Ils sont parfois difficiles à trouver, mais ils valent la peine, les films du Mexique. D'ailleurs on a déjà Santo qui a sa page et d'autres lutteurs en ligne sur la page de Lucha Libre, sans parler de Guillermo Del Toro

mise à jour le 3 juin 2014

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ALIEN TERROR aka The INCREDIBLE INVASION aka The SINISTER INVASION - José Luis González de León / Jack Hill, 1971, Mexique/États Unis

 A la fin de sa carrière, Boris Karloff joua dans quatre coproductions mexicaines au budget plutôt ridicule. ALIEN TERROR est de l'une d'elles. A la fin du siècle dernier, un génial savant (Karloff) et son assistante défigurée suite à une périlleuse expérience, mettent au point un rayon laser capable de détruire à peu près tout, ceci dans le but d'éliminer des obstacles divers pour l'avancée d'un chemin de fer par exemple. Bien sur, jamais il n'aurait imaginer que sa découverte aurait pu être utilisée comme arme. Alors quand l'armée montre son intérêt, il n'est pas content. A peu près au même moment, un extra-terrestre débarque avec sa soucoupe au design pour le moins inattendu. A l'aide d'entité ectoplasmique, il prend la possession du corps d'un psychopathe, un tueur ne s'attaquant qu'aux femmes. Le savant se verra aussi posséder à son tour. Car ces extra-terrestres ont peur de voir un jour l'homme assez puissant pour causer des problèmes dans l'univers.

Même si Karloff semble fatigué, le plaisir de le voir à l'oeuvre est toujours présent. Le film est par contre un peu faible. La mise en scène est confuse, on se demande si les deux réalisateurs se sont concertés de façon sérieuse pour mettre le tout en boite, sachant que l'un se trouvait au Mexique et l'autre aux USA. Les personnages sont très naïfs et peuvent même navrer les spectateurs les plus exigeants. Malgré cette confusion et la maladresse générale de la mise en scène, le film se regarde sans trop de déplaisirs. Les femmes, toutes fort jolies, dévoilent très discrètement leur charmes. Les effets spéciaux sont réduits au minimum syndical. Le pervers tueur de femmes est assez fabuleux, toujours prêt à sortir son rasoir, et possède surtout une tronche assez marquante. Pas une oeuvre indispensable, mais intéressante tout de même. Kerozene

ALUCARDA - Juan Lopez Moctezuma, 1975

Justine, une jeune fille, est amenée dans un couvent pour y suivre des cours. Elle y fait la connaissance d'Alucarda, une jeune fille très nature qui aime gambader et parler d'amour... Leur relation devient un poil ambigu, et les deux comparses flânent ensemble en retrait du couvent, passant du temps dans une drôle de crypte aux murs ornés de sculptures païennes. Un jour, elles rencontrent un couple de gitans. Suite à cette rencontre, leur comportement change, et lors d'une prière au couvent, elles entament un discours sataniste qui ne manquera pas de semer la panique au sein des bonnes soeurs et autres élèves. Pas de doute, les filles sont possédées. Afin de se laver de ces horribles paroles, les nonnes et moines se flagellent. Puis les filles sont attachées, puis torturées... Justine, laissée pour morte, s'échappera, éloignant les responsables du couvent de leur demeure et laissant Alucarda seule faire régner la terreur...

Simplement hallucinant, ce film est une sacré claque, le style narratif et le rythme sont uniques et profèrent au film une atmosphère particulièrement fascinante. Nudités et scènes gores s'alternent parfaitement. Les décors sont superbes, la musique envoûtante... Un film surprenant et indispensable ! Kerozene


Agostina Belli

AMAZONIE, TERRE D'ENFER aka MANAOS aka SLAVES FROM PRISON CAMP MANAOS - Alberto Vasquez Figueroa, 1978

À l'intérieur d'un camp particulièrement sadique de Manaos en Amazonie. Les esclaves sont obligés de trouver du caoutchouc (qui possèderait une valeur aussi grande que de l'or). S'ils essaient de s'enfuire, ils doivent subir toutes sortes de tortures comme d'être enfoncé dans la terre avec un tube dans la bouche qui est destiné à faire entrer des fourmis rouges dans leur estomac pour leur dévoré les entrailles ! Dans ce beau camp, arrive Claudia, la maîtresse de Sierra le tortionnaire sadique. Pour l'avoir trompé avec Howard, l'un des prisonniers, elle doit devenir la prostituée du camp et être ainsi violée par tous les prisonniers, à l'exception du petit copain de cette dernière. Désabusés, par leur triste existence, Howard et un autre prisonnier, décide de s'enfuire en amenant Claudia. Avec l'aide d'un guide indigène, ils comptent s'enfuire de ce camp. Parviendront-ils à survivre à tous les dangers que cette jungle leur réserve ?

Cette co-production Mexicaine-Italienne-Hispannique est une habile variation sur le thème de l'Amazonie sauvage. Ici, le danger ne provient pas de dangereux cannibales, mais d'horribles exploiteurs de caoutchouc ! Armés de fusils et de chiens, ils ne veulent certainement pas que leur "main d'oeuvre" retrouve leur liberté. La partie "camp de la mort" ne dure qu'une quinzaine de minutes, l'accent est mis ici sur la fuite des héros vers l'Équateur. Ce qu'il y a d'intéressant ici est que les échappés sont armés et qu'ils peuvent prendre l'offensive comme de faire un détour de plusieurs jours pour attaquer un camp de gardiens pour prendre possessions d'armes et de nourritures. Malgré quelques petites imperfections au niveau technique et à la direction photo. Ce film se veut un bon divertissement. À noter, aussi, une très bonne trame sonore de Bixio-Frizzi-Tempera. Black Knight

AMORES PERROS aka LOVE'S A BITCH aka AMOURS CHIENNES - Alejandro Gonzàlez Inarittu, 2000, 2h27

Un accident de voiture mortel à Mexico est l'élément autours duquel les 3 histoires d'AMORES PERROS s'articule. Les thèmes : Les amours tortueux des personnages et de leur profonde relation avec les chiens !

Ce premier film d'Alejandro Gonzàlez Inarittu est une œuvre habile. La photographie abonde de grain et de couleurs vives. La caméra n'est pratiquement jamais fixe, ca peut sembler bizarre mais on dirait presque que nous assistons à un point de vue canin ! Comme un croisement entre le style de mise en scène utilisé dans TRAFFIC et de celui utilisé dans les films de la nouvelle vague. C'est très fort, que je vous dis. Les 3 histoires se recoupe habillement et s'emboîte les unes aux autres un peu à la manière de PULP FICTION. J'avoue que la 2e histoire est inférieure aux autres, mais les 2 autres sont très fortes et l'interprétation est magistrale. Si vous ne pouvez pas supporter la violence faite aux animaux vous pouvez fuir ce film. Pour les autres, c'est un grand moment de cinéma qui vous attend ! Violences, amours déchirés, un ton politiquement incorrect et une mise en scène sublime. AMORES PERROS est l'une des révélations de l'année ! Black Knight

ATTACK OF THE MAYAN MUMMY -  Rafael Portillo / Jerry Warren, 1964, Mexique/États Unis

Ouch, Ayoye ! La version de ce film offerte par la compagnie RHINO est en fait une très mauvaise adaptation américaine d'un original qui semble avoir de la gueule. On se retrouve avec des acteurs américains très mauvais qui content en flash-back l'histoire extraordinaire de la découverte d'une momie maya à la suite d'une régression hypnotique. Entre les dialogues américains interminables on a droit à quelques reconstitutions de cérémonies mayas de pacotille et d'un scénario qui renvoie à l'histoire de la momie de la Universal. Le tout se termine de façon abrupte et incroyable. On espère tout simplement avoir la chance de voir l'original un de ces jours. Il reste une actrice fort séduisante et une momie laide à souhait. Premier film d'une trilogie, le dernier incluant un robot ! Mario Giguère

