MARGINALIA SPÉCIAL GIALLO
Lisez ou enregistrez le numéro hors-série de Marginalia sur le Giallo. Une bibliographie des polars italiens traduits en français.                          lire

Giallo veut dire Jaune en italien. C'était la couleur d'une collection de romans policiers populaires et c'est devenu le nom d'un genre fort apprécié. On s'accorde généralement à donner au film BLOOD AND BLACK LACE de Mario Bava le titre de premier Giallo, son précédent film THE GIRL WHO KNEW TOO MUCH en étant l'ébauche parfaite.

Mise à jour le 11 février 2011

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AMER – Hélène Cattet & Bruno Forzani, 2009, France/Belgique, 90m

Je dirais qu'AMER est un brin décevant. Trop long, même à soixante quinze minutes. On suit le parcours d'Ana de l'enfance à l'adolescente et à lâge adulte dans des situations de "Giallo".

Le première partie nous la présente face à son grand-père décédé et à une servante. Cette première partie est un hommage à SUSPIRIA.

Pour les deux autres parties, nous sommes en mode GIALLO pur et dur avec toute l'imagerie que ca comporte, nous avons le rasoir, les belles femmes, les gants de cuirs et même de la musique d'époque de Stelvio Cipriani y figure. Les deux dernières parties ressemblent beaucoup à du MARTINO. Le film a été réalisé en super-16 pour être ensuite mis en scope 35 lors de la production. Une bonne idée, puisque cela donne quelques grains digne de l'époque. Du bon travail, mais je ne le reverrais pas deux fois. Black Knight

AMUCK aka Alla ricerca del piacere - Silvio Amadio avec Barbara Bouchet, Rosalba Neri, Farley Granger, 1972

Arrivée sur un île en face de Venise, Greta (Barbara Bouchet) est la nouvelle secrétaire de Richard Stuart, écrivain de renom. La compagne de Richard, Eleanora (Rosalba Neri), est heureuse d'avoir de la compagnie féminine. Mais Greta n'est sur place que parce qu'elle veut trouver ce qui s'est passé avec la dernière secrétaire, disparue. D'indices en indices elle retracera le destin tragique de son ex-compagne...

Magnifique surprise que cet excellent Giallo de la belle époque. Barbara Bouchet est simplement magnifique et Rosalba Neri voluptueuse et leur scène de lesbianisme d'une qualité rare. D'ailleurs toute la production est de qualité exceptionnelle, la caméra bouge bien, les costumes sont impeccables, particulièrement les robes de Rosalba Neri. Il y a des lustres que je n'avais pas vu le ralenti aussi bien utilisé. L'intrigue va de rebondissements en rebondissement et le tout est accompagné d'une musique envoûtante. Un plaisir à savourer. Mario Giguère

AUTOPSY aka FRISSONS D'HORREUR aka Macchie Solari - Armamdo Crispino, 1972

Une jeune femme frigide (Mimsy Farmer) oeuvrant dans une morgue dans le cadre d'une étude, est confrontée au suicide apparemment bidon d'une fille qui sortait avec son père. Le frère de la morte, curé ancien pilote de course, affirme qu'elle ne s'est pas tuée. L'amant de Mimsy Farmer joue les philosophes. Le père est un tombeur playboy. Un des médecins collègue de Mimsy est un gros pervers vicelard. Parmi tout ce petit monde se cache un meurtrier - ce que doute certaines personnes car les taches solaires provoquent de troubles du comportement qui poussent au suicide (?!).

Étrange film, celui-ci amène des éléments inattendus, comme les visions de Mimsy qui montrent les corps des cadavres de la morgue se lever et entamer une partie de baise (ce qui crée sa frigidité), des images montrent le soleil et ses excroissances de flammes folles, et le reste est un polar bien noir et traditionnel. L'humour - quand il est présent - est bien noir lui aussi. Le tout est bien enlevé, grâce à un scénario qui tient la route et une interprétation des plus convainquante. Kerozene

The BLACK BELLY OF THE TARANTULA aka La tarentule au ventre noir aka La tarantola dal ventre nero - Paolo Cavara avec Giancarlo Giannini, Claudine Auger, Stefania Sandrelli, Barbara Bouchet, Rossella Falk, Silvano Tranquili, Annabella Incontrera, Ezio Marano, Barbara Bach, Giancarlo Prete, 1971, Italie/France, 98m

À Rome, un maniaque meurtrier s'en prend à diverses femmes bourgeoises et les tue avec une méthode bien spéciale; il paralyse d'abord ses victimes avec une piqûre à la nuque pour ensuite lacérer leurs ventres avec un couteau. L'inspecteur chargé de l'enquête, Tellini, découvre que le maniaque imite la tactique de la guêpe qui s'attaque à la tarantule lors de ses crimes. Bien qu'il songe à démissionner pour changer de métier et passer plus de temps avec sa femme, Tellini persiste à trouver l'assassin et découvre un point commun reliant les victimes entre elles: elles sont toutes clientes d'une institut de beauté et elles ont été la cible de chantages sexuels à la suite de photos compromettantes. Tellini retrouve le photographe mêlé au chantage mais il meurt tué par le mari d'une des victimes avant d'avoir pu parler. Tellini est toutefois persuadé que la patronne de l'institut de beauté est mêlée à cette affaire de chantage et que l'une des clientes où qu'un des membres du personnel est le tueur déséquilibré qu'il recherche. Tellini ignore néanmoins que sa propre femme est en danger de mort.

Ce giallo à la facture classique contient tous les éléments de base qui ont fait le succès du genre: intrigue compliquée, meurtres sordides, moeurs sexuelles déviantes chez les protagonistes féminins, punch final sur l'identité du meurtrier et l'explication de son déséquilibre mental. La seule nouveauté qui attire notre attention est le fait que le policier chargé de l'enquête est désillusionné par rapport à son métier qu'il n'exerce que consciencieusement, ce qui le rend moins héroïque et plus humain. Pour le reste, les auteurs multiplie les fausses pistes pour égarer le spectateur autant que possible et le réalisateur s'efforce d'abord d'insister sur le climat morbide du sujet et de fignoler les séquences de meurtres sans se soucier de la structure générale interne de son film. Les effets-chocs sont réussis et le suspense est continuellement tangible malgré un récit pas toujours clair et quelques coups de théâtre arbitraires. Ennio Morricone a su composer une délicieuse trame musicale aux accents sulfureux, bien qu'un peu trop omniprésente. Un giallo qui se laisse donc regarder sans trop de peine si l'on reste attentif du début à la fin et si on ne le considère pas comme un modèle du genre, mais plutôt comme un produit commercial valable. Le jeu des acteurs apparaît plutôt morne à l'exception de Giancarlo Giannini qui compose avec application son personnage de flic. Mathieu Lemée

a BLADE IN THE DARK aka LA MAISON DE LA TERREUR aka LA CASE CON LA SCALA NEL BUIO - LAMBERTO BAVA, 1983, 96 Min

Bruno loue une villa pour composer la musique d’un film d’horreur. Dès son arrivé, il s’aperçoit qu’il y a des phénomènes étranges qui y a lieu : Quelqu’un de détraqué qui détruit ses bandes, des filles qui sortent des placards, la présence de taches de sang, la présence d’une porte verrouillée qui contient probablement quelque chose monstrueux, le comportement de plusieurs personnes qui lui semble étrange et finalement des personnes qui disparaissent sans aucunes raisons. Mais en professionnel, il continue son travail comme si rien n’était ...  Pour le pire.

J’avoue que j’étais assez impatient de voir ce film depuis longtemps en raison de la présence de MICHELE SOAVI comme acteur et par la réputation du film qui était considéré comme étant l’un des 3 meilleurs LAMBERTO BAVA avec MACABRO et DEMONI (un film assez inégal, faut l’admettre.) Mais même avec un scénario d’un vétéran comme DARDANO SACHETTI (CAT O’NINE TAILS, BAY OF BLOOD, THE BEYOND, etc.) et une musique de GUIDO et MAURIZIO DE ANGELIS, le film m’a déçu.

