LES FILMS DE FANTASIA 2000

du 13 au 31 juillet au Cinéma Impérial

2000 AD - Gordon Chan, 2000, Hong Kong

Deux nerds fans de jeux vidéos se voient bien malgré eux impliqués dans une affaire de virus informatique surpuissant. Les services secrets américains, de Singapour et les autorités de Hong Kong tentent de résoudre cette enquête au mieux, en fonction de leur propre intérêt. Mais comme rien n'est jamais simple, ce sont les bad guys qui tirent les ficelles, car ces salopards sont bien infiltrés au sein des organes de sécurité.

A priori, 2000 A.D. n'avait pas de quoi m'exciter la rétine. Les histoires d'espionnage sur fond de techno-industrie high-tech en plus menée par deux accros de la Playstation, ne sont pas franchement ma tasse de thé. Mais 2000 A.D. surprend. D'abord parce qu'il est très soigneusement produit et bien écrit, et ensuite, quand au bout de 25 minutes il se met à taper dans le tas, il tape vraiment très fort ! Soudain l'intrigue prend une nouvelle tournure, les enjeux deviennent réels, et l'action adopte des allures de tueries ultra-violentes: gunfights sanglants, cascades nerveuses (on regrettera l'utilisation abusive de ralentis "stroboscopiques")et face-à-face efficaces font de ce thriller high-tech une très bonne alternative aux films d'action hollywoodiens. 2000 A.D. fut le plus gros carton du box office HK en l'an 2000. Kerozene

ANATOMIE aka ANATOMY- Stefan Ruzowitzky, 2000, Allemagne 

Paula Henning (Franka "COURT LOLA COURT" Potente) est une jeune et brillante étudiante en médecine qui souhait se spécialiser en anatomie à la prestigieuse université d'Heidelberg. Arrivée sur place, elle fait la connaissance de Gretchen, une blonde boulimique de coups de bite et accessoirement l'étudiante en médecine la plus remarquable du pays. Seulement voila, alors que Paula la coincée et Gretchen la cochonne se font draguer chacune de leur côté par des étudiants en médecine à l'humour douteux et au physique de jeunes premiers de soap opera à la mode Beverly Hills 90210, certains petits rigolos pratiquent des cours d'anatomie sur des patients vivants qui ont la sale habitude de se réveiller au moment où on leur triture les tripes. Paula découvre alors l'existence d'une mystérieuse confrérie de francs-maçons appelée les AAA dont les activités consistent en une médecine anti-Hippocrate...

Enorme succès commercial dans son pays d'origine, et joli succès international également, ANATOMIE est un thriller horrifique assez joliment filmé en cinémascope et plutôt bien interprété mais qui ne parvient malheureusement jamais à surprendre et à décoller. Le réalisateur ne parvient pas à convaincre de la crédibilité de ses élèves, gentils ou méchants, et semble se retenir quelque peu lors des scènes sanglantes ainsi que pour les rares et courtes scènes de fesse. Les rebondissements scénaristiques ne blufferont personne et le final se veut un peu trop moralisateur. Stefan Ruzowitzky remettra le couvert en 2003 avec ANATOMIE 2, sans Franka Potente. Kerozene

AUDITION aka Odishon - Takashi Miike, 1999

Un salary man veuf depuis 7 ans décide de se remarier. Pour l'aider, un pote producteur lui propose d'organiser une audition pour un film et de choisir la fille qui lui convient. Il rencontrera effectivement la fille de ses rêves, belle, sobre, saine et qui partage un point commun avec lui: la perte de sa raison de vivre intensément. Seulement, il semble n'exister aucune trace de cette fille qui réserve son lot de surprise...

L'esprit déjanté de Miike frappe fort. A force d'avoir entendu parler de ce film, je m'attendais à quelquechose de bien plus choquant, mais ça reste tout de même éprouvant et passablement disjoncté, en total opposition avec la première heure du film, toute jolie-fleurie, un poil cu-cu. Vraiment un auteur à suivre. Pour amateur de sévices "à la japonaise".  Kerozene

BLOOD - CHARLY CANTOR - 1999 , Angleterre

Mais quelle merde ce truc!

Soi-disant le maître Jean-Pierre Dionnet "un film de vampires moderne", refrain souvent entendu et pas vraiment justifié dans le cas présent.

Une jeune fille, sorte de "cobaye" génétique, se fait régulièrement vider de son sang (avec une seringue, normal quoi!) car sa structure chimique sert de drogue hyper aphrodisiaque dans le milieu huppé des junky dans le vent.

