LES FILMS DE FANTASIA 1996

du 12 juillet au 11 août au Cinéma Impérial

Affiche illustrée par Jean-Pierre Normand

A CHINESE ODYSSEY PART I: PANDORA'S BOX aka Le ROI SINGE 1: LA BOITE DE PANDORE - Jeffrey Lau, 1994, Hong Kong - Jeffrey Lau, 1994, Hong Kong

Ce n'est pas un secret, quand ils s'en donnent les moyens, les cinéastes de Hong Kong sont capables de livrer de véritables sagas cinématographiques aussi surprenantes que divertissantes. C'est le cas de la saga du roi singe, épopée fantastico burlesque remplie de retournements de situations et d'effets spéciaux étonnants. Cette histoire est adaptée d'un personnage issu de La Pérégrination vers l'Ouest, un récit important de la littérature du pays datant du XVIème siècle dans lequel un moine se rend en Inde pour y trouver des écrits sacrés. Dans ce roman, on y rencontre le roi singe, une créature mi-homme mi-singe prétexte à une satire des coutumes de la vieille Chine. Le personnage du roi singe repris par Jeffrey Lau et Stephen Chow (SHAOLIN SOCCER) devient une sorte d'incarnation de la dualité humaine tiraillée entre ses instincts primaires et ses sentiments, ses émotions.

Dans cette première partie, Stephen Chow incarne un brigand barbu idiot aux pieds velus, chef d'une bande d'incapables, et qui se voit confronté à deux soeurs immortelles - en réalité des démons ancestraux à la recherche du roi singe. L'une se transforme en gigantesque araignée, l'autre en spectre libidineux, et tout ce petit monde sera bientôt confronté au courroux du roi taureaux, gigantesque Minotaure adultère envoyant ses puces à l'assaut de ses adversaires! Suite à une invraisemblable mais réjouissante série d'événements rocambolesques, notre brigand charmeur - qui s'est depuis séparé de son abondante pilosité, se retrouve propulsé 500 ans dans le passé...

Délirante première partie donc pour cette ahurissante saga d'aventure et de romance hilarante. On rigole de bon coeur aux péripéties graveleuses du héros qui se retrouve le sexe en feu à plusieurs reprises, contraint de se le faire piétiner par ses hommes dans le but de l'éteindre. On tombe d'admiration devant la beauté du casting féminin qui est radicalement troublant. Et on se délecte devant les maquillages, décors et éclairages donnant à l'ensemble un côté aussi féerique qu'épique. On pense un peu à la magie visuelle de ZU, à la différence que l'histoire est ici limpide. Kerozene

A CHINESE ODISSEY PART II: CINDERELLA aka Le ROI SINGE 2: CENDRILLON - Jeffrey Lau, 1994, Hong-Kong 

Suite et fin des aventures du gentil brigand au grand coeur qui apprend bien malgré lui qu'il est l'incarnation du roi singe suite à une rencontre avec une déesse immortelle à la beauté fulgurante, mais au handicape des plus contraignant: elle et sa soeur qu'elle déteste sont réunies dans un seul et même corps, provoquant ainsi un comportement schizophrène déroutant. Mais la gentille soeur succombe au charme de notre futur roi singe qui lui, tente de retrouver l'élue de son coeur. De son côté de roi taureau succombe aux charmes de la déesse schizophrène, ce qui fâche sa femme elle aussi secrètement amoureuse du roi singe. Ce dernier, aidé de fidèles amis, dont le roi porc et son maître bavard qui réussi à tuer d'ennui les puces de roi taureau, fera tout pour finalement sauver celle qui fait réellement battre son coeur. Malheureusement, pour arriver à ses fins, le prix à payer sera élevé.

Encore plus fou, encore plus drôle et encore plus étonnant que le premier film, et ne vous laissez pas duper par son aspect vaudevillesque car il en vaut vraiment la peine! Mais ne nous laissons pas emporter par l'enthousiasme, si les deux films sont effectivement très divertissants et agréables, ils ne sont pas non plus des chef-d'oeuvre ultimes qui transcendent les frontières cinématographiques au point de se fracasser la tête contre les murs, restons sur terre. Cependant le plaisir est réel et quel bonheur donc de trouver une galerie de personnages aussi riche au service d'une histoire finalement très touchante. Car rires et romantisme font ici bon ménage. Certains diront que ça pue le happy end, mais celui-ci n'est pas exempt d'amertume. Signalons encore la bataille finale qui s'avère carrément dantesque lorsque le roi taureau propulse une ville entière en direction du soleil! A Hong Kong, on n'a pas les mêmes limites... Kerozene

DESTROY ALL MONSTERS aka Kaijû sôshingeki aka Les envahisseurs attaquent - Ishirô Honda, 1968, Japon

Sur une île portant le nom de Monster Island, les monstres ayant terrorisé le monde entier y sont gardés prisonniers par des gaz toxiques et un mur magnétique dans le but stratégique de les empêcher de quitter leur petit morceau de paradis.

