Un authentique réalisateur amoureux du cinéma de genre et primé aux oscars, ils sont peu nombreux ! Une page inspirée par nos collaborateurs épris du maître: Nazgul et Kitano Jackson... par ordre chronologique décroissant

Mise à jour le 2 mars 2007


Naomi Watts

KING KONG - Peter Jackson avec Naomi Watts, Jack Black, Adrian Brody, 2005

Deux ans seulement après le glorieux THE RETURN OF THE KING, Peter Jackson revient avec un film à gros budget en réalisant cette fois son remake du classique de 1933. On peut trouver discutable le fait de refaire un film créateur d'un mythe, mais la passion de Jackson pour le KONG original n'est plus à prouver. L'hommage en forme de clins d'œil et de mises en abîme fera plaisir aux cinéphiles mais la démesure à laquelle s'adonne le réalisateur culte sera diversement apprécié par les spectateurs. En effet, la nouvelle version de KING KONG amplifie et étire les aventures et les événements présentés dans l'œuvre originelle, au point que l'ensemble tombe dans la surenchère. On peut d'ailleurs reprocher au film sa longue durée (3h, comparativement à 1h 40 pour l'ancien) et sa surabondance d'effets numériques. De plus, la cohérence narrative n'est pas toujours maîtrisée, puisque les auteurs la sacrifient souvent au profit du spectacle pur. Mais ces défauts sont amplement rachetés par le plaisir et l'émotion que procurent les scènes d'action fulgurantes sur Skull Island et à New York et les moments intimistes entre le gorille géant et la belle Ann Darrow. Noami Watts est tout simplement merveilleuse et émouvante dans ce rôle potentiellement accessoire. KING KONG a beau être bourré de spectaculaire (retenons en particulier le combat viscéral et épuisant entre le gorille et les trois T-rex), Watts est le cœur et l'âme de ce divertissement qui se donne parfois des allures de série B. Le Kong est lui aussi attachant, apparaissant à la fois bien réelle, féroce et vieux à nos yeux. Mais dramatiquement, le film atteint son paroxysme lorsque Kong monte au sommet de l'Empire State Building, une scène célèbre que Jackson reprend avec poésie et une étonnante virtuosité technique, à un point tel qu'on est ébahi par l'effet de réalisme des trucages comparativement à ceux, plus voyants, sur Skull Island.

En réalisateur fou (croisement entre Orson Welles et Francis Ford Coppola), Jack Black se révèle assez comique sans pour autant surjouer, tandis qu'Adrian Brody offre un jeu senti malgré un rôle sans grande envergure qui s'efface devant la prestance de Kong.

Bref, à défaut d'atteindre la richesse et la puissance des LORD OF THE RINGS, KING KONG réserve des passages marquants et exprime bien la passion dévorante et contagieuse de Jackson pour le cinéma fantastique. Nazgul

Quant a l'âge de neuf ans Peter Jackson découvre King Kong de Merian Cooper et Ernest Shoedsack, il ne sait pas encore que ce grand film d'aventure aux effets spéciaux révolutionnaires de Willis O'Brien va changer sa vie. En effet, Jackson ne cesse de le clamer partout, King Kong est le film qui lui donna l'envie de faire du cinéma (Nda : on ne remerciera jamais assez Cooper et Shoedsack pour cela) ainsi quant il annonça en 1996 qu'il s'apprêtait à tourner sa propre version du mythe, le fan de base ne pouvait que saliver. Hélas les événements qui suivirent sont bien connus de tous aujourd'hui et nous rappellent que le monde du cinéma est bien pire que Skull island. Retour sur la genèse d'un projet rêvé.
En 1996 Peter Jackson Frappe à la porte du studio Universal, dans ses mains, il détient le script de King Kong, il s'agit d'un film d'aventures se déroulant pendant la guerre de quatorze au ton très humoristique qui convainc sans peine les producteurs. La pré-production est lancée le budget atteint des sommets encore inconnus a l'époque (bien que plus de 10 fois inférieur à celui du King Kong de 2005 !!!!). Jackson est aux anges, il s'apprête enfin a commencer le tournage du film de sa vie, de son rêve de gosse, il sera celui qui vengera les fans du remake foireux de John Guillermin (et de son ignoble suite, dans laquelle Kong subit un greffe de cœur avant de courir dans la prairie façon Laura Ingalls avec sa femme et son fils, il faut le voir pour le croire !!!), Mais c'était sans compter sur les échecs de ce " tâcheron " de Rolland Emmerich et de son gros lézard vert bouffi a l'andouillette et à la fougasse (c'est Godzilla ça ???) et du remake pitoyable de Mighty Joe Young sorties la même année, or de tels gadins au Box office ce n'est pas pour plaire au producteurs, et puis un producteur il faut le savoir c'est très con, un producteur c'est incapable de faire la relation entre la nullité cosmique des deux nanars cités précédemment et leurs échecs respectifs au box office, le producteur dans sa grande intelligence préfère se consacrer à une équation plus simple : LES ANIMAUX GEANT AU CINOCHE C'EST PLUS RENTABLE. En une fraction de seconde les rêves de notre néo zélandais préféré partent en fumée&ldots;.

