Brian Trenchard-Smith nous a réservé de bons films de série dans des genres très différents, en direct d"Australie. 

mise à jour 25 mai 2011

BMX BANDITS aka LE GANG DES BMX aka SHORT WAVE aka BMX THE MOVIE - Brian Trenchard-Smith, 1983, Australie

Lorsque trois ados experts en pilotage de BMX découvrent par hasard une caisse remplie de talkies-walkies, ils décident de les vendre auprès de leurs petits camarades afin de se payer de nouveaux deux-roues. Ils ne se doutent évidemment pas que ces talkies-walkies sont la propriété de violents braqueurs qui comptaient les utiliser pour leur prochain coup, les talkie-walkie ayant la particularité de pouvoir capter le canal de la police. Deux truands prennent alors en chasse nos trois jeunes héros qui feront preuve d'un sang froid sans égale et parviendront non seulement à échapper aux griffes des méchants, mais à contribuer à les faire coffrer et ceci grâce à leur talent de cycliste sans égal...

De l'aventure, de l'action, de l'humour et quelques cascades... Voila en gros le contenu de ce produit estampillé "80's à mort" dans lequel Nicole Kidman y dévoile une frimousse pleine de tache de rousseur et une choucroute garnie en guise de coiffure. On pense aux GOONIES devant les péripéties de nos jeunes héros traqués par des méchants imbéciles et forcément incapables dont les maladresses font plus pitié qu'autre chose. Mais Trenchard-Smith aime les images chiadées et nous gratifie tout de même de belles images en cinémascope dans lesquelles des pros du deux -roues friment via quelques tricks qui apparaissent aujourd'hui totalement obsolètes. Et comme en témoigne la filmo du réalisateur, les cascades c'est son truc (LA RAGE DE LA CASSE, DEATHCHEATERS...), cependant il n'abuse pas spécialement en évitant de trop caviarder son film de démonstrations acrobatiques. Le film a tout de même très mal vieillit, et s'il devait plaire aux gamins des années 1980, je doute qu'il fasse effet auprès d'eux aujourd'hui encore - ne serait-ce rien que pour la musique qui semble issue d'un autre temps. Pour amateur de cheese, des 80's, et de taches de rousseur uniquement. Kerozene

DAY OF THE ASSASSIN aka El Dia De Los Asesinos aka Le Jour des Assassins - Brian Trenchard-Smith avec Glenn Ford, Chuck Connors, Jorge Rivero, Andrés Garcia, Susana Dosamantes, Richard Roundtree, John Gailiard, Taylor Larcher, Henry Silva, 1979, États Unis/Mexique/Espagne, 1h24

"Un chef d'une nation du Moyen-Orient en exil se réfugie au Mexique. Quand son yacht de luxe explose et coule au fond de l'océan, il échappe de peu à la mort. Les questions se posent : est-ce un accident, est-ce un sabotage ou plus sinistre encore ? Seul un homme connaît la réponse : Until Christakis, un des hommes les plus riches du monde. Les assassins se mettent en place. Un seul but : l'immense fortune."

Ca c'est de l'accroche ! Et lorsqu'en plus le nom du réalisateur est Brian Trenchard-Smith, le cinéphile amateur de bis ne peut que craquer. Cette sombre histoire de barbouzes qui s'affrontent pour un magot hypothétique, on l'a déjà vue cent fois, et souvent en mieux. Fleming (allusion au créateur des James Bond ?), le héros et personnage "fil rouge" de ce petit actioner est interprété par Chuck Connors, qui comme le reste du casting devait être ravi de passer quelques jours (vu le manque de variété des décors, le film n'a sans doute pas été long à tourner) sous le soleil du Mexique. On retrouve d'ailleurs quelques visages bien connus des familiers des bisseries du pays de Santo, tels Jorge Rivero (sans ses bacchantes) et Andrés Garcia, habitué des Cardona Jr. Richard Roundtree, qui n'a pas un dialogue du film mais que l'on est content de retrouver, et le vétéran Glenn Ford complètent ce casting. Soyons juste, on ne s'ennuie pas trop car Trenchard-Smith a le sens du rythme et ne lésine pas sur les poursuites et les cascades, avec une originale scène de flinguage par parachute. Le final, situé dans un décor rocailleux, évoque lointainement un post-nuke, ce qui accroît notre sympathie. Mais L'HOMME DE HONG-KONG et LES TRAQUES DE L'AN 2000 restent les meilleurs moments de ce bon Brian Trenchard-Smith. Stelvio

