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mise à jour le 1 février 2008

FEAR OF THE DARK - K.C. Bascombe, 2002, Canada   

Le jeune Ryan se fait grosse frayeur sur grosse frayeur, nuit après nuit. C'est que des créatures de la nuit viennent le persécuter dans son sommeil et lui font plein de choses pas gentilles. Bien entendu, ni ses parents, ni son grand frère Dale ne prennent ses craintes très au sérieux, tout au plus pensent-ils que Ryan a besoin d'un suivit psychiatrique. Mais un soir, alors que papa et maman sont de sortie, Dale va se rendre compte que Ryan n'est pas si débile que ça.

FEAR OF THE DARK est un festival de cliché du film du tu-ne-crois-pas-ce-que-je-raconte-mais-tu-vas-voir-ce-que-tu-vas-voir-et-t'en-mordre-les-doigts. Le réalisateur tente comme il peut de créer une certaine ambiance oppressante et un suspense efficace en jouant avec les zones d'ombre et les éclairs d'un orage inévitable, mais ses efforts sont définitivement vains. Il déclare au passage son admiration pour EVIL DEAD et va même jusqu'à risquer quelques plans tordus en se prenant pour Sam Raimi. L'intention n'est pas mauvaise mais ne parvient pas à relever le niveau d'une pelloche bien trop convenue et parfois même navrante dans son déroulement. Les acteurs ne s'en sortent pas trop mal, en particulier le jeune Jesse James dans le rôle de Ryan qui incarnera plus tard le gosse du remake d'AMITYVILLE. Kerozene

The FERAL MAN - Brett Kelly avec Brett Kelly, Mark Courneyea, Steeve Dincan, Mary MacPherson, 2002, Canada, 65m

Danny James perd son père au moment ou tout ne va pas très bien pour lui. Il perd son emploi, ce qui n'aide pas sa relation déjà tendue avec sa copine. Agressé lorsqu'il quitte le cimetière, il a de la difficulté à dormir et commence à halluciner. Pendant ce temps, la ville est en proie à une vague de meurtres qui semblent commis par un loup...

Brett Kelly s'inspire des cas de lycanthropie tel qu'expliqués par la science moderne et nous offre donc un film de loup-garou sans bête ni maquillage. Premier long métrage de l'auteur-réalisateur-producteur, il souffre quelque peu des aléas des débuts de carrière. On remarque donc des transitions brusque dans le montage visuel et sonore durant les quinze premières minutes, des personnages secondaires peu convaincants, un montage photo sur fond de musique qui coupe court à la montée de tension et quelques erreurs de continuité. Ceci dit, on voit aussi se poindre les qualités de Kelly, une approche intéressante du scénario, quelques plans fort réussis, je pense à l'attaque de la prostituée, et l'apport d'une musique bien choisie et bien utilisée. Kelly enchaînera les films avec un bonheur de plus en plus grand. Mario Giguère

Des FILLES CANNIBALES aka Cannibal Girls - Ivan Reitman, 1973, Canada, 1h24. Distribution : Cinépix

Que se passe-t-il quand, dans les années '70, au plus fort de la vague de films "horrifiques" orchestrée par nos bons amis de Cinépix, l'ami Ivan Reitman, un débutant au coeur tendre, négocie avec les têtes dirigeantes et commence le tournage de son premier long métrage ? Une année plus tôt, Jean Baudin nous torchait un opus satanique de deux heures trente, LE DIABLE EST PARMI NOUS, que Jean Lafleur était forcé de remonter sans queue ni tête en retranchant une heure complète pour satisfaire ses patrons ! Baudin, dégoûté, allait par la suite renier son implication avec Cinépix et se lancer dans une carrière "sérieuse", la bouche en cul de poule et le petit doigt tendu vers le ciel.

CANNIBAL GIRLS va droit au but et avait, à l'époque, un potentiel commercial indéniable. Déposez dans une grande marmite des jeunes filles attrayantes et cannibales, ajoutez un peu de gore et une gimmick risible, faites une promotion tapageuse au possible, brassez le tout, et vous obtiendrez un Eugene Levy à l'air complètement ahuri en train de se débattre dans un navet assez court pour ne pas trop vous emmerder.

Synopsis rapide. Un jeune couple, probablement pas marié, roule sur une route canadienne enneigée. Le monsieur (Levy, arborant un afro pas possible et une moustache pas croyable) arrête pour pisser et la voiture a du mal à redémarrer. Ils arrêtent dans le village suivant, prennent une chambre dans un motel miteux et confient la bagnole à un garagiste moustachu. La bonne femme gérant le motel où ils sont descendus leur raconte une "légende" effrayante qui ne finit plus, qui raconte en gros que trois jeunes filles séduisantes habitant non loin ont tué des hommes de passage et les ont mangés. Elle ajoute que la maison a depuis été transformée en restaurant pour fins gourmets - quelle ironie ! - et le couple décide d'y aller pour un petit repas entre amoureux.

La suite des événements nous donnera envie de fusiller sur-le-champ le scénariste, un nommé Robert Sandler, qui aurait intérêt à recevoir une bonne injection de logique concentrée. Doublé en français en tout cas, le film n'a AUCUN sens. Le type qui double habituellement Sylvester Stallone apparaît ici dans la bouche de deux personnages distincts, ce qui n'aide pas à prendre le tout au sérieux. La compagne d'Eugene, interprétée par Andrea Martin, est doublée d'une façon tout à fait insupportable par une demoiselle tout à fait hystérique. Ils ont dû bien se marrer, ces doubleurs.