Mais soudainement, les scientifiques apprennent que Rodan, Godzilla et tout le reste de la Clique se sont échappés et qu'ils commencent un nouveau carnage en s'attaquant aux villes les plus puissantes de la planète. Un groupe d'astronautes tente de trouver les coupables et fait la découverte des habitants de Keila, de cruelles extraterrestres n'ayant qu'en seul désir : la conquête du monde !

Wow ! Quel plaisir de tomber sur un bon film de la Toho après m'être ennuyé devant GODZILLA 1984. C'est facilement l'un des meilleurs films de monstres japonais que j'ai vu, l'histoire avec les personnages humains, souvent ennuyeuse, est très intéressante et les combats de monstres, surtout le dernier, sont incroyables ! De plus, les effets spéciaux sont très réussis, cela aide beaucoup le film.

Bref, DESTROY ALL MONSTERS est avant tout un plaisir, celui de voir tous les monstres de la Toho dans le même film et il ne déçoit pas. Fortement recommandé pour les fans. Oncle Freak

1999, tous les monstres géants ont été réunis sur Monster Island ou ils vivent en paix, bien nourris et sans crainte qu'ils ne s'enfuient. Tout va trop bien. Les humains qui dirigent les contrôles de l'île et les monstres sont endormis au gaz. La première nouvelle que tout va mal est forte: Rodan détruit Moscou, Godzilla détruit New York et tous les autres monstres sont sur les grandes capitales du monde. Tokyo semble épargnée, mais les Kiliaak, venus d'outre espace, annoncent leurs couleurs: laissez nous détruire la terre pour la mettre à notre goût ! Comme qui dirait, il y aura de la résistance...

C'est un des films de la saga de Godzilla que j'ai vu le plus souvent, à la télé, en salle paroissiale, au cinéma Rialto, en vhs, en dvd ! Comme dans les meilleurs films de Honda, le rythme est rapide, l'action constante et les montres à leur meilleur. J'ai été impressionné par la justesse de la mise en scène, la caméra est toujours placée au bon endroit pour mettre en relief autant les humains que les monstres ou l'intégration des deux. Plusieurs zooms rapides augmentent la tension. Tous ces monstres affronteront en final le monstre de l'espace, Ghidorah, dans une bataille rocambolesque à souhait. La musique d'Ifikube est encore superbe, ramenant à niveau deux séquences plus lentes et un peu bouche trou, soit la récupération du transmetteur d'ordre des monstres et l'attaque d'un monstre de feu en final. On peut se demander pourquoi tant de vilains au cinéma Japonais sont des femmes... même si ici il y a anguille sous roche. Un des sommets de la carrière du roi des monstres.

Le dvd de la compagnie ADV, édition spéciale 50ème anniversaire, offre un transfert aux belles couleurs, écran panoramique, mais non restauré. Le seul bonus est de taille, un deuxième disque avec la musique d'Ifikube, 47 minutes de classiques, un pur bonheur. Mario Giguère

FROM BEIJING WITH LOVE aka BONS BAISERS DE PEKIN aka FROM CHINA WITH LOVE - Stephen Chow & Lik-Chi Lee avec Stephen Chow, Anita Yuen, Pauline Chan, Kam-Kong Wong, 1993, Hong Kong

Voici la première réalisation de Stephen Chow, ici en collaboration avec Lik-Chi Lee (le diptyque ONCE UPON A TIME A HERO IN CHINA). Et comme pour bien commencer son entrée dans le monde de la réalisation, notre trublion décide d'afficher franchement ses influences occidentales en ne parodiant nul autre que l'agent secret le moins secret de la planète, à savoir James Bond en personne. Chow s'octroie donc le matricule 007 et prend un malin plaisir à tourner en dérision la perfection de l'agent britannique tout en prenant bien soin de conserver tout ce qui en fait sa grande classe: charme, élégance, cynisme, martini dry... Mais ce 007 là s'avère être un piètre élément des services. Sur la touche depuis dix pour cause " de QI trop peu élevé et d'une trop petite taille ", il travaille en tant que boucher tout en espérant se voir un jour attribuer une mission, chose qui ne tarde pas à arriver après que l'agent 002 se soit fait tuer par un homme au pistolet d'or vêtu d'une armure indestructible et qui vient de dérober un gigantesque crâne de dinosaure, propriété de la Chine impériale. Sa mission est donc simple : retrouver le crâne et éliminer ce mystérieux homme au pistolet d'or...

