LES NOUVEAUX VISIONNEMENTS CULTES DE NOS ONCLES

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mise à jour 6 Octobre 2008

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ABDUCTED BY THE DALEKS aka ABDUCTED BY THE DALOIDS - Don Skaro, 2005, Royaume Uni  

Quatre grognasses sont en route vers on ne sait où. Mais elles tombent en panne dans un bois après avoir heurté un extra-terrestre roswellien. Et manque de pot, dans ce bois sévit un serial killer dont la côte s'avère grandissante. Suite à quelques prétextes aussi stupides que grotesques, nos nanas se déshabillent sans rechigner au milieu des bois avant de se faire kidnapper par les Daleks qui les téléportent dans leur vaisseau actuellement en orbite.
Cette petite connerie torchée en vidéo ne mise en fait que sur une seule et unique idée: celle de confronter des gonzesses nues aux fameuses boîtes de conserve préférées du Docteur Who, le tout sur du Pink Floyd (!). La rencontre en question ne fait finalement que très peu d'étincelles et ni les décors pourris, ni les daleks en carton, ni même les filles à poil ne parviennent à masquer la médiocrité de l'entreprise. Le casting semble tout droit sorti de la série débile des FANTOM KILER (bimbos importées d'Europe de l'Est, nichons en plastique et foufoune rasée) et en 55 minutes, le spectateur n'a finalement qu'une envie: piquer un gros roupillon. A noter que les 10 dernières minutes réservent une "surprise" qui laisse finalement penser que les mecs derrière ce truc sont bel et bien les même que ceux de la série des FANTOM KILER.

Inutile de dire que les petits malins qui ont pondu cette chose ne s'en sont pas sortis si facilement, la BBC ayant bien évidemment peu apprécié l'idée de voir ses robots à roulette se faire détourner de la sorte. Du coup, le film a été rebaptisé ABDUCTED BY THE DALOIDS. Kerozene

BABYLONE A.D. aka Babylone Babies - Mathieu Kassovitz avec Vin Diesel, Michelle Yeoh, Mélanie Thierry, Lambert Wilson, Gérard Depardieu, Charlotte Rampling, Mark Strong, Jérôme Le Banner, Joel Kirby, 2008, États Unis/France, 90m

Dans un futur proche, où la planète est ravagée par la guerre en plus d'être en proie à l'anarchie et à divers intégrismes religieux, un gangster nommé Gorsky engage un mercenaire cynique et désabusé, Toorop, pour escorter hors de la Russie une jeune fille, Aurora, afin de la livrer aux mains d'une secte richissime à New York, ainsi que sa protectrice. Au cours de leur périple, la jeune fille adopte un comportement de plus en plus étrange, en plus d'être la convoitise de personnes louches qui veulent la kidnapper. Bien qu'ayant juré de la protéger, Toorop en vient à soupçonner qu'elle cache un secret alors qu'elle pourrait être la porteuse d'un dangereux virus. Le mercenaire cherche à en savoir plus auprès de sa protectrice, mais la vérité sur la nature d'Aurora ne manquera pas de le surprendre, au point de modifier le but de sa mission.

"BABYLONE A.D." est encore un autre exemple de projet ambitieux mutilé dans la salle de montage par les producteurs ou les distributeurs hollywoodiens. C'est ainsi qu'à partir d'un roman touffu, riche en notations post-modernistes sur l'avenir de l'humanité face à la montée de l'intégrisme religieux et le sectarisme, opposés au progrès scientifique et médical, l'adaptation finale au grand écran n'en a retenu que les ingrédients archi-usés visant à la conception d'un film d'action banal. Le réalisateur Mathieu Kassovitz a d'ailleurs affirmé que cette version du film n'est pas la sienne et que près de 70 minutes ont été coupés par les distributeurs américains de la FOX, qui craignaient sans doute que la portée politico-religieuse du sujet ne froisse les croyants, étant donné l'importance de la religion aux États-Unis et dans d'autres pays. Cela explique ces étranges ellipses dans la narration, qui constituent autant de trous dans le récit laissés vacants par la post-production, certains plans mal jumelés ensemble, et le caractère expéditif des scènes d'actions, vite vues, vite oubliées. La courte durée du film ne permet pas non plus aux personnages de se développer outre mesure, alors qu'on sent pourtant que les acteurs croient au projet dans leur interprétation. Ne reste plus qu'à espérer une version "montage du réalisateur" pour mieux juger du résultat de l'oeuvre. En attendant, fuyez sans regrets cette version tronquée dont le naufrage est inévitable. Mathieu Lemée

BLOODSUCKERS aka VAMPIRE WARS: BATTLE FOR THE UNIVERSE- Matthew Hastings, 2005, Canada   
On est au XXIIIe siècle et les hommes chassent les vampires à travers le cosmos. Ici, pas d'ail, de crucifix, d'eau bénite ou de problème de crème solaire, il suffit de percer le coeur des salopards pour en venir à bout et puis c'est tout. Mais, dans l'espace, les vampires peuvent revêtir bien des apparences: nanas sexy, vieux rockers dégarnis, clone de Leatherface, suceurs de sang au look de zombie décharné ou même cousin d'alien version parasite intestinal (mais doué de la parole!), le vampire se décline en fonction des planètes et des galaxies. Le film suit un petit groupe de la section anti-vampire de l'univers composé d'un chef charismatique, d'un nouvel officier peu apprécié, d'une nana qui en a, d'un cow-boy frimeur et d'une fille mi-femme mi-vampire et accessoirement bombe sexuelle adepte du tantrisme (la très très sexy Natassia Malthe, vue dans DOA: DEAD OR ALIVE).

