Le Chambara est au Japon le film de sabre, spécialement de Samouraï. En Chine on parle de Wu Xia Pian, le film d'époque aux combats à l'épée. Voir aussi notre page Kung Fu.

mise à jour le 31 janvier 2013

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14 BLADES aka Jin yi wei - Daniel Lee avec Donnie Yen, Wei Zhao, Chun Wu, 2010, Hong Kong/Chine/Singapour, 114m

Durant la dynastie Ming, l'élite du service secret, les Jinyi Wei, utilisent 14 types d'épées, dont celles pour tuer les traîtres et celle pour permettre à ceux qui ne réussissent pas leur mission de se suicider. Donnie Yen joue un important membre du service secret qui doit récupérer une liste de traitres qui préparent une insurrection, alors qu'il s'agit en réalité d'un seau de l'empereur. Il se rendra compte que c'est un piège à con et qu'il est voué à mourir durant ou après l'opération. Il va donc chercher les coupables sans remord, se mettant plusieurs personnages à dos mais se faisant aussi des alliés, dont une fille qui le suit partout. A ses trousses il y a entre autre Tuo Tuo, nièce du leader de la rébellion, aux talents en arts martiaux étonnants.

J'ai cru longtemps durant le visionnement qu'il s'agissait d'un film de Tsui Hark, par l'invention dans le scénario, l'extravagance des combats, la caméra très mobile et les aspects presque magiques du personnage de Tuo Tuo. Donnie Yen est donc en grande forme dans ce qui ressemble énormément à un western, de par le décor souvent désertique et la mise en scène de duels qui rappellent un Sergio Leone. Wei Zhao alias Vicky Zhao est toujours aussi sympathique et fort mignonne. On remarque avec sourire l'allure très contemporaine d'une bande de voleurs de grand chemin qui vont naturellement épouser la cause du héros trahi. Yen a toujours avec lui un boitier contenant plein d'armes souvent surprenantes. Bref, j'ai passé un très bon moment avec ce quasi western chinois spectaculaire avec ses acteurs charismatiques. Mario Giguère

AZUMI - Ryuhei Kitamura, 2003, Japon

Dans un Japon féodal, une troupe de dix jeunes se font entraîner au combat à l'épée et à tout ce que tuer peut mener par un maître hors pair. Tout à coup, après un exercice déchirant, ils ne sont plus que cinq et doivent commencer leur mission d'assassins sans remord en attaquant une liste de hauts placés dangereux et malfaisants pour tenter de ramener la paix dans le pays.

Wooo ! On retrouve la folie de la mise en scène de Kitamura avec son immense lot d'énergie et d'enthousiasme contagieux pour ce film aux combats explosifs et aux séquences d'action à couper le souffle. Adapté d'un manga, ce AZUMI en retient un esprit bande dessinée avec plusieurs personnages hauts en couleur et ses combats frénétiques, Kitamura ne laissant aucune longueur à l'oeuvre malgré sa longue durée. On en ressort avec un taux d'adrénaline élevé et le goût de se le retaper. Un film jouissif par son énergie qui ne prétend rien d'autre que de divertir et il est facile de voir qu'il a tapé dans mile. Bad Feeble

Deux samouraïs, seuls survivants au milieu d'un immense charnier, se disent qu'il faudrait bien arrêter les massacres des Japonais par les Japonais. Seul remède, tuer les seigneurs de la guerre. Le plus jeune part, recueille 10 petits orphelins qu'il élèvera comme ses enfants et qu'il éduquera dans l'art de l'assassinat. 10 orphelins: 9 garçons et une fille: Azumi.

Ainsi débute l'adaptation d'une bande dessinée, par un réalisateur qui s'amuse avec sa caméra: Ryuhei Kitamura, le virtuose derrière Versus. Kitamura est en pays de connaissance, les samouraïs trucidant à l'épée en forêt, c'est son truc. Ici il a plus de moyens, des personnages pittoresques, cet assassin surnommée le Chien, cet autre efféminé qui a toujours une rose à la main ! Malgré un film assez long, tout se passe vite et tel Kaneko à la fin de Gamera 3, le film débouche sur une fin ouverte et jouissive. On entend de drôles d'échos de son Tournage du dernier Godzilla, cet Azumi me réconforte drôlement. Le plaisir du cinéma, c'est un peu ça ! Mario Giguère

AZUMI 2: DEATH OR LOVE - Shusuke Kaneko avec Aya Ueto, Yuma Ishigaki, 2005, Japon, 108m 

Azumi et son compagnon Nagara sont 2 assassins et les 2 uniques survivants de leur clan lors de la fin du premier film.. Leur mission : tuer le très influant Masayuki qui désire lancer une guerre meurtrière. Ce dernier est vraiment bien protéger et la tâche ne sera pas facile... Surtout avec au générique un personnage interprété par la très cruelle et sadique Chiaki Kuriyama (Kill Bill). Lorsque cette dernière est au générique d'un film, rien ne s'annonce facile...

Réalisé par le réalisateur des GAMERA. Il s'agit d'un film de combat aux sabres des plus divertissant. Le principal intérêt du film réside dans les combats haut en couleur avec l'appui de vilains aux pouvoirs spéciaux (l'un ressemble à KANO de Mortal Combat et il manipule un Boomerang d'acier qui charcute ses ennemis, un autre est le EARTH SPIDER.. Un homme qui possède les pouvoirs d'une araignée et il tisse sa toile d'acier pour paralyser ses adversaires...). Le tout est très divertissant et nous avons même Kenichi Endo (le maniaque sexuel de STOP THE BITCH COMPAGN et interprète de multiples films de Takashi Miike dont Visitor Q) qui apporte un élément de comédie. Le film est un très bon divertissement et le sang coule à flot pour le plus grand plaisir du spectateur. Black Knight

À la fin du premier film, Azumi n'avait pas complété sa mission. Il reste donc un seigneur de guerre à assassiner, pour permettre que règne enfin la paix au Japon. Mission paradoxale qui sera soulignée par certains personnages rencontrés en chemin. Azumi n'est pas à une contradiction près à tenter d'assumer lorsqu'elle rencontre le sosie de son ancien ami/amour Nachi.

