Sergio Martino, un réalisateur talentueux qui a oeuvré dans plusieurs genres, excellent autant dans le Giallo que dans la comédie érotique  !

mise à jour 19 novembre 2010

2019 AFTER THE FALL OF NEW YORK aka  2019 - Dopo la caduta di New York - Sergio Martino, 1983, Italie

L'un des derniers courants populaires du "cinéma de genre" en Italie fut celui qu'on appelait " post-nucléaire ". Après le péplum, l'espionnage, le giallo, le western et tant d'autres, on se reportait dans le futur post-apocalyptique pour décrire des conditions de survie difficiles dans un décor dévasté.

Ce film est sans doute l'un des plus imaginatifs du genre. Réalisé par Sergio Martino, il a comme avantage de départ un scénario imaginatif et sans temps morts. L'idée de base est certes un peu "psychotronique", mais on en a vu d'autres : un aventurier solitaire est chargé par un homme politique de retrouver la seule femme fertile...  Celle-ci assurera la descendance de la race humaine qui risque l'extinction. La dame en question se cache à New York, où notre héros est envoyé en compagnie de deux acolytes.

On reconnaît un schéma de base très populaire, celui des contes (mission déléguée à un héros par une figure d'autorité plus âgée, adjuvants, opposants, combat qui se déroule hors de la ville du héros, etc.). C'est donc dire qu'il faut accepter de jouer le jeu pour apprécier.

Oh, bien sûr, le film a un peu vieilli, avec toutes ces maquettes, ces maquillages "punk" très années 80 et la musique rétro new wave des Oliver Onions. Pourtant, il serait bête de bouder son plaisir devant cette bande rythmée et sans prétentions. Sergio Martino y voyait peut-être le moyen de véhiculer certaines opinions idéologiques et politiques, mais il est clair que son mandat premier était de divertir son public, et il y parvient.

Son film est riche en rebondissements, et il s'avère impossible de prévoir ce qui nous attend au détour de cette bande assez inventive. On y retrouve aussi des interprètes plaisants, comme George Eastman (qui semble évadé de la Planète des Singes) ou Edmund Purdom. Le jeune héros est Michael Sopkiw, acteur de films d'action ayant surtout sévi dans des productions italiennes (pour une assez brève filmographie, d'ailleurs). Martino ne l'a certes pas retenu pour sa grande expressivité, sans doute plus pour sa forme physique et son look qui cadre bien avec l'entreprise.

Dans la tradition du cinéma italien, le cadrage est souvent élaboré, et on se retrouve au final avec un produit très professionnel par certains aspects, mais un peu amateur pour d'autres (j'évoquais les maquettes... On peut également mentionner la drôlerie involontaire de quelques répliques). La tonalité surréalisante du récit rappelle parfois les grandes heures du feuilletonisme à l'européenne (homme-singe, nain, rayons laser verdâtres, ordinateurs démodés qui clignotent...).

Le DVD de Shriek Show propose une belle restauration du film, de même qu'une bande-annonce "maison" un peu catastrophique. Les interviews sont toujours menées de manière aussi approximative. C'est donc aux interviewés de s'en tirer de leur mieux. George Eastman est amusant, même s'il paraît dormir dans sa chaise ; Sergio Martino, très docte, a l'allure d'un vieux prof d'Université. Quant à l'acteur Al Yamanouchi, il accorde l'entrevue la plus embarrassante, ne sachant trop quoi dire face à un intervieweur mal à l'aise. Une piste de commentaires audio jugée offensante par quelques personnes du milieu (on s'en prenait notamment au Forum Mobius) a été supprimée pour le second pressage du DVD.

Ce 2019 est, en définitive, l'un des meilleurs films post-nucléaires qu'il m'ait été donné de voir. Il permet certainement de passer un bon moment, pour peu qu'on soit dans les bonnes dispositions pour l'apprécier. Howard Vernon

ALLIGATORS aka Il Fiume del grande caimano - Sergio Martino. Écrit par Maria Chiaretta avec George Eastman (sous un pseudo.) et quelques comparses égarés. Musique : Stelvio Cipriani. Avec Barbara Bach, Claudio Cassinelli et Mel Ferrer, 1979, Italie

Au début des années 1980 ( diégétiquement parlant, le tout se déroule l'année 1980 et ce, malgré que le film ait été tourné en 1979... dans cette optique, on pourrait carrément parler de science-fiction mais là ne sera pas notre propos pour aujourd'hui [ce serait plutôt de vous dire de sortir, il fait si beau et si chaud, les filles se promènent avec de courtes jupes fleuries... mais bon] ), dans un pays d'Afrique Noire, un photographe expert dans la prise de photos paysagères débarque sur le continent suivi d'une sculpturale mannequin de couleur noire. Daniel, le photographe, est là pour mettre en images les magnifiques paysages naturels qui agglomèrent le centre touristique qui l'a embauché pour la publicité. Sur les lieux, il rencontre une nana (interprétée par Barbara Bach), voit des gens bouffés par un crocodile (...) car évidemment c'était l'ouverture à grande échelle du centre et puis, à la fin, les natifs attaquent tout le monde. Suite au massacre, Carter envoie les forces spéciales pour faire oublier le fiasco iranien qui lui coûtera sa réélection (ou bien ça ne se termine pas comme ça ? j'sais plus!) .

Vers minuit, un peu après la diffusion de Family Guy sur les ondes du réseau canadien spécialisé Télétoon, quelle ne fût pas ma totale surprise de constater que je n'avais pas loué l'Alligator de L. Teague (auteur du très bon Jewel of the Nile et d'un respectable Navy SEALS) mais bien celui de Martino (nous nous tairons sur sa filmographie pour les besoins de la cause) qui est en réalité un Alligator au pluriel (le S ayant été découpé de la jaquette...). Ouverture digne du plus grand Zombie Island Massacre, Alligators renvoie à cette flopée de thrillers aquatiques semi-horrifiques à tendances fortement publicitaires pour les régions éloignées du globe (on se rappellera l'exaltant Des Femmes pour le Bloc 9 qui avait d'aquatique cette longue traversée d'un cours d'eau peuplé d'alligators... tient tient...) où la critique écologique très "Greenpeace-alike" n'est jamais bien loin. Mise en scène avec métier, cette production souffre surtout de dialogues consternant de débilité, d'un rythme déficient, de plans piqués au Jaws de Spielberg (pas celui de Szwark), de personnages stéréotypés, d'une présentation raciste et colonialiste des indigènes (c'est Italien) et surtout d'un manque absolu d'effets sanguinolents... sinon, le film fait toujours mouche et s'avère saisissant en bien des aspects (on n'oubliera pas de sitôt cette créature amphibie, ses yeux globuleux terrifiants, son regard diabolique...) .

1 / 5 (Médiocre) Choucroute Melba

ATOMIC CYBORG aka MANI DI PIETRA - Sergio Martino, Italie, 1986 

Un vieux professeur aveugle et condamné à se déplacer en chaise détient le moyen de renverser le régime politique actuellement en place qui menace de mener l'humanité à sa perte. Turner (John Saxon), gros industriel sans scrupule, ne tient pas vraiment à le voir réussir. Il envoie alors Paco, un ancien humain devenu cyborg chargé d'éliminer le vieux professeur. D'un simple coup de poing, Paco perfore l'estomac du vieux professeur. Mais au même moment, un bref regain d'humanité freine son coup. Le professeur est alors gravement blessé, mais définitivement vivant. Dès lors, les partisans du professeur vont tout faire pour mettre la main sur Paco dans le but de lui faire la peau, mais aussi les hommes de Paco, furieux de voir que son cyborg a échoué.

Fuyant à travers le désert, Paco s'arrête dans un petit motel minable tenu par une blonde au caractère solide. Sa clientèle est essentiellement composée de camionneurs rustres qui s'adonnent régulièrement à des concours de bras de fer arrosés de bibines et de jus d'aisselles frelatés. L'arrivée de Paco, homme stoïque et distant, ne plaît guère aux autochtones et en particulier à Raoul (George Eastman) qui fera tout pour lui mettre des bâtons dans les roues.