Si le scénario ne représente pas de surprises particulières, le film se laisse néanmoins voir sans peine. On en attendait pas moins de Matthew Hastings qui avait su surprendre avec son précédent DECOYS. Malheureusement, le dosage épouvante/humour est ici beaucoup moins bien géré et l'ensemble manque un peu de peps pour véritablement convaincre. On peut aussi déplorer une bande son rock mièvre, voire carrément mielleuse par moment qui colle très très mal avec un film qui se veut volontiers plus rock'n roll dans l'esprit. Au final, on retient surtout le vampire version cousin d'alien et la présence de Michael Ironside qui cachetonne en leader des suceurs de sang. Kerozene

CHILDREN OF THE LIVING DEAD aka Les Enfants des Morts Vivants - Tor Ramsey avec Tom Savini, Marty Schiff, Jamie McCoy, 2001, États Unis, 90m

On débute relativement bien avec des équipes d'extermination de zombies, avec en tête Tom Savini, efficace. Mais on se rend bien compte que si Savini donne son maximum, c'est filmé tout croche sans sens de la mise en scène, sans photographe digne de ce nom et comme je le regarde en version française, le doublage pourrit sans relief n'aide pas. Au bout de moins de 15 minutes on saute 14 ans dans le temps, on avancera d'un an plus tard, tout cela de manière très irréaliste. Car le noeud de l'histoire est un tueur en série d'enfants, devenu mort vivant, qui gardait des marmots dans une vielle grange, comme otage ou comme garde manger ? Allez savoir ! Ces jeunes vont mourir 14 ans plus tard car le zombie serial killer a réussit à se cacher pendant 14 ans, portnawak ! Et le méchant de se recacher un an encore pour attaquer la petite ville lorsque les cercueils presque tous vides (on complique inutilement) des jeunes morts sont sortis de terre pour construire un centre de vente d'automobile.

C'est con, c'est aussi produit par John Russo, qui faisait tout de même partie de l'équipe de NIGHT OF THE LIVING DEAD. Y a de quoi crier au sacrilège. On évite de parler du montage, m'enfin, un type qui va déjeuner pour flirter avec la jeune serveuse se fera remplir son café trois fois sans en boire une goutte, ne mangera jamais le déjeuner qu'il ne commande pas et repart. Les tentatives d'humour tombent à plat, les maquillages sont de la trempe des originaux, mais là ou George Romero rendait le tout efficace, on a droit ici à une bouillie pour les chats qui va sûrement rebuter n'importe quel néophyte qui ne voudra plus rien savoir de la véritable oeuvre de Romero, un comble. Une insulte. Aux douches, quittez le terrain ! Mario Giguère

CODE OF SILENCE aka Sale temps pour un flic - Andrew Davis avec Chuck Norris, Henry Silva, Bert Remsen, Mike Genovese, Nathan Davis, Molly Hagan, Joseph Guzaldo, Ralph Foody, Ron Henriquez, Dennis Farina, 1985, États-Unis, 101m

À Chicago, le sergent de police Eddie Cusack a mis au point une grosse opération visant à l'arrestation d'importants trafiquants de drogue d'origine colombienne. Des gangsters à la solde de la mafia italienne interviennent toutefois dans l'opération, tuent les Colombiens et s'emparent de la drogue de même qu'une forte somme d'argent. Au même moment, un des policiers impliqués dans l'opération, Cragy, tue un innocent par accident et tente de faire passer son homicide involontaire comme un acte de légitime défense. Eddie Cusack doit donc non seulement empêcher qu'une nouvelle guerre de gangs éclate dans la ville entre les Colombiens et les Italiens, mais il doit en plus témoigner aux affaires internes contre Cragy, ce qui attire l'inimitié de ses collègues. C'est alors que les Colombiens kidnappent Diana, la fille innocente du gangster italien responsable du vol de la drogue, pour se venger de celui-ci. Pour la sauver, Cusack, ne pouvant pas compter sur ses amis policiers pour l'aider, tente seul de la libérer.

Dans la carrière de Chuck Norris, ce film fût tourné avant qu'il ne signe un pacte avec la compagnie "CANNON GROUP INC.", et ne commence la saga guerrière de "MISSING IN ACTION". Au vue du résultat honorable que représente "CODE OF SILENCE", on peut se demander ce qui a bien pu motiver l'acteur et karatéka à orienter sa carrière vers un cinéma d'action patriotique à rabais, qui ne pouvait que le cataloguer dans la médiocrité. En attendant, ce film policier présente notre vedette barbu comme une sorte de Clint Eastwood en mode plus léger, où son personnage d'inspecteur intransigeant doit non seulement empêcher une guerre de gangs, mais aussi subir le mépris de ses collègues de travail pour avoir oser témoigner contre un flic pourri. L'auteur a su éviter l'éparpillement dans l'écriture de son scénario à deux volets, mais dans le même temps, son récit prend une tournure plus invraisemblable et fantaisiste après un préambule réaliste. La mise en scène d'Andrew Davis, bien que parfois statique, rachète quelque peu ce défaut en soulignant avec humour les incongruités du récit. L'ensemble prend une tournure plus animée pendant les scènes d'action, et la séquence finale ne manque pas d'être amusante. La qualité du film est également rehaussée par un choix judicieux de décors en extérieurs mettant en valeur la ville de Chicago. Et de plus, Chuck Norris se défend mieux que d'habitude dans la peau du héros, en plus d'être bien entouré par une bonne équipe d'acteurs, comportant entre autre un Henry Silva égal à lui-même dans le rôle du méchant de service. Mathieu Lemée

CRY BLOOD APACHE - Jack Starrett avec Jody McCrea, Marie Gahva, Don Henley, 1970, États Unis, 82m

Un Vieil homme se rappelle des heures sombre de sa jeunesse. Pitcalin faisait partie d'une bande de cowboys malpropres qui ont massacré des indiens, sauf une femme, pour savoir ou se trouve leur or. Ils ne se doutent pas que le frère de la dame est à leur poursuite et pas content du tout. Misère.