L'histoire du film ainsi que ses nombreux gags ne sont pas spécialement surprenants. L'univers Bondien est en effet une cible facile pour les parodies et certaines blagues paraissent inévitables, comme les incontournables étalages de gadgets inutiles ou au fonctionnement absurde. L'occasion pour Chow de rire de son héros narcissique qui dévoile une panoplie d'ustensiles géniaux comme le téléphone-rasoir électrique, le sèche-cheveux-téléphone ou la chaussure-sèche-cheveux... Éléments évidemment indispensables à tout agent secret digne de ce nom. En revanche, ce qui surprend nettement plus, c'est la violence exacerbée du film qui détonne radicalement d'avec le ton général du métrage. L'ouverture se fait sur un gros gunfight à la John Woo où l'agent 002 aligne les cadavres avec un panache typiquement hongkongais, les effluves de sang ne sont pas rares, un homme se fait tirer trois balles dans la tête devant son petit garçon, et certains gags s'avèrent même cruels - voir pour cela la scène du revolver qui tire à l'envers ou celle de l'extraction de balle au couteau de boucher.

Chow en fait beaucoup, peut-être même un peu trop à certains moments, dans cette déclaration d'amour aux aventures de James Bond. Mais une déclaration ponctuée de critiques, de reproches et peut-être même de regrets. L'agent britannique, il l'adore, mais il faut bien admettre que tout au long de sa carrière, il est apparu dans quelques aventures un rien ridicules et dû faire face à des méchants pas toujours convaincants qui poussaient finalement la saga James Bond vers l'auto-parodie. C'est sans doute pour cette raison que le personnage de Requin se voit ici complètement ridiculisé. Et puis la franchise originelle manque peut-être aussi de femmes fortes (en tout cas jusqu'à la sortie du film de Chow), la James Bond girl étant principalement là pour ajouter une touche de charme à des films menés par un personnage un rien macho. Ici, la femme utilise ses atouts comme à arme offensive au sens littéral du terme, c'est-à-dire chaudement, on n'est donc pas tellement surpris de voir débarquer une femme fatale au soutien-gorge lance-flamme ! Dommage que l'on perde beaucoup de l'humour du film avec la traduction, mais ce BONS BAISERS DE PEKIN fait tout de même plaisir à voir, même si imparfaits, même si l'humour hongkongais reste toujours aussi hénaurme et est rarement fin, même si la musique (parodiant évidemment le thème de John Barry) est par moment insupportable. Le fait est que le film fait rire, surprend de par ses partis pris parfois brutaux et pose un regard finalement plus intéressant et réfléchi qu'il n'y paraît sur l'une des plus grosses et plus rentables franchises de l'Histoire du cinéma. Kerozene

FULL CONTACT - Ringo Lam avec Chow Yun-Fat, Simon Yam, Anthony Wong. Hong Kong, 1992. 96m

Sam Sei est lourdement endetté envers un gangster dangereux. Afin de l'aider, son meilleur ami, Gou Fei, s'allie avec le cousin de ce dernier, Judge, pour mener un braquage et rembourser les dettes de Sam Sei. Mais Judge trahit Gou Fei. Celui-ci va alors partir en quête de vengeance.