La "gimmick" dont je parle plus haut est aussi digne de mention. Il s'agit d'un signal sonore fort agressant qui précède les scènes "violentes", permettant aux spectateurs sensibles de se fermer les yeux, et d'ainsi rater des meurtres expéditifs et forts peu sanglants, maladroitement filmés et montés. Une cloche est ensuite supposée sonner pour que le grand sensible en vous puisse ouvrir ses yeux à nouveau, mais les responsables du doublage ont dû l'oublier 75% du temps.

Reitman a quand même eu une carrière après ce bousin, réalisant entre autres un GHOSTBUSTERS débordant d'un mauvais goût à peine moins grotesque que celui de CANNIBAL GIRLS. Eugene Levy s'en est aussi sorti, mais on ne peut pas dire qu'il ait fait carrière dans l'édifiant; il s'est contenté d'alterner entre des productions télévisuelles routinières et des films consternants de nullité comme BRINGING DOWN THE HOUSE ou encore la trilogie AMERICAN PIE. Quant aux filles cannibales elles-mêmes, des pin-ups qu'on utilise ici pour leur jolie frimousse et la rapidité avec laquelle elles perdent leur chemise, elles n'ont pas eu un futur tellement éclatant dans l'industrie; Randall Carpenter a fait le doublage de deux bandes dessinées animées, Bonnie Nielsen n'a rien foutu, et la belle Mira Pawluk a vu sa carrière stoppée après le tournage (pas qu'elle en avait une spectaculaire...).

On peut donc dire sans avoir peur de se compromettre que CANNIBAL GIRLS n'a pas vraiment donné de coup de pouce à ses participants... Et il ne donnera pas de coup de pouce à votre réputation si vous le visionnez entre amis un soir de pleine lune...

Phrase culte du film : "La criss de légende est-tu finie, là ?" Orloff

FINAL CURTAIN - Brett Kelly avec Marc Courneyea, Robyn Griggs, Sherry Thurig, 2005, Canada, 60m 

Une troupe d'acteurs débutent les répétitions d'une pièce maudite. Ce qui devait arriver se produit, les meurtres s'accumulent et dans le théâtre aux portes désormais barrées, on cherche le ou les coupables. La paranoïa s'installe rapidement et les révélations surprises s'accumulent.

Brett Kelly signe un scénario qui, s'il sent le déjà vu (voir le premier film de Michele Soavi ou le Demons de Lamberto Bava), est bien ficelé et réserve son lot de surprises, de retournements et de références bienvenues. Les acteurs se tirent bien d'affaire, spécialement les acteurs d"un certain âge, qui défendent bien des dialogues dramatiques bien écrits. Brett Kelly se donne le rôle d'un presque "fantôme de l'opéra" qui se prend pour Laurence Olivier, des passages plus légers et vraiment plaisants. Le plan final est probablement trop ambitieux pour le budget limité, mais j'ai bien aimé ce huis clos qui fleurte avec le giallo. Mario Giguère


Chantal Renaud

FINALEMENT... - Richard Martin, 1971, Québec, 1h30

Pendant une session de photo où Jacques Riberolles ne parvient pas à tirer des poses satisfaisantes de son modèle, une employée de snack bar (Chantal Renaud) interrompt le tout en livrant des cafés. Le photographe prend quelques photos d'elle, pour rire, mais notre demoiselle s'enfle la tête assez rapidement et adopte l'idée un peu singulière de devenir modèle. Elle reviendra le lendemain, assez mal fagotée d'ailleurs, et provoquera une bagarre plutôt mal montée avec la mannequin en poste. Dès lors, notre célèbre photographe français sera amusé, puis charmé, et décidera de risquer le tout pour le tout en la formant.

Drame de moeurs typiquement ancré dans les années '70, FINALEMENT... se regarde avec un peu d'agacement mais reste tout de même une expérience déroutante. Mal réalisé, certes, mais avec une bonne volonté qui pardonne tout, le film hésite constamment entre le drame de moeurs, la comédie burlesque et le film "d'amour" gaga. Chantal Renaud en fait des tonnes, mais sa petite frimousse et ses grands yeux bleus lui valent à mes yeux le pardon intégral. Monique Mercure est à croquer dans le rôle de la grande patronne de Jacques Riberolles. La postsynchronisation est un peu mécanique, et l'accent qu'adopte au début du film miss Renaud est effroyable. Il est assez surprenant de voir que le tout ne comporte pratiquement pas de nudité, à part une longue scène d'orgie en subjectif, assez ridicule d'ailleurs... La musique est une bouillie hippie qui devait être dans l'air du temps alors, mais qui est aujourd'hui singulièrement insupportable. On y voit d'ailleurs Renée Martel et Michel Pagliaro dans des numéros de lip-synch assez lamentables, particulièrement pour Pag, qui enfile des "riffs" de guitare avec la bouche ouverte comme un débile léger... Que dire... On y voit quelques beaux plans de Montréal, particulièrement dans une scène assez incroyable où un kamikaze a conduit un bolide à toute vitesse dans les rues de la métropole, et se faufile habilement entre les voitures roulant tranquillement, frôlant plus d'une fois la catastrophe. Une curiosité, quoi. Orloff

GHOSTKEEPER aka Le Garde Du Fantôme, James Makichuk, 1980, Canada, 87m

Un trio de yankees originaires de la Floride nous est présenté en plein voyage "dans le nord", filant à toute allure sur leurs motoneiges pétaradantes et se comportant somme toutes en américains clichéeux. Ils décident d'emprunter un chemin interdit et comme ils arrivent devant un énorme manoir dissimulé par la forêt environnante, la joyeuse célibataire de la bande s'emballe et sa motoneige fout le camp sans elle, puis percute un banc de neige.