Bon, mais deux gus libèrent la gonzesse au début du film, et l'un deux (qui est marié et a un gosse d'ailleurs) se propose de lui offrir une nouvelle vie en l'hébergeant chez lui.

Toutefois, ce con-là va tomber amoureux d'elle, puisqu'elle est plus bandante que sa femme, et va se laisser tenter tout doucement par l'absorption de son sang chimiquement modifié.

Voila, je vous passe la fin, mais on s'emmerde ferme, ça dure 2 heures, et la scène finale est carrément soporifique et ridicule, tout ceci agrémenté d'un doublage à faire trembler l'équipe des Alvaro!

Encore 2 heures de perdues ou on aurait mieux fait de faire autre chose, une pétanque ou une partie de petits chevaux par exemple. Franfran

CHAOS aka Kaosu - Hideo Nakata, 1999, Japon

Un homme d'affaire perd sa femme de vue en sortant d'un restaurant. Une demande de rançon arrive à son bureau. La police est rapidement sur l'affaire, mais plus aucun coup de téléphone n'est donné.

Le scénario de CHAOS avance et recule systématiquement, les flash-back reculant jusqu'à ce que l'on croit comprendre le casse-tête criminel avant de toujours revenir en avant compliquer l'histoire. On va de surprise en surprise, avec un récit bien ficelé, des interprètes à la hauteur. Encore une fois Nakata a trouvé une actrice solide pour le rôle principal. La caméra est généralement discrète mais efficace, toute en retenue, comme la musique de Kenji Kawai, que l'on ne remarque que dans les séquences finales. Nakata signait son quatrième film et plongeait avec bonheur dans un terrible suspense, après les fantastiques RING 1 et 2, juste avant l'excellent DARK WATERS. Un réalisateur à suivre. Mario Giguère

 

CITY OF THE WALKING DEAD aka NIGHTMARE CITY aka City of the Living Dead aka Incubo sulla città contaminata aka Invasion by the Atomic Zombies aka Nightmare aka L'Avion de l'Apocalypse aka L'Invasion des Zombies, 1980, Italie

Un avion cargo débarque une flopée de zombies atomiques plus rapides que Guy l'Éclair. Le gouvernement ne dit pas un mot, de peur de créer la panique. Un journaliste stoique qui a assisté à l'atterrissage stoïquement et sa femme essaient de s'en tirer, mais bientôt la ville entière est envahie.

Vont-ils y parvenir, vont-ils se réveiller, le journaliste parviendra-t-il à bouger un des muscles de son visage ?

Mazette, si je l'ai déjà vu, je l'avais complètement oublié. Quel magnifique plaidoyer contre les radiations de l'atome et la bêtise humaine. En tout cas, si l'ensemble est de petite facture, ça bouge en masse. Les zombies ont une bouille à la Toxic le ravageur, les Italiennes sont mignonnes et les textes moralisateurs sont cuculs longtemps. De quoi passer un bon moment à tout le moins. Mario Giguère

Les usagers de ce babillard savent que j'aime bien les films d'Umberto Lenzi pour leur rythme, leur caractère sans concessions et la fureur dont ils sont habités. Celui-là ne fait pas exception.

1980 : c'est l'époque où les films de zombies de Romero et Fulci triomphent sur les écrans. Une productrice passe une commande à Lenzi : mettre en images un scénario qu'il n'a pas écrit, pour une fois. Lenzi accepte, à condition de pouvoir s'impliquer un peu, et d'en faire des zombies différents. Quelques querelles s'ensuivent, et chacun plie.

Lenzi est notamment forcé d'accepter l'acteur mexicain Hugo Stiglitz, qu'il trouve tout à fait insignifiant.

Malgré cela, son film est du pur " Lenzi ", à savoir qu'il n'y a pas une seconde de temps mort. À quoi ressemblent les zombies " Lenziens " ? Pas difficile à imaginer : ils courent, sont hyper-violents, frappent sur tout ce qui bouge. On les croirait en pleine prise d'otages dans un polar italien, et c'est compréhensible dans la mesure où Umberto Lenzi est avant tout un cinéaste de (bons) films d'action.

Plus qu'un film d'épouvante, malgré les effets gore parfois approximatifs, c'est donc à un thriller d'action qu'il faut s'attendre. Il y a là une dose d'humour noir et de surréalisme appréciable, entre autres lorsque les héros se rendent dans une église habitée par un zombie-prêtre qui les attaque à coups de cierge ! D'autres moments de ce genre peuplent NIGHTMARE CITY, mais je ne les révélerai pas pour ne pas gâcher votre plaisir.