Le BARON DE LA TERREUR aka El Barón del terror aka The Brainiac - Chano Urueta, 1962, Mexique, 77m 

Tout commence quand le Baron Vitelus, brûlé en 1661, jure de se venger de ses bourreaux. Et 300 ans plus tard, donc en 1961, et pour le plus grand bonheur de tous, le baron va tuer un à un les descendants sous la forme d'un monstre...On peut dire que ce n'est pas la première fois que l'acteur Abel Salazar joue dans des films avec vampires et autres sorcières: El Vampiro (1957), El hombre y el monstruo (1959), La cabeza viviente (1963), etc... Les scènes de mort où on voit le baron hypnotiser ses victimes pour ensuite les tuer ne sont pas à éviter car elles sont toutes aussi originales les unes que les autres. Il est si facile de plonger dans ce film qui m'a semblé court, donc un film à découvrir pour les amateurs de productions mexicaines fantastiques. Oli

 

The BERMUDA TRIANGLE  aka Le triangle des Bermudes aka El Triángulo diabólico de las Bermudas aka The Secrets of the Bermuda Triangle - René Cardonna Jr., Mexique/Italie

Jamais je n'aurais pensé remettre la patte sur ce petit bijou, que je n'avais pas vu depuis au moins 15 ans. Étant jeune, j'avais vu ce film a Télé-métropole, il m'avais vraiment foutue la frousse. Encore aujourd'hui c'est assez dérangeant. Au début, tout commence avec un bateau qui a de sérieux problèmes avec une tempête. On voit une petite fille pour qui son heure est arrivée. Ensuite, plusieurs années plus tard, une bande de vacanciers, sur le Black Whale III, aperçoivent quelque chose flotter au large. Ils s'approchent pour y trouver une poupée, dont le visage ressemble étrangement a la petite fille du début. C'est là que commence les problèmes: tout d'abord, une équipe de l'aviation Américaine disparaît en traversant les Bermudes, les messages de détresse que le Black Whale envoie ne se rendent pas. Pendant une exploration sous-marine, une fille est blessée ,le mécanicien se fait charcuter par l'hélice du bateau, tout ca dans une ambiance morbide et inquiétante. C'est alors que l'équipage se rend compte que les problèmes ont commencé quand ils ont repêché la poupée (une poupée qui saigne de la bouche), C'est alors que deux hommes décident d'emporter la fille blessée sur la terre ferme pour qu'elle se fasse soigner et c'est là que d'après moi arrive le moment le plus trouillant du film alors qu'un homme sur le bateau décide de jeter à la mer des peintures de créatures marines et que les trois autres dans la petite embarcation voient des bulles d'air monter a la surface, suivi d'une énorme tache blanche avec un son vraiment strident, et que quelque minutes plus tard on revoie le petit bateau moteur avec seul a son bord la fille morte. Pendant ce temps sur le bateau de croisière, le capitaine s'efforce d'envoyer des S.O.S. quand tout d'un coup la tour de contrôle en reçoit un. Le contrôleur s'exclame en disant ''c'est vraiment bizarre, ou c'est une mauvaise plaisanterie : le Black whale III est disparu depuis au moins un bon 12 ans et peut-être même plus... J'en ai encore des frissons, et sur ce le bateau disparaît dans le triangle avec à la fin la poupée flottant sur l'eau et la longue liste de tous les bateau et avions portés disparus, et d'un narrateur qui nous propose certaines thèses en passant par l 'enlèvement fait par des ovnis jusqu'au champ magnétique. Je trouve que ce film mérite vraiment d'être vu pour son mystère, les belles femmes et que dire de la trame sonore a ch*** à terre. Le seul point négatif du film est la traduction anglaise, elle est vraiment nulle, mais dans combien d'années va-t-on pouvoir mettre la main sur cette petite merveille en français, peut-être jamais? Rana

Depuis le temps que j'en entendais parler, voici enfin la version française de ce " Bermuda Triangle ", une co-production Mexique-Italie avec une flopée de bons acteurs du bis européen : John Huston dans le rôle du père qui veut explorer les ruines d'une cité engloutie ; Hugo Stiglitz, le fameux acteur sans expression qui joue le capitaine du bateau, sans expression; Gloria Guida, la sculpturale déesse des comédies érotiques italiennes en victime tragique; Marina Vlady en épouse de John Huston qui monte sur le pont du bateau même quand on lui dit qu'elle va se noyer; Claudine Auger, ex-miss James Bond en épouse sage d'un ex-médecin alcoolique et l'authentique Puma Man responsable des machines ! L'atmosphère est lourde, bercée par un thème mélancolique de Stelvio Cipriani et le récit s'enfile sur une série de malheurs sans fin. les aspects documentaires détonnent mais ont fait peur à plein de spectateurs, énumérant les disparus du triangle des Bermudes. Ils sont rares et souvent latins, les cinéastes qui nous offrent des films si sombres et nihilistes. Un bon moment recommandé. Du coup, à cause de la poupée et des manifestations bizarres identiques, il semble bien que le film de Tonino Ricci sur le même thème soit une suite de ce film: à confirmer. Mario Giguère

BLOOD OF NOSTRADAMUS aka La sangre de Nostradamus - Federico Curiel avec German Robles, Domingo Soler, Julio Aleman, Aurora Alvarado, 1961, Mexique, 98m

Notre vampire a plus d'un tour dans son sac et il est bel et bien toujours vivant, ou mort vivant, si vous préférez. Il annonce en grande pompe que le commissaire de police sera la prochaine victime, mort le 13 au matin. Bien que crédule, la future victime écoute les conseils du professeur Dolan et s'entoure de ses meilleurs effectifs la nuit du 12, attendant l'arrivée de son adversaire ! Pendant ce temps, Dolan a reçu la dernière pièce qu'il manquait à son équipement pour complètement désorienter une chauve-souris, espérant ainsi vaincre Nostradamus.

La prochaine victime annoncée est une chanteuse de cabaret, ce qui nous permettra enfin de voir Nostradamus sortir ses canines pour mordre dans une belle gorge. Frustré par Dolan qui refuse toujours de faire la promotion du grand prophète, il lui affirme que la prochaine personne qui entre dans son bureau sera la victime suivante. On a bien peur pour sa fille, mais c'est un ami scientifique qui entre le premier et, prévenu de la malédiction fatale, il disparait. Non seulement Dolan ne peut le retrouver, mais Nostradamus non plus, malgré ses pouvoirs qui d'habitude lui permettent de retracer ses victimes facilement. C'est qu'il est caché dans un monastère et cet endroit sacré semble à l'abri des pouvoirs du vampire, mais Leo, le serviteur bossu du mécréant, le retrouve, ce qui lui sera fatal. Maintenant seul et sans défenses contre l'appareil du professeur qui fonctionne réellement, Nostradamus va avoir recours au plus viel instrument qui soit contre ses ennemis, le mensonge et la calomnie. Avec l'aide de ses pouvoirs hypnotiques et en répandant des rumeurs voulant que Dolan pratique des expériences dangereuses, il monte toute la ville contre ses adversaires, dans un final rappelant les classiques de la Universal.