DAY OF THE PANTHER aka LA MARQUE DE LA PANTHERE - Brian Trenchard-Smith, 1988, Australie

Jason Blade est un king en art martial. Tellement king qu'il est une panthère, un mythique cercle chinois d'artistes martiaux capables de tuer avec l'index. William, son mentor, est également une panthère. Et Linda, la fille de William, elle aussi est une panthère ! Jason Blade et Linda travaillent ensemble pour les services secrets australiens. Et c'est en enquêtent sur les activités du vilain dealer de cocaïne mégalomane Zukor que Linda se fera tuée par Baxter, l'homme à tout faire de Zukor. Un type d'une méchanceté effroyable, lui aussi très fort en arts martiaux. Du coup, Jason n'est pas content, il décide alors de la venger. Il parvient alors à se faire engager par Zukor après avoir casser les dents à la moitié de ses hommes. Mais Baxter sent le coup foireux... Et Jason tombe amoureux de Gemma, la nièce de William.

Sacré Trenchard-Smith ! Après avoir commencé sa carrière en réalisant des films de kung fu (L'HOMME DE HONG KONG coréalisé avec Wang Yu en 1975), le voilà qui revient, 13 ans après, à ses premières amours. Mieux ! Il reprend du même film l'histoire du multi millionnaire dealer de drogue ! Et heureusement qu'il a eu cette idée car il nous offre un grand moment de franche rigolade imbécile. Son héros Jason Blade est tout simplement inconsistant et fait franchement plaisir à voir. Les scènes d'action sont longues, permettant au métrage de s'étendre sur 90 minutes, sinon, nul doute que 20 minutes auraient suffit pour raconter cette histoire des plus basiques. Cerise sur le gâteau. les vieux démons de Smith refont surface, et il fait passer les autorités (représentées ici par deux flics) pour de véritables incapables. Kerozene

DEAD END DRIVE-IN aka LE DRIVE-IN DE L'ENFER - Brian Trenchard-Smith, 1986, Australie

En 1990 (!!!), le monde est en proie au chômage, aux hordes de voyous sanguinaires et à la crise économique. Les policiers sont des pourris et tout le monde se fout de voir crever son prochain. Un jeune type un peu ignorant décide d'emmener sa copine au Star Drive-in (où ils projettent ESCAPE 2000 et L'HOMME DE HONG KONG du même réalisateur). Mais, alors qu'ils forniquent gaiement sur la banquette arrière, ils se font voler des roues de la voiture. Surprise: les auteurs du larcin sont des flics ! A l'aurore, le couple découvre que le drive-in est en réalité un campement dans lequel sont entassés les jeunes rebus de la société. Une communauté de punks aux cheveux crêpés a alors prix forme, conditionnée par les autorités qui les gavent de bière, de drogues et de fast food. Un conditionnement qui leur convient plutôt bien puisque personne ne souhaite s'y échapper. À l'exception de notre héros.

Smith dresse un constat plutôt pessimiste de son pays. Il s'en prend aussi bien aux jeunes, qui ne sont motivés que par la glande et la défonce, qu'aux autorités qui ne font rien pour palier au problème, bien au contraire. Plus sadique encore, il met en avant les problèmes de xénophobie en introduisant un car de prisonniers asiatiques dans l'enceinte du drive-in, événement provoquant immédiatement des montées de violence raciste. Pessimiste certes, mais la façon dont Smith aborde son sujet rend le film terriblement divertissant. On retrouve en cela ce qui faisait la qualité de son film LES TRAQUES DE L'AN 2000, un film aux forts relents d'années 80 dénonçant maladroitement les aspects les plus sombres d'une société pas loin de sombrer dans le totalitarisme... ou l'anarchie la plus totale. Kerozene

L'Australie de Mad Max en connaît un bout sur la post-apocalypse. En plus du légendaire et bestial Mel Gibson, que le genre a littéralement "mis sur la map", Brian Trenchard-Smith se spécialise depuis toujours dans la "speculative fiction", une sorte de réalité parallèle suggérée. Un "butterfly effect" pour pessimistes, quoi.