Le temps file, on ne s'ennuie pas, et il faut prendre le film pour ce qu'il est : une commande consciencieusement réalisée par Lenzi, qui a su y infuser son habituelle vivacité.

L'édition DVD d'Anchor Bay contient, comme d'habitude, un documentaire assez révélateur sur le film. Si les commentaires de Lenzi semblent parfois accorder un peu trop d'importance à un sous-texte social dont le film apparaît somme toute assez peu porteur, il faut prendre ces explications avec un grain de sel. Après tout, Fulci lui-même affirmait que LA scène choc de FRAYEURS (celle avec John Morghen) était " un cri qu'il avait voulu lancer contre un certain type de fascisme ", cette explication étant assez incompréhensible.

Demeure ce film dont le titre espagnol signifie L'INVASION DES ZOMBIES ATOMIQUES, probablement une manière appropriée de décrire ces monstres virulents et rageurs. Howard Vernon

(Un merci spécial à Black Knight pour quelques précisions utilisées dans cette critique)

Les insomnies frappent parfois avec une redoutable efficacité, et je me retrouve devant le poste les yeux injectés de sang par le sommeil en surveillant des morts vivants spaghettis qui débarquent en ville depuis un avion plus ou moins dégringolé sur l'aéroport. Tout ce carnage au son de l'incorrigible Stelvio Cipriani :décidément celui-là il touille l'électricité et le funk avec cent fois plus de mauvais goût que n'importe quel combo derrière Donna Summers, une véritable  liqueur en fusion dans oreilles.

Le genre du film apparaît vite très clairement dès le début, dès que les faces de pizza déboulent après deux minutes d'attentes insoutenables devant la porte obstinément close du zinc : il s'agit d'un film de zombies, en pleine conformité avec le titre de certaines jaquettes vidéos (" l'invasion des zombies ").

Pour re-préciser (à toutes fins utiles), les " zombies " sont des amis cliniquement morts mais néanmoins qui bougent, puis qui pullulent de plus en plus, voire qui s'attellent à aider les mémés à traverser sur les passages piétons tout en proposant de pousser les caddies pleins de poireaux jusqu'à leurs maisons.

Mes trois phrases préférées sont prononcées, dans la version française en ma possession, par le personnage du général, commandant les troupes de l'armée officielle qui défendent tant bien que mal (c'est-à-dire mal) la cité :

- "le premier résultat des recherches de nos savants est que ces gens sont des terrestres",

- un peu plus tard : "diffusez la consigne à tous les hommes : on garde son calme et on vise les têtes",

- et enfin : "le président a décidé de ne pas affoler la population et de garder secrète l'information de l'invasion : en premier lieu nous devons donc protéger les mairies et les banques".

L'explication finale présente un caractère nucléaire, toujours en pleine conformité avec le titre de certaines jaquettes vidéos (" atomic zombies ") : il s'agit en effet d'un brûlot datant de 1980, le sérieux du propos le plaçant bien entendu au niveau des regrettés Dossiers de l'Écran français ou autres émissions d'investigation d'envergure proposées par les grandes rédactions de chaînes de télé prestigieuses.

A noter l'incontournable passage par la station service en recherche ultra désespérée de carburant, John Davidson Rockefeller a eu un sacré flair en 1863 de lâcher l'élevage de volaille pour tout investir dans le pétrole.

Un petit tour dans le grand huit, un petit tour en hélicoptère, ah oui que le sommeil réparateur est bien mérité après toutes ces cascades, mais gaffe aux cauchemars ouarf !  Bigeyes

the CONVENT - Mike Mendez, 2000, Etats Unis

 En 1960, un couvent est visité par une fille qui balancera sa mitraillette et compagnie sur la congrégation et brûlera ce qui restera de vivant. 40 ans plus tard, des jeunes vont faire un tour dans le couvent condamné. Ils réussiront à réveiller les nonnes-démons qui s'empareront à nouveau de la place. Il ne restera qu'un seul espoir, convaincre la vielle mamie-mitraillette de redonner un coup de pouce pour renvoyer tout ce laid monde en enfer.