Non, je ne parle pas de l'immonde bouse avec Jean-Claude Van Damme mais bien du génial film de Ringo Lam, tourné en 1992 avec deux des meilleurs acteurs hongkongais (si ce n'est les meilleurs) : Chow Yun-Fat et Simon Yam, soutenus par un acteur très connu pour son rôle de bad mother fucker dans A Toute épreuve de John Woo, j'ai nommé Anthony Wong (mais je ne vous apprends rien). Ce Full Contact est une de mes découvertes toutes récentes en manière de cinéma hongkongais et je n'ai pas été déçu par mon investissement! Full Contact est en effet une véritable tuerie, d'une rare violence et doté d'un aspect jusqu'au boutiste qui donne lieu à des scènes assez croustillantes (comme ce passage ou la gonzesse qui travaille avec le personnage de Simon Yam se masturbe a côté de Chow Yun-Fat pendant un braquage afin de le perturber...) mais c'est surtout au niveau de la mise en scène que Full Contact est génial, tant celle-ci en plus d'être extrêmement originale en termes d'idées (certaines seront même reprises dans Matrix, les balles suivies par la caméra au ralenti c'était Ringo Lam et pas les Wachowsky.) est génialissime, Ringo Lam nous livre des fusillades dantesques et les quelques scènes de braquage sont carrément jouissives, en somme, ce Full Contact en termes d'imagerie, c'est que du bon, imagerie soutenues par des acteurs égaux à eux-mêmes (Chow Yun-Fat et Simon Yam sont terribles, et Anthony Wong même s'il est un peu lourd au début livre une prestation tout à fait honnête en regard des deux géants dressés à côté de lui) incarnant pour la plupart des personnages complètement délirants (Simon Yam est une espèce de braqueur homosexuel qui fait surgir des couteaux, des pistolets et des grenades de ses poches à volonté), rajoutez à cela une violence rare et vous tenez un film qui déchire!! Malheureusement, il y a quelques défauts, propres aux films hongkongais de l'époque, comme les bruitages ou la musique... Mais surtout la coupe de Chow Yun-Fat. J'adore cet acteur mais un minimum de respect pour ses cheveux ne serait pas de trop. Le film est disponible dans une édition HK Video qui doit être de bonne facture... Pour ma part j'ai l'édition HK Legends, une édition anglaise qui est tout à fait correcte, disponible sur amazon.co.uk a un prix assez onéreux me semble t-il (mais je l'ai eu pas cher moi), mais ça vaut le coup ! Zering

GODZILLA VS HEDORAH aka Godzilla vs Smog Monster aka Gojira tai Hedorâ - Yoshimitsu Banno avec Toshie Kimura, Akira Yamauchi, Keiko Mari, 1971, Japon

Le jeune Toshie a pour idole Godzilla, le plus fort des monstres. Peu de temps après qu'un pêcheur aie apporté un tétard difforme à son père biologiste, un monstre attaque les navires près du pays du soleil levant. Hedorah, nommé ainsi par Toshie, est un monstre protéiforme qui se nourrit de la pollution. Adoptant une forme volante, il répand des vapeurs acides qui tuent des milliers de gens. Godzilla l'affronte sans succès dans un premier temps. En vérité de nature minérale, le monstre d'origine extraterrestre semble invincible et donne bien du fil à retordre à Godzilla et aux forces de défense nipponnes. Le père de Toshie réussira-t-il à trouvé son talon d'achille ? Les jeunes adultes qui prévoient un rassemblement de 100 millions de personnes sauront-ils rameuter autant de gens ? Godzilla va-t-il sauver son honneur ?

Yoshimitsu Banno et son équipe, pendant que le producteur paternaliste de la série est à l'hôpital, concoctent une film qui se veut plus jeune et de son temps. D'ou le thème de la pollution, mais aussi des digressions étonnantes. Voir ces quelques séquences de dessins animés qui détonnent ou ces partys de danse en discothèque ou un des personnages sous influence fait son trip, voyant les danseurs avec des têtes de poissons! Idem pour la musique, spécialement le thème de Godzilla, d'un ridicule cinglant, tel qu'on arrive pas à s'habituer durant le visionnement. Que dire par-dessus tout de la séquence ou Godzilla vole ??? Oui, prenant sa queue entre ses jambes et crachant son feu atomique sur une musique militante du plus ridicule effet, notre roi des monstres préférés vole... Le virage jeunesse met donc en vedette des adultes, hormis les parents de Toshie, incapables et rigolos, comme les forces armées qui se chicanent ou les vieillards, qui regardent les jeunes danser au pied du mont Fuji, dans un plan presque sinistre.

L'anecdote veut que le producteur Tanaka, sorti d'hôpital et voyant le résultat aie dit: "Plus jamais ils ne toucheront à Godzilla !" Et effectivement, Banno ne retouchera pas durant des années au King, mais il planche sur un film en Imax 3D mettant en vedette Godzilla et Hedorah. Un film singulier dans la saga du géant, aux combats inédits et mémorables. Mario Giguère

The HEROIC TRIO - Johnnie To & Ching Siu-tung avec Anita Mui, Maggie Cheung, Michelle Yeoh, Anthony Wong, 1993, Hong Kong

Dans un monde rétro futuriste où les voitures des années 1950 côtoient la pointe de la technologie high-tech, trois jeunes et belles femmes que tout oppose s'unissent pour la sauvegarde du pays. Elles, ce sont une justicière masquée (Anita Mui), une mercenaire arrogante et un rien casse-pieds (Maggie Cheung, désirable à en crever) et une femme au service de l'ennemi bénéficiant d'un costume d'invisibilité (Michelle Yeoh). L'ennemi, c'est l'Eunuque, machiavélique seigneur souterrain kidnappant des dizaines de bébés afin de les transformer en redoutables tueurs. Parmi ses tueurs se trouvent Michelle Yeoh, mais aussi cette vieille trogne d'Anthony Wong en psychopathe rocambolesque absurde et grimaçant.

