Longtemps très locale, la production Coréenne est en trrain d'envahir les écrans du monde, avec raison. 

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mise à jour le 14 janvier 2014

3-IRON aka Bin-jip aka Locataires - Kim Ki-Duk avec Seung-yeon Lee, Hyun-kyoon Lee, 2004, Corée, 88 minutes

Il entre dans les maisons et appartements inoccupées. Elle est dans un de ces appartements mais commence par ne pas se manifester puis approche de lui. Son mari revient et c’est avec l’aide d’un fer de golf numéro 3 qu'il est reçu... Et le film ne fait que débuter...

Kim Li-Duk dont j’avais fort apprécié THE ISLE au scénario étrange récidive avec une histoire dont on ne sait jamais ou elle va nous mener. Sur une base simple et pratiquement sans dialogue, mais non sans émotions, le couple singulier mène une vie hors norme, mais avec une certaine morale, lui nettoie les lieux et répare ce qui ne fonctionne pas et c’est une des clés du récit. On reste subjugué par un monde à la limite du fantastique et du merveilleux et le titre comme la photo de l'affiche ne dévoile son sens que tardivement, agréablement, après des péripéties parfois brutales. Un petit bijou, un exemple parfait de ce que le cinéma peut nous apporter: l’occasion de voir d’autres mondes d’autres gens différents qui ouvrent des portes sur des univers fascinants. Mario Giguère

BATTLEFIELD HEROES aka Pyeong-yang-seong- Jun-ik Lee avec Jin-yeong Jeong, Mun-shik Lee, Seung-yong Ryoo, 2011, Corée, 117m

Il y a 1300 ans en Corée, les habitants d'un petit village sont cueillit par l'armée pour l'effort de guerre. Bien évidemment, ca ne fait pas l'affaire de tous et un surnommé "Thingy" enseigne a ses compatriotes comment survivre en ne se faisant pas remarquer. Peine perdue, des généraux bien pensants préparent bel et bien un siège qui risque d'être long. Entre esprit guerrier, diplomatie et esprit zen, Thingy essaie de survivre et devient malgré lui une espèce de héros, mais rien n'est simple dans cette guerre !

Merveilleuse surprise que ce film de guerre qui est a la fois dramatique, excitant et surtout très drôle ! Le mélange, pas évident, réussit car chacun des personnages reste dans son rôle bien précis. Les généraux a l'esprit guerrier sont aussi dramatiques qu'on peut l'imaginer, les diverses trahisons étant fort mélodramatiques et déchirantes. Les personnages pittoresques sauront nous émouvoir le temps voulu mais ils seront aussi des pitres du début à la fin. C'est également un film d'action remplit de scènes enivrantes avec une autre "invention", une arme spectaculaire. Le dosage entre toutes ces péripéties est magnifique et même si on ne connait pas vraiment cette époque et cette contrée éloignée, les hommes sont pareils partout et on embarque joyeusement dans cette réussite remarquable.

Le réalisateur sur place semblait embêté de voir autant de monde dans la salle, pas certain que nous allions apprécier cette histoire, qui plus est suite d'un film réalisé huit ans auparavant. Des craintes finalement non fondées ! Mario Giguère

The BIRD WHO STOPS IN THE AIR aka Saeneun pyegoksuneul keruinda - Jeon Soo-Il avec Kyung-gu Sol, So-hie Kim, 1999, Corée du Sud, 1999, 106m

Kim, jeune professeur en cinéma, a de la difficulté à se rapprocher de ses élèves ou de sa maîtresse, Young-hie. Il change le sujet de son prochain film, se rappelant sa fascination de jeunesse pour les oiseaux.

La question se pose, s'agit-il du même Kim, réalisateur dans A TIME BETWEEN DOG AND WOLF tourné sept ans plus tard ? On serait porté à le croire et on est triste pour lui, car il n'avait toujours pas trouvé un semblant d'équilibre dans sa vie. Il boit toujours, il parle encore une seule fois à son épouse au téléphone et il traîne son mal de vivre. Encore plus cliniquement ici, aucun gros plan, la caméra garde ses distances avec son sujet, bouge peu, aucune musique d'accompagnement, du "Dogme" avant le temps ? En tout cas le personnage affirme que le cinéma devrait autant que possible se rapprocher de la réalité et il est évident que le réalisateur parle par sa bouche à ce moment, pour ce film du moins. Alors évidemment ça semble long et sans but et on se demande si comme scénario il n'y avait pas un canevas de base sur lequel les acteurs ont improvisé leurs dialogues. Les oiseaux, que Kim va voir dans une réserve faunique, sont généralement absents et leur seul cri à la fin ouvre une mince fenêtre d'espoir. Mario Giguère

A BITTERSWEET LIFE aka Dalkomhan Insaeng - Ji-woon Kim avec Jeong-min Hwang, Yu-mi Jeong, Ku Jin, 2005, Corée, 120m

Un videur d'hôtel de luxe contrôlé par les yakuzas, Sun Woo, a une demande spéciale de son patron: vérifier pendant son absence de trois jours si sa jeune copine a un amant et advenant le cas, l''éliminer. Mademoiselle a effectivement un amant mais Sun Woo décide ne pas les trucider, leur demandant de ne plus se revoir. Son patron n'accepte pas ce mensonge et décide de le faire parler pour l'éliminer par la suite. Notre homme survit miraculeusement et décide de crier vengeance...

Sur cette idée de base fort simple et presque prévisible, Kim réalise un film raffiné aux images travaillées, aux combats à main nue fulgurants et aux combats armés rappelant les meilleurs John Woo. Le nihilisme pervasif ne prévoit qu'une seule issue et le chemin pour y parvenir est heureusement parsemé de personnages secondaires fort savoureux, comme les marchands d'armes incompétents ! Sun Woo, brillamment interprété par Lee Byung-Hyun, ne répondra jamais à la question: pourquoi ? On imagine facilement que c'est par coup de foudre pour la belle, mais ce serait trop simple et c'est toute sa vie qui bascule pour un instant de... compassion ? J'avais adoré le travail du réalisateur sur A TALE OF TWO SISTERS. Je vais continuer de suivre le travail d'un artiste hors-pair. Mario Giguère

A*P*E aka Attack of the giant horny gorilla - Paul Leder, avec Joanna Kerns, Rod Arrants, 1976, Corée/États Unis

Deux gars ramènent un singe de presque 36 pieds à bord d'un bateau quand le singe se réveille. Il s'enfuie en direction de Séoul et tombe amoureux d'une belle actrice blonde qui éprouve de l'horreur mais aussi de la sympathie pour le gros primate. L'armée américaine stationnée dans le coin refuse de croire à l'arrivée du grand poilu, mais finalement ils se rendront à l'évidence, au moment ou l'ordre arrive de capturer vivant la bête ! Notre gros tapis cherche sa blondinette partout et la retrouve juste avant que l'armée n'arrive avec de nouveaux ordres: détruire le grand laid ! Heureusement il y a une belle histoire d'amour parallèlement entre la Marilyn Monroe des pauvres et un journaliste américain...

Pétoche que c'est poche mais que c'est drôle ! Réalisé pour deux sous et quart, avec un costume de gorille sorti des studios des années quarante, des roches en styrofoam, des acteurs coréens qui font de leur mieux, des enfants qui rient, des petits tanks en plastique. Pourquoi un gorille de presque 35 pieds ? ( On hésite entre 35 et 36 dans le film ) Pour pas avoir à faire de maquette trop compliquée, heureusement, celles-là sont tellement mal faites, on dirait des trucs en carton !

Faut le voir pour le croire ! Mario Giguère

Un bateau vogue paisiblement au large des côtes sud-coréennes. Deux marins bourrus tapent la discute en fumant une cigarette. Ils parlent de leur mystérieuse cargaison, une attraction à destination de Disneyland ! Tout d'un coup, un bruit sourd se fait entendre, et une gigantesque main simiesque explose le plafond de la cale du bateau. Car en effet, alors qu'on ne s'en doutait absolument pas, la cargaison en question n'est autre qu'un singe géant. Il explose le bateau dans une impressionnante explosion, et là, sans même pouvoir reprendre son souffle, il se fait attaquer par un requin géant. S'en suit un duel gargantuesque à l'issu duquel notre gorille sortira vainqueur. Pas fatigué du tout, il débarque sur la côte et piétine quelques maquettes.

A peu près au même moment, Marilyn, star Hollywoodienne, débarque au pays pour y tourné une superproduction. Et c'est lorsque le gros macaque la verra en pleine scène de détresse qu'il l'enlèvera et succombera à ses charmes.

Hallucinant ! Je ne trouve pas d'autre mot pour qualifier cet ovni cinématographique. Marrant de voir ça après le remake de YONGGARY, également une coproduction américano-coréenne à l'origine diffusée en 3D, ce qui nous donne la possibilité de voir plein de projectiles en tout genre se diriger dangereusement vers le spectateur. Mais ici, pas d'images de synthèse, mais un bon vieux gars dans un magnifique costume de singe qui fait vachement bien le singe. Il faut le voir se battre contre les hélicoptères et les avions, il faut le voir écraser avec rage les superbes maquettes qui ont avalé les trois quarts du budget et fuire les figurants qui ont tous l'air de se marrer comme des petits fous ! Mais malgré sa force hors du commun, il succombera aux attaques répétées des forces armées. Et à l'actrice de lâcher un désespéré "why ?", auquel son bien aimé répond: "it is too big for such a small world....".