Plusieurs disent que LAMBERTO BAVA est avant tout un bon technicien (assistant sur TENEBRE, INFERNO et CANNIBAL HOLOCAUST) et un réalisateur très inégal ou alors très mauvais (MONSTER SHARK (1984) et ses nombreux téléfilms nuls). À la vision de ce film, je crois peut être qu’ils ont raison ... Je sais que ce film à été tourné avec un budget minime en 16 millimètres (qui a été plus tard grossi en format 35) et en seulement 3 semaines. Mais ca n’excuse pas l’extrême médiocrité de l’interprétation (c’est qu’en même vrai que c’est assez courant chez les films d’horreurs italiens) et un scénario assez nul. Par contre, le premier meurtre est assez réussi (des murs blancs, des panoramiques, etc.) visiblement ça parait que LAMBERTO BAVA était assistant sur TENEBRE. Même qui si on met la trame sonore de TENEBRE sur cette séquence, le résultat aurait été presque identique à quelques meurtres de TENEBRE. Et ca, c’est pour le meilleur. Il y a aussi quelques bonnes idées comme l’assassin qui prend soin de nettoyer un meurtre, la propre musique du compositeur qui vient le terroriser et la réalisatrice qui est étranglé par la pellicule de son propre film. L’idée d’utiliser un cutter comme arme est assez original mais visuellement, ca fait assez ridicule. L’utilisation d’une hache aurait été bien plus de circonstance. Pour moi, A BLADE IN THE DARK est vraiment un film mineur et je trouve surprenant que Anchor Bay le sorte. Peut-être suis-je trop sévère ? Black Knight

Pour Moi A BLADE IN THE DARK c'est un de mes films favoris. 

J'ai adoré. Le Dvd Anchor Bay is on it's way to ville Lasalle as soon as it's available. 

Excellent du debout a la fin. Et avouons le, pas mal mieux que n'importe quoi que Dario nous ait donné après TENEBRE.

Pas d'accord non plus en disant que Lamberto est une loche. 

Plusieurs des téléfilms qu-il a fait ne sont pas mauvais du tout. (Until Death, The Ogre, Il Gioko) Et son Giallo "You'll die at midnight" est bien réussi aussi. Tout Comme Luigi Cozzi, Les 2 font face à une critique extrêmement sévère simplement du au fait qu'ils ont travaillé avec Dario...

>>Peut-être suis-je trop sévère ?

OUI    Mouni

BLOOD AND BLACK LACE aka SEI DONNE PER L'ASSASSINO - Mario Bava, 1964

Si "La fille qui en savait trop" est la "grand mère de tous les Gialli", Blood and Black Lace en est le père !  Quelle merveille que cette ressortie dvd de ce classique de Mario Bava. Les couleurs sont superbes, le transfert permettant d'apprécier plus que jamais le travail photo de Bava. Le dialogue final de Cameron Mitchel et Eva Bartok est magnifique: elle bien éclairée, elle sait tout, pendant que Mitchell est dans l'ombre, le traître, et l'éclairage est maintenu durant le baiser. Le scénario est toujours aussi efficace après plus d'une écoute. Les extras sont nombreux, l'entretien avec Cameron Mitchell est particulièrement intéressant, plein d'anecdotes sur le réalisateur. J’ai écouté le film avec la piste française, très bonne et l'on peut écouter la trame sonore en solo, comme sur The Bird with the crystal plumage, un bonus intéressant. À voir ! Mario Giguère

BLOOD LINK aka Extrasensorial- Alberto de Martino, 1983, Italie/États Unis/Allemagne

Michael Moriarty joue le rôle d'un bon docteur. Mais il a des visions étranges, en réalité, il voit ce que voit son frère siamois duquel il fut séparé à la naissance. Bien sur, le frangin est un peu déglingué et se plaît à assassiner de jeunes femmes. Le gentil docteur décide de le retrouver et de mettre fin à cette folie meurtrière.

Pas mauvais, mais pas bon non plus, ce thriller mené gentiment par une musique de Ennio Morricone est plutôt convenu et souffre d'une mise en scène d'une désolante platitude. Dommage, mais on a droit à deux Michael Moriarty, ce qui n'est pas déjà si mal. Kerozene

The BLOODSTAINED BUTTERFLY aka UNA FARFALLA CON LE ALI INSANGUINATE - Duccio Tessari avec Helmut Berger, Gianfranco Sbragia, Evelyn Stewart, Silvano Tranquilli, Lorella De Luca, Wendy D'Olive, Carole André, Italie, 1973, 1h34

Une jeune étudiante, Françoise Pigaut (Carole André), est assassinée à coups de couteau dans un parc, sous une pluie battante, en pleine après-midi. L'assassin parvient à prendre la fuite, sous les yeux de nombreux témoins. Très vite, les témoignages et les analyses du crime amènent la police à arrêter et incarcérer l'animateur de télévision Alessandro Marchi (Gianfranco Sbragia). Mais les choses sont-elles aussi simples ?

Relativement timoré côté scènes de meurtres, ce giallo du vétéran Duccio Tessari (1926-1994) se révèle néanmoins assez agréable à suivre. Ainsi la peinture sociale est intéressante, qui illustre les lâchetés et les compromissions des notables locaux. Comme souvent dans les films du genre, Evelyn Stewart prête son physique altier à un personnage de bourgeoise retorse. Quant à Helmut Berger, il évolue finalement dans un registre plus tourmenté et "viscontien" que ne le laissait prévoir le film. La description très précise du travail de la police scientifique (autopsie, analyses des scènes de crimes) est également en avance sur son temps ; elle préfigure en effet les films de serial killers américains des années 90. L'action progresse avec régularité, étroitement encadrée par une narration très (trop ?) explicative. Sa résolution est un rien prévisible. Reste un joli travail de montage et de mise en scène. Le décor urbain, riche de corniches et de vieilles bâtisses, s'avère utilisé au mieux. La fluide séquence d'ouverture est à ce titre fort réussie, pratiquement un modèle du genre, avec notamment le moment-clé où la bande-son bascule du concerto pour piano n°1 de Tchaikowsky aux plages "morriconiennes" de Gianni Ferrio... A voir... si vous le trouvez ! Stelvio

THE BLOOD STAINED SHADOW aka OMBRES SANGLANTES aka SOLAMENTE NERO, Antonio Bido, 1978, Italie, 85 Min.

Stephano, un professeur de mathématique, va habiter chez son frère pendant les vacances. Lors du trajet en train, il y rencontre une jeune femme avec qui il se lie d’amitié (STEPHANIA CASINI, la Sarah de SUSPIRIA). Son frère est le prêtre d’un petit village dans les environs de Venise. Lors de son arrivé, il croise une médium assez étrange et lors de la première nuit ... Son frère assiste à un meurtre qui a eu lieu dans la rue devant chez lui. Malheureusement pour lui, il n’a pu voir le visage de l’assassin et le cadavre a disparu ... Le lendemain, le corps est découvert quelques rues plus loin et selon les policiers, ce meurtre ressemblerait beaucoup au meurtre d’une jeune femme qui aurait eu lieu dans les environs, voici 20 ans. Dans les jours qui suivront, le prêtre recevra des lettres de chantage de plus en plus menaçante. Dans le but de résoudre ce problème de chantage que son frère souffre, Stephano cherche des pistes pour découvrir l’identité du meurtrier ...

L’ouverture du film est impressionnante avec le flash-back du meurtre d’une jeune femme tourné au ralentie dans un champ. Ce Giallo sympathique qui regorge d’atmosphère et de plans baroques, exploite bien les thèmes récurants du genre (un dessin d’enfant, une poupée pendue, des personnages isolés dans leurs appartements qui doivent affronter le meurtrier, le personnage principal qui se rappelle un détail mais qui ne sait pas c’est quoi, etc.). Mais tous ces éléments sont quand même traités d’une manière assez originale, bref c’est du tout bon. Et là où ce Giallo se démarque des autres, c’est dans l’exploitation du décor de cette banlieue de Venise : Poursuite en caméra subjective dans les rues, architectures baroques, plans menaçants de la ville tournés de nuits, etc. Malgré ce que dit l’I.M.D.B, je ne crois pas que les Goblins y ont composé la bande sonore, mais la musique tout en leitmotiv ressemble beaucoup à leur style et est excellente. De plus, pour l’amateur de SUSPIRIA, il aura droit à une bonne interprétation de STEPHANIA CASINI et à une scène de nue intégrale de sa part. Mais par contre, le film traîne quelque peu en longueur et l’amateur de gore serait peut être déçu ... Le film regorge de meurtres assez originaux mais jamais le sang est exploité de manière abondante. Ce qui n’est pas forcement un défaut, au contraire. Puis si on y oublie la chute d’un personnage du haut d’une tour qui semble être aussi haute que celle du C.N à Toronto, rien ici n’est ridicule. Ce Giallo réalisé par un Antonio Bido qui m’est assez inconnu (mais qui aurait réalisé un très bon Giallo du nom de CAT’S VICTIMS (aka IL GATTO DAGLI OCCHI DI GIADA)) a constitué pour moi, une découverte des plus intéressantes. Black Knight