Mais c'est qu'elle ne veut plus partir ! Le groupe ne disposant plus que d'un seul véhicule, ils décident donc d'aller s'abriter dans le manoir, mais ils découvriront rapidement que l'endroit est loin d'être inhabité...

Thriller canadien presque boudé à sa sortie, et malhabilement distribué en vidéo, GHOSTKEEPER étonne. Si on se fie à la jaquette du film, qui nous présente un espèce de gros barbu monstrueux arborant un air de chien battu, on risque d'être surpris ! Le monsieur en question apparaît au grand total trois fois, très brièvement, et se montre plutôt inoffensif...

L'intrigue s'installe lentement, créant une atmosphère lourde et inhabituelle, que le climat hivernal rébarbatif et mystérieux soutient fort bien. On n'exploite pas suffisamment l'imagerie nordique du grand Nord et de ses vastes espaces enneigés et sauvages...

On remarque ça et là des éléments de SHINING - le manoir, la saison froide, l'isolement et l'impossibilité de s'échapper - mais quelques originalités surgissent tout de même ça et là. L'héroïne du film, une mignonne scream queen nommée Riva Spier, qui a aussi été du tournage du RABID de Cronenberg, est fort agréable à regarder et s'en tire plutôt bien, quoique le doublage français un peu exaspérant ne la mette pas tellement en valeur.

Le manque de précision explicative sur les événements se succédant à l'écran finit toutefois par avoir raison du spectateur, qui préférerait sans doute qu'on l'éclaircisse; j'opte pour ma part pour un entre-deux, à mi-chemin entre le "tout cuit" et l'ouverture tellement vaste qu'on se demande de quoi il retourne. GHOSTKEEPER est tout de même une belle surprise ! Orloff

Deux femmes et un homme s'amusant en promenade de motoneige, s'aventurent sur une propriété privée et tombe malheureusement en panne devant la porte. Une tempête se prépare et la nuit va tomber dans quelques heures alors pourquoi pas prendre refuge dans ce manoir et s'abriter pour la nuit. Grossière erreur. Le manoir, ancien hôtel, n'est pas si inhabité qu'il le paraît et contient plusieurs secrets qui tourmenteront nos protagonistes plus la durée de leur séjour avancera.

Petit film canadien relégué aux oubliettes, GHOSTKEEPER est une belle surprise. On prend le temps d'installer le tout, le mystère perdure et on en découvre tranquillement de plus en plus tout en laissant une bonne partie sans explication, ce qui est encore plus savoureux pour ce genre de film. On a droit à de bons moments de frousse et de folie malgré les similitudes évidentes envers THE SHINING et ceci tout en admirant de belles images enneigées renforçant le sentiment de huis-clos déjà présent. La mise en scène bien maîtrisée et plutôt calme nous prend par surprise avec ses quelques moments chaotiques tout aussi bien construits et on sort au final avec un bon souvenir d'un petit film méconnu qui nous fait passer un bien meilleur moment qu'on aurait pu le croire. Bad Feeble

GINGER SNAPS - John Fawcett, 2000, Canada/États Unis

Deux soeurs adolescentes, Brigitte 14 ans et Ginger 16 ans, vivent des moments difficiles. Mals dans leur peau, renfermées sur elles-mêmes, totalement asociales, éduqués par des parents un peu à côté de la plaque et étudiant dans une école qui est loin de ressembler au bahut aseptisé de Beverly Hills et ses terrains de sport au gazon impeccable, refusant leur féminité, elles ne parviennent à évoluer qu'ensemble, l'une ne pouvant vivre sans l'autre. L'arrivée des règles de Ginger coïncide malheureusement pour elle avec la rencontre d'un lycanthrope attiré par les odeurs du sang menstruel. Blessée, son métabolisme se met alors à se modifier, son comportement change du tout au tout, et alors que surgit d'elle une féminité et un sex appeal encore insoupçonné, une immuable soif de sang grandit en elle. Brigitte tentera d'endiguer le processus avec l'aide d'un dealer de ganja connaissant quelques bases de médecine naturelle.

GINGER SNAPS n'est pas seulement un excellent film de loup-garou, mais c'est également un excellent film sur le mal-être adolescent de la fin des 90's. Recherche d'identité, lassitude quotidienne, désintérêt pour les études, la famille et les relations humaines sont ici bien mieux mis en évidence que dans un pompeux VIRGIN SUICIDES. Ces bases servent à merveille l'aspect fantastique du film et permettent une progression dramatique d'une grande efficacité. Le réalisateur ne fait pas de compromis et évite de parasiter son récit avec un humour potache de film pour ado, abordant son sujet au premier degré. Le ton sérieux du film a donc de quoi surprendre, étant donné cette période d'épouvante auto parodique entamée par SCREAM, et parvient donc à faire mouche. Impossible en effet de ne pas s'impliquer dans la vie morose de ces deux filles. A côté de ça, les effets gores et de maquillages ne sont pas négligés, ce qui permet aux amateurs d'horreur de passer un excellent moment. Kerozene

Site officiel de la trilogie : www.gingersnapsthemovie.com

Une revisite ce coup-ci et je dois dire que j'aime toujours autant, sinon plus. On nous raconte l'histoire de deux soeurs marginales, encore au secondaire, abritant un attrait tout particulier envers le morbide. Une nuit, l'une d'elle se fait attaquer (Katharine Isabelle, la Ginger du titre) par une grosse bestiole sauvage et poilue et s'en sauvera de justesse grâce à sa petite soeur Brigitte (Emily Perkins). Ginger est mal en point, mais bizarrement, ces blessures guérissent à une vitesse phénoménale et les deux soeurettes préfèrent ne pas en glisser mot à personne et garder ça pour elles-mêmes, ce qu'ils ont toujours fait la majeure partie de leur vie.

