Saluons le cinéma Canadien et Québécois, de plus en plus connu et renommé ! Retrouvez aussi David Cronenberg sur sa page.

mise à jour le 27 mai 2009

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Serge Laprade

100% BIO - un compostage de Claude Fortin, 2003, Canada, 1h41

Claude Fortin, cinéaste persistant, magicien de la structure scénaristique, témoin qui questionne calmement, mais pertinemment, est "effouaré" dans son salon et regarde la télé. En zappant, il tombe sur une infopub où Serge Laprade vend des chaudrons. Sous le choc de voir qu'une telle personnalité en est "réduite à ça" pour gagner sa vie, il prend contact avec Laprade et lui propose son projet de film : un survol de l'histoire de la télé québécoise à travers l'histoire de sa carrière. Il aura tout d'abord un peu de mal à convaincre le bonhomme, que ses amis - dont Gaston l'Heureux dans de savoureuses apparitions aussi brèves que brutales - encouragent à laisser tomber, et une fois que Laprade aura accepté, ils se frapperont aux méandres administratives des stations de télé, qui demandent des tas de formalités avant de laisser quiconque consulter leurs archives. Et là ne sera pas la moindre de leurs difficultés...

Débutant sur une note amusante, ce "compostage" de Claude Fortin est une oeuvre aux implications multiples, jouant sur plusieurs niveaux de réalité, plongeant dans la confusion quiconque essayant de démêler le vrai du faux. Il est donc essentiel de ne pas s'y cérébraliser, de s'asseoir et de se laisser emporter par la maîtrise du récit.

Fortin questionne donc autant la croyance qui veut que la télé soit notre "mémoire collective" que le rôle de celle-ci dans nos vies. Et il ne faut pas être fanatique du petit écran pour apprécier l'attention; je suis moi-même assez rébarbatif à cette lobotomie collective, et j'ai quand-même été ébloui par cette pertinente réflexion sur le médium. Il agite aussi une question identitaire, à savoir si nous sommes en tant qu'individu le résultat de notre expérience, si notre valeur se calcule au degré de vécu, si l'être que nous croyons projeter doit être supporté par des preuves visuelles...

On a droit à une comparaison entre la mémoire citadine, ingrate et fugitive, et la mémoire régionale, qui entretient le mythe et "fait attention à son passé". C'est particulièrement flagrant quand Laprade, que personne ne connaît ni ne reconnaît en ville alors qu'il cherche des traces de son passé, se rend en Gaspésie pour réfléchir à son enfance et réalise, dans une scène d'une beauté certaine, que la région entière se penche sur son passé d'une façon quotidienne, tant dans les conversations de taverne que dans les commerces locaux, qui gardent une révérence respectueuse en face de "ceux qui étaient là avant eux".

Le géographe amateur, de sa caméra, capture la beauté simple et rurale de sa région, les longues routes où personne ne passe, les ports tranquilles et les vallées que survolent les mouettes et les goélands. C'est un retour à la terre silencieux, un havre de paix où se posent plusieurs questions sans réponses, où la contemplation devient naturelle et où le geste brusque est proscrit, non pas par une loi tacite, mais par l'inconscient collectif et individuel qui respecte cette terre paisible, ces éléments déchaînés qui ont sculpté le rocher Percé.

Au bout de la route, Fortin et Laprade, entre lesquels est née une amitié rampante, réalisent beaucoup de choses, et se lancent dans une nouvelle aventure cinématographique dont nous avons sous les yeux le résultat, tour de force de deux scénaristes imaginatifs, qui mystifient le spectateur admiratif.

Fortin y est lui-même, dans toute sa splendeur taciturne, et Laprade y est une révélation, loin du "has been" qu'on le croit devenu, personnage honnête et sympathique, témoin de toute une époque de changements, éternel optimiste qui continue, à un âge où quiconque songerait à la retraite, à garder un regard vif sur le monde qui l'entoure, une curiosité jamais rassasiée et une envie cuisante d'en connaître davantage à propos de cet art "mineur" qu'on appelle cinéma. Orloff


Jacques Godbout

L'AFFAIRE NORMAN WILLIAM - Jacques Godbout, 1991, Canada, 1h30 

Piel Pedjo Maltais ou Norman William, seul et même homme, escroc ou bienfaiteur ? Voici un résumé succinct et troublant de l'histoire de la vie de ce québécois débrouillard à la vive intelligence qui se prend pour un indien dès son plus jeune âge, après un séjour dans une réserve Micmac de Gaspésie. Il semble mythomane et pourtant on retrouve plusieurs preuves matérielles de ses fabulations, ce qui nous fait dire qu'il faut prendre ses propos avec plus qu'un grain de sel. Chef des "Peuples Unis" qui succède soi-disant à Martin Luther King, gourou d'une secte de hippies indiens qu'il traîne avec lui partout en Europe, tantôt riche à craquer et tantôt réduit à mendier pour manger, l'homme est une énigme totale et absolue, que Jacques Godbout cherche à démêler.

Ce documentaire bavard qui ne laisse guère souffler le spectateur est fascinant. Godbout filme sans condamner, et les différents points de vue des divers intervenants (autant un journaliste belge qui a consacré un ouvrage à l'énigme Maltais que l'avocat de ce dernier, qui a aussi l'air escroc sur les bords) sont mis en opposition sans effets choc, tout simplement ahurissants.

De Bernard Landry, avec qui Maltais a fait le légendaire "cours classique", à Godbout lui-même, qui a été traquer son sujet jusqu'en France et qui lui fait passer de multiples entrevues, où le bonhomme se révèle posséder un sens de la répartie inégalé, c'est à tout un voyage dans l'imaginaire délirant d'un magicien du mensonge qu'on a droit. Comment faire la part des choses alors que la paranoïa visiblement infondée de Maltais, qui craint qu'on n'en veuille à sa vie, se révèle un bon matin fondée, alors que deux conducteurs anonymes le fauchent en voiture sur sa ferme belge et essaient de lui crever les yeux ?

Maltais est encore vivant et se cache quelque part, recherché par les polices de plusieurs pays de l'union européenne, et poursuivi par ces assaillants sans visage qui le voudraient mort. Le film se termine avec un témoignage troublant de ses trois enfants, aussi vêtus de costumes micmac, qui le louangent en coeur. Une bien étrange expérience que ce visionnement. Orloff

ASCENSION - Karim Hussein, 2002, Québec

L'Apocalypse a commencée. Les responsables ne sont pas les extraterrestres, les armes nucléaires ou un virus incurable. Le responsable, c'est Dieu lui-même qui, sans tambour ni trompette, a commencé à détruire sa propre création. Le seul moyen de l'arrêter avant qu'il ne soit trop tard : monter la tour dans lequel il se cache et mettre fin à son règne de terreur. Trois femmes venant de milieu différent ( une prêtresse, une athée enceinte et une jeune fille au passé trouble ) vont tenter cette épreuve et escaladeront ensemble l'interminable escalier qui les mènera au Créateur.

Ascension a donc un synopsis très intéressant qui pourrait, avec l'aide d'un bon scénariste, donner quelquechose de bien. Lorsque les trois héroïnes sont présentées, les voir vêtue d'une cape noire traverser des terres enneigées recouvertes de cadavres nous plonge dans le même univers des films de Jean Rollin, ces derniers mêlant habilement poésie et érotisme. Tout cela pour dire que l'introduction du dernier Hussein crée de très grandes attentes qui disparaissent rapidement dès que nous voyons pour la première fois la fameuse tour divine, qui s'avère être l'un de ses édifices délabrés du Vieux Port de Montréal. Immédiatement, la crédibilité de l'œuvre tombe puisque l'on a de la misère à s'imaginer que Dieu aille se terrer dans un endroit pareil. En tant que cinéphile compréhensif, on est prêt à pardonner ce détail, bien qu'il soit majeur, et on se dit que le reste du film va peut-être nous faire oublier cet élément. Malheureusement, ce qui suit ne fait qu'empirer les choses.

Ascension a un rythme long, pas lent, long ! Les scènes montrant les trois dames montant les escaliers sont interminables puisqu'il ne se passe absolument rien. Cela aurait pu être bien si le metteur en scène aurait mieux dirigé ses comédiennes ( Marie-Josée Croze n'aurait jamais gagné une Palme d'Or avec ce film ) et s'il ne leur avait pas écrit des dialogues risibles et prétentieux. Car à la place d'avoir de l'action, nous avons droits à des échanges philosophiques sur la religion frôlant le ridicule. Ils sont émis avec tellement de sérieux que l'on se rend rapidement compte que le réalisateur est persuadé de nous apprendre la seule et unique vérité sur les croyances et l'existence divine. Le problème, c'est que la pensée en tant que telle est très mal écrite ( des mots de dictionnaire ne rendent pas un discours plus intelligent ) et elle s'avère tellement pleine de contradiction que l'on ne peut y prêter attention sans éclater de rire. Le pire, c'est que tout le film est basé sur les discussions entre les personnages. Comme le dirait les Français, on s'emmerde et la seule excitation est d'entendre la prochaine idiotie que le scénariste nous a concoctée.

Pour ce qui est de la technique, on a vraiment l'impression de regarder un mauvais film étudiant puisque le cinéaste tente de faire des plans intéressants uniquement pour épater la galerie. Mais une photographie n'apportant rien au récit est une photographie vide, encore plus quand celle-ci est mal faite. En effet, les mouvements de caméra sont inégaux, les cadrages particulièrement ratés et les inserts, d'un nombre incroyablement grand, viennent alourdir le rythme déjà lent du film. De plus, on a droit à plusieurs expérimentations gratuites ( deux comédiens jouent le même rôle, l'écran devient rouge lorsqu'un personnage frappe un mur ) qui ne s'avèrent être que des exercices de style tellement raté que cela en devient gênant.

Ascension aurait pu être bon s'il avait été réalisé par un meilleur cinéaste. Il est plein de promesse, mais il n'en réalise aucune. Le film cherche tellement à plaire et à vouloir en mettre plein la vue que cela devient énervant. Un très très gros échec, restez donc au rez-de-chaussée. Oncle Freak

BACK IN ACTION aka Coup de Force - Paul Ziller/Steve Dimarco avec Billy Blanks, Roddy Piper, Bobbie Phillips, Kai Soremekun, Matt Birman, Nigel Bennett, Damon D'Oliveira, Rob Stefaniuk, 1994, Canada, 93m

Frank Rossi est un policier qui a réussi à s'infiltrer dans l'organisation criminelle dirigée par Kasajian, afin de la démanteler. Mais au moment où Frank est sur le point de réussir, l'intervention inopinée de Billy, venu soutirer sa soeur Tara de l'influence de Kasajian, fait échouer l'opération et Frank voit son partenaire se faire descendre. Bien qu'il soit démasqué, Frank n'en renonce pas moins à continuer de lutter contre Kasajian et ses gangsters. Ceux-ci en ont cependant déjà plein les bras, car ils cherchent sans succès à liquider Tara, témoin du meurtre du partenaire de Frank, qui est protégée par son frère Billy, un redoutable expert en arts martiaux. La route de Billy ne tarde donc pas à recroiser à nouveau celle de Frank. Malgré leurs oppositions, ils décident de joindre leurs efforts pour venir à bout de Kasajian. Mais ses hommes parviennent finalement à retrouver Tara et la kidnappent, ainsi qu'une journaliste nommée Helen, qui est aussi la petite amie de Frank.

Depuis plusieurs années, le cinéma canadien d'exploitation cherche à imiter les succès américains sur le marché de la vidéo. Bien qu'il y ait deux réalisateurs au générique, cet échantillon ne vole pas haut avec ses clichés ridicules, ses scènes de fusillades d'une grande pourriture et ses multiples bagarres à mains nues mal réglées. Le fou rire du spectateur ne risque pas de ralentir pendant le visionnement, surtout devant le manque d'inspiration des auteurs, qui se servent de la violence pour résoudre les problèmes de leur intrigue à tous les 5 minutes. De nombreuses maladresses tellement grossières contribuent aussi à l'hilarité générale du public, que ce soit les dialogues idiots débités par une distribution entièrement médiocre, où les erreurs techniques persistantes de la mise en scène, de la photographie et du montage. Il manque toutefois de bonnes scènes de baise et de nudité pour en faire un chef-d'oeuvre du psychotronique! Et je suis poli! Cela n'empêche pas ce sous-produit d'être éculé jusqu'à la moelle, et je vous conseille au moins de le voir une fois pour rigoler un grand coup! Mathieu Lemée

BLACK CHRISTMAS aka Silent Night, Evil Night aka Stranger in the House- Bob Clark, 1974, Canada 

Un soir, la veille de Noël dans une sorority house, des jeunes filles font la fête sans se soucier du rôdeur tournant autour de la maison. Soudain, la soirée est gâchée par un coup de fil passé par un sale pervers poussant d'ignobles cris bien flippant et haletant comme un cochon. A ce moment, une des filles disparaît dans sa chambre et s'y fait assassiner propre en ordre.

