LES FILMS DE FANTASIA 2007

du 5 juillet au 23 juillet au Théâtre Hall Concordia

Affiche illustrée par Andre Innocent

ADAM'S APPLES - Anders Thomas Jensen, 2005, Danemark

Adam, néo-nazi devant effectuer des travaux d'intérêt généraux, part séjourner quelques temps dans une petite église campagnarde tenue pas Ivan, un prêtre un peu déglingué entouré de Gunnar, un ex violeur alcoolique, et Khalid, un ex criminel musulman. Devant l'église se dresse la fierté d'Ivan, à savoir un superbe pommier généreusement chargé en fruits. Suite à un entretien quelque peu absurde, Adam se fixe comme objectif de faire un gâteau aux pommes et de surveiller l'arbre en attendant que celles-ci soient mûres. Au fil du temps, il constate que rien ne tourne rond dans cette église: Gunnar picole comme un trou, Khalid braque des stations services et Ivan, aveuglé par sa foi en l'homme, agit comme si tout allait mieux dans le meilleur des mondes. A tel point que quand Adam lui explose le portrait à mains nues, cela ne semble nullement le déranger. La question se pose alors: d'où Ivan tient-il cette force - ou cette stupidité, c'est selon. Est-il réellement fou ou est-il touché par la grâce divine?

Cette incroyable fable socio-dramatique parvient brillamment à nous faire nous poser des questions sur les fondements même de la religion, à nous questionner à propos de nos croyances ou non-croyances par l'intermédiaire d'un scénario aussi malin qu'absurde, aussi drôle que passionnant alignant avec un équilibre irréprochable tragédie et humour (voire pour cela l'inoubliable arrivée du gang de skinheads). Le film frôle régulièrement les frontières du fantastique, notamment lors d'un violent orage éclatant après l'une des scènes clés du film et qui suggère ainsi une intervention divine exprimant forcément le mécontentement du Tout Puissant - à moins qu'il ne s'agisse que d'un hasard providentiel, à chacun d'y voir ce qui lui convient. Jensen, entouré d'excellents comédiens, soigne sa mise en scène, use d'un cinémascope magnifiant à la perfection la campagne danoise et sa petite église au cachet imparable et parvient sans cesse à surprendre le spectateur qui termine le film avec la bouche entrouverte par la stupeur et l'esprit chargé de questions existentielles. Fascinant. Kerozene

Site officiel: www.adamsaebler.dk  

 AMPHIBIAN MAN aka Chelovek-Amfibiya - Vladimir Chebotaryov et Gennadi Kazansky, 1962, Russie

Des pêcheurs de perles sont effrayés par un démon marin que l'on aperçoit à l'occasion. Le démon s'avère être le fils d'un savant reclus, qui sauvera la jolie fille d'un vieux marin. Mais le vieux marin veut céder sa fille en mariage à un riche prétendant qu'elle n'aime pas, au moment ou l'homme amphibien tombe amoureux d'elle après l'avoir sauvée de la noyade. Ses excursions sur la terre ferme lui causent des problèmes avec les autorités locales pendant qu'un journaliste retrouve le professeur qui lui dévoile ses projets d'une nouvelle république sous-marine peuplée d'êtres amphibiens.

Toute une surprise que ce film qui date, mais qui présente une histoire intéressante, superbement réalisée. Les cadrages qui lorgnent le surréalisme et la photographie recherchée, avec des acteurs bien typés et un débat de société en filigrane, tout concourt à une belle réussite. Au savant qui rêve d'une société égalitaire sous l'eau, le journaliste répond que, là où il y a l'homme, comment peut-on éviter les inégalités ? Les séquences sous-marines sont également bien réalisées et on évite de justesse le dauphin qui viendrait sauver le héros. Une fin atypique couronne le tout. Un film à voir. Mario Giguère

ASSMONSTER: THE MAKING OF A HORROR MOVIE - Bill Zebub, 2006, États Unis

Alors que Bill Zebub déguste quelques rayons de soleil assis tranquillement sur le bain d'un parc, un jeune bricoleur de films (le terme réalisateur ne peut être employé ici) le reconnaît et lui donne une copie de son dernier film afin qu'il en fasse une review. Le titre est VAMPIRE SUCKS et constitue un prétexte pour étaler le maximum de plans de gros seins et d'érotisme. Ce film comporte aussi une petite intrigue de films d'horreur dans le but de soutirer un précieux 30$ à la vente lors de conventions d'horreurs. Le produit est horrible au point de vue technique et artistique (le vampire porte un tapis rouge comme cape et danse avec 2 aspirantes Scream Queen). En voyant le film, Bill est largement intrigué par le fait que ce produit cheapos est vendu au prix de 30$ dans les conventions d'horreur et tente lui aussi de monter son propre film. Malheureusement pour lui, la recherche de ses comédiennes et le professionnalisme de son équipe technique (constitué d'amis pas mal retardés, cons, niaiseux et impuissants) ne facilitera pas la réalisation de son chef-d'oeuvre.

Bill Zebub, le réalisateur de film cheapos du New Jersey aux titres glorieux comme: RAPE IS A CIRCLE, THE WORST HORROR MOVIE EVER MADE, JESUS CHRIST: SERIAL RAPIST et DIRTBAGS, nous revient avec ce film vaguement autobiographique pour nous présenter ce qui est une réflexion sur l'emploi d'actrices, de sous-actrices, de Scream Queens, d'amies, de prostituées, de truies d'Internet prêtes a tout faire pour figurer dans un film et obtenir les scènes de nudité. Le tout est fait avec humour et dans sa maladresse technique habituelle (Le micro se promène allégrement dans le haut de quelques plans et budget zéro oblige). Le film plaira a une grande majorité de ses fans et à ceux qui s'intéressent aux détails de la conception d'un film d'horreur à petit budget avec nudités. Mais le film est vraiment long, devient un tantinet (mot gay) redondant. La coupe d'une bonne demi-heure aurait pu vraiment améliorer le rythme du film.

Verdict final: Pas mal ! Mais pas complètement réussi. Mais l'ensemble représente quand même un bon coup pour le réalisateur puisqu'il satisfait son public et qu'il attirera quand même l'intérêt de nouveaux disciples !

5.4/10 Black Knight

BIG BANG LOVE aka 46-okunen no koi (4.6 Billion Years of Love) aka A Big Bang Love: Juvenile - Takashi Miike avec Ryuhai Matsuda, Masanobu Ando, 2006, Japon, 85m

Une prison pour hommes dans un futur indéterminé. Raconté en flash-back dans une narration non linéaire, on suit l'enquête du meurtre d'un prisonnier. Le meurtre est avoué par un autre prisonnier, mais le motif est difficile à déterminer, d'autant plus que le mort s'est attiré le ressentiment de ses confrères avec ses accès de violence. Enfances meurtries, parcours parallèles et pour décor extérieur une fusée qui amènera certains vers les étoiles, ou l'immense pyramide qui promet le paradis à qui saura franchir ses interminables marches.

Miike surprend encore. Sous des début troublants fortement teintés d'homosexualité et de violence dans un genre très formaté, Miike éclate la structure du récit et le place dans un monde qui étonne. Nous étions quatre spectateurs à s'expliquer après coup l'intrigue, à tenter de réconcilier ce que nous avions vu, un film qui s'éloigne de certains clichés et qui adopte à l'occasion un ton poétique surprenant. On reconnaît Ryuhei Matsuda, acteur androgyne remarqué dans Blue Spring ou Izo de Miike. Un film différent, qui pousse à la réflexion et qui ne prend pas le spectateur à la légère. Mario Giguère

DEATH NOTE aka Desu nôto - Shusuke Kaneko avec Tatsuya Fujiwara, Ken'ichi Matsuyama, 2006, Japon, 126m

Light Yagami trouve un livre qui affirme que toute personne dont le nom sera écrit à l'intérieur de ses pages va mourir. Light va s'en servir pour tuer des criminels. Il étudie pour travailler dans la police et son père est le détective chargé de l'enquête pour retrouver le responsable de toutes ces morts. Comme le tueur n'est jamais présent et ne laisse aucune trace, on se perd en conjoncture et on fait appel à "L" un mystérieux personnage, espèce de Sherlock Holmes des temps modernes, qui se cache sous cette lettre pour aider les enquêteurs. Une partie de cache cache débute pour débusquer le tueur, qui devra utiliser toutes les ruses du livre pour demeurer incognito, mais l'étau se resserre.