Sergio Martino, apparemment essoufflé, tente comme il peut de donner un peu de punch à son sous TERMINATOR. S'il ne peut s'empêcher une petite scène de réparation des articulations mécaniques de l'avant bras de son personnage principal, il en oublie néanmoins l'essentiel : de l'action bourrin et un scénario. Quelques rares soulagements tout de même lors des scènes suivantes : la partie de bras de fer contre le champion local à l'issue de laquelle Paco affirme son humanité, George Eastman qui braille comme une hyène, la scène de drague pendant laquelle l'héroïne refuse de considérer l'état cybernétique du héros comme une entrave à leur relation, une bagarre entre Paco et une cyborg qui préfigure TERMINATOR 3, puis le final dans lequel John Saxon étale toute sa méchanceté. On dirait que ça fait beaucoup comme ça, mais promis, ça ne rempli pas plus de 15 petites minutes dans un film franchement pas excitant. Kerozene

CHOPPER SQUAD  aka Silent Action, aka La Ville Accuse, aka I Accuse, aka La Polizia Accusa : il Servizio Segreto Uccide, 1975, Italie, 1h34

Un simple homicide et l'enquête qui le couvre met la puce à l'oreille du commissaire Solmi (Luc Merenda); il se rend compte que l'assassinat couvre quelque chose de beaucoup plus gros qu'il ne paraît. Un vague complot politique se dessine, et avec l'aide d'une amie journaliste qu'il retrouve par hasard et d'un capitaine des services secrets (un Tomas Milian méconnaissable en fonctionnaire barbu) il essaiera de résoudre cette affaire.

Thriller politique traitant de l'absurdité du système de justice italien et de la corruption qui y règne, LA VILLE ACCUSE est intéressant sous plus d'un aspect. Tout d'abord le contre-emploi de Tomas Milian, acteur métamorphe d'une étonnante versatilité. Ensuite, bien que Martino soit avant tout un réalisateur "commercial", dont le seul but était de plaire à une large audience, le travail de réalisation est soigné et sert parfaitement le récit. On peut alors pardonner l'utilisation de cet accident de voiture précédemment utilisé dans  THE VIOLENT PROFESSIONALS - où Merenda jouait aussi un flic avide de justice. La morale fataliste de la finale nous en met plein la gueule; voilà un réalisateur commercial ne craignant pas la controverse, qui ne rechigne pas à adhérer à la "mode" pessimiste de l'époque. Beau travail. Orloff

  Le CONTINENT DES HOMMES POISSONS aka L'isola degli uomini pesce aka Screamers aka island of the fishman aka Something wait in the Dark - Sergio Martino avec Barbara Bach, Claudio Cassinelli, Richard Johnson, 1979, Italie, 93m

Naufragés sur une île inconnue, un officier médecin, Claude De Ross et trois prisonniers rencontrent la jolie Amanda Marvin (Barbara Bach) et font la connaissance d'Edmond Rackham. Ils ont aussi bien vus des créatures mi-hommes mi-poissons dévorer des infortunés. Agissant comme un seigneur sur son île, Rackham raconte finalement comment il se sert des monstres, descendants des habitants de la fameuse Atlantis, dont l'île serait la seule partie encore au-dessus-de la mer, pour piller à son profit les trésors des atlantes. Claude va cependant découvrir le père d'Amanda, vieux savant fou qui se meurt, et qui raconte bien autre chose. Le temps presse car il y a un volcan sur l'île qui menace d'exploser en tout temps et le père Marvin fait des expériences dont il vaut mieux ne pas être le sujet.

On sent bien l'inspiration du récent L'îLE DU DOCTEUR MOREAU, mais aussi les films d'aventure reprenant les romans d'Edgar Rice Burroughs comme THE LAND THAT TIME FORGOT ou l'original SEPT CITÉS D'ATLANTIS tout comme les récits de Jules Verne. Les créatures en titre ne sont évidemment pas aussi belles que les efforts contemporains ou même CREATURE FROM THE BLACK LAGOON d'antan, évidemment, elles se comparent plus aux Sea Devils de Doctor Who. Là où ça cloche pas mal c'est au niveau de l'incohérence des personnages, principalement Rackham qui est très difficile à suivre, changeant constamment d'attitude envers De Ross. On sait très bien qu'il a des choses à cacher, mais il ne prend aucune précaution, accueillant à bras ouvert l'officier qu'il menaçait l'instant d'avant. Barbara Bach a un rôle plutôt mince, du genre soit belle et tais toi et est poursuivie de l'affection et la libido de Rackham, qui n'arrive pas à se rendre au deuxième but, si vous voyez ce que je veux dire. Ajoutez les indigènes de la place, pratiquement muets, avec une Shakira, genre princesse vaudou locale qui aime éperdument Rackham, qui lui est indifférent et le scénario part dans toutes les directions. La version américaine titrée SCREAMERS a subit un remontage et l'ajout de scènes. Il reste au final un film d'aventure familial confus, qui est généreux avec ses monstres et qui n'est définitivement pas le meilleur de son réalisateur. Mario Giguère

Des naufragés se retrouvent sur une île qui semble déserte. Un à un ils vont disparaître mystérieusement. Ils ne sont plus que trois et font la rencontre d'une femme (Barbara Bach) qui leur lance un avertissement de quitter l’île. Elle repart mais ils décident de la filer, pour arriver à une maison ou là ils font la connaissance d'un homme (Richard Johnson) qui leur offre l’hospitalité. Dans la nuit un des trois hommes est tué par une créature mi-homme mi-poisson. Plus tard, l'unique survivant du naufrage (Claudio Cassinelli) apprendra que ces créatures ont été créées par le père mourant (Joseph Cotten) de la fille, et que seul ces hommes-poissons sont capables de descendre sous l'eau a une profondeur que l'homme ne peut atteindre, tout ca pour un trésor englouti dans une vielle ruine. Les dix premières minutes sont excellentes, mais par la suite on y perd l’intérêt, tout ca jusqu’à la fin du film. C'est loin d’être le meilleur Martino. Rana

CORNETTI ALLA CREMA ,1981, Italie 

Je me demandais bien quelle histoire se cachait derrière un titre comme CORNET À LA CRÈME , je dois admettre que j'avais des idées plus excitantes, ah ah. Mais voilà une comédie honnête, boulevard plein de quiproquos dont  j'ai perdu des bouts, version italienne oblige. Avec le petit gros qui se déguise en femme dans chaque film qu'il fait ! Grosso modo, le petit chauve offre le taxi à Edwige, chanteuse de son métier, alors qu'elle est poursuivie par son fottballeur de 7 pieds de copain jaloux ! Edwige semble avoir le béguin pour le petit, qui n'en croit pas ses yeux et se feras passer pour célibataire, empruntant l'appartement au-dessus du sien pour la rencontrer. Edwige est en pleine forme et quelques séquences en accéléré, à la Benny Hill, sont amusantes. Pendant 30 secondes, on voit des cornets fourrés à la crème, d'où le titre, ah ah.  Mario Giguère

CRIMES AU CIMETIÈRE ÉTRUSQUE aka Assassinio al cimitero etrusco - Sergio Martino, 1982, Italie/France

C'est la compilation de la mini-série télévisée Murders in the Etruscan cemetary. On a donc un punch à toutes les 15 minutes, le punch final d'un épisode, sans doute. Il est question de la découverte d'une tombe de l'époque étrusque et de la mort de tous les gens qui s'en approchent. La femme de l'archéologue ( John Saxon ) qui la découvre ( la tombe, pas sa femme ) entends des voix et a des visions d'une reine étrusque, sosie d'elle même. Les scénariste ont mélangé une intrigue policière à l'intrigue fantastique, ce qui surprend agréablement, mais la finale plonge dans la science fiction à rabais. Sans parler de l'épilogue d'une mièvrerie de roman Harlequin. L'actrice principale est plus jolie que bonne actrice, seule la Baronne et John Saxon tirent bien leur épingle du jeu. On n'a quand même pas le temps de s'ennuyer, toute l'aventure étant fort condensée. Et la musique est bonne. Mario Giguère

DAY OF THE MANIAC aka Tutti i colori del buio aka All the Colors of the Dark aka Demons of the Dead aka They're Coming to Get You, 1972, Italie

Quelle belle surprise de découvrir Tutti Colori del Buio derrière ce titre quelconque, uncut, composite. Edwige Fenech est surprenante en jeune conjointe troublée par le meurtre de sa mère lorsqu'elle n'avait que 7 ans. Elle croit voir le tueur partout et iras jusqu'à rentrer dans une secte sataniste pour tout oublier et bien dormir. C'est compliqué un peu, pas mal pour rien, mais pour les gros plans sur Edwige on oubliera volontier les références à Polansky et Argento. Mario Giguère

Les gialli de Sergio Martino sont considérés comme faisant partie des meilleures productions du genre à être sorties d'Italie au courant des années 70. Si Gently before she dies fait un peu mentir cette affirmation, All the Colors of the Dark permet de remettre les pendules à l'heure en montrant un cinéaste en pleine possession de ses moyens.