Il ya de belles scènes inédites dans ce qui est la fin de la saga Nostradamus. Comme celle ou il se met à jouer du violon et ou apparaît des ombres de danseurs sur les murs de son antre. Leo se joint à eux, dansant avec son rat. Un Leo qui, comme Renfield, attends avec impatience le moment ou son maître lui donnera des pouvoirs, spécialement celui de voler. Simple d'esprit qui continue de servir celui qui a tué sa mère, Dolan ne lui en veut pas car il est essentiellement manipulé, une attitude compréhensive de la part du professeur qui est loin de faire partie des considérations habituelles du genre. Moments de tension bien évoqués également lorsque le chef de police attend le vampire, en vain, là aussi, une scène qui abouti de manière surprenante. Il faut dire que le cinéma de genre mexicain a l'habitude de mélanger les caractéristiques habituelles des monstres qu'il met à l'écran. Que l'on pense à des loups garous qui ont parfois les habiletés d'un vampire. Ici Nostradamus est à la fois un vampire, mais aux faiblesses différentes: le parchemin qui le protège; les cendres de son ancêtre dans son cercueil au lieu de la terre de son pays, en plus des dons de voyance, limités certes, il ne voit pas venir sa fin, mais ce qui le trahit c'est sa parenté avec l'animal, la chauve-souris, une idée rarement exploitée de concert avec l'homme élégant qui séduit les femmes. On ajoute les qualités du diable avec cette capacité de se servir du mensonge comme arme presque fatale, pas besoin en effet d'éliminer ses adversaires de ses propres mains quand on peut convaincre toute une population de le faire à notre place. La séquence finale avec ces dizaines de personnes furieuses, flambeau à la main, qui vont forcer l'entrée de la demeure de Dolan et détruire l'engin qui assurait la fin du monstre est remarquable

On est surprit de voir ce laboratoire grossir avec le temps jusqu'à ressembler aux délires de la Universal. Ce brouilleur d'ondes, Deux ex machina par excellence, est suffisamment impressionnant pour reléguer aux oubliettes les petits labos des films de lutteurs sans budget. On pouvait déplorer des rôles féminins faibles, la fille du professeur n'est pas très remarquable, mais la mère de Leo, sorcière qui n'a pas fait le poids devant le vampire, ou la chanteuse de cabaret à la poitrine généreuse, viennent corriger un peu le tir au cours du serial.

Le doublage anglais n'est pas toujours heureux, la voix du bossu est parfois difficile à comprendre tellement on a voulu le rendre bête et sans intelligence, mais l'ensemble est correct.

Nostradamus devient donc une belle découverte à faire, dans cette foulée de films explorant le cinéma fantastique produits à la suite des ressorties au cinéma et à la télévision des classiques de la Universal durant les années cinquante, avec une saveur propre au Mexique, ce mélange des genres, des créatures et de la nouveauté qui étonne dans un noir et blanc classique encore efficace. Mario Giguère

BRING ME THE VAMPIRE aka Échenme al vampiro - Alfredo B. Crevenna, 1961, Mexique 

Dans la série des héritiers qui doivent passer la nuit dans la maison du défunt: Mc Dermott est décédé et ses héritiers ont une heure pour regagner le manoir sous faute de perdre leurs millions. Ils arrivent à reculons, parfois après avoir parlé avec le fantôme de Mc Dermott. Les domestiques semblent agacés par leur présence et l'avocat annonce que la dernière partie du testament est cachée dans la maison et que l'on saura en temps et lieu qui héritera de combien. Voilà que les hommes meurent les uns après les autres pendant qu'au sous-sol des hommes portant cagoules forment de malins plans.

Énorme pantalonnade que voilà, avec tellement de personnages que l'on s'y perd. Notons trois petits gros aux allures de trois STOOGES et une séance de spiritisme cocasse. On mélange assez bien la comédie et le suspense et la fin nous jettent à terre. C'est tout de même moins réussi que PHANTOM OF THE RED HOUSE, réalisé 5 ans auparavant. Et le vampire ? Il s'agit du frère du défunt, un peu fou et qui se prend gentiment pour un vampire, on retrouvera l'acteur dans les derniers films de Boris Karloff réalisés au Mexique. Mario Giguère

  CAPULINA CONTRA LAS MOMIAS aka El terror de Guanajuato - Alfredo Zacarías avec Gaspar Henaine, Jacqueline Voltaire, Freddy Fernández, 1973, Mexique, 95m

Capulina est un chauffeur de taxi maladroit et pas très vaillant qui multiplie les gaffes et empêche au final un client de prendre son train. Pas de problème, il va le reconduire jusqu'a sa destination: Guanajuato. Une chose en menant a une autre, il devient le majordome du scientifique que son client allait rejoindre, qui travaille à ressusciter une momie. Il va réussir, la momie en piteux état deviens un moustachu qui s'empresse de déguerpir et chercher le trouble. Pendant cette histoire rocambolesque, la belle Jackie a débarqué aussi sur place et elle a rapidement un faible pour Capulina qui, loin d'un héros en bonne et due forme, a tout de même réussit à sauver la blonde a plus d'une reprise. 

Je ne sais pas si c'est la musique entraînante de Carlos Camacho, ou la réalisation plus enjouée d'Alfredo Zacarías, également scénariste, ou si je m'habitue a ce Pierre Richard moustachu des pauvres, mais j'ai bien aimé ce Capulina. Savoir à l' avance qu'on ne rira pas trop mais qu'on aura le sourire au visage tout le long aide certainement. La présence de la plantureuse Jacqueline Voltaire en courte robe, bikini et nuisette typique de l'époque n'est pas pour nuire non plus. La comédie légère comme un ballon gonflé a l'hélium se termine sur la pirouette la plus ridicule et souvent décriée: ce n'était qu'un rêve. N'empêche que Capulina va prendre comme cliente nulle autre que Jackie, ce qui complète un film qui ressemble a une pomme de tire, c'est bon, mais faut pas en abuser non plus. Mario Giguère

CAPULINA CONTRA LOS MONSTRUOS - Miguel Morayta avec Gaspar Henaine, Gloriella, Héctor Andremar, Gloriella, Irlanda Mora, 1974, Mexique, 87m, version originale espagnole

Capulina vend des magazines et aime les histoires d'horreur, comme sa petite amie Zenobia. Un couple l'aborde pour lui passer une commande qu'il devra livrer à domicile. Capulina s'amuse d'abord avec les enfants puisque c'est soir d'Halloween. Il va d'ailleurs méprendre deux nains masqués pour des bambinos. Ce que notre moustachu ignore, c'est que l'offre est un piège, Ce couple a l'intention de ressusciter quatre monstres dont il a obtenu les corps, nuls autres que Dracula, Frankenstein, la Momie et le Loup-Garou, avec l'énergie dégagée par sa peur.

Pas toujours facile d'appréhender l'humour d'une icône qui nous est inconnue, dans une langue qui nous l'est tout autant. Si l'acteur y va d'un personnage gaffeur, gaffes qu'il répare parfois grâce à ses talents d'hypnotiseur, ses pitreries, majoritairement avec les enfants, sont toutes assez inoffensives. Faudrait voir si on ajoute un quota de blagues au niveau du dialogue. Les monstres son tout aussi rigolos, la momie qui ressemble a un lutteur masqué, la chevelure abondante du Frankenstein, l'allure complètement niaise de Dracula ou les allures de chiot du Loup-Garou. Il a une belle copine qu'on ne voit pas assez longtemps et est plus occupé durant la soirée par la vilaine blonde plantureuse. Une comédie d'horreur familiale qui s'adresse aux tout petits, visiblement. Il y a au moins deux autres films du comédien versus des monstres avant celui-ci, soit contre les momies et les vampires. Il a aussi tourné un film avec le lutteur au masque d'argent - Santo. Mario Giguère

EL CASTILLO DE LOS MONSTRUOS - Julián Soler avec Antonio Espino, Evangelina Elizondo, German Robles, 1958, Mexique, 90m, version originale espagnole

Clavillazo est un rigolo qui travaille pour une entreprise de pompes funèbres. C'est comme ça qu'il rencontre Beatriz, dans le deuil mais pour ainsi dire sans le sou et qu'il lui offre de dormir dans son petit appartement, pendant qu'il se trouvera une autre couche, décence oblige. Clavazillo va faire la romance à la mignonnette, qui sera kidnappée par le propriétaire d'un château remplit de monstres. Le savant fou, dont la vraie identité sera une bonne surprise, avait besoin d'une femme pour ses dernières expériences, mais son fidèle bossu défiguré est contre ce rapt, car la belle est la seule personne qui lui a montrée de la compassion. Clavillazo va se rendre au château et affronter chacun des monstres: un vampire, "Frankenstein", le loup garou, la créature du lagon, etc.