Adaptation d'une série de bande dessinée populaire, Death Note débute tranquillement jusqu'à l'apparition du spectre de la mort. Rendu en animation digitale, cet espèce de Joker aux grandes ailes noires détonne, mais on s'habitue rapidement à sa présence, jusqu'à le trouver presque irrésistible. Le tueur pouvant écrire les circonstances précises de la mort de ses victimes, ainsi que la dévoilement du personnage de L complexifient le scénario et tout devient fascinant. On évite aussi de stigmatiser les enjeux, le justicier va se mettre à tuer des agents de la paix à sa poursuite, pendant que L va s'avérer lui aussi très différent. Petite blague qui passe inaperçu si on ne connaît pas tous les acteurs, celui qui joue le père de Light est aussi l'animateur de l'émission culinaire IRON CHEF, et la moue qu'il fait lorsque lui offre une "brochette de beignes" est impayable. Mario Giguère

DEATH NOTE 2 aka Desu nôto: The last name- Shusuke Kaneko avec Tatsuya Fujiwara, Erika Toda, Ken'ichi Matsuyama, 2006, Japon/États Unis, 141m

On reprend ou le premier film se termine. L accepte Light Yagami dans son équipe qui recherche le tueur Kira surtout parce que L soupçonne Light d'être Kira. Voici qu'un deuxième Kira se manifeste. En fait une pop star, Misa Amane, qui idolâtre Kira car il a tué le meurtrier de ses parents qui avait échappé à la justice. Rapidement mise en accusation, Misa est séquestrée par l'équipe de L et Light accepte volontairement de se faire enfermer en cellule pour prouver qu'il n'est pas le tueur recherché. Il y a dès ce moment plusieurs subtilités sur le fonctionnement du cahier de la mort qui vont brouiller les pistes. L'arrivée d'un troisième Kira et un Light Yagami sans souvenirs du cahier de note vont précipiter l'enquête.
Si la première moitié du film est très fidèle au manga, on ne peut que synthétiser et raccourcir l'intrigue en deuxième partie pour tout rentrer dans un long métrage qui est tout de même déjà généreux avec ses deux heures vingt, On coupe donc une bonne partie, le quatrième Kira et on modifie la fin, comme dans le premier film, question de surprendre les lecteurs de la bande dessinée originale. Personnellement je trouve le travail de compression nécessaire très bien réussit. Ce qu'on a malheureusement pas le temps de développer c'est la psychologie des personnages, évidemment, par manque de temps. Misa Amane est plus sage, Light semble moins fou, mais L fascine toujours.

Les acteurs sont solides. Je noterai cette fois-ci la présence d'Ultraman Max, Sota Aoyama. On sait que Kaneko a réalisé des épisodes d'Ultraman Max et il n'est pas surprenant de le voir utiliser un acteur de la série. Si Misa Amane était une blonde affriolante dans le manga, elle a ici les cheveux noirs et des formes plus dans la norme, réalité oblige.

On ne saurait en dévoiler plus, mais ce deuxième opus ferme l'histoire de manière satisfaisante. La réalisation est efficace et est livrée à un rythme soutenu. Bref, si pour apprécier encore plus je recommande la série animée, ces deux films font le travail pour nous faire découvrir un concept fascinant. Dire que le scénariste des mangas en était à ses premières armes, y a de quoi le surveiller ! Mais comme Tsugumi ?ba garde sa véritable identité secrète, comme L, il y a là aussi un mystère à dévoiler, un effet miroir qui rappelle toute la série. Mario Giguère

DYNAMITE WARRIOR aka TABUNFIRE - Chalerm Wongpim, 2006, Thaïlande    

En Thaïlande, première moitié du XXème siècle, un vilain profiteur capitaliste tente de vendre aux paysans sans le sou l'outil qui révolutionnera leur vie : le tracteur. Seulement voila : les paysans n'ont pas les moyens de se les payer, ces tracteurs, et puis finalement les boeufs font très bien l'affaire. Notre méchant engage alors des bandits pour voler le bétail des paysans afin de les obliger à se rabattre sur ses machines révolutionnaires. Le pays est bien mal barré mais heureusement pour tout le monde, surgit Jon Bang Fai, véritable Robin des Bois local qui botte le cul des méchants à grand renfort de dynamites et de muay thaï (ou boxe thaï) pour redistribuer leurs boeufs aux pauvres. Jon fait trembler les criminels jusqu'au jour où il tombe sur un voleur de bétail particulièrement puissant et maîtrisant la sorcellerie et qui, comme par hasard, ressemble beaucoup à l'homme qui tua ses parents il y a fort longtemps&ldots;.

C'est Dan Chupong, le prodige d'ONG BAK, qui porte le foulard de Jon Bang Fai. Résultat : quand ça cogne, ça cogne sec. Les coups portés sont douloureux et les chutes au moins autant. Mais cette apparente brutalité est aussitôt désamorcée par le ton stupidement rigolard du film qui vire vers une sorte de comédie balourde très pipi-caca-prout totalement déconcertante et en complet désaccord avec ses scènes d'action. Le spectateur assiste dès lors à un spectacle affligeant de bêtise que les actes de bravoure de Jon surfant sur ses asperges à réaction ne parviendront pas à consoler. En même temps, il semble que ce type de cocktail soit propre à la production commerciale locale. Triste. Kerozene

END OF THE LINE - Maurice Devereaux, 2006, Canada, 95m

En 1976, ce bon vieux Larry Cohen faisait parler de lui avec son GOLD TOLD ME TO dans lequel un policier enquêtait sur une vague inexpliquée de meurtres, touchant d'innocents passants New-Yorkais.

30 années plus tard, Maurice Devereaux coupable du très médiocre SLASHERS reprend une trame identique et nous livre un film d'horreur moderne, lourd de sens et très punchié, pour notre plus grande joie.

Et pourtant, l''histoire tient sur un ticket de "métro" ! Un petit groupe d'hommes et de femmes se retrouve piégé dans un tunnel à la merci de fanatiques catholiques, ayant reçu le message tant attendu, de libérer enfin l'âme humaine de ses tourments... Pour nos survivants, le mot chaos va enfin avoir un sens...

END OF THE LINE opte pour un réalisme froid et des scènes de terreur citadine pure avec cette sensation flippante d'une menace permanente et indétectable qui peut frapper n'importe où, n'importe quand. Sous couvert d'un divertissement gore, le film remet allègrement en cause les fondements de l'Église et de la légitimité de la croyance. Un gros pied de nez à une époque ou intégrisme et fanatisme font les choux gras de nos journaux télés.

Outre des scènes gores plutôt saisissantes, ce qui rend le tout si dérangeant, c'est que Deveraux établit dès le début que les disciples armés de poignards ne sont pas réellement de mauvaises personnes. Seulement des gens, qui en toute bonne foi, sont convaincus de contribuer à l'amélioration du monde dans lequel ils vivent. Métaphores sur les leaders charismatiques de la foi occidentale ainsi que sur les fondamentalistes du Moyen-Orient, Devereaux atteindra sans peine son objectif : faire réfléchir. Alors on pardonnera les similitudes scénaristiques avec GOLD TOLD TO ME et l'on appréciera l'un des meilleurs films d'horreur canadien de ces dernières années... Marc Evil

EXILED aka EXILÉ - Johnnie To, 2006, Hong Kong 

Johnnie To est de retour avec une fresque mafieuse contemplative et renoue avec les valeurs sûres du polar hongkongais à savoir l'honneur, l'amitié virile, la trahison, le tout sur fond de gunfights ralentis s'apparentant à des ballets de danse contemporaine. Un retour aux sources d'une certaine manière et contre toute attente, le résultat n'est pas si mal. On y fait la connaissance de Wo, gangster exilé de retour sur son île de Macao avec sa femme et un tout jeune bébé. Wo est à peine arrivé que son passé le rattrape en la présence de deux tueurs au service de Boss Fay, un chef de triade qui nourrit une profonde rancune depuis que Wo lui a collé une prune dans l'estomac. Face à ces deux tueurs se trouvent deux autres hommes, armés également, qui viennent protéger leur vieux pote Wo. La situation apparaît alors complexe puisque les cinq lascars sont en réalité de bons amis d'enfance et que ce brave Anthony Wong qui est censé faire péter le caisson de Wo n'en est pas franchement ravi. Après une séance de flingage fumant et esthétiquement classieuse, tout ce petit monde se pose et se remémore le bon vieux temps. Wo demande alors une dernière faveur à ses potes avant de passer l'arme à gauche, faire un gros coup afin de ne pas laisser sa famille dans le besoin. Tout le monde accepte, trinque et fume le cigare dans la joie et la bonne humeur, seulement voila : leur chemin va croiser Boss Fay (Simon Yam) qui va se fâcher tout rouge lorsqu'il verra que son tueur se la joue mère-poule. Re-gunfight dans un restaurant gastronomique entre nos compères et les hommes de Fay et pendant lequel Wo se fait méchamment blesser et Boss Fay se fait flinguer les burnes. Wo bénéficie alors des soins d'un toubib clandestin interrompu dans un culbutage de prostituée. L'opération se passe bien jusqu'à ce que Fay et ses couilles explosées ne débarque alors à son tour histoire de se faire recoudre le sac. Tension chez le doc, musique lancinante, mouvements de caméra au ralenti et re-re-gunfight...