Ici on suit un jeune homme, Crabs (interprété par Ned Manning, popularisé à l'époque grâce à son rôle de Nick Clarke dans la série "Prisoner"), qui continue à vivre malgré le tumulte : son beau-père est remorqueur, mais pas dans le sens traditionnel du terme; les accidents du futur sont une "aubaine" pour les ferrailleurs qui font leur fric en ramassant les carcasses de voitures et en laissant les cadavres derrière eux. Un soir, le type décide d'emprunter la Chevy de son beau-père et d'amener sa copine au drive-in, et pendant qu'ils baisent sur le siège arrière, quelqu'un leur vole leurs roues arrière. Pour une raison plus qu'obscure, ils seront dorénavant condamnés à vivre dans le drive-in, où se trouvent aussi plusieurs "prisonniers" qui ne peuvent pas quitter les lieux parce que l'autoroute est interdit aux piétons et que personne ne vient les secourir.

L'esthétique visuelle du film est impeccable, spécialement une fois à l'intérieur du drive-in qui est à la fois une cour à scrap et un immense terrain de jeu où se battent, mangent et vivent des jeunes désoeuvrés qui, finalement, sont bien satisfaits d'être prisonniers là. C'est lorsque l'on commence à réfléchir aux implications logiques de cet état de faits que l'on se met à douter du scénario. Pourquoi une "puissance supérieure" veut-elle que les jeunes connards habitent un drive-in ? Pourquoi les jeunes n'essaient-ils pas de s'éclipser en tant que passagers des clients du drive-in qui continuent à affluer chaque soir comme si tout était normal ? Si on passe outre ces incohérences, on s'amuse bien.

Trenchard-Smith n'a pas signé que des films agréables, comme en témoigne son NIGHT OF THE DEMONS 2 en '94, ou encore ses contributions à la douteuse série LEPRECHAUN - il a signé le 3 et le 4, respectivement en '95 et '97.

Une mention spéciale va à Nathalie McCurry, qui joue la copine de Crabs, et dont les formes parviennent presque à faire oublier l'accent "cheap" australien. "She was doing me hair", et non ça n'est pas une typo. Dommage qu'elle ne nous dévoile ses charmes qu'aussi fugitivement. Orloff

  NIGHT OF THE DEMONS 2 - Brian Trenchard-Smith avec Amelia Kinkade, Christi Harris ry "merle Kennedy, 1994, États Unis, 96m

Angela est de retour! Sa petite soeur, Mouse, encore triste de sa perte suit ses amis un peu fêtarde pour un party tiens tiens, à l'endroit même où l'esprit d'Angela demeure. Rapidement, Angela massacre tout le groupe, les transformant du même coup en démon. Heureusement pour Mouse, une bonne soeur courageuse va venir la secourir.

Après un premier NIGHT OF THE DEMONS distrayant et bien correct, on a décidé de mettre le paquet avec une suite bien plus explosive. Pour la réalisation, Brian Trenchard-Smith, habitué du bis et des films débiles, mais fun. Dans le premier film, le mélange entre horreur et comédie prenait moyennement mais on se laissait tout de même emporté par toute l'énergie de la chose. Ici, la tranche humour est non seulement plus présente mais extrêmement efficace tandis que la partie horreur reste correcte mais cette fois, est appuyé par des effets spéciaux plus impressionnants pour aider la folie de l'entreprise. Deux personnages viennent rendre NIGHT OF THE DEMONS 2 encore plus recommandable, premièrement Angela jouée à merveille encore une fois par Amelia Kinkade qui a les meilleurs répliques du film et également par le personnage de la religieuse qui fait du Kung Fu avec sa règle et se permet de tataner du démon pendant que le film fonce de plus en plus dans un savoureux n'importe quoi. Alors que le rythme du film nous mène avec efficacité vers des moments assez cocaces dont une paire de seins incendiaire, des éliminations de démons à l'eau bénite et une évolution en serpent style pokémon d'Angela, on se dit que c'était bien con mais que ça valait le coup! Abba

L'HOMME DE HONG KONG aka The MAN FROM HONG KONG aka THE DRAGON FLIES - Brian Trenchard-Smith / Wang Yu, 1975, Australie / Hong-Kong