Ca sent le téléfilm à plein nez, mais c'est comme trop violent pour l'être et pourtant le réalisateur a effectivement sévit plus souvent au petit écran qu'autrement. C'est mal écrit, mal foutu, mal joué, bref, ce n'est pas bon. Quelques amateurs apprécieront peut-être la manière quelque peu inventive avec laquelle l'indien tue un à un les méchants et on se demande si l'espèce de faux frère qui récite des extraits de la bible n'a pas inspiré Quentin Tarantino pour son Fiction Pulpeuse, mais c'est bien mince et ça a parfois l'air d'un film de trois heures. Tout en s'ennuyant, on imagine ce qu'un Fulci, un Deodato ou un Lenzi auraient pu tirer d'une telle histoire. Pas recommandé. Mario Giguère

DEATH RACE aka Course à la mort aka Death Race 3000 - Paul W.S. Anderson avec Jason Statham, Joan Allen, Ian McShane, Tyrese Gibson, Nathalie Martinez, Max Ryan, Jason Clarke, Frederick Koehler, 2008, États Unis/Canada, 105m

En 2012, les États-Unis connaissent une très grave crise économique qui met de nombreuses personnes au chômage. Venant justement de perdre son boulot, Jensen Ames est ensuite injustement accusé d'avoir tué sa femme et son bébé. Condamné à perpétuité, Jensen est envoyé dans un pénitencier à sécurité maximum. Cette prison, comme tant d'autres, étant maintenant gérée par une compagnie privée, elle se doit d'être rentable. Pour ce faire, la directrice a organisé une compétition de course automobile mortelle entre certains prisonniers baptisée "DEATH RACE", présentée en direct pour un public avide de sensations fortes. Comme Jensen est un ancien pilote de course, la directrice le recrute pour remplacer un coureur masqué fort populaire, Frankenstein, décédé lors de la dernière épreuve. Se voyant promettre la liberté s'il gagne, il accepte de jouer le jeu. Mais au cours de la compétition, Jensen découvre que c'est la directrice elle-même, avec l'aide d'un prisonnier, qui a fait tuer sa famille et qui a tout manigancé pour qu'il se retrouve dans son pénitencier. Elle avait en effet besoin d'un habile conducteur pour jouer le rôle de Frankenstein afin de faire grimper massivement le taux d'audience, étant donné la popularité du personnage. Convaincu que la directrice ne tiendra pas sa promesse de le libérer, Jensen décide de mettre à profit le trajet de la course pour tenter une évasion, non sans avoir d'abord vengé de la mort de ses proches.

Si la testostérone était une drogue, "DEATH RACE" pourrait à lui seul satisfaire ceux qui en sont dépendants. En effet, ce remake d'un film-culte, produit par Roger Corman dans les années 70, se veut surtout un festival de tôles froissées, de poursuites et de cascades automobiles musclées, et de scènes de brutalités sanglantes gonflées par un montage ultra-rapide. Le début laissait présager un récit contenant une certaine critique sociale envers les abus de la privatisation et l'exploitation commerciale de la violence gratuite pour divertir les masses. Mais Paul W.S. Anderson commet la même erreur hypocrite que dans le film "THE CONDEMNED", à savoir de rendre excitante pour le spectateur dans sa mise en scène et dans son scénario cette même violence, sous prétexte de la dénoncer. Par ailleurs, il serait grandement temps que la photographie aux teintes métalliques avec ses images grises-brunes, cesse d'être à la mode chez les artisans actuels oeuvrant dans le cinéma commercial. Dans ce cas-ci, elle ne fait qu'accentuer poussivement le caractère agressif déjà passablement surchargé de l'intrigue. On peut accepter à la rigueur que l'action supplante l'anticipation futuriste du récit, mais il aurait fallu que l'ensemble soit plus allégé, tout en laissant plus de place à l'humour pour qu'on puisse mieux le digérer. Jason Statham continue d'être capable du meilleur comme du pire dans son rôle, alors que seule Joan Allen s'en tire avec les honneurs dans la peau de la directrice. Mathieu Lemée

FIREWALKER aka Le Temple d'or - Jack Lee Thompson avec Chuck Norris, Louis Gossett Jr., Melody Anderson, Sonny Landham, Will Sampson, John Rhys-Davies, Ian Abercrombie, 1986, États-Unis, 104m

Deux bourlingueurs, Max et Leo, sont approchés dans un bar par une jeune femme nommée Patricia qui est à la recherche d'un trésor aztèque dont elle posséderait la clé. Tous les trois partent donc à l'aventure à l'intérieur d'une région perdue où seraient situées les ruines d'un ancien temple, qui pourrait être l'emplacement de la cachette du trésor. Les périls se succèdent au cours du voyage car le trio d'aventuriers est suivi à la trace par un mystérieux adversaire. Au cours d'une étape, Léo disparaît mystérieusement, mais Max et Patricia continuent tout de même de chercher le temple renfermant le trésor. Lorsqu'ils le découvrent enfin, ils ont la surprise de découvrir Léo prisonnier d'un certain El Coyote. Celui-ci veut empêcher à tout prix que les aventuriers s'emparent du fabuleux trésor aztèque.

Prenant congé pour un temps de Charles Bronson et afin de profiter du succès de la saga d'Indiana Jones, le réalisateur Jack Lee Thompson, toujours sous contrat avec la "CANNON GROUP INC.", a essayé de retrouver un peu de son souffle d'antan avec ce film d'aventures mettant en vedette Chuck Norris. Le résultat est loin d'atteindre cette ambition, on le constate bien vite devant les péripéties convenues de cette chasse au trésor dépourvue de moments vraiment épiques, et la banalité de la mise en images, qui se voulait pourtant exotique. L'ensemble parvient tout de même péniblement à conserver un ton léger, malgré quelques confusions narratives, pour maintenir un intérêt minimal. Chuck Norris fait un effort pour changer un peu son image en incarnant un baroudeur désinvolte aussi fort en gueule qu'avec ses poings, dans le but d'être moins monolithique et essayer de faire rire le public. Ses tentatives s'avèrent toutefois bâclées, tellement son jeu manque le naturel voulu pour amuser les spectateurs. Son partenaire Louis Gossett Jr. tire également à peine son épingle du jeu. "FIREWALKER" contient toutefois assez de segments d'humour involontaire pour ne pas être trop lassant à regarder, en dépit de la déception qu'il représente. Mathieu Lemée

FRIGHTENED WOMAN aka Femina Ridens aka Laughing Woman aka Le Duo de la Mort - Piero Schivazappa avec Philippe Leroy et Dagmar Lassander, 1969, Italie, 108m

Maria est une jeune chercheuse scientifique qui s'intéresse à une théorie sur la stérilisation masculine comme contrôle de la population. Son patron et employeur, le docteur Leroy l'invite chez lui car il a en sa possession des livres intéressants sur le sujet. Maria se rend chez lui avec enthousiasme mais ce fait droguer, tombe dans les pommes et au réveil, elle doit se rendre à l'évidence que son patron est en fait un maniaque misogyne qui se prépare à la torturer de diverses façon sadiques pour tenter éventuellement de l'achever au moment de l'orgasme.