Shusuke Kaneko succède à Kitamura pour un deuxième opus. Ce qui m'a frappé d'emblée c'est la photographie naturelle, pratiquement aucun artifice autre que des personnages plus grands que nature. Tel ce géant à la double lame qu'il manipule comme un boomerang: impressionnant. Ou cette séquence de la toile d'araignée: un fil de fer est installé à toute vitesse autour d'Azumi et la moindre blessure la paralysera. Quelques longueurs presque habituelles chez ces films japonais qui embrassent les parties mélodramatiques autant que les moments d'action pure. C'est donc une suite un peu plus sage, question de budget ?, mais toujours intéressante, avec une galerie de personnages secondaires remarquables et une dernière image qui reste gravée dans la mémoire. Mario Giguère

BABY CART : LE SABRE DE LA VENGEANCE aka Lone Wolf and Cub: Sword of Vengeance aka Kozure Ôkami: Kowokashi udekashi tsukamatsuru - Kenji Misumi, 1972 , Japon

Il fallait bien le mettre un jour celui-là non? Le premier Baby Cart, quand même...

Pour ceux qui ne connaissent pas la trame de base qui va engendrer de multiples bastons à n'en plus finir par la suite, c'est l'histoire de l'exécuteur du Shogun, Ogami Itto, banni du royaume et dont la femme sera auparavant massacrée par des clans rivaux.

La suite, on la connaît, le brave part sur les routes accomplir le coeur lourd une existence de mercenaire sans pitié, traînant avec lui le landau à roulette de son fils, Daigoro.

Ce premier opus est très chouette et permet surtout de poser les bases de l'intrigue, les combats (toujours très violents) intervenant surtout à la fin.

La musique est exceptionnelle (raw funk à souhait), les images sont belles, et... ça a une classe dingue!

Fabuleux. Franfran

BABY CART : L'ENFANT MASSACRE aka Lone Wolf and Cub: Baby Cart at the River Styxaka Kozure Ôkami: Sanzu no kawa no ubaguruma - Kenji Misumi , 1972, Japon

Le deuxième et le meilleur à mon sens de la série.

Ca bastonne un maximum, et dès le début ça tranche sec dans tous les sens avec des véritables crachés de sang qui giclent de la moindre petite plaie. La tronche d’hermite imperturbable de Ogami et la bonne bouille du petit Daigoro font plaisirs à voir, et chaque scène est un régal de précision et de tension. Le sang coule à flot (c'est le cas de le dire) et c'est truffé de combats et de trouvailles grand-guignolesques sympathiques.

Du grand art. Franfran

BABY CART - DANS LA TERRE DE L'OMBRE aka Lone Wolf and Cub: Baby Cart to Hades aka Kozure Ôkami: Shinikazeni mukau ubaguruma - Kenji Misumi, 1972, Japon

Le troisième du nom !

Un très bon "baby cart" avec les ingrédients habituel : histoire de clans inimitable, tranchages en tout genre, gonzesses geishas teigneuses, viols, poussette truquée, etc... On verra même le loup à l'enfant s'occuper tout seul d'occire une cinquantaine de types, et même des mecs avec des flingues (nouvel élément pour celui-là)!

Du très bon, du grand art, vive Baby Cart!!! Franfran

BABY CART: L'ÂME D'UN PERE, LE COEUR D'UN FILS aka Lone Wolf and Cub: In Peril aka Kozure Ôkami: Oya no kokoro ko no kokoro - Buichi Saito, 1972, Japon

Par chance, un petit cinéma de quartier faisait un cycle de films de samouraï. Le dernier était ce film de la série  BABY CART. Et ça commence très fort: une femme aux seins nus et tatoués charcute agilement de vilains agresseurs. Sa poitrine est arrosée du sang de ses victimes aux bras coupés et aux têtes tranchées. Wow, c'est du bon Générique. Musique funky 70's. Délire. Lone Wolf est embauché pour s'occuper du cas de cette fille qui commence à déranger. Bien sur, son fils l'accompagnera au long de sa quête sanglante. Au programme, comme d'habitude, des scènes de combat ultra violente ou le sang coule à flot. On apprend que la fille a commencé sa quête de mort suite à un viol odieux. Bref, c'est du tout bon, et on en fait plus des comme ça. Kerozene

BABY CART: Le TERRITOIRE DES DÉMONS aka Lone Wolf and Cub: Baby Cart in Land of Demons aka Kozure Ôkami: Meifumando - Kenji Misumi, 1973, Japon

Loup solitaire revient pour la cinquième fois, poussant inlassablement le landau duquel son fils observe les massacres perpétrés par son rebelle de père.

Ici, Lone Wolf se voit confier une mission: récupérer une missive avant qu'elle n'arrive à destination, puis de la ramener à un jeune seigneur détrôné par son père qui l'a remplacé par sa fille illégitime.

Comme d'habitude, le chemin suivit par nos héros est parsemé d'embûches, de truands sanguinaires, et comme d'habitude, Lone Wolf, impassible, découpe tous les connards qui le font chier sans jamais décrocher le moindre rictus facial.

Pas le meilleur épisode de la série, mais c'est toujours du cinoche burné, complètement fou, gore et ultra-violent, fidèle à l'esprit introduit par L'EPEE DE LA VENGEANCE, premier film de la série.

Merci Pirate. Kerozene

BABY CART - LE PARADIS BLANC DE L'ENFER aka Baby Cart 6: Go to Hell, Daigoro! aka Kozure Ôkami: Jigoku e ikuzo! Daigoro - Yoshiyuki Kuroda, 1974, Japon

Le sixième et dernier épisode la série, mais on sent bien qu'ils auraient pu en faire 50 autres tels qu'ils étaient partis!

Dans celui-ci, le chefs des Yagyu qui a pas mal morflé lui et sa troupe lors des épisodes précédents, utilise ses dernières armes pour butter Ogami Itto.

Il envoie sa fille au massacre tout d'abord, avant de recruter son sorcier de fils illégitime qui enverra des espèces de "non-vivants" ayant été enterré 42 ans dans la terre pour lui faire la peau.

La fin, un peu comme dans d'autres épisodes, c'est Loup Solitaire et son landau contre 200 mecs armés jusqu'aux dent... mais dans la neige cette fois!!

Encore une fois, c'est très bon!!! Franfran

CHANBARA BEAUTY aka OneChanbara: The Movie -Yohei Fukuda avec Takafumi Ôhashi, Hideo Tsujihata, Ai Hazuki, Shunsuke Yamada et Sari Kuranchi. 2008, Japon, 80m

Dans une terre infestée de zombies, une jeune femme vêtue en cowboy et un nain obèse vont à la rencontre d'un savant fou. Ce dernier avait concocté une recette pour ressusciter les morts afin de dominer le monde.