Voila pour la première moitié du film, ne gâchons pas le reste pour ceux qui souhaiteraient découvrir par eux-mêmes la suite de ce récit plutôt testostéroné. EXILED, fausse suite de THE MISSION, souffre des inévitables tics de son réalisateur qui continue à privilégier la forme sur le fond, mais la grâce des plans, le travail de la photo, la musique et les acteurs parviennent à rendre le tout très appréciable. En revanche, To ne brosse pas la police dans le sens du poil pour une fois. Ici représentée par un inspecteur à deux jours de la retraite, celui-ci fait tout pour ne pas s'impliquer dans les histoires de nos truands et passe pour un lâche et pour le bouffon de service.

Comme d'habitude, on retrouve une ribambelle d'habitués de chez To (Suet Lam, Simon Yam et plein de seconds couteaux) et surtout un Anthony Wong excellent. Mais ce qui séduit surtout dans EXILED, c'est l'hommage que Johnnie To y fait au western, et en particulier au western italien. Les quelques instants qui précèdent les scènes de gunfight insistent sur des gros plans qui n'auraient pas détonnés dans un Sergio Leone, les tueurs tâtent inlassablement la crosse de leur flingue, toute une partie du film se déroule dans un décor proche du grand ouest poussiéreux, la bande son rappelle une ambiance western à grand renfort de guitare et l'île de Macao toute entière ressemble à une ville fantôme où seuls les protagonistes du film apparaissent. Même l'hôtel dans lequel se déroulent deux scènes clés (dont la scène finale lors de laquelle la légende veut que 18'000 cartouches auraient été tirées ( !!?)) du film ressemble à s'y méprendre à un saloon. Ceux qui aiment le western apprécieront ces attentions, les autres trouveront sans doute cela sans intérêt. Dommage en revanche que le réalisateur ait opté pour des impacts de balles très surréalistes en substituant les giclées de sang par des nuages de poussière rouge. Est-ce là une manière de rappeler l'atmosphère poussiéreuse des meilleurs westerns ? Aucune idée. Toujours est-il que c'est difficile à avaler. EXILED reste un film à voir, une sorte de polar HK noir old-school qui n'est pas sans rappeler l'époque où John Woo faisait encore de bons films. Kerozene

EXTE:HAIR EXTENSIONS aka Ekusute - Sion Sono avec Chiaki Kuriyama, Ren Osugi, 2007, Japon, 108m

Un entrepôt dans un port japonais, une odeur malsaine et la découverte d'un caisson remplit de cheveux humains. Tout est normal, il s'agit de véritables cheveux qui servent à fabriquer des extensions. Mais la tête dans le caisson... Yuko (Chiaki Kuriyama) travaille au salon de coiffure GILLE DE RAIS comme apprentie. Le jour ou débarque un bonhomme étrange, qui offre des extensions de cheveux, tout bascule. Car le type, friand de belle chevelure, a récupéré le corps de la dame du caisson et il est fou de joie car ses cheveux poussent chaque jour à une vitesse extraordinaire. La table est mise.

Sion Sono avoue après la projection que son film est à la fois un authentique film d'horreur et une parodie. Les éléments sont nombreux à renvoyer aux films récent du genre. Tant qu'à avoir des fantômes aux cheveux long, ne prenons que ces cheveux comme élément d'horreur ! Ajoutant une sous-intrigue sur l nièce de Yuko, battue par sa mère, récupérée par Yuko, Gunji, le fou des cheveux qui offre une performance pour le moins excentrique et le mélange de drame, d'horreur et de parodie fonctionne parfaitement. Les images de pousse de cheveux qui sortent de la bouche ou carrément des yeux sont saisissantes et dérangeantes. Une belle surprise ! Mario Giguère

FLIGHT OF THE LIVING DEAD: Outbreak on a Plane aka Plane Dead aka Plane of the Dead aka Le VOL DES MORTS VIVANTS - Scott Thomas avec David Chisum, Kristen Kerr, Kevin J. O'Connor, 2007, États Unis, 89m

Un point de départ simple: à bord d'un vol en direction de Paris il y a un caisson spécial qui renferme une scientifique qui a été inoculée par un virus très spécial. Fruit de la découverte d'un moustique dans le nord du Vietnam qui meurt et ressuscite en quelques secondes dont on n'a pas calculé les effets secondaires. Naturellement le caisson ouvre, la femme sort et va se mettre à bouffer tout le monde et chaque personne qui meurt se joint au buffet ! Et ce n'est pas de ces morts vivants que l'on peut arrêter d'une balle dans la tête, non.

Si on prend du temps à installer et nous faire découvrir une galerie de personnages pas mal clichés et peu sympathiques, la sortie du zombie fait basculer rapidement le film dans un délire gore tragi-comique du plus bel effet. Du mari de la "défunte" qui se bourre d'alcool aux jeunes américains détestables qui baisent le meilleur ami de leur copain, au japonais qui ne bougera jamais de son siège en passant par le prisonnier menotté au policier qui l'amène à son procès, il n'y a que les agents de bords qui attirent une certaine sympathie, mais on ne regrettera pas de les voir bouffer du passager avec une hargne évidente. Les effets sont dans le ton, quelques uns surprennent et quelques gags m'ont fait éclater de rire, à cent lieues des tristounettes dernières suites de la saga RETURN OF THE LIVING DEAD. Pour la petite histoire, le film a été conçu avant SNAKES ON A PLANE, que je n'ai pas encore vu au moment d'écrire ces lignes. Une bonne série B qui frappe sa cible. Pour une fois, je préfère le titre et la pochette dvd française. Mario Giguère

le FRISSON DES VAMPIRES - Jean Rollin, 1970, France 

Je suis encore sous le choc, époustouflé. Je croyais que Jean Rollin n'était qu'un con divertissant. Mais non, il se croit aussi obligé d'ajouter à ses films déjà difficiles à digérer une dose massive de poésie vampirique. Le "Frisson" m'a marqué tant par sa musique plus que risible que par ses protagonistes aux costumes "hippies" et tape-à-l'oeil. Plusieurs scènes me sont restées dans la tête, comme celle où la vampiresse (hybride de Cher et de Marylin Manson) sort de l'horloge grand-père sous les douze coups de minuit, ou encore la "chorégraphie" des deux cousins lors de leur première rencontre avec le couple de jeunes mariés.  Comment ce mec fait-il, avec une femme aussi canon, pour accepter son continuel refus de copuler ? Ça m'a aussi dépassé. Et que dire de ce grand moment sur la plage... Vive les spots et vive la nudité gratuite (je ne condamne rien, j'en suis un grand fan). Ce que je trouve dommage, c'est que Rollin ne se force pas tellement pour trouver des lieux pour terminer ses films... Les repérages, lui, il doit les passer à "sélectionner" ses actrices à la dur, sur son canapé...  Ça fait 4 films de Rollin que je vois et 3 d'entre eux finissent sur la criss de même plage...  M'enfin. Orloff Manera

"A minuit les femmes vampires sortaient des horloges" aurait put écrire Gaston Leroux à propos du film de Rollin, le seul qu'il m'a été donner de voir à ce jour, et bien que je ne sois pas tombé amoureux du style du "maître ", je dois avouer que je me suis bien amusé à savourer ce film, c'est déjà assez génial qu'un français s'embarque dans une aventure pareille avec de pareils moyens, et son film dégage un étrange parfum, fait d'une poésie inquiétante et vaguement ennuyeuse ponctuée ça et là d'images insolites et forts belles ; je pense bien sur à la scène ou' Isolde la vampire lesbienne sort de l'horloge et entraîne sa victime consentante jusqu'au cimetière au milieu des hululements sinistres et des cris de chiens fous accompagnés par la musique "vampirpop" du "groupe "achantus! Mais également au dispositif meurtrier de deux pointes acérées couvrant les seins, aux masques mortuaires recouverts d'une cire figée par les siècles, un crane illuminé dans un aquarium ou nagent des cyprins dorés, à Sandra Julien recevant le "baiser" fatal, le sang d'une colombe fraîchement tuée qui en coulant le long d'un cercueil, réveille sa propriétaire, le jeu tour à tour outré ou grotesque des comédiens, leurs costumes somptueusement ridicules, bref un charme indéniable malgré l'aspect décousu et chaotique du montage.

