Les studios Troma produisent et distribuent des films à budgets réduits, différents, souvent sous le sceau du scandale, du gore, du mauvais goût élevé au rang de l'art, art de série B jouissive et décapante. 

mise à jour le 16 juin 2016

ALL THE LOVE YOU CANNES! - Gabriel Friedman, Lloyd Kaufman & Sean McGrath, 2002, États Unis

Aaah, Cannes ! Quel merveilleux rêve éveillé que de pouvoir se rendre au festival de Cannes, d'arpenter tout sourire sa somptueuse Croisette, de voir stars et starlettes s'exposer avec grâce et élégance sous les flashs crépitants de milliers de photographes en provenance du monde entier. Quel bonheur de pouvoir profiter d'une profusion déraisonnable de projections de films en tout genre, de pouvoir côtoyer professionnels et passionnés. Mais Cannes, ce n'est pas seulement le glamour et les paillettes, la Palme et la compétition officielle. Cannes, c'est aussi le plus gros marché du film mondial, un monde rempli de petits poissons et de gros requins. Ici, les petits poissons sont représentés par Troma, la mythique firme new-yorkaise qui se rend chaque année au festival de Cannes dans le but d'y vendre les perles de son catalogue aux distributeurs internationaux. Mais comment un studio aussi petit et fauché que Troma peut-il se faire remarquer entre les mastodontes que sont Warner ou Miramax ? Ces derniers, visibles absolument partout, tapissent la ville de panneaux publicitaires géants, d'affiches monstrueuses, de publicité tapageuse. Impossible pour les New-yorkais de s'offrir pareil luxe, même s'ils occupent une chambre du Carlton en face des chambres Warner Bros, il s'agit donc de se faire voir par d'autres moyens. C'est ainsi que de nombreux bénévoles aussi courageux qu'inconscients viennent prendre part à l'équipe promotionnelle de la Troma Team en se déguisant en Toxic Avenger ou Sgt. Kabukiman et défilant sous un soleil de plomb en compagnie de tromettes diablement bien gaulées.

ALL THE LOVE YOU CANNES met en avant les difficultés que rencontre l'équipe de Lloyd Kaufman durant la quinzaine. Filmé en 2000 et 2001, ce documentaire montre de manière honnête le président de la boîte gérer son équipe avec une certaine inquiétude. En effet, si la vente bosse de manière très sérieuse et professionnelle, l'équipe promotionnelle, elle, aligne les bourdes et les problèmes: hall du Carlton pris d'assaut par des psychopathes hurleurs ensanglantés, entrée de l'hôtel arrosée de faux sang, interpellation avec les flics et surtout une tension interne entre le trublion Doug Sakman et Scott McKinlay qui fini mal.

Lloyd Kaufman n'oublie pas le côté people et montre sa rencontre avec Tarantino, sa présence lors d'une émission radio en direct avec Claude Chabrol sous la présidence d'Edouard Baer, un Jean-Claude Van Damme hué par toute l'équipe de Troma... et si tout ça s'avère plutôt intéressant et rigolard, on se rend bien compte que Cannes n'est pas une partie de plaisir pour le boss. Pour le spectateur, mieux vaut être familier avec l'univers de la firme radioactive sous peine de ne pas comprendre le sens des délires graveleux de cette équipe entourée de bombes lesbiennes qui se donnent en spectacle devant des badauds médusés. Pour ma part, le visionnement du film fut d'autant plus appréciable que j'y apparais à plusieurs reprises, sous le costume du Killer Condom, pour avoir été membre de cette équipe de fous en mai 2000. Forcément, ça compte... Kerozene

the BEST OF TROMADANCE FILM FESTIVAL

Le premier Tromadance film festival a eu lieu pendant le Sundance festival de l'an 2000 pour célébrer l'art par le peuple, pour le peuple ! l'inscription au festival est gratuite tout comme l'entrée de la salle ou sont projetés les films. Naturellement, les courts-métrages ont la saveur Troma:

- Zit lover raconte l'histoire d'un amateur de boutons et pustules qui se baigne dans du fromage liquide à Nachos. Comédie full dégueu !

-Harry Knuckles est un vibrant hommage aux films de Santo et aux films d'espionnage et d'aventures mexicains et britanniques avec un clin d'oeil à Hong Kong. Drôle et bien fait.

-Nothing Deal est une comédie merdeuse qui suit des passeurs de drogue qui ne veulent et ne parlent que de chier leur condom plein de drogues qu'ils ont dans l'estomac. Ca coupe l'appétit...

-Red Breakfast 2 nous raconte la tendre rencontre entre un tueur à la scie et une admiratrice. 

Comédie noire full sang !

-Spag est une comédie absurde sans dialogues qui lorgne du côté de David Lynch, mais qui m'a endormie royalement.

C'est au niveau du montage sonore que les films se révèlent amateurs, si on oublie les sujets scabreux. Une belle compilation pour les soirées romantiques. Mario Giguère

BEWARE ! CHILDREN AT PLAY - Mik Cribben, 1989, États Unis 

 Un père campe avec son gamin dans un bois. Malheureusement, il met son pied dans un piège à ours et est incapable de sortir. Il mourra aux coté de son fils en maudissant les responsables. Le gamin lui ouvre alors le ventre et le bouffe. 10 ans plus tard, les enfants du bled à proximité se mettent à disparaître. En fait, le gamin du début recrute tous ces marmots pour les rebeller contre leur parents. Les adultes paniqués se font donc descendre par des mouflets fanatiques. Le final, surprenant, montre les parents exécuter tous les gosses de façon sanglante, le genre de truc qui passerait bien en prime time sur Disney Channel.

Victime de son amateurisme évident, cette acquisition Troma aurait pu devenir quelquechose de bien dérangeant. Mais ça ne prend vraiment pas, le réalisateur s'attache bien trop à ses dialogues, il faut dire que la trame inclut un mystère autour du rituel pratiqué par les enfants lorsqu'ils mangent leur victimes de parents. "It's anglo saxon poetry !" dit alors la femme du héros, "Angel... what ?" rétorque bêtement le shérif. Le final est assez fou, bien que mal filmé et le tout manque de dynamisme. Kerozene

BIGFOOT - Bob Gray avec Todd Cox, Liza Foster, Bob Gray, 2006, États Unis, 87m 

Dans une petite ville américaine, des animaux sont retrouvés mutilés. Si la police et la population en général croit en la présence d'ours, certains affirment avoir vu Bigfoot. Il semble bien que la construction domiciliaire sur des terres jadis verdoyantes a diminué l'espace vital du gros poilu qui finit par s'en prendre aux humains. Au centre de l'histoire se trouve Jack Sullivan et sa jeune fille Charlie, revenus prendre possession de la maison du grand-père. Jack y a vécut toute son enfance et il retrouve son meilleur ami, Bob, devenu Sheriff et une jolie blonde, Sandy, policière, qui semble avoir un oeil sur le nouveau célibataire. Jack va apercevoir Bigfoot et lorsque les victimes s'accumulent et que les autorités fédérales ne sont pas pressées de se pointer sur place, une battue est organisée. C'est pas forcément la créature qui va se retrouver dans le ventilateur, si vous voyez ce que je veux dire.

Distribué par Troma, le film indépendant, écrit, réalisé et joué par Bob Gray, est fort sympathique. Primo, s'il n'est pas sans humour, il table sur le drame. Secundo, il n'hésite pas à montrer, peut-être trop rapidement, son Bigfoot, qui a une bonne allure carnassière. On aurait aimé que le début de romance soit consommé, mais là-dessus on reste prude comme si on avait espéré être diffusé par la Syfy. La montée dramatique est pas mal non plus, même si la fin est plutôt abrupte. Bref, si j'aurais aimé plus de mystère, on a assez de gore et de développement de personnage pour que le visionnement soit fort satisfaisant. S'il y a un bémol c'est que Todd Cox dans la peau de Jack Sullivan est le maillon faible du film, dégageant un minimum de charisme. Mais tout amateur de films de la créature légendaire devrait faire le détour pour voir celui-ci. Mario Giguère

BLOOD HOOK aka Pêche Humaine - Kim Mallon - 1986, États-Unis 

Il y a un lac dans lequel venait pêcher avec son grand-père le tout jeune Peter quand il était gamin. Et c'est lors d'une de ces parties de pêche familiales que son grand-père disparu...

Peter est maintenant un grand garçon et retourne quelques 16 ans après le drame avec copains copines au bord du lac pour un glorieux concours de pêche, dont le but est de capturer le plus gros brochet. Génial ! Toujours est-il qu'un mystérieux tueur assassine des gens à grand coups d'hameçons dans la gueule, ou dans le bide. Mais qui est-il ?

Il se trouve que c'est un vétéran de la guerre de Corée qui a une plaque métallique dans le crâne qui réagi négativement à la fréquence de certaines sonorités présentes dans le tube d'un groupe pop à la con. Les vibrations provoquent de violentes douleurs au cerveau du malheureux qui se trouve soudain pris de redoutables pulsions meurtrières. Le final confronte le vétéran et le brave Peter dans un face à face étonnant où les deux ennemis se "pêchent" mutuellement !