Oh le joli morceau! Bien plus qu'un simple film de sexploitation, THE FRIGHTENED WOMAN est une petite perle à découvrir en vitesse. D'abord il faut parler de l'esthétique. Du Pop-art explosif, déjanté et hyper accrocheur avec des décors ma foie parfaits. Ces derniers sont toujours intimement liés avec la belle mise en scène de Schivasappa qui se lâche bien lousse. Le tout devient par moments carrément hypnotique, certaines scènes sont de la démence pure et la petite musique pop vient se marier parfaitement à cette atmosphère de douce folie qui règne en maître pendant la majeure partie du récit. Il faut la voir cette scène où le Docteur Leroy, dans un espèce de rêve psychotronique marche lentement et entre au complet dans un vagin géant qui se ferme derrière lui telle une plante carnivore.

Le sujet est particulièrement intéressant. On s'intéresse de façon pas trop subtile au rôle de la femme et à son évolution qui tendrait vers la supériorité et la domination envers le sexe masculin. Notre docteur malade mental, aurait développé sa haine envers la femme en voyant dès son jeune âge, deux scorpions faire l'amour avec cette fin évidemment tragique de la femelle qui tue le mâle après l'acte. Il y va donc avec plusieurs actes assez sadiques dans le but d'humilier sa captive, il l'oblige à faire l'amour avec une réplique en plastique de lui-même, il l'arrose avec un boyau d'arrosage au point de lui faire perdre connaissance et y va de plusieurs attaques psychologiques plutôt terribles.

Mais comme ce n'est que les fous qui ne changent pas d'idée, le Docteur Leroy tombe finalement en amour avec sa prisonnière après que cette dernière, dans une sublime scène qui frôle le dix minutes, danse avec des vêtements transparents dans de sa cellule pop en se dandinant le popotin de façon bien sensuelle. Ensuite, les rôles changent d'une façon de plus en plus évidente, Maria exerce un contrôle de domination qui s'apparente plus à celui d'un maître et de son caniche qu'à une relation amoureuse.

De voir une telle progression s'avère fascinant, une approche art-house et très audacieuse il faut le dire avec beaucoup de scènes chocs et de moments étranges. Mais le message passe bien, personne n'est véritablement démonisé car chacun à son pour et son contre, mais on comprend qu'à moins d'avoir un changement d'attitude et de compréhension, il y aura toujours un dominant et un dominé. Le Docteur Leroy tombe dans son propre piège et se retrouve à être prisonnier sans même avoir besoin. Contrairement à lui-même, de torturer pour contrôler psychologiquement.

À voir, c'est tout. Abba

GAMBLING WITH SOULS - Elmer Clifton avec Martha Chapin, Wheeler Oakman, 1936, États Unis, 70m 

Mae Miller est mariée à un médecin qui n'a pas encore le salaire assez élevé pour lui offrir tout le luxe que ses copines ont. Elle va donc jouer à l'occasion dans un casino clandestin ou on l'arnaque facilement. Aux prises avec une dette insurmontable, elle finit par succomber au harcèlement du propriétaire mafieux et devient à son grand regret une fille d'escorte. Son mari et sa soeur vont remuer ciel et terre pour la retrouver et la sortir de cet enfer.

Dans la foulée d'une ribambelle de films d'exploitation inspirées par la mise à jour, en 1936, d'un vaste réseau New Yorkais de bordels tenus par Lucky Luciano, Gambling with souls se la joue mélodramatique à souhaits. Martha Chapin, blonde toute menue, joue bien le rôle et je retiendrai longtemps le plan épaule ou on imagine l'homme besogneux hors cadre et son visage qui exprime tout autant l'extase que le malaise sourd qui l'habite. Wheeler Oakman joue comme toujours le grand vilain qui exploite les faiblesses des jeunes femmes. Le tout est raconté en flashbacks de manière intéressante, ce qui n'est pas souvent le cas. Mario Giguère

GANT D'ACIER - Ross Hagen, 1979, États Unis   
John Saxon joue le rôle d'un ex-flic devenu chasseur de prime. Il est père d'une petite fille, divorcé et peine à payer les allocations à son ex-femme qui menace de ne plus lui laisser voir sa progéniture. Il cherche alors à mettre la main sur un gros morceau qui peut lui rapporter gros: un noir au physique de gros nounours qui, après avoir passer six mois derrière les barreaux pour avoir péter la gueule des types qui ont violé sa soeur, se venge sur ses anciens geôliers en les démolissant à l'aide d'un gant d'acier qui provoque d'épouvantables dégâts.

Derrière son côté vigilante-flick dont émanent quelques effluves moites issues des salles grindhouse, GANT D'ACIER dissimule en réalité un drame social un peu plus complexe qu'il veut bien le laisser croire. Il se trouve du coup le cul entre deux chaises: film d'exploitation brutal d'un côté, réflexion sur les conséquences des inégalités sociales et leurs éventuelles (non-)issues de l'autre. On jubile effectivement lorsque notre vigilante, affublé d'un casque de moto noir, détruit une voiture à coup de poing ganté sous les regards effrayés d'un couple adultère sur le point de se faire des papouilles, mais la majorité du film se penche sur les mésaventures conjugales du personnage interprété par John Saxon et ses discussions avec le tueur justicier victime d'une société inégalitaire. Le film ne propose certes aucune solution mais sait mettre le doigt sur quelques un des injustes rouages de notre société moderne. Au final ce n'est pas des plus excitants (on se fait quand même un peu chier), mais ça a le mérite de faire un peu réfléchir. Le problème, c'est que ce n'est pas vraiment ce qu'on attendait d'un film pareil. Kerozene

GOD'S GUN aka Diamante Lobo - Gianfranco Parolini alias Frank Kramer avec Lee Van Cleef, Jack Palance, Leif Garrett, Sybil Danning, 1976, Italie/Israel, 94m

On suit une bande de voleurs qui se promènent de village en village. Arrivés dans la ville bâtie par le père John (Lee Van Cleef), celui-ci veut remettre à la justice un des garnements qui a tué un des habitants sans provocation. Évidemment que le chef de la bande, Sam Clayton (Jack Palance), ne l'entends pas de cette manière et va prendre le contrôle de la place après avoir tué le padre John. Mais le fils de Jenny (Sybil Danning ), Johnny, part au Mexique à la recherche du propriétaire du pistolet que gardait John, qui appartient en fait à son frère jumeau, Lewis, qui a promit de ne plus se servir des armes. Il va quand même venir réclamer vengeance, se servant de sa parfaite ressemblance avec son jumeau pour semer la peur et la mort chez les bandits. Pendant ce temps, Jenny avoue à Clayton que Johnny est son fils.