Mais voilà, il n'y a pas que les blessures disparaissant rapidement qui forment un problème, mais plutôt les changements autant physiques que psychologiques qui suivront...  Ginger a ses premières règles qui se pointent et du coup, elle est propice à faire partie des lycanthropes très bientôt...

Une petite merveille que ce film ! Il est arrivé de nul part sans prévenir, avec une campagne de publicité de mauvais goût qui demeurait déplaisante avec un ton humoristique douteux. Après l'avoir finalement vu il y a quelques années, je suis tombé sous le charme du film et l'humour présent est tout simplement savoureux, sans jamais trop en mettre. On est plutôt dans l'ironie et la satire que de la comédie aberrante faisant partie, pratiquement sans exception, des films d'horreur des années 90. Bien sûr, il ne s'agit pas ici que d'un film au ton humoristique, les scènes d'effroi misant juste, accomplies avec une grande habilité de la part de Fawcett qui ne recule pas devant la férocité de la chose ce qui demeure rafraîchissant. L'esprit sombre et agressif d'un tel récit y est présent et y reste jusqu'à la dernière image.

On pourrait s'étendre longuement sur toute cette comparaison de transformation en loup-garou versus l'évolution de Ginger qui devient femme (comme le précise si bien sa môman, jouée avec une naïveté parfaite par Mimi Rogers qui se frappe efficacement à la réalité dans ses derniers moments), mais il est bien sûr préférable de laisser tout ça se faire découvrir avec le tact, la subtilité et l'intelligence de l'oeuvre en question. Un film qui a monté facilement dans mes favoris des loups-garous avec AN AMERICAN WEREWOLF IN LONDON et qui demeure toujours aussi fascinant à redécouvrir. Bad Feeble

Magnifique, il y avait un bout que je n'avait pas vu un film aussi intéressant sur un sujet qui n'est pas neuf, de surcroît avec des adolescentes ! Ginger Snaps respecte la mythologie du loup-garou, y ajoutant quelques surprises, su un ton très sérieux qui se permet tout de même un humour noir et morbide voire absurde à l'occasion. J'ai embarqué à fond car les personnages sont vraiment intéressants, leurs dilemmes prenants, l'action et la tension soutenue, et il y a assez d'effets spéciaux pour satisfaire son amateur, bref, que du bon. Un final qui respecte la tragédie, une musique discrète qui accompagne les images sans surcharge et des comédiens bien choisis et efficaces. On est presque surprit de voir un tel film passer inaperçu en salles.

Faut dire qu'il est distribué dans le coin par les films Séville, des gens qui ne savent absolument pas comment promouvoir un film en salle, voir le fiasco de LA PEAU BLANCHE. Mario Giguère

GINGER SNAPS: UNLEASHED - Brett Sullivan, 2004, Canada

SPOILER ALERT !!! Pour ceux n'ayant pas vu le premier volet de cette série et si vous voulez vous garder les surprises de la finale, il serait préférable de s'abstenir de lire plus loin...  Et d'ailleurs, pourquoi vous n'avez toujours pas vu le premier volet ?! Tsssssss... 

Brigitte (Emily Perkins reprenant son rôle), seule survivante du premier volet, est maintenant en cavale et doit dorénavant affronter elle-même la malédiction, ayant mélangé son sang avec celui de sa frangine dans l'épisode précédent. Combattre la tentation de vouloir hurler à la pleine lune tout en dévorant de la chair fraîche est maintenant chose courante de sa nouvelle vie, tout comme l'injection systématique du sérum ralentissant le processus de la transformation, sérum provenant de plantes découvertes dans le premier film. Après une nuit désastreuse où on aperçoit une bestiole poilue qui la pourchasse, Brigitte se retrouve dans un centre de désintoxication vu ses cicatrices évidentes...

Privée de son sérum, ses jours parmi la race humaine sont maintenant comptés. Elle se liera d'amitié avec Ghost (Tatiana Maslany), jeune fille légèrement dérangée qui l'aidera à s'échapper de cette prison, mais est-ce une bonne chose ?!

Suite intelligente et captivante du superbe GINGER SNAPS, on se retrouve avec un film différent, mais encore tout aussi savoureux malgré ses quelques failles. L'ambiance est beaucoup plus noire et sombre que le premier et explore d'autres territoires tout en élargissant le mythe de la série. Sullivan, monteur sur le premier volet, se retrouve ici à la mise en scène et le mec a définitivement l'oeil tout en poursuivant la férocité des scènes sanguinolentes déjà présente dans le précédent opus.