Il s'agit d'un thriller ésotérique comme les années 70 en ont vu naître plusieurs (en fait, à partir du Rosemary's Baby de Polanski qui connut le succès que l'on sait). L'héroïne Jane (Edwige Fenech) est entourée de gens bizarres et en vient à douter elle-même de sa santé mentale : qui est cet homme inquiétant qui la traque partout ? Son mari a-t-il raison de la bourrer de vitamines qui produisent de bizarres effets sur elle ? Sa sœur elle-même n'est-elle pas impliquée dans un complot visant à lui nuire ? Dans l'espoir de trouver une solution à son malaise, Jane en vient à fréquenter un cercle satanisant qui l'initie à des cérémonies de magie noire dans le but de la libérer des influences maléfiques qui pèsent sur elle.

Le film de Martino baigne dans une atmosphère étouffante et onirique. Certaines scènes sont véritablement saisissantes. Bien sûr, l'époque aidant, d'autres passages sont plus kitsch (d'aucuns diraient : psychotroniques), mais cette caractéristique n'enlève aucun charme au film, lui conférant juste ce qu'il faut de légèreté pour rendre le visionnement plus " sympathique " au point de vue émotif.

Martino, en bon technicien, utilise avec parcimonie mais élégance le grand angulaire et sait créer l'émotion à partir du cadrage. Le film, de ce point de vue, regorge de scènes et de moments somptueux, impeccablement photographiés, dispensant une véritable atmosphère fantastique. À signaler, comme c'est souvent le cas, la musique efficace de Bruno Nicolaï, qui nous sert une sorte d'hymne gothique avant la lettre, grâce à son thème de " messe noire ".

L'interprétation est assez solide. On sent parfois qu'Edwige Fenech étire un peu sa palette (parfois limitée), mais, encore une fois, c'est insuffisant pour condamner une prestation sinon très accomplie. Quant au scénario, il sait ménager ses surprises et instaurer un climat de paranoïa pesant.

Ce film fut jadis édité dans une affreuse version coupée et " pan & scan " intitulée They'll Coming to Get You. Édition à fuir à tout prix, car, en plus du recadrage affreux, le film s'achève avant la fin (un peu comme la VF de Hitch-Hike) et plusieurs scènes manquent à l'appel.

Le DVD allemand (en PAL) édité par ASTRO est certainement préférable, en dépit de ses quelques faiblesses : le film est présenté en allemand ou en anglais (donc pas de version originale), et les voix de la bande son anglaise manquent parfois de relief (surtout au début du film). Signalons cependant que le format cinémascope du film est respecté, ce qui constitue un " plus " non négligeable. En guise d'extras, on obtient une très bonne bande annonce du film, et quelques trailers de navets assortis, américains pour la plupart. En les voyant après le film de Martino, on ne peut qu'apprécier encore plus le style du réalisateur italien, qui sait faire œuvre d'art tout en respectant certaines exigences commerciales du marché. Howard Vernon

DON'T PLAY WITH TIGERS aka Ricchi, ricchissimi, praticamente in mutande comédie à sketches avec Edwige Fenech et Lino Banfi, 1982, Italie

Trois histoires réunies par un prétexte juridique. Les victimes se retrouvant devant le juge qui a le rhume et qui ne veut pas un seul courant d'air dans la cour, malgré la canicule ( on voit le niveau d'humour ).

Un type niais doit se rendre sur la côte pour la santé de son fils. N'ayant pas les moyens de louer quoi que ce soit, il se construit une cabane sur un coin de plage, aussitôt envahie par des nudistes.

Lino Banfi en père d'une grosse madone, qu'il veut marier au fils d'un amiral, se fait draguer par une superbe scandinave à sa grande surprise.

Un propriétaire de chantier naval sur le bord de la faillite se voit offrir un contrât mirobolant à condition d'offrir sa perle brune ( Edwige Fenech ) pour une nuit au prince arabe.

Ce dernier sketch, et son punch réussi, sauve le film à lui seul. Donc plusieurs années avant PROPOSITION INDÉCENTE, les Italiens ont soulevé la question d'une manière différente et drôle, il fat voir tout le village, curé et notaires compris, prier Edwige de sauver les emplois des mâles du village.

Réalisation relâchée et interprètes légers pour un film peu remarquable. Mario Giguère

Dans une salle de cour, en pleine canicule, un juge un peu frileux écoute les plaidoyers de quelques accusés. Le premier est poursuivi par un colosse hippie pour dommages corporels, le deuxième pour avoir ruiné le postérieur d'un flic avec les tessons d'une bouteille de champagne, et le troisième poursuit toute une délégation d'arabes pour une raison farfelue que nous ne connaîtrons qu'à la toute fin du film. Comedia All'Italia.

Reprenant une formule qu'il avait déjà éprouvé avec SEX WITH A SMILE, Sergio Martino nous sert ici un film à sketches qui reposent chacun sur un malentendu de nature polissonne, parfois un peu grotesque il faut l'avouer. La réalisation est fort correcte et sert surtout à mettre le récit en valeur; on peut au moins attribuer à Martino un réel souci de plaire à un public le plus large possible. L'humour ne pisse souvent pas très loin, mais c'est ce qui fait le charme de ces blagues à l'Italienne, entre burlesque pipi-caca et une absence exemplaire de prétentions. Les acteurs sont fort corrects, tout particulièrement Lino Banfi qui, du haut de ses trois pommes et de sa calvitie triomphante, suinte l'hypocrisie et la luxure. Edwige Fenech est cependant sous-utilisée, et tous ses fans seront d'accord; quand on sait de quoi elle est capable, on ne peut que rester perplexe devant une production où... elle garde ses vêtements ! Orloff

FOXY LADY aka Spiando Marina aka The Smile of the Fox - Sergio Martino & George Raminto, 1992, Italie, 1h30

Un ancien policier véreux (Steve Bond), dont la femme et le fils ont été plastiqués alors qu'ils roulaient en voiture devant chez lui, est engagé comme tueur à gages par une firme de malfrats. Il doit habiter pendant un mois entier dans un appartement italien quelconque... et attendre les instructions de ses supérieurs. En attendant, il se remémore son douloureux passé, descend quelques bouteilles, et se prend à espionner sa voisine, une fabuleuse et capiteuse demoiselle (Deborah Caprioglio) qui ne ferme pas les rideaux quand elle se fait astiquer par son jules.

Qu'est devenu Martino ? Assisté sur ce coup-ci par un certain George Raminto, inconnu au bataillon, il signe ici un bien triste thriller érotique. Convenu, sans surprises, et sans rebondissements, si on excepte ceux des deux énormités de miss Caprioglio (mensurations : 38DD-22-36, et laissez-moi vous dire que ça réveille l'instinct maternel), le film se déroule sous nos yeux blasés sans qu'on ne lève le petit doigt enthousiaste, et seuls les appâts de la belle Deborah viennent nous réveiller de temps à autres.