CHAMBARA BEAUTY est l'adaptation d'un populaire jeu vidéo du nom de Onechambara. Il y a donc une enfilade d'effets "jeux vidéos" et de cgi. Pour ceux qui n'aiment pas les adaptations de jeux vidéo, donc moi, le film leur plaira moins et c'est dommage puisque la prémisse du film n'était pas sans intérêts au niveau du scénario fou et des scènes de combats spectaculaire qui s'y trouve. Si le film avait été fait dans un mode plus classique, j'aurais vraiment mieux embarqué. Il y a un combat avec une fille qui manipule une boule munie d'une chaîne d'acier qui est toujours plaisant à regarder et qui rappelle KILL BILL. À voir uniquement si vous êtes capable comme moi de passer par dessus ces quelques réserves. Black Knight

Le COMPLOT DES CLANS aka CLANS OF INTRIGUE aka CHU LIU XIANG - Chu Yuan, 1977, Hong Kong

Ti Lung (LA RAGE DU TIGRE) incarne Chu Liu-xiang, personnage fictif né de romans populaires chinois, un artiste martial débonnaire et bon vivant connu de tous pour son immense talent et réputé comme étant l'un des maîtres les plus puissants du pays.

Suite à une série de meurtres sur des seigneurs ayant ingurgité la redoutable "eau magique" qui a la particularité de faire gonfler les corps, Chu Liu-xiang se voit accuser de meurtres. Réfutant cette accusation, il promet d'enquêter et de démasquer le véritable assassin. S'en suit alors une intrigue confuse, comme cela semble souvent être le cas chez Chu Yuan (voir LE SABRE INFERNAL pour s'en convaincre), mais passionnante. Les protagonistes sont nombreux et ne cessent de se croiser et parmi eux se trouve un moine Shaolin jouant de la cithare, un meurtrier nommer Point Rouge qui, à force de tuer tout le monde, ne connaît pas l'amitié, des dizaines de combattants et combattantes virevoltant dans les airs, et bien sûr Chu Liu-xiang qui manie l'épée comme un Dieu. Le final conduira notre héros vers une étrange découverte d'enfant hermaphrodite et le mènera dans le repaire féerique de femmes sublimes.

Si LE COMPLOT DES CLANS est confus et rocambolesque, il n'en est pas moins sublime: Chu Yuan soigne sa photo en cinémascope comme un peintre sa toile et aligne des plans superbes de décors de studio pour faire son film comme on aligne des perles sur un fil dans le but d'en faire un collier. Les éclairages aux couleurs chaleureuses explosent littéralement la rétine et servent de cadre feutré à des combats joliment chorégraphiés. Mais si le film se veut effectivement poétique, il n'oublie pas d'être cruel: meurtres vicieux, trahisons, suicides brutaux sont au programme du COMPLOT DES CLANS qui s'affiche donc comme l'un des fleurons du wu xia pian du catalogue de la Shaw Brothers.

Ti Lung reprendra son rôle de Chu Liu-xiang l'année suivante dans L'ILE DE LA BETE (LEGEND OF THE BAT) également signé Chu Yuan. Kerozene

CROUCHING TIGER, HIDDEN DRAGON - Ang Lee, Chine/États Unis/Taiwan, 2000. 120 m

Li Mu Bay (Chow Yung-Fat), un aventurier et un grand héros de la Chine décide de se retirer et il confie le soin à un autre maître Yu Shu Lien (Michelle Yeoh) de transporter et de protéger son épée "Destinée", vielle de 4 siècles, pour la donner à un ami. L'épée arrivée à destination se fait voler et l'apparition d'un ancien ennemie de Li Mu Bay le force à sortir de sa retraite et de se joindre à Yu Shu Lien pour la retrouver.

Réalisé par Ang Lee (The Ice Storm, Sense and Sensibility) un réalisateur plus habitué à des films intimistes, le film est un spectacle visuel digne des meilleurs films d'action chinois. Les scènes d'actions (les protagonistes volent littéralement sur les toits, dans les arbres, sur les murs et sur l'eau) sont très réussis. Mais c'est tout à fait naturel comme Woo-Pen Yuen (Tai Chi Master, The Matrix, Drunken Master, etc) en est le spécialiste des combats et  je dois dire qu'il y a au moins 3-4 plans de vraiment sensationnel ici, dont un combat de sabres dans un bar (50 personnes contre 1 !). Curieusement Chow Yung-fat et Michelle Yeoh jouent de manière trop sobre et se font ainsi voler la vedette par une jeune Zigi Zhang qui est ici éblouissante. Comme tout film chinois, il y a une certaine touche de naïveté et de romantisme qui semble faire quelque peu défaut pour un public nord américain (2 personnes à coté de moi riaient constamment !). Crouching Tiger est un film somptueux, mais qui manque un peu de souffle épique pour en faire un grand classique comme L'Empereur est L'assassin. À voir au moins pour Zigi Zhang. Black Knight

CRYING FREEMAN - Christophe Gans, 1995, France/Canada/États Unis/Japon, 99 Min. 

Le Crying Freeman, qui arbore un vaste tatouage de dragon, est considéré comme l’ultime assassin. Lors de l’une de ses opérations où il doit tuer le fils d’un chef d’une bande de yakusa, une femme innocente voit son visage et il décide de l’épargner. Plus tard, le père de la victime fera tout pour retrouver le Crying Freeman pour venger la mort de son fils. La police essayera de convaincre ce témoin pour qu’elle les aide à identifié le tueur pour empêcher un bain de sang dans la ville de Vancouver. Le Crying Freeman éliminera t’il se témoin gênant ou la laissera vivre ? Et surtout parviendra t’il a survivre assez longtemps pour prendre une décision ?

Réalisé par Christophe Gans, tout juste après son épisode de NECRONOMICON. CRYING FREEMAN est l’adaptation d’un manga fort populaire. Le film offre une qualité technique tout à fait irréprochable et regorge de guns fight à la John Woo. Mais en plus, le film contient plusieurs scènes stylisées. Le meilleur exemple que je puisse donner est cet assassinat dans un restaurant sous la musique de VA PENSIERO de VERDI, qui constitue vraiment un hommage à INFERNO. Et en plus, quelques scènes contiennent des images torturées à la SUSPIRIA et à INFERNO avec des couleurs bleus et rouges. Pour l’interprétation, nous pouvons noter les participations de RAE DAWN CHANG, TCHEKY KARYO et de MARK DACASCOS (dans le rôle de Crying Freeman). Le film s’écoute bien, mais un peu plus de violence graphique n’aurait pas été de trop. Black Knight

The DRAGON CHRONICLES aka Xin tian long ba bu zhi tian shan tong lao aka Dragon Chronicles: The Maidens of Heavenly Mountain aka Semi Gods and Semi Devils - Andy Wing-Keung Chin avec Brigitte Lin, Gong Li, Man Cheung, 1994, Hong Kong

Celui qui terminera la partie d'échec de Ding l'ermite apprendra tous les secrets des arts martiaux. Un jeune moine Shaolin essaiera ainsi de trouver l'ermite pour sauver son royaume...

Brigitte Lin joue deux rôles, deux soeurs : une bonne et une vilaine, et s'en donne à coeur joie ! Gong Li joue la favorite de la bonne soeur tandis que Man Cheung cabotine à souhait et joue d'opportunisme, surtout avec le naïf moine qui a bien de la difficulté à s'y retrouver. De la haute voltige, des combats et des effets spéciaux superbes avec un trio d'actrices en beauté pour une fantaisie rondement menée. Moi qui ai depuis toujours un faible pour Miss Lin, j'étais aux anges ! Mario Giguère

  Trois frangines se disputent le titre de maîtresse des arts martiaux, ce qui ne semble pas être du goût de tout le monde, et surtout pas d'un vieux maître à la longue pilosité blanche. Tout ce petit monde se lance plein de coups de latte en étant suspendu à des fils et en traversant de jolis décors de carton pâte tout en explosant des projectiles dans des plans syncopés où aucun dragon ne viendra finalement pointer le bout de son museau. Le résultat est une sorte de chaînon fantaisiste entre la poésie de "A Chinese Ghost Story" et la folie visuelle de "Zu". Seulement n'est pas Tsui Hark qui veut, et si "Zu" pouvait paraître méchamment confus à sa manière, ce n'est rien en comparaison du film d'Andy Chin ("Painted Skin", 2008) qui s'avère être un sacré bordel. Dès le prologue, le film plonge dans un chaos narratif appuyé par un scénario qui semble ne pas manquer de retournements de situation. Difficile au final de savoir qui fait quoi ou qui est contre qui. Le résultat est usant, voire déconcertant et seule la présence du trio de charme campé par Gong Li (loin des oeuvres de son compagnon d'alors Zhang Yimou), Brigitte Lin ("Police Story", 1985) et surtout la sublime Sharla Cheung ("Evil Cult", 1994) justifie de tenir jusqu'au bout de ce merdier. Kerozene

DUEL TO THE DEATH - Ching Siu-tung, 1982 

Un tournoi d'épéistes martiaux est organisé régulièrement entre la Chine et le Japon, ceci permet au vainqueur d'avoir le privilège de posséder le meilleur épéiste d'Asie. Le héros chinois, très zen et toujours souriant compte bien le remporter, tout comme son adversaire japonais, soucieux de respecter les règles. Seulement voila, un vilain japonais et sa horde de ninjas va tout mettre en oeuvre pour que les chinois se plantent, et ça, l'épéiste japonais ne le veut pas. Il veut faire ça à la loyale.... Très standard vu comme ça, le film regorge d'éléments délirants. Les protagonistes volent dans les airs, les ninjas se "collent" les uns aux autres formant ainsi un homme de 3 mètres de haut, un maître Shaolin se fait capturer par une ruse sournoise: une ninja se déshabille devant lui, le forçant à se couvrir les yeux ! Le duel final terminant dans un bain de sang.... La mise en scène est belle, soignée et est servie par une photographie qui flatte l'oeil.L'action est bien menée, sans temps mort, et on prend un immense plaisir à suivre ce film pas prétentieux du tout. Un de mes HK préférés. Kerozene

FEMALE YAKUZA TALE: INQUISITOION AND TORTURE aka Yasagure anego den: sôkatsu rinchi  - Teruo Ishiiavec Reiko Ike, Makoto Ashikawa, Arumi Kuri et Meika Seri, 1973, Japon

Aussitôt arrivée dans un petit village, Ochô Inoshika est capturée, pendue par les mains et son vagin salie par les mains de trafiquants de drogues. À son réveil, elle se retrouve avec un couteau dans les mains et à coter d'une femme nue qui a le vagin mutilé. Elle est accusée de meurtre. Après une brève enquête, elle se retrouve à combattre un réseau de yakuzas mâles qui emploie des femmes qui utilisent leur vagin pour transporter de la drogue.

Toujours produite par la puissante Toei et réalisé que quelques mois plus tard, il s'agit d'une suite inférieure et à plus petit budget à SEX & FURY. N'est pas Noribumi Suzuki, qui veut, mais Turei Ishii est quand même compétant et reconnu lui aussi comme un enfant terrible du genre. La photographie est décente et particulièrement au sujet des scènes de nuits. Et il y a assez d'action et de scènes de nudité pour garder l'intérêt du spectateur. Si dans SEX & FURY, Ochô se battait nue, ici il y en a une trentaine qui le font dans une scène finale mémorable. Il y a de l'humour et il a une aventurière au look noir et blanc et déguisée en religieuse qui fait mouche. Au rayon scatologique, il y a une jeune femme qui envoie sa morve au visage d'un voyeur et quelques femmes qui pissent sur les cadavres de yakuzas. La joke du film est lorsqu'un ami dit à Ochô:"Your pussy will catch a cold". Pas mal quand même comme film et il s'agit d'un excellent compagnon à un visionnement du mythique SEX & FURY. Le film demeure un bijou du pinky Violence. Black Knight

FLYING DAGGER aka THE FLYING DAGGERS - Yin-Ping Chu, 1993, Taiwan

Les poignards volants (dont Tony Leung Ka Fai) sont deux chasseurs de prime confrontés au deux vamps qui ne cessent de leur voler leurs "proies". Et lorsqu'ils se voient mandatés par un chef de la police pour capturer Renard à Neuf Queues, les deux vamps parviennent là encore à les devancer. Renard (Jacky Cheung), brigand jovial et débonnaire, époux de la belle Chatte Volante (Maggie Cheung), voit sa tanière investie par les quatre chasseurs, et malgré son incroyable dextérité en matière d'arts martiaux, se fait kidnapper. Chatte Volante ne l'entend pas de cette oreille, et tout ce petit se court après dans un joyeux bordel rempli de bagarres inventives, de méchants surprises et de sorciers immortels.

FLYING DAGGER est un Wu xia pian comique complètement déjanté dont les scènes d'humour évoluent entre le slapstick et les blagues de potaches en dessous de la ceinture. Entre jeux de séduction puérils et dépucelages forcés, on rigole sincèrement devant les rocambolesques péripéties de ce petit monde racontées de manière frénétique. En effet, à peine installé, le spectateur se voit emporté dans la spirale détonnante d'un montage épileptique, héritage direct du ZU de Tsui Hark. Les combats sont créatifs et tous les éléments des décors sont mis à contributions pour cela en volant en éclat. Le film présente également une incroyable galerie de personnages: des sorciers immortels (dont Lo Lieh), des tueurs japonais, une vamp perfides au poison aphrodisiaque... les effets spéciaux ne manquent pas non plus: les coeurs explosent, les protagonistes volent dans les airs, une main coupée se promène pendant tout le film et, à l'instar d'EVIL DEAD II, devient un personnage à part entière du récit. Que du bonheur pour cette production Wong Jing fort divertissante. Kerozene

FLYING GUILLOTINE aka Xuedizi - Ho Meng-Hua, 1974, Hong Kong 

A Shaw Production from the director of THE MIGHTY PEKING MAN. 

Medieval China: the ruthless Emperor orders executions of critics but is elated when an inventor creates the title weapon, a flying golden helmet which beheads victims when it lands on them. Thrown from a distance it is attached to a chain which when pulled activates blades which fall around the enemies' neck. The entertainment value comes from the unique weapon itself which glides through walls and other barriers to carry off the heads of the Emperor's enemies, of which there are many. An elite team of flying guillotine specialists is trained but one of them develops a conscience and rebels.

The director uses as many wild zoom shots as Jess Franco and builds up a tremendous energy by montages of parallel actions in real time and slow motion and staging events in striking visual patterns. The action is fast and furious but the hero and his street singer girlfriend aren't as interesting as the villains or the title weapon when deployed and we end up kinding rooting for the next victim to get his head ripped off in gory detail complete with arterial sprays decorating the lavish sets and costumes with bright red! The Flying Guillotine would return for several sequels. Even a dog gets beheaded but it all has a "happy ending"!

Beware of the Beverly Wilshire Filmworks SPECIAL WIDESCREEN EDITION DVD, it's NOT special and NOT widescreen! Robert Monell

GOHATTO aka TABOU aka TABOO - Nagisa Oshima, 1999, 100m 

Dans le Japon du 19e siècle, le quotidien d’une milice de samouraï se trouve perturbé par l’arrivé d’une nouvelle recrue à l’apparence androgyne. Privé de la présence de femmes, quelques samouraïs se trouveront perturbés par cette présence. Ce qui déclenchera les passions, les jalousies et les meurtres !

Après plusieurs années d’absences, le réalisateur de L’EMPIRE DES SENS nous revient avec une œuvre courageuse, forte et controversé. L’homosexualité dans le milieu des samouraïs. C’est certain que le spectateur doit avoir un esprit ouvert pour apprécier cette œuvre. Mais heureusement, les scènes de passions nous sont quand même épargnés. Tout ce fait de manière subtile, de hors-champ et de non dit. Un excellent précédé qui fonctionne ici, très bien, tout comme dans IN THE MOOD OF LOVE de Wong Kar-Wai. Le précédé narratif utilisé dans ce film avec l’utilisation de carton est un modèle de narration. Visiblement tourné en Technicolor, la scène finale en extérieur nuit est un bijou de photographie. L’emploi de la brume et de l’éclairage apporté par une nuit de pleine lune est visuellement un régal pour l’œil. L’interprétation est de plus excellente. Pour l’amateur de scène d’action, les scènes de combats sont quand même rares, mais pas absentes. Nous ne sommes certainement pas ici dans un film de Jet Li ! Mais l’amateur de gore se verra gratifié de coups de sabre accompagnés de jets de sang et de la plus spectaculaire scène de décapitation qu’il aura vu sur un écran depuis longtemps ! À voir si vous êtes assez courageux pour aborder ce sujet. Vous allez être récompensez ! Black Knight

HANZO The RAZOR - SWORD OF JUSTICE aka Goyôkiba - Kenji Misumi, 1972, jAPON    

Depuis des années, j'entends parler de ces fameux films de samurais japonais, mais je n'avais jusqu'à hier soir jamais pris de mesures concrètes pour confirmer le mythe. C'est maintenant chose faite et je dois avouer que je me demande ce qui m'a pris d'attendre à ce point...  Réputée pour être la moins "politiquement correcte" de toutes les séries de samouraï, sans pour autant être la plus sanglante, la série des "Hanzo The Razor" frappe par son absence d'inhibitions. Le héros est un samouraï bourru au service de l'ordre, qui aime se frapper l'appareil reproducteur avec un gourdin et qui prend un malin plaisir à pénétrer un sac rempli de graviers. Il essaie sur lui toutes les méthodes de torture employées par les forces de l'ordre et tue ses ennemis en quelques secondes. Et ce personnage teigneux, antipathique et libidineux devient rapidement, par un obscur miracle, le plus attachant des héros.  Il devient alors jouissif de découvrir ses imaginatives méthodes d'interrogatoire - qu'il réserve à ces dames - et de voir comment il se taille un chemin en n'oubliant jamais la "justice" et sa bonne conscience. Bénéficiant d'une trame sonore groovy aux sonorités très 70's - le film lui-même date de 1972 - et d'une direction photo au service de l'imagination visuelle débridée du réalisateur, Kenji Misumi, c'est un régal pour les yeux et pour les oreilles, et je suis plutôt impatient de découvrir le reste de la série... Orloff


Shintaro Katsu

HANZO THE RAZOR: THE SNARE aka KUNG FU HARA KIRI aka Goyôkiba: Kamisori Hanzô jigoku zeme aka HANZO THE RAZOR l'enfer des supplices- Yasuzo Masumura, avec Shintaro Katsu, Kei Sato, Ko Nishimura, Toshio Kurosawa, 1973, Japon

Hanzo, le flic le mieux membré du Japon féodale revient après SWORD OF JUSTICE réalisé l'année précédente. Tout comme dans le précédent film, Hanzo se frappe le sexe à coup de bâton, pilonne un sac de riz comme s'il s'agissait d'une vieille rombière, et tient tête à ses supérieurs incapables de respecter un véritable code de l'honneur. Hanzo, lui, sait le respecter, et protéger la veuve et l'orphelin est sa vocation. Et lorsque la loi lui empêche de mener à bien une enquête, il n'hésite pas à la transgresser. Ici, il apprend qu'un drôle de trafic de femmes prostituées de force et vendue à des parties de sado-masochisme brutal est organisé par de viles bonnes soeurs. C'est en découvrant le cadavre de l'une des filles fraîchement avortée qu'il découvre l'affaire, et si la loi lui interdit de se rendre au couvent, il n'en a que faire. Pas dupe, il se doute bien que la mère supérieure n'est pas le cerveau de l'opération, et c'est grâce à son fameux coup de bite vrillée qu'il obtient les réponses à ses questions. Pour les curieux, la technique consiste à suspendre la femme dans la position de l'oeuf dans un filet qui est ensuite tour à tour élevé puis abaissé sur la verge d'Hanzo par ses serviteurs. Au bout d'une minute, et après avoir fait tourner la nonne sur son sexe comme une toupie, il menace de s'arrêter et obtient ainsi réponses à ses questions... Et si Hanzo viole (mais procure du plaisir) pour le bien, Hanzo n'hésite pas non plus à tuer. Les coups qu'il porte sont violents et révèlent parfois l'étonnante pression artérielle de ses adversaires qui vont jusqu'à repeindre un pan de mur entier de leur sang.

La saga de HANZO THE RAZOR touche ici à son paroxysme et révèle un Japon empreint d'une incroyable perversité: les autorités sont corrompues jusqu'à l'os, l'église est prête aux pires perfidies pour s'enrichir, les méchants sont de la pire espèce (ça viole et ça tue) et le reste de la population est opprimé, appauvrie et misérable. Seul Hanzo, brute empreinte de justice, semble avoir la tête sur les épaules, et tel un Inspecteur Harry féodale, on s'attache à ce psychopathe tant il nous apparaît comme juste (enfin presque) et attachant. Masumura signe comme à son habitude un film à la beauté plastique irréprochable: les décors, les costumes et les éclairages sont superbes, magnifiés par un cinémascope exploité à merveille. Quant à Shintaro Katsu, il parvient sans peine à faire oublier qu'il est surtout connu pour être Zatoichi... A tel point que pour ma part, il est le flic violeur et brutal avant d'être le sabreur aveugle. Kerozene

Une banale affaire d'avortement Clandestin va conduire L'inspecteur Hanzo aux portes d'un mystérieux couvent: De riches marchands s'y réunissent pour assouvir leurs fantasmes sexuels les plus refoulés avec de jeunes vierges endormies. Hanzo emprisonne la mère supérieure et lui fait subir le supplice du filet, celle ci passe vite aux aveux: un Haut dignitaire du château d'Edo (Tokyo) est l'instigateur de ce trafic. Hanzo va mener l'enquête contre l'avis de sa hiérarchie.

Troisième saga produite par la mythique société de production du non moins mythique Shintaro katsu (Zatoichi) la Katsu prod, Hanzo the Razor reste comme l'une des plus mythiques sagas du cinoche d'exploitation japonais. Violent, noir, gore, malsain et surtout très SEXE, Hanzo the Razor est une saga a déconseiller aux culs serrés qui ne jurent que par le chambara classique.

Shintaro Katsu y incarne Hanzo, un policier en conflit constant avec sa hiérarchie, sorte d'équivalent médiévalo japonais de l'inspecteur Harry, mais la plus grande particularité d'Hanzo c'est d'être doté d'un sexe ÉNORME qui lui servira à mettre en oeuvre des tortures quelques peu "particulières".

Dès le générique d'intro, le ton est donné, Hanzo se tient debout et nu, il déverse de l'eau glacée sur son pénis avant de le frapper à coup de marteau pour ensuite l'enfiler dans un appareil d'entraînement d'un genre nouveau (le genre que vous ne trouverez dans aucune salle de musculation ou alors celle de Rocco Siffredi... et encore je rappelle que le pénis n'est pas un muscle mais un corps spongieux, qui a pour particularité de se remplir de sang provoquant ce que l'on appelle couramment l'érection [ ceci était une intervention des frères bogdanovs], une scène hilarante (car complètement folle et vraiment osée, je rappelle qu'on est dans les années 70 au japon) sur fond de musique bien seventies, le ton est donné, Hanzo est un film qui ne donne que peu de crédit aux règles classiques du chambarra, on est dans un univers qui n'a pour seul objectif que de montrer sexe, violence et gore en cherchant au maximum la subversion. De ce point de vue Hanzo apparaît être une véritable bouffée d'air frais, les conflits opposants Hanzo et le pouvoir au-dessus de sa tête étant prétextes a de nombreuses joutes verbales dans lesquelles Hanzo apparaît être un bad mother fucker comme on les affectionne, défiant le shogun ( comme katsu défie les règles du cinéma japonais) a grand coup de répliques qui claquent, n'écoutant rien ni personne le personnage créé par Katsu se dessine comme un personnage trouble aux méthodes hallucinantes, le meilleur exemple de ceci ? Hanzo arrête la mère supérieure du couvent, refusant de parler celle ci fait preuve d'un véritable courage, jusqu'a ce que Hanzo décide de passer aux choses sérieuses, il l'attache dans un filet, l'empale sur son sexe géant et la fait tournoyer dessus (What the fuck???? ) bien sur le film fait preuve d'un machisme a toute épreuve ( "tu as connu l'enfer, je vais te faire connaître le paradis") qui ne manquera pas de faire hurler les ligues féministes, mais on est ici dans de la pure provocation, racoleur?

Bien sur, mais c'est le propre du cinéma d'exploitation que de racoler un minimum, de cette manière le scénario n'est qu'un prétexte a une débauche de déviances sexuelles sadiques dans laquelle les fantasmes masculins sont passés aux cribles ( bondages, sado masochisme, déflorages etc...) par un réalisateur extrêmement talentueux qui soigne ses cadres et fait preuve d'un sens de la mise en scène vraiment nouveau (même s'il n'atteint pas le niveau de génie d'un Kenji Misumi autre réalisateur nippon bien frappé du cerveau), du coup le pseudo machisme du film a vite fait de tourner à la dénonciation du refoulement sexuel propre à la société japonaise, en effet si Hanzo peut faire parler des prêtresses de Buddha avec sa bite et lutte sans ménagement contre des marchands obsédés sexuels qui achètent de jeunes vierges endormies (j'avais dit que c'était malsain) c'est bel et bien parce que tout ce petit monde est une belle bande de frustrés, Katsu à la barre de producteur se permet donc d'en balancer une belle couche sur les travers regrettables d'une société qui encore a l'époque souffrait de ses règles rigides, il le fait bien sur en jouant la carte de la provoc, la nudité étant très mal perçue au japon, on a donc droit a des plans à hurler de rire comme celui d'un Hanzo allongé au sol suite a son intense entraînement dans ses sous-vêtements trône fièrement un énorme chibre turgescent (!!!!)... FOU??

Assurément, mais tout cela ne serait rien sans l'immense talent de mise en scène Masumura qui filme brillamment en jouant sur les profondeurs de champs et la lumière (à ce titre Hanzo the Razor -l'enfer des supplices - fait partie des films les mieux photographiés jamais réalisés) car qu'on ne s'y trompe pas si le cinoche d'exploitation a souvent été considéré comme racoleur et intéressant par des culs serrés qui n'y voyaient que des spectacles déviants pour pervers décérébrés, on en oublie souvent que nombres d'avancées cinématographiques ont été opérées sur ses terres, le cinéma d'exploitation japonais étant particulièrement représentatif de ce constat, (voir ou revoir des films comme sex and fury, female yakuza tale ou encore On l'appelait scorpion pour s'en convaincre) en effet il s'agit la de véritable CONDENSÈS de culture pop, Hanzo ne déroge pas a cette règle, véritable monument de cinéma d'exploitation qui racole à fond sans oublier de faire du VRAI cinéma, fun et décomplexé, provoquant, repoussant les limites des codes qu'il investit et carrément frappé d'alignement ( torturer une prêtresse en la faisant tournoyer sur son sexe fallait y penser quand même), tout cela n'oublions pas de le dire, on le doit au complètement sonné Shintaro Katsu qui livre ici une performance comme toujours géniale et vraiment hallucinée, remercions ce grand bonhomme du cinoche japonais pour sa folie et sa générosité, et savourons ce Hanzo the Razor (l'enfer des supplices étant le second épisode d'une trilogie et j'ai toujours pas vu le premier aaaaarghhhhhh!!!) véritable apothéose d'un cinoche bien dans sa peau et insolent, sorte de mix improbable entre le film érotique, le polar et le chambara, qui s'il ne peut prétendre à détrôner la monumentale saga Baby Cart (avec le frère de Katsu, Tomisaburro Wakayama) n'en reste pas moins une référence, gloire a toi ô grand Shintaro. Kitano Jackson

HANZO THE RAZOR: WHO'S GOT THE GOLD? aka HAUNTED GOLD aka Goyôkiba: Oni no Hanzô yawahada koban - Yoshio Inoue avec Shintaro Katsu, Ko Nishimura, Mako Midori, Mikio Narita, 1974, Japon, d'après une histoire originale de Kazuo Koike et Takeshi kanda, 1974, Japon

Dernier épisode de la trilogie HANZO THE RAZOR, WHO'S GOT THE GOLD démarre dès le générique avec la désormais traditionnelle scène d'élongation du pénis qu'Hanzo s'inflige à grands coups de bâton. Interrompu par ses deux sous-fifres qui sont tombés nez à nez avec le fantôme d'une jeune femme hantant les marais, notre flic samouraï rétorque du tac au tac qu'il s'enverrait bien un spectre, car plus c'est froid, plus c'est étroit! Le ton est donné et Hanzo découvrira une honteuse supercherie manigancée par des honorables seigneurs n'hésitant pas à voler l'or du trésor public et à faire dévaluer la monnaie. Fidèle à lui-même, Hanzo fera parler les femmes grâce à sa verge surpuissante et fera tomber des têtes. En parallèle, il laissera sa chance à un mourrant de montrer que les têtes pensantes du gouvernement japonais conduisent le pays à sa perte.

Plus comique, moins pervers mais toujours violent et tordu, WHO'S GOT THE GOLD montre un Hanzo plus débonnaire qu'auparavant. On sent un peu la répétition, mais quelques éléments, comme les pièges de la maison de Hanzo toujours plus nombreux et sanglants, et les scènes de tortures sexuelles toujours plus rapides, permettent de passer un moment aussi délicieux que rocambolesque. Côté photo, on a droit à des éclairages plus naturels, atténuant quelque peu le côté pop de la chose, qui est néanmoins sans cesse rappelé via la bande son qui semble tout droit issue d'un blaxploitation. Le dernier volet de cette série culte et pop, scénarisé par Yasuzo Masumura, permet à Hanzo de terminer ses aventures en beauté, avec honneur et prestance, l'air perpétuellement arrogant, fier et provocateur. Kerozene

Depuis quelques nuits, les douves du château d'edo sont le lieu d'étranges apparitions qui font fuir les passants. Alerté par ses deux fidèles lieutenants, l'inspecteur Hanzo met bientôt la main sur un faux fantôme - une femme bien en chair - chargée de veiller sur un tas d'or caché au fond de l'eau. Sous la torture (hé hé hé), la femme finit par lui avouer l'existence d'un réseau crapuleux dans lequel l'intendant aux finances est impliqué. Mais cet homme corrompu va donner du fil à retordre au justicier Hanzo...

Et c'est parti pour une nouvelle heure et demi de portnawak assumé en compagnie de l'inspecteur Hanzo qui se remet à sortir son zob au bout de dix minutes de films et n'aura de cesse de s'en servir tout au long d'une intrigue prétexte à toutes les dérives violentes et sexuelles auxquelles la série nous avait habitués, appuyant encore plus au passage sur l'humour au travers des deux sidekicks crétins qui accompagnent Hanzo bien sur mais également dans la description de la relation que celui-ci entretient avec son supérieur.

Bien loin d'être gratuite cette touche d'humour appuie encore la subversion qui anime cette série insolente et irrévérencieuse en développant cette fois ci de manière claire le caractère rebelle de Hanzo, qui défie sans cesse le shogunat, n'a que peu d'égards vis-à-vis des règles et manières et lutte activement contre le pouvoir en place jugé pourri et malhonnête, Katsu ( grand instigateur de cette saga ) dresse un parallèle intéressant entre l'univers féodale dans lequel Hanzo évolue et la société japonaise de l'époque (ainsi que l'industrie du cinéma directement visée au détour de sous-intrigues encore une fois prétexte à des dérives subversives.

Hanzo est donc plus que jamais placé ici en héros juste et droit ( bien qu'un peu obsédé sexuel quand même ) défenseur du peuple et de l'opprimé, ses méthodes discutables n'entachant en rien sa droiture à toute épreuve, Hanzo symbole de la libération sexuelle japonaise, il faut le voir attraper une aristocrate coincée sur la moquette ( "pour la soulager" ha ha ha) pour comprendre la revendication violemment transgressive que nous donne à voir le film.

Cocasse ce troisième opus l'est assurément, mais il n'oublie pas également de s'illustrer lors de scènes de combats outrageusement violentes, ou empalages gores et démembrements hardcores sont évidemment de la partie (Katsu oblige) et lors desquels Inoue (le réalisateur) fait preuve d'une maîtrise de l'espace et du montage absolument sidérante, Katsu y semble voler comme lors des meilleurs épisodes de Zatoichi, démontrant encore une fois si il en était besoin qu'il est un grand acteur, capable de passer de la comédie pure a la tragédie en un clignement de paupière le bonhomme éblouit l'écran de son charisme animal, portant littéralement le film sur ses épaules.

Pourtant aussi bon et jouissif soit-il ce troisième opus n'arrive jamais au niveau du deuxième épisode, il ne trouve jamais son identité propre et ressemble à s'y méprendre au second opus, bien sur ceci n'entache en rien l'esprit joyeusement bourrin et ravageur du film, mais il est regrettable que le film choisisse la voie de la facilitée, n'innove jamais et se contente de réchauffer une bonne vieille recette certes géniale et décapante mais définitivement essoufflée par l'absence de nouveauté.

Qu'importe l'essentiel y est, et on prend son pied à suivre les aventures de ce policier féodal définitivement à part, un vrai dur à cuire qui dégaine son sabre aussi vite que ses répliques assassines, on rit outré, de ce spectacle génialement décadent, violemment insolent, et on pourra même se délecter d'une scène hommage au kaidan-eiga (film de fantôme japonais dont on reparlera ici bientôt notamment au travers de son initiateur KWAIDAN chef-d'oeuvre absolu et définitif, universel et impérissable.. enfin vous verrez ) esthétiquement superbe, un bon gros panard bien fun et décomplexé qui trouve son charme dans un climax hallucinant ou Katsu s'en va dans le soleil couchant après avoir dézingué un bad mother fucker bien barjo, marquant la fin de cette trilogie inégale (même si j'ai toujours pas vu le premier bouhouhouhouh faites quelque chose pitié) mais attachante et carrément culte.

A voir ABSOLUMENT. Kitano Jackson aka Hanzo the razor (avec qui je partage au moins un point commun)

HERO aka Ying xiong aka The Nameless - Yimou Zhang, 2002, Hong Kong/Chine 

Une jeune héros ( Jet Li ) ayant tué trois assassins légendaires ( Donnie Yen, Tony Leung et Maggie Cheung ) se présente devant le roi de la Chine non unifiée.

Le film se développe à la Rashomon, recréant la vérité qui change selon le conteur et ses aveux. De la sublime beauté des images aux ballets acrobatiques d'acteurs en pleine possession de leurs moyens, Hero offre un cinéma d'une qualité exceptionnelle. L'intégration parfaite des images produites à l'ordinateur ajoute une dimension spectaculaire aux exploits de guerre, aux combats à l'épée. Jet li, que l'on croyait perdu dans des productions américaines ou françaises qui ne servent pas bien ses talents, retrouve ici une production splendide qui le met en valeur. Ajoutez des discussions philosophiques sur l'épée et la calligraphie et on se retrouve avec un film à voir et à revoir. Mario Giguère

Un guerrier sans nom va à la cour du Roi pour lui annoncer qu'il a réussi à éliminer les trois assassins voulant le tuer. Lors d'un entretien, le Monarque écoute attentivement le récit du tueur à gage qui comporte plusieurs variantes différentes.

Après des oeuvres plus dramatiques, Zang Yimou signe un film de samouraï à la TIGRES ET DRAGONS. Les combats sont forts réussis et les images s'avèrent d'une beauté à couper le souffle. Il est également amusant de voir Jet Li travailler avec un grand cinéaste et de pouvoir ainsi découvrir ses grands talents de comédien. Le problème majeur du film est qu'il ressemble bien trop à RASHOMON, on nous montre les mêmes situations de manière différente, pour réussir à nous captiver. Un festin pour les yeux, mais pas grand chose de plus. Oncle Freak

L'HIRONDELLE D'OR aka COME DRINK WITH ME aka DA ZUI XIA - King Hu, 1966, Hong-Kong 

Le fils du gouverneur est kidnappé par un gang de brigand qui souhaite l'échanger contre leur chef retenu prisonnier. La fille du gouverneur, épéiste talentueuse connue sous le nom d'hirondelle d'or, vole au secours de son frère. Elle se fera aider par un mystérieux mendiant alcoolique qui cache en réalité d'immenses talents d'artiste martial.

L'HIRONDELLE D'OR est un film référence dans l'histoire du Wu xia pian. Référence pour John Woo, qui y découvrit une révolution en ce qui concerne la manière de filmer les scènes d'action, mais aussi pour Ang Lee qui s'en inspira grandement pour TIGRE ET DRAGON au point de proposer à l'interprète d'Hirondelle d'or, à savoir Cheng Pei Pei, d'incarner la redoutable Jade Fox de son film. Le film possède aujourd'hui un charme désuet en comparaison des standards actuels du genre, mais possède une véritable beauté visuelle. Chang Cheh signa la suite deux ans plus tard sortie sous le titre anglais de GOLDEN SWALLOW et LE RETOUR DE L'HIRONDELLE D'OR en France. Ce qui ne manque pas de rajouter à la confusion générale déjà présente dans les titres des films de Hong-Kong. Pour finir, il paraît que Jackie Chan, âgé de 12 ans, tient un petit rôle dans le film. Kerozene

HOUSE OF FLYING DAGGERS aka LOVERS aka Le SECRET DES POIGNARDS VOLANTS - Yimou Zhang, 2004, Chine/Hong-Kong 

Chine, IXème siècle. La secte des Poignards Volants, constituée de rebelles faisant face à un gouvernement extrêmement sévère et injuste, vole aux riches pour donner aux pauvres. Il y a quelques années, le chef de la secte a été tué, laissant derrière lui une fille aveugle à l'identité inconnue. La police, alors à la recherche du nouveau leader de la secte, fait la découverte de Mei, danseuse de charme atteinte de cécité. Un officier de police la dupera et la séduira dans le but de se faire conduire jusqu'au repère des Poignards Volants.

Après une scène d'introduction visuellement époustouflante dans laquelle Mei (sublime Zhang Ziyi) nous offre un délicieux spectacle de danse, le film va rapidement s'enliser dans une romance tordue en adoptant un schéma qui ne cesse de se répéter: action, séduction, pleures, trahison, action, séduction, pleures, trahison...  au point d'en devenir agaçant. Agaçant aussi parce que ces guerriers qui se découpent en rondelle de cesse de pleurnicher, agaçant parce que les scènes d'action se complaisent à montrer des gros plans en CGI de divers objets lancés dans les airs (poignards, graine, bambous, etc. ...), agaçant encore pour les scènes d'action pleines de ralentis/accélérés, agaçant finalement parce qu'à aucun moment le film ne parvient à retrouver la grandiose beauté de la scène d'introduction. Si HERO, du même Yimou Zhang, était beau et suffisamment intéressant pour capter l'attention du début à la fin malgré son rythme extrêmement lent, HOUSE OF FLYING DAGGERS semble à côté de la plaque. Ses scènes voulues anthologiques comme celle de la bataille dans la forêt de bambous ou le duel sous la neige, laissent le spectateur désespérément détaché. Des belles images ne suffisent pas à faire un bon film.

Site officiel : houseofflyingdaggers.com | Site japonais : warnerbros.co.jp/lovers | Site coréen : lovers2004 | Fansite : monkeypeaches.com  Kerozene

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