N'allez cependant pas croire que la version de ce Kong de 1996 soit totalement invisible, car il vous est possible d'en voir une grande partie dans le film La momie de Stephen Sommers, pour les besoins duquel les producteurs ont allégrement pillé le script de Jackson et Walsh (et oui quitte a être con autant l'être jusqu'au bout !!!). Dépité le gros génie barbu s'en va réaliser Fantômes contre fantômes, produit par Robert Zemeckis, il en profite pour faire sa petite enquête sur la manière de réaliser plusieurs films en même temps (Zemeckis était à l'époque le seul a avoir réussi cet exploit, en tournant en même temps Retour vers le futur 2 et 3) enquête qui le mènera bien entendu à réaliser la mythique trilogie du Seigneur des anneaux.

Nous sommes en 2003, le retour du roi fait une sortie fracassante sur les écrans du monde entier et clôt la trilogie avec brio, c'est alors que Jackson surprend tout le monde (et oui, qui pensait qu'il allait tourner le Hobbit hein ? allez avouez !!!) et fait une annonce qui fait l'effet d'une bombe : il a commencé la réécriture de son bébé : King Kong. Écrasante nouvelle, car après le carton cosmique de sa trilogie on ne doute pas une seule seconde de la liberté totale du maître sur ses futurs projets, de plus, la maturité acquise sur LOTR lui permet de retravailler son script de manière plus sérieuse moins légère, le traitement qu'il lui applique se rapproche de celui du seigneur des anneaux, pas de second degré ici mais du sentiment, pur et exacerbé, il réunit donc sa dream-team composé de sa femme Fran Walsh, de Phillipa Boyens et de lui-même et il s'attelle a ce qui sera le plus gros film d'auteur de tous les temps (car qu'on ne s'y trompe pas Peter Jackson est un auteur à part entière, la preuve? Un film de trois heures (!!!) tourné en Nouvelle-Zélande produit par Jackson, écrit par Jackson réalisé par Jackson dont les effets spéciaux ont été réalisés par la boite de Jackson (!!!) 2 ans plus tard le résultat est là : L'heure du verdict !!!

Mes amis, l'heure est venue de remercier Tonton Emmerich, car sans son plantage sur Godzilla, il est évident que le film que je viens de voir (j'en tremble encore) ne serait pas le même, on remercie donc le petit Roland (mais on lui laisse son bonnet d'âne) et on passe aux choses sérieuses car le film va au-delà de tous les espoirs. On le comprend dés la séquence d'intro qui nous propulse dans un new York plus vrais que nature et surtout bien loin de la vision glamour dont on a l'habitude, ici les comédiens crèvent de faim, les gens vivent avec des animaux et les riches sont des salopards de profiteurs (les producteurs ne sont pas gâtés, un compte a régler Peter ?), On comprend également que bien loin de Lucas et de sa dernière trilogie Star Wars Jackson ne capitalise pas sur les effets spéciaux mais sur les personnages, brillante exposition dans laquelle il se permet de prendre son temps (environ quarante cinq minutes) pour mieux faire monter la pression et tout faire exploser lors de la tétanisante et pharaonique scène de naufrage du venture. Nous sommes sur Skull island, tremblants et apeurés (un exploit étant donné que l'on sait ce qui va se passer !!!) une tribu cannibale capture Ann Darrow, Kong apparaît sous nos yeux !!!