Le personnage qu'interprète Steve Bond se révèle particulièrement douloureux, sorte de mélange d'homme viril des années '80 et de monstre de bêtise masculine du début des années '90... Il est brusque, aurait besoin d'un coiffeur, et porte ses jeans trop haut. Il s'est déjà fait aller les abdos dans notamment MASSACRE AT CENTRAL HIGH en '76, H.O.T.S. en '79, et a tenu un beau rôle dans SANTA BARBARA juste avant son beau boulot dans FOXY LADY.

Deborah Caprioglio nous fait presque oublier son mauvais jeu dès que son décolleté apparaît à l'écran, elle qui étrangement revêtit le doux nom de Kinski pour son PAGANINI en '89, plongeant dans la confusion quiconque ayant pris le vieux Klaus pour un sauvage sans famille. Elle apparaît encore, en Italie, dans des films pour la télé ça et là.

Si c'est de l'érotisme à deux sous que vous recherchez, vous avez trouvé le bon candidat filmique, mais vous devrez cependant vous taper la belle gueule d'abruti de Bond afin d'obtenir la rédemption souhaitée. Bonne chance ! Orloff

GENTLY BEFORE SHE DIES aka Your vice is a locked room and only I have the key - Sergio Martino, 1972, Italie

Oliviero (Luigi Pistilli ) est un écrivain qui a une relation sado masochiste avec sa femme ( Anita Strindberg ). Pendant ce temps le chat noir de feu la mère de l'écrivain exacerbe également madame. Lorsque qu'Oliviero se réveille au lendemain d'une beuverie, il croit bien avoir commis un meurtre et décide d’emmurer la victime. Sa nièce (Edwige Fenech) débarque et séduit tout ce qui bouge, tout en encourageant la femme abusée à tuer son mari.

Variation intéressante et morbide sur le conte d'Edgar Allan Poe : the Black Cat, Martino multiplie les pistes dans ce huis clos malsain. Edwige Fenech joue la garce avec une désinvolture peu coutumière. Vive Martino ! Mario Giguère

GIOVANONA COSCIALUNGA disonorata con onore aka Mademoiselle cuisses longues - Sergio Martino avec Edwige Fenech, Pippo Franco, Gigi Ballista, 1973, Italie

Un industriel aux prises avec des lois anti-pollution essaie de mettre un inspecteur dans sa poche en lui amenant une prostituée aux longues jambes ( Edwige ). Mais tout cela doit se faire discrètement, ce qui donnera lieu à une suite de quiproquos digne des meilleures comédies de boulevard.

Et pour se compliquer, ça se complique tellement que la version originale nous relègue l'histoire de pollution aux oubliettes. On se concentre à suivre le secrétaire de l'industriel, ce grand dadais de Pippo Franco, racoler Edwige qui tombera amoureuse de lui, allez savoir pourquoi, mais qui joue le jeu. La femme de l'inspecteur tombe amoureuse de l'industriel, comme l'assistante de l'inspecteur et tout ce beau monde change de cabine dans le train, inénarrable ! Mais fort agréable, et Edwige est absolument adorable. Vive Sergio ! Mario Giguère

MANNAJA aka Mannaja: A Man Called Blade aka Mannay, l'homme à la hache - Sergio Martino avec Maurizio Merli, John Steiner, Donald O'Brien, Philippe Leroy, Sonja Jeannine, Martine Brochard, Salvatore Puntillo, Rik Battaglia, 1977, Italie, 96m

Blade est un chasseur de primes aussi habile au maniement de la hachette que du pistolet. Il arrive à Suttonville, un village minier sous la coupe d'un dénommé McGowan, qui a tué autrefois le père de Blade. Le chasseur de primes a donc un compte à régler avec l'homme d'affaires, bien que celui-ci soit maintenant handicapé et confiné à une chaise roulante. Blade doit cependant mettre de côté sa vengeance le temps de pouvoir sauver la fille de McGowan, Deborah, victime d'un enlèvement. Il sert donc d'intermédiaire lors du paiement de la rançon pour la libérer mais il s'agit d'un coup monté de toutes pièces par Voller, l'homme de confiance de McGowan, et par Deborah elle-même afin qu'ils prennent tous les deux le contrôle de la mine. Blade est capturé et laisser pour mort dans le désert tandis que McGowan est éliminé. Une ancienne victime de Blade vient cependant délivrer le chasseur de primes et après avoir repris des forces et avoir recouvré la vue, qu'il avait temporairement perdu dans le désert, celui-ci revient en ville pour affronter et liquider Deborah, Voller et ses hommes alors que les mineurs se préparent à une révolte.

Comptant parmi les derniers westerns-spaghettis produits vers la fin des années 70, ce film en résume assez bien l'esthétique. Cependant, à partir d'une intrigue qui emprunte et mêle plusieurs clichés du genre, le réalisateur Sergio Martino s'est amusé à utiliser des effets stylisés de mise en scène pour donner une texture fantastique ou fantomatique au récit afin de démarquer quelque peu son film des autres. On se retrouve donc devant un long-métrage aux plans et aux séquences qui sont en contraste les uns par rapport aux autres, ce qui témoigne chez Martino d'un travail inspiré des films de Sam Peckinpah (des plans ralentis lors des scènes d'action raccordées avec des images plutôt comiques par exemple). Comme de juste, l'ambiance est sulfureuse à souhait, voire quasi-surréaliste (décors minables, présence accru du brouillard, rues boueuses) et la violence s'avère plus gore et plus appuyée que dans la grande majorité des autres westerns italiens. Une ballade musicale aux accents profonds accompagne le tout pour renforcer l'atmosphère pesante du film, bien qu'on ait tendance à la répéter un peu trop souvent. Certains trouveront le film outrancier, affecté ou trop emphatique, mais les amateurs du genre y trouveront largement de quoi se réjouir. Maurizio Merli crève littéralement l'écran et n'a pas peur du soleil ni de se salir de boue à l'occasion de son seul et unique western tandis que John Steiner incarne le méchant avec une allure vampirique redoutable (il porte une cape et il a deux chiens dangereux comme si c'était les chiens de l'enfer!). Une vraie curiosité à découvrir dans la collection DVD Blue Underground sur les westerns-spaghettis. Mathieu Lemée

La MOGLIE IN VACANZA... L'AMANTE IN CITTÀ aka Les ZIZIS BALADEURS - Sergio Martino avec Edwige Fenech, Barbara Bouchet, Renzo Montagnani, Lino Banfi, 1980, Italie 

La vie amoureuse d'Andrea (Renzo Montagnani), n'est pas simple : il est marié à Valeria (Barbara Bouchet), mais sa maîtresse Giulia (Edwige Fenech) voudrait bien récupérer l'anneau marital pour son compte, et elle est tenace la Edwige.

Alors que le couple légitime se prépare pour des vacances au ski, Giulia téléphone et menace de foutre le bordel si Andrea s'en va. Lequel invente une histoire de clients chinois (il est patron de sa boite) et envoie Valeria vers les sommets, seule. Il peut alors se retrouver seul avec Giulia, et on se demande bien pourquoi, parce qu'en guise de gâteries, tout ce qu'il récolte c'est une série de plats cuisinés avec amour par sa maîtresse en travers de la tronche.

De son coté, l'épouse, lasse du train train marital décide de substituer des activités de glisse au profit d'une rencontre avec un comte qu'elle a rencontré je ne sais pas où. Sauf que celui qu'elle prend pour le comte est en fait le cousin du majordome (Lino Banfi) dudit noble. Bon. Valeria arrive donc à la demeure du comte (qui n'est pas là mais c'est le cousin qui compte venir pour Valeria ahahah), et Lino Banfi nous fait un numéro de valet faussement gay qui a du mal à se contenir devant une Bouchet qui en dévoile de plus en plus. A la suite d'une série de bing bang boum (pas sexuels) la fourrure de Valéria tombe dans le feu et Lino passe de la crème sur le postérieur de Valeria histoire de calmer ses brûlures (légeres, je vous rassure) suite à l'accident.