Ils sont ce qu'ils sont, mais les vampires français existent ! Jess Cougoar

HATCHET - Adam Green,  2006, États Unis

Quelques admirateurs de films d'horreur participent à un voyage organisé ou le principal sujet est la peur. Après avoir fait le tour de quelques villes et musées d'horreur... Ils se rendent à un lac réputé hanté par des fantômes et par un tueur psychopathe. Lorsque leur bateau est coincé dans un lac, les individus sont contraint de le quitter et se retrouvent à l'intérieur d'un univers menaçant tout à fait semblable à un film d'horreur. Combien d'entre eux survivront ? Et combien de litres de sang coulera ?

Nous voici face à un hommage aux slashers de la fin des années 70 et début 80 et le réalisateur pour nous en convaincre utilise quelques icônes du genre comme Robert Englund, Tony Todd et Kane Hodder. Il y a de nombreuses scènes de nudité qui plairont aux fans du genre, la photographie est très colorée (un peu à la manière de Friday The 13 Part 6 ou Part 7) et les effets gore sans CGI de John Carl Buechler sont généreux en sang, mais indigne d'un slasher du genre (ça ressemble trop a des effets Troma et il est à noter que le film sera CUT pour la sortie en salles).

Le grand problème est justement cela, le film est trop humoristique et décevra plusieurs fans qui recherche un slaher pur et dur à la THE BURNING, FRIDAY THE 13TH ou autres. C'est tellement humoristique que l'on dirait du TROMA. Je n'ai rien contre Troma, mais lorsque je veux regarder un excellent slasher des années 70-80, se n'est pas vers eux que je vais me tourner. Bref, dans mon cas et comme celui de plusieurs, le film constitue un pétard mouillé. Dommage! Mais, le réalisateur est jeune et il pourra se reprendre.

5.5/10 Black Knight

HELL'S GROUND aka Zibahkhana - Omar Khan, 2007, Pakistan

Lors d'une balade en voiture, des adolescents se retrouvent confronté à des psychopathes et à des zombies ! Pas chanceux du tout !

Produit par MONDO MACABRO, le célèbre label de DVD de films d'horreurs étrangers méconnus et/ou introuvables, ce film se proclame le premier film de gore Pakistanais. Du Gore, il y en a, et plusieurs références aux précédents titres de MONDO MACABRO y figurent aussi... Le bouchon pousse tellement fort qu'ils nous montre différentes pochettes de leurs films... Ce qui n'était pas du tout nécessaire.

Les meilleurs séquences pour moi sont les hommages explicites à Zombi 2 de Fulci, The Flying Guillotine et aux E.C Comics. De plus, le tout est agréable à regarder et le dépaysement fait mouche... Tellement, que la pauvreté des moyens utilisés ne perturbe pas le visionnement. Par contre, le film pêche par sa longueur et par le désir du réalisateur d'attendre le maximum de temps avant de tuer ses victimes. C'est tellement long que le spectateur exaspéré a envie d'entrer lui même dans la pellicule avec une scie, des crocs ou même une tronçonneuse pour aider les psychopathes è terminer les victimes afin d'aller enfin dormir ou pour savourer un repas au MIAMI. Le film est loin de constituer un fiasco, mais la déception est grande ! Surtout que la bande annonce était si prometteuse. Je vous recommande de le visionner puisque toutes les meilleurs scènes s'y trouvent.

4.9/10 Black Knight

Ce projet épaulé par Pete Tombs, le génial fan de pelloches exotiques derrière Mondo Macabro, ressemble tristement à un gros foutage de gueule. Le film a une fâcheuse tendance à oublier son origine pour nous conter les déboire habituels des ados en vadrouille en proie à un méchant serial killer, avec tout ce que cela implique de clichés excepté les scènes de sexe. Le Pakistan étant en proie à d'alarmants problèmes de pollution, le scénario tente mièvrement de se montrer alarmiste sur ce point en incluant une épidémie de zombies en découlant. Malheureusement, le film met rapidement cet aspect est de côté pour se concentrer sur son tueur. L'occasion pour le réalisateur de rendre hommage à ses films favoris: LA NUIT DES MORTS-VIVANTS, ZOMBIE 2, MASSACRE A LA TRONCONNEUSE, VENDREDI 13, MANIAC,... et pour nous de revoir une fois encore un film mille fois vu auparavant. D'exotisme ici il n'en est pratiquement pas question, les protagonistes allant même jusqu'à parler anglais la moitié du temps, seul le tueur dégénéré présente une réelle originalité puisque vêtu d'une burqa dans laquelle n'est percé qu'un seul trou lui permettant de voir. La burqa étant un vêtement typiquement féminin, on y voit ici la transposition musulmane du Leatherface croisé avec le Jason Voorhees des débuts qui portait sur la tête, rappelons-le, un sac en papier dans lequel n'était percé qu'un seul trou. Ce serial killer au look plutôt fun est en réalité un véritable acte de provocation envers la communauté islamiste car il est bel et bien question d'une métaphore sur l'emprise "castratrice" des intégristes. L'idée est bonne, le résultat beaucoup moins. Citons enfin la présence de Rehan, l'acteur qui interpréta Dracula dans l'adaptation pakistanaise du roman de Bram Stoker, THE LIVING CORPSE (DRACULA AU PAKISTAN). Kerozene

IN THE NAME OF THE KING: A DUNGEON SIEGE TALE aka Au nom du Roi: Dungeon Siege - Uwe Böll avec Jason Statham, Leelee Sobieski, Ray Liotta, John Rhys-Davies, Ron Perlman, Matthew Lillard, Claire Forlani, Burt Reynolds, Kristanna Löken, Brain J. White, Will Sandersonl, 2007, Allemagne/Canada/États-Unis, 127m

Au Moyen Âge, des créatures mi-humaines, mi-animales appelées les Krugs et contrôlées par un maléfique sorcier, Gallian, tuent le fils d'un simple fermier du nom de Farmer et kidnappent son épouse alors qu'elles s'attaquaient aux villages d'un royaume. Aussitôt, Farmer part à la recherche de sa femme, flanqué de deux fidèles compagnons. Pendant ce temps, Gallian, ayant manipulé adroitement la fille du sorcier royal pour accroître ses pouvoirs, entreprend de faire tomber le Roi afin d'installer sur le trône le neveu de celui-ci. Bien qu'ayant refusé d'aider l'armée royale contre les Krugs, Farmer change d'avis lorsqu'il apprend avec stupeur qu'il est en fait l'héritier du trône. Avec l'aide du sorcier royal et de sa fille, il tente alors d'éliminer Gallian et de sauver sa femme prisonnière dans son repaire.

Il faut croire qu'Uwe Böll cherche à ravir la palme du pire réalisateur du XXIième siècle des mains de Michael Bay. Malgré des moyens plus imposants que ses précédentes productions, ce nouveau film inspiré d'un jeu vidéo est encore plus mal foutu. Le scénario pille sans vergogne des idées déjà employées dans "LE SEIGNEUR DES ANNEAUX" et le réalisateur pousse la coquetterie jusqu'à plagier plan par plan des séquences tirées de la trilogie de Peter Jackson, sans avoir son talent pour les filmer correctement. Le montage embrouille inutilement et plus souvent qu'autrement une histoire déjà moribonde, les trucages sont inégaux, les maquillages des monstres sont ridicules, la photographie est d'une laideur repoussante et les costumes sont incroyablement anachroniques (Ray Liotta dans la peau du méchant sorcier à l'air du pianiste Liberace sur l'acide). On se demande même ce que fait là le réalisateur et chorégraphe reconnu d'arts martiaux Ching Siu-Tung au générique comme coordonnateur des scènes de combats, car son talent est gaspillé içi en pure perte. Sans doute pour faire rire le public afin d'éviter qu'il ne tombe dans un ennui profond, les acteurs, conscients d'apparaître dans un navet, surchargent leur jeu quand ils ne s'ennuient pas eux-mêmes, et même certains d'entre eux font pitié à voir à l'écran comme John Rhys-Davies, qui avait joué dans la trilogie du "SEIGNEUR DES ANNEAUX". Pas étonnant que la sortie de ce film ait été retardé d'un an, mais pourquoi l'avoir quand même distribué en salles? Il faut maintenant engager un tueur à gages pour liquider Böll sur le champ avant qu'il n'empeste les écrans davantage. . Mathieu Lemée