Le lendemain, personne ne remarque la disparition de cette fille. Sauf son père qui vient la chercher. Pendant ce temps, une autre fille, Olivia, se heurte à un conflit de couple, annonçant à son homme qu'elle est enceinte et qu'elle souhaite avorter. Celui-ci monte les tours et pète un câble.

Puis, une mère de famille annonce aux flics que sa petite fille a disparu, si le flic de service, roi des crétins, ne capte rien à rien, son chef, John Saxon, tente de faire bouger les choses. Une battue mettra à jour le corps de la petite fille.

Olivia, exténuée, retourne à la sorority house, où son con de copain vient lui péter les pieds. Les appels anonymes continuent, la tension monte, l'ambiance devient moite et l'inquiétude nous atteint, nous les spectateurs, soudain sournoisement pris dans l'intrigue. BLACK CHRISTMAS fait mouche et réussi là où la majorité des thriller/slasher échouent: nous captiver, et nous faire flipper un bon coup avant un final étonnant. Les fameux coups de fil y sont pour beaucoup pour l'ambiance effrayante. Très bien torché, ce film mériterait d'être plus connu. Kerozene

Le temps des fêtes arrive a grand pas et j'ai décidé de réécouter ce petit bijou, un film qui a sûrement inspiré When a stranger call, sauf avec des coups de téléphone assez obscènes...du genre je vais sucer ton petit trou, tu vas avaler le tout salope.. et faut surtout pas oublier la vielle ivrogne qui s’occupe du pensionnat et le vieux bonhomme tout offusqué par les gestes des locataires et de la petite vielle. La première fois que l'on voit ce film l'intrigue y reste jusqu’à la fin, la seule déception : on ne sais pas qui est vraiment le meurtrier alors on laisse place a l'imagination. Le film est accompagné d'une certaine touche d'humour qui m’a fait bien rire. Le film a supposément été tourné a Montréal, on voit même Margot Kidder boire une Labatt 50, ca sonne Québécois pas mal. Rana

The BLESSED, The CURSED AND The FORGOTTEN ONE - Taly Danan, 2003, Québec 

Sarah et Philipp découvrent qu'ils ont une soeur, enlevée très jeune, par des magiciens. Elle est la seule à avoir pleinement développée ses pouvoirs, alors que Sarah devine plus qu'elle ne le sait qu'elle peut savoir si ceux qui l'entourent mentent et que son frère a découvert qu'il ne peut plus toucher une autre personne... Les trois jeunes adultes sont le seul espoir contre les forces du chaos qui s'apprêtent à déferler sur la terre...

Production indépendante tournée en 11 jours (on nous apprend les détails dans le générique de fin), le film tourné en vidéo est le premier de Taly Danan. Si l'ensemble se regarde bien, il souffre à l'occasion de défauts de première oeuvre. C'est au niveau du son, particulièrement, qu'il y a place à amélioration, puisqu'on sent toutes les coupures. Les comédiennes s'en tirent bien, Alissa Apa en tête, alors que les hommes ont plus de difficulté à être naturels. Il faut dire que l'ambiance souffre parfois du petit budget, d'importantes révélations pour l'humanité sont faites dans une cour arrière, avec en bruit de fond les petits voisins. Les séquences dans la forêt sont mieux réussies. J'en connaît juste assez sur l'univers de la magie pour apprécier les bonnes intentions du film et oublier ses défauts. La suite est annoncée et on ne peut qu'espérer que l'expérience aidant, il sera encore plus agréable. Mario Giguère

soundzintriguing.com

BLOOD RELATIONS aka Jeu de Famille aka Trepanations - Graeme Campbell, 1988, Canada/États Unis, 90m

Un couple, visiblement heureux, roule en Porsche sur une route enneigée. Ils arrivent devant une immense demeure, et la demoiselle, une française appelée Marie (Lydie Denier, véritable française habituée de jouer les scream queens, qui a aussi tenu un rôle dans General Hospital !?!), paraît fort impressionnée et se donne subséquemment à l'homme qui se révèlera s'appeler Thomas (Kevin Hicks). Elle rencontrera plus tard son père, neurochirurgien, et son grand-père, invalide, et apprendra la triste histoire qui leur fit perdre Shayla, la mère de Thomas. Puis les événements s'obscurcissent.

Huis-clos à petit budget comme on en voyait tant dans les années '80, BLOOD RELATIONS a un mal fou à démarrer. La première heure, bavarde et pas très rythmée, expose lentement la situation et les chassés-croisés criminels possibles. C'est durant la dernière demi-heure que les choses deviennent intéressantes, jouant sans cesse sur le contraste rêve / réalité (le point de vue présenté est celui de l'innocente Marie, que l'on manipule peut-être ?) Et nous faisant douter de l'honnêteté de chacun, un peu à la ROSEMARY'S BABY. Le film comporte d'ailleurs quelques séquences où Lydie Denier est honorée en rêve par les différents personnages masculins du film. Cette petite a par ailleurs un corps fort agréable, qu'elle n'a pas peur de dévoiler, ce qui est bien entendu fort plaisant à l'oeil. La garde-robe et la coiffure de Kevin Hicks, par contre, qui est considéré comme un personnage "sexy", fait plutôt grincer des dents. Le réalisateur, Graeme Campbell - rien à voir avec l'écrivain - est un montréalais d'origine qui a plus tard réalisé des épisodes de THE ROAD TO AVONLEA et qui est toujours actif aujourd'hui. Il nous torche une belle fin-choc qui fait froid dans le dos, pardonnant l'épreuve de force que fut la première heure du métrage. Orloff

BLOWBACK aka L'Exécuté - Mark L. Lester avec Mario Van Peebles, James Remar, Sharisse Baker-Bernard, Gladys Jimenez, David Groh, Stephen Caffrey, 1999, Canada/États Unis, 91m

Un ancien séminariste devenu flic, Don Morell, a réussi au péril de sa vie à capturer un redoutable tueur en série, John Whitman, qui tuait des femmes en les mutilant comme les saints-martyrs de la Bible. Condamné à la chambre à gaz, Withman est toutefois ramené à la vie à l'insu de tous après son exécution, et programmé mentalement à devenir un tueur pour le compte d'une section spéciale de la CIA. Bien qu'il est censé ne plus avoir de mémoire, qu'il possède une nouvelle identité et un nouveau visage, Whitman échappe au contrôle de ses nouveaux employeurs et commence à tuer et à mutiler un par un tous ceux qui ont contribué à le condamner à la peine capitale. Chargé de l'enquête avec une nouvelle partenaire, Morell croit d'abord que ces nouveaux meurtres sont le fait d'un imitateur et admirateur de Whitman. Les circonstances l'amènent toutefois à déduire que Whitman est toujours vivant, mais il est tellement obsédé par cette enquête qu'il est suspendu de ses fonctions. Ayant compris néanmoins que Whitman veut se venger de ceux qui l'ont condamné, Morell sait que lui-même et son ex-femme avocate seront éventuellement les cibles du dangereux maniaque.

Le succès de "SEVEN" a bien entendu engendré toutes sortes de clones et d'imitations cinématographiques. En tant que réalisateur mineur d'oeuvrettes archi-violentes, Mark L. Lester ne pouvait passer à côté d'une telle occasion de pouvoir concevoir un thriller dans la même veine. Le sujet de "BLOWBACK" en vaut bien d'autres malgré qu'il s'enfonce dans le déjà-vu, mais la mise en scène en rend tous les développements prévisibles, ce qui fait qu'il n'y a aucune tension ni suspense. Le spectateur ne fait que se contenter de recevoir sa ration habituelle de gore, de nudité et de violence, mais là aussi la réalisation rend ces éléments bien peu excitants malgré quelques passages chocs assez drôles. L'aspect biblique ne sert que de prétexte aux auteurs pour alimenter artificiellement les scènes de meurtres, sauf que les données sont inutilement forcées, voire détournées en cours de route au profit d'éléments secondaires inutiles étant donné la prévisibilité de l'intrigue. Il n'y a même pas un effort de recherche esthétique dans ce film, car la photographie et le montage sont d'une banalité impardonnable. Les acteurs tentent en vain de montrer à l'écran qu'ils croient à ce maigre projet. Conclusion: pas forcément ennuyeux, mais certainement raté. Mathieu Lemée

BLOODSUCKERS aka VAMPIRE WARS: BATTLE FOR THE UNIVERSE- Matthew Hastings, 2005, Canada   
On est au XXIIIe siècle et les hommes chassent les vampires à travers le cosmos. Ici, pas d'ail, de crucifix, d'eau bénite ou de problème de crème solaire, il suffit de percer le coeur des salopards pour en venir à bout et puis c'est tout. Mais, dans l'espace, les vampires peuvent revêtir bien des apparences: nanas sexy, vieux rockers dégarnis, clone de Leatherface, suceurs de sang au look de zombie décharné ou même cousin d'alien version parasite intestinal (mais doué de la parole!), le vampire se décline en fonction des planètes et des galaxies. Le film suit un petit groupe de la section anti-vampire de l'univers composé d'un chef charismatique, d'un nouvel officier peu apprécié, d'une nana qui en a, d'un cow-boy frimeur et d'une fille mi-femme mi-vampire et accessoirement bombe sexuelle adepte du tantrisme (la très très sexy Natassia Malthe, vue dans DOA: DEAD OR ALIVE).

Si le scénario ne représente pas de surprises particulières, le film se laisse néanmoins voir sans peine. On en attendait pas moins de Matthew Hastings qui avait su surprendre avec son précédent DECOYS. Malheureusement, le dosage épouvante/humour est ici beaucoup moins bien géré et l'ensemble manque un peu de peps pour véritablement convaincre. On peut aussi déplorer une bande son rock mièvre, voire carrément mielleuse par moment qui colle très très mal avec un film qui se veut volontiers plus rock'n roll dans l'esprit. Au final, on retient surtout le vampire version cousin d'alien et la présence de Michael Ironside qui cachetonne en leader des suceurs de sang. Kerozene

The BONESETTER - Brett Kelly avec Brett Kelly, Sherry Thurig, Anne Marie Frigon, 2003, Canada, 72m, Vidéo 

La légende veut qu'il y a 100 ans, un ramancheur connu sous son nom anglais de Bonesetter, se promenait de village en village et s'en suivait des disparitions d'enfants. De nos jours dans la petite ville de Munster, une célibataire, deux libraires et un policier mettront leurs ressources en commun pour attraper ce qui semble être le fantôme du Bonesetter, devenu dans la légende Québécoise le "Bonhomme Sept Heures", une francisation et une légende pour faire peur aux enfants qui rentrent trop tard à la maison.

On ne regarde pas un film indépendant à petit budget comme le dernier Tom Cruise. Par surcroît ce n'est que le deuxième long métrage de Brett Kelly, qui récidivera. Tout ceci étant dit, on ne s'ennuie pas et j'ai bien apprécié cette ré-imagination d'un personnage encore utilisé durant mon enfance pour nous faire rentrer à la maison ! Scénario intéressant donc et un Bonhomme Sept Heures utilisé parcimonieusement pour en garder l'impact. Ajoutez une actrice principale, Sherry Thurig, mignonne à souhait, et on passe un bon moment. Surtout que le film ne se prend pas tout à fait au sérieux, l'humour étant présent, spécialement dans les dialogues. Notons la présence remarquée de Lloyd Kaufman, patron de Troma, dans le rôle du maire de la ville !

Quelques bémols de bon aloi: la ferme, lieu final de la confrontation, est trop éclairée pour un endroit supposément désert dans lequel on se promène avec lampe de poche. On aurait augmenté l'atmosphère avec un éclairage plus naturel, à moins que ça ne fasse partie de l'aspect parodique. Il y a quelques réactions qui manque, lorsque la mère trouve les enfants, dont le sien, aucun n'a de réaction, pas plus les enfants qui ne disent mot que la mère qui en semble pas s'occuper de son fils.