Visiblement inspiré par les comédies de la Universal mettant en vedette Abbott et Costello contre leurs créatures classiques, le film est réalisé avec soin, la mise en scène et les éclairages étant efficaces. Le comédien vedette en fait des tonnes et comme c'est souvent le cas, on croit difficilement à la romance, mais on admet que la belle est adorable. Les monstres ne feront leur apparition que dans le dernier tiers du scénario, plus occupé par l'idylle naissante, mais c'est les passages horrifico-comiques qui valent le détour. Pas que les maquillages soient extraordinaires, mais on s'amuse bien et on est étonné de voir notre pitre s'en tirer si bien. Il est dommage que le cinéma mexicain n'ait pas circulé plus souvent dans la langue de Molière, j'aurais bien aimé découvrir ce petit film durant ma jeunesse. Mario Giguère

CEMENTERIO DEL TERROR aka Le Cimetière de la Terreur - Rubén Galindo Jr. avec Hugo Stiglitz, Usi Velasco, 1985, Mexique, 90m, version originale sous-titres anglais

Le Dr Cardan (le toujours souriant Hugo Stiglitz) essaie de convaincre en vain le commissaire de police de brûler le corps de Devlon, un tueur en série amateur de satanisme. C'est soir d'Halloween, alors trois étudiants en médecine invitent leur copines à aller à un party jet set, en fait ils les amènent dans une vieille maison abandonnée. Les demoiselles ne sont pas contentes. Pour passer le temps, ayant trouvé un livre censé ressusciter les morts, on part voler un corps à la morgue, devinez lequel. On se retrouve au cimetière ou l'on prononce la formule magique lorsqu'un orage éclate, les demoiselles sont pas contentes. De retour les jeunes femmes ont retrouvé le goût de minoucher leurs mâles, allez comprendre! Comme de raison, Devlon est de retour à la vie et il se dirige tout droit vers la vielle bicoque trucider les amants en chaleur un à un. Qui dit Halloween dit jeunes enfants qui fêtent et justement une bande de tout petits se donne comme défi de se rendre au centre du cimetière et de compter jusqu'à cent. C'était une époque ou y avait pas de consoles nintendo ou playstation pour se distraire, voyez-vous... Comme de raison, Devlon commence à les prendre en chasse et comme c'est pas leur jour de chance, tous les morts ressuscitent ! Pendant ce temps le Dr Cardan a volé la voiture du commissaire et recherche Devlon, dont la disparition de la morgue a été remarquée.

Si durant la première heure on a droit à une copie, hommage à HALLOWEEN de John Carpenter, Hugo Stiglitz reprenant de rôle de Donald Pleasance et Devlon reprenant le look et la démarche de Michel Myers, c'est dans le dernier tiers, lorsque les morts se réveillent, que ça devient jouissif. Comme si Lucio Fulci terminait un film commencé par John Carpenter ! Je sait pas pour vous, mais Hugo Stiglitz est en train de devenir pour moi un plaisir coupable. Son visage grave et tragique en toute circonstance commence à me faire craquer. La conclusion, pas tout à fait inattendue, nous offre un moment de délice pour tout amateur du grand Hugo. Je suis pas certain par contre pour la recette pour exciter les dames, et un cimetière en hiver c'est pas aussi chouette. Un bon moment de délice pour amateur de bisseries à qui on recommande chaudement. Mario Giguère

CHANOC EN LAS GARRAS DE LAS FIERAS aka Chanoc en el tesoro de los Mayas - Gilberto Martínez Solares avec Barbara Angely, Guillermo Ayala, 1970, Mexique, 86m, version originale

Un riche méchant et sa jolie épouse ont pour ambition de trouver un trésor maya enfouit au fond d'un lac. Pour ce faire on fait disparaître tous les villageois dans le coin, quitte à tuer aussi l'archéologue qui est dans les parages, rendant son fils automatiquement orphelin. Le meilleur plongeur pas trop loin, le comique Tin Tan, est bourré d'alcool et séduit par la jolie madame, moi aussi j'aurait fondu, et hop, dans le lac. Malheureusement il y a un poulpe géant dans le lac, m'enfin pas trop gros. Arrivée de Chanoc, ami des bêtes, on parle des animaux, et neveu du plongeur alcoolIque. Ça se corse un tout petit peu.

Censé être un des bons films de la série des Chanoc, qui en compte sept, adapté d'une bande deSsinée populaire, le film avance tranquillement dans des décors naturels, avec un humour bon enfant. Heureusement il y a de jolies femmes et un Chanoc fort musclé, parce que le scénario ne pêche pas par excès d'originalité, loin de là. Il ne se passe finalement pas grand chose et la bagarre finale semble improvisée, Chanoc n'étant pas aussi agile que musclé. Bref, cet ersatz de Jim la Jungle ou lointain cousin de Tarzan n'est au mieux qu'un petit divertissement pour gamins qui s'identifieront au jeune orphelin, un très mauvais acteur. La musique est omniprésente et souligne à gros traIts quand il faut rire et quand il faut atTendre l'action. Mario Giguère

CHANOC EN LAS TARANTULAS aka Las Tarántulas - Gilberto Martínez Solares avec Humberto Gurza, Ramon Valdes, 1973, Mexique, 85m, version originale

D'après ce que l'on comprend, le réalisateur, bien connu pour recycler ses idées, va confronter Chanoc et Tzekub avec des vilains qui veulent trouver un trésor ! Le méchant de service, voyant Chanoc s'amuser avec son tigre, maquille le meurtre d'un passant qui a des pierres précieuses provenant du trésor, faisant porter les accusations sur le tigre et sur Chanoc. Aidé de son Oncle Tzekub et du petit orphelin Raulito, on essaiera de prouver l'innocence de Chanoc et du tigre, tout en volant des baisers aux belles femmes du village, y a pas de gêne.

Le film d'aventures mélangeant la comédie se déroule à un bon rythme, avec des scènes intéressantes de combats avec animaux. Du tigre, qui semble s'amuser avec Chanoc, au léopard, que l'acteur a bien de la misère à garder sur lui, au crocodile la gueule bien fermée et pas spectaculaire, mais surtout avec les tarentules, qui semble chatouiller Tin Tan plus qu'autre chose, les animaux volent presque la vedette, en particulier le chimpanzé Chucho Chucho, sans qui ils auraient bien de la difficulté à défaire des liens qui les attachent. Encore une fois les actrices latinos sont affriolantes, plus que la réalisation, juste correcte, dans ce film plus familial que génial. On ne s'ennuie pas trop et on remarque encore que Chanoc, quand il arrive à la taverne locale, commande toujours un grand verre de lait ! Mario Giguère

CHANOC CONTRA EL TIGRE Y EL VAMPIRO - Gilberto Martínez Solares avec Germán Valdés, Gregorio Casal, Lina Marín, 1972, Mexique, 86m, version originale

Lorsqu'un homme semble mort suite à une morsure de vampire, Chanoc, Tzekub, le petit Raulito et le chimpanze Chucho Chucho ne perdent pas l'occasion d'aller visiter un musée et de faire de la plongée sous-marine. Mais voilà que le pilote du petit bateau qu'ils ont loué pour l'occasion s'est fait mordre (en plein jour ?), là on ne rigole plus. Un médecin dans le coin soupçonne le Baron Franquenhausen. Une visite s'impose, durant laquelle Tzekub fait de l'oeil à la servante japonaise, qui rejette ses avances à coup de karate pas convaincant pendant que la soeur plantureuse du conte n'a de yeux que pour le beau Chanoc. C'est dans le cimetière tout près que nos aventuriers vont affronter les vampires et leur tigre.