Bon, le cousin sera retardé, parce que je vous ai pas dit, mais le cousin, c'est aussi le sous-fiffre de Andrea (ça y est, on a la boucle) et qu'il est obligé de rester au bureau pour donner un alibi à son boss vis à vis de sa femme qui est... vous avez compris.

Bref, le cousin se la met sur l'oreille, et le lendemain Valeria se casse de la demeure du comte direction la neige en "empruntant" une fourrure sur place : "je peux pas partir nue". Ce qui ennuie fort Lino, parce que lorsque le rupin va rentrer, ou qu'elle est la fourrure ?

De son coté, Andrea alors qu'il avait réussi à amadouer Giulia et sur le point de... bon, la belle-mère se pointe y va de ses "ma fille a disparue, elle est pas à la montagne, y'a une autre femme ici, dans l'armoire, sous le lit..."

Après ces préliminaires (si, si, et encore j'ai fait court) tout le monde se retrouve dans le même hôtel en altitude : le mari, la femme, la maîtresse, la belle-mère, le serviteur du comte (qui compte bien récupérer la fourrure) et son cousin, et c'est parti pour le festival de portes qui claquent.

Avec un tel casting, je m'attendais à quelque chose de réellement monstrueux. J'ai été un peu (assez) déçu. Il manque une dose de folie trash la-dedans qui aurait fait monter la sauce jusqu'à l'extase. En même temps justement, peut-être est -ce à cause de la distribution que le film joue un peu la sécurité. Coté sexy, c'est aussi assez prudent, Barbara nous montre sa lingerie fine mais pas plus, et Edwige se la joue assez réservée sur ce plan.

Pourtant les éléments sont là, par exemple Edwige en collants-Catwoman gambadant sur les toits pour espionner Andrea n'est pas un spectacle anodin. Mais il manque un petit quelque chose.

Celui qui tire vraiment son épingle du jeu, c'est Lino en monomaniaque obsédé de la peau de bête : il faut le voir complètement affolé alors que la belle-mère vêtue de la dite pelure choit dans une piscine s'écrier "la pellicia non sa nautar" (la fourrure sait pas nager).

Probable que cette comédie visait une audience assez large, et que de ce fait les limites de la bienséance y sont dépassées avec retenue, me privant ainsi du feu d'artifice auquel je m'attendais.

C'est néanmoins bien agréable, notamment grâce aux acteurs. 

A voir quand même. Riton

Andrea (Renzo Montagnani) n'a plus fait l'amour avec sa femme Valeria (Barbara Bouchet) depuis quatre ans (difficile à croire) mais il se reprend avec sa maîtresse Giulia (Edwige Fenech) qui est évidemment jalouse de l'épouse légitime. Ajoutez un employé d'Andrea qui veut cocufier son patron en sautant Valeria et un autre (Lino Banfi) qui essaie de récupérer un manteau de fourrure et tout ce beau monde (enfin, surtout les actrices!) qui se retrouvent dans une station de ski et son hôtel aux numéros de chambre qui changent et vous avez une authentique comédie polissonne de bon aloi.

Surtout apprécié pour la beauté irréprochable de Bouchet et Fenech, le film utilise les recettes connues et éprouvées et est donc assez prévisible dans l'ensemble. N'empêche qu'on rigole à plus d'une occasion et que les charmes de Barbara Bouchet sont ici irrésistibles, spécialement dans cette scène ou Lino Banfi doit appliquer la pommade sur le postérieur chauffé de la dame. Mention au violoniste russe dans la chambre d'a côté qui gratifie ces dames de son grand archet et de la belle-mère qui frappe Banfi à répétition. Mario Giguère

LE PARFUM DU DIABLE aka The Cheaters aka La Città Gioca d'Azzardo aka Gambling City- Sergio Martino, 1976, Italie, 1h33

Lucas (Luc Merenda) est tricheur professionnel "depuis l'âge de dix ans", pour employer ses propres mots. Il est remarqué par un patron de casino et se fait rapidement engager comme tricheur à sa solde, occupant une position permanente à une table de poker. Il rencontre un jour une fort jolie femme (Dayle Haddon) maquée à un poltron de la pire espèce qui s'avère être le fils de son patron, mais ça ne l'empêche pas de la séduire et d'en tomber amoureux. Le fils névrotique, amant jaloux, cherchera à se venger à tout prix.

Thriller méconnu et pourtant à grand déploiement, THE CHEATERS met en vedette Luc Merenda, un habitué de Martino (THE VIOLENT PROFESSIONALS, CHOPPER SQUAD) et un bellâtre fort talentueux au demeurant. Ce dernier est l'archétype du héros italien; belle gueule, il sait se battre et raisonner comme pas un. Son sourire craquant a dû en faire fondre plus d'une... Face à lui, une jolie fille, presque inconnue, Dayle Haddon (SEX WITH A SMILE), native de Montréal ! Les deux se débrouillent agréablement avec les moyens du bord, qui sont ici considérables; photographie léchée, gros budget, une poursuite finale qui décoiffe, et des mouvements de caméra dignes d'une superproduction hollywoodienne. On voit tout de suite que Martino avait un certain souci commercial, mais savait y mettre toute sa finesse. Le scénario, que l'on doit à Ernesto Gastaldi, responsable entre autres des scénarios de ALMOST HUMAN de Lenzi et de TORSO de Martino, déploie tous les trucs connus et en invente même quelques-uns. Gastaldi se débrouille très bien avec le thème du jeu compulsif et de la trahison propre à cet univers, pour le plus grand plaisir du spectateur qui, lui, n'a plus qu'à admirer le travail... Orloff

La QUEUE DU SCORPION aka CASE OF THE SCORPION'S TAIL aka SCORPION'S TAIL aka LA CODA DELLO SCORPIONE aka LA COLA DEL ESCORPION  - Sergio Martino avec George Hilton, Anita Strindberg, Janine Raynaud, Evelyn Stewart (Ida Galli), Luigi Pistilli, Alberto de Mendoza, 1971, Italie-Espagne,1h30

Un avion s'écrase dans l'océan. Parmi les morts, Kurt Baumer, qui laisse une assurance d'1 million de dollars en faveur de se femme Lisa (Evelyn Stewart). Celle-ci s'envole pour Athènes afin d'encaisser l'argent en liquide. Elle est retrouvée égorgée dans sa chambre d'hôtel. Un macabre puzzle se met en place. Des meurtres plus affreux les uns que les autres vont se succéder.

Quelle joie d'avoir remis la main sur ce giallo de la grande époque ! On retrouve dans cette QUEUE DU SCORPION plusieurs des acteurs réguliers de ce sous-genre si cher à nos coeurs. L'intrigue, co-signée par Ernesto Gastaldi, est fort classique, sous-tendue comme toujours par le vice et la cupidité. Sont inclus tous les rebondissements que nous sommes en droit d'attendre. Quant aux meurtres, ils s'avèrent assez "gore" pour l'époque, avec notamment un oeil percé à coups de tesson bouteille. Ou encore un homme agrippé à une gouttière balancé dans le vide après que le tueur ait sectionné ses doigts (idée notamment reprise par Takeshi Kitano dans son VIOLENT COP)... Le tout est remarquablement filmé par un Sergio Martino à la caméra plus virtuose que jamais. Quelques plans épatent franchement par leur formalisme tranquille. La direction d'acteurs est largement au-dessus de ce que le genre a coutume de nous offrir. Evelyn Stewart (Ida Galli) illumine la première demi-heure du film, et notamment son excellent prologue "londonien" (on pense à BLOW UP d'Antonioni). Son élégance altière est encore rehaussée ici par des tenues magnifiques (bravo à la costumière), c'est un vrai régal ! Dans le rôle d'une reportrice-photographe, Anita Strindberg révèle également un talent de comédienne que l'on ne lui soupçonnait guère. Le final rappelle beaucoup celui de L'ETRANGE VICE DE Mme WARD, réalisé par le même Martino un an plus tôt. Un dernier mot pour saluer la bande-son de Bruno Nicolai, tout à fait à l'unisson de cette œuvre sans faille. Bref, c'est du grand giallo¨("L'un de mes dix préférés", me disait récemment Norbert Moutier qui en connaît un rayon en la matière). A voir absolument ! Stelvio

Lisa (Evelyn Stewart, rm: Ida Galli), the wife of a pilot killed in an airliner explosion inherits a million dollars due to his insurance policy. She is trailed to Athens by the handsome, suspicious insurance investigator, Peter Lynch (Geroge Hilton) and an Interpol Agent (Alberto De Mendoza). Also threatening Lisa is her drug addicted former lover, the dead husband's mistress (Janine Reynaud) and her sinister attorney (the brutish looking Luis Barboo). After Lisa is slashed to death in her hotel room by a killer dressed totally in black, the local police inspector (Luigi Pistilli) marks Lynch as the prime suspect. This is only the beginning of what will prove to be a twisting, violent game where the prize is the missing million dollars and many cast members will be torn apart by the blade of the ripper.