Katharine Isabelle (Ginger) fait quelques brèves apparitions en spectre provocateur alors on laisse plutôt place ici à Emily Perkins en tête d'affiche qui se débrouille vachement bien ! Le personnage est poussé encore plus loin et Perkins en semble ravie d'après son interprétation qui nous prouve qu'elle peut facilement soutenir un film à elle seule. Tatiana Maslany (Ghost) nous fait découvrir un personnage bien curieux qui cache de nombreux secrets malgré son jeune âge et Maslany le campe de façon géniale. Plutôt que de continuer avec le " cheminement de la femme ", on visite ici plutôt les junkies, idée bien intéressante qui est un peu délaissée dans sa deuxième partie, mais tout en demeurant omniprésente.

Alors on est servi par une magnifique suite qui n'a rien à envier au premier volet, un film horrifique intelligent comme il y en a si peu aujourd'hui et encore moins au Canada ! À découvrir. Bad Feeble

Un autre film qui mélange horreur, humour noir et quasi-surréalisme avec un bonheur qui comble. On commence fort et on ne relâche jamais la tension, ce qui donne un film lourd, qui s'éclate parfois grâce au personnage de Ghost, jeune adolescente qui vit dans un univers de bande dessinée morbide et qui parle en réplique de bédé. Emily Perkins est formidable dans un rôle très physique. Pas de compromis de films d'ado américain, pas de gags faciles, et un décor hivernal bien utilisé. On évite tous les pièges courants et on livre la marchandise. Chapeau. Mario Giguère

GINGER SNAPS BACK: THE BEGINNING - Grant Harvey, 2004, Canada 

Les soeurs Fitzgerald, dans les années 1800, trouvent refuge dans un fort où la malédiction y a déjà fait des ravages sur les habitants et maintenant, quelques survivants prudents dont un curé particulièrement douteux tentent de survivre en attendant l'arrivée des vivres. Les soeurettes sont observées d'un oeil suspect ce qui devient dangereusement déplaisant lorsque Ginger est contaminée une fois de plus.

Troisième volet de la série et il est triste de dire que c'est le moins bon, même correct. Tourné back-to-back avec le deuxième et se déroulant dans une époque lointaine n'a pas dû aider grandement la production ce qui résulte en la perte du brin de fraîcheur original de la série. Le film n'a aucune relation avec les autres si ce n'est que du mythe des loups-garous et de la présence des soeurs Fitzgerald, bonne idée en soit pour apporter une nouvelle dimension à la série, mais qui ne réussi pas complètement son coup.

On y découvre une mise en scène atmosphérique qui ne colle pas toujours, des plans d'une beauté magnifique avec des paysages hivernaux à couper le souffle, de bons acteurs se débrouillant bien avec ce qui leur est donné et un huis clos d'époque pas déplaisant, le tout baignant dans une ambiance horrifique paranoïaque. On retrouve même un David La Haye reléguée au second plan avec une présence furtive dans cette aventure de lycanthropes d'époque. Le retour du duo Isabelle & Perkins est toujours savoureux malgré une certaine redondance sous différents aspects. Un film divertissant qui ne retrouve pas le niveau élevé des deux autres, mais qui demeure plaisant sans aucun doute. Bad Feeble

GRAVEYARD ALIVE : A Zombie Nurse In Love - Elza Kephart, 2003, Canada, 80m

Bien sûr, je voudrais sincèrement dire que ce film est génial et être gentil avec sa réalisatrice et encourager tout le monde à encourager le petit cinéma d'ici. Voyons voir ce que je peux faire.

Un bûcheron se fait mordre le doigt par une bébitte qui demeurera hors-champ faute de budget et s'en va à l'hôpital avec une hache dans le crâne venant d'on ne sait où. Le zombi mord une infirmière laide qui s'amourache de lui et lui transmet inévitablement ce mal qui la fera (très peu) pourrir et s'émanciper en tant que femme. C'est à peu près ça, mais sur une heure et demi.

Comédie sans gags, parodie aux renvois référentiels vagues (si ce n'est le soap américain), film de zombis sans gore, film sans couleur (glorious black and white). C'est un putain de chef-d'oeuvre! Et si ma nana s'était pas endormie sur moi après 12 minutes, je me serais sorti de là avec joie. Memorial BBQ

HABITAT - Rene Daalder, 1996, Canada/Hollande, 103m 

Dans un monde futur où la couche d'ozone a été complètement détruite, un scientifique obsessif et quelque peu dément tente d'y trouver une solution pour ainsi parcourir son chemin sans se cacher du soleil et de ses rayons UV destructeurs. Un accident se produit et il fini par créer, avec ce dernier ajout, ce qu'il cherchait: il n'est maintenant qu'une matière simple et biologique dans l'air. Comme à son ancienne demeure, la maison prend vie: elle développe un organisme à elle-même où on pourrait se croire dans une forêt tropicale vivante, touffue de partout et parsemé de nouvelles plantes. Donc, vu notre scientifique volant dans l'air qui n'apparaît que brièvement après sa transformation, on se concentre plutôt sur sa femme et son fils. Sa femme, une microbiologiste, est ravie de cet environnement, tendre et savoureux à ses yeux, où nourriture et abris ne forment plus qu'un. Le fils, lui, en a marre de toute cette végétation et préférerait opter pour une vie normale, ce que leur nouveau voisinage ne lui fera pas vraiment découvrir si ce n'est que l'amour...