Putain, c'est beau. Kerozene

ARAHAN: JANGPUNG DAE JAKJEON aka: Arahan: Urban Martial Arts Action - Ryu Seung-wan, 2004, Corée, 114m

Un monde oubliant de simples faveurs philosophiques bascule actuellement vers le chaos. Le fragile groupe des 7 Maîtres Maruchi, n'étant plus que 5, est le 1er menacé du retour du "maître suprême du mal absolu". Le jeune et naïf policier débutant maladroitement sa carrière insistant pour qu'on lui apprenne le jang-pung [palm wind] - après avoir croiser la belle indépendante et unique fille, Eui-jin [So-yi Yoon], de l'un des maîtres,  arrivera-t'il à temps dans son apprentissage du Tao avec son énergie Chi ?

Sympathique et "éducative" comédie pour la famille d'un jeune réalisateur, Ryoo Seung-wan [oh! il a déjà assisté PARK Chan-Wook] mettant en vedette son frère, vedette montante dans ce sud, offrant de sains sourires envers les super-héros à CG et arts martiaux. Équilibre et rythme avec des interprètes attachants et de renoms dont l'ultime combat final peu sembler long. Sung-kee Ahn [Silmido et 69 films] comme papa, So-yi Yoon [Soul Guardians], Ju-sang Yun [Natural City/Versus] et surtout, quel beau méchant : Doo-hong Jung [Resurrection of the Little Match Girl, Musa/The Warriors] LE principal directeur chorégraphique des films d'actions coréens.

2 prix au Puchon International Fantastic Film Festival. Deadmonton

BAD GUY aka NABBEUN NAMJA - Ki-Duk Kim, 2001, Corée, 100m 

Hank-Ki, un criminel muet qui s'occupe d'une petite maison de prostitution, tombe amoureux d'une jeune étudiante qui attend son petit ami sur le banc d'un parc. Lorsque ce dernier arrive et que le couple est prêt à partir, Hank-Ki, s'approche et l'embrasse passionnément. Elle demande des excuses qui ne viendront pas. Dégoûté d'être ainsi rejeté, Hank-Ki complote une histoire où la jeune fille sera accusée du vol d'un porte-feuille. Elle se retrouve contrainte de rembourser une forte somme d'argent. Ne pouvant pas payer, elle prend une dette à Hank-Ki qui la forcera à se prostituer pour rembourser. Sachant Hank-Ki amoureux d'elle, elle fera tout pour le faire souffrir.

Réalisé par le réalisateur de l'excellent LIES. BAD GUY est encore une fois une histoire d'amour difficile entre deux êtres écorchés par la vie. Il y a ici un mélange de passion, de haine, de tendresse et de cruauté. Le film se déroule tout en douceur, dans le calme et sur l'étrange sensibilité de criminel. Les 2 interprètes principaux Jo Jae-Hyeon (dans le rôle difficile du muet) et Seo Won (dans celui de l'étudiante) donnent des interprétations fortes et courageuses. Jo Jae-Hyeon à même quelques traits avec un certain Antony Wong. Bad Guy offre aussi des retournements de situation parfaitement inattendus et non dénués d'un certain humour noir: À un moment donné, Hank-Ki se retrouve en prison et son complice tue un individu gratuitement pour aller en dedans pour lui faire sa fête ! BAD GUY est une œuvre forte et formidablement originale. Recommandé. Black Knight

BLOODY BEACH - In Soo Kim, 2000, Corée

Une bande d'adolescents formant une communauté d'internautes qui passe son temps à chatter pour ne rien dire, se réuni l'espace de quelques jours dans une maison en bord de mer. On apprend rapidement qu'un certain Sandmanz tenta d'intégrer le petit groupe qui le rejeta en bloc telle une vieille chaussette. La rumeur veut que suite à ce rejet, Sandmanz fut profondément attristé et se serait suicidé. Ce sujet génère quelques tensions entre nos camarades qui vont gentiment commencer à se faire éliminer par un psychopathe à l'identité mystérieuse.

Ce slasher coréen ne fait qu'appliquer les règles du slasher à l'américaine. Les premières victimes sont comme de coutume les protagonistes qui enfreignent les règles : l'adolescente qui fume en cachette et le couple fornicateur. Quant au tueur, il apparaît rapidement comme étant l'un des membres du petit groupe d'amis (ce qui n'est d'ailleurs pas franchement compréhensible, mais passons). BLOODY BEACH fait vaguement penser à une version moderne de BLACK CHRISTMAS où l'e-mail remplace le téléphone, d'autant plus qu'une bonne partie du film se déroule en intérieur - et non pas sur la plage comme le titre du film le laisse penser. En gros, rien de bien folichon. Néanmoins, certains meurtres s'avèrent bien sauvages et gores : gros plan sur un couteau qui pénètre la chair, doigts tranchés par une cisaille, jambes bousillées à grands coups de hache, ... et surtout le film nous offre une scène un peu olé olé où la fille fait preuve d'une détermination et une soif de sexe à toute épreuve, prenant ainsi le contre-pied des habituelles scènes du style où ce sont les hommes qui apparaissent habituellement comme étant de gros obsédés. Kerozene

BUNSHINSABA aka INCANTATIONS aka OUIJA BOARD - Byeong-ki Ahn, 2004, Corée du Sud 

Après NIGHTMARE et PHONE, Byeong-ki Ahn revient pour la troisième fois - et pour son troisième film, au film de fantôme pâlichon aux cheveux longs. Ras le bol dirons certain - et ceux ci peuvent dores et déjà passer leur chemin, chouette se diront les amateurs. On y découvre une jeune écolière appelant à l'aide l'esprit d'une élève assassinée 30 ans plus tôt afin de se venger de certaines camarades de classe persécutrices. Le résultat s'avère plus qu'efficace: les jeunes filles se mettent le feu après avoir recouvert leur tête d'un sac en plastique !

BUSHINSABA n'apporte rien de neuf au genre et ne fait que citer ses prédécesseurs. Le résultat est au final regardable, voire divertissant, mais il est évident que les spectateurs lassés des histoires d'écolières fantomatiques sortant de l'ombre en penchant la tête ne lui trouveront que des défauts. Kerozene

CELLO - Woo-cheol Lee, 2005, Corée du Sud

Une bourgeoise, mère de famille de deux enfants et ancienne violoncelliste de talent, voit sa vie basculer le jour elle où fait l'acquisition d'un joli violoncelle pour sa fille ainée et qu'arrive nouvelle gouvernante muette ayant perdu sa famille dans un accident de voiture. Des événements vraiment trop étranges vont alors survenir, le visage de la gouvernante se défigure dans un reflet, la fille ouvre les yeux comme un camé sous PCP, de cheveux sortent du tube de dentifrice, des doigts surgisse de n'importe où... Parallèlement à cela, quelques éléments lâchés au compte goûte d'un trauma passé sous silence nous apparaissent, faisant peu à peu la lumière sur la raison de ces manifestations spectrales, pour finalement nous ouvrir les yeux sur la vraie nature de cette pauvre héroïne qui n'est finalement qu'une sale petite égoïste qui mérite bien tout ce qui lui arrive... A moins que...

Dans le genre "spectre asiatique", "Cello" fait assez fort avec l'un scénario les plus invraisemblables qui soit. Si on se penche un peu sur les différents événements et leurs conséquences, on se rend vite compte que rien ne tient la route dans ce drame horrifique, et ce n'est surtout pas l'ahurissant twist final qui permet d'arranger les choses. Dans un genre déjà bien gratiné en la matière, on peut même dire que c'est une jolie performance. Si la narration est foireuse, la dimension "trouille" du film fait à peine mieux : les sentiments d'angoisse censé être générés par des idées visuelles directement pompées de "The Grudge", ou les déformations physiques à la palette graphique pêchent par leur inefficacité, voire leur ridicule. En revanche, on peut être surpris par les quelques instants de violence et de cruauté infantile qui ne font pas dans la dentelle. Kerozene

THE CHASER - Na Hong-Jin avec Kim Yun-seok, 2008, Corée du Sud, 125m

Jung-ho, ex-policier, fait travailler ses filles en les envoyant chez les clients de services érotiques. Ca va plutôt mal car ses filles disparaissent depuis quelques mois. Il est persuadé qu'un mec les kidnappe et les revend dans un autre pays. Il est à l'affût quand il envoie Mi-jin chez un type qui vient d'en refuser plusieurs et qu'elle ne revient pas. Il a pour tout indice le numé.ro de cellulaire du client et il retrouve la voiture du type. Faisant jouer ses influences dans le milieu policier et par la plus pure des chances, il va mettre la main sur le gars, qui avouera avoir tué plus d'une douzaine de filles. Mais comme on n'a pas de preuves, et que le tueur en s.rie a déjà été relâché à deux reprises dans des circonstances semblables, Jung-ho et la police ont 12 heures pour retrouver son appartement, les preuves, et peut-être sauver Mi-jin, tout en s'occupant de sa jeune fille.