JADE WARRIOR aka JADESOTURI - Antti-Jussi Annila, 2006, Finlande/Chine/Pays-Bas/Estonie

Ce film d'origine principalement finlandaise (mais coproduit avec les Pays-Bas, l'Estonie et la Chine) a pour originalité de fusionner une légende du folklore local, celle de Kalevala, avec le film de kung-fu à grand spectacle façon Zhang Yimou. Dans la Finlande de nos jours, un forgeron raté au physique de lavette se voit soudainement plongé dans une histoire dont les origines remontent à quelques milliers d'années, lorsque notre héros était un guerrier arpentant les terres de Chine et que son cœur était pris d'amour pour une femme désabusée. A grand renfort d'interminables bla blas entrecoupés de quelques scènes de bagarres ralenties à l'extrême entre l'âge du fer et notre époque, JADE WARRIOR nous conduit vers un mélo fantastique sirupeux honteusement déguisé en film d'action. C'est après un final abracadabrant et profondément moche où notre forgeron parvient enfin à forger que l'on peut enfin prendre un peu de recul pour reprendre ses esprits et réaliser que ce qui aurait pu être - avec du culot - un petit coup de génie fut stupidement sabordé pour plaire à la masse. Fans d'épopées épiques et de bastons aux sabres, appelez vos mères, car JADE WARRIOR est calibré pour elles - pour peu qu'elles soient clientes des soap opera de l'après-midi. Et dire que c'est en passe de devenir le plus gros hit du cinéma finnois...

Site www.jadewarrior.net  Kerozene

KILOMETRO 31 aka KM31 - Rigoberto Castañeda avec Iliana Fox, Adrià Collado, 2006, Mexique, 103m

Un accident tragique au kilomètre 31 d'une route de campagne laisse Agata dans le coma, les jambes amputées. Son conjoint, le chauffeur, traumatisé, est surprit s'apprendre que la dame qu'il a écrasée sur la route était déjà morte depuis quelques jours, pourtant, elle marchait devant l'automobile ! La soeur jumelle, d'Agata, Catalina, qui a toujours eu une relation symbiotique avec sa soeur, "sent" les appels à l'aide de celle-ci et cherche à élucider le mystère qui entoure cette affaire. Un détective, qui enquête depuis plusieurs années sur cet endroit maudit, lui donne des pistes troublantes.

Excellent film de fantômes qui, bien que suivant les traces de nombreux films récents et anciens dans le genre, offre une réalisation prenante et efficace. La seule chose qui me chicote encore est la mention "basée sur des faits vécus" au début du film, j'aurait presque apprécié plus sans ces désormais incontournables petits mots. Les fantômes, pas toujours détectables, deviennent des créatures à foutre les jetons plus on s'approche du noeud de l'intrigue, du drame originel qui a causé tant de malheurs. Ajoutez une relation trouble de Catalina avec son "beau-frère" et le malaise est omniprésent. Sans renouveler le genre, Castañeda nous offre un film à l'ambiance et aux scènes chocs qui viennent nous prendre aux tripes, ce que bien d'autres ne savent plus faire. Du coup, on est content de voir une nouvelle page du cinéma fantastique mexicain. Mario Giguère

KING OF KONG: A FISTFUL OF QUARTERS - Seth Gordon, 2007, États Unis, 79m

Explorons ensemble le monde du jeu vidéo mais plus précisément celui des jeux d'arcade. Billy Mitchell est depuis plus de vingt ans le champion incontesté de Donkey Kong, au point où qu'il en vient à se prendre pour un quasi-Dieu intouchable, devenant une vedette internationale à l'égo aussi gros que son charisme. Mais un jour, un inconnu envoi une cassette où il bat à plate couture le record de Billy Mitchell. Cet homme, c'est Steve Wiebe, père de famille et professeur de chimie, un total "average joe" qui n'a jamais vu la chance lui sourire. L'organisation responsable de comptabiliser les records envoient des ''inspecteurs'' chez Steve (Un de ses inspecteur est Billy Mitchell lui-même), et après être entré sans permission dans sa demeure et après avoir fouillé l'arcade de Steve sous tous les angles, on annule la prestation de Steve Wiebe, la machine n'étant ''supposément'' pas dans les règles. Steve est abattu par la nouvelle mais décide de prendre sa fierté en main et d'aller dans une compétition avec public pour montrer ce qu'il vaut et c'est le début d'une grande aventure...

L'histoire de Steve Wiebe est incroyable et méritait sans aucun doute son documentaire. L'exploration de cet univers plein de personnages assez pathétiques est passionnante et fait rire autant qu'elle fait pleurer. Le traitement est selon les bases du récit américain, un héros rabattu qui remonte la pente et affronte son adversaire (pas gentil) à la fin. Un choix judicieux, car c'est rigolo de voir tous les codes que nous connaissons mais installés dans un environnement que je vais qualifier de marginal (je vais être gentil), avec ses trahisons, ses amours et ses déceptions. Autant Steve Wiebe est d'une simplicité et d'une bonté attachante, autant Billy Mitchell est montré comme le pire des cons et comme un hypocrite épouvantablement détestable. Le moment le plus mémorable du film est quand Steve bat le record de Billy devant public et qu'un des ''disciples'' de Billy va avertir tout le monde autour pour le ''killer screen'' dans le seul but d'ajouter de la pression sur Steve et le faire flancher. Incroyable de voir le sérieux de la chose et les répercussions que causent la quête pour ce record. Définitivement à voir, KING OF KONG trace un portrait remplit de jugements mais en même temps, indéniablement intéressant sur un univers qui nous échappe. Abba

The MORNING AFTER - Daniel Knight avec Aldiana Sterjova, Australie, 7m 

Un lendemain de veille, une jeune donzelle se réveille entre deux inconnus, un gros puant et un mastodonte sadomaso, et n'a qu'une idée: partir en catimini. Mais son bras est coincé sous le géant, tant pis, envisageons l'impensable pour sortir de là !

L'idée est un peu ridicule, mais tellement drôle et bien fait qu'on ne peut résister à ce court-métrage, une longue blague gore qui s'assume ! Mario Giguère

MULBERRY STREET - Jim Mickle, 2007, États Unis

Une épidemie envahie New York. Tout d'abord, les rats sont contaminés et attaquent les humains, ensuite les humains deviennent des créatures mutantes ressemblant à des "rats humains" et tuent les vivants. Les médias arrêtent de diffuser les émissions, la ville tourne au chaos et les locataires d'un immeuble de Manhattan se barricade pour essayer de survivre.

Le film débute comme RATS de Bruno Mattei, se poursuit à la manière de DAWN OF THE DEAD et continue à la manière d'un huis clos à la manière de 28 DAYS LATER. Tourné en 18 jours pour un budget de 25000$, le film offre beaucoup à regarder. La qualité du casting est indéniable et l'environnement de New York est exploité à fond. Le film fait référence au 11/09/09 et a toutes les incertitudes envers les étrangers/voisins qui peuvent être une menace. La réalisation et la mise en scène est valable, a l'exception de la camera qui bouge vraiment trop lors des scènes d'actions. Je sais pas s'il a voulu faire ça, pour camoufler son manque de budget ou pour rendre le tout plus dynamique (forme lassante du video clip ou du jeu video), mais ça ne fonctionne pas, c'est lassant, dommage et l'image devient tellement confus qu'on a peine à suivre. Il aurait dû comprendre que George A. Romero n'avait jamais eu besoin de ce truc pour tourner ses premiers films à petit budget. J'espère pour lui, qu'il ne fera pas la même chose avec de plus gros budget. Sinon, sa carrière ira comme il se doit dans le fond d'une poubelle pleine de rats !

6.5/10 Black Knight

NIGHTMARE DETECTIVE aka Akumu Tantei - Shinya Tsukamoto avec Ryuhei Matsuda, Hitomi, Masanobu Ando, Shinya Tsukamoto, 2006, Japon, 105m

La Lieutenante Keiko Kirishima est arrivée récemment dans un nouveau poste de police et le premier cas qu'elle doit élucider est des plus étranges. On a déjà plus d'une personne qui s'est suicidée, dans son sommeil après avoir eu des conversations téléphoniques avec un interlocuteur que l'on n'arrive pas à identifier. Connu sur l'afficheur par une simple lettre, "O". Un adjoint de Keiko l'appelle et lui aussi se taillade jusqu'è mourir, durant son sommeil. Keiko va demander l'aide d'un bien étrange personnage, Kaneguma, un jeune homme capable d'entrer dans les cauchemars d'autrui. La procédure étant fort dangereuse, il rebute à aider l'enquêteuse. Keiko appelle alors "O" pour faire avancer ses recherches et forcer Kaneguma è l'aider à le coincer.