Mais Brett Kelly continuera de tourner et termine son film en préparant sa suite, à suivre donc ! Mario Giguère

The BONESETTER RETURNS - Brett Kelly avec Brett Kelly, Jody Haucke, Anne-Marie Frigon, Debbie Rochon, Tara Rheaume, 2005, Canada, 72m

Quelques années après les évènements de The BONESETTER, tout semble tranquille dans la petite ville de Munster. Malheureusement, des enfants recommencent à disparaître. Kyle Addison (Brett Kelly), qui faisait parti du quatuor qui ont aidé à faire disparaître le croquemitaine, maintenant marié avec deux enfants, va se sentir concerné. Il aimerait bien laisser à d'autres la chance de devenir héros, mais lorsque sa femme, enceinte, est kidnappée par la figure mythique, il retrouve sa fougue de héros, dans un vrai labyrinthe à la SHINING.

Suite de la production indépendante THE BONESETTER, on rempile, avec plus d'expérience et donc de qualités cinématographiques. Acteurs plus à l'aise, photographie et son plus recherchés, Bonesetter plus présent et plus visible, l'ensemble a prit du mieux. On remarque moins d'humour et de clins d'oeil, un ton plus sombre, mais une fin aussi précipitée que dans le premier film. Car au final, les adultes n'y seront pas pour beaucoup dans la seconde disparition du "Bonhomme Sept Heures". La séquence de flashback en forêt qui ouvre le film est vraiment bien faite et montée. Debbie Rochon est présente dans le rôle d'un docteur, car le policier de service va souffrir aux mains du vilain. Tara Rheaume se distingue dans le rôle de la soeur du personnage principal, une présence remarquée pour un regard qui perce l'écran.

Je me demande cependant pourquoi le film se retrouve dans cette collection dvd de Tempe Video appelée SPLATTER RAMPAGE, promettant de remplir le "barf bag", car il y a peu de sang et encore moins de gore dans cette série de Brett Kelly. Mario Giguère

BORN FOR HELL aka Naked Massacre aka Né pour l'enfer aka E la notte si tinse di sangue - Denis Héroux avec Mathieu Carrière, Debra Berger, Carole Laure, 1976, Canada/Allemagne/France/Italie

Un vétéran du Vietnam qui retourne aux États Unis est coincé une semaine à Belfast. Il repère une pension pour femmes ou huit jolies infirmières en costume vivent sans homme. Une nuit, il s'introduit dans la maison et s'en prends aux dames, sous prétexte de vouloir de l'argent. Une à une, elles subiront les violences physiques et sexuelles du frustré sexuel misogyne.

Avant dernier film de Denis Héroux (il ne tournera plus que THE UNCANNY et ses terribles chats, il continuera sa carrière en tant que producteur), plus connu pour quelques fleurons érotiques qui ont fait sursauter le Québec à l'époque, tel VALÉRIE et L'INITIATION, on surfe sur la vague du succès de LA DERNIÈRE MAISON SUR LA GAUCHE. Nudité et sang obligatoire, timide par rapport à d'autres efforts dans le genre, mais peu édifiant et peu engageant comme récit. Carole Laure qui garde son charmant accent, garde aussi ses vêtements. Ça se terminera un peu n'importe comment, tout comme l'essentiel du scénario. Vite vu, vite oublié. Mario Giguère

The BRAIN - Ed Hunt, 1988, Canada/États Unis, 1h34 

Dans une petite ville reconnue pour l'ineptie de ses habitants (Toronto pour les initiés), une organisation "scientifique" faisant la promotion d'une nouvelle philosophie sociale (le "independent thinking", vague et flou) prétend guérir les maladies mentales, les désordres caractériels et diffuse pour s'en vanter, sur les ondes locales, une émission plate avec pour tête d'affiche le docteur Blakely (David Gale, un vétéran du cheap ayant connu son heure de gloire dans RE-ANIMATOR en '85, et sa suite en '90). On se demande comment il peut captiver toute la ville et faire exploser les cotes d'écoute tellement il est mièvre et vide de toute substance, mais voilà, il y a une astuce.

Pendant ce temps en ville, le jeune Jim Majelewski, entre deux tentatives de se taper sa copine blondasse effarouchée, multiplie les indisciplines et se fait ennemi de la plupart de ses professeurs, qui finissent par l'obliger à aller se faire "arranger le caractère" à la clinique futuriste du Dr. Blakely. Il y découvrira une entité caoutchouteuse qui justifie le titre du film et qui semble exercer une forte emprise sur les esprits simples de la ville...

Légendaire film canadien trash, THE BRAIN a mis un certain temps pour faire son chemin jusqu'à mon magnétoscope. Avec raison ! Cette fable abracadabrante est plutôt douteuse, quoique fort amusante par son manque de scrupules et de crédibilité. On ne ressent aucun "plaisir communicatif" et il semble clair que le but de l'entreprise était de faire peur ou d'inquiéter, alors que c'est aujourd'hui complètement daté.

Tom Bresnahan interprète Majelewski assez naïvement, ce qui ajoute au ridicule. Il conduit une vieille Cadillac délabrée et se comporte comme un jeune loubard agaçant. Sa petite amie, Cynthia Preston, porte des vêtements révoltants de mauvais goût du début à la fin et est, malgré le "soin" apporté à sa garde-robe, peu convaincante. Elle est quand même apparue dans PIN la même année et dans PROM NIGHT 3 : THE LAST KISS en '89, ce qui dénote un flair hors normes pour la détection des scénarios de qualité, et un agenda social probablement très bien rempli.

On s'amuse donc de la maladresse de l'ensemble, quelques éléments venant rehausser la qualité du visionnement, notamment une infirmière sexy, le monstre ridicule qui grossit d'une scène à l'autre, et un complexe scientifique rétro-futuriste qui apporte une touche de bonheur visuel plutôt bienvenue.

Ed Hunt est un asticot qui se prétend cinéaste et qui agite sur son CV des productions telles que UFO'S ARE REAL ('79) ou encore le néfaste BLOODY BIRTHDAY ('81). THE BRAIN serait donc le dernier film qu'il dirigea, d'une main de maître ès épilepsie, et on lui en est fort reconnaissant. Orloff

CHASING SLEEP - Michael Walker, 2000, Canada/États Unis/France

Wow... J'ai visionné CHASING SLEEP, d'un certain Micheal Walker hier soir. Si vous aimez les films atmosphériques, un peu raté avec plusieurs éléments weird qui ne mène nulle part, ce film est pour vous. Après 1h40 (grosso modo) de bizarreries, le dernier fondu au noir arrive comme une claque au visage, une insulte quoi!

Peut-être y a-t-il du symbolique dans tout ça? Cependant, je n'ai pas le temps ou l'intérêt pour regarder ce film plus d'une fois et de lui consacrer une étude... de la marde, on repassera!

Si quelqu'un a compris ce film... s.v.p., aidez-moi, car mes plans d'assassinat de Micheal Walker seront bientôt mis en branle... Humanoid Zombie

CHEECH - Patrick Sauvé avec Patrice Robitaille, Anick Lemay et Maxime Denommée, 2006, Québec, 104m

Divers personnages passeront la pire nuit de décembre de leur vie. Une agence d'escortes dirigé par un dépressif perd son ''book'' volé par une agence concurrente. Un garçon timide se commande une pute qui se tranche les veines dans sa salle de bain tandis qu'une autre décide de trahir son employeur pour aller fricoter avec l'ennemi. Tout ses destins se croisent et se recroisent pour en arriver à une personne... Cheech.

Au Québec, le nom de Patrick Sauvé est rattaché aux très populaires séries fantastique GRANDE OURSE et L'HÉRITIÈRE DE GRANDE OURSE. Son premier long métrage, CHEECH, a donc eu une publicité plutôt impressionnante. Malheureusement, CHEECH n'a pas eu le succès espéré autant au niveau du Box-Office autant que de la part de la critique. Assez compréhensible puisque CHEECH se révèle bien différent de ce que sa publicité laissait entendre, loin d'être un film à saveur policière, le film est plutôt un drame dépressif avec plusieurs excellents moments de tension et avec plusieurs rebondissements . La réalisation de Patrick Sauvé s'avère terriblement efficace, mêlant une belle photographie avec un montage fébrile avec une touche d'humour noir qui rajoute de l'attrait au film. Les performances sont rayonnantes avec un Patrice Robitaille au sommet de sa forme dans le rôle principal. On peut par contre reprocher au film le dénouement final qui s'avère peut-être un peu facile, mais ça n'enlève rien à la qualité générale de l'oeuvre Du sang, des seins et de la trahison, tout pour me convaincre. Abba


Georges Mihalka


Pascalel Bussière

Le CHEMIN DE DAMAS - Georges Mihalka, 1988, Canada, 1h22 

Le chemin de Damas, dans l'imagination de Georges Mihalka, c'est le "chemin de croix" qu'a à traverser le curé un peu "rock n' roll" de St-Rémi de Damas. Comme par hasard, le curé est interprété par Rémy Girard, qui a aussi contribué au scénario. Ça sent la mégalomanie à plein nez. Je ne sais pas si Rémy est religieux hors cadre, et c'est une question indiscrète que je laisserai aux honnêtes journalistes à l'emploi de Québécor. Il se donne ici en spectacle de bon coeur, visiblement.

Le film commence alors qu'il est en pleine crise existentielle. Il a été muté dans une paroisse de bouseux pour ses méthodes "peu orthodoxes", et est au bord de la dépression tant les "problèmes" de ses pseudo-fidèles lui semblent dérisoires. Il alterne entre des conversations avec sa maman sur la pertinence de sa carrière, des réflexions personnelles sur la forme que prend sa foi, et des disputes conjugales qu'il s'efforce de régler du mieux qu'il peut en gueulant ses enseignements. Un bon matin, deux fillettes (Jessica Barker et Pascale Bussière) se présentent devant son église avec une lettre de leur mère, ancienne copine du curé, et leurs bagages. Pauline, la fausse-monnayeuse, est en prison, et lui confie ses filles. Ce qui chamboulera bien entendu son petit univers de vieux garçon.

Comme c'est souvent le cas avec les producteurs québécois, le réalisateur s'est probablement vu forcé d'ajouter à son récit une intrigue "criminelle" pour mieux vendre, en pure perte car le film semble avoir été un flop monumental. On a vu un peu la même chose dans COMMENT FAIRE L'AMOUR AVEC UN NÈGRE SANS SE FATIGUER, qui aurait pu être très intéressant sans les ridicules gangsters qui venaient pourrir le récit et dénaturer le roman de Laferrière.

Quoiqu'il en soit cette "sous-intrigue" policière vient ici jeter le propos moral et social du film par terre, le privant de toute crédibilité, et donc de tout impact. Il y a pourtant de bonnes idées, mais on les remarque à peine, prisonniers de l'apathie que procure le reste de la trame narrative.

Il y a une musique d'Yves Lafontaine, si je ne me trompe pas, qui est absolument insupportable. Le style visuel préconisé par Mihalka rappelle inévitablement la sagesse peureuse des films tournés pour la télé, et on se demande comment le film a obtenu son financement. Il est vrai qu'avec la caution de Girard et Mihalka, qui a quand même des "hits" derrière la cravate - pensez à MY BLOODY VALENTINE, en '81, ou encore le terrible SCANDALE en '82... - ça devait être facile à l'époque, les organismes de subventions étant probablement submergés de "scénarios-spraynet"...

On obtient donc un Rémy Girard bedonnant, curé nonchalant, qui supervise l'éducation de deux fillettes, qui ne semblent pas aller à l'école ou faire quoi que ce soit d'autre que de parader avec un Polaroïd (Jessica Barker, insupportable) ou dormir toute la journée (Bussières, déjà jolie, mais ici dans un rôle un peu "goth" avec robes ridicules à l'appui). Micheline Lanctôt apparaît ici dans le rôle d'une gardienne de prison juchée sur une chaise d'arbitre de tennis, ce qui m'a rendu un peu perplexe.

LE CHEMIN DE DAMAS est donc une curiosité, film-témoin de la médiocrité ambiante de la fin des années '80, que ça soit vestimentaire ou cinématographique. Le cinéma québécois se cherchait, ça c'est sûr, et avait adopté un ton "poétique" en donnant la vedette à une brochette de "losers magnifiques", personnages discutables au coeur d'or, qui brandissaient leurs défaites comme des faits d'armes redoutables.