Difficile d'en parler plus en détail sans trop en dévoiler. Ce giallo mérite l'attention de tous les amateurs du genre. Bido, ancien élève d'Argento, connaît bien son cahier des charges et livre un film bien réalisé qui offre même par moment quelques plans de génie pur. La musique interprétée par les Goblin ajoute encore plus à la qualité de la mise en scène. Et bien malin sera celui qui découvre le tueur avant le dénouement. Kerozene

CASE OF THE BLOODY IRIS, aka Perché Quelle Strane Gocce di Sangue sul Corpo di Jennifer ?, aka Erotic Blue, aka What Are Those Strange Drops of Blood Doing on Jennifer's Body ?, Giuliano Carnimeo, 1971, Italie, 1h34

Jennifer ( Edwige ) et sa copine mannequin, emménagent dans un appartement laissé vacant suite à un meurtre. Les attentats se multiplient au grand dam de l'inspecteur de police, grand collectionneur de timbres. Jennifer est harcelée par son mari, leader d'une secte, qu'elle a quittée, les voisins sont tous plus étranges les uns que les autres et sa colocataire a un sens de l'humour morbide.

J'ai visionné le dvd d'Anchor Bay, offert dans le coffret GIALLO COLLECTION. Magnifiquement restauré, il n'y a que deux courts passages ou la pellicule n'est pas impeccable. Les couleurs sont vives, les scènes de nuits sont enfin plus faciles à regarder. Le scénario de Gastaldi s'apprécie encore plus à la seconde écoute, les indices sont tous là, on ne les voyait pas, et les fausses pistes nombreuses sont bien amenées. La musique de Bruno Nicolai est parfaite pour le film, si vous avez vent qu'elle sort sur cd, vous me faites signe.

En extra, la bande annonce, comme pour tous les films italiens de l'époque, je conseille de ne pas regarder la bande car tout ou presque y est dévoilé ! Et une scène de meurtre alternative. Mais ce qui compte c'est de pouvoir voir ce film, et Edwige, dans toute sa splendeur. Merci Anchor Bay. Mario Giguère

Un bon matin, tout bonnement, une jeune fille est assassinée dans l'ascenseur qui la ramène chez elle, à l'intérieur de son immeuble à logements. On s'agite un peu puis on oublie. Mais lorsqu'une nouvelle demoiselle est tuée, dans le même immeuble, l'attention des policiers est attirée... Ça libère aussi un appartement et c'est avec allégresse que nos copines Jennifer (Edwige Fenech) et Marylin (Paola Quattrini) s'installent au beau milieu d'un voisinage douteux, courtisées par l'architecte de l'immeuble (George Hilton) qui est pote avec le photographe de l'agence de mannequins où elles travaillent. Bientôt, il y aura des étincelles de séduction entre la belle Edwige et le beau ténébreux, mais notre Jennifer est tourmentée par un ancien amant gourou sur les bords et un étrange homme masqué sans doute attiré par ses courbes...

Voilà donc un giallo classique, mais diablement efficace. Une équipe de rêve pour un effort pionnier, qui installe des standards de qualité que bien d'autres films du genre, réalisés dans la décennie suivante, auront du mal à égaler. Avec Carnimeo à la direction, monsieur qui a plus tard retrouvé Fenech dans POKER IN BED ('74) et J'AIME UN HOMME (aussi '74), et qui fut un temps, dans les années '60, spécialiste de l'euro-western et de la série Sartana, on ne se trompe pas.

Stelvio Massi, recrue talentueuse à l'époque, signe une direction photo presque parfaite, enchaînant lumière troublante sur plans déstabilisants. Bruno Nicolaï signe un thème obsessif, qui revient un peu trop souvent à mon goût tout au long du film. Le montage d'Eugenio Alabiso est comme toujours impeccable, et le scénario du pionnier Ernesto Gastaldi nous réserve bien des surprises. Nous étions d'ailleurs à l'époque où les "coups de théâtre" auxquels le genre nous a habitués n'étaient pas encore tirés par les cheveux, et ce simple fait est déjà rafraîchissant !

Psychédélisme multiple au rendez-vous, et toutes les actrices (fort jolies) portent des mini-jupes ! Que demander de plus qu'une Edwige Fenech qui déambule avec un air effrayé, pendant que sa voisine Sheila (Annabella Incontrera, qui a aussi joué, l'année suivante, dans BLACK BELLY OF THE TARANTULA et dans l'étrange SO SWEET, SO DEAD) tente de la séduire sans grand résultat ?

Restent les hommes, dont le bellâtre George Hilton, spécialiste de l'euro-western et du giallo, qui est entre autres apparu dans MY DEAR KILLER en '72 et qui allait, la même année, retrouver la belle Edwige dans le DAY OF THE MANIAC de Sergio Martino. Il séduit la Fenech, puis se retrouve catapulté suspect principal, semant un effroyable doute dans l'esprit troublé du non moins troublé spectateur.

Un giallo jouissif, donc, qui est une pièce maîtresse de ce "giallo collection" qui comprend aussi, en box set chez Anchor Bay, WHO SAW HER DIE, THE BLOODSTAINED SHADOW et SHORT NIGHT OF THE GLASS DOLLS, qui sont évidemment tous des classiques. Orloff

CRIMINALIA aka IL MOSTRO - Luigi Zampa avec Johnny Dorelli, Sydne Rome, Renzo Palmer, Yves Beneyton., 1977, Italie, 1h32

A Rome, une série de meurtres sanglants et mystérieux se produisent. Les victimes, toutes des "people" bien connus du grand public, n'ont apparemment aucun lien entre elles. Si ce n'est que le journaliste Valerio Barigozzi, personnage hâbleur et malheureux en ménage, se trouve à chaque fois sur les lieux des crimes et reçoit des messages anonymes dactylographiés le prévenant de leur imminence. Une course contre la montre s'engage entre le reporter et le "monstre", ainsi que le surnomme le quotidien qui l'emploie, avide de sensation...

Œuvre tardive de Luigi Zampa (1905-1991), vétéran du néo-réalisme italien, ce CRIMINALIA présente un profil relativement inclassable. Le scénario l'apparente à un giallo, la jaquette vidéo française d'époque le vend comme tel. Ce n'est pas totalement mensonger : plusieurs meurtres violents viennent rythmer le long métrage. Mais le seul crime montré par Zampa se situe en tout début de bande, quand Barigozzi (Johnny Dorelli) voit un... giallo au cinéma, avec son fils de 16 ans. La fiction laisse alors la place à la réalité et les "vrais" meurtres ne tardent pas à se multiplier. Le personnage principal, qui écrit des romans de gare pour arrondir ses fins de mois, va se trouver pris entre deux statuts : celui de témoin privilégié des crimes et celui d'accusé. Le film passe sans cesse d'un niveau de lecture à un autre, alternant scènes de satire sociale et montées de tension propres au genre "giallesque", avec une caméra subjective inspirée et une jolie bande-son d'Ennio Morricone. Les travers de la presse populaire et le goût du public pour le sensationnel sont moqués avec causticité. On sent le regard, mi-tendre, mi-désabusé, d'un cinéaste âgé sur le monde tel qu'il (dé)va. Le personnage principal devient à son corps plus ou moins défendant la vedette de cette affaire criminelle, pour le meilleur (il se tape une chanteuse sexy interprétée par Sydne Rome) comme pour le pire. Plus occupé à tirer des scoops des crimes qu'à les empêcher, il finira logiquement en taule, soupçonné d'être le tueur. Jusqu'à ce qu'il découvre la terrible explication...