Et c'est là, au sein de cette jungle luxuriante vivante comme jamais que le maître nous dévoile sa créature, dans une scène d'une sauvagerie absolument soufflante soutenu par des effets spéciaux sidérants, King Kong prend vie la sur l'écran, sauvage et brutale, cadré caméra a l'épaule comme seul Jackson sait le faire, le gorille de neuf mètres semble bel et bien vivant, fait de chair et de sang!!! Déjà comblé le spectateur croit pouvoir se reposer mais doit faire face à prés de deux heures d'action non-stop soutenues par la musique magnifique de Howard.
Mais la force du film réside dans le fait que Le réalisateur ne perd jamais de vue le principal : l'émotion, et tisse un lien de tendresse d'une candeur absolument bouleversante entre le gorille et Ann Darrow soulignant encore plus la quasi-schizophrénie de la bête (là où l'érotisme des précédentes versions appuyait sur le coté bestiale), Le message est clair Kong est une créature sauvage mais innocente, se comportant avec une douceur infinie avec Ann il n'en reste pas moins un colosse d'une force et d'une sauvagerie redoutable et il n'est ainsi pas rare de passer d'une scène d'une tendresse touchante à une scène de carnage orchestré par le même gorille, la question du film se pose enfin, qu'est ce qui nous définit en tant qu'humain ? Est-ce notre apparence ou est ce nos actes, car Kong est de toute évidence un chevalier indompté, symbole d'une liberté totale enchaînée par une société qui le craint, et apparaît comme étant l'un des personnages les plus humains, et c'est sans détour que Jackson nous balance des émotions pures, dénuées de tout cynisme malvenu, en s'adonnant à une certaine poésie et en prenant le temps de tisser une relation entre Kong et le spectateur.

Alors quant enfin arrive la fameuse scène de l'empire state Building, le bruit des biplans finira de fendre le cœur du spectateur, car l'issue est proche, Kong doit mourir, et c'est avec une émotion non dissimulé et une pudeur admirable que le maître néo-zélandais filme la mort de l'animal, pas d'effets pompiers, pas de mouvements de caméra racoleurs, il le laisse partir et filme tendrement l'émotion de ses personnages, puis il libère le spectateur (moi en l'occurrence) qui en sortant de la salle regardera le ciel rêveur dans le but d'y apercevoir en haut d'un immeuble la silhouette d'un gorille géant tenant dans ses bras une frêle jeune femme transie d'amour&ldots; il repensera à ce film, le plus beau vu cette année et le plus spectaculaire jamais réalisé. Kitano Jackson

 

Le SEIGNEUR des ANNEAUX: Le RETOUR DU ROI version longue - Peter Jackson, 2003, Nouvelle Zélande/États Unis/Allemagne, 251m

Il ne restait plus que cette version longue pour compléter véritablement la trilogie LORD OF THE RINGS de Peter Jackson. Pour l'occasion, nous avons droit à 50 minutes de scènes supplémentaires par rapport à la version présentée en salle, ce qui en fait un film fleuve de 4h 10 minutes! Une des scènes les plus attendue de l'"extended edition" est sans aucun doute celle de "la voix de Sarouman". On se demande encore pourquoi elle a été supprimée au montage cinéma? La scène est pourtant excellente (et la meilleure de celles ajoutées) et montre un Sarouman vaincu capable néanmoins d'ébranler psychologiquement Theoden et même Gandalf. Il y a plusieurs autres rajouts (parfois seulement des répliques et regards placés ici et là) qui viennent épaissir la psychologie des personnages, principalement celle de Gandalf, Aragorn, Theoden, Eowyn, Merry, Faramir et Denethor. Autre scène attendue, le face à face entre Gandalf et le Roi Sorcier. Bien qu'inséré abruptement dans le montage, ce passage illustre clairement que Gandalf n'est pas de taille contre le Seigneur des Nazgûls. Notons aussi que la séquence du "chemin des morts" a été heureusement allongée et se termine maintenant de façon plus précise et dramatique (non sans touches d'humour par contre avec notamment une apparition courte mais hilarante de Jackson dans le rôle d'un pirate).