Le film démarre à Ayers Rock, le fameux gros caillou rougeâtre au milieu du désert australien. Un car de touristes fait halte afin d'y déposer sa cargaison de photographes amateurs. Parmi eux, Chang (Sammo Hung), passeur d'héroïne d'origine chinoise sur le point de conclure son deal avec un contact local. Mais au milieu de ces touristes se cachent deux flics australiens qui ne manquent pas d'appréhender Chang après une longue poursuite sur le rocher. Quant au contact australien, il mourra dans l'explosion de sa voiture poursuivie par un hélicoptère, le tout sur une musique groovy très 70's. Chang devant se faire extrader, débarque alors l'inspecteur Fang Sing Leng (Wang Yu) de la police spéciale de Hong-Kong. Leng est un expert en arts martiaux dont le visage n'est traversé d'un sourire que lorsqu'une femme lui adresse la parole. Chang avoue, après un passage à tabac dans les règles, que le caïd australien de la drogue est un nommé Wilson (George Lazenby). Il se fera exécuter par un tireur embusqué avant d'en dire plus devant un tribunal. Leng prend alors les choses en main afin de remonter jusqu'à Wilson qui est le plus gros criminel de Sydney, mais également la personne la plus intouchable. Propriétaire d'une école d'arts martiaux, ceinture noire en kung fu, dealer de drogue, trafiquant d'arme, il en fera voir de toutes le couleurs à Leng ...

L'HOMME DE HONG KONG est peut-être un film coproduit par la Golden Harvest, il n'empêche qu'à la vue du produit, il s'agit bien plus d'un film de Brian Trenchard-Smith que d'un film de Wang Yu. Pas de doute, car jamais personne à Hong Kong n'a filmé des combats de kung fu de cette façon (c'est à dire pas très dynamiquement) ! Aucune importance, on se doute bien que Smith, auteur du scénario, s'est fait un immense plaisir en dirigeant Wang Yu dans le rôle d'un personnage hybride entre James Bond et Bruce Lee. James Bond ? La référence n'est pas anodine, la présence de Lazenby et la petite musique qui rappelle maladroitement John Barry le confirment. D'ailleurs, il est surprenant de voir à quel point Lazenby est à l'aise dans son rôle de magnat du crime, et surtout d'expert en kung fu. Ce grand type moustachu balance des coups de tatanes et des uppercuts de façon étonnamment convaincante ! Quant à Wang Yu, il incarne un agent spécial plutôt nerveux et impulsif qui tape d'abord, et qui a bien du mal à parler après vu que ses adversaires, quand ils n'ont pas les dents éclatées, ne survivent que très rarement à ses coups.

Trenchard-Smith, dont c'est ici la première réalisation, s'en sort correctement et livre un film d'action purement divertissant qui mêle plus ou moins adroitement les scènes de poursuites à de violentes bagarres le tout teinté d'un peu d'humour. Un humour principalement délivré par les représentants des forces de police. Quand on sait que Smith n'a jamais réservé le beau rôle aux autorités dans ses films, ce n'est pas très surprenant. Leng, quant à lui, a beau être un flic, il n'en est pas moins un individu hors norme et totalement hermétique aux ordres de la police australienne, n'en faisant qu'à sa tête et "décimant la population à vue d'oeil", comme le constate l'inspecteur de la police des stupéfiants.

Pour les fans de Smith, sachez que le cascadeur préféré du réalisateur australien, à savoir Grant Page, est déjà présent ici dans le rôle du tireur embusqué (Smith fera deux films sur le monde des cascadeurs avec Grant Page par la suite: DEATHCHEATERS et LA RAGE DE LA CASSE). La trame de L'HOMME DE HONG KONG sera reprise dans les grandes lignes quelques 13 ans plus tard par Smith dans DAY OF THE PANTHER. Kerozene

LEPRECHAUN 3 aka LEPRECHAUN A LAS VEGAS - Brian Trenchard-Smith, 1995, États Unis

Après une première aventure carrément nulle et une seconde incartade un poil supérieure mais franchement misérable tout de même, le vilain lutin irlandais revient pour cette fois-ci investir Sin City, à savoir Las Vegas. Autant dire que le nabot est ici dans son élément, et le niveau de la série se voit une fois de plus s'élever d'un cran, sans pour autant toucher les frontières du recommandable. A ce rythme là, on peut espérer que LEPRECHAUN 12 devienne réellement intéressant.