Intéressant à plus d'un titre, ce film, réalisé avec métier par un vieux briscard, s'avère néanmoins frustrant : l'amateur de giallo regrettera le refus de faire des crimes un prétexte à mise en scène. Sans doute une manière pour le réalisateur de jouer sur cette attente pour mieux la tromper. Et d'apporter ainsi de façon un peu roublarde de l'eau à son moulin anti-sensationnaliste. Troublant. Stelvio

CROSS CURRENTS aka Un Omicidio Perfetto a Termine de Legge aka Homicidio al Lìmite de la Ley - Tonino Ricci, 1971, Espagne / Italie, 1h29

Un riche playboy qui ne dédaigne pas piloter un bateau de course dans ses temps libres est victime de sabotage alors qu'il est en pleine compétition et se retrouve projeté dans l'eau tellement violemment qu'il en subit une commotion cérébrale presque mortelle. Le docteur qui le soigne parvient à le sauver de l'infirmité de justesse pendant une opération plutôt risquée, au plus grand bonheur de sa femme, une petite blondinette pas désagréable à regarder. Il a cependant perdu des fragments de sa mémoire et doit, pour retrouver un état de parfaite santé, être entouré pendant sa convalescence de calme et d'amitié. Prescription qui sera certes déjoué alors que les cadavres - le jardinier, ainsi que son meilleur ami, et j'en passe ! - se mettront à littéralement lui pleuvoir dans les bras !

Giallo de la première heure ayant très mauvaise réputation, cette petite merveille du sous-estimé Tonino Ricci n'a qu'un seul défaut : on n'y comprend absolument rien ! Les repères stricts inhérents au genre sont ici presque absents, comme si en '71 la ligne définissant le giallo n'avait pas encore été tracée; pas de tueur dont on ne voit pas le visage, et pas de soupçons se portant sur tout un chacun. Non, ici, toujours, quelqu'un observe, et une paire d'yeux qui semblent omniscients et qui ont bien l'air de se retrouver partout "où ça chauffe", sans jamais que l'on puisse identifier clairement à qui ils appartiennent.

La maison de l'amnésique est absolument design, ce qui surprend l'oeil averti et confère au personnage un bon goût immédiat, que ça soit en meubles ou en femmes; son entourage romantique est en effet de qualité supérieure ! Provocatrice et voluptueuse Rossana Yanni, constamment vêtu de mini-jupes toutes plus courtes les unes que les autres, lascive même en restant étendue sur un divan, elle séduit habilement notre playboy à la mémoire trouble et y va même de quelques pas de danse lors d'une sortie en boîte. Ivan Rassimov, le meilleur ami du type, est discret et bienveillant, mais les amateurs du genre ne s'y trompent pas; sa présence n'est jamais garante de bonnes nouvelles !

Il y a à travers tout ça la menace perpétuelle, réelle ou imaginaire, que constitue un arbre tortueux et décharné, mort depuis longtemps, et toujours planté tel une sentinelle de mauvais augure devant le porche de la villa. Les plans qui le représentent sont habiles, et donnent souvent le vertige, contre-plongées hallucinantes et perspectives d'un bout de ciel à travers les branches sans feuilles...

Une originalité : pendant la première heure, on ne voit pas le traditionnel "tueur en imperméable" une seule fois, mais il nous est décrit ! Il y a bien des fausses pistes qui sont lancées, puis abandonnées en cours de route. De plus, la frontière entre la rêverie et la réalité est malhabilement dessinée, ce qui produit une légère confusion ! L'ouverture du film en est un bon exemple; visiblement une ellipse, on tente plus tard de l'expliquer mais Ricci ne parvient qu'à brouiller les pistes encore plus profondément, tant sa narration "ésotérique" nous perd. Une bien belle expérience visuelle et sensorielle, donc, mais que les amateurs de logique n'apprécieraient sûrement pas. J'ai donc décidé de profiter de la vue, de mettre mon côté rationnel en veilleuse et de laisser les images parler. Orloff

DAY OF THE MANIAC aka Tutti colori del Buio aka They'e coming to get you aka All the Colors of the Dark - Sergio Martino, 1972, Italie/Espagne

Quelle belle surprise de découvrir Tutti Colori del Buio derrière ce titre quelconque, uncut, composite. Edwige Fenech est surprenante en jeune conjointe troublée par le meurtre de sa mère lorsqu'elle n'avait que 7 ans. Elle croit voir le tueur partout et iras jusqu'à rentrer dans une secte sataniste pour tout oublier et bien dormir. C'est compliqué un peu, pas mal pour rien, mais pour les gros plans sur Edwige on oubliera volontier les références à Polansky et Argento. Mario Giguère

My DEAR KILLER aka Mio Caro Assassino Tonino Valerii avec George Hilton, Salvo Randone, William Berger, Manolo Zarzo, Patty Shepard, Piero Lulli, Helga Line, Tulio Valli, 1972, Italie, 99m

Un important contracteur est retrouvé mort, la tête tranchée, dans une carrière. L'inspecteur Luca Peretti est chargé de l'enquête, ce qui ne fait pas le bonheur de sa femme qui aimerait passer plus temps avec lui. Peretti découvre l'identité du seul suspect possible mais il le découvre pendu chez lui. Peretti est convaincu qu'il ne s'agit pas d'un suicide et que le vrai assassin est toujours en liberté. C'est alors que l'épouse du contracteur décédé découvre une clé menant à une boîte postale dont elle ignorait l'existence. Peretti l'envoie vérifier mais elle se fait tuer après avoir ouvert la boîte et son contenu a disparu, à l'exception d'un dessin d'enfant. Peretti a la conviction que les meurtres sont reliés au kidnapping d'une petite fille il y a un an où celle-ci et son père ont été tués. Les indices qu'il trouve l'amène à croire que le tueur élimine tous ceux qui auraient pu le connaître son identité lors de cette affaire. Lorsque Peretti découvre enfin la preuve pour le démasquer, il fait réunir la famille et l'entourage de la petite fille pour une confrontation.

Ce film constitue le seul giallo réalisé par Tonino Valerii, plus connu pour ses westerns et ses films d'action. Pour cet unique essai, il s'en est très bien sorti. L'intrigue est bien menée et elle évolue avec clarté malgré des éléments complexes. La scène finale rappelle quelque peu les romans d'Agatha Christie mais elle s'avère pertinente et logique dans ses développements avec les indices dévoilés tout au long de la projection. Les scènes de meurtres retiennent l'attention par leur violence peu coutumière (on a droit entre autres à un meurtre avec une scie électrique) et des effets de montage efficaces. La musique d'Ennio Morricone est plaisante et rappelle même celle de Lalo Schifrin dans "AMITYVILLE HORROR" qui est sortie quelques années plus tard. Les interprètes sont excellents et bien dirigés, en particulier George Hilton, méconnaissable en inspecteur de police ordinaire mais tenace. Mathieu Lemée

DEATH CARRIES A CANE, aka Chassés-Croisés sur une Lame de Rasoir, aka The Tormenter, aka Trauma, aka Maniac at Large aka Passi di danza su una lama di rasoio, Maurizio Pradeaux 1972, Italie/Espagne/France, 1h26.

Une jeune femme (la troublante Susan Scott) qui prend l'air avec ses parents sur un plateau achalandé essaie d'apercevoir la terrasse de son appartement avec les jumelles touristiques mises à sa disposition. Mais elle aperçoit plutôt un meurtrier à l'ouvrage dans un appartement non loin. Personne, tout d'abord, ne veut croire qu'elle a réellement été témoin d'un meurtre, mais son entourage doit se rendre à l'évidence quand on parle, le lendemain dans les journaux, de l'assassinat d'une jeune fille. Ce n'est pas le premier que recense la police et ce ne sera pas le dernier, car le tueur se lancera avec appétit sur les traces de ce témoin gênant.