Voici une production Cannon qui fleure carrément avec l'exploitation du courant spaghetti western. Juste avant de réaliser YETI, LE GÉANT D'UN AUTRE MONDE, Parolini essaie de monter autant qu'il est capable, une mise en scène somme toute correcte, mais loin des meilleurs exemples du genre. On retiendra surtout la boucle faite avec le théâtre de marionnettes qui ouvre et ferme le film, une belle petite trouvaille. Sinon on n'est pas vraiment surprit par les revirements attendus, sauf que j'aurais cru que le propriétaire du pistolet était carrément sous la robe du prêtre. Lee Van Cleef est égal à lui-même dans le double rôle, tout comme Jack Palance qui semble toujours s'amuser à jouer les crapules. Sybil Danning a un rôle réduit et très sage dont elle se tire bien, on apprécie tout de même que les femmes soient plus courageuses que les hommes du village, dont le sheriff joué par Richard Boone, et il est surprenant de voir le jeune Leif Garrett, futur acteur et chanteur qui a connu son heure de gloire. Bref, on est loin d'un quelconque classique, mais on ne s'ennuie pas. Mario Giguère

HEX aka XIE - Chih-Hung Kwei avec Hsi Chang, Lap Ban Chan, 1980, Hong Kong, 90m

UN homme qui s'est marié jadis uniquement pour vivre de la fortune de la famille est devenu aigri lorsque la fortune a diminuée. Son épouse, qui est gravement malade, peine à endurer son alcoolisme et ses épisodes violents. La dernière servante étant partie, elle est heureuse de voir arriver la fille d'une ancienne servante, qui vient l'aider en guise de remerciements pour la bonté qu'elle avait démontrée envers sa défunte mère. Elle aussi n'en revient pas de la violence de monsieur et elle va carrément noyer le mari, avec l'aide un peu récalcitrante de l'épouse. Rongée par les remords et certaine de voir le fantôme de son mari la harceler, elle meurt. Ce qui fait bien l'affaire du mari, puisque c'était un coup monté avec sa maîtresse. Mais le fantôme de madame vient lui chercher querelle et on se demande tous si elle est vraiment morte.

Le film de fantôme rencontre Les Diaboliques dans une suite d'effets horrifiques réussit. J'imagine que le film devait faire son effet sur grand écran à l'époque. La caméra est très mobile et la mise en scène et le montage sont très efficaces. On est surprit par une séquence finale ou une jeune femme est mise à nie, possédée par le fantôme et en quelque sorte exorcisée ou protégée par l'application de signes peints sur tout le corps. On n'est pas au bout de nos surprises. Quelques moments de musique font penser à un EXORCIST pas si lointain. Le regretté réalisateur a beaucoup oeuvré dans le genre et ça parait. Il a aussi réalisé plusieurs films d'exploitation tel BAMBOO HOUSE OF DOLLS et ses femmes en prison ou le non moindre KILLER SNAKES. Mario Giguère

HEX AFTER HEX aka Che yuen joi che - Chih-Hung Kwei avec Lily Chen, Ke Chu, Kwok Choi Hon, 1982, Hong Kong, 100m

Suite directe de HEX VS WITCHCRAFT, on y voyait le fantôme délaisser son mari pour jeter son dévolu sur le beau culturiste, voisin d'en face. Cette fois, après que le père de la mariée insiste et qu'il accepte le marché, il mène une vie presque normale. Au point ou le noeud de l'histoire concerne un homme d'affaire véreux qui veut évincer les habitants du quartier pour construire des tours d'habitation à bon marché. Parce que le vilain est de connivence avec les autorités, lui va se faire engager chez l'ennemi qui se révèle aussi sans coeur et dégueulasse que l'on peut le supposer. Lorsqu'il se fait mettre à la porte, elle décide de se faire engager comme secrétaire, sans le dire à son mari. Alors se passe deux choses, elle va monter une arnaque pour terminer de ruiner le promoteur qui a des problèmes de liquidité et son mari va penser que sa tendre morte lui est ravie par le vile personnage.

On change un eu de ton et on s'enfonce dans la pitrerie, mettant de côté les quelques aspects sérieux du premier HEX VS WITCHCRAFT. D'ailleurs la fantôme qui prend les apparences de Yoda ou d'un pseudo DARTH VADER, ce n'est pas toujours subtile. Madame est plus coquine et comique cette fois-ci et on ne la reconnait pas tout à fait. Le scénario semble aussi oublier parfois son fil conducteur et lorsque le mari prend des cours pour évoquer les dieux, question de rattraper sa douce moitié vaporeuse, on a droit à quelques moments plus extravagants et fantastiques. La possession d'une statue est le clou du film et on réussit à boucler les intrigues avec une pitrerie finale. Moins réussit que le précédent film, on passe quand même un bon moment, mais madame, exquise coquette qui aime les sucettes, est plus discrète dans l'effeuillage. Mario Giguère

HEX VS WITCHCRAFT aka Che dau che - Chih-Hung Kwei avec Mu-Lien Chang, Lap Ban Chan, Shen Chan, 1980, Hong Kong, 96m

Cai Tou est incroyablement malchanceux au jeu comme dans tout. Aux prises avec des dettes de jeu, il accepte de laisser son prêteur coucher avec sa femme, ce qui tourne mal et rend le méchant presque eunuque. Sommé de se suicider dans les 48 heures, il n'arrive pas à trouver une branche assez solide ou prend de l'ecstasy au lieu de poison à rat ! Coup de chance, il trouve un sac remplit de bijoux, mais le propriétaire n'est pas loin et lui offre un marché. Sa fille est morte brutalement et pour qu'elle soit paisible dans l'au-delà, elle doit se marier. Oui, il semble que l'on puisse se marier et que ce soit courant, si on meurt célibataire. Si la fantôme possède la jolie hôtesse de l'air pour faire son devoir conjugal au grand bonheur de Cai, elle prend parfois la femme de ménage ou le peintre qui louche. Cai va finir par demander à son épouse de lui donner un coup de pouce pour avoir enfin de la chance au jeu, ce qui ne sera pas simple car l'endroit a sa spécialiste en fantômes, justement pour ces cas inhabituels de tricheries ésotériques !