Pas moins de trois chansons de Tzekub alias Tin Tan parsèment le film qui ne ferait peur qu'à de petits enfants. Le tigre a plus l'air d'une grosse peluche qui ne menace jamais, sauf au montage, nos comparses. Chanoc commande toujours son verre de lait à la taverne, mais il n'en prend pas une seule gorgée ! Ca sent l'arnaque. Beaucoup de tournage de jour que l'on fait passer pour la nuit, de manière peu convaincante. Lina Marin semble avoir des arguments de taille pour attirer n'importe quel homme et on comprend peut-être pourquoi Chanoc est attiré par le lait, si vous voyez ce que je veux dire. J'ai jamais vu une mise à mort de vampire aussi rapide, et on note le vieux Tzekub qui, pendant une séquence, place une jeu ado comme écran entre lui et le tigre, loin d'être politiquement correct ! Plus proche des pantalonnades d'Abbott et Costello que des classique mexicains de l'horreur. Mario Giguère

Le CRI DE LA MORT aka The Living Coffin aka El Grito de la muerte - Fernando Mendez avec Gaston Santos, Maria Duval, 1959, Mexique, 72m

On arrive dans une hacienda bien triste. Ca fait un an que la jeune patronne est décédée. Curieusement, on vérifie l'alarme qui sonnera si jamais elle sort de sa tombe ! Un cowboy et son camarade arrivent pour demander à la jeune Maria les origines d'une statuette fabriquée par la défunte. Lorsque l'alarme sonne, la tante de Maria meurt d'effroi. Le ranchero chargé d'aller chercher le médecin est attaqué par balle dans les marécages qui font partie du terrain de la famille. Il appert que ce cowboy est en réalité un policier qui ne croit pas trop à la légende de la Llorona, la défunte qui pleure ses deux films décédés. Pourtant, la morte rôde !

Autre film d'une longue série qui reprend le mythe de la Llorona. Un film au rythme assez lent et aux rebondissement assez prévisibles. Il y a anguille sous roche et notre détective à cheval va tranquillement découvrir le pot aux roses. Il y a tout de même une belle atmosphère, une crypte vaste avec ce curieux système d'alarme et ce village presque fantôme. Maria est fort belle et on comprend mal le bellâtre de ne pas s'y intéresser ne serait-ce qu'un instant. L'édition chez Bach Films offre une belle copie en version originale ou française. J'ai regardé avec la langue de Molière, un fort bon doublage. Mario Giguère

The CURSE OF NOSTRADAMUS aka La maldición de Nostradamus - Federico Curiel avec German Robles, Domingo Soler, Aurora Alvarado, 1960, Mexique, 74m

Le professeur Dolan est le président d'uen association de scientifiques qui veulent faire disparaître la superstition et les vielles croyances non fondées au Mexique. Un bon soir il reçoit la visite d'un homme élégant qui prétend être le descendant de Nostradamus. Il veut que le professeur réhabilite la réputation du grand homme en cette époque ou il est souvent ridiculisé. Dolan refuse obstinément et ce Nostradamus, vampire, lui annonce qu'il tuera treize personnes dont il donnera auparavant le nom au professeur, à moins qu'il admette ses torts et redonne la gloire à son ancêtre. Aidé par son futur beau-fils Anthony, Dolan essaie en vain d'empêcher les meurtres, Nostradamus bénificiant à la fois de ses pouvoirs de vampires et du don de prédiction du futur.

J'ai déjà, depuis plusieurs films, un préjugé fort positif envers les réalisations de Federico Curiel. Mettant réguilièrement sa griffe sur le scénario comme c'est le cas ici, il évite régulièrement les redites qui affligent trop de films de genre mexicain. L'idée d'un descendant de Nostradamus, on est pas certain s'il s'agit de son fils ou de son petit fils, devenu curieusement un vampire, est déjà une idée en soit porteuse de nouveauté. German Robles, dans le rôle titre, est très efficace. On mentionne à l'occasion que son interprétation de vampire dans EL VAMPIRO en 1957 a peut-être influencé celle de Christopher Lee pour la Hammer. Ce qui est certain c'est qu'il dégage une assurance et une prestance qui rendent son personnage crédible. Si on ajoute dans ce doublage anglais, une voix qui rappelle à l'occasion celle de Bela Lugosi, le personnage frappe l'imagination. Le scénario va varier les prédictions mortelles, ici il sera question de trois morts, surprenant à la fois le scientifique et le spectateur. Le transfert dvd que j'ai regardé était très sombre, mais on peut apprécier l'ambiance gothique à souhait que Curiel met en place, aidée il est vrai, par le personnage secondaire du bossu, Leo, assistant maladroit du vampire. C'est une affaire d'hommes, la fille du professeur étant très discrète et peu remarquée dans ce premier film. Bref, ce Nostradamus est fort recommendable ! Mario Giguère

CURSE OF THE CRYING WOMAN aka La Maldición de la Llorona - Rafael Baledón, 1961, Mexique

Une jeune femme et son mari arrivent dans la maison ancestrale, perdue dans la forêt, avec une réputation sinistre. Elles est la descendante d'une sorcière et cette maison sinistre risque de devenir le site d'une résurrection préparée depuis des années.

Au départ on a droit à des images sorties tout droit du film de Mario Bava, BLACK SUNDAY, sorti un an auparavant, et l'impression demeure tout au long du film, différent, mais très inspiré. Il y a beaucoup d'atmosphère, une bonne photographie, des personnages bien typés dans un scénario un peu confus. Somme tout du déjà vu, mais bien fait. Mario Giguère

CYCLONE - René Cardona Jr., 1978, Mexique/Italie

Le père Cardona junior signe avec CYCLONE le film catastrophe ultime en mélangeant allègrement tout et n'importe quoi. Oubliez donc THE DAY AFTER TOMORROW et son orgie de CGI et visez un peu cette histoire beaucoup plus intimiste et surtout beaucoup plus inattendue. Attention, spoilers !

Au large des côtes mexicaines, un cyclone provoque la chute (impressionante) d'un avion en mer, le naufrage d'un bateau de pêche et la perte d'un petit bateau touristique. Par un hasard inconsidéré, les survivants des trois parties se retrouvent au milieu de l'océan, privés d'eau potable et de nourriture sur le bateau touristique à la dérive. Une panoplie de caractères différents se voie alors contraint de cohabiter: le héros baroudeur, le pêcheur bourru, la femme enceinte, le curé, la chieuse bon chic bon genre, etc. ... Petit à petit, les tensions montent, les humeurs s'effritent et les plus faibles meurent. Une fois le clébard de la pimbêche de service mangé par les plus affamés, la chaire des morts est utilisée comme appâts pour la pêche. Malheureusement, celle-ci n'attire que de voraces requins aux dents affûtées. La question houleuse du cannibalisme se pose alors, on en profite pour faire un gros clin d'oeil à la fameuse équipe de football qui se dévora pour survivre dans la Cordilière des Andes (et donc au passage un coucou à papa et à son film SURVIVRE), puis tout le monde fini par se détester avant de faire sombrer l'embarcation pour se faire dévorer par un banc de requins affamés au moment où les secours arrivent.