Giallo assez moyen côté narratif, ce film de Maurizio Pradeaux se distingue de la masse par son côté technique halluciné. Les prises de vues inusités abondent, et les travelings "à l'épaule" plutôt artisanaux sont fréquents, ce qui donne un aspect bancal et artificiel à l'image. De nombreux panoramiques tournoyants et des plans un peu tordus couronnent le tout. Susan Scott interprète une délicieuse cruche. L'habileté de Pradeaux tient à un seul détail; le spectateur confus en vient à soupçonner presque chaque protagoniste à un moment ou un autre du film. La musique est intéressante mais certains éclairages laissent à désirer. Le doublage français un peu délirant joue avec les nerfs, particulièrement dans la scène ou figure la vieille concierge. L'ensemble est charmant et le dénouement surprend, mais on reste sur notre faim, éprouvant presque l'impression qu'il manque une pièce au puzzle. Damnée incomplétude. Orloff

  DEATH LAID A EGG aka La Morte Ha Fatto L'Uovo aka La Mort a pondu un oeuf - Giulio Questi avec Gina Lollobrigida, Jean-Louis Trintignant, Ewa Aulin et Jean SobieskiItalie, 1968, Italie, 86m

Dans une ferme industrielle où il y a un scientifique qui fait des expérimentations pour fabriquer des poules pas de têtes pour permettre de faire baisser les coûts de l'exploitation industrielle... Marco (Jean-Louis Trintignant) oeuvre comme étant le directeur et il a une liaison secrète avec sa cousine Gabrielle (Ewa Aulin) qui est aussi sa secrétaire particulière. Marco planifie secrètement avec elle de tuer sa femme Anna (Gina Lollobrigida) a qui appartient la ferme. Mais Gabrielle a elle aussi son agenda secret et c'est de tuer Anna et Marco pour hériter de la ferme et pour en profiter avec son amant qui est l'agent publicitaire de la ferme. Lesquels arriveront à leur fin tout en ayant un solide alibi ?

Il s'agit d'un giallo inhabituel avec quelques consonances scientifique qui bénéficie d'un long travail sur le cadre et sur le montage pour donner une illustration très weird. Tellement que nous croyons voir un genre de DIABOLIQUE réalisé par Luis Buñuel. Le réalisateur avait fait un travail similaire avec DJANGO KILL et dans les 2 cas, les 2 oeuvres se révèlent être des modèles du genre. Trintignant offre une solide performance et les 2 comédiennes aussi, les regarder jouer est un vrai bonheur. La fabuleuse musique du très rare (seulement 4 films) Bruno Maderna est expérimental en soi en constitue une ambiance et une trame sonore unique. Le film contient aussi quelques scènes de BDSM qui en a fait surement une oeuvre d'avant-garde pour l'époque. Il s'agit d'un film que je recommande vivement à ceux qui ne l'ont pas vu. Black Knight

DELIRIUM aka Delirio Caldo - Renato Polselli, 1972, Italie 

Voilà un film qui ne sera pas du goût de tout le monde (d'ailleurs, moi-même...) puisqu'il s'agit d'un giallo extrêmement violent, dans lequel le tueur déshabille copieusement ses victimes avant de les massacrer avec des raffinements de cruauté. Toutefois, il ne les viole pas, c'est déjà ça.

Ce qu'il y a de plus intéressant, là-dedans, c'est qu'il existe en deux versions, une "internationale" et une destinée au marché américain. Dans ces cas-là, on sait en général à quoi s'attendre : plus de scènes érotiques dans la version internationale. Mais ici, quoique ce soit partiellement le cas, c'est aussi d'un remontage complet du film qu'il est question, et non seulement ça, mais, quoique le métrage soit semblable à 90%, le scénario et la fin sont totalement changés d'une version à l'autre.

Déjà, dans la version américaine, le film est un simple fantasme du personnage principal : la première et la dernière scène montre un officier américain au Viêt-Nam, blessé au cours d'une bataille et soigné par une jolie infirmière, avant de mourir dans ses bras. L'infirmière deviendra sa femme dans le rêve que lui inspire sa blessure à la tête. Dans la version internationale, ces deux scènes n'existent pas : les événements du film sont bel et bien présentés comme la réalité.

Scénario : le psychiatre Herbert Lyutak (Mickey Hargitay) est aussi cinglé que ses patients, et il lui arrive de temps en temps de buter une jolie fille, tout en aidant censément la police à coincer les assassins. Dans les deux versions, on le voit d'entrée perpétrer un de ces meurtres. Ensuite, cependant, les choses changent : alors que le tueur continue ses activités et que les indices s'accumulent dans l'escarcelle des policiers, la version américaine ne fait pas mystère de l'identité de l'assassin. La version internationale, elle, prend une tout autre direction, allant jusqu'à (grâce à un 'habile' remontage) faire se produire certains des crimes alors que notre psychiatre se trouve en d'autres lieux, si bien qu'il ne saurait être responsable.

Au bout du compte, on apprendra que la femme d'Herbert, Grazia (Rita Calderoni), a commis certains meurtres pour disculper son mari, qu'elle sait coupable mais dont elle est éperdument amoureuse. Elle a agi en association avec sa nièce Joaquine, avec laquelle elle semble entretenir une liaison saphique (je dis "semble" parce que la chose n'est évoquée que durant une séquence hallucinatoire qui pourrait fort bien n'être que délire). A la fin, Joaquine tuera Herbert et Grazia, avant de finir assez mystérieusement empalée sur une fourche. Mystérieusement, et pour cause, car ledit empalement figure dans la version américaine, où c'est Herbert qui tue Joaquine et Grazia avant de se faire abattre par la police.

En dehors des scènes au Viêt-Nam, visiblement rajoutées après coup, c'est sans doute la version américaine qui suit le scénario d'origine : elle est en effet nettement plus cohérente, quoique guère passionnante. Il s'agit d'un giallo de base, un peu plus violent et sexy que la moyenne. Son métrage plus faible s'explique par la suppression de plusieurs scènes déshabillées (même si d'autres, en revanche, ne figurent pas dans la version internationale, allez y comprendre quelque chose). La version longue, elle, quoique nettement plus intrigante au début, puisqu'elle propose une véritable énigme, se révèle au bout du compte insatisfaisante : afin de bricoler l'histoire, les monteurs ont dû sacrifier la vraisemblance, si bien qu'il se produit énormément de choses qui resteront inexpliquées (pour la bonne raison que l'explication est dépendante du scénario original).

Un film sans grand intérêt en lui-même (outre le désagréable voyeurisme pervers du propos, les acteurs ne sont pas très bons - euphémisme, dans certains cas - et la réalisation quelconque), mais un bel exemple de tripatouillage cinématographique comme il y en eut tant à une certaine époque - quoique rarement à ce point-là, et il en en outre fort rare de pouvoir ainsi jouer à "avant/après". La juxtaposition des deux version en fait donc une curiosité qu'on peut voir si on n'a rien de mieux à faire, ce qui était mon cas ce soir. Amitiés, Michel Pagel

There's also a French version MEURTRE DANS LA VILLE, which contains some nudity and sadism not in the two other versions and runs a bit longer. I've always wondered if the makers of JACOB'S LADDER saw the US version, since it uses the same structure of a dying soldier in Viet Nam hallucinating the story during his last moments. Robert Monell

Le DIABLE A SEPT VISAGES aka IL DIAVOLO A SETTE FACCE aka LE DIABLE A SEPT FACES aka THE DEVIL HAS SEVEN FACES - Osvaldo Civirani avec Carroll Baker, George Hilton, Stephen Boyd, Lucretia Love, Luciano Pigozzi, 1971,  Italie, 1h29

Une jeune et jolie jeune femme est victime d'agressions inexplicables. Alors que la police se perd en conjectures, le danger se fait plus pressant...

Carroll Baker, George Hilton, 1971, des agressions, un mobile mystérieux... Voilà qui annonce un joli giallo, me dis-je en enclenchant cette VHS dans mon lecteur... Quelle déception ! Certes, l'intrigue suit vaguement les règles du sous-genre si cher à nos coeurs. Mais quelle platitude de mise en scène, quelle incapacité à torcher une scène de meurtre correcte et quelle impuissance à créer l'atmosphère de mystère nécessaire ! Osvaldo Civirani justifie sa réputation de tâcheron sans âme, dans un genre qui ne pardonne guère le manque d'inventivité. Seuls surnagent les acteurs auxquels on s'accroche vaguement. Les sourcils de George Hilton, les minijupes de Carroll Baker, c'est bien mais c'est finalement fort peu ! Unique véritable point positif de cette poussive enquête tournée aux Pays-Bas, la voluptueuse musique du grand Stelvio Cipriani. Un tout petit giallo donc (Bon ok, DERNIER APPEL d'Alberto De Martino est pire). A réserver aux vrais collectionneurs du genre... Stelvio

DELIRIUM aka La Photo di Gioa - Lamberto Bava, 1987, Italie  

Une photographe de mode se met à recevoir de bien étranges photos. En effet, ces dernières montrent les cadavres de ses amis ainsi que des mannequins avec qui elle travaille. Elle se met alors à tenter de découvrir l'identité du criminel, mais comme dans tout giallo, la tâche ne sera pas facile.