"O" est interprété par le réalisateur, Tsukamoto. Le film explore autant l'univers onirique cauchemardesque que les pulsions suicidaires que l'on associe régulièrement au Japon. Nombreux sont les monologues sur le sens de la vie ou plutôt son absence de sens et chacun a ses raisons de vouloir la mort. La mise en scène est d'ailleurs friande de plans sur la ville qui semble déserte, presque morte, tel un décor sans vie. On privilégie les gros plans sur les visages, on verra constamment Hitome dans le rôle de Keiko, chanteuse pop dans la vraie vie, réfléchir, se tourmenter, dévoiler une personnalité troublée, comme pratiquement tous les personnages rencontrés. Il y a bien évidemment de nombreuses scènes de rêves montées en plans rapides qui laissent peu voir les visions sanglantes, les versions oniriques de "O". Pourtant le making of nous les montre et on peut se demander si ce n'est pas pour ne pas qu'elles volent la vedette qu'on les a presque sublimées. L'atmosphère est donc très sombre et déprimante, mais l'expérience est intéressante.

Vu dans l'édition dvd de Dimension Films dans la collection ""Dimesion Extreme", ce qui peut surprendre, le gore n'y étant vraiment pas au premier plan. C'est donc un film plus sobre de Tsukamoto, en accord avec son sujet, mais qui vaut le détour, il va sans dire. Mario Giguère

PERFECT CREATURE - Glenn Standring, 2006, Nouvelle-Zélande/Grande-Bretagne

Dans un univers futuriste anachronique où le monde occidental des années 1930 semble avoir été figé dans le temps, les humains partagent la surface de la planète avec "les frères", une espèce apparue il y a 300 ans et qui présente toutes les caractéristiques du vampirisme: canines proéminentes, immortalité, besoin de sang pour survivre, etc. Mais vampires et humains cohabitent de manière plus ou moins harmonieuse et les frères se posent en protecteurs autoproclamés de la race humaine. Cependant, cette harmonie est fragile, car si les "frères" savent que le moindre écart pourrait nuire au bon déroulement des choses, que leur présence n'est finalement que tolérée par certaines personnes. Et lorsque Frère Edgar, scientifique de renom, se met à assassiner des humains pour leur pomper leur sang, frère Sirius s'associe avec la fliquette humaine hard-boiled Lilly pour mettre fin à la tuerie, tandis que les autorités font le nécessaire pour étouffer l'affaire.

Après son remarqué mais modeste THE IRREFUTABLE TRUTH ABOUT DEMONS, Glenn Standring signe cet ambitieux film de vampire qui pose les bases de ce qui aurait pu devenir une saga, voire même une mythologie, porteuse d'un message humaniste universel certes un peu basique mais plein de sincérité. Le cadre est séduisant et esthétiquement réussit, les personnages sont clairement décrits et le script du film ouvre les portes à de futures aventures qui ne verront jamais le jour. Sans doute parce que - malgré la réussite esthétique et l'originalité du sujet de base - Standring rate le coche à cause d'une mise en scène un peu à côté de la plaque. Le film commence comme un film d'action avec bullet time à l'appui, puis s'oriente rapidement vers un polar fantastique où les quelques scènes censées décoiffer peinent à faire décoller un film un peu trop bavard et qui semble se chercher un peu. Sans doute qu'avec un peu plus de poudre et d'hémoglobine, PERFECT CREATURE aurait pu trouver son publique, malheureusement pour Glenn Standring, son film n'a pas su séduire pleinement. Pourtant, il vaut tellement plus que des Buffy ou autres TWILIGHT... Kerozene

PLANET OF STORMS aka PLANETA BUR aka Cosmonauts on Venus aka Planet of Tempests - Pavel Klushantsev avec Vladimir Yemelyanov, Georgi Zhzhyonov, Gennadi Vernov, Yuri Sarantsev, Georgi Tejkh, Kyunna Ignatova, Russie, 1961, 83m

Un vulgaire météorite pulvérise le Capella, l'un des 3 vaisseaux intergalactiques russes à 2 doigts d'amorcer une 1ere exploration de Vénus. Changement de plans à la dernière minute oblige; la cosmonaute Walsa, du vaisseau Beta, restera seule en orbite. Ses deux co-équipiers tenteront un atterrissage avec John, ZE robot. Résultat: perte de contact avant de toucher le sol. Les trois autres camarades du Sirius se lancent (...) alors à leur recherche et découvrent milles et une surprises d'allure préhistorique. Graines de pavot géantes aux tentacules de serpents, petits Godzillas sautilleurs, énigmatiques sons stridents de sirènes sur fond d'éruptions volcaniques, etc.

46 ans plus tard, découverte plus qu'intéressante de la version originale basée sur une nouvelle d'Aleksandr Kazantsev qui en inspira plus d'un. Il y a une atmosphère, ce fameux ton russe, sans machisme, près du questionnement qui avec la présence de la propagande russe à l'ère des Spoutnik fascine. Présence de ratés bien sûr qui font bien sourire mais c'est rapidement pardonné. Walsa, seule dans son vaisseau, qui se mortifie un peu trop. John, l'incroyable et amusant robot de 7 pieds qui parfois déraille et surtout la 2eme fois qu'on entend la toune genre "Hourra nos cosmonautes". Cela restera un bijou pour son équilibre, ces couleurs et textures. Bravo au camarade Pavel Klushantsev et ses effets dont malheureusement l'américain Roger Corman en tira 3 différentes mise en boîte : Voyage to the Prehistoric Planet (1965), Queen of Blood (1966), les 2 de Curtis Harrington et Voyage to the Planet of Prehistoric Women (1968), la 1ere réalisation de Peter Bogdanovich assortit d'une miss démocratie, Mamie Van Doren. Deadmonton

POULTRYGEIST: Night of the Chicken Dead - Lloyd Kaufman, 2007, États Unis

À Tromaville, un restaurant de poulet à la PFK est construit au dessus d'un cimetière indien hanté par des zombies. Lors de l'ouverture, des manifestants font une ligne de protestations contre la cruauté envers les animaux. Le petit ami nerds de l'une des contestataires aperçoit sa copine dans les bras d'une lesbienne lors de cette manifestation. Déçu et outré, il trouve moyen de se faire engager par le restaurant pour prendre sa revanche et pour reprendre le coeur de sa belle. Survient alors, un empoisonnement alimentaire dans le restaurant et les clients qui mangent le poulet contaminée se transforment en poulets zombies. Tromaville connaîtra son heure la plus sombre et comique !

Avec ce film, Kaufman pousse encore plus loin sa recette du gore, sexe et mauvais goût. Le film, riche d'un budget de 500.000$ offre le plus beau gore de son histoire et fait des pas dans le genre de la comédie musical. Vraiment, les fans de TROMA doivent voir ce film puisqu'il est vraiment le meilleur (ou le pire) de son catalogue. Au niveau des caméos, nous avons l'équipe de BAGMAN, Isabelle Stephen, Ron Jeremy, Lloyd Kaufman et plusieurs autres. Vraiment, ils ont mis le temps, le soin et l'argent nécessaire pour produire un film de grande qualité. Le film comporte le plus grand nombre de scènes de carnages d'une production Troma et je ne veux absolument pas élaborer sur le scénario ou sur ce film pour vous laisser la part de surprises que vous avez droit. Je veux seulement vous dire que si vous êtes fan, ce film est un MUST SEE ! Le meilleur Troma a ce jour.

9/10 Black Knight

RISE OF THE GHOSTS - Sv Bell avec Christine Gawi, Melantha Blackthorne, 2007, Canada, 93m

Aidée d'amis et d'un médium, une jeune femme retourne dans une école abandonnée où sa soeur a été tuée par une infirmière démente. Elle espère contacter les âmes des étudiantes qui ont été torturées, spécialement le fantôme de sa soeur et de leur procurer la paix de l'Âme. Mais l'esprit de la nurse et les fantômes sur place ne vont pas lui faciliter la tâche, rendue plus difficile par une énigme qui se fait à jour.