De l'inefficacité et de l'incompétence des forces de la police et des autorités devant un tueur plus astucieux qu'eux et surtout plus professionnel. Une mise en scène terriblement efficace et un suspense éprouvant attend le spectateur pas vraiment averti. Cruel et sadique, également, dans sa violence crue, qui fait mal, et ses enjeux. Il y a aussi tout ce non-dit sur le passé de ce pimp ex-flic désabusé dans une société ou c.est chacun pour soit. Un peu d'humour à l'occasion avec son assistant pas très futé, pour relâcher la tension momentanément. On sort de la salle vidé, avec ce soulagement de ne pas avoir été partie prenante de ce drame, de pouvoir sortir du cauchemar quand les lumières s'allument. Dire que e n'est un premier film pour son réalisateur, ca promet. Mario Giguère

CITY HORROR : The SONG OF THE DEAD, Corée, 2002 

En 553 le général Bailan mène son armée contre Sun Law mais est défait par la sorcière adverse. Aujourd'hui, sur le site original ou est enfoui Bailan, un producteur et une chanteuse, Wei Lan, commencent l'enregistrement de son premier disque. Mais Wei Lan entends et voit une femme mystérieuse pendant que le producteur commence à arranger une mélodie qui est restée sur un enregistrement inconnu...

Voici ce qui semble faire partie d'une série télévisée, d'une durée d'une heure, d'horreur urbaine Coréenne. Le tournage est en vidéo, mais la production est de qualité. Les acteurs ne sont pas toujours à la hauteur et l'intrigue est très classique, mais on ne s'ennuie pas. Il y a, à la suite du vcd, les bandes annonces de deux autres titres de la série, qui semblent prometteurs. Mario Giguère

CITY HORROR: THE EVIL SPIRIT - Chung Hye Young , 2002, Corée

Cha retourne dans son village natal avec une équipe chargée de réaliser un documentaire. Elle retrouve ses amis d'enfance, qui se sont tous mariés, mais qui sont maintenant tous veuf ou veuves. Cha se remémore la petite Yan, fille d'une sorcière locale devenue orpheline à neuf ans, qui a subi les humiliations et la mort aux mains involontaire des ses petits amis. Les morts se multiplient lorsque Yan semble se repointer sur place !

Téléfilm coréen d'une série de quatre, c'est le deuxième que je vois. Il est semblable au précédent, bien fait, mais avec des acteurs moyens et une intrigue qui suit des chemins hyper connus. On ne s'ennuie pas vraiment, mais on reste sur sa faim, devant une copie habile mais somme toute interchangeable avec tant d'histoires de fantômes asiatiques récents. Mario Giguère

CITY OF VIOLENCE - Seung-wan Ryoo avec Kil-Kang Ahn, Seok-yong Jeong et Beom-su Lee, Corée de Sud, 2006, 92m

Tae-Su, enquêteur aux crimes organisés, retourne dans sa ville natale pour les funérailles d'un ami d'enfance. Avec un autre de ses potes, Tae-Su décide de vider définitivement les rues et ce même si le tout doit le mener vers une confrontation avec Pil-Ho, le caïd de l'endroit, mais également un ancien ami proche.

Rien de bien neuf dans le scénario de ce CITY OF VIOLENCE, mais force est d'admettre que la formule prend bien. En fait, le film de Seung-Wan Ryoo fonctionne, car il est stylisé du début à la fin et bien qu'on y entre jamais autant qu'on l'on le voudrait, ça a plein de bonnes intentions. Le spectateur voudra des combats et on en donne, pas réalistes effectivement, mais sacrément efficace avec un combat final bien long et bien sanglant, comparable en qualité avec celui de KILL BILL VOL 1. On tente d'ajouter une touche de drame touchant avec des flashbacks de cette bande de potes, le résultat n'étant pas des plus convaincants et on a juste bine hâte de revoir les deux héros affronter des hordes de gangs et de criminels. CITY OF VIOLENCE offre tout ce qu'on demande et avec qualité, étant brillant par moments et ordinaire par d'autres, y'a de quoi y trouver son compte. Abba

The DIVINE WEAPON aka Shin ge jeon - Yu-jin Kim avec Eun-jeong Han, Jun-ho Heo , 2008, Corée du Sud, 134m

Ou il est question d'il y a longtemps en Chine des marchands en froid avec les Ming se voient confier la protection temporaire d'une jolie femme. Jolie mais pas commode en ces temps de friction politique entre cette partie de la Chine, le Jeong, et l'empereur Ming. La jolie demoiselle est la fille d'un armurier qui travaille sur l'Arme Divine, très mystérieuse, mais qui a rapport avec un lance flèche qui en propulse une centaine à la fois, munies d'un explosif. Entre les intrigues de palace et l'envie folle du chef des marchands de s'amouracher de la belle, on essaie de perfectionner l'arme ultime, dont les plans ont été volés par les sbires de Ming.

Un autre film basé sur une histoire véridique, que l'on imagine très romancée, à l'évidence. C'est bien filmé, intéressant et sans temps mort, avec des séquences de combat efficaces. En l'occurrence, on s'est bien rendu compte que le message pro armes étant quelque peu politiquement incorrect de nos jours, on calme le jeu à la fin, les créateurs de l'arme suprême se reconvertissent dans les feux d'artifice. N'empêche que c'est un récit très classique de l'opprimé qui arrive à se défendre grâce à son imagination et le gars qui arrive à séduire la fille avec patience. C'est peut- être pas comme ca dans la vraie vie, mais ca donne un film d'aventure rondement mené et satisfaisant. Mario Giguère

DOUBLE AGENT aka Ijung gancheob - Hyeon-jeong Kim, 2003, Corée 

L'action se passe fin 70, pour continuer dans les années 80. Un agent des services secrets de la Corée du Nord fait défection pour la Corée du Sud, il est d'abord interrogé, soupçonné d'être un agent double. Il coopère et finalement devient une personne ressource pour les renseignements de la Corée du Sud. Puis, comme le titre du film l'indique, on assiste à la supercherie, le contact avec les agents infiltrés, le réseau complexe d'espions à la solde du Nord. L'étau se resserrera inexorablement pendant que les sentiments d'une espionne et un jeune transfuge mettront tout le réseau en péril.

Drame psychologique et drame d'espionnage réaliste, DOUBLE AGENT nous fait entrer dans un monde éloigné des 007 habituels et est dès le début d'une cruauté difficile à regarder. Pas de pitié dans le monde du contre espionnage, pas de pardon pour les fautes et des convictions politiques inébranlables.

Un film très différent, donc, du lot habituel du festival Fantasia, qui a attiré moins de public, mais fort applaudi par les gens présents. Mario Giguère

DREAM OF A WARRIOR - Hee-joon Park, 2001, Corée du Sud 

Ça commence comme un polar hard boiled, avec poursuite motorisée, gunfight tonitruant, grosse musique, ça pétarade dans tous les coins, c'est monté à la truelle, ça s'emballe si vite que ça donnerait presque le vertige. Puis un flic est envoyé dans une "vie antérieure imaginaire" afin de sauver une fille via une machine high-tech. Il débarque alors dans un royaume gotho-futuriste dans lequel il incarne un soldat amoureux de la fille du général. Mais cet amour est interdit et la belle est promise à un officier de haut rang - en réalité un sale petit con avec une mèche rebelle sur les yeux. Après que tout le monde se soit frité sur un terrain de power ball (sorte de mélange de rugby et de kung fu pratiqué dans la boue), l'alerte est donnée. En effet, les ignobles Paxtus - une peuplade punko-primitive - s'apprêtent à envahir le pays. Le général réunit une demi-douzaine de cogneurs et s'en va affronter l'ennemi...

Sur le papier, "Dream of a Warrior" semble ressembler à n'importe quoi, mais semble aussi comporter quelques éléments croustillants. A l'écran, c'est effectivement n'importe quoi, mais c'est aussi navrant de médiocrité de bout en bout. Si la partie de power ball fait sourire, le reste est tout simplement épouvantable de mièvrerie, et verse d'avantage vers la romance sirupeuse que vers l'action. Chargé de clichés pachydermiques (flashbacks mélancoliques, sacrifices héroïco-romantique,...), plombé d'une bande son d'une finesse remarquables (techno-indus lors des scènes de baston, piano-violon ultra poussif lors des échanges de regards entre les amoureux mélancoliques) et d'effets digitaux promptes à te générer une tumeur des yeux, ce manga live lorgnant maladroitement sur "Matrix" et rempli de têtes à claque parcourant un script totalement débile est tout simplement pathétique. Kerozene