"Les maisons de guérison" est une scène que tous les fans du livre voulaient voir, puisqu'elle était supposée montrer les dons de guérisseur d'Aragorn. Malheureusement, ce n'est pas évoqué concrètement dans la version longue. Ce moment sert davantage à esquisser le rétablissement d'Eowyn et sa romance avec Faramir. En revanche, cet ajout, ainsi que l'intéressante scène d'un Aragorn maîtrisant le palantir, réparent la narration trop courte entre la fin de la bataille du Pelennor et le départ des troupes du Gondor et du Rohan pour les Portes Noires. Pour ce qui est de l'apparition de la Bouche de Sauron, et bien, même si elle a de la "gueule", on aurait voulu une confrontation plus concrète entre elle et Aragorn. Au lieu de cela, ce dernier règle le compte de l'émissaire de Sauron de façon expéditive et ironique. Cependant, La Bouche de Sauron fait croire à nos héros que Frodon est mort en montrant sa cotte de mailles de Mithril. On souligne donc davantage le désespoir qui s'empare des amis d'Aragorn.

À l'instar des deux premières versions longues, cet ultime RETOUR DU ROI rallonge les scènes de batailles. On regrette seulement que ces moments aussi grandioses ne soient pas plus violents (ils le sont moins que dans les deux premiers films versions longues). Le parcours de Frodon et de Sam est aussi allongé grâce, entre autres, à la scène de leur enrôlement parmi les orcs. Une scène qui ajoute du suspense à leur périple déjà très éprouvant.

Enfin, le magnifique et mélancolique épilogue a été gardé intact, s'insérant parfaitement dans le rythme désormais plus patient du récit. La version longue demeure bien sûr chargée au niveau narratif (plusieurs intrigues et personnages sont mis en scène), mais l'émotion est toujours là, avec en prime des personnages mieux mis en valeur. Il en résulte un film encore plus spectaculaire et approfondi, malgré quelques rajouts peu utiles ( par exemple un concours de boissons entre Gimli et Legolas plutôt rigolo mais qui n'apporte rien à l'histoire). Voilà ce qui conclue ce projet cinématographique colossal de Peter Jackson, qui a su insuffler à chacun de ses films sa passion du cinéma et une énergie contagieuse. Même avec un gros budget, l'adaptation ne s'est pas fait sans embûches et elle contenait des problèmes inévitables (contraintes du studio, réduire le texte original, l'exigence de tourner simultanément les trois films, etc). Qui osera maintenant adapter de nouveau LE SEIGNEUR DES ANNEAUX de Tolkien? Une chose est sûr, l'histoire en soi est déjà riche de thèmes, de mondes imaginaires, d'analogies, de symboles, de moments épiques et de valeurs humaines. Jackson a réussi à transposer de façon fougueuse ces qualités (même si la transposition n'est pas toujours parfaite), permettant ainsi aux spectateurs de s'évader avec plaisir dans ce très long récit à la fois fascinant, féerique, terrifiant, palpitant et émouvant. Nazgûl

Le SEIGNEUR DES ANNEAUX: LES DEUX TOURS aka THE LORD OF THE RING: THE TWO TOWERS - Peter Jackson avec Elijah Wood, Viggo Mortensen et Sean Astin, 2002, États Unis/Nouvelle Zélande

"Cruauté réveilles-toi. Qu'importe le courroux, qu'importe la ruine et que l'aube soit rouge! " (Theoden)

Tour de force d'adaptation du deuxième tome du roman de J.R.R. Tolkien, LES DEUX TOURS raconte en parallèle trois intrigues: Pendant que Frodon et Sam poursuivent leur route vers le Mordor pour détruire l'Anneau Unique, Aragorn, Legolas et Gimli s'unissent avec le Roi du Rohan Théoden pour lutter contre la puissante armée d'orques de Saroumane, tandis que Merry et Pippin font la rencontre de l'Ent Sylvebarbe dans une forêt enchantée... Même s'il y a alternance entre ces trois récits tout au long du film, le cinéaste Peter Jackson ne perd jamais le spectateur en cours de route. Avec sa réalisation foudroyante, Jackson met à profit sa vision du monde mythique de Tolkien, donnant ainsi à son film un souffle épique vibrant qui atteint d'ailleurs la grâce lors du dernier droit de l'impressionnante bataille du Gouffre de Helm. Cette séquence, qui occupe presque le tiers du film, alterne entre les plans rapprochés frénétiques et les plans larges mémorables, dans lesquels se fusionnent parfaitement les effets numériques et les éléments réels. De plus, la réalisation exploite de façon fougueuse et parfois angoissante l'ampleur des décors. Le cinéaste procède aussi à l'introduction efficace de nouveaux personnages et prend même des libertés évidentes par rapport au roman, dont une assez controversée: le changement du comportement de Faramir (frère de Boromir). Le fait qu'il soit tenté par l'Anneau dans le film n'a pas du tout été apprécié par les inconditionnels de Tolkien. L'épisode de Frodon et Sam avec Faramir se veut donc plus tendu et la quête du porteur de l'Anneau est encore plus ardu. Il en résulte un détour narratif qui reporte au troisième film la péripétie finale du deuxième tome.