Disons que de tenter de résumer ce film n'est pas nécessairement chose facile sans vouloir en écrire des tonnes. Alors on se retrouve ici dans un monde particulier, pondu par Rene Daalder, réalisateur disparu de MASSACRE AT CENTRAL HIGH. On ne sait pas trop où nous allons avec toute cette histoire, mais on se laisse emporter sans trop de difficultés. La mise en scène ne casse rien, mais les décors, eux, sont particulièrement réussis et magnifiques à regarder. Une bonne partie du minime budget doit y avoir passé, le résultat final ayant été tourné en Vidéo HD, ce qui n'est vraiment pas déplaisant pour ce film futuriste fauché, auquel la vidéo donne un look particulier. Les interprètes ont pratiquement tous leur moment de mocheté, certains plus que d'autres, mais nous avons là tout de même une brochette plutôt amusante: Balthazar Getty, Alice Krige, Laura Harris, Tchéky Karyo et Daniel Pilon ! Il s'agit donc d'une co-production Canada/Hollande, largement (ou complètement ?) tourné au Québec, sortant de nul part, n'ayant fait aucune vague, passant plutôt sous le radar pour retomber dans l'oubli. On peut comprendre: il y a rien ici de bien exceptionnel pour garantir au film une audience, étant plutôt un hybride parfois mal foutu, parfois plutôt réussi, gardant les effets spéciaux au minimum, mais demeurant tout de même charmant et plutôt curieux. Bad Feeble


Edward aka Mario Giguère

HAPPENING - Philippe Mathieu, 2003, Canada

Dans un monde où les poules n'ont toujours pas de dents, Hubert, jeune concierge à la personnalité peu affirmée, taponne son chat alors qu'il s'apprête à partir vers son boulot quotidien : videur de poubelles.

Sortant de l'ascenseur afin de lancer ses nombreux sacs de poubelles sur le sol dans le but de terminer son job le plus rapidement possible, Hubert aperçoit un énigmatique personnage. En deux temps trois mouvements, cet homme au physique robuste et à la présence mystérieuse décide de faire d'Hubert une " star ".

Hubert, devenu maintenant une grande star de l'exposition de sacs de poubelles, refuse les avances sexuelles d'une nana habillée en blanc tandis qu'une foule de gothiques en mal d'émotions fortes s'attarde sur les chef-d'œuvres du Hubert. Le tout se termine dans l'apothéose d'une exposition " d'hommes-poubelles ".

Dans une caverne dégoulinante de sentiments réprimés, Edward, l'énigmatique nouvel agent d'artistes, annonce à Hubert la nullité de ses dernières créations et lui ordonne de trouver de nouvelles idées sans quoi sa grande carrière s'achèvera aussi rapidement qu'elle aura bien pu commencer. Hubert, déstabilisé, doit trouver une porte de sortir s'il veut bien conserver sa gloire.-

Quelle chance (!) j'ai eu de pouvoir assister à la toute première mondiale de ce film dans lequel le légendaire Mario Giguère tient le rôle central. Satire virulente de la soif de gloire et de l'envie de plaire qui s'avèrent être des plaies propres à une multitude de personnes, HAPPENING est bien ce chef-d'oeuvre attendu depuis des années et qui saura remettre STARDOM (Arcand, 2000) à la poubelle, l'endroit où il aurait toujours du resté. Des cadrages volontairement laids dans un but évident d'harmonie avec l'esthétique particulièrement trash du projet, des répliques fortes (qui deviendront, n'en doutons pas, éminemment cultes avec les années... par exemple : " MOÉ ? UN ARTI'TS'TE ? " " J'VA FAIRE DE TOÉ UNE STAR!!!!! "), un bon dosage dans le rythme (allant du lent contemplatif au précipité précoce), des éclairages lumineux (brillant usage des gélatines bleues et orangées), etc. L'oeuvre ne sombre JAMAIS dans la mièvrerie, le spectateur est CONSTAMMENT troublé et déstabilisé (conclusion-choc particulièrement dérangeante!) et les acteurs font montre d'une jolie spontanéité. Mario Giguère, excellent comme toujours, créé-là un personnage qui marquera les annales du cinéma québécois (à ranger aux côtés d'une Réjeanne Padovani ou d'un Léopold Z. tient) alors, que de son côté, Joseph-Jonathan Lévis insuffle une bonne dose d'ambiguïté [sexuelle] à son personnage.

Musique hip de John Zorn, Clan of Xymox et Thomaso Albinoni.

Un must. Choucroute Melba

HARRY KNUCKLES and the Treasure of the Aztec Mummy- Lee Demarbre, 1999, Canada

Harry Knuckles aka Special Agent Spanish Fly nous revient dans cette aventure aux milles rebondissements. Sa mission: trouver le trésor aztèque sans y perdre la vie et sauver sa petite fille des griffes de son pire ennemie. Pour ce faire, il devra affronter une horde de zombies, une momie aztèque, des voleurs de banque hippies, etc. Saura-t-il traverser intacte les épreuves mises sur son passage?

Harry Knuckles... est une parodie très originale des films de kung-fu et d'horreur des années 70. D'ailleurs le mood très "seventies" se fait bien sentir. Tout y est: des femmes espionnes à la poitrine imposante, des morts-vivants, des scènes de kung-fu et bien sûr, du sang. Malgré que j'étais persuadé que ce film serait d'une médiocrité excessive, j'ai été très vite surpris. Tourné en 16mm, ce film a un rythme très vivant. On ne s'ennuie pas une seconde. Le scénario est savamment composé d'action et d'humour qui ne tombe jamais dans la redondance insignifiante. Les personnages sont très bien construits et la performance des acteurs (que je crois, non-professionnel) rend le film plus qu'intéressant.