DUELIST - Myung-se Lee, 2005, Corée du Sud

Cela faisait six ans que l'on attendait Myung-se Lee après son très bon SUR LA TRACE DU SERPENT, film sombre et sèchement brutal. Et le voila qui revient avec un film de sabre qui explose littéralement le box-office local, et qui se voit précédé d'une réputation plutôt positive. C'est donc avec une certaine excitation que l'on se pose devant ce blockbuster épique mais ce n'est que pour mieux subir la chose et essuyer une monstrueuse déception, voire même une grande frustration. Car contre toute attente, Lee opte pour une histoire niaise de romance pour adolescentes fans de Dawson Creek en mettant en scène les amours impossibles d'une policière au caractère bien trempé et d'un bandit au visage triste et angélique. Le traitement à la soap pour teenager s'avère d'autant plus indigeste qu'il est appuyé par une bande son absolument atroce mélangeant guitares distordues et violons mièvres, que le tout est injecté d'un humour lourdaud et qu'il semble que le réalisateur ait soudainement des envies de reconnaissances internationales en marchant sur les traces de Zhang Yimou et de son SECRET DES POIGNARDS VOLANTS. DUELIST aligne en effet les scènes plastiquement superbes un peu à la manière du cinéaste chinois en faisant tirer en longueur une histoire dont on vient rapidement à se foutre tant on en connaît l'issue à l'avance. Quant aux chorégraphies, elles n'atteignent pas la virtuosité des films chinois malgré les évidentes prétentions d'en coller plein la vue. Les amateurs de grosses bluettes asiatiques en costumes seront probablement aux anges, les autres s'emmerderont sec devant cette pelloche gonflante et ronflante et tenteront de se rattraper sur les images par moment époustouflantes - il faut bien le reconnaître. Kerozene

Le site français: www.duelist-lefilm.com

D-WAR aka Dragon Wars - Hyung-rae Shim avec Jason Behr, Robert Forster, 2007, Corée, 90m

Il y a 500 ans devait avoir lieu un combat entre les forces du bien et du mal, incarnées par deux dragons géants, mais un de ces dragons était pour l'instant une jeune femme et son bien aimé a préféré le suicide collectif plutôt que de voir sa douce devenir une bête géante. Mal lui en prit, aujourd'hui, 500 ans plus tard, les merveilles de la réincarnation ramènent la situation au goût du jour, qui plus est à Los Angeles, envahi par une armée de dinosaures qui veulent s'emparer d'une jeune femme qui n'a aucune idée de ce qui lui arrive, aidée par son chevalier réincarné.

Hyung-rae Shim n'ayant pas apprécié la faible réception internationale de son remake de Yonggary, il rempile avec une montagne d'effets digitaux, mieux réussit, c'est vrai, mais avec un scénario embourbé. Les trous dans la logique sont immenses, les coïncidences trop nombreuses, les personnages pas attachants, bref, si on a droit à un spectacle intéressant, pour le reste, on peine à suivre l'histoire. Dommage, car la première bande annonce, sortie il y a bien quatre ans sur internet, promettait énormément. Trop d'attente, mais aussi trop d'ambition et une excuse de scénario qui devrait pourtant être d'une importance primordiale. Un succès en Corée, mais un échec international, principalement dû au budget excessif mis à la disposition du projet. Dommage. Mario Giguère

FACE - Sang-Gon Yoo, 2004, Corée du Sud 

Lee Hyun-min n'a pas un boulot comme tout le monde. Son truc, c'est la reconstruction faciale sur crâne humain. C'est-à-dire qu'à partir d'un simple crâne, il est capable de via modelage, de reconstituer le tissu musculaire et d'y apposer une peau synthétique dévoilant les traits des défunts. Seulement Lee en a un peu ras le bol de ce job, et il est surtout très préoccupé par l'état de santé de sa fille qui a récemment subit une transplantation cardiaque. Mais comme c'est le meilleur dans sa profession, on lui confie un dernier crâne. S'il refuse au départ d'y toucher, des visions spectrales et l'arrivée imprévue d'une jeune et jolie assistante volontaire vont le pousser à s'atteler à ce qui sera la plus éprouvante expérience de sa vie !

Ce thriller fantastique, qui dans le fond traite d'un sujet fréquemment abordé dans le cinéma coréen - à savoir le trafic d'organes - tente avec plus ou moins de maladresse à fusionner le film de fantôme chevelu à l'enquête policière scientifique façon CSI/Les Experts. Ce qui n'est pas une mauvaise idée en soi, mais dans les deux cas, il importe de vraiment bien réussir son coup si on souhaite que le film ne soit pas pour un truc de has been dès les premières images - comparaisons obligent. Et le début fait illusion : l'entrée en matière semble rassurante, le ton est grave et les personnages réalistes, mais très rapidement la situation se désagrège, le scénario laisse entrevoir ses tenants et ses aboutissants beaucoup trop tôt dans le récit, le développement de l'intrigue de même que la psychologie des personnages tombent peu à peu à l'eau et la musique sonne comme du Richard Band sous tranxène. La déception est donc bien présente, mais si elle pèse autant, c'est surtout que la grosse arnaque se situe au niveau des frissons vainement espérés : FACE ne cherche pas - ou très rarement - à faire hérisser les poils sur le corps et s'avère particulièrement avare en apparitions ectoplasmiques, ce qui est tout de même un peu frustrant pour un film vendu comme tel. Alors peut-être qu'en connaissance de cause, certains sauront lui trouver plus d'intérêt, mais en ce qui me concerne, c'est un titre à coller aux oubliettes. Kerozene

FRÈRES DE SANG - Je-Gyu Kang avec deux frères et toute l'armée coréenne, 2005, Corée, 2h27 

Comme ces pauvres mobilisés de la guerre des Corées, je me suis retrouvé téléspectateur enrôlé à reculons contre les rouges (sic), pour un énième film de guerre à gros budget, certes, mais probablement sans un matériel militaire d'une facture aussi clinquante que la hifi de là-bas.

Autant évacuer immédiatement deux reproches :

- l'image bouge tout le temps dès qu'il se passe un évènement, comme si le cadreur souffrait d'une blennorragie,

- les avions, en effet, sont américains, et même extraits d'un dessin animé exactement comme dans Peter et Elliot le dragon de Walt Disney.

Pour le reste, le film repose sur un principe très simple : il suffit d'être capable de survivre à 20 minutes de niaiseries, sur la belle vie ensoleillée à se taper dans le dos entre frangins au ralenti, avec deux quignons de pain à tremper dans le bol de riz, où l'on se débrouille sans papa qui s'est sûrement tué au boulot (je n'ai pas fait gaffe), attention il faut aider maman et sœurette avec le sourire, et oui bravo aussi pour ce cœur à travailler ses exercices de maths à l'école.

Ensuite, waoww, c'est parti pour deux heures non stop du grand spectacle électrique de la boucherie coréenne, une dinguerie explosive à hauteur de fantassin qui ne s'arrête plus, de toute façons la vitesse des balles ne laisse pas le temps de relever le simplisme de certaines situations ou personnages. Bigeyes

A FROZEN FLOWER aka Ssang-hwa-jeom - Ha Yu avec Jin-mo Ju, Ji-hyo Song, In-seong Jo, 2008, Corée, 133m

Drame historique situé en Corée durant la dynastie Koryo. Le Roi s'est entouré d'une garde de trente six jeunes hommes pour le protéger car il gère son royaume de manière presque autonome, ce qui déplait au pouvoir de Yuan. Il est forcé de marier une princesse envoyée pour des raisons politiques, ce qui ne le dérange pas jusqu'ç ce qu'on exige qu'il produise un héritier ou qu'il abdique son trône. Le roi étant depuis toujours amoureux de son garde du corps personnel, la chose se complique. Il demande donc à Hong-rim de se sacrifier pour son bien et celui du royaume. Ca tourne mal quand, contre toute attente, Hong-rim y prends goût et devient follement amoureux de la reine. Le roi commence à avoir des soupçons et le tout ne peut que mal se terminer pour tous...

Surprise pour le spectateur comme moi qui pensait voir un drame historique coréen, de se retrouver devant un triangle amoureux entre deux homosexuels et une reine. S'il est vrai que le tout est basé sur une histoire vécue, il y a bien quelques rires gênés dans la salle lorsqu'on se rend compte rapidement que le roi n'aime que les jeunes hommes ou que Hong-rim essaie tant bien que mal d'accomplir son devoir avec la reine. Le tout est bien filmé avec bon goût et les décors et costumes sont magnifiques. La colère du roi sera des plus sanglantes. Mario Giguère

La FUREUR DES MAITRES DE SHAOLIN aka LE COMBAT DES SHAOLIN aka LA FUREUR DU VENGEUR; MASTERS OF TIGER CRANE aka RAGING MASTER OF TIGER CRANE aka RAGING MASTER'S TIGER CRANE aka TIGER CRANE; RAGING TIGER aka REVENGE OF SHAOLINS aka SAHYEONGSAJE - Wu-Hyeong Choi, 1982, Corée du Sud

Stephen (Benny Tsui), un jeune adepte du kung-fu à côté de la plaque, cherche à retrouver Andy, son frère peintre kidnappé, et venger son maître shaolin sauvagement tué par des salauds qu'il ne connaît pas (on notera au passage les prénoms inattendus de nos héros, merci aux doubleurs français). Ces salauds sont un couple qui tente de forcer le peintre à livrer des peintures dont nous ne saurons jamais rien. Lâché dans la nature avec pour seul indice à sa quête un collier appartenant à l'assassin de son maître, Stephen se fait manipuler par un vieux pouilleux et se voit contraint de payer ses dettes à un aubergiste en travaillant pour lui. Mais le pouilleux n'est autre qu'un maître en arts martiaux qui finira par former Stephen afin qu'il puisse se venger.