Dès le début, le ton est donné, on a pas un gros budget mais on va s'amuser. On pense énormément à Demons de Lamberto Bava et aux films d'Henenlotter, jusqu'à l'arrivée de néogothiques ridicules dans le mélange. L'arrivée de Miss Barbeau en vielle rockeuse illuminée rappelle tous ces bons vieux films des années 70-80. On voit venir le punch final à cent milles à l'heure, mais je me suis bien amusé. Mario Giguère

@#%$ @#%$ @#%$. Mouni

Putain quel panard ! Perso j'adore, en tout cas j'en ai un excellent souvenir et dans la salle de cinoche, je me suis éclaté comme un sale gosse. Mille fois mieux que tous ces SCREAM & co. qui pullulent de partout. Kerozene

En fait, c'est une comédie, bien que la pochette ne l'annonce pas, une comédie d'horreur avec même un ou deux scènes qui fonctionnent. Donc pas grand chose à en dire. Rien qui ne soit déjà vu, mais on mettra ça sur le compte de la parodie. J'ai dit rien? Non, l'effort pour être niaiseux génère un ou deux moments de grand ciné : un champ/contrechamp entre deux toilettes extérieures (les boîtes bleues), la tentative d'attouchements qu'un des mecs fait sur l'autre alors qu'ils sont tous deux ficelés et prêts à être sacrifiés. Dommage, l'intro avec la gonzesse qui entre dans la chapelle et flingue les nonnes et le curé m'avaient tout de même laissé espérer un film plus que satisfaisant pour les 0$ qu'il m'avait coûté. On secoue la libido du spectateur en lui faisant espérer un retour stylisé de la sexy Mary Lou ( Prom Night 2 : Hello Mary Lou, rare suite intéressante), mais non, finalement, ce n'est pas ça du tout, Mary Lou (ici, Christine, déjà beaucoup moins alléchant) se transforme bien vite en vieille rockeuse de 65 ans qui dégomme les démons sur sa grosse bécane (et heureusement qu'elle avait shotguns et AK-47 chez elle la rockeuse...). Le cinéaste, pour une raison qui vous échappera aussi, croit que les blacklight sont très angoissantes. Attention : le chien, qu'on avait oublié est soudainement retrouvé à la sortie du couvent explosé (ah ouais, y a une ellipse nuit/jour assez troublante). Et Attention : le chien en question est démonisé (surprise après surprise je vous dis) et a les yeux verts fluos et attaquera l'héroïne dans une fin traumatisante laissant supposer des séquelles.

Commentaire du commis : "Donald a trouvé ça ben poche" Memorial BBQ



Riki Takeuchi

DEAD OR ALIVE aka Dead or Alive: Hanzaisha - Takashi Miike, 1999, Japon

Une bande de tueurs sans attaches sont confrontées à un policier tenace qui a besoin de 200,000$ pour payer l'opération de sa fille. Entre la corruption rampante, des alliances entre les triades et les yakuza, il est difficile de deviner comment tout cela va se terminer mais on devine que ce ne sera pas jojo pour personne...

Ca débute par un montage fulgurant de sexe-drogue-rock'n'roll et sadisme éprouvant pour continuer dans les drames individuels des personnages principaux. La caméra s'arrête la musique se calme et la gratuité des scènes dégoûtantes fait place à des drames loin d'être anodins. Et ça se balance tout le long dans des scènes d'action au frénétisme spectaculaire, de sadisme outrancier, de bestialité, le tout extrêmement bien filmé, aux lumières travaillées, aux acteurs intenses. Jusqu'à un final monstrueux, débile et jouissif. Takashi Miike est à l'aise autant dans la pétarade à la John Woo qu'au drame limite mélodramatique. Car si la violence gratuite abonde, il y a des morts poignantes qui touchent droit au but. Le souffle coupé ! À voir sans fautes, mais pas pour les âmes sensibles. Seulement deux films regardés et je deviens accroc de Miike, incrédible ! Heureusement j'ai mis la main sur la trilogie ! Mario Giguère

I.K.U. - Shu Lea Cheang avec Maria Yumeno, Yumeka Sasaki, Tsousie, 2000, Japon, 79m

Dans un Japon lointain, la corporation Genom utilise les réplicants comme objets sexuels. Reiko est une réplicante qui accumule des informations sur les orgasmes dans son organisme. Suite à un virus, son programme de collecte repart à zéro et elle parcourt la ville, changeant d'apparence, pour trouver les humains encore attirés par l'appel de la chair vive, une majorité d'humains préférant les drogues synthétiques qui permettent de revivre l'orgasme le plus marquant de sa vie.