En attendant, le nabot incarné par Warwick Davis fait un peu plus de ravages que d'habitude, ce qui résulte en quelques scènes gores plutôt marrantes: un orteil arraché à pleine dent, une fille dont les lèvres, le fessier et les seins gonflent au point d'exploser, un magicien digne de Garcimore tronçonné en deux lors d'un numéro très réussit... Mais l'ensemble général reste désespérément plat, particulièrement à cause de cette histoire insupportable, pleine des clichés du film de base se déroulant à Vegas, d'un ado qui fait péter la banque d'un casino grâce au pouvoir d'une pièce du lutin. Suite à un malheureux concours de circonstance, du sang de Leprechaun le contamine ce qui le transforme peu à peu en farfadet avare et ricanant. Heureusement pour lui, une blonde sympa l'aidera dans son malheur...

Trenchard-Smith n'aurait vraisemblablement jamais du quitter son Australie natale. On ne retrouve sa patte que très rarement, c'est à dire lors de l'apparition de deux mafiosi ridicules et réellement drôles dont la présence n'est malheureusement qu'anecdotique. Trenchard-Smith signera deux ans plus tard LEPRECHAUN 4. Kerozene

LEPRECHAUN 4: IN SPACE - Brian Trenchard-Smith, 1997, États Unis

Après un troisième volet peu convaincant, Trenchard-Smith remet le couvert avec un nouvel opus du lutin radin et sert une soupe tout à fait inattendue. Ici, pour une raison totalement inconnue, le farfadet vit dans une grotte en or située sur une planète lointaine. Occupé à flirter avec une princesse extraterrestre, il voit sa soirée bousillée par l'intrusion de rangers terriens qui lui explose la caboche à la grenade. Histoire de bien terminer le boulot, un ranger pisse sur les restes du vilain nabot ce qui ne manque pas de lui infecter le pénis! Quelques minutes plus tard, à bord du vaisseau de l'armée, le Leprechaun surgit de la braguette du pauvre militaire et entame un body count généreux.

Mais finalement l'histoire du Leprechaun est ici presque secondaire et on s'éclate bien plus à celle du génial savant artificiel Patte-de-Velours, dont le physique se résume à une tête et un bras montés sur un dalek (!). Chance énorme pour notre savant déglingué, la jeune femme extraterrestre du début se trouve avoir un sang bleu ayant la particularité de régénérer les tissus. Le savant imagine tout de suite les possibilités que lui offre une telle découverte ! Mais la réalité sera au-delà de toute espérance...

Et si tout cela passe si bien, c'est que le réalisateur prend son film à la franche rigolade et n'hésite pas à se moquer des clichés de la série Z à la sauce californienne: les bimbos blondes répondent à l'appelle, les rangers sont aussi cons qu'un banc de moules marines (il faut les voir danser dans le bar vide de leur vaisseau), leur chef - dont la moitié du crâne est recouvert par une plaque métallique - est caricaturale à souhait, Patte-de-Velours est proprement hallucinant, son assistant - un toubib pervers et lèche-cul - est tout aussi croustillant et pour finir les effets spéciaux de Gabe Bartalos (réalisateur de SKINNED DEEP) sont incroyablement grand-guignolesques et définitivement imaginatifs. On pardonne dès lors les quelques plans en images de synthèse toutes moisies et les décors extrêmement cheap qui contribuent d'ailleurs au côté fun de l'entreprise, et on se délecte de son absurdité assumée (le sergent travesti, la princesse dévoilant ses seins pour condamner à mort ses ennemis,...) et de ses dialogues hilarants d'une grande délicatesse ("Si un de mes hommes meurt, je vous explose le cul... si j'arrive à le trouver" dit le sergent à un Patte-de-Velours très pince sans rire). Définitivement fun ! Kerozene

La RAGE DE LA CASSE aka STUNT ROCK aka SORCERY - Brian Trenchard-Smith, 1978, Australie 

Grant Page, cascadeur australien, s'amuse à nous montrer de quoi il est capable : Grant Page se met le feu, Grant Page tombe d'une falaise, Grant Page fait de la moto, ... Star nationale de la cascade, il bénéficie d'une apparente popularité et en est très content. Un jour, il part aux États-Unis pour travailler en tant que cascadeur sur un film dans lequel joue Monique van de Ven (actrice hollandaise vue dans TURKISH DELIGHT et AMSTERDAMNED) avec qui il se lie d'amitié. Puis, grâce à son cousin, il rencontre le groupe de hard rock Sorcery, dont le show sur scène mélange solos de guitares métal et live show avec des magiciens vêtus de longues capes. Le groupe propose alors à Page de faire une cascade lors d'un de leur show.