Malgré sa trame ultra classique, son humour bas du front, sa légère romance, ses faux raccords (le méchant change de couleur de cheveux dans une scène qui semble ne rien avoir à faire là), son scénario mal foutu et ses personnages désespérément banals, cette production coréenne possède malgré tout deux ou trois éléments offrant un visionnement relativement plaisant. J'insiste sur le "relativement". D'abord les combats sont extrêmement rapides et plutôt brutaux, Benny Tsui nous gratifie de prises parfois improbables, jette des mannequins de mousse dans les airs et ses victimes meurent toujours en crachant du sang tout en écarquillant les yeux comme des damnés. L'attaque d'ouverture vaut elle aussi son pesant de rouleaux de printemps avec les tueurs portant des masques en forme de papillon et une cape rouge, leur donnant presque un look de super-héros! On peut encore citer une séance de torture au soleil, un éventail tranchant et deux tueuses redoutables aux longues jambes dénudées et propulsant des cymbales dans les airs avec la ferme intention de couper des têtes! Malheureusement, elles visent comme des pines. Tout cela n'a finalement pas grand-chose à voir avec Shaolin, mais en même temps on s'en fout un peu... Kerozene

  HAUNTERS aka HANGUL aka Cho-neung-ryeok-ja - Kim Min-seok avec Kang Dong-won, Go Soo, 2010, Corée, 114m

Cho-In fait des cambriolages dans une série de pawn shops, avec une facilité déconcertante. Pour cause, il n'apparait pas sur l'enregistrement de caméras et personne ne se rappelle l'avoir vu. Lors de son dernier vol, il tue le propriétaire. Manque de pot, son nouvel employé, Kyu-Nam, fraîchement débarqué après avoir perdu son emploi précédent suite à un horrible accident, décide d'attraper le gars. Il s'adonne qu'il sera le seul à le voir, les deux types ont de super pouvoirs, on s'en rendra bien compte et un duel époustouflant débute.

Bon, j'avoue ne pas avoir encore regardé Unbreakable, mais il est évident que les coréens s'en sont inspiré pour mettre en scène cette histoire abracadabrante et fascinante d'êtres exceptionnels. On découvre petit à petit l'histoire de ces deux personnages hors du commun, leurs destins dramatiques, surtout pour le voleur, l'autre ne se rendant même pas compte qu'il se tire bien facilement d'accidents de travail avec une rapidité déconcertante. J'ai pensé à Carrie et Death Note, de bons souvenirs, ou Fury de De Palma pour les combats paranormaux, bien mis en scène. Ca vaut le détour.

Un remake par nul autre qu'Hideo Nakata se prépare au Japon, intitulé MONSTER, pour 2014. Mario Giguère

The HOST - Bong Joon-ho, 2006, Corée du Sud, 1h59

"A Séoul, Park Hee-bong tient un petit snack au bord de la rivière Han où il vit avec les siens. Il y a son fils aîné, l'immature Gang-du, sa fille Nam-joo, une championne malchanceuse de tir à l'arc, et Nam-il, son fils cadet éternellement au chômage. Tous idolâtrent la petite Hyun-seo, la fille unique de Gang-du. Un jour, un monstre géant et inconnu jusqu'à présent, surgit des profondeurs de la rivière. Quand la créature atteint les berges, elle se met à piétiner et attaquer la foule sauvagement, détruisant tout sur son passage. Le snack démoli, Gang-du tente de s'enfuir avec sa fille, mais il la perd dans la foule paniquée. Quand il l'aperçoit enfin, Hyun-seo est en train de se faire enlever par le monstre qui disparaît, en emportant la fillette au fond de la rivière. La famille Park décide alors de partir en croisade contre le monstre, pour retrouver Hyun-seo..." (allocine.fr)

Attention, chef d'œuvre ! A la fois film de monstre, thriller critique et comédie hilarante, THE HOST procure au cinéphile deux heures jouissives et inoubliables. Ce troisième film de Bong Joon-ho, déjà remarqué avec le polar MEMORIES OF MURDER (sorte de giallo rural coréen), place la barre très haut. Le monstre aquatique, que l'on doit à l'équipe responsable des créatures de LORD OF THE RINGS, traverse le film, gluant et dévastateur. A la fois extrêmement bien conçu (mouvements très crédibles) et caoutchouteux comme aux grandes heures de San-Ku-Kaï, il survolte un scénario déjà riche et complexe, mêlant critique sociale et dénonciation rigolarde mais cinglante de l'impérialisme américain (voir la séquence pré-générique, digne d'un bis 70's). On suit avec délice la course-poursuite entre cette famille de "losers", magnifiquement interprétée, et le monstre, mobile et imprévisible, sans cesse susceptible de ressurgir des égouts où il se planque et emmène ses victimes. Bong Joon-ho tire le maximum de toutes les situations, qu'il s'agisse de scènes d'angoisse ou de répliques moqueuses, à l'humour très mordant. Bref, THE HOST est le film de l'année, à voir toutes affaires cessantes. Une merveille ! Stelvio

INTO THE MIRROR aka Geoul Sokeuro - Kim Seong-Ho, 2003, Corée du Sud, 1h53

La Corée, depuis quelques temps, explose carrément sur le marché international, et ce de plusieurs façons. Tout d'abord avec ses "copies" de quelques succès américains, mais aussi avec ses films atypiques, entre autres ceux de Park-Chan Woo. Fortement inspirés et fascinés par la culture américaine, les Coréens ont quand même quelques traits caractéristiques quand vient le temps de nous torcher une comédie; les claques sur la gueule pleuvent et les dialogues "d'auto-promotion" frisent le ridicule. Leur sens de la hiérarchie semble très important, alors il n'est pas rare que certains individus soient traités comme de la merde uniquement parce qu'ils sont "en bas de l'échelle".

Fantasia présentait cette année un panorama fort varié du cinéma coréen, et parmi la sélection figurait ce petit thriller ayant pour thème la découverte du subconscient, avec pour visuellement agrémenter le tout une sur-utilisation du motif visuel du miroir.

Un policier "raté" (Ji-Tae Yu, vu dans ATTACK THE GAS STATION en '99, et en 2003 dans NATURAL CITY & OLDBOY) - il a contribué à la mort d'un collègue lors d'une prise d'otages un peu confuse, un an plus tôt, en ratant sa cible - est maintenant chef de la sécurité dans un grand magasin grâce à son oncle, qui en est le gérant. Sa vie est sans histoires; il se saoule dans un bar du coin chaque soir après le boulot et refuse de se regarder dans un miroir, se considérant comme un beau perdant. Une vague de meurtres étranges, dans des circonstances troublantes, ont lieu dans le magasin, ce qui déclenche une enquête qui remuera autant la vie des promoteurs que son passé trouble, et disons seulement qu'il n'en est pas à une découverte près !

Avec sa scène d'ouverture fort efficace, INTO THE MIRROR s'annonce comme une jouissive incursion dans le surnaturel "à chocs" auquel les Asiatiques nous ont habitués ces derniers temps. Même si l'explication finale ne tient pas toujours debout, on est bien content de constamment sursauter devant les chocs qui s'accumulent et le suspense constant. Mais bon, tout le monde peut se tromper, car la marchandise ici livrée ne correspond pas tout à fait à ce à quoi on s'attendait.

Nous avons droit à une longue enquête policière sagement menée, doublée d'une introspection constante du personnage principal. Disons que le tout aurait gagné à être "resserré" car à près de deux heures, le sommeil du spectateur n'est jamais bien loin.

Les effets-choc sont bien réussis, certes, mais n'interviennent que trop rarement. La scène finale est bien entendu fort surprenante, arrachant même quelques frissons au public n'ayant pas succombé à Morphée, mais le chemin pour y parvenir est long et ardu.

Retenons ici le joli minois de Hye-Na Kim, fantomatique héroïne, dont on entendra probablement parler davantage dans les années qui suivront. INTO THE MIRROR est donc une sympathique expérience, si l'on a envie de se pencher sur le destin "tragique" du héros, mais si les longueurs et les développements erratiques de personnages qui ne mènent à rien vous donnent des boutons, je vous conseillerais bien sobrement de passer votre tour. Orloff

I'M A CYBORG BUT THAT'S OK - Chan-wook Park, 2006, Corée du Sud

Tout ne tourne pas très rond dans la tête de Young-goon. La pauvre est en effet persuadée d'être un cyborg ! C'est après avoir tenter de se recharger en mettant les doigts dans une prise que sa mère décide de la faire interner en hôpital psychiatrique. Là, elle y fait la connaissance de toute une faune de doux-dingues et surtout de Il-sun, un jeune homme pas si fou avec un cœur gros comme ça qui parviendra - entre autre - à sauver Young-goon de son anorexie (car un cyborg ne mange pas, c'est bien connu). C'est mignon tout plein, on dirait AMELIE POULAIN CHEZ LES NEUNEUS et hormis les quelques scènes de rêves durant lesquelles Young-goon se transforme en Terminator sanguinaire, le film est d'un ennui redoutable !