Présenté comme un des films de l'année au festival Fantasia 2000, il avait rallié une presse négative, la salle se vidant en grande partie, malgré la présence de la réalisatrice. On comprend facilement le malaise au vu d'un film de fesse qui s'enveloppe d'un esthétisme outrageuse, aux effets digitaux omniprésents, mais qui ne dépasse pas le cadre initial du film pour adultes. Les emprunts constants à l'univers du film BLADE RUNNER sont plus embêtants que plaisants. Ajoutez une langue inventée, comprenant beaucoup d'anglais, de japonais et de mots inventés, à la ORANGE MÉCANIQUE et on ajoute une couche d'incompréhension fatale. Si vous allez sur le net vous aurez droit à plein d'explications sur la genèse du monde de I.K.U (le mot Orgasme en japonais), mais ça demeure un film voyeuriste dont l'esthétique ne peut faire oublier l'exploitation gratuite du corps féminin. Mario Giguère

INVASION OF ASTRO MONSTER aka GODZILLA VS MONSTER ZERO aka Kaijû daisenso aka invasion Planete X - Ishirô Honda avec Nick Adams, Akira Takarada, Kumi Mizuno, 1965, Japon, 93m

Une nouvelle planète a été découverte au-delà de Jupiter, "Planet X". Deux astronautes, Glenn et Fuji (Adams et Takarada) atterrissent sur la planète en question, en apparence désertique, mais rencontrent sous terre les autochtones et le "contrôleur". Une offre d'échange singulière est proposée: comme la planète X est ravagée par le monstre à trois têtes, King Ghidorah, on demande l'emprunt des deux seuls vainqueurs de l'affreuse bête, les dénommées Godzilla et Rodan, en échange d'un remède miracle qui fera disparaître toutes les maladies sur terre. Première surprise, les extraterrestres sont déjà sur terre, les coquins. Ils emmènent donc les deux monstres et font l'échange. L'enregistrement de la formule révèlent plutôt une demande de reddition complète de la terre, sinon les trois monstres, maintenant sous influence, vont détruire la terre ! Mince alors.

Parallèlement, le copain de la soeur de Fuji, un inventeur sans le sou, croit avoir vendu un médaillon qui produit un bruit strident (en avance sur son temps, pour protéger les femmes importunées par des hommes malveillants) à une firme terrienne qui ne lui répond plus, mais en réalité les extraterrestres sur terre ! Au moment ou les trois monstres commencent leur opéra de destruction, seul ce gadget peut sauver l'humanité ! Glenn, dans une scène rappelant la récente série Battlestar Galactica, se rend compte que la belle Namikawa dont il est tombé amoureux, et c'est mutuel, est en fait un robot dont il existe des tas d'exemplaires tous identiques ! Sapristi !

Ayant bien saisit la popularité de King Ghidorah, on rempile dans une intrigue un peu tarabiscotée. Si dans un premier temps, Glenn et Fuji croient que les habitants de la planète X veulent notre eau (théorie courante à l'époque, bien des ovnis ayant été aperçus au dessus de lacs), on se demande bien pourquoi, déjà sur terre, les vilains procèdent par ruse alors qu'ils n'avaient qu'à prendre ces monstres sans demander la permission ! Kumi Mizuno est superbe et l'anecdote veut que le pauvre Nick Adams soit littéralement tombé sous son charme, ce qui la faisait bien rire, incapable de comprendre les belles paroles du prétendant. Les monstres se font un peu rare à mon goût, le principal de l'intrigue étant assuré par les acteurs en chair et non en caoutchouc. Ce qu'on voit cependant est spectaculaire et vaut évidemment le détour, sans parler de la merveilleuse musique d'Ifikube, toujours sublime. Notons la drôle de danse de Godzilla, "le chi", une steppette qui faisait fureur au Japon à l'époque, qui démontre bien que notre géant adoré aime être à la mode. Mario Giguère

ISLAND OF THE DEAD aka L'ILE DES MORTS - Tim Southam avec Malcolm McDowell, Talisa Soto, Bruce Ramsay, Kent McQuaid, Mos Def. 2000, États-Unis, 1h30

L'île de Hart, au large de New York, est connue pour abriter dans son sous-sol une foule de cadavres non réclamés, voire non identifiés. Melissa O'Keefe, jeune inspectrice de police, se rend un jour sur l'île pour les besoins d'une enquête. A bord du ferry, elle sympathise avec les croque-morts locaux, des anciens délinquants pour la plupart (parmi lesquels le rappeur Mos Def). Au même moment, Rupert King, un gros promoteur immobilier, visite l'île, qu'il vient d'acquérir, dans le but d'y faire installer un ensemble résidentiel, Hope City, destiné à reloger tous les déshérités de New York. Mais des mouches meurtrières ne semblent pas l'entendre de cette oreille...