Avec le recul, je ne suis pas certain que ça me paraisse une très bonne "mode"... Orloff

CHILDREN SHOULDN'T PLAY WITH DEAD THINGS - Bob Clark - 1972, Canada

Une petite troupe de mauvais comédiens se retrouve sur une île afin de déterrer un cadavre qui servira au délire satanique de leur directeur portant évidemment la barbiche. Un interminable rituel belzébuthien plus tard, où incantations et sang de foetus en poudre sont utilisés à outrance afin de réveiller les morts du convaincant cimetière, les mauvais comédiens - qui passent leur temps à s'insulter à savoir qui est plus mauvais que qui (question que le spectateur ne cessera lui-même de se poser) - sont déçus. Rien, pas de morts qui crachent, chient, pètent, même pas un qui cligne de l'oeil. Le directeur de la petite troupe essuie quelques injures, puis décide de faire la fête et de souligner le "coming out" de Orville (le cadavre qu'ils ont détérré pour le rituel). Les blagues de ce type sont légions dans le film (Orville est "stiff", il est "underground", faut que j'arrête j'ai une crampe) - le "coming out" étant la meilleure elle se mérite d'orner la superbe pochette cartoonish de la VHS que j'ai empruntée à un pote.

Tout le monde rentre donc dans une petite maison abandonnée. Et puis ensuite, scène interminable de morts qui sortent de leurs tombes où de sous leurs tas de feuilles avec tous les clichés nécessaires (oh, la main qui sort de terre en contre-jour loupé!) car, surprise, les incantations ont malgré tout fonctionné et les morts en décomposition bleue ou grise (certains ont même le luxe de quelques motons - avec tout de même, pour la plupart, des mains couleur chair de collégiens athlétiques) attaquent les mauvais comédiens. Ceux-ci se barricadent dans la maison (ils sont pas nioches, ils l'ont vu chez Romero) avec l'aide d'un marteau et de quelques clous sortis de nulle part. Quelques stratégies pas très winner plus tard, les morts auront raison des vivants, jusqu'au directeur de la troupe, qui avait oublié Orville dans la chambre à coucher (pas nous hein, pas nous). Les morts (tels les déviants de Shivers quelques années plus tard), menacent ensuite d'envahir la ville en montant à bord des chaloupes et bateaux à voiles arrimés à l'île, mais heureusement, le générique nous épargne.

Malgré ce que le récit porte à croire (et je n'ai malheureusement pas la plume assez agile pour en rendre correctement le génie), le résultat est légèrement pénible pour ne pas dire pas regardable. La VHS de Anchor Bay n'aide en rien et donne l'impression d'un transfert direct d'une bande super-8 n'ayant pas connu le luxe de l'étalonnage - et si la mention WIDESCREEN PRESENTATION ornant elle aussi la superbe pochette de cette VHS appartenant à mon pote David pourrait en titiller certains, la letterbox d'un gris pâlot et variable les frustrera de tout plaisir scopique et, dans certains cas, pourra causer des dommages irréparables à leurs jolis yeux.

Bob Clark, contrairement à ce que ce film laisserait croire, ne disparaîtra pas sous une roche et surprendra même quelque deux ans plus tard avec son Black Christmas - au-delà de Children Shouldn't Play With Dead Things, son travail d'auteur se résume pas mal au discutable Porky's. Mais Bob n'est pas plus fou qu'un autre et face au regain d'intérêt pour les zombis il pense à nous reservir son pompage de Romero une seconde fois, projet qu'IMDB m'annonce pour 2006 (semblerait qu'on nous réserve Porky's aussi, hein, pourquoi pas?).

Bref, Children Shouldn't Play With Dead Things est un titre superbe mais trompeur, pas un seul children dans ce film. Memorial BBQ

CHRISTINA'S HOUSE - Gavin Wilding, 1999, Canada

Christina est une ado sympa. Elle vit avec son papa un peu bizarre, son petit frère un peu collant, elle sort avec un beau gosse ressemblant un peu à Richard Gere mais tient à conserver sa virginité, sa maman a pété les plombs et vit en hôpital psychiatrique et finalement elle possède une fantastique paire de seins - que son père semble d'ailleurs trouvés très à son goût! Malheureusement pour Christina, tout ne tourne pas rond. La maison dans laquelle elle vit fait d'étranges bruits; de plus, il se passe des choses étranges autour de chez elle: des gens disparaissent, des copines de lycée notamment, dont une est retrouvée morte à deux pas de sa porte d'entrée. Forcément, cela fait désordre, et le shérif de la ville, un type qui semble prendre son job un peu trop au sérieux, se met à fouiner désagréablement... Car il est évident qu'un tueur rôde et que ce tueur en veut à Christina. Mais qui cela peut-il bien être ? Serait-ce le papa de Christina qui semble guidé par de fortes poussées hormonales incestueuses ? Serait-ce son boy-friend frustré de ne pouvoir se vider les couilles ? Serait-ce le flic zarbi a l'air louche ? Ou serait-ce le gentil garçon qui ressemble vaguement à Brad Pitt, homme à tout faire qui retape la maison et à qui on ne peut rien reprocher ? Ouhlala, quel suspense!

Aucune surprise donc quant à l'identité du tueur de service dans ce film qui débute sur de mauvaises bases: horreur ado façon post-SCREAM, introduction hâtive, personnages maladroitement introduits, beaucoup de clichés... et pourtant, malgré tout ça, on se laisse finalement prendre au jeu de CHRISTINA'S HOUSE, un petit jeu certes inoffensif, mais qui se termine d'une façon aussi brutale que surprenante. La surprise, si elle n'est évidemment pas dans l'identité du tueur, réside en revanche dans son machiavélisme et ses motivations, poussant le film dans un élan de perversité certes relatif, mais bel et bien présent. Pas si mal donc, cette petite série B joliment filmée, loin d'être la purge anticipée. Kerozene

CITY IN PANIC aka Thirteen - Robert Bouvier avec David Adamson, Lee Ann Nestegard, 1986, Canada/États Unis, 85m

Un animateur de radio, Dave Miller, harcèle le chef de police pour son incapacité à attraper un tueur en série. Multipliant les intervention, qui augmentent ses côtes d'écoute, et vont peut-être lui permettre de payer ses comptes suite à sa séparation, il finit par être contacté par le tueur. On lui demande de servir d'appât pour attraper le tueur qui semble préférer, à l'exception de sa première victime, s'attaquer aux homosexuels.

Tournage vidéo pour ce slasher, pratiquement ce giallo, qui débute avec une scène de douche masculine. Rapidement on va aborder la problématique du sida, que je n'avait jamais vu exploiter dans de telle manière dans le cinéma de genre. C'est donc un peu maladroit et le film a eu sa part de critiques pour son homophobie apparente. Il semble en être autrement lorsque l'on découvre l'identité et les motifs du coupable, une approche étonnante qui n'est pas sans rappeler THE CAT WITH NINE TAILS d'Argento. Un film curieux mais intéressant, dont on élimine rapidement les suspects si on est le moindrement physionomiste, ce qu'un manipulateur comme Dario Argento ou Brian De Palma auraient certainement évité. Mario Giguère

CITY ON FIRE aka Cité en Feu - Alvin Rakoff avec Barry Newman, Susan Clark, Henry Fonda, Leslie Nielsen, James Franciscus, Ava Gardner, Shelley Winters, Jonathan Welsh, Donald Pilon 1979, Canada/États Unis, 104m

Parce qu'il a été congédié de la raffinerie d'essence où il travaillait, un employé, Herman Stover, tient à se venger en y mettant le feu. Il ouvre les vannes de stockage de la raffinerie et le pétrole se déverse dans les égouts de la ville. Il déclenche ensuite l'incendie qui se propage à une vitesse folle telle une réaction en chaîne car le maire corrompu a autorisé la construction de la raffinerie en plein milieu de bâtiments délabrés, sans cours d'eau à proximité pour des fins économiques. Le chef des pompiers, Risley, tente tout ce qu'il peut pour éteindre l'incendie qui a atteint entre-temps un nouvel hôpital où l'on fête l'inauguration. Le docteur en chef, Frank Whitman, assure la protection et l'évacuation des patients en danger mais la tâche s'avère de plus en plus difficile alors que le feu s'accroît de minute en minute. Le pyromane, quant à lui, se joint aux opérations de sauvetage afin d'impressionner une ancienne camarade d'école qui est aussi une très riche veuve.

Un groupe de producteurs canadiens, dont le Québécois Claude Héroux, connu pour ses films érotiques, ses comédies grivoises et sa série "LANCE ET COMPTE", se sont lancés sans coups férir dans le film à catastrophes en tournant ce film à Montréal. Ils ont même été jusqu'à recruter des vedettes américaines dans la distribution pour donner le change sur le produit afin de mieux le vendre et espérer un gros retour sur leur investissement. Ils en ont été pour leurs frais, tellement le scénario est disparate et sans cohésion d'ensemble pour soutenir l'intérêt. Alvin Rakoff, un tâcheron canadien honnête, livre une réalisation des plus fonctionnelles avec ici et là des déficiences techniques et structurelles. La photographie offre des couleurs ternes misérables et les trucages sont bien ordinaires. Il est clair qu'en voulant imiter les gros succès du genre, particulièrement ceux produits par Irwin Allen et Jennings Lang déjà assez artificiels, les producteurs canadiens n'ont pu constituer qu'une copie affadie où les artifices sont encore plus soulignés à gros traits. On rigole néanmoins suffisamment pendant le visionnement pour passer du bon temps, surtout que les interprètes ont bien du mal malgré leur talent à s'en tirer sans avoir l'air ridicules. Mathieu Lemée

CRIS DANS LA NUIT aka Cries in the Night aka Funeral Home - William Fruet, 1980, Canada, 1h33 

Une belle cassette sans jaquette m'attendait depuis des années au fond d'une boîte poussiéreuse. Enveloppée du rituel emballage de carton blanc, et ornée du logo de "Boomerang Vidéo", lui-même presque dissimulé par le réjouissant "sticker" jaune serin décoré d'un danseur disco qui représente pour les initiés la griffe indéniable du célèbre Monsieur CA-DI-LO, l'oeuvre se parait déjà d'une aura mystifiante. Pour avoir de nombreuses fois subi la bande-annonce de FUNERAL HOME en avant-programme d'autres films peu édifiants, je me préparais à visionner une merde immonde. Avais-je raison d'ainsi me pré-disposer à ne pas apprécier la fine cinématographie du fond de la grange de William Fruet ? Nous verrons.

Une jeune demoiselle (Lesleh Donaldson, drôle de tête de jeune fille têtue étant aussi apparue dans HAPPY BIRTHDAY TO ME en '81, et dans le fameux CURTAINS de Ciupka en '83) s'enfonce en campagne pour aller aider sa grand-mère à administrer un "bed & breakfast" le temps d'un été. Elle y fait bien entendu la rencontre d'un bellâtre, des invités de la pension, et de sa grand-mère qu'elle n'avait pas vue depuis fort longtemps, semble-t-il. Toutefois, d'étranges événements se produisent après un certain temps; des invités disparaissent sans crier gare, et la nuit venue, la jeune idiote entend des voix provenant de la cave...

Voici un mystère "horrifique" typiquement canadien. Tourné dans un studio naturel des abords de Toronto, il respire la ruralité ontarienne, avec ses "bons citoyens" un peu de droite et sa vie morne, où il ne se passe pas grand chose. Fruet semble s'être longuement plu dans ce cadre, y situant son oeuvre la plus célèbre (DEATH WEEKEND, '76) et quelques autres de ses thrillers. Il est dommage qu'il se soit spécialisé dans les séries télé dès '85, car il était une voix particulière du cinéma canadien, s'intéressant au film de genre et situant l'action de ses films dans des petites communautés fermées, créant ainsi une formule originale et insolite.

On se prend toutefois à déceler des défauts ici et là, notamment au niveau du rythme. La crédibilité des personnages laisse aussi à désirer; la petite fille qui soupçonne que quelque chose de pas très net se trame dans les murs de la pension, qui est aussi une ancienne maison funéraire (d'où le titre), agit dans le jour comme si elle ne se souvenait pas des événements de la nuit ! Peut-être que Fruet a ici voulu laisser planer le doute quand à la réalité de ses expéditions nocturnes, les reléguant - ou peut-être pas - au domaine du rêve ?

Les personnages sont colorés, des forces constabulaires qui ont peur de trop en faire jusqu'à l'idiot du village, magistralement interprété par Stephen E. Miller, qui parvient à maintenir son air de taré dans chaque bout de pellicule où il apparaît. Ce "nobody", à la carrière plus que florissante, a joué tous les personnages de seconde zone imaginables, passant d'un garde dans FIRST BLOOD en '82 à un autre idiot dans SCOOBY-DOO 2 : MONSTERS UNLEASHED en '04.