Quoi qu'il en soit, les auteurs ont écrit un scénario vigoureux à saveur pré-apocalyptique et aux thèmes intemporels. Le lyrisme de plusieurs répliques est souvent puisé dans le texte original, que se soit dans les dialogues ou la narration même de celui-ci. Malgré cet effort honorable de transposition, THE TWO TOWERS est moins émouvant et envoûtant que son prédécesseur. En revanche, le deuxième volet offre un spectacle encore plus imposant et réussi à nous fasciner à chaque présence de Gollum, une créature numérique à la fois complexe, inquiétante et même touchante. Jamais dans l'histoire du cinéma il n'y a eu un personnage digitalisé aussi " réel" et psychologiquement crédible et prenant. Quant aux interprètes, ils croient parfaitement à leur rôle. Notons l'interprétation à la fois nuancée et fragile d'Elijah Wood, l'assurance de Sean Astin et l'intériorité du jeu de Viggo Mortensen. Si les touches d'humour dans le premier épisode reposaient en grande partie sur le duo d'Hobbits Merry et Pippin, elles passent surtout cette fois-ci par l'orgueilleux mais sympathique Gimli, incarné par John-Rhys Davies.

Notons que la version longue permet une meilleure compréhension narrative. On sait pourquoi au juste un cheval très dompté rejoindra Aragorn échoué sur une rive, tandis que le flash-back de Boromir et de son frère Faramir explique pourquoi celui-ci veut amener l'Anneau au Gondor . On voit aussi plus précisément que les orcs sont divisés en deux clans (celui de Saruman et de Sauron). L'ajout des scènes avec Sylvebarbe n'apporte pas grand-chose, d'autant plus que cette intrigue est la moins intéressante du film (sauf bien sûr l'attaque des Ents à Isengard). Les autres scènes ajoutées sont narrativement un plus dont celle présentant les funérailles du fils de Theoden. Mais ici, pas de grandiloquence dans l'approche de Jackson, car c'est le chant lyrique d'Eowyn qui rend essentiellement l'émotion de ce moment. On se demande encore pourquoi cette scène si émouvante a été coupée au montage original, m'enfin...

Prônant l'amitié et la fraternité entre les peuples, LES DEUX TOURS est une oeuvre épique grandiose et généreuse où l'action côtoie harmonieusement le fantastique et le drame. À revoir encore pour son début endiablé, Gollum, le Nazgul et le Gouffre de Helm... Nazgul

le SEIGNEUR DES ANNEAUX aka LORD OF THE RINGS - la communauté de l'anneau - Peter Jackson, 2001, Nouvelle Zélande

Le jour ou Bilbon le hobbit décide de quitter la comté le jour de son anniversaire, son ami Gandalf découvre enfin où se trouve l'anneau qui contrôle tous les autres. Sauron sait maintenant ou est l'anneau et envoie ses troupes de choc à sa recherche. Le neveu de Bilbon, Frodon, se retrouvera, bien malgré lui, porteur de l'anneau dans une mission fort périlleuse: aller porter l'anneau au seul endroit ou il peut-être détruit: Mordor !