Chan-wook Park avait déjà amorcé son changement d'orientation avec le précédent - et somptueux - LADY VENGEANCE. Là, la bifurcation est nette et flagrante, et ce n'est pas forcément pour le meilleur. Celui qui savait si bien sublimer la violence et la douleur ne possède pas (encore ?) le langage cinématographique sachant illustrer la douceur et la tendresse. Son film est rapidement plombé par une sorte de poésie enfantine naïve qui ne fait malheureusement pas illusion et semble trahir la volonté d'un auteur à se débarrasser d'une étiquette qu'il juge trop embarrassante. Seulement à force de se renier soi-même, il y a des risques pour qu'on y laisse des plumes et ces plumes sont sans doute ce qu'il manque à I'M A CYBORG BUT THAT'S OK. Kerozene

JOINT SECURITY AREA - Chan-wook Park, 2000, Corée

Avant de se faire remarquer avec sa trilogie de la vengeance (SYMPATHY FOR MR. VENGEANCE, OLD BOY et LADY VENGEANCE), Chan-wook Park a marqué le coup en raflant le grand prix du festival du film asiatique de Deauville avec JSA. JSA traite du mal principal rongeant le peuple coréen, à savoir la séparation Nord-Sud. L'intrigue prend place à la frontière des deux Corées, au moment où un soldat sudiste tente de fuir le poste de garde nordiste dans lequel vient d'avoir lieu une fusillade. Les forces neutres de la zone démilitarisée, à savoir la Suisse et la Suède, engagent une suissesse d'origine coréenne afin d'enquêter sur l'affaire dans le but de déterminer qui est responsable de la tuerie, et surtout d'éviter de faire en sorte que cette affaire ne mène à un éventuel conflit. L'histoire qui se révèle alors est celle d'une amitié sincère entre des frères ennemis par obligation, celle d'un peuple déchiré au plus profond de sa chaire.

Bien loin de la violence clinique et extrêmement brutale de OLD BOY, Park signe ici un film de commande qui lui parle sans doute moins que ses films à venir, mais qui ne l'empêche pas d'aborder le sujet avec classe et subtilité. Malgré tout non exempte de violence, les moments forts du film sont surtout présents lors des longs flashbacks illustrant les événements qui précédèrent le drame d'ouverture: la rencontre entre les soldats aux postes de garde à la frontière qui se découvrent de véritables atomes crochus contredisants toute la propagande qui leur a été enseignée. Park rend la présence de cette frontière aussi douloureuse via ses protagonistes, qu'absurde (les touristes américains la visite comme s'il s'agissait d'un parc d'amusement). Malheureusement la réalité est ce qu'elle est, c'est à dire triste et dure, et si la fin peu dérouter les spectateurs occidentaux elle est sans doute pleine de bon sens pour les coréens.

Belle histoire humaniste donc, magnifiée par une photographie d'une beauté époustouflante aux éclairages extrêmement soignés et ponctuée de rares effets digitaux gratuits et inutiles (un hibou...) que l'on pardonne volontiers. Kerozene

KICK THE MOON, aka Shinlaui Dalbam, Kim Sang-Jin, 2001, Corée du Sud, 1h58

Ça débute avec un espèce de concours de chant ridicule, où les élèves les plus cools d'un lycée coréen se relaient sur scène pour interpréter des tubes vraiment fromageux. On nous met en scène la rivalité qui oppose deux élèves, un garçon réservé et l'autre plutôt populaire et bagarreur. Dix ans plus tard, le tough est devenu un professeur qui utilise des méthodes plutôt violentes pour punir ses élèves désobéissants, tandis que Young-Jun, l'autre lascar, est maintenant un gangster suivi par une véritable armée de subordonnés. Ils se revoient, reprennent un semblant de relation jusqu'à ce qu'une jolie fille, de laquelle ils tomberont tous deux amoureux, ne vienne réveiller leur ancienne rivalité.

Du réalisateur de ATTACK THE GAS STATION, cette comédie (?) coréenne se regarde sans déplaisir, mais sans réel plaisir non plus... Kim Sang-Jin crée un petit univers tout à fait irréaliste où tout le monde se tape sur la gueule - un trait typiquement coréen, typique d'une certaine inconscience sociale - et où les gangsters sont des individus ridicules incapables de vraiment faire du mal à quiconque.

On note encore une fois l'obsession des asiatiques pour les boys bands, cette plaie qui gâche plus d'un film... Le récit est improbable mais quelquefois amusant à suivre, mais s'étend trop longuement sur des sous-intrigues qui, bien qu'elles ne soient jamais abandonnées en cours de route, ne servent pas à grand chose.

L'interprétation est caricaturale sans tomber dans l'hystérie, et le seul comédien qui sort vraiment de la mêlée avec distinction est Sung-Jae Lee, qui était déjà de la distribution de ATTACK THE GAS STATION et que l'on a aussi vu dans PUBLIC ENEMY. Reste la bien jolie Hye-su Kim (TOO TIRED TO DIE) qui sert de love interest mais dont on ne développe pas vraiment les motivations. Un film bien terne et superficiel donc, qui insiste beaucoup trop sur l'immaturité pour être pris au sérieux. Orloff

 

MEMENTO MORI aka Yeogo goedam II - Tae-Yong Kim/Kyu-Dong Min, 1999   

Une jeune lycéenne homosexuelle (et fort jolie) est persécutée par ses camarades et reniée par sa copine. Elle se jette alors du toit de l'école. Une autre élève découvre leur journal intime avant le suicide et se rapproche inévitablement des deux filles. Mais après la mort de la gouine, il semblerait que sa présence hante les lieux. C'est alors que l'on découvre son passé et le pourquoi de son retour parmi les vivants.

Attention, il ne faut pas se faire d'illusion. Ici, c'est à un film sur les relations humaines qu'on a à faire, pas un film de fantôme. L'action débute d'ailleurs très lentement à tel point qu'on se demande même par moment si on ne s'est pas trompé de film. Mais au fur et à mesure le film prend ses marques et s'avère être une jolie bluette avec ses 2-3 effets gentiment chocs, mais rien de bien flippant. La mise en scène est soignée et les acteurs, actrices surtout, sont plus que convaincants. On regrettera l'absence totale de nichons ou des scènes de lesbianisme explicite. Kerozene

MUSA - Sung-su Kim, 2001, Corée 

Au 14ème siècle, une délégation diplomatique de Corée est rejetée dans le désert par la dynastie naissante Ming. Une bande de mongols Yuen tuent leurs escortes chinoises, mais voilà que le général Coréen sauve une princesse ( Zhang Ziyi ) Ming du convoi Yuen. Ils seront ardemment poursuivis par les troupes Mongols jusqu'à un fort qui se révèle abandonné. Un terrible siège s'annonce...

Film historique à grand déploiement, MUSA débute très lentement dans le désert. Heureusement que le tout se corse dans des scènes de poursuite avec des poussées de violences étonnantes. Le sang gicle, les têtes sont coupées, les flèches pleuvent et les sabres et massues rencontrent l'ennemi dans des chorégraphies d'un réalisme cru. Le scénario ressemble étrangement à un vieux western américain: attaque de la diligence, poursuite dans le vallon, dans la forêt, attaque du fort, les similitudes sont nombreuses, la différence se situant dans le refus du "happy end" américain habituel. On philosophe entre deux combats, également. La musique m'a aussi fait décrocher à quelques reprises, trop moderne pour un récit classique. Un film fort apprécié avec quelques réserves. Mario Giguère

MY RIGHT TO RAVAGE MYSELF aka SUICIDE DESIGNER aka Naneun nareul pagoehal gwolliga aka Mise à nu - Jeon Soo-il avec Jung Bo-seok, Choo Sang-mee, Kim Young-min, Park Soi, 2003, Corée du Sud, 93m

« Il n’y a que deux façons de se rapprocher de Dieu : écrire ou aider les gens à mourir. »

On débute avec Mara, une artiste qui fait une performance dans un temple en ruine. On rencontre ensuite Sei-yeon, une fille que l’on pourrait qualifier de nymphomane et qui a couché avec deux frères, choisissant capricieusement le plus âgé, un photographe. Cette fille qui semble vivre pour l’instant présent va se suicider après avoir rencontré le «suicide designer», Sung, un écrivain qui accompagne et prépare des gens qui veulent, selon son expression, «se reposer». Le plus jeune des frères est en furie contre son ainé et cherche à se venger en faisant un mauvais parti a l’assistant au suicide. Pendant ce temps, Mara demande au photographe de filmer ses performances, car elle ne s’est jamais vue en action. Ses actes tournent autour du sang et de la mort et on devine rapidement qu’elle aussi a de mauvaises intentions.