Notons aussi la présence de Kay Hawtrey dans le rôle de la bonne grand-mère, un peu grosse, au visage chaleureux. Cette physionomie lui a permis de ne jamais manquer de travail à Hollywood, passant du VIDEODROME de Cronenberg en '83 à POLICE ACADEMY en '84 avec un détour dans BRAIN CANDY des Kids in the Hall en '96 et j'en passe des meilleures.

Le doublage français ne m'a pas permis d'apprécier ce navet dans toute sa subtilité originale, mais on ne s'ennuie quand même pas devant un mystère taré qui se déroule en campagne. Fruet parvient à laisser supposer qu'une Porsche fut abandonnée par un des disparus sous un tas de foin, au fond d'un champ, sans jamais la montrer. C'est ce qu'on appelle l'économie d'effets. Orloff

CUBE ZERO - Ernie Barbarash, 2004, Canada

Ernie Barbarash, scénariste et producteur de CUBE 2, décide de remettre le couvert en s'accaparant en plus la casquette de réalisateur. Fini donc les élucubrations métaphysiques et place à la bonne série B empreinte d'un message anti-totalitariste. Si Barbarash ne délaisse pas les prisonniers du Cube tentant tant bien que mal de déjouer les pièges que recèle ce dernier, il s'attache surtout à nous présenter l'envers du décors - ou du moins, une petite partie de celui-ci - à savoir un poste de contrôle dans lequel deux employés s'évertuent à de répétitives tâches qui aboutissent le plus souvent à l'éradication pure et simple des prisonniers par la simple pression d'un bouton. L'un des deux employés, qui bénéficie d'une capacité d'analyse mentale hors d'une commun, commence sérieusement à se poser des questions après l'arrivée d'une femme à l'apparence familière dans le Cube...

Cette préquelle est donc nettement plus intéressant que l'opus précédent qui mettait en avant des explications quelques peu vaseuses sur la raison d'être du Cube ainsi que son fonctionnement quadridimensionnel. Ici les explications sont plus terre à terre et par conséquent plus convaincante, d'autant plus que le discours sous-jacent s'avère tout à fait attachant avec son gouvernement toujours invisible dont l'étendue du pouvoir de manipulation nous avait échappé jusqu'alors, comme en témoigne les soldats contrôlés à distance via des puces implantées dans le cerveau. La référence avouée est BRAZIL, le design rétro-futuriste du poste de contrôle - bien que high-tech - en témoigne clairement. Nettement plus efficace également dans sa mise en scène et ses séances de morts brutales (la scène d'ouverture est un summum de gore gerbif!), CUBE ZERO revendique son statut de série B et permet de définitivement boucler la boucle de manière certes pas toujours adroite, mais définitivement réjouissante. Kerozene

CUBE 2: HYPERCUBE - Andrzej Sekula, 2002, Canada

SPOILER INSIDE] Comment faire une suite à un film-concept comme CUBE sans inévitablement faire dans la redondance. Facile. Si CUBE présente un groupe d'individus enfermés dans un labyrinthe en trois dimensions, il suffit simplement d'en ajouter une pour réinventer la roue... euh, le cube. Et un cube en quatre dimensions, c'est ce qu'on appelle un hypercube. Pour ceux qui n'ont aucune connaissance de base en matière de physique quantique (comme moi), sachez que les explications fournies par le film concernant le sujet ne vous apprendront pas grand chose, si ce n'est qu'il se pourrait que cette quatrième dimension soit le temps. Mais ceci n'est que pure théorie mathématique. Dans CUBE 2, nous admettrons donc que cette dimension supplémentaire est bien le temps. Ainsi, notre nouvelle brochette de protagonistes prisonniers ignorant tout de la raison de leur emprisonnement ainsi que de leur geôlier, visitent des pièces cubiques dans lesquelles le temps ne s'écoule pas à la même vitesse, où la gravité est soudain inversée et où se cachent d'odieux pièges mortels... Et sachent que la nature même de la quatrième dimension génère des dimensions parallèles, les personnages viennent à se croiser eux-mêmes...

CUBE 2 part d'une idée de base intéressante qui se voit inégalement exploitée. On oscille entre la découverte étonnante à la déception d'une scène à l'autre. La déception étant principalement présente dès que le scénario s'éloigne du concept de dimensions intertemporelles. C'est ce qui arrive quand on assiste aux fameux pièges qui étaient si excitants dans le premier film. Ici, ils sont tout sauf effrayants et surtout ils sont terriblement laids, conçus en images de synthèse d'un autre âge. Le dernier quart d'heure du métrage quant à lui part carrément en sucette et donne l'impression que les scénaristes ont préféré opter pour un tour de passe-passe incompréhensible, sorte d'issue de secours à des créateurs pris à leur propre piège. En revanche, même si des similitudes sont évidemment présentes (comment faire autrement), ils ont réussi à se démarquer du film de Vincenzo Natali, ce qui n'était certainement pas gagné d'avance.

Côté interprétation, on ne peut pas dire que le casting soit particulièrement brillant, ni que tous les personnages soient bien développés - leur présence reste énigmatique malgré une tentative d'explication, mais ils sont tout de même l'un des points forts du film. On y trouve une psychologue de caractère, une asiatique aveugle, un ingénieur un rien nounours, une vieille dame un rien fêlée, une jeune fille glamour, un concepteur de jeux vidéos et un psychopathe cannibale qui profitera du dimensionnement temporel pour bouffer quatre fois le même personnage ! Andrzej Sekula, dont c'est ici le deuxième film, a été auparavant chef opérateur sur RESERVOIR DOGS, PULP FICTION ou encore AMERICAN PSYCHO. Kerozene

www.metrofilms.com/cube2

  Les DANGEREUX aka Les Déjantés - Louis Saïa avec Stéphane Rousseau, Véronique Cloutier, Marc Messier, Pierre Lebeau, 2002, Québec, 108m

La chanteuse la plus populaire de l'heure se fait kidnapper et on demande à son père-gérant la rondelette somme d'un million de dollars. Un comptable est chargé d'aller porter l'argent à l'endroit convenu, mais tout ne tourne pas rond et rien n'est simple.

Réputé comme le pire des bides du cinéma Québécois, le public n'a jamais été au rendez-vous, l'objet filmique n'est pas aussi terrible qu'on le racontait. Évidemment l'humour noir et corrosif offert par des comédiens très populaire détonnait du contexte habituel. Saïa avait connu un énorme succès avec les trois premiers films de la saga LES BOYS et était connu pour ses comédies burlesques à la télévision, des trucs bien inoffensifs comparés aux DANGEREUX et sa galerie de tueurs sadiques et ses scènes chocs. Du caïd du quartier chinois qui va frire la tête d'un de ses employés, aux balles tirées n' importe où par un voyou comparse crétin à souhait à la vengeance d'une femme qui va brûler son ex, le résumé sur papier a de quoi alarmer les gens qui ne veulent qu'une pinte de rire habituel. Mais on frappe souvent à la bonne place, le personnage de Pierre Lebeau, tueur sans scrupule qui déteste la violence faite aux animaux est presque sympathique. On ne croit cependant pas aux talents vocaux de Véronique Cloutier qui interprète elle-même les chansons du film. Cet essai, à la Guy Ritchie selon son auteur, a scellé les limites de ce type d'humour vers lequel les humoristes tarderont longtemps à s'aventurer surtout dans un film qui se voulait un succès trop vite annoncé. Les placements de publicités sont un irritant. Mario Giguère

 

DANS L'ŒIL DU CHAT - Rudy Barichello, 2004, Canada

Simon (Jean-Nicholas Verreault) vide l'appartement de son ex-copine Pauline (Julie Le Breton) qui s'est suicidé en Inde dans des circonstances nébuleuses. Isabel Richer, l'actuelle copine de Simon, est inquiète de le voir faire enquête sur la mort de Pauline (qui était aussi sa meilleure amie). Simon explore le certificat du décès, fouille les courriels, il est complètement obsédé par cette disparition. Il en vient à croire qu'elle est encore vivante lorsqu'un "Osti d'Tintin " (comme le dit si bien Jean-Nicolas Verreault) débarque à l'appartement, une bouteille de champagne à la main, pour revoir Pauline avec qui il avait passé une nuit à Paris. Mais c'est impossible qu'ils aient été ensemble à Paris, puisque Pauline était en Inde ! Puis, qui est ce mystérieux amant d'un soir ? Qui croire ? Est-ce que Pauline est encore vivante ou quelqu'un essaie-il de cacher sa mort ? Pauline a t'elle seulement fuit un Simon trop jaloux, qui n'acceptait pas leur rupture ? Puis pourquoi le propriétaire de l'appartement (joué par Pierre Lebeau qui fait une caricature de son personnage des Boys) insiste t'il autant pour que Simon quitte l'appartement le plus rapidement possible ? Est-il si innocent que ça ?

DANS L'ŒIL DU CHAT est un thriller, en huit clos, tourné en pleine canicule en 3 semaines avec une équipe réduite à l'intérieur d'un petit appartement du Plateau. On essaie de nous faire croire, qu'avec un budget de 1.5 millions, qu'il s'agit d'un petit budget. Mais en voyant le film, on se demande si l'argent a été seulement en Post-Production pour essayer de sauver le film avec des bruitages à rendre sourd ! Essaient-ils aussi de justifier les maladresses du film en évoquant son budget ? Il semble bien que oui ! Il s'agit d'un petit thriller très inégal réalisé par Rudy Barichello (un ancien collaborateur du cirque du soleil) où le meilleur rejoint le pire. Le film débute avec un impressionnant gros plan du visage de Julie le Breton qui pleure, sèche ses larmes et se maquille. A travers cette action, la caméra se rapproche d'elle pour n'avoir qu'un oeil à l'intérieur du cadre. Une belle ouverture. Puis ensuite, les choses se gâtent : On voit que le film est clairement sous-exposé ! On devine que le directeur photo voulait essayer de donner un style sombre au film, mais ce n'est pas réussi. Le film est clairement sous exposé. Futurs réalisateurs, retenez bien le nom du directeur photo du film et engagez le pas ! Par contre, on voit que le réalisateur (où l'excellent cameraman ?) fait quelques fois mouche à travers quelques plans et quelques petites plongées, dont une, assez impressionnante, d'un chat qui descend l'escalier. La fin du film est exécutée avec punch ce qui est très bien. Mais entre les 2, c'est très mal exécuté. Tellement que l'on se demande jusqu'où le réalisateur a collaboré avec le cirque et s'il a, lui aussi, fait des pirouettes où sa tête se serait écrabouillé sur le sol. En conclusion, même avec la promesse de voir les seins de Julie Le Breton et le triangle de Venus d'Isabel Richer... Rien ne justifie la vision du film. Même pas l'excellent travail des effets spéciaux. Surtout avec cette affiche mensongère parfaitement éclairée pour un film clairement sous-exposé ! Dommage. Black Knight

Dans l'impitoyable univers cinématographique sévissent certaines lois, probabilités, et ce que les anglophones appellent des "patterns", qui régissent la distribution idéologique des oeuvres et permettent aux plus pointilleux de les classifier en genres, sous-genres, et toutes sortes de catégories tirées par les cheveux mais qui ont fait leurs preuves.

Sans vouloir aller jusqu'à créer aujourd'hui une nouvelle classification, je dirais que DANS L'OEIL DU CHAT pourrait être assimilé à la catégorie sans cesse florissante du "thriller québécois poche".

Lors de sa sortie, les critiques locales furent unanimes, ce qui dissimule rarement la réalité. Barrichello, outré, a prétendu avoir voulu représenter quelque chose de profond, et faire preuve d'une démarche artistique originale et fouillée. Ah ben !?

Moderne, ça l'est; avec toutes les sonneries de téléphone, cellulaire et fax, retentissant à toutes les trois secondes, on se retrouve plongé dans un cauchemar urbain définitif; le message de répondeur du personnage de Julie Le Breton, faux accent français à l'appui, situe l'action sur le Plateau, même si on n'en a jamais la confirmation, le tout se déroulant en huis-clos.

Pierre Lebeau compose un propriétaire particulièrement inconséquent; de prime abord envahissant et arrogant, il devient plus tard sympathique, pour terminer complètement couard et angoissé ! Détail : ça n'est pas lui qui est ici au coeur de l'action, alors on ne justifie nullement ses injustifiables sautes d'humeur, qui ressemblent fort, si vous voulez mon avis, à de la médiocrité scénaristique pure et simple.