Après HEX, le réalisateur Chih-Hung Kwei revisite le thème, sans lien direct, dans cette comédie débridée, façon de parler. J'ai souvent pensé à Alvaro Vitali et les comédies italiennes, avec les pitreries du héros et la petite musique comique qui l'accompagne continuellement. Si le ton semble vouloir changer à la fin, ce n'est que momentané et ca renforce l'expérience cinématique avec sa petite dose plus fantastique. Beaucoup de fesses, souvent mâles, l'humiliation la plus drôle semble être de se retrouver nu pour les hommes, pendant que les femmes, possédées, n'hésitent pas à se retrouver ne costume d'Ève. Le rythme est rapide et on ne s'ennuie pas une minute dans ce film surprenant de la part d'un réalisateur plus connu pour ses excès dramatiques. Mario Giguère

HIDDEN AGENDA aka Double Agenda (Québec) aka Le Réseau (France) aka Témoin en sursis aka Double Identité aka Agent Eraser - Marc S. Grenier avec Dolph Lundgren, Maxim Roy, Brigitte Paquette, Ted Whitewall et Serge Houde, 2001, Canada, 94m

Jason Price a un boulot spécial, il fait disparaître des gens dans le besoin. Dans le domaine, il n'y a pas meilleur que lui car il respecte un code stricte avec ses clients et ses stratégies sont indéchiffrables, enfin c'est ce qu'il croyait. Un membre important d'un syndicat du crime et ami de Jason vient lui demander son aide, il le relocalise mais rapidement apprend qu'un tueur à gages nommé le CLEANER retrace ses anciens clients pour les éliminer. Jason avec l'aide de l'assistante de son dernier client essaye de comprendre comment la brèche à été ouverte et découvre rapidement que personne dans son entourage est ce qu'il semblait être à première vue.

On dirait une version cheapette de ERASER avec Schwarzenegger, pourtant j'ai bien mieux aimé HIDDEN AGENDA, plus sobre, plus intéressant et disons le, plus intelligent. Marc S. Grenier, réalisateur québécois qui a surtout touché aux films d'action fauchés est aux commandes dans ce qui est certainement son meilleur film. Grenier, avec pas grand chose autre qu'un bon scénario et la gueule de Dolph Lundgren, réussit à faire quelque chose de convaincant et qui intéresse jusqu'à la toute fin. Les scènes d'actions sont peu nombreuses mais valent quand même le détour. J'aime bien pour ma part le combat entre Dolph et un gros lourdaud dans un magasin pour pêcheurs, très amusant. Parlant de Dolph, il est tout en retenu et donne dans les meilleures performances de sa carrière (Je vous laisse le soin de classer ses meilleures), et si vous êtes fan de l'acteur, c'est définitivement un must. C'est tourné à Montréal, on reconnaît quelques visages familiers comme Maxim Roy dans le rôle de la sidekick séductrice, Brigitte Paquette pour la bonne amie de Dolph qui voudrait être plus qu'une amie et Serge Houde dans le rôle du client important. HIDDEN AGENDA n'a rien de vraiment exceptionnel mais il est globalement convaincant et surprend pour son efficacité par rapport à son budget. Je le recommande pour un après-midi pluvieux. Abba

JEKYLL - Douglas Mackinnon & Matt Lipsey avec James Nesbitt, Gina Bellman, Michelle Ryan, 2007 Royaume Uni, minisérie 6 épisodes de 60m

Le docteur Tom Jackman passe ses nuits dans un petit local, enchaîné, sous la supervision d'une psychologue. Tom change la nuit et il se sait incontrôlable. Son épouse Claire, soupçonnant un adultère, l'a fait surveiller mais l'équipe féminine de détectives lui confirme qu'il n'y a rien de tel. Tom va donc aller avertir le camion noir qui le suit partout qu'il peut arrêter de le suivre, mais ces véhicules noirs ne font pas partie de l'agence de détectives. Qui le surveille ? Pourquoi ? Lorsque ses changements de personnalité se multiplient sans avertissement et que son épouse et leurs deux enfants sont kidnappés, Tom Jackman va graduellement laisser Hyde prendre la place pour retrouver sa famille. Mais rien n'est simple.

Steven Moffat est le génial scénariste qui a livré des scénarios parmi les meilleurs de la nouvelle série Doctor Who. Il s'attaque ici au mythe du Dr Jekyll et Mister Hyde en l'enrobant de paranormal et de science fiction de manière surprenante. Il joue toujours sur nos attentes, amenant les clichés pour les retourner sans dessus dessous, à un rythme rapide dans un scénario finement ficelé. C'est sexy en prime, que ce soit son assistante qui a le béguin pour lui ou son épouse qui est toujours séduisante, sans compter les prostituées que Hyde s'empresse de trouver la nuit venue, on a droit à un casting de toute beauté. Moffatt intègre des éléments de science fiction que l'on taira et fait durer le suspense jusqu'au final. Est-ce que Tom Jackman est le petit fils du Docteur Jekyll ? Mais ce n'est qu'un roman, donc, ridicule, et pourtant...

Fascinant du début jusqu'à la fin, une autre réussite pour un scénariste qui n'en finit plus de nous surprendre et une prestation remarquable de James Nesbitt ! Mario Giguère

JUST BURIED aka JEUNES MARIÉS - Chaz Thorne avec Jay Baruchel, Rose Byrne, Graham Greene, Nigel Bennett, Sergio di Zio, Reagan Pasternak, Thomas Gibson, Brian Downey, 2007,  Canada,1h30

Un jeune homme, Oliver (Jay Baruchel) hérite à son grand étonnement de l'entreprise de pompes funèbres de son père. Sa vie bascule définitivement lorsqu'il rencontre Roberta (Rose Byrne), employée embaumeuse prête à tout pour faire survivre l'entreprise qui l'emploie. C'est alors pour lui le début de la fin...