Plus proche d'un NIGHTMARE ON ELM STREET avec Melantha Blackthorne en infirmière au gant bardé de seringues, que d'un film de fantôme classique. La réalisation de Sv Bell prend encore du gallon, on remarque rapidement la qualité du montage visuel et sonore, les éclairages d'atmosphère et l'utilisation efficace de ces sous-sols chargés d'histoire. Encore une fois les actrices volent la vedette au acteurs, le médium ayant un rôle particulièrement sage et sans impact, curieusement, alors qu'on s'attend à un minimum d'implication de sa part. Melantha Blackthorne se la joue sobre, elle qui est plus exubérante dans d'autres rôles. On sent donc du sérieux dans l'approche, plus de retenue, plus de maîtrise aussi. Le travail d'ambiance sonore est remarqué, même j'aurait apprécié quelques silences bien placés, mais l'approche est comme dit précédemment, plus proche du slasher que du film d'ambiance asiatique. Le dénouement surprend, ce qui arrive somme toute peu souvent dans le cinéma indépendant. Notons les seconds rôles d'actrices familières avec le réalisateur, de Suzi Lorraine à Isabelle Stephen. La qualité des effets spéciaux est également à noter.

On se plait à imaginer une sortie en salles pour le réalisateur Québécois qui vise de plus en plus haut, avec succès. Mario Giguère

SEDUCTION OF EVIL - Andre Dubois avec Isabelle Stephen, Kerri Taylor, Andre Dubois, Daniel Brown, 207, Québec, 45m

Un homme dans la cinquantaine (André Dubois) retrouve son ancienne flamme (Isabelle Stephen) qu'il croyait morte. Elle n'a pas vieillie d'un jour, car elle a été séduite par le mal incarné: Dracula (Daniel Brown). Doit-il détruire l'amour de sa vie ou rejoindre la vie éternelle de sa bien aimée ?

Hommage réussit à la firme Hammer réalisé avec brio. Scénarisé et mis en scène par André Dubois, grand amateur de la firme anglaise, SEDUCTION OF EVIL réussit son pari de retrouver la sensualité, le frisson et la mise en scène avec des influences de Mario Bava ou Dario Argento aux éclairages. Entouré de professionnels et d'amateurs avertis pour un tournage qui s'étire sur plus de deux ans, Dubois surprend par la qualité de ses cadrages et des éclairages, la sensualité qui ne tombe jamais dans le mauvais goût et la sobriété des émotions qui se dégagent de l'oeuvre. Car la nostalgie, du passé amoureux du protagoniste, et du réalisateur pour une époque révolue, est le leitmotiv d'un moyen métrage qui annonce l'arrivée d'un réalisateur à surveiller. Dubois parle maintenant d'une trilogie et on rêve déjà à l'épisode qui devrait mettre en vedette nul autre que Santo, autre héros du réalisateur. Daniel Brown est magistral dans le rôle de Dracula. Mario Giguère

The SIGNAL - David Bruckner/Dan Bush/Jacob Gentry avec Anessa Ramsey, Justin Welborn, AJ Bowen, Scott Poythress, 2007, États Unis, 99m

Un couple qui se réveille, la télévision encore allumée, mais sans le film prévu, qu'un signal incompréhensible. Elle cocufiait son mari pour la première fois et ne peut s'empêcher d'aller le rejoindre. La ville semble bizarre, le bloc appartement remplit de locataires au bord de l'hystérie. Le mari s'engueule avec ses deux copains car la partie de baseball n'est pas à l'antenne, il n'y a que ce signal étrange, sur les télés, les radios, les cellulaires. Et tout le monde qui le regarde et l'écoute devient un fou meurtrier...

Si l'idée de départ n'est pas originale, on pense rapidement à THE CRAZIES de George Romero, entre autres, et si le début semble banal, on est rapidement devant un film sans compromis qui marie avec dextérité l'horreur et les passages d'humour noir brillants. Trois réalisateur pour trois parties distinctes, mais les même personnages qui s'entrecroisent, superbes acteurs, qui se donnent à 100%. C'est gore, c'est fou, c'est drôle, c'est une réussite surprenante et un sacré bon moment de trouille. Ces trois réalisateurs sont à surveiller !

site : www.doyouhavethecrazy.com  Mario Giguère

SPIDERMAN - la télésérie Japonaise, 1978, Japon

Les Japonais ont adapté Spiderman pour la télé à la fin des années 70. Très adapté ! Piqué par une araignée extraterrestre, un jeune japonais aura des pouvoirs fabuleux, et un truc à brancher au poignet qui lance une grosse corde et un robot géant pour s'attaquer aux vilains monstres de 50 pieds qui attaquent la terre ! L'araignée semble lui jaser régulièrement, en fait on a greffé la genèse d'Ultraman de façon assez rigoureuse, version originale japonaise, j'en manque les possibles subtilités. Gros monstres, gros robots, effets à rabais, deuxième épisode avec un hommage à Sergio Leone, les deux premiers épisodes que j'ai vus sont une source de ravissement pour amateurs de séries de la Tsuburaya et de la Toei. Mario Giguère

STARSLYDERZ - Garrin Vincent, 2006, États Unis 

Les Starslyderz, justiciers intergalactiques un rien décérébrés dirigés par le capitaine Johnny Taylor, partent à la rescousse de la fille du président des Planètes Unies d'Amérique kidnappée par l'ignoble Gorgon, être interstellaire maléfique secondé par l'affreux Mortikai qui n'est autre que l'assassin du père de Johnny Taylor ! Suite à une malheureuse rencontre avec un champ d'astéroïdes, nos protagonistes se crashent sur une planète hostile peuplée de créatures difformes et très souvent velues qui emprisonnent illico tout ce petit monde dans le but des les faire s'affronter dans leur arène de mort !

Attention les mirettes, voici de quoi vous griller suffisamment de neurones pour stopper net toutes consommations de films bis pour ces 10 prochaines années ! STARSLYDERZ explose les rétines en démarrant sur les chapeaux de roue avec une esthétique post-disco-futuriste pleine d'images de synthèse simplistes et colorées dans lesquels évoluent des personnages en costumes cheap et des monstres funky complètement improbables. Inutile de résister, on est obligé d'adhérer sur le champ à cette parodie volontairement grossière de STAR TREK, bricolée par une bande de fumeurs de marie-jeanne débordant d'inspiration psychédélique. Les premières 45 minutes sont joliment rythmée et nous emmènent dans un boui-boui spatial où Johnny Taylor tombe amoureux. Le ton est rapidement donné et on est proche d'une parodie à la Matt Stone/Trey Parker, en un chouilla moins bien et en un peu plus débile. Sexe, drogues et flatulences sont au programme et c'est tant mieux car on se marre franchement devant ce ramassis de débiles de l'espace. Mais la deuxième partie du film souffre malheureusement d'une erreur de la part de ses géniteurs. Sans doute trop conscient de la connerie jusque là complètement assumée de leur film, ils vont s'auto-saborder en incluant tout ce qu'il faut faire pour foirer sa comédie - aussi grasse soit-elle : insertion de spots " publicitaires ", commentaires sportifs, intermèdes musicaux, etc&ldots; autant d'artifices aussi inutiles que dommageables qui plombent le film de manière douloureuse. Dommage qu'ils n'aient pas continué sur leur lancée en conservant le ton de la première partie qui rappelle aussitôt les meilleurs séries télés de notre enfance, de Star Trek à San Ku Kai, la décadence en plus. On n'est pas passé loin du film culte instantané.

www.starslyderz.com  Kerozene

Ils ont passé à Fantasia 2007, très content d'avoir réussit à être sélectionnés après quatre tentatives en quatre années. Faut dire qu'il y a 4 ans le film durait 3 heures et avait encore plein de fonds bleus. La salle a prit du temps à se réchauffer, mais l'arrivée massive de muppets a bidonné la salle. Pas totalement réussit, mais un premier film qui promet pour l'avenir. Mario Giguère

TRAPPED ASHES - Sean S. Cunningham, John Gaeta, Monte Hellman, Ken Russell, Joe Dante, Unis/Japon/Canada

Six visiteurs prennent part à une visite qui les conduit à l'intérieur d'une maison hantée. Le guide les invite à raconter une histoire horrifiante afin de pouvoir sortir de ces lieux.