IIncredibly violent, the black clad killer (cf "the shape" in BLOOD AND BLACK LACE) slashes throats, hands, gouges out eyes, punctures the hearts of his victims, all in graphic, bloody close-up. Martino doesn't pull any punches. The murders of Janine Reynaud (Lorna in Franco's SUCCUBUS) and Luis Barboo are especially brutal yet suspensefully staged with supreme skill by Martino. The beautiful, blonde Anita Strindberg is the female lead, playing the imperiled photographer who makes the mistake of falling in love with Hilton's character. Terrific cast, gorgeous Greek locales filmed with many vertiginously bizarre camera angles. The grinding, wailing, sometimes dissonant, sometimes romantic, music score by Bruno Nicolai is one of his most startling and best. The script by Ernesto Gastaldi (THE HORRIBLE DR HICHCOCK, THE WHIP AND THE BODY) and George Hilton is perfect. Robert Monell

Incroyablement violent, le tueur habillé en noir ( voir celui de Mario Bava dans BLOOD AND BLACK LACE ) tranche les gorges, mains, sort les yeux de leurs orbites, transperce le cœur de ses victimes, le tout en plans serrés sanguinolents. Martino ne retient aucun coup. Les meurtres de Janine Reynaud ( la Lorna du SUCCUBUS de Franco ) et Luis Barboo sont spécialement brutaux tout en étant mis en scène avec suspense et talent par le réalisateur. La jolie blonde, Anita Strindberg est la vedette féminine, interprétant la photographe en péril qui commet l'erreur fatale de tomber en amour avec le personnage de George Hilton. Magnifique ensemble d'acteurs, superbes décors naturels en Grèce, filmé avec plusieurs angles de caméra vertigineusement bizarres. La musique de Bruno Nicolai, tantôt criarde, sirupeuse, parfois dissonante, parfois romantique est une de ses meilleures. Le scénario d'Ernesto Gastaldi (THE HORRIBLE DR HICHCOCK, THE WHIP AND THE BODY) et George Hilton est parfait. Robert Monell

SEX WITH A SMILE  aka 40 gradi all'ombra del lenzuolo avec Marty Feldman et Alex Marino, 1976, Italie, 100m

"Le sexe n'aura plus jamais la même signification".  La belle jument (Edwige Fenech) fait fantasmer tous les mâles de son village sauf un, un type complètement barjo, qui fait paraît insensible à ses charmes. Mais chaque soir, sachant son mari absent, il lui téléphone pour lui raconter ses rêves obscènes. Ailleurs, un type un peu maniéré offre 20 millions de lires à une femme mariée (Barbara Bouchet) pour se l'envoyer. Non loin, un homme à la recherche d'un appartement (Aldo Maccione) empêche une déséquilibrée joueuse de harpe de se suicider et se retrouve enfermé chez elle avec un berger allemand complètement rageur. Plus tard, on s'attarde sur un chauffeur qui bave sur les jambes de la comtesse qu'il conduit et qui n'y résiste plus. Et finalement, on a droit à un garde du corps (Marty Feldman) aux globes oculaires démesurés qui ne lâche pas d'une semelle la ravissante jeune fille qu'il est sensé protéger.

Vous l'aurez compris, il s'agit ici d'un film à sketches complètement débile ayant pour thème central le sexe... sous toutes ses formes.  Les récits sont colorés, pas tous de la même intensité, mais pratiquement tous amusants.  On y retrouve des acteurs prestigieux qui délirent complètement pour le plus grand plaisir du spectateur. Maccione devient maladroit et incertain; Fenech y joue les allumeuses avec un certain succès; Bouchet s'y fait complètement escroquer et Feldman est d'un comique mécanique irrésistible. La réalisation soignée de Martino se contente de rester au service des récits, et aucun d'entre eux ne s'éternise plus longtemps qu'il ne le faut. La musique cheesy des frères De Angelis est discutable, mais puisqu'il s'agit d'une comédie idiote, il est plus facile de leur pardonner. On reste admiratif devant l'inventivité de certains sketches, et tous les "punchs" sont intéressants. Un film globalement amusant qui saura plaire à tous les publics. Tomas Milian figure au générique et je défie quiconque de le reconnaître avant la fin du film. Défi devant lequel j'ai moi-même misérablement échoué tellement il est méconnaissable. Orloff

Anthologie de cinq sketches humoristiques sur le sexe. Si on reconnaît facilement la chute de certains gags, on a de belles surprises et des moments hilarants. Edwige Fenech écoute les rêves érotiques d"un Tomas Milian méconnaissable dans une histoire prévisible. Marty Feldman joue le garde du corps qui prend son titre à la lettre, bonnes pitreries de Feldman ! Suit un désopilant chauffeur et sa maîtresse qui l'aguiche rare. On a droit ensuite à la pulpeuse Barbara Bouchet qui se fait sauter pour des millions de lires, une "proposition indécente" dont le punch a souvent été repris dans les blagues grivoises. Dernier sketch avec un Aldo Maccione qui sauve une dame suicidaire, la pétillante Sydne Rome, qui a un chien très embêtant.

Tout cela reste léger, comme cinq coupes de champagne. Fort plaisant. Mario Giguère

SEX WITH A SMILE 2 aka Love in 4 Easy Lessons aka Spogliamoci così senza pudor - Sergio Martino avec Ursula Andress, Barbara Bouchet, Johnny Dorelli, Alberto Lionello, Aldo Maccione, Enrico Montesano, Nadia Cassini, Alvaro Vitali, 1976, Italie

Un détective (Aldo Maccione) et son crétin d'assistant (Alvaro Vitali) tentent de prouver à un client que sa femme le trompe, mais comme elle est une véritable sainte, ce n'est pas de la tarte !

Un entraîneur d'équipe féminine de soccer qui a perdu sa joueuse vedette prends une chance en engageant un joueur (Enrico Montesano vu dans IL LADRONE) qui aura bien de la difficulté à jouer la femme jusqu'au bout.

Un acteur marié avec une femme très riche (Barbara Bouchet) essaie par tous les moyens de la tromper avec une actrice française (Nadia Cassini, véritable bombe sexuelle avec son accent français) pendant que l'on essaie de faire un vol à sa villa...

Un amoureux éperdu tente tant bien que mal de rejoindre la femme qui s'est promise à lui (Ursula Andress) mais il y a dans l'immeuble un mort et des funérailles dans lesquelles il participe bien malgré lui !

Que voilà un film à sketches comme les Italiens savent si bien les faire. Si ça débute de manière très conventionnelle, la deuxième moitié délire un maximum dans la comédie de situation remplie de quiproquos et pirouettes scénaristiques réussies. Le tout demeure bien léger et personnellement je trouve que Nadia Cassini leur vole tous la vedette en ingénue sexy. Alvaro reçoit son lot de baffes, Barbara Bouchet a le rôle de faire valoir habituel, mais son passage en nonne est rigolo. De la commande légère bien réussie par Sergio Martino. Mario Giguère

SLAVE OF THE CANNIBAL GOD - Sergio Martino avec Ursula Andress et Stacy Keach, 1978, Italie, 86m

Lorsque Susan Stevenson ( Ursula Andress ) veut retrouver son mari, disparu lors d'une expédition en nouvelle guinée, le Dr Edward Foster ( Stacy Keach ) se propose de l'aider, les autorités locale l'ayant donné pour mort. L'expédition est rude, mais atteindra le but ultime, une île au large ou le mari recherchait un gisement d'uranium au milieu d'une tribu cannibale censée décimée. Mais rien n'est aussi simple que prévu.