Produit Troma un peu daté, BLOOD HOOK fait preuve d'un manque d'inspiration par moment plus qu'affligeant. L'intérêt du film ne réside finalement pas dans la trame de base, mais dans le trop court portrait des bouseux locaux et la connerie des citadins dressés au long du film. Une Amérique de crétins décrite mollement, dans un film peu intéressant probablement réalisé par un crétin. Kerozene

BLOODSUCKING FREAKS- Joel M. reed, 1976, États Unis

"Le film le plus dérangeant jamais réédité par Troma" est plutôt amusant. Je ne dirais pas que c'est bien fait ou que ça hérisse (le réalisateur, Joel M. Reed, est quand même responsable du désastreux GI EXECUTIONNER), mais le film a de très bons moments et se laisse regarder comme un charme dans son ensemble. Il raconte les péripéties des deux principaux responsables d'un "Théâtre du macabre" qui abrite derrière son "innocente" façade un trafic d'esclaves... et deux beaux névrosés. Le maître, Sardu, est un gentil moustachu qui aime se faire fouetter et torturer sans raison, jusqu'à la mort, d'innocentes et jolies jeunes femmes (un très bon prétexte pour dévêtir pratiquement toutes les actrices du film); son assistant, un nain hilarant qui s'habille en jaune et porte fièrement un imposant afro, tue sans compter pour lui faire plaisir.  Je ne mettrai pas à énumérer les scènes de massacre que cette jolie histoire nous donne à voir, mais sachez qu'elles impliquent des chainsaws, une guillotine, un "écarteleur", une drill et beaucoup de couteaux et autres. Et un sorbet cervical. La musique devient par moments agressante mais n'enlève aucun charme au film, et la folie ambiante qui se dégage du tout meublera bien vos dimanche soir de désoeuvrement. Orloff

CANNIBAL : THE MUSICAL aka Alfred Packer: The Musical - Trey Parker, 1996, États Unis

Réalisé par Trey Parker (SOUTH PARK), CANNIBAL part d'une idée originale, mais les idées originales ne suffisent pas toujours à garantir un bon livre ou un bon film.

Se situant à la fin du 19e siècle, dans l'Ouest américain, CANNIBAL raconte les tribulations de chercheurs d'or qui passent d'un état américain à l'autre en quête du pactole. On y retrouvera des Améridiens, des trappeurs et quelques autres personnages pittoresques qui hantent l'imaginaire yankee traditionnel.

L'idée de base du film est de souligner l'élément absurde propre à la comédie musicale : le fait de se mettre à chanter tout à coup à propos de tout et de rien.

À cet égard, il faut bien admettre que certaines des chansons sont rigolotes et qu'elles surgissent à des endroits où on ne les attendait pas.

Pour le reste, le film a un look très cheap, et, pour une comédie, il manque singulièrement de mordant. De longs passages sont plutôt sérieux et, par le fait même, manquent de relief et provoquent l'ennui. Avec un tel scénario, il aurait d'ailleurs été bon de délirer un peu plus, et le fameux cannibalisme promis par le titre n'arrive qu'à la toute fin, et rappelle le fait divers relaté dans le film LES SURVIVANTS.

C'est clairement un film très mineur, regardable une fois, à la rigueur, mais dont on peut se passer. Comme il n'est pas très drôle ni très original ni mémorable, on peut probablement lui préférer autre chose de plus substantiel. Howard Vernon

The CHOSEN ONE: THE LEGEND OF THE RAVEN - Lawrence Lanoff, 1998, États Unis

Une superbe gonzesse se fait butter dans un petit village de redneck. Sa soeur (Carmen Electra) s'y rend pour l'enterrement. C'est alors qu'un vieil indien lui remet un talisman suite à quoi Carmen a des visions de sa soeur lui disant qu'elle est la "chosen one", et que son Raven de totem lui donnera le pouvoir et la force.

Entre tout ça, elle se tape le shérif, la copine du shérif n'est pas contente et retourne vers son ex en se saoulant la gueule au whisky. Elle en profite pour coller une raclée au shérif qui, par la suite, se fait lamentablement uriner dessus par l'autre gars.

Suite à une partie "bières et flingues", la troupe de vilains rednecks cause la mort des deux filles. Mais elles reviennent à la vie, non sans quelques pouvoirs supplémentaires. Carmen Electra aura droit à une combinaison super sexy, un bracelet à clou et un casque à deux balles qui remplacent les plumes ancestrales, la méchante aura droit à une combinaison noir et un masque à la Zorro. C'est parti pour la baston. Baston ? Tu parles....

Triste petit film de série Z, je me suis surpris à me marrer et à le trouver mieux que ça ne l'est réellement. Ben oui, c'est terrible. On regrette que Carmen Electra aie pris une body double pour les scènes de baise. Parce que je pensais pas qu'elle en aurait eu besoin. Kerozene

CHRISTMAS EVIL aka You Better Watch Out - Lewis Jackson avec Brandon Maggart, Jeffrey DeMunn, Dianne Hull, 1980, États Unis 

Traumatisé dans son enfance par son jeune frère qui lui avait apprit que le père Noël n'existait pas, un homme d'âge mur est toujours obsédé par le gros bonhomme à barbe blanche ! Il vit seul dans un appartement tout décoré d'objets de Noël et travaille pour une fabrique de jouets. Il observe les enfants du voisinage, entrant dans de grands livres les qualités des bons enfants, les défaut des méchants. À l'approche du 25 décembre, il perd la raison et vole son usine pour donner des cadeaux à tous les bons enfants, tuant les adultes qui méprisent le bon Santa.

La première partie est longue et franchement ennuyante et l'on a presque hâte qu'il pète les plombs. Quelques rares scènes sauvent à peine le film tel le rassemblement des pères noëls pour la séance d'identification au poste de police; les enfants qui protègent le personnage censé être bon; le bonhomme poursuivit par une foule avec des torches ! Trop peu, trop tard malheureusement. La mise en scène approximative, la photographie quelconque, la musique de synthétiseur criarde, les effets gore ultra-rapides et grotesques, une fin en pirouette limite je-m'en-foutisme, bref, on est heureux de voir la fin. Curieusement, le film est aujoud'hui distribué par Troma, alors qu'il n'offre aucune scène olé olé et fort peu de sang. Mario Giguère

J'ai trouvé ça super bien! Passablement tordu, le film ne suit pas les traces balisées d'un "Silent Night Deadly Night" mais vogue sur le dérapage azimuté d'un salarié modèle persécuté par ses collègues mais aussi dégouté par un système qui le fait gerber. Bon, c'est vrai aussi qu'il a vu sa mère se faire brouter le minou par le Père-Noël, et ça, ça doit bien laisser quelques traces. J'ai adoré le rythme du film très lent, sa photo terne et triste, les délires psychotiques du Père-Noël et ses crises de folie (la scène où il se colle la barbe à la glue est fascinante), ce virement façon film gothique avec les villageois à la traque au monstre puis le final complètement WTF.... Non vraiment, ça le mérite. Kerozene

CITIZEN TOXIE: THE TOXIC AVENGER IV - Lloyd Kaufman, 2000, États Unis

Toxie se débarrasse de la Diaper Mafia qui a pris d’assaut une école d'enfants retardés. Mais une bombe explose, Toxie se retrouve dans une dimension parallèle, à Amortville. Noxie, le Noxious Offender, parrain d'Amortville se retrouve à Tromaville. Noxie est un dealer de crack qui possède une clinique de chirurgie esthétique et Toxie et le justicier que l'on connaît. Chacun se retrouve dans un monde radicalement opposé au sien. Kabukiman, le pote de Toxie alcoolique a son alter ego maléfique qui latte Toxie comme un chef. D'autres super héros tarés sont présents: Dolphin Man, Masturbator, Mad Cow Boy, Vibrator...

Inutile de rentrer dans les détails. Il y en a trop. Le film foisonne tellement d'idée (plus ou moins bonnes) que l'histoire en devient incohérente. Les scènes mongoloïdo trashos se succèdent à vitesse grand V. Il faut voir le black tracté par une camionnette conduite par des rednecks, il faut voir la Diaper Mafia à l'oeuvre, il faut voir Ron Jeremy trimballant sa bedaine en tant que maire de Tromaville, il faut voir les flics nazis à l'oeuvre...

Un poil trop long et moins bon que TROMEO & JULIET et TERROR FIRMER, TOXIC 4 fait tout de même plaisir à voir. Kerozene

CLASS OF NUKE'EM HIGH aka ATOMIC COLLEGE - Richard W. Haines/Lloyd Kaufman, 1986, États Unis

Un bahut situé à coté d'une centrale nucléaire est témoin d'événements étranges (étudiants au comportement troublant, crises de gerbasse colorée, etc...). Un couple assez prude se voit fumer un joint avec de l'herbe qui pousse près de la centrale. Pris d'une folie sexuelle, ils copulent comme des fous. La fille en vomira un sperme mutant qui ne trouvera rien d'autre que de trouver refuge dans une cuve de déchets radioactifs, ce qui le changera en monstre gigantesque qui zigouillera quelques punks qui font les cons en moto dans le bahut.