Mu par un désir de fusionner l'univers pulp de la bande dessinée américaine avec celui plus traditionnel du wu xia pian, Johnnie To innove et se montre ambitieux car non seulement il décide de porter à l'écran une aventure de super héroïne, mais histoire de bien marquer le coup, il nous en colle trois d'un coup, et tout ça plongé dans un univers bénéficiant de décors plus grands que nature. Pour emballer les scènes d'action, To a fait appel à Ching Siu Tung, ce qui garantit un minimum d'efficacité en ce qui concerne les scènes de baston et les chorégraphies virevoltantes au sein desquelles nos trois gonzesses se montrent fort convaincantes. L'action fait effectivement la part belle à un film qui ne cherche pas forcément à caresser son public dans le sens du poil (voir la scène du bébé qui chute sur un clou ou celle des enfants explosés à la dynamite). Mais malgré une note d'intention des plus excitantes, HEROIC TRIO laisse un drôle d'arrière goût de série Z bâclée. L'histoire est terriblement bancale au point qu'on en vient rapidement à se moquer du sort des protagonistes et les liens tissés entre les trois héroïnes sont si fragiles qu'il nous est finalement bien difficile de croire en cette soudaine amitié. Reste les rocambolesques apparitions d'Anthony Wong en exubérant tueur martial qui va même jusqu'à se prendre un train en pleine face dans une scène impressionnante où un hall de gare se voit réduit en miettes. On peut souligner également le thème principal du film, entêtante mélodie chantée par Anita Mui elle-même et qu'on se surprend à fredonner quelques jours après le visionnement. Histoire de capitaliser au maximum sur ses décors To tourna en back to back la suite d'HEROIC TRIO, THE EXECUTIONERS, qui s'avérera plus faiblard encore. Kerozene

MY FATHER IS A HERO aka Jet Li’S The ENFORCER aka GEI BA BA DE SIN - COREY YUEN, 1995

Jet Li joue le rôle d’un policier. Pour effectuer une dernière mission, il quitte sa femme enceinte et son jeune fils pour aller faire un crime pour se faire remarquer des criminels et il sauve la vie à une policière lors se sa fuite. Cette policière trouve cela très étrange et elle fait enquête sur lui. Alors que Jet Li réussi enfin à infiltrer le groupe de criminel. Son fils en apprenant son crime, va le rejoindre pour essayer de comprendre, ce qui risque de compromettre sa couverture...

Un film de Jet Li que j’ai trouvé bien intéressant. Chose assez rare, il est tout à fait convaincant dans le rôle d’un faux criminel, il faut le voir avec sa cagoule, son flingue et une veste rempli de dynamite. Le scénario est par contre très prévisible et ici Jet Li est affublé d’un sidekick enfant. Contrairement à l’agaçante vogue enfant qu’il y avait eu à Hollywood dans les années 80 avec les films EXPLORERS, GOONIES, INDIANA JONES AND THE TEMPLE OF DOOM, etc. Ici, ce n’est pas tellement agaçant. C’est même bien fait. À noter, une scène avec Jet Li qui utilise l’enfant comme avec un yoyo pour frapper des yakusas. Un film intéressant malgré qu’assez prévisible. Black Knight

Dimension Films ont eu la bonne idée de ressortir quelques "classiques" récents mettant en vedette la plus récente découverte asiatique d'Hollywood, mister Jet Li en personne. Après BLACK MASK et FIST OF LEGEND, voici venu le tour de THE ENFORCER, qu'on a doublé à la va-vite et qu'on a foutu en pan & scan, ajoutant énormément du même fait à la confusion visuelle des combats plutôt rapides.  Le "héros" se débat cette fois-ci dans un rôle de flic "undercover" qui doit approcher un dangereux criminel - un acteur plutôt mauvais qui ne se défait jamais de ses lunettes de soleil et qui en fait des tonnes en trop, notamment par ses agaçants tics et ses postures "show-off" à pleurer de honte. Jet a un petit garçon à qui il manque beaucoup et une femme-objet qui souffre d’emphysème (enfin, je suppose, car ça n'est jamais clairement expliqué dans le film).  Durant sa mission d'infiltration, il doit partir pour Hong Kong et laisse sa petite famille en Chine. Sa femme meurt - dans l'indifférence la plus totale, mister Li n'accusant aucunement le coup - et le petiot part retrouver son père avec une femme-flic qui veut les aider. Beaucoup de scènes sentimentales, de rares combats réjouissants, l'utilisation de câbles à la toute fin... Tout cela forme une bouillie comestible certes, mais qui a un dangereux goût de déjà-vu et de manque d'imagination.  On dirait une vitre qui s'est cassée et dont les morceaux se sont dispersés; Jet Li faisant ici office de colle. Honnête mais vite oublié. Orloff