Après DEATHCHEATER réalisé deux ans plus tôt, Smith retrouve Page pour faire un film sur le monde des cascadeurs. Le scénario est donc un prétexte bidon à une accumulation de cascades plutôt sympathiques. Page s'en donne à coeur joie, et quant à moi, j'ai surtout apprécié le show du groupe Sorcery qui m'a vraiment fait rire. Bref, un film prétexte qui frise le n'importe quoi, avec des dialogues inutiles mais très comiques. Kerozene

Le SECRET DU LAC aka THE QUEST - Brian Trenchard-Smith, 1986, Australie

Henry Thomas (E.T.) est Cody, un petit gamin casse-cou, aventurier, curieux et diablement ingénieux. Un jour, il découvre un lac dont personne ou presque ne connaît l'existence. Or, ce lac serait en fait le repère d'un monstre mystérieux bien connu des aborigènes et des sorciers. Comme il n'en fait qu'à sa tête, et malgré le fait que tout le monde lui dise de ne pas y retourner, il se bricole une tenue de plonger et part à la recherche du monstre. Inutile de vous faire baver, le film ne méritant pas que d'autres y perdent leur temps, autant tout dévoiler: le lac recouvre en réalité une vieille carrière au fond de laquelle gît un immense tracteur dont la pelle se lève de temps en temps à cause du vent qui actionne une éolienne; le haut de la pelle surgit de l'eau faisant alors penser à un monstre. Ah ben merde alors, tout ça pour ça ? Mais, le final démontre qu'un monstre existe bel et bien, pour le plus grand plaisir de Cody.

Trenchard-Smith rate le coche sur ce coup là. Son espèce de GOONIES foireux n'est jamais palpitant, jamais intéressant, et constamment ennuyeux. Par moment, il parvient bien à livrer quelques plans réussis grâce à un beau décor et un bon éclairage, mais c'est bien le seul intérêt. Henry Thomas de son côté est assez irritant et inexpressif, mais son personnage de jeune rebelle opposé aux autorités rappelle que Trenchard-Smith nous a fait de bons films de bisseux anar. Kerozene

STRIKE OF THE PANTHER - Brian Trenchard-Smith, 1988, Australie

Jason Blade est de retour. Avec un héros aussi charismatique, il était évident que Smith n'allait pas en rester à un seul film. Et paf, dans la foulée de DAY OF THE PANTHER, il signe STRIKE OF THE PANTHER. Histoire d'être bien sûr qu'on se souvienne toujours du premier film, les dix premières minutes de STRIKE OF THE PANTHER sont un résumé de DAY OF THE PANTHER. Dix minutes pendant lesquelles on se farcit des superbes one-liner et des coups de tatanes du premier film illustrant une voix off rappelant les faits tragiques de la précédente aventure de Jason Blade. Rappelez-vous, à la fin de DAY OF THE PANTHER, Jason est aux prises avec Baxter, un vilain pas beau qui porte des fringues pas possibles (ah le superbe blazer bleu turquoise). Et bien Baxter était en prison et il vient de s'en évader. Comme il n'est vraiment pas content, il va le faire savoir à Jason, aujourd'hui agent spécial de la police australienne, et kidnappe Linda, sa petite amie, et en plus menace de faire péter une ancienne usine pleine de produits chimiques s'il n'y vient pas en personne pour se faire péter la gueule. Avant ça, Jason a une mission dans un bordel de luxe, hilarante séquence avant de passer aux choses sérieuses et dans laquelle un homme déguisé en poule jaune s'adonne à ses plaisirs sexuels. Ce qui choque profondément notre héros. Mais trêve de rigolade, revenons à Baxter et à son usine: Jason, qui n'est pas le dernier des trouillards, s'y rend en compagnie d'une équipe de déminage. Une équipe qui se fera décimer par les hommes de Baxter: des ninjas arborant des masques de Jason Vorhees !