Bref, c'est un petit bijou comme on en voit peu. Fait par un fan du genre (inspiré par Franco et d'Amato ainsi que d'autres "grand" de la vague eurotrash) le plaisir auquel il s'abandonne est très visible à l'écoute de ce moyen métrage de 30 minutes. On sent qu'il aime ce qu'il fait et que toute l'équipe aussi s'est amusé. Et cela nous a donné un film d'une très grande qualité malgré le très petit budget. Mathieu Prudent

www.odessafilmworks.com

HELLO MARY LOU : PROM NIGHT 2, aka The Haunting of Hamilton High, Bruce Pittman, 1987, Canada, 97 minutes.

Prologue. En '57, au bal de finissant d'un quelconque high school, la fête tourne mal lorsqu'un adolescent jaloux balance une bombe puante à son infidèle de petite copine (la Mary Lou du titre) alors qu'elle est couronnée Reine du Bal. Sa jolie robe prend feu et elle aussi, par la même occasion. "De nos jours" - même si le fixatif abonde et que la garde-robe des acteurs donne envie de vomir à chaque seconde, signe certain que les événements se produisent à la fin des années '80 - à la même école, les élèves en folie se préparent à la fête. Un soir, l'héroïne, une blondinette un peu repoussante (Wendy Lyon), découvre dans le grenier de l'école une malle contenant des effets ayant appartenu à Mary Lou. Dès lors des événements étranges se produisent; une écolière est retrouvée morte (c'est peut-être sa punition pour avoir porté les vêtements les plus affreux de tout le casting, ce qui n'est pas un mince exploit !) et on croit au suicide. Puis blondinette commence à avoir des visions, se fâche avec sa mère qui est légèrement obsédée par la rigueur religieuse, et subit les agaceries d'une autre étudiante qui éprouve pour elle une aversion inexpliquée. Comment tout cela va-t-il finir ? Le spectateur moyen va-t-il éprouver un intérêt suffisant pour combattre le sommeil jusqu'à la toute fin ?

Eh ben voilà, j'ai relevé l'exploit. Mais je n'ai pas grand mérite; passée la première heure d'un ennui incomparable, on cesse de s'emmerder. Les événements s'enchaînent plus rapidement, comme si le scénariste avait réalisé au bout de 60 pages qu'il ne lui en restait plus que 30 pour conclure. C'est d'ailleurs une possibilité, car la finale me semble un peu bâclée. Le surnaturel baigne tout le film d'un parfum un peu nauséabond, et la musique générique n'arrange rien. Michael Ironside dort dans le rôle du proviseur qui garde un air troublé jusqu'à la toute fin, où il se réveille légèrement, à peine trois minutes avant le mot "Fin". Tourné à Edmonton, le film n'a de canadien que la molle réalisation télévisuelle, et peut-être un sentiment d'inaccompli. Ce qui est loin d'en faire un chef-d'oeuvre, à moins que vous ne soyez comme moi le type même du "vidiot" - un individu n'ayant aucun contrôle sur ses visionnements, qui choisit presque délibérément toujours des titres douteux. Orloff

HEMOGLOBIN aka Bleeders - Peter Svatek, 1997, Canada/États Unis 

Un jeune homme victime d'une maladie du sang et sa femme infirmière se rende sur l’île où il est né dans l'espoir d'y trouver un remède. Cette île accueillie il y a 300 ans des hollandais incestueux, les Van Daam, dont la descendance brûla dans l'incendie de la demeure familiale 75 ans plus tôt. Le docteur de l'île (Rutger Hauer), met le jeune homme sur la bonne piste. Au même moment, les morts du cimetière sont rapatriés sur le continent parce que la dame qui fait les cercueils a utilisé du bois de merde tout pourri. Alors, des créatures difformes vivant dans des galeries souterraines se trouvant dans les sous-sol de l'île se manifestent parce que ces cadavres étaient leur garde manger. Pas contentes, elles attaquent les vivants. Le jeune héros se retrouvent ainsi face à ses cousins, frères, soeurs totalement dégénérés par la consanguinité, difformes, mutants et cannibales.

Dommage que cette série B ne bénéficie pas d'une mise en scène mieux maîtrisée et d'effets chocs supplémentaires. Un peu plus de gores ou de suspens aurait été bien. Reste de superbes maquillages pour ces mutants souterrain. A voir lors d'une soirée ou on n'a pas grand-chose d'autres à faire... Kerozene

  HUNTING GROUNDS - Eric Bilodeau avec Patrice Leblanc, Patrick Baby, Marie-Eve Lemire, Luc Rivard, Québec, 2008, 92m

Vision du futur. Dans un Québec ou les populations sont confinées dans des villes fermées, des amateurs de chasse commencent à s'ennuyer dans leur chasses virtuelles. Trois hommes et deux femmes vont braver les interdits et rejoindre un chalet déserté depuis trop d'années. Le guide de chasse n'est pas reposant, le jeune fils de militaire qui a facilité leur fuite a subtilisé des gadgets militaires, le champion de la chasse virtuelle est en fait une femme qui a rapidement de la difficulté avec les contacts en chair et en os, bref, c'est pas parti pour une fin de semaine de rêve. Pour couronner le tout, on est prêt d'une base militaire ou l'on expérimente un produit qui permet de guérir et de refermer les plaies. On voit venir le coup car évidemment la base est construite sur un cimetière et il y aura déversement liquide. Les morts se réveillent, les militaires en ont plein les bras et nos chasseurs en herbe vont avoir plus de gibier que prévu.