Personnages caricaturaux, décor retiré au calme trompeur, message vaguement écolo... : tous les ingrédients d'un bon "nature flick" sont ici réunis. Dans ce sous-genre, les scénarii sont rarement originaux, et la mort ne fait guère de différence entre les victimes potentielles. Beaucoup finiront piqués par des essaims de diptères déchaînés, que le cinéaste a la bonne idée de ne pratiquement pas montrer, avant de mourir dans d'atroces souffrances. Cette ILE DES MORTS, qui aurait gagnée à être montée plus nerveusement, ne se distingue guère du lot commun de ce point de vue-là. En revanche, elle bénéficie de la présence d'une superstar sur le retour, en la personne de Malcolm McDowell. L'acteur anglais verse peu à peu avec une jubilation palpable dans le cabotinage outrancier, confirmant toute sa propension aux grimaces. L'autre point fort du casting se nomme Talisa Soto, latina aux cheveux corbeau qui fut l'une des James Bond Girl de LICENCE TO KILL, le second film du très sous-estimé Timothy Dalton (qui ne ressemblait pas à un Poutine sous EPO, lui). La vraie bonne surprise réside ici dans la facture technique de l'ensemble, assez satisfaisante, avec une jolie lumière, des décors bien exploités et un usage très parcimonieux des effets spéciaux numériques. Ce qui décevra les moins de 20 ans mais qui confère une retenue "old school" très digne à cet honnête direct to video. Stelvio

The MISSION aka Cheung fo - Johnnie To avec Anthony Wong, Francis Ng, Jackie Lui, Roy Cheung, Lam Suet, Simon Yam, Hong Kong, 1999, 1h25

Ayant miraculeusement échappé à une tentative d'assassinat, M. Lung, parrain de la mafia de Hong Kong, engage cinq professionnels retirés du milieu afin d'assurer sa protection...

Tel est le pitch, simplissime, de ce film de gangsters, troussé en 1999 par le prolifique Johnnie To. Les ingrédients sont, eux aussi, simples : une galerie de trognes, composant l'escouade mise à disposition du gros bonnet à protéger ; des tensions entre les individualistes qui forment cette cellule de protection mise sur pied dans l'urgence et, bien évidemment des gunfights, filmés à une maestria formaliste étonnante. Le chapitrage DVD a rarement aussi bien convenu à un film qu'à cette MISSION, qui constitue avant tout une suite de morceaux de bravoure. Johnnie To met en scène ces fusillades avec un style unique : même en plein défourraillage, ses personnages restent droits comme des "i", comme s'ils se souciaient constamment de la chorégraphie. On reconnaît le talent de Johnnie To à sa capacité à étirer à l'envi les scènes d'action et, au contraire, à calmer le jeu après chaque montée de tension. Certains trouveront sans doute l'argument scénaristique de l'ensemble un peu mince. On ne peut leur donner tout à fait tort, mais on peut aussi penser qu'ils passent à côté de l'essentiel : la maîtrise formelle qui confère un rendu saisissant aux irruptions de la violence dans des espaces urbains froids et désincarnés (centres commerciaux, immeubles de bureaux aseptisés etc.). Absolument jouissif ! Stelvio

 

The NAMELESS aka La SECTE SANS NOM aka LOS SIN NOMBRE  - Jaume Balagueró, 1999, Espagne

Le corps mutilé d'une jeune fille est retrouvé et seul son handicape (une de ses jambes est plus courte que l'autre) permet de l'identifier. Cinq ans plus tard, la mère de la victime, depuis séparée de son époux, reçoit un coup de fil de la part d'une fille apeurée qui affirme être sa fille ! Dès lors, elle fera tout pour découvrir la vérité avec l'aide d'un flic veuf et désabusé. Ils mettront alors à jour une mystérieuse secte vouant un culte au mal absolu.

Jaume Balagueró signe ici un premier film efficace dont la mise en scène s'avère assez soignée. Il parvient sans problème à capter l'attention de son audience grâce à une atmosphère par moment gentiment frissonnante et grâce à des effets de montage très "vidéo clip" censés accentuer l'aspect glauque et malsain de son film. Il distille également quelques images horrifiques bien senties, comme le corps de la fille au début ou encore de rapides extraits de snuff movie. La fin du film risque par contre d'en laisser plus d'un sur sa faim. En ce qui me concerne, je l'ai trouvée quelque peu prévisible mais pas désagréable pour autant. Kerozene

RING 0 : BIRTHDAY - Norio Tsuruta, 2000

30 ans avant RING, RING 0 raconte l'histoire de Sadako, elle qui sera jetée dans le puits et qui hantera ceux et celles qui regarderont la cassette maudite. Sadako est au collège et participe au montage d'une pièce de théâtre. À la suite de la mort suspecte d'une actrice, elle prendra son rôle. Mais les gens de la troupe font tous le même cauchemar et dans les coulisses rôde une journaliste qui veut faire la lumière sur les parents de Sadako et sur les pouvoirs surnaturels de la jeune femme.