Pari réussi pour Jackson, le premier volet de la trilogie possède un souffle épique indéniable. Les acteurs de haut niveau défendent bien leurs personnages et le travail visuel, des décors, costumes, aux effets digitaux, sont réussis et rendent bien la richesse du monde créé par Tolkien. Pas d'humour de pacotille, quelques sourires provoqués par Pippin ou le nain qui refuse de se faire lancer. Il y a une fatalité qui parcourt le récit et on devra juger du rythme adopté pour ce premier film à la faveur de la conclusion de la trilogie. Ca fait du bien . Mario Giguère

FRIGHTENERS - Peter Jackson avec Michael J. Fox, Trini Alvarado, 1996, Nouvelle Zélande/États Unis 

Quand Peter Jackson réalise "Fantômes contre fantômes" en 1996, il n'ambitionne que de livrer un film léger, drôle et enlevée, une comédie fantastique drôle et décomplexée mais doublé d'une approche parfois malsaine de la violence et de ses conséquences.

Bien que "Fantômes contre fantômes" ne soit pas un chef d'œuvre (surtout en comparaison avec les autres films du maître) il n'en reste pas moins une référence en matière de comédie fantastique, genre il est vrai très peu représenté (ou alors par des bouses infâmes comme "S.O.S Fantômes 2" c'est dire!). Car "Fantômes contre fantômes" est encore à bien des égards un film typiquement Jacksonien, où d'une scène assez hilarante le film passe tout à coup à une atmosphère plutôt malsaine, mixant ainsi les différentes ambiances pour mieux surprendre son spectateur, en lui balançant à la gueule des vannes carrément immorales!! . Ainsi le personnage de l'agent Dammers, incarné avec génie par un Jeffrey Combs en roue libre fera rire le spectateur jusqu'à une scène (géniale) ou celui-ci découvrira son corps pour nous faire voir qu'il s'agit d'une "carte routière de la douleur"... Les fans des premières heures de Jackson et de Sam Raimi apprécieront, les autres découvriront ces délires fantomatiques particuliers.

Car là réside le véritable coup de génie, avoir réussi à insérer une quantité incroyable de noirceur, d'éléments subversifs, tout en restant léger et grand public, un genre qui à priori ne le permettait pas. Mais là n'est pas sa seule qualité, loin s'en faut, les acteurs tout d'abord sont tous excellent, à commencer par Michael J.Fox bien loin de Marty Mc Fly et de sa Dolorian (et dont on oublie un peu trop souvent qu'il peut être un grand acteur, il suffit de revoir "Outrages" de Brian de Palma) qui trouve ici un de ses meilleurs rôles, cet éternel adolescent se la joue ici en finesse nous montrant l'étendu de son talent, tant sur le registre comique que sur celui du tragique. Face à lui Jake Busey (Mais si vous savez, le pote de Casper Van Dien dans "Starship Troopers" et le taré dans "Identity") excellent comme d'habitude, il prête sa tronche de dingue au psychopathe de service Johnny Bartlet, un criminel complètement chtarb adepte des objets tranchants et tentant de battre le record du plus grand serial killer. A noter également la prestation de John Astin, dans le rôle du juge, un vieux fantômes prêt à tout pour retrouver la vigueur de l'ectoplasme de ses vingt ans, John Astin qui, pour l'anecdote n'est autre que le père de Sean Astin qui jouera Sam dans la sublimissime trilogie des "Seigneur des Anneaux".

Les effets spéciaux bien qu'étant aujourd'hui totalement dépassés étaient à l'époque assez révolutionnaires, effets de réflexions, de déformations, de transparence, tout y est sans pour autant gêner en quoi que ce soit la narration, fluide et énergique (certains feraient bien d'en prendre de la graine et je ne vise en aucun cas George Lucas...). La réalisation réserve un lot de surprise incroyable et se renouvelle sans cesse par le biais de rebondissements délirants, on regrettera uniquement et simplement un final sentant à plein nez le compromis fait au studio car consensuel et ridicule, complètement hors de propos (et finalement très étrange au sein de la carrière de Jackson), sauvée néanmoins par une sublime idée de mise en scène, empruntant aux "griffes de la nuit" et par un ultime retournement finalement assez gore et macabre pour faire oublier ces trois minutes catastrophiques.