Il se fait énormément de films de zombie chez les indépendants. Sortent du lot ceux qui trouvent une approche différente et qui offrent une réalisation de qualité. C'est donc un film de science fiction avec des zombies et non le pur film de zombie qu'Éric Bilodeau nous offre. Spécialiste d'effets spéciaux, on aura droit à des scènes magnifiques, comme l'arrivée du train à Québec, impeccable, et à des gadgets superbement réalisés, comme ce générateur d'hologrammes. Le tournage est principalement en anglais et les acteurs ont diverses facilités avec la langue de Shakespeare, mais comme on est situé au Québec, ça passe bien. La plupart des acteurs sont naturels, et bien typés, le personnage principal a une gueule qui rappelle Jean-Marc Barr, son combat très "western spaghetti" avec le guide est un peu court mais jouissif. D'ailleurs c'est vers la fin que le film semble un peu rapide, mais a son lot de scènes mémorables. On ne vous raconte pas tout, mais le fils à papa et son armure sont vraiment drôles par moments.

Il y a beaucoup de talents au Québec, Éric Bilodeau avec son équipe sont à surveiller de près ! Mario Giguère

ILSA LA TIGRESSE DE SIBÉRIE aka Tigress - Jean Lafleur, Canada

Voilà un épisode tout à fait réjouissant de la vie de cette célèbre tortionnaire. Ilsa, la louve aux énormes seins, à l’appétit sexuel insatiable, à la cruauté sans bornes, est de retour en maître d'un camp d'esclaves russes. Elle terrifie et ses ordres sont indiscutables. Elle se fait baiser chaque soir et elle est épanouie. Tourné à Montréal, ce navet fait partie des rares films conjuguant sexe, violence extrême et ridicule attachant avec autant de conviction. On en aime chaque nouvelle goutte de sang, chaque réplique clichée, chaque gros plan de Dyanne Thorne. Car plus qu'un simple objet de culte, Ilsa est devenue une INSTITUTION. Orloff

L'INEXPLICABLE aka The Untold aka Sasquatch - Jonas Quastel avec Lance Henriksen et Andrea Roth, 2002

Basé sur un fait vécu. Un riche industriel part à la recherche de sa fille, disparue en forêt après le crash de son avion. L'équipe de sauvetage inclus une représentante de sa compagnie d'assurance, un guide, un célèbre chasseur alcoolique, un crack de l'électronique aussi car l'avion contenait le seul prototype d'un machin secret. C'est sans compter qu'un sasquatch rôde dans les parages...

Tournage vidéo dans la célèbre forêt de Vancouver, c'est bien aux X FILES que l'on pense, surtout avec Lance Henriksen, qui semble perdu dans cette production ! Les effets vidéos constants ne peuvent masquer les carences d'une réalisation bâclée, sur un scénario en enfilade de clichés. Aucune surprise, donc, sauf, heureusement, que le sasquatch ne ressemble pas au caoutchouc aperçu sur la pochette ! Créature dont les motivations pour harceler l'expédition sont assez ridicules, merci ! Mario Giguère

INVASION aka Top of the Food Chain aka Mars à Table - John Paizs, 1999, Canada 

La petite ville EXCEPTIONAL VISTA reçoit la visite d'un expert en atomique et d'un voyageur de commerce, ce qui est déjà pas mal pour la belle tenancière de motel et son frère. Il y a bien aussi une invasion d'extraterrestres qui bouffent tranquillement tout le village... il doit bien y a voir un lien...

Parodie de films de science fiction à petit budget, INVASION est dans la lignée des AIRPLANE et autres comédies des frères Zanuck, avec un brin de Twin Peaks au travers. Ca carbure fort à l'absurde et à l'occasion il y a bien quelques lignes de dialogue qui font rire, mais l'ensemble est juste correct, sans plus. MEN IN BLACK, dans une catégorie de budget très différente, frappait mieux la cible. On aurait aimé un peu plus de monstres, un peu plus de chair. Le réalisateur vire dans le dramatique avec un vilain soudain très sérieux, ce qui détonne. On ne s'ennuie quand même pas dans ce petit film canadien aux acteurs bien choisis. Mario Giguère

Des extra terrestres anthropophages déguisés en VRP viennent déguster de l'humain dans un village de la campagne américaine peuplé de personnages dégénérés. C'est sur ce pitch que s'étale cette comédie-hommage aux films de science-fiction des années 1950 remplie de bonnes attentions. S'il s'en dégage un certain charme, le tout se voit malheureusement plombé par un humour potache, parfois drôle, mais souvent à côté de la plaque. On rigole en effet des situations volontiers absurdes (la relation incestueuse de l'héroïne avec son frère, les déviances sexuelles du héros physicien) et on se sent désolé lors des blagues façon ZAZ (la poursuite du héros par les extraterrestres commentée par un témoin de la scène). Il faudra attendre le final christique pour découvrir enfin le vrai visage de ces envahisseurs libidineux, bestioles insectoïdes au look destroy et original - ce qui n'est pas une évidence. Au final, l'ensemble se regarde avec légèreté, mais il est clair que l'hommage ultime à la SF d'antan reste à faire... Kerozene

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