Oeuvre existentialiste nihiliste d’une beauté formelle étonnante, SUICIDE DESIGNER multiplie les réflexions sur la vie, la mort et l’art. Au travers, il y a bien ce jeune homme, inspiré par son idole Kurt Cobain qui veut se faire donner la mort et qui changera d’idée, mais il est en périphérie de l’histoire, comme un échappatoire, une excuse pratique pour ceux qui croiraient que le réalisateur présente le suicide comme seule réponse au mal de vivre. La photographie est superbe et les acteurs excellents. Le mélange initial d’Eros et Thanatos ne prend pas toute la place, mais rappelle bien cette dualité inévitable des désirs sexuels et des pulsions de mort. La mise en scène s’attarde sur les acteurs avec curiosité et l’on tente de percer le mystère de ces âmes malades. Le montage y va de retours en arrière fréquents, nous aidant à comprendre ses personnages atypiques. Mais devant le sujet, il faut se méfier des jugements, il faut écouter et tenter de comprendre, ça ne laisse pas indifférent. Mario Giguère

NATURAL CITY - Byung-chun Min, 2003, Corée du Sud

Dans un futur plus ou moins post-apocalyptique, dans une mégalopole tentaculaire pleine d'enseignes au néon et de voitures volantes, des cyborgs défectueux se rebellent contre le genre humain. R, membre tête-à-claque d'une unité d'élite anti-cyborg, a le malheur de s'amouracher de l'un d'eux. Il faut dire que ce cyborg, danseuse dans une boîte à cul, possède des courbes qui feraient tourner la tête à n'importe quel mâle hétéro normalement constitué. Mais son cyborg est à deux doigts d'expirer et commence à montrer de sérieux signes de faiblesses. Le seul moyen pour lui de la sauver est de trouver un cyborg en bon état et d'y insérer la carte mémoire du sien. Ce qui est illégal... si j'ai bien tout compris...

Que "Natural City" rende hommage à "Blade Runner" ou le pompe allègrement, on s'en fout pas mal au final, car cela ne change rien au fait qu'on fait face ici à un film puissamment casse-burne. Un gros film de SF nombriliste inutilement confus qui te balance quelques scènes de baston usant abusivement du bullet time et mises en scène avec une étouffante prétention. Des scènes purement illisibles qui provoquent plus la migraine que l'émerveillement. Au-delà de ça, on suit les errances solitaires d'un héros désabusé qui fume des clopes sur des airs de saxo langoureux. Ringard. Byung-chun Min semble se regarder tourner et aligne des plans qui feraient très jolis dans un vidéo-clip mais ne raconte finalement pas grand chose. Cependant, l'intérêt de "Natural City" semble être ailleurs, il s'agit peut-être d'une sorte de pensum autour de l'érosion des rapports humains et de la domination technologique. Ou pas. Quel que soit l'objectif, celui-ci me semble complètement raté. Kerozene

NIGHTMARE aka Gawi - Byeong-ki Ahn, 2000, Corée 

Un groupe de 7 jeunes adultes cachent un terrible secret. Lorsqu'ils commencent à mourir les uns après les autres, l'oeil arraché, la gorge tranchée, la question se pose: a-t-on affaire à la vengeance d'un fantôme ou la folie d'un des leurs ?

Un scénario qui reprend des thèmes bien connus, du slasher américain et de fantôme japonais, Nightmare brasse la linéarité, divulgant au compte goutte les informations sur l'acte mortel. On finit par comprendre que le tout est présenté sous l'angle de la seule personne qui n'est pas au courant de l'histoire, mais là encore, le puzzle ne se complète que dans les dernières minutes. On mélange pratiquement le giallo à la Argento avec l'univers de Ring. Si l'équation est intéressante, on a de la difficulté à éprouver de la compassion pour les victimes et l'ensembe a des airs constants de déjà vu. En version originale sous-titrée, les prénoms originaux qui sont si peu familiers ont ajouté à une certaine confusion, je l'avoue. D'autre part, je commence à mieux comprendre le phrasé coréen, qui termine souvent la phrase sur une note descendante, comme le cantonais, ce qui n'a pas à être perçu comme une émotion lassive, juste une particularité linguistique. Film intéressant mais pas indispensable, loin de là. Mario Giguère

NO BLOOD NO TEARS - Seung-wan Ryoo, 2002, Corée du Sud   

Après un premier long d'excellente réputation et réalisé avec quelques bouts de ficelles (DIE BAD, terminé en 2000), le réalisateur Seung-wan Ryoo, prodige local et futur auteur d'ARAHAN et de VIOLENT CITY, se voit offrir un budget très confortable pour les besoins de ce NO BLOOD NO TEARS, thriller noir pour intrigue à tiroir sur fond d'amourettes et de gunfights. Visiblement, Ryoo aime le cinéma occidental et il le fait savoir. Son film présente une bande de truands d'horizons divers à la recherche de l'argent généré par les paris de combats clandestins. Les protagonistes se croisent et se recroisent, à la manière d'un LOCK, STOCK, AND TWO SMOKING BARRELS, avec scènes de bastons martiales en plus - malheureusement atrocement mal filmées. Et comme on en est à citer des films " cool ", autant y aller carrément et se la jouer OCEAN'S ELEVEN avec une bande son jazz-rock super groovy que les fans de Clooney et ses potos apprécieront peut-être mais qui s'avère en réalité traduire une abominable faute de goût. En plus de cela, il nous colle quelques morceaux pop façon Tarantino&ldots; le problème est qu'il s'agit là de ce que (selon moi) Tarantino maîtrise le moins.

Donc, résumons : un scénar " malin " façon Guy Ritchie, une bande son " fun " façon Soderbergh/Tarantino, des combats filmés avec les pieds&ldots;. Mais que reste-t-il ? Ben pas grand-chose en fait. Il y a les superbes actrices et quelques scènes ici et là qui méritent d'être sauvées, mais noyées au milieu de ce gloubiboulga filmique, c'est peine perdue. Ryoo se rattrapera deux ans plus tard avec le très divertissant ARAHAN. Kerozene

NOWHERE TO HIDE - Myung-se Lee avec Joong-Hoon Park, 1999, Corée, 90m

Le détective Woo (Tiens tiens), policier aux méthodes brutales, se doit de retrouver l'homme qui a assassiné un important chef de la pègre. Notre inspecteur décide donc de flanquer des raclées à tous ceux ses suspects pour leur faire cracher le morceau. Petit à petit, Woo s'approche de la confrontation finale, mais il va en perdre bien des plumes.

J'aurais tellement voulu aimer ce film mais malheureusement, rien à faire. La pochette de mon VHS annonçait un hommage à John Woo, on le voit assez rapidement, ralentis, face à face et plans séquences sont au rendez-vous. Ce qui manque par contre, c'est de l'intérêt face à un film qui manque cruellement de rythme et qui s'avère assez pénible. D'accord c'est visuellement assez réussi et la photographie est très recherchée mais c'est en même temps tout le problème. J'ai eu l'impression de regarder un exercice de style qui cherchait désespérément à être cool au détriment du scénario. On alterne humour et sérieux de façon abrupte sans trop de succès et dans mon cas, c'est devenu rapidement très irritant. Sans parler du personnage principal qui cabotine tellement qu'il élimine toute chance qu'on s'attache à lui. On sent que le réalisateur a voulu en faire à sa tête, qu'il ne cherchait pas à faire un beau petit film académique mais qu'il s'est aventuré dans une avenue assez casse-cou qui créée une énorme distanciation qui malheureusement pour lui, fait mieux voir les nombreux défauts du film. Dommage, l'intention était bonne. Abba

OLD BOY - Chan-wook Park, 2003, Corée du Sud

Que feriez-vous si vous étiez enfermé durant 15 années dans une chambre au papier peint hideux par quelqu'un dont vous ignorez l'identité et pour une raison que vous ne connaissez pas ? Oh Daesu, lui, a eu le temps de se la poser, cette question. Après 11 ans de dépression et diverses tentatives de suicide, il s'est fait une raison et s'est fixé un but. Trouvé le responsable et lui faire la peau. Un beau matin, il se réveille en haut d'un immeuble. Habité par une rage débordante et une insatiable soif de vengeance, Daesu va mener une enquête surprenante à la révélation aussi douteuse que douloureuse.

Ce pitch de départ des plus excitants permet à Chan-wook Park de jouer avec son spectateur qui tentera bien vainement de deviner le pourquoi du comment de l'incarcération de Daesu. Celui-ci mène son enquête à grands coups de poing dans la gueule et dessoude du bad guy à tour de bras. Le rythme posé et contemplatif du film, tout en contraste avec ses scènes d'ultra violence sanglante, nous conduit calmement vers la tant attendue révélation, comme à l'image de cette scène magnifique dans laquelle Daesu se bat dans un couloir contre une douzaine de types patibulaires armés de bâtons et de couteaux. Une scène filmée en plan séquence directement issue d'un bon vieux jeu vidéo classique dans le style de Double Dragon. Tout comme pour SYMPATHY FOR MR. VENGEANCE, le film vogue calmement vers sa terrible conclusion en amenant son héros désabusé et seul au monde au travers divers escales d'intense brutalité puis à une relation amoureuse quelque peu douteuse. OLD BOY intègre ces mêmes éléments pour une histoire encore plus forte, plus absurde et au final nettement plus tordu. Park est définitivement un auteur à suivre, un cinéaste qui, avec Kim Ki-Duk, offre au cinéma coréen ses lettres de noblesse. Kerozene

Oh Dae-su est kidnappé puis enfermé dans une chambre d'hotel sans savoir qui sont ses ravisseurs ni pourquoi ils l'ont choisit. Son seul lien avec l'extérieur est une télévision et c'est par elle qu'il apprendra que sa femme a été assassinée et qu'il est le principal suspect. 15 ans plus tard, il est relâché avec de l'argent et un cellulaire. Il se lance alors dans une recherche frénétique pour découvrir qui est responsable de son "emprisonnement" et bien sûr, se venger.