Cardona Jr. est un sadique. Il traite ses personnages avec cruauté. Il commence d'abord avec une approche façon film catastrophe histoire de bien installer les bases de son récit, puis on vire vers le drame claustrophobique sordide qui dérape sur la farce macabre pour ensuite terminer sur l'horreur pure ! Le plus drôle est de comparer ce film à TINTORERA du même réalisateur, sorti une année plus tôt et qui se voulait être une resucée des DENTS DE LA MER. TINTORERA s'avérait alors n'être rien de plus qu'une boutade érotique vulgaire et non un film sur la gastronomie des poissons carnivores, ceci malgré un ou deux plans de requins gloutonnant. Car le final de CYCLONE, métrage vendu comme un film catastrophe rappelons le, dévoile un véritable festin sous-marin sanglant dans lequel la moitié du casting se fait déchiqueter alors que les secours tant attendus sauvent ceux qui peuvent l'être. Ironique et sadique, on ne se surprend évidemment pas à y prendre du plaisir. Kerozene

DON'T PANIC aka Dimensiones Ocultas aka Virgil: La malédiction - Ruben Galindo Jr. avec Jon Michael Bischof, Gabriela Hassel, 1989, Mexique, 90m version originale sous-titres anglais

Michael fête son dix-septième anniversaire de naissance avec ses nouveaux amis au Mexique ou il habite maintenant avec sa mère, fraîchement divorcée. Les copains restent plus tard que prévu et ils forcent Michael à faire une séance de Ouija. Horreur. En fait il ne se passe pas grand chose en apparence, mais son ami Tony sera dorénavant possédé par Virgil, qui est nul autre que Satan. Ses amis sont tuées les uns après les autres et à chaque fois, Michael a des visions prémonitoires. Personne ne veut le croire le pauvre, suffisait de pas courir dans les rues avec ton pyjama avec des dinosaures ! N'empêche, le coquin, il découvre l'amour dans les bras de la charmante Alexandra (Gabriela Hassel), elle aussi mineure, et tout cela risque de mal finir...

Tentative de percer le marché américain en formatant un film dans la lignée des Freddy et Jason. ce Don't Panic fait malheureusement piètre figure. La faute principalement au personnage de Michael, qui semble avoir écrit pour un gamin de treize ans, d'une naïveté et d'une candeur qui détonnent pour son âge, c'est le moins que l'on puisse dire. Sinon on joue la carte du gore, le sang coule à flot, mais on est aussi loin des délires visuels d'un Freddy ou de la violence d'un Jason. Ajoutons le couple Michael-Gabriela qui se la joue Roméo et Juliette et on se rend compte que si l'ambition y était, la recette ne fait pas lever le gâteau. Dans le genre, j'apprécie cent fois plus LE CIMETIÈRE DE LA TERREUR où Galindo Jr. a su mieux marier le fantastique à l'américaine aux traditions mexicaines. On en voit d'ailleurs des extraits sur les postes de télévision. Mario Giguère

Dr TARR'S TORTURE DUNGEON aka The Mansion of Madness - Juan López Moctezuma avec Claudio Brook, Arthur Hansel, Ellen Sherman, 1972, Mexique, 88m

Gaston arrive en Europe pour visiter un institut pour malades mentaux aux méthodes nouvelles. Le Docteur Maillard est plutôt excentrique et ce sera assez rapidement évident que ca cloche et pas juste dans la tête des patients. En fait, pas besoin d'avoir lu ses classiques, on nous averti rapidement que les patients ont fait révolution et pris la place des autorités ! Avec de drôles de résultats, évidemment...

Superbe. Visuellement splendide. Moctezuma, réalisateur d'Alucarda, créée un monde fou aux décors, costumes et plans de caméra inventifs et excentriques sur une musique de fanfaronnade tragi-comique aux personnages psychédéliques.

La démesure du faux directeur d'hôpital psychiatrique n'est pas sans rappeler le futur Marlon Brando dans Apocalypse Now. Que dire de ces décors fous, mi-institut inhumain, mi-usine d'engins inconnus. Il suffit de se laisser entraîner dans cette histoire à la base simple, une idée forte d'après la nouvelle d'Edgar Allan Poe. sans rencontrer les docteurs Goudron et le professeur Plume, on verra le résultat dans un final hystérique. À déguster. Mario Giguère

La ISLA DE LOS DINOSAURIOS aka The Island of Dinosaurs - Rafael Portillo avec Armando Silvestre, Alma Delia Fuentes, 1967, Mexique, 87m, version originale, sous-titres anglais

Un professeur réunit une petite équipe, ils sont quatre, deux hommes et deux femmes, pour trouver ce qu'il pense être une île qui serait une partie de la fameuse Atlantide. Malheureusement ou pas, l'avion doit atterrir d'urgence dans une île inconnue. La bonne nouvelle c'est qu'effectivement, comme le professeur le prévoyait, il y a un peuple primitif et des dinosaures présents ! Laura, entre deux expériences, va se baigner dans la rivière et est kidnappée par un bel homme des cavernes. Elle s'en fera tranquillement un ami, mais rencontrera mammouths et dinosaures avant que le volcan menace de tout détruire.

Rafael Portillo, réalisateur de la trilogie de la momie aztèque, se prête à un exercice qui est loin d'être unique, rafistoler un scénario autour des effets spéciaux de la première version de ONE MILLION B.C.. On se demande donc pourquoi on change rapidement de vêtements ou en quel honneur le bellâtre donne soudainement des bijoux à Laura, en fait, il faut qu'ils soit raccord avec la pellicule prise au classique américain ! Tant qu'è y être, on reprend beaucoup de situations, on se casse pas la tète, mais le tout est bien mélangé et on abouti avec un résultat qui est somme toute intéressant. Les actrices sont belles, le paysage, dans sa partie tropicale est de toute beauté, bref, j'ai bien apprécié. Mario Giguère

FANDO Y LIS - Alejandro Jodorowsky, 1967, Mexique

Finalement, je me suis régalé hier soir sur le visionnement de ce chef-d'oeuvre Jodorowskien! Quel film frappant comme première oeuvre. D'accord, son montage entre les nombreuses séquences (une alternance rapide de plans de chaques séquences) est un peu redondant à la fin, peut-être un peu de manque de créativité sur ce côté, mais le film emprunte énormément  (à mon avis) au surréalisme, bien qu'exposant une construction beaucoup plus claire, sensé et évidente que les films de ce courant des années 20 et 30. Dur, orgasmique, magique et fantastiquement irréel et poétique, Fando & Lis est un "must" pour tout fan d'Alejandro Jodorowsky... Ce n'est pas comme son "TUSK"! Gore Monger

GENIE OF DARKNESS aka Nostradamus, el genio de las tinieblas - Federico Curiel avec German Robles, Julio Aleman, Manuel Vergara 'Manver', 1962, Mexique, 77m

Troisième film de la série Nostradamus. On avait laissé notre vampire mortellement affecté par la mort de son disciple. Heureusement Leo le bossu est là pour le sortir du pétrin et notre descendant du grand prophète peut ainsi continuer sa malédiction. Igor, ennemi juré de Nostradamus, découvre l'endroit ou celui-ci cache un parchemin précieux qui, s'il est détruit, causera la perte du méchant. Il est chez la mère de Leo, une vielle sorcière qui se vante un peu trop de pouvoir tenir tête au vampire, erreur, il l'a entendu et causera sa perte de manière originale et cruelle. Nostradamus prédit alors la mort d'un des membres de nos compagnons de la justice et si on devine facilement de qui il s'agit, la chose se produit abruptement. Suit alors un curieux moment dans la saga, plus proche d'un épisode de Twilight Zone, dont la morale est que l'amour est plus fort que les pouvoir de Nostradamus. Hé ben ! Cette partie du scénario a un effet bénéfique, elle convainc la société de scientifiques qui avait renié le professeur de revenir faire amende honorable et se mettre tous ensemble au service de la lutte contre le malin. Une coïncidence amène Tony à savoir ou se cache le cercueil du vampire et toute la bande se rue vers cet endroit stratégique. Curieusement ce n'est pas la terre de ses ancêtres qui est incluse dans le fond de la boîte, mais les cendres de son ancêtre, tout aussi indispensables à sa survie. En les dispersant au soleil, le professeur Dolan croit avoir détruit Nostradamus.

Toujours aussi imaginatif dans le scénario et changeant de ton dans l'épisode des "amoureux éternels", la saga reste vivante et surprenante. La mort de la sorcière est bien cruelle et la disparition aussi rapide d'Igor, que l'on croyait embarqué pour le reste de l'aventure, surprend tout autant. Curiel soigne sa mise en scène et l'ensemble des acteurs est toujours aussi efficace. On a donc bien hâte de connaître la fin de l'histoire, signe de réussite.

