe les moeufs avec une facilité déconcertante. C'est que les jeunes donzelles sont hypnotisées et manipulées tels des zombies grâce à une petite mélodie entêtante que la police aura vite fait d'identifier.

"Feast of Flesh" n'est pas franchement palpitant. Ca papote à longueur de métrage, l'intrigue policière est complètement nulle, mais le portrait de la jeunesse locale du moment est assez croustillant. On y voit des garçons et des filles que la nudité ne gênent pas (le film ose quelques plans très timides de poitrines nues) et qui fonctionnent à voile et à vapeur. Avec sa bande son forcément d'époque où le twist faisait rage, ses scènes de boîte de nuit bon enfant, son érotisme qui ne demande qu'à exploser, ses quelques scènes sadiques et sa photo noir et blanc, le film de Vieyra ("The Curious Dr. Humpp") rappelle d'une certaine manière les premiers Franco... le génie visuel en moins. Kerozene

GRITÉ UNE NOCHE aka Scream the Night - Adrián García Bogliano avec Abel Ayala, Laura Azcurra, Gimena Blesa, Cleo, 2005, Argentine, 98m

Un collège en Argentine. Un jeune homme surnommé "le poète" se suicide, suivi rapidement d'une jeune fille. Ses amies sont sous le choc, mais la vie continue. Trois camarades de classe vont vivre une journée difficile, compliquée par un esprit invoqué par une d'elles, qui devient possédée.

Véritable mélange de genres dans un style très contemporain. Bogliano tourne caméra à la main et suit ses actrices sans pudeur et très naturelles, laissant le fantastique s'immiscer dans le scénario. On a autant de séquences sur les difficultés sociales et la corruption morale, les difficultés intergénérationnelles ou l'abus sexuel et parental que de scènes de meurtres proches du giallo. On pense évidemment aux films de jeunes étudiantes japonaises et de fantômes et légendes urbaines récents, mais dans un emballage fort différent. Les dialogues improvisée sont livrés avec une rapidité qui laisse souvent peu de temps pour lire les sous-titres, mais ajoutent aussi au sentiment de caméra voyeuse d'un univers très réel. La musique est omniprésente et elle aussi très diversifiée, de ballades et chansons aux séquences de meurtres ou elle prend des airs de Goblin. Le montage hyper rapide est efficace, même si on a dans un premier temps de la difficulté à replacer tours les nombreux personnages féminins, les plus jeunes en tout cas. Le tout devient plus clair et le final en sera d'autant plus dramatiquement réussit. Avec ce qui est de toute évidence un budget minime voire minuscule, le jeune réalisateur concocte une oeuvre efficace et troublante, aux multiples influences, certes, mais qui retiens l'attention. La nudité est abondante mais naturelle dans le contexte, spécialement dans le passage de découverte lesbianiste. Un réalisateur à suivre. Mario Giguère

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MALAISIE

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