Lamberto Bava signe ici un thriller qui fonctionne très bien, tout le long, on se demande qui peut bien être l'assassin et le réalisateur brouille très bien les pistes dans le but de nous mélanger. Durant le visionnement, on ramasse tous les indices donnés pour pouvoir se faire une hypothèse et on s'attend à un complot des plus saugrenus. Bref, on s'amuse bien jusqu'à ce que le tueur soit enfin dévoilé, c'est un peu "rushé" comme on dit, comme si Bava tenait tellement à surprendre qu'il a refusé de suivre une certaine logique.

Mais ne vous privez pas pour autant, ça vaut la peine ! Oncle Freak

DON'T TORTURE A DUCKLING aka Non si sevizia un paperino aka La longue nuit de l'exorcisme - Lucio  Fulci avec Florinda Bolkan, Barbara Bouchet, Tomas Milian, Irene Papas et Marc Porel. 1972, Italie

À l'intérieur d'un petit village du sud de l'Italie, où les étrangers ne sont pas les bienvenues, des enfants sont retrouvés assassinés. Les policiers et un journaliste (Thomas Milian) font enquête.

Réalisé en 1972, époque où les giallos au nom d'animaux étaient les seuls à connaitre du succès. Ce giallo se laisse regarder avec plaisir. Le casting est vraiment de première classe avec les Florinda Bolkan, Barbara Bouchet, Tomas Milian et Marc Porel. Barbara Bouchet a une magnifique scène de séduction avec un jeune garçon et Florinda Bolkan (tout juste sortie de A LIZARD IN A WOMAN'S SKIN) joue un rôle difficile d'une folle ou sorcière du village. Cette dernière aura une scène qui inspirera THE BEYOND. En ce qui concerne Thomas Milian, ce dernier a un rôle très sobre qui contraste vraiment avec ses rôles les plus exubérants. Ce qui marque dans le film est que la trame a lieu dans un lieu inhabituel... Un petit village et surtout une vaste montagne entourée de bois. Ces images avec la musique de Riz Ortolani font vraiment mouche. Bref, il s'agit d'un excellent petit giallo à voir ou revoir avec plaisir. Black Knight


Marc Porel

L'EMMUREE VIVANTE aka SEtTE NOTE IN NERO aka MURDER TO THE TUNE OF SEVEN BLACK NOTES aka THE PSYCHIC aka SEVEN NOTES IN BLACK - Lucio Fulci avec Jennifer O'Neill, Gianni Garko, Marc Porel, Evelyn Stewart (Ida Galli), Gabrielle Ferzetti, 1977, Italie 1h30

Depuis sa plus tendre enfance, Virginia Ducci a régulièrement des visions. Un jour qu'elle visite une ferme abandonnée appartenant à son mari, elle remarque des détails semblables à l'un de ces "flashes" récurrents et découvre, derrière un mur, un squelette, identifié comme celui d'une ancienne maîtresse de son époux. Elle décide de mener sa propre enquête pour innocenter ce dernier ...

Thriller d'épouvante teinté de surnaturel, L'EMMUREE VIVANTE fait partie des films les plus scénarisés de maître Lucio. Très peu de gore (seule une scène d'éclatement facial contre une falaise, comme dans LA NUIT DE L'EXORCISME), pas mal de psychologie et de rebondissements plus ou moins attendus. Pas un chef d'œuvre mais un excellent suspense. L'intrigue aurait sans doute gagné à être un peu allégée, la scène de la vision revient un peu trop souvent (même si la récurrence est le thème du film). Mais, techniquement, c'est du très beau travail. Fulci constitue d'ailleurs avec ce film l'équipe qui contribuera à la réussite de sa quadrilogie "zombiesque". L'atmosphère hivernale est ainsi fort bien rendue grâce notamment à une très belle photo blafarde de Sergio Salvati. Le casting international ne présente aucune faille. L'Américaine Jennifer O'Neill, toute en distinction et en retenue, se montre aussi à l'aise que chez Visconti ou chez Cronenberg. Le Suisse Marc Porel, qui mourra au début des années quatre-vingt, joue les "good guys" avec conviction. Enfin, la très belle Evelyn Stewart (aka Ida Galli) prend à merveille des airs vipérins. La fin, ouverte, laisse au spectateur le soin de choisir : happy end ou pas ? A voir assurément ! Stelvio

L'Éventreur de New York aka the NEW YORK RIPPER - Lucio Fulci, Italie

Là où le rationnel ne peut rien, Fulci s'amuse à transgresser les motifs.  Il brouille les pistes et nous sert des personnages atypiques au cinéma traditionnel mais typiques au cinéma italien sadique ...  L'Éventreur de New York est-il ce grec à trois doigts ?  Ou est-il tout autre, quelqu'un qu'on ne devrait pas soupçonner ?  La recette habituelle d'un slasher, avec en plus la tranquille maîtrise visuelle de Fulci et son gore juteux, explicite et froid.  Toute la déviance d'un New York des années 80 est ici présente; des latinos qui ne vivent que pour le sexe; un médecin "amour libre" qui ne vibre qu'au son des écarts sexuels de sa femme nymphomane; un psychologue railleur qui carbure aux magazines homosexuels; un médecin légiste qui prend un certain plaisir à effectuer ses autopsies et finalement, un flic nonchalant qui fréquente une prostituée.  On passe par toutes les gammes du suspense et de la répulsion alors que le tueur - qui s'exprime avec une voix de canard, idée que seul Fulci était capable d'exploiter avec autant d'humour - découpe ses victimes avec une sauvagerie soudaine.  Chaque séquence respire la "touche Fulci" et bénéficie heureusement d'une certaine cohésion du récit. Probablement un des meilleurs du vieux barbu sanglant. Orloff

EYEBALL aka Gatti rossi in un labirinto di vetro - Umberto Lenzi, 1975, Italie/Espagne

Je viens juste de me taper ce film de Lenzi (en vu d'un travail)... Pas mauvais. En fait, il est assez entertaining... Beaucoup plus que son infamous Make Them Die Slowly (aka Cannibal Ferox.. Mais ça, on le sait tous déjà!)... sauf que le Dvd de ce dernier (sur lequel je viens juste de mettre la main) est fantastique... Le transfert bien normal, mais les extras et les menus jouissifs... Pour revenir à Eyeball, disons qu'il y a une intéressante utilisation du zoom (très cheesy, je l'admets). Mais ses changements de scènes, avec des  zoom in -> zoom out, sont non seulement des relations graphiques (et/ou de teintes et textures) mais amène un symbolisme en plus d'ajouter au "suspense -l'identité du tueur-" du film... Un peu comme on retrouve dans  Don't Look Now de Nicolas Roeg ou les films de Fulci. Gore Monger

FEAR aka L'Ossessione che uccide aka The Wailing - Riccardo freda avec Anita Strindberg, Laura Gemser, 1980, Italie/France/Espagne, 92m

Deux hommes et deux femmes font du repérage de tournage dans le domaine ou jadis, l'acteur principal a vécu son enfance, y tuant son père dans un accès de folie. Mais il n'en a aucun souvenir et toute l'équipe se fera trucider rapidement. Est-il vraiment fou, qu'est-ce que ces semblants de messe noire ? Pourquoi sa mère le drague ouvertement ?

Sorti en 1980, soit cinq ans après Profondo rosso, les références au film de Dario Argento sont assez nombreuses pour que l'on devine tout ce qui se passe. C'est enrobé de sorcellerie, d'une très mauvaise musique, des effets spéciaux amateurs et de mauvais acteurs, à part la mère qui fait un bon numéro, mais c'est rien d'original, rien de bon. Il y a bien un 3 minutes vers la fin avec soudainement de la musique à la Goblin, mais la séquence finit en douceur, et le film finit platement. Non d'une bobinette que le film est plate !! Mario Giguère

Five Dolls for an August Moon aka CINQUE BAMBOLE PER LA LUNA D'AGOSTO  aka Cinq Filles Pour une Nuit Chaude d'Été, aka l'Île d'Épouvante, 1970, 81m.

Quatre couples sont réunis sur une île, avec deux domestiques, afin de discuter affaires; l'un d'entre eux vient en fait d'inventer une formule scientifique qui permettra à son possesseur de s'enrichir à coups de millions. Il y a là l'allumeuse typique, les industriels véreux de service et leurs épouses, dont deux lesbiennes qui n'ont pas envie qu'on apprenne leur liaison. Leur week-end de vacances se gâtera quand le corps d'un domestique sera retrouvé sur la plage avec une jolie plaie béante à la poitrine. Dès lors ils se rendront compte que pour certains d'entre eux, la vie humaine ne vaut pas cher la livre.