Vraiment un must absolu de Troma, on ne se fait pas chier une seconde, les personnages sont outrancièrement fabuleux et les effets gores cheap bien poilant accompagné d'un hard rock à deux balles. Mauvais goût assumé du début à la fin, CLASS OF NUKE'EM HIGH s'impose comme un bis US incontournable des 80's. Kerozene

Une fuite dans l'usine radioactive d'une petite ville, Tromaville bien sûr, se propage quelque peu dans les conduits d'eau menant à une école secondaire. Quelques étudiants en subiront les conséquences (transformations, bave verte gluante, etc.) tout en étant entourés de la bande de " Crétins ", gang de jeunes bolés tout à coup devenus des durs à cuire aux coutumes vestimentaires plus que douteuses. Ces " Crétins " se mettront dans le marché de marijuana enduit d'une substance radioactive pour donner un " Atomic High " aux acheteurs. Le chaos et le rire suivront.

Film classique des studios Troma, ce petit bijou du mauvais goût demeure une oeuvre joviale et anarchique dans son traitement. Tourné à la suite de THE TOXIC AVENGER pratiquement avec la même équipe de production et les mêmes interprètes (des visages qu'on ne verra plus jamais par la suite), on est bien content de retrouver le même esprit que dans ce classique et même, de le surpasser. Le film bénéficie d'un bon rythme et aucun temps mort vu la présence d'une bonne galerie de personnages tous plus loufoques les uns que les autres avec lesquels on aime bien suivre le déroulement du scénario disjoncté. La mise en scène ose différentes approches moins classiques que dans TOXIC AVENGER tout en demeurant tout de même de métier. Kaufman co-signa ce film (tout comme TOXIC) avec son pseudo de Samuel Weil vu sa présence à l'époque dans le S.A.G. (Screen Actor's Guild) d'où il fut viré et dont il se moque bien de nos jours. Un film à voir même si on est pas un fan de Troma, peut-être aidera-t-il à en convertir quelques-uns de plus. Bad Feeble

CLASS OF NUKE 'EM HIGH PART 2: SUBHUMANOID MELTDOWN - Eric Louzil, 1991, États Unis, 96m

J'ai vu ce film il y a belle lurette. J'avais trouvé nul. Hier, je l'ai revu. Je l'ai trouvé un peu mieux. Pas beaucoup, mais un peu. Un gros écureuil géant à la Godzilla qui vomit du truc vert, des miss à moitié à poil avec une bouche à la place du nombril, des étudiants cons qui se foutent sur la gueule, des monstres génétiques dans le sous sol d'une centrale, une méchante avec une coupe à la Marge Simpson, Brick Bronsky en mini-short et marcel rose qui rêve de baise ...   Voila les ingrédients d'un film débile et con, qui, ma foi, avec de bonnes bières, de l'herbe et une bande de  potes pas trop regardant, passe assez bien. Par contre, j'éviterai de me le taper seul ... Le niveau est bien trop bas. Kerozene

Une récapitulation du premier volet nous amène à l'heure et on nous dicte: " That was then...  and this is a sequel ! ", démarre alors la chanson thème purement 80's (paroles de Lloyd Kaufman !) du générique avec le genre d'images que nous verrons très souvent durant la prochaine heure et demie: nénettes en maillots, école reconstruite mais chaotique, une centrale nucléaire et leurs travailleurs se promenant, costume à l'appui, pour décontaminer et vérifier le taux de radioactivité des étudiants. En fait, l'école et la centrale nucléaire ne font maintenant plus qu'un...  Roger Smith, blondinet musclé de service, est notre héros. Toujours vêtu de short et d'une camisole rose bonbon (queue de cheval en prime), Roger le grand journaliste de l'école enquêtera sur une nouvelle race d'humain, les " subhumanoids ", créations humaines d'une scientifique à la coiffure de Marge Simpson. Ceux-ci sont caractérisés par une bouche dégoûtante au ventre en remplacement d'un nombril et bien sûr, du danger de " meltdown " qui semble se propager dans l'espèce.

Un Troma tourné un peu sur le tard en back-to-back avec le troisième (tout comme la série des TOXIC AVENGER) et cette fois, on délaisse l'esprit crasse et énergétique du premier pour tomber dans l'enfantin. On nous sert donc un film quelque peu amusant (faut avoir la tête à ça), mais ô combien vide et futile. Les scènes s'enchaînent et l'enthousiasme du spectateur revient parfois, ayant toujours espoir, mais le film reste dans le même ton pour sa durée complète. Un écureuil géant, Tromie, viendra augmenter notre amusement avec le chaos final qui s'ensuivra. Des investisseurs japonais étant de la partie, Troma ont probablement voulu miser juste en créant un Godzilla maison aux effets encore plus cheaps. D'ailleurs, le film bénéficie d'un bon budget pour une petite production du genre avec tout ce qu'on peut voir à l'écran incluant de belles séquences de stop-motion bien amusantes. Kaufman fait apparition du côté vocal (non-crédité) lors de la finale en pilote d'hélicoptère plutôt imbécile... Bad Feeble

Dans la série... on se demande pourquoi on les regarde... voici une brique de mauvais goût, une montagne de puérilité concentrée, les années '90 dans ce qu'elles ont de pire. La firme Troma, qui avait à l'époque le vent dans les voiles, produisant coup sur coup des suites à leurs "classiques", coiffures ridicules abondantes, SGT. KABUKIMAN NYPD barbant, a ici accouché d'un majestueux caca qui a du mal à trouver son équivalent - quoique, n'ayant pas encore visionné la troisième partie de cette "trilogie essentielle", je vais peut-être déchanter.

L'histoire n'est pas trop compliquée à sommairiser. Après la mésaventure du premier opus, dont tout le monde se souvient j'en suis diablement convaincu, la firme responsable de l'éruption atomique a fait bonne oeuvre et a fait reconstruire le collège de Tromaville sur les lieux même de leur centrale nucléaire, responsabilisant les élèves en leur confiant du boulot atomique à temps partiel, faisant du campus "la seule station nucléaire opérée par des étudiants" ! Quelle innovation !

Un reporter bodybuilder, Roger Smith, essaie tant bien que mal de baiser tout ce qui bouge, ne parvenant bien sûr à baiser que sa propre main, la majorité des demoiselles étudiant avec lui le considérant comme un "puant". En même temps que la poussée d'hormones de Roger, une scientifique bombastique (Lisa Gaye) travaille à créer une race de sub-humanoïdes, individus créés génétiquement ayant la caractéristique de ne rien éprouver - et aussi une bouche au lieu du nombril, ce qui sert à... ce qui ne sert pas tellement, en fait.

Cependant, ces sub-humanoïdes ont une fâcheuse tendance à exploser sans prévenir, libérant de petites créatures poilues et odorifères qui ont le pouvoir de voler, de parler et de rouler par terre à une vitesse folle. Qu'arrivera-t-il à Roger ? Aux sub-humanoïdes ? À tous les étudiants fréquentant ce "collège atomique" un peu particulier ?

Vous voyez bien que c'est n'importe quoi. 

Méga-production Troma tournée en Arizona et réalisée par Eric Louzil, qui est aussi responsable de quelques improbabilités telles que FORTRESS OF AMERIKKKA et LUST FOR FREEDOM, aussi de Troma, et qui allait en '94 signer la troisième partie de CLASS OF NUKE 'EM HIGH, ce film étonne autant qu'il agace. Bien sûr, on ne s'attend pas à un contenu intellectuel flamboyant lorsque l'on insère un "movie of the future" dans notre VCR, mais là, il y a de quoi sursauter.

D'abord le synopsis, qui est absolument démentiel. On dirait que Louzil et Kaufman ont écrit des idées loufoques sur des bouts de papier, qu'ils les ont foutues dans un chapeau, et qu'ils ont ensuite pigé au hasard, écrivant le scénario à mesure et pigeant une nouvelle idée à chaque panne d'inspiration.

Ensuite la direction artistique. Vous trouviez les costumes de Toxic 2 & 3 outrageants ? Attendez de voir la garde-robe collective des quelques 100 figurants qui paradent ici ! C'est un festival du mauvais goût, une pétarade de lourdeaux, d'obèses et de tronches de mésadaptés qui défilent sans interruption, et même les jolies filles sont dissimulées sous des chevelures atroces, des vêtements - ou une absence de - déplorables...

Le pire est sans doute le "héro" Roger Smith, interprété par un Brick Bronsky gonflé aux stéroïdes, arborant un mulet de jock attardé, avec sa petite queue de cheval blonde, et ses camisoles roses d'haltérophile daltonien... Je n'en croyais pas mes yeux ! On a le choix : ou c'est une blague immensément douteuse, ou alors les capacités esthétiques de Louzil sont vraiment nulles !! En tout cas, l'imbécillité de son personnage est vraiment crédible.

Que reste-t-il donc pour sauver le film ? Une apparition de Toxie, toujours aussi bienvenue. Lisa Gaye (la maman de Will Keenan dans TERROR FIRMER, et la Malfaire de TOXIC 2 & 3), la scientifique de service, qui ne dévoile malheureusement pas ses charmes qui sont pourtant posés bien en évidence sur sa jolie devanture.