Un vrai petit bonheur ! Un des rares exemples de séquelles qui surpasse son modèle (si si, sans déconner !). Le film présente tout de même deux scènes d'anthologies: celle du bordel au début et la visite de l'usine qui dure bien 30 minutes ! Une usine sombre et inquiétante dans laquelle les démineurs se font silencieusement éliminer un par un par les ninjas tapis dans l'ombre ! Mais les ninjas arriveront-ils à faire tomber Jason Blade ? On pense au JEU DE LA MORT avec Bruce Lee, mais surtout, on se bidonne comme des fous ! Kerozene

Les TRAQUÉS DE L'AN 2000 aka TURKEY SHOOT aka ESCAPE 2000 aka BLOOD CAMP THATCHER - Brian Trenchard-Smith, 1981, Australie

Dans un futur proche, il ne sera plus permis de faire le moindre pet de travers. En effet, dans ESCAPE 2000, si on a le malheur de faire quelque chose qui ne plaît pas aux autorités en place, ou même si on se trouve au mauvais endroit au mauvais moment, il y a des chances que l'on soit considéré comme des rebus de la société. Dans ces conditions, de vilains policiers nous embarquent, nous introduisent dans des combinaisons jaunes et nous enferment dans des prisons qui rappellent tristement les camps de concentration mais qui sont sagement appelées ici des camps de rééducation. Dans ces prisons, les gardiens sont castrés, histoire de les rendre frustrés et donc plus méchants. Et dans ces prisons, le moindre écart de conduite peut conduire à la torture, l'humiliation ou encore la mort. Mais ce qui fait vraiment plaisirs aux matons eunuques, c'est d'aligner les trois à la suite.

Steve Railsback est Paul Anders, un rebelle bien connu des autorités puisqu'il s'est évadé de plusieurs camps et s'amuse à déblatérer des messages de propagandes révolutionnaires sur les ondes FM. Recapturé, Paul Anders est enfermé dans le camp le plus sûr de tous, celui où les matons sont les plus coriaces, les plus vicieux et d'où personne ne s'est jamais évadé. Le directeur du camp, personnage socialement haut placé, a une petite spécialité qu'il réserve à quelques personnalités fortunées du pays: il organise une chasse à l'homme pour laquelle ces personnes paient grassement le droit de choisir leur gibier. Comme ces bourgeois ont chacun leur spécialité, ils possèdent tous une arme spéciale, le détail qui les fait mouiller à l'idée de l'utiliser. Arbalète, fusil à un coup ou même monstre poilu en costume de foire sont donc de mises pour ces jeux si chers au comte Zaroff. Une fois les gibiers sélectionnés, la chasse peut commencer... et bien entendu, menés par Paul Anders, les chasseurs deviendront peu à peu les chassés.

Incroyable film d'exploitation rempli de violence gratuite et de perversion, LES TRAQUÉS DE L'AN 2000 est un grand moment psychotronique. S'il est si attachant, c'est à cause du contraste entre l'intention et le résultat. Les thèmes du film, très politiquement engagé, tiennent visiblement très à coeur le réalisateur qui a tiré un maximum de son budget, offrant ainsi un look superbe à son film. Filmée en cinémascope en décors naturel, l'histoire est abordée de façon radicale par un Smith désireux de rentrer dans le lard en mettant en scène une société gangrenée par la violence et l'intolérance. Les scènes brutales ne manquent donc pas et peuvent même être surprenantes par moment, voire très gores, mais il faut bien admettre qu'il est difficile de prendre les propos de Smith au sérieux tant sa mise en scène est maladroite, ses personnages caricaturaux et les situations grand-guignolesques. C'est en même temps ce qui rend le film extrêmement attachant. Un film hautement psychotronique donc et complètement barré qui procure un plaisir immense au spectateur. Cinq ans plus tard, Smith reviendra avec LE DRIVE IN DE L'ENFER aux thèmes similaires: société au régime totalitaire dans laquelle le libre arbitre n'est guère toléré par les autorités. Et avec les mêmes maladresses. Kerozene

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