Après une période surtout marquée par des films de commande réalisés à contrecoeur ou pour l'argent, avec de gros budgets, le retour de Bava au giallo à petit budget se déroulant dans un seul et même lieu, pratiquement sans effets spéciaux, est un huis-clos plutôt réussi. Le style photographique du maître transpire dans chaque plan, et ses zooms de ponctuation n'ont jamais été aussi bien utilisés. On ne ménage pas les orgies psychédéliques de couleurs qui se fondent l'une dans l'autre dans une sublime sarabande visuelle. Edwige Fenech joue la séductrice impénitente et on regrette qu'elle ne figure que dans quelques scènes. La musique tropicale et envoûtante est un agrément qu'il serait difficile de négliger, créant une ambiance touffue que vient confirmer la végétation quasi tropicale de l'île. L'intrigue bien ficelée se déroule sans une seule anicroche, et on est loin de l'incohérence parfois reprochée au genre en général. Un bon film pour s'initier à l'univers feutré et coloré d'un des meilleurs réalisateurs italiens de l'époque. P.A. Buisson

Coincé avec la trame connue d'un Agatha Christie et n'ayant qu'une fin de semaine pour préparer le film, Bava s'amuse encore à nous amener sur plein de fausses pistes. Sa caméra racole Edwige Fenech, ici en garce mignonne, les éclairages sont toujours soignés. La musique est du tonnerre, le ton léger, l'ironie et l'humour noir abondent. On ne croirait pas du tout que Bava était mal pris. Et il signe le montage.

Le dvd offre une image et des couleurs superbes. En version anglaise ou originale sous-titrée, le noeud de l'intrigue, que je n'avais pas saisi en voyant la version française, nous rappelle les fins légères de ses films comme THE GIRL WHO KNEW TOO MUCH, l'original BLACK SABBATH ou le futur BAY OF BLOOD. Il est quand même curieux qu'un cinéaste qui pratiquait l'humour dans ses films au scénario sombre n'aie pas tellement réussi la seule vraie comédie qu'il ait signée, son DR GOLDFOOT. Mario Giguère

GENTLY BEFORE SHE DIES aka Your vice is a locked room and only I have the key - Sergio Martino, 1972, Italie

Oliviero (Luigi Pistilli ) est un écrivain qui a une relation sado masochiste avec sa femme ( Anita Strindberg ). Pendant ce temps le chat noir de feu la mère de l'écrivain exacerbe également madame. Lorsque qu'Oliviero se réveille au lendemain d'une beuverie, il croit bien avoir commis un meurtre et décide d’emmurer la victime. Sa nièce (Edwige Fenech) débarque et séduit tout ce qui bouge, tout en encourageant la femme abusée à tuer son mari.

Variation intéressante et morbide sur le conte d'Edgar Allan Poe : the Black Cat, Martino multiplie les pistes dans ce huis clos malsain. Edwige Fenech joue la garce avec une désinvolture peu coutumière. Vive Martino ! Mario Giguère

GIALLO A VENEZIA aka Gore in Venice aka Mystery in Venice aka Thriller in Venice - Mario Landi, 1979, Italie 

Un inspecteur italien mène une enquête sur une flopée de meurtres des plus violents perpétrée à Venise lors de la saison des touristes.

GIALLO A VENEZIA est pour moi, un pur chef-d'oeuvre! Les thèmes du Giallo sont ici étalés dans leur extrême: Voyeurisme, meurtre sadique, fétichisme, symbole phallique ((une moule!) et un meurtre des plus sordide avec un poignard qui est vraiment utilisé d'une manière sans équivoque) et la sexualité "dite trouble selon les bonnes moeurs".

De plus. la musique de Berto Pisano (Burial Ground, Patrick Still Lives et Malabimba) est tout simplement magnifique et le choix des prises de vues est vraiment du grand art... En guise d'exemple... On voit dans le reflet des lunettes brunes de l'assassin une femme qui se fait scier une jambe alors qu'elle est vivante sur une table d'opération).

Il s'agit d'un film rare puisque l'une des 2 actrices principales, en l'occurrence Veronica Lario... A été par la suite mariée à un important politicien et que ce dernier avait acheté les droits ou fait empêcher la diffusion du film. Il s'agit aussi de la même actrice qui jouait le rôle de Jane McKerrow dans Tenebre de Dario Argento. Et ce même politicien avait pendant un moment, essayé de supprimer une scène importante de ce film précité. Au plaisir du film et ils sont nombreux... Le spectateur avisé pourra trouver certains lieux de tournage de Tenebre comme le commissariat de police. Puis la trame narrative m'a beaucoup surpris... Enfin, j'espère qu'un jour ce film sortira chez BLUE UNDERGROUND. Mais pour l'instant... Je vous souhaite une bonne chasse pour le trouver parce que le film est tout simplement excellent malgré quelques défauts mineurs. It's one of the all time best movie of B.K !! Yessssssssss !!! Black Knight

GIORNATA NERA PER L'ARIETE aka THE FIFTH CHORD aka Jour Maléfique - Luigi Bazzoni,1970, Italie

Un journaliste (Franco Nero) se retrouve au centre d'une intrigue meurtrière : plusieurs de ses proches sont assassinés sauvagement. Sa petite amie (Pamela Tiffin) en vient peu à peu à le soupçonner...

Dieu que ce Giallo est classieux ! Je suis tombé dessus une nuit, très tard, sur la Rai Uno, et je n'ai pas regretté mon insomnie ! La lancinante musique d'Ennio Morricone est absolument somptueuse, la photographie de Vittorio Storaro ne l'est pas moins. Certes, la mise en scène des meurtres ne s'avère pas particulièrement originale, mais les victimes sont occises dans un silence glaçant. Une pléiade de jeunes actrices (dont Ira Furstenberg et Agostina Belli) montrent leurs jolis minois, ce qui contribue au plaisir esthétique procuré par ce giallo trop méconnu. Stelvio

The GIRL WHO KNEW TOO MUCH aka LA RAGAZZA CHE SAPEVA TROPPO - Mario Bava, 1963, Italie

Nora Dralston, une touriste américaine amateur de roman policier, vient à Rome pour prendre des vacances chez Esthel, une amie de la famille. Pendant la nuit, Esthel meurt d’une crise cardiaque. En quittant son appartement, pour chercher de l’aide, elle se fait attaquer par un voleur de sac à main. Dans un état de semi-conscience, elle assiste au meurtre d’une femme. Au matin, à son réveille, le cadavre a disparu. Puis, la police et le docteur Bassi (John Saxon) ne croient pas son histoire. Convaincue qu’elle n’a rien imaginé, elle fait donc enquête ...

Je dois probablement être très en retard ... Mais je n’avais jamais vu ce film avant aujourd’hui ! Et j’avoue qu’après son visionnement, j’aime encore plus le cinéma de Mario Bava qu’avant. Malgré que le personnage vécu de gants noirs et d’un imperméable rouille est absent et ainsi que plusieurs éléments qui appartiennent au Giallo, dont l’élément de la sexualité trouble. Ce film est classé historiquement comme étant le premier Giallo de l’histoire du cinéma. J’ai été fortement surpris par les nombreuses qualités du film (excellent noir et blanc, une splendide interprétation de John Saxon, bonne musique et une excellente technique). Pour moi, toute la séquence qui se déroule sur la place publique (avec le vol et le premier meurtre) est un vrai morceau d’anthologie. C’est simple, je crois que cette séquence est en fait la scène la plus impressionnante que Bava n’a jamais filmé et mérite le visionnement du film. Excellent. Black Knight

HATCHET FOR A HONEYMOON aka ROSSO SEGNO DELLA FOLLIA  aka Meurtres à la Hache - Mario Bava, 1969, Italie, 85m

Tout semble baigner pour notre héros, un fabriquant de robes de mariées prospère et optimiste; sa femme lui casse les couilles mais est pleine à craquer, les affaires vont bien, et il accepte sa folie avec une philosophie tranquille qui frôle la sagesse. Sa folie ? Il croit que chaque fois qu'il tue une femme vêtue d'une robe de mariée, il dissipe de plus en plus les brumes d'incertitude entourant la mort mystérieuse de sa mère. Selon lui, une femme ne devrait vivre que jusqu'à la lune de miel. C'est sans doute pourquoi il décide de se débarrasser de sa femme, qui lui devient rapidement insupportable; mais serait-ce là la fin de ses déboires, ou leur amplification ?