Pourquoi j'arrête ici ? Parce que c'est tout ! Et dire que je vais joyeusement insérer le 3 dans mon vidéo prochainement... ça me donne envie de gerber. Orloff

CLASS OF NUKE 'EM HIGH PART 3: THE GOOD, THE BAD & THE SUBHUMANOID - Eric Louzil, 1994, États Unis, 102m

On continue où le film précédent a terminé: avec un écureuil géant, Tromie, qui détruit tout ! Ce n'est pas un spoiler, le Part 2 débute avec ce chaos et nous conte son récit en flash-back alors ne vous inquiétez pas. Donc, on nous fait la suite directe avec une voix off du fils de notre héros, Roger Smith. Disons qu'on en a pour notre argent: cette voix off démarre le film et continue pendant un bon 20 minutes nous racontant tout ce qui se produit à la suite de l'attaque de l'écureuil géant (ce qui n'était pas dans le 2, au moins).

En gros: Roger Smith et Victoria, la subhumanoid du deuxième, se remettent de leur aventure et forniquent joyeusement. Victoria tombe enceinte et par une situation assez folle et amusante - tenez-vous bien - elle accouche ! Seulement, ce n'est pas si simple: le Dr. Slag PhD. et ses acolytes vont kidnapper le petit lors de l'accouchement pour l'élever comme un dur à cuire hyper-puissant vu que c'est tout de même le seul enfant subhumanoid né naturellement. Une surprise arrive: un deuxième bambin ! Personne ne sait que le premier a été kidnappé sauf la mère qui décèdera à la suite... Donc, deux ans plus tard (ils grandissent rapidement les subhumanoids), on se retrouve avec un jumeau gentil et un jumeau méchant, mais tous ignorent l'existence de l'autre. Ouf ! Alors on se retrouve avec trois Brick Bronsky (acteur héros du précédent volet, un Schwarzenegger blond aux tenues vestimentaires suspectes), la seule différence étant que le mauvais est bien sûr teint en noir et dur à cuire. Différents meltdowns, bimbos en maillots, plans machiavéliques suivront à travers l'histoire des deux frères.

Eh ben dites donc, on a voulu en mettre du matériel dans celui-là ! C'est le part 2 avec plus d'action et plus d'amusement, à condition de ne pas s'être trop ennuyer lors de l'épisode d'avant. On remarque d'ailleurs plusieurs similitudes avec le CITIZEN TOXIE de Kaufman avec la notion du bon/mauvais, jouant sur la réputation de l'autre, teinté de la même façon, mais ce TOXIE est mieux accompli selon moi. CLASS 3 se dirige tranquillement où Troma se trouve maintenant avec l'ajout de sons humoristiques (de mauvais goût, la plupart du temps), des voix disant des conneries pour augmenter le ton d'humour, des références plein les bras (il y a même un type sur un lit d'hôpital qui souffre de " I watched too many low-budget crap "), des blagues insérées partout lors du générique de fin, etc. On a même droit à un caméo de Ron Jeremy (dans sa première apparition pour Troma ?) qui nous fait un monologue de façon enthousiaste et rigolote dans le rôle du professeur Tchernobyl. À ma surprise, j'ai tout de même bien rigolé en regardant ce volet alors si la tentation vous prend, allez-y ! Il faut cependant ne pas avoir détesté le volet précédent, ça c'est certain... Bad Feeble

DECAMPITATED - Matt Cunningham, 1998, États Unis

 Ah cette Troma Aroma !  Qu'est-ce qui nous pousse à louer, encore et encore, ces merdes fraîchement chiées de l'usine Troma? Mystère, même en consommant un gros joint de weed, le résultat demeure navrant. Dans cette oeuvre signée Matt Cunnigham (superviseur fx sur Starship Troopers...), la parodie règne. Les gags  foireux, une mise en scène bancale et un montage inepte font de Decampitated une ode à l'esprit troma mais un film peu amusant. Les héros n'en finissent plus de mourir et sont encore plus résistants que le dit tueur. Quelques idées bien connes sauvent le tout du naufrage. Notamment, une légère décapitation à la canne à pêche et une au piège à ours, l'arrivée du tueur-dansant sur une musique swing et l'utilisation d'un rouleau de «doc-tape» comme outil de survie. En fait, pour répondre à la question ci-haut, les seuls films troma intéressants sont les films signés Kaufman (et encore). Il est le seul à créer de véritables Troma-films, où une tête explosée et des nibards exposés deviennent artistiques. Ponderoza

Ca débute avec promesse, même si on a déjà vu telle scène chez les Monty Python. Et hop ! un couple de jeunes cons sont dans une agence de voyages pour aller en camping. La collection de clichés démarre. Ils roulent à trois reprises dans un sens unique en sens inverse, ah ah ah ! Malheureusement, tout le film sera une empilade de gags pas plus drôles et archi-prévisibles ou personne ne semble mourir, pour notre plus grand malheur. Il n'y a même pas la touche Troma obligatoire, tout le monde reste habillé. On espère tout le long la blague qui nous fera réellement rire, ne serait-ce qu'un bon coup, en vain. Peine perdu. On a pas vu venir le punch final, probablement parce qu'on nous a anesthésié le cerveau au préalable. À éviter comme le putois. Mario Giguère

DEMENTED DEATH FARM MASSACRE aka Honey Britches - Donn Davison/Fred Olen Ray, 1971, États Unis

Curieux film que celui-ci. Le titre de base est Shantytown Honeymoon réalisé par un certain Don Davison dans les 70's. Le film n'a jamais été distribué... Mais ce cher Fred Olen Ray, qui n'est pas à un forfait près, en achète les droits, tourne une scène de merde avec John Carradine façon Ed Wood et Lugosi pour Plan 9, insère les tirade du John visiblement au bout du rouleau, retitre le film et vend le tout à Troma qui s'empresse de la distribuer. Carradine introduit le film en précisant qu'il est l'apôtre de la mort ou des conneries du style et qu'il va prouver  que le crime ne paie pas. On est alors témoin de la fuite de 4 voleurs ( 2 hommes et deux femmes pulpeuses ) de bijoux se réfugiant dans  une ferme paumée dans le trouduc des States où vit un couple de redneck bien bouseux comme il se doit. La femme est jolie, et l'homme est un gros rustre pas recommandable qui produit de la gnôle de contrebande. Il se passe pas grand chose, mais tout le monde crève sauf la jeune femme de la ferme. En gros c'est ça. Le film vaut la peine d'être cité à titre de curiosité et pour la présence de sieur John.  Kerozene

DOSSIERS CONFIDENTIELS aka Student Confidential - Richard Horian, 1987, États Unis, 1h39

Dans une école de demeurés, on engage un nouvel orienteur, un millionnaire ayant fait fortune dans les ressources humaines et se consacrant maintenant à préparer les jeunes des high schools à affronter l'avenir (parce que c'est bien connu hein, entre l'avenir et les jeunes, c'est un éternel combat). Le barbu bedonnant se penche sur le cas de quatre élèves en particulier - sans que l'on sache pourquoi au juste : une nympho, une bibliophile défigurée par un accident de voiture, un informaticien en herbe, et un voyou blond obnubilé par la mécanique, qui a aussi une très sale gueule. L'orienteur fera de son mieux pour poser un bon geste envers ces jeunots, mais ses problèmes de couple et la mauvaise habitude qu'il a de tout analyser se retourneront contre lui, en quelque sorte.

Réalisé et interprété par Richard Horian, cette production de Troma (bien sûr !) est plutôt douteuse. Dans plusieurs sens. Tout d'abord, parce qu'on n'y retrouve pratiquement pas de second degré. Il y a bien sûr quelques nénettes, mais elles ne sont pas filmées dans un but d'exploitation, et on ne retrouve pratiquement pas de violence, si ce n'est psychologique.

On dirait qu'Horian a essayé de concocter là un drame vraiment sérieux, mais qu'il a choisi les mauvais distributeurs. Car la jaquette et la promo faite à l'époque laissait envisager une comédie de high school tout à fait banale. Le synopsis ne manque pas de potentiel, et la réalisation est au-dessus de la moyenne quand on compare le film au reste de l'écurie Troma, mais il y a quelque chose de confondant à regarder Horian, qui interprète le rôle de l'orienteur Michael Drake, rouler des yeux grotesquement et prendre un air tragique comme tout, ce qui semble définir les limites de son registre dramatique.

Peut-être que le doublage français ne m'a pas aidé dans mon jugement, car il est incroyablement convenu. Quant aux interprètes, certains d'entre eux s'en tirent bien (la nympho, enthousiaste), tandis que d'autres en font des tonnes (comme par exemple Marlon Jackson, le frère de Michael, dont le seul autre fait d'arme cinématographique demeure à ce jour un rôle d'infirmier dans NELL, aux côtés de Jodi Foster !!).

Sans parler d'Éric Douglas, la sale gueule de mécano, qui a joué dans DELTA FORCE 3... Quant à la défigurée, créditée sous le nom Susan Scott au générique, elle n'a bien sûr rien à voir avec l'italienne. Playmate de formation, son jeu forcé l'a confinée à cette seule production, le reste de sa vie semblant être consacré à se souvenir de son apparition au sein des pages de Playboy.