" Un seul mariage, un max d'enterrements ", prévient la jaquette de cette comédie macabre, qui a pour décor un Canada hivernal et faussement rassurant. Le duo Jay Baruchel-Rose Byrne fait beaucoup pour le charme du film. Sorte de continuateur du grand Rick Moranis, le premier joue à merveille de son physique de "nerd", à l'allure frêle et ingrate, souligné par le running gag du saignement nasal dont il est victime à chaque fois que l'émotion le submerge (très souvent !). Sa partenaire, vue récemment dans 28 SEMAINES PLUS TARD et la série DAMAGES, affiche au contraire une sexualité décomplexée et une assurance de tous les instants. L'alchimie comique fonctionne parfaitement entre les deux jeunes interprètes. Les mises à mort se succèdent à un rythme soutenu, chacune permettant de moquer gentiment les ploucs trucidés et d'étaler une grande inventivité en matière d'effusions gore. Lequel des deux personnages principaux enterrera l'autre ? Telle est la question principale qui se dégage petit à petit. La réponse se trouve à la fin du film, comme il se doit. Recommandé ! Stelvio

LOVERS LANE aka LOVERS ROAD aka SOUVIENS-TOI... LA SAINT-VALENTIN - Jon Steven Ward, 1999, États-Unis
    

Voila un bel exemple de néo-slasher qui refoule du derche ne fonctionnant que sur la base du recyclage de clichés alors très en vogue. Le film tape à ce point dans le pompage qu'il va carrément voler son tueur à SOUVIENS-TOI L'ETE DERNIER: un vilain monsieur encapuchonné et armé d'un crochet. Le terrain de jeu favori de ce saligaud, c'est Lovers Lane, cette petite route isolée où se donnent rendez-vous les jeunes couples désireux de se faire quelques papouilles à l'abri des regards indiscrets. Et si possible en période de St-Valentin. Nous avons donc une brochette de jeunes qui sortent pour boire des bières en cachette et fumer des joints et qui se font dessouder à coups de crochets les uns après les autres dans des scènes très peu graphiques avant un twist proche de SCREAM. De cette soupe filmique d'une désolante banalité, il ne faut retenir que la présence d'une toute jeune Anna Faris, future héroïne de la saga SCARY MOVIES et du MAY de Lucky McKey. Bon, même si vous aimez bien Anna Faris, il n'est peut-être pas nécessaire de vous farcir cette bouse... Kerozene

MERIDIAN aka Le Baiser de la Bête - Charles Band avec Sherilyn Fenn, Malcolm Jamieson, Charlie Spradling, Hilary Mason, 1990, États Unis, 83m

Catherine est revenue au château familial en Italie ou elle est visitée par son amie Charlie. Charlie ne peut rester longtemps car elle doit restaurer rapidement une toile ancienne qui cache une image sous une autre. Ils ont quand même le temps de visiter le cirque ambulant qui s'est installé sur le grand terrain de la famille et d'inviter les troubadours à venir souper au château. Erreur. Le charismatique animateur de la troupe, après avoir drogué les deux jeunes femmes, profite d'elles, en offrant une à un homme masqué qui est en fait son frère jumeau identique. Celui-ci a une caractéristique inhabituelle, il devient une bête poilue lorsqu'il aime. Catherine se doute qu'il s'est passé quelque chose de pas très catholique durant la nuit et sa vielle nourrice lui suggère de quitter l'endroit, mais elle voit régulièrement une dame en blanc qui semble mourir et elle est graduellement attirée par la bête.

Visiblement inspiré par La belle et la bête de Cocteau, mais surtout le succès de la série télévisée du même titre, 1987-1990, créée par Ron Koslow et mettant en vedette Ron Perlman. Profitant de décors naturels magnifiques, Band tricote un scénario ajoutant l'élément des frères jumeaux et offre en pâture Sherilyn Fenn, alors en pleine gloire grâce à la série culte TWIN PEAKS. C'est en effet de somptueux décors naturels, que ce soit le château ou les sculptures géantes dans cet endroit particulier d'Italie qui fascinent. Sherilyn Fenn et Charlie Spradling ne sont pas avares de leurs charmes et le réalisateur, qui abuse un peu de ralentis, avouons-le, laisse sa caméra explorer les corps divins. Sherilyn Fenn a cette qualité assez rare de dégager une innocence, une naïveté, une pureté avec son visage angélique pendant que son corps ferait damner tous les saints de la terre. Malcolm Jamieson est efficace dans le double rôle et la bête fait son effet. La photographie est soignée et les effets d'éclairage nombreux tandis que la musique de Pino Donaggio est efficace.

Une version astucieuse du conte classique, chargé d'un érotisme torride.

Le dvd de la compagnie Artus Films offre le film en version originale et française avec sous-titres français, la bande annonce, un court making of et des biographies et de nombres bandes annonces des autres titres populaires de l'éditeur. Mario Giguère

MR POSSESSED aka Chuang xie xian sheng - Jing Wong avec Kenny Bee, Carol Cheng, Pak-cheung Chan, 1988, Hong Kong, 92m

Une femme qui vient de quitter son copain ingrat rencontre un homme célibataire qui semble drôlement possédé dès qu'il rencontre une femme. En effet, dès que Riley (Kenny Bee) touche une femme, il devient grossier, le poil lui pousse sur les mains, sa voiture devient folle, etc. La belle Hsiao-Yu finira par apprendre que son beau est effectivement possédé par un démon suite à un important conflit qui a opposé son père à un puissant sorcier. Ajoutez que la riche madame détestable qu'elle rencontre partout s'avère être sa future belle-mère, ca va de mal en pis. Heureusement un bracelet donné par un ami lui procure une paix relative lorsqu'elle est près de Riley. Le mariage approche et tout se complique.