D'ailleurs le titre du film fait référence à un chat, chat qui n'est dans cette histoire qu'un accessoire à soubresauts, un beau bibelot, et une minable excuse pour faire des beaux plans pseudo-objectifs flous; bref, le félin réduit à son plus strict emploi de cliché ambulant.

Voilà le prétexte : Verrault est un beau gros boeuf-taureau (il ne lui manque que l'anneau dans le nez), col bleu / paysagiste pour la ville de Sherbrooke, dont la "blonde" Le Breton est partie en voyage autour du monde pour glorieusement le cocufier avec un impressionnant échantillon d'humanité. Toutefois, plutôt que de sagement revenir à Montréal, cette dernière se serait inexplicablement suicidée à Calcutta, seule dans sa chambre d'hôtel.

Pendant son voyage, Verrault, sanguin, s'est tapé sa meilleure amie, Isabel Richer. Celle-ci s'efforce du mieux qu'elle peut à l'aider à oublier, mais le coq est tenace, et mène sa petite enquête. Il reçoit des faxes de la morte et soupçonne qu'elle n'est pas vraiment morte.

Voilà donc, en gros, ce qui se passe ici. Verrault se saoule, se souvient de ses baises torrides, erre dans l'appartement avec l'air idiot, et se tape Richer de temps à autres. Le Breton est plutôt mal utilisée, ne convenant pas trop au rôle de "vamp" qu'elle est censée représenter. Il faut la voir, dans son affreux peignoir rouge, se faire dire par Isabel Richer qu'elle est "trop belle pis trop libre".

Avec sa psychologie primaire, le deuil bien mal représenté d'un prolétaire pas du tout sympathique, et des rôles flous pour tout le monde, DANS L'OEIL DU CHAT est une production qui, si elle est esthétiquement correcte, est bien pénible à apprécier lorsqu'on se préoccupe un peu de la logique la plus élémentaire. Orloff

DEADLY VISIONS aka POSSESSED - Michael Scott avec Nicolette Sheridan, Gordon Currie, 2004, Canada, 90m, TV

Ann Culver (Nicolette Sheridan) a eu un accident de voiture qui l'a laissée aveugle et ou elle a perdu l'enfant qu'elle portait encore dans son ventre. Mais elle a eu une greffe d'organes et ses nouveaux yeux, s'ils lui redonnent la vue, lui apportent aussi des visions dérangeantes. Elle semble voir les derniers instants entourant la mort de la donneuse, que la police a classée comme un suicide. Persuadée qu'elle a été plutôt victime d'un meurtre et profitant de ses contacts d'ancienne secrétaire qui transcrivait des enregistrements de procès, elle mène sa propre enquête.

Il n'y a pas de mention des origines télévisées de ce film sur la pochette du dvd mais après quelques minutes on se doute de l'origine de ce mélodrame aux connotations fantastiques. Le sujet est aussi vieux que le cinéma, de The HANDS OF ORLAC (1924) au remake de THE EYE (2008), en passant par BODY PARTS (1991) et tous les films de FRANKENSTEIN et c'est toujours sous le signe de la "mémoire du tissu" invoquée ici que l'on trouve le moteur de l'intrigue. On pensera aussi dans ce cas précis aux QUATRES MOUCHES SUR UN VELOURS GRIS (1971) ou WILD WILD WEST (1999). Mais ici on se noie dans le mélodrame et le twist final, que l'on aura vu venir, ne compense pas le manque d'intérêt et d'originalité du scénario. La mise en scène convenue est correcte sans jamais se faire remarquer. Il reste la présence de Nicolette Sheridan, alors en pleine gloire des récents débuts de la série DESPERATE HOUSEWIVES, qui a certes une présence agréable à l'écran, mais qui est loin de l'oscar. Le titre original est évidemment plus approprié que le POSSESSED qui m'a attiré ! Mario Giguère

 

DEATHDREAM aka le Mort Vivant aka Dead of Night aka Soif de Sang - Bob Clark avec John Marley, Lynn Carlin, 1974, Canada/États Unis/Angleterre

Jamais j'aurais pensé être si impressionné par BOB CLARK, ce vieux satyre qui nous a entre autres donné le très grand PORKY. Ben voilà, avant de se consacrer à la merde estudiantine pour public retardé, BOB s'adonnait au genre... horrifiant.  Et ses films calmes et méthodiques sont un bel exemple de maîtrise pour quiconque voulant se diriger vers cette expérimentation. Moins nonchalant que BLACK CHRISTMAS (dont je parlerai plus tard), SOIF DE SANG reste tout de même brutal et cauchemardesque. C'est l'histoire du soldat Andy qui meurt à la guerre mais qui revient néanmoins dans sa famille, un peu changé. Ce changement, c'est qu'il est mort et qu'il tue tout ce qui bouge pour ne pas pourrir. Il s'injecte le sang qu'il vole à ses victimes et se garde ainsi envie. Personne ne s'en rend compte jusqu'au jour où il tue d'une seule main le chien de la maison. À partir de ce moment tout dégringole. Le climat du film est d'une froideur absolue.  Andy, avec son visage pâlot et son économie de mots, hante la famille d'une façon terrifiante : il ne dit absolument rien et reste là à observer. Les scènes de meurtre sont étonnantes (comme souvent chez CLARK) et jouissent d'une originalité rafraîchissante. Le maquillage d'Andy nous entraîne dans le récit, et il ne nous reste plus qu'à bénir un Bob Clark vieillissant pour les couilles de bronze qu'il possédait dans sa jeunesse.  Espérons qu'un jour il retournera à ses vieux amours. Orloff

Andy un jeune Américain envoyé au Vietnam est tué lors d'une attaque de nuit, sa mère ne voulant pas croire à sa mort plonge dans un processus de reniement de la vérité, jusqu'a ce qu'Andy revienne miraculeusement, pourtant dans la région les morts étranges se succèdent...

Réalisé par Bob Clark en 1974 "Le mort vivant" fait partie de ses grands chefs-d'oeuvre oubliés du grand publique, a la fois terrifiant et profond, subversif et émouvant lorsqu'il s'attarde sur la description d'une famille brisée par un événement dont elle ne veut pas (famille accessoirement symbole classique de l'Amérique) et plus particulièrement sur le combat d'un père tiraillé entre l'amour qu'il porte à son fils et son désir de justice.

En effet, "Le mort vivant" est une oeuvre plus psychologique que visuelle (peu d'effets gores, mise en scène sobre, photo naturaliste) qui dénonce les drives de l'Amérique au travers du prisme d'une famille moyenne, les ravages du Vietnam étant au centre du débat a l'époque de la sortie du film, Clark y répond par le constat suivant, ceux qui rentrent ne sont plus les même que ceux qui sont partis, constat que le réalisateur choisit d'adapter au pied de la lettre en faisant d'Andy un zombie ultra violent assoiFfé de vengeance et se nourrissant de sang, une victime comme une autre transformé en bourreau.

Mais Le film ne s'arrête pas la, livrant une brillante réflexion sur le deuil et sur l'amour maternel (en gros le retour d'Andy est dû au fait que sa mère n'a pas voulu accepter sa mort) il devient carrément choquant dans sa description de scènes familiales détournées dans un but malsain (comme cette scène de repas ou Andy avoue à demi-mots être mort) laissant systématiquement une impression de malaise, installant une tension omniprésente (on ne sait jamais a quel moment Andy va péter les plombs) Ainsi un nombre incalculable de scènes font l'effet d'un véritable électrochoc (la scène du chien, la scène du docteur, la scène de la voiture...) et jouent sur les nerfs du spectateur avec une audace rarement vu sur un écran!!

Alors bien sur on pourra toujours chipoter sur le fait que les effets sanglant concoctés par le génial Tom Savini a l'époque débutant soient aujourd'hui un poil datés, ou encore sur le fait que le final manque un poil d'émotion (mais ça reste assez vertigineux hein!!) mais rien n'y fait, après plus de trente ans "Le mort vivant" reste un monument de subversion et d'horreur, un grand moment de cinéma, comme une grande oeuvre aboutie émouvante et noire. un chef-d'oeuvre. Kitano Jackson

DEATH SHIP aka Le bateau de la mort - Alvin Rakoff, 1980, Angleterre/Canada 

Une bande de naufragés d'un bateau de croisière, se retrouvent sur un bateau de torture Nazi hanté, au menu archive de guerre ; une femme devient transmutée en mangeant un bonbon ; mort suspect et le capitaine (George Kennedy) devient fou allié entend des voix et se prend pour un Nazi. Un film long en ennuyant avec quelques bons rares moments, en revanche la jaquette est super. Rana

DECOYS aka SOEURS DE GLACE aka PIÉGÉS - Matthew Hastings avec Corey Sevier, Stefanie von Pfetten, Kim Poirier, 2004, Canada

Deux blondes s'installent dans une résidence d'un collège canadien au grand dam du leader du club des puceaux. Planqué dans leur garde-robe celui-ci entrevoit leur corps sans nombril ainsi que des tentacules appréciant le froid sortant d'entre leurs seins. Luke, le leader, au bord de la folie, accusé de meurtres frigorifiés, sauvera-il la planète ?

Ça promet comme divertissement même si c'est du 13 ans et plus sauf que rien ne marche. Un désir de caricature perçut au début est vite bousillé par une surabondance inefficace de gros plans sur des gueules aux dialogues insipides. Piégé, on pardonne énormément pour une seule probabilité, celle qu'une de ces "mignonnes blondes" sans charme dont le nombre se multiplie pourrait, au moins une seule fois, nous montrer leur vrai ou faux nombril. Peine perdue. Deadmonton

Luke et Roger sont comme bien des nouveaux collégiens, ils ne rêvent que de s'envoyer en l'air avec de belles collégiennes. Coup de chance, deux nouvelles blondes, Lilly et Constance, merveilleusement sculptées et chaudes, sont arrivées et encore mieux, elles ont le béguin pour eux ! Pourtant, Luke croit voir des tentacules sortir des jolies dames. Horreur. Personne ne semble le croire, car il s'empresse de raconter la chose à pratiquement tout le monde. Lorsque les morts, gelés, s'accumulent, le détective en charge de l'affaire soupçonne Luke. Les soeurs de glace continuent de séduire et de copuler avec les étudiants, les gelant de l'intérieur en tentant de se reproduire.

Horreur, science fiction et humour au menu pour ce film canadien qui met en vedette nul autre que Corey Sevier, dont les mimiques sont bien connues car il a participé à l'adolescence à la série télévisée LASSIE. Clin d'oeil d'occasion lorsque le détective le traite comme un chien. Faut dire qu'il est cocu le policier, le pauvre, et par le jeune Luke. Les deux héros mâles ont tout de même des réserves, Luke après vu les tentacules et le rondelet Roger car il veut que son dépucelage soit quelquechose de spécial. Le suspense et les surprises, sans parler des hallucinations de Luke, nous gardent en éveil, tout comme les jolies actrices. Tournage sur le campus de l'université d'Ottawa pour ce projet initié par des gens de la chaîne télé spécialisée SPACE CHANNEL. Un divertissement léger qui tiens bien la route et un joli monstre. Mario Giguère

DECOYS 2: THE SECOND SEDUCTION - Jeffery Scott avec Corey Sevier, Kim Poirier, Dina Meyer, 2007, Canada, 94m

Quelques années plus tard, surprise, Luke est chargé de cours dans une université. Il n'ose plus parler des extraterrestres femelles mais il est toujours autant obsédé par elles. Sur le campus, des jeunes vont s'affairer à monter un concours pour savoir qui aura le plus de relations sexuelles avec des collégiennes, preuves à l'appui. C'est comme ça que l'on découvre qu'il y a de nouvelles extraterrestres qui copulent sur le campus et qui ont toujours autant de difficultés à ne pas congeler leurs partenaires. Luke est surveillé par une psychiatre (Dina Meyer) et son professeur qui ne croient pas vraiment ses histoires. Luke finit par reconnaître Constance. Bonjour la paranoïa.