Deuxième épisode d'une trilogie sur la vengeance qui avait commencé par l'excellent SYMPATHY FOR MR. VENGEANCE, OLDBOY est un voyage dans la cruauté humaine (et animal) intense qui ne peut laisser personne indifférent. Beaucoup moins violent que son prédécesseur, ce film renferme tout de même quelques moments de pure poésie cruelle tel cet affrontement au marteau avec une trentaine de brigands, le tout filmé avec retrait et sobriété.

L'éclairage, la direction artistique tout comme la musique, un savant mélange de musique classique et d'électro, est soigné et absorbe le spectateur dans le cauchemar que vit le personnage principal.

Par contre, ce film est loin d'être parfait. SYMPATHY... (qui aura droit aussi à sa sortie cinéma) était de loin supérieur et plus achevé. Ce qui m'a le plus dérangé dans OLDBOY c'est la finale, lorsqu'on apprend la raison principale de toute l'entreprise. Raison plutôt mince et superficielle. Mais Chan-Woon Park a assez de talent pour nous le faire oublier et maintenir notre intérêt jusqu'au générique.

Donc, ne laissez pas la hype brimé votre expérience cinématographique et écoutez ce film si ce n'est pas déjà fait. Pas aussi génial qu'on le prétend mais une sacré baffe dans le visage du cinéphile.

Et pour que j'aime un film coréen, pour ceux qui me connaissent, ça, c'est tout un exploit. Mathieu Prudent

PHONE - Byeong-ki Ahn, 2002, Corée du Sud, 1h40.

Ji-Won, une journaliste coréenne, vient de publier un article sur un réseau de pédophiles qui fait beaucoup de bruit et, excédée par les menaces qui lui sont faites sur son téléphone cellulaire, décide de changer de numéro et de se terrer dans une maison que lui prêtent un couple d'amis. Les appels ne cessent pas pour autant et elle découvre avec effarement que tous ceux ayant précédemment utilisé son nouveau numéro de téléphone sont morts dans des circonstances plus que suspectes. Chaque fois qu'elle entend la sonnerie de son mobile, rien de bien réjouissant ne se profile à l'horizon...

Voilà une production coréenne comme il s'en produit des tonnes, prévisible dans son ensemble et soporifique dans le détail. Les clichés asiatiques abondent, de la fillette possédée et supposément inquiétante (la repoussante Seo-woo Eun) au téléphone qui ne cesse de sonner chaque fois qu'une inquiétude surgit. On a même droit aux flash-back mal placés - et foutrement mal indiqués, ce qui crée une certaine confusion dès qu'on est le moindrement inattentif - et à des "visions" qu'a l'héroïne des crimes du passé. La mise en scène est trop traditionnelle et sage pour créer la tension tant attendue, et la direction photo, avec ses teintes pastel abondantes, nous rappelle sans cesse que la réalité se dissimule derrière des gels de couleur. La bande son orchestrale est sans originalité et souligne des effets ternes, que l'on voit venir de très loin. PHONE est un drame psychologique surnaturel jouant sur plusieurs registres mais sans identité propre, se contentant de calquer plusieurs succès récents du box-office coréen et jouant sur des coïncidences gigantesques, à croire qu'il n'y a que quelques centaines d'habitants en ville. Comme poésie occulte, on a déjà vu mieux. Orloff

J'ai eu de la difficulté au début du film, on change de personnage, mais je ne m'en suis pas rendu compte rapidement, les Coréennes se ressemblant toutes à mes yeux de Nord Américain. Donc, une jeune fille disparaît et une journaliste, qui enquêtait sur un réseau de prostitution juvénile et qui change de numéro de téléphone parce qu'elle se fait harceler, se retrouve avec son numéro de téléphone. Elle continue d'avoir de drôles d'appels et lorsque la fille de sa soeur répond à sa place, la petite semble possédée par l'esprit du téléphone.

Si ça semble confus, ça ne se règle pas non plus dans le scénario. Entre le client du réseau de prostitution qui va finir par se manifester et la petite qui est bel et bien possédée et l'étrange triangle amoureux qui se dessine, on finira par tout comprendre lorsque le récit tombe dans le classique Edgar Allan Poe.

Tout cela est très bien photographié mais le montage qui retourne dans le temps sans avertir crée de la confusion. Il y a de bons moments, mais on ne peut plus classiques et l'ensemble est une enfilade de scènes déjà vues autant en Asie qu'en Amérique du Nord. La musique est particulièrement non efficace, faible au niveau sonore et bien trop classique et trop mièvre pour soutenir le film. Le final rachète un peu le film, je n'avais pas venu venir toutes les situations. Ca reste peu. Mario Giguère

POSSESSED aka LIVING DEATH aka DISBELIEF HELL - Yong-Joo Lee, 2009, Corée du Sud   

Hee-jin, jeune et jolie femme vivant à Séoul, apprend que sa petite soeur So-jin qui vit avec sa mère religieuse a disparu. De retour au foyer familial, elle apprend que So-jin était possédée, du moins selon les témoignages de quelques voisins pas toujours très nets ni très lucides. Des voisins qui commencent d'ailleurs à mourir comme des mouches dans des circonstances pour le moins troublantes.

Selon son réalisateur Yong-Joo Lee, "Possessed" est un film sur l'obsession religieuse, un phénomène qu'il dit être très présent en Corée du Sud. Le film nous présente effectivement la mère de Hee-jin comme une vieille bigote allumée qui justifie tous les malheurs du monde par le manque de foi de ses contemporains, ainsi qu'une prêtresse païenne pratiquant la magie noire à grand renfort de poulet décapité et d'incantation incompréhensibles. Il ne s'agit donc pas là d'un de ces films de fantômes chevelu, pourtant "Possessed" leur ressemble comme deux gouttes d'eau, que ce soit au niveau de l'ambiance générale, des jump scares convenus ou des apparitions "fantomatiques" de certains protagonistes justement (visage surgissant derrière une fenêtre, silhouette se tenant dans la pénombre, personnage tournant le dos à la caméra derrière un coin de porte...). Dommage de recycler ces vieilles recettes éculées pour un sujet qui aurait pu s'en passer. Par bonheur, "Possessed" possède (!) tout de même quelques atouts, comme une bande son passablement noisy qui contribue à rendre certaines scènes particulièrement tendues; il y a aussi cette scène onirique - même si mal foutue - d'un émeu se promenant en plein milieu urbain sous les yeux de l'héroïne, ou encore celle de la pendaison brutale d'une jeune femme se jetant depuis le toit de l'immeuble, ou encore la mort du gardien d'immeuble littéralement couvert de plusieurs centaines de litres de son propre vomi! Des instants réjouissants ou repoussants qui ne suffisent malheureusement pas à rendre "Possessed" attachant pour autant. Kerozene

The PRESIDENT'S LAST BANG aka Gu-tte Gu-Saramdul - Im Sang-Soo, 2005, Corée du Sud 

En 1979, le président coréen convie à une petite soirée le chef des services secret, son chef de sécurité et son secrétaire. Bouffe fastueuse, blagues salaces et chanteuses frivoles au programme de cette chaleureuse soirée qui s'avérera être la dernière du dirigeant politique au pouvoir depuis 20 ans. THE PRESIDENT'S LAST BANG revient sur un des événements les plus important de l'Histoire de la Corée du Sud, la fin de son dictateur Park Chung-Hee et de son régime. Régime certes bénéfique pour l'économie du pays mais oppressant pour ses habitants. Là où le film se distingue de manière épatante, c'est grâce à son approche satirique totalement bluffante et inattendue. Son réalisateur adopte un ton peu commun au cinéma coréen, en particulier lorsque celui-ci traite de politique. Ses propos sont clairs: critiquer l'absurdité d'un régime violent, hypocrite et menteur à travers la description des événements prenant place avant, pendant et après l'assassinat du dirigeant mégalo et qui décrivent les dérives et incompétences d'un gouvernement au final ridicule et maladroit. Mais cette moquerie n'est pas gratuite, elle traduit bel et bien un malaise ancré dans les racines de la culture coréenne contemporaine.

Les enfants du président Park n'ont d'ailleurs pas apprécié la chose. Ces deux puissants politicards actuellement en activité, s'ils ne sont pas parvenus à interdire le film, ont en revanche obtenus des coupes, ce qui ne manqua pas de faire grand bruit au Pays du Matin Calme. THE PRESIDENT'S LAST BANG est un film politique, certes, mais bien loin de la rigueur sèche d'un DOUBLE AGENT. On nage ici en pleine comédie noire ponctuée d'éclairs de violence, le tout emballé de manière élégante par une mise en scène remarquable et une photographie somptueuse. Indispensable, que l'on aime le cinéma coréen ou non. Kerozene

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