Richard Horian demeure donc "auteur" de deux films, qu'il a écrits, réalisés, produits et interprétés, l'autre perle étant WILLIAMSTOWNE (1998). Puisque onze années se sont écoulées entre ses deux projets, espérons que son prochain chef-d'oeuvre n'atteindra nos écrans qu'en 2009... Orloff

EVIL CLUTCH aka Il Bosco - Andreas Marfori, 1988, Italie   

Evil Clutch est un  petit film italien acquéri par Troma. Difficile à la vue de la jaquette de savoir à quoi s'attendre... L'histoire est celle d'une créature femelle bleue (au départ elle ressemble à une femme normale, quoi que pas très jolie) qui attire ses victimes au fond d'un bois avant de les assassinés de façon peu enviable. La  scène d'ouverture nous la montre arracher joyeusement les couilles d'un pauvre quidam. Ses proies suivantes sont un couple de touristes apeurés par un motard dérangé qui se trouve être l'ennemi de notre monstre femelle. Je ne sais pas trop pourquoi mais un zombie surgit à 20 minutes de la fin. Ce n'est pas clair, c'est mal joué mais il y a une certaine recherche au niveau de la caméra - on sent bien l'influence EVIL DEAD, mais n'est pas Raimi qui veut. Quelques effets gores sont bienvenus (un pauvre type se fait broyer les mains par un rocher...) Et finalement le film  se laisse voir avec un certain plaisir. Kerozene

FAT GUY GOES NUTZOID aka Zeisters - John Golden, 1986, États Unis, 1h18. 

Roger est un juif irresponsable en liberté conditionnelle. On ignore tout de ses crimes passés et cet aspect un peu nébuleux ne sera jamais éclairé. Le monsieur en question est incapable de travailler et fait du couch surfing chez des amis et ses frères - un petit gesticulateur à gros nez qui fait penser à une version simiesque de Woody Allen, et un bon gros type qui fait plaisir à voir.

Un soir, alors qu'il est parvenu à trouver refuge au camp pour déficients mentaux où travaille son menu frère, les retardés ouvrent sa mallette - contenant ses effets personnels tels rasoir et médicaments - et foutent le bordel. Le frère est immédiatement renvoyé de son boulot, ils amènent par erreur un gros type vachement simplet avec eux, et le ramènent en ville chez le gros frère. La nuit venue, Roger l'amène fêter et se rend compte que le gros, qu'ils appellent le Mouka, lui est fort sympathique. Le lendemain matin, quand le retardé manque à l'appel, on commence donc drôlement à s'inquiéter.

Voici un film vraiment étrange, distribué par Troma et réalisé avec un incroyable je m'en foutisme qui est selon moi sans précédent dans l'histoire du cinéma. Humour douteux, performances questionnables, et surtout une intrigue bâtie sur l'exploitation d'un déficient mental, faut se l'avouer, il n'y avait que Troma pour oser. Pas que le film soit extrêmement choquant (nulle trace ici de nudité ou de violence, que du délire pur et dur), mais disons que l'ensemble des éléments dépaysants, assemblés ici de façon approximative par John Golden - dont c'est le premier, et heureusement dernier film à vie - a de quoi dérouter.

Les seuls moments vraiment amusants du métrage sont ceux mettant en vedette le Mouka, un certain Peter Linari, dont c'était la première apparition à l'écran. Le type n'a pas eu une carrière fulgurante mais il a quand même tenu de minuscules rôles dans des films tels que LÉON, de Besson, MEN IN BLACK, LITTLE NICKY et THE CURSE OF THE JADE SCORPION de Woody Allen !!

On a beaucoup de difficulté à croire aux motivations des personnages, qui semblent agir niaisement uniquement pour que le scénariste ait un prétexte pour placer ses scènes de prédilection. Je ne dirais pas qu'on a ici droit à un ratage complet, mais on n'en est pas loin, et seuls les plus patients d'entre vous survivront...

From Troma, of course ! Orloff

Deux nullards se réfugiant dans un camp pour " adultes attardés " sont mis à la porte et par la même fait, un de ces attardés les suivra (le FAT GUY du titre) pour une brève aventure vers la ville et la liberté. Euh, bon, que dire ?! Une comédie mollassonne qui emmerde en moins de deux tout en tournant au drame en deuxième partie lors de l'envoi du gros imbécile (Peter Linari, seul esprit sympathique du film) dans un asile. Un des " héros " nullards se donne comme mission de le sauver, s'étant lié d'amitié en le temps de le dire avec le gros bonhomme. On a donc droit à un film incroyablement décousu (euh, disons plus décousu qu'une telle oeuvre pourrait l'être) qui n'affiche rien d'aussi intéressant que son titre, si ce n'est quelques scènes amusantes.

Le film arbore également les talents d'un imbécile de première: Douglas Stone ! Un maigrichon incroyablement déplaisant, gesticulant dans le vide tout en avançant sa tronche de connard vers ses compatriotes de jeu, le cul bien remonté, à chaque ligne de dialogue qui lui est accordée (tout de même beaucoup si on considère son talent). Pas surprenant que cette abomination d'acteur ne figure aucunement sur l'Internet Movie Database et la terre entière en est reconnaissante, mais j'ai réussi à trouver son nom grâce au générique du film (oh, quelle astuce !). Autant se dire que sa carrière s'est terminée avec ce film tout comme celle de John Golden, grand metteur en scène de ce truc. Distribué sous la bannière Troma (mais quelle surprise !), le film a visiblement été acheté à l'époque où la compagnie pouvait vendre n'importe quelle merde aux chaînes câblées avides de nouveaux films à présenter. Bad Feeble

FORTRESS OF AMERIKKKA  aka The Mercenaries - Eric Louzil, 1989, États Unis

Une bande de petits soldats jouant à la gueguerre dans les bois commence à prendre son jeu trop au sérieux et exécute toutes les personnes osant s'introduire dans "leur" périmètre. Le bled du coin Troma City, CA, est un coin de bouseux sculptés à la Budweiser. John y revient après deux ans d'absence passé en tôle. Le shérif du coin ne l'aime pas, et pour cause, il a assassiné le frangin de John. Mais le commando du coin fait des dégâts et la fin fera de John un héros local.

Production Troma réalisée par ce tâcheron d'Eric Louzil (CLASS OF NUKE'EM HIGH 2 et 3), FOA n'est pas aussi nul que ce que à quoi je m'attendais. Ce n'est certes pas un grand film, mais il a ses bons moments - si on n'est pas trop regardant. Les soldats en herbe exécutant des pauvres innocents au nom des  États-Unis et de la liberté n'est pas crédible du tout, mais ça a un côté gentiment provoc rigolo. On nous offre un peu de gore (un papy se fait arracher les bras, décapitation, impacts de balles sanglants), des femmes à poil (gros seins, petits seins, seins de taille moyenne) et deux-trois gags qui n'ont rien des gags Troma débiles, dont un qui est particulièrement cocasse pour les francophones: une grosse barraque à coupe de hyène parle à une fille en français avec un accent du midi. Hilarant ! Kerozene

the G.I. EXECUTIONNER aka Dragon lady - Joel M. Reed, 1973, États Unis

J'ai entendu tellement de mal de ce film que je me suis senti obligé de le louer... Et finalement j'ai trouvé ça pas si mal... La trame sonore est plutôt rigolote et va bien avec l'esprit "hippie malgré eux" des comédiens... La chanson thème, WIT'S END, est plutôt accrocheuse et m'est restée dans la tête plus de deux semaines même si elle est complètement nulle... Que dire des comédiens... Ils sont bien entendu mauvais, mais je leur accorde tout de même un certain crédit... Ils font un très bel effort et j'ai trippé sur leur "pochitude"... Faire un film FAUX JAMES BOND, je voudrais exactement le même niveau d'acting...  Quant à l'histoire, j'ai quand même embarqué et je l'ai même trouvée inventive à certains moments... La poupoune qui se fait tirer dessus est plutôt "pneumatique", comme se plaisent à dire les personnages d'Aldous Huxley dans LE MEILLEUR DES MONDES... Et le climat général du film peut agacer à la première écoute, mais quand on y songe, plus tard, il réjouit... On se surprend même à avoir envie de le revoir. Tourné à Singapour, ce film au premier abord rebutant peut se révéler un trésor d'auto-parodie si on détecte le quinzième degré (il serait exagéré de parler de 2e ou même 3e degré ici), et tout bon fan de Z en est capable... avec un peu d'efforts.  Je le conseille pas à tout le monde, seulement aux fans de Troma et des merdes parfois surprenantes qu'ils ressortent. Orloff

GIRLS SCHOOL SCREAMERS - John P. Finnegan, 1986, États Unis

Des jeunes filles sont enrôlées par leur école de bonnes soeurs pour répertorier les oeuvres d'art d'une maison récemment léguée au collège de la Trinité. Au cours d'une partie de cache-cache, Jackie découvre par hasard le journal intime de Jennifer, une jeune fille qui fréquentait, elle aussi, le collège de la Trinité et qui mourut en ces lieux il y a quarante ans. Chose étonnante (enfin, façon de parler): Jackie est le portrait craché de Jennifer, jeune fille dont on apprend le triste passé auprès d'un oncle défiguré et incestueux. Jennifer revient alors d'entre les morts et assassine les jeunes filles une à une.