Pour finir, quelques anecdotes assez intéressantes (et amusantes): Robert Zemeckis est le producteur du film et, détail non dénué d'intérêt, il était à l'époque le seul à avoir tourné deux films en même temps (retour vers le futur 2 et 3) et Peter Jackson dans sa grande sagesse en profita pour lui soutirer des infos quant à la marche à suivre, marche à suivre qui lui servira plus tard pour réaliser sa fameuse trilogie, de plus si vous regardez attentivement, vous pourrez apercevoir dans le film, en couverture d'une cassette vidéo retraçant les crimes les plus atroces de l'histoire, les deux héroïnes de créatures célestes (et si vous avez des yeux de lynx vous pourrez voir au détour d'un plan quasi subliminal le visage de la grande faucheuse. VERTIGINEUX ! ! ! Kitano Jackson

CRÉATURES CÉLESTES aka HEAVENLY CREATURES- Peter Jackson avec Melanie Linskey, Kate Winslet, 1994, Royaume Uni/Allemagne/Nouvelle Zélande

Dans la filmographie pré Lord Of The Rings de Messire Peter Jackson, "Créatures célestes" se pose là. Lui qui ne s'était jamais pris au sérieux avec ses films d'épouvante à forte dose comique, Peter Jackson décide en 1994 de s'attaquer à l'adaptation d'une histoire vraie, l'histoire d'un crime ayant secoué une nation entière, un fait divers macabre autour de 2 jeunes filles dans les années 50 de l'autre côté de la planète, à savoir la Nouvelle Zélande.

Avec un sujet pareil, difficile de ne pas tomber dans le pathos, le lourdingue, le consensuel... Mais heureusement Peter Jackson n'est pas le genre de cinéaste à tomber dans la facilité et il le prouve avec ce drame sensible drôle et bouleversant.

"Créatures célestes" est une histoire d'amour, une histoire de mort, l'histoire de deux jeunes filles unies par un lien si fort et si pure qu'elles en commettront l'irréparable. Pourtant point de lourdeur ici mes amis, juste un univers onirique et excentrique à la fois qui ne nous bascule dans le réel le plus total qu'au moment de nous décrire l'indescriptible. Et le choc final étant à ce titre l'une des scènes les plus violentes qu'il m'ait été donné de voir, comme un coup de poing dans le ventre, une immense claque dans la gueule, et ce non pas à cause d'une violence graphique insoutenable, mais à cause des conséquences de l'acte que viennent de commettre les deux jeunes filles, et que le spectateur n'ignore pas.

En effet, comme sur "Forgotten Silver" Peter Jackson joue ici sur l'attente des spectateurs et sur son lien à la réalité, créant un univers situé à chaque instant entre le monde du rêve et le monde réel, il implique le spectateur dans un jeu de miroir où chaque rêverie est le reflet décalé d'une vision de la réalité souvent très froide voir insupportable. encore une fois le cinéaste traite de grands rêveurs qui ne trouvent pas leur place dans une société qui ne veut pas d'eux (comme Tim Burton), que ce soit au travers du spectre du cinéma ou celui de l'homosexualité, les personnages de Jackson sont tous le reflet plus ou moins volontaires d'un rejet (l'hippopotame des Feebles rejeté pour son obésité, Colin Mc Kenzie (de Forgotten Silver) est oublié parce que trop en avance sur son temps, Lionel (de Braindead) qui n'a pas d'amis à cause d'une mère trop possessive...). La force de Peter Jackson est d'éviter de rendre ces personnages torturés comme des monstres, même si ceux ci sont amenés à commettre des actes totalement répréhensibles.

Doit-on y voir de la part de Peter Jackson une impression de décalage avec la société qui l'entoure? Certainement si l'on considère son cinéma comme un refuge. En tous cas une chose est sûre, on n'oubliera pas de sitôt la représentation Jacksonienne de ces deux jeunes filles assassines, sublimées par les prestations exemplaires et novatrices de Melanie Linskey et de Kate Winslet (future star du Titanic) qui donnent aux personnages une dimension tragique, humaine et terriblement douloureuse.

Ainsi, "Créatures Célestes" marque la première incursion de Peter Jackson dans un cinéma dit sérieux (ouais c'est ça, comme si le film de genre ça ne se faisait pas de manière sérieuse) et si vous pensiez que le réalisateur remarquable de "Braindead", "les Feebles" , "Bad Taste" , "Forgotten Silver"... ne pouvait vous filer la larme à l'oeil qu'avec des histoires d'elfes et de hobbits c'est que vous n'avez pas encore vu "Créatures Célestes". Kitano Jackson

  BRAINDEAD aka DEAD ALIVE - Peter Jackson, Nouvelle-Zélande, 104m

Une maman ultra protectrice est mordu par singe-rat. Rapidement, son fils Lionel se rend compte que cette dernière dépérie et à un appétit féroce allant jusqu'à... manger le chien de sa petite amie. Devenue complètement zombifiée, elle fera de nombreuses victimes qui deviendront tout comme elle des mangeurs de chair. Lionel tentera de maîtriser l'appétit de ces zombies mais comme dans tout bons films de zombies, quand on croit contrôler une situation, c'est qu'elle deviendra TRÈS grave un instant après.