Il s'agit d'une petite anthologie d'horreur comme c'était si populaire à l'époque. John Saxon est toujours le bienvenue quand il s'agit d'horreur et chacune des histoires est réalisé par un metteur en scène reconnu et/ou compétant, Plusieurs de ces histoires tournent autours de la femme et de différentes transformations de son corps. Peut être est-ce un hasard mais ce thème revient dans chacun des sketchs mais ce thème apporte au film une dimension spéciale qui fait penser sérieusement à du David Cronenberg. Les thèmes des histoires comprennent: Une femme qui se fait refaire les seins et les seins se révèlent être assoiffés de sang, une femme est enceinte d'un bébé et d'un ver, Une histoire d'adultère ou la femme est une prédatrice, il y a aussi un sketch qui traite de manga et de fameuses tentacules, etc. L'introduction du film est clairement réussi et quelques sketchs comme celui des seins cannibales font mouches et il y a bien entendu plusieurs nudités. L'ensemble est très agréable, malgré le fait qu'il y aurait pu y avoir encore plus de gore et qu'au moins 2 sketchs tombent à plat.

6/10 Black Knight

The TRIPPER - David Arquette avec David Arquette, Richmond Arquette, Courteney Cox, Chian Crawford, Paz de la Huerta, Lukas Haas, Josh Hammond, Balthazar Getty, 2006, États Unis, 1h33

Une bande d'amis part en week-end dans les montagnes californiennes, pour un festival rock placé sous le signe de la débauche et de l'abus de substances illicites diverses et variées. Ce que les jeunes alternatifs ne savent pas, c'est qu'un tueur fétichiste a choisi ce même événement pour terminer la vengeance qu'il a commencé des années auparavant...

"Un hippie est quelqu'un qui a l'apparence de Tarzan, la démarche de Jane et l'odeur de Cheetah." C'est par cette phrase de Ronald Reagan que s'ouvre TRIPPER, premier long métrage de David Arquette, disponible en zone 2 grâce à La Fabrique de Films. Présent dans la franchise SCREAM, le comédien est passé de l'autre côté de la caméra et nous propose ce slasher montagnard ultra-référentiel et gentiment gauchisant. Le mélange satire-humour fonctionne plutôt bien : ni les scènes de rigolade, ni la nudité (généreuse), ni les séquences gore n'étant sacrifiées dans l'affaire.

*** SPOILERS ***
Le scénario prend un malin plaisir à suivre quelques fausses pistes, menant à une bande de ploucs farceurs mais plus bêtes que vraiment méchants, ou à l'ex jaloux de l'une des festivalières. L'amoureux éconduit trouvera une mort atroce, suppléant son agresseur de l'épargner en criant " Je suis républicain ! Je suis républicain ! " Car le vrai tueur n'est autre qu'un homme portant le masque du président républicain des années quatre-vingt... En fait un ancien enfant tueur, revenu finir le boulot commencé en pleine époque hippie, et libéré des geôles californiennes par un autre mutant, solide acteur de série B devenu politicien conservateur : le président Reagan, qui relâcha dans la nature de nombreux psychopathes pour cause de coupes sombres dans le budget de l'administration pénitentiaire. Et le tueur se prénomme... Dylan !

On le voit, David Arquette manie les clins d'œil avec dextérité. Les clichés du genre (les autorités qui refusent de regarder le danger en face, le sheriff cabochard mais tellement humain dans le fond, etc.) sont remis à leur place. Si la mise en scène manque encore un peu de certitude et de sens du cadre, le film séduit par son humour et son ton potache. TRIPPER se moque AVEC le genre, plus qu'il ne se moque DU genre. Une salutaire absence de cynisme : l'amateur de bis ne se sent donc pas pris pour le dindon de la farce (car c'en est bien une !). Stelvio

The VICTIM -Monthon Arayangkoon, 2006, Thaïlande

Une aspirante actrice est engagée par la police pour mimer des scènes de crimes dans le but de résoudre des meurtres. Bientôt, elle se retrouvera hantée par un fantôme asiatique.

Voici encore une fois un film qui s'inspire des fantômes japonais à la RING et JUON. Le début est fortement originale et est captivant, mais le tout se corse lorsqu'ils essaient de nous faire peur à tout prix par des effets amplifiés et le tout sombre dans une cacaphonie scénaristique et le spectateur perd rapidement le fil de l'histoire. Dommage.

5.5/10 Black Knight

The WORLD SINKS EXCEPT JAPAN aka Nihon igai zenbu chinbotsu - Minoru Kawasaki avec Kenji Kohashi, Shuuji Kashiwabara, Blake Crawford, 2006, Japon, 98m

Ca débute par les États Unis qui coulent avec un savant fou qui explique que tous les pays excepté le Japon risquent d'y passer. Afflux massif d'immigrants, dont les dirigeants de tous les pays, car, oui, tous les continents coulent ! L'afflux de plus de 400 millions d'immigrants ne se fait pas sans heurts et la noeud du film est l'adaptation, ou le manque d'adaptation, des différentes nationalités. Ajoutez le manque de viande et de tofu, car le Japon est un grand importateur, le chômage, les acteurs vedettes, tel Jerry Cruising, qui se retrouvent rapidement sans le sou et qui font le trottoir et finalement la brigade anti-immigrants, le GAP, qui déporte les étrangers qui n'arrivent pas a s'adapter. Bref c'est le bordel et ca va empirer.

Minoru Kawasaki, réalisateur de CALAMARI WRESTLER et KOALA EXECUTIVE, n'a pas perdu de temps pour parodier le blockbuster nippon SINKING OF JAPAN. S'il frappe parfois la cible, spécialement avec ce savant fou qui sort des explications alambiquées, portnawak, et qui s'évanouit quand on lui demande quand précisément tout va se passer, il traîne en logeur un scénario anecdotique qui n'est pas toujours franchement drôle. On sauve le tout par une fin inattendu au vu du titre, mais on plombe le film avec un moment pacifico-rose-bonbon qui détonne. Bref, ca semble un projet monté trop rapidement, parsemé de bonnes idées, certes, mais très inégale. Les effets spéciaux sont souvent parodiques et ce n'.est pas de ce cité qu'on peut se reprendre. Mario Giguère

ZEBRAMAN - Takeshi Miike, 2004, Japon

ZEBURAAMAN, Japanese title, must be seen by all fans of the classic "tokusatsu", those 60s and 70s and beyond superhero teleseries from Japan. Miike, known for ground breaking gut wrenching sex and violence Yakuza films (ICHI, THE KILLER), transgressive horror (AUDITION) will no doubt surprise his fans and those like myself who find his films rather difficult to watch.

A mild mannered teacher, ridiculted by everyone including his family becomes obsessed with a defunct unsuccessful 1970's superhero, ZEBRAMAN, and decides to become him by wearing a zebra costume and ends up fighting aliens bent on world domination! I love that plot and Miike is certainly unpredictable and has mastered wildly varying tones.

Out on Japanese DVD and a Chinese "cut out" apparently available in Canada. Robert Monell

Un toku signé Miike rempli de violence cartoonesque, d'effusion de sang et de sexe déviant, vous en rêviez ? Et bien continuez, car ce n'est pas avec ZEBRAMAN qu'il risque de satisfaire nos soifs de sous Bioman dégénéré, à l'exception d'un court passage d'un toku fictif que regarde le héros du film et dans lequel un clone mutant de Sadako se fait laminer la gueule à grands coups de fulguro-n'importe quoi dans les gencives. Passé cet instant de pure folie, on suit les mésaventures d'un professeur pathétique qui foire en beauté aussi bien sa vie professionnelle que sa vie familiale. Détesté de ses élèves, cocu par sa femme (euh... qui d'autre ?), coincé et totalement inexistant aux yeux de ses paires, il ne trouve de réconfort que lorsqu'il endosse une tenue de Zébraman bricolée à la va vite par ses petites mains de couturière maladroite. C'est alors qu'il se verra confronté à une invasion d'extraterrestres qui prennent possession des corps de ses compatriotes.

Si le pitch a de quoi exciter, son traitement s'avère totalement condamnable. Miike y injecte une bonne dose de prise de chou et de morale familiale qui ne sont pas sans rappeler des outres hollywoodiennes comme LA COURSE AU JOUET (JINGLE ALL THE WAY). La comparaison est dure ? C'est pour mieux prévenir. Pourtant le film regorge de petits instants de folie, de gags délicieux, d'événements si décalés qu'ils réjouissent le spectateur au plus haut point, mais malheureusement, Miike semble ne jamais savoir à quel moment crier "Cut!" nous imposant alors une quantité de plans inutilement longs nuisant gravement au rythme du film. Au final, la balance penche malheureusement du mauvais côté pour ZEBRAMAN. Kerozene

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