On rempile pour une suite, avec une explication tordue pour ce qui est de Luke. Un brin plus sérieux que le premier film, cette suite marche dans les sentiers connus, avec en prime des figures connues des amateurs, comme Dina Meyer (Starship Troopers) ou Tobin Bell (SAW), tandis que Kim Poirier revient pour le plaisir de nos yeux. Les blondinettes monstrueuses ont maintenant le pouvoir d'apparaître selon les fantasmes de ces messieurs, fantasmes très réguliers pas trop surprenants. On a droit à notre lot de monstres en fin de métrage, qui n'exclut probablement pas un volume trois. Un divertissement léger mais pas désagréable, loin de là. Mario Giguère

Le DERNIER TEMPLIER aka THE MINION aka FALLEN KNIGHT aka LE DERNIER DES TEMPLIERS aka GUERRIER DES TENEBRES aka KNIGHT OF THE APOCALYPSE - Jean-Marc Piché, 1998, Canada/États Unis

A l'arrivée de l'an 2000, le cinéma a livré son lot de pelloche de fin du monde avec tout ce que cela implique de prêchi prêcha, de récit du Bien contre le Mal, de venue sur Terre de l'Antéchrist et autres élucubrations plus ou moins folkloriques tout juste bonnes à impressionner bobonne. De cette vague majoritairement peu inspirée, on se souvient avec tristesse de la déchéance schwarzeneggerienne dans l'imbuvable END OF DAYS. En revanche, en restant dans la catégorie gros bras, on se souvient beaucoup moins des mésaventures de Dolph Lundgren dans ce LE DERNIER TEMPLIER qui parvient quand même à être presque aussi mauvais que le film de Peter Hyams, sans pour autant l'égaler. Il faut dire qu'Hyams disposait non seulement d'un script détestable ainsi que d'un budget pharaonique, et que Jean-Marc Piché ne disposait "que" d'un scénario con et de douze millions de dollars pour signer sa bouse. Le plus dramatique, c'est qu'avec ses allures de séries Z, le film donne l'impression d'en avoir coûté six fois moins.
Nous sommes donc à New York City, à la veille de l'an 2000, et alors que les médias dénoncent une recrudescence de la criminalité, un tombeau très ancien est accidentellement mis à jour par des ouvriers bossant en sous-sol. Pensant d'abord à un tombeau indien, une archéologue spécialisée dans le domaine est mandatée pour étudier et protéger le site. Ce qu'elle y découvre est plus qu'inattendu puisqu'un squelette fièrement dressé et encore bien solide pour son vieil âge y tient une grosse épée et porte la tunique d'un templier. Or l'Ordre des Templiers date du Moyen-âge, plus précisément du XIIème siècle, et qu'à cette époque, le grand-père de Christophe Colomb n'était même pas encore né. Voila donc une mise à jour qui remet en question toute l'Histoire de l'Amérique et plus encore ! D'autant plus que notre jeune spécialiste en Histoire indienne prétend que le squelette en question daterait du VIème siècle - aberration ici plus ou moins justifiée par le scénario qui prétend que l'Ordre fut en fait créé peu après la mort du Christ... Soit. Futée, notre archéologue découvre une clé en or, toute brillante et immaculée, comme si elle sortait tout juste de chez le serrurier. A cet instant, un homme poussant des grognements de fauve enragé surgit de nulle part, lui vole sa découverte et lui colle un paire de baffes. L'homme, pressé de quitter les lieux, est stoppé par l'arrivée du Père Lukas Sadorov (Lundgren), ancien commando de l'armée soviétique reconvertit en Templier protecteur de l'Humanité. Père Lukas, qui porte un monstrueux gant clouté à faire pâlir les joueurs de Rollerball, dégomme le méchant à grands coups de pompe dans la gueule et lui fracasse la nuque à l'aide de son gant avant de s'agenouiller pour prier le Seigneur sous le regard incrédule de l'archéologue un peu sonnée. Car Lukas n'est nul autre qu'un Templier (et que malgré ce qu'on nous raconte, ils n'ont jamais été totalement dissout) et son rôle est de veiller à ce que la porte enfermant l'Antéchrist depuis 2000 ans dans sa cellule localisée à Jérusalem reste fermée à jamais. Dès lors, inutile de vous expliquer à quoi sert la clé immaculée... Mais le Mal contenu dans le cadavre encore chaud de la victime de Dolph se propage d'homme à homme tel un virus tenace (voila qui rappelle FALLEN), et prend rapidement nos héros en chasse. S'en suit une course effrénée allant de cadavres en cadavres, de New York à Jérusalem tout en passant par une réserve indienne et une centrale nucléaire.

Mieux vaut être doté d'un sens de l'humour à toute épreuve pour s'enquiller ce navet de premier ordre parce que c'est du lourd ! Entre les quelques (hénaurmes) incohérences historiques, le fait que le contexte social soi-disant tendu présenté au début du film est complètement occulté par la suite, la bande son moisie remplie d'insupportables solos de guitares FM, le manque de crédibilité du grand Lundgren et sa mâchoire d'acier priant ses morts les mains en sang et le reste du casting qui s'avère aussi excitant qu'un bal de fin d'année dans un hospice pour vieux, mieux vaut laisser la moquerie prendre le dessus sur la consternation sous peine de déprimer sévère. Mais ça ne suffit pas forcément à faire face à l'ennui qui guette le spectateur, ennui perturbé lors de l'assaut d'un commissariat par un homme possédé par le Mal et qui déglingue tout ce qui bouge ou non au fusil mitrailleur (ça sent le pompage de TERMINATOR), l'un des rares moments réellement pétaradant du film jusqu'au final ridicule situé dans le sanctuaire même des templiers où une bande de gugus râleurs qui n'ont pas changer de couturier depuis le Moyen-âge mais ont troqué leurs épées contre des M16 et des uzis se font zigouiller comme des bleus ! Mais rassurez-vous, Dolph saura sauver le monde. Sans surprise, il s'agit de la seule et unique réalisation de Jean-Marc Piché à ce jour. Kerozene

LA DERNIÈRE INCARNATION - Demian Fuica avec Gilbert Turp, Catherine Florent, 2005, Québec

Marc-André, un banlieusard bien tranquille, qui plus est ornithologue, va observer un cocon lumineux apparaître dans la forêt et la femme nue qui en sort. Pris au dépourvu, incapable d'être pris au sérieux par la police, il la ramène à la maison, ce qui brisera fatalement son couple. Elle, c'est Mirah, qui lui apprendra, après lui avoir ouvert le troisième oeil pour communiquer avec lui, qu'ils sont tous les deux les lointaines incarnations de personnages qui ont vécu un drame à l'époque mésopotamienne. Un vilain homme tatoué venu lui aussi du passé va pourchasser Marc-André sans relâche pour le punir de l'injustice que sa lointaine incarnation a commise. Deux hommes en noir guettent, pendant que le voisin français se mêle de ce qui ne le regarde pas, mais comme Myrah est tout ce qu'il y a de plus jolie...

Ils sont très rares les films Québécois produits en dehors des circuits normaux, c'est à dire sans subventions. J'avait assisté il y a quelques années à une présentation du film par son réalisateur, sympathique et très enthousiaste, qui venait de passer une année à retravailler son montage et refaire la bande sonore, avec un budget indépendant de près d'un million de dollars. La sortie en salles très discrète n'a fait aucune vague, pas plus que la sortie vidéo, malgré les quelques bonnes critiques citées sur la pochette. Pourtant il y a Gilbert Turp au rôle principal, un comédien bien connu pour un rôle similaire dans une comédie de situation télé très populaire. Cependant le choix de plonger dans la comédie de science fiction n'est évidemment pas une garantie de succès, ici comme ailleurs. Si l'humour fait penser d'abord à un GENDARME ET LES EXTRATERRESTRES et si les homme en noir se comportent au demeurant comme les Dupont Dupont d'Hergé, le mélange ésotérique et l'intrique très confuse n'aident pas toujours à apprécier le film. Le tout est cependant bien filmé, et les quelques effets spéciaux réussis.

Le casting est intéressant, Catherine Florent est excellente dans le rôle de Myrah, tout comme le voisin et les deux hommes en noir. Trop ambitieux et alambiqué pour un premier film, il a au moins le mérite de ne pas se prendre au sérieux et d'offrir son lot de gags qui frappent la cible. Mario Giguère

DREAM HOUSE aka Future House - Graeme Campbell avec Thimothy Busfield, Lisa Jakub, Jennifer Dale, 1998, Canada/États Unis, 85m, TV 

Lorsque j'étais petit on passait souvent à la télé un vieux dessin animé ou deux petites souris entraient dans une maison futuriste où un robot courait pour les éliminer. Ce téléfilm débute exactement avec un prologue identique ! On se doute que l'ordinateur, un programme appelé Helen, va capoter et faire des misères à la famille qui s'y installe. Il s'agit du créateur du programme et son épouse et leurs deux enfants, dont une jeune fille rebelle (quelle audace). Mais on apprendra que le crétin de créateur ne connaît pas les trois lois de la robotique d'Asimov et qu'il a volontairement donné tous les pouvoirs à Helen, sans code ou manoeuvre secrète qui permet de reprendre le contrôle !

C'est pas que ce téléfilm soit mal fait, y a le minimum syndical, des acteurs pas mémorables mais corrects, en fait c'est le stupide scénario qui nous donne envie de crier "bandes de crétins" ! Un autre téléfilm tourné au Manitoba par Paramount pour sauver de l'argent. Est-ce que ça coûte si cher un scénario le moindrement intelligent ? La question se pose trop souvent. Mario Giguère

END OF THE LINE - Maurice Devereaux, 2006, Canada, 95m

En 1976, ce bon vieux Larry Cohen faisait parler de lui avec son GOLD TOLD ME TO dans lequel un policier enquêtait sur une vague inexpliquée de meurtres, touchant d'innocents passants New-Yorkais.

30 années plus tard, Maurice Devereaux coupable du très médiocre SLASHERS reprend une trame identique et nous livre un film d'horreur moderne, lourd de sens et très punchié, pour notre plus grande joie.

Et pourtant, l''histoire tient sur un ticket de "métro" ! Un petit groupe d'hommes et de femmes se retrouve piégé dans un tunnel à la merci de fanatiques catholiques, ayant reçu le message tant attendu, de libérer enfin l'âme humaine de ses tourments... Pour nos survivants, le mot chaos va enfin avoir un sens...

END OF THE LINE opte pour un réalisme froid et des scènes de terreur citadine pure avec cette sensation flippante d'une menace permanente et indétectable qui peut frapper n'importe où, n'importe quand. Sous couvert d'un divertissement gore, le film remet allègrement en cause les fondements de l'Église et de la légitimité de la croyance. Un gros pied de nez à une époque ou intégrisme et fanatisme font les choux gras de nos journaux télés.

Outre des scènes gores plutôt saisissantes, ce qui rend le tout si dérangeant, c'est que Deveraux établit dès le début que les disciples armés de poignards ne sont pas réellement de mauvaises personnes. Seulement des gens, qui en toute bonne foi, sont convaincus de contribuer à l'amélioration du monde dans lequel ils vivent. Métaphores sur les leaders charismatiques de la foi occidentale ainsi que sur les fondamentalistes du Moyen-Orient, Devereaux atteindra sans peine son objectif : faire réfléchir. Alors on pardonnera les similitudes scénaristiques avec GOLD TOLD TO ME et l'on appréciera l'un des meilleurs films d'horreur canadien de ces dernières années... Marc Evil

 

ENTER... ZOMBIE KING aka Zombie Beach Party - Stacey Case, 2003, Canada 

ULYSSES (Jules Delorme) roule depuis trois jours, en route vers des informations à propos d'une vague de meurtres causés par des zombies. Il soupçonne son ancien partenaire TIKI (Rob Etcheverria) qui a déjà eu l'habitude d'offrir des combats de lutte contre des zombies domestiqués ! Il rejoint BLUE SAINT, fils d'un célèbre saint (référence directe à SANTOS) qui a été tué par le méchant MURDELIZER, et sa soeur, la charmante MERCEDES (Angela Clarke). Ils retrouvent Tiki qui a 4 zombies dans sa remorque et un zombie tue une fan de lutte, mais Tiki clame son innocence. De fil en aiguille, on rencontrera ZOMBIE KING (Nick Cyjetkovich) et sa copine FRENCH VIXEN. Celle-ci cherche à créer une armée d'hybrides mais ne peut satisfaire le vide existentiel de Zombie King qui veut conquérir la terre ! Et tout ce beau monde et bien d'autres portent un masque et luttent au moindre argument !