GUYANA : LA SECTE DE L'ENFER aka La SECTE DE L'ENFER aka : GUYANA : CRIME OF THE CENTURY aka GUYANA: CULT OF THE DAMNED aka GUYANA: EL CRIMEN DEL SIGLO - René Cardona Jr., 1979, Mexique/Espagne/Panama

En 1978, le révérend Jim Jones conduisit à la mort plus de 900 fidèles, provoquant ainsi le suicide collectif le plus tristement mémorable de l'histoire moderne. C'est le récit de ce dangereux illuminé que René Cardona Jr. retranscrit ici dans ce qui s'avère être au final plus un film d'exploitation opportuniste douteux qu'une étude sociologique du phénomène des sectes et de leurs conséquences. Probablement pour "le bien" des survivants, le révérend est ici renommé James Johnson.

Le Révérend Johnson (Stuart Whitman), prêchant sa bonne parole dans son église en portant une paire de Ray-Ban, invite ses fidèles à le suivre en Guyane, gouvernement marxiste correspondant à son idéologie juste et chrétienne auquel il a acheté un terrain grâce aux dons de ses fidèles. Sur ledit terrain, il fonde Johnsonville, une société qui se subvient à elle-même. Les membres de la communauté s'occupent des récoltes alors qu'un enregistrement s'évertue à leur apprend le Russe, les enfants suivent une éducation stricte et rigoureuse, le sexe est interdit avant une union reconnue par le révérend lui-même, etc... Évidemment, l'amour chrétien pré-marital, au sens physique du terme, est un privilège que se réserve principalement ce filou de Johnson. Et Cardona Jr. de nous dresser une série de scènes décrivant les déviances du prédicateur charismatique : Johnson puni des enfants avec le consentement de leurs parents en les ligotant puis en les plongeant dans l'eau, il enduit leur corps de serpents avant des les enfermer dans une grange, nus comme des vers. Le lendemain, les pauvres gosses rampent à ses pieds, les fesses à l'air et Johnson leur dit : " Je vous pardonne car je vous aime. Et je vais même faire plus pour vous le prouver. " (sic). Lorsque Johnson découvre un jeune couple folâtrer dans les hautes herbes, il impose à la fille de se faire culbuter devant tous les fidèles par le gros black de service. A cet instant, il pose une main accusatrice sur l'épaule du compagnon de la fille en lui disant que son tour viendra... Manipulations, lavages de cerveaux et punitions corporelles viennent à bout de quelques individus qui tenteront vainement de s'évader avant de périr sous les balles des gardes armés de Johnson. C'est alors qu'arrive un groupe d'américains composé d'un sénateur et de son équipe ainsi que de quelques journalistes (le groupe compte Gene Barry, John Ireland et Joseph Cotten, qui ne semblent pas y croire un instant) bien décidés à mettre à jour les odieuses pratiques de la secte de Johnson...

Si nos têtes d'affiche de has been désœuvrés ne semblent guère croire en cette entreprise, il en est définitivement de même pour le spectateur. Difficile en effet de plonger dans cette histoire certes sordide mais terriblement male foutue. Cardona Jr. Aurait mieux d'aborder son sujet de manière purement sociologique et montrer plus efficacement les pratiques de manipulations du révérend mégalo, ou alors - et ça aurait sans doute été plus approprié vu le relatif talent du réalisateur - plonger dans l'exploitation la plus pure en nous offrant une palette plus généreuse et plus graphique de sévices divers et de sexe déviant. La version américaine (distribuée par Universal) est paraît-il accompagnée d'une voix off appartenant à un survivant du suicide final, narrant les événements au cas où on aurait du mal à comprendre ce qu'il se passe sous nos yeux... Voilà qui est limite insultant...  Kerozene

The HOLY MOUNTAIN - Alexandro Jodorowsky, 1973, Mexique/États Unis

Alexandro Jodorowsky n'est pas un cinéaste traditionnel. Son but n'est pas d'amuser ou de divertir le spectateur, mais bien de lui faire part d'une démarche initiatique et ésotérique. Il ne faut donc pas aborder Holy Mountain comme on le ferait pour Friday the 13th, par exemple.

Le film n'est pas très commercial, pour dire le moins, et accumule pendant 120 minutes tant d'idées et d'images baroques qu'on en sort un peu ahuri, écrasé par le poids de ce délire gigantesque en forme de parcours spirituel en trompe-l'œil.

L'histoire est simple (mais la façon de la raconter ne l'est pas) : une équipe d'élite doit se rendre sur une montagne sacrée, afin d'y trouver les 10 immortels qui y règnent, et leur arracher le secret de l'immortalité. Avant d'y parvenir, les membres de l'équipe devront subir différentes épreuves qui les aideront à laisser derrière eux leurs faiblesses et leurs habitudes.

Jodorowsky utilise énormément le sens symbolique, à la fois par le montage, les images, les associations d'idées, la narration fragmentée et les dialogues. Lire cette Montagne sacrée au premier degré constitue donc une aberration : on n'y comprendrait rien. Soyez-en prévenus...

Les ruptures de ton sont fréquentes (ce qui est typique de l'esthétique baroque, à laquelle Jodorowsky sacrifie, comme son homologue anglais Ken Russell, moins spirituel mais tout aussi extravagant). On passe du burlesque au tragique, du solennel au farfelu, du surréalisme à la tragédie. Jodorowsky s'en prend à plusieurs idées occidentales : impérialisme, capitalisme, despotisme, conditionnement, publicité, œuvres d'art produites en série pour un public de faux-connaisseurs, etc.

Mon passage favori est sans doute celui où chaque membre de l'équipe explique d'où il vient (chacun d'entre eux habite une " planète " - lire : une sphère, car les noms des planètes correspondent à ces des dieux antiques qui défendent une idée précise, tel Mars, le Dieu de la guerre). On a droit à des séquences ahurissantes qui font parfois songer (encore une fois) à Ken Russell, dans sa période la plus extravagante.

C'est, en définitive, une grande mystification surréalisante dont la narration ne commence qu'après une bonne demi-heure (à l'instar du 2001 de Kubrick). Par la suite, Jodorowsky allait faire encore mieux avec ce qui, selon moi, demeure son meilleur film : Santa Sangre (1989), qui retrouve l'imagerie baroque, mais avec un scénario beaucoup plus resserré, accessible et capable de susciter une émotion chez le spectateur. Howard Vernon

KILOMETRO 31 aka KM31 - Rigoberto Castañeda avec Iliana Fox, Adrià Collado, 2006, Mexique, 103m

Un accident tragique au kilomètre 31 d'une route de campagne laisse Agata dans le coma, les jambes amputées. Son conjoint, le chauffeur, traumatisé, est surprit s'apprendre que la dame qu'il a écrasée sur la route était déjà morte depuis quelques jours, pourtant, elle marchait devant l'automobile ! La soeur jumelle, d'Agata, Catalina, qui a toujours eu une relation symbiotique avec sa soeur, "sent" les appels à l'aide de celle-ci et cherche à élucider le mystère qui entoure cette affaire. Un détective, qui enquête depuis plusieurs années sur cet endroit maudit, lui donne des pistes troublantes.

Excellent film de fantômes qui, bien que suivant les traces de nombreux films récents et anciens dans le genre, offre une réalisation prenante et efficace. La seule chose qui me chicote encore est la mention "basée sur des faits vécus" au début du film, j'aurait presque apprécié plus sans ces désormais incontournables petits mots. Les fantômes, pas toujours détectables, deviennent des créatures à foutre les jetons plus on s'approche du noeud de l'intrigue, du drame originel qui a causé tant de malheurs. Ajoutez une relation trouble de Catalina avec son "beau-frère" et le malaise est omniprésent. Sans renouveler le genre, Castañeda nous offre un film à l'ambiance et aux scènes chocs qui viennent nous prendre aux tripes, ce que bien d'autres ne savent plus faire. Du coup, on est content de voir une nouvelle page du cinéma fantastique mexicain. Mario Giguère

 

LADRONES DE TUMBA aka Grave Robbers - Rubén Galindo Jr. avec Fernando Almada, Edna Bolkan, 1990, Mexique, 87m, version originale sous-titres anglais

Inquisition, un moine sataniste s'apprête à violer une femme enchaînée pour donner un fils à Satan, réalisant la sixième prédiction, amenant l'antéchrist sur terre. Mais il est attrapé par l'inquisition qui s'empresse de l'écarteler pour le faire parler, sans succès. Alors on lui plante une hache dans le torse et là il prédit son retour quand on retirera la hache et sa vengeance sera terrible. Air connu.