Bava a de tout temps été un touche-à-tout, et il signe ici, en plus de l'impeccable réalisation, la photographie époustouflante du film. Si le récit surprend de prime abord par sa singularité - le héros qui nous avoue dès les premières minutes qu'il est un dangereux psychopathe, et qu'il ne peut s'empêcher de tuer les jeunes mariées - c'est surtout la maîtrise visuelle dans laquelle est enveloppée toute l'entreprise qui force l'admiration. Ici, pas un seul plan ne manque de lumière, pas un seul mouvement n'est superflu ou vague. La caméra n'a plus de secret pour Bava et son assurance transpire dans chaque image. La performance des acteurs est juste (et Dagmar Lassander a un minois tout à fait admirable, comme la plupart des minettes qui mettent les pieds sur le plateau) et la musique "groovy" est de circonstance. Quelques touches psychédéliques hautes en couleur viennent agrémenter le visionnement, entre autres lors des délires en "wide angle". Impossible d'être déçu par ce petit film sans prétention conduit de main de maître, une fois de plus, par l'un des cinéastes les plus talentueux de l'époque. P.A. Buisson

Il FICCANASO de Sergio Corbucci, 1981, Italie

Luciano ( Pippo Franco ), employé timide, livreur pour une compagnie de vêtements, est soupçonné d'homicide. Avec l'aide du commissaire et de Susanna ( Edwige Fenech ), férue de parapsychologie, il tentera de retrouver le criminel avant que celui-ci n'aie tué tout son entourage.

Mélange de comédie et de Giallo, co-scénarisé par Pippo Franco, grand escogriffe qui rappelle Pierre Richard, le film, en version originale italienne, désennuie et exploite les clichés du giallo par ses effets comique appuyés. La première partie, catalogue de blagues toutes dirigées vers le patron de l'entreprise, se regarde bien et la mise en scène de Corbucci est, ma foi, fort correcte. On note une séquence de rêve bien réussie. Edwige tiens le rôle habituel de fantasme ambulant, mais ses pitreries sur le paranormal sont agréables. La fin est prévisible, alors que dans un giallo habituel on nous sort un coupable arrivant de nulle part ! Mario Giguère

Les INSATISFAITES POUPÉES ÉROTIQUES DU DOCTEUR HITCHCOCK aka La Bestia uccide a sangue freddo aka Slaughter Hotel - Fernando di leo avec Margaret Lee, Klaus Kinsky, Rosalba Neri, 1971, Italie

Un hôpital psychiatrique pour gens fortunés abrite des femmes suicidaires, violentes et nymphomanes sous la garde du Docteur Keller ( Klaus Kinsky ). Mais un tueur pénètre la bâtisse et commence à massacrer les patientes avec des articles de la chambre d'armes.

Pur produit d'exploitation européen, le film mélange scènes de lesbianismes, nymphomanie et autres plaisirs charnels avec des scènes de massacre assez prudes, mais bien montées. Les vedettes féminines y sont à leur meilleur, Rosalba Neri, qui s'offre à tous les hommes, étant particulièrement sensuelle. L'identité du meurtrier importe peu au compte final, mais sa fin sera particulièrement démente. Vive Fernando di Leo ! Mario Giguère

The KILLER MUST KILL AGAIN ala L'Assassino è costretto ad uccidere ancora - Luigi Cozzi avec George Hilton, Marc Antoine, Femi Benussi, Christina Galbo, Italie/France, 1975, 86m

Giorgo trompe trop souvent sa douce moitié, ce qui la rend un peu rude. Sous les menaces de divorce et de lui couper l'accès à son compte en banque, le mari accoste un meurtrier pour lui donner contrat d'assassinat. La morte dans le coffre de l'auto, tout se complique quand un jeune couple vole la voiture. Poursuite jusqu'au bord de la mer pendant que Giorgo est sous la loupe de l'inspecteur qui croit d'abord à un kidnapping. Quand ça va mal...

Premier film pour Luigi Cozzi, avec une intrigue à la Hitchcock, un tueur au visage que seule sa mère doit aimer et de jolies actrices, bref les ingrédients du giallo bien tournés. Une caméra nerveuse avec beaucoup de gros plans caméra épaule, un thème musical obsédant, on ne peut pas dire qu'on s'ennuie, malgré des rebondissements convenus et des personnages curieux. On note deux belles séquences de montages en parallèle, la mort de l'épouse pendant que le mari rigole dans une soirée et le couple séparé, elle qui est violée par le tueur pendant que lui fait l'amour avec une blonde à la voiture en panne. Cozzi remercie Argento de lui avoir permit de tourner son premier long métrage, en entrevue, mais aussi dans le film avec un accessoire portant ses initiales. Sans être un giallo incontournable, Cozzi signe une bonne pièce du genre. Mario Giguère

The KILLER RESERVED NINE SEATS aka L'ASSASSINO HA RISERVATO NOVE POLTRONE - Giuseppe Bennati, Italie, 1974

Neuf personnages sont réunis dans un vieux théâtre à l'architecture grandiose. Sournoisement enfermés à leur insu, ils se verront éliminés un par un par un tueur masqué portant une cape et maniant la lame tranchante avec perversion. Mais qui est dont ce mystérieux assassin ? Est-ce un homme ? Ou même un fantôme ? Car en effet, une ambiance surnaturelle vient planer sur les lieux. Des lieux investis par des personnages qui, malgré l'accumulation de meurtres, ne cessent de flirter entre eux. A tel point d'ailleurs que tout le casting féminin se retrouve à poil à un moment ou à un autre.

Etonnant giallo que je n'ai pu voir qu'en italien malheureusement. Voila qui a passablement nuit à la compréhension du récit étant donné que le film s'avère extrêmement bavard. Ca drague, ça rigole, ça s'inquiète et ça s'interroge sans arrêt, mais pas moyen de comprendre quoi que ce soit. Il n'empêche que le film dégage une ambiance assez oppressante et que les meurtres y sont très réussis, en particulier lorsqu'on en vient à la lesbienne de service qui **SPOILER*** se ramasse de violents coups de couteaux dans le vagin **END SPOILER**. Comme tout bon giallo, les homos s'en ramassent toujours plein la gueule. Un film intéressant donc, malgré le fait que je me sois ennuyé lors des nombreux dialogues, mais dont la fin réserve une belle surprise - et là encore, je n'ai pas tout capté. Le tout fait penser au BLOODY BIRD de Michele Soavi, dans lequel un tueur masqué éliminait des personnes réunies dans un théâtre... Va falloir que je traque la version anglaise, le film étant inédit en France. Kerozene

Une LIBELLULE POUR CHAQUE MORT aka The Red Killer aka A Dragonfly for Each Corpse aka Una Libélula Para Cada Muerto - Leon Klimovsky, 1974, Espagne, 1h25

Dans une quelconque ville d'Espagne, une vague d'assassinats est perpétrée envers les "rebus" de la ville, les représentants de la plus basse couche sociale; putes, homosexuels, pègreux et proxénètes sont massacrés sans scrupules par un mystérieux tueur qui laisse sur leurs corps sanglants, en guise de signature, une énigmatique libellule. La police, impuissante, décide de mettre l'énergique inspecteur Paolo sur le coup.

Après un pré-générique fulgurant, cet honnête giallo s'enfonce dans le déjà-vu, tout en conservant une certaine classe. Paul Naschy nous y est présenté d'une façon fort rigolarde, alors qu'il est en train de tabasser un vieil exhibitionniste, et il y a quelque chose de déroutant à le voir muni d'une moustache et de son éternel cigare bon marché. La surprise passée, la recette demeure la même; le spectateur en vient à soupçonner chaque personnage, quelques-unes des demoiselles se dévêtent (dont la fort jolie Erika Blanc, habituée de la série B), et pas mal de gens meurent, aussi. Naschy, qui prenait au sérieux sa carrière, signe encore une fois le scénario, et la musique entraînante et colorée que l'on entend tout au long du film nous fait regretter que ces trames sonores soient si rares. Antonio Mayans fait une apparition. Orloff

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