Cette production Troma au scénario qui sent le recyclage à plein nez ne parvient malheureusement pas à tirer son épingle du jeu. Au fil d'une mise en scène sans relief, les scènes horrifiques peinent à s'aligner et laissent leur place à de longues discussions de bonnes femmes dont on en vient rapidement à se foutre. Et lorsque ces fameuses scènes arrivent enfin, l'action est extrêmement rapide et quasiment suggérée. Voila qui est frustrant pour un film qui mise avant tout sur son aspect horrifique. On retiendra particulièrement la séquence d'ouverture dans laquelle le spectre de Jennifer, le visage rongé par les vers, effraie un gamin fouineur. Kerozene

HELLBLOCK 13 - Paul Talbot avec : Des tas d'inconnus, 1999, États Unis

Gunnar Hansen ballade son immense carcasse dans une prison pour femmes, adressant à chacune d'entre elles des mots tendres - tels que "shit", "trash" et autres douceurs - au passage. Il remarque, dans l'aile des condamnées à mort, une gentille demoiselle un peu allumée (Debbie Rochon) qui déguste à même le sol un morceau de viande crue. Il s'agit d'une tueuse en série bien roulée qui grillera le soir même entre les mains de notre bon gros bourreau au passé de cuir. Ils engageront une conversation qui mènera Debbie à lui révéler ses talents pour l'écriture en lui lisant quelques récits de son cru, piètre excuse pour nous livrer une anthologie de sketches douteux.

Que celui d'entre vous qui ne s'est jamais emmerdé devant un Troma me jette la première grosse pochette. Sans être nul, cet opus ne passera pas à l'histoire et je ne m'en souviendrai probablement pas le jour de mes noces. On ressent, outre l'incrédulité, un certain malaise devant l'amateurisme évident de l'ensemble. Les dialogues primaires, parsemés de jeux de mots faciles, sont débités par des comédiens à moitié convaincus du succès de l'entreprise. Les effets spéciaux - toutefois sans CGI - sont grotesques et inaboutis, ce qui désamorce la "tension" que le réalisateur peine à établir.

Une anthologie est habituellement plus divertissante qu'un récit linéaire quand les concepteurs manquent de talent; HELLBLOCK 13 ne fait pas exception, et les historiettes se terminent dès que ça commence à être ennuyant. Heureusement qu'on n'a pas eu droit à une trilogie, car les récits anecdotiques qui polluent le film manquent singulièrement de force.

Les idées derrière les sketches sont classiques mais amusantes, et pleines de possibilités que s'amuse à gâcher Talbot. Les interprètes ne lui rendent pas service, mais on peut se consoler avec les quelques jolis minois auxquels on est en droit de s'attendre de Kauffman & cie. Reste Gunnar Hansen, grand et monolithique, et Debbie Rochon qui agace de ses courbes sans nous donner la satisfaction de les dévoiler. Mince constat. Orloff

the KILLER CONDOM aka Kondom des Grauens - Martin Walz, 1996, Allemagne/Suisse    

Je n'étais pas très convaincu en voyant le poster, l'été dernier, chaque fois que j'allais prendre une bière sur la terrasse des Foufs. J'avais le choix entre ça et Rabid Dogs, et j'ai bien sûr opté pour Bava... Je n'ai jamais regretté mon choix et je suis retourné me saouler l'âme en paix tout de suite après la projection. 1999. Je trade Killer Condom avec un de mes amis psychotroniques et je le fous sur la pile des films "à écouter", peu convaincu que ça va être bon (j'ai encore cette horrible gueule dentée en tête et le visage de Toxie clique dans ma face, "Movies of the future", Troma étant habituellement de la pure merde). Alors, il passe donc quelques temps sur la pile sans que je l'insère impatiemment dans mon vidéo. Ce soir je cherchais un film écouter avec ma mère et je suis tombé sur le titre. J'ai eu envie de la faire rire en la niaisant un peu et j'ai dit : "on écoute ça !". Elle a dit : "huh...", très peu convaincue, et j'ai pesé sur play, peu convaincu moi-même. Puis, nous avons été surpris. Je ne sais pas trop comment décrire ce film divertissant au possible qui fait référence à plein d'autres oeuvres tout en gardant une profonde originalité, mais je peux dire qu'il vaut la peine d'être vu. Je ne vous raconterai rien de l'histoire, car c'est le concept même du film : un titre accrocheur, un condom denté assez laid... qui nous laisse pantois : "Quelle histoire ils vont sortir avec ça ??". Eh ben ils parviennent à en sortir une, et pas n'importe laquelle. Rires garantis. Y a même un pastiche de la scène de la douche de PSYCHO. Le plus drôle dans le film c'est les comédiens qui parlent tous allemand alors que ça se passe à NEW YORK sacrement... Un peu plus de nudité n'aurait pas fait de tort non plus, mais enfin, mon avis ne compte pas, parce que je suis qu'un petit pervers irrévérencieux et surtout, irrécupérable. Orloff

LUST FOR FREEDOM - Eric Louzil, 1987, États Unis 

Une femme flic plaque son boulot suite à la mort de son coéquipier de mari.

Triste, elle parcours les routes désertiques des Etats-Unis, sans but précis, sans destination en tête. C'est là qu'elle tombe dans les mains d'un shérif de bouse-land. Elle se fait inculper pour trafic de dope (ce qui n'est bien sûr qu'un honteux mensonge) et se fait enfermer. A sa grande surprise, elle voit que toutes les prisonnières sont d'innocentes jeunes filles destinées à un marché d'esclave. Le shérif en réalité pas si mauvais, est pris de crises de conscience et aidera cette femme flic à foutre le bordel.

Voila bien un mauvais WIP, mis en scène par l'auteur de suites des CLASS OF NUKE'EM HIGH. C'est bien mou et moche, peu de sexe, peu de violence, et peu rythmé. Le pire est sans doute la musique hard FM bien dégueulasse qui ne cesse de tourner en boucle accompagnée de la voix off de l’héroïne.

Une merde donc, en provenance de chez Troma. Kerozene

MONSTER IN THE CLOSET - Bob Dahlin, 1986 , États unis

On sait tous que Troma sont capables du pire comme du passable. Eh ben croyez-le ou non mais je me suis royalement emmerdé en regardant ce film et je haïssais même en silence le réalisateur qui, on dirait, s'est forcé pour rendre le tout plus minable que nature. On n'a qu'à penser à l'idée de base (un monstre qui se cache dans les garde-robes des gens pour les tuer) et on a déjà une légère envie de vomi en bouche; imaginez quand on voit apparaître l'immonde créature de caoutchouc & latex qui, en plus d'être repoussante et agaçante, émet un cri des plus désagréable...  Les personnages sont de plus enrobés dans une sauce à clichés insupportable; du journaliste véreux et qui mâche sa gomme - la chevelure y est aussi - à son collègue timide à la "Clark Kent" en passant par le vieux savant haïssable que l'on tuerait avec sa tremblote et son putain de xylophone, l'ingénue blondasse, le sergent de l'armée avec des faux sourcils "agressifs" et la mâchoire carrée de service...  Plus pathétique que ça, c'est difficile à faire...  On a même droit au petit mioche "génial" qui séduit tout le monde et auquel on donne du "Professeur" gros comme le bras !  La musique est ici conduite dans le but de donner une emphase particulièrement énervante aux scènes de suspense ratées et les mouvements de caméras sont des plus conventionnel.  Comment ne pas haïr cette série de plans semblables dans le pré-générique, qui montrent, tous de biais, la porte des garde-robes ouverte qui vomit une brassée de vêtements ?  Même un imbécile trisomique manchot aurait pu réaliser cette triste merde.  Ça s'améliore un peu vers la fin, mais en gros, ça ne vaut pas la bobine sur laquelle ça a été tourné. Même la fille prude qui joue le rôle de la professeur avaitun certain potentiel de sex-appeal que le réalisateur asexué n'a même pas songé à exploiter, c'est tout dire... Orloff

Je fut surpris de ne pas détester et de même me laisser emporter la tête vide dans ce petit film sans prétention qui, pour une fois, n'a pas la lourdeur de plusieurs films cheapos de Troma. Donc, on s'y amuse si on le veut bien avec ce monstre caoutchouté qui fait plaisir à voir. Bad Feeble

POULTRYGEIST: Night of the Chicken Dead - Lloyd Kaufman, 2007, États Unis

À Tromaville, un restaurant de poulet à la PFK est construit au dessus d'un cimetière indien hanté par des zombies. Lors de l'ouverture, des manifestants font une ligne de protestations contre la cruauté envers les animaux. Le petit ami nerds de l'une des contestataires aperçoit sa copine dans les bras d'une lesbienne lors de cette manifestation. Déçu et outré, il trouve moyen de se faire engager par le restaurant pour prendre sa revanche et pour reprendre le coeur de sa belle. Survient alors, un empoisonnement alimentaire dans le restaurant et les clients qui mangent le poulet contaminée se transforment en poulets zombies. Tromaville connaîtra son heure la plus sombre et comique !