ONCE A THIEF aka ZONG SHENG SI HAI - John Woo, 1990

3 voleurs professionnels à contrat (CHOW YUN-FAT, LESLIE CHEUNG et CHERIE CHUNG) sont en voyage à Paris dans le but de subtiliser une toile du LOUVRE. Après avoir réussi, ils acceptent de voler une dernière toile dans un lieu impénétrable pour ensuite prendre leur retraite. Mais, suite à ce vol, ils sont trahi par leur employeur qui veut récupérer la toile et les éliminer.

Le film s'ouvre avec des plans touristiques de la ville de Paris, un peu à la manière d'EXORCISME de Jess Franco: Plan de la Senne, du Louvre, des Champs-Elysée, etc. Tout y est ! Et c'est assez particulier de voir CHOW YUN-FAT et LESLIE CHEUNG déconné dans ses lieux alors que nous sommes plus habitués de les voir à Hongkong. Bref, ce film a gros budget (tourné à Paris coûte très cher) se divise en 2 parties. L'une à Paris et l'autre à Hongkong. Et la première est beaucoup plus intéressante. Parce que plus concis et qui mise vraiment d'avantage sur l'action que la 2ème. ONCE A THIEF est un film qui ne sait pas trop où se situer entre le thriller et la comédie... Et qui au final nous laissent le sentiment de ne pas avoir trop compris devant quel genre de film on était! Un film vraiment bizarre, je vous dis. La chorégraphie des guns fight est vraiment moins réussie que ceux de la série A BETTER TOMORROW et de THE KILLER, mais le film offre une excellente scène de vol de tableau qui est vraiment une scène classique. Et qui sera repris dans MISSION: IMPOSSIBLE (la scène avec TOM CRUISE suspendu par un câble suit le même suspense, sauf qu'ici LESLIE CHEUNG est suspendu après CHOW YUN-FAT et il capte les bougies d'un chandelier au lieu d'une goutte de sueurs) et c'est d'ailleurs étrange que personne n'en ait parlé à la sortie du film. Au moins, John Woo a eu sa revanche, puisque qu'il a réalisé lui-même MI:2 ! Mais, pour revenir à ONCE A THIEF, le film va dans tous les sens: Des cascades en automobiles de l'équipe Rémy Julienne, une histoire de triangle amoureux, des moments de comédies burlesques avec CHOW YUN-FAT qui nourrit des bébés en pleurant devant une télé habillé en cuisinier, des coups de théâtres vraiment spectaculaires mais complètement irréalistes...

Pour conclure, le film se veut un thriller intéressant et différent qui mérite un visionnement. Mais, c'est loin d'être un classique du maître du cinéma d'action. ONCE A THIEF est finalement un John Woo mineur, mais qui est quand même supérieur à ses 2 premiers films américains HARD TARGET et BROKEN HARROW. Black Knight

ORGANIZED CRIME AND TRIAD BUREAU - Kirk Wong avec Danny Lee et Anthony Wong, 1994

Danny Lee est le chef d'une brigade de flics genre antigang aux méthodes musclées. En chinois, ça veut dire torture, gueulante, coup dans la gueule. Ce n'est pas gore, mais ce n'est pas tendre non plus. Et bien entendu la police des polices tombe sur Danny et ses flics.

En face, dans le rôle du gangster, Anthony Wong, spécialiste des rôles crapauteux, violent, bizarre, etc. Un peu un mélange entre Anthony Hopkins et Nicholson, pour prendre des grosses références... mais en bien plus trash. Et là dedans Anthony est donc un voyou de basse zone, impitoyable, grossier, n'ayant rien à foutre de rien, sauf peut-être de deux choses, son fils, loin de lui, et sa petite amie, qu'il trompe malgré tout devant elle.