Aujourd'hui, quatre jeunes adultes profanateurs de cimetière à la recherche de bijoux et d'or, vont tomber littéralement dans la crypte du moine fou et vont naturellement retirer la hache. Alors, oui, sa vengeance est terrible car il va se dépêcher de tuer tout ce qui bouge. Non loin de là la fille du shériff campe avec trois de ses copines et le père, au courant de la série de meurtres qui s'accumulent, part à sa recherche, après avoir coffré les profanateurs. Il se doutera rapidement de la nature fantastique du maniaque qui se relève toujours après être truffé de balles.

Voilà un film fantastique matiné de slasher gore qu'il est bon. J'apprécie le sérieux de l'entreprise, pas de chansonnettes, pas de blagues, de la musique surprenante et toujours dans le ton, un moine imposant comme un culturiste ou un Hercules fou, de jolies actrices latino, du shériff et du prêtre au jeu dramatique, jusqu'aux décors typiques mais plein d'ambiances, Galindo Jr réussit un bon film d'épouvante. Rien de bien nouveau, le cinéma mexicain de genre recyclant à profusion ses quelques idées de scénario, mais un scénario efficace, une tension qui monte et des effets gore tout aussi efficaces. Il manque de nudité pour compléter le film d'exploitation, mais Edna Bolkan en sous-vêtements fera l'affaire. De la recette connue mais efficacement mise en boîte, ça fait toujours du bien. Mario Giguère

LITTLE RED RIDING HOOD aka La Caperucita Roja - Roberto Rodrigez avec Maria Gracia, Manuel 'Loco' Valdés - 1960, Mexique, 85m

On connait l'histoire classique, sur laquelle le scénario brode pas mal. Le petit chaperon rouge est la petite fille la plus aimée du village, autour duquel rôde le méchant loup qui veut l'avoir dans son assiette. Ce méchant loup a ici une moufette puante comme ami et il prétend être le meilleur danseur de la région ! Il ne sait pas compter plus que dix, ce qui évite à la moufette d'avoir vingt baffes. C'est donc après avoir presque bouffé la mère grand qu'il s'installe pour attendre la petite, qui ne perdra pas de temps à le reconnaitre.

Mettons les choses au clair: ceci est le premier film d'une trilogie dont le dernier s'intitule Tom Pouce et Le Petit Chaperon Rouge contre les Monstres, seule raison pour laquelle je regarde ceci. Dans ce doublage anglais de Gordon K Murray, lorsque la petite chante, elle a soudain une voix d'adulte pas rapport. Les costumes du loup et de la moufette laissent bien voir les yeux des acteurs et l'ensemble relève du film pour tous petits. On pousse la bonhommerie jusqu'à éviter toute mort, y comprit celle du loup, auquel on pardonnera ses essais de bouffer les villageois ! C'est donc très sucré, avec plusieurs chansons et fort coloré. Ca a vieillit comme tout film fait il y a cinquante ans et c'est difficile à apprécier à sa juste valeur, mais des commentaires de mexicains qui l'ont vu durant leur enfance suggèrent que c'était fort apprécié. Moi j'attends les monstres ! Mario Giguère

LITTLE RED RIDING HOOD AND HER THREE FRIENDS aka Caperucita y sus tres amigos - Roberto Rodríguez avec María Gracia, Manuel 'Loco' Valdés, Santanón, 1961, Mexique, 85m

Deuxième long métrage d'une trilogie qui se terminera par une rencontre avec des monstres, ce film est en continuité directe avec le premier. Le grand méchant loup et son ami la mouffette ont fait un pacte avec les villageois qui leur ont pardonné leurs mauvaises actions et les ont placés gardiens des frontières du village. Voilà qu'arrivent des romanichels et comme dans un grand pays d'Europe et son farfadet président, de mauvaises langues leur font un procès avant de les connaître. Idem pour le loup qui subit les railleries de mauvais hommes enclins à ne voir qu'une bête sauvage en lui. Et vous savez quoi ? Victime de harcèlement, il se rebelle contre tous et redevient la bête sauvage, pendant que les étrangers kidnappent la petite chaperon rouge !

En fait, tout comme le premier opus, le film dénonce les jugements à l'emporte pièce et les mauvaises langues, qui ont peut-être un peu raison. Mais quand tout sera finit, tout le monde s'entendra à nouveau, grâce à la petite fille en rouge si bonne, qui sait retourner les coeurs dans le bon sens ! On évitera du coup le tragique sort qui semblait attendre une idylle entre deux gypsys. On verra aussi la belle fée de la forêt qui fredonne sa chanson avec sa baguette de feu de bengale. La mère grand s'avère plus solide devant le loup que la chétive mémé du conte. Bon, maintenant, amenez les monstres ! Mario Giguère

LITTLE RED RIDING HOOD AND TOM THUMB VS THE MONSTERS aka Caperucita y Pulgarcito contra los monstruos - Roberto Rodríguez avec Maria Gracia, Cesáreo Quezadas, José Elías Moreno, Manuel 'Loco' Valdés, Santanón, 1962, Mexique, 82m, version Gordon K. Murray

Scène surréaliste, le grand méchant Loup et le méchant Ogre sont en procès au pays de la méchanceté pour être devenus amis avec le Petit Chaperon Rouge et Tom Pouce, respectivement. La méchante sorcière et sa soeur vont également empoisonner l'eau du village de nos amis et les transformer ainsi en singes ou en souris, allez comprendre les deux options ! Heureusement le comparse du Loup, la Moufette Zorrino, va chercher le Petit Chaperon Rouge avant qu'elle ne boive. Avec Tom Pouce, devenu plus grand grâce à la bonne fée des bois, et avec l'aide d'enfants prisonniers qu'ils libéreront, ils affronteront l'armée de monstres dans la forêt maléfique.

Très coloré et avec quelques chansons en prime, bienvenue au Mexique, ce troisième film mettant en vedette la petite Maria Gracia est une virée fantasmagorique dans un monde éclaté. Une voix off en prologue nous a avertis qu'il existe des mondes parallèles ou les créatures de nos contes existent et on a bien l'impression qu'il s'agit d'un ajout de Gordon K. Murray, qui bricolait les versions américaines d'une multitude de films de genre mexicains. Les monstres, sorcières, vampires, siamois, dragon cracheur de feu et autres grotesqueries qui se résument souvent à un peu de maquillage et une perruque, vont faire brailler de rire le public d'aujourd'hui et on se demande si y a pas juste les tout petit qui embarquaient dans de pareilles sornettes. Mais soyons bon prince, le public visé est fort jeune, les messages sont de bon aloi et la fin est on ne peut plus optimiste, ca s'apprécie pour ce que c'est. Ce qui me déconcentre à tout coup c'est la baguette magique de la bonne fée blanche, avec ses "feux de Bengale" qui brûlent au fur et à mesure, jusqu'à se retrouver moribonds... elle les change probablement d'une présence à l'autre ! Y a aussi le monstre de Frankenstein dans un rôle effacé et des scènes de torture étonnantes, pas celle de la plume sur les pieds, mais le remplissage d'eau à l'entonnoir a dû produire quelques cauchemars à l'époque ! Y s'en fait pu des comme ça ! Mario Giguère

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THE MEXICAN FILM RESOURCE PAGE | K. GORDON MURRAY

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