On aura compris que ce film indépendant tourné en trois semaines aux environs de Toronto est un hommage loufoque aux films de Lucha Libre, la lutte mexicaine, telle que pratiquée avec Santo ou Blue Demon. Le rythme est rapide, la musique est endiablée et les lutteurs semblent tous appartenir à une ligue de lutteurs ontariens, en tout cas ils se débrouillent très bien. C'est peut-être le seul reproche à faire au réalisateur: la caméra n'est pas toujours bien placée pour bien apprécier les manoeuvres de combat et de virevolte, mais on comprend. Sinon, c'est du tout bon, avec plein de masques, de musique, de violence, de passages philosophiques, de zombies et de chair fraîche, si vous voyez ce que je veux dire. Il y a une poursuite à la Benny Hill dans un parc d'attraction fermé qui est un tantinet longue pour rien. Ajoutez une apparition du lutteur professionnel Jim The Anvil dans le rôle du Sheriff. Deux pouces en l'air, comme ils disent, les Américains ! Mario Giguère

L'ESPÉRANCE - Stefan Pleszczynski, 2004, Québec, 120m 

Petit Thriller québécois avec Patrick Labbé et Isabelle Richer qui a lieu dans un "trou!". Le film oscille entre le thriller et le film à suspense. Agréable à regarder en raison de son rythme lent, ses personnages inquiétants et à ses beaux paysages. Mais malheureusement, il n'y a rien ici qui reste en mémoire et qui mérite le visonnement en salle. Au mieux, une belle curiosité en DVD pour une nouvelle tentative dans le cinéma de genre. Espérons que LA PEAU BLANCHE est mieux. Black Knight

Dans une petite ville de Gaspésie où, deux ans plus tôt, une galerie minière s'est écroulée et a tué à peu près tous les hommes valides du village en même temps que son avenir économique, arrive un citadin BCBG qui tombe en panne et qui doit demeurer dans le coin quelques jours. Il semble de prime abord plutôt sympa et contribue à mettre un peu de vie dans cette morne bourgade principalement peuplée de veuves et d'adolescents, devenant copain avec les désoeuvrés et poussant les femmes à revêtir leurs "plus beaux atours", le jeune homme éveillant quelques instincts sexuels depuis trop longtemps endormis. Mais cet homme n'est pas le simplet qu'il laisse présager, et il a des secrets à dissimuler - une motivation obscure l'habite.

Voilà un thriller dramatique tout à fait surprenant. Pas dans le sens où on est ravi du visionnement, mais plutôt parce qu'on se demande, au final, comment un tel scénario a pu être financé par Téléfilms Canada. L'action se situe dans un village de Gaspésie; peut-être que les grosses têtes du financement fédéral y ont-ils vu des similarités avec LA GRANDE SÉDUCTION ? Il n'y a en tout cas pas grand chose ici qui puisse laisser penser que le film, une fois mis en marché, sera tributaire d'une "belle performance".

Les acteurs sont de niveau moyen, et même ceux qui pourraient normalement bien s'en sortir sonnent faux. La faute à qui ? Je subodore une absence totale de direction d'acteurs, et quiconque ayant vu le film se plaindra tout comme moi du manque d'authenticité des dialogues. Le niveau de langue n'est pas constant et tout sonne faux, particulièrement l'espèce de bonhomie mielleuse de Labbé, qui me semble-t-il n'a jamais été aussi ridicule - surprenant, quand on considère le reste de sa filmographie ! Il n'a pas la candeur de l'idiot des BOYS, et son rôle de "bum" dans NE DIS RIEN lui allait beaucoup mieux. Ici, il est carrément détestable, et on se demande comment Pleszczynski a pu croire qu'il serait crédible que tout un village tombe en amour avec ce personnage arborant une barbe ridicule et portant des chemises fort douteuses. Labbé aurait mieux fait de rester dans COYOTE pour se frotter sur Mitsou.

Il y a aussi Isabel Richer, la nouvelle "pin-up" des pauvres, elle qui semble vouée à se déshabiller pour tous ses rôles depuis DANS L'OEIL DU CHAT. Elle suit en tout cas les traces trash de son père Gilles avec des choix aussi douteux que LA LOI DU COCHON ou le navet péplum NOUVELLE FRANCE, qui s'annonce déjà d'une épouvantable inutilité prétentieuse.

On a donc droit aux ivrognes types des coins perdus, à une prof / danseuse nue qui se trémousse au son de Michel Pagliaro dans une scène délicieusement douloureuse, à des acteurs adolescents amateurs et malhabiles, et à une finale déroutante d'illogisme. Le réalisateur, qui n'en est pas à ses premières armes, a entre autres réalisé L'HOMME PERCHÉ en '96, et il s'agit ici de sa première série B; qu'elle soit volontaire ou non demeure jusqu'à présent une question de perspective. Orloff


Caroline Néron

ETERNAL aka Éternelle - Wilhelm Liebenberg & Federico Sanchez, 2004, Canada, 1h47 

Vous ne vous en doutiez pas, mais Élizabeth Bathory continue d'inspirer, après toutes ces années, la gent féminine bourgeoise. C'est ainsi qu'Élizabeth Kane (Caroline Néron), une blondissime fortunée possédant un château dans Westmount, attire chez elle des jeunes femmes pour les séduire et ensuite les charcuter, et boire leur sang - ou se baigner dedans, c'est selon ses humeurs. Son assistante Irina lui ramène parfois des proies, qu'elle rabat dans les rues de Montréal ou alors sur le net, dans un chatroom de lesbiennes. Elle commettra une légère erreur de jugement en choisissant comme menu Jessica, femme d'un policier dur à cuire nommé Raymond Pope (Conrad Pla). Cherchant sans relâche sa femme, dont il a pourtant l'air de se foutre éperdument, Ray se mettra sur le dos d'Élizabeth et déclenchera une série d'événements aux conséquences variables.

Premier film du duo Liebenberg / Sanchez, ETERNAL est un étrange objet. Distribué par TVA Films, on l'imagine pourtant mal en train d'être présenté sur le canal mentionné à heure de grande écoute. Pourtant, les moyens y sont : bénéficiant visiblement d'un budget somptueux, la photographie et les décors y sont sublimes, et toutes les voitures que l'on croise en cours de récit sont des perles rares, de la Citroën de Jessica Pope à la Corvette '59 hallucinante de son mari. Côté valeurs de production, donc, le film entier peut sans peur d'en pâlir compétitionner avec les productions américaines les plus léchées de l'heure.

Tout le monde qui nous y est présenté semble plein de fric, Pope habite dans le complexe Habitat '67 sans en éprouver de gêne, malgré son simple statut d'inspecteur de police; la cabane de la Néron est à couper le souffle, et elle ne semble pas foutre grand chose de ses journées à part se maquiller, se limer les ongles, et boire le sang de pauvres innocentes. J'en passe !

C'est précisément ce qui fait qu'on éprouve une nette sensation de superficialité devant cette oeuvre techniquement impressionnante, mais un peu vide. Les dialogues sont clichés, ainsi qu'une bonne partie des personnages. On ne saisit pas bien les motivations de Pope dans son enquête. Queutard incorrigible, fêtard invétéré, épris d'un égoïsme sans bornes, d'un complexe nietzschéen, et de fort vilaines habitudes sexuelles de sauvagerie je-m'en-foutiste, il n'est pas le genre de personnage qu'on imagine en train de songer à ce que peut bien devenir sa femme. Il serait au contraire du genre à se réjouir de sa disparition...

La psychologie de la plupart des personnages est donc à peine esquissée, et on a droit à Romano Orzari, le petit mec d'OMERTÀ 3, qui vient faire son policier "wise ass" dans deux courtes scènes. Yves Corbeil officie en tant que chef de police, et on s'attend sans cesse à le voir se lancer dans une infopub enjouée mettant en vedette une roue chanceuse.

Si la direction artistique fait preuve d'un goût raffiné pour les belles voitures et les décors et lieux de tournage à couper le souffle - quelques plans de Montréal sont carrément contemplatifs et superbes - il en va de même pour le directeur de casting, qui n'y est pas allé de main morte côté jolies filles. Outre Caroline Néron, qui parade ici dans le plus simple appareil (ou alors ornée de quelques morceaux de tissus qui ne dissimulent pas grand chose), on a droit à son assistante Victoria Sanchez, soeurette du co-réalisateur, petite latina pas mal du tout ayant fait ses débuts dans... WATATATOW ! On ne peut pas prétendre que le talent local n'est pas utilisé !

Caroline Néron, la p'tite fille de Boucherville, s'en sort pas trop mal, malgré un léger accent. Elle est par moments un peu trop théâtrale, et les gens l'ayant déjà aperçu dans les rôles qu'elle collectionne habituellement auront un peu de mal à croire à son personnage de sadique intemporelle.

Ilona Elkin, la maîtresse de Pope et une des victimes de la Néron, fait quelques apparitions remarquées avant qu'elle ne soit trucidée de manière tout à fait sympathique, attachée à demi nue sur un lit avec la comtesse qui la chevauche. Elle a préalablement fait une apparition dans CONFESSIONS OF A DANGEROUS MIND en 2002 et participé à quelques autres productions sans grande envergure. Liane Balaban, la baby-sitter sexy, a fait ses débuts dans NEW WATERFORD GIRL en '99 et on ne peut s'empêcher de lui souhaiter une longue carrière de briseuse de coeurs.

Conrad Pla, en "héros" douteux, est bien utilisé, et débite ses one-liners sans sourciller, mais tombe rapidement dans le cliché, comme je l'ai précédemment mentionné. Sa carrière se compose principalement de rôles de figuration et je ne suis pas certain que sa performance ici puisse l'aider à ce niveau. Le cinéma canadien aurait-il trouvé son nouveau Vin Diesel ?

ETERNAL est un beau bijou, plaisant à regarder, qui a coûté cher, mais quand il nous arrive de le sortir de son écrin, la seule pensée qui nous traverse est : "Mais pour quelle foutue occasion vais-je pouvoir le porter ?" Orloff

Euh, hein ?!?! Je te trouve beaucoup trop positif, mon cher Manera. As-tu regardé le même film que Sir Freakos et Sir Feeble ?! Je suis d'accord au niveau de la photographie et des décors et je fus encore plus surpris au générique par le " Digital To Film Transfer " !!! Le film, côté look, est magnifique et a été tourné en digital pour des coûts moindres ce qui est vachement encourageant, étant d'une beauté exquise.

Cependant, c'est pas mal tout ce qui a de positif dans ce truc, les acteurs patinant comme ça n'est pas permis, le scénario tournant en rond et endormant son public tout en pataugeant dans tous les clichés imaginables. Néron nous gratifie d'un accent de Québécoise parlant l'anglais malgré qu'elle est supposée être une Anglaise ayant vécu des centaines d'années, etc. ... Néron, c'est bien dommage, mais elle n'a aucun charisme dans ce film et ce n'est pas l'inspecteur qui va aider à remonter le tout, étant d'un ridicule assommant.

Enfin, ça fait peur, c'est supposé être le début d'une trilogie (avec une Elizabeth " Néron " Bathory dans le Moyen-Âge comme suite), malgré que c'est tout de même bien de voir un peu de fantastique ici... Bad Feeble

Croyez-moi, Eternal est un film qui fait peur. Non, ce n'est ni les nombreux assassinats commis par Elizabeth Kane, une terrible psychopathe en quête d'éternité, ni la faute d'une plus que pitoyable version de La Bohème d'Aznavour version St-Hub. C'est plutôt quand au pense au fait qu'autant d'argent a été investi pour mettre en scène le désir d'éternité d'une femme a la voix de trucker qu'on a la chair de poule.

Elizabeth Kane est le personnage le plus développé de cette galerie de pantins unidimensionnels trouvés dans les poubelles d'Hollywood incarnés par des comédiens qui auraient pu en porter beaucoup plus sur leurs épaules. Le scénario anémique repose sur la routine de Mrs. Kane qui consiste à trouver une jolie fille un tantinet lesbienne sur les bords, lui sauter dessus lorsqu'elle est prête avant de la tuer pour boire un peu de sang et garder le reste pour prendre un bain. Version Lesbian Chic de l'histoire d'une belle psychopathe qui croque dans la vie? Pas vraiment, même vraiment pas. Son château de Westmount ne suffit pas a nous faire croire que cette dame est issue d'une quelconque noblesse. On passe le film à se demander ou sont la télévision, le micro-ondes et les deux litres de Coke.

Je suis tout de même reconnaissante qu'on me montre enfin l'intérieur de Habitat 67, que l'on ait choisi de très jolies comédiennes made in Quebec étonnantes et prometteuses, mais ça ne suffit malheureusement pas à me convaincre que ce film valait tout simplement la peine d'être fait.

Eternal est un exercice de style raté qui nous montre que ça prend plus que des scènes lesbiennes et des beaux chars pour faire un film qui tient un peu la route. En fait, le char prend le clos dès l'entrée de Caroline Néron qui a un corps superbe mais qui joue aussi bien que Corneliou chante du Pagliaro. Mongola Batteries

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Court-Métrage

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