Selon moi, Braindead est LE film gore que tous et chacun se doivent de voir si vous êtes le moindrement amoureux de l'hémoglobine. On peut citer des films réussis, mais rares sont ceux qui réussissent à être aussi réguliers en continuant à impressionner le spectateur avec de nouveaux effets. Braindead c'est dégoûtant mais aussi, franchement comiques et ridicules. Ce qui fait que le spectateur en veut plus, et Jackson réussit à nous goinfrer.

Les personnages sont très attachants, qu'ils soit zombies où humains. Lionel, le héros, jeune homme timide qui se prend des airs de héros à Stallone dans la dernière demie-heure. L'oncle Les, un vieux pervers violent qui ne veut que se taper la copine de Lionel et qui deviendra un véritable boucher à zombies. Le pasteur qui fait du Kung-fu, l'infirmière zombie avec la tête qui penche par en arrière mais surtout, le bébé zombie qui est vraiment trognon!

Je recommande Braindead à tous, superbe réalisation de Peter Jackson qui sait définitivement comment raconter une histoire qui intéresser son spectateur. Ce mec commence vraiment à m'impressionner, je me suis rendu compte dernièrement qu'aucun de ses films ne m'a jamais déçu ! Abba

BAD TASTE - Peter Jackson, 1987, Nouvelle Zélande

Holala, la population d'un petit village vient de disparaître... y'a plus personne. Un Big-Boss de l'armée décide d'envoyer qqn voir ce qu'y se passe et envoie donc d'abord une sorte de scientifique déjanté (Peter Jackson) et son pote barbu et armé d'un bon gros flingue. D'autres costauds fous de flingues viendront les rejoindre après. Qui est responsable de ces troubles? Un groupe d'extraterrestres qui ont débarqué sur Terre pour faire des provisions. Ils capturent les humains et les mènent sur leur planète pour les donner à manger eux leurs (hamburgers de sapiens, sapiens en croûte... etc...). Ils se cachent sous forme humaine la plupart du temps mais après ils révèlent leur vraie forme, des aliens tout flasque av le postérieur qui dépasse du pantalon et qui marchent comme les singes dans la planète du même nom...

Premier film du réalisateur du Seigneur des anneaux, il a été réalisé avec très peu de moins, presque un film amateur. Les acteurs? Simplement des potes à Jackson qui tournaient ce film pendant leur temps libre. La scène avec le pare-choc de la voiture a été rajoutée après par exemple car l'un des gars avait fait un accident avec et le pare-choc ne tenait plus... alors on l'a inclue... Film amateur peut-être... mais que du gore! C'est vraiment un film de fous, tout le monde est cinglé, et particulièrement le personnage joué par Peter Jackson... il se casse la tête et passe tout le film à essayer d'empêcher sa cervelle de tomber de son crâne... Pire! Il va jusqu'à piquer un peu de cervelle à un alien pour se remplir le crane avec... (pour être plus intelligent?). Enfin suite à son accident le voilà devenu complètement cinglé, il finira par trucider les aliens à coups de tronçonneuse...

Bon, certains effets sont vraiment mal foutus (le mouette en carton) mais le sang et le gore, pour le peu de moyens, c'est du grand art. La scène ou les aliens goûtent la soupe d'humains et ponctuent le goûter par un concert de rots est très amusante (surtout le pauvre type qui se retrouve parmi eux et doit goûter aussi... on dirait même qu'il en redemande). Un film bien agréable pour les amateurs du genre. Le film est également rythmé de scènes vraiment insolites et cocasses en plus du concert de rots. Les aliens sont pitoyablement ridicules et vraiment stupide. Les "héros" prennent un malin plaisir à trucider tout le monde.

Jackson a fait encore plus fort par après avec son Braindead, mais ce dernier fut réalisé avec plus de moyens quand même. Dragonvolfied

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