Avec ce film, Kaufman pousse encore plus loin sa recette du gore, sexe et mauvais goût. Le film, riche d'un budget de 500.000$ offre le plus beau gore de son histoire et fait des pas dans le genre de la comédie musical. Vraiment, les fans de TROMA doivent voir ce film puisqu'il est vraiment le meilleur (ou le pire) de son catalogue. Au niveau des caméos, nous avons l'équipe de BAGMAN, Isabelle Stephen, Ron Jeremy, Lloyd Kaufman et plusieurs autres. Vraiment, ils ont mis le temps, le soin et l'argent nécessaire pour produire un film de grande qualité. Le film comporte le plus grand nombre de scènes de carnages d'une production Troma et je ne veux absolument pas élaborer sur le scénario ou sur ce film pour vous laisser la part de surprises que vous avez droit. Je veux seulement vous dire que si vous êtes fan, ce film est un MUST SEE ! Le meilleur Troma a ce jour.

9/10 Black Knight

PREACHERMAN - Albert T. Viola, 1971, États Unis

Un film correct comme il s'en faisait tant à l'époque: un faux preacher qui exploite les gens, pour de l'argent et baiser les belles filles par le même fait, le tout dans un ton léger et amusant. Il ne faudrait pas laisser de côté les accents de rednecks fort prononcés et la musique dans le ton pour accompagner. On dirait un H.G. Lewis sans le gore et sans la nudité. On s'y amuse, mais à la longue, on a bien hâte qu'il se termine. Reste tout de même un bon souvenir et la sosie d'Anulka (de VAMPYRES) aide beaucoup à continuer de regarder. Bad Feeble

RABID GRANNIES aka LES MÉMÉS CANNIBALES - Emmanuel Kervyn, 1989, Belgique

Bon premièrement, ça l'air doublé... Pour un film belge, ça me paraît plutôt bizarre. De deux, je peux pas dire que c'est mauvais... Mais je ne peux pas dire non plus que c'est bon. Y a des bonnes scènes mais le climat général est très low-class et manque quelque peu de maîtrise. Du gore réjouissant, à peu près pas de sexe, moi ce film-là j'en parle juste à cause de son putain de titre. Orloff

  ROCK'N ROLL SPACE PATROL: ACTION IS GO - Jim Bultas avec Glen Perkins, Alex Warren, Jim Bultas, 2005, États Unis, 60m

Parce qu'une vague de consommation de masse et de servitude corporative ravage le secteur 219A de l'espace, l'agent Buck Fiesta est envoyé pour faire enquête. Aidé de l'agent Flèche Rouge, maître zen de la téléportation, Buck affronte une armée de Ninjas Temporels à la solde du Dr Spider Jones.

Du moins c'est ce qu'affirme la pochette du dvd de Troma qui m'en ont passé un pourri. À peine une heure de cabotinage amateur de premier ordre, de récit absurde au cube, d'effets spéciaux d'ordinateur maison, de routes de banlieue ou l'herbe pousse depuis des années. Comme repaire du super méchant en cape, visiblement la bâtisse d'un ciné-parc abandonné depuis plusieurs années. Une fin qui risque de rendre fou le plus indulgent des cinéphiles nanarophiles. Le genre de machin bricolé entre amis qui normalement aurait du rester dans un tiroir. Un visionnement carrément pénible qui ne saurait trouver de grâce qu'au spectateur intoxiqué qui veut s'esclaffer, et encore, je n'en suis pas certain. Un sommet rare de nullité absurde et zen. La vie est trop courte pour regarder ce genre de truc. Mario Giguère

SCREAM BABY, SCREAM - Joseph Adler, 1969, États Unis

Voila un film de 1969 que l'on trouve dans le catalogue Troma. L'histoire est celle de jeunes étudiants en peinture dans le vent. Ils peignent des nus, avec modèles. Un artiste un peu fou vient faire un tour dans l'école: il peint des visages défigurés. Une élève aime bien le gars, son copain pas du tout... Jalousie... Blablabla, on connaît la chanson.   Seulement, notre belle jeune fille, qui nous dévoile fortuitement son fessier, voit un homme au visage bleu, l'air halluciné comme si il venait de s'avaler 15 buvards de LSD. Elle a peur. On découvrira que le peintre précédemment cité a été victime d'un docteur jaloux qui l'aura défiguré. Depuis, il se venge en kidnappant de jeunes gens pour les attacher à une table d'opération afin de leur injecter une sorte d'acide dans le visage, ce qui a pour effet de leur changer la face en véritable oeuvre abstraite, ce qui est plutôt rigolo. L'ambiance est très à la mode, musique psychédélique, fringues 60's-70's, les jeunes fument de l'herbe et avale du LSD (on y revient). D'ailleurs, ils se prennent un trip en moto (ce qui, entre nous, est a déconseiller) et ensuite au zoo ou ils se retrouvent dans une cage à la place des singes (?). Délire du réalisateur, ou message anti-drogue ? Je ne le sais pas. Et d'ailleurs je m'en fou. Il faut dire que malgré le fait que ça sonne bien, on se fait royalement chier à la vision de ce film. A noter la fille défigurée dont le maquillage rappel un certain Toxie... À cause de cet oeil qui pend bien bas sur la joue...  Kerozene

SGT KABUKIMAN NYPD - Lloyd Kaufman - 1991, États Unis 

Un inspecteur de police gaffeur et maladroit, raillé en permanence par ses collègues, va se trouver investit des pouvoirs d'une sorte de super-héros japonais répondant au doux nom de "Kabukiman".

En fait, tout ceci est une resucée de Toxic Avenger, mais dans un autre contexte... Le mal-aimé se transformant en justicier sans peur qui fera régner l'ordre à New York, et se tapera la plus belle fille du casting.

La carte de l'humour joue à fond ici, et on notera qu'il n'y a pas de scènes gores. On a juste droit à un petit monstre à la fin.

A part les fringues du Kabuki Man bien ridicules, on se marre franchement, tel ce passage où il découpe des malfrats en rondelles pour faire un sushi géant.

Vous voyez le style quoi... Franfran

SQUEEZE PLAY aka L'ECOLE DES DRAGUEUSES aka CAMPUS EN FOLIE - Lloyd Kaufman, 1980, États-Unis

Avant que Troma ne devienne le quartier général de la série Z comico-gore, la compagnie produisait des comédies crétines pour adolescents, comme ce SQUEEZEPLAY totalement stupide dans lequel les copines des joueurs de l'équipe de base-ball locale en ont marre de passer pour des laissées pour compte alors que leurs mâles s'excitent comme des bêtes sur le terrain. Elles décident alors de laisser tomber le fourneau pour envahir le terrain...

Pour qui connaît l'esprit Troma, SQUEEZEPLAY ne surprendra pas énormément. Les gags se situent en dessous de la ceinture, les personnages sont caricaturaux et le montage s'avère chaotique...  On assiste alors à un brouillon de ce qui fera plus tard le charme de la compagnie new-yorkaise, l'esprit trash en moins - autant dire qu'il s'agit plus d'une ébauche rapide que d'un brouillon. Évidemment, le gore n'y est pas, mais l'esprit est présent. Mais même si on rigole de temps à autres, les blagues sont amenées de façon aussi vulgaires que maladroites et le résultat s'avère plus agaçant qu'autre chose. On retiendra quelques moments divertissants, comme le concours de t-shirt mouillés, ou quelques passages du match finale, mais dans l'ensemble, le film se fourvoie dans un esprit de gentil boy-scout prêchant la bonne parole sous couvert de la vulgarité. Kerozene

STUFF STEPHANIE IN THE INCINERATOR aka In Deadly Heat - Don Nardo, 1989, États Unis, 1h38

Paul (William Dane), un blondinet travaillant sur une turbine d'avion, est enlevé par deux types louches en imper beige et se réveille dans une demeure inconnue. Une demoiselle nommée Stephanie se ballade en robe de mariée et semble le connaître. Elle l'invite à passer à table où est déjà assise Roberta, une british bitch impitoyable avec des manières à passer au broyeur. Celle-ci lui propose le marché suivant : Paul doit honorer Stephanie et Roberta se contentera de regarder. Paul s'insurge bien sûr, et Roberta lui dit qu'il aura amplement le temps d'y réfléchir puisqu'il est dorénavant son prisonnier.

Production Troma, et on se demande pourquoi. Les acteurs semblent se donner la peine d'essayer, et ce malgré un certain manque de vraisemblance et un budget très bas. Le tout est très classique, du moins au départ, car la suite nous apportera deux retournements majeurs plutôt brillants et inhabituels dans la famille Kauffman. Le tout est filmé de manière très classique, rien à redire là-dessus, et on cherche en vain la violence et la nudité qui généralement abondent chez nos potes du New Jersey.

En fait, ce film serait à ranger dans la collection personnelle de Lloyd Kauffman, parmi ses adaptations de Shakespeare favorites - et il est un fan, faut l'admettre. On se retrouve donc mi-intéressé par le récit sérieux, appâté que nous avons été par une pochette représentant le derrière bien rebondi d'une demoiselle qui, dans le film :

1 - N'est pas si attirante que ça; 

2 - Ne le montre même pas !! 

Le CV cinématographique de Don Nardo, réalisateur, se résume à cette production. Même chose pour pratiquement tous les comédiens, en fait, sans doute des pites de théâtre rassemblés sur le plateau par un désir fluctuant de venir à bout de ce métrage.