Le rythme est très lent au début de film, très lent par rapport au premier RING, qui bénéficiait de l'urgence de trouver le noeud de l'énigme avant l'échéance fatidique. Deuxième handicap, on sait très bien que Sadako finira au fond du puits, il nous reste le comment. Sur cette mince base, pour autant que l'on apprécie le rythme, se bâtit un drame fantastique proche d'un CARRIE de Brian de Palma avec sa jeune femme repoussée de tous à cause de ses pouvoirs, pouvoirs qui peuvent servir à guérir également. La peur de l'autre, de l'étrange remporte sur les efforts d'intégration de Sadako et on se rend inexorablement vers le puits. La séquence finale est fort réussie et le final d'une calamité attendue. Un ajout intéressant à la saga des RING, pas aussi abouti que le premier film, cependant, presque évidemment. Mario Giguère

RUNNING OUT OF TIME aka Aau chin - Johnny To, Hong Kong, 1999, 1h33 

A Hong Kong, un bandit (Andy Lau) prend en otage un directeur de banque. L'inspecteur Wong (Shiu Hung Hui) est envoyé sur les lieux pour négocier la libération du banquier. "Ca s'annonce mal, un taré rencontre un autre taré", dit le supérieur de Wong. Interrogé sur ses exigences, le preneur d'otages fait la réponse suivante au flic : "Je ne veux rien, juste jouer avec toi, pendant 72 heures." Après que le criminel ait faussé compagnie à la police, le jeu de pistes s'engage...

Réalisé pendant la dernière année du siècle dernier, ce polar n'est pas l'œuvre la plus connue de Johnny To, loin s'en faut. Il faut dire que cette période d'après la rétrocession n'est pas la plus riche du cinéma policier hong-kongais, qui ne reprend du poil de la bête que depuis deux ou trois ans, suite au succès du dément TIME AND TIDE de Tsui Hark, et surtout de la trilogie INFERNAL AFFAIRS du duo Andrew Law et Alan Mak. Pourtant ce jeu du chat et de la souris urbain gagne à être connu : il s'agit certes d'un cinéma au formalisme discret et standardisé, mais l'intrigue ménage assez de surprises et de chausse-trappes pour nous tenir pleinement en haleine. Dans le rôle du bandit en sursis, Andy Lau livre une prestation mémorable et poignante, sans toutefois sombrer dans le mélodrame gluant. Des motifs semblables seront repris, avec un plus grand déploiement et davantage de réalisme, dans la trilogie susnommée. Du très beau boulot ! Stelvio

SANTO CONTRE LES MOMIES DU GUANAJUATO aka Las Momias de Guanajuato - Federico Curiel, 1970, Mexique, version française    

Haaaaa Ca faisait un bail que je m'étais pas bidonné comme ca. Tout commence avec une visite touristique et d'un guide nain avec un pinch Hitlérien, qui raconte les mésaventures des momies, jusqu'au moment ou il conte la légende d'un combat de lutte qui avait opposer une momie dénommée Satan et d'un lutteur nommé Santo, l'homme au masque d'or, et d'après cette fameuse légende il reviendrait a la vie dans des milliers d'années avec même une date précise pour se venger de Santo. Comme par hasard, il se trouve que la journée même de la visite cest la même date, et qu’en mentionnant ca les momies commencent à reprendre vie. Par la suite, on voit des lutteurs masqués dénommés Milmasques et Bleu demon (aka Blue Demon) en train de lutter. Le plus tordant c'est que l'on ne les voit jamais sans leur masque. Ils s’habillent de façon a ce que leur costumes fite avec leur cagoule, deux vraix poseurs. Satan se rend à un moment donné dans un amphithéâtre pour se remémorer l'amère défaite contre Santo. C’est vrai que voila 3000-4000 ans les rings de lutte et costume de lutteur existaient ? Parce qu’on les voit lutter sur un ring? À part quelque étranglements (on voit juste ca) et la courte apparition de Santo et de son ami qui m’a vraiment l'air d'une fifure, j'y ai trouvé un certain plaisir à écouter cette petite merveille. Je pense que je vais commencer a ramasser  les Santo. Rana

the SON OF GODZILLA aka Kaijûtô no kessen: Gojira no musuko - Jun Fukuda, 1967, Japon 

Une équipe de scientifiques essaie de contrôler le climat sur une île perdue. Les effets secondaires sont spectaculaires, des mantes religieuses atteignant des proportions gigantesques. Ces mates vont déterrer un oeuf de Godzilla qui va laisser sortir un godzilla nouveau né. Heureusement Godzilla est dans les parages pour le protéger et faire son éducation, sinon le petit court la galipote avec la jeune sauvageonne de l'île. Lorsque la gigantesque araignée KUMONGA arrive dans le décor tout se précipite et se corse.