Et c'est réciproque, et c'est un peu Bonny and Clyde chez Peckinpah. Kirk Wong est assez impitoyable lui aussi quand il filme des gunfight (Heat n'a rien inventé) qui tourne à la boucherie. Et pas une seconde il ne porte un regard serein sur ses héros. Ce sont des hommes en contradiction, en lutte avec eux-mêmes et la terre entière, mais à la différence de Woo, malgré leurs ressemblances, ils restent ce qu'ils sont. D'une part un voyou suicidaire et sans doute amoureux, d'autre part un flic en colère, et qui, on le sent le restera toujours. Pas de chevalerie ici, du brutal.

Ce film fait partie d'une trilogie que Wong a réalisée, dont Rock'n Roll Cop et Crime Story, avec Jacky Chan dans son seul rôle dramatique. Des films écrit avec un flic de terrain, réalisé par un homme qui ne cache pas avoir des copains parmi les triades. Des films de voyous quoi.

Quand il est partit faire son chinois aux États-Unis Kirk a à nouveau pondu un film de voyou, une comédie qui s'amuse à démonter un à un tous les clichés du polard gunfight, Big Hit avec Mark Wahlberg. Ca sera un Big four, personne ne comprenant visiblement qu'on puisse à ce point se foutre des conventions du genre.

Personnellement c'est un de mes films culte. Chacun son truc. Pirate

Voici un très bon film policier made in Hongkong. Tout comme dans THE UNTOLD STORY, Danny Lee joue les filcs et Anthony Wong le dangereux vilain. Mais Wong est ici beaucoup plus sympathique ... Il est encore un criminel, mais cette fois-ci, il a un coté humain beaucoup plus fort. Bref, il est loin du dangereux meurtrier fou ... En essayant de fuir, il fera tout pour épargner sa maîtresse (dont il est amoureux), qu’il avait sauvé alors qu’elle se faisait violer en pleine rue.

Puis quoi dire de Danny Lee ? Il a décidément la tête de l’emploi pour faire les flics et il donne ici sa pleine mesure. Le film abonde d’action et n’ennuie jamais. La scène finale du film est assez grandiose ... À l’heure de pointe et au milieu centre ville, les 3 criminels (armés jusqu’au dents) tentent de fuir à pied et tirent sur tout ce qui bouge (passants, voitures, flics, buildings, etc) et ils sont entourer de plus de 400 flics qui sont débordés ... Un très beau moment de violence urbaine à découvrir. Black Knight

RIKI-OH The Story of Ricky  - Ngai Kai Lam, 1991, 91m

C'est tout croche, mais c'est marrant. Un beau jeune homme énigmatique est enfermé dans une prison ou le directeur y tient une plantation de pavot gardée, entre autre, par 4 autres prisonniers plus puissants que le jeune Ricky qui parle peu. Gadgets et divers moyens sont employés pour épuiser le beau Ricky qui devient rapidement le "sauveur" des autres malheureux détenus. Ricky est très fort, on s'en doute. Exemple? Ligoté, une poignée de lames de rasoir lui est foutue dans la gueule puis on lui matraque la face. Il s'en sort et crache les lames au visage du directeur. Eclaboussures de Sang, coup de rabot taillant un nez, bras coupé, on ne se gêne pas. Combat final entre Ricky et le directeur qui s'avère être un géant parfait pour la machine a viande. Aie! Deadmonton

SEX AND ZEN aka Yu pu tuan zhi: Tou qing bao jian - Michael Mak avec Lawrence Ng, Kent Cheng, Lieh Lo, Amy Yip, 1991, Hong Kong, 99m

Oh boy! Un mec avec un petit pickle se fait transplanter un gros pickle de cheval entre les deux jambes. Plein de choses s'ensuivent bien parsemé de scènes de nudité appréciées. C'est du résumé ça, non?

Avec un humour qui ne fait pas grincer des dents (pour une fois), ce film hongkongais réputé se laisse regarder sans aucun problème. Évidemment, il ne faut pas s'attendre à quelque chose de très cherché, mais le ton léger ne nuit pas du tout au film. Quelques scènes reviennent facilement à l'esprit après l'écoute comme la fameuse scène de chirurgie ou bien sinon, le mari violent qui veut baiser sa femme (il se ramène avec son engin et s'active en défoncé à changer de positions à toutes les deux secondes pour finir dans les airs accroché par des chaînes!). Le tout est fait avec quand même sa partie de mauvais goût, mais si on s'est rendu aussi loin, ça ne déplaît pas. Un film plein de surprises, vraiment différent dans son genre et pas facilement oublié. Bad feeble

Un jeune libertin se fait passer pour un lettré pour pouvoir épouser la fille d'un homme riche. Il a deux buts bien précis, profiter de sa nouvelle épouse et, dans cette famille a l'aise, avoir tout le temps nécessaire pour séduire le plus de femmes. Rencontrant un voleur avec lequel il se lie d'amitié, il lui demande de l'aide pour rencontrer d'autres femmes pour satisfaire ses plaisir de chair. Le cambrioleur refuse lorsqu'il voit la logeur du membre viril de monsieur, qui trouve miraculeusement un chirurgien qui lui greffe le sexe d'un cheval. De belles conduites sont a venir mais il y aura un prix a payer.