Qui eut cru que le réalisateur de NAKED WEAPON faisait aussi dans la comédie loufoque ? Si la subtilité n'est pas souvent de la partie, les quiproquos s'accumulent en vrac et les révélations amènent un tournant presque dramatique ou le démon se révèle et il ne rigole pas, lui. On peut affirmer que la comédie autant que les passages plus fantastique sont réussit. Le couple de comédiens en vedette est parfait pour le rôle et la belle mère est tout à fait dans le ton. On note dans des rôles secondaires la présence de Chinmy Yau et Francis Ng. On n'est pas trop surprit quand le happy end final arrive sans surprises. Mario Giguère

POSSESSED aka BESAT - Anders Ronnow-Klarlund, avec Ole Lemmeke, Kirsti Eline Torhaug, Udo Kier, Ole Ernst, Niels Anders Thorn, Jesper Langberg, Danemark/Norvège, 1999, 1h39

Copenhague à la tombée de la nuit. Un mystérieux voyageur roumain arrive à l'aéroport. La ville se retrouve soudainement plongée dans l'obscurité, par une coupure générale de courant. Lorsque l'électricité est rétablie, l'étranger est admis dans un hôpital et meurt d'une infection présentant des similitudes avec les symptômes du virus Ebola. Ce décès pousse Soren, un jeune et ambitieux professeur, à partir en Roumanie avec sa compagne Sarah, étudiante en médecine, et d'empêcher ainsi une propagation éventuelle de l'épidémie. En effet, un jeune garçon aux symptômes similaires vient de décéder à Bucarest...

Réalisé en 1999, ce film danois est placé sous le signe de cette foutue époque marquée par les virus et la peur d'autrui. La première moitié de la bande, très réussie, se distingue par son atmosphère glauque et paranoïaque. On croit voir en cette Copenhague humide et poisseuse une caractérisation de l'enfer sur terre ? Il y a encore pire, à Bucarest, où les deux scientifiques danois atterrissent pour mener l'enquête. Une investigation au cours de laquelle ils vont étaler leurs divergences. Autour de cette interrogation : jusqu'où peut-on aller pour éviter la propagation d'une épidémie ? Lorsque l'action revient au Danemark, le film perd beaucoup en tension et l'intérêt se relâche quelque peu, faute aussi à des personnages peu charismatiques. Les apparitions d'Udo Kier, en savant imprécateur, le relancent fort heureusement avec régularité et le film se suit malgré tout jusqu'au bout. Stelvio

RETROGRADE - Christopher Kulikowski, 2004, Luxembourg/Italie/Royaume Uni/États Unis

Dolph Lundgren et Gary Daniels à l'affiche d'un film de science-fiction super Z qui ne mise pas sur l'action? C'est RETROGRADE, un film qui ne mise en fait sur rien du tout. Lundgren y joue un gugus qui débarque du futur afin d'endiguer la propagation d'un virus, arrivé sur Terre à cause d'un météore écrasé au Pôle Sud, et qui transforme ses victimes en tueurs sanguinaires. Dolph est poursuivi par de vilains messieurs de son époque qui voient là l'occasion de devenir maître du monde. Ce petit monde tombe nez à nez avec une expédition pseudo scientifique menée par un industriel véreux, les méchants se font péter la gueule, les gentils gagnent, le spectateur est à deux doigts de succomber devant l'ennui et les quelques rares effets spéciaux tout moisis en images de synthèse périmées. En un mot: une catastrophe! Kerozene

SURVIVAL ZONE - Percival Rubens, 1983, Afrique du Sud 
Un post nuke mineur en provenance d'Afrique du Sud avec plein de clichés et une approche très premier degré de son sujet. 1988 (!), après la IIIe Guerre Mondiale, il ne subsiste que quelques survivants disséminés ici et là. D'un côté, nous avons une horde de motards psychopathes nihilistes cannibales vêtus de cuir dont le but est de pouvoir un jour mettre la main sur quelques gonzesses histoire de décharger des bourses bien remplies et éventuellement détendre un peu l'ambiance (les mecs passent leur temps à se taper sur la gueule). De l'autre nous avons une gentille famille modèle, type américain, qui rebâti son petit monde avec philosophie. Entre deux, il y a Adam, un jeune loup solitaire, beau gosse un rien naïf qui piste les affreux motards pour on ne sait trop quelle raison. Après que les motards soient passé par un couvent où ils déglinguèrent toutes les nonnes sans même leur faire les honneurs qu'elles méritaient, le gang se dirige vers le ranch de la bonne famille qui se montre plutôt réfractaire. Avec l'aide providentielle du gentil Adam, qui - ô surprise - semble plaire beaucoup à la jeune fille, Papa va montrer à ces loubards que quiconque vient le faire chier doit payer.

Voila pour le pitch prévisible qui verra les gentils gagner. Percival Rubens emballe le tout avec une certaine bonhommie et privilégie avant tout les dialogues plutôt que pour l'action, sans doute afin de limiter les dépenses et aussi, peut-être, parce que les idées lui manquent. Côté action, c'est le minimum syndical, on a droit à quelques coups de feu, deux ou trois impacts de balle sanglants, une décapitation et un duel à coups de chaînes, mais on retient surtout le chef du gang de motards, sorte de sosie patibulaire de George Eastman dont le casque est surmonté d'une tête de poupée (!?).Kerozene

TOOTH & NAIL - Mark Young avec Michael Madsen, Nicole Duport pour les meilleurs... 2007, États-Unis,  94m

Futur proche, très proche... La Terre n'est plus qu'un no man's land. Suite à une pénurie de pétrole aussi subite, qu'inattendue. L'économie mondiale s'est effondrée, les populations livrées à elles-mêmes, les gouvernements renversés. La Terre s'est ainsi vidée des 2/3 de sa population, dans des guerres primitives et sauvages.

Une poignée d'hommes et des femmes, réfugiés dans un hôpital de Philadelphie, tente cependant de reconstruire un semblant de civilisation. Mais cette petite organisation, va bientôt être mise à mal avec l'arrivée des 'Rovers', des hommes revenus à l'état sauvage, dont le seul but est de survivre en mangeant ce qu'ils peuvent trouver.. en l'occurrence des survivants...

Il fallait peut être s'en douter I'M LEGEND aura reboosté le thème du film post-apocalyptique et de ses survivants hagards. Ici, avec visiblement peu de moyen, TOOTH & NAIL reprend avec un brin d'opportunité cette trame. Le huit-clos qui nous est offert, même si il n'est pas nouveau, aura le mérite de ne pas ennuyer un seul instant. Même si les acteurs ne semblent pas tous sur la même longueur d'onde (trop courte apparition du génial Michael Madsen en déjanté de la hachette), la réalisation sobre mais efficace, les scènes complaisantes de massacres à l'arme blanche, se situeront plutôt dans le haut du panier.

Bref, à conseiller comme digestif après un bon steak saignant... Marc Evil

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