Avec le plus laid des costumes de Godzilla et un fils en caoutchouc encore pire, il reste un petit film rigolo sans prétention. On apprécie spécialement les leçons de vie de Godzilla qui apprend à son fils illégitime à cracher son feu atomique, leçons qu"'il aura oublié dans les films suivants ! La finale est touchante et réussit presque à émouvoir par sa sérénité et le triomphe des nobles sentiments paternels évoqués. La musique de Masaru Sato est enjouée, le thème de Minya est particulièrement rococo, mais l'ensemble est dans le ton. Mario Giguère

Vraiment trop cucu ce Godzilla là, non vraiment... Heureusement qu'il y a les mantes et les araignées, parce que ce n'est pas trop le Godzilla qu'on connaît autrement. Kerozene

Le plus pissant des Godzi! Les effets sont cheesy -- voire la passe où l'indigène lance des oranges à Minya --, et les monstres sont oh-so-cool, malgré leurs manque de mobilité! Et ce son que fait Minya... un espèce de "wagwaa!", reste encore aujourd'hui ancré dans mon vocabulaire cinématographique. Humanoidzombie

the TERRORIST - Santosh Sivan, 1999, Inde

Soutenu par l'acteur John Malkovich (producteur exécutif), gagnant du prix du meilleur film et du meilleur réalisateur au Festival du Caire en 1998 et présenté lors du dernier festival Fantasia, THE TERRORIST mérite vraiment d'être découvert. Tourné en Inde pour une bouché d'pain (50,000$), un budget tellement minuscule que je me demande bien comment ont-ils pu se payer seulement que la pellicule et la cantine, et réalisé en seulement 17 jours. The Terrorist, premier film réalisé par Santosh Sivan, vaut assurément le coup d'oeil. Le film présente une jeune terroriste déterminée et brutale de 17 ans qui doit servir de bombe humaine pour servir une cause terroriste afin de libérer son peuple. Mais à quelques heures de remplir sa mission, elle apprend quelque chose (un excellent punch, que je ne vous dirais certainement pas) qui compliquera beaucoup le déroulement de sa mission. Le résultat final est vraiment impressionnant: les interprètes sont juste, les décors naturels sont magnifiques et la violence est vraiment bien rendu. Bref, voici un film qui fait preuve d'une très grande maîtrise et qui est à voir absolument. J'ajouterais même que ce metteur en scène est certainement à surveiller pour les prochaines années. Black Knight

UZUMAKI aka Spiral - Higuchinsky, 2000 

Kirie, une jeune japonaise, nous raconte l'histoire étrange de son village. Le père de son meilleur ami est fasciné par les spirales, au point de se suicider de manière singulière. Sa femme, hospitalisée sous le choc, se découpe le bout des doigts parce que les empreintes des doigts sont en spirale. Tout le village, petit à petit, sera obsédé par les spirales. Après chaque mort, une spirale de nuages semble se diriger dans le lac au centre du village.

Difficile de résumer ce film intéressant visuellement. Plein d'effets spéciaux numériques, du gore bien sanglant, même les corps se tordent en spirale. Le reportage télé qui montre des escargots humains sur les murs du collège est particulièrement réussi. Le montage est remarquable, rares sont les plans tranquilles ou rien ne se passe, effets, superpositions, split-screen. On nous donne quelques pistes pour comprendre ce qui se passe, mais on nous rend perplexe avec une fin qui nous laisse sur notre fin. L'originalité vient de l'Asie. Mario Giguère

Ca délire franchement beaucoup dans ce petit film absurde. Absurde aussi car jamais le film n'offre d'explications à ces événements catastrophiques, et drôles en même temps. Il y a bien un moment dans le film ou les héros sont sur le point de découvrir l'origine de la malédiction des spirales, mais un événement inattendu les en empêchera. Le spectateur trop cartésien n'en sera sûrement pas content, mais on s'en tape. Le réalisateur s'est même amusé à inclure quelques plans assez gores et dans le décor des spirales assez discrètes. Et à chaque fois, le spectateur un peu con fait chier tout le monde dans la sale (ils étaient nombreux ces cons) en disant "hooooooooooooooo, y a une spirale, regarde ! - Ah ouais !! J'hallucine !!!" Mis à part ça, le film fut un petit plaisir que je m'offrirai bien une deuxième fois. Kerozene

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