On nous présente le film comme l'adaptation d'un célèbre livre, une fable morale antique. Très comique, on assiste médusé a cette opération invraisemblable, suivit de positions sexuelles fantaisistes dignes du cirque du soleil. Rien n'est vraiment explicite, mais on suggère de l'audacieux et on ne néglige pas les dames qui savent se procurer seules leur plaisir. On visite une adepte de sadomasochisme et en fin de métrage, on se retrouve étrangement dans une portion phantasmagorique avec chorégraphie, laissant tomber la narration jusqu'alors plutôt classique. Arrive alors le prévisible, notre grand pécheur devant l'éternel est en train d'épuiser son corps et devient presque aveugle, cécité peu enviable et souvent promise aux jeunes catholiques de monde qui abusent d leur corps. Mais évidemment ce n'est pas ce qu'on retient, outre l'action débridée, la magnifique Amy Yip est tout simplement une invitation lubrique irrésistible. La réalisation est enjouée, les costumes et décors raffinés, bref, on ne regrette pas d'avoir assisté a la déchéance d'un fornicateur et c'est serrement le but de l'exercice. Mario Giguère

TERROR OF MECHAGODZILLA aka La TERREUR DE MECHAGODZILLA aka Mekagojira no gyakushu aka Monsters from the Unknown Planet aka Revenge of Mechagodzilla aka Les MONSTRES du CONTINENT PERDU - Ishirô Honda avec Katsuhiko Sasaki, Tomoko Ai, Akihiko Hirata, 1975, Japon, 83m

Un sous-marin qui explore les fonds de l'océan explose. Les dernières communications enregistrées laissent entendre qu'il y avait un dinosaure au fond de l'eau. Titanosaurus, de son nom, est contrôlé par le docteur Mafune, aidé de sa fille Katsura. Officiellement Mafune est mort, mais les agents d'interpol se doutent de quelque chose. Ils ont raison, Mafune et sa fille travaillent à contrôler le monstre sous les ordres d'extraterrestres de la troisième planète (ou d'un trou noir dans d'autres versions) qui ont reconstruit le robot géant Mechagodzilla. Le plan: attirer Godzilla avec Titanausorus, éliminer le king avec l'aide de Mechagodzilla et remodeler la planète selon leurs besoins après l'avoir détruite !

Débutant avec un montage de la fantastique bataille originale de Godzilla contre son double robotisé, TERROR OF MECHAGODZILLA s'enlise par la suite dans cette histoire de Katsura, qui est devenue un cyborg il y a quelques années. Ce qui ne l'empêche pas de connaître l'amour, mais comme vous voyez, on s'y perd un peu. C'est donc en fin de film que l'on aura droit à une furieuse bataille à trois, mais ou Titanosorus ne fait pas grand chose, que faire disparaître les débris en jouant de l"éventail avec sa queue. N'empêche qu'il y a du pugilat de Kaiju et des explosions à souhait et que l'on y trouve finalement son compte. Sur une triste note, ce film signait un retrait des grands écrans, Godzilla ne revenant qu'en 1984 et plus méchant que jamais. Car ici il est encore le défenseur de la terre ! Titanosaurus ne frappera pas l'imaginaire nippon, n'ayant droit à des figurines qu'au début des années 2000, pourtant il est pas si mal et original. Toujours plaisant à revoir pour les amateurs de furieux combats de monstres géants ! Mario Giguère

Zeram 2 aka Zeiramu 2 - Keita Amemiya avec Yûko Moriyama, Mitsuo Abe, Yukijiro Hotaru, Kunihiro Ida, 1994, Japon

Les chasseurs de primes intergalactiques Iria et Bob sont à la recherche d'une relique lorsqu'un nouveau Zeram se pointe.

Le premier Zeram est un de mes films japonais de monstres préférés. J'aime bien le huis clos mais surtout le Zeram qui se transforme sans bon sang à la fin. La suite est semblable, un autre huis clos, les mêmes personnages, quelques autres monstres pour épater la galerie, c'est tout. Il y a aussi un dessin animé " IRIA:ZERAM THE  ANIMATION " qui explore les origines de Zeram et d'Iria la chasseur de prime, sympathique ! Mario Giguère

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