C'est l'édition dvd de la compagnie Diamond que j'ai regardé, ayant lu que cette version est plus complète que la version française. Oui, il y a des scènes de plus, d'animaux qui se dévorent, le serpent et le singe sont particulièrement difficiles à regarder, mais ces scènes n'ajoutent rien au film puisque les protagonistes ne sont pas affectés directement. Le film n'a pas l'impact d'in CANIBAL HOLOCAUST ou CANNIBAL FEROX, n'ayant ni le parfum d'authenticité et la jungle semblant beaucoup plus clémente envers les visiteurs. Martino prends soin de bien faire paraître Ursula Andress, elle n'est jamais vraiment sale, toujours bien habillée et coiffée, et la scène de badigeonnage est digne d'anthologie. Les surprise s'accumulent vers la fin et l'ensemble mérite le détour. Mais une version sans cruauté animale fait aussi bien l'affaire. Le transfert dvd est excellent et le format panoramique est respecté pour notre plaisir. Mario Giguère

SPAGHETTI A MEZZANOTTE - Sergio Martino avec Lino Banfi, Barbara Bouchet, 1981, Italie 

Le couple : Lino (en avocat) et Barbara (en femme d'avocat par conséquent). Lino a une maîtresse, et suite à un jeu de portes-qui-claquent se rend compte que sa femme a un amant.

Alors une bande de maffieux échange avec Lino un service d'avocat contre la promesse de refroidir sa bourgeoise et son galant. Sauf que l'amant n'est en fait qu'un architecte engagé par Barbara dans le but d'aménager la résidence secondaire du couple de façon ultra-moderne, et ce pour l'anniversaire de Lino.

Bon. Alors quand le tueur maffieux se pointe pour exécuter le contrat promis, c'est sur Lino qu'il commence à lâcher ses pralines. Malencontreusement (?), Lino dessoude le porte flingue et le voile donc avec un cadavre dans une maison pleine d'invités (pour son anniversaire) et de gadgets mécaniques qui font apparaître ou disparaître la dépouille au gré de leurs humeurs.

Le scénario n'est pas très original et on peut penser que les scénaristes ont emprunté des éléments à d'autres comédies, notamment à Jo ou encore The Party. Ceci dit, le rythme est soutenu, les gags s'enchaînent, les acteurs assurent et c'est l'essentiel dans ce type de production.

On est dans la comédie plutôt traditionnelle familiale, Barbara se fait bien arracher sa robe plusieurs fois (running gag) mais pas d'excès charnels ici.

Je crois bien que la chanson du film est interprétée par Lino Banfi, mais ca demande confirmation. 

Un moment agréable et pas ennuyeux. Riton

The STRANGE VICE OF SIGNORA WARDH aka Next ! aka BLADE OF THE RIPPER aka LO STRANO VIZIO DELLA SIGNORA WARDH - Sergio Martino, 1970, Italie, 98m

Un dangereux maniaque au rasoir tue des jeunes femmes qui travaillent toutes dans le milieu du JET SET de Vienne. Et comme ça tombe si bien, à ce moment là, Julie Wardh (Edwige Fenech) et son mari débarquent à Vienne pour leur travail. Julie est alors troublée par un ancien amant (Ivan Rassimov) qui n’arrête pas de la harceler et elle retrouve sa meilleure amie tuée par le maniaque. Lorsqu’elle se retrouve harcelé par des lettres anonymes et qu’elle échappe par miracle au sadique au rasoir, elle pense alors que son ancien amant est le coupable ...

BLADE OF THE RIPPER est un giallo dans le style des films de Bava et des premiers Argento ... Nous avons le tueur sadique aux gants noirs, quelques scènes de meurtres intéressants et quelques plans techniques assez imaginatifs. Pour la musique, Nora Orlandi n'est certes pas Morricone, mais sa musique alimente bien l’ensemble par moment. De plus, pour le plaisir du spectateur, Martino mise à fond sur les scènes de nudités gratuites avec Edwige Fenech (nue dans la salle de bain et qui est violée (en rêve ? ? ?) par l’assassin). Avec l’aide une telle histoire qui mêle la violence, le sexe et les conspirations, Martino a peut-être réalisé ici un film tout à fait intéressant. Je dis bien, peut être, parce que mon pre-record de REGAL VIDEO INC. comporte un affreux pan&scan qui coupe quelque chose comme 50% de l’image et donc, je ne peux pas vraiment dire mon appréciation juste du film... Ce que j’ai vu n’en était qu’un aperçu. Mais pour les fanatiques d’Edwige Fenech, le pan&scan joue à leur faveur parce qu’ils auront presque inclusivement droit à des gros plans d’elle et de sa poitrine. Un film intéressant donc, mais qui est préférable de trouver dans un format respecté. Black Knight

Julie (Edwige Fenech) est mariée à un diplomate terne, mais elle est toujours poursuivie par Jean, son ancien amant qui assouvit ses perversions non avouées. George arrive dans le décor et lui offre amour et liberté. Pendant ce temps, un tueur en série use de son couteau sur les femmes dans la cité. Est-ce que Jean est le tueur ? Doit-elle s'abandonner à George ? Pourquoi tout le monde meurt autour d'elle ?

Sergio Martino nous offre un giallo solide, plein de rebondissements, de sensualité et de sang. On cherchera en vain le ou les coupables jusqu'à la fin qui est surprenante. La séquence du parking est incompréhensible sur le coup, mais comme le reste, est efficace et finalement on s'y retrouve ! Ca louche du côté de Hitchcock. Edwige joue à merveille la femme perturbée. Mario Giguère

The SUSPICIOUS DEATH OF A MINOR Morte sospetta di una minorenne - Sergio Martino avec Claudio Cassinelli, Mel Ferrer et Barbara Magnolfi. 1975, Italie

Un inspecteur de police undercover essai d'éliminer un réseau de prostitution qui emploi des jeunes femmes d'âge mineur. Au même moment, une prostituée est assassinée à l'aide d'un rasoir et le fils d'un riche industriel est kidnappé. L'inspecteur, tout en fréquentant les prostituées afin d'avoir des pistes, se trouve alors un sidekick sous la forme d'un voleur à la tire...

Ce film est le sixième et dernier thriller de Sergio Martino. Les précédents étaient: The Strange Vice of Mrs. Wardh, Case of the Scorpion's Tail, All the Colors of the Dark, Your Vice Is a Locked Room and Only I Have the Key et Torso. Je ne compte pas vraiment Scorpion with Two Tails dans le lot, puisque celui-ci est un peu plus horreur et moins en rapport avec le giallo ou le thriller pur. Parmi ces six films, il s'agit donc de celui qui est le moins connu. Pourtant le scénariste Ernesto Gastaldi est toujours au poste.

Ce dernier avait scénarisé les cinq giallos précédents de Martino et en plus: Short Night of the Glass Dolls, Death Walks on High Heels et The Case of the Bloody Iris ! Nous avons donc affaire à un spécialiste. Mais, Georges Hilton et Edwige Fenech n'y sont plus et Bruno Nicolai non plus.Ce dernier a été remplacé par un dénommé et peu connu auteur du nom de Luciano Michelini. Et force d'admettre que sa musique ressemble beaucoup à celle de Nicolai et encore davantage à Goblin et encore plus à Stelvio Cipriani et particulièrement le thème de Un ombra nell'ombra semble avoir beaucoup inspiré l'auteur. Au génétique, nous n'avons donc plus Hilton mais plutôt Claudio Cassinelli, qui lui, est un habitué des films de Martino. Il interprète très bien l'inspecteur de police et dans ce film, comme un running gag, il casse autours de 10 paires de lunettes.