Faudrait que quelqu'un joue les bonnes âmes et sauvegarde le souvenir impérissable de ce film, et ça ne sera certainement pas moi. Orloff

SURF NAZIS MUST DIE - Peter George, 1987, États Unis

Sur un ton plus sérieux que la plupart des films de Troma, celui-ci dépasse quand même les bornes.  Parsemé de thèmes de clavier Casio des années 80, de mauvais acteurs et de scènes de surf tout de même réussies, il ennuie plus qu'il n'amuse.  Je n'ai toutefois pas autant souffert qu'au visionnement de certains "classiques" tels que NIGHTMARE WEEK-END, mais ces 90 minutes ne furent pas de tout repos.  On pourrait le classer dans la catégorie des films post-apocalyptiques; après un grand tremblement de terre qui a fait disparaître une bonne partie de la côte californienne, un gang de surfeurs nazis mené au doigt et à l'oeil par Adolf (ridicule personnage) prend le contrôle de toutes les plages.  Munis de costumes à pleurer et d'accessoires aberrants (un mini-van déguisé en requin, par exemple), les surfeurs font la guerre aux clans rivaux et tuent tous ceux qui se dressent contre eux.  Après le meurtre d'un homme de race noire, ils seront traqués et tués un à un par la "mamma" hystérique. Quelques bons moments, beaucoup de scènes pénibles, un ton semi-sérieux dont on se moque volontiers : voilà de quoi est composé ce film passable et involontairement hilarant. Orloff

TALES FROM THE CRAPPER - Gabriel Friedman, Lloyd Kaufman, Brian Spitz, Dave Paiko, et d'autres encore... , 2004, États Unis

Vous pensez que Lloyd Kaufman et sa Troma Team avaient fait le tour du politiquement incorrect, qu'ils avaient poussé à son paroxysme l'apologie de l'humour "pipi-bite-poil-prout-prout", qu'il n'était pas possible de rajouter plus de scènes de lesbiennes assoiffées sans tomber dans la gaudriole érotique pure, qu'il n'était pas décemment possible de pondre un scénario encore plus débile que les précédents ? Et bien vous avez tort ! Car avec TALES FROM THE CRAPPER, la Troma Team prouve qu'avec quelques dollars et une caméra numérique, il est possible de réaliser le film le plus stupide de la création. Imaginez un peu un film (un seul !) dans lequel on croise une mante religieuse humanoïde strip teaseuse venue de l'espace, des lesbiennes vampires adeptes du triolisme, un transsexuel psychopathe, un inspecteur septuagénaire masturbateur, le scénariste de SCOOBY DOO, un commentaire audio d'Oliver Stone, un Ron Jeremy privé de partouze, un pénis carnivore, un homme nous parlant sérieusement depuis un sac à ordure, Trey Parker portant une perruque blonde racontant une blague scato, des pets à profusion, du vomi, de l'humour gras, Julie Strain à poil, Arban à poil, d'autres filles à poil, des têtes éclatées, des ventres déchirés, des bras arrachés, des yeux exorbités, et le tout filmé en Boner Vision !! C'est n'importe quoi, c'est laid, mais on s'en fout. Lloyd en profite pour faire ce qu'il aime le plus: cracher sur Hollywood et Robert Redford. Et nous, et bien on en rigole... Kerozene

TERROR FIRMER - LLOYD KAUFMAN, 1999, États Unis 

Wouaaaaarrrgghh! Quel machin! L'engin qu'il a fait le Kaufman!? il est vraiment taré ce mec, cette fois j'en suis sûr! En tout cas, il a surpassé tout ses autres films, et même toxic!

Je ne sais plus bien si on a déjà parlé de ce film ici, mais je tenais à dire que ça troue bien le boule! 

C'est en fait le tournage d'un "Toxic" avec un réalisateur aveugle, et une quantité astronomique de scènes gore/cul/trash/vomis/caca qui s’enchaînent à la queue leu leu sans vraiment de liens entre elles pendant 2 heures (version uncut).

Un véritable bordel apocalyptique de ce qu'il est possible d'atteindre dans l'ultime mauvais goût! En bref, un régal! Franfran

TOXIC AVENGER 2 - Michael Herz & Loyd Kaufman avec Phoebe Legere, John Altamura, 1989, États Unis

Le Toxic Avenger, le justicier radioactif de Tromaville a enfin éloigné la racaille, les gens y sont désormais heureux et dansent dans la rue toute la journée. Melvin lui a décidé de s'occuper conjointement avec Claire, sa bimbo aveugle, d'un centre spécialisé pour non-voyants. Responsable de l'attentat qui va détruire son centre d'handicapés et une bonne partie de ces résidents, la société Apocalypse Inc., dont la spécialité est le déchet nucléaire, tente de déstabiliser cet état de fait... Toxie va devoir se remettre au travail... mais la dépression le guette suite aux nombreuses morts qu'il n'a pu éviter. Encouragé par son psychiatre, à la solde de l'enemi bien sûr, Melvin s'en va pour le Japon (non sans avoir fait un gros câlin à Miss Bimbo) à la recherche du père qu'il n'a jamais connu. Profitant de l'absence de notre super héros, la multinationale polluante Apocalypse Inc. exécute une OPA sur Tromaville. Pendant ce temps, Melvin découvre que son père n'est qu'un trafiquant de drogue !

Si la première demi-heure reste assez drôle, (la baston contre les hommes de main d'Apocalypse Inc., le pique-nique champêtre sur fond de centrale nucléaire, les scènes d'amour avec Claire...) le voyage au Japon laisse sur sa faim, notre héros jouant plus les touristes qu'autre chose. Pas désagréables pour autant, ses déambulations manquent considérablement d'énergie ou de ressorts comiques... Quoique la culture japonaise vu par Troma... ça vaut le détour !! Bien que l'ensemble se laisse regarder non sans déplaisir, on est très loin d'atteindre le niveau des meilleurs films de la TROMA (Si si, il y en a !) . L'éditeur français ne s'y trompe d'ailleurs pas puisqu'il omet dans son planning le troisième épisode de la série, tourné dans la foulée du deuxième et encore plus médiocre que celui ci. Marc Evil

the TOXIC AVENGER III - THE LAST TEMPTATION OF TOXIE - Michael Herz & Lloyd Kaufman, 1989, États Unis

Pas top, ce troisième volet dans lequel Troma a fait une grande quantité de compromis suite à la demande de Vestron qui leur a filé des thunes à condition de se la jouer easy coté sex & gore.

Résultat: c'est plutôt consternant. Toxie a nettoyé Tromaville de toute sa racaille, ne lui reste plus que les taches de base, style descendre les chiens coincés dans les arbres ou donner à manger aux nourrissons récalcitrants. Bref, Toxie est au chômage, et qui plus est, se trouve complètement fauché. Or il lui faut une belle somme pour faire bénéficier son aveugle de blondasse d'une opération qui lui rendra la vue. Apocalypse, multi-nationale capitaliste oeuvrant dans le domaine des déchets toxiques, corrompt Toxie afin de faire main basse sur Tromaville en échange de la somme nécessaire à l'opération.

Pas (ou très peu) de gore dans cette histoire à deux balles qui nous offre au final le boss d'Apocalypse transformé en Diable vert, luttant contre notre valeureux héros.

Kaufman en est le premier navré, mais il s'est bien rattrapé avec CITIZEN TOXIE dans lequel une intro renie les deux premières séquelles. Retour aux sources, au gore et aux scènes de lesbiennes, finit les compromis, et c'est tant mieux. Kerozene

Je l'avoue, il est moins bon que les deux premiers. Tourné en même temps que le 2, pour des questions de disponibilité, de plateau et de bobine, sans doute, on dirait que Lloyd Kauffman y a mis moins d'efforts. L'histoire est centrée encore une fois sur Toxie, qui n'a plus rien à faire parce qu'il a éliminé tous les méchants de Tromaville dans les deux premiers volets. Il se laisse alors tenter par le diable (Leland Gaut, ou un nom ressemblant) et devient un Yuppie. Pendant ce temps-là, les méchants reviennent et transforme la ville en un immense camp de travail. Toxie rétablira-t-il l'ordre ou se contentera-t-il de jouer au golf pendant que les fouets et les seringues sévissent sur ses concitoyens ? Orloff

TROMA'S WAR - Michael Herz & Lloyd Kaufman, 1988, États Unis 

Un avion s'écrase sur une île peuplée par une armée de fanatique anti-américains. Les survivants du crash (une femme et son bébé, un sous James Bond, un curé, un homme d'affaire lâche, un groupe de punks, ...) devront faire face à la fureur de cette milice de cinglés qui les prennent pour un commando envahisseur dirigé par des siamois en costard cravate.

N'importe quoi, vraiment un film de merde. Sans doute le pire que Kaufman aie fait. Ce que je ne pige pas, c'est ce coté pro US, défenseur de l'Amérique comme on a pu le voir dans des films aussi dégueulasses que les Chuck Norris de la Cannon. Est-ce que c'est du second degré ? Aucune idée, mais le résultat est déplorable. Heureusement qu'il n'a pas continué dans la même lignée. Kerozene


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AL ADAMSON

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