En fait si ce film est peu connu et cela malgré ses qualités, la raison est peut être qu'il s'agit d'un genre de film hybride qui mélange le Poliziotteschi, le Giallo et la Comédie Italienne. Le film débute comme un authentique Giallo, pour par la suite entreprendre l'enquête policière (avec quelques moments de comédie) pour enfin revenir à un mode d'avantage giallo et ceci avec plusieurs meurtres et bien entendu la recherche et la capture de l'assassin. Et enfin la conclusion est matinée de "politique". Peut être que ce mélange de genres et l'absence d'Hilton et d'Edwige étaient des arguments de ventee peu commerciaux pour l'exportatio du film. Mais au moins, le dvd existe maintenant en Pal. Ceci étant dit, les scènes de "Giallo" sont remarquablement bien cadrées et sont comparables à n'importe quel autre des thrillers de Martino. Par contre, nous n'avons pas droit au traditionnel tueur aux gants noirs, mais plutôt au deuxième tueur des giallos... Celui qui arbore des lunettes fumées et ceci à la manière de Watch me, When i kill, Giallo a Venizia et autres. En prime, nous avons droit à deux interprètes de Suspiria: Franca Scagnetti (la cuisinière de Suspiria à la forme d'ogresse et qui a jouée beaucoup de Maman dans le cinéma italien) et Barbara Magnolfi (Olga dans Suspiria et interprète de The Sister of Ursula et Cut & Run).

Finalement, je dirais qu'il s'agit d'un film qui est à découvrir et je suis presque convaincu que vous allez avoir autant de plaisir qu'avec les autres giallos de Martino. Du moins, les qualités techniques y sont, la musique fait mouche, mais il y a quelques petites éléments que les autres n'ont pas (comme le mélange de genres) et certains acteurs comme Hilton et Fenech qui sont absents. C'est à vous de voir, si vous avez envie de vous lancez à cette découverte. À écouter de préférence avec un bon verre de J&B. Black Knight

TORSO aka I corpi presentano tracce di violenza carnale - Sergio Martino avec Suzy Kendall, Tina Aumont, Luc Merenda, John Richardson, Roberto Bisacco, Angela Covello, Carla Brait, Conchita Airoldi, Patrizia Adiutori, Ernesto Colli, 1973, Italie, 92m

Deux jeunes étudiantes de l'université de Pérouse ont été assassinées par un maniaque meurtrier qui les a étranglé avec un foulard aux motifs rouges et noirs. Une autre étudiante, Daniela, qui connaissait les victimes, croit reconnaître dans ce foulard celui que porte un camarade d'études au comportement étrange, Stefano. Craignant pour sa vie et voulant profiter de la fermeture temporaire de l'université par la police suite à ces meurtres, Daniela part se réfugier à la campagne dans la villa de son oncle avec trois de ses amies. L'une d'entre elles, Jane, se blesse accidentellement à la cheville et est soignée par un jeune médecin local, Roberto, qui revient justement d'un court séjour à Pérouse. Après une nuit de sommeil afin de reposer sa cheville blessée, Jane, horrifiée, découvre ses trois compagnes assassinées le lendemain matin. Comprenant que le maniaque meurtrier les a relancé jusqu'à la villa, elle cherche alors à se cacher pour lui échapper.

Sergio Martino a décidé de pousser à fond certains ingrédients du giallo en insistant particulièrement sur la description de violences et de tueries sadiques à l'écran, de même que des éléments de perversion. Pour y arriver, Martino fait usage d'un habileté technique certaine en multipliant les mouvements de caméras, les angles extravagants et les cadrages biscornus à l'intérieur de décors lugubres ou baroques pour accentuer chaque effet-choc. Ce type de mise en scène a visiblement dû inspirer le courant "slasher" du cinéma d'horreur américain qui allait connaître ses heures de gloire dans les années 70-80. Si l'aspect formelle du film retient beaucoup notre attention, on en peut pas en dire autant du scénario. L'intrigue abonde en facilités et force un peu trop la note à vouloir égarer les spectateurs en rendant tous les personnages masculins suspects, ce qui rend moins efficace la révélation de l'identité du meurtrier en finale. Le jeu apparaît donc plutôt gratuit, mais il constitue un plaisir coupable pour le public d'autant plus que la dernière demi-heure est fertile en tension et que les acteurs se tirent de l'aventure avec adresse. "TORSO" se veut donc une fascinant exercice de style malgré ses défauts flagrants et ses inégalités. Mathieu Lemée

The VIOLENT PROFESSIONNALS aka Milano Trema, la Polizia Vuole Giustizia - Sergio MArtino avec Luc Merenda, Richard Conte, 1973, Italie, 1h39

Un flic dur à cuire, dont le père a été abattu en service quelques années auparavant, est réprimandé pour avoir sauvagement abattu deux criminels à la suite d'un transport de prisonniers qui a mal tourné. Quelques jours plus tard, son supérieur, qu'il aime bien, se fait descendre en pleine rue. Les attentats se multiplient et semblent perpétrés au hasard afin de plonger la ville dans l'anarchie. Notre flic décide de se faire passer pour un vilain afin de tirer tout ça au clair.

Écrit par Ernesto Gastaldi, le scénario de ce thriller spaghetti italien comporte plusieurs répliques anthologiques. Il a de plus le mérite de ne pas laisser souffler le spectateur; une minute d'inattention et on ne sait plus ce qui se passe... Les scènes d'action sont très bien découpées, ce qui redouble leur efficacité, et les personnages sont, pour une fois, bien définis. La réalisation "punchée" de Sergio Martino ajoute au charme. Contre-plongées et travellings ingénieux côtoient d'essoufflantes poursuites automobiles, et les thèmes musicaux mélancoliques de Guido & Maurizio de Angelis apportent la cohésion ultime. Comme un bateau imperméable dont toutes les pièces sont bien soudées, ce thriller se fera un chemin jusqu'à la postérité. Orloff

WEEKEND À L'ITALIENNE aka Sabato, domenica e venerdì - Sergio Martino/Pasquale Festa Campanile/Franco Castellano, 1979, Italie

Comédie composée de trois sketchs 

SAMEDI: Un ingénieur japonais s'en vient en fin de semaine et il faut trouver quelqu'un pour l'accompagner. Le patron jette son dévolu sur Nicolas (Lino Banfi), un petit gros sans colonne vertébrale, fiancé à une petite nerveuse hyper contrôlante ! Pas moyen de s'en tirer, il va accueillir l'ingénieur Tokimoto, qui est nul autre qu'une superbe femme (Edwige Fenech). Tokimoto est de mère japonaise mais de père italien et s'amourache du gentil Nicolas, dans un appartement plein de gadgets actionnés par la voix. Bonjour la rigolade !

DIMANCHE: Mario (Michele Placido) s'endort au volant de son camion. Une fois à la maison, plus moyen de dormir, l'eau coule du plafond, la voisine essayant de se noyer. Notre Mario essaiera de consoler la jolie dépressive (Barbara Bouchet), pour finir par se faire passer pour son mari devant les parents qui flairent la magouille. Quiproquos en cascades et toujours pas de repos mérité !

VENDREDI: Constantin (Adriano Celentano) est le gérant d'une troupe de 13 danseuses (les filles du Crazy Horse) dont la vedette, Dominique (Lova Moor) veut quitter pour marier un malfrat. Constantin fera tout pour la ramener au bercail, quitte à faire l'impensable, promenant sa suffisance et son énorme égo jusque dans la maison des bandits.

Si on rigole sainement avec Lino Banfi et Edwige Fenech , on ne peut pas en dire autant avec les autres histoires, spécialement le final, avec son personnage central plus détestable que drôle et une Lova Moor dont la plastique n'égale pas le talent. Sergio Martino s'en tire donc avec les honneurs et il faut voir Edwige en japonaise, absolument adorable et très drôle. Curieuse compilation donc. Malgré que Barnara Bouchet vaut, elle aussi, le détour, il va